La Cedeao sans les États du Sahel : comment cette scission met à l’épreuve la libre circulation et la légitimité régionale

Source: The Conversation – in French – By Amanda Bisong, Policy Leader Fellow, School of Transnational Governance, European University Institute

Il y a un an, les nouveaux gouvernements du Niger, du Mali et du Burkina Faso ont officiellement quitté la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) après avoir créé l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette décision faisait suite aux tensions diplomatiques liées aux coups d’État militaires dans ces trois pays. À la suite des ces événements, l’organisation les avait suspendus et leur avait imposé de lourdes sanctions.

Les répercussions de la scission de la Cedeao continuent de se faire sentir. Un domaine sera particulièrement touché: la migration et la libre circulation dans la région.

La Cedeao a mis en place plusieurs protocoles de libre circulation. Ils permettent de voyager sans visa. En principe, ils donnent aux citoyens le droit de résider et de s’établir dans la région.

Nos travaux sur la gouvernance migratoire en Afrique de l’Ouest, au niveau régional et dans des contextes particuliers comme le Niger, nous permettent de nous forger une opinion sur l’impact de cette rupture.

Nous soutenons qu’à ce stade, la libre circulation reste possible sur le plan technique. Mais la situation évolue vite. Examiner ces évolutions sous l’angle de la mobilité met en évidence la fragilité institutionnelle plus profonde de la CEDEAO, pourtant créée pour renforcer la coopération entre les États de la région.




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La Cedeao sans les États de l’alliance du Sahel

Au niveau régional, les dirigeants ont montré leur engagement continu en faveur de la sauvegarde de la libre circulation. Selon le président de la Commission de la Cedeao, Omar Touray, qui s’est exprimé le jour où le retrait de l’AES est entré en vigueur, « nous restons une communauté, une famille.

Les cartes d’identité nationales et les passeports portant le logo de la Cedeao des citoyens du Burkina Faso, du Mali et du Niger continueront d’être reconnus. Jusqu’à nouvel ordre, il en sera de même pour tous les droits protocolaires liés au droit de circulation, de résidence et d’établissement. Les États de l’Alliance du Sahel, pour leur part, ont offert pour l’instant un accès sans visa à la Cedeao. Mais il ne s’agit là que d’une solution temporaire.

En décembre 2025, le chef militaire burkinabé Ibrahim Traoré a lancé la première carte d’identité biométrique AES au Burkina Faso. Elle est destinée à remplacer les documents de la Cedeao d’ici cinq ans.

En matière de circulation, les choses bougent déjà sur le terrain. Entre des conditions d’entrée plus strictes, de nouveaux modèles de passeports et des systèmes d’identification, les citoyens qui traversent les frontières sont confrontés à une incertitude croissante et à des coûts plus élevés. Pourtant, les mouvements transfrontaliers restent une nécessité pour travailler et subvenir à ses besoins.




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Malgré les changements induits par le départ des pays de l’AES de la Cedeao, une autre difficulté pèse sur la libre circulation : la politique d’externalisation des frontières de l’Union européenne (UE). Dans l’ensemble de la région, le financement de l’UE pour l’externalisation des frontières se poursuit. L’UE accorde du soutien financier complémentaire pour les infrastructures de contrôle des migrations et des frontières, comme au Sénégal par exemple. Elle soutien aussi divers projets de renforcement des capacités aux frontières en cours.

Il convient de noter que cette tendance a été partiellement inversée par les États de l’AES. Un exemple frappant est l’abrogation de la tristement célèbre loi 2015-36 sur le trafic de migrants au Niger. Bien qu’il s’agisse d’une loi nigérienne, sa mise en œuvre a été fortement soutenue par les projets de renforcement des capacités de l’UE et a effectivement criminalisé un secteur de la mobilité qui existait depuis longtemps. En abrogeant cette loi, le nouveau gouvernement nigérien a mis fin aux effets néfastes de celle-ci sur l’économie, les droits des migrants et la libre circulation dans la région.

Dans l’ensemble, le retrait de l’Alliance du Sahel affecte déjà la mobilité régionale. Au-delà des droits à la libre circulation, le retrait de l’Alliance du Sahel a également des effets très concrets sur le cadre institutionnel de la Cedeao, en termes de légitimité, d’autorité institutionnelle et de protection des droits des migrants.

Légitimité et défis financiers

La Cedeao est confrontée à une crise de légitimité croissante. Le retrait des pays de l’Alliance des États du Sahel a mis en évidence la faiblesse de la Cedeao à réagir aux changements anticonstitutionnels au sein des gouvernements. Les réponses ont souvent été tardives et sélectives, et les sanctions, lorsqu’elles ont été imposées, ont eu des effets néfastes pour les populations locales.

Le départ de ces pays, qui ont tous connu des coups d’État, a confirmé la perception largement répandue d’une application sélective des normes par l’organisation. Cela a alimenté le scepticisme du public.

En outre, l’inefficacité des processus, la faible utilisation des capacités existantes et la mauvaise communication des résultats ont entraîné depuis le début de faibles taux de mise en œuvre des projets et programmes de la Cedeao. Par exemple, plusieurs États membres n’ont pas supprimé l’obligation de séjour de 90 jours, pourtant adoptée en 2014.

Par conséquent, les citoyens ne voient pas les avantages concrets de l’intégration régionale. De nombreux Africains de l’Ouest continuent de la considérer comme un simple « club de chefs d’État ».

Le fossé entre l’organisation et ses citoyens est également dû à la forte dépendance de la Cedeao vis-à-vis des bailleurs de fonds externes. La réduction des contributions des États membres, souvent due au non-paiement de la contribution à la Cedeao, a privé la commission des ressources de base nécessaires. Elle a été contrainte de réduire le nombre de réunions et d’engagements essentiels à la mise en œuvre des politiques. En conséquence, les priorités régionales sont souvent déterminées par les intérêts des bailleurs de fonds plutôt que par les besoins des citoyens.




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Des améliorations récentes ont été observées, notamment avec l’augmentation des paiements de certains pays tels que le Nigeria. Mais le système de collecte des contributions reste faible et peut être facilement contourné par les États membres. Cette faiblesse a toujours freiné la mise en œuvre des protocoles sur la libre circulation. Elle risque d’en affaiblir davantage l’application.

Enfin, l’éclatement de de la Cedeao entrave également l’accès à la justice, notamment pour les migrants. Un groupe d’associations de défense des droits des migrants a saisi collectivement la Cour de justice de la Cedeao en 2022. Il dénonce notamment les violations des droits des migrants à la libre circulation au Niger. En mars 2025, la Cour a rejeté toutes les affaires concernant le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Que nous réserve l’avenir ?

Les mouvements au sein de la région se poursuivront, car ils répondent à une nécessité économique. Comme nous l’avons montré dans nos recherches précédentes, quelle que soit la législation en vigueur, les migrations se poursuivront. Et les décideurs politiques le savent.

Mais à quel prix pour les migrants et les citoyens ordinaires si ces faiblesses institutionnelles persistent ? La Cedeao doit affronter sa crise de légitimité. Elle doit mettre en œuvre des réformes significatives et renouer avec les réalités de la vie quotidienne en Afrique de l’Ouest. C’est à cette condition qu’elle pourra offrir un cadre solide de protection des migrants et des personnes en déplacement dans la région.

Sans changement décisif, le fossé entre le discours de l’organisation sur une « Cedeao des peuples : paix et prospérité pour tous » et son impact continuera de s’élargir.

The Conversation

Franzisca Zanker bénéficie d’un financement de l’Union européenne (ERC, PolMig, 101161856). Les points de vue et opinions exprimés sont toutefois ceux de l’auteur uniquement et ne reflètent pas nécessairement ceux de l’Union européenne ou du Conseil européen de la recherche. Ni l’Union européenne ni l’autorité octroyant le financement ne peuvent en être tenus responsables.

Leonie Jegen received funding from the Rosa Luxemburg Foundation.

Amanda Bisong does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. La Cedeao sans les États du Sahel : comment cette scission met à l’épreuve la libre circulation et la légitimité régionale – https://theconversation.com/la-cedeao-sans-les-etats-du-sahel-comment-cette-scission-met-a-lepreuve-la-libre-circulation-et-la-legitimite-regionale-276428

Salomé, danseuse érotique et cruelle dans l’œil des peintres

Source: The Conversation – France (in French) – By Christian-Georges Schwentzel, Professeur d’histoire ancienne, Université de Lorraine

Gustave Moreau, _Salomé dansant devant Hérode_ (1874-1876). Huile sur toile, musée Gustave-Moreau,
Paris. © Grand Palais RMN/René-Gabriel Ojeda.

L’exposition « Salomé, Henner et Moreau face au mythe », au musée national Jean-Jacques-Henner, à Paris, qui se tient du 18 février au 22 juin 2026, présente au public une trentaine de peintures et de dessins figurant la danseuse biblique, incarnation de la séduction féminine.


De courts passages des Évangiles mettent en scène Salomé à l’occasion de la fête d’anniversaire de son grand-oncle, Hérode Antipas, gouverneur, ou tétrarque, de Galilée et de Pérée, au nord et à l’est de la Judée, pour le compte des Romains, vers 29 de notre ère.

La jeune fille « vint exécuter une danse et elle plut à Hérode et à ses convives » raconte l’Évangile selon Marc (Mc 6, 22). Pour qu’elle accepte de se donner en spectacle, Antipas avait promis une forte récompense à sa petite-nièce : « Tout ce que tu me demanderas, je te le donnerai, serait-ce la moitié de mon royaume », lui avait-il assuré.

Une promesse bien excessive. Salomé qui n’a rien d’une innocente jeune fille va en tirer profit. Une fois sa prestation accomplie, elle exige comme salaire « sur un plat, la tête de Jean le Baptiste ». Le prophète, précurseur du Christ pour les chrétiens, est alors décapité sur ordre d’Antipas pour satisfaire la demande de l’adolescente.

L’affiche de l’exposition.

Le récit évangélique est très bref. Il n’en produit pas moins, dans l’esprit des lecteurs, de fortes images mentales, propices à la rêverie. On y trouve trois ingrédients étroitement liés : une jeune fille, une danse, un meurtre.

Ainsi, une princesse qu’on imagine particulièrement charmante, sans quoi son grand-oncle n’aurait pas insisté outre mesure pour la voir danser, est-elle capable, contre toute attente, de provoquer l’exécution d’un saint homme. Cette ambivalence constitue le moteur du fantasme « Salomé » qui associe le désir et la mort.

Bacchante en train de danser, cratère de Derveni, IVᵉ siècle avant notre ère, Musée archéologique de Thessalonique.
Wikimedia, Michael Greenhalgh, CC BY

La bacchante impudique

Plus tard, Saint Augustin (354-430) a contribué à populariser la figure de Salomé, de manière paradoxale, puisque son but était de condamner la femme réputée impudique. En décrivant une danse érotique effrénée, il fixe définitivement ce qui jusque-là n’avait été que suggéré par les Évangiles : « Tantôt, elle se courbe de côté et présente son flanc aux yeux des spectateurs ; tantôt, en présence de ces hommes, elle fait parade de ses seins » (seizième sermon Pour la décollation de saint Jean-Baptiste).

À l’époque où écrit l’auteur, les cultes polythéistes sont encore présents dans l’Empire romain. Augustin se souvient sans doute des images de bacchantes, ces femmes de la mythologie grecque, adeptes de Bacchus ou Dionysos et dépeintes comme des danseuses déchaînées.

Sur un grand vase en bronze doré, découvert à Derveni, dans le nord de la Grèce, aujourd’hui au musée archéologique de Thessalonique, on peut voir une bacchante en délire, dont un sein dénudé bondit par-dessus sa tunique. Les courbes de son corps ne manquent pas d’exciter le satyre, être hybride mi-homme mi-bouc, dont le phallus se dresse à gauche de la danseuse.

Au XVe siècle, le peintre italien Benozzo Gozzoli s’inspire à son tour de ces antiques images, comme le montrent les mouvements du drapé de sa Salomé. Alléché, Hérode Antipas, pose sa main droite sur son cœur, siège du désir amoureux, tandis que, de l’autre, il serre fortement un couteau phallique pointé vers le haut.

Benozzo Gozzoli, La Danse de Salomé, 1461. National Gallery of Art, Washington.
Wikimedia

La danseuse orientale

Au XIXe siècle, la figure de la bacchante antique fusionne avec celle de la danseuse du ventre, alors que le mouvement orientaliste triomphe en Occident dans l’art et la littérature. Gustave Flaubert dans « Hérodias », l’un de ses Trois Contes (1877), joue un rôle majeur dans ce processus d’identification. Pour décrire Salomé, il s’inspire des danseuses égyptiennes Kuchuk Hanem et Azizeh qu’il a rencontrées lors d’un voyage dans la vallée du Nil :

« Les paupières entre-closes, elle se tordait la taille, balançait son ventre avec des ondulations de houle, faisait trembler ses deux seins. »

La Salomé de Flaubert devient le prototype de la danseuse orientale qui va fasciner le public occidental pendant plusieurs décennies.

En 1891, Oscar Wilde, s’inspire de Flaubert dans sa pièce de théâtre Salomé, tout en inventant le thème de la danse des sept voiles, striptease oriental en plusieurs étapes, qui sera mis en musique par Richard Strauss, en 1905.

Gustave Moreau, Salomé dansant devant Hérode. Huile sur toile commencée en 1874. Musée Gustave-Moreau, Paris. Grand Palais.
RMN/René-Gabriel Ojeda

C’est dans ce contexte d’orientalisme occidental, associant érotisme et exotisme, que s’inscrit l’œuvre de Gustave Moreau (1826-1898). S’y ajoute la découverte archéologique de l’Égypte antique et notamment de fresques montrant des banquets, des musiciennes et des danseuses dénudées sur les parois d’antiques tombeaux.

Musiciennes et danseuses égyptiennes, fresque du tombeau de Nébamon, vers 1350 avant notre ère.
Wikimedia

Gustave Moreau réalise plusieurs peintures et dessins figurant Salomé, notamment une Salomé dansant, commencée en 1874 et retouchée jusque dans les années 1890, qui compte parmi des chefs d’œuvres de l’artiste. La princesse, déhanchée, se déshabille de son long drapé bleu ; elle lève le bras gauche, signe qu’elle va commencer sa danse.

L’œil Oudjat, dit l’œil d’Horus, égyptien.
Wikimedia, Jeff Dahl, CC BY

Si son corps est inspiré des Vénus de la sculpture gréco-romaine, avec ses petits seins, ses larges hanches et la blancheur de sa nudité qui évoque le marbre, les motifs qui le couvrent, à la manière de tatouages, font directement référence à l’Égypte pharaonique.

On y trouve des cobras égyptiens, une fleur de lotus, des amulettes en forme d’œil Oudjat, associé au dieu Horus, ou encore un scarabée ailé, symbole de résurrection, et des têtes de bélier qui évoquent Amon.




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La technique de surimpression elle-même a pu être suggérée au peintre par des momies de femmes égyptiennes aux corps tatoués, mises au jour depuis le XIXᵉ siècle dans la vallée du Nil.

Il en résulte une œuvre où, malgré l’effeuillage de la princesse, c’est en fin de compte l’énigme et le mystère qui prédominent.

Jeunesse, beauté et mystère

Dans les années 1890, Jean-Jacques Henner (1829-1905) s’empare à son tour de la séduisante princesse qu’il traite d’une manière très différente de Moreau. Les thèmes de l’Orient et de la danse s’estompent comme des accessoires secondaires aux yeux du peintre.

Variante de 1904. Musée national Jean-Jacques-Henner, Paris.
Isabelle de Lannoy
Jean-Jacques Henner, Salomé, vers 1892. Huile sur toile, collection particulière.
Jean-Yves Lacôte

Henner se concentre sur l’essentiel selon lui : la jeunesse et la beauté charnelle émergeant d’une brume mystérieuse. Il peint une adolescente au regard trouble, longs cheveux et épaules dénudées, tenant contre elle le grand plateau de cuivre, discret élément oriental, sur lequel elle va recevoir la tête du saint décapité. La chair, pâle et brillante de la jeune fille, est mise en valeur par le contraste avec sa tunique de couleur unie, bleue (prototype vers 1892) ou rouge (variante de 1904), et le fond très sombre. La beauté de la chair paraît sortie d’un songe aux contours flous mais terriblement captivants.

Danse « orientale » de Mata Hari, 1910.
Wikimédia

Déhanchements et culture de masse

Dans la seconde moitié du XIXe et au début du XXe siècle, l’apogée du mythe « Salomé » n’en est pas moins limité à une élite cultivée, intellectuelle et bourgeoise, « fin de siècle ». Contrairement à Cléopâtre, autre figure fantasmée héritée de l’Antiquité, elle ne fera que des apparitions très brèves et peu marquantes dans la culture de masse au XXᵉ siècle. Salomé tombe progressivement dans l’oubli.

Le fantasme de l’effeuillage exotique est dissocié de son prototype biblique. La danseuse lascive va triompher auprès du grand public sous d’autres noms, comme Mata Hari, prétendue princesse javanaise adepte du dieu hindou Shiva qui fascine Paris et l’Europe occidentale à la veille de la Première Guerre mondiale. La cruauté de la femme fatale est gommée au profit de ses seuls appâts physiques et érotiques.

Shakira et Beyoncé dans le clip de Beautiful Liar, 2006.
Capture d’écran YouTube/Andr€a, CC BY

En 2006, dans la continuité de ces ondulations sensuelles remontant à l’Égypte pharaonique, Shakira et Beyoncé remportent un succès mondial avec leur clip intitulé Beautiful Liar, qui offre étonnant mélange de RnB et de danse arabe. Les déhanchements rythmés s’accompagnent désormais de paroles féministes : il n’est plus question de la décapitation d’un prophète, mais d’un pervers narcissique que les deux interprètes décident conjointement de bannir de leur existence. Une décision salutaire !

The Conversation

Christian-Georges Schwentzel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Salomé, danseuse érotique et cruelle dans l’œil des peintres – https://theconversation.com/salome-danseuse-erotique-et-cruelle-dans-loeil-des-peintres-274472

Trump has given Iran a ten-day ultimatum – but chances of an agreement look slim

Source: The Conversation – UK – By Sanam Mahoozi, Research Associate, City St George’s, University of London

Donald Trump delivered an ultimatum to Iran at the first board of peace meeting in Washington on February 19. He told Tehran to reach a “meaningful” deal with the US within ten to 15 days or “really bad things” will happen. White House press secretary Karoline Leavitt had earlier said there are many arguments for taking military action in Iran.

These comments came as reports indicated that the latest round of indirect talks between the two countries in Switzerland on February 17 had made at least some headway. Iran’s foreign minister, Abbas Araghchi, emerged from the negotiations hailing what he saw as “good progress”. He added that the US and Iran had reached an understanding on “guiding principles”.

The assessment of US representatives was less positive. Despite acknowledging that “in some ways” the talks went well, US vice-president J.D. Vance said Iran was refusing to acknowledge core US demands. The US wants Iran to dismantle its nuclear programme completely, reduce the number and range of its ballistic missiles and end its support for regional proxy groups.

Following the talks, the US has continued to reinforce its military presence in the Middle East. Cargo planes, fighter jets, refuelling tankers and an aircraft carrier have been moved to the region, with a second aircraft carrier expected to arrive soon. According to the New York Times, the buildup of US forces in the Middle East is now sufficient for Trump to order military action at any moment.

Iran appears to be gearing up for a confrontation. Its military held joint drills with Russia on February 19, days after the Strait of Hormuz was closed temporarily as Iran carried out live-fire exercises. And while emphasising that it “neither seeks tension nor war”, Iran has told the UN that if it were attacked it would consider “all bases, facilities and assets of the hostile force” in the region as “legitimate targets”.

These developments come less than a week after hundreds of thousands of people, largely from the Iranian diaspora, demonstrated in cities worldwide. They did so in solidarity with protesters who took to the streets of Iran in January to demand regime change.

In late December, protests that began over worsening economic conditions quickly spread nationwide in one of the most serious threats to Iran’s political establishment since the Woman, Life, Freedom protest movement of 2022. That protest wave began after the death of a 22-year-old women called Mahsa Amini in police custody.

This time round, the Iranian authorities imposed a near-total internet shutdown, creating a nationwide communications blackout in an effort to suppress the unrest. Human rights groups say thousands of people were killed, while many more were injured, detained or remain missing, in what was one of the most severe crackdowns in Iran’s modern history.

According to local police, around 250,000 people rallied on February 14 in the German city of Munich alone, where world leaders had gathered for Europe’s biggest security conference. Many of those in attendance waved flags bearing the lion and sun emblem of Iran that was used before the Islamic revolution in 1979 ended the Pahlavi dynasty.

Israeli and American flags were also visible at many of the rallies. This has widely been seen as a call for foreign intervention against Iran’s clerical leadership. Trump had raised the prospect of US military action during the unrest, urging the Iranian people to continue protesting and telling them that help was “on its way”. Such action now appears likely.

Brink of war

Iran’s fate is hanging in the balance. The deployment of US military assets to the Middle East suggests Trump may be preparing for imminent military action. However, despite making no secret of his desire to topple the Iranian regime, there is still a chance that Trump settles for a diplomatic agreement with the country’s leadership.

Iranian opposition voices, including exiled crown prince Reza Pahlavi, say such a deal would only prolong the survival of the Islamic Republic rather than address the demands of people in Iran for regime change. In an interview with American political commentator Glenn Beck on February 11, Pahlavi called the negotiations between the US and Iran “another slap in the face of the Iranian people”.

But the prospects that any deal will be reached look slim. The US and Iran remain in fundamental disagreement over Tehran’s nuclear programme and have been unable to reach a deal since the Trump administration withdrew the US from a previous agreement in 2018 that had been negotiated by the Obama administration.

Many people, including the US vice-president, are also sceptical that Iran’s authorities will budge on additional US demands around ballistic missiles and proxy groups like Hamas and Hezbollah – whether or not they are threatened with military action.

Iran’s future is murky. But one thing is for certain: with war or without war, the Iranian people have started a revolution that has extended beyond their country’s borders.

The Conversation

Sanam Mahoozi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Trump has given Iran a ten-day ultimatum – but chances of an agreement look slim – https://theconversation.com/trump-has-given-iran-a-ten-day-ultimatum-but-chances-of-an-agreement-look-slim-276125

How the royal family brand can weather Andrew Mountbatten-Windsor’s arrest

Source: The Conversation – UK – By Pauline Maclaran, Professor of Marketing & Consumer Research, Royal Holloway, University of London

In today’s fast-moving media world, brands are frequently required to respond to scandals that may tarnish perceptions of their products or services. Quick responses to quieten rumours or accept responsibility for missteps are crucial.

This becomes challenging when people themselves are the brand. Their behaviour is much harder to control than a press release. They present feelings and emotions that may disrupt any strategic response to scandal.

Britain’s royal family is a case in point – and with the arrest of Andrew Mountbatten-Windsor, their brand is facing one of its biggest tests of the modern age.

Consumers are known to form deeper, more emotional bonds with human brands than nonhuman ones – such as the passionate fans of Taylor Swift, who identify with her on a personal level. The flipside is that any perceived lapses or failures in judgment may also generate stronger emotions, reflecting more negatively on perceptions of that brand.

For years, the royal family has had to navigate publicity around the former Duke of York. Much of this is related to his long-term relationship with the late financier and convicted child sex offender, Jeffrey Epstein. Mountbatten-Windsor’s arrest under suspicion of misconduct in public office places the rest of the family in a position of protecting the brand from damage by distancing themselves from him.

The arrest follows the US government publication of documents that appear to show Mountbatten-Windsor sharing official information with Epstein during his time as a trade envoy. That period, from 2001-11, was not without scrutiny for the then-prince. But the palace generally kept a low profile in response – following the mantra “never complain, never explain” that was often attributed to the late Queen Elizabeth.

Mountbatten-Windsor stepped down from the trade envoy role in 2011, with the palace issuing a simple statement that, in future, he would “undertake trade engagements if requested”.

In the following years, public pressure mounted on the royal family to be more transparent in many respects, especially concerning Mountbatten-Windsor’s embroilment with Epstein.

The turning point from a low-profile brand management strategy to more overt actions appears to have been Mountbatten-Windsor’s Newsnight interview in November 2019, in which he claimed to have broken off his friendship with Epstein in 2010. He also denied allegations of sexual abuse that had been brought by Epstein victim Virginia Giuffre.

This moment provided a focal point that attracted public outrage. In response, the royal family began to take more decisive action to avoid the brand being contaminated or “infected” by the negativity surrounding the former prince.

Social contagion

The concept of social contagion helps us understand how this works.

According to social contagion theory, people are influenced by those around them. This helps explain how behaviour, attitudes or emotions can spread through a group or society, much like a virus. What you may call “cancel culture” occurs when disapproval and moral condemnation of an individual or group snowballs across social media as people feel compelled to join in.

The reaction to the Newsnight interview – memes, mocking headlines and charities and sponsors distancing themselves from Mountbatten-Windsor – would have made clear to the royal family that their brand was at risk from this social contagion.

Despite the late queen’s reported support for her son, the monarchy began taking formal measures to protect the institution. In November 2019, Mountbatten-Windsor stepped back from public duties “for the foreseeable future”. In January 2022, he was stripped of royal patronages and military titles, as well as the right to use His Royal Highness in any official capacity.

The following month, Mountbatten-Windsor settled out of court with Giuffre for a reported £12 million, with no admission of wrongdoing.




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In May 2023, although he attended King Charles III’s coronation, he played no official role and was not included in the procession or royal balcony appearance. Since that time, King Charles and Prince William have made it known they do not want him back in public life.

The full removal of Mountbatten-Windsor’s title of prince in October 2025, following the publication of more Epstein-related documents, solidified his permanent exclusion from public life. Most recently, he has been forced to leave his royal residence and move to a more isolated home on the Sandringham Estate in Norfolk.

Both the king and William issued written statements to distance themselves in light of the newest Epstein files, expressing their “deep concern” for Epstein’s victims. The formality of making written statements signalled the seriousness with which they viewed the events, and also acted as a public record of their distancing from Mountbatten-Windsor. In showing their sympathy for the victims, they were aligning morally with them rather than defending him.

Once a brand is accused of criminal wrongdoing, this potentially escalates a crisis from a minor reputational issue into one that risks a complete breakdown of trust in the brand.

In a statement, the king said “let me state clearly: the law must take its course” and “my family and I will continue in our duty and service to you all”. His reference to “Andrew Mountbatten-Windsor”, as opposed to acknowledging him as his brother, makes clear Mountbatten-Windsor’s ostracisation from the rest of the family.

The royal family appear to have navigated their responses to the potential tarnishing of the monarchy in both official and unofficial ways. They have stripped Mountbatten-Windsor of all official roles and titles, excluded him from public royal events, shown public support for Epstein’s victims, and employed a media management strategy that shifts the focus to other royals.

But polling conducted before the arrest suggests the royal brand is still at risk.

Brands can weather scandals by making fast responses and accepting responsibility. But they may also need to build trust again by proving in the longer term that they have changed. Perhaps the royal family is due for a rebrand.

The Conversation

Pauline Maclaran does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. How the royal family brand can weather Andrew Mountbatten-Windsor’s arrest – https://theconversation.com/how-the-royal-family-brand-can-weather-andrew-mountbatten-windsors-arrest-276431

Pourquoi les Français font-ils moins d’enfants ? Comprendre la fin d’une exception

Source: The Conversation – France in French (3) – By Sébastien Oliveau, Géographe, directeur de la MSH Paris-Saclay, Université Paris-Saclay; Aix-Marseille Université (AMU)

Statistiquement, ce bébé a aujourd’hui moins de chances d’avoir un petit frère ou une petite sœur qu’il y a une vingtaine d’années. Shalev Cohen/Unsplash, CC BY

Pendant des décennies, la France a fait figure d’exception démographique en Europe, grâce à une fécondité relativement élevée. Or, cette singularité s’efface aujourd’hui à la faveur de transformations des trajectoires de vie, des territoires et des représentations de l’avenir. Derrière les chiffres des naissances, c’est une recomposition silencieuse qui se dessine. Que nous dit-elle de la société française contemporaine ?


En ce début d’année 2026, l’Insee vient de publier une estimation que toute la presse a reprise : la France a connu, en 2025, 645 000 naissances pour 651 000 décès. Cette situation n’est pas une surprise, mais le révélateur d’une dynamique amorcée depuis plus d’une décennie.

Pendant longtemps, la France a constitué une exception en Europe. Par exemple, l’Allemagne connaît un déficit naturel depuis 1970, et l’Italie depuis 1990.

Avec 1,56 enfant par femme en 2025, la France reste plus féconde que la moyenne de l’Union européenne (1,38 enfant par femme en 2023). Mais ce niveau est le plus faible connu par le pays depuis la Première Guerre mondiale.

Une modification structurelle de la dynamique démographique

Ces mesures sont données par l’indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) qui estime le nombre d’enfants qu’auraient, en moyenne, les femmes si elles avaient au cours de leur vie fertile les taux de fécondité par âge mesurés une année donnée (on additionne par exemple la fécondité des femmes de chaque groupe d’âge, de 15 à 49 ans, en 2025 pour obtenir un taux de fécondité total conjoncturel en 2025).

Cet indicateur présente l’avantage de pouvoir être calculé en temps réel. L’inconvénient est qu’il ne tient pas compte du calendrier de la fécondité. Si une génération de femmes a des enfants plus tard, il y aura une baisse de l’ICF alors que sa descendance finale (DF) ne diminuera pas nécessairement.

La descendance finale (DF) est un constat : on regarde à la fin de leur vie fertile, combien d’enfants a réellement eu une génération de femmes. C’est donc une mesure réelle, non impactée par le calendrier de la fécondité, mais il faut attendre qu’une génération de femmes ait atteint 50 ans pour la calculer.

L’ICF est donc soumis à des variations annuelles plus fortes que la DF. Ainsi, l’ICF a varié depuis 1980 où il était de 1,94 enfant par femme. On a observé une phase de baisse jusqu’en 1995 avec un minimum de 1,73, puis une hausse jusqu’en 2010 où on a atteint 2,03. À partir de 2014, s’amorce une baisse très rapide jusqu’à 1,56 en 2025.

La DF a été relativement stable : elle a varié entre 2 et 2,1 enfants par femme pour les générations 1960, 1970 ou 1980. Il est trop tôt pour pouvoir calculer la DF de la génération 1990, mais elle sera probablement plus faible.

Des enfants de plus en plus tard

Les Françaises ont leurs enfants de plus en plus tard. Cette évolution a commencé vers la fin des années 1960. L’âge moyen des mères à la maternité s’est encore retardé à 29,6 ans en 2005, puis à 31,2 ans en 2025.

Le fait d’avoir des enfants de plus en plus tard, en lien avec la baisse de la fertilité des femmes après 30 ans, joue aussi sur la DF. Ainsi, 87 % des femmes de la génération 1930 (les mères du baby-boom) ont eu au moins un enfant. Ce chiffre tombe à 80 % pour la génération 1970 et il s’approche de 75 % pour celles de 1980.

Une nouvelle géographie de la fécondité

Tout au long du XXᵉ siècle, les déterminants de la fécondité étaient sociaux et étaient représentés par une courbe en U. Les Françaises les plus fécondes étaient celles issues des catégories socioprofessionnelles les plus aisées et les plus modestes. Les Françaises les moins fécondes étant issues des classes sociales moyennes (employés et des professions intermédiaires).

La fécondité en France (2006-2019)

La Fécondité en France 2006-2019
La fécondité en France (2006-2019).
Fourni par l’auteur

Un « croissant fertile » au nord se caractérisait par une fécondité historiquement plus élevée que celle du Sud, encore perceptible en 2010. Cette singularité tenait à la structure sociale et culturelle de la population : majoritairement issue des classes populaires et ouvrières, plus fortement marquée par le catholicisme et des valeurs traditionnelles, dans un Nord alors très industrialisé.

Mais ces quinze dernières années, le croissant fertile tend à s’effacer, avec une baisse de la fécondité sur l’ensemble du territoire. Seules des poches de plus forte de fécondité relative persistent, d’une part, à l’est de la Bretagne et dans les Pays de la Loire, où perdurent des normes familiales plus traditionnelles, et, d’autre part, dans la périphérie francilienne et la vallée du Rhône, espaces marqués par une plus forte présence des classes populaires.

Certaines régions de fécondité traditionnellement forte, comme le Nord, le Pas-de-Calais et la Lorraine, ont un recul marqué des familles nombreuses et désormais une fécondité comparable à la moyenne nationale. Cela pourrait s’expliquer par un recul des valeurs traditionnelles de la famille, mais surtout par le déclin industriel et l’incertitude économique (chômage, précarité), qui sont des facteurs documentés de réduction de la fécondité ces quinze dernières années (en France et ailleurs en Europe).

Enfin, le vieillissement des mères à la maternité est généralisé, même s’il est plus marqué dans le sud de la France et les métropoles.

Le désir d’enfants baisse

Le désir d’enfant renvoie à deux notions distinctes. Le nombre d’enfants souhaités est la réponse à la question de savoir combien les personnes souhaitent avoir d’enfants. Traditionnellement, les femmes expriment un désir d’enfants légèrement supérieur à celui des hommes. Le désir d’enfants réalisé est complémentaire (il s’agit de la DF).

En les comparant, le nombre d’enfants souhaité est toujours supérieur au désir d’enfants réalisé, car une partie des femmes a moins d’enfants que souhaité pour des raisons diverses : infertilité, rupture d’union, difficultés économiques. Ces contraintes (économiques, sociales, biologiques) limitent la capacité des individus à concrétiser leurs intentions reproductives et participe à l’abaissement de la fécondité.

Le désir d’enfant a changé de dimension. Aujourd’hui, les couples stables souhaitent généralement avoir un ou deux enfants. Il y a vingt-cinq ans, c’était plutôt deux ou trois. Le refus d’avoir des enfants a progressé mais il est encore marginal, passant de 5 à 12 %.

Quelques hypothèses

Cette baisse du désir d’enfants est nouvelle en France et on peut émettre quelques hypothèses, impactant conjointement le désir d’enfants et sa réalisation, en plus des facteurs démographiques.

Tout d’abord, si l’élévation du niveau d’éducation et l’essor de l’activité professionnelle féminine ont fortement contribué à la baisse de la fécondité à la fin du XXᵉ siècle, cet effet semble aujourd’hui largement épuisé. La massification de l’enseignement supérieur et l’ancrage durable du travail féminin constituent désormais un cadre stabilisé, qui ne permet plus, à lui seul, de rendre compte du recul récent de la fécondité.

La crainte de l’avenir semble être la raison primordiale. Le contexte économique difficile s’associe à une baisse de la fécondité, comme l’ont montré les études en Europe, par exemple avec la crise de 2008. Dans toutes les enquêtes, les jeunes adultes expriment leurs angoisses face au changement climatique, au contexte géopolitique, à l’incertitude économique et sociale. La crise climatique joue probablement, mais à la marge. D’ailleurs, le refus d’enfants est encore très minoritaire. Dans le détail, c’est plutôt un comportement des jeunes des grandes villes, ayant fait des études supérieures, pour lesquels ne pas avoir d’enfant serait un geste « écologique ».

Si l’évolution des représentations de la famille et des changements normatifs participent à ce mouvement de baisse de la fécondité chez les jeunes femmes, on peut aussi y voir des difficultés accrues à trouver un équilibre entre famille et travail dans un contexte de précarisation de l’emploi. En effet, l’emploi et ses modalités jouent probablement un rôle. Si le chômage a baissé en France depuis une petite dizaine d’années, la nature des emplois a changé. Le premier emploi stable arrive souvent après plusieurs contrats précaires, donc plus tard.

Le logement joue également un rôle. La France ne propose pas suffisamment de logements par rapport à la croissance du nombre de ménages. Cela induit une augmentation forte des prix à la location et à l’achat, et une pénurie de logements disponibles, en particulier dans les grandes villes. Beaucoup de jeunes actifs vivent encore dans le ménage parental ou en colocation.

Quel avenir pour la fécondité en France ?

Ces facteurs pourraient accroître l’écart entre nombre d’enfants idéal et réalisé. On peut penser que les risques évoqués sont désormais perçus comme des contraintes de long terme pour les jeunes générations. Une fois intériorisées, elles sont désormais suffisamment fortes pour changer les normes et représentations de la famille, qui influencent le désir d’enfant lui-même.

La France est probablement à un tournant démographique, amorcé il y a une dizaine d’années : l’accroissement naturel est devenu un déficit. La baisse du désir d’enfants chez les jeunes générations nous dit clairement que cela devrait être une tendance durable.

Jusqu’à la fin de la décennie, on peut s’attendre à un indicateur conjoncturel de fécondité probablement inférieur à 1,7. Il ne devrait cependant pas baisser en dessous de 1,3, le désir d’enfants étant encore présent. Cela signifie que le déficit naturel s’installera probablement dans la durée. En ce sens, la France est devenue un pays européen comme les autres puisque c’est le cas dans la presque totalité des pays de l’Union européenne.

The Conversation

Sylvie Dubuc a reçu des financements du LABoratoire d’EXcellence iPOPs

Francois-Olivier Seys et Sébastien Oliveau ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Pourquoi les Français font-ils moins d’enfants ? Comprendre la fin d’une exception – https://theconversation.com/pourquoi-les-francais-font-ils-moins-denfants-comprendre-la-fin-dune-exception-274521

Ethiopia and Eritrea are on edge again: what’s behind the growing risk of war

Source: The Conversation – Africa (2) – By Yohannes Gedamu, Senior Lecturer of Political Science, Georgia Gwinnett College

The histories of Eritrea and Ethiopia have long been closely intertwined. Once part of Ethiopia, Eritrea launched an armed struggle for independence in 1961 that resulted in its secession in 1993 following a referendum. But since Eritrea’s independence, relations between the two countries have evolved through many ups and downs, which include a devastating war from 1998 to 2000, followed by two decades of mutual isolationism.

The two countries appeared to have healed their broken relations when Eritrea’s Isaias Afwerki accepted the newly appointed Ethiopian prime minister Abiy Ahmed’s overtures for peace in 2018. Unfortunately, by early 2026, that started to feel like a distant memory with the re-emergence of the prospect of a return to war. Political science scholar Yohannes Gedamu explains the context and potential consequences.

What’s the history of conflict between the two countries?

A border dispute in 1998 ignited a deadly war between Ethiopia and Eritrea, which share a border of over 1,000km. The war started when Eritrean troops invaded Badme, a contested town in Tigray, the northernmost region of Ethiopia. It became one of the deadliest conflicts of contemporary Africa as tens of thousands lost their lives.

The war ended in June 2000 with the Algiers Agreement. It established a ceasefire, mandated the deployment of UN peacekeepers, and created a boundary commission to legally demarcate the disputed border. However, the fact that borders are yet to be demarcated means tensions could persist.

At the time, Ethiopia was ruled under a four-party political coalition created and dominated by Tigray People’s Liberation Front. The coalition, known as Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front, ruled the country between 1991 and 2018.

Eritrea’s ruling party was historically an ally of the Tigray People’s Liberation Front. That changed because the ally was in charge of Ethiopia when it won the war.

The resentment has never gone away.

Tensions have flared from time to time. The border is heavily militarised, with a no man’s land between the two armies serving as a security corridor.

Abiy Ahmed’s peace overtures to Eritrea in 2018 and the resulting peace agreement were lauded by many in the global community and locally. Most recognise that the countries have more in common than what sets them apart.

But the agreement did not lead to increased political and economic cooperation. It created only a short-lived marriage of convenience. Here is why.

After Abiy came to power in April 2018, the Tigrayan grip on Ethiopia ended. In November 2020, the Tigray war started. Eritrea blamed the Tigray People’s Liberation Front for its own economic and political fragility and isolation, and supported Abiy against the Tigrayans.

The Tigray war became a devastating conflict with allegations of war crimes committed by all parties – but most were attributed to the Eritrean troops.

The prospect of a new war in the ever volatile Horn of Africa would threaten a region already ravaged by the ongoing conflict in Sudan.

What’s driving the present tensions?

Despite the peace agreement in 2018 between the countries, fault lines persist. The biggest is access to the sea.

Eritrea’s independence in 2000 gave it control of a long coastline across the Red Sea, but left populous Ethiopia a landlocked nation. Addis Ababa now depends on the goodwill of its neighbours like Djibouti for port access.

In recent years, especially since the Tigray war ended in 2022, Abiy has brought up the topic of access to the sea, naming Eritrea and Somaliland as potential avenues. He argues that Ethiopia has a historical claim to Eritrea’s port of Assab, which is a mere 60km from the Ethiopian border.

Indeed, many Ethiopians consider the loss of access to the sea as a national tragedy. Abiy’s plea for a diplomatic solution that would give Ethiopia access to the sea has galvanised support at home.

This has angered Eritrea, which doesn’t accept Ethiopia’s claim to Assab.

The second fault line is Eritrea’s documented support to various Ethiopian rebel organisations and movements in recent periods. This support was evident before the peace deal in 2018. There are also new allegations of Eritrean military support for Tigrayan and other rebellions in Amhara and Oromia, especially since 2022.

The most important fault line, however, has developed in the aftermath of the Tigray War. Eritrea fought on Ethiopia’s side during the war. When the war ended, Eritrea complained that it was not consulted or invited by Ethiopia to be a party to the peace accord.

Ethiopia now claims that Eritrea has switched alliances. After the Tigray war concluded and a provisional administration was installed in Mekelle, the Tigray People’s Liberation Front and the government of Ethiopia failed to address their differences. And Eritrea extended its hand to its historic foe, the Tigray People’s Liberation Front.

This has angered Ethiopia and stoked cross-border animosities.

Is war inevitable?

In October 2025, Ethiopia’s foreign minister Gedion Timothewos wrote to the United Nations accusing Eritrea of making new incursions into Ethiopia’s territories and movement of its troops into Tigray.

He claimed that Eritrea’s collusion with the Tigray People’s Liberation Front had become “more evident over the past few months”. He also accused Eritrea of “funding, mobilising and directing armed groups” in Ethiopia’s Amhara region, where militiamen known as Fano have been battling the federal government.

In February 2026, Ethiopia also wrote to Eritrea demanding the withdrawal of troops from its territory. Eritrea fired back that the allegations were “patently false and fabricated”.

The danger of a return to war is real. And time is running out for diplomatic and political efforts to defuse tensions. In its letter to Eritrea, Ethiopia said it remained open to dialogue. Addis also indicated willingness to engage in broader negotiations, including maritime affairs and potential access to the sea through the port of Assab.

A dialogue could address Ethiopia’s desire for reliable sea access and Eritrea’s fears of an attack on its sovereignty.

Diplomacy now could prevent the onset of conflict. Just three years after the Tigray war – and with the Sudan war soon dragging into its fourth year – the region can ill afford another. Headquartered in Addis Ababa, the African Union especially needs to invite both countries to the negotiating table before time runs out.

The Conversation

Yohannes Gedamu does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Ethiopia and Eritrea are on edge again: what’s behind the growing risk of war – https://theconversation.com/ethiopia-and-eritrea-are-on-edge-again-whats-behind-the-growing-risk-of-war-276424

Rutabaga, topinambour : ce que le retour des légumes « oubliés » dit de notre rapport à l’alimentation

Source: The Conversation – France (in French) – By Anne Parizot, Professeur des universités en sciences de l’information et de la communication émérite, Université Bourgogne Europe

_L’Hiver_ (1573), de Giuseppe Arcimboldo/Illustration de topinambours extraite des _Plantes potagères, l’album Vilmorin_ (2004), de Jacques Barrau/Rutabagas. Musée du Louvre-Lens/Éditions Bibliothèque de l’image/Wikimédia, CC BY

Le goût n’est pas qu’une affaire de papilles gustatives. Certains légumes peuvent ainsi avoir celui de la guerre et de la privation. C’est le cas de divers légumes racines, comme les topinambours ou les rutabagas, associés à des traumatismes historiques. Aujourd’hui cependant, ils ont le vent en poupe et sont parfois considérés comme des trésors cachés que l’on redécouvre ou bien comme des « légumes authentiques ». Comment ce changement a-t-il pu s’opérer en quelques décennies quand les saveurs de ces légumes n’ont, elles, bien sûr pas changé ?


On les disait tristes, fades ou dépassés, les topinambours, rutabagas, panais ou crosnes font leur retour sur les étals, dans les paniers bio et sur les menus gastronomiques. Associés aux souvenirs de guerre et de pénurie, ils questionnent notre apport à l’alimentation. Comment des légumes associés à la contrainte alimentaire sont-ils devenus emblèmes d’une cuisine désirable et responsable ?

Des légumes longtemps méprisés par l’élite

L’histoire des légumes varie selon les périodes : longtemps méprisés par l’élite jusqu’à la Renaissance, certains ont alors connu un engouement, lié au changement de statut social des légumes, à la transgression des prescriptions médicales, à l’influence italienne et à l’acclimatation de produits venus d’Espagne.

Historiquement, ces légumes constituaient une base ordinaire de l’alimentation européenne du début du Moyen Âge à l’époque moderne. Leur robustesse, leur capacité de conservation en faisaient des ressources fiables face aux aléas climatiques et aux pénuries. Cultivés sous terre, ils assuraient la sécurité alimentaire, notamment lors des crises frumentaires (XIVᵉ-XVIIᵉ siècles) et en période de conflit. Cette centralité s’érode à partir du XVIIIᵉ siècle, avec la rationalisation agricole et l’essor de cultures plus productives et standardisées, comme la pomme de terre qui s’impose durablement au XIXᵉ siècle.

Des légumes marqués par la pénurie et la honte alimentaire

Les guerres du XXᵉ siècle accentuent leur marginalisation. Moins stratégiques que la pomme de terre et les céréales, ces légumes échappent davantage aux prélèvements et aux destructions. Indissociables de la Seconde Guerre mondiale, cultivés massivement pour pallier l’absence des denrées confisquées, ils deviennent des aliments de survie, durablement associés, dans la mémoire collective, à la contrainte, la monotonie et la privation plutôt qu’au plaisir alimentaire.

Après la Libération, leur rejet est brutal. Manger du rutabaga rappelle un passé de privation que l’on souhaite effacer. L’industrialisation agricole et la standardisation des goûts les relèguent hors des pratiques alimentaires ordinaires.

« Le topinambour », Karambolage (Arte).

Ce n’est pas un phénomène isolé. Le sociologue Claude Fischler montre que l’alimentation est un puissant vecteur de mémoire sociale. S’il n’analyse pas directement les légumes racines, ses travaux sur l’alimentation, notamment sur les crises de la vache folle ou des organismes génétiquement modifiés (OGM), permettent de comprendre comment certains aliments, associés à des expériences historiques de contrainte, de pénurie, se trouvent durablement chargés d’une valeur mémorielle négative.

Le sociologue Erving Goffman, évoque lui à cet égard, des aliments « disqualifiés » : leur consommation signale une contrainte plutôt qu’un goût rappelant une identité alimentaire associée à la privation.

Hiérarchies alimentaires et distinctions sociales

Le déclassement des légumes racines s’inscrit également dans une hiérarchisation symbolique. Certains légumes sont perçus comme rustiques ou pauvres tandis que d’autres – asperges, artichauts, tomates – sont « nobles », valorisés par leur rareté, leur mode de culture et leur association historique aux cuisines urbaines ou aristocratiques. La valeur gustative se confond ainsi avec la valeur sociale, selon Pierre Bourdieu.

Consommer ces légumes relevait d’un « goût de nécessité » (aliments nourrissants, « tenant au corps » et peu coûteux, comme la pomme de terre, la soupe), en contraste avec le « goût de liberté » des classes dominantes (préparations légères et esthétisées). La raréfaction des cultures reflète un ajustement de l’offre agricole à une demande socialement construite : à mesure que ces légumes deviennent les emblèmes d’un « goût de nécessité » disqualifié, leur consommation recule, entraînant une contraction des surfaces cultivées et la marginalisation des filières correspondantes.

Du légume subi au légume choisi

Leur retour au XXIᵉ siècle s’inscrit dans les critiques contemporaines de l’agro-industrie, la valorisation des circuits courts et la recherche d’une alimentation plus locale. Là où ils étaient imposés, ils deviennent des choix alimentaires revendiqués. Il faut dire que les générations, qui les ont associés à la privation et à la guerre, disparaissent peu à peu.

Leur consommation est désormais un marqueur de compétence gastronomique et de distinction culturelle, signalant un rapport éclairé à l’alimentation, au temps long et à l’histoire des produits.

Le rôle décisif du langage

Cette requalification repose sur un travail discursif. On ne parle plus de « légumes de guerre », mais de « légumes anciens », « oubliés », « racines de terroir ». Le glissement lexical désactive la mémoire douloureuse et valorise ces « trésors cachés » que l’on redécouvre.

L’authenticité alimentaire est avant tout un effet de discours.

Dire « ancien » plutôt que « dépassé », « oublié » plutôt qu’« indésirable » fonctionne comme marqueurs symboliques, signifiant un choix réfléchi et un engagement culturel ou écologique. Le consommateur achète une narration, pas seulement un légume.

« Légumes anciens » ne renvoie pas nécessairement à l’âge historique du légume ni à sa production locale. Des topinambours ou rutabagas dits « oubliés » n’ont pas disparu et ont continué à être depuis le Moyen Âge cultivés en continu dans certaines régions. Certains légumes très anciens sur le plan botanique – panais, scorsonère, cardons – n’ont jamais été oubliés et continuent de figurer dans des pratiques alimentaires locales ou rurales.

La création d’une nostalgie

De même, l’argument de la localité peut être plus rhétorique que factuel. Ces légumes, vendus dans les circuits bio ou gastronomiques, peuvent provenir de régions éloignées ou de cultures industrialisées hors saison. La mise en avant du terroir relève davantage d’un effet de discours visant à renforcer la valeur symbolique et patrimoniale du produit que d’une réalité géographique stricte produisant une perception de proximité et d’authenticité, indépendamment de la chaîne d’approvisionnement réelle.

Diffusés dans les livres de cuisine, les médias, les marchés et la distribution spécialisée, ils dégagent une nostalgie recomposée, souvent sans souvenir vécu. Le passé convoqué est débarrassé de ses souffrances. « Oublié » suggère une nécessité de réhabilitation, là où le « légume de pénurie » enferme l’aliment dans un passé subi, ce qui correspond à une recomposition symbolique de la mémoire alimentaire.

Dans les rayons bio, sur les sites spécialisés, topinambour et panais sont des produits de saison inscrits dans un registre valorisant « légume ancien de saison ou de terroir, racine d’hiver, légumes patrimoniaux ».

Un adepte de permaculture vante les mérites du topinambour, un légume « résilient » qui « se débrouille tout seul ».

Les médias français et anglo-saxons associent eux ces légumes, généralement robustes au froid et à la maladie, demandant peu de traitement chimiques ou agricoles, préservant la diversité génétique, à une cuisine durable, créative et engagée, renforçant leur dimension patrimoniale.

Des « légumes vérités » qui « disent le paysage »

Les chefs et leurs collaborateurs légitiment à leur tour cette requalification symbolique avec des termes parfois de plus en plus abstraits. Ils sont pour cela présentés comme des artistes « en quête de vérité » à l’instar du chef Olivier Nasti qui louera les goûts authentiques des légumes racines. On passe ainsi d’adjectif descriptif (légume rustique par exemple) à des qualificatifs moraux, qui n’évoquent plus une qualité agronomique mais qui ont une fonction révélatrice : Il est désormais question de  dire le paysage  ou  raconter le terroir , ce qui pose le légume comme médium.

Le maraîcher Joël Thiébault, qui fournit de nombreux chefs étoilés assure ainsi « expliquer aux cuisiniers le vécu d’un légume  » lors de la vente, tandis que l’experte en image de marque Annie Ziliani voyait dans le succès des légumes racines « une envie de choses qui se sont frottées aux éléments, qui ont touché la terre ». Ces légumes, renchérit le chef Jérôme Guicheteau, sont de surcroît fourni par des « vrais gens, des gens de la terre » qui s’oppose à la grande distribution.

Ces légumes peuvent également se colorer politiquement : le chef Mauro Colagreco revendique ainsi l’usage de légumes anciens comme un acte engagé : préservation de la biodiversité, valorisation des variétés oubliées, respect de la saisonnalité et critique de l’agro-industrie.

L’esthétisation de l’imperfection et la nostalgie construite

Longtemps jugés laids, terreux ou informes, ils sont désormais qualifiés de « biscornus », de « singuliers », d’« imparfaits mais vrais ».

L’irrégularité devient une valeur esthétique et morale, opposée au calibrage industriel. La nostalgie suscitée est largement construite : la plupart des consommateurs n’en ont aucune mémoire vécue. Le passé mobilisé est recomposé à partir des valeurs du présent : rejet de la standardisation et désir de réenracinement.

Leur désirabilité ne tient pas à la saveur, mais au regard porté sur eux. À travers leur retour, ce sont nos manières de raconter l’alimentation, le passé et le territoire qui se recomposent. Certains semenciers proposent désormais des « coffrets de légumes oubliés » comme on offrirait un vin rare ou un objet culturel.

Le topinambour ou le panais deviennent ainsi des supports de récit, de transmission et de positionnement symbolique. Manger ces légumes devient une manière de dire quelque chose de soi, de son rapport au temps, à l’histoire et aux modèles de production.

Reste une question ouverte : ces « légumes oubliés » redeviendront-ils ordinaires ou resteront-ils des signes distinctifs d’un art contemporain de manger ?

The Conversation

Anne Parizot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Rutabaga, topinambour : ce que le retour des légumes « oubliés » dit de notre rapport à l’alimentation – https://theconversation.com/rutabaga-topinambour-ce-que-le-retour-des-legumes-oublies-dit-de-notre-rapport-a-lalimentation-276189

Qu’est-ce qui incite les enfants à tricher ? Faut-il s’en inquiéter ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Penny Van Bergen, Associate Professor in the Psychology of Education, Macquarie University

Les enfants sont plus enclins à tricher dans un environnement où la tentation est plus forte. Basilco Stock Studio/Shutterstock

Il est courant pour les enfants de tricher et ce comportement peut déstabiliser les adultes. Que nous apprend-il en matière de développement psychologique ? Comment réagir face à de jeunes joueurs qui détournent les règles ?


Tout le monde connaît des enfants qui trichent au Monopoly ou en jouant au cricket. Peut-être même ont-ils triché lors d’un examen scolaire.

Si vous remarquez que votre propre enfant se comporte de cette manière, vous pouvez craindre qu’il ne s’oriente vers une vie pleine de fraudes.

Mais si l’on se place du point de vue du développement de l’enfant, la tricherie n’est généralement pas un sujet d’inquiétude.

Qu’est-ce que la tricherie ?

La tricherie se produit lorsqu’un enfant se comporte de manière malhonnête afin d’obtenir un avantage indu. Il peut prétendre avoir obtenu un six au dé, jeter un œil sur les cartes des autres, noter de manière incorrecte le score d’un match sportif ou manipuler des jeux vidéo pour passer des niveaux.

Malgré tous les efforts déployés par les parents et les enseignants, la tricherie est extrêmement courante. Dans une expérience, on a demandé à des enfants de cinq ans de ne pas regarder dans une boîte pendant que l’expérimentateur quittait la pièce. Presque tous ont regardé et la plupart ont ensuite nié l’avoir fait.

Un signe de développement

La capacité à tromper peut signaler l’émergence de nouvelles compétences, notamment la capacité à appréhender ce que pensent les autres.

Pour tromper efficacement, nous devons réfléchir à ce que pense l’autre. Nous devons ensuite le tromper en lui faisant croire à une réalité différente. Ces compétences cognitives n’apparaissent qu’à l’âge préscolaire, et ce n’est qu’à partir du primaire que les enfants parviennent à maintenir une histoire fictive sur une longue période.

Two children sit next to a Monopoly board
Les recherches montrent qu’il est très courant que les enfants trichent.
spass/Shutterstock

Tricher à l’école

À mesure que les enfants grandissent, ils peuvent devenir plus prudents en matière de tricherie en général, mais c’est là aussi qu’ils commencent à tricher à l’école.

Dans une étude américaine, plus de trois lycéens sur quatre ont déclaré avoir triché au moins une fois à l’école au cours de l’année écoulée.

Les techniques courantes comprenaient le partage de leur travail avec d’autres, l’obtention des réponses aux tests à l’avance, le plagiat sur Internet et la collaboration dans des cas où ils n’étaient pas censés le faire.

Les élèves étaient plus enclins à considérer la tricherie comme acceptable lorsqu’ils aidaient un camarade ou lorsqu’ils pouvaient rationaliser ce comportement de manière prosociale (par exemple, ils manquaient de temps et devaient tricher parce qu’ils s’occupaient d’un membre de leur famille).

La tentation a son importance

Tout comme les adultes, les enfants sont plus enclins à tricher dans un environnement où la tentation est plus forte. Dans une étude, les enfants âgés de sept ans à dix ans étaient plus enclins à tricher à un jeu de dés s’ils pouvaient gagner un prix plus important.

Les enfants et les adolescents déclarent également être plus enclins à tricher lorsqu’il s’agit d’éviter des conséquences négatives. Dès 1932, le directeur d’école américain M. A. Steiner écrivait qu’une surcharge de travail incitait les élèves à tricher. Dans une étude réalisée en 2008, les élèves eux-mêmes ont déclaré tricher à l’école parce qu’ils n’étaient pas intéressés par les matières enseignées ou parce qu’ils subissaient une pression pour obtenir de bons résultats.

Si la tentation incite à tricher, le risque d’être pris à tricher peut encourager l’honnêteté. Les enfants doivent peser les avantages de la tricherie par rapport aux risques d’être pris.

En grandissant, les enfants peuvent également réfléchir à l’impact de la tricherie sur leur image d’eux-mêmes. Par exemple, « être une bonne personne est important pour moi, donc je ne tricherai pas ».

Les garçons trichent-ils plus que les filles ?

Certains enfants sont plus enclins à tricher que d’autres. Par exemple, dans une étude réalisée en 2019 dans laquelle les enfants devaient lancer six dés leur permettant de gagner des prix, les garçons trichaient plus que les filles. Les garçons et les filles avaient également une approche différente de la tricherie : les filles étaient plus enclines à tricher pour éviter les pertes, tandis que les garçons étaient motivés autant par les pertes que par les gains.

Les compétences sociales font également la différence. Une étude américaine réalisée en 2003 a montré que les enfants de CE1 qui ont été rejetés par leurs camarades sont plus susceptibles de tricher aux jeux de société, même lorsqu’ils jouent ensuite avec des enfants qu’ils n’ont jamais rencontrés auparavant. Il est possible qu’ils aient plus de mal à contrôler leurs émotions et leurs comportements.

Les adolescents qui ont moins de maîtrise d’eux-mêmes et qui tolèrent davantage les infractions aux règles sont plus susceptibles d’accepter la tricherie scolaire, tout comme ceux qui se comportent mal en classe.

A young boy puts his hand over a man’s eyes as they play a video game on the couch
Une étude suggère que les garçons sont plus enclins à tricher que les filles.
Jacob Lund/Shutterstock

Comment les adultes peuvent-ils décourager la tricherie ?

Bien que la tricherie soit courante, elle peut poser des problèmes croissants aux enfants et aux adolescents à mesure que les enjeux deviennent plus importants. Une étude menée auprès d’élèves chinois de quatrième a montré que ceux qui trichaient lors de la correction de leurs propres tests avaient moins de chances d’apprendre la bonne réponse par la suite.

Voici quatre mesures que les parents et les enseignants peuvent prendre pour décourager la tricherie.

Ayez des conversations ouvertes : discutez ouvertement et avec compassion des raisons pour lesquelles tricher n’est pas une bonne idée (par exemple, « cela gâche le plaisir de vos amis »). Des recherches montrent que les enfants et les adolescents qui avaient promis aux chercheurs de ne pas tricher à un jeu étaient moins susceptibles de le faire. Mais les enfants qui craignent d’avoir des ennuis sont moins enclins à dire la vérité.

Ne mettez pas trop de pression sur les résultats : lorsque vous parlez de l’école, utilisez un langage lié à l’apprentissage plutôt qu’à la performance (« fais de ton mieux, c’est tout ce que tu peux faire »). Des études montrent que les environnements scolaires très compétitifs favorisent la tricherie, car les avantages de la réussite et les risques de l’échec sont amplifiés.

Soyez positif quant au caractère de votre enfant : dans une étude, des enfants d’âge préscolaire ont été répartis en deux groupes. Dans le groupe « bonne réputation », on a dit aux enfants : « Je connais des enfants de votre classe et ils m’ont dit que vous étiez un enfant sage ». Dans l’autre groupe, on n’a rien dit aux enfants. On a ensuite demandé à tous les enfants de ne pas regarder un jouet attrayant pendant que l’expérimentateur quittait la pièce. Les enfants du groupe « bonne réputation » étaient moins enclins à tricher (60 %) que ceux de l’autre groupe (90 %).

Montrez l’exemple aux enfants : si les adultes se comportent de manière honnête et ouverte, les enfants seront plus enclins à faire de même. Dans une étude, on a dit à des enfants qu’il y avait un grand bol de bonbons dans la pièce voisine. Lorsqu’ils ont découvert qu’il s’agissait d’un mensonge, les enfants eux-mêmes étaient plus enclins à tricher en jouant et à mentir à ce sujet.

The Conversation

Penny Van Bergen a reçu des financements de l’Australian Research Council et du ministère de l’Éducation de Nouvelle-Galles du Sud.

ref. Qu’est-ce qui incite les enfants à tricher ? Faut-il s’en inquiéter ? – https://theconversation.com/quest-ce-qui-incite-les-enfants-a-tricher-faut-il-sen-inquieter-275422

Probability underlies much of the modern world – an engineering professor explains how it actually works

Source: The Conversation – USA – By Zachary del Rosario, Assistant Professor of Engineering, Olin College of Engineering

Probability can explain why a coin flip has a 50/50 chance of landing heads versus tails, but it also can be used for more powerful applications. Monty Rakusen/DigitalVision via Getty Images

Probability underpins AI, cryptography and statistics. However, as the philosopher Bertrand Russell said, “Probability is the most important concept in modern science, especially as nobody has the slightest notion what it means.”

I teach statistics to engineers, so I know that while probability is important, it is counterintuitive.

Probability is a branch of mathematics that describes randomness. When scientists describe randomness, they’re describing chance events – like a coin flip – not strange occurrences, like a person dressed as a zebra. While scientists do not have a way to predict strange occurrences, probability does predict long-run behavior – that is, the trends that emerge from many repeated events.

Left: A person in a zebra costume. Right: A coin in mid-air after being flipped. A hand is visible with thumb extended upward.
We may say ‘random’ to describe strange occurrences (person dressed as zebra), but probability describes chance events (a coin flip).
Zebras in La Paz, Bolivia by EEJCC, Own Work CC A-SA 4.0; https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Zebra_La_Paz.jpg _ , CC BY-SA

Modeling with probability

Since probability is about events, a scientist must choose which events to study. This choice defines the sample space. When flipping a coin, for example, you might define your event as the way it lands.

Coins almost always land on heads or tails. However, it’s possible – if very unlikely – for a coin to land on its side. So to create a sample space, you’d have two choices: heads and tails, or heads, tails and side. For now, ignore the side landings and use heads and tails as our sample space.

Next, you would assign probabilities to the events. Probability describes the rate of occurrence of an event and takes values between 0% and 100%. For example, a fair flip will tend to land 50% heads up and 50% tails up.

To assign probabilities, however, you need to think carefully about the scenario. What if the person flipping the coin is a cheater? There’s a sneaky technique to “wobble” the coin without flipping, controlling the outcome. Even if you can prevent cheating, real coin flips are slightly more probable to land on their starting face – so if you start the flip with the coin heads up, it’s very slightly more likely to land heads up.

In both the cheating and real flip cases, you need an appropriate sample space: starting face and other face. To have a fair flip in the real world, you’d need an additional step where you randomly – with equal probability – choose the starting face, then flip the coin.

Three bar graphs displaying probabilities for different outcomes. The 'Fair' Flip assigns equal probability (50%) to both heads and tails. The Real Flip assigns 51% to the Starting Face and 49% to the Other Face. The Cheater's Flip assigns 100% to the Starting Face.
The probabilities for different coin-flipping scenarios.
Zachary del Rosario, CC BY-SA

These assumptions add up quickly. To have a fair flip, you had to ignore side landings, assume no one is cheating, and assume the starting face is evenly random. Together, these assumptions constitute a model for the coin flip with random outcomes. Probability tells us about the long-run behavior of a random model. In the case of the coin model, probability describes how many coins land on heads out of many flips.

But instead of using a random model, why not just solve the coin toss using physics? Actually, scientists have done just that, and the physics shows that slight changes in the speed of the flip determine whether it comes up heads or tails. This sensitivity makes a coin flip unpredictable, so a random model is a good one.

Frequency vs. probability

Probability differs from frequency, which is the rate of events in a sequence. For example, if you flip a coin eight times and get two heads, that’s a frequency of 25%. Even if the probability of flipping a coin and seeing heads is 50% over the long run, each short sequence of flips will come out different. Four heads and four tails is the most probable outcome from eight flips, but other events can – and will – happen.

Frequency and probability are the same in one special setting: when the number of data points goes to infinity. In this sense, probability tells us about long-run behavior.

A bar chart of probabilities for all possible outcomes of eight 'fair' coin flips. Four heads has the highest probability (~27%), and the distribution is symmetric around four heads.
Probabilities for all possible outcomes of eight ‘fair’ coin flips.
Zachary del Rosario, CC BY-SA

Applications to AI, cryptography and statistics

Probability isn’t just useful for predicting coin flips. It underlies many modern technological systems.

For example, AI systems such as large language models, or LLMs, are based on next-word prediction. Essentially, they compute a probability for the words that follow your prompt. For example, with the prompt “New York” you might get “City” or “State” as the predicted next word, because in the training data those are the words that most frequently follow.

But since probability describes randomness, the outputs of a LLM are random. Just like a sequence of coin flips is not guaranteed to come out the same way every time, if you ask an LLM the same question again, you will tend to get a different response. Effectively, each next word is treated like a new coin flip.

Randomness is also key to cryptography: the science of securing information. Cryptographic communication uses a shared secret, such as a password, to secure information. However, surprising randomness isn’t good enough for security, which is why picking a surprising word is a bad choice of password. A shared secret is only secure if it’s hard to guess. Even if a word is surprising, real words are easier to guess than flipping a “coin” for each letter.

You can make a much stronger password by using probability to choose characters at random on your keyboard – or better yet, use a password manager.

Finally, randomness is key in statistics. Statisticians are responsible for designing and analyzing studies to make use of limited data. This practice is especially important when studying medical treatments, because every data point represents a person’s life.

The gold standard is a randomized controlled trial. Participants are assigned to receive the new treatment or the current standard of care based on a fair coin flip. It may seem strange to do this assignment randomly – using coin flips to make decisions about lives. However, the unpredictability serves an important role, as it ensures that nothing about the person affects their chance to get the treatment: not age, gender, race, income or any other factor. The unpredictability helps scientists ensure that only the treatment causes the observed result and not any other factor.

So what does probability mean? Like any kind of math, it’s only a model, meaning it can’t perfectly describe the world. In the examples discussed, probability is useful for describing long-term behaviors and using unpredictability to solve practical problems.

The Conversation

Zachary del Rosario has received funding from the National Science Foundation and Toyota Research Institute.

ref. Probability underlies much of the modern world – an engineering professor explains how it actually works – https://theconversation.com/probability-underlies-much-of-the-modern-world-an-engineering-professor-explains-how-it-actually-works-273332

Enforcing Prohibition with a massive new federal force of poorly trained agents didn’t go so well in the 1920s

Source: The Conversation – USA – By Richard F. Hamm, Professor of History, University at Albany, State University of New York

Coast Guardsmen stand in front of two truckloads of liquor seized on April 14, 1931, after a battle between three policemen and several alcohol smugglers near Falmouth, Mass. AP Photo

As the actions of agents with U.S. Immigration and Customs Enforcement come under intense scrutiny, it’s worth noting that a little more than 100 years ago, another expansion of federal policing – to enforce national Prohibition – also sparked nationwide concern.

As a U.S. history scholar, I know both the government agencies charged with enforcing national Prohibition in the early 20th century and with mass deportation in the early 21st century were hastily expanded. They were asked to achieve difficult objectives and were staffed by sometimes poorly trained people who at times resorted to violence.

National prohibition enforcement

When Congress approved the Volstead Act in 1919 that outlawed the manufacture, sale and transportation of alcoholic liquors, it purposely limited the number of Prohibition enforcement officials due to pressure from powerful dry lobbying groups, which supported the prohibition of alcohol sales and consumption. These groups thought the majority of the Prohibition policing would be done by states.

The Volstead Act also exempted Prohibition agents from civil service laws, which would have required job applicants to pass certain minimum standards. The exemption was written into the law because the prohibitionist lobby only trusted committed “drys” – people resolutely dedicated to maintaining an alcohol-free society – to do the enforcing, and they thought that they would control the appointments.

For the first years of Prohibition, the Bureau of Prohibition belonged to a division of the Bureau of Internal Revenue – some were converted alcohol tax collectors. Then they became part of the Bureau of Prohibition in the Treasury Department. And in 1930, they moved to the Department of Justice.

These moves to various bureaus and departments reflected attempts to curtail corruption, reduce the influence of the prohibitionists on staffing, and increase effectiveness. Despite the moves, funding and training for Prohibition agents never improved. Additionally, in an effort to cut government spending during the Great Depression, the Herbert Hoover administration cut Prohibition agents’ per diem pay from US$6 to $5.

The initial group of Prohibition agents were either committed prohibitionists or “political hacks with little law enforcement experience,” according to author W. J. Rorabaugh. The hacks, Rorabaugh wrote, soon outnumbered the prohibitionists.

Several men dump beer from kegs into a lake.
Prohibition agents dump beer into Lake Michigan in Chicago on Oct. 9, 1919.
Bettmann/Getty Images

In 1927, Federal Circuit Judge William S. Keynon said that “three-fourths of the 2,500 dry agents are ward heelers and sycophants named by the politicians.” The assistant attorney general in charge of Prohibition enforcement, Mabel Walker Willebrandt, said that Prohibition agents were “as devoid of honesty and integrity” as those who violated Prohibition laws.

When Prohibition agents were placed under the civil service, 60% of them failed their civil service tests. In a six-year period beginning in 1920, 752 Prohibition officials lost their jobs for delinquency or misconduct. Drunkenness and bribery were the two main reasons for dismissal.

In 1930, the 1,450 front-line Prohibition agents dwarfed the 350 FBI field agents across the country. They were the largest federal law enforcement body, and they were busy.

From 1921 to 1930, they averaged over a half-million arrests per year. They seized over 45,000 automobiles, and by their own account, Prohibition agents killed 89 people.

However, the Association Against the Prohibition Amendment calculated that about 1,000 people were killed in enforcing Prohibition.

Endemic violence

Federal officials authorized Prohibition agents’ use of violence. One official told U.S. Sen. Wesley Jones, a strong prohibitionist, that some bootleggers “deserve a good killing, and I am not losing any sleep if now and then a bootlegger is killed.”

But Prohibition agents did not just shoot criminals. The Washington Herald detailed in 1929 a pattern of reckless use of force, with prohibition agents shooting at the tires of escaping cars and accidentally firing weapons. In 1924, within blocks of the U.S. Capitol, a Prohibition agent who was firing at a fleeing car carrying a bootlegger accidentally shot Sen. Frank L. Greene of Vermont. Greene, wounded in the head, never fully recovered the use of one arm.

The author Daniel Okrent illustrated the link between trigger-happy officers and shoddy recruitment and training when he detailed the case of “the first agent to kill a suspect bootlegger in the line of duty.” The Prohibition agent had been accepted into service under a false name. He was not a stranger to killing, as he had killed a man when he was 14. He had also served multiple prison terms. Indeed, he was given his badge when “still incarcerated at Dannemora State Prison,” according to Okrent.

A man dressed in military gear throws a tear gas canister in the air.
A federal agent lobs a tear gas canister toward protesters in Minneapolis on Jan. 24, 2026.
Kerem Yucel/ AFP via Getty Images

The parallels between Prohibition and the Trump administration’s mass deportation tactics are not identical. Prohibition was more unpopular in much of the country compared with mass deportation. And Congress was not willing to adequately pay for Prohibition enforcement, while it has generously funded ICE.

Several reports detail ICE’s recent massive expansion. In early January 2026, the agency announced it grew by 120%, adding 12,000 agents to the existing force of 10,000, which raised concerns among lawmakers about lowered training standards to meet recruitment targets. Other accounts reveal lax vetting, insufficient training and past officer misconduct.

But both efforts share important similarities. They were hastily built, with agents who were asked to do something very difficult, and staffed by sometimes poorly trained people who were authorized to use force.

The Conversation

Richard F. Hamm does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Enforcing Prohibition with a massive new federal force of poorly trained agents didn’t go so well in the 1920s – https://theconversation.com/enforcing-prohibition-with-a-massive-new-federal-force-of-poorly-trained-agents-didnt-go-so-well-in-the-1920s-276258