Dodo 2.0 : à quel point sommes-nous proches du retour de cet oiseau disparu ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Timothy Hearn, Lecturer, University of Cambridge; Anglia Ruskin University

Peut-on vraiment faire revenir le dodo ? Colossal Biosciences s’en rapproche grâce à l’édition génétique, mais le projet se heurte à d’énormes défis scientifiques et écologiques.


La société américaine de biotechnologie Colossal Biosciences affirme être enfin parvenue à maintenir en vie, suffisamment longtemps en laboratoire, des cellules de pigeon pour pouvoir en modifier l’ADN – une étape cruciale vers son rêve de recréer le dodo.

L’entreprise a réussi à cultiver des « cellules germinales primordiales » – des cellules embryonnaires précoces – provenant de pigeons de Nicobar, les plus proches parents vivants du dodo, et à les faire vivre pendant plusieurs semaines d’affilée. C’est une avancée que les spécialistes de la génétique des oiseaux poursuivent depuis plus de dix ans. Mais la véritable valeur de cette percée réside dans son potentiel à protéger des espèces encore existantes.

Des recherches sur le poulet

Selon Colossal Biosciences, ces cellules, une fois modifiées, pourraient être introduites dans des embryons de poulets eux-mêmes édités génétiquement, transformant ces derniers en mères porteuses pour des oiseaux disparus depuis plus de trois siècles. Cette percée s’accompagne d’un calendrier audacieux. Ben Lamm, le directeur général de Colossal Biosciences, affirme que les premiers « néo-dodos » pourraient éclore d’ici cinq à sept ans.

Il évoque aussi un objectif à plus long terme : relâcher plusieurs milliers d’oiseaux sur des sites de l’île Maurice protégés de tout prédateur, là même où vivaient les dodos avant leur disparition. Cette promesse a contribué à faire grimper la valorisation de la start-up au-delà de dix milliards de dollars, selon le site de l’entreprise.

Presque tout ce que l’on sait sur l’édition génétique des oiseaux vient des recherches menées sur le poulet, dont les cellules germinales – à l’origine des spermatozoïdes et des ovules – se développent sans difficulté dans des cultures de laboratoire classiques. Les cellules de pigeon, elles, meurent généralement en quelques heures en dehors de leur organisme.

Colossal Biosciences affirme avoir testé plus de 300 combinaisons de facteurs de croissance – des substances qui stimulent la multiplication cellulaire – avant d’en trouver une réellement efficace. Ces cellules peuvent désormais être chargées de fragments d’ADN reconstitués et d’interrupteurs moléculaires contrôlant la forme du crâne, la taille des ailes et la masse corporelle.

Des zones manquantes

Si les modifications prennent, ces cellules altérées migreront vers les ovaires ou les testicules d’un embryon de poulet encore à un stade précoce de développement, de sorte que l’animal adulte pondra des œufs ou produira du sperme porteur du génome modifié.

Ce procédé pourrait donner naissance à un oiseau qui ressemble à un dodo, mais la génétique ne raconte qu’une partie de l’histoire. Le génome du dodo a été reconstitué à partir d’os et de plumes conservés dans des musées, et les zones manquantes ont été comblées avec de l’ADN de pigeon ordinaire.

Parce que l’espèce est éteinte et ne peut plus être étudiée, on ignore encore largement les gènes impliqués dans son comportement, son métabolisme ou ses défenses immunitaires. Reconstituer les régions connues de son ADN, lettre par lettre, nécessiterait des centaines de modifications distinctes. Le travail à accomplir serait d’une ampleur sans précédent, bien au-delà de tout ce qui a été tenté dans les programmes de sélection agricole ou de recherche biomédicale, même si Colossal Biosciences semble prête à investir massivement pour y parvenir.

Squelette de dodo exposé, avec un enfant en arrière-plan
Squelette de dodo.
Lobachad/Shutterstock

Reste aussi la question du poulet porteur. Un œuf de poule pèse bien moins qu’un œuf de dodo. Dans les collections muséales, il n’existe qu’un seul œuf de dodo connu, d’une taille comparable à celle d’un œuf d’autruche. Même si un embryon parvenait à survivre aux premiers stades, il dépasserait rapidement la taille de la coquille et devrait éclore avant d’être complètement formé – comme un prématuré nécessitant des soins intensifs. Le poussin devrait donc recevoir une surveillance et des soins constants pour atteindre le poids historique du dodo, estimé entre 10 et 20 kilos.

« Remplacement fonctionnel »

Des poules « génétiquement réinitialisées », modifiées par édition du génome, ont déjà pondu avec succès des œufs appartenant à des races rares de poulets, démontrant que la gestation croisée par cellules germinales fonctionne en principe. Mais appliquer cette technique à une espèce disparue et de taille bien supérieure reste totalement inédit.

C’est pour ces raisons que de nombreux biologistes préfèrent parler de « remplacement fonctionnel » plutôt que de « désextinction ». Ce qui pourrait éclore serait un hybride : principalement un pigeon de Nicobar, enrichi de fragments d’ADN de dodo et incubé dans un œuf de poule. Mais parler de résurrection relève davantage du marketing que de la science.

Les promesses et la réalité

La tension entre promesse et réalité a marqué les précédents projets de Colossal Biosciences. Les loups sinistres (Aenocyon dirus) présentés en août 2025 se sont révélés être des clones de loups gris avec quelques modifications génétiques. Des experts en conservation ont averti que ce type d’annonces peut inciter la société à considérer l’extinction comme réversible, réduisant ainsi le sentiment d’urgence à protéger les espèces menacées.

Malgré tout, la percée réalisée sur les pigeons pourrait profiter aux espèces encore vivantes. Environ un oiseau sur huit est aujourd’hui menacé d’extinction, selon l’évaluation mondiale de 2022 de BirdLife International. La culture de cellules germinales offre un moyen de préserver la diversité génétique sans avoir à maintenir d’immenses populations captives, et éventuellement de réintroduire cette diversité dans la nature.

Si la technique s’avère sûre chez les pigeons, elle pourrait aider à sauver des oiseaux en danger critique, comme l’aigle des Philippines ou le perroquet à ventre orange d’Australie. La population sauvage de ce dernier ne compte plus qu’environ 70 individus et avait même chuté à seulement 16 en 2016.

Une porte-parole de Colossal Biosciences a déclaré que l’entreprise respecte ses jalons scientifiques, mais que l’obtention d’éléphants mères porteuses et de cellule-œuf appropriés pour leur projet de mammouth laineux « implique une logistique complexe échappant à notre contrôle direct » et que « nous accordons la priorité au bien-être animal, ce qui signifie que nous ne précipitons aucune étape cruciale ».

Elle a ajouté que, selon les recherches de l’entreprise, les travaux de désextinction accentuent au contraire l’urgence de protéger les espèces menacées. « L’important, c’est que nous ne remplaçons pas les efforts de conservation existants, nous y ajoutons de nouvelles ressources et renforçons l’implication du public », a-t-elle précisé.

Un dodo irrécupérable

« Notre travail apporte des financements entièrement nouveaux à la conservation, provenant de sources qui n’investissaient pas auparavant dans la protection de la biodiversité. Nous avons ainsi attiré plusieurs centaines de millions de dollars de capitaux privés qui n’auraient autrement pas été consacrés à des projets de conservation. De plus, les outils génétiques que nous développons pour la désextinction sont déjà utilisés aujourd’hui pour aider des espèces menacées. »

Pour qu’un retour d’oiseaux proches du dodo soit possible sur l’île Maurice, il faut d’abord qu’y soit réunies les conditions fondamentales pour leur conservation. Il sera nécessaire d’éradiquer les rats, qui s’attaquaient aux dodos, de contrôler les populations de singes et de restaurer la forêt. Ces actions demandent des financements et l’adhésion des populations locales, mais elles bénéficient immédiatement à la faune encore présente. Colossal Biosciences devra respecter son engagement envers une gestion écologique durable.

Mais, au sens strict, le dodo du XVIIe siècle est irrécupérable. Ce que le monde pourrait voir d’ici à 2030 n’est qu’une expérience vivante, illustrant les avancées de l’édition génétique. L’intérêt de cet oiseau ne résidera pas dans la convocation du passé mais dans sa capacité à aider les espèces actuelles à ne pas connaître le destin du dodo.

The Conversation

Timothy Hearn ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Dodo 2.0 : à quel point sommes-nous proches du retour de cet oiseau disparu ? – https://theconversation.com/dodo-2-0-a-quel-point-sommes-nous-proches-du-retour-de-cet-oiseau-disparu-266611

South Africans who blow the whistle face retaliation and murder: their stories over five decades

Source: The Conversation – Africa (2) – By Ugljesa Radulovic, Senior Postdoctoral Research Fellow, University of Johannesburg

South Africa’s long history of wrongdoing spans from Willem Adriaan van der Stel’s days of running a corrupt trading monopoly to present-day South Africa. Van der Stel was the second Governor of the Cape Dutch Colony, from 1699 to his removal in 1707.

Whistleblowers have been at the core of exposing these instances of corruption.

Public whistleblowing was rare under apartheid (1948-1994). But with the transition to democracy, the reporting of wrongdoing increased. This can largely be attributed to a new constitution that caters for all the country’s citizens, and new laws that reinforced their rights.

One such law is the Protected Disclosures Act No. 26 of 2000, amended by way of the Protected Disclosures Amendment Act No. 5 of 2017. The law was designed to protect individuals who expose perceived wrongdoing to an authority that has the capacity to remedy the wrongdoing.

Yet, it has offered inadequate protection. South African whistleblowers have been overwhelmingly subjected to reprisals – from murder to social, work-related, and legal retaliation.

Our academic expertise is concerned with exploring the experiences of whistleblowers in South Africa, and making meaning of their plight.

In a recently published paper we give an account of the stories of a selection of whistleblowers spanning five decades. We selected a few stories that have set precedents in South Africa.

These cases offer only a glimpse into the experiences of South African whistleblowers. But what is clear is that, by fulfilling their public duty, they place themselves at great personal risk.

Adam Klein

Adam Klein was one of the rare whistleblowers who made a disclosure under apartheid rule. In 1980, Klein, a prosecutor in the Bantu Commissioner’s Court, refused to prosecute five black men under the pass regulations. These were a cornerstone of apartheid legislation, serving as an internal passport system to restrict the movement of non-whites and thus racially segregate the country.

Klein immediately faced retaliation. He was arrested under trumped-up charges, faced threats to his physical well-being and became subjected to surveillance.

He then made a public disclosure to the Sunday Times newspaper, exposing severe abuses at the Pretoria Bantu Commissioner’s Court. The disclosure revealed the inhumane nature of the pass laws, like detention of black people who failed to produce passes.

Klein faced further backlash and had to temporarily relocate to Namibia for his safety. On his return to South Africa, he continued to be subjected to surveillance and interrogation. He passed away in 2011, unacknowledged and without posthumous recognition.

Andries Jacobs

Andries Jacobs, an inspector at the Gauteng Provincial Traffic Department in the town of Benoni, would become known as the whistleblower who exposed police dogs being set on migrants. In January 1998, Jacobs recorded six policemen, who were part of the North East Rand Police dog unit, inciting their dogs to attack Mozambican migrants. Jacobs submitted the bombshell video footage to the Police Commissioner, the Minister for Safety and Security, and the South African Broadcasting Corporation.

The six police officers were eventually arrested in November 2000, nearly a full three years after the incident occurred. On the day of their arrest, the video footage was broadcast on national television. The policemen were charged and received prison sentences of four to five years.

Yet, Jacobs was suspended from work two days after the policemen were arrested. After eventually returning to work, he had to spend a year in the witness protection programme. Jacobs never returned to his original work duties, having not received a duty roster or any equipment to fulfil his role obligations.

Jacobs eventually faced dismissal for the unauthorised use of a video camera to record the “police training exercises”. By 2005, his life had been significantly strained. He received death threats, eventually leading to ongoing stress and a divorce.

Tatolo Setlai

One of the landmark cases of disclosure following the implementation of the Protected Disclosures Act in 2000 is that of Tatolo Setlai. In 2001, the Jali Commission of Inquiry revealed widespread corruption in South Africa’s prisons. Setlai, the head of Grootvlei Prison in Bloemfontein, permitted four prisoners to secretly record prison officials engaging in illegal acts – selling a loaded firearm, drugs, and alcohol; and facilitating the sexual exploitation of a juvenile.

This footage was broadcast on national television. The Department of Correctional Services did not adequately address the disclosure. Rather it subjected Setlai to victimisation and harassment. He faced trumped-up charges and was at the mercy of bogus disciplinary hearings.

Setlai was dismissed but eventually returned to his position after an arduous process with his employer at the Labour Court.

‘Stan’ and ‘John’

Under Jacob Zuma’s presidency (2009-2018), South Africa graduated from “ordinary” corruption. Private firms and individuals exploited corrupt public officials to manipulate key state structures for their personal benefit, and this would come to be understood as state capture.

Much of what was detailed during this time was the result of whistleblowers’ disclosures. Two anonymous whistleblowers, “Stan” and “John”, furnished landmark evidence to support the state capture allegations. They provided Brian Currin, a human rights lawyer, with hard drives containing hundreds of thousands of emails that detailed the nefarious relationship between the Gupta family, the Zuma family, ministers, and heads of state-owned enterprises. The Gupta family – three influential siblings and businessmen originating from India – were fingered as the key drivers behind state capture.

Stan and John’s disclosure became known as the Gupta Leaks. They were used as official evidence at the Zondo Commission of Inquiry into State Capture.

The two Gupta Leaks whistleblowers remain anonymous and have relocated abroad for their physical safety.

Paying with their lives

A number of whistleblowers have lost their lives as a consequence of disclosure.

Jimmy Mohlala, the Speaker of the Mbombela Municipality, was murdered in front of his home after he exposed tender irregularities related to the construction of the Mbombela Stadium for the 2010 FIFA World Cup. His son was injured in the attack.

Moss Phakoe, an African National Congress municipal councillor since 2002, was also shot in front of his home. He and a colleague compiled a dossier that exposed corruption in the Bojanala Platinum District Municipality. Phakoe’s report implicated the former mayor of Bojanala, who was convicted of the murder. The conviction was later overturned as several state witnesses retracted their testimonies.

The murder of Babita Deokaran, Acting Chief Financial Officer of the Gauteng Department of Health at the time of her death, attracted nationwide attention. She had uncovered extensive corruption in the Department and submitted evidence of this to the relevant authorities. She would later investigate corruption related to the procurement of personal protective equipment during the COVID pandemic.

Deokaran was on the brink of making a disclosure pertaining to the COVID-related corruption when assassins shot her after she dropped her child off at school. Six hitmen were arrested for the assassination, but the mastermind remains at large.

Lessons

The frequency and severity of retaliation against South African whistleblowers is alarming.

We conclude from our analysis that the problem resides in a failure of the government to recognise the dire situation South African whistleblowers find themselves in, compounded by lacklustre whistleblower protection legislation.

There has, however, been a signal of intent (and some action) in wanting to reinforce (or rebuild) South Africa’s whistleblower protection legislation.

But this has to be accompanied by political will to adequately implement the new legislation. There also has to be steadfast broader governmental sanctioning against those who do wrong.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. South Africans who blow the whistle face retaliation and murder: their stories over five decades – https://theconversation.com/south-africans-who-blow-the-whistle-face-retaliation-and-murder-their-stories-over-five-decades-266499

Le plan des botanistes pour enrayer le déclin des palmiers en Afrique

Source: The Conversation – in French – By Fred Stauffer, Curator, Conservatoire et Jardin botaniques de Genève (CJBG)

Les palmiers embellissent les paysages africains, des déserts jusqu’aux forêts tropicales. L’Afrique centrale en possède la plus grande variété, avec 52 espèces, tandis que l’Afrique occidentale en compte 38 et l’Afrique orientale 18. Ils font partie d’une famille mondiale de 2 600 espèces de palmiers.

L’Afrique abrite relativement peu d’espèces de palmiers par rapport à d’autres régions tropicales du monde. Cependant, les palmiers jouent un rôle central dans la vie sociale et économique des populations du continent. Ils sont consommés comme aliments et boissons par les humains et les animaux, utilisés dans les soins de santé et la médecine, et transformés en matériaux de construction. Ils ont également une importance spirituelle et culturelle.




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Plusieurs études botaniques ont classé la famille des palmiers, avec celle des graminées et celle des légumineuses, parmi les groupes de plantes les plus importants sur le plan économique et culturel dans de nombreuses zones rurales du continent.

Nous sommes un groupe de botanistes du Bénin, de Côte d’Ivoire et de Suisse. Ensemble, nous avons accumulé plusieurs décennies d’expérience sur les palmiers africains. Nos recherches visent à élaborer des stratégies appropriées pour leur conservation et des moyens permettant aux communautés de les utiliser de manière durable.

Lors d’une récente conférence sur la flore africaine au Ghana, nous avons lancé un nouveau réseau panafricain destiné aux spécialistes des palmiers du continent afin d’étudier et de protéger les palmiers. Des chercheurs de Guinée, de Sierra Leone, du Nigeria, du Gabon, du Congo, d’Éthiopie et de Tanzanie ont décidé de s’impliquer dans des projets liés à la biologie, aux utilisations et à la conservation des palmiers.

Nous avons officiellement baptisé ce nouveau réseau Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers.




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Notre réseau place les palmiers au centre des projets de conservation. Cela est important car les palmiers africains disparaissent en raison de la déforestation, de la surexploitation et de la perte d’habitat induite par l’homme. Certains, comme Hyphaene guineensis ou Sclerosperma profizianum, sont rares. Leur extinction nuirait non seulement aux écosystèmes, mais aussi aux populations qui en dépendent.

Le Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers vise également à mettre en commun les compétences, à documenter les connaissances traditionnelles sur les palmiers et à former la prochaine génération d’experts en palmiers.

Le cycle de vie lent d’un arbre menacé

Si seules quelques espèces de palmiers en Afrique sont actuellement menacées d’extinction, la plupart sont aujourd’hui en déclin sur le continent. Le Ghana abrite le Sclerosperma profizianum, tandis que la Sierra Leone et le Liberia abritent plusieurs espèces d’Eremospatha particulièrement menacées.

Le palmier à huile (Elaeis guineensis), le palmier dattier (Phoenix dactylifera) et le cocotier (Cocos nucifera) sont cultivés, mais les autres espèces récoltées sont pour la plupart sauvages.

Même dans des conditions normales, la régénération naturelle des palmiers est lente. Les graines peuvent mettre des mois, voire des années, à germer, et les jeunes plants poussent également très lentement. Ils ont besoin de conditions très spécifiques pour se développer, telles qu’une température élevée et une humidité importante. Certaines espèces, comme les palmiers rotin, ont besoin de plusieurs décennies avant d’atteindre la taille nécessaire pour être exploitées.

C’est pourquoi l’un des principaux objectifs de notre recherche est de comprendre combien de temps il faut à chaque espèce pour germer et devenir exploitable de manière durable.

Les pièces manquantes du puzzle des palmiers

Elaeis guineensis (palmier à huile africain), Cocos nucifera (cocotier) et Phoenix dactylifera (palmier dattier) ont été largement étudiés car ils sont très utilisés dans l’alimentation et les cosmétiques.

Cependant, d’autres espèces de palmiers africains telles que le Borassus aethiopum (palmier éventail africain), le Raphia hookeri (palmier raphia), le Hyphaene compressa (palmier doum) ou le groupe des palmiers rotin (Laccosperma, Eremospatha, Calamus) restent peu documentés. Et ce, malgré leur utilisation pour l’amidon, les fibres, l’extraction de vin et les matériaux de construction, ainsi que dans les cultures locales. Les fruits du Borassus aethiopum, par exemple, sont comestibles et ce palmier est exploité pour son vin, mais des techniques d’exploitation non durables pourraient le mettre en danger.

Dans l’ensemble, les scientifiques ne comprennent toujours pas pleinement la diversité des palmiers africains, leur répartition dans différents paysages ou leur capacité à s’adapter aux changements environnementaux. Autrement dit, nous ne sommes pas encore en mesure de déterminer la meilleure façon de les gérer de manière durable.

Avec le changement climatique, certaines espèces pourraient, par ailleurs, ne pas s’adapter. Des températures extrêmement élevées réduiront la disponibilité en eau et augmenteront la teneur en sel du sol au-delà de ce que les palmiers peuvent tolérer.

Les prochaines étapes ?

Tout d’abord, le Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers évaluera les menaces qui pèsent sur certaines espèces de palmiers. Nous proposerons ensuite des mesures adaptées aux réalités locales afin de promouvoir la conservation des palmiers.

Deuxièmement, il est essentiel de classer toutes les espèces et de répertorier les endroits où ils se trouvent. Nous estimons qu’au moins 15 % des palmiers africains indigènes ne sont pas encore bien documentés : on n’a jamais observé leurs fleurs ni leurs fruits, qui pourraient pourtant être utiles à l’homme ou aux animaux.

Les botanistes africains doivent également mener davantage de recherches sur la reproduction des palmiers africains, les conditions nécessaires à la germination de leurs graines et leur diversité génétique, afin de connaître les meilleurs moyens de préserver ces arbres.

Troisièmement, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer comment les palmiers pourraient contribuer à la sécurité alimentaire, à l’adaptation au climat et à la conservation de la biodiversité. Ils sont importants non seulement pour les humains, mais aussi pour de nombreux herbivores (mammifères, oiseaux) qui dépendent fortement des feuilles et des fruits de palmier pour leur alimentation quotidienne.

Quatrièmement, un plan de domestication est nécessaire. La domestication consiste à planter et à favoriser la croissance des palmiers de manière contrôlée afin d’en tirer des avantages économiques. Cela peut se faire sur des parcelles agricoles. Cependant, nous proposons également que cela se fasse dans des conditions semi-contrôlées en forêt. Cela pourrait réduire la pression exercée sur les palmiers sauvages, améliorer les moyens de subsistance des populations rurales et intégrer ces arbres dans l’agroforesterie (culture d’arbres avec des cultures).

Bien que le nouveau Réseau africain des scientifiques spécialistes des palmiers se concentre uniquement sur la diversité des palmiers africains, les stratégies de conservation que nous développons seront utiles pour la conservation d’autres plantes. La perte de biodiversité bouleverse l’équilibre fragile des écosystèmes dans le monde entier. Protéger les palmiers d’Afrique, c’est aussi préserver la vie des hommes et des animaux qui en dépendent.

The Conversation

Fred Stauffer bénéficie d’un financement du Conservatoire et Jardin botanique de Genève pour ses activités de recherche et ses missions sur le terrain. Il est affilié à cette institution, ainsi qu’à l’Université de Genève, où il est chargé de cours en botanique.

Doudjo Noufou Ouattara bénéficie d’un financement de la Fondation Audemars Piguet pour les arbres. Il est affilié à l’Université Nangui ABROGOUA et au Centre Suisse de Recherches Scientifiques en Côte d’Ivoire.

Kifouli Adéoti bénéficie d’un financement de la Fondation Audemars Piguet pour les arbres. Il est affilié à l’Université d’Abomey-Calavi en République du Bénin.

ref. Le plan des botanistes pour enrayer le déclin des palmiers en Afrique – https://theconversation.com/le-plan-des-botanistes-pour-enrayer-le-declin-des-palmiers-en-afrique-266597

Health insurance subsidy standoff pits affordable care for millions against federal budget constraints

Source: The Conversation – USA (3) – By Wendy Netter Epstein, Professor of Law, DePaul University

Lawmakers limited Affordable Care Act subsidies to a few years, setting the stage for a fight over them in 2025. Ted Eytan/Wikimedia Commons, CC BY-SA

As the federal government entered a shutdown on Oct. 1, 2025, competing narratives quickly emerged about the cause.

Some Republican lawmakers objected to Democrats’ push to include an extension of the expanded Affordable Care Act premium subsidies in a short-term funding bill and cited concerns about long-term spending. Democratic leaders countered that the subsidies are not a new demand but rather the continuation of a program that has helped keep record numbers of Americans insured since the pandemic – and therefore that the issue could not be delayed.

The result is a standoff that blends fiscal and policy disagreements – a hallmark of contemporary budget politics.

As experts in health law, we see this issue as simple but consequential from a legal standpoint. Congress authorized the enhanced subsidies in 2021, originally to cushion the economic fallout from COVID-19 for families, and extended them through 2025 in the Inflation Reduction Act.

Without new legislation, the subsidies revert to pre-2021 levels on Jan. 1, 2026 – which would lead to a jump in the cost of health insurance and would make coverage unaffordable for millions of Americans.

Enhanced subsidies explained

Most Americans under age 65 get insurance through their employers, which the federal government subsidizes by making it tax-free. Medicare, the program for older Americans, and Medicaid, the program that mainly serves low-income Americans, are heavily supported by subsidies too.

But as of 2025, about 1 in 6 people under age 65 do not have access to this coverage, including many small-business owners and tradespeople, as well as part-time workers and those in the gig economy. For them, unsubsidized health insurance can be prohibitively expensive.

To address this affordability problem, the ACA provided for households earning between 100% and 400% of the federal poverty level to receive subsidies for purchasing policies on the ACA marketplace, effectively lowering premiums. The original law limited subsidies only to those making under 400% of the federal poverty level, which is, for a family of four in 2025, around US$128,000 per year. A family making $129,000 a year, however, would have to pay full price.

Family in the kitchen, mom cooks dinner as daughter watches.
If the current ACA subsidies expire, almost 5 million people are likely to lose their health insurance coverage.
FG Trade/E+ via Getty Images

The American Rescue Plan temporarily made two major changes in 2021:

  • It removed the 400%-of-poverty eligibility ceiling, extending help to many middle-income families.

  • It capped the maximum household contribution at 8.5% of income for everyone, ensuring affordability regardless of income.

If these reforms expire in 2026, the Internal Revenue Service must revert to the older, less generous formula.

What the subsidies accomplished

The enhanced subsidies drove ACA marketplace participation to historic highs – more than 24 million people selected plans for 2025, up from about 11 million in 2020. The Department of Health and Human Services found disproportionate enrollment gains among Black and Latino Americans, helping to reduce racial disparities in coverage.

For many low-income enrollees, mid-level plans – called silver plans in the ACA marketplace – effectively became free. Middle-income families who previously earned just above the cutoff gained meaningful relief, sometimes saving thousands of dollars a year.

What happens if subsidies expire?

Analysts broadly agree that returning to the pre-2021 rules would mean large cost increases and coverage losses. On average, the premiums that Americans will pay for ACA marketplace plans would more than double. The Kaiser Family Foundation estimates that average annual out-of-pocket premiums for an individual would jump from about $888 in 2025 to $1,900 in 2026.

With these increases, millions of Americans will lose their health insurance coverage. The Urban Institute, a think tank, projects that 7.3 million fewer people would receive subsidized marketplace coverage and 4.8 million more would become uninsured.

This is highly consequential, as research shows that insurance coverage saves lives by ensuring access to care. Knocking nearly 5 million people off insurance may cause as many as 500 additional deaths per year.

Losses would disproportionately impact low- and middle-income families. Free premium plans would disappear. Those making below 250% of the federal poverty level could see their net premiums rise more than fourfold, while those between 250% and 400% would see their premiums double. What’s more, rural Americans, already under pressure from the state of the economy, face higher risks.

The fiscal and policy trade-offs

On the flip side, making the enhanced credits permanent would add about US$350 billion to federal deficits between 2026 and 2035, according to the Congressional Budget Office’s estimates. Proponents argue that the cost is justified by reduced medical debt, fewer uninsured, greater household stability and ultimately saving lives. Short-term savings from cutting the subsidies would also lead to higher health care costs, longer-term. But critics worry it’s a broad and expensive way to support affordability, benefiting some higher-income households that could otherwise afford coverage, even though it would cost more than 8.5% of their income.

Another concern is how the subsidies affect price competition. Under the ACA, the government pays most of the difference between what a household is expected to contribute and the actual cost of a standard benchmark plan. That means if health insurance companies raise their premiums, those who receive subsidies don’t feel the effect of the premium increases, because the federal subsidy simply grows to cover it. That means companies have fewer reasons to compete on price.

Legal and administrative constraints

Because the subsidies are written into the tax code, only Congress can extend them or make them permanent. The question of whether to renew them was already debated strenuously when Congress passed the big tax and spending package that President Donald Trump signed into law on July 4, 2025. By omitting the subsidies, the bill effectively raised health care costs for millions of middle-income Americans. States that run their own marketplaces may add some aid, but few can match the scale of federal support.

Administrative timing matters too. The IRS, health insurers and the online marketplace all need to know how the subsidy amounts will be calculated – in other words, which income limits and premium caps Congress wants to use. These figures determine how much financial help people get when they sign up for coverage. Late or temporary fixes can create confusion for both consumers and administrators.

Options before Congress

Lawmakers have several options, each with different trade-offs.

A permanent extension would provide stability for consumers and insurers – but at the cost of higher long-term federal spending. A short-term renewal of one to four years could soften the immediate jump in premiums while giving Congress time to reassess the policy, but it would continue the cycle of temporary fixes.

Alternatively, a targeted approach might preserve the larger subsidies for lower-income households but gradually reduce assistance for higher earners so that they aren’t guaranteed a cap of 8.5% of their income for insurance. This would make the policy more fiscally restrained but less universal.

Some legislators have also proposed offsetting the cost of ACA subsidies by pairing an extension with savings elsewhere in the health system. Those savings could come from trimming what the government pays insurers to lower patients’ out-of-pocket costs or by reducing Medicare payments to doctors.

Each of these options reflects a different balance among affordability, fiscal responsibility and administrative simplicity. Together, they highlight how difficult it is to design a policy that meets all three goals at once.

A structural challenge

The problem isn’t just political – it’s built into how time-limited programs like the enhanced ACA subsidies are designed. The subsidies have always reflected partisan divides, but their temporary nature makes those divides even sharper. Lawmakers limited them to a few years to keep costs down, but that choice now means Congress has to reopen the same debate every year.

When deadlines for renewing programs collide with larger funding fights, important benefits can lapse, not because lawmakers chose to end them but because the fights over broader spending leave little room for resolution.

In the end, it’s up to Congress to decide not only whether these subsidies continue, but whether big social policies like this should be settled through last-minute budget showdowns. For now, getting the government running and keeping health insurance affordable are part of the same fight.

The Conversation

Wendy Netter Epstein is a member of the Illinois Health Benefits Exchange Advisory Committee.

Christopher Robertson does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Health insurance subsidy standoff pits affordable care for millions against federal budget constraints – https://theconversation.com/health-insurance-subsidy-standoff-pits-affordable-care-for-millions-against-federal-budget-constraints-266851

Anti-Palestinian and anti-Arab racism is on the rise in Canada

Source: The Conversation – Canada – By Nadia Hasan, Assistant Professor, School of Gender, Sexuality and Women’s Studies, York University, Canada

In April 2024, a video circulated online showing an Oakville, Ont. high school teacher and a student having an alarming and contentious conversation about his keffiyeh.

The Iroquois Ridge High School educator says mid-way in the clip: “I didn’t call you a terrorist. I said it (the keffiyeh) reminds me of …” When the student pushes her to finish her sentence and suggests “Hamas?” she answers “yes.”

The Halton District School Board (HDSB) quickly placed the staff member on leave and launched an investigation, deeming her language “harmful and discriminatory.”

This incident, a clear example of Islamophobia and anti-Palestinian racism, is one of many detailed in our recently released Islamophobia Research Hub report, Documenting the “Palestine Exception”: An Overview of Trends in Islamophobia, Anti-Palestinian and Anti-Arab Racism in Canada in the Aftermath of October 7, 2023.

Our findings point to a pattern of unethical use of institutional power to intimidate and alienate those expressing support for Palestine or their identities — what many community organizers in Canada now call “the Palestine exception.”

What is the Palestine exception?

The expression describes how democratic freedoms and multicultural ideals historically meet their limits when it comes to Palestinian human rights, history and identity. Studies in Canada and the United States show systemic silencing and erasure of Palestinian experiences — often through unfounded accusations of antisemitism.

Race scholars have long argued that Canadian multiculturalism practises inclusion through exclusion, demanding that racialized people suppress parts of their identity to gain conditional belonging in order to uphold a normative racial order.

For Palestinians in Canada, this often means hiding their heritage for fear of stigmatization, or facing punishment for expressing pro-Palestinian views.

As Nihad Jasser of the Association of Palestinian Arab Canadians, an Ottawa-based community collective, said:

“It feels that institutions in our society will support all human rights except Palestinian human rights, celebrate all cultures except Palestinian culture, and condemn all forms of racism except anti-Palestinian racism.”

Unfair targeting, censorship and discipline of those speaking out for Palestinian rights — or merely perceived as Palestinian, Arab or Muslim — is a common theme in our report and particularly disturbing in terms of young people’s experiences.

A pattern of targeting young people

According to our research, young people in schools, universities and early careers are facing Islamophobia, anti-Palestinian racism and anti-Arab racism in the form of employment discrimination, doxing, hate-motivated violence, bullying and the suppression of their democratic rights.

The HDSB keffiyeh incident reflects a wider reality: a treatment of suspicion toward Palestinian expressions.

Another example that drew attention was a Toronto District School Board (TDSB) field trip to the Indigenous-led Grassy Narrows River Run in September 2024. During the march, some participants used chants connecting settler colonialism in Canada to the experiences of Palestinians.

This led to social media backlash from parents who claimed the trip exposed students to pro-Palestinian political activity and compromised safety. The Ontario education minister’s office demanded an investigation — an unusual move that many felt revealed a double standard compared to other incidents.

The TDSB issued an apology for the “harm” caused and pre-emptively cancelled another planned field trip for National Day for Truth and Reconciliation — ironically undermining commitments to decolonization.

Patrick Case, a former Ontario Ministry of Education chief equity officer, conducted an independent review, interviewing 146 parents, students, Indigenous leaders, staff and trustees. His report found that the Grassy Narrows event was not overshadowed by pro-Palestinian activism and that the TDSB’s reaction reflected a broader pattern of erasure and suspicion toward Palestinian identity.

Indigenous leaders also noted that media outrage diverted attention from pressing issues of environmental justice in Indigenous communities.

Despite these findings, the education ministry has not promoted the report and has rejected some of its key recommendations.

Punishment over pedagogy

Our report raises concerns about a growing political culture that punishes rather than engages young people advocating for Palestinian human rights. Instead of fostering critical thinking, institutions are choosing repression.

Another striking example is the treatment of students at the Lincoln Alexander School of Law at Toronto Metropolitan University, who were accused of antisemitism for signing an open letter in solidarity with Palestinian people and critical of Israeli state actions. Several law firms and the Ontario Ministry of the Attorney General blacklisted them from recruitment as punishment for signing the open letter.

In an external review, Justice J. Michael MacDonald condemned this response as a “rush to judgment” that unfairly targeted “young idealists motivated by immense human suffering.” He ruled that the students’ actions were a “valid exercise of freedom of speech” and criticized the administration for negatively impacting the students.

He also criticized members of the legal community for fuelling the backlash against these students. Some of these students are now suing Toronto Metropolitan University for defamation.

Many young people have shown resilience in the face of such repression, but the harm is undeniable. Being punished for expressing solidarity with Palestinians — and witnessing peers being punished — affects young people’s sense of safety, intellectual curiosity and career prospects.

Protecting Canadian multiculturalism

Two years into the brutal genocide in Gaza, there is a notable shift in public discourse and policy related to Palestine. Yet many remain deeply skeptical of the sincerity of this shift.

Earlier this fall, the federal Liberal government introduced the Combating Hate Act, proposing amendments to the Criminal Code.




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Critics warn these changes could further curtail civil liberties, particularly around expressions of Palestinian identity and solidarity.

The amendments would ban the public display of “hate symbols” and criminalize protests near places of worship, schools and community centres. The government defines hate symbols as those associated with terrorist entities such as the Nazi swastika and SS (Schutzstaffel) bolts. And so, understandably, questions abound about whether this means that Palestinian flags or the script of the shahada (Muslim declaration of faith) could be deemed hate symbols.

Given recent institutional responses to pro-Palestinian expression, there is little confidence these sorts of laws will not be weaponized to criminalize Palestinian identity, dissent and criticism of the Israeli state.

In large part, this pervasive suspicion stems from the widespread experience of Palestinian identity and pro-Palestinian positions being treated as inherently suspect, even dangerous. Such exceptional treatment exposes the profound fissures — and in fact the limits — of Canadian multiculturalism and its professed commitments to democratic freedoms.

The Conversation

Nadia Hasan receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada, Canadian Heritage, The Muslim Fund, the Bay Tree Foundation and The Olive Tree Foundation.

Sarah Abou-Bakr does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Anti-Palestinian and anti-Arab racism is on the rise in Canada – https://theconversation.com/anti-palestinian-and-anti-arab-racism-is-on-the-rise-in-canada-266637

How does your immune system stay balanced? A Nobel Prize-winning answer

Source: The Conversation – USA – By Aimee Pugh Bernard, Associate Professor of Immunology and Microbiology, University of Colorado Anschutz Medical Campus

Regulatory T cells (red) interact with other immune cells (blue) and modulate immune responses. National Institute of Allergy and Infectious Diseases/NIH via Flickr

Every day, your immune system performs a delicate balancing act, defending you from thousands of pathogens that cause disease while sparing your body’s own healthy cells. This careful equilibrium is so seamless that most people don’t think about it until something goes wrong.

Autoimmune diseases such as Type 1 diabetes, lupus and rheumatoid arthritis are stark reminders of what happens when the immune system mistakes your own cells as threats it needs to attack. But how does your immune system distinguish between “self” and “nonself”?

The 2025 Nobel Prize in physiology or medicine honors three scientists – Shimon Sakaguchi, Mary Brunkow and Fred Ramsdell – whose groundbreaking discoveries revealed how your immune system maintains this delicate balance. Their work on two key components of immune tolerance – regulatory T cells and the FOXP3 gene – transformed how researchers like me understand the immune system, opening new doors for treating autoimmune diseases and cancer.

The 2025 Nobel Prize in physiology or medicine was awarded to Shimon Sakaguchi, Mary Brunkow and Fred Ramsdell.

How immune tolerance works

While the immune system is designed to recognize and eliminate foreign invaders such as viruses and bacteria, it must also avoid attacking the body’s own tissues. This concept is called self-tolerance.

For decades, scientists thought self-tolerance was primarily established in the parts of the body that make immune cells, such as the thymus for T cells and the bone marrow for B cells. There, newly created immune cells that attack “self” are eliminated during development through a process called central tolerance.

However, some of these self-reactive immune cells escape this process of elimination and are released into the rest of the body. Sakaguchi’s 1995 discovery of a new class of immune cells, called regulatory T cells, or Tregs, revealed another layer of protection: peripheral tolerance. These cells act as security guards of the immune system, patrolling the body and suppressing rogue immune responses that could lead to autoimmunity.

Diagram showing Tregs interacting with effector T cells and dendritic cells through various signaling molecules
Regulatory T cells suppress immune responses using a variety of molecular signals.
Giwlz/Wikimedia Commons, CC BY-SA

While Sakaguchi identified the cells, Brunkow and Ramsdell in 2001 uncovered the molecular key that controls them. They found that mutations in a gene called FOXP3 caused a fatal autoimmune disorder in mice. They later showed that similar mutations in humans lead to immune dysregulation and a rare and severe autoimmune disease called IPEX syndrome, short for immunodysregulation polyendocrinopathy enteropathy X-linked syndrome. This disease results from missing or malfunctioning regulatory T cells.

In 2003, Sakaguchi confirmed that FOXP3 is essential for the development of regulatory T cells. FOXP3 codes for a type of protein called a transcription factor, meaning it helps turn on the genes necessary for regulatory T cells to develop and function. Without this protein, these cells either don’t form or fail to suppress harmful immune responses.

Harnessing the immune system for medicine

Regulatory T cells can be heroes or villains, depending on the context. When regulatory T cells don’t work, it can lead to disease. A breakdown in immune tolerance can result in autoimmune diseases, where the immune system attacks healthy tissues. Conversely, in cancer, regulatory T cells can be too effective in suppressing immune responses that might otherwise destroy tumors.

Understanding how FOXP3 and regulatory T cells work launched a new era in immunotherapies that harness the immune system to treat autoimmune diseases and cancer. For autoimmune diseases such as rheumatoid arthritis and Type 1 diabetes, researchers are exploring ways to boost the function of Tregs. For cancer, the goal is to inhibit Tregs, allowing the immune system to target tumors more aggressively.

Diagram of immune activation scale in the shape of a rainbow wedge, with 'vulnerable to infection' at the smaller end, 'sweet spot' in the middle, and 'autoimmunity' at the larger end
Too much or too little immune activation can lead to illness.
Kevbonham/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Beyond disease treatment, this research may also improve organ transplantation, where immune tolerance is crucial to prevent rejection. Scientists are exploring how to engineer or expand Tregs to help the body accept transplanted tissues over the long term.

Continuing to unlock the secrets of immune regulation can help lead to a future where the immune system can be precisely tuned like a thermostat – whether to turn it down in autoimmunity or rev it up against cancer.

The 2025 Nobel Prize reminds us that science, at its best, doesn’t just explain the world – it changes lives.

The Conversation

Aimee Pugh Bernard is affiliated with Immunize Colorado as a volunteer and unpaid board member.

ref. How does your immune system stay balanced? A Nobel Prize-winning answer – https://theconversation.com/how-does-your-immune-system-stay-balanced-a-nobel-prize-winning-answer-266842

Compensación con carbono azul: ¿el nuevo oro de la mitigación climática o una moda pasajera?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando G. Brun Murillo, Catedrático de Ecología, Universidad de Cádiz

El cambio climático está influyendo de un modo directo e indirecto en todos los aspectos de la vida humana a nivel global. Lo que ha derivado en que, en los últimos años, tanto en la Unión Europea como en España, se haya puesto en marcha una amplia batería de normativas ambientales.

Una de las más recientes ofrece la posibilidad de compensar las emisiones de los gases de invernadero con proyectos desarrollados en ecosistemas marinos (carbono azul), que ahora pueden sumarse a las iniciativas de absorción desarrolladas en el medio terrestre (carbono verde) que se llevan a cabo desde hace unas décadas.

El interés por desarrollar proyectos de este tipo está actualmente sufriendo un crecimiento exponencial. Pero los retos a los que se enfrenta son muchos: complejidad legislativa, ausencia de normativas específicas, incertidumbre científica, coste de los proyectos y de las certificaciones, etc.

Todas estas barreras están retrasando la puesta en marcha de proyectos a nivel europeo y nacional, limitando todos beneficios climáticos, ecológicos y económicos que acarrean.




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En 2023, la Junta de Andalucía puso en marcha el primer estándar para la certificación de créditos de carbono azul desarrollado por una administración pública a nivel europeo. Todos los retos que ha enfrentado, y que sigue solventando, constituyen un buen ejemplo del camino que aún queda por recorrer para que esta nueva oportunidad para la mitigación climática y ambiental no acabe transformándose en una moda pasajera vacía de contenido.

El estándar andaluz: pionero en la Unión Europea

Un año después de la aprobación del estándar andaluz para la certificación de créditos de carbono azul, la Unión Europea publicó el Reglamento (UE) 2024/3012, el cual busca establecer un marco común para la certificación de absorciones de carbono en todo su territorio.

En España, la reciente aprobación del Real Decreto 214/2025 también contempla ya la posibilidad de compensar con carbono azul a nivel nacional. Sin embargo, para poder hacerlo posible, las absorciones deben estar sometidas a certificación mediante un estándar reconocido. Y, a día de hoy, el único estándar existente en el ámbito nacional para este tipo de carbono es el andaluz.

Debido a la reciente aprobación de este estándar y a su novedad, ni las administraciones públicas ni los promotores privados son aun conscientes de esta nueva posibilidad de compensación. Esto explica, en parte, por qué todavía no se ha puesto en funcionamiento ningún proyecto de absorción en un ecosistema de carbono azul.

A pesar de este complejo escenario, hace algo más de un año se anunció en Cádiz la puesta en marcha del primer proyecto basado en dicho estándar. Y, recientemente, fue noticia el plan de iniciar otro proyecto de absorción de carbono azul también en salinas degradadas de la bahía de Cádiz.




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Complejas barreras que sortear

El lugar donde se desarrollan estos proyectos, zonas costeras someras, presenta una alta complejidad normativa, con la participación de múltiples administraciones públicas con diversas competencias. También, estos espacios, suelen encontrarse bajo diferentes figuras de protección ambiental, retrasando y complicando los trámites administrativos. Además, se trata de áreas que se encuentran bajo la figura del dominio público-marítimo terrestre (DPMT), en el que la titularidad de las absorciones generadas tras la inversión de un promotor, ya sea público o privado, no está claramente definida.

El carbono azul tampoco está contemplado a día de hoy entre los usos y actividades autorizadas en las concesiones de estos terrenos públicos, lo que genera, desde un inicio, una barrera para su desarrollo. A este problema se suma que los distintos usos en el DPMT implican el pago de un canon, es decir, una tasa en función de la actividad realizada y de la superficie ocupada.

El carbono azul aún no está regulado ni cuantificado como uso, lo que genera incertidumbre para los promotores, quienes desconocen cuál sería el coste anual derivado de la puesta en marcha de este tipo de proyectos. Un coste que podría oscilar entre la exención total del pago del canon o decenas de miles de euros anuales.




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Muchas incertidumbres y algunas certezas

A las barreras administrativas y normativas se suman aún numerosas incertidumbres científicas. Estas se deben, principalmente, a la falta de datos y al desconocimiento sobre el comportamiento de ciertos procesos clave para la captura de carbono a largo plazo en los ecosistemas marinos restaurados.

La cuantificación tanto de la captura de carbono como de la reducción de emisiones de gases de efecto invernadero (GEI) debe realizarse con rigor, garantizando además la permanencia del carbono secuestrado durante toda la vida útil del proyecto.

Entre otros ejemplos, la alta variabilidad espacial y temporal en los flujos de otros potentes GEI como el metano (CH₄) o el óxido nitroso (N₂O), y la respuesta que tendrán tras la implementación de estos proyectos, no está aún clara. Si estos flujos se incrementaran, por la degradación del carbono orgánico que se está acumulando, se podrían reducir los beneficios climáticos de estos proyectos.

Por otro lado, existen reservorios de carbono poco explorados, como el carbono orgánico disuelto refractario, que, a pesar de su relevancia como secuestrador del elemento a largo plazo, aún no cuenta con suficiente investigación que respalde su comportamiento a medida que el proceso de restauración avance en el área de proyecto.

El mar: un ecosistema costoso

Otro obstáculo importante es el económico. El medio marino resulta un entorno hostil para la realización de actividades técnicas y la obtención de datos. Los proyectos en estas zonas suelen tener costes significativamente más altos debido a la necesidad de maquinaria especializada y personal altamente cualificado. Lo mismo ocurre con las campañas de toma de datos necesarias para la certificación de las capturas de carbono, cuyo coste es considerablemente superior al requerido en proyectos de carbono verde.




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Los proyectos de compensación con carbono azul tienen un periodo de permanencia elevado –superior a 50 años–, y el promotor solo puede obtener créditos por las capturas que se certifiquen y verifiquen en cada ciclo de verificación. En el estándar andaluz es cada 7-8 años, lo que supone una carga económica importante que se añade a los costes iniciales de implementación y al mantenimiento del proyecto durante todo ese tiempo.

Reducir estos costes, aumentar la fiabilidad de los datos obtenidos y mejorar la solidez de las asunciones científicas dependerá de la generación de más datos, tanto a través de la financiación de investigación básica en estas temáticas emergentes como mediante la medición de datos reales a medida que se pongan en marcha nuevos proyectos. Asimismo, es necesaria una mayor coordinación entre administraciones, además de agilidad legislativa para adaptar o crear normativas de acuerdo con las nuevas necesidades y desafíos que plantean este tipo de iniciativas.

El desarrollo de proyectos de absorción en ecosistemas de carbono azul representa una gran oportunidad de mejora medioambiental y económica para la sociedad. Una que va más allá de la lucha contra el cambio climático: se trata de una oportunidad estratégica que debemos aprovechar. Trabajemos en conjunto para hacer realidad esta nueva “mina de oro” de la mitigación climática.


La versión original de este artículo fue publicada en la Revista Telos, de Fundación Telefónica.


The Conversation

Fernando G. Brun Murillo recibe fondos de Proyecto de investigación DAME (PDC2021-120792-100), financiado por el Ministerio de Ciencia e Innovación, la Agencia Estatal de Investigación y por la Unión Europea “NextGenerationEU” y proyecto FINOCAME (PCM_00104. C17 . I03.) Plan de Recuperación, Transformación y Resiliencia. Financiado por la Unión Europea NextGenerationEU. En la actualidad es co-responsable del Grupo Español de Expertos en Ecosistemas de Carbono Azul (G3ECA), del Laboratorio de Carbono Azul de la Universidad de Cádiz, y asesor en temas de carbono azul para la Oficina Andaluza de Cambio Climático.

ref. Compensación con carbono azul: ¿el nuevo oro de la mitigación climática o una moda pasajera? – https://theconversation.com/compensacion-con-carbono-azul-el-nuevo-oro-de-la-mitigacion-climatica-o-una-moda-pasajera-261806

¿Qué necesitan saber los escolares sobre sexo? Respuestas desde la psicología infantil y juvenil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sylvie Pérez Lima, Psicopedagoga. Psicóloga COPC 29739. Profesora tutora de los Estudios de Psicología y Educación, UOC – Universitat Oberta de Catalunya

Monkey Business Images/Shutterstock

Entre las múltiples demandas que se le hacen a la escuela del siglo XXI, una de las más relevantes es su papel en la educación sexual. Una educación sexual rigurosa, inclusiva y basada en evidencia, como defiende la UNESCO, es la mejor manera de garantizar o, al menos, contribuir a que los niños y adolescentes puedan tomar decisiones informadas, y puedan cuidar de su salud y de su bienestar afectivo, emocional y social.

Pero ¿cuáles son los contenidos adecuados, según la edad, y qué cuestiones deben dejarse para el ámbito familiar?

Llegar antes que la pornografía

Diversos estudios evidencian que el conocimiento del alumnado favorece el uso de anticonceptivos y reduce las conductas de riesgo. Incluso puede ayudar a retrasar el inicio de las relaciones sexuales, cuya tendencia actual es a adelantarse.

También se ha generalizado la exposición a contenido sexual a través de internet, en muchos casos a edades muy tempranas. Cuando esto sucede sin tener conocimientos previos puede generar reacciones emocionales fuertes como asco, shock o confusión en un primer momento, pero también otras más profundas como síntomas evitación emocional (ocurre en más del 50 % de los casos).

¿Qué debe enseñar la escuela y cuándo?

En primer lugar, es necesario diferenciar primaria y secundaria, distinguiendo qué priorizar en cada etapa. Los niños pequeños aprenden primero a reconocer emociones básicas, mientras que en la adolescencia se intensifica la experiencia emocional y la búsqueda de identidad.
La evidencia sugiere una progresión coherente que ya recoge en mayor o menor medida, por ejemplo, el currículum educativo de las diferentes comunidades autónomas en España.

  1. En educación primaria conviene centrarse en habilidades socioemocionales, conocimiento básico del cuerpo, límites y respeto, así como en la prevención del abuso de manera adecuada a la edad.

    En primero y segundo (6-8 años), los objetivos son desarrollar la autoestima y seguridad personal, aprender a comprender y expresar emociones y reconocer la importancia de los límites propios y de los otros. Se puede trabajar con cuentos sobre la diversidad familiar, juegos que identifiquen las emociones o actividades que ayuden a conocer las partes del cuerpo.

    En tercero y cuarto (8-10 años) los objetivos se amplían a saber pedir ayuda, normalizar los cambios en el cuerpo o identificar situaciones de incomodidad. Podemos trabajar con dinámicas de grupo sobre amistad y respeto, y empezar con las primeras nociones sobre la pubertad.

    En ciclo superior (10-12 años) conviene reforzar la prevención del abuso y el conocimiento sobre los cambios físicos y emocionales de la pubertad y adolescencia. A esta edad ya se empiezan a introducir talleres para luego poder trabajar con debates.

  2. En secundaria se incorporan contenidos más concretos sobre anticoncepción, diversidad, pornografía, consentimiento y prevención de la violencia. Los objetivos de trabajo se focalizan en proporcionar conocimientos, pensamiento crítico y competencias socioemocionales que complementen lo aprendido en primaria y acompañen su desarrollo.

    Por ejemplo, puede explicarse de manera práctica el uso del preservativo y presentar distintos métodos anticonceptivos, para que, cuando ocurra la relación sexual, sea segura y consentida. También se puede trabajar la diversidad afectivo-sexual y de género con ejemplos cotidianos, sin imponer modelos de vida, sino desnaturalizando la discriminación.

    Respecto a la pornografía y el consumo de contenidos sexuales en internet, se trata de favorecer un pensamiento crítico que permita diferenciarla de la sexualidad real y reflexionar sobre estereotipos y consentimiento. En esta etapa educativa, se incorpora el trabajo con dinámicas y debates sobre relaciones sanas y tóxicas, el consentimiento expreso y la prevención de la violencia sexual y de género.




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Educación emocional y educación sexual

Aprendizaje y educación están condicionados por el desarrollo cognitivo y emocional de los alumnos: no sólo la edad es importante, sino el momento individual de desarrollo y la madurez. Esto es posible si integramos la educación afectiva y emocional en la educación sexual.

Las competencias emocionales son un conjunto de habilidades que permiten identificar, comprender y regular las emociones propias y ajenas, así como utilizar esta información para guiar el pensamiento y la conducta. Están ligadas al bienestar psicológico, el rendimiento académico y la prevención de conductas de riesgo. Desarrollarlas fortalece la autoestima y contribuye tanto a promover relaciones sanas como a prevenir conductas sexuales de riesgo o comportamientos impulsivos o agresivos.




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En este sentido, podemos decir que la educación sexual se cimenta en una buena educación emocional. Cuanto mejor sepan los niños y niñas de primaria conocerse, entender sus emociones, expresarlas y gestionarlas y comprender las de los demás, no sólo estaremos favoreciendo un clima de convivencia sano en la escuela, sino que estaremos sentando las bases para una buena educación sexual.

Neurodiversidad y educación sexual

Aunque falta aún investigación relativa al alumnado con discapacidad intelectual, autismo u otras necesidades especiales, crece la evidencia sobre la necesidad de adaptar contenidos de consentimiento, relaciones y derechos a su comprensión. Estudios recientes recuerdan adaptar a esta situación la educación sexual y afectiva. Es crucial reconocer y promover los derechos sexuales de todas las personas, incluyendo a aquellas con necesidades educativas especiales.

Esto implica garantizar su derecho a la información, a la educación y a la toma de decisiones sobre su cuerpo y sus relaciones, fomentando su autonomía personal y su autoestima. Por ejemplo, proponiendo formatos como pictogramas, vídeos con lenguaje de señas o material en lectura fácil, y asegurando personas o lugares de referencia donde acudir en caso de necesidad.

Calidad y duración de los programas

Las actuaciones breves y puntuales tienen poco impacto; la recurrencia y la evaluación continua aumentan la efectividad. Un metaestudio de 2023 confirma que los programas con mayor duración, mejor estructura y contenidos diversos (incluyendo afectividad, sexualidad y derechos) tienen efectos más sólidos sobre actitudes, conocimientos y conductas. Por ello no basta con un taller o charla, sino que la educación sexual debe formar parte de los contenidos curriculares.

¿Qué evitar desde la escuela?

Los valores personales, las creencias familiares y la moral individual son espacio de la familia y del entorno cultural o religioso de cada alumno. La UNESCO recuerda que no corresponde a la educación formal transmitir visiones particulares sobre sexualidad o género ni emitir juicios sobre orientación sexual o identidad de género.

Por esta razón se deben evitar discursos de vergüenza, culpa o miedo como método de prevención y eludir aspectos muy íntimos como prácticas sexuales específicas si no hay permiso familiar o el uso de lenguaje muy explícito que no sea apropiado para la edad.

El futuro de la educación sexual

Fomentar la transparencia y la colaboración con las familias es el camino a seguir. En estudios donde los padres recibieron sesiones de formación o recursos para hablar de sexualidad, aumentó la comodidad y frecuencia de esas conversaciones, mejorando el efecto de la educación escolar. Recientes investigaciones europeas coinciden en señalar que cuando la familia se implica, se ve reforzado el éxito de los programas que se aplican.

En cualquier caso se trata de un esfuerzo conjunto que no podemos seguir retrasando: una encuesta realizada en noviembre de 2023 en España mostraba que la mitad de los jóvenes de 16 a 29 años no había recibido educación sexual alguna, ni de su familia, ni en su centro educativo.

Todavía es mayor el porcentaje de jóvenes que declaran que no han obtenido una educación afectivo-sexual de calidad. Y sólo poco más del 10 % de ellos se muestra completamente satisfecho con este tipo de educación recibida en el ámbito familiar (11,1 %) o escolar (12,2 %).

Es responsabilidad de todos revertir esta tendencia: la educación sexual no solo contribuye a una vida más informada y plena, sino también a una sociedad más sana e igualitaria.

The Conversation

Sylvie Pérez Lima no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Qué necesitan saber los escolares sobre sexo? Respuestas desde la psicología infantil y juvenil – https://theconversation.com/que-necesitan-saber-los-escolares-sobre-sexo-respuestas-desde-la-psicologia-infantil-y-juvenil-265303

Del punk a los memes: la risa rebelde que sigue cuestionando las narrativas oficiales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sebastian Silva C., Profesor de Comunicación Social, Universidad de La Sabana

Concierto de Green Day en Berlín en 2009. Gillyberlin/Flickr, CC BY

El punk enseñó que reírse del sistema era también resistirlo. Ese gesto, lejos de ser un vestigio contracultural del pasado, sigue vivo en la cultura digital. La risa rebelde que todavía se canta en conciertos ahora circula en pantallas y timelines de Instagram y TikTok. Unas formas de expresión que cuestionan lo políticamente correcto y recuerdan que la comunicación auténtica es un acto de libertad humanista, porque permite reír, cuestionar y crear vínculos sin filtros, en pleno auge de la inteligencia artificial.

En los años setenta, una generación de jóvenes en Londres y Nueva York levantó su voz –y su guitarra eléctrica– contra el sistema. No lo hicieron con solemnidad, sino con una carcajada inconforme, una estética estridente y una ideología que defendía la libertad individual, la crítica al consumismo, el rechazo a las jerarquías hegemónicas y la incorrección política. Así nació el punk: una filosofía que transformó la música, la moda y que hoy sirve de metáfora para entender el papel de la risa y la resistencia en la cultura digital.

Del garaje a los macroconciertos

El punk no fue únicamente un género musical nacido del rock; fue una declaración política y cultural. Inspirado por el hartazgo frente a la crisis económica, el desempleo juvenil y la rigidez de las instituciones, defendió valores como el do it yourself (hazlo tú mismo), la horizontalidad, la crítica al poder y la desconfianza hacia los discursos dominantes.

En los setenta, los Sex Pistols fueron pioneros en convertir la inconformidad y la incorrección en discurso mainstream, como lo relata el investigador Jon Savage en el libro England’s Dreaming: Sex Pistols and Punk Rock. The Clash, por su parte, expandió ese gesto con fusiones musicales y contenido político consciente. Hoy, sus lecciones resuenan de forma análoga a un meme. Este puede ser tan revelador como un riff de guitarra para cuestionar estructuras de poder.

The Clash interpretan ‘Should I Stay or Should I Go’ en directo en Nueva York.

En los noventas y los dos mil, bandas como Green Day llevaron el “hazlo tú mismo” y la crítica social a audiencias masivas, mostrando que la rabia juvenil podía también escalar a la cultura del entretenimiento y lo aparentemente insignificante.

Concierto de Green Day en el festival de Reading (1995).

Por su parte, los integrantes de NOFX, activos desde 1983, tradujeron la irreverencia punk en un lenguaje cotidiano y humorístico, mezclando melodías pegajosas con una sátira que cuestionaba el orden social desde lo cotidiano.

El meme es el mensaje

Si entre los setenta y los dos mil el escenario era el garaje o el concierto improvisado, hoy ese escenario es el “ambiente digital”. Este lo conforman las redes sociales, los medios e internet en general, según la definición del teórico de la comunicación Sergio Roncallo-Dow.

La risa rebelde heredada del punk se ha transformado en un lenguaje universal basado en memes, hilos virales y vídeos irónicos que ridiculizan las narrativas oficiales. Además de la guitarra distorsionada, ahora circula un gif que desarma al político de turno o un meme que expone con humor lo absurdo de ciertas políticas públicas.

Marshall McLuhan, gran teórico de la comunicación, advirtió que el medio no solo transmite mensajes, sino que moldea la forma en que vivimos. En la cultura digital, los memes y las plataformas funcionan como los nuevos entornos donde se juega la inconformidad frente a las narrativas que dominan la opinión pública. La risa cuestionadora es hoy un acto comunicativo que humaniza, conecta y genera conversaciones genuinas sobre las realidades desnudas de la política y el poder.

Conexión cultural pop

Como dejó escrito Sergio Roncallo-Dow y recogen otros autores, la comunicación auténtica no puede desligarse de la cultura que la produce. La cultura pop y los entornos mediáticos no son simples distracciones, sino escenarios donde se configuran sensibilidades y formas de pensamiento. Desde esta mirada, la risa rebelde del punk y su eco en las formas actuales de interacción entre personas son una muestra de cómo la comunicación puede y debe tener una conexión cultural profunda, entendiendo que la cultura no es sólo lo “culto” de las élites, sino también lo popular.

En palabras de Roncallo-Dow: “La cultura pop piensa, y lo hace desde sus propios lenguajes, generando formas de sensibilidad y de conocimiento que no deben ser subestimadas”.

El arte de la incorrección política

La fuerza del punk no radicaba solo en la estridencia de su música, sino en la capacidad de reírse del sistema, de ridiculizar lo solemne y de transformar la incomodidad en un espectáculo colectivo.

En la cultura digital, los memes (visuales, rápidos, con humor ácido y sátira viral) representan la continuidad de esa tradición. Se ríen de presidentes, de algoritmos y de instituciones. Parafraseando a Roncallo-Dow, “la cultura pop piensa” y, podríamos añadir, también ríe.

En ese sentido, un meme político no es un chiste banal: es un gesto artístico que revela contradicciones y hace visibles tensiones sociales que otros discursos prefieren silenciar.

El arte, ya sea un pogo (baile) en un concierto punk o un gif que recorre timelines, humaniza porque nos permite reconocernos en la risa compartida. La incorrección política es su combustible: un recordatorio de que no todo debe ser solemne, de que el humor es una manera de pensar y de resistir. En tiempos donde las narrativas oficiales buscan imponer extremos ideológicos y uniformidad, el arte de reírse del poder es un acto de libertad y, sobre todo, de humanidad.

The Conversation

Sebastian Silva C. no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Del punk a los memes: la risa rebelde que sigue cuestionando las narrativas oficiales – https://theconversation.com/del-punk-a-los-memes-la-risa-rebelde-que-sigue-cuestionando-las-narrativas-oficiales-266045

La industria audiovisual convierte a Turquía en un destino de telenovela

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Martín Flores Almendárez, PTC Asociado "B"; Especialista en Capital Humano e integrante del CA en Gestión, Innovación Educativa y Tecnología, Universidad de Guadalajara

Imagen de la serie turca _Aski Hatirla_ (Recuerda el amor). IMDB

En la era digital, la información y el entretenimiento viajan a la velocidad de un clic. Un fenómeno cultural logra trascender fronteras y, sorprendentemente, convertirse en motor económico: así ha ocurrido con el auge de las series de televisión y telenovelas turcas.

Lo que en principio fue una forma de escape y drama para millones de personas, se transformó en puente que conecta la ficción con la realidad, impulsando un inesperado movimiento de turismo internacional hacia Turquía.

Para entender este fenómeno, debemos hablar del concepto de soft power (“poder blando”), una herramienta cultural y política que un país utiliza de manera sutil para influir en otros. A diferencia del hard power, en el que el país se basa en la fuerza militar o económica, el soft power se centra en la atracción y la persuasión. Turquía ha dominado esta estrategia a través de sus producciones televisivas.

Un viaje sin salir de casa

Las series turcas no son solo historias de amor y desamor. Son, en esencia, ventanas a un mundo fascinante.

Cuando un espectador se sienta a ver, por ejemplo, Binbir Gece o Kara Sevda, no solo se sumerge en la trama de los personajes, sino que también es testigo de la imponente belleza de Estambul, la mística Capadocia o la historia de Ankara.

Una pareja habla delante de unas ruinas.
Una escena de la serie turca Atiye con los yacimientos arqueológicos de Anatolia como telón de fondo.
IMDB

Los majestuosos paisajes, los bazares llenos de vida y los monumentos históricos se convierten en el telón de fondo de cada escena, generando en los espectadores una conexión visual y emocional tan fuerte que despierta en ellos un deseo profundo de conocer esos lugares.

Esta experiencia se asemeja a un déjà vu, una sensación de haber caminado ya por esas calles o de haber contemplado esos atardeceres. Las series actúan como una especie de “teletransportador” visual, que reduce la distancia y hace que destinos que antes parecían lejanos e inaccesibles, se sientan cercanos y alcanzables.

Este vínculo entre la ficción y la realidad no es causal, es el resultado de una estrategia deliberada y exitosa.

El salto de espectador a turista

Algunos estudios y datos económicos han confirmado la relación directa entre el crecimiento de las exportaciones de series turcas con el aumento del turismo internacional en el país.

La correlación entre los picos de audiencia y el incremento en las búsquedas de vuelos y reservas de hoteles es innegable. Pero ¿cómo se logra este salto de ser un simple espectador a convertirse en un turista? Existen varios mecanismos clave:

  1. El imaginario espacial: la televisión tiene el poder de hacer que lugares lejanos se sientan familiares. Al ver continuamente la belleza del Bósforo o las cúpulas de la Mezquita Azul, estos sitios se graban en la mente de los espectadores y se convierten en “sueños alcanzables”.

  2. La identificación emocional: los espectadores se enamoran de los personajes, sus historias y vidas, y desean replicar sus experiencias. Surge el deseo de visitar el café donde se conocieron, el bazar donde compraron el regalo o el puente donde se declararon su amor. Estos deseos se transforman en metas de viaje concretas que dan forma a un itinerario.

  3. La viralidad en redes sociales: la popularidad de las series ha generado comunidades de seguidores en línea que, a través de hashtags, vídeos e historias, amplifican la belleza de Turquía. La promoción boca a boca o, en este caso, de pantalla a pantalla, convierte locaciones específicas en “lugares imperdibles” para tomarse una foto para Instagram, transformando un simple destino en un punto de visita obligada para los fans.

  4. El efecto “celebridad”: la fama de los actores y las historias detrás de los rodajes han inspirado la creación de “tours de locaciones”, un concepto similar a los que existen para sagas como Harry Potter o series como Emily en París. La gente viaja para seguir los pasos de sus personajes favoritos, creando itinerarios temáticos que profundizan su conexión con la historia y el lugar, y que incluso les permiten sentir que son parte de la narrativa.

Un hombre y una mujer hablan en un parque.
Escena de la serie turca Kara Sevda.
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Un fenómeno con lecciones globales

Si bien es difícil cuantificar con exactitud cuántos turistas viajan a Turquía impulsados únicamente por las telenovelas, la ficción televisiva ha demostrado ser un “impulsor de demanda turística”. No se reemplazan otras motivaciones para viajar, pero sí aumenta significativamente el número de visitantes y el gasto que éstos realizan en el destino.

En resumen, este fenómeno nos enseña una lección valiosa sobre la economía y la cultura en el siglo XXI. Revela que una audiencia que a menudo se considera pasiva puede convertirse en la fuerza motriz de un movimiento transnacional. Más allá de las tramas de amor y desamor, las series turcas han demostrado que la cultura también viaja. Al hacerlo, deja una huella imborrable en la economía global.

Así que, la próxima vez que se siente a ver una serie, recuerde que no solo está viendo una historia; está, sin saberlo, soñando con un nuevo destino. Y tal vez, solo tal vez, ese sueño lleve a su próxima gran aventura, donde el protagonista será usted.


Diana Laura Núñez Ornelas, estudiante de Negocios Internacionales y becaria honorífica, ha participado en la redacción de este artículo.

The Conversation

Juan Martín Flores Almendárez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La industria audiovisual convierte a Turquía en un destino de telenovela – https://theconversation.com/la-industria-audiovisual-convierte-a-turquia-en-un-destino-de-telenovela-264948