Rosalind Franklin : la scientifique derrière la découverte de la structure de l’ADN, bien trop longtemps invisibilisée

Source: The Conversation – in French – By Coralie Thieulin, Enseignant chercheur en physique à l’ECE, docteure en biophysique, ECE Paris

*En 1962, le prix Nobel de physiologie ou médecine est attribué à Watson, Crick et Wilkins pour la découverte de la structure de l’ADN. Rosalind Franklin n’est pas mentionnée, elle est pourtant à l’origine de cette découverte majeure. Découvrez son histoire et tous ses exploits scientifiques, notamment en virologie. *


« La science et la vie quotidienne ne peuvent pas et ne doivent pas être séparées. »

Cette phrase de Rosalind Franklin éclaire sa vision singulière : pour elle, la science n’était pas une abstraction, mais un chemin concret vers une meilleure compréhension du monde. Tout au long de sa vie, elle a su allier une rigueur scientifique sans faille à un engagement discret, dans un univers où les femmes peinaient encore à obtenir la reconnaissance qu’elles méritaient.

Ni figure publique ni militante affichée, Rosalind Franklin travaillait dans l’ombre, avec une exigence et une méthode implacables. Et pourtant, c’est grâce à son expertise que la lumière a traversé la molécule d’ADN, révélant sa fameuse forme en double hélice.

À une époque où la place des femmes en science restait fragile, elle imposa sa voie avec précision et détermination, convaincue que la véritable beauté réside dans la structure profonde des choses.

Une détermination née dès l’enfance

Le 25 juillet 1920, au cœur du quartier londonien de Notting Hill, naît Rosalind Elsie Franklin, deuxième enfant d’une fratrie de cinq. Issue d’une famille juive britannique aisée et cultivée, elle grandit dans un environnement où la rigueur intellectuelle et l’engagement social sont des piliers. Son père, Ellis Arthur Franklin, banquier passionné de physique, rêvait d’être scientifique mais a vu ses ambitions fauchées par la Première Guerre mondiale. Sa mère, Muriel Waley, militait activement pour l’éducation des femmes. Ce mélange d’idéalisme, de savoir et de devoir allait profondément façonner Rosalind.

Dès l’enfance, elle fait preuve d’une intelligence hors norme. À six ans, elle passe ses journées à résoudre des problèmes d’arithmétique, sans jamais faire d’erreur, selon sa tante. À neuf ans, elle se lance un défi personnel : finir chaque semaine première de sa classe. Elle tiendra ce pari pendant deux ans. Déjà se dessine une personnalité exigeante, compétitive et intensément tournée vers la connaissance. Mais dans la société britannique des années 1920, une telle ambition, chez une fille, suscite autant d’admiration que de réticence, dans un contexte où la place des femmes restait largement cantonnée à la sphère domestique.

Une vocation affirmée dès l’adolescence

Rosalind Franklin poursuit ses études au prestigieux St Paul’s Girls’ School, l’un des rares établissements à enseigner les sciences aux jeunes filles. Elle y brille, notamment en physique et en mathématiques. En 1938, elle entre au Newnham College de l’Université de Cambridge, l’un des deux collèges féminins de l’époque. Son choix de se spécialiser en chimie et en physique n’est pas encore courant chez les femmes.

En 1941, en pleine guerre mondiale, elle obtient son diplôme. Tandis que beaucoup de femmes sont orientées vers des rôles d’assistante, Rosalind refuse tout compromis et intègre un laboratoire du British Coal Utilisation Research Association (Association britannique pour la recherche sur l’utilisation du charbon). Elle y étudie la microstructure du charbon par diffraction des rayons X, technique qui deviendra sa spécialité.

Ces recherches, bien que menées dans un contexte de guerre, auront des retombées industrielles majeures, notamment pour la fabrication de masques à gaz et de matériaux isolants.

En 1945, Rosalind Franklin obtient un doctorat de Cambridge – un exploit pour une femme à cette époque. En effet, à cette période, Cambridge ne délivrait pas officiellement de diplômes aux femmes, ce qui rend cet accomplissement d’autant plus remarquable, car Franklin fait partie des premières à obtenir un doctorat dans un contexte universitaire encore très fermé aux femmes.

Un interlude heureux à Paris

En 1947, une nouvelle étape marque sa vie : elle rejoint le Laboratoire Central des Services Chimiques de l’État, à Paris, sur invitation de Jacques Mering. Elle y perfectionne ses compétences en cristallographie par rayons X et découvre un environnement de travail plus ouvert, où sa parole est écoutée et ses idées respectées.

Elle se lie d’amitié avec des chercheurs, découvre la culture française, et adopte un mode de vie simple mais libre. Elle parcourt les Alpes à pied, discute dans les bistrots, s’immerge dans la langue et la gastronomie. Elle confiera plus tard :

« Je pourrais vagabonder en France pour toujours. J’adore le pays, les gens et la nourriture. »

Pour une femme qui a toujours ressenti le poids du sexisme britannique, la France offre alors un souffle de liberté. En effet, l’université britannique, en particulier Cambridge et King’s college, reste encore profondément patriarcale : les femmes sont exclues des clubs et réunions informelles et ne reçoivent officiellement des diplômes à Cambridge qu’à partir de 1947.

La « Dark Lady » de la double hélice

Mais la science l’appelle ailleurs. En 1951, elle retourne en Angleterre avec une bourse prestigieuse (Turner and Newall Fellowship). Elle rejoint le King’s College de Londres, au département de biophysique, pour travailler sur une mystérieuse molécule encore peu comprise : l’ADN. On sait, depuis Avery (1944), qu’elle joue un rôle dans l’hérédité, et Chargaff (1950) a établi que les bases azotées se répartissent selon des proportions constantes (A=T, G=C), mais la structure tridimensionnelle demeure inconnue. C’est là que son destin scientifique se joue.

Franklin apporte au projet son expertise pointue en diffraction X. En quelques mois, elle améliore considérablement les images de l’ADN, et capture l’une des photographies les plus célèbres de l’histoire de la biologie : le « cliché 51 ». Cette image révèle, avec une clarté inédite, la forme hélicoïdale de la molécule d’ADN. On y voit des taches disposées en forme de X, révélant que la molécule forme une double hélice régulière. L’espacement des taches renseigne sur la distance entre les bases (A, T, C et G), et leur symétrie suggère une structure très ordonnée.

Rosalind Franklin identifie également deux formes distinctes de l’ADN selon l’humidité (forme A et B), et démontre que les groupements phosphate sont orientés vers l’extérieur.

Mais derrière cette réussite, l’ambiance au laboratoire est tendue. Franklin est la seule femme scientifique du département, et ses collègues masculins, notamment Maurice Wilkins, voient son indépendance comme de l’insubordination. En effet, Wilkins pensait que Franlkin arrivait au laboratoire comme assistante sous sa direction. De son côté, Rosalind pensait avoir été recrutée pour diriger ses propres recherches sur l’ADN,de manière indépendante. Cette incompréhension institutionnelle a été exacerbée par une communication défaillante de la part de John Randall, directeur du laboratoire, qui n’a pas informé Wilkins de l’autonomie accordée à Franklin. Wilkins n’a appris cette décision que des années plus tard, ce qui a contribué à des tensions professionnelles. Ce dernier, persuadé qu’elle est son assistante, se heurte à son refus catégorique de toute hiérarchie injustifiée. Leur relation devient glaciale. Dans ce climat conservateur et misogyne, Franklin se heurte à un plafond de verre invisible, mais solide.

C’est dans ce contexte qu’un événement aux lourdes conséquences se produit. Sans son consentement, Wilkins montre le cliché 51 à James Watson, jeune chercheur de Cambridge. Ce dernier, avec Francis Crick, travaille lui aussi sur l’ADN, mais sans données expérimentales directes. En découvrant la photographie, Watson est stupéfait :

« Ma mâchoire s’est ouverte et mon pouls s’est emballé. »

La photographie de Franklin devient la pièce manquante qui leur permet de construire leur célèbre modèle de la double hélice. En avril 1953, trois articles fondamentaux sur l’ADN paraissent dans la revue Nature. Le premier, signé par Watson et Crick, propose le célèbre modèle en double hélice, fondé sur des raisonnements théoriques et des données expérimentales issues d’autres laboratoires – notamment le cliché 51, transmis à leur insu par Maurice Wilkins. Le second article, coécrit par Wilkins, Stokes et Wilson, présente des résultats de diffraction des rayons X qui confirment la présence d’une structure hélicoïdale, en cohérence avec le modèle proposé. Le troisième, rédigé par Rosalind Franklin et Raymond Gosling, expose avec rigueur leurs propres données expérimentales, parmi les plus décisives, mais sans que Franklin ait été informée de leur utilisation préalable par Watson et Crick. Bien que sa contribution soit déterminante, elle n’est mentionnée que brièvement dans les remerciements.

Watson la surnomme plus tard dans ses mémoires « Rosy », un diminutif qu’elle n’a jamais utilisé et qu’elle détestait. Il la décrit comme austère, inflexible, difficile – un portrait injuste qui trahit davantage les préjugés de l’époque que la réalité de sa personne. Ses collègues masculins l’appellent la « Dark Lady » de l’ADN.

Blessée, fatiguée par ce climat toxique, Franklin quitte le King’s College dès la fin 1953. Mais loin d’abandonner, elle rebondit immédiatement.

La renaissance scientifique : les virus

Elle rejoint alors le Birkbeck College, un établissement de l’Université de Londres situé à Bloomsbury, sur l’invitation du physicien John Bernal qui la qualifie de « brillante expérimentatrice ». Elle y obtient un poste de chercheuse senior, à la tête de son propre groupe de recherche, financé par l’Agricultural Research Council. Là, elle applique ses compétences en diffraction X à un nouveau domaine : les virus. Elle se lance dans l’étude du virus de la mosaïque du tabac, un petit virus végétal très étudié. Avec son équipe, les doctorants Kenneth Holmes et John Finch, le jeune chercheur postdoctoral Aaron Klug, futur prix Nobel, ainsi que l’assistant de recherche James Watt, elle démontre que l’ARN du virus est situé à l’intérieur d’une coque protéique hélicoïdale. Cette découverte est essentielle car elle montre la forme en 3D du virus, explique comment l’ARN est protégé à l’intérieur, et crée les bases pour mieux comprendre les virus. Cela a aidé à progresser dans la recherche pour trouver des traitements contre les infections virales.

Entre 1953 et 1958, elle publie plus de 15 articles majeurs, établissant les bases de la virologie moléculaire. Elle travaille également sur la structure du virus de la polio, en collaboration avec le futur prix Nobel Aaron Klug, récompensé en 1982 pour son développement de la microscopie électronique cristallographique et l’élucidation des complexes biologiques entre acides nucléiques et protéines. Elle est enfin dans un environnement où elle est écoutée, respectée, et même admirée.

Un destin interrompu

Mais en 1956, le destin frappe cruellement. Au cours d’un séjour aux États-Unis, Franklin ressent de fortes douleurs abdominales. Le diagnostic tombe : cancer des ovaires. Elle a 36 ans. La maladie est probablement liée à son exposition répétée aux rayons X, à une époque où les protections étaient rudimentaires, voire absentes.

Malgré plusieurs opérations et de lourds traitements, elle continue de travailler, fidèle à sa discipline et à sa passion. Jusqu’à ses derniers mois, elle écrit, corrige, encourage, dirige. Elle meurt le 16 avril 1958, à l’âge de 37 ans.

Un prix Nobel sans elle

Quatre ans après sa mort, en 1962, le prix Nobel de physiologie ou médecine est attribué à Watson, Crick et Wilkins pour la découverte de la structure de l’ADN. Rosalind Franklin n’est pas mentionnée. Officiellement, le prix ne peut être attribué à titre posthume. Officieusement, elle n’a jamais été sérieusement envisagée comme co-lauréate, car son nom ne circulait pas dans les cercles masculins du pouvoir scientifique.

Une reconnaissance restaurée

Il faudra attendre les années 1970 pour que sa contribution soit pleinement reconnue. D’abord par Anne Sayre, amie de Franklin, journaliste américaine et amie proche de Franklin rencontrée à Londres dans les années 1950 grâce à leur cercle social commun lié au monde scientifique, qui publie Rosalind Franklin and DNA en 1975 pour rétablir les faits. Puis, bien après, en 2002, avec la biographie The Dark Lady of DNA, écrite par Brenda Maddox et qui rencontre un grand écho international.

Aujourd’hui, son nom est inscrit sur des bâtiments universitaires, des bourses, des prix scientifiques. En 2020, elle est sélectionnée par le magazine Nature parmi les plus grandes scientifiques du XXe siècle. En 2021, la mission spatiale européenne vers Mars, nommée Rosalind Franklin Rover, a été lancée pour chercher des traces de vie passée dans le sous-sol martien. Ce nom rend hommage à Franklin, dont les travaux sur la structure de l’ADN symbolisent la recherche des bases moléculaires du vivant.

Rosalind Franklin, longtemps éclipsée par ses pairs, incarne aujourd’hui bien plus qu’une figure oubliée de la science. Elle est devenue un symbole de ténacité, d’éthique scientifique, et de justice. Une pionnière dont l’éclat posthume inspire chercheuses et chercheurs à persévérer malgré les obstacles, les discriminations et les injustices qu’ils peuvent rencontrer.

The Conversation

Coralie Thieulin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Rosalind Franklin : la scientifique derrière la découverte de la structure de l’ADN, bien trop longtemps invisibilisée – https://theconversation.com/rosalind-franklin-la-scientifique-derriere-la-decouverte-de-la-structure-de-ladn-bien-trop-longtemps-invisibilisee-262141

As negotiations on a global plastics treaty stall, cleanup efforts are more vital than ever

Source: The Conversation – Canada – By Chelsea Rochman, Assistant Professor of Ecology and Evolutionary Biology, University of Toronto

Representatives at the recent United Nations conference in Geneva have once again failed to negotiate a binding global treaty to tackle plastic pollution. The Switzerland gathering was the sixth round of talks in less than three years and was held after countries failed to reach agreement at a 2024 meeting in South Korea. Chair of the negotiating committee, Luis Vayas Valdivieso, said countries will now work on finding a date and location for another meeting.

Plastic pollution is a global crisis. An estimated 23 million metric tons of plastic waste enters global aquatic ecosystems annually. This massive amount is expected to more than double by 2030 if we don’t change our relationship with plastic. To avoid this fate, we cannot focus just on prevention or cleanup — all actions to tackle plastic pollution must occur together.

Urgent and co-ordinated action is needed to reduce plastic production, redesign plastics to manage toxic chemicals and increase recyclability, improve waste management systems and clean up pollution.

Among these strategies, cleanup — recovering plastic waste from the environment — is often considered a lower priority compared to prevention at the source. Preventing plastic pollution is imperative, but we must not forget that plastic left in the environment does not disappear. It persists, accumulates, breaks apart into micro- and nanoplastics and continues to cause harm.

As long as we are producing plastics there will be leakage into the environment. As such, cleanup is needed to mitigate ecological, economic and social impacts of plastic pollution now and in the future.




Read more:
Three reasons plastic pollution treaty talks ended in disagreement and deadlock (but not collapse)


Scaling up cleanup solutions

Cleanup efforts are most often carried out by hand through volunteers. These can range from a couple of people cleaning their local park or beach to large groups coming together for an event.

Cleanups remove millions of kilograms of trash from the environment each year. However, with plastic pollution becoming an ever-growing problem, we need to increase cleanup efforts by orders of magnitude.

International collaboration is necessary to tackle this global problem. At the University of Toronto Trash Team, we came together with Ocean Conservancy to found the International Trash Trap Network (ITTN), a global network of local groups working together to clean up plastic pollution using trash traps.

What is a trash trap?

Trash traps are technologies designed to clean up plastic waste from aquatic ecosystems. They range in design from simple river booms to roaming robots that clean beaches.

Trash traps are increasingly used to supplement manual cleanup efforts. They can work around the clock to target pollution, both on land and in waterways, cleaning areas that are unsafe or inaccessible for humans.

Some trash traps can also clean up small plastic waste, such as microplastics, that humans often miss as they are difficult to see.

With every trash trap program in the network, local stakeholders come together to clean up plastic waste, monitor local sources and pathways, engage and inform communities about the issue, and contribute to an open-source global cleanup database to inform and motivate upstream solutions to prevent plastic pollution.

The ITTN serves as a platform for anyone using a trash trap to share their local impact and facilitate knowledge exchange to motivate and empower global action to clean up, monitor and prevent plastic pollution.

Benefits of cleanup efforts

Although cleanup primarily addresses the symptoms of plastic pollution, it can address the root causes through its additional benefits. Citizen scientists have recorded data on the weight and count of items they collect during cleanup events. This is evident in the extensive datasets compiled by organizations such as Ocean Conservancy, which has logged 40 years of data from volunteer-led International Coastal Cleanup events.

Using this data, we can better understand local sources of pollution, identify prominent pollutants and prioritize specific solutions that will have the greatest impact. Policies to reduce single-use plastic consumption in Canada, and in U.S. states like California and Maryland, have been developed based on evidence from cleanup data.

Cleanup data collection is a means for developing baselines and to measure policy efficacy. In the United States, shoreline cleanup data was recently used to demonstrate that plastic bag policies significantly reduced the proportion of plastic bags in shoreline litter.

Cleanup also serves as a powerful platform for public communication about plastic pollution. A significant driver of our plastic pollution crisis is human behaviour. As such, we must also consider how public understanding and perception of plastic pollution affects behaviour change and support for policy change.

Bringing communities together to clean up and share information facilitates community engagement and inspires hope. What’s more, by allowing individuals to encounter the problems caused by plastic pollution firsthand, this experience often changes their perspective on the issue from being just another news story to a reality.

The hands-on nature of cleanup empowers communities to act, reduce the issue and motivates calls for social and policy change.

Although cleaning your local park, beach or waterway might seem like a small act, it is an important tool for reducing plastic pollution, increasing awareness and informing polices that have lasting impact.

By strategically increasing cleanup efforts, we can target areas of greatest impact, incite behavioural change, and collect and share monitoring data. This can inform baselines, trends over time, reduction targets and solutions for plastic pollution — reducing the harm of plastic pollution while we work locally and globally to prevent it.

The Conversation

Chelsea Rochman receives funding from Canadian government institutions and some local partners – PortsToronto, Waterfront BIA, Nieuport Aviation, and others – to fund cleanup work on the Toronto Waterfront.

Britta Baechler and Hannah De Frond do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. As negotiations on a global plastics treaty stall, cleanup efforts are more vital than ever – https://theconversation.com/as-negotiations-on-a-global-plastics-treaty-stall-cleanup-efforts-are-more-vital-than-ever-262875

Online reviews influence what we buy, but should they have that much power over our choices?

Source: The Conversation – Canada – By Katie Mehr, Assistant Professor, Marketing, Business Economics, and Law, University of Alberta

Imagine you’re looking to buy a new grill. You want to make sure you purchase a well-built, easy-to-use grill for you and your family. How can you determine which one is best to purchase?

On the one hand, you can rely on information the manufacturer provides to understand things like what material the grill is made from, how big it is and whether it has additional features like a grease management system. But this information doesn’t really tell you what it’s like to own the grill, or whether the grill will work well for your summer barbecue aspirations.

For that, you probably want to hear from people who have bought and used the grill and can speak to its quality.

This example highlights the appeal of product ratings and reviews: by providing insight from people who actually bought and used the grill, aspiring grill owners learn more about what owning it will be like.

Predicting experience

People rely on reviews because they want to predict what their experience will be like with a product. They see reviews as a good source of information for making this prediction.

Reviews are also plentiful and almost costless to produce and access, bolstering the likelihood that people use them. And, people can sort through reviews to find information about specific attributes and benefits of the product (for example, whether a grill evenly cooks steak), which can help address specific queries or concerns.

Taken together, these benefits lead people to rely on reviews to determine whether they should buy a given product.

In fact, reviews are so heavily relied upon that they influence product sales and even stock prices. Given up to 98 per cent of consumers read reviews before making a purchase, the out-sized role reviews have makes sense.

But should people rely so heavily on reviews? The answer to this question is much more nuanced. On the one hand, product reviews are easy to access, provided by a third party (not the same entity trying to sell the product) and are often written with good intentions.

On the other hand, academic research, including my own, has shown there are many reasons to suspect reviews are not quite as valuable as they may seem.

Bias in reviews

Many of these reasons stem from a common argument, which is that reviews may not provide an objective, unbiased measure of product quality. Indeed, a number of seemingly irrelevant factors affect the star ratings and reviews that are given.

For example, asking raters to fill out both an overall rating and several attribute ratings leads them to give a higher overall rating when their experience with the product was subpar. Additionally, filling out a review on a smartphone leads reviewers to provide more emotionally driven, less specific reviews.

The context of product use can also affect ratings given; a winter jacket is rated more favourably when the outdoor temperature is warmer because raters attribute their comfort not to the warm temperatures, but to the coat. And, receiving a special designation, like being a “Superhost” on Airbnb, can actually decrease average ratings, as raters now compare their experience to higher expectations when determining what rating to give.

Previous research has also documented how the way reviews are displayed affects review readers’ product perceptions. For instance, people often make categorical distinctions between favourable and unfavourable ratings, while being insufficiently sensitive to differences between ratings of the same valence (for example, between 1 and 2 stars or 4 and 5 stars).

Additionally, people often heavily weigh a product’s average rating, at the expense of considering important quality signals, like the number of ratings and price.

AI and fake reviews

More recently, additional concerns have been raised about review quality. Fake reviews can make up a sizeable proportion of available reviews, and businesses that are more affected by these reviews, like smaller, independently owned restaurants, are more likely to engage in review fraud.

Additionally, the proliferation of AI has led to an increase in chatbot-authored product reviews, which can be difficult for both companies and consumers to filter out.

Taken together, reviews can be a useful source of information, but have a number of important flaws and limitations. In theory, providing information about what owning a product is actually like from a neutral, third-party source is extremely useful.

In practice, however, the execution of this vision leaves room for improvement and future research.

The Conversation

Katie Mehr does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Online reviews influence what we buy, but should they have that much power over our choices? – https://theconversation.com/online-reviews-influence-what-we-buy-but-should-they-have-that-much-power-over-our-choices-261162

‘Fixing’ neurodivergent kids misses the point — it’s the schools that need to change

Source: The Conversation – Canada – By Amina Yousaf, Associate Head, Early Childhood Studies, University of Guelph-Humber

The start of the school year brings excitement and new routines. But for many neurodiverse children, it also marks the return of being misunderstood.

Parents may notice their child struggling with transitions, overstimulated by noisy classrooms or labelled “disruptive” after a few days. Educators, meanwhile, may not be equipped to interpret behaviours that fall outside the expected norms.

Some education programs, like Ontario’s Kindergarten Program, emphasize play-based curricula and encourage assessment of students’ development across varied domains of learning. However, traditional notions of school “readiness” can still linger.

In my experience as an educator and mentor to student teachers, I’ve sometimes observed this “readiness” being narrowly interpreted as sitting still, following routines and complying with adult directions.

For many neurodiverse children — those with autism, ADHD, sensory processing differences or other cognitive variations — these misunderstandings can lead to missed supports, exclusionary practices and long-term inequities in education and life outcomes.

When systems fail to understand and accommodate neurodivergent individuals early on, these challenges often persist into adulthood, affecting quality of life and social inclusion.




Read more:
What exactly is ‘neurodiversity?’ Using accurate language about disability matters in schools


Racialized children are overlooked

Although public awareness of neurodiversity is growing, many children in Canada are still diagnosed too late to benefit from early intervention.

According to the Public Health Agency of Canada, while the median age of autism diagnosis is around 3.7 years, only 54 per cent of children are diagnosed before age five, meaning nearly half miss the most critical developmental window.

But diagnosis is only part of the issue. Many neurodiverse children are never identified at all, either because their behaviours are misread or because their families face systemic barriers to health-care and assessment services.

Research shows that South Asian immigrant families, especially in Ontario, often experience delays in autism diagnosis due to stigma, language barriers, cultural misunderstandings and difficulties navigating complex or unfamiliar systems.

First Nations, Inuit and Métis families are also underrepresented in autism data. These communities often face a “frozen in time” response from health and social services — a term that reflects outdated or inflexible systems with little culturally relevant support and/or screening tools to support their needs.

As a result, many racialized children are disproportionately diagnosed late, or not at all, and are denied the early support that could transform their lives.

School-related distress

School transitions can be stressful for neurodivergent students when environments emphasize rigid behavioural norms and overlook diverse ways of learning. Emerging research suggests that these challenges often begin in the early years and continue to shape students’ educational pathways.

Research also shows students with Autism Spectrum Disorder experience school transitions as periods of heightened stress because of changes in relationships, routines and expectations, primarily when individual needs are not adequately supported.

Without adequate training in neurodiversity, many educators feel unprepared and rely heavily on diagnoses to guide support. When educators aren’t prepared, this can result in exclusionary teaching practices, and missed supports and long-term inequities for students. School-related distress is overwhelmingly concentrated among neurodivergent students, and it’s often linked to environments that are inflexible or unresponsive to their needs.

These systemic gaps contribute to the growing school attendance crisis and underscore the need for more inclusive, neuroaffirming educational practices.

Often, educational settings focus on changing the child rather than adapting the system. School systems must shift away from deficit-based approaches, which regard neurodivergent children in terms of what they lack. These approaches overlook systemic barriers, blame students for their challenges and overlook their strengths.

Instead, school systems should focus on transforming the learning environment itself. A neuro-inclusive model reframes behaviours not as problems within the child but as a sign the school environment may not be supportive of their needs. This perspective prioritizes belonging, flexibility and universal support, starting with how we design classrooms, not how we label children.

Neurodiversity is not a problem to fix

Rather than seeing neurodivergence as a problem to diagnose, educators should approach it as a difference to understand. Neurodiversity, first popularized by autistic advocates in the 1990s, recognizes that neurological differences are part of natural human variation.

From this lens, behaviours like fidgeting, stimming or requiring extra transition time are seen as expressions of self-regulation and cognitive needs. A recent educational psychology article reframes stimming as a bodily practice that supports focus and emotional processing in environments designed for neurotypical norms.

Educational systems often create barriers because schools are not built with diverse ways of knowing and being in mind. Neurodiversity is not a problem to fix; it’s a dimension of human diversity to embrace.

Inclusion should not depend on labels; it should be a proactive strategy. Designing classrooms for cognitive and sensory differences from the start ensures all children, especially those from racialized and underserved communities, feel like they belong and can thrive.

What educators and families can do

Creating inclusive classrooms doesn’t require waiting for a diagnosis, it requires a mindset shift. Frameworks like universal design for learning (UDL) offer educators multiple ways for children to engage, express themselves and participate. In early years settings, this might look like:

  • visual schedules and picture cues to support transitions;
  • flexible seating, movement breaks or calming corners;
  • storybooks and materials that reflect neurodiversity as part of everyday life;
  • observing strengths before jumping in to “fix” perceived deficits.

Research supports these approaches. An inclusive preschool study found that using UDL strategies such as choice-making, varied materials, flexible seating and multimodal activities, led to better skill development, emotional regulation and engagement in both diagnosed and undiagnosed children.

Another 2023 study found that UDL-informed circle-time practices — like predictable routines, participation options and movement supports — fostered greater student participation and a sense of belonging in early-year classrooms.

When classrooms are intentionally designed for neurodiversity, they serve everyone better, from day one.

A call to start September differently

As the new school year starts, educators must shift from asking “is this child ready for school?” to “is the school ready for this child?” This reframing challenges deficit-based notions of readiness and calls for schools to adapt their environments, practices and mindsets to welcome all learners equitably.

This change means educators must slow down, listen to behaviours with curiosity and remember that all children communicate differently. It also means school boards, education ministries and provincial governments need to give educators the tools, time and training to recognize neurodiverse learners with care.

When support is no longer conditional on a formal diagnosis or a child being regarded as having exceptional needs, schools open the door to educational equity. When neurodiverse children are seen and valued from the start, rather than excluded or expected to be fixed, they are more likely to thrive.

As Ontario’s own policy documents show, school systems already have a strong foundation for inclusive practice. What’s needed now is the will to put those principles into action, starting in September.

Every child deserves to feel like school is a place for them.

The Conversation

Amina Yousaf does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. ‘Fixing’ neurodivergent kids misses the point — it’s the schools that need to change – https://theconversation.com/fixing-neurodivergent-kids-misses-the-point-its-the-schools-that-need-to-change-258267

Quand Donald Trump déploie le tapis rouge pour Vladimir Poutine

Source: The Conversation – France in French (3) – By Matthew Sussex, Associate Professor (Adj), Griffith Asia Institute; and Fellow, Strategic and Defence Studies Centre, Australian National University

Donald Trump salue Vladimir Poutine à l’aéroport d’Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025.
Site officiel du Kremlin, CC BY-NC

La rencontre tenue en Alaska entre le président des États-Unis et celui de la Russie s’est soldée par un triomphe symbolique et diplomatique pour Vladimir Poutine. Les propositions de paix pour l’Ukraine qui semblent devoir en ressortir vont entièrement dans le sens des volontés du maître du Kremlin, et ne pourront sans doute pas être acceptées par Kiev et ses alliés européens. Trump, pour sa part, estime de toute évidence que toute paix, même injuste, temporaire et susceptible de déboucher sur une nouvelle attaque d’envergure menée par la Russie, serait souhaitable, car cela lui permettrait de se présenter comme l’artisan d’une solution.


L’étrange sommet entre Donald Trump et Vladimir Poutine qui vient de se tenir en Alaska devrait finir de convaincre ceux qui en doutaient encore que, aux yeux de la Maison Blanche, il importe plus d’entretenir des relations amicales avec le dictateur russe que d’instaurer une paix durable en Ukraine.

Le programme initial ayant été raccourci, les deux dirigeants ont pu conclure la réunion plus tôt que prévu. Ils se sont ensuite mutuellement félicités lors d’une conférence de presse à l’issue de laquelle ils n’ont pas répondu aux questions des journalistes présents.

Il ressort de cette séquence que Trump ne voit aucun inconvénient à offrir des victoires symboliques à Poutine et qu’il refuse d’exercer à son encontre la moindre pression réelle.

Les victoires symboliques de Poutine

Le choix du lieu où s’est déroulée la rencontre n’avait rien d’anodin. En effet, la Russie affirme régulièrement que l’Alaska, qu’elle a vendu aux États-Unis dans les années 1860, lui appartient toujours de droit. Avant la réunion, les porte-parole du Kremlin ont pris plaisir à affirmer que Poutine et son équipe avaient emprunté un « vol intérieur » pour se rendre à Anchorage – des propos rappelant des panneaux d’affichage installés en Russie en 2022 et proclamant « L’Alaska est à nous ! ». Des prétentions russes sur l’Alaska que Trump a alimentées par une nouvelle gaffe avant la réunion lorsqu’il a déclaré que si les discussions ne prenaient pas le tour qu’il souhaitait… il « repartirait aux États-Unis ».

Lorsque l’avion de Poutine a atterri, des militaires américains se sont mis à genoux pour dérouler un tapis rouge sur lequel le président russe allait faire ses premiers pas sur le sol des États-Unis, comme un leader respecté plutôt que comme un criminel de guerre inculpé par la Cour pénale internationale. Poutine a ensuite été invité à rejoindre le bâtiment de la réunion non pas dans son propre véhicule, mais dans la limousine de Trump, en compagnie de celui-ci.

Au-delà de ces images marquantes, Trump a offert à Poutine plusieurs autres victoires qui ne peuvent que renforcer l’image du président russe dans son pays et confirmer au monde entier que les relations entre les États-Unis et la Russie se sont normalisées.

L’organisation d’un sommet est généralement perçue comme une faveur de la part du pays qui l’accueille, comme le signe d’une volonté sincère d’améliorer les relations bilatérales. En l’invitant en Alaska, Trump a traité Poutine sur un pied d’égalité. Il n’a exprimé aucune critique à propos des violations flagrantes des droits de l’homme commises par la Russie, de ses tentatives de plus en plus violentes visant à fragmenter l’alliance transatlantique ou de sa volonté de multiplier les conquêtes territoriales.

Au lieu de cela, Trump a, une fois de plus, cherché à présenter Poutine et lui-même comme des victimes. Il a notamment déploré que l’un comme l’autre aient été contraints, depuis des années, de supporter « le mensonge “Russie, Russie, Russie” » selon lequel Moscou aurait interféré dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

Il a ensuite offert à Poutine une victoire supplémentaire, en rejetant la responsabilité d’accepter les conditions russes pour mettre fin à la guerre en Ukraine sur le gouvernement ukrainien et sur l’Europe, affirmant que « au bout du compte, c’est à eux de décider ».

Poutine a obtenu tout ce qu’il pouvait espérer. Outre le gain symbolique qu’ont constitué ses séances photo avec le président américain, il a pu, sans être contredit, déclarer que la guerre en Ukraine ne pourrait se terminer qu’à la condition que soient réglées ses « causes profondes » – ce qui, dans sa bouche, signifie que c’est l’OTAN qui est responsable du conflit, et non pas l’agression impérialiste non provoquée qu’il mène depuis des années à l’encontre du pays voisin.

Il a également évité d’aborder le sujet d’éventuelles sanctions américaines supplémentaires, menace que Trump avait vaguement brandie dans les semaines précédentes avant de déclarer, comme il l’a si souvent fait par le passé qu’il avait besoin de « deux semaines » pour y réfléchir davantage.

Puis, ayant empoché ces victoires symboliques et diplomatiques, Poutine a rapidement repris son avion pour rentrer chez lui, emportant probablement la statue de bureau de l’aigle à tête blanche, emblème des États-Unis, que Trump lui avait offerte.

Quelles conséquences pour l’avenir ?

Après l’appel téléphonique passé par Trump aux dirigeants européens à l’issue du sommet pour les informer de la teneur de ses échanges avec Poutine, des détails concernant le plan de paix abordé par les deux hommes ont commencé à fuiter.

Poutine serait prêt à fixer les lignes de front actuelles dans les régions de Kherson et de Zaporijia en Ukraine, à condition que Kiev accepte de céder l’ensemble des régions de Lougansk et de Donetsk, y compris les territoires que la Russie ne contrôle pas actuellement. Il n’y aurait pas de cessez-le-feu immédiat (ce que souhaitent l’Europe et l’Ukraine), mais une évolution vers une paix permanente, ce qui correspond aux intérêts du Kremlin.



Qu’on ne s’y trompe pas : il s’agit d’un piège à peine déguisé. Poutine et Trump soumettent à l’Ukraine et à l’Europe une proposition inacceptable, et une fois que celles-ci s’y seront opposées, ils les accuseront de refus d’aller de l’avant et de bellicisme.

D’une part, l’Ukraine contrôle toujours une partie importante de la région de Donetsk. Abandonner les régions de Donetsk et de Lougansk reviendrait non seulement à céder à Moscou les réserves de charbon et de minerais qu’elles recèlent, mais aussi à renoncer à des positions défensives vitales que les forces russes n’ont pas réussi à prendre depuis des années.



Cela permettrait également à la Russie de lancer plus aisément d’éventuelles incursions futures, ouvrant la voie vers Dnipro à l’ouest et vers Kharkiv au nord.

L’apparent soutien de Trump aux exigences de la Russie qui demande à l’Ukraine de céder des territoires en échange de la paix – ce que les membres européens de l’OTAN rejettent – signifie que Poutine a réussi à affaiblir encore davantage le partenariat transatlantique.

De plus, rien ou presque n’a été dit sur qui garantirait la paix, ni sur la façon dont l’Ukraine pourrait être assurée que Poutine ne profiterait pas de ce répit pour se réarmer et tenter à nouveau d’envahir la totalité du pays.

Étant donné que le Kremlin s’oppose systématiquement à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, accepterait-il vraiment que des forces européennes ou américaines assurent la sécurité de la nouvelle ligne de contrôle ? Quant à l’Ukraine, serait-elle autorisée à se réarmer, et dans quelle mesure ?

Et même si dans une future ère post-Trump les États-Unis adoptaient une ligne plus ferme, Poutine aura tout de même réussi à s’emparer de territoires qu’il sera impossible de lui reprendre. Voilà qui renforce l’idée selon laquelle conquérir des parties d’un pays voisin est une stratégie payante.

Il existe toutefois un élément à première vue plus encourageant pour l’Ukraine : les États-Unis seraient prêts à lui offrir des garanties de sécurité « hors OTAN ».

Mais là aussi, la plus grande prudence est de mise. L’administration Trump a déjà exprimé publiquement son rapport pour le moins ambigu quant aux engagements des États-Unis à défendre l’Europe en vertu de l’article 5 de l’OTAN, ce qui a remis en question la crédibilité de Washington en tant qu’allié. Les États-Unis se battraient-ils vraiment pour l’Ukraine en cas de future invasion russe ?

Il faut reconnaître que les dirigeants européens ont réagi avec fermeté aux transactions de Trump avec Poutine.

Tout en saluant la tentative de résolution du conflit, ils ont déclaré au président ukrainien Volodymyr Zelensky qu’ils continueraient à le soutenir si l’accord était inacceptable. Zelensky, qui doit rencontrer Trump à Washington lundi, a déjà rejeté l’idée de céder la région du Donbass (Donetsk et Lougansk) à la Russie.

Mais l’Europe se retrouve désormais face à une réalité qu’elle ne peut nier : non seulement elle doit faire plus, mais elle doit également assurer un leadership durable sur les questions sécuritaires, plutôt que se contenter de réagir à des crises qui ne cessent de se répéter.

Les motivations profondes de Trump

En fin de compte, le sommet de l’Alaska montre que la paix en Ukraine n’est qu’une partie du tableau d’ensemble aux yeux de l’administration Trump, qui s’efforce d’établir des relations plus cordiales avec Moscou, si ce n’est de s’aligner complètement sur le Kremlin.

Trump se soucie peu de la manière dont la paix sera obtenue en Ukraine, ou du temps que cette paix durera. Ce qui lui importe, c’est qu’il en retire le mérite, voire obtienne grâce à cette paix précaire le prix Nobel de la paix auquel il aspire ouvertement.

Et bien que la vision de Trump consistant à éloigner la Russie de la Chine relève de la fantaisie, il a néanmoins décidé de s’y accrocher. Cela oblige les partenaires européens des États-Unis à réagir en conséquence.

Il existe déjà de nombreux signes indiquant que, ayant échoué à gagner la guerre commerciale avec la Chine, l’administration Trump choisit désormais de s’en prendre aux alliés des États-Unis. On le constate à travers son obsession pour les droits de douane ; son désir étrange de punir l’Inde et le Japon ; et, plus globalement, la destruction du soft power américain.

Plus inquiétant encore : les initiatives diplomatiques de Trump continuent de le faire passer pour un jouet entre les mains des dirigeants autoritaires.

Cela enseigne une leçon plus large aux amis et partenaires des États-Unis : leur sécurité future dépend peut-être des bons offices américains, mais il serait naïf de croire que cela garantit automatiquement que Washington leur donnera la priorité s’ils se trouvent menacés par des puissances ennemies…

The Conversation

Matthew Sussex a reçu des financements de l’Australian Research Council, de l’Atlantic Council, de la Fulbright Foundation, de la Carnegie Foundation, du Lowy Institute et de divers ministères et agences gouvernementaux australiens.

ref. Quand Donald Trump déploie le tapis rouge pour Vladimir Poutine – https://theconversation.com/quand-donald-trump-deploie-le-tapis-rouge-pour-vladimir-poutine-263313

Conflit Cambodge–Thaïlande : cinq jours de combats, des siècles de tensions

Source: The Conversation – France in French (3) – By David Camroux, Senior Research Associate (CERI) Sciences Po; Professorial Fellow, (USSH) Vietnam National University, Sciences Po

Cinq jours d’escarmouches entre le Cambodge et la Thaïlande en juillet 2025 ont fait près de 40 morts et déplacé environ 300 000 personnes, révélant l’ampleur des tensions frontalières et nationalistes entre les deux pays. Derrière ce conflit, vieux de plusieurs siècles, se mêlent calculs politiques internes, rivalités irrédentistes et enjeux économiques cruciaux, tandis que l’Asean tente de contenir la crise et d’éviter un nouveau bras de fer régional.


Le 7 août 2025, le Cambodge et la Thaïlande se sont mis d’accord pour renforcer le cessez-le-feu conclu le 28 juillet à Kuala Lumpur entre le premier ministre cambodgien Hun Manet et le premier ministre thaïlandais par intérim Phumtham Wechayachai. Dans l’attente du déploiement officiel de la mission d’observation de l’Asean, des attachés de défense d’autres États membres seront envoyés le long de la frontière disputée.

Malgré des incidents impliquant des mines antipersonnels, qui a blessé quatre soldats thaïlandais, la trêve a mis fin à cinq jours d’escarmouches ayant fait environ 35 morts et déplacé près de 300 000 personnes. L’implication de l’Asean rappelle son rôle dans la résolution d’affrontements similaires en 2011.

Le 22 août, Thaksin Shinawatra, de retour après quinze ans d’exil, connaîtra le verdict d’une affaire de lèse-majesté, suivi le 9 septembre par la décision de la Cour suprême sur sa détention en hôpital. Ces affaires judiciaires, liées à Hun Sen et aux anciennes alliances, se mêlent aux tensions frontalières, reflétant d’anciennes rivalités nationalistes et irrédentistes.

Dynamiques irrédentistes croisées

Le drapeau cambodgien, représentant Angkor Wat, évoque un âge d’or impérial. Adopté lors du retour de la monarchie en 1993, il reprend presque à l’identique celui de 1863, lorsque le roi Norodom demanda la protection française pour se prémunir des ambitions siamoises. Unique au monde, il arbore un monument existant comme élément central, symbole des gloires de l’Empire khmer (IXe–XIIIe siècles).

Le Trairong thaïlandais, quant à lui, date de 1917, adopté par décret royal et porté fièrement par le corps expéditionnaire siamois lors du défilé de la victoire à Paris en 1919, puis à Genève lorsque le Siam rejoignit la Société des Nations. Il célèbre la modernité et le statut unique de la Thaïlande, seul État d’Asie du Sud-Est à n’avoir jamais été colonisé.

Au fil de mes voyages et de mes échanges dans ces deux pays, j’ai eu l’impression, de manière anecdotique, que ces symboles reflètent des visions du monde opposées : les Cambodgiens, attachés à leur grandeur passée, considèrent les Thaïlandais comme des parvenus, tandis que ces derniers perçoivent leurs voisins comme soumis à l’influence étrangère et en retard sur le plan de la modernité.

Les différends frontaliers remontent aux traités franco-siamois de 1904 et 1907. Sur les 817 km de frontière terrestre, 195 km restent non délimités. Des désaccords sur les échelles cartographiques – projection Mercator pour le Cambodge, sinusoïdale pour la Thaïlande – bloquent toute avancée.

Les tensions de 2025 trouvent leur origine dans divers incidents, comme celui de février, lorsque des soldats cambodgiens ont entonné leur hymne national au temple Ta Muen Thom (situé à la frontière entre les deux pays), provoquant des protestations thaïlandaises.

Les différends maritimes jouent aussi un rôle, notamment autour de l’île de Koh Kood, cédée au Siam en 1907 mais toujours revendiquée par des nationalistes cambodgiens, y compris dans la diaspora. Les négociations sur la zone de revendications superposées dans le golfe de Thaïlande (27 000 km2 riches en gaz) ont par le passé déclenché une réaction hostile des conservateurs thaïlandais, contribuant à la chute de Thaksin en 2006. Début 2025, sa fille, la Première ministre Paetongtarn, a tenté de relancer les discussions avec Hun Manet, ravivant des tensions similaires.

Cinq jours de démonstrations de force

Les combats de juillet ont impliqué l’artillerie cambodgienne et des frappes aériennes et de drones thaïlandaises, avec peu d’engagements au sol. Les forces cambodgiennes, moins précises, semblaient chercher à forcer des négociations, tandis que les Thaïlandais visaient à « les remettre à leur place ». Des images satellites montrent que le Cambodge se préparait depuis février. L’étincelle du conflit a été l’explosion d’une mine à la mi-juillet, qui a blessé huit soldats thaïlandais. Les affrontements ont duré cinq jours, entraînant moins de 40 morts et le déplacement temporaire d’environ 300 000 personnes le long de la frontière.

Sur le plan diplomatique, Hun Manet a sollicité l’arbitrage de la CIJ sur les sites disputés, bien que la Thaïlande refuse sa compétence obligatoire. Plus provocateur encore, Hun Sen a divulgué un appel téléphonique de Paetongtarn au ton jugé déférent, entraînant sa suspension politique. La police thaïlandaise a ensuite ciblé des réseaux d’arnaques liés au Cambodge, menaçant des flux financiers illicites cruciaux pour l’élite au pouvoir à Phnom Penh. Ces opérations ont cessé après le cessez-le-feu, le Cambodge se contentant de quelques actions internes limitées.




À lire aussi :
La Thaïlande en crise politique et diplomatique


Manœuvres politiques convergentes

Le régime autoritaire cambodgien, dépendant des revenus issus de la cybercriminalité, a utilisé le conflit pour détourner l’attention de ses activités illicites, réprimer l’opposition de la diaspora via des modifications de la loi sur la nationalité, et renforcer ses références nationalistes.

Selon certaines estimations, la cybercriminalité représenterait entre 12,5 et 19 milliards de dollars par an, soit jusqu’à 60 % du PIB, surpassant largement le secteur formel le plus important du pays, celui du textile. Jacob Sims décrit le parti au pouvoir comme une « entreprise criminelle sophistiquée drapée dans un drapeau », où « la gouvernance passe par la criminalité »**

En Thaïlande, l’establishment conservateur-militaire, jamais vraiment réconcilié avec l’accession de Paetongtarn au pouvoir, a exploité la crise pour l’affaiblir. La configuration politique thaïlandaise combine un Parlement partiel élu, un Sénat puissant non élu en partie désigné par l’armée, une monarchie influente, un pouvoir judiciaire complaisant et un establishment politico-économique conservateur. L’armée thaïlandaise, qui a réalisé douze coups d’État depuis la fin de la monarchie absolue en 1932, conserve des instruments historiques de pouvoir, notamment les régiments de la Garde royale récemment réorganisés sous le contrôle personnel du roi. Cette structure a limité les risques de coups, mais permet à l’armée et aux élites conservatrices de peser fortement sur la scène politique. L’exploitation de la crise frontalière par ces acteurs pourrait conduire à l’éviction du clan Shinawatra, même si les revendications pour une réforme démocratique restent importantes.

Et maintenant ?

Il existe des raisons objectives pour que les deux pays cherchent une solution durable. Selon Nikkei Asia (6 août 2025), le conflit a provoqué en Thaïlande des dommages directs d’au moins 10 milliards de baht, soit environ 300 millions de dollars. Si les points de passage frontaliers restent fermés, le commerce annuel pourrait chuter de 1,85 milliard de dollars. Entre 1 et 1,2 million de travailleurs cambodgiens se trouvent en Thaïlande, dont 400 000 sont déjà rentrés au Cambodge, ce qui risque de provoquer des pénuries de main-d’œuvre dans des secteurs exigeants tels que la construction et l’agriculture. Du côté cambodgien, les transferts d’argent en provenance de Thaïlande, estimés entre 1,4 et 1,9 milliard de dollars, constituent une ressource essentielle pour l’économie formelle. Moins médiatisée, l’intervention discrète du gouvernement japonais visait à mettre fin au conflit : pour Tokyo, comme pour Pékin, sa poursuite aurait représenté une menace pour les chaînes de production régionales fortement intégrées.

Les récentes taxes américaines de 19 % risquent de fragiliser encore davantage ce secteur, poussant au chômage et au retour à l’économie informelle et illicite. Les touristes thaïlandais, qui représentent environ un tiers des visiteurs étrangers au Cambodge, ne devraient pas revenir de sitôt.

Politiquement, chaque camp a atteint certains de ses objectifs : l’armée thaïlandaise a renforcé son rôle incontournable, tandis que le leadership cambodgien a mobilisé le soutien nationaliste. Cependant, les dynamiques sous-jacentes, notamment en Thaïlande, restent intactes : le mouvement générationnel incarné par le parti Move Forward (rebaptisé People’s Party) pourrait raviver les demandes pour une monarchie constitutionnelle plus classique, un pouvoir judiciaire indépendant et un parlement représentatif. Au Cambodge, l’avenir après Hun Sen demeure incertain : Hun Manet pourrait se heurter à des rivalités au sein de son propre appareil, et toute pression internationale, y compris chinoise, pour fermer les centres de cybercriminalité risquerait d’affaiblir l’élite dirigeante, offrant à l’opposition en exil une opportunité de mobiliser le nationalisme.




À lire aussi :
Au Cambodge, une base militaire comme outil d’influence pour Pékin


Et la communauté internationale ?

La Commission mixte de délimitation des frontières, créée en 1997, a peu progressé. Après sa cinquième réunion en 2012, il a fallu treize ans pour convoquer une sixième réunion en 2024, au cours de laquelle les responsables ont indiqué que la démarcation n’était achevée que dans 13 zones et que 11 autres faisaient encore l’objet de désaccords.

En théorie, les différends frontaliers relèvent d’une arbitrage international neutre. La partie la plus faible, le Cambodge, a déjà sollicité par le passé l’arbitrage de la Cour internationale de justice, qui a statué en 1962 et 2013 que le temple de Preah Vihear appartenait au Cambodge. L’appel de Hun Manet à un nouvel arbitrage de la CIJ avait peu de chances de succès, mais il a attiré l’attention des États-Unis. Quelques jours avant une hausse tarifaire annoncée de 36 %, Donald Trump a appelé les deux dirigeants, s’attribuant le mérite du cessez-le-feu et réduisant la hausse à 19 %.

La médiation de l’Asean offre une lueur d’espoir. Les deux parties sont sous pression pour montrer qu’elles sont des membres responsables de la « famille Asean » et respectent la « voie Asean » fondée sur la souveraineté et le consensus. L’Asean, éventuellement avec l’appui technique d’autres partenaires régionaux, pourrait jouer le rôle d’arbitre indépendant, jusque-là absent. Toutefois, sans engagement durable, les différends irrédentistes resteront une menace récurrente pour la stabilité régionale, et leur résolution dépendra en grande partie de la capacité des dirigeants à dépasser les enjeux politiques immédiats et les rivalités historiques.

The Conversation

David Camroux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Conflit Cambodge–Thaïlande : cinq jours de combats, des siècles de tensions – https://theconversation.com/conflit-cambodge-tha-lande-cinq-jours-de-combats-des-siecles-de-tensions-263129

Ghana’s war on illegal mining has failed – we set out to find out why

Source: The Conversation – Africa (2) – By Gordon Crawford, Professor of Global Development, Coventry University

Early in his eight-year tenure, in 2017, then Ghanaian president Nana Akufo-Addo declared a moratorium on all small-scale gold mining. He established an inter-ministerial committee on illegal mining and a joint military-police taskforce – Operation Vanguard – to enforce the ban.

The tough measures aimed to reduce the severe environmental degradation caused by illegal small-scale gold mining, known as “galamsey”. Initially for six months, the ban lasted for 20 months until December 2018, when it was lifted for newly registered miners.

But illegal mining continued unabated. A statement made in Ghana’s parliament by the country’s lands minister outlined the scale and gold production from small-scale mining increased during the period of its ban.

As political scientists, we investigated why the government-declared “war” on illegal small-scale gold mining and associated environmental degradation failed so spectacularly.

We conducted our investigations through field visits to communities in mining areas in the western and central regions of Ghana. We interviewed small-scale miners, community residents and people affected by illegal mining. We followed this up with a review of official reports, published scientific research and media reports.

We concluded from findings that the involvement of government officials and business elites in illegal mining practices was behind the failure of the interventions. We describe this as “democracy capture”. We argue that, despite Ghana’s much-vaunted electoral democracy, the country’s democratic processes and institutions have been captured by political and economic elites for their own personal enrichment.

Scandals

By mid-2023 a series of corruption scandals had emerged around Ghana’s attempt to curb illegal mining. These included the release of an undercover investigation by journalist Anas Aremeyaw Anas. Machinery seized by the military from illegal mining sites went missing under mysterious circumstances. Also, military personnel assigned to protect forest reserves were accused of becoming a protection racket for illegal miners.

In April 2023, the scandals peaked. A report on the work of the inter-ministerial committee by its former chair, Kwabena Frimpong-Boateng, was leaked. It detailed the involvement of high-level government and ruling party officials in illegal and environmentally destructive mining at a time when all mining was banned.

The report was submitted to government in 2021 but didn’t become public until it was leaked. No clear official statement was issued about the report, but some government officials attempted to discredit and challenge its findings.

The scandals brought fresh attention to the fact that the government’s policies to curb illegal mining had failed. This failure is indicated by the official gold production figures from small-scale mining during the moratorium period. In 2017, production held steady at almost 1.5 million ounces and then in 2018 increased to its highest level ever at almost 2 million ounces, precisely when the ban was in place. Small-scale output in 2018 was 41.4% of total gold production, higher than any previous year. These figures question the extent to which the moratorium on mining was enforced. It indicates that mining continued throughout the purported ban.

Democracy capture and elite enrichment

The objective of democracy capture is to appropriate the benefits of state control for purposes of personal enrichment. It goes beyond individual acts of opportunistic corruption. It entails systematic processes of capture by political elites organised in established political parties who act alongside associated business elites. Importantly, the benefits go beyond the appropriation of state resources. It include private financial gains from illicit activities with state protection.

Although we focus on the government under Akufo-Addo (2017-2024), our contention is that “democracy capture” in Ghana extends to the two main political parties.

We analyse how this has come about. We also set out the implications for democracy in Ghana, and what can be done to reverse the trend.

Elements of democracy capture are evident in the various scandals and corrupt practices that were exposed during the government’s ostensible campaign against illegal mining. The scandals expose an organised network at the highest level of government. It includes politicians, officials and senior ruling party members.

How democracy capture works

First, the presidency and its chief of staff appear to have played a role in controlling operations and protecting those exposed. The chief of staff as a political appointee from the ruling party, rather than a career civil servant, is crucial to strengthening the link between the executive and the ruling party. Additionally, senior party members are appointed to key roles within the presidency.

Second, there is tight party control over relevant state agencies. For example, a former general secretary of the governing party was appointed as CEO of the Forestry Commission (a key regulator in the issuance of mining licences).

Third, the loyalty between members of the party elite has been highlighted by the high-level protection from prosecution and conviction when criminal activities are exposed. The case of Charles Bissue is an example. A top official of the inter-ministerial committee on illegal mining and prominent member of the governing party, he was caught on camera in the undercover investigation. He was charged with corruption but six years later the case still hasn’t been concluded.

Fourth, the military and law-enforcement agencies are allowed to benefit from illicit activities. They can sell confiscated equipment and take bribes to protect illegal mining sites. An official investigation found that the police also habitually did this.

What next?

Ghanaians value political stability and civil liberties. However, the capture of democracy has become a path to personal wealth for the political elite and their business associates.

Elites have been able to act outside the law with relative impunity. The consequence of democracy capture is that socio-economic development is sidelined. Wealth cascades upwards and inequalities intensify. Our study clearly identifies these elements.

Combating democracy capture will require a major effort from civil society organisations and the media, to expose government and state involvement in these illegal activities. This must go hand in hand with a stronger legal and judicial regime committed to prosecutions.

The current attorney general has ordered an investigation into Frimpong-Boateng’s report, but we await to see what action, if any, will be taken.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Ghana’s war on illegal mining has failed – we set out to find out why – https://theconversation.com/ghanas-war-on-illegal-mining-has-failed-we-set-out-to-find-out-why-262644

La technologie, carburant du surtourisme… et possible frein ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Adrian Palmer, Professor of Marketing, University of Reading

C’est un facteur qu’on oublie souvent pour expliquer le développement du tourisme de masse. Plutôt que de pointer des groupes sociaux, il peut être intéressant d’analyser l’influence du progrès technologique sur le développement du voyage pour tous – ou presque. Quel impact la technologie pourrait-elle avoir dans les années à venir~ ?


Le touriste n’est plus toujours le bienvenu parmi les habitants des lieux que beaucoup d’entre nous rêvent de visiter. Si un nombre important de visiteur peut apporter des avantages économiques, il peut aussi avoir un coût pour les locaux et causer des dommages environnementaux.

Airbnb est visé du doigt par certains. D’autres accusent les opérateurs de navires de croisière, les « baby-boomers » désormais à la retraite ou les classes moyennes en pleine croissance à travers le monde, avec leurs revenus disponibles et leur appétit insatiable pour les selfies. Reste un élément souvent négligé : le rôle de la technologie.

Déjà à Bournemouth ou Blackpool

En effet, historiquement, les nouveaux modes de transport ont été un moteur important de l’industrie du tourisme. Au Royaume-Uni, par exemple, l’expansion des chemins de fer au XIXe siècle a produit le tourisme de masse dans les villes côtières, notamment dans les villes de Bournemouth et de Blackpool. Dans les années 1960, les voyages aériens moins chers ont fait de même pour les destinations à l’étranger. Des endroits comme Majorque et la Costa del Sol espagnole sont alors devenus accessibles à des masses de nouveaux visiteurs.




À lire aussi :
Un tourisme durable est-il possible ?


Mais les nouveaux modes de transport ne sont plus le principal facteur pour expliquer la croissance actuelle et future du tourisme de masse. À court terme, de nouvelles façons de voyager par terre, air ou mer qui alimenteraient la croissance comme le firent le train ou l’avion, ne sont pas anticipées.

Un impact plus subtil

Aujourd’hui, les effets de la technologie sont plus subtils : le monde en ligne transforme la façon dont nous voyageons dans le monde réel. Ainsi, Internet a rendu plus floue la distinction entre résidents et touristes. L’essor du télétravail, rendu possible par Internet, permet à certaines personnes de vivre là où elles aiment passer leur temps libre, plutôt que de privilégier la proximité de leur lieu de travail ou des transports en commun.

À cette catégorie s’ajoutent les « nomades numériques » qui poussent plus loin le concept de télétravail : dès lors qu’ils ont une connexion Internet décente, ils peuvent vivre (et travailler) n’importe où dans le monde.

Quand TikTok nuit à la tranquillité d’un lieu

L’essor des réseaux sociaux a également eu un impact considérable sur le tourisme, en diffusant des récits et des images sur des attractions jusqu’alors peu connues. Quelques vidéos virales peuvent rapidement transformer des coins perdus en destinations touristiques très prisées. Il suffit de demander aux habitants de la station de ski italienne de Roccaraso, autrefois tranquille. Depuis janvier 2025, ils ont été submergés par un afflux de visiteurs, à la suite de vidéos TikTok de l’influenceuse italienne Rita De Crescenzo.

Le monde en ligne a également comblé un fossé qui existait auparavant entre les destinations touristiques et leurs clients éloignés. Avant l’avènement d’Internet, l’industrie mondiale du tourisme dépendait des agences de voyage et de la presse écrite. Aujourd’hui, tous les hôtels et complexes touristiques sont accessibles en quelques clics, avec des plates-formes comme Airbnb (qui a accueilli 5 millions de locations en 2024) transformant en profondeur le secteur.

Des vacances virtuelles ?

Les effets de l’intelligence artificielle sur le tourisme sont moins certains pour le moment. Mais elle pourrait peut-être faire partie de la solution. L’IA pourrait être utilisée pour aider à créer des expériences touristiques personnalisées dans des endroits qui ont vraiment besoin de touristes, réduisant ainsi les dommages causés aux sites surpeuplés ou aux écosystèmes fragiles.

L’industrie du voyage pourrait également l’utiliser pour faire des prédictions plus précises sur les habitudes de voyage, aidant ainsi des villes comme Barcelone et Venise à gérer leur nombre de visiteurs.

La réalité virtuelle améliorée par l’IA a également le potentiel de permettre aux gens de vivre des expériences de destinations touristiques à distance. Des études suggérent que les « vacances virtuelles » pourraient bouleverser le secteur du tourisme.

France 24 – 2025.

Après tout, nous sommes nombreux à avoir troqué d’autres expériences réelles, comme le shopping ou les réunions de travail, contre des activités que nous pratiquons désormais sur un écran. Il y a même des preuves d’une préférence émergente pour la pratique de sports en ligne par rapport aux versions réelles.

Quelle attractivité pour le tourisme virtuel ?

Mais le tourisme virtuel pourrait-il devenir assez attrayant pour réduire sensiblement le tourisme réel ? Les touristes du futur se contenteront-ils vraiment d’une version virtuelle d’un chef d’œuvre ou d’un lieu exceptionnel, au lieu de faire la queue pendant des heures pour une expérience au sein d’une foule ?

La question a été posée dans des termes assez similaires lorsque la télévision couleur s’est développée dans les années 1960. Par exemple, certains estimaient que la représentation vivante de la faune sauvage dans les réserves africaines réduirait la nécessité pour les touristes de s’y rendre. Qui se donnerait la peine de dépenser de l’argent pour aller au Kenya ou au Botswana, alors qu’il est possible de voir ces animaux de près, en restant confortablement assis dans son canapé ?

Le résultat a toutefois été exactement le contraire. Il est prouvé que les programmes consacrés à la faune sauvage ont en fait stimulé la demande pour voir les animaux « en vrai ». De même, les films et les séries télévisions populaires tournés dans des lieux magnifiques donnent envie aux gens de les visiter. L’anticipation et l’attente de la « vraie » visite ajoutent même de la valeur à l’expérience touristique finale.

Ainsi, bien que nous puissions être à peu près sûrs que l’IA affectera le tourisme – comme elle le fera pour toutes les industries – nous ne savons pas encore si son impact global sera de réduire la pression sur les lieux les plus populaires du monde ou de stimuler davantage la demande. Et ce n’est peut-être pas la technologie qui aura le dernier mot. Les préoccupations concernant le changement climatique et les pressions économiques pourraient influencer les habitudes de voyage mondiales avant tout. Mais une chose est sûre : la fin du surtourisme n’est pas pour demain.

The Conversation

Adrian Palmer a reçu un financement de la British Academy pour une étude sur le rôle des médias sociaux dans les visites touristiques. Il est membre non rémunéré du Collège d’experts du ministère britannique de la Culture, des Médias et des Sports, un organisme de recherche consultatif non politique.

ref. La technologie, carburant du surtourisme… et possible frein ? – https://theconversation.com/la-technologie-carburant-du-surtourisme-et-possible-frein-263212

La technologie, carburant du sourtourisme… et possible frein ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Adrian Palmer, Professor of Marketing, University of Reading

C’est un facteur qu’on oublie souvent pour expliquer le développement du tourisme de masse. Plutôt que de pointer des groupes sociaux, il peut être intéressant d’analyser l’influence du progrès technologique sur le développement du voyage pour tous – ou presque. Quel impact la technologie pourrait-elle avoir dans les années à venir~ ?


Le touriste n’est plus toujours le bienvenu parmi les habitants des lieux que beaucoup d’entre nous rêvent de visiter. Si un nombre important de visiteur peut apporter des avantages économiques, il peut aussi avoir un coût pour les locaux et causer des dommages environnementaux.

Airbnb est visé du doigt par certains. D’autres accusent les opérateurs de navires de croisière, les « baby-boomers » désormais à la retraite ou les classes moyennes en pleine croissance à travers le monde, avec leurs revenus disponibles et leur appétit insatiable pour les selfies. Reste un élément souvent négligé : le rôle de la technologie.

Déjà à Bournemouth ou Blackpool

En effet, historiquement, les nouveaux modes de transport ont été un moteur important de l’industrie du tourisme. Au Royaume-Uni, par exemple, l’expansion des chemins de fer au XIXe siècle a produit le tourisme de masse dans les villes côtières, notamment dans les villes de Bournemouth et de Blackpool. Dans les années 1960, les voyages aériens moins chers ont fait de même pour les destinations à l’étranger. Des endroits comme Majorque et la Costa del Sol espagnole sont alors devenus accessibles à des masses de nouveaux visiteurs.




À lire aussi :
Un tourisme durable est-il possible ?


Mais les nouveaux modes de transport ne sont plus le principal facteur pour expliquer la croissance actuelle et future du tourisme de masse. À court terme, de nouvelles façons de voyager par terre, air ou mer qui alimenteraient la croissance comme le firent le train ou l’avion, ne sont pas anticipées.

Un impact plus subtil

Aujourd’hui, les effets de la technologie sont plus subtils : le monde en ligne transforme la façon dont nous voyageons dans le monde réel. Ainsi, Internet a rendu plus floue la distinction entre résidents et touristes. L’essor du télétravail, rendu possible par Internet, permet à certaines personnes de vivre là où elles aiment passer leur temps libre, plutôt que de privilégier la proximité de leur lieu de travail ou des transports en commun.

À cette catégorie s’ajoutent les « nomades numériques » qui poussent plus loin le concept de télétravail : dès lors qu’ils ont une connexion Internet décente, ils peuvent vivre (et travailler) n’importe où dans le monde.

Quand TikTok nuit à la tranquillité d’un lieu

L’essor des réseaux sociaux a également eu un impact considérable sur le tourisme, en diffusant des récits et des images sur des attractions jusqu’alors peu connues. Quelques vidéos virales peuvent rapidement transformer des coins perdus en destinations touristiques très prisées. Il suffit de demander aux habitants de la station de ski italienne de Roccaraso, autrefois tranquille. Depuis janvier 2025, ils ont été submergés par un afflux de visiteurs, à la suite de vidéos TikTok de l’influenceuse italienne Rita De Crescenzo.

Le monde en ligne a également comblé un fossé qui existait auparavant entre les destinations touristiques et leurs clients éloignés. Avant l’avènement d’Internet, l’industrie mondiale du tourisme dépendait des agences de voyage et de la presse écrite. Aujourd’hui, tous les hôtels et complexes touristiques sont accessibles en quelques clics, avec des plates-formes comme Airbnb (qui a accueilli 5 millions de locations en 2024) transformant en profondeur le secteur.

Des vacances virtuelles ?

Les effets de l’intelligence artificielle sur le tourisme sont moins certains pour le moment. Mais elle pourrait peut-être faire partie de la solution. L’IA pourrait être utilisée pour aider à créer des expériences touristiques personnalisées dans des endroits qui ont vraiment besoin de touristes, réduisant ainsi les dommages causés aux sites surpeuplés ou aux écosystèmes fragiles.

L’industrie du voyage pourrait également l’utiliser pour faire des prédictions plus précises sur les habitudes de voyage, aidant ainsi des villes comme Barcelone et Venise à gérer leur nombre de visiteurs.

La réalité virtuelle améliorée par l’IA a également le potentiel de permettre aux gens de vivre des expériences de destinations touristiques à distance. Des études suggérent que les « vacances virtuelles » pourraient bouleverser le secteur du tourisme.

France 24 – 2025.

Après tout, nous sommes nombreux à avoir troqué d’autres expériences réelles, comme le shopping ou les réunions de travail, contre des activités que nous pratiquons désormais sur un écran. Il y a même des preuves d’une préférence émergente pour la pratique de sports en ligne par rapport aux versions réelles.

Quelle attractivité pour le tourisme virtuel ?

Mais le tourisme virtuel pourrait-il devenir assez attrayant pour réduire sensiblement le tourisme réel ? Les touristes du futur se contenteront-ils vraiment d’une version virtuelle d’un chef d’œuvre ou d’un lieu exceptionnel, au lieu de faire la queue pendant des heures pour une expérience au sein d’une foule ?

La question a été posée dans des termes assez similaires lorsque la télévision couleur s’est développée dans les années 1960. Par exemple, certains estimaient que la représentation vivante de la faune sauvage dans les réserves africaines réduirait la nécessité pour les touristes de s’y rendre. Qui se donnerait la peine de dépenser de l’argent pour aller au Kenya ou au Botswana, alors qu’il est possible de voir ces animaux de près, en restant confortablement assis dans son canapé ?

Le résultat a toutefois été exactement le contraire. Il est prouvé que les programmes consacrés à la faune sauvage ont en fait stimulé la demande pour voir les animaux « en vrai ». De même, les films et les séries télévisions populaires tournés dans des lieux magnifiques donnent envie aux gens de les visiter. L’anticipation et l’attente de la « vraie » visite ajoutent même de la valeur à l’expérience touristique finale.

Ainsi, bien que nous puissions être à peu près sûrs que l’IA affectera le tourisme – comme elle le fera pour toutes les industries – nous ne savons pas encore si son impact global sera de réduire la pression sur les lieux les plus populaires du monde ou de stimuler davantage la demande. Et ce n’est peut-être pas la technologie qui aura le dernier mot. Les préoccupations concernant le changement climatique et les pressions économiques pourraient influencer les habitudes de voyage mondiales avant tout. Mais une chose est sûre : la fin du surtourisme n’est pas pour demain.

The Conversation

Adrian Palmer a reçu un financement de la British Academy pour une étude sur le rôle des médias sociaux dans les visites touristiques. Il est membre non rémunéré du Collège d’experts du ministère britannique de la Culture, des Médias et des Sports, un organisme de recherche consultatif non politique.

ref. La technologie, carburant du sourtourisme… et possible frein ? – https://theconversation.com/la-technologie-carburant-du-sourtourisme-et-possible-frein-263212

Alaska summit: no deal agreed at Trump-Putin meeting but land swap for ceasefire still on the table

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Olena Borodyna, Senior Geopolitical Risks Advisor, ODI Global

Hours before meeting Russia’s leader Vladimir Putin in Alaska, Donald Trump said he wanted to see a ceasefire in Ukraine and was “not going to be happy” if it wasn’t agreed today. The US president appears to have left Alaska with no such agreement in place.

“We didn’t get there”, Trump told reporters, before later vaguely asserting that he and Putin had “made great progress”. Trump is likely to return to the idea of engaging Putin in the coming weeks and months, with the Russian leader jokingly suggesting their next meeting could be held in Moscow.

A land-for-ceasefire arrangement, an idea Trump has repeatedly raised as an almost inevitable part of a peace settlement between Russia and Ukraine, could still reemerge as a possible outcome. In fact, in an interview with Fox News after the summit where Trump was asked how the war in Ukraine might end and if there will be a land swap, Trump said: “those are points that we largely agreed on”.

Securing territorial concessions from Ukraine has long been one of Moscow’s preconditions for any negotiations on a peace deal. Putin is likely betting that insisting on these concessions, while keeping Ukraine under sustained military pressure, plays to his advantage.

Public fatigue over the war is growing in Ukraine, and Putin will be hoping that a weary population may eventually see such a deal as acceptable and even attractive. Russia launched a barrage of fresh attacks against Ukrainian cities overnight, involving more than 300 drones and 30 missiles.

Ukrainian president Volodymyr Zelensky, who was excluded from the Alaska summit, has maintained that Kyiv will not agree to territorial concessions. Such a move would be illegal under Ukraine’s constitution, which requires a nationwide referendum to approve changes to the country’s territorial borders.

The assumption behind a land-for-ceasefire deal is that it would enhance Ukrainian and European security. Trump sees it as the first step in bringing Putin to the negotiation table for a broader peace deal, as well as unlocking opportunities for reconstruction. In reality, such a deal would do little to diminish the longer-term Russian threat.

Moscow’s efforts to shore up and modernise its defence capabilities and neo-imperial ambitions would remain intact. Its hybrid attacks on Europe would also continue, and Ukraine’s capacity to secure meaningful reconstruction would be weakened.

A map showing control of terrain in Ukraine
Russia currently occupies almost one-fifth of Ukraine’s land.
Institute for the Study of War

Whether or not Russia ever opts for a direct military strike on a European Nato member state, it has no need to do so to weaken the continent. Its hybrid operations, which extend well beyond the battlefield, are more than sufficient to erode European resilience over time.

Russia’s disinformation campaigns and sabotage of infrastructure, including railways in Poland and Germany and undersea cables in the Gulf of Finland and Baltic Sea, are well documented. Its strategic objectives have focused on deterring action on Ukraine and sowing disagreement between its allies, as well as attempting to undermine democratic values in the west.

Europe is under pressure on multiple fronts: meeting new defence spending targets of 5% of GDP while economic growth is slowing, reducing the dependence of its supply chains on China and managing demographic challenges.

These vulnerabilities make it susceptible to disinformation and have deepened divisions along political and socioeconomic fault lines – all of which Moscow has repeatedly exploited. A land-for-ceasefire deal would not address these threats.

For Ukraine, the danger of such a deal is clear. Russia might pause large-scale physical warfare in Ukraine under a deal, but it would almost certainly continue destabilising the country from within.

Having never been punished for violating past agreements to respect Ukraine’s territorial integrity, such as when it annexed Crimea in 2014, Moscow would have little incentive to honour new ones. The government in Kyiv, and Ukrainian society more broadly, would see any accompanying security guarantees as fragile at best and temporary at worst.

The result would probably be a deepening of Ukraine’s vulnerabilities. Some Ukrainians might support doubling down on militarisation and investment in defence technologies. Others, losing faith in national security and reconstruction, could disengage or leave the country. Either way, in the absence of national unity, reconstruction would become far more difficult.

Making reconstruction harder

Ukraine’s reconstruction will be costly, to the tune of US$524 billion (£387 billion) according to the World Bank. It will also require managing a web of interconnected security, financial, social and political risks.

These include displacement and economic challenges brought on by the war, as well as the need to secure capital flows across different regions. It will also need to continue addressing governance and corruption challenges.

A permanent territorial concession would make addressing these risks even more difficult. Such a deal is likely to split public opinion in Ukraine, with those heavily involved in the war effort asking: “What exactly have we been fighting for?”

Recriminations would almost certainly follow during the next presidential and parliamentary elections, deepening divisions and undermining Ukraine’s ability to pursue the systemic approach needed for reconstruction.

Ongoing security concerns in border regions, particularly near Russia, would be likely to prompt further population flight. And how many of the over 5 million Ukrainians currently living abroad would return to help reconstruct the country under these conditions is far from certain.

Financing reconstruction would also be more challenging. Public funds from donors and international institutions have helped sustain emergency energy and transport infrastructure repairs in the short term and will continue to play a role. But private investment will be critical moving forward.

Investors will be looking not only at Ukraine’s geopolitical risk profile, but also its political stability and social cohesion. Few investors would be willing to commit capital in a country that cannot guarantee a stable security and political environment. Taken together, these factors would make large-scale reconstruction in Ukraine nearly impossible.

Beyond fundamental issues of accountability and just peace, a land-for-ceasefire deal would be simply a bad bargain. It will almost certainly sow deeper, more intractable problems for Ukraine, Europe and the west.

It would undermine security, stall reconstruction and hand Moscow both time and a strategic advantage to come back stronger against a Ukraine that may be ill-prepared to respond. Trump would do well to avoid committing Ukraine to such an arrangement in further talks with Putin over the coming months.

The Conversation

Olena Borodyna does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Alaska summit: no deal agreed at Trump-Putin meeting but land swap for ceasefire still on the table – https://theconversation.com/alaska-summit-no-deal-agreed-at-trump-putin-meeting-but-land-swap-for-ceasefire-still-on-the-table-263208