Vers la fin des puissances hégémoniques ? Comprendre les théories de la domination globale

Source: The Conversation – in French – By Andrew Latham, Professor of Political Science, Macalester College

L’hégémonie désigne la capacité d’un État à structurer l’ordre international en imposant ses règles et en obtenant le consentement des autres. Un rôle aujourd’hui remis en question dans un monde multipolaire. Alexander W. Helin/Getty Images

Aujourd’hui, dans le monde, aucune puissance ne semble en position hégémonique. Mais que signifie exactement ce concept d’hégémonie, au fondement des théories des relations internationales ? Est-il toujours valide ? Peut-on se passer d’une puissance dominante pour structurer les relations internationales ?


L’ère de l’hégémonie américaine est terminée – du moins si l’on en croit les titres de presse partout dans le monde, de Téhéran à Washington. Mais qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Le concept d’hégémonie est un fondement théorique des relations internationales depuis les débuts de la discipline. Au-delà d’une simple mesure de la puissance d’un État donné, il désigne sa capacité non seulement à imposer ses décisions à d’autres, mais aussi à façonner les règles, les normes et les institutions qui régissent l’ordre international.

Ce mélange subtil entre coercition et consentement des autres acteurs internationaux distingue l’hégémonie de la domination pure : il rend également le maintien de ce type de position particulièrement complexe dans un monde où les rapports entre puissances sont de plus en plus contestés.

Une brève histoire de l’hégémonie

Le terme « hégémonie » vient du grec hegemon, qui signifie guide ou chef. Il désignait à l’origine la prédominance d’une cité-État sur les autres.

Dans la Grèce antique, Athènes illustre bien cette notion, notamment à travers son rôle de leader dans la Ligue de Délos, une alliance de cités-États. Sa puissance militaire, notamment sa suprématie sur les mers, s’y mêlait à une influence politique affirmée, permettant à Athènes d’orienter les décisions de ses alliés.

Cette domination reposait certes sur la force, mais aussi sur le consentement : les membres de la Ligue tiraient en effet parti de la sécurité collective et des liens économiques renforcés sous l’égide d’Athènes.

La définition moderne du concept d’hégémonie émerge au XIXe siècle pour décrire le rôle de la Grande-Bretagne dans l’ordre mondial.

Cette hégémonie reposait sur une puissance navale inégalée et la domination économique acquise lors de la révolution industrielle.

Ce n’était cependant pas uniquement sa force matérielle qui faisait de la Grande-Bretagne une puissance hégémonique. Les réseaux commerciaux bâtis et les normes de libre-échange dont elle faisait la promotion ont structuré un système largement accepté par les autres États européens – souvent parce qu’eux aussi en retiraient stabilité et prospérité.

Cette période démontre que l’hégémonie va bien au-delà de la contrainte : elle suppose la capacité d’un État dominant à façonner un ordre international aligné sur ses propres intérêts, tout en rendant ces intérêts acceptables pour les autres.

Des théories marxistes à l’ordre international

Au début du XXe siècle, le penseur marxiste italien Antonio Gramsci a étendu le concept d’hégémonie au-delà des relations internationales, en l’appliquant à la lutte des classes. Sa thèse était que l’hégémonie dans l’espace social repose non seulement sur le pouvoir coercitif de la classe dominante, mais aussi sur sa capacité à obtenir le consentement des autres classes en façonnant les normes culturelles, idéologiques et institutionnelles.

Transposée à l’échelle internationale, cette théorie postulerait qu’un État hégémonique maintient sa suprématie en créant un système perçu comme légitime et bénéfique, et non seulement par la force économique ou militaire.

Au XXe siècle, les États-Unis s’imposent comme l’incarnation de l’hégémon moderne, surtout après la Seconde Guerre mondiale. Leur hégémonie se caractérise par une puissance matérielle – force militaire sans égal, suprématie économique et avance technologique – mais aussi par leur capacité à bâtir un ordre international libéral conforme à leurs intérêts.

Le plan Marshall, qui a permis la reconstruction économique de l’Europe, illustre ce double levier de coercition et de consentement : les États-Unis fournissaient aux pays d’Europe de l’Ouest ressources et garanties de sécurité, mais imposaient leurs conditions, consolidant ainsi leur puissance dans le système qu’ils contribuaient à structurer.

À la même période, l’Union soviétique s’est posée en puissance hégémonique alternative, proposant des équivalents au plan Marshall aux pays d’Europe de l’Est à travers le plan Molotov, ainsi qu’un ordre international concurrent au sein du monde socialiste.

L’hégémonie appartient-elle au passé ?

Les défenseurs du concept d’hégémonie en relations internationales estiment qu’une puissance dominante est nécessaire pour fournir des biens publics globaux, bénéficiant à tous : sécurité, stabilité économique, application des règles. Dès lors, le déclin d’un hégémon serait synonyme d’instabilité.

Les critiques, quant à eux, soulignent que les systèmes hégémoniques sont au service des intérêts propres de la puissance dominante, et masquent la coercition sous un vernis de consentement. L’exemple de l’ordre international dominé par les États-Unis est souvent donné : celui-ci a certes promu le libre-échange économique et la démocratie, mais aussi les priorités stratégiques américaines – parfois au détriment des pays les plus faibles.

Quoi qu’il en soit, maintenir une hégémonie à long terme est une gageure. Trop de coercition érode la légitimité de l’hégémon ; trop d’appels au consentement sans pouvoir réel empêchent de faire respecter les règles de l’ordre international et de protéger les intérêts fondamentaux du pays dominant.

Dans un monde désormais multipolaire, le concept d’hégémonie se heurte ainsi à de nouveaux défis. L’ascension de la Chine, mais aussi de puissances régionales comme la Turquie, l’Indonésie ou l’Arabie saoudite, vient perturber la domination unipolaire des États-Unis.

Ces candidats à l’hégémonie régionale disposent de leurs propres leviers d’influence, mêlant incitations économiques et pressions stratégiques. Dans le cas de la Chine, les investissements dans les infrastructures et le commerce mondial à travers l’initiative des Nouvelles routes de la soie s’accompagnent de démonstrations de force militaire en mer de Chine méridionale, destinées à impressionner ses rivaux régionaux.

Alors que l’ordre mondial se fragmente progressivement, l’avenir de la position d’hégémon reste incertain. Aucune puissance ne semble aujourd’hui en mesure de dominer l’ensemble du système international. Pourtant, la nécessité d’un leadership dans ce domaine demeure cruciale : nombre d’observateurs estiment que des enjeux, comme le changement climatique, la régulation technologique ou les pandémies exigent une coordination que seule une hégémonie mondiale – ou bien une gouvernance collective – pourrait garantir.

La question reste ouverte : l’hégémonie va-t-elle évoluer vers un modèle de leadership partagé, ou céder la place à un système mondial plus anarchique ? La réponse pourrait bien déterminer l’avenir des relations internationales au XXIe siècle.

The Conversation

Andrew Latham ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Vers la fin des puissances hégémoniques ? Comprendre les théories de la domination globale – https://theconversation.com/vers-la-fin-des-puissances-hegemoniques-comprendre-les-theories-de-la-domination-globale-260272

Par-delà la musique, les festivals comme scène démocratique : le cas Europavox

Source: The Conversation – in French – By Cédrine Zumbo-Lebrument, Enseignante-chercheuse en marketing, Clermont School of Business

Les festivals : des scènes culturelles, sociales… et politiques ? Mathurin Napoly Matnapo/Unsplash

Le festival Europavox de Clermont-Ferrand, dans le Puy-de-Dôme, a rassemblé près de 40 000 spectateurs en juin 2025, d’après les organisateurs. Entre concerts, stands institutionnels et prises de position engagées de certains artistes, il soulève une tension : et si ces événements festifs éphémères touchaient plus de citoyens que les dispositifs participatifs classiques ?


Chaque début d’été, Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) se transforme en scène à ciel ouvert. Le festival attire un public large et intergénérationnel: adolescents, familles, groupes d’amis. Pendant trois jours, la ville vibre dans une atmosphère de curiosité et de fête.

L’édition 2025 illustre bien la diversité des registres proposés. Sur la grande scène, M (Matthieu Chedid) et son projet Lamomali ont fait dialoguer la chanson française et les traditions maliennes. Vendredi sur Mer a délivré une pop électro fédératrice, tandis que la jeune artiste Théa a revendiqué son identité queer sous les applaudissements de centaines de jeunes. Le chanteur satirique Philippe Katerine, quant à lui, a ironisé sur Marine Le Pen au détour d’une chanson provocatrice.

Quelques mètres plus loin, Zaho de Sagazan s’est drapée, en fin de concert, d’un drapeau arc-en-ciel LGBT et d’un drapeau palestinien sous les acclamations du public. La programmation a donné à voir une société où divertissement, engagement et contestation coexistent. Autour de la musique, un espace d’expression singulier s’est ouvert, mêlant le plaisir du spectacle et l’affirmation de messages politiques ou sociaux.

Pourquoi les institutions investissent ces espaces ?

Ce contexte populaire et convivial attire les acteurs publics. Dans l’enceinte du festival, on croisait ainsi des stands de la Ville de Clermont-Ferrand, du Département du Puy-de-Dôme, de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, de la Métropole, ou encore du service de vélos en libre-service C.Vélo. Quiz, jeux, simulateur de conduite, distribution de goodies : tout est conçu pour capter l’attention, valoriser l’action publique et donner une image plus accessible des institutions.

L’enjeu est loin d’être anecdotique. Les collectivités locales cherchent à renouer avec des citoyens gagnés par la défiance envers le politique. Une enquête Ipsos a récemment révélé que 78 % des Français estiment que le système politique fonctionne mal. Beaucoup ne participent plus aux consultations officielles, désertent les réunions de quartier et jugent les plates-formes numériques de concertation trop complexes ou peu efficaces.

En réalité, si l’idée de participation citoyenne reste plébiscitée dans les sondages, la mobilisation concrète demeure très faible : selon plusieurs études, seule une minorité de citoyens a déjà pris part à un débat public local, et une écrasante majorité a le sentiment que sa voix n’est pas prise en compte dans le débat public. Des experts observent d’ailleurs que la prolifération de ces dispositifs participatifs n’a pas résolu la crise de confiance, et va même de pair avec une recentralisation du pouvoir. Autrement dit, ces consultations, souvent conçues et pilotées d’en haut, peinent à jouer un rôle de contre-pouvoir puisque le « pouvoir exécutif en définit le cadre et la commande ».

Dans ce climat, les festivals apparaissent comme un moyen de recréer du lien. Ils offrent un contact informel, sans solennité, qui tranche avec les cadres participatifs traditionnels. Le fait d’aller vers le public sur un terrain festif permet de toucher des personnes habituellement éloignées de la vie civique, même à travers un échange bref ou un simple flyer.

Une participation qui interroge

Cette démarche d’« aller vers » pose néanmoins une question : peut-on vraiment parler de participation citoyenne ?

Le politologue Loïc Blondiaux a montré que la démocratie participative est souvent instrumentalisée par les élus comme un outil de communication et de légitimation bien plus qu’un véritable partage du pouvoir. Dès 1969, la sociologue Sherry R. Arnstein décrivait une « échelle de la participation » à huit niveaux, où les dispositifs les plus courants occupent les échelons inférieurs ; information unilatérale et consultation symbolique sans influence réelle sur la décision.

La « fausse démocratie participative » est pointée par le militant écologiste Cyril Dion lui-même : « Il n’y a rien de pire que la fausse démocratie participative ». Les festivals prolongent-ils cette logique, ou apportent-ils au contraire une alternative ?

D’un côté, on peut y voir une vitrine de plus : un espace de communication institutionnelle déguisé en moment convivial, où la participation du public reste superficielle. De l’autre, leur attractivité est telle qu’ils réussissent à toucher des publics habituellement éloignés des processus civiques. Là où une réunion de concertation classique n’attire souvent qu’une poignée de participants déjà convaincus, un festival réunit des milliers de citoyens de tous âges et horizons, sans effort particulier de leur part. Même si l’échange sur place est bref, le contact existe bel et bien ; ce qui est loin d’être garanti dans les démarches participatives formelles.

Il se joue une éducation démocratique

C’est précisément cette liberté qui permet une forme d’éducation démocratique implicite. La plupart des festivaliers viennent avant tout pour la musique et le plaisir, entre amis ou en famille. Beaucoup ne font qu’un passage éclair devant les stands institutionnels, repartant éventuellement avec un tote bag ou un badge souvenir, sans forcément l’intention de s’impliquer davantage par la suite.

Pourtant, ce premier contact, même superficiel, peut s’avérer plus efficace qu’un long questionnaire en ligne. L’effet d’exposition, le souvenir positif d’un échange informel et le sentiment d’accessibilité de la collectivité contribuent à renforcer une perception plus favorable des institutions locales.

Les stands du festival Europavox.

Autrement dit, la « démocratie festive », même limitée, ouvre un espace de dialogue que les dispositifs officiels peinent à créer. Le politologue britannique Gerard Delanty parle à ce titre des festivals comme de véritables « sphères publiques culturelles » : des lieux où une pluralité de voix s’exprime et où le politique se mêle à l’émotion collective. Contrairement à la sphère publique classique définie par le philosophe Jurgen Habermas, fondée sur la raison argumentative et la recherche d’un consensus rationnel, ces espaces festifs introduisent une dimension affective dans le débat public. L’émotion collective partagée lors d’un concert ou d’un happening militant vient colorer le politique d’émotions, plus accessibles que le débat rationnel.

Contre-pouvoir, récupération ou coexistence ?

Cette pluralité d’expressions est-elle le signe d’une vitalité démocratique inédite, ou au contraire d’une neutralisation des tensions contestataires ? Jürgen Habermas définissait l’espace public comme un lieu de délibération rationnelle entre citoyens, structuré par des arguments critiques orientés vers l’intérêt commun. Les festivals comme Europavox s’en écartent radicalement : ils mettent en scène une coexistence de récits où la contestation politique (les slogans de Théa, l’ironie de Katerine, le geste de Zaho de Sagazan) se déploie au même titre que l’émotion, le divertissement ou la communication institutionnelle. Leur cohabitation avec les logiques de promotion publique peut sembler paradoxale.

Faut-il y voir un affaiblissement du débat démocratique, noyé dans le spectacle, ou au contraire une réinvention plus diffuse et inclusive de la citoyenneté contemporaine ?

D’une certaine manière, la convivialité générale désamorce les clivages habituels : tout le monde partage le même lieu, la même programmation, les mêmes expériences. Chacun peut y trouver ce qu’il vient chercher : un concert festif, un message engagé, une information sur les services publics. Cette coexistence des récits est peut-être la forme actuelle de notre démocratie : un pluralisme d’expressions tolérées côte à côte, mais sans véritable synthèse collective.

Plus qu’un festival

L’exemple d’Europavox montre qu’un festival peut (sans prétendre à de la concertation formelle) créer des conditions favorables à l’attention du public et au dialogue informel. À mi-chemin entre vitrine institutionnelle et engagement réel, il incarne un paradoxe de notre époque : en rendant l’action publique plus proche et sympathique, il parvient peut-être à toucher plus largement qu’un dispositif participatif pourtant conçu pour impliquer les citoyens.

Faut-il s’en réjouir ? Ou y voir la marque d’une démocratie épuisée, qui préfère la convivialité à la transformation profonde ? Sans doute un peu des deux. Une chose est certaine : ces espaces hybrides méritent d’être pris au sérieux, car ils en disent long sur nos manières contemporaines de « faire société » et d’associer les individus à la vie publique.

The Conversation

Cédrine Zumbo-Lebrument ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Par-delà la musique, les festivals comme scène démocratique : le cas Europavox – https://theconversation.com/par-dela-la-musique-les-festivals-comme-scene-democratique-le-cas-europavox-262350

La série « Rome » : vraisemblance ou vérité historique ?

Source: The Conversation – in French – By Anne-Lise Pestel, Docteure en histoire romaine et professeure agrégée en histoire, Université de Rouen Normandie

Saison 1 de la série _Rome_, diffusée en 2005 aux États-Unis par HBO. Allociné/HBO

Diffusée de 2005 à 2007, la série « Rome » raconte l’histoire de deux soldats romains de la fin de la République romaine jusqu’au règne d’Auguste. Initialement prévue en 5 saisons, elle s’arrêtera au bout de la seconde, faute de moyens suffisants. Faire revivre la Rome antique, raconter la fin de la République et retracer la trajectoire des protagonistes de cette période charnière n’a pas été une mince affaire. Pourtant, malgré quelques anachronismes et facilités scénaristiques, la série se démarque par son réalisme.


Vingt ans après sa sortie, la série Rome (HBO/BBC, 2005-2007), créée par J. Milius, W. J. MacDonald et B. Heller, alimente encore les discussions des spécialistes qui ont largement exprimé leur intérêt et leur enthousiasme ou leurs critiques.

Au plaisir de voir porter à l’écran cette période riche se mêlent l’amusement devant certains anachronismes discrets et, parfois, l’agacement franc face à des choix qui entretiennent dans l’imaginaire du spectateur des conceptions fausses. Si la scène d’affranchissement d’une esclave (S.1 ép. 11) prête à sourire, tant le citoyen qui enregistre l’acte par un coup de tampon ressemble au fonctionnaire d’une administration contemporaine, l’historien ne peut que déplorer l’accoutrement de Vercingétorix, tout droit tiré d’un tableau du XIXe siècle et qui réactive des clichés sur les Gaulois depuis longtemps démentis (S. 1 ép. 1 et 10).

Prévue en 5 saisons, la série, en dépit de son succès, a été arrêtée au bout des deux premières. Les décors réalisés avec hyperréalisme dans les studios de Cinecittà, le nombre des personnages – 350 rôles parlants –, et les difficultés auxquelles a dû faire face la production ont fait exploser les coûts et conduit à son arrêt prématuré. Malgré une accélération du récit dans les derniers épisodes, l’arc narratif conserve sa cohérence et retrace la période qui sépare la victoire de Jules César à Alésia en 52 av. J.-C. du triomphe en 29 av. J.-C. d’Octavien au terme des guerres civiles.

Bande-annonce de la saison 1.

Dépeindre Rome pendant les guerres civiles

La réussite du projet tient au choix de retracer ces événements en suivant le destin de deux simples citoyens, Titus Pullo et Lucius Vorenus, pris dans la tourmente des guerres civiles. Ces centurions, mentionnés par César dans la Guerre des Gaules, ont existé, mais en dehors de cette brève évocation, on ignore tout de leur vie, ce qui fournissait aux créateurs de la série un canevas vierge.

Leurs trajectoires croisent à Rome, en Gaule et en Égypte celles de César, Antoine, Octave et Cléopâtre, tissant des liens constants entre la grande histoire et leur parcours. L’ambition affichée n’était pas de livrer un récit épique centré sur quelques grandes figures, mais de restituer avec vraisemblance une époque. La trame historique est dans l’ensemble juste, mais les créateurs se sont autorisé certaines libertés pour des raisons scénaristiques.

C’est la ville de Rome qui est le sujet de la série et le générique donne le ton : la caméra déambule au milieu d’anonymes à travers ses rues aux murs couverts de graffitis qui s’animent sur son passage. Les décors impressionnent par la qualité des restitutions. Le spectateur suit les protagonistes dans les domus aristocratiques, au Forum, mais aussi dans les quartiers populaires, découvrant un univers coloré et bruyant. Les ruelles y séparent des insulae, ces immeubles dont le rez-de-chaussée est occupé par des tavernes et des échoppes, la boucherie de Niobe et Lyde, par exemple.

Certains personnages mettent en lumière le caractère cosmopolite de Rome, qui compte alors près d’un million d’habitants et attire des gens de contrées lointaines. Le personnage de Timon appartient ainsi à la diaspora juive de la ville, tandis que Vorenus rencontre des marchands hindous installés à Rome pour leurs affaires.

Ces rues sont aussi le théâtre où éclate une violence exposée crûment, ce qui a provoqué la censure de certains passages en Italie et au Royaume-Uni. Il n’en reste pas moins que la brutalisation de la société romaine au Ier siècle av. J.-C. est bien dépeinte. Les rixes entre bandes, les règlements de compte sur fond de tensions politiques, les émeutes, spontanées ou instrumentalisées, les assassinats commandités correspondent à la réalité historique. En l’absence de force de police, instaurée à Rome sous Auguste, les individus sont responsables de leur sécurité : Atia engage comme gardes du corps Timon et ses hommes, Vorenus envoie ses enfants à la campagne pour les éloigner du danger.

Vorenus et Pullo participent à ces violences. Présentés comme des soldats de métier qui ne savent que se battre, ils rappellent la figure contemporaine du vétéran américain qui peine à revenir à la vie civile. En réalité, à la fin de la République, l’armée romaine était une armée de conscription. Ses soldats étaient des citoyens propriétaires qui avaient, par ailleurs, une activité professionnelle. Malgré tout, le récit rend de manière intéressante les relations de loyauté nouées sous les armes.

Saison 1 – Légion romaine républicaine (Marche cérémonielle).
Allociné/HBO

L’enjeu de la distribution des terres aux vétérans de César apparaît à plusieurs reprises, tandis que les liens clientélaires entre les imperatores et leurs hommes sont illustrés par le parcours de Vorenus, élu magistrat et nommé sénateur grâce à la protection de César, avant de connaître la déchéance. Pullo, pour sa part, devient l’homme de main d’un criminel. Leurs trajectoires opposées permettent d’esquisser un tableau dynamique de la société romaine dans laquelle les mobilités sociales étaient possibles.

Les statuts juridiques et les rapports sociaux dans la Rome républicaine

La série rend avec finesse les hiérarchies sociales et juridiques, par les accents, les parures et les vêtements. L’esclavage fait l’objet d’un traitement intéressant. Omniprésents – y compris comme témoins des ébats sexuels de leurs maîtres, pour exprimer leur insignifiance tout en alimentant le voyeurisme du spectateur –, les esclaves ne sont pas réduits à une figuration muette. Ils ont leur propre arc narratif et sont nombreux à l’écran, identifiables par un collier indiquant le nom de leur maître. Ce type d’objet apparaît en réalité bien plus tard et était sans doute réservé aux fugitifs.

Tout en montrant les mauvais traitements dont ils sont les victimes (S.2 ép. 4), la série rend aussi compte de la diversité du monde servile et de ses hiérarchies internes. Dans les domus, les intendants exercent leur pouvoir sur les autres esclaves. La relation entre Posca et César illustre avec justesse le lien qui unissait à son maître un esclave lettré : indispensable à César et présent en toute circonstance, il a une certaine liberté de mouvement et de parole, mais n’en reste pas moins esclave et seule sa loyauté peut lui faire espérer l’affranchissement.

La place des femmes dans la société et la vie politique romaines

Les protagonistes des luttes de pouvoir sont fidèles à l’image qu’en donnent les sources, ce qui ne signifie aucunement que cette image soit conforme à la vérité. Le personnage d’Antoine en est un exemple : il est un homme à femmes, ivrogne et dépensier, suivant le portrait à charge qu’en dresse Cicéron dans ses Philippiques.

On peut déplorer le manque d’épaisseur des personnages féminins qui renvoie à deux images construites en miroir, celle idéalisée de la matrone, vertueuse, pudique, pleine de retenue, et celle de la dépravée, esclave de ses désirs ou usant de ses charmes pour arriver à ses fins. Cornelia et Calpurnia, les épouses de Pompée et de César, appartiennent au premier type, tandis que le personnage d’Atia, la mère d’Octave, est inspiré de Clodia, une veuve qui, selon Cicéron dans le Pro Caelio, entretenait grâce à sa fortune de jeunes amants.

Saison 1 – Polly Walker dans le rôle d’Atia.
Allociné, HBO

En suivant sans recul critique cette dichotomie tirée des sources antiques, la série manque une occasion de faire de ces femmes des actrices historiques à part entière. Leurs motivations sont trop souvent réduites à des affaires sentimentales. Certes, les dialogues entre Servilia et Brutus expriment les valeurs des patriciens et les ambitions politiques de cette aristocrate, mais la série la dépeint comme essentiellement mue par sa soif de vengeance envers César qui l’a éconduite.

Exprimer l’altérité de la religion romaine : un pari réussi ?

La volonté de dresser un tableau réaliste de la vie des Romains apparaît également dans la mise en scène de leurs pratiques religieuses. Les personnages s’adressent à des dieux du panthéon bien connus du spectateur, mais aussi à d’autres, plus obscurs, nommés dans de rares sources – Forculus, Rusina et Orbona, par exemple –, illustrant ainsi le foisonnement du polythéisme romain.

Nombreux sont les plans montrant des autels couverts de chandelles allumées. Si l’usage rituel des bougies est attesté ponctuellement dans le monde romain, cette représentation évoque immanquablement et de manière erronée chez le spectateur les cierges des églises chrétiennes. Les gestes rituels montrés à l’écran ont été, dans leur immense majorité, inventés. On peut néanmoins apprécier l’effort fait pour rendre le ritualisme des Romains et l’encadrement rituel de la vie quotidienne. Quelques-uns de ces rites reflètent une réalité bien attestée. Le vœu adressé à Forculus par Pullo (S.1 ép. 1), emprisonné dans le camp de César, est une pratique très courante de la religion romaine qui exprime la relation contractuelle unissant les Romains à leurs dieux.

La tablette de défixion gravée par Servilia pour maudire les Iulii (S.1 ép. 5) est inspirée des centaines de lamelles de plomb qui ont été découvertes par les archéologues. On peut en revanche regretter le traitement du sacrifice, central dans la religion romaine, qui est illustré de manière aberrante par l’écrasement d’un insecte entre les mains de Pullo (S.1 ép. 11), ou au contraire de façon grandiloquente et fausse par le taurobole célébré par Atia en l’honneur de Cybèle (S.1 ép. 1).

Malgré la volonté d’exprimer l’altérité de cette religion, certains comportements reflètent des notions peu romaines. Le pardon demandé par Pullo à Rusina pour le meurtre d’un esclave aimé d’Eirene renvoie à la conception chrétienne de l’absolution des péchés qui n’a rien à voir avec les expiations romaines. Si l’intrication de la vie politique et de la religion apparaît bien, la série tend à entretenir l’idée fausse d’une séparation du clergé et des magistrats qui ne sont jamais présentés en officiants du culte alors qu’ils célébraient la plupart des rites publics.

Comme pour le reste, la série réussit finalement à rendre certains aspects de la religion romaine sans pour autant s’affranchir de conceptions modernes. Cet écart, créé par la recherche de la vraisemblance plutôt que de la vérité, cette appropriation par le monde contemporain de réalités antiques en fonction de préoccupations actuelles, constituent en eux-mêmes un sujet d’étude fécond.

The Conversation

Anne-Lise Pestel ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La série « Rome » : vraisemblance ou vérité historique ? – https://theconversation.com/la-serie-rome-vraisemblance-ou-verite-historique-262018

Le démantèlement des entreprises : vers une « nouvelle » sanction dissuasive

Source: The Conversation – France (in French) – By Djamdji Chloé, Doctorante en droit privé spécialisée en droit de la concurrence et droit du numérique, Université Côte d’Azur

Le numérique était censé tout « disrupter ». Mais il pourrait remettre en selle une pratique qu’on croyait disparue : le démantèlement de groupes pour rétablir une concurrence réelle et non faussée. Il faut suivre de près ce que décidera la Federal Trade Commission états-unienne dans l’affaire qui concerne le groupe Meta.


Le 15 avril 2025 s’est ouvert aux États-Unis, le procès Meta (FTC v. Meta Platforms, Inc.). Cette affaire fait suite à l’action en justice intentée par la Federal Trade Commission (FTC) à l’encontre de Meta. L’autorité reproche à l’entreprise d’avoir procédé aux acquisitions d’Instagram (2012) et de WhatsApp (2014), pour renforcer sa position dominante sur les réseaux sociaux, notamment en imposant des conditions inégales à l’égard des développeurs de logiciel. Ces comportements auraient, selon la FTC, pour conséquence, une expérience fortement dégradée pour les utilisateurs avec plus de publicités subies et une confidentialité réduite.

Depuis quelques années, la pratique des acquisitions prédatrices ou killers acquisitions– visant à éliminer une menace concurrentielle avant qu’elle n’émerge – est devenue une pratique courante, notamment pour les entreprises spécialisées dans le numérique comme en témoignerait ici le rachat par Meta d’Instagram et de WhatsApp au cœur de ce procès.

La pile de technologie publicitaire

Selon la FTC, l’objectif de ces rachats semble être dès le départ de chercher à éliminer toute concurrence sur le marché des réseaux sociaux. Cette pratique s’apparente à la stratégie dite de « pile de technologie publicitaire ». Cette dernière vise à renforcer la position dominante d’une entreprise sur plusieurs produits technologiques de publicité numérique par une série d’acquisitions prédatrices. Pour ces raisons, l’autorité a demandé une injonction visant à prévenir la réitération de ces types de pratiques ainsi que la cession d’Instagram et de WhatsApp.

En matière de contrôle des concentrations, les entreprises parties aux dites opérations acceptent souvent de procéder à une telle cession – totale ou partielle – d’actifs. Cette dernière opération consiste le plus souvent à vendre à des tiers des points de vente, des établissements, une division, une gamme de produits voire l’intégralité d’une filiale.




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Dans le cadre des procédures de contrôle des concentrations par les autorités de la concurrence (FTC ou encore Commission européenne), la cession d’actifs permet à l’entreprise menant l’opération de concentration via une acquisition ou une fusion de proposer et ou de négocier des ventes d’actifs avec les autorités afin que son opération soit validée. La cession est donc dans ce cadre un instrument de nature structurel utilisé ici dans le cadre d’un contrôle a priori des opérations de concentrations garant de l’ordre public économique.

De la cession d’actifs à la scission de l’entreprise

Ce type de cession d’actifs doit néanmoins être distingué du démantèlement qui est susceptible aussi d’être utilisé par lesdites autorités. Le démantèlement correspond en la scission d’une entreprise en de multiples sociétés indépendantes mais il s’agit ici d’une sanction a posteriori.

Les cas historiques les plus emblématiques étant le démantèlement de la Standard Oil (en 1911) en 34 sociétés et d’ATT (1982) qui donna naissance à sept opérateurs téléphoniques régionaux aux USA, les célèbres « babys bells ». Ces deux affaires peuvent être considérées comme des cas d’école qui viennent interroger la pertinence du démantèlement en tant que solution adaptée à la protection de la concurrence.

Peut-on considérer le démantèlement comme une solution efficace ? La réponse semble a priori négative dans la mesure où le démantèlement dans ces affaires emblématiques s’est finalement avéré avec le temps peu opérant face aux stratégies de restructuration des entreprises. Ainsi, par exemple, le démantèlement de la Standard Oil s’est traduit au fil du temps par une recombinaison partielle des 34 sociétés se traduisant in fine par une des plus grandes fusions de l’histoire entre supermajors sur le marché pétrolier en 1999 entre EXXON (ex Standard Oil of California) et Mobil (ex Standard Oil of NY).

Une sanction à l’efficacité provisoire

Le démantèlement a certes permis de relancer temporairement la concurrence dans ce secteur, mais l’efficacité de la sanction disparaît plus ou moins rapidement au regard des stratégies de fusions-acquisitions que mettent en place les entreprises. Le démantèlement ne fut d’ailleurs guère utilisé en dehors de ces deux cas d’école. Il n’a jamais été utilisé en droit européen ni en droit français de la concurrence pour sanctionner des positions dominantes absolues ou quasi absolues comme celle de la Standard Oil en son temps. Les débats sur son éventuelle utilisation avaient quasiment disparu jusqu’à l’avènement de l’économie numérique.

L’économie numérique marquée par la vitesse des évolutions techniques et technologiques a pu laisser croire dans un premier temps que les monopoles ou les quasi-monopoles n’étaient qu’une histoire relevant de la vieille économie. Néanmoins, l’apparition et le développement des géants du numérique (GAFAM) combiné à une puissance financière et technologique sans égale et des stratégies d’acquisitions prédatrices des concurrents a permis à ces grands groupes de capter et de contrôler le développement des innovations disruptives. Les concurrents innovants au stade de start-up sont acquis avant même de pouvoir remettre en cause les positions dominantes des GAFAM.

Un renouveau pour le démantèlement

L’intérêt théorique et pratique pour le démantèlement connaît un renouveau en droit et en économie de la concurrence, la cession pouvant être considérée comme une menace crédible : en quelque sorte l’arme nucléaire du droit antitrust destinée à n’être utilisée qu’en dernier recours. Cette nouvelle forme de stratégie de la terreur suppose que la menace devrait suffire en principe à obtenir des entreprises concernées des engagements comportementaux et structurels devant remédier aux préoccupations de concurrence identifiées par les autorités de concurrence.

Arte 2025.

Le procès Meta incarne probablement cette volonté de gagner en crédibilité au même titre que l’article 18 du Digital Market Act (DMA) européen de 2022 prévoyant cette possibilité. Aux États-Unis, en l’absence de texte équivalent au DMA, le procès devant le tribunal de Washington constitue pour la FTC en invoquant le droit antitrust classique, le monopolisation ou l’abus de position dominante, de demander la vente partielle d’Instagram et de WhatsApp.

L’objectif est de rendre à ces filiales leur autonomie afin qu’elles puissent à nouveau concurrencer Meta sur le marché des réseaux sociaux. Ainsi, si finalement le tribunal suit le raisonnement de la FTC et que la cession se traduit par un démantèlement de Meta, cette mesure structurelle devient alors une menace crédible pour l’ensemble des GAFAM. Leur situation de position dominante serait alors menacée et les autorités et les tribunaux de la concurrence rétabliront la concurrence là où elle était absente ou quasi absente. Reste à savoir si l’histoire se répétera comme pour le pétrole ou les télécoms et si, à terme, les groupes finiront par se reconstituer…

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Le démantèlement des entreprises : vers une « nouvelle » sanction dissuasive – https://theconversation.com/le-demantelement-des-entreprises-vers-une-nouvelle-sanction-dissuasive-260431

Avant de cartographier le ciel avec la plus grande caméra au monde : que révèlent vraiment les « premières » images du télescope Vera-C.-Rubin ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Pierre-Alain Duc, Directeur de recherche au CNRS, directeur de l’Observatoire astronomique de Strasbourg, Université de Strasbourg

Zoom dans l’amas de la Vierge. Cette image fait partie des « premières » images prises par le télescope Vera-C.-Rubin. NSF–DOE Vera-C.-Rubin Observatory, CC BY

L’observatoire Vera-C.-Rubin vient de débuter un grand sondage du ciel, le Legacy Survey of Space and Time (LSST) et a livré en juin 2025 de « premières » images au grand public : une grandiose visualisation d’une partie de l’amas de galaxies de la Vierge.

Mais de telles « premières » images ont une importance qu’il convient de relativiser, ou tout au moins recontextualiser car leur intérêt n’est pas forcément celui que l’on croit ou voit immédiatement.

Les images de Vera-C. Rubin se distinguent par la taille de leur champ exceptionnellement grande et la rapidité du nouvel observatoire, qui lui permet de cartographier des lumières même ténues sur une grande partie du ciel plusieurs fois par mois.


La « première lumière » d’un nouvel observatoire est un évènement symbolique et médiatique. Les images dévoilées ce jour-là au public ne sont en effet pas les vraies premières acquisitions – ces dernières servent des objectifs purement techniques et n’ont que peu d’intérêt pour le public. Elles ne témoignent pas forcément des buts scientifiques primaires qui ont motivé la construction du télescope. Elles existent essentiellement pour impressionner et susciter l’intérêt : pour cela, elles doivent posséder une valeur esthétique… qui ne doit pas occulter les performances techniques de l’instrument qui les a générées.

En quoi, alors, cette « première » image du sondage Legacy Survey of Space and Time (LSST), centrée sur l’amas de galaxies de la Vierge, est-elle originale et doit-elle nous interpeller ?

Parce qu’elle dévoile des astres encore inconnus ?

Pas tout à fait. Les structures les plus remarquables, visibles sur cette image, étaient familières, comme ce couple de spirales vues de face (au centre, à droite), cette galaxie naine mais étonnamment étendue et diffuse (en haut à droite) ou, enfin, ces spectaculaires traînées stellaires qui relient plusieurs galaxies d’un groupe situé à l’arrière-plan (en haut à droite), fruits de collisions en cours qui arrachent les étoiles à leurs galaxies.

Ces queues dites « de marée » avaient déjà été cartographiées par des caméras d’ancienne génération, comme Megacam sur le vénérable Canada-France-Hawaii Telescope (CFHT).

Parce que sa qualité optique est exceptionnelle ?

Obtenue depuis le sol, et subissant la turbulence de l’atmosphère qui floute toute lumière venue de l’espace, sa finesse est loin des standards des télescopes spatiaux Hubble, James-Webb ou Euclid, qui présentent une résolution spatiale de 5 à 10 fois meilleure.

Parce qu’elle présente d’éclatantes couleurs ?

Certes, mais depuis que le sondage du Sloan Digital Sky Survey (SDSS) a démarré en 2000, il a systématiquement observé une grande partie du ciel dans des bandes devenues standards (u,g,r,i,z) et a combiné ses images pour produire de « vraies couleurs ». Le public s’est habitué à une vision colorée des objets astronomiques.




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Comment sont façonnées les images du ciel? Dans les pas du télescope pionnier Hubble


Désormais, chaque nouvelle mission utilise sa propre palette qui varie selon le jeu utilisé de filtres.

Parce qu’elle dispose de canaux de diffusion importants ?

Certainement ! Les États-Unis ont une culture de médiation scientifique bien plus développée qu’en Europe, et leurs agences, dont le département de l’énergie américain et la Fondation nationale pour la science qui portent le projet LSST, accordent des moyens financiers conséquents aux actions de communication, relayées par l’ensemble des partenaires, parmi lesquels, en France, le CNRS dont l’Institut nucléaire et particules est chargé, entre autres, d’une grande partie de la chaîne de traitement des données.

Mais faut-il pour autant faire la fine bouche face à cette belle, mais pas si originale image produite par le LSST ? Assurément, non ! Elle mérite vraiment de s’y intéresser – non donc par ce qu’elle montre, mais par ce qu’elle cache !

Ce que cachent les premières images du nouveau télescope Vera-C.-Rubin et de son sondage LSST : un potentiel énorme et une prouesse technique

Ce qui est réellement derrière cette image, c’est un potentiel scientifique énorme, lui-même résultat d’une prouesse technique remarquable.

L’image a été acquise avec la plus grande caméra au monde. Elle dispose d’un capteur de 3,2 milliards de pixels (en fait une mosaïque de 189 capteurs CCD), soit 100 fois plus qu’un appareil photo classique.

Cette débauche de pixels permet de couvrir un champ de vue sans précédent de 9,6 degrés carrés, soit 45 fois la taille apparente de la pleine Lune ou 35 000 fois celui de la caméra du télescope spatial Hubble.

Avec cette vision large, le LSST pourra cartographier la surface totale de l’amas de la Vierge en seulement 10 clichés (l’image présentée ici ne couvre qu’une partie de l’amas), et quelques dizaines d’heures d’observations, contre quelques centaines d’heures pour le télescope Canada-France-Hawaii, avec lequel nous osions une comparaison plus haut.

La taille de la caméra du LSST est digne de celle de son télescope, pourvu d’un miroir de 8,4 mètres, le plus grand au monde entièrement consacré à l’imagerie. Avec une telle machinerie, l’ensemble du ciel austral peut être observé en seulement trois jours, des performances idéales pour repérer les phénomènes transitoires du ciel, comme les supernovae ou pour découvrir des astéroïdes dont la position varie d’une image sur l’autre.

Chaque nuit d’observation, les terabytes de données s’accumulent et, pendant les dix ans du sondage, les images vont être empilées pour in fine atteindre une sensibilité inégalée, mettant en jeu une chaîne de traitement complexe sans commune mesure avec celles mises en œuvre pour les sondages anciens.

Cette base de données qui, comme le grand vin, se bonifie avec le temps, permettra d’effectuer des avancées dans de multiples domaines de l’astrophysique, de la physique stellaire à la cosmologie.

Alors, oui, il est tout à fait légitime d’être impressionné par cette première image du LSST et par le potentiel de découvertes qu’elle dévoile.

Et pour finir, il convient de rappeler que l’observatoire qui l’a acquise, installé dans le désert chilien de l’Atacama, honore par son nom l’astrophysicienne Vera Rubin, à l’origine de la découverte de la matière noire dans les galaxies. Donner un nom de femme à un projet astronomique d’envergure est aussi une première !

The Conversation

Pierre-Alain Duc ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Avant de cartographier le ciel avec la plus grande caméra au monde : que révèlent vraiment les « premières » images du télescope Vera-C.-Rubin ? – https://theconversation.com/avant-de-cartographier-le-ciel-avec-la-plus-grande-camera-au-monde-que-revelent-vraiment-les-premieres-images-du-telescope-vera-c-rubin-262066

Kenya’s 1950 Kolloa massacre: Britain won’t own up to its colonial violence but communities need closure

Source: The Conversation – Africa (2) – By Chloé Josse-Durand, Senior Research Associate in African Politics, Newcastle University

In 1950, British forces killed at least 29 civilians in one of the deadliest, but least chronicled, episodes of colonial violence in Kenya.

Armed soldiers killed at least 29 civilian members of Dini ya Msambwa, a spiritual and anti-colonial movement in Kenya active around what is now West Pokot county in the north-western region. Survivors describe the group’s gathering on 24 April 1950 as a peaceful one. However, British colonial forces, fearing a potential uprising, violently confronted the group at the Kolloa trading centre.

It led to one of the highest number of deaths in a single day in a single place in Kenya’s colonial period.

For the surviving families and followers of Dini ya Msambwa (the “religion of the spirits” in Kiswahili), it was a massacre. However, the British government has never publicly apologised for this atrocity.

The movement’s adherents continue to seek justice and recognition, but they face legal, political and historical roadblocks.

I am part of a team at Newcastle University working on Afterlives of Colonial Incarceration, a project focused on former British colonies. I’ve been working closely with communities affected by colonial violence in Kenya, including Dini ya Msambwa adherents.

In my view, Britain’s recognition of the Kolloa massacre isn’t just a matter of historical record. It is about acknowledging that the group’s pain is real, their loss unjust and their struggle worth remembering.

To acknowledge Kolloa as a massacre would open the door to legal and moral accountability from the British government. This would help Dini Ya Msambwa followers affirm the legitimacy of their historical grievances and their place in Kenya’s national story.

Crucially, it could also lay the groundwork for reparations, which could include financial compensation for surviving families, and the restitution of confiscated land and livestock.

The British government remains silent on the massacre. But this doesn’t erase memory. Dini ya Msambwa followers and representatives and historians are working to ensure that Kolloa – like so many forgotten chapters of colonial violence in Africa and beyond – is not buried with the last of its survivors.

The group’s origins

Dini ya Msambwa was founded in the 1940s by Elijah Masinde among the Bukusu people of western Kenya. The movement rejected colonial authority, resisted Christian missionary dominance and called for a return to African spirituality and traditions.

This combination of cultural pride and political defiance made it a target for suppression by British authorities.

Lukas Pkech, a prominent Pokot leader, brought Masinde’s preachings to West Suk and Baringo in the British-administered north-west region in 1950. His teachings were increasingly influential among Pokot communities and were seen as a direct challenge to colonial order.

British district commissioner Arthur Simpsons, along with a contingent of tribal police and British officers led by Alan Stevens, moved to quell the movement and most likely to kill its leader. What followed was a fatal confrontation in Kolloa: over 300 Dini ya Msambwa followers, armed mainly with spears, faced off with colonial security forces in what came to be called the Kolloa Affray.

Pkech and at least 28 followers were killed, along with Stevens, two other British nationals and an African askari (soldier). Oral testimonies suggest that between 44 and 50 people were killed – 29 during the event itself, and 15 to 20 others later succumbing to wounds sustained in the fighting. At least 176 Dini ya Msambwa members present at the standoff were imprisoned. Seven of them were executed for their direct involvement.

This event led to increased repression of Pokot communities and suspected Dini ya Msambwa leaders and followers.

The colonial administration confiscated over 5,600 cattle and deployed a special police force in the region. Residents were forced into hard labour on district roads as part of communal punishment. Hundreds of adherents were thrown into colonial jails and detention camps near the district administrative centre, Kapenguria.

The exact number of Dini ya Msambwa followers today is hard to assess as many choose to remain discreet for their own safety. However, the growing visibility of branches like Dini ya Roho Mafuta Pole ya Africa (African Religion of the Gently Anointing Spirit) indicates the movement’s enduring significance in Pokot society.

Dini ya Roho attracts approximately 4,000 members weekly for worship and yearly for Kolloa commemorations. In the church’s doctrine, the deaths at Kolloa are reinterpreted as a selfless act of sacrifice in fulfilment of peace for the community. Since its official registration in 2012, the church has gained growing influence.

Silencing through legal reform

In 2013, the UK government issued a formal apology and paid £19.9 million (US$26.5 million) in compensation to 5,228 Mau Mau veterans. The compensation was related to Britain’s brutal suppression of the Mau Mau uprising (1952–1960), also known as the “Kenya Emergency”. This was a large-scale anti-colonial rebellion during which more than 150,000 Kenyans were detained without trial in a vast system of camps and fenced villages. Here, torture, forced labour and systematic abuse were widespread.

The Mau Mau case secured an official apology and compensation for colonial-era torture. It also demonstrated that legal redress for historical injustices was possible.

Yet, it was also a strategic concession by the UK government.

It was limited in scope, restricted to a specific group (those tortured during the Emergency), and designed to avoid setting a broad legal precedent.

Since then, the UK has enacted a new law – the Overseas Operations Act – that imposes strict legal limits on claims related to the actions of British troops abroad, effectively barring historical claims.

Worse still, under the legal doctrine known as divisibility of the Crown, claimants must prove that abuses were ordered by the UK government in London, not just carried out by colonial administrators.

In the case of Kolloa, where documentation is sparse and most evidence comes from oral testimonies, this is an almost impossible task.

Further, unlike the Mau Mau case, which gained global attention, Kolloa has remained largely absent from mainstream narratives. The Kenyan government has lacked political will to put pressure on Britain and has itself seen the movement as dangerous. It remained banned until 2012, after the new constitution strengthened protections for freedom of religion and beliefs.

Without strong advocacy from the Kenyan state, Britain has no diplomatic incentive to revisit or acknowledge Kolloa.

Is there still hope for justice?

One promising path is international litigation. In 2022, the Talai clan from Kenya’s Nandi and Kipsigis communities – themselves victims of colonial brutality – brought a case against the UK at the European Court of Human Rights. Their efforts could set a precedent for groups like Dini ya Msambwa seeking redress beyond British courts.

Back home, Kenya’s devolved county government of West Pokot has also given representatives from the church more freedom to speak openly. While the group remains cautious about challenging the national government directly, there’s a growing movement for memorialisation, truth telling and intergenerational dialogue.

For Dini ya Msambwa, the fight is about more than financial compensation. It is about being seen, heard and remembered. The group’s struggle touches on deeper questions of dignity, memory and the right to practise their faith with pride instead of fear and resentment.

The Conversation

Chloé Josse-Durand receives funding from Newcastle University and the Leverhulme Trust.

ref. Kenya’s 1950 Kolloa massacre: Britain won’t own up to its colonial violence but communities need closure – https://theconversation.com/kenyas-1950-kolloa-massacre-britain-wont-own-up-to-its-colonial-violence-but-communities-need-closure-262133

Menopause and brain fog: why lifestyle medicine could make a difference

Source: The Conversation – UK – By Maria Pertl, Lecturer in Psychology, Department of Health Psychology, RCSI University of Medicine and Health Sciences

SpeedKingz/Shutterstock

By 2030, an estimated 47 million women worldwide will enter menopause each year. The transition through menopause can last several years and brings with it a host of physical, mental and brain changes. One of the most distressing symptoms reported by women is “brain fog”.

This umbrella term refers to difficulties with memory, concentration and mental clarity. Women may find themselves forgetting words, names or appointments, or misplacing items. While these symptoms can be alarming, they usually resolve after menopause and are not a sign of dementia.

Hormonal fluctuations, particularly declining oestrogen levels, are a key driver of cognitive changes during the menopause transition. But it’s not just hormones. Hot flushes, night sweats, poor sleep and low mood all contribute to cognitive difficulties. The good news? Many of the contributing factors are modifiable. That’s where lifestyle medicine comes in.

Lifestyle medicine is an evidence-based approach that uses lifestyle interventions to prevent and manage chronic conditions such as heart disease, diabetes and dementia. It focuses on six pillars: sleep, physical activity, nutrition, stress management, social connection and avoidance of harmful substances. These same pillars can also support cognitive health during menopause.

Sleep is an underestimated factor in brain health — it is essential for memory consolidation and brain repair. Yet one in three women going through menopause experience significant sleep disturbance. Hot flashes, anxiety, and hormonal changes can all disrupt sleep, creating a vicious cycle that worsens brain fog.

Improving sleep hygiene can help. This includes avoiding caffeine late in the day, reducing screen time before bed, keeping a consistent sleep schedule and maintaining a cool bedroom. Physical activity during the day – especially outside in the morning – also supports better sleep.

Physical activity is one of the most powerful tools for brain health. It improves blood flow to the brain, reduces inflammation and increases the size of the hippocampus (the brain’s memory centre). It also helps regulate mood, improve sleep and support cardiovascular and metabolic health. For menopausal women, it has the added benefit of improving bone health, sexual function and maintaining a healthy weight.

The World Health Organization recommends at least 150–300 minutes of moderate-intensity aerobic activity per week, plus two sessions of muscle-strengthening exercises. Even brisk walking can make a difference.

Stress can make it difficult to think clearly and chronic stress may accelerate brain ageing through chronically elevated cortisol levels. Menopause can be a stressful time, especially when cognitive changes affect sleep, confidence and daily functioning.

Mindfulness, yoga, tai chi and breathing exercises can help reduce stress and improve focus. Cognitive behavioural therapy (CBT), a form of talking therapy, is also effective in addressing negative thought patterns and improving coping strategies. Finding a hobby that brings joy or a sense of “flow” can also be a powerful stress reliever.

What we eat plays a crucial role in brain health. The Mediterranean diet — rich in vegetables, fruits, whole grains, legumes, nuts, olive oil and fish — has been linked to better memory and reduced risk of cognitive decline.

Omega-3 fatty acids, found in fatty fish and flaxseeds, are particularly beneficial for brain function. Avoiding ultra-processed foods, added sugars and trans fats can help reduce inflammation and stabilise energy levels.

Social connection is a powerful yet often overlooked pillar of lifestyle medicine that has substantial effects on physical, mental and brain health. During menopause, women may feel less able to participate in social activities and experience increased isolation or changes in relationships, which can negatively affect mood and cognition.

Strong social ties stimulate the brain, support emotional regulation, and buffer against stress. Quality matters more than quantity. Regular check-ins with friends, joining a club, volunteering, or even brief positive interactions can all make a difference.

Alcohol and other substances can have a circular effect on sleep, mood, and cognition. While alcohol may initially feel relaxing, it disrupts sleep quality and can worsen anxiety and memory issues.

Reducing alcohol and avoiding tobacco and recreational drugs can improve sleep, mood and cognitive clarity. If cutting back feels difficult, seeking support from a healthcare professional or support group can be a helpful first step.

Making lifestyle changes can feel overwhelming, especially when you’re already feeling tired or stressed. Financial pressures or personal circumstances can make lifestyle changes feel out of reach. Start small. Make just one change in one pillar, such as sticking to a regular bedtime or adding a short daily walk, and build from there. Small, consistent steps can make a big difference to clearing brain fog.

Menopausal brain fog is real, but it’s also manageable. By focusing on the six pillars of lifestyle medicine, women can take proactive steps to support their cognitive health and overall wellbeing during this important life transition.

The Conversation

Maria Pertl receives research funding from the Irish Cancer Society and the National Cancer Control Programme. She is a committee member of the Irish Society of Lifestyle Medicine.

Lisa Mellon co-founded the Irish Society for Lifestyle Medicine.

ref. Menopause and brain fog: why lifestyle medicine could make a difference – https://theconversation.com/menopause-and-brain-fog-why-lifestyle-medicine-could-make-a-difference-261683

Morocco using economic clout to strengthen grip on disputed Western Sahara territory

Source: The Conversation – UK – By Andrea Maria Pelliconi, Lecturer in Human Rights Law, University of Southampton

Christopher Nolan, known for directing blockbusters like Memento, Interstellar and Oppenheimer, is facing public backlash for filming scenes of his new film, The Odyssey, in part of north Africa called Western Sahara.

The territory, formerly known as Spanish Sahara when it was administered from Madrid, was occupied by the Moroccan military in the 1970s and unlawfully annexed. It remains classified by the UN as a “non-self-governing territory” awaiting decolonisation.

The recent controversy concerns the filming of part of The Odyssey in Dahkla, a Western Saharan city on the coast of the Atlantic Ocean. It has brought attention to one of the most overlooked and protracted armed conflicts in the modern world, now 50 years old.

Since Spain’s withdrawal in 1975, Western Sahara has been entangled in a territorial dispute involving an Algeria-backed national liberation movement called the Polisario Front, Morocco and, briefly, Mauritania. Amid serious human rights concerns, Morocco now occupies around 80% of the territory.

This is despite a landmark 1975 International Court of Justice (ICJ) advisory opinion affirming that the indigenous Sahrawi people have the right to decide whether to join Morocco or form their own state in a UN-backed referendum.

The referendum, which has been repeatedly delayed, is intended to ensure the free expression of the will of the Sahrawi people. Known as the “people of the Sahara”, the Sahrawi are made up of numerous tribes with a shared culture. They are a distinct ethnic group from Moroccans.

Only part of the Sahrawi people continue to live in Western Sahara under Morocco’s control. Most have fled to Algerian refugee camps supported by the UN Refugee Agency.

A map of Morocco and Western Sahara.
Morocco has claimed Western Sahara as its own since 1975.
Peter Hermes Furian / Shutterstock

It was from Algeria, in 1976, that the Polisario Front declared the Sahrawi Arab Democratic Republic (SADR). The Polisario Front claims to represent the Sahrawi people and is considered a legitimate interlocutor by the UN and EU.

The SADR is now a member of the African Union and has, over the years, been recognised (and sometimes un-recognised) by numerous states. Yet it is far from being universally recognised, and Morocco and Polisario continue to engage in armed hostilities for territorial control.

Only a referendum could determine whether the Sahrawi want to be Moroccans or have their own state. But five decades on from the ICJ’s advisory opinion, no such referendum has been held. Meanwhile, Morocco has entrenched its control of Western Sahara, or what it calls the “Southern Provinces”.

It has done so by changing the demographic composition of the population by civil and military means, and bolstering international support for its 2007 autonomy plan. The plan offers limited self-rule for Sahrawis under Moroccan sovereignty, and is harshly opposed by Polisario and Sahrawi groups.

Recognising Moroccan sovereignty

In 2020, under the first Trump administration, the US became the first major power to recognise the autonomy plan and Moroccan sovereignty over Western Sahara. This was part of a diplomatic quid pro quo for Rabat’s normalisation of ties with Israel under the Abraham Accords. Washington has recently reaffirmed its position.

Other global players have followed suit. Spain endorsed the autonomy plan in 2022, despite maintaining an ambiguous policy of “active neutrality”. And France officially recognised Morocco’s sovereignty in 2024.

In June 2025, the UK stated that the autonomy plan represents “the most credible, viable and pragmatic basis for a mutually agreed and lasting solution to the Western Sahara dispute” in a joint communiqué with Morocco. This was despite affirming later that the territory remains of “undetermined” status.

Growing support for Morocco’s sovereignty claims is driven by several geopolitical interests. These include energy security, investment opportunities, counter-terrorism cooperation, migration management and regional influence.

Western Sahara is rich in phosphates, fisheries and potential offshore oil and gas reserves. Major infrastructure projects there, including water management, ports and renewables, are luring international investors.

More recently, Morocco has expanded its focus to tourism and transport development and, as seen with Nolan’s film and its plans to co-host the 2030 Fifa men’s World Cup, apparently also the entertainment industry.

Rabat seems to be using development as a means of domination. And its growing economic clout and regional influence are shifting the cost-benefit calculus of world powers to take Morocco’s side in this dispute. This has made support for legal principles politically inconvenient.

But legal principles matter and consistently support the Sahrawi position. In 2022, the African Court on Human and Peoples’ Rights reaffirmed that Morocco’s continued occupation violates the Sahrawi people’s right to self-determination. This right is a “jus cogens norm” in international law, meaning it is binding on all states and cannot be derogated from.

The International Law Commission stipulates that third states must neither recognise situations arising from breaches of such norms nor assist in their maintenance. This position was reaffirmed by the ICJ in July 2024. In its advisory opinion on Israel’s occupation of Palestinian territories, it reiterated that states and international organisations should not aid or assist the maintenance of illegal occupations.

This further implies that states should disengage from their investments in Western Sahara unless these have been agreed with the Sahrawi people. In October 2024, the EU’s Court of Justice annulled EU-Morocco trade and fisheries agreements where these applied to Western Sahara. It cited the lack of Sahrawi consent in violation of self-determination.

The growing diplomatic endorsement of Morocco’s autonomy plan risks legitimising an unlawful occupation under the veneer of pragmatism. The normalisation of occupation sets a troubling precedent for other territorial disputes around the world, from Ukraine and Palestine to Syria and Kashmir.

Some argue that Morocco’s autonomy plan represents a “realistic” solution to an intractable conflict. But decisions imposed without consent are not solutions, as they lead to further opposition and conflict. Privileging power over principle would betray the Sahrawi people and jeopardise international law.

The Conversation

Andrea Maria Pelliconi is a recipient of a British Academy/Leverhulme Small Research Grant (2024 – 2026) to complete a study of demographic engineering and apartheid in Western Sahara.

I gratefully acknowledge the work of our two research assistants: Dr. Meriem Naili and Beya Mousli. For further information about our project please visit: https://www.nottingham.ac.uk/research/groups/nottingham-international-law-and-security-centre/research/western-sahara-project/western-sahara-project.aspx

Victor Kattan is a recipient of a British Academy/Leverhulme Small Research Grant (2024 – 2026) to complete a study of demographic engineering and apartheid in Western Sahara.

ref. Morocco using economic clout to strengthen grip on disputed Western Sahara territory – https://theconversation.com/morocco-using-economic-clout-to-strengthen-grip-on-disputed-western-sahara-territory-262763

Wild salmon are the Zendayas of the fish world – what that tells us about conservation

Source: The Conversation – UK – By William Perry, Postdoctoral Research Associate at the School of Biosciences, Cardiff University

An Atlantic salmon slowmotiongli/Shutterstock

Wild salmon are not just rarer than their farmed cousins – they’re better looking too. In a new study by my colleagues and I, we found that they are noticeably more symmetrical than those reared in captivity. In other words, they’re prettier (by human standards, at least). And that’s not just cosmetic.

The global sale of aquatic species reared in captivity (known as aquaculture) is worth more than US$300 billion (£225 billion) annually. That’s a huge figure that doesn’t even include the wholesale or retail markups and revenue generated from other industries such as processing or packaging.

Of all the cultured aquatic organisms, the Atlantic salmon is the most valuable but is seeing widespread declines in the wild.

To put salmon decline into perspective, in 2024 the aquaculture industry produced somewhere in the region of 3 million metric tonnes of Atlantic salmon for consumption, which is roughly 600 million fish (assuming a harvest weight of 5kg per fish). Yet, there are fewer than two million wild Atlantic salmon returning to rivers every year.

This has led to the Atlantic salmon being classified as endangered in Britain by the International Union for Conservation of Nature. Some countries have turned to hatcheries as a way to boost wild numbers, releasing captive-bred fish into rivers to try to strengthen struggling populations.

But rearing fish in artificial hatchery environments changes elements of their biology, making them less likely to survive in the wild. Not only this, but when they are released into the wild, their genetics can pollute local gene pools.

So, while hatcheries seem to offer a solution to declining wild salmon populations, decades of research has shown that they largely have a negative effect on the populations they are trying to save. Despite these problems, hatcheries can sometimes be the only thing standing between a population and extinction.

We carried out our study on the Saimaa salmon in Finland, a critically endangered, landlocked population that’s been around since the last ice age. Once common in the wild, the Saimaa salmon would now go extinct in the wild if it were not for hatchery production sustaining the population. This is because the construction of hydropower stations and deforestation destroyed their natural spawning habitats in the 20th century.

An aerial view of Lake Saimaa on a summer's day.
Lake Saimaa in Finland.
ArtBBNV/Shutterstock

In humans, facial symmetry is often associated with beauty. It’s no coincidence that stars like Zendaya and Harry Styles, whose features exhibit remarkable symmetry, are held up as icons of attractiveness.

In fish, symmetry is associated with low environmental stress. So, it can be a valuable tool for understanding how effective hatcheries are in producing more natural fish.

To understand how hatchery conditions shape fish development, we photographed Saimaa salmon from both sides and compared their features. Some fish had spent a year in tanks, others just a few days before being released into a river. We then measured their symmetry as an indicator of stress.

What we found was striking. Even fish reared in captivity for just one year showed clear signs of asymmetry. And efforts to enrich their lives, such as by adding shelters and fluctuating water flows, did not prevent asymmetry.

The only technique that prevented asymmetry was releasing the fish into a natural river after they had just hatched, minimising their exposure to the hatchery environment.

Fish released into the wild after hatching also had larger pectoral fins and lower jaws, relative to body size, when compared to those reared in captive environments. These traits may be beneficial in the wild where there are more complex river flows and diets. They were reduced in those fish who had spent most of their life in the hatchery.

Letting nature lead

Our research suggests that the hatchery environment – no matter how carefully managed – is no substitute for nature. While hatcheries can act as a stopgap for critically endangered populations like the Saimaa salmon, they are not a long-term fix for species in decline.

If hatcheries must be used, our study show it’s vital to get fish into natural conditions as early as possible. But ultimately, if we want wild salmon to not just survive but thrive, we have to fix the problems that caused their decline in the first place.

Humanity often tries to engineer its way out of environmental crises. But nature isn’t easily replaced. Sometimes, the best solution is to give it the space to recover on its own.

The Conversation

William Perry does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Wild salmon are the Zendayas of the fish world – what that tells us about conservation – https://theconversation.com/wild-salmon-are-the-zendayas-of-the-fish-world-what-that-tells-us-about-conservation-262268

Arbres urbains ou toitures réfléchissantes : quelle est la meilleure solution pour les villes afin de lutter contre la chaleur ?

Source: The Conversation – in French – By Ian Smith, Research Scientist in Earth & Environment, Boston University

Les arbres comme ceux-ci à Boston peuvent aider à rafraîchir les quartiers pendant les journées chaudes. Yassine Khalfalli/Unsplash, CC BY

Lorsque la chaleur estivale s’installe, les villes peuvent commencer à ressembler à des fours, car les bâtiments et les chaussées emprisonnent la chaleur du soleil, tandis que les véhicules et les climatiseurs rejettent davantage de chaleur dans l’air.

La température dans un quartier urbain dans lequel il y a peu d’arbres peut être supérieure de 5,5 degrés Celsius à celle des quartiers voisins. Cela signifie que la climatisation fonctionne davantage, mettant le réseau électrique à rude épreuve et exposant les habitants aux pannes de courant.

Il existe des mesures éprouvées que les villes peuvent prendre pour rafraîchir l’air, par exemple planter des arbres qui fournissent de l’ombre et de l’humidité, ou créer des toitures réfléchissantes qui réfléchissent le rayonnement solaire vers l’atmosphère au lieu de l’absorber.

Mais ces mesures sont-elles efficaces partout ?

Nous étudions les risques liés à la chaleur dans les villes en tant qu’écologistes urbains, et analysons l’impact de la plantation d’arbres et des toitures réfléchissantes dans différentes villes et différents quartiers. Nos conclusions peuvent aider les villes et les propriétaires à mieux cibler leurs efforts pour lutter contre la chaleur.

La magie des arbres

Les arbres urbains offrent une protection naturelle contre la hausse des températures. Ils apportent de l’ombre et libèrent de la vapeur d’eau par leurs feuilles, un processus similaire à la transpiration humaine. Cela refroidit l’air ambiant et atténue la chaleur de l’après-midi.

L’ajout d’arbres dans les rues, les parcs et les jardins résidentiels peut changer sensiblement la température ressentie dans un quartier, les quartiers arborés étant près d’1,7 °C plus frais que ceux qui le sont moins.

Deux cartes de New York montrent comment la végétation correspond aux zones plus fraîches en fonction de la température
La comparaison des cartes de la végétation et de la température de New York montre l’effet rafraîchissant des parcs et des quartiers plus boisés. Sur la carte de gauche, les couleurs plus claires correspondent aux zones moins boisées. Les zones claires de la carte de droite sont plus chaudes.
NASA/USGS Landsat

Mais planter des arbres n’est pas toujours simple.

Dans les villes chaudes et sèches, les arbres ont souvent besoin d’être irrigués pour survivre, ce qui peut mettre à l’épreuve des ressources en eau déjà limitées. Les arbres doivent survivre pendant des décennies pour atteindre une taille suffisante afin de fournir de l’ombre et libérer assez de vapeur d’eau pour réduire la température de l’air.

Les coûts d’entretien annuels, estimés à environ 900 dollars américains annuels par arbre à Boston, peuvent dépasser l’investissement initial de plantation.

La difficulté, c’est que les quartiers urbains denses, où la chaleur est la plus intense, sont souvent trop encombrés de bâtiments et de routes pour permettre la plantation d’arbres supplémentaires.

Comment les toitures réfléchissantes peuvent aider pendant les journées chaudes

Une autre option consiste à recourir aux toitures réfléchissantes. Recouvrir les toitures d’une peinture réfléchissante ou utiliser des matériaux de couleur claire permet aux bâtiments de réfléchir davantage la lumière du soleil vers l’atmosphère au lieu de l’absorber sous forme de chaleur.

Ces toitures peuvent réduire la température à l’intérieur d’un immeuble sans climatisation d’environ 1 à 3,3 °C et peuvent réduire la demande maximale de climatisation jusqu’à 27 % dans les bâtiments climatisés, selon une étude. Elles peuvent également procurer un rafraîchissement immédiat en réduisant les températures extérieures dans les zones densément peuplées. Les coûts d’entretien sont aussi plus faibles que ceux liés à l’expansion des forêts urbaines.

Deux ouvriers appliquent de la peinture sur un toit plat
Deux ouvriers appliquent un revêtement blanc sur le toit d’une maison mitoyenne à Philadelphie.
AP Photo/Matt Rourke

Cependant, tout comme les arbres, les toitures réfléchissantes ont leurs limites. Elles sont plus efficaces sur les toits plats que sur les toits en pente recouverts de bardeaux, car les toits plats sont souvent recouverts de caoutchouc qui emprisonne la chaleur et sont exposés à un ensoleillement plus direct l’après-midi.

Les villes disposent également d’un nombre limité de toits susceptibles d’être convertis. Et dans les villes qui comptent déjà de nombreux toits de couleur claire, quelques toitures supplémentaires pourraient contribuer à réduire les coûts de climatisation dans ces bâtiments, mais elles n’auraient pas beaucoup d’effet à l’échelle du quartier.

En évaluant les avantages et les inconvénients des deux stratégies, les villes peuvent concevoir des plans adaptés à leur situation pour lutter contre la chaleur.

Choisir la bonne combinaison de solutions de refroidissement

De nombreuses villes à travers le monde ont pris des mesures pour s’adapter à la chaleur extrême, avec des programmes de plantation d’arbres et de toitures réfléchissantes qui imposent des exigences en matière de réflectivité ou en encouragent l’adoption.

À Detroit, des organisations à but non lucratif ont planté plus de 166 000 arbres depuis 1989. À Los Angeles, les codes du bâtiment exigent désormais que les toits des nouvelles constructions résidentielles respectent des normes de réflectivité spécifiques.

Dans une étude récente, nous avons analysé le potentiel de Boston pour réduire la chaleur dans les quartiers vulnérables de la ville. Les résultats montrent comment une stratégie à coût maîtrisé pourrait apporter des bénéfices significatifs en matière de refroidissement.

Par exemple, nous avons constaté que la plantation d’arbres peut refroidir l’air de 35 % de plus que l’installation de toitures réfléchissantes dans les endroits où il est possible de planter des arbres.

Cependant, la plupart des meilleurs emplacements pour planter de nouveaux arbres à Boston ne se trouvent pas dans les quartiers qui en ont le plus besoin. Dans ces quartiers, nous avons constaté que les toitures réfléchissantes constituaient un meilleur choix.

En investissant moins de 1 % du budget annuel de fonctionnement de la ville, soit environ 34 millions de dollars, dans 2 500 nouveaux arbres et 3 000 toitures réfléchissantes ciblant les zones les plus à risque, nous avons constaté que Boston pourrait réduire l’exposition à la chaleur pour près de 80 000 habitants. Cela permettrait de réduire la température de l’air l’après-midi en été de plus de 0,6 °C dans ces quartiers.

Bien que cette baisse puisse sembler modeste, il a été démontré que des réductions de cette ampleur diminuent sensiblement les maladies et les décès liés à la chaleur, augmentent la productivité et réduisent les coûts énergétiques liés à la climatisation des bâtiments.

Toutes les villes ne bénéficieront pas de la même combinaison. Le paysage urbain de Boston comprend de nombreux toits plats et noirs qui ne réfléchissent qu’environ 12 % de la lumière solaire, ce qui rend les toitures réfléchissantes qui réfléchissent plus de 65 % de la lumière solaire particulièrement efficaces. Boston bénéficie également d’une saison de végétation relativement humide qui favorise le développement d’un couvert forestier urbain luxuriant, rendant ces deux solutions viables.

Deux images aériennes montrent des couleurs de bâtiments très différentes dans deux villes
Phoenix, à gauche, compte déjà de nombreux toits de couleur claire, contrairement à Boston, à droite, où les toits sont principalement sombres.
Imagerie Google 2025

Dans les endroits où il y a moins de toits plats et sombres pouvant être convertis en toitures réfléchissantes, la plantation d’arbres peut apporter davantage de bénéfices. À l’inverse, dans les villes où il reste peu d’espace pour planter de nouveaux arbres ou où la chaleur extrême et la sécheresse limitent la survie des arbres, les toitures réfléchissantes peuvent être une meilleure solution.

Phoenix, par exemple, compte déjà de nombreux toits de couleur claire. Les arbres pourraient être une option, mais ils nécessiteraient un système d’irrigation.


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Apporter les solutions là où les gens en ont besoin

La création de zones ombragées le long des trottoirs peut avoir un double effet en offrant aux piétons un endroit pour s’abriter du soleil et en rafraîchissant les bâtiments. À New York, par exemple, les arbres de rue représentent environ 25 % de la forêt urbaine totale.

Les toitures réfléchissantes peuvent être plus difficiles à déployer pour les autorités publiques, car elles nécessitent la collaboration des propriétaires. Cela signifie souvent que les villes doivent proposer des mesures incitatives. Louisville, dans le Kentucky, par exemple, accorde des rabais pouvant aller jusqu’à 2 000 dollars aux propriétaires qui installent des matériaux de toiture réfléchissants, et jusqu’à 5 000 dollars aux entreprises commerciales dotées de toits plats qui utilisent des revêtements réfléchissants.

Deux graphiques montrent les améliorations
À Boston, la plantation d’arbres (à gauche) et l’augmentation de la réflectivité des toitures (à droite) se sont avérées des moyens efficaces pour refroidir les zones urbaines.
Ian Smith et al. 2025

De telles initiatives peuvent contribuer à étendre les bénéfices des toitures réfléchissantes dans les quartiers densément peuplés qui ont le plus besoin d’être rafraîchis.

Alors que les changements climatiques entraînent une augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur urbaine, les villes disposent d’outils puissants pour faire baisser la température. En prêtant attention à ce qui existe déjà et à ce qui est faisable, elles peuvent trouver la meilleure stratégie en fonction de leurs besoins et de leurs réalités.

La Conversation Canada

Lucy Hutyra a reçu des subventions du gouvernement fédéral américain et de fondations telles que le World Resources Institute et le Burroughs Wellcome Fund pour ses recherches sur le climat urbain et les stratégies d’atténuation. Elle a reçu une bourse MacArthur 2023 pour ses travaux dans ce domaine.

Ian Smith ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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