En République centrafricaine, tous les citoyens ne sont pas égaux dans l’isoloir

Source: The Conversation – in French – By Alexandra Lamarche, PhD Candidate | Doctorante, Université de Montréal

En République centrafricaine (RCA), voter devient un outil d’exclusion : les élections en décembre ne visent pas à refléter la volonté populaire, mais à effacer ceux que le régime ne reconnaît pas comme pleinement centrafricains, en particulier les musulmans.

Le 28 décembre, les citoyens de la RCA se rendront aux urnes pour la première élection depuis la réforme de la Constitution, qui a supprimé la limite du nombre de mandats présidentiels.

Avec 2,3 millions d’électeurs inscrits, dont près de 750 000 nouveaux, ce scrutin est présenté par les médias comme un signe d’engagement démocratique renouvelé. Mais derrière les chiffres se dessine une réalité bien plus inquiétante : une élection soigneusement façonnée pour consolider le pouvoir d’un régime nativiste, qui redéfinit la citoyenneté pour mieux exclure.

Sous le couvert d’une procédure démocratique, le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra recourt à la répression pour créer un électorat composé uniquement de « vrais » Centrafricains, excluant ceux qu’il considère comme étrangers, en particulier les musulmans. Il en résulte une élection qui n’est ni libre ni représentative, mais plutôt un outil d’exclusion nativiste.

Le nativisme repose sur une distinction entre les « autochtones » supposés légitimes et les « étrangers » perçus comme une menace pour l’identité nationale. Ces conceptions donnent lieu à des hiérarchies d’appartenance, où certains groupes sont considérés comme des membres plus légitimes de la nation que d’autres.

Cette idéologie est bien connue au-delà du continent africain. Aux États-Unis, par exemple, ce réflexe nativiste se traduit non seulement par des politiques anti-immigration de Donald Trump, mais aussi par une hostilité croissante envers les migrants eux-mêmes, présentés comme une menace culturelle et économique. En Inde, sous la direction de Narendra Modi et de son parti nationaliste hindou, le BJP, un nativisme religieux s’est renforcé, redéfinissant l’identité nationale en termes hindous et marginalisant les minorités, notamment musulmanes.

Cet article utilise ces concepts pour démontrer qu’en RCA, le nativisme dépasse la simple construction de hiérarchies d’appartenance pour servir activement de moteur idéologique à la répression étatique. En tant que chercheuse en science politique à l’Université de Montréal, spécialisée sur la République centrafricaine, je m’appuie sur mon expérience récente de terrain auprès de musulmans centrafricains.

Qui est vraiment Centrafricain ? Quand le pouvoir redéfinit l’identité

Malgré les discours nativistes, les musulmans ne sont pas des nouveaux arrivants en RCA. Leur présence dans le pays remonte en effet à deux siècles. Alors que le pays est depuis longtemps polarisé sur le plan ethnique, plus récemment, les discours nativistes mobilisés par l’ancien président François Bozizé ont exacerbé les tensions entre la majorité chrétienne et la minorité musulmane du pays, jouant un rôle important dans le déclenchement de la guerre civile de 2013-2014.

Malgré la fin officielle du conflit, l’instabilité persiste. En continuant à présenter les musulmans comme des invités, souvent liés à leurs origines du Tchad ou du Soudan actuels, les discours nativistes du gouvernement du président Faustin-Archange Touadéra délégitiment la citoyenneté musulmane, tant dans les discours que dans la pratique, et justifient la répression violente et administrative menée par l’État.

Quand voter devient un privilège

Entre janvier et mars 2025, j’ai mené 42 entretiens de terrain avec des musulmans centrafricains au sujet de leurs expériences de répression en RCA. Bien que leurs vécus varient, ces entretiens ont permis de mieux comprendre les obstacles bureaucratiques et les problèmes de sécurité qui limitent et entravent la participation politique des musulmans, réduisant ainsi l’électorat en fonction de l’identité.

Cette exclusion repose sur trois mécanismes : un accès inégal aux cartes d’identité nécessaires pour s’inscrire, des obstacles à la participation le jour du vote, et l’exclusion des réfugiés, majoritairement musulmans.

Peu de musulmans centrafricains ont pu obtenir leur carte d’identité nationale facilement… quand ils y parviennent. Beaucoup se voient exiger des documents supplémentaires pour prouver leur citoyenneté : certificats de naissance, de résidence et de nationalité, souvent remontant jusqu’aux parents et grands-parents. Tous disent avoir payé plus que leurs compatriotes chrétiens pour les mêmes démarches.

Ces paiements sont parfois présentés comme des frais administratifs ; d’autres parlent ouvertement de pots-de-vin. Certains ont même été harcelés par les forces armées centrafricaines (FACA) et leurs alliés russes en tentant de régulariser leur situation. Une femme, venue obtenir les papiers de sa famille à Bangui, raconte avoir été menacée par les FACA et sommée de quitter le pays.

Pour ceux qui ont perdu leurs documents dans les déplacements liés aux conflits, obtenir une carte est quasiment impossible. Face à ces obstacles, beaucoup renoncent. D’autres, refusant de céder, s’accrochent malgré le harcèlement, les coûts et les humiliations, souvent sans succès.

À cela s’ajoute une pratique alarmante : la confiscation des papiers par les FACA. Un homme témoigne :

En 2023, ils m’ont arrêté, volé mes papiers, mon certificat de naissance, ma carte d’identité. Ils m’ont battu et dit que je n’étais pas digne d’avoir des documents centrafricains

Et même parmi ceux qui parviendront à voter, la peur domine. Lors des élections de 2020-2021, plusieurs musulmans disent avoir été forcés à voter pour Touadéra. Une femme se souvient :

Les FACA m’ont suivie jusqu’à l’isoloir et m’ont montré son nom sur le bulletin. Je savais que c’était illégal, mais j’avais trop peur pour dire non.

Les réfugiés centrafricains — qui ont fui pendant la guerre civile ou depuis — n’ont plus le droit de vote. Bien qu’ils aient participé aux premières élections d’après-guerre, le gouvernement les maintient à l’écart depuis, malgré les appels répétés des Nations unies pour leur inclusion.

« Nous sommes exclus à cause de la mentalité que les musulmans ne sont pas centrafricains », résume un homme interrogé.

Un vote qui divise

Ces obstacles et restrictions à l’exercice du droit de vote sont des indicateurs clairs d’une marginalisation systémique. Ils soulignent que lorsque des élections post-guerre civile ont lieu dans des régimes nativistes, elles ne sont pas des signes de progrès, mais des instruments permettant de légitimer l’exclusion et de consolider le pouvoir parmi ceux qui sont considérés comme de « vrais » citoyens.

L’exclusion des musulmans n’est pas une réponse aux troubles persistants dans le pays, mais une stratégie visant à restreindre l’accès à la vie politique et à redéfinir les contours de la citoyenneté. À l’approche des élections en RCA, cette dynamique illustre comment les régimes nativistes peuvent utiliser les élections pour décider à qui appartient — et qui est exclu — de la nation.

Ce cas ne s’inscrit pas seulement dans l’histoire de la République centrafricaine : il reflète une tendance mondiale où le populisme, le nationalisme et les politiques identitaires redéfinissent les frontières de l’appartenance. En RCA comme aux États-Unis, en Europe ou en Inde, les régimes nativistes peuvent transformer les élections en armes d’exclusion.

La Conversation Canada

Alexandra Lamarche est financée par le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH) du Canada

ref. En République centrafricaine, tous les citoyens ne sont pas égaux dans l’isoloir – https://theconversation.com/en-republique-centrafricaine-tous-les-citoyens-ne-sont-pas-egaux-dans-lisoloir-264538

Why you don’t have to block roads or glue yourself to buildings to be a climate activist

Source: The Conversation – UK – By Bob Walley, Researcher in Climate Change Engagement and Communication, University of Lancashire

A protestor outside Preston New Road Fracking Site in Lancashire. Bob Walley, CC BY-NC-ND

“Get a job!” shouted yet another driver going past me in the sweeping rain outside Preston New Road fracking site, on another bitingly cold winters day. Recipients of these outbursts were mostly retirees like the Nanas of Lancashire (a group of women from the northern shire of England who had become prominent anti-fracking activists).

My mum often joined me and other protesters to oppose the exploratory drilling that throughout 2018 and 2019 caused earthquakes. Local people were worried about the damage this could do to their homes, the water they rely on and the area’s nature and wildlife.

When it got too cold and I could see mum was starting to get the shivers, we would go back to my family home for a nice cup of tea, leaving the die hards to keep guard 24/7, continuing the fight until we could rejoin them next time.

“It’ll never make any difference,” Dad would comment as we put the kettle on. As a reader of Rachel Carson’s Silent Spring – the 1962 book which exposed the destruction of wildlife through the widespread use of pesticides – and a school teacher all his life, he knew all too well the threats of the climate and ecological emergency. Especially once I joined the environmental protest movement.

But activism was not for him. “What was the point?” he’d wonder.

I can see why many people might feel like that. Especially when the decision by Lancashire County Council to reject fracking at Preston New Road was overruled by the Conservative government of the time, and the magnitude of permitted earthquakes was raised.




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Fracking causes earthquakes by design: can regulation keep up?


Frontline activism is certainly not for everyone. Especially when some journalists and politicians would have people believe these “eco-zealots” are the “enemies of society”, due to the disruption that can be caused by increasingly desperate and urgent protests and actions.

Stereotypes remain strong in public opinion and news sources often get basic climate change facts wrong. A quick google image search for “environmental activists” shows people with banners blocking roads, shouting into megaphones and looking angry. Perhaps even throwing soup at a painting or gluing themselves to the front of an office building if you scroll down a bit.

people standing around white protest banner about ecocide
Local activists blockade the front gate of Preston New Road Fracking Site in Lancashire, stopping any vehicles coming in and out of the site.
Bob Walley, CC BY-NC-ND

The radical flank frontline

More radical groups know that more disruptive actions lead to greater likelihood of coverage. This can lead to a “radical flank effect”, referring to the comparative outcome that occurs when more radical factions of a social movement like climate activism operate in the same arena as more moderate or less confrontational sections of that movement. The radical flank creates space behind it for others to move into and opportunities for social change can appear.

A vital role it would seem. But this doesn’t tell the whole story of what an activist is.

In a recent research study, I interviewed activists across a range of different ages, circumstances and ideological positions, from Just Stop Oil and Greenpeace to local wildlife trusts and community garden projects. All share concern for the future of life on this planet, trying to do what they can, where they can, to help shape a society we all deserve to live in.

Many express frustration and anger, alongside recognition, that the status quo and current economics are given more importance in political discourse and action than the large‐scale changes required to live sustainably within the natural world. One middle-aged woman who volunteers at the local climate hub (a public space for people involved in climate action) expressed “very little faith in governments. Just massive disappointment.”

The recent changes to protest laws which further vilify environmental activists and mean harsher sentences for attending zoom calls or holding a placard are seen as terrifyingly authoritarian. Yet a young employee of the group Surfers Against Sewage noted they are effective in that they “turn away the people who were kind of on the fence a little bit about it. But … it will also inspire others who are just like, dead against the injustice of it.”

My team’s research indicates a sense of despair due to this political inaction and pushback against those who speak out. Some on the radical flanks are seen by more conservative activists as too radical, and some on the flanks see those more conservative as too “soft” to generate the required changes.

Yet there is recognition of the vital roles everyone can play. A long-term Extinction Rebellion activist who now resides in Calderdale in West Yorkshire, recognised there needed to be “people fighting in different ways on so many different fronts, and I think there’s strength in supporting each other, if we can”.

Fracking was stopped in Lancashire. It was stopped by the Nanas, my mum and the many others on the radical flank frontline. But also by all of those working behind the scenes who put in time to lobby or protest in their own way. It was all these pieces of the puzzle working together that led to victory in Lancashire.

Our research shows you don’t have to be waving a placard shouting into a megaphone, although there is an important place for that too. Crucially, there are many roles for us all and ways we can work towards that future we all deserve to live in.


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The Conversation

Bob Walley receives funding from various internal research institutes and external funding bodies for the research and community projects he coordinates. He is affiliated with the University of Exeter, the University of Lancashire and Envirolution Network.

ref. Why you don’t have to block roads or glue yourself to buildings to be a climate activist – https://theconversation.com/why-you-dont-have-to-block-roads-or-glue-yourself-to-buildings-to-be-a-climate-activist-260714

Jane Austen’s real and literary worlds weren’t exclusively white – just read her last book, Sanditon

Source: The Conversation – UK – By Olivia Carpenter, Lecturer in Literature, University of York

Jane Austen penned the last sentences of her unfinished manuscript for the novel we know as Sanditon in March 1817 before she died that July. Like me, many Austen fans often stumble upon this work after they have read all six of her completed novels.

At this point, readers of Austen feel like they know her and have sought out Sanditon because they want more of what they loved in her other works. However, they are often surprised by what they find.

In the final months of her life, Austen had moved away from writing about the English country house. The titular Sanditon is instead a seaside health resort, and the novel follows characters who spend a season there trying to get healthy or wealthy.

Austen’s most striking departure from the rest of her work, however, is in her inclusion of the character of Miss Lambe – a young heiress staying at the resort who is of African descent. Sanditon is the only Austen novel to contain an explicitly Black character.

Sanditon’s narrator explains that Miss Lambe is a mixed-race Black heiress of just 17 years old. Austen calls her a “chilly and tender” girl who attracts attention because she requires luxuries such as “a maid of her own”, and “the best room in the lodgings”.

Far from being disadvantaged because of race, Miss Lambe has more privileges than many of her white peers, and they react with interest and envy. The resort’s scheming foundress, Lady Denham, even fantasises about making an advantageous match for her nephew with the girl.


This article is part of a series commemorating the 250th anniversary of Jane Austen’s birth. Despite having published only six books, she is one of the best-known authors in history. These articles explore the legacy and life of this incredible writer.


Miss Lambe’s presence in Austen’s novel presents a stark challenge to any assumptions that Austen never wrote about people of colour. Many still assume that authors in Austen’s time simply weren’t writing about Black characters.

However, Miss Lambe is not the only character of this background to appear in books of the period. I am currently finishing up a book on the subject of Black representation in British marriage plots. I research Black characters who are heiresses, escapees, keepers of dark secrets, and participants in all manner of surprise twists and turns.

For example, in the anonymously authored 1808 novel The Woman of Colour, trouble ensues when a young Black woman, Olivia Fairfield, travels to England from Jamaica in order to marry according to her father’s wishes.

There have also been several rich and wonderful research projects demonstrating the enormous variety of Black British history in Jane Austen’s England. The writer and academic Gretchen Gerzina’s book Black England, for example, brings to life a vision of this world that included Black community, activism and intellectualism.




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The Mapping Black London project, a stunningly detailed digital resource from Northeastern University, London, provides interactive maps demonstrating evidence of Black life in the city through the records of everyday people. We can see the proof of Black Britons being baptised, getting married, or being buried in London during Austen’s lifetime.

We can also turn to Black writers from the period who tell us their story directly, such as Olaudah Equiano, Ottobah Cugoano, and Mary Prince. Black British writers like these commented directly on their experience of finding ways to survive the violence of transatlantic chattel slavery.

In contrast to these writers’ real experiences, however, Miss Lambe’s in Austen’s literary take on Regency England is markedly different. As an heiress, she has a lot more in common with real historical figures who were the children of white British enslavers and Afro-Caribbean women.




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The scholar of early American and Atlantic history, Daniel Livesay, has written extensively on these figures in his book Children of Uncertain Fortune, detailing the lives of the privileged few who were acknowledged by white fathers, and were either born free or granted their freedom. Such children were often educated on both sides of the Atlantic and might apply for special legal status, giving them similar rights to those of white British subjects.

Austen hints at this background for Miss Lambe in discussions of her wealth. Like the children Livesay discusses, Miss Lambe has left the West Indies and is now growing up in England. She is in the care of Mrs Griffiths, an older lady who treats her as “beyond comparison the most important and precious” client. This is because Miss Lambe “paid in proportion to her fortune”.

A wealthy family member would have needed to set up this arrangement with Mrs Griffiths. The family member also would have helped Miss Lambe gain the special legal status necessary for a Black person to inherit a fortune under colonial law.

While we can celebrate Austen’s inclusion of a Black character, we know that representation alone is not empowerment. As Kerry Sinanan, an academic in pre-1800 literature and culture, has insisted, we need to be careful about an uncritical celebration of Austen’s “radical politics”.




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When we think of Black life in Austen’s world we need to think both about the Black wealth and privilege Austen chooses to represent in Miss Lambe as well as the enslavement Austen never addresses. If we long for Austen to be a champion of all women, including Black women, we may be sorely disappointed by Austen’s ten brief sentences mentioning her sole Black character.

Nevertheless, Miss Lambe remains an important reminder as we celebrate Austen’s enduring legacy 250 years on: Black British life and experience have always been part of British literature and history. Remembering this character in Austen’s writing can only help to add urgency to the ongoing re-evaluation of how we teach, learn and understand that literature and history.


This article features references to books that have been included for editorial reasons, and may contain links to bookshop.org. If you click on one of the links and go on to buy something from bookshop.org The Conversation UK may earn a commission.


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Olivia Carpenter does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Jane Austen’s real and literary worlds weren’t exclusively white – just read her last book, Sanditon – https://theconversation.com/jane-austens-real-and-literary-worlds-werent-exclusively-white-just-read-her-last-book-sanditon-264813

Cómo afrontar el discurso de odio en la escuela

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Soto Carballo, Profesor Contratado Doctor, Universidade de Vigo

Unai Huizi Photography/Shutterstock

En las escuelas conviven culturas, idiomas y trayectorias diversas. Los espacios escolares, sin embargo, no están a salvo de determinadas actitudes de hostilidad de mayor o menor intensidad hacia el diferente, que pueden traducirse en chistes repetidos en el recreo, silencios incómodos en clase cuando alguien alza la voz contra un estereotipo o la infravaloración académica de estudiantes por su origen.

¿Qué sucede cuando una niña migrante escucha que “viene a quitarnos las ayudas”? ¿O cuando un adolescente racializado es excluido de ciertos espacios escolares? El aumento de la xenofobia, el racismo o la islamofobia está documentado por organismos internacionales, y ese odio se cuela en los pasillos de los centros escolares y en las pantallas de los móviles, reforzado por algoritmos que premian el contenido sensacionalista y polarizador.

Según datos del Consejo de Europa, los mensajes de odio en línea han crecido de forma exponencial en la última década. La OSCE advierte que estos discursos están vinculados al aumento de delitos motivados por prejuicios. Y las Naciones Unidas lo señalan como una de las amenazas más serias para la convivencia democrática del siglo XXI en su United Nations Human Rights Report 2022 (OHCHR).

¿Qué entendemos por discurso del odio?

El discurso del odio no es solo una opinión desagradable. Es una forma de comunicación, verbal, escrita o simbólica, que ataca a personas o colectivos por lo que son: su color de piel, su religión, su orientación sexual, su procedencia… Su objetivo no es debatir, sino deshumanizar. Y cuando esto ocurre, lo que viene después rara vez es pacífico.

No hay una definición única aceptada a nivel internacional, pero sí un consenso creciente: el odio no es una emoción neutra. Es un acto político, social y comunicativo que deja huellas profundas en quienes lo sufren y en quienes lo reproducen. La frontera entre libertad de expresión y fomento del odio sigue siendo espinosa. Mientras en Europa existen límites legales claros al discurso del odio, en Estados Unidos prima la Primera Enmienda, que lo protege como una manifestación de la libertad de expresión.

Inmigración, adolescencia y resiliencia

Los menores migrantes no acompañados son a menudo los más expuestos a estereotipos negativos. En España, más de 10 000 jóvenes estuvieron tutelados por las comunidades autónomas. Muchos llegan tras trayectos marcados por el desarraigo y la violencia. Frente a la narrativa de la amenaza, es urgente visibilizar su resiliencia, su esfuerzo y su deseo de construir un futuro digno.

Pero el sistema no siempre está preparado. Al cumplir 18 años, muchos jóvenes quedan fuera de las redes de protección y se enfrentan a un mercado laboral hostil, sin apoyos suficientes.




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Cuando el odio se cuela en el aula

Aunque hay iniciativas positivas, aún falta investigación sobre cómo el odio opera entre el alumnado y cómo contrarrestarlo. Sabemos que los mensajes de odio se propagan más rápido que las estrategias pedagógicas para frenarlos. Pero también sabemos que el aula es un espacio privilegiado para construir ciudadanía crítica, empática y plural. Esto requiere profesorado formado, con recursos didácticos adecuados y apoyo institucional para abordar la diversidad desde la inclusión y no desde la mera tolerancia.

La respuesta no puede ser solo jurídica o policial. El discurso del odio se combate también con educación: una educación que enseñe a pensar, a convivir y a empatizar. Proyectos pedagógicos que incorporen testimonios migrantes, análisis críticos del lenguaje, experiencias de aprendizaje-servicio o formación docente en justicia social son caminos posibles.




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Muchas escuelas han implementado talleres de alfabetización mediática y programas de convivencia intercultural. En Galicia, por ejemplo, algunos centros han trabajado con asociaciones locales en proyectos de aprendizaje servicio que conectan alumnado y comunidades migrantes.

Iniciativas para estudiantes

En el ámbito educativo se han desarrollado distintas iniciativas orientadas a contrarrestar el discurso de odio y favorecer la inclusión. Un ejemplo es Break the Hate Chain!, guía educativa impulsada en España por la Fundación FAD Juventud (FAD) y Maldita.es con el apoyo de Google.org, que propone actividades dirigidas a jóvenes de entre 14 y 19 años con el objetivo de trabajar la convivencia, el pensamiento crítico y la construcción de discursos inclusivos.




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En el plano europeo, la iniciativa Education Stops Hate genera recursos educativos abiertos, guías prácticas y kits pedagógicos que permiten al profesorado abordar el odio en las aulas y promover el diálogo intercultural. Finalmente, el proyecto Inmigración, adolescencia y resiliencia centra su atención en los desafíos que atraviesan los adolescentes en contextos migratorios, al tiempo que pone en valor los factores de resiliencia como claves para avanzar en la inclusión social y educativa.

Contra el odio, una pedagogía del cuidado

Frente a la banalización del odio, necesitamos pedagogías del cuidado, de la escucha, de la palabra compartida. Una ciudadanía capaz de detectar y desmontar el odio no se construye solo con leyes o con tuits. Se construye en las aulas, con vínculos, con presencia, con proyectos como los ya citados, que demuestran que es posible.

La Agenda 2030, en su Objetivo de Desarrollo Sostenible 4 (ODS 4), recuerda que una educación inclusiva y de calidad es clave para promover la igualdad y la paz. Combatir el odio no es únicamente frenar un problema puntual: es apostar por un futuro en el que la diversidad sea reconocida como una riqueza y no como una amenaza.

Porque el odio no se combate con silencio: se combate con una educación que no deja a nadie atrás.

The Conversation

Jorge Soto Carballo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cómo afrontar el discurso de odio en la escuela – https://theconversation.com/como-afrontar-el-discurso-de-odio-en-la-escuela-223891

El número de Dios o el cuerpo como mapa del universo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Amador Miguel González Crespo, Director ETS Ingeniería y Sistemas de Telecomunicación-UPM, Universidad Politécnica de Madrid (UPM)

El número áureo esta relacionado con la sucesión de Fibonacci (1,1,2,3,5,8,13,21…) la cual se encuentra presente en proporciones de todo tipo, desde proporciones en el arte, la naturaleza en general hasta estructuras arquitectónicas. Roberta Conti / Wikimedia Commons., CC BY

Hace 2500 años, un griego, cansado de discutir en el ágora sobre justicia, filosofía, política y matemáticas, decidió que lo verdaderamente importante era medir el cuerpo humano. Así germinó el canon de Policleto el Viejo: la obsesión por encontrar la simetría perfecta.

Copia romana del Doríforo («portador de una lanza») de Policleto, conservada en el Museo Arqueológico Nacional de Nápoles.
Wikimedia Commons., CC BY

El selfi más famoso de la historia

Veinte siglos después, Leonardo da Vinci dibujó el célebre Hombre de Vitrubio, basado en el canon romano de la arquitectura, como reflejo del orden de la naturaleza. El resultado fue ese señor desnudo atrapado en un círculo y un cuadrado. El mensaje era –y sigue siendo– provocador: si extendemos los brazos, somos tan anchos como altos, con nuestro ombligo en el centro geométrico de este universo de belleza perfecta.

Da Vinci, adelantado a su tiempo en tantos campos, convirtió las proporciones humanas en un diagrama viral cinco siglos antes de Instagram y la cirugía estética masiva.

La fiebre del número de Dios

Detrás de todo esto acechaba la proporción áurea (o divina proporción): 1,618…. Este número parece materializarse por primera vez en varias estelas de Babilonia y Asiria hace 4 000 años, pero también en las conchas marinas, en la Gioconda, [en las pirámides, en los templos griegos y romanos] y en la torre Eiffel.

También aparece al subir una escalera: nuestros pies encuentran un equilibrio natural entre la huella (parte horizontal) y la contrahuella (parte vertical). Curiosamente, la relación entre ambas suele rondar 1,6, muy próxima al número áureo. No es porque los arquitectos lo hayan buscado, sino porque el cuerpo humano dicta medidas cómodas que terminan rozando la divina proporción. Así, igual que con las baldosas de 3,16 decímetros que pisamos, la matemática se nos cuela en lo cotidiano casi sin darnos cuenta.

Receta de la belleza

Este número irracional de infinitos decimales fue descrito detalladamente en el siglo XIII por Leonardo de Pisa, más conocido como Fibonacci. Todo comenzó con un problema aparentemente inofensivo: ¿cuántos pares de conejos pueden nacer de una sola pareja en un año, si cada mes cada pareja madura y empieza a reproducirse? Sin quererlo, dio pie a una de las historias más bellas de las matemáticas. La secuencia de número naturales resultante es la famosa sucesión de Fibonacci:

1 , 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144…

Inicialmente tenemos dos unos, un conejo y una coneja, y cada nuevo término surge de sumar los dos anteriores: como si los números también tuvieran su propio instinto de apareamiento.

Hasta aquí, nada más que una simpática progresión. Pero si dividimos cada número por el anterior, surge la magia: 3/2 = 1,5; 5/3 = 1,66; 8/5 = 1,6… y así hasta alcanzar en el límite del infinito el número de Dios: 1,6180339… Es como si los conejos de Fibonacci, además de multiplicarse seductora y enigmáticamente, hubieran inventado un canon estético.

Y es que la sucesión de Fibonacci también parece habitar en nuestro cuerpo: la relación entre nuestra altura y la altura hasta el ombligo, entre la distancia del hombro a los dedos y la distancia del codo a los dedos, entre la altura de la cadera y la altura de la rodilla, entre el primer hueso de los dedos (metacarpiano) y la primera falange. Y también la relación entre falanges sucesivas, entre nuestra sonrisa y nuestra mandíbula. Un festival matemático que algunos presentan como la “receta secreta” de la belleza.

El Hombre de Vitrubio, dibujado por Leonardo da Vinci en 1492.
Wikimedia Commons., CC BY

El eco cósmico de una proporción humana

Incluso, algunos astrofísicos nos muestran que patrones parecidos aparecen en lugares inesperados: algunas galaxias espirales o las vibraciones ocultas de las estrellas parecen resonar con el mismo número misterioso.

La proporción áurea parece tan ubicua que uno empieza a sospechar que hay trampa. ¿De verdad está en todo o simplemente la buscamos con la misma fe con la que algunos encuentran a su signo zodiacal en el horóscopo?
¿Cuánto hay de verdad y cuánto de necesidad humana en reducir todo a relaciones sencillas que podamos entender?

La proporción áurea no es un patrón demostrado en la estructura del cosmos, aunque pueda aparecer como aproximación en múltiples sistemas naturales. Su fuerza divina reside más en lo metafórico y lo simbólico: un puente entre la escala humana (arte, cuerpo, arquitectura) y el universo (galaxias, dinámica natural).

Sin embargo, el debate inveterado persiste entre el deseo de un dios matemático perfecto que da sentido a la existencia y la cuantificación matemática de la realidad.

Medirse para entenderlo todo

El número de Fibonacci, aplicado al Quijote.
Armando Ríos Almarza. Medir sin metro, Ayuntamiento de Ávila, 2006.

El hecho de llamar a las matemáticas “un lenguaje universal que conecta al ser humano con los patrones del arte, la biología y el cosmos” no significa que exista un único número mágico gobernándolo todo. Lo que realmente conecta esas dimensiones es la tendencia de la naturaleza y del ser humano a generar proporciones, simetrías y regularidades que nos ayudan a entender el mundo y predecir el incierto futuro. La proporción áurea es solo una de tantas fórmulas posibles, quizá la más célebre por su elegancia y por las veces que parece aproximarse a fenómenos naturales y creaciones humanas.

La incógnita interesante no es si el número áureo está realmente en todas partes, sino por qué seguimos buscándolo, por qué nos atrae tanto la idea de que una simple proporción pueda tender un puente entre nuestra anatomía, los templos griegos y las espirales galácticas.

La pregunta queda flotando

Tal vez todo sea fruto de nuestra obstinación en encontrar sentido donde, quizás, solo hay azar. ¿De verdad compartimos un patrón secreto con las estrellas, o lo inventamos porque nos fascina reconocernos en todo lo que brilla?

Esa respuesta, queridos lectores, nos obligaría a desplegar toda la artillería del pensamiento, la filosofía, el arte, la historia, la física y, por supuesto, las matemáticas. Habría que escribir tratados enteros, organizar congresos y quizá hasta invocar a los mismísimos Policleto y Fibonacci para que nos marquen el compás. Difícil, ¿verdad?

Aunque, si lo pensamos bien, más difícil todavía es resistirse a seguir midiéndonos la nariz frente al espejo con la esperanza de descubrir en ella los secretos del universo.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. El número de Dios o el cuerpo como mapa del universo – https://theconversation.com/el-numero-de-dios-o-el-cuerpo-como-mapa-del-universo-263289

Piense en cómo piensa antes de preguntarle nada a la IA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Santiago Iñiguez de Onzoño, Presidente IE University, IE University

Login/Shutterstock

“¿Cómo pensamos?”. Aunque parece una pregunta sencilla, en realidad es una de las más profundas que una persona puede plantearse.

La educación puede ayudar a responderla, pero no mediante soluciones prefabricadas sino enseñando a las personas a pensar por sí mismas, a cultivar su autonomía y a convertirse en seres reflexivos y capaces de dirigir su propio aprendizaje. Pensar no es memorizar: requiere de métodos que afinen el juicio y amplíen la mirada.

  • El método socrático, por ejemplo, obliga a justificar las propuestas con argumentos razonables y convincentes.

  • La técnica del juego del rol invita a ponerse en la piel del otro, a asumir sus valores e intereses para comprender cómo toma sus decisiones.

  • El estudio comparado, por su parte, reconoce que la cultura y el idioma moldean el conocimiento: personas de distintas geografías pueden razonar de manera muy distinta, y reconocer esas diferencias enriquece nuestra propia vida intelectual.

En conjunto, todas estas metodologías muestran que existen múltiples maneras de pensar, cada una de las cuales configura la forma en que deliberamos, decidimos y actuamos.

En psicología cognitiva, el análisis de este proceso se denomina metacognición. Practicar la metacognición significa tomar conciencia de nuestros procesos mentales, detectar los patrones que los guían y dar un paso atrás para preguntarnos:

  • ¿Qué problema intento resolver?

  • ¿Cómo lo estoy abordando?

  • ¿Acepto esta respuesta demasiado deprisa?

En educación, la metacognición es lo que permite a los estudiantes planificar sus estrategias, supervisar su aprendizaje y ajustar sus métodos. Pero estas habilidades no surgen de manera espontánea, sino que deben cultivarse de forma deliberada.

Intuición versus análisis

Un avance decisivo en la comprensión de la metacognición llegó de la mano de Daniel Kahneman, Nobel de Economía en 2002, quien sintetizó décadas de investigación en psicología en su libro Pensar rápido, pensar despacio. Kahneman mostró que la mente no funciona como un único motor racional, sino a través de dos sistemas complementarios.

  1. El sistema 1, rápido, intuitivo y automático, permite reconocer al instante el rostro de un amigo, terminar la frase de otra persona o frenar bruscamente antes de que el peligro llegue siquiera a registrarse conscientemente. Es eficaz, pero propenso al error, porque se basa en atajos mentales construidos a partir de la experiencia.

  2. El sistema 2, en cambio, es lento, deliberado y analítico y se activa cuando resolvemos un problema complejo, hacemos una evaluación detallada o cuestionamos nuestras primeras impresiones. Es más preciso, pero también más exigente, razón por la cual solemos evitarlo.

Kahneman y su coautor Amos Tversky demostraron que muchos de nuestros errores de juicio provienen de confiar en exceso en el sistema 1 y no activar el sistema 2 cuando la exactitud resulta crucial.

En este sentido, Kahneman prolonga una tradición filosófica que se extiende de Platón y Aristóteles a Hume, Locke y Wittgenstein: la búsqueda de marcos conceptuales para comprender cómo razonamos, decidimos y actuamos.

Alimentar la experiencia

La llegada de la inteligencia artificial ha alterado el equilibrio. Si se delega demasiado en las máquinas la resolución de problemas, el riesgo no es solo que el sistema 2 quede infrautilizado, sino que el sistema 1 también se debilite. La intuición no surge de la nada: se entrena y se alimenta con el trabajo paciente de la razón.

Cada vez que nos enfrentamos a un problema, probamos soluciones y refinamos nuestros juicios, estamos nutriendo al sistema 1 con la experiencia que necesita para, en el futuro, elaborar evaluaciones rápidas y certeras. Si la IA hace esos pasos en nuestro lugar, el depósito de experiencias se reduce. El sistema 1 seguirá funcionando, pero su biblioteca de experiencias será más pobre y menos fiable.

El reto es claro: si se usa de manera acrítica, la herramienta que promete liberar nuestra energía mental puede dejarnos con menor capacidad tanto para el análisis profundo como para la intuición rápida. Y dado que la IA no solo refleja sino que puede amplificar los sesgos humanos –y, además, es capaz de generar sus propias alucinaciones–, el ejercicio disciplinado del sistema 2 se vuelve más necesario que nunca.

Sin embargo, usada con criterio, la IA puede ayudar a estructurar el pensamiento, ofrecer perspectivas alternativas y estimular la reflexión. Pero esto exige diseñar experiencias de aprendizaje en las que los usuarios comparen, cuestionen y vuelvan a comparar y cuestionar los resultados que ofrece la máquina.

En cambio, usada sin cuidado la IA se convierte en una muleta cognitiva, una manera de evitar el esfuerzo reflexivo y de conformarse con respuestas fáciles.

La cuestión es el cómo

Un estudio reciente en China ilustra bien esta tensión. En un curso de inglés académico, los estudiantes llevaban diarios reflexivos y participaban en entrevistas. Aplicando la teoría del aprendizaje experiencial –según el cual, el aprendizaje se produce en un ciclo de acción, reflexión, conceptualización y experimentación– los investigadores observaron que los estudiantes que reflexionaban sobre el uso de la IA desarrollaban un conocimiento más profundo e integrado sobre cuándo, por qué y cómo utilizarla. Otros, en cambio, la trataban como un atajo y temían que debilitara sus competencias lingüísticas.

Los autores concluyeron que el uso excesivo de la IA con fines instrumentales puede minar el desarrollo del lenguaje, lo que subraya la necesidad de una utilización reflexiva más que solo funcional. La enseñanza es clara: lo decisivo no es si se usa la inteligencia artificial sino cómo.

¿Por qué?

El método de gestión los cinco porqués de Toyota es una herramienta simple y poderosa para llegar a la raíz de un problema. El principio es directo: al preguntar repetidamente, y al menos cinco veces, “¿por qué?” ante cada explicación, quedan atrás las respuestas superficiales y se llega a sus causas profundas. Este método es un recurso de gestión pero también una forma de metacognición: obliga a ir más allá de la primera respuesta, a interrogar las propias suposiciones y a dirigir de manera consciente el pensamiento.

En un mundo donde la IA puede generar en segundos una respuesta a casi cualquier cuestión, la verdadera ventaja pertenece a quienes saben interrogar esas respuestas, rastrear su propio razonamiento y elegir deliberadamente cómo proceder. La IA puede ser una compañera en ese proceso, pero solo si seguimos siendo los autores de nuestro pensamiento.

Por ello es fundamental adoptar estrategias prácticas que impidan que la IA erosione ese músculo intelectual tan esencial que es la metacognición. Algunas recomendaciones útiles son:

  • Delimitar el problema antes de consultar a la IA: definir el propósito, la pregunta central y la conclusión que se espera alcanzar.

  • Verificar las fuentes que ofrece la IA, seleccionar las más creíbles y leerlas con espíritu crítico.

  • No permitir que la IA dicte las conclusiones; anticiparlas uno mismo.

  • Trabajar en varias iteraciones, idealmente cinco o más, afinando el razonamiento en cada intercambio.

  • Añadir experiencias personales y reflexiones propias para hacer el texto original e inconfundible.

  • Al terminar, reflexionar explícitamente sobre lo que se ha aprendido en el proceso; cada reflexión refuerza la metacognición.

En definitiva, la metacognición no consiste en demorarse ni en dudar por dudar. Consiste en asumir la autoría consciente de nuestros procesos mentales. En una era en la que la IA puede ofrecer una respuesta instantánea a casi cualquier pregunta, la verdadera inteligencia no pertenece a quien responde más rápido, sino a quien es capaz de cuestionar esa respuesta, repensarla y decidir conscientemente cómo avanzar.


Una versión de este artículo se publicó en LinkedIn.

The Conversation

Santiago Iñiguez de Onzoño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Piense en cómo piensa antes de preguntarle nada a la IA – https://theconversation.com/piense-en-como-piensa-antes-de-preguntarle-nada-a-la-ia-265817

Solo una de cada diez se recicla: el reto de introducir las baterías de litio en la economía circular

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pedro Jesús Navarrete Segado, Personal Docente Investigador, Universidad de Jaén

Baloncici/Shutterstock

De los smartphones a los vehículos eléctricos, las baterías de litio son componentes tecnológicos críticos para una transición energética sostenible.
Como parte de la estrategia europea para lograr la neutralidad climática para 2050, Europa está realizando una firme apuesta por su reciclaje, para contribuir a la economía circular y a la reducción de residuos. España, por su parte, tiene varias plantas y proyectos en marcha para recuperar materias primas con alto valor añadido, como litio, cobalto y níquel.

Contexto global: la demanda crece

La demanda global de baterías, con un crecimiento exponencial impulsado por la movilidad eléctrica y el almacenamiento de energías renovables, requerirá de una producción global equivalente a 2,7 teravatios-hora al año para 2030. Sin embargo, nos enfrentamos a un desafío crítico: la escasez inminente de litio. Porque, a pesar de que las reservas mundiales se estiman en 22 millones de toneladas (suficientes para producir casi 2 500 millones de baterías), la Agencia Internacional de la Energía prevé un desabastecimiento para 2025.

Este hecho se debe principalmente a la dificultad que tiene la industria para extraer litio y procesarlo a un ritmo suficientemente rápido: los nuevos proyectos mineros tardan más de una década en desarrollarse. Ante este desafío, el reciclaje de baterías se presenta como una solución clave, con el potencial de reducir la necesidad de nuevo litio en un 10 % para 2040.

Esto resulta especialmente relevante en Europa, cuya dependencia de la importación de materias primas críticas es muy elevada (100 % en el caso del litio y 98 % en el del grafito natural).

Reciclaje en España

España, aunque sin minas de litio en explotación comercial, demuestra su compromiso con la economía circular a través de iniciativas concretas. Por ejemplo, están las plantas de A.3 Aprofitament Assessorament Ambiental en Granollers (Barcelona) y Novolitio en León –con una capacidad de reciclaje estimada de hasta 25 000 toneladas anuales–, o la iniciativa BeeCycle en Navarra.

Por otro lado, el interés de gigantes en el sector, como la empresa china Tianneng, que tiene prevista la implantación de una planta local en Jaén, pone de manifiesto el gran potencial industrial y estratégico de España.

La reutilización de las baterías es otra solución estratégica, ya que darles una segunda aplicación al final de su vida útil puede reducir las emisiones de carbono en 56 millones de toneladas para 2050, según un estudio reciente liderado por la Universidad de Münster (Alemania).

China lleva la delantera

Según un artículo de 2023, solo un reducido número de países tiene empresas capaces de gestionar el ciclo completo del reciclaje, incluyendo recogida, desmontaje y procesado químico y mecánico.

Dos operarios supervisan una gran batería.
Mantenimiento de baterías.
Washburn HM/Shutterstock

Actualmente, China lidera el sector, mientras Europa y Estados Unidos invierten en la ampliación de infraestructuras. En Europa, se reciclan aproximadamente 50 000 toneladas de baterías usadas al año y se estima que, para 2030, alcance una capacidad de unas 420 000 toneladas anuales.

Retos por delante

El proceso de reciclaje presenta importantes desafíos, como las bajas tasas de recolección, los altos costos de transporte y los posibles problemas de seguridad. Este último aspecto se ha puesto de manifiesto por los incidentes ocurridos recientemente en las plantas de reciclado de baterías de Sant Julià de Llor (Girona), el pasado mes de abril, y Azuqueca de Henares (Guadalajara), en julio.

Otro desafío es la baja tasa de reciclaje: solo se da una segunda vida al 12 % de las baterías en el mundo. Esto se debe principalmente a tres factores: la complejidad química de las baterías, la falta de infraestructura y personal técnico cualificado y la ausencia de normativas claras sobre actores y responsabilidades en el reciclaje.

Además, el transporte de las baterías hasta las plantas de reciclaje impacta directamente en la viabilidad económica del proceso y puede suponer más de un 70 % del coste total.

De este modo, diversos estudios ponen de manifiesto que la viabilidad económica se alcanza en aquellos supuestos donde el punto de recolección de las baterías y las plantas de reciclado se encuentran dentro del mismo país.

El reciclaje incluye desde la recogida y desmontaje hasta la separación de materiales críticos.
Pedro Jesús Navarrete.

Hacia una economía circular avanzada

Para superar estos retos, Europa está impulsando activamente la innovación y una sólida política regulatoria. El Reglamento de Baterías de la UE (2023) fija los objetivos de reciclaje y exige un contenido mínimo de componentes reciclados en las baterías.

La tecnología también está evolucionando, con investigaciones centradas en el reciclaje directo, que permite preservar la estructura de la batería a la vez que reduce el coste energético y la complejidad del proceso. Además, la robotización minimiza riesgos y dependencia del trabajo manual.

Otra innovación clave es el pasaporte digital de baterías, que permitirá rastrear cada una con datos de composición, origen e historial. Esto facilitará enormemente los procesos de reutilización y reciclaje al final de su vida útil.

Manos a la obra

Proyectos europeos como BeyondBattRec, RESTORE y RECYCALYSE, buscan desarrollar procesos de reciclaje más sostenibles y rentables.

Así, BeyondBattRec, con la participación de socios españoles como la Universidad de Jaén y Andaltec, aspira a recuperar hasta un 95 % de materiales críticos y a reducir las emisiones de CO₂ del proceso en un 50 %.

Por su parte, RESTORE –liderado por la fundación LEITAT, con participación de las empresas españolas Toratecnica SLU, Indumental Recycling SA y Dlyte Chemicals– tiene como objetivo revolucionar la gestión de los residuos procedentes de baterías al final de su vida útil.

Complementando este esfuerzo, el proyecto RECYCALYSE se enfoca en perfeccionar un sistema de circuito completamente cerrado que recupere y reutilice los materiales directamente, con la empresa española Sustainable Innovations como socio.

Aunque afronta retos significativos, el reciclaje de baterías es clave para la autonomía tecnológica de Europa y España. Con iniciativas locales, regulación ambiciosa y nuevas tecnologías, el desafío se convierte en oportunidad: no basta con extraer, hay que recuperar y reutilizar lo ya consumido para garantizar una transición energética y un futuro más sostenibles.

The Conversation

Pedro J. Navarrete desarrolla su labor como investigador en el proyecto BeyondBattRec, referido en este artículo. Esta vinculación no ha condicionado el contenido, que refleja exclusivamente su propio análisis y opinión.

Antonio Peñas Sanjuán es investigador en el proyecto BeyondBattRec, referido en este artículo. Esta vinculación no ha condicionado el contenido, que refleja exclusivamente su propio análisis y opinión

ref. Solo una de cada diez se recicla: el reto de introducir las baterías de litio en la economía circular – https://theconversation.com/solo-una-de-cada-diez-se-recicla-el-reto-de-introducir-las-baterias-de-litio-en-la-economia-circular-264506

De inmóviles, nada: estas son las plantas más veloces

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Luis Acebes Arranz, Catedrático de Fisiología Vegetal, Universidad de León

Las veloces trampas de _Dionaea muscipula_. Tippitiwichet/Wikimedia Commons, CC BY-NC

“Ser vivo autótrofo y fotosintético, cuyas células poseen pared compuesta principalmente de celulosa y carece de capacidad locomotora”. Es la definición de planta que nos da la RAE. Quizá, esto podría llevarnos a pensar que están condenadas a no cambiar de lugar o posición. Pero nada más lejos de la realidad.

Hace ya casi siglo y medio (en 1880), Charles Darwin y su hijo Francis se interesaron por el tema y publicaron El poder del movimiento de las plantas. Hoy en día se reconocen numerosos movimientos en el mundo de las plantas, y muchos de ellos figuran en los libros de texto de Biología. Entre ellos, destacan el repliegue de los foliolos –hojuelas que forman parte de una hoja compuesta– de las mimosas, que se produce en el orden de un segundo, o el cierre de la trampa de la atrapamoscas –Dionaea muscipula–, que tarda en dispararse entre 0,1 y 0,3 segundos.

Humano provoca el cierre de los foliolos (cada una de las hojitas que forma una hoja compuesta) de la mimosa.
University of Oxford Botanic Garden and Arboretum, CC BY-NC
Drosera glanduligera o hierba del rocío, una de las plantas carnívoras más veloces.
Wikimedia Commons., CC BY

Más rápidos aún son los desplazamientos de los tentáculos de otra planta carnívora, la hierba del rocío o Drosera glanduligera, que vive en Australia y actúa en apenas 75 milisegundos.

Invisibles al ojo humano

Estos ejemplos, aun siendo tan rápidos, pueden ser percibidos sin dificultad por el ojo humano, capaz de detectar cambios en el entorno a partir de los 15 milisegundos (nuestra percepción se sitúa entre 30 y 60 fotogramas por segundo).

Sin embargo, hay ciertos movimientos vegetales que no podemos percibir en el momento exacto en el que se activan, ya que suceden por debajo de ese umbral de percepción humano: en menos de 10 milisegundos.

Un buen exponente es el lanzamiento de polen en especies como la morera (Morus alba) –la misma con la que alimentamos a los gusanos de seda–, que expulsa su polen en apenas 25 microsegundos. Esto supone una velocidad cercana a los 560 km/h.

También es extremadamente rápido el disparo del polen del cornejo canadiense (Cornus canadensis), un arbusto de Norteamérica y el este de Asia, que tiene lugar en menos de 5 milisegundos.

Lanzamiento de polen de Cornus canadensis. Alejandro Acosta, J. Edwards, Marta Laskowski and D. Whitaker.

Cazadoras veloces

También se accionan a una velocidad sorprendente las trampas de algunas plantas carnívoras acuáticas, con las que capturan pequeños animales del tipo de las pulgas de agua. Aquí se llevan la palma la Utricularia sp_, que se cierra en entre 300 y 700 microsegundos, y Aldrovanda vesiculosa, que solo necesita entre 10 y 20 milisegundos.

Además, se han descrito mecanismos explosivos de dispersión de semillas como los del pepinillo del diablo (Ecballium elaterium) y la balsamina del Himalaya (Impatiens glandulifera), que las disparan en apenas 2 milisegundos.

La defensa del tomate

Recientemente, científicos de la Universidad de Ámsterdam han descrito un movimiento más rápido aún, relacionado esta vez con la defensa frente a insectos. Lo han encontrado en una planta tan familiar como el tomate, en la que, cuando la miramos a contraluz, se aprecian multitud de pelos finos llamados tricomas. Algunos son muy largos e impiden el “aterrizaje” de muchos insectos, pero otros de tamaño mucho menor tienen funciones sorprendentes. Entre ellos, están los tricomas glandulares de tipo VI, que constan de un tallo, una célula del cuello y una cabeza glandular compuesta por cuatro células.

Epidermis del tallo de la planta de tomate (Solanum lycopersicum).
Lucía López López.
Una ninfa de trips rompe algunos tricomas tipo VI de la planta de tomate.
Jared Popowski, Lucas Warma, Alicia Abarca Cifuentes, Petra Bleeker, Maziyar Jalaal, Glandular trichome rupture in tomato plants is an ultra-fast and sensitive defense mechanism against insects, Journal of Experimental Botany, 2025.

Cuando esta cabeza pierde su integridad –por ejemplo, al ser tocada por un insecto diminuto–, libera el fluido que contiene en menos de un milisegundo. Este líquido es pegajoso y se adhiere al cuerpo del insecto, inmovilizándolo hasta provocar su muerte. Y es que, aunque no se desplacen, en las plantas la velocidad también puede ser cuestión de vida o muerte.

Los 10 movimientos más rápidos en plantas

Ranking de los movimientos más rápidos reportados en las plantas. En fondo amarillo aquellos movimientos que están por debajo del límite de detección del ojo humano.
Authors provided, CC BY-NC

Este artículo se benefició de la participación de Lucía López López en la aportación de la fotografía y en la búsqueda y revisión del texto y los materiales.


The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. De inmóviles, nada: estas son las plantas más veloces – https://theconversation.com/de-inmoviles-nada-estas-son-las-plantas-mas-veloces-262153

¿Qué pasaría si dejásemos de recibir imágenes de Gaza?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Olga Cruz Moya, Profesora titular de universidad, área de Lengua española, Universidad Pablo de Olavide

Gazatíes desplazados a las escuelas de UNRWA de Khan Yunis desde Ciudad de Gaza, siguiendo las órdenes del ejército israelí en preparación para una operación y ocupación terrestre, el 7 de septiembre de 2025. Anas-Mohammed/Shutterstock

El pasado 1 de septiembre, la ONG Reporteros sin Fronteras publicó un informe que comenzaba con una frase estremecedora: “Si el Ejército israelí sigue asesinando periodistas a este ritmo, pronto no quedará ninguno en Gaza para informarte”.

Declaración de Reporteros sin Fronteras (1 de septiembre de 2025).
Declaración de la ONG Reporteros sin Fronteras del 1 de septiembre de 2025.
Reporteros sin Fronteras

Días después, la Franja sufrió un corte de comunicaciones que la mantuvo aislada durante más de 24 horas. De no haberse restablecido, desde fuera nos hubiésemos quedado sin imágenes de lo que sucede dentro (Israel prohíbe el acceso a periodistas internacionales; los únicos que están sobre el terreno son los gazatíes).

Y ¿qué consecuencias tiene que dejemos de recibir noticias sobre acontecimientos que implican la pérdida violenta de vidas humanas, como guerras, catástrofes humanitarias o masacres genocidas como la actual?

En la era de la información global, que un conflicto lejano como el de Gaza tenga relevancia en la agenda informativa depende de una compleja cadena de decisiones editoriales. Desde la perspectiva de análisis crítico del discurso, poder-decir es una forma de poder simbólico que se manifiesta en la capacidad de definir la realidad que se expone en el espacio público, lo que influye directamente en la conformación de la opinión pública o el consenso social.

Los medios son nuestras ventanas al mundo

El papel de los medios resulta crucial en todo aquello que queda más allá de la experiencia directa de las personas. Seleccionar lo que se considera noticia implica, necesariamente, silenciar otros hechos. Los criterios de publicación suelen priorizar la imprevisibilidad, lo inusual, la “convulsión informativa” y las situaciones de urgencia.

Este sesgo favorece una cobertura intensiva y circunstancial, pero efímera: las crisis humanitarias irrumpen con fuerza en la agenda mediática durante sus momentos más dramáticos, pero rara vez se sostienen en el tiempo. La atención inicial contrasta con el olvido posterior, lo que debilita la comprensión de las consecuencias a largo plazo.

En el caso de un conflicto prolongado, como el palestino-israelí, cobra especial relevancia el recuerdo mediático, entendido como el proceso mediante el cual la prensa reactualiza episodios pasados, construyendo una memoria compartida que legitima actores y orienta la percepción pública. Así, los medios no solo registran hechos: también sedimentan visiones que configuran el imaginario colectivo.

La importancia de la imagen y el riesgo de saturación

Las imágenes transmitidas desde zonas en conflicto permiten dimensionar la destrucción y el sufrimiento humano, despertando empatía, reacción ciudadana e incluso presión política sobre los gobiernos. Sin embargo, en muchos casos, los medios privilegian el impacto visual por encima de la explicación o el análisis. La televisión, en particular, tiende a conmover antes que a contextualizar, movilizando emociones inmediatas más que comprensión crítica.

En lugar de explicar, informar, educar o analizar, a menudo se busca sacudir al espectador por motivos fundamentalmente humanos y psicológicos, pero también de mero espectáculo. Así sucedió con la retransmisión de la primera guerra de Irak. La prensa puede dar margen a la reflexión y la profundidad, pero la televisión establece el puente hacia los sentimientos, la emoción y la subjetividad.

Imagen de diferentes mujeres con bebés en brazos.
Mujeres con niños con desnutrición en la clínica ambulatoria del Hospital Nasser en Khan Yunis, al sur de la Franja de Gaza, el 13 de septiembre de 2025.
Anas-Mohammed/Shutterstock

Como señaló el filósofo francés Roland Barthes, la imagen funciona como un anclaje semiótico que otorga prueba y densidad al discurso. En España, diversos estudios muestran que la violencia televisada intensifica la implicación moral cuando las víctimas se presentan como cercanas y humanizadas. Pero la abundancia de imágenes puede tener el efecto contrario: la llamada “fatiga compasiva” transforma la tragedia en un espectáculo rutinario, incapaz ya de conmover ni movilizar.

El peso del relato

La manera en la que se describen las crisis no es casual. La información se elabora según una estructura en torno a un “molde” o marco interpretativo (framing) preestablecido que condiciona la interpretación de los hechos.

En los picos de atención mediática, el énfasis suele recaer en el despliegue armamentístico y el sufrimiento de los civiles, mientras se silencian las raíces de los conflictos, de carácter político y económico. Las estrategias discursivas importan: las representaciones personalizadas y humanizadas favorecen la empatía, mientras que las metáforas deshumanizadoras o expresiones connotadas negativamente refuerzan estereotipos y limitan la compasión.

En el caso palestino-israelí, la prensa española ha mostrado una atención intermitente en estos últimos setenta años, recurriendo a denominaciones que fluctúan entre la amplificación y la minimización de estos episodios: “conflicto”, “oleada de ataques”, “espiral de violencia”, “escalada de tensión”, “terrorismo”, “intifada”. Cada elección léxica moldea la forma en que el público percibe la magnitud y legitimidad de los hechos.

Un hombre camina por una calle llena de escombros.
Destrucción en Hamad City, en Khan Yunis, al sur de la Franja de Gaza.
Mohammad Abu Elsebah/Shutterstock

Matar al mensajero: censura, bloqueo y desinformación

La información en contextos de guerra es también un campo de disputa política. Gobiernos y actores en conflicto buscan controlar el flujo de imágenes o manipular narrativas para justificar sus acciones o evitar el descrédito internacional. Esto queda claramente ejemplificado en el hecho de que los periodistas internacionales no puedan acceder a Gaza. La censura y la desinformación niegan a la ciudadanía la posibilidad de formarse una opinión crítica, debilitando los pilares democráticos y desmovilizando la solidaridad internacional.

En el ecosistema digital, además, la lógica algorítmica y la circulación acrítica de fuentes multiplican la fragmentación y la distorsión de los hechos. La verificación periodística y la autorregulación profesional se vuelven, por ello, herramientas imprescindibles para contrarrestar la manipulación interesada y la polarización.

Ojos que no ven…

Dejar de recibir imágenes de Gaza no implica únicamente ignorar lo que ocurre: supone perder los marcos discursivos que sostienen la memoria social y la empatía ciudadana. Cortar las comunicaciones es cortar narrativas, y sin narrativas se debilitan tanto la solidaridad como la rendición de cuentas en la esfera internacional. Y también significa darles la espalda a los periodistas que han muerto para que el mundo pueda ver lo que allí sucede.

The Conversation

Olga Cruz Moya no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué pasaría si dejásemos de recibir imágenes de Gaza? – https://theconversation.com/que-pasaria-si-dejasemos-de-recibir-imagenes-de-gaza-265721

Marie Antoinette Style at the V&A is a rare opportunity to see what survives of the queen’s closet

Source: The Conversation – UK – By Serena Dyer, Associate Professor, Fashion History, De Montfort University

Marie Antoinette (1755 to 1793) is a cultural icon of monumental proportions. She was the last queen of France before the brutal and bloody French Revolution, and her life was ended by the revolutionaries’ guillotine blade.

Her legacy courses through the visual language of music videos, fashion catwalks and drag shows. Even the shapes and styles behind the current corset trend, popularised by the show Bridgerton, owe more to the era of the French queen than to the Netflix regency romp.

Yet, standing in front of a single, gently worn, and very small shoe at the Victoria and Albert Museum’s latest exhibition, Marie Antoinette Style, the French queen suddenly feels as fragile and little as the brittle silk of her surviving heeled pump.




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Bridgerton – how period dramas made audiences hate the corset


It is the tender fragility of the teenage queen that first greets visitors. The 16-year-old Dauphine smiles coyly in an animated version of Joseph-Siffred Duplessis’s 1772 portrait of the future queen. She is strikingly innocent, entirely oblivious to the tumultuous years which would define her legacy. It is a poignant moment for all who are aware of her tragic fate.

Joyful and incandescent youthfulness thrums from the first few spaces of the exhibition. A glittering mirrored hall filled with some of the most spectacular gowns of the period pulses with magical energy as a ball in Versailles’s hall of mirrors. The gowns that the visitor encounters, like the wedding ensemble of fellow European royal bride, Duchess Hedvig Elisabeth Charlotta, are tiny.

This is not, as many visitors may mumble, because everyone in the past was small (they were not), but because this was a court of teenage royals.

The garments chosen are a spectacular array of pastels, representing the diversity and complexity of styles worn at the French court. But these glistening, dazzling garments pale in comparison to the fragments of gowns which possibly once belonged to Marie Antoinette herself. Other than the shoes, a shift (the linen underwear worn closest to the skin) and a smattering of accessories, very few of Marie Antoinette’s own garments survive.

The revolutionaries who oversaw her downfall and execution in 1793 attempted to destroy her vast wardrobe. So fragments like the ivory silk one, encrusted with silver spangles, gems, velvet and metal embroidery are incredibly exciting. The scars of stitching from its former life as a court gown tantalisingly hint at how it might have formed the sweeping front section of a gown’s skirts.

The exhibition confidently places Marie Antoinette not as an exuberant and frivolous monarch, as she is so often seen, but as an intentional, frequently playful, and decidedly modern patron of the arts. Aside from the gowns, there is furniture, porcelain, jewellery, theatre props and some of the most recognisable and iconic portraits of the infamous French queen – many of which have never travelled to the UK before. It is in this section that the fervour of her celebrity becomes apparent.




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There is a bowl supposedly modelled after Marie Antoinette’s breast, complete with nipple, and which it is said is the origin of the coupe glass. There are also an astonishing amount of diamonds, including a copy of the jewels from the infamous affair of the diamond necklace. This audacious con saw a cardinal and a self proclaimed Comtesse steal a priceless necklace while posing as Marie Antoinette. Despite the Queen’s innocence, her reputation is ruined.

It is here that the darker side of her reign also begins to trickle into the exhibition. Her expenses were nowhere near as detrimental to the French economy as her husband’s warmongering, but Antoinette’s very visible and enviably luxurious life earned her the moniker of Madame Déficit. She became an easy target for an angry and starving population, who began to vilify her, depicting her as a harpy and falsely accusing her of torrid affairs.

This insidious shift is cleverly woven into the exhibition narrative. For instance, there is an opportunity for visitors to smell samples of the scents from the court by sniffing perfumed busts of the Queen’s head. Visitors enjoying the scents are then suddenly assaulted with the stench of her impending prison cell.

Marie Antoinette was not oblivious to the rising revolutionary tide. That innocent girl that we met at the start had grown into a sympathetic queen. She recycled her garments, gifting them to her staff, she adopted and released enslaved children, she gave endlessly to charities and turned down gifts which she felt were too extravagant.

And while her luxury consumption looked extravagant, her patronage was essential to the success of French industry. When she stopped wearing silks and turned her attention to simple cotton gowns, for instance, the silk weavers rioted. She was never going to win.

Despite these warning signs, it is impossible to prepare for the next space. The dominance of pastel pinks and greens is quickly supplanted by a deep, blood red. A blade from a guillotine dominates the space cut a few words of repetition here. But her death is not the end.

The remaining rooms celebrate her enduring appeal across art, culture and fashion. She was a fancy dress costume within decades of her death, and by the 20th century cinematic portrayals like Norma Shearer’s 1938 portrayal of the Queen cemented her pop culture position. But her legacy, fraught with misogynistic myth-making and uncomfortable stereotypes, gets lost in a celebratory atmosphere.

It is undeniable that her cultural significance is massive. But so many of the visual signals designers nod to are just as false as the fake news generated during her fall from grace. For instance, the tall white wigs are a Hollywood invention. Marie Antoinette always wore her own, natural blonde hair pristinely pomaded and powdered.

It is disappointing that, while the myth-making from her lifetime is robustly challenged in the exhibition, the perpetuation of those myths in artistic responses to her legacy were largely overlooked. In this section, the fashion of John Galliano or costumes from the 2006 Sophia Coppola film or Hulu’s The Great, while wonderful to see, lacked the deeper critical engagement of the early sections of the exhibition.

The exhibition is a visual treat, and the opportunity to see rarely displayed objects make it a must see. But the imagined Marie Antoinette we leave at the end of the exhibition is a far cry from the real young woman that smiled shyly as we entered. Marie Antoinette may be immortalised in the cultural imagination, but I am not convinced she would recognise herself.


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The Conversation

Serena Dyer does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Marie Antoinette Style at the V&A is a rare opportunity to see what survives of the queen’s closet – https://theconversation.com/marie-antoinette-style-at-the-vanda-is-a-rare-opportunity-to-see-what-survives-of-the-queens-closet-265700