Le Sahel n’a jamais été aussi instable : les forces étrangères alimentent le cycle de la violence

Source: The Conversation – in French – By Nina Wilén, Associate Professor, Lund University

Plusieurs grandes villes du Mali ont subi des attaques coordonnées en avril 2026 menées par une nouvelle coalition de groupes djihadistes et séparatistes.

Alors que la coalition prenait le contrôle de la ville de Kidal, dans le nord du Mali, des images des troupes russes escortées quittant la ville après des négociations ont fait le tour des médias internationaux.

La Russie, à travers l’Africa Corps, la nouvelle version du groupe Wagner, est le partenaire de sécurité extérieur de l’armée malienne depuis le début de l’année 2022. Elle a pris la relève des troupes françaises et européennes engagées dans la lutte antiterroriste de l’opération Barkhane et de la Taskforce Takuba. La France avait déployé une force de 5 000 soldats de 2014 à 2022. Les forces spéciales européennes comptaient 1 000 hommes entre 2020 et 2022. Les deux missions ont été contraintes de se retirer alors que les relations entre la France et la junte malienne se détérioraient.

Ce réalignement stratégique, passant des forces occidentales et multilatérales aux troupes russes, s’est étendu dans la région. Au Burkina Faso, qui a connu deux coups d’État en 2022, les troupes françaises ont été expulsées au début de l’année 2023, alors que 200 soldats russes faisaient leur entrée dans le pays.

À l’été 2023, les autorités maliennes ont également expulsé la mission de maintien de la paix de l’ONU, forte de 13 000 hommes et en place depuis une décennie.

La junte nigérienne, qui a pris le pouvoir la même année, leur a emboîté le pas. Elle a mis fin aux opérations de l’Union européenne dans le pays six mois plus tard, avant d’accueillir plusieurs centaines de soldats russes.

Depuis dix ans, j’étudie les interventions sécuritaires étrangères au Sahel. J’analyse leurs justifications, leur mise en œuvre sur le terrain et leurs conséquences sur les configurations politiques et sécuritaires.

Mes recherches montrent que ces interventions extérieures n’ont pas stabilisé la région. Plus d’une décennie après les premières interventions majeures, le Sahel est plus fragmenté, militarisé et violent qu’auparavant.

Pourtant, la persistance de l’insécurité sert également des objectifs politiques.

Pour les juntes militaires, la menace djihadiste justifie le maintien de leur pouvoir et de la répression. Pour la Russie, la région est devenue une vitrine de son influence anti-occidentale et de ses partenariats de sécurité en Afrique. Pour les acteurs occidentaux, l’expansion djihadiste, les préoccupations migratoires et les craintes d’instabilité régionale sont utilisées comme prétextes pour justifier un engagement sécuritaire malgré des échecs répétés.

Les interactions complexes entre tous ces acteurs ont créé un cercle vicieux stratégique et continu de violence, dont les civils sont les premières victimes.

Sur le terrain

Sur le terrain, les interventions ont souvent évolué de manière imprévisible, au gré des décisions ponctuelles et d’interactions informelles entre acteurs locaux et externes.

Par exemple, ils ont partagé une aide logistique et médicale ainsi que des renseignements.

Plus largement, les interventions extérieures ont renforcé le rôle des forces armées en tant qu’acteurs politiques, accentuant ainsi le déséquilibre déjà existant entre civils et militaires dans toute la région.

À partir de 2013, l’expression « sécurité au Sahel » est devenue le cadre principal des interventions occidentales et multilatérales dans la région. L’amélioration des capacités, des moyens et du professionnalisme des forces de sécurité nationales est devenue l’objectif officiel de ces interventions, étroitement lié à l’objectif plus large de vaincre les insurrections djihadistes.

Le fait de présenter les crises qui se chevauchent au Sahel comme un problème de sécurité signifiait également que les acteurs de la sécurité avaient pour mission de le résoudre. L’importance, le statut et les budgets des armées nationales ont ainsi augmenté à mesure que la situation sécuritaire se détériorait. Il en a résulté un déséquilibre civilo-militaire très marqué.

Alors que des officiers prenaient le pouvoir par des coups d’État au Mali, au Burkina Faso et au Niger, un réalignement stratégique vers la Russie s’est amorcé, afin de maintenir les régimes militaires.

Le groupe russe Wagner a permis aux juntes nouvellement installées de consolider leur pouvoir, tout en « déprofessionnalisant » les forces par le biais de harcèlement, d’attaques et de massacres de civils.

Des recherches montrent par exemple que les attaques contre des civils représentaient 71 % de l’implication du groupe Wagner dans les violences politiques au Mali entre décembre 2021 et juillet 2022. Cette stratégie consistant à attaquer des civils a facilité le recrutement pour les groupes djihadistes. Ceux-ci ont pu grossir leurs rangs en exploitant les griefs de la population touchée.

Les dernières attaques perpétrées au Mali en avril 2026 démontrent l’échec de la junte militaire, ainsi que de ses partenaires russes en matière de sécurité, à contenir l’expansion des groupes djihadistes.

Elles révèlent également que la Russie est présente dans le pays principalement pour maintenir la junte militaire au pouvoir. Assimi Goïta, le chef militaire du Mali, a réaffirmé le partenariat avec la Russie après les attaques, malgré les revers subis sur le champ de bataille.

Le chef militaire a plus que jamais besoin de maintenir son régime. De son côté, les Russes ont besoin d’être présents dans le pays pour conserver leur influence géopolitique sur le continent africain.

Conclusion

Tous les acteurs extérieurs prétendent lutter contre l’instabilité, alors que l’ordre régional actuel repose sur le maintien de l’insécurité.

La stabilisation risque ainsi de devenir moins une question de résolution des conflits qu’une question de gestion de l’insécurité de manière à préserver les régimes, les partenariats et l’influence géopolitique.

Les interventions étrangères, combinées aux ambitions des acteurs nationaux, ont contribué à transformer le Sahel. La région est devenue un espace de survie militarisée des régimes, d’expansion djihadiste et de concurrence géopolitique entre la Russie et les démocraties occidentales.

Les approches militaires ont montré à maintes reprises leurs limites face aux crises imbriquées au Sahel. Sous pression, les juntes militaires pourraient désormais être contraintes de négocier avec les groupes djihadistes. Cette évolution pourrait aboutir à de nouveaux espaces hybrides de pouvoir et de gouvernance.

The Conversation

Nina Wilén a reçu un financement de l’Académie Folke Bernadotte (FBA). Elle est directrice du programme Afrique à l’Institut Egmont des relations internationales et professeure associée de science politique à l’Université de Lund.

– ref. Le Sahel n’a jamais été aussi instable : les forces étrangères alimentent le cycle de la violence – https://theconversation.com/le-sahel-na-jamais-ete-aussi-instable-les-forces-etrangeres-alimentent-le-cycle-de-la-violence-283899

Mode durable : Pourquoi les vêtements recyclés peinent encore à convaincre

Source: The Conversation – France (in French) – By Hanene Oueslati, Maître de conférences en Marketing, Université Bourgogne Europe

Le recyclage reste un phénomène marginal dans l’industrie de la mode. Jarmoluk, CC BY

Sensibles à l’écologie, les consommateurs achètent pourtant peu de vêtements recyclés. Pour comprendre cet apparent paradoxe, il faut s’intéresser à l’image du « recyclé » qui reste floue pour un grand nombre de personnes. Pourtant, ces produits possèdent d’incontestables atouts à même de séduire un large public.

Notre étude se penche sur les doutes de la clientèle et met en lumière des solutions pour promouvoir une industrie de la mode plus durable. Un chantier important pour compenser l’impact néfaste de la fast-fashion sur l’environnement.


Recycler ses vêtements, ou en acheter issus de matériaux recyclés, semble, à première vue, une solution évidente face aux dérives de la mode actuelle. L’industrie textile, tirée par la fast-fashion, produit toujours plus vite, moins cher, et au prix d’un impact environnemental considérable : émissions de dioxyde de carbone (CO2), consommation d’eau et accumulation de déchets.

Selon la Fondation Ellen-MacArthur, moins de 1 % des textiles sont aujourd’hui recyclés en nouveaux vêtements, ce qui illustre l’ampleur du défi. Dans ce contexte, les vêtements recyclés apparaissent comme une alternative prometteuse. Mais leur adoption reste encore marginale. Pourquoi ?

Dans la tête des consommateurs

Pour répondre à cette question, notre recherche s’appuie sur la théorie des représentations sociales. L’idée est simple : au-delà de nos opinions individuelles, nous partageons collectivement des images, des croyances et des associations d’idées qui influencent nos comportements. Dans le cas des vêtements recyclés, plusieurs éléments ressortent fortement. Les consommateurs comprennent globalement le principe : il s’agit de vêtements fabriqués à partir de matières ayant déjà eu une première vie. Ils associent aussi spontanément ces produits à l’écologie.




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Mais une autre image s’impose tout autant, celle du plastique recyclé. Pour beaucoup de consommateurs, les vêtements recyclés sont avant tout des produits issus de bouteilles plastiques transformées en fibres textiles. Cette représentation, largement diffusée par les marques et les médias, est devenue centrale. Or, cette association est ambivalente. Si elle valorise l’innovation, elle suscite aussi des réticences.

Entre bonnes intentions et inquiétudes persistantes

Les résultats de notre étude montrent que les consommateurs perçoivent les vêtements recyclés comme globalement bénéfiques pour l’environnement. Mais cette perception positive est fragilisée par plusieurs types de craintes.

D’abord, il y a des doutes sur la qualité : ces vêtements sont-ils aussi résistants et aussi confortables que des habits conventionnels ? Ensuite, il y a des interrogations sur la santé, notamment liées à l’utilisation de matériaux recyclés comme le plastique. Enfin, il y une préoccupation de représentation sociale : porter du « recyclé » est-il perçu comme tendance ou au contraire comme un choix marginal ?

Ces freins sont bien identifiés dans les analyses du secteur. Des cabinets comme McKinsey & Company soulignent que la perception de qualité reste un facteur décisif dans l’achat de vêtements durables.

Entre convictions et comportements, un grand écart

Un autre enseignement clé de notre recherche concerne le décalage entre les intentions et les pratiques. La majorité des consommateurs se disent préoccupés par l’environnement. Pourtant, ils continuent massivement à acheter des vêtements issus de la fast-fashion, voire de l’ultrafast-fashion.

Ce paradoxe, bien connu dans la littérature et chez les professionnels, s’explique par des arbitrages très concrets liés au prix, au style, à la disponibilité ou encore aux habitudes d’achat. Comme le souligne le cabinet de conseil Deloitte dans ses études sur la consommation responsable, les critères traditionnels (prix, qualité et image) restent dominants, même chez les consommateurs engagés.




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Une image floue qui entretient l’hésitation des consommateurs

Autrement dit l’argument écologique, à lui seul, ne suffit pas. Fait intéressant, notre analyse montre que les défauts souvent attribués aux vêtements recyclés (mauvaise qualité, manque de style et inconfort) ne font pas réellement l’unanimité, car ils ne sont pas au cœur des représentations partagées. Et leurs qualités potentielles (durabilité, éthique de production et aspect tendance) ne sont pas non plus clairement identifiées. Résultat : les vêtements recyclés souffrent moins d’une mauvaise image… que d’une image incomplète ou incertaine. Ce flou entretient l’hésitation des consommateurs.

Face à ce constat, un levier apparaît central : la communication. Les entreprises ont un rôle clé à jouer pour clarifier ce que sont réellement les vêtements recyclés, et surtout ce qu’ils ne sont pas. Plusieurs pistes concrètes émergent :

  • expliquer les procédés de recyclage de manière simple et transparente ;

  • diversifier les imaginaires, en montrant que le recyclage ne se limite pas au plastique mais concerne aussi le coton et d’autres fibres naturelles ;

  • rassurer sur la qualité et la sécurité, en s’appuyant sur des certifications ;

  • mettre en scène les produits, en magasin et en ligne, pour valoriser leur esthétique et leur durabilité.

Ces recommandations rejoignent celles du site spécialisé Business of Fashion et du Forum économique mondial, qui insistent sur l’importance d’une pédagogie active pour accompagner la transition vers une mode circulaire.

Decathlon Sustainability, 2020.

Vers une nouvelle norme de consommation

Au-delà du marketing, l’enjeu est plus large. Il s’agit de faire évoluer les représentations collectives pour que le recyclé ne soit plus perçu comme une option possible, mais comme une norme crédible et désirable. Autrement dit, passer d’un choix engagé, réservé à quelques consommateurs convaincus, à une pratique ordinaire, intégrée aux habitudes de consommation.

Cette transformation suppose une action coordonnée entre les marques, les pouvoirs publics et l’ensemble des acteurs de la filière textile. Il revient aux entreprises de rendre ces produits visibles, désirables et compréhensibles. Les pouvoirs publics, de leur côté, peuvent soutenir la structuration de la filière via des politiques de collecte, des incitations ou des normes. Quant aux acteurs du recyclage, ils participent à rendre concrète cette économie circulaire en assurant le tri, la transformation et la réintroduction des matières dans de nouveaux vêtements.




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Un levier économique pour les territoires

Car le développement du recyclage textile ne se limite pas à une question d’image. Il constitue aussi un levier économique et social. Une économie textile plus circulaire pourrait réduire significativement la pression sur les ressources naturelles tout en créant de nouvelles activités, notamment dans la collecte, le tri et le recyclage des fibres. Ces activités, souvent localisées, peuvent contribuer à la création d’emplois non délocalisables, à la revitalisation des centres-villes et au dynamisme des territoires.

Pour que cette transition prenne réellement de l’ampleur, un autre défi doit être relevé, celui de la confiance. Les consommateurs doivent non seulement comprendre ce qu’est un vêtement recyclé, mais aussi être convaincus de sa qualité, de sa sécurité et de sa valeur. Cela implique de rendre les processus de fabrication plus transparents, mais aussi de proposer des produits capables de rivaliser, en termes de style et de performance, avec les vêtements conventionnels.

En somme, les vêtements recyclés ne souffrent pas d’un manque d’intérêt… mais d’un manque de compréhension et de lisibilité. Et c’est sans doute là que se joue leur avenir : dans la capacité des acteurs à transformer une innovation technique en évidence culturelle.

The Conversation

Yohan Bernard a reçu des financements de l’ANR.

Hanene Oueslati et Patricia Niglis ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. Mode durable : Pourquoi les vêtements recyclés peinent encore à convaincre – https://theconversation.com/mode-durable-pourquoi-les-vetements-recycles-peinent-encore-a-convaincre-279003

Marques et nano ou micro-influenceurs : pourquoi les contenus informatifs sont-ils plus efficaces que les contenus persuasifs ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Sandra Arrivé, Enseignant chercheur, marketing digital, IÉSEG School of Management

Le marketing d’influence consiste pour une marque à collaborer avec un influenceur et reste une pratique relativement récente qui se professionnalise. La question posée est de savoir quel type de contenu est le plus à même de séduire l’audience des influenceurs. Quel contenu suscitera de l’engagement pour la marque ?


Avec l’apparition des plates-formes de réseaux sociaux, les marques ont multiplié la création de contenus. Le marketing de contenu s’est alors imposé comme un nouveau concept, incarné par de nouvelles pratiques et de nouveaux métiers.

Le marketing de contenu consiste à « créer et publier du contenu unique et intéressant » pour ses prospects et ses clients, afin de « les informer, les aider à résoudre des problèmes et les inviter à s’engager auprès de la marque ».

Les contenus de marque sont de plusieurs natures. Ils peuvent être divertissants : le dernier film d’animation de la marque Intermarché « Le Mal-Aimé », diffusé pendant les fêtes de fin d’année, en est un bon exemple. Ils peuvent être de nature persuasive : ils visent alors à donner une présentation attrayante du produit avec l’intention de plaire et d’inspirer l’audience ciblée. Ils peuvent aussi être de nature informative et apporter des informations objectives sur un produit, sur son utilisation ou sur ses spécificités techniques. L’intention de la marque est alors d’éduquer son audience, comme le font les vidéos de type tutoriels.

Des marques et des influenceurs

Tous ces contenus relatifs à la marque peuvent être produits par diverses sources, que ce soit la marque elle-même, mais aussi ses fans ou les influenceurs. De nombreuses marques travaillent désormais avec des influenceurs. Rémi Delrue, directeur général de Garnier France, affirmait récemment (Marketing Magazine, septembre 2025) travailler aussi bien avec des influenceurs ayant de grosses communautés (macro-influenceurs) pour assurer la visibilité de leur marque, qu’avec de plus petits influenceurs (micro-influenceurs) pour créer une proximité avec l’audience, « une relation directe presque intime ».




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L’efficacité des contenus de types informatif ou persuasif a souvent été comparée à celle des contenus divertissants ; en revanche, les analyses de l’efficacité comparée des contenus informatifs et persuasifs restent rares. La question s’avère pourtant pertinente lorsqu’une marque collabore avec des influenceurs : doit-elle favoriser des contenus plutôt informatifs (qui donnent des informations utiles sur le produit et son utilisation) ou persuasifs (qui présentent des arguments commerciaux pour vendre le produit) ?

Un taux d’engagement plus élevé

Dans une étude publiée récemment dans le Journal of Marketing Management, nous nous sommes concentrés sur cette question et sur les contenus générés par les nano et micro-influenceurs (moins de 100 000 followers) qui représentent la majorité des influenceurs et comptabilisent de plus forts taux d’engagement.

Pour conduire cette étude, nous avons mené deux expérimentations sur un total de 326 participants. Ces derniers ont été exposés à différents scénarios, présentant des contenus générés par la marque ou par des influenceurs et de nature persuasive ou informative. Les résultats montrent que les contenus générés par les nano et micro-influenceurs sont plus efficaces lorsqu’ils sont informatifs (plutôt que persuasifs).

En revanche, la différence entre les deux approches n’est pas significative lorsque les contenus sont produits par les marques. Ces résultats s’expliquent par le fait que les consommateurs sont plus sceptiques et accordent moins de confiance à la marque lorsqu’un contenu est persuasif et généré par les nano et micro-influenceurs. En effet, un contenu informatif est plus en phase avec la relation d’expertise et de proximité que ces influenceurs ont développée avec leur audience.

Nos résultats suggèrent qu’il sera plus efficace pour une marque de générer des contenus de nature informative ou éducative lors de ses collaborations avec des nano ou des micro-influenceurs. Les contenus informatifs génèrent plus de confiance envers la marque et sont par conséquent plus efficaces sur l’intention d’achat et sur l’engagement envers la marque.

Éviter les contenus trop promotionnels

Nous recommandons aux marques d’encourager les nano et micro-influenceurs partenaires à créer des contenus qui apportent de la valeur à leur communauté (des informations factuelles sur un produit, des conseils d’utilisation), plutôt que des contenus trop promotionnels qui engendrent du scepticisme chez leurs abonnés et une baisse de confiance envers la marque. Les marketeurs ne doivent par ailleurs pas être trop directifs dans leurs briefs de collaboration avec les micro-influenceurs afin de les laisser créer des contenus plus authentiques, qui sonnent vrai.

L’exemple de la marque Kiabi Link permet d’illustrer les résultats de notre étude. En collaborant avec ses propres clientes, qu’elle assimile à des nano et micro-influenceuses, la marque les incite à produire des contenus informatifs (conseils, tests produits) et authentiques à destination de leur communauté. Très concrètement, ce programme a permis de renforcer la confiance et l’engagement pour la marque ; d’un point de vue quantitatif, il a permis de générer un taux de conversion dépassant la moyenne du secteur.

Ces influenceurs sont plus proches de leur communauté, qui en attend des contenus authentiques, en adéquation avec leurs valeurs. Les marques doivent alors encourager la création de contenus spontanés et éducatifs sur leurs produits pour gagner la confiance de leur audience : les abonnés apprécieront des contenus qui leur apportent de la valeur, des informations utiles ; ils seront au contraire plus sceptiques si ces contenus sont trop commerciaux.

The Conversation

Andria Andriuzzi a reçu un financement de Saint-Etienne Métropole.

Sandra Arrivé ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Marques et nano ou micro-influenceurs : pourquoi les contenus informatifs sont-ils plus efficaces que les contenus persuasifs ? – https://theconversation.com/marques-et-nano-ou-micro-influenceurs-pourquoi-les-contenus-informatifs-sont-ils-plus-efficaces-que-les-contenus-persuasifs-275573

Êtes-vous certain de travailler pour le bien commun ? Une lecture de Thomas d’Aquin

Source: The Conversation – France (in French) – By Sandrine Frémeaux, Professeur, Audencia

Comment les dirigeants peuvent-ils poursuivre le bien commun ? Thomas d’Aquin, philosophe italien du XIIIᵉ siècle, dévoile les caractéristiques de ce concept.


Dans un article précédent, nous avions déjà précisé les particularités des communautés de travail, tournées vers le bien commun. La question restait de savoir comment les individus au sein des organisations peuvent avoir la certitude qu’ils poursuivent un véritable bien commun.

Notre nouvelle étude est fondée sur une relecture des écrits de Thomas d’Aquin (1225-1274), religieux italien de l’ordre dominicain, en particulier de la Somme théologique. L’ambition de ses écrits était de réconcilier la philosophie aristotélicienne orientée vers le développement des vertus et les principes chrétiens orientés vers la charité et l’amour.

Cette relecture a été entreprise à la lumière d’un examen approfondi des textes de l’un de ses interprètes, Charles De Koninck (1906-1965), philosophe canadien du XXᵉ siècle. Son ouvrage intitulé Primauté du bien commun, en 1943, met en évidence deux caractéristiques du bien commun : indivisible et diffusif de soi. Appliqué à l’entreprise, cela implique de s’accorder sur un projet à la fois unique et facilement communicable.

La question qui peut être posée pour savoir si le bien commun poursuivi est véritable est donc la suivante : le bien commun est-il indivisible et diffusif de soi ?

Un projet unique

Qu’est-ce que ce bien commun indivisible dont nous parlent Thomas d’Aquin et son interprète Charles de Koninck ? A la différence des communs divisibles, c’est-à-dire des communs que chacun poursuit à sa façon – mon bien-être au travail se décline différemment de celui de mon collègue –, le commun indivisible est unique, constituant la cause commune des efforts fournis par un collectif.

Thomas d’Aquin explique l’indivisibilité par l’existence d’une seule et même cause qui unit les participants dans la poursuite d’un même projet :

« Une chose est dite commune à la manière d’une cause ; c’est-à-dire qu’elle ressemble à une cause qui, tout en restant une numériquement, s’étend à plusieurs effets. »

Concrètement, le bien visé par un comité de direction est-il un amas de réussites et de bonheurs individuels, ou bien un projet unique et unifiant ?

Par exemple, dans une entreprise argentine de construction dans laquelle nous avions conduit 56 entretiens, il est apparu que les efforts fournis par les équipes ont une fin unique : la résolution des problèmes sociaux du territoire. Pareil objectif est indivisible dans la mesure où il a rassemblé un grand nombre de personnes autour de réalisations concrètes, telles que la construction d’écoles, d’orphelinats ou de centres de formation.

« La poursuite du bien commun est rendue possible à partir de projets matérialisables », rappelle l’entrepreneur de l’entreprise étudiée.

Cette organisation est loin d’être ordinaire, car elle est explicitement orientée vers le bien commun. Relevant de l’économie de communion – économie inspirée par Chiara Lubich, fondatrice du mouvement chrétien des Focolari –, elle s’efforce de développer la logique de don et de l’entraide mutuelle au cœur même de sa mission économique.

Les entreprises qui ne poursuivent pas une telle mission sociale peuvent également viser un bien commun indivisible. Pour prendre un exemple courant, une enseigne de chaussures qui s’efforce de réaliser des biens de qualité, durables, répondant à des besoins réels, peut bel et bien rechercher un bien commun. Le projet unique pourrait être par exemple de promouvoir des chaussures de qualité et de confort, conçues pour permettre une marche prolongée.

« Plus un être est bon, plus il diffuse sa bonté »

Thomas d’Aquin et son interprète Charles de Koninck identifient une seconde particularité du bien commun : le caractère diffusif de soi.




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Le bien commun est diffusif de soi lorsqu’il se communique aux personnes qui participent au projet. Dans son ouvrage Primauté du bien commun, Charles De Koninck affirme que

« ce n’est pas sans raison que le bien en tant que tel est dit diffusif, car plus un être est bon, plus il diffuse sa bonté vers des êtres qui lui sont plus éloignés ».

Chacun des participants au projet peut se sentir attiré par ce bien. Les partenaires tout comme les membres de l’entreprise du bâtiment précitée témoignent en ce sens :

« La pauvreté sur le territoire n’est pas seulement le problème de quelqu’un d’autre, c’est le problème de chacun », relate un bénévole d’un centre social soutenu par l’entreprise étudiée.

C’est dans la nature même du bien commun de se diffuser de la sorte :

« Ceux qui reçoivent redonnent à d’autres le bien [à la fois matériel et symbolique] qu’ils ont reçu », souligne un employé.

C’est ainsi que le développement du projet profite à tous les participants en permettant à chacun d’entre eux d’être plus accompli. Thomas d’Aquin écrit pour cette raison que

« celui qui cherche le bien commun cherche par voie de conséquence son bien propre ».

Par exemple, l’entrepreneur interviewé dans le cadre de notre recherche, abattu par la maladie de son enfant, relève la tête grâce à ce bien qu’il recherche :

« La poursuite de ce bien est pour moi le meilleur rempart contre l’inquiétude et la souffrance », rappelle-t-il.

Pour reprendre l’exemple de l’enseigne de chaussures, l’objectif est également de diffuser les vertus liées à la marche. En participant à cette culture éthique de la marche, les clients comme les salariés en retirent les bénéfices.

Le bien commun comme expérience

La poursuite du bien commun n’est pas seulement liée à des conditions organisationnelles ; elle est également une réalité expérientielle.

Il se peut que les dirigeants, et à leur suite, les participants au projet, poursuivent le bien commun au moment où ils font l’expérience d’un projet unique qui se communique aisément.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Êtes-vous certain de travailler pour le bien commun ? Une lecture de Thomas d’Aquin – https://theconversation.com/etes-vous-certain-de-travailler-pour-le-bien-commun-une-lecture-de-thomas-daquin-275605

Les salariés après 45 ans n’auraient plus de potentiel ? Pourquoi un plafond de verre freine encore la carrière des seniors

Source: The Conversation – France in French (3) – By Giverny De Boeck, Associate professor in Talent Management & Work Design, LEM – Lille Economie Management, UMR 9221, IÉSEG School of Management, IÉSEG School of Management

On connaît tous le plafond de verre qui empêche les femmes de progresser dans les entreprises. Un obstacle similaire existe pour les travailleurs plus âgés : le silver ceiling. Ce plafond fait référence aux barrières invisibles qui entravent injustement la mobilité ascendante des travailleurs plus âgés dans les entreprises.


Dans les années à venir, la France va devoir gérer un nombre croissant de travailleurs plus âgés. Les projections sur la population active montrent que le taux d’activité des travailleurs âgés de 55 à 64 ans devrait grimper à 68,9 % d’ici 2032 (contre 60,4 % en 2024), en partie à cause des discussions et débats sur la réforme des retraites.

Sans surprise, la gestion de carrière des travailleurs plus âgés est devenue une priorité pour le gouvernement français.

Notre étude souligne que ces travailleurs plus âgés risquent de se heurter à ce qu’on appelle le silver ceiling, ou plafond d’argent, une métaphore utilisée pour décrire le plafond qui bloque leur avancement dans les entreprises.

Ce plafond d’argent touche déjà les employés à partir de 45 ans. Or, à cet âge, la plupart des travailleurs ont encore près de 20 ans de carrière devant eux.

Moins de promotion

De nombreuses entreprises dans des secteurs comme la finance et le conseil déclarent suivre le principe de la méritocratie dans leurs décisions en matière de personnel et ressources humaines. Elles cherchent à distribuer des avantages et récompenses telles que des augmentations de salaire et des promotions en fonction des efforts, des compétences et des performances des employés.

Les chercheurs s’intéressent généralement aux différences dans les évaluations de performance pour expliquer les barrières structurelles auxquelles se heurtent les travailleurs plus âgés, les femmes et les minorités ethniques dans leur carrière. Souvent, les performances ne permettent pas d’expliquer (entièrement) pourquoi ces groupes ont systématiquement moins d’opportunités de carrière dans les organisations.

Nos données recueillies auprès de 842 personnes travaillant dans une grande organisation financière ont montré que, malgré des performances égales ou même supérieures, les travailleurs plus âgés avaient toujours moins de chances d’être promus l’année suivante.

Piège du potentiel

Pour repérer les futurs leaders, les grandes entreprises utilisent souvent des outils comme la « matrice à neuf cases » qui évalue les performances et le potentiel des travailleurs sur deux axes. Sur le premier, les managers évaluent les performances des travailleurs dans leur rôle actuel au cours de l’année écoulée ; sur l’autre axe, ils évaluent le potentiel des travailleurs à réussir dans des rôles de plus haut niveau, généralement sur une période future de un à cinq ans.

La différence de perspective temporelle (passé vs futur) est essentielle pour comprendre pourquoi les évaluations du potentiel créent un plafond de verre pour les travailleurs plus âgés, plus encore que les évaluations de performance. Contrairement à la performance, qui se base sur des activités concrètes passées, le potentiel est une prédiction de l’avenir qui est intrinsèquement incertain. Pour évaluer le potentiel, les managers doivent prendre des décisions avec des informations incomplètes.

Comment les stéréotypes s’installent

La théorie psychologique explique que, face à l’incertitude, le cerveau humain utilise des « heuristiques ». Il s’agit de raccourcis mentaux qui aident les gens à prendre des décisions rapides. Dans le contexte des évaluations du potentiel, l’âge sert de raccourci aux managers, ce qui permet aux stéréotypes liés à l’âge dans le monde du travail de s’installer.




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Les managers associent souvent implicitement les jeunes travailleurs à des traits de caractère potentiels tels que l’ambition professionnelle et la capacité d’adaptation. À l’inverse, ils risquent de se fier à des stéréotypes négatifs liés à l’âge présentant (à tort) les travailleurs plus âgés comme moins ambitieux, moins disposés à s’adapter et à apprendre, et plus résistants au changement.

Nos expériences menées auprès de 627 travailleurs confirment ce biais. Lorsqu’on leur a présenté deux travailleurs identiques, l’un âgé de 28 ans et l’autre de 48 ans, les managers qui avaient des stéréotypes négatifs liés à l’âge ont systématiquement attribué des notes de potentiel plus faibles au travailleur de 48 ans. Cela s’est produit même si les performances et les traits liés au potentiel étaient les mêmes pour les deux travailleurs.

Effet boule de neige

Les notes de potentiel biaisées ont un effet boule de neige sur les systèmes de ressources humaines (RH). Lorsque les travailleurs plus âgés sont injustement étiquetés comme ayant un faible potentiel, ils risquent non seulement de se voir refuser l’accès à des promotions, mais aussi à d’autres opportunités de carrière telles que les programmes de développement des talents.

Ne pas reconnaître le potentiel des travailleurs plus âgés est une erreur stratégique. La main-d’œuvre vieillit partout dans le monde et beaucoup d’entreprises sont actuellement confrontées à une pénurie critique de talents. En écartant les travailleurs plus âgés des décisions relatives à leur carrière, les entreprises réduisent non seulement leur propre réserve de talents, mais risquent aussi de perdre l’engagement de leur personnel le plus expérimenté.

De plus, elles cèdent un avantage stratégique à leurs concurrents qui, eux, reconnaissent le potentiel inexploité des travailleurs plus âgés.

Comment briser ce plafond ?

Les préjugés à l’égard des travailleurs plus âgés dans les décisions de carrière ne sont pas inévitables. Nos recherches suggèrent que les entreprises peuvent libérer le potentiel des travailleurs plus âgés en apportant des changements à leurs systèmes d’évaluation.

Ce plafond a disparu dans nos expériences lorsque nous avons rendu les managers responsables de leurs évaluations. Lorsqu’ils ont su qu’ils devaient préciser comment ils évaluaient le potentiel des travailleurs, ils sont passés d’une réflexion heuristique (stéréotypée) à un traitement plus délibéré et systématique.

Sur la base de nos recherches, nous recommandons quatre pratiques pour briser ce plafond :

Intégrer la responsabilité

Demander aux managers de fournir des justifications (écrites) pour les évaluations de potentiel. Par exemple, leur demander d’expliquer exactement quelles informations ils ont utilisées pour juger le potentiel des travailleurs, comment celles-ci ont été pondérées et pourquoi.

Définir « le potentiel »

Éviter les définitions vagues du potentiel, et préciser le poste et l’horizon temporel que les managers doivent prendre en compte dans les évaluations. Par exemple, l’accent est-il mis sur les postes de direction, les postes techniques plus élevés ou les postes axés sur l’innovation stratégique ? Et le potentiel est-il évalué pour occuper un tel poste l’année suivante ou seulement dans les cinq ans ?

Utiliser des indicateurs concrets du potentiel

Au lieu d’utiliser un seul score (par exemple, comme dans la matrice à neuf cases), concentrez-vous sur la mesure des comportements observables. Par exemple, demandez aux managers d’évaluer la manière dont les employés réagissent aux nouveaux défis ou dont ils tirent les leçons de leurs échecs.

Surveiller les données

Vérifiez si les évaluations du potentiel diffèrent systématiquement selon les groupes d’âge afin de détecter les biais cachés.

En suivant ces recommandations, les organisations peuvent s’assurer que le potentiel n’est plus déterminé par l’âge et qu’il inclut toutes les générations.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Les salariés après 45 ans n’auraient plus de potentiel ? Pourquoi un plafond de verre freine encore la carrière des seniors – https://theconversation.com/les-salaries-apres-45-ans-nauraient-plus-de-potentiel-pourquoi-un-plafond-de-verre-freine-encore-la-carriere-des-seniors-274757

Un estudio advierte: el discurso antiinmigración más convincente no es el que grita, sino el que habla con aparente moderación

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos A. Ballesteros-Herencia, Profesor de Periodismo, Universidad de Valladolid

David Peinado Romero/Shutterstock

Cuando hablamos de odio solemos pensar en insultos y humillaciones. Sin embargo, el rechazo a los inmigrantes puede camuflarse bajo un envoltorio más “amable”. Los mensajes hostiles hacia ellos en redes sociales tienen el enorme poder de cambiar lo que pensamos. Por eso es importante entender cómo nos afectan.

Uno de cada tres europeos entiende la inmigración como un problema. En ese contexto, las plataformas digitales son terreno abonado para el odio. Así, las redes sociales se han convertido en un altavoz que difunde estereotipos negativos. Y pueden apoyar la exclusión de personas y grupos sociales.

Mensajes tras la tragedia

En junio de 2022, 2 000 inmigrantes africanos intentaron saltar la valla que separa España de Marruecos. Al menos 37 personas murieron y cientos resultaron heridas. La policía de ambos países no se libró de críticas. Este tipo de sucesos, por ejemplo, es muy habitual que desencadene la proliferación de mensajes de odio en redes sociales.

Un experimento reciente investigó los mecanismos psicológicos de los discursos contra los inmigrantes y se indagó cómo afecta a los usuarios de redes el tipo de lenguaje de los mensajes y su viralidad.

El discurso de odio rechaza a las personas por quienes son o por el grupo al que pertenecen: su origen étnico, su situación de diversidad funcional, su orientación sexual o su identidad de género. En el caso de los inmigrantes, el discurso hostil más habitual es que suponen una carga económica para el país, crean inseguridad y amenazan nuestra cultura.

La creciente presencia en el entorno digital de este tipo de mensajes nos obliga a entender cómo se expanden y cómo afectan a nuestras actitudes y creencias.

Para ello, los investigadores crearon versiones diferentes de una historia en primera persona. Un tuitero contaba cómo le afectaba lo ocurrido, variando la forma de expresarse y el número de interacciones. Mientras una versión empleaba vocabulario ofensivo, otra usaba términos más neutros. Además, una versión recibía muchos likes, era compartida y comentada y otra pasaba desapercibida.

Más de trescientos participantes leyeron estos tuits. Se quería conocer si cada versión les produciría un diferente efecto. ¿Sentían conexión con el autor de cada relato? ¿La historia les envolvía? Finalmente, ¿compartirían más una variante que otra? ¿Cambiarían sus actitudes hacia los inmigrantes? ¿Apoyarían políticas más duras?

Lenguaje correcto, actitudes negativas

Los usuarios de redes experimentan mayor “fusión identitaria” con quienes no insultan. Evitar lenguaje tóxico favorece compartir visiones que, en realidad, perjudican a los inmigrantes.

Todos pensamos que hablar con corrección formal ayudaría a superar barreras mentales. Pero esto, curiosamente, puede facilitar también la difusión de mensajes que refuerzan actitudes negativas. De fondo, promueven políticas restrictivas.

Un discurso sin ofensas duras favorece conectar psicológicamente con su autor. Esta investigación propone el Modelo THREAD (siglas de Toxic Hate Responses Emerging After Disruptive Events o Reacciones de odio tóxico que surgen tras sucesos perturbadores). Más allá de expresiones agresivas, una narración transmite su carga de odio mediante historias emocionales que resultan familiares.

La ideología modera el efecto

En ocasiones nos sentimos inmersos en una narración. Experimentamos lo que se denomina “transporte narrativo”, un proceso que nos hace más propensos a cambiar de opinión. Cuando una historia nos engancha bajamos la guardia. La interiorizamos. Y, entonces, nuestras actitudes pueden llegar a modificarse.

Una característica de las personas de ideología más conservadoras es que habitualmente son más críticas con la inmigración. En el caso estudiado, solo los conservadores se sumergían más en estas narrativas cuando los tuits no parecían tóxicos.

Se sabe que las personas interpretamos en función de nuestras creencias. Por ello, un mensaje hostil contado con lenguaje neutral puede sonar aceptable a una persona conservadora. Suavizar el tono aumentaría la receptividad y disminuiría la resistencia.

Vivimos en plena fiebre por conseguir likes. Queremos que nuestros mensajes sean compartidos y comentados. Sin embargo, la repercusión en redes sociales no afectó a las actitudes de los participantes. Aunque deseamos respaldo social, nos importa más cómo nos cuentan las cosas. Y coincidir ideológicamente.

Estrategias que normalizan la exclusión

Así, el odio se expande apartándose del lenguaje tóxico. Evita el rechazo que generan los insultos. Entonces se puede conectar con lo que nos cuentan. E incluso asumir la perspectiva de la persona que lo cuenta.

Los mensajes malsonantes y agresivos no son el problema. Lo realmente grave es que bajo un estilo no agresivo se dibuje a la inmigración como una amenaza. Cuando el discurso de odio se normaliza logra mayor intención de compartirse. Y multiplicaría su difusión.

La conclusión es interesante para las campañas de alfabetización mediática. Se debe desvelar cómo el vocabulario moderado ayuda a perpetuar estereotipos y a moldear creencias y actitudes.

Estos hallazgos destacan que las formas más sutiles de discurso de odio pueden generar fuertes conexiones entre la audiencia y perspectivas hostiles, subrayando la necesidad de que las campañas contra el odio aborden tanto el contenido de odio explícito como el sutil.

La exclusión viste guante de seda. Toca descubrir el puño de acero que esconde debajo.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Un estudio advierte: el discurso antiinmigración más convincente no es el que grita, sino el que habla con aparente moderación – https://theconversation.com/un-estudio-advierte-el-discurso-antiinmigracion-mas-convincente-no-es-el-que-grita-sino-el-que-habla-con-aparente-moderacion-275890

De la selva amazónica al laboratorio: el potencial de la ayahuasca contra el párkinson

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José A. Morales García, Investigador Científico en enfermedades neurodegenerativas y Profesor Titular de la Facultad de Medicina, Universidad Complutense de Madrid

Talita Santana Campos/Shutterstock

En los últimos tiempos, estamos asistiendo a una auténtica revolución en psiquiatría gracias al uso terapéutico y controlado de sustancias psicodélicas. Suiza fue el pionero: desde 2014 permite autorizaciones individuales para administrar bajo supervisión psiquiátrica psilocibina (sustancia psicodélica extraída de hongos), MDMA (éxtasis) y LSD (sintetizada a partir del ácido lisérgico, compuesto que se extrae del hongo que crece en el cornezuelo del centeno).

Casi una década más tarde, Australia dio el primer paso regulatorio formal: desde julio de 2023, psiquiatras autorizados pueden prescribir MDMA para el estrés postraumático y psilocibina para la depresión resistente. Y en 2025, Alemania se convirtió en el primer país de la UE en aprobar el uso compasivo de la psilocibina para depresión resistente en dos centros piloto.

Un compuesto de uso ancestral

En este marco de la investigación terapéutica con psicodélicos se encuentra la N,N-dimetiltriptamina (o DMT), el compuesto psicoactivo principal de la ayahuasca, un té utilizado desde hace siglos por comunidades indígenas amazónicas con fines rituales y curativos.

La DMT es famosa por las visiones intensas que produce. Pero la ciencia lleva años descubriendo que esta molécula tiene otra cara, más discreta y, quizás, más relevante desde el punto de vista terapéutico. Ensayos clínicos recientes han explorado su uso en depresión mayor, donde actúa estimulando la neuroplasticidad: favorece el crecimiento de nuevas conexiones sinápticas que ayudan al cerebro a romper los patrones del pensamiento depresivo. También se investiga su papel en la recuperación tras un ictus, ya que protege a las neuronas del estrés celular y promueve la reparación del tejido dañado.

Tras haber demostrado, en modelos experimentales, que la DMT es capaz de estimular la neurogénesis (formación de nuevas neuronas), un nuevo estudio de nuestro equipo publicado en Experimental Neurology sugiere que podría tener un papel relevante en otra enfermedad hasta ahora sin cura: el párkinson.

Apagar el incendio cerebral

El párkinson se caracteriza por la pérdida progresiva de neuronas dopaminérgicas en la sustancia negra, una región del cerebro implicada en el control del movimiento. Existen, además, otros síntomas no motores, menos conocidos pero igual de limitantes para los pacientes.

Junto a esa degeneración neuronal aparece un proceso silencioso que la acelera: la neuroinflamación crónica. La glía (conjunto de células encargadas de dar soporte, mantener y proteger al sistema nervioso) se vuelve hiperactiva y libera compuestos tóxicos que aumentan la muerte neuronal. A día de hoy, ningún fármaco logra detener ese proceso; solo se pueden aliviar los síntomas.

En nuestro estudio, al exponer las neuronas a las toxinas que replican los mecanismos de la enfermedad, se observó una pérdida celular masiva. Sin embargo, al tratarlas con DMT, la toxicidad se redujo significativamente y se logró preservar cerca del 40 % de las células que, de otro modo, habrían muerto. El compuesto también mostró un efecto regulador sobre la hiperactividad de la glía, reduciendo por tanto la producción de agentes inflamatorios.

La cerradura clave: el receptor sigma-1

Para activar los efectos psicodélicos en nuestro cerebro, la DMT funciona como una llave perfecta que encaja en una cerradura concreta de las neuronas: el receptor de serotonina 5-HT2A. Sin embargo, los investigadores sospechábamos que el efecto protector podría estar mediado por su unión a otro receptor distinto: el sigma-1. Para comprobarlo, bloqueamos ambos receptores por separado. Cuando inhabilitamos el 5-HT2A –responsable de las alucinaciones–, la DMT siguió protegiendo a las neuronas con la misma eficacia. En cambio, cuando bloqueamos el receptor sigma-1, el efecto terapéutico desapareció por completo.

Así, demostramos que el receptor sigma-1 tiene capacidad neuroprotectora, promueve la supervivencia celular y disminuye la inflamación. Este hallazgo tiene una implicación práctica enorme: es posible obtener el beneficio neuroprotector de la DMT de forma independiente a sus efectos psicodélicos.

Los resultados más alentadores llegaron con los modelos in vivo. Tras tres semanas de tratamiento con dosis moderadas de DMT, los ratones con párkinson mostraron una notable preservación de las neuronas dopaminérgicas y una reducción clara de la inflamación cerebral. Esa protección celular se tradujo en mejoras observables: mayor capacidad motora y mejor rendimiento en pruebas de memoria espacial y aprendizaje respecto al grupo no tratado.

¿Y las alucinaciones?

Es la pregunta inevitable. Puesto que los efectos neuroprotectores de la DMT son independientes del receptor alucinógeno, nuestro trabajo plantea tres alternativas. La primera es combinar la DMT con fármacos que bloqueen el receptor alucinógeno, 5-HT2A (uno de ellos, la pimavanserina, ya se receta para la psicosis en pacientes con párkinson). La segunda opción, dadas las bajas concentraciones de DMT utilizadas en el estudio, sería emplear microdosis que activen los mecanismos protectores sin llegar a alterar la percepción. La tercera, y quizás la más prometedora a largo plazo, pasa por diseñar moléculas similares a la DMT que encajen en el receptor sigma-1 pero ignoren por completo el 5-HT2A.

Cautela ante el entusiasmo

A pesar de las buenas noticias, conviene no correr demasiado. Hablamos de un estudio preclínico hecho en células y ratones. El salto hasta poder adquirir el tratamiento en una farmacia es largo, costoso y está lleno de fracasos; muchas moléculas que rozan la perfección en el laboratorio fallan al probarse en humanos. Somos conscientes de que este modelo experimental representa una fase muy concreta y localizada de la neurodegeneración. Aunque aporta datos valiosos, la naturaleza humana del párkinson destaca por una progresión temporal más lenta y compleja que la que la investigación básica realiza al ir replicando las características de la enfermedad por etapas.

Lo que sí queda claro es que el receptor sigma-1 emerge como una diana terapéutica prometedora, y que la DMT, o moléculas inspiradas en ella, merece una investigación más profunda.

A veces, las respuestas aparecen donde menos se esperan. Que una bebida ritual amazónica guarde una molécula con potencial terapéutico para una de las grandes enfermedades de nuestro tiempo es, como mínimo, una historia que merece seguir escribiéndose.

The Conversation

José A. Morales García no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. De la selva amazónica al laboratorio: el potencial de la ayahuasca contra el párkinson – https://theconversation.com/de-la-selva-amazonica-al-laboratorio-el-potencial-de-la-ayahuasca-contra-el-parkinson-283322

Más allá de las neuronas: cómo los astrocitos dan forma a nuestros recuerdos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lorena Roselló Jiménez, Doctora en Psicobiología. Personal vinculado a la investigación en el Área de Psicobiología, Universitat Jaume I, Universitat Jaume I

La memoria es una función esencial para nuestra supervivencia, aunque solemos apreciar su importancia solo cuando falla. ¿Qué ocurriría si un día no recordáramos dónde hemos aparcado el coche o no supiéramos cuáles son las llaves de nuestra casa? Entender cómo funciona el recuerdo es fundamental para comprender qué sucede cuando olvidamos.

No es una función única: existen distintos tipos de memoria, cada uno con mecanismos cerebrales específicos. Entre ellos, la memoria de reconocimiento (que permite reconocer que ya hemos visto ese estímulo en el pasado) resulta especialmente relevante. Sin que seamos conscientes, nos ayuda a orientarnos y a desenvolvernos en la vida cotidiana con extraordinaria eficacia. Curiosamente, la disfunción de este tipo de memoria puede ser uno de los primeros signos de deterioro cognitivo.

Detectar estas alteraciones a tiempo puede ser clave para identificar posibles problemas futuros y adoptar medidas preventivas que ayuden a preservar la salud mental.

De lo cotidiano a las células del cerebro: cómo se forma la memoria

Históricamente, el estudio de las bases biológicas de la memoria se ha centrado en las neuronas. Comprender cómo se comunican entre sí ha sido esencial para explicar cómo se forman los recuerdos. En los años cincuenta, el investigador canadiense Donald Hebb propuso que “las neuronas que se activan juntas, se conectan juntas”.

Pensemos, por ejemplo, en cuando aprendimos a montar en bicicleta. Mientras intentábamos mantener el equilibrio, un conjunto de neuronas se coordinaba para evitar caídas y memorizar los movimientos. A medida que mejoraban nuestras habilidades, esas conexiones se fortalecían, lo que facilitaba que cada nuevo intento fuera más eficaz.

Sin embargo, las neuronas no están solas: representan aproximadamente la mitad de las células del cerebro. El otro 50 % está formado por un conjunto diverso de células, entre las que destacan los astrocitos. Su nombre procede del griego astron (estrella) y kytos (célula), es decir, “células con forma de estrella”.

Durante mucho tiempo se pensó que los astrocitos desempeñaban un papel meramente doméstico: nutrir y dar soporte a las neuronas. Hoy sabemos que esta visión es incompleta. No solo apoyan, sino que participan activamente en los procesos de aprendizaje y memoria.

Estudios recientes han demostrado que los astrocitos son fundamentales para fortalecer las conexiones neuronales, un proceso clave para consolidar recuerdos. Gracias a esta colaboración entre neuronas y astrocitos podemos retener habilidades a lo largo del tiempo, desde montar en bicicleta hasta preparar una receta sin pensar en cada paso.

Astrocitos: piezas clave del puzle

Los astrocitos se sitúan muy cerca de las neuronas y envuelven sus conexiones como una red de apoyo. Nuestros protagonistas producen y liberan una sustancia clave: el lactato. Este compuesto se transfiere desde los astrocitos a las neuronas y actúa como una señal que favorece el fortalecimiento de sus conexiones. En otras palabras, el lactato ayuda a que las neuronas se comuniquen de forma más eficaz, facilitando la formación y consolidación de los recuerdos.

A su vez, los astrocitos reciben señales de las neuronas a través de neurotransmisores como la noradrenalina y responden produciendo más lactato. De hecho, se ha propuesto que existe una estrecha interacción entre los astrocitos y la noradrenalina que resulta fundamental para el buen funcionamiento de la memoria. No obstante, la investigación en este campo aún está en una fase temprana.

En nuestro laboratorio estudiamos cómo interactúan los astrocitos y la noradrenalina en procesos de memoria. Para ello utilizamos roedores en tareas de reconocimiento de objetos, en las que deben distinguir entre un objeto familiar y uno nuevo. Nuestros resultados muestran que la noradrenalina actúa efectivamente como un interruptor que activa a los astrocitos para producir lactato. Cuando sus niveles son elevados, aumenta la disponibilidad de lactato y mejora la memoria. Cuando disminuyen, se reduce su producción y el rendimiento empeora.

Además, hemos observado que la administración externa de lactato puede restaurar la memoria incluso cuando los niveles de noradrenalina son bajos. Por el contrario, si se bloquea el transporte de esa sustancia hacia las neuronas, la memoria se ve afectada incluso en presencia de niveles elevados de noradrenalina.

En conjunto, estos hallazgos indican que el efecto de la noradrenalina sobre la memoria depende en gran medida de su capacidad para activar la producción y transferencia de lactato desde los astrocitos hacia las neuronas.

El futuro tal vez esté en las estrellas

Del mismo modo que miramos a las estrellas para comprender mejor nuestro planeta, la neurociencia comienza a centrarse en estas células estrelladas. El objetivo es desentrañar los mecanismos que nos permiten almacenar y recuperar la información que define quiénes somos.

Desde la investigación básica hasta el desarrollo de nuevas estrategias terapéuticas, comprender el papel de los astrocitos y el lactato podría abrir nuevas vías para prevenir o tratar el deterioro cognitivo.

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Lorena Roselló Jiménez recibe fondos del Pla de Promoció de la Investigació PREDOC (2022/31) de la Universitat Jaume I.

Laura Font Hurtado recibe fondos del Plan Nacional sobre Drogas (2023I069), Agencia Estatal de Investigación (PID2021-128852NB-I00), y Generalitat Valenciana (CIAICO/2024/42)

Raúl Pastor Medall recibe fondos del Plan Nacional sobre Drogas (2023I069), Agencia Estatal de Investigación (PID2021-128852NB-I00), y Generalitat Valenciana (CIAICO/2024/42).

– ref. Más allá de las neuronas: cómo los astrocitos dan forma a nuestros recuerdos – https://theconversation.com/mas-alla-de-las-neuronas-como-los-astrocitos-dan-forma-a-nuestros-recuerdos-280405

Servitizar el negocio a partir de productos y servicios

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Bart Kamp, Lead researcher in Internationalizaton and Servitization of Business, Universidad de Deusto

Mayy Contributor/Shutterstock

La servitización (adaptación del inglés de servitization) es la prestación de servicios por parte de empresas para diversificar su negocio y estrechar relaciones con sus clientes. Típicamente, se ha presentado como una opción para empresas manufactureras que viven de vender bienes. Estas empresas amplían su negocio ofreciendo servicios de optimización y adaptación, que complementan a sus productos, o servicios de sustitución, que implica un pago por el uso de un producto sin necesidad de comprarlo.

Sin embargo, cabe preguntarse: ¿es la servitización una prerrogativa de las empresas manufactureras o también las empresas de servicio pueden servitizar su negocio?




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Servitización, el palabro que explica cómo la industria gana competitividad con los servicios


Del producto al servicio

Por su grado de interacción con el usuario, los servicios pueden ser de base, intermedios o avanzados. Por ejemplo:

Subir la ‘escalera de la servitización’ suele ser complicado para, por ejemplo, proveedores de piezas de recambio o de servicios de mantenimiento y reparación. Probablemente la escalada más difícil sea la de los proveedores de consumibles (papel, tinta, detergente) de activos concretos (una fotocopiadora, una impresora, una lavadora). De hecho, estos productos (los consumibles) son periféricos (peripherals) al núcleo del sistema que genera valor (las máquinas).

En este caso, las posibilidades de servitización serían tan improbables como que un fabricante de detergente se plantease diseñar las piezas de repuesto de una lavadora o instalase sensores para monitorizar los resultados de lavado de la ropa que pasa por la misma. No obstante, hay casos que demuestran que la servitización desde tal posición de desventaja es posible, y que esta puede adquirir distintas formas. Algunos ejemplos:

Proveedor de consumibles

La empresa valenciana ARANCO pasó de ser un distribuidor de bobinas de film estirable a fabricar máquinas envolvedoras de pallets. Cobra en modo pago-por-uso a través de su servicio integral de enfardado, que incluye el mantenimiento de las maquinas envolvedoras, sus recambios, bobinas de film inteligentes y un sistema de análisis de datos con relación a los procesos de embalaje en casa del cliente.

Proveedor de recambios

La compañía guipuzcoana GH Cranes evolucionó de ser un taller donde se producían componentes de elevación a diseñar grúas equipadas con un dispositivo que monitorea el uso, las cargas y el estado de las grúas de forma remota para prevenir accidentes y evitar tiempos de inactividad, aumentando y mejorando el rendimiento de las grúas.

Prestador de servicios de mantenimiento y reparación

ULMA Packaging de Oñati, Guipúzcoa, pasó de ser una empresa de reparación multimarca de máquinas de embalaje a proveer instalaciones llave en mano con sistemas de avisos predictivos de mantenimiento, que ayudan a mejorar la eficiencia del sistema.

Así vemos cómo la servitización es la innovación de las capacidades de una organización para pasar de la venta de productos, o la prestación de servicios de base, a la oferta de competencias clave en forma de soluciones integradas. Con su aplicación, las empresas desarrollan nuevas vías de ascenso en la cadena de valor que les permiten explotar actividades más valiosas y, así, diversificar sus fuentes de ingresos y mejorar su rentabilidad.

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Bart Kamp no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Servitizar el negocio a partir de productos y servicios – https://theconversation.com/servitizar-el-negocio-a-partir-de-productos-y-servicios-278623

Cuando la sospecha se vuelve costumbre: anatomía de la desconfianza social

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Consuelo Martínez Priego, Profesora y codirectora del Centre for Character and Human Growth, Universidad Villanueva

Hasta ahora, la vida en sociedad se ha basado en la confianza que nos profesamos mutuamente. Dutch_Photos/Shutterstock

Todos hemos notado que el ambiente ha cambiado en la calle y en la sociedad durante las últimas décadas. No es tan común que los niños vayan solos al colegio –ni que todo el vecindario esté pendiente de su recorrido–, que la gente se relacione de forma cercana con quienes habitan su mismo edificio o que hablemos de forma cándida con un desconocido. De forma orgánica parecemos estar más a la defensiva.

El siglo XXI comenzó con una llamada de atención del sociólogo Zygmunt Bauman: las relaciones interpersonales se han vuelto líquidas. Eso significa que nos cuesta comprometernos, conservar nuestros vínculos personales o ser plenamente generosos en ellos. Y además, en 2026, el mundo parece haberse vuelto más ideológico y polarizado (al estilo de los totalitarismos del siglo XX). En el ámbito social, e incluso familiar, la premisa es, en numerosas ocasiones, la “desconfianza”.

El tránsito del escepticismo a la sospecha horizontal

Tradicionalmente, la teoría social distinguía entre la confianza institucional y la interpersonal. La primera se quiebra cuando percibimos que las estructuras de poder actúan sin integridad, permitiendo que la corrupción permee las esferas públicas. Por ejemplo, en Europa vivimos una realidad que peligrosamente se aproxima a ese rechazo a las instituciones, pero todavía estamos lejos de la desconfianza que pueden provocar algunos regímenes autoritarios que basan sus interacciones con los ciudadanos en un intercambio de intereses por necesidades (como se ve, por ejemplo, en el Brasil de la dictadura retratado en la película El agente secreto).

Sin embargo, el fenómeno contemporáneo más alarmante es que este recelo se haya desplazado hacia el plano horizontal. La dinámica social ha hecho que la desconfianza exceda hoy el ámbito político (cuyo máximo exponente es la dinámica de partidos) y mediático (la prevalencia de las fake news) para recaer directamente sobre el “otro”, que aparece como amenaza latente.

Este deterioro de la disposición a cooperar con desconocidos, o a interpretar al discrepante con buena fe, dificulta los vínculos sociales básicos, la amistad cívica y, en definitiva, la cohesión social. Varios análisis e investigaciones han documentado precisamente cómo la “vida en la mentira” y la delación obligatoria destruyen la psique colectiva.

En la actualidad, aunque en la mayoría de los países de Occidente no vivimos bajo sistemas totalitarios, la polarización afectiva genera una dinámica de vigilancia en la que el odio y el miedo predominan sobre el reconocimiento mutuo.

La simplificación algorítmica y el refugio en el grupo

La desconfianza social es un fenómeno cultural y afectivo alimentado por las redes sociales. La investigación sociológica reciente indica que la identidad grupal y los afectos partidistas distorsionan nuestra percepción de los hechos. Los algoritmos de recomendación refuerzan la pertenencia al grupo propio y favorecen la circulación de contenidos engañosos que validan nuestros sesgos y prejuicios.

Desde una perspectiva psicológica, la desconfianza primero y la polarización extrema después se apoyan en narrativas binarias nosotros/ellos que simplifican la complejidad social. Esta clasificación de las personas nos previene ante quien no comparte nuestras etiquetas, un fenómeno que ha penetrado incluso en el ámbito familiar, donde las diferencias obligan al silencio o rompen vínculos primarios.

La trampa de la ingenuidad y el valor de la vulnerabilidad

Por otro lado, cuando sustituimos la pregunta sobre la identidad (“¿quién eres?”) por la pregunta del bando (“¿de qué lado estás?”), la vida común se empobrece drásticamente. El otro queda “cosificado”, lo encajonamos en derecha o izquierda, conservador o progresista, ecologista o maltratador, pacifista o beligerante.

Confiar es una forma de reconocer al otro como persona y no como un mero portador de intereses o etiquetas. No conviene, sin embargo, confundir confianza con ingenuidad. Confiar requiere pensar, analizar y contrastar las ideas con la realidad. Usar la razón es ser capaz de distinguir.

Es cierto también que la confianza interpersonal implica correr riesgos y aceptar una dosis de vulnerabilidad; es decir, exponerse a que el otro no responda según nuestras expectativas. Sin embargo, esta exposición es necesaria para el crecimiento personal, pues la soledad radical es incompatible con la condición humana.

Propuestas para una recomposición ética

El proceso de la desconfianza interpersonal no es irreversible, aunque las soluciones no son de índole técnica, sino profundamente éticas. La recomposición del tejido social debe abordarse, al menos, desde tres lugares complementarios:

  1. Las instituciones: es necesario contar con reglas estables, rendición de cuentas y una efectiva separación de poderes que garanticen el funcionamiento predecible del sistema.

  2. El entorno cultural: debemos ir hacia un modelo que priorice la libertad de expresión y de conciencia evitando que la sospecha sea la norma de juicio previa a cualquier diálogo.

  3. La educación: esta es la vía más eficaz y, a menudo, la más descuidada. Se trata de formar personas con disposición a colaborar siendo ellas mismas confiables, es decir, con virtudes. Educar en la virtud significa enseñar a gobernar una reacción impulsiva, a no tomar por absoluta la primera impresión y a sostener conversaciones exigentes sin que degeneren en enemistad.

Así, podremos comprender que nadie tiene la verdad absoluta, pero que todos podemos compartir “verdades” que son universales. La virtud educa los sentimientos, confirmando que una vida buena es posible a través del respeto y la justicia. Reconocer al otro como “otro yo” es base de la confianza y la amistad cívica.

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Consuelo Martínez Priego no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Cuando la sospecha se vuelve costumbre: anatomía de la desconfianza social – https://theconversation.com/cuando-la-sospecha-se-vuelve-costumbre-anatomia-de-la-desconfianza-social-279053