The author did some of her fieldwork at the Algodones Dunes in California.Ryan Ewing
Our two-person team loaded the car with a GPS, a drone, notebooks, sample bags, a trowel and a flat spatula lovingly called a scoopula. Then we drove 30 minutes in our rented truck from Yuma, Arizona, to the Algodones Dunes, a sandy field bordering California, Arizona and Mexico. The day was sunny, with a strong breeze. Turning off the highway, we carefully headed onto a gravelly path that acted as our road.
After making decent – if bumpy – progress, we pulled off onto the sand flats and drove slowly toward the dunes, worried we might get stuck in the sand. Having arrived on the outskirts of the Algodones, we stopped and loaded our backpacks, then set off into the desert on foot.
The coarse- and fine-grained sand at the Algodones Dunes. Lauren Berger
It was November 2022. As a graduate student at Texas A&M University, I was beginning part of my Ph.D. research with my adviser, geology professor Ryan Ewing. We were looking for coarse-grained sand ripples, which are patterned piles of sand shaped by wind. Sand ripples and sand dunes are types of aeolian bedforms, which are wind-created geologic features.
Two sizes of the same bedform, such as small dunes on top of big dunes, are called compound bedforms. I study compound bedforms at two scales – the meter- and centimeter-sized coarse-grained ripples at the dunes here on Earth, and the kilometer- and meter-sized dunes on Mars.
At the Algodones, I measured the height of each large coarse-grained sand ripple and the distance between neighboring ripples. Then we flew our drone low and steady, above the ripples, to create high-resolution images. The drone data allows us to do further measurements on the ripples later, back at my desk.
On that day, I learned an essential rule of fieldwork in the desert: Don’t forget a shovel. Otherwise, if your vehicle gets stuck, as ours did, you’ll have to dig it out by hand. Luckily for us, a dune buggy driver passing by helped us out and we were able to get back to Yuma in time for dinner.
High-resolution drone images of the sand ripples at Algodones. Lauren Berger
My introduction to Mars
I first became interested in aeolian bedforms during my sophomore year of college, when I interned at the NASA Jet Propulsion Laboratory. My job was to view surface images of Mars and then map the sand ripples in the regions where Perseverance, the Mars rover, might land. I assessed the areas where ripples could be hazards – places where the rover could get stuck in the sand, the way our rental truck did in the Algodones.
I mapped those sand ripples on Mars for two years. But while I mapped, I became fascinated with the patterns the ripples made.
Now, as a graduate student and aspiring planetary geologist, my time is split between work in the field and at my computer, where I have stitched together the drone’s photographs of the Algodones to create a large image of the entire study area. I then look for compound dunes on the Martian surface in images taken by the Mars reconnaissance orbiter’scontext camera.
Scientists already know about Earth’s weather patterns, sand grain size and wind data. By measuring different parts of bedforms on both planets – such as their height, shape and spacing – I can compare the similarities and differences of the bedforms to find clues to the wind patterns, grains and atmosphere on Mars. Slowly but surely, as I listen to Studio Ghibli soundtracks, I’m creating the first database of compound dunes on Mars.
Two dune fields on Mars, both inside an impact crater. NASA/JPL-Caltech
Developing this database is essential to the proposed human mission to Mars. Dust storms are frequent, and some can encircle the entire planet. Understanding aeolian bedforms will help scientists know where to put bases so they don’t get buried by moving sand.
It is wonderful to spend an afternoon ping-ponging all over a planet that’s 140 million miles from us, seeing gorgeous terrain while I try to answer questions about the compound dunes on Mars. How common are they? Where do they form? How do they compare to those on Earth? I hope to answer these questions as I work toward earning my Ph.D in geology.
Lauren Berger receives funding from NASA FINESST. Lauren Berger would like to acknowledge the help of her mentors Dr. Ryan Ewing (NASA Johnson Space Center), Dr. Marion Nachon (Texas A&M University), and Dr. Julia Reece (Texas A&M University).
Dans la Rome antique, les bains publics étaient au centre de la vie sociale des Romains, mêlant convivialité, plaisir et pouvoir impérial. Ils jouaient aussi un rôle important dans l’hygiène générale et étaient ouverts à tous, sans distinction de classe sociale, aux hommes comme aux femmes (dans des parties ou à des horaires différents). Plongée dans l’histoire fascinante – et contrastée – des thermes romains.
Dans les vastes ruines des thermes de Caracalla, à Rome, des centaines de mouettes tournent en rond. Leurs cris obsédants font écho aux voix d’il y a 1 800 ans. Aujourd’hui, la coquille vide de ce qui fut l’un des plus grands complexes de bains de Rome est pratiquement déserte, accueillant occasionnellement des représentations d’opéra.
Mais à quoi ressemblaient les thermes de la Rome antique à l’époque ? Et pourquoi les Romains aimaient-ils tant les bains publics ?
Des thermes partout
Lorsque j’ai vécu à Rome pendant près d’un an, j’ai remarqué les vestiges d’anciens bains (thermae en latin) un peu partout.
Pratiquement tous les empereurs en ont construit, et au milieu du quatrième siècle, la ville comptait 952 bains publics.
Les plus grands étaient les thermes construits par l’empereur Dioclétien (284-305). Environ 3 000 personnes par jour pouvaient se baigner dans ce complexe de 13 hectares.
Ces thermes, comme la plupart des autres, contenaient une salle des bains chauds (le caldarium), chauffés par un ingénieux système de conduits d’air dans les murs et les sols. Le sol était tellement brûlant qu’il fallait porter des claquettes en bois.
Elle conduisait à une salle des bains tièdes (le tepidarium), qui formait comme un sas avant que les baigneurs ne pénètrent dans la salle froide, le frigidarium, avec son bassin d’eau froide. Une piscine extérieure de 4 000 mètres carrés constituait l’élément central du bâtiment.
Les thermes publics comportaient également des terrains de sport, des salles de jeux de balle, des salons de coiffure et de rasage, des bibliothèques, des restaurants et des bars.
Aujourd’hui les thermes de Caracalla sont le plus ouvent vides. Wirestock/Getty
« Les bains, le vin et le sexe font que la vie vaut la peine d’être vécue »
Il décrivit les activités dans les thermes qui pouvaient être bruyantes :
« Imagine toutes les sortes de voix qui peuvent te faire prendre tes oreilles en haine ; lorsque les sportifs s’exercent et travaillent aux haltères, pendant leur effort, ou leur semblant d’effort, j’entends des gémissements, et, chaque fois qu’ils reprennent haleine, c’est un sifflement et une respiration aiguë. Ajoute encore les gens qui sautent dans la piscine au milieu d’un fracas d’eau éclaboussée. Mais en plus de ces gens-là, dont la voix est au moins normale, imagine la voix aiguë et aigre des épileurs, qui veulent se faire ainsi mieux entendre, et poussent tout d’un coup des cris, sans se taire jamais, sinon lorsqu’ils épilent une aisselle et alors, font crier les autres à leur place. Et puis, les cris variés du pâtissier, et le marchand de saucisses, et le vendeur de petits pâtés, et tous les garçons de taverne qui annoncent leur marchandise avec une mélopée caractéristique. »
Un récit du IVe siècle de notre ère décrit comment les aristocrates arrivaient parfois aux thermes accompagnés de 50 serviteurs.
Certaines parties des thermes étaient réservées à ces riches visiteurs, qui se paraient de leurs plus beaux vêtements et de leurs bijoux les plus précieux.
Les grands complexes de bains publics étaient construits et financés par de richissimes Romains ou par l’empereur, mais il existait une foule de petits bains privés. L’entrée était souvent gratuite pendant les festivités publiques et les campagnes politiques, et généralement bon marché le reste du temps. Ainsi, toutes les classes sociales pouvaient profiter des bains.
Les femmes et les hommes se baignaient séparément et utilisaient les bains à différents moments de la journée. Certains bains publics comportaient des zones réservées aux femmes. Le médecin Soranos d’Éphèse, qui a écrit un traité de gynécologie au deuxième siècle de notre ère, recommandait aux femmes de se rendre aux bains pour se préparer à l’accouchement.
Dans une ville surpeuplée et polluée comme Rome, les bains étaient un havre de paix. L’eau chaude, les odeurs d’onguents parfumés, les massages et l’environnement thermal étaient autant de plaisirs auxquels chacun pouvait s’adonner.
Une inscription du premier siècle de notre ère déclarait que
Les bains, le vin et le sexe font que la vie vaut la peine d’être vécue.
Les bains et la triste réalité de l’esclavage
Les bains étaient le théâtre d’une vie sociale intense, des lieux privilégiés de rencontres et d’échanges, et ils permettaient à ceux qui le souhaitaient d’exhiber leur corps et tous leurs attributs.
Certains vestiges archéologiques montrent même que l’on pouvait s’y faire nettoyer les dents.
Derrière ces images séduisantes se cachait toutefois la triste réalité de l’esclavage. C’est aux esclaves que revenait de faire le sale boulot dans les bains.
Ils nettoyaient les salles et les âtres, vidaient les toilettes et veillaient à l’écoulement des eaux.
Les esclaves se rendaient aux bains avec leurs maîtres, qu’ils frictionnaient avec de l’huile et dont ils nettoyaient la peau avec des strigiles, sorte de racloir en bronze pour la peau. Ils pénétraient dans les bains par une entrée séparée.
Les bains dans l’ensemble de l’Empire
Les bains étaient populaires dans toutes les villes de l’Empire romain. Le complexe des thermes de la ville de Bath (Somerset, Angleterre), qui a été sous domination romaine pendant des centaines d’années et s’appelait autrefois Aquae Suliss, en est un exemple célèbre. Une source d’eau chaude naturelle alimentait ces bains qui honoraient la déesse Sulis-Minerve.
Des vestiges de thermes similaires ont été découverts en Afrique du Nord, en Espagne et en Allemagne.
D’ailleurs les vastes vestiges d’un bain romain à Baden-Baden en Allemagne sont parmi les plus impressionnants.
De même, à Tolède, en Espagne, un complexe de bains publics romains mesurant près d’un hectare a été découvert.
Des bains étaient souvent construits dans les camps militaires pour assurer le confort des soldats pendant leur service. Des vestiges de bains militaires ont ainsi été découverts dans tout l’Empire. Des chercheurs ont découvert et fouillé les bains du camp militaire du mur d’Hadrien, un mur construit pour défendre la frontière nord de l’Empire romain, dans ce qui est aujourd’hui la Grande-Bretagne moderne.
Les bains de Chester comprennent des salles chaudes (caldaria), des salles froides (frigidaria) et une salle de sudation (sudatoria), semblable à un sauna.
Une longue histoire
Les Romains n’ont pas été les premiers à utiliser des bains publics. Leurs ancêtres grecs en avaient déjà. Mais les Romains ont étendu les bains publics à l’ensemble de l’Empire. Ils sont devenus un marqueur de la culture romaine partout où ils allaient.
Les bains publics ont perduré pendant la domination musulmane et sont redevenus très populaires sous l’Empire ottoman, qui a duré de 1299 à 1922. Les hammams (bains) turcs restent une institution publique importante à ce jour et ils sont un héritage des Romains. Istanbul compte encore 60 hammams en activité.
Les thermes romains ne se distinguaient pas seulement par leur ingéniosité technique, leur remarquable architecture et leur raffinement, ils créaient aussi du lien social entre des individus de tous horizons et étaient le cœur vibrant de la vie de Rome antique. Lorsque les mouettes tournent au-dessus des thermes de Caracalla à Rome, leurs cris obsédants nous relient à ce monde d’échanges, de mélanges et de plaisirs.
Peter Edwell a reçu des financements du Australian Research Council.
Source: The Conversation – in French – By Anne Morise, Coordinatrice scientifique au sein de l’Unité d’évaluation des risques liés à la nutrition, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses)
La réglisse se retrouve non seulement dans les confiseries, mais aussi dans de nombreux autres aliments, sans que les consommateurs ne le sache.Nik/Unsplash, FAL
Une consommation excessive de réglisse peut s’accompagner d’effets indésirables potentiellement graves, notamment une hypertension pouvant mener à des complications cardiovasculaires. Or, de nombreux aliments contiennent des extraits de réglisse.
Pour la plupart d’entre nous, le mot « réglisse » évoque des bonbons de couleur noire, ou, pour les plus âgés, de courts bâtons bruns vendus au comptoir des pharmacies.
Mais la réglisse n’est pas utilisée seulement en confiserie. On trouve certains de ses constituants dans de nombreux produits alimentaires. Or, une consommation excessive peut mener à une diminution de la teneur en potassium dans le sang, ainsi qu’à une hypertension pouvant entraîner des complications cardiovasculaires.
Ces dernières années, plusieurs cas d’effets indésirables associés à la consommation de réglisse ont été enregistrés par les centres antipoison français ainsi que par le dispositif de nutrivigilance de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
Des extraits de réglisse dans de nombreux aliments
Originaire du sud-est de l’Europe à l’Asie centrale, la réglisse est une plante herbacée qui peut atteindre 1,5 m de haut. Elle est consommée depuis l’Antiquité, Grecs et Romains lui prêtant des vertus médicinales.
Parmi les nombreuses espèces de réglisse identifiées, seules trois sont utilisées dans les produits commerciaux : Glycyrrhiza glabra (la réglisse « européenne », typiquement cultivée sur ce continent), Glycyrrhiza uralensis et Glycyrrhiza inflata, ces deux dernières espèces étant connues sous le nom de « réglisse chinoise ». En France, seules Glycyrrhiza glabra et Glycyrrhiza uralensis figurent sur la liste des plantes autorisées dans les compléments alimentaires.
On extrait des racines de la réglisse (qui sont en réalité des rhizomes, des tiges souterraines dotées de racines) une substance aromatique. De nos jours, ces extraits constituent l’utilisation principale de la réglisse : ils sont notamment employés pour aromatiser des confiseries et des boissons anisées, qu’elles soient alcoolisées ou non (par exemple le pastis, avec ou sans alcool). La réglisse est également présente dans certaines tisanes « digestives », ainsi que dans des compléments alimentaires.
Par ailleurs, l’un de ses constituants, l’acide glycyrrhizique (un édulcorant 50 à 100 fois plus sucré que le sucre raffiné) est aussi autorisé au niveau européen comme arôme alimentaire, tout comme son sel d’ammonium (code E958). On retrouve ces arômes dans divers aliments sucrés ou salés : produits laitiers, de boulangerie, glaces, confiserie, charcuterie, produits de la pêche, etc.
C’est justement l’acide glycyrrhizique qui est à l’origine d’effets indésirables, lesquels surviennent le plus souvent en cas de consommation excessive et/ou régulière.
Des effets indésirables qui peuvent être graves
Entre 2012 et 2021, plusieurs dizaines de cas d’effets indésirables associés à la consommation de réglisse ont été déclarés, concernant 62 adultes et 2 enfants. Les produits consommés étaient principalement des boissons (8 cas dûs à des tisanes, 32 à d’autres boissons non alcoolisées, 7 à des boissons alcoolisées), suivies par des confiseries (14 cas) et des compléments alimentaires (2 cas).
Ces intoxications sont dues à l’acide glycyrrhizique contenu dans la réglisse. Une fois absorbé, il donne naissance dans l’intestin à des métabolites, notamment l’acide glycyrrhétique. Ce dernier va mimer l’action d’une hormone, l’aldostérone, impliquée dans la régulation du volume sanguin et de la pression artérielle. L’aldostérone agit notamment au niveau rénal, en augmentant la réabsorption du sodium vers le sang. Cela induit une augmentation de la pression artérielle.
Le résultat est un syndrome appelé pseudohyperaldostéronisme. Les conséquences de ce dernier sont similaires à une augmentation des niveaux d’aldostérone. Il se traduit par une augmentation des concentrations de sodium dans le sang qui peut mener à une hypertension pouvant entraîner des complications cardiovasculaires), ainsi que par une diminution de la teneur en potassium sanguin (hypokaliémie), pouvant provoquer des troubles du rythme cardiaque.
Le plus souvent, l’hypokaliémie et l’hypertension se manifestent par des maux de tête, des crampes, des douleurs musculaires, mais elles peuvent aussi être asymptomatiques. Lorsqu’elles sont sévères, elles peuvent toutes deux engendrer des troubles du rythme cardiaque.
C’est souvent le médecin traitant qui, au cours d’une consultation du fait de symptômes ou lors d’une consultation de routine, constate une hypertension. Il peut alors interroger son patient et lui conseiller de réduire sa consommation de réglisse. Dans les rares cas les plus extrêmes, c’est-à-dire en cas de troubles cardiaques, les patients sont généralement adressés aux urgences, où ils sont pris en charge.
Surveiller sa consommation
En s’appuyant sur les études menées chez l’être humain, l’Anses a défini un repère toxicologique (appelé valeur toxicologique indicative) pour l’acide glycyrrhizique. Sa valeur a été fixée à 0,14 mg par kg de poids corporel et par jour, soit environ 10 mg/j pour un individu de 70 kg. Cette valeur toxicologique indicative a ensuite été comparée au niveau de consommation de la population.
La teneur en acide glycyrrhizique des aliments n’étant pas connue, pour évaluer les apports de la population, les experts de l’Anses ont dû faire des hypothèses. Ils ont choisi de considérer les teneurs maximales d’acide glycyrrhizique autorisées par la réglementation comme étant les teneurs dans les aliments (de ce fait, lesdites teneurs sont probablement surestimées, et par conséquent le risque de dépassement du repère toxicologique l’est également).
De ces estimations d’apport, il ressort que 75 % des adultes et 95 % des enfants ne sont pas exposés à l’acide glycyrrhizique par l’alimentation courante, hors compléments alimentaires. L’exposition moyenne de la population générale est faible : elle serait d’environ 0,07 et 0,009 mg d’acide glycyrrhizique par kilogramme de poids corporel et par jour, chez les adultes et les enfants respectivement. Des valeurs qui se situent en deçà du repère toxicologique.
La situation est cependant différente si l’on considère uniquement les personnes, peu nombreuses, qui consomment des produits contenant de la réglisse. Leur exposition est beaucoup plus élevée que celle du reste de la population : on l’estime à environ 0,5 mg d’acide glycyrrhizique par kilogramme de poids corporel et par jour pour les adultes, et 0,2 mg d’acide glycyrrhizique par kilogramme de poids corporel et par jour pour les enfants.
Cela signifie que 60 % de ces adultes et 40 % de ces enfants consommateurs dépassent le repère toxicologique et s’exposent donc à un risque.
Chez les adultes, les principaux aliments vecteurs d’acide glycyrrhizique sont les boissons alcoolisées (environ 65-70 %), les confiseries (environ 16-18 %) et les thés et tisanes (environ 7-16 %). Chez les enfants, les aliments concernés sont les confiseries (un peu plus de 75 %), les thés et tisanes (environ 13-16 %) et les boissons rafraîchissantes sans alcool (environ 5 %).
Des risques d’interactions médicamenteuses
Au-delà de son effet sur le pseudohyperaldostéronisme, la réglisse peut interagir avec plusieurs classes de médicaments.
Du fait de son action hypokaliémante, la réglisse interagit avec les médicaments présentant un effet hypokaliémant comme les diurétiques hypokaliémiants, les laxatifs stimulants ou les glucocorticoïdes, ce qui accroît le risque d’hypokaliémie.
L’hypokaliémie favorisant l’apparition de troubles du rythme cardiaque, la réglisse peut également augmenter dangereusement le risque d’effets indésirables sévères de médicaments utilisés dans le traitement de l’insuffisance cardiaque ou de certaines tachycardies (elle peut notamment accroître le risque d’effets indésirables de la digoxine, un médicament utilisé dans des cas d’insuffisance cardiaque grave).
Du fait de son action hypertenseuse, la réglisse interagit aussi avec les médicaments antihypertenseurs en limitant leur efficacité.
Enfin elle peut interagir avec les médicaments susceptibles d’engendrer des troubles du rythme cardiaque appelés « torsades de pointes », augmentant leur risque de survenue.
Conduite à tenir
Dans ce contexte, il est recommandé aux amateurs de produits contenant de la réglisse d’éviter de cumuler la consommation des aliments qui en contiennent (boissons de type pastis alcoolisées ou non, sirops, confiseries, tisanes ou compléments alimentaires, etc.).
En cas de pathologies cardiaques (notamment d’hypertension) ou rénales, d’insuffisance hépatique ou d’hypokaliémie, de grossesse ou d’allaitement, il faut signaler toute consommation de réglisse aux professionnels de santé. Le même conseil s’applique en cas de doute relatif à d’éventuelles interactions médicamenteuses.
L’Anses recommande également aux médecins, pharmaciens et diététiciens d’interroger les personnes répondant aux critères mentionnés précédemment quant à leur consommation de réglisse sous toutes ses formes, y compris les compléments alimentaires.
Enfin, les experts de l’agence préconisent la mise en place d’un étiquetage destiné à informer les usagers de la présence de réglisse ou d’acide glycyrrhizique dans les produits de consommation.
ion. Il peut alors sont généralement ,
Anne Morise ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Pays parmi les plus arides d’Afrique, la Namibie recycle ses eaux usées en eau potable depuis 1968. Pour pallier le manque d’eau, d’autres pays l’ont imité ou songent désormais à le faire, explique Julie Mendret, de l’université de Montpellier.
Les anglophones l’appellent « toilet-to-tap water », soit littéralement l’eau qui retourne au robinet depuis la cuvette des WC. Quoique peu engageante, l’expression permet de poser les enjeux de la réutilisation des eaux usées, une piste sérieuse pour de plus en plus de villes ou de pays autour du monde, de Bangalore à Los Angeles.
Le pionnier namibien
En la matière, le pays pionnier reste la Namibie. Sa capitale, Windhoek, est quasi dépourvue de ressources en eau du fait de sa latitude désertique où la rare eau de pluie s’évapore de façon quasi immédiate.
En 1968, la ville, alors sous domination sud-africaine, voyait sa population grandir à un rythme impressionnant. C’est alors qu’elle a commencé à potabiliser ses eaux usées. Aujourd’hui, c’est 30 % des eaux usées qui sont ainsi recyclées, pour un traitement qui dure moins de 10 heures.
Des eaux potabilisées en dix étapes
Windhoek a mis en place une suite de procédés inédite qui compte aujourd’hui 10 étapes. Il comprend des processus physiques pour permettre de créer des flocs, des amas de matière en suspension que l’on pourra ainsi éliminer, mais aussi des processus chimiques comme l’ozonation, qui permet de dégrader de nombreux micropolluants et d’inactiver bactéries, virus et parasites. D’ultimes étapes de filtration biologique (charbon actif) et physique (ultrafiltration membranaire par exemple) complètent le tout, avec des contrôles qualité doublés d’adjonction de chlore pour la désinfection.
L’usine de traitement des eaux usées de Windboek est devenue une attraction qui accueille des visiteurs venus d’Australie ou des Émirats arabes unis, des pays où cette approche pourrait faire des émules. Et pour cause : cela reste moins énergivore et plus respectueux de l’environnement que le dessalement de l’eau de mer, technique la plus répandue dans le monde. Là où le dessalement nécessite entre 3 et 4 kWh par m3, la potabilisation des eaux usées ne consomme qu’entre 1 et 1,5 kWh par m3, tout en ne produisant pas les sels et polluants rejetés par le dessalement.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».
Malgré ces avantages, cette démarche reste peu répandue sur le globe. Plusieurs raisons sont en cause : le coût des infrastructures de traitement d’une part (outre la Namibie, seuls des pays développés ont pu financer de tels projets), et la législation d’autre part. En Europe par exemple, une telle usine ne pourrait être autorisée. Un projet est en cours en Vendée, mais il ne s’agit que de potabilisation indirecte. Reste aussi la barrière mentale liée au fait de boire des eaux usées traitées, qui a fait fermer une usine construite à Los Angeles en 2000 qui avait pourtant coûté 55 millions de dollars.
Pour autant, mieux vaut informer la population en amont, comme à Singapour, où des visites publiques de l’usine et des vidéos du premier ministre de l’époque buvant sereinement l’eau traitée avaient permis de favoriser l’acceptabilité de cette approche.
The multitrillion-dollar bill that President Donald Trump signed into law on July 4, 2025, will change how the U.S. tax code treats charitable donations. It also has several tax provisions that affect some colleges, universities and other nonprofits. The Conversation U.S. asked Daniel Hungerman, an economist who studies charitable activities and public policy, to explain how these tax policies could influence charitable giving and affect nonprofits.
What will change for donors?
The consequences generally vary depending on how much money a donor gives to charity. They also depend on whether a donor claims the standard deduction – as about 90% of U.S. taxpayers have done since the 2017 tax reforms took effect during the first Trump administration – or itemizes their tax returns.
Americans who give a bit more than the typical donor – say, between $5,000 and $20,000 – will see major changes too. In some places, it will become easier for people to deduct more of the amount they pay in state and local taxes from their federal taxes – at least for a few years. Those taxpayers may also deduct their charitable giving from their income when they file their taxes.
But there’s a new catch. People who itemize their taxes can’t claim the charitable deduction unless they give at least the equivalent of 0.5% of their adjusted gross income to charity. For example, someone who earns $100,000 a year would have to donate at least $500 to qualify for this tax break.
Based on my research on tax policies and donations, I don’t expect the $1,000 charitable deduction for taxpayers who take the standard deduction to boost giving. The government has tried this before.
The results were underwhelming both times, for two reasons.
First, the maximum size of those tax breaks was too small in those earlier efforts. Many people were already giving enough to max out this new benefit. When that happens, the government is giving up tax revenue without encouraging people to donate more.
To be fair, there are a couple of reasons that things might be better this time. First, $1,000 in 2025 – or $2,000 for married couples filing jointly – is more money than the $300 deduction in 2020. Also, this time it is permanent. A permanent provision gives charities time to publicize the bill and people time to learn about it.
Another concern with this bill is that Americans who have not given to charity in the past might not begin to open their wallets but will still try to get the new $1,000 charitable deduction anyway by lying about it on their tax returns. There is evidence that a growing number of taxpayers try to game the tax system this way. The only way to stave off that sort of tax evasion would require additional work by the IRS, costing more tax dollars.
This part of the tax law also sends a message that giving is not just for the wealthy, but that everyone can do it and get a tax break for it. That could help halt or reverse a decline in gifts from people who aren’t rich. And it makes me wonder whether a charitable deduction for people who don’t itemize their tax returns will work better this time around.
What’s happening to higher education?
The government will raise its tax on the income earned by the endowments held by some colleges and universities from 1.4% to as much as 8%. The system is complicated and hinges on how large an endowment is per student enrolled. Colleges attended by fewer than 3,000 students don’t have to pay this tax.
Endowments are pooled financial investments that belong to a nonprofit. Those assets usually come from donations, and the income they earn typically flows into the nonprofit’s budget.
Perhaps the most significant change will be a new federal K-12 educational tax credit. Starting in 2027, it will be available to help offset the cost of private K-12 school tuition or other educational expenses, such as homeschooling. If someone makes a $1 gift to a nonprofit scholarship-granting organization – which would then deliver those funds to the school the donor designates – the government will cut their tax bill by $1. This tax credit can be worth up to $1,700 per year.
Many details about how this system would work are yet to be determined.
I believe that this provision could mark another step in the transformation of how private schools are funded in the United States. Beyond that, many private schools are run by churches, and many churches running schools already get large amounts of their funding from vouchers issued by state and local governments. Ultimately, private K-12 education could become an increasing source of revenue for churches.
What about nonprofits that provide social services?
Even if the megabill boosts charitable giving, nonprofits providing social services are likely to find themselves financially squeezed.
That’s because the bill also cuts spending and tightens eligibility restrictions on the Supplemental Nutrition Assistance Program, also known as food stamps, and Medicaid, the public health insurance program that mainly covers people who are low-income or have disabilities.
I have researched the effects of the welfare reforms President Bill Clinton signed into law in 1996. One of my findings was that when the government cut spending on safety net programs by a dollar, charities, including churches, stepped in to provide 25 cents of services or more. But for every extra dollar needed to compensate for lost government spending, donors only gave 5 cents more.
Another concern is that this bill makes permanent increases in the standard deduction – which I’ve found to have historically lowered charitable giving considerably. Perhaps the deduction for people who don’t itemize their tax returns, together with the state-and-local-taxes change, will counteract this trend. But it is certainly possible that Americans will give less to charity starting in 2025 compared with a world where there were no Trump tax reforms at all.
Daniel Hungerman is a professor at the University of Notre Dame, and a Research Associate at the National Bureau of Economic Research.
Source: The Conversation – UK – By Janine Natalya Clark, Professor of Transitional Justice and International Criminal Law, University of Birmingham
The documentary film, Animals in War, tells the story of Russia’s invasion of Ukraine from the point of view of the animals affected by the conflict.Sota Cinema Group
The 2025 Tribeca Film Festival in New York included a world premiere of War Through the Eyes of Animals (also known as Animals in War). The documentary gives an animal-eye view of Russia’s war against Ukraine and features the wartime experiences of several different species, including a cow, a rabbit and a wolf.
Throughout history, animals have been affected by war and exposed to its many dangers. Despite this, war is usually discussed from human-centred perspectives that marginalise animal experiences.
My own work on the Russia-Ukraine war uses sound as a way of thinking about some of the war’s environmental impacts and the experiences of animals. The idea that sound can provide ecological information is not new. Research has shown how the sounds, for example, of plants and animals can tell us a lot about how their environment is changing. What is new is exploring this in the context of war.
Trailer for War Through the Eyes of Animals.
For my research project I interviewed more than 30 Ukrainians, including botanists, ornithologists, herpetologists (who study reptiles and amphibians) and a marine biologist. I also asked them to make short recordings of their local soundscapes.
A scientist working in Tuzlivski Lymany National Park in the Odesa region of southern Ukraine made a recording of Iranian Shahed drones flying over his office and explained that these “abnormal” sounds greatly affect some species of birds.
In 2024, for example, there was a large colony of nesting flamingos in Tuzlivski Lymany. However, noise caused them to abandon their nests, leaving their eggs vulnerable to predators. No chicks were born in the flamingo colony that year. Research in peacetime has found that drones can lead to significant breeding failures among some birds.
A herpetologist, meanwhile, shared his recording of natterjack toads and European tree frogs that he made in the Volyn region of northern Ukraine the year before the start of the full-scale invasion in 2022.
What he wanted to convey was that he may never hear this particular “amphibian chorus” again. The area is close to the border with Belarus, and it is unclear what impact the construction of Ukrainian defensive fortifications has had on local animal and plant life.
I also asked interviewees whether the war has helped nature in any way. In response, they frequently talked about reduced anthropogenic (human-made) pressures on the environment. An example is the ban on hunting, first imposed at the start of the war in eastern Ukraine in 2014.
One interviewee recorded a nighttime summer meadow in Kyiv region and captured the distant sound of a fox calling. The prohibition on hunting has enabled foxes to thrive
Another interviewee made a recording near the Kaniv Nature Reserve in central Ukraine. Alongside birdsong are the barking sounds of roe deer, another species that has benefited from the hunting ban.
Of course, such population increases are not necessarily beneficial to wider ecosystems, as ecologist Aldo Leopold discussed in his classic Thinking like a Mountain (1949). Leopold found that uncontrolled numbers of deer due to the mass killing of wolves in the United States during the first part of the 20th century took a huge toll on the environment. “I have seen every edible bush and seedling browsed”, he wrote”, “first to anaemic desuetude, and then to death”.
The fact that the Russia-Ukraine war has contributed to reducing some anthropogenic pressures does not in any way minimise the enormity of harm done to nature, including forests, soil and marine ecosystems. Yet it is too narrow to think about the environment only in terms of harms done to it.
Nature’s recovery
The Chernobyl Exclusion Zone (CEZ) created following the Chernobyl nuclear disaster in 1986 is often cited as an example of nature’s ability to recover. One of the ornithologists whom I interviewed made a recording of birdsong from within the CEZ, in northern Ukraine.
To emphasise the resilience of nature, one of my interviewees made an audio recording from the Yelanets Steppe Nature Reserve in the Mykolaiv region in southern Ukraine. Against the acoustic backdrop of wind gusting through the grasslands are the repeated calls of the common pheasant.
These sounds of the wild steppe awakening in early spring, the interviewee stressed, are also the sounds of nature getting on with life.
Birdsong is clearly audible in a recording made by soldiers near the frontline in Kharkiv region.
Near frontline. Made by Ukrainian soldiers801 KB(download)
Similarly, birds continued to sing over the trenches during the first world war. Some interviewees also pointed out that certain species of birds, including cormorants, herons and white storks, have adapted to the sounds of war, becoming less sensitive to them.
Justice and reparations
I am particularly interested in the significance of nature’s sounds in the context of transitional justice – and especially reparations.
Discourse on environmental reparations focuses on repairing harms done to nature – and sounds can provide useful insights into some of these harms.
But what is missing from existing scholarship on reparations is attention to some of the ways that ecosystems can and do regenerate and recover. Moving forward, therefore, it is essential to think about how reparations can support (and not disturb) these natural ecosystem processes.
Janine Natalya Clark receives funding for this research from the Leverhulme Trust (RF-2024-137)
A memorial in the town of Stazzema in Italy, site of a brutal Nazi massacre in 1944. Federico Neri/Shutterstock
Across Europe, far-right movements are gaining ground. From the Netherlands, to Germany and Italy, they’re winning seats in parliaments and sometimes joining ruling coalitions. By normalising nationalist rhetoric and challenging democratic institutions, these parties raise comparisons with former periods of fascism on the continent.
Between 1943 and 1945, when Nazi forces occupied northern Italy, ordinary people in towns and villages across the country took up arms against fascism in one of Europe’s largest resistance movements. Now, 80 years later, in many of these same towns, anti-fascist sentiment remains unusually strong.
In this episode of The Conversation Weekly podcast, we speak to political scientist Juan Masullo at Leiden University, who’s been finding out about the enduring legacy of these anti-fascist movements.
The town of Sant’Anna di Stazzema, tucked away in the mountains of Tuscany, is a place haunted by its wartime past. The site of a notorious Nazi massacre during the Italian civil war it’s become a memorial to Italian resistance, and what Massulo describes as a “bastion of anti-fascist, left-wing progressive thinking”.
In 2021, the mayor of Stazzema began collecting signatures from around Italy to a petition calling for a ban on every form of fascist or neo-fascist propaganda. It needed 50,000 signatures to be discussed in parliament, and 240,000 signed it.
Masullo saw this as an opportunity to answer a question about political resistance and its legacy: was there an association between places with a lot of anti-fascist resistance during the war, and places that supported the petition? “We did find out that there was an association,” he told us. And when he began interviewing people in places where the correlation was particularly strong to try and find out why, he said “ these people spend a lot of time memorialising what happened”.
Listen to the full episode of The Conversation Weekly to hear our conversation with Juan Masullo about his research.
This episode of The Conversation Weekly was written and produced by Mend Mariwany with mixing and sound design by Eloise Stevens and theme music by Neeta Sarl. Gemma Ware is the executive producer.
Listen to The Conversation Weekly via any of the apps listed above, download it directly via our RSS feed or find out how else to listen here. A transcript of this episode is available on Apple Podcasts or Spotify.
Juan Masullo has received funding for this research from UNUWIDER and Leiden University. He is affiliated with the University of Milan.
Sous couvert de décarbonation, un projet de réindustrialisation de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, qui héberge des industries lourdes depuis le XIXe siècle, pourrait voir le jour. Il impliquerait notamment la création d’un « hub » d’hydrogène vert. Mais il n’est pas aussi vertueux au plan environnemental qu’il n’y paraît : il entretient la confusion entre décarbonation et dépollution. Surtout, il n’implique pas assez les populations locales dans la prise de décision.
Depuis plus de 200 ans – une durée sans équivalent dans l’ensemble du bassin méditerranéen – le territoire de Fos-étang de Berre, dans les Bouches-du-Rhône, est confronté aux effets des aménagements industriels et portuaires. Depuis presque aussi longtemps, ses habitants s’inquiètent régulièrement des nuisances et pollutions engendrées. Tout ceci dans le cadre d’un rapport de force inégal impliquant riverains, industriels, pouvoirs publics et experts.
Un projet qui implique en réalité une nouvelle densification industrielle de la ZIP, et derrière lequel on retrouve beaucoup d’incertitudes et de non-dits.
Le territoire de Fos – étang de Berre a connu trois grandes phases industrielles depuis le début du XIXᵉ siècle. Chacune d’elles a contribué à créer des emplois et à intégrer ce territoire dans les flux économiques internationaux. Elles ont eu aussi d’importantes répercussions en matière de recompositions démographiques, d’aménagement du territoire mais, elles ont également occasionné des pollutions qui ont marginalisé les activités traditionnelles et mis en danger la santé des ouvriers et des riverains.
Les mobilisations contre la pollution apparaissent dès le début du XIXe siècle, lorsque la production de soude indispensable à la fabrication du savon de Marseille débute : pétitions, manifestations, interpellations des pouvoirs publics, procès, émeutes…
Ces travaux historiques ont souligné le rôle ambivalent dévolu à l’innovation technologique. Elle peut jouer un rôle clé dans la mesure, la compréhension, la dénonciation puis la réduction des pollutions industrielles, mais aussi faciliter leur acceptation. Ceci à cause des discours qui réduisent les enjeux à des aspects techniques véhiculant l’idée que la technologie finira par réparer ce qu’elle a abîmé.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».
Le mythe de l’innovation technologique « salvatrice » favorise ainsi la densification industrielle et la perpétuation du mode de croissance à l’origine de la crise climatique et écologique.
Une « industrie du futur » qui se conjugue au passé
À Fos-sur-Mer, l’avenir de la ZIP se joue sous nos yeux. Il y a la volonté d’amorcer une nouvelle phase de croissance fondée sur des secteurs dits « verts ». Après avoir incarné le productivisme pollueur et le centralisme des Trente Glorieuses, le territoire fosséen deviendrait ainsi une vitrine du green business et un hub de la transition énergétique.
L’écologisation des pratiques entrepreneuriales se voit désignée sous une myriade de concepts : écologie industrielle, circulaire, durabilité, etc. De fait, elle reste surtout associée à la décarbonation, c’est-à-dire à la réduction des émissions de CO2.
Les industries lourdes héritées des « Trente Glorieuses » connaissent, quant à elles, une rupture technique. C’est le cas d’ArcelorMittal (ex-SOLMER), qui abandonne son haut-fourneau au profit d’un four à arc électrique pour la production d’acier « vert ».
Les prophéties économiques continuent de véhiculer un culte du progrès, non plus pour « reconstruire ou moderniser » la France, mais pour l’insérer dans les nouveaux marchés du capitalisme climatique. À l’instar du discours des années 1960, qui faisait alors miroiter la création de quelque 200 000 emplois, il est estimé que la décarbonation de la ZIP générera à elle seule 15 000 emplois.
Présentation du projet à l’occasion de l’ouverture du débat public en avril 2025.
On serait passé de l’aménagement au bulldozer à un processus plus horizontal, participatif et soucieux des aspirations locales. De nouvelles structures de coordination industrielle et de concertation (par exemple PIICTO) ont certes vu le jour. Mais elles n’ont ni permis d’apaiser les inquiétudes des riverains, ni d’amoindrir le rôle de l’État.
Il existe surtout une confusion trompeuse entre décarbonation (baisse des émissions de gaz à effet de serre) et dépollution (industries non polluantes).
Cette idée nourrit des imaginaires sociotechniques qui nous projettent dans des futurs confortables et nous laissent penser que nous allons pouvoir continuer à consommer comme avant. La question des externalités négatives, sociales et sanitaires des activités industrielles n’est jamais vraiment discutée. L’administration s’en remet aux lois en vigueur pour encadrer les débordements des nouvelles usines, traitées individuellement, c’est-à-dire, sans bilan global des émissions et rejets associés aux nouveaux hydrocarbures verts, qui viendraient s’ajouter aux pollutions accumulées depuis plusieurs décennies.
Ceci alors même que les pouvoirs publics n’ont pas réussi à juguler l’existant et que l’époque est à l’allègement des contraintes réglementaires pour un « réarmement industriel » et pour une décarbonation, ces définitions étant laissées à la libre définition des entrepreneurs : l’État intervient pour poser un cadre favorable aux investissements sans exercer ses prérogatives en matière de régulation.
La création d’un « hub de la transition énergétique » tel qu’il est envisagé aujourd’hui n’est pas nécessairement une bonne nouvelle pour les riverains. Elle engendrera un phénomène de « dépendance au sentier » (où les trajectoires possibles pour l’avenir seront influencées par les décisions et développements passés), dont il sera difficile de s’extraire par la suite, même s’il s’avère finalement que ce choix n’était pas judicieux.
D’autant plus que des incertitudes – voire des non-dits – pèsent sur le projet.
Notamment en ce qui concerne la production d’hydrogène « vert » par hydrolyse. Il s’agit d’un procédé coûteux, très gourmand en eau et électricité. Rien ne garantit, à l’heure actuelle, que le procédé sera rentable, ni ne permet de prédire quels emplois seront détruits et lesquels seront sauvés.
Les scientifiques qui s’intéressent aux hubs d’hydrogène pointent ainsi deux écueils qui prolongent les problèmes rencontrés lors de l’industrialisation du territoire Fos-étang de Berre dans les années 1970 :
l’impossibilité de mener des tests à petite échelle qui permettraient de maîtriser une technologie avant de la déployer – et de s’assurer de son efficacité sur les plans industriels, économiques et écologiques,
la mise à l’écart des riverains qui devront vivre avec les conséquences de choix technologiques réalisés pour le très long terme – sans bénéfices directs.
Autre incertitude : la maintenance des pipelines qui devront connecter le hub aux sites de stockage et aux usagers. En effet, la spécificité de l’hydrogène, par rapport à d’autres gaz, est sa faible densité. Il nécessite d’être acheminé avec des précautions particulières, parce qu’il corrode l’acier et fuit à la moindre fissure. Il peut ainsi avoir des effets négatifs sur la couche d’ozone.
Comment parer à ces nouveaux risques ? Conscient de ces problèmes, le Département de l’énergie (DoE) américain a provisionné 8 millions de dollars pour les surveiller.
Surtout, la production d’hydrogène repose aussi sur la disponibilité en électricité et en eau, des ressources dont l’accaparement n’est pas assez problématisé.
Pour répondre aux besoins d’électricité, il faudra envisager un raccordement électrique au nucléaire de la vallée du Rhône. Ainsi, la décision de construire une ligne à très haute tension (THT) entre Fos-sur-Mer et Jonquières Saint Vincent, dans le Gard, aggrave la colère de ceux qui pensaient que le zonage des années 1960 suffirait à sanctuariser la Crau et la Camargue. Or, ces lignes font courir aux écosystèmes des risques d’incendie, sans parler des problèmes de maintenance qui peuvent survenir lorsque la température extérieure dépasse 35 °C.
La région est régulièrement en situation de stress hydrique). Pourtant, certains ingénieurs arguent que l’eau ne sera plus un problème lorsque le projet visant à amener par voie souterraine les eaux de turbinage de la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas jusqu’à la ZIP de Fos, d’un coût de plusieurs milliards d’euros, aura été réalisé. Ils oublient toutefois, de façon commode, d’évoquer la question des transferts de vulnérabilité qui en découleront : réduction à venir des débits des rivières, sécheresses de plus en plus fortes et fréquentes…
Quelle place pour le débat démocratique ?
Cette débauche de solutions technologiques est-elle compatible avec les objectifs de transition affichés ? On peut aussi se demander si leur adoption est aussi démocratique que ce que leurs promoteurs voudraient croire.
La Commission nationale du débat public (CNDP) a pu, après hésitation des autorités et grâce à la pression exercée par les riverains mobilisés contre la ligne THT, organiser la consultation. Mais ses conclusions, aussi intéressantes soient-elles, ne seront pas contraignantes. L’expertise scientifique et citoyenne locale, développée depuis quarante ans du fait de la cohabitation subie avec les pollutions, ne sera très certainement pas intégrée au processus de décision. Aux riverains d’accepter ce qu’on leur propose, au nom d’un intérêt général conforme aux visées d’une poignée d’acteurs politico-économiques dominants – au risque d’un conflit social potentiellement dur.
Tout porte à croire, alors que les défis climatiques et écologiques sont majeurs, que ce bégaiement de l’histoire ne permettra pas d’accoucher d’une transition véritablement robuste et juste. Pour cela, il faudrait qu’elle adopte une dimension réflexive et réellement partagée entre tous quant à ses conséquences sociales, économiques, sanitaires et environnementales.
Christelle Gramaglia est membre du Conseil scientifique de l’Institut écocitoyen pour la connaissance des pollutions de Fos (instance consultative)
Xavier Daumalin a reçu des financements de l’ANR
Béatrice Mésini, Carole Barthélémy et Fabien Bartolotti ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.
Source: The Conversation – UK – By Nik Georgopoulos, Associate Professor in Cell Biology and Transforming Lives Fellow, Sheffield Hallam University
Hair loss is one of the most feared and traumatic side effects of cancer chemotherapy treatment, both for patients themselves and their loved ones, as it can visibly represent the “face of cancer”.
For most patients, maintaining their hair is not just about vanity – it’s about identity, dignity and control. That’s why scalp cooling caps, or (cold caps), often worn during chemotherapy, have become an increasingly common sight in cancer wards.
Chemotherapy drugs work by killing rapidly dividing cancer cells – unfortunately, they cause collateral toxicity to rapidly dividing healthy cells in our body, like those in the roots of our hair. This leads to hair follicle damage and ultimately, hair loss.
Automated scalp cooling devices are used to chill the scalp just before, during and for a short time after chemotherapy treatment. Our previous research showed that cooling works through several mechanisms. It reduces blood flow to the scalp, meaning less of the drug reaches the hair follicles.
It lowers cell activity and metabolism, which makes hair cells less likely to react to chemotherapy. Also, cooling directly stops drugs from entering follicle cells. But despite its potential, scalp cooling doesn’t work for all patients. Until now, we didn’t really know why.
Our new research shows that temperature precision might be fundamental in the ability of scalp cooling to prevent hair loss. We used human hair follicles grown as “mini organs” in the lab to simulate what happens during chemotherapy.
When we treated hair follicles with chemotherapy drugs, we found that cooling, quite remarkably, can prevent the toxic effects of chemotherapy drugs. However, there is a catch: it only works if hair follicles are cooled to the right level. If not, the protection is not adequate to “rescue” them from the toxicity of chemotherapy.
More specifically, when cooled to an optimal temperature of 18°C, hair follicles were completely protected from chemotherapy drug-induced damage. However, when the temperature was higher – say, 26°C – the protection dropped dramatically. This finding may explain why scalp cooling doesn’t work for all patients. In real-world settings, scalp temperature can vary due to differences in equipment, head shape, blood flow, or hair type. Some patients may not reach the “protective threshold”.
But, here’s the exciting part: if the temperature isn’t cold enough, we have found a way to compensate for this by adding antioxidants, and that makes a huge difference. Together, cooling and antioxidant form a strong protective combination – offering hair follicles a powerful, double layer of defence.
So, how do the antioxidants help? Chemotherapy drugs generate harmful molecules called reactive oxygen species, or ROS, which contribute to cell damage. By adding antioxidants like N-Acetylcysteine or Resveratrol – even at sub-optimal cooling temperatures – we saw a remarkable improvement in protection. In fact, the combined effect of antioxidants and moderate cooling mimicked the protection seen with optimal cooling alone.
Although our study was conducted in the lab, it paves the way for improving the outcomes for patients undergoing chemotherapy. The findings suggest that combining antioxidants with existing scalp cooling could make the treatment more reliable and accessible.
We’re now developing a topical antioxidant treatment designed to reach the vulnerable parts of hair follicles in the scalp. The idea is to apply this lotion during scalp cooling, to boost the follicle’s defenses. Clinical trials are being planned to test this combined approach in patients.
Our new research is a milestone, because with the help of antioxidants, we may now be able to offer effective scalp cooling-based hair protection more widely and more consistently – even when conditions aren’t perfect. The combinatorial approach is based on over a decade of research into how chemotherapy damages hair – and how that damage can be stopped.
Hair loss during chemotherapy is deeply distressing. If we can improve the tools we already have, such as scalp cooling, and make them work better for more people, we can help preserve not just hair, but dignity, normality and quality of life during an incredibly difficult time.
The future of supportive cancer care isn’t just about treating the disease. It’s also about helping people feel like themselves and maintain their dignity while they fight it. This new approach has the potential to “change the face of cancer” for patients worldwide.
Nik Georgopoulos is a member of the scientific advisory board of Paxman Coolers Ltd, but receives no consultancy-related income. He holds a research collaboration with and his laboratory receives funding from Paxman Coolers Ltd.
Jardin partagé de l’Astéroïde à Rouen.Ouiam Fatiha Boukharta, Fourni par l’auteur
Dans les villes post-industrielles comme Rouen, la cohabitation historique entre ville et industrie est à réinventer. Il s’agit de concilier les enjeux de la relocalisation industrielle, les nouvelles attentes de la société et les exigences de la transition écologique, notamment en termes de végétalisation urbaine.
Les villes contemporaines font face à de nouveaux enjeux, en apparence contradictoires. Il y a d’abord la nécessité de relocaliser la production industrielle près des centres urbains, mais aussi l’importance de reconstruire des espaces verts pour améliorer le bien-être des habitants et maintenir la biodiversité. Enfin, il faut désormais rationaliser le foncier dans l’optique de l’objectif « zéro artificialisation nette ».
C’est pour explorer ces défis que nous avons mené des recherches interdisciplinaires à l’échelle d’une agglomération concernée par ces défis, Rouen. Nos résultats mettent en avant la notion de « requalification territoriale » et soulignent la condition fondamentale de son succès : que le territoire urbain soit étudié de manière globale, en tenant compte de ses caractéristiques géohistoriques et environnementales. Celles-ci doivent être évaluées, à différentes échelles, à l’aune de différents indicateurs de soutenabilité.
Les villes post-industrielles, un contexte particulier
La notion de villes post-industrielles désigne des territoires urbains qui ont connu un fort mouvement de reconversion industrielle, ce qui a transformé l’allocation foncière. Ces territoires industriels en milieu urbain se trouvent par conséquent face à des enjeux complexes, mais présentent aussi un potentiel en matière de durabilité du fait de quatre caractéristiques :
ils sont dotés de nombreuses friches disponibles, mais qui peuvent être polluées ;
de nouvelles industries y émergent, mais ont des besoins fonciers de nature différente ;
la densité urbaine y est forte, avec une imbrication des espaces industriels et des zones d’habitation ;
les populations se montrent défiantes, voire opposées aux activités industrielles, tout en ayant des demandes sociétales fortes, comme la création de zones récréatives (espaces verts) ou d’atténuation des chocs climatiques (lutte contre les îlots de chaleur) ;
Ce contexte spécifique a plusieurs implications pour ces territoires, qui ont chacun leur particularité. En raison de la densité d’occupation des villes européennes et de la concurrence pour le foncier, on ne peut laisser les friches – issues en grande partie de la désindustrialisation – occuper de précieux espaces.
Pour suivre au plus près les questions environnementales, retrouvez chaque jeudi notre newsletter thématique « Ici la Terre ».
La requalification de ces lieux doit donc être mise au service de la lutte contre l’étalement urbain. Cela permet de redensifier les activités et de reconstruire la « ville sur la ville ». Mais aussi « l’usine dans la ville », car se pose en parallèle la nécessité de relocaliser notre industrie pour accroître notre souveraineté et réduire notre dépendance externe.
Or, celle-ci doit tenir compte des enjeux d’une transition durable. Ce nouveau développement industriel et territorial, pour être plus vertueux que dans le passé, doit être envisagé dans une perspective de transition durable. Il lui faut aussi intégrer les attentes diverses de la population urbaine (bien-être, environnement sain, emploi et refus des nuisances).
Les acteurs de l’aménagement du territoire, qui se heurtent souvent à la suspicion des habitants vis-à-vis des industriels et des institutions gouvernementales, doivent donc veiller à maintenir équilibrée cette cohabitation historique entre ville et industrie.
Elle se distingue par ses plus de 400 friches urbaines. Historiquement implantées à proximité de l’ancienne ville (actuel centre), elles ont été rattrapées par l’expansion urbaine et se trouvent aujourd’hui encastrées dans les territoires habités, près du cœur de l’agglomération.
En nous appuyant sur cet exemple, nous avons identifié trois conditions fondamentales pour requalifier de façon durable ces espaces industriels urbains et y déployer des infrastructures vertes adaptées :
les initiatives doivent tenir compte des spécificités géohistoriques des territoires,
envisager diverses échelles d’analyse,
et être conçues à l’aune d’indicateurs de durabilité qui intègrent la diversité des acteurs impliqués.
Le potentiel des friches urbaines
La recherche, menée à Rouen, est fondée sur des outils de système d’information géographique (SIG), des outils d’analyse fondée sur plusieurs critères et enfin des outils de modélisation. Elle propose un dispositif pour guider les décideurs de l’aménagement du territoire et les chercheurs dans l’identification et la priorisation des friches susceptibles d’être transformées en infrastructures vertes.
Le modèle propose une approche systématique de prise de décision pour éviter une répartition aléatoire. Il couple les caractéristiques locales des friches urbaines et les demandes environnementales au niveau territorial, par exemple lorsqu’une ancienne zone industrielle se trouve valorisée par un projet d’agriculture urbaine. Cette étape initiale aide à créer différents scénarios de projets de requalification des friches.
Par la suite, il s’agit d’identifier les parties prenantes, les porteurs de projets d’agriculture urbaine et les associations de quartiers afin de les engager dans le processus de décision. Pour cela, l’utilisation des méthodes participatives est essentielle pour répondre à la demande d’information des riverains et faciliter la participation des acteurs territoriaux.
Par exemple, le projet « Le Champ des possibles » a permis d’impliquer les habitants de la zone via une association dans une démarche combinant aspects éducatifs (jardinage) et visites récréatives. L’investissement local a été facilité par un appel d’offres de la ville, de manière à créer une gouvernance partagée.
Des projets d’agriculture urbaine
Forts de ces constats, nous avons pu dans le cas de notre recherche à Rouen, passer au crible d’indicateurs de durabilité un ensemble de projets d’agriculture urbaine implantés depuis les années 2013 à 2018. L’objectif était d’identifier dans quelles conditions ils pourraient s’inscrire dans de la requalification de friches industrielles et participer à une transition durable.
Nous en avons conclu que deux grandes exigences étaient à remplir : d’un côté, s’appuyer sur des indicateurs de soutenabilité (économique, sociale et environnementale), de l’autre garantir que la gouvernance des projets se fasse en lien avec les différents acteurs territoriaux du milieu urbain.
En l’occurrence, de telles opérations de requalification via l’agriculture urbaine de territoires industriels en déshérence ou sous-utilisés ont généré des bénéfices en matière d’éducation à l’environnement et à l’alimentation, d’intégration des populations et de réduction des fractures territoriales. Cela permet également de développer la biodiversité des espaces renaturés.
Des liens à réinventer entre ville et industrie
Les territoires industriels, passés (sous forme de friches) ou présents ont incontestablement leur place dans la ville de demain. Mais celle-ci doit prendre en compte de manière plus contextuelle les enjeux locaux actuels.
L’exemple de Rouen révèle que les liens entre la ville et ses territoires industriels doivent sans cesse se réinventer, mais que la situation contemporaine place les exigences de durabilité au premier plan.
Les opérations de qualification des territoires urbains supposent une planification stratégique et minutieuse. Elle doit s’appuyer sur des processus de décision plus clairs et plus justes qui requièrent, outre les aspects techniques et réglementaires, une logique « bottom up », plus ascendante.
Les démarches de qualification durable des territoires industriels existent et sont suffisamment génériques pour être répliquées dans d’autres milieux urbains. La multiplication d’expériences de ce type en France et dans le monde démontre leur potentiel.
Ce travail est réalisé dans le cadre d’une chaire d’enseignement et de recherche développée depuis 2021 en collaboration entre l’institut Polytechnique UniLaSalle Rouen et le groupe Lubrizol.
Site internet de la Chaire : https://chaire-usinovert-unilasalle.fr/
Fabiana Fabri ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.