Saint-Valentin : ce que nos histoires d’amour révèlent de nos habitudes

Source: The Conversation – France (in French) – By Julia Milner, Professeure de leadership, EDHEC Business School

L’amour n’est évidemment pas une habitude comme les autres. Reste que pour comprendre l’amour, comme pour comprendre comment certaines habitudes s’installent et se modifient, un parallèle entre les deux peut être éclairant. De la rencontre à la rupture, analyse entre quatre temps des points communs.


Nos histoires d’amour peuvent nous en apprendre beaucoup sur nous, nos manières de faire, nos habitudes et toutes nos autres routines.

Je ne parle pas ici de la passion que vous pouvez éprouver pour certaines de vos habitudes. Bien sûr, le lien affectif que vous développerez avec quelques-unes de vos routines pourra vous aider à en adopter certaines, en changer d’autres voire à abandonner les plus néfastes. Car aimer quelque chose est un bon début pour trouver en vous les ressources pour vous adapter…

Je parle ici de quatre enseignements tirés des histoires d’amour, qui peuvent transformer vos habitudes en une love story. À partir de mes recherches récentes, plongeons ensemble dans le monde de la romance…

La rencontre ou les « schémas » plutôt que le potentiel

Nous nous souvenons tous probablement de la phase qui suit la première rencontre avec une personne. Parfois, nous pouvons rapidement nous dire : « Il ou elle n’est pas pour moi. » Le plus souvent, cependant, lorsque nous commençons à fréquenter quelqu’un, nous voyons d’abord son potentiel. L’autre personne se montre sous son meilleur jour, peut-être en affichant un profil en ligne avec de nombreuses qualités, en affirmant qu’elle est organisée et fiable, etc.

Pourtant, lorsque vous vous rencontrez, elle a vingt minutes de retard et vous fait attendre. Vous vous êtes peut-être dit : « Ah, je suis sûr qu’elle sera à la hauteur de son potentiel… un jour. » Il semblerait pourtant judicieux de se concentrer plutôt sur ses schémas, son quotidien. Que vous montre-t-elle en ce sens ?




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Il en va de même pour nos habitudes. Vous pouvez vous offrir un abonnement coûteux à une salle de sport, car cela présente un grand potentiel pour votre bien-être. Cependant, au quotidien, des urgences peuvent se présenter, des choses inattendues, et vous êtes alors susceptible de mettre la salle de sport au second plan. Adopter un programme d’entraînement à domicile pourrait donc être une meilleure solution, car cela vous permettrait de faire face aux imprévus quotidiens, tels qu’un enfant malade, un projet professionnel qui prend plus de temps qu’imaginé, etc.

Les premiers temps : s’investir sans se sacrifier

Vous vous êtes engagé dans une relation, et nous sommes nombreux à faire des sacrifices pour que cela fonctionne dès le départ. Pourtant, selon certaines recherches sur les relations, trop de sacrifices ne sont pas une bonne chose. Tout d’abord, la plupart des partenaires ne sont même pas conscients que l’autre fait des sacrifices et, deuxièmement, même s’ils le remarquent, ils peuvent avoir des sentiments mitigés à ce sujet, comme la culpabilité. En d’autres termes, dans les relations, les efforts et l’investissement sont une bonne chose, mais des sacrifices trop élevés ont souvent l’effet inverse à celui recherché.

Adoptez la même approche pour vos habitudes. Investissez-vous dans tel ou tel projet professionnel, travaillez dur, mais ne faites pas des nocturnes quotidiennes, au détriment de votre santé et d’autres aspects de votre vie. Vos collègues, votre hiérarchie ou encore vos clients n’auraient sans doute pas conscience de ces sacrifices. L’équilibre est essentiel.

La phase intermédiaire : un peu de piment ne nuit pas

Pour que la relation reste passionnante, savoir la pimenter peut apporter de réels bénéfices. Il ne s’agit pas ici de disputes violentes, mais simplement de maintenir l’intérêt et de changer certaines approches, d’essayer un nouveau restaurant, de se lancer dans un nouveau passe-temps…

En ce qui concerne vos habitudes, il est bon d’être constant, mais, là aussi, de nouvelles aventures peuvent être bénéfiques. Comment pouvez-vous changer votre routine ? Peut-être devriez-vous trouver un partenaire d’entraînement ou emprunter un autre chemin pour aller au travail…

La rupture : le moment du bon lâcher-prise

Parfois, malgré tout l’investissement et les tentatives de pimenter la relation, cela ne marche pas. Bonne nouvelle : ce n’est pas grave ! Cela signifie peut-être simplement que vous n’étiez pas compatibles, que vous n’aviez pas les mêmes valeurs, et qu’il vaut mieux lâcher prise plutôt que de s’acharner.

Les Rita Mitsouko, YouTube.

Soyez également honnête avec vous-même en ce qui concerne vos habitudes. Certaines habitudes ont peut-être fonctionné dans le passé, mais vous les avez dépassées. Il est maintenant temps de faire de la place pour quelque chose de nouveau, sans mauvaise conscience.

En cette Saint-Valentin, veillez à investir dans la relation la plus importante et la plus longue que vous aurez jamais. Celle que vous entretenez avec vous-même. Les habitudes font partie des fondements de cette relation. Nos habitudes quotidiennes façonnent notre mode de vie, alors veillez à faire des choix judicieux, à bien investir et à savoir quand commencer quelque chose de nouveau. Et joyeuse Saint-Valentin à tous !

The Conversation

Julia Milner ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Saint-Valentin : ce que nos histoires d’amour révèlent de nos habitudes – https://theconversation.com/saint-valentin-ce-que-nos-histoires-damour-revelent-de-nos-habitudes-275574

Why brands can become emotional lifelines in times of crisis

Source: The Conversation – France – By Laetitia Mimoun, Associate Professor in Marketing at ESCP Business School, ESCP Business School

The rain hasn’t stopped for hours. Wind rattles the shelter’s windows as the storm outside swells, flooding the streets they used to call home. In a crowded gym, a family of four sit huddled together on makeshift beds pushed side by side each other. The parents wrap donated blankets around their shoulders; the teenagers lean against each other. Someone suggests a movie: something light, something old. They settle on a childhood favourite, a worn-out Pixar film, its colours flickering softly on the phone screen. Familiar voices, the opening music, the brand logo before the title… For a few minutes, it feels like the flood damage caused to their home no longer matters because they are together.

This is not just nostalgia. Research shows it is a form of collective coping. When the world feels unstable, why do we cling to familiar household brands and family rituals?

A study in everyday survival

In our recent research published in the International Journal of Research in Marketing, we explored how families use everyday brands and consumer rituals to restore a shared sense of identity after major life-changing disruptions.

Drawing on interviews and the diaries of 22 French families during the Covid-19 lockdowns, we found that major life disruptions, sudden collective shocks like pandemics, wars, or natural disasters, destabilise shared identities. When crisis strikes, family units don’t merely adapt their routines; they rebuild who they are together through consumption.

Brands act as scaffolding for reconstructing “who we are together”. Products, platforms, and rituals, from Netflix series to board games to family meals, become tools for resilience and belonging.

And this pattern extends well beyond Covid. In an era of growing environmental volatility, it matters more than ever. According to global risk reports, the number of natural disasters causing major economic losses is at record highs. As more and more communities around the world face upheaval, these small, mundane gestures of consumption are likely to become even more vital.

How we make sense when the world stops making sense

The study identifies three-way people use shared consumption to soothe anxiety and reclaim a sense of belonging.

1) Ritualised structuring: re-creating routine

When time feels suspended, people rebuild daily habits through familiar brands. This can involve watching the same show every night at eight to mark family time or deciding that Tuesday night is reserved for a sisterly chat over WhatsApp while watching a cooking show. Even a simple coffee in a beloved mug every morning can signal the start of “normal” life again.

These rituals restore predictability and reinforce family structure: who does what, when, and with whom?

2) Collective revalorising: rediscovering shared fun

Shared consumption becomes a new form of togetherness. Families dust off old board games like Monopoly and Cluedo. Parents can cook with kids using brands that “belong” to the household (e.g. Nutella pancakes, Lego projects). The activity is not about the brand itself; it is about reasserting family character traits: “We’re playful,” “We’re resilient,” “We do this together.”

3) Intergenerational romanticising: reviving lineage

Families can also turn to the past for comfort, rewatching classics from childhood, cooking passed down recipes, or creating family newsletters to share stories across generations. These rituals ease anxiety by reconnecting with lineage and continuity. A form of quiet resistance to the fear that the future is slipping away.

Together, these practices form a kind of psychological architecture: a way to impose meaning, order, and belonging amidst chaos.

What brands really mean in a crisis

Not all brands can play that role. The ones that endure crises often do so not because they shout louder, but because they embody stability, shared experience, and emotional legacy.

During an economic downturn or after a parent’s layoff, trusted retailers can become family anchors and symbols that life can still be rearranged. A brand like Ikea, for example, could help families adjust to smaller homes by buying back larger furniture and offering adaptable, modular pieces that transform rooms into communal areas. That kind of gesture does more than move products: it helps families reimagine togetherness and regain a sense of control.

In climate disasters, local brands can strengthen communities and become symbols of solidarity. After the 2025 Texas flash floods, Walmart offered free meals to affected families. Initiatives like that could go further, for example by creating spaces where families gather, connect, and rest. The value is not just in the food; it is in rebuilding collective morale.

Even in political upheaval, cultural and media brands provide continuity. National broadcasters, for instance, can help by reviving beloved classic films that families can watch together. A subtle act of collective reassurance, reminding people of their shared cultural heritage.

The insight is simple but powerful: during disruption, consumption is not escapism. It’s sense making.

Belonging as a Business Asset

If brands can become emotional lifelines, it is because consumption in moments of rupture is not mindless escapism. Sharing a meal, lighting the same candle, queuing up the same movie… these acts whisper, “We’re still ourselves.”

The brands that subsist are not the ones that dominate conversations, but those that quietly fit into our family coping mechanisms. Our research shows that brands become vectors of family history, creators of gathering occasions, and delineators of individual, relational, and collective times and activities. They are, in effect, identity technologies which act as everyday anchors for group belonging and continuity.

As societies face mounting major challenges, from climate anxiety to digital disconnection and geopolitical tension, the emotional dimension of the marketplace will matter more than ever. When the world falls apart, the brands we hold onto are not about consumption at all; they are about remembering who we are.


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The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Why brands can become emotional lifelines in times of crisis – https://theconversation.com/why-brands-can-become-emotional-lifelines-in-times-of-crisis-270334

Valentine’s Day: What’s love got to do with habit-building?

Source: The Conversation – France – By Julia Milner, Professeure de leadership, EDHEC Business School

Our love stories speak volumes about habit building and the quirks that become part of our daily routines… and vice versa!

By this, I’m not talking about being passionate about certain habits. But when you enjoy doing something, you are more likely to make it part of your daily routine.

In my latest research, I took a dive into the world of romance by looking at how, throughout the four stages of a love affair, we can become “routine lovers”.

The dating phase: Patterns over potential

We all probably remember the first stage of getting to know someone. Sometimes we
say fairly early on, “Okay, this is not for me,” but often at the start of the dating game we see potential. The other person puts on their best front, maybe via an online profile with wonderful attributes, stating how organised and reliable they are. Yet, when you meet for the date, they are always 20 minutes late and keep you waiting. You might say to yourself, “Ah, I am sure one day they’ll live up to their potential,” yet it’s wiser to focus on patterns that emerge and their day-to-day. What you see is what you get.

You might buy yourself an expensive gym membership, as this habit would give your well-being a huge boost. However, as more pressing matters and unexpected events arise in everyday life, going to the gym takes a backseat; so a home workout program might actually be a better fit, as it would allow you to deal with life’s curveballs, such as a sick child or a work project that ends up being more time-consuming than initially planned, etc.

The early relationship phase: Invest yet don’t sacrifice

So, you entered the relationship and made sacrifices to make it work. Yet according to relationship research, too much sacrifice is not a good thing. First of all, most partners aren’t even aware that the other person has made sacrifices and second of all, even if they do notice, they might have mixed feelings about it, like guilt. In other words, effort and investment are good for relationships, whereas big sacrifices often backfire.

The same applies to our habits. Invest in that work project, put the graft in, but don’t work all hours on a continuous basis and sacrifice your health and other parts of your life. The sacrifices you make aren’t even likely to register with your chain of command, work colleagues or clients. Balance is key.

The ‘in between’ phase: Drama, baby

To keep relationships exciting, some drama can bear fruit. We are not talking about huge fights here, but keeping it interesting and changing some approaches, like trying a new place to eat out or taking up a new hobby. Consistency is great for building habits but adding some new adventures to the mix can benefit them too. How can you tweak your routine? Maybe find a workout buddy or take a different route to work, for instance.

The breakup: Letting go

Sometimes it doesn’t work out and it’s okay. It doesn’t mean the other person is evil; it might just mean that you weren’t compatible or shared the same values, and that it’s better to let go instead of letting it drag on.

Ed Sheeran – Bad Habits, YouTube.

Be honest with yourself when it comes to your habits. Some habits might have worked in the past, but you may have outgrown them. Now it’s time to make way for something new, without having a guilty conscience.

Note to self

This Valentine’s make sure you invest in the most important relationship and the longest one you will ever have. The one with yourself. Habits are part of the building blocks of that relationship. Through our daily habits, we design our lifestyle, so be sure to choose wisely at work and at play, invest well and know when the time is right to start something new. Happy Valentine’s day everyone!


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The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Valentine’s Day: What’s love got to do with habit-building? – https://theconversation.com/valentines-day-whats-love-got-to-do-with-habit-building-275593

Accord UE-Mercosur : quand la radiochronologie retrace l’histoire agricole de la Pampa en Amérique du Sud

Source: The Conversation – France (in French) – By Amaury Bardelle, Doctorant au laboratoire des sciences du climat et de l’environnement, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) – Université Paris-Saclay

Alors que l’accord UE-Mercosur suscite de vives inquiétudes chez les agriculteurs européens, il ne faut pas éluder ses conséquences environnementales potentielles en Amérique du Sud. Notre étude récente, qui s’appuie sur la datation radiométrique de sédiments, a permis de reconstituer une histoire des pollutions agricoles dans la Pampa uruguayenne. Or, en matière de pesticides, la terre n’oublie pas : on retrouve par exemple du DDT, pourtant interdit depuis des décennies, dans des prélèvements récents.


Alors que la récente signature de l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur fait encore débat, on a beaucoup parlé – à raison – de ses retombées pour les agriculteurs français et européens. On a, par contre, beaucoup moins évoqué les impacts que cet accord pourrait avoir sur l’environnement dans les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay).

L’Amérique du Sud est aujourd’hui devenue une puissance agricole mondiale, et l’un des premiers producteurs de soja dans le monde. La production de cette légumineuse est en effet passée de 297 000 tonnes en 1961 à 210 millions de tonnes en 2024, soit plus de la moitié de la production mondiale d’après les statistiques de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

La pampa est un biome que l’on retrouve en Argentine, en Uruguay et au Brésil.
jjw, CC BY-SA

Cette expansion agricole se fait au détriment des espaces naturels. La région amazonienne retient souvent l’attention du grand public et des médias. Pourtant, il ne s’agit pas – loin s’en faut – du seul ensemble d’écosystèmes naturels (ou « biome ») à pâtir de l’expansion agricole. C’est également le cas de la Pampa, localisée entre le sud du Brésil, l’Uruguay et dans le nord-est de l’Argentine. Sa superficie dépasse les 1,2 million de kilomètres carrés (km²), soit plus de deux fois la superficie de la France hexagonale.

Ces vastes étendues de prairies naturelles constituent un vaste réservoir de biodiversité et un important puits de carbone. En 2023, une équipe de chercheurs brésiliens y avait identifié plus de 12 500 espèces différentes. L’accélération de la conversion de la Pampa en cultures, en prairies intensives et en plantations forestières commerciales au cours des dernières décennies menace ainsi les services fournis par ces écosystèmes.

Le rio Negro, qui traverse l’Uruguay sur 750 km, prend sa source dans le sud du Brésil et constitue le principal affluent du rio Uruguay. Il traverse le lac artificiel de Rincón del Bonete, où ont été collectés les sédiments dans le cadre de cette étude.

Afin de reconstituer l’histoire agricole de ces écosystèmes depuis les 80 dernières années, nous avons collecté et analysé les sédiments qui se sont déposés au cours du temps dans le réservoir du barrage de Rincón del Bonete, sur le rio Negro, en étroite collaboration avec des chercheurs uruguayens.

Nous avons ensuite procédé à des analyses pour dater ces échantillons, en nous appuyant sur les traces de radionucléides à la fois naturels (qui retombent en continu avec les pluies) et artificiels (issus des essais nucléaires atmosphériques réalisés entre les années 1950 et les années 1970) qu’on y retrouve. Nous avons ainsi abouti à une remise en perspective historique inédite de l’histoire agricole de la région.

Des archives naturelles de l’histoire agricole

Ces sédiments jouent le rôle d’archives naturelles. En effet, chaque année, au fil des évènements pluvieux et des crues, les sédiments érodés à l’amont du rio Negro et transportés par la rivière se déposent dans le réservoir. Leur collecte et leur analyse permettent ainsi de reconstruire l’histoire des paysages de la région depuis l’inauguration du barrage hydroélectrique en 1945. C’est l’un des barrages l’un des plus anciens d’une telle ampleur en Amérique du Sud.

Le barrage de Rincón del Bonete, en Uruguay, a été inauguré en 1945.
Marcelo Campi, CC BY-SA

L’analyse de cette archive sédimentaire (intensité des flux sédimentaires, détection de pesticides…) a permis de reconstruire quatre grandes phrases de développement agricole dans la région :

De la fin de la Seconde Guerre mondiale à 1963 : une agriculture conventionnelle en continu, basée sur la mise en place de rotations annuelles, se développe. Ce système est associé, dans notre analyse, à des flux sédimentaires importants. Comprendre : une quantité importante de terres agricoles étaient alors lessivées par les pluies et transportées par le rio Negro.

De 1963 aux années 1990 : un système associant cultures et élevage se met en place. Il permet la réduction des flux sédimentaires. Cette période est caractérisée par la première détection de pesticides dans l’archive sédimentaire.

Des années 1990 au début des années 2000 : l’usage du semis direct, c’est-à-dire de cultures sans labour, commence à se répandre dans la région. Cette évolution est liée au développement de variétés de soja génétiquement modifiées, conçues pour être résistantes au glyphosate, qui pouvait ainsi être répandu pour détruire les adventices (les « mauvaises herbes ») sans endommager la culture principale.

Accompagnée d’une rotation entre polyculture et élevage, cette pratique semble avoir contribué à la réduction de l’érosion des sols, puisque cette période enregistre les plus faibles taux de sédimentation de la séquence. Cette période coïncide aussi avec d’importantes plantations d’arbres exotiques, principalement l’eucalyptus, utilisé pour produire de la pâte à papier.

À partir de 2007 : bien que le semis direct ait été adopté par la majorité des agriculteurs, les pratiques agricoles s’intensifient. La monoculture continue intensive ou une double récolte au cours de l’année (généralement une succession de soja et de céréales) est souvent de mise.

De nombreuses zones naturelles sont alors converties pour la culture du soja et la plantation d’eucalyptus. En conséquence, cette période enregistre les plus forts taux de sédimentation et les flux de pesticides les plus élevés depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Des traces récentes de pesticides interdits, comme le DDT

Parmi les pesticides retrouvés au sein des sédiments déposés récemment dans le barrage uruguayen, on retrouve notamment des substances interdites en Europe et aux États-Unis, telles que le Mirex – utilisé dans les plantations d’eucalyptus – ou le DDT.

Ce pesticide nocif à la fois pour l’humain et l’environnement, désormais interdit dans la quasi-totalité du monde, a été historiquement utilisé comme insecticide pour l’agriculture. Il fut également largement répandu à travers l’Amérique lors de grandes campagnes d’éradication des vecteurs du paludisme au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

L’explication la plus probable derrière la réapparition du DDT serait une remobilisation des quantités de ce pesticide déjà présentes dans l’environnement. Cela pourrait faire suite à l’augmentation de l’érosion des sols cultivés depuis des décennies, ainsi qu’à la mise en culture et à l’érosion de nouvelles terres, faisant partie d’espaces naturels qui avaient été traités avec du DDT au milieu du siècle dernier.




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Les essais nucléaires du siècle dernier, utiles pour la datation

Dans notre étude, nous avons combiné plusieurs analyses à haute résolution des sédiments accumulés par le barrage. L’analyse historique a été rendue possible grâce à la datation des couches successives de sédiments, réalisée à travers l’analyse de radionucléides à la fois naturels (qui retombent en continu avec les pluies) et artificiels (liés aux essais nucléaires atmosphériques réalisés entre les années 1950 et les années 1970).

Ces essais nucléaires, menés principalement par les États-Unis, l’Union soviétique et la France, sont en effet associés à des émissions de césium et de plutonium spécifiques, dont ils sont, en quelque sorte, la signature. De quoi aider à reconstruire l’âge des couches successives de la séquence sédimentaire.

Nous avons ensuite pu mettre en relation les propriétés des sédiments avec des données historiques, telles que les statistiques agricoles ou d’usage des sols, afin de proposer cette analyse historique de l’impact des changements paysagers.

Les impacts environnementaux à venir dans la Pampa

Les impacts environnementaux liés à la mise en culture de la Pampa sont déjà très nets, mais ce n’est malheureusement peut-être que le début.

À ce jour, seuls 20 % des prairies qui étaient encore en place en 1985 ont été transformées. Les prairies de la Pampa, qui recouvraient 83 % de la zone étudiée en 1985, ne représentaient plus que 60 % de la surface en 2022. Autant d’espaces où les activités agricoles et sylvicoles pourraient continuer à se développer.

Dans ce contexte, les accords commerciaux qui ont été conclus entre les pays du Mercosur et de l’Union européenne – mais aussi avec d’autres grandes puissances, telles que la Chine – auront un impact. Ils favoriseront les exportations et augmenteront la demande en produits tels que le soja et la pâte à papier. Ce faisant, ils risquent d’exacerber l’expansion et l’intensification agricole, ainsi que leurs impacts environnementaux.

L’approche développée, qui a donc permis de reconstruire une perspective historique inédite, pourrait être prolongée dans le temps pour suivre les impacts environnementaux à venir dans la région, en lien avec les évolutions réglementaires et commerciales en cours.

The Conversation

Amaury Bardelle a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project – IRP – CELESTE Lab).

Anthony Foucher a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project – IRP – CELESTE Lab).

Olivier Evrard a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project – IRP – CELESTE Lab).

Pierre-Alexis Chaboche a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001), du projet ClimatAmSud CELESTE et du CNRS (International Research Project – IRP – CELESTE Lab).

Renaldo Gastineau a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) dans le cadre du projet AVATAR (ANR-22-CE93-0001).

ref. Accord UE-Mercosur : quand la radiochronologie retrace l’histoire agricole de la Pampa en Amérique du Sud – https://theconversation.com/accord-ue-mercosur-quand-la-radiochronologie-retrace-lhistoire-agricole-de-la-pampa-en-amerique-du-sud-275151

Les clauses environnementales des accords de libre-échange sont-elles efficaces ? L’exemple de la pêche

Source: The Conversation – France (in French) – By Clément Nedoncelle, Chercheur en economie INRAE, Inrae

Une étude montre que les clauses environnementales contenues dans les accords de libre-échange sont ambivalentes : leur succès dépend, pour beaucoup, du contexte global et de la volonté politique à les mettre en œuvre. Le principal problème ? Elles ne contribuent pas vraiment à transformer les modèles et les pratiques qui nuisent le plus à l’environnement.


Les projecteurs sont actuellement braqués sur l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur, signé le 17 janvier 2026 et déjà très contesté. Nombre de préoccupations portent sur les effets délétères qu’il pourrait avoir sur l’environnement.

Peut-on concilier commerce international et protection de l’environnement ? Cette question dépasse les forêts amazoniennes ou les bœufs brésiliens. Il touche aussi un bien commun trop souvent oublié : les océans et les pêcheries qui en dépendent.

Les pêcheries sont, en effet, un pilier de la sécurité alimentaire mondiale. Elles nourrissent des milliards de personnes, font vivre des communautés entières dans les pays côtiers et assurent une part cruciale des exportations des pays du Sud global. Et pourtant, elles s’épuisent : selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), à peine 65 % des stocks mondiaux de poissons sont exploités durablement, contre 90 % dans les années 1970.

Face à ce déclin, les gouvernements mobilisent un éventail de politiques : quotas, aires marines protégées, taxes, subventions… Mais un autre outil, plus discret, joue un rôle croissant : celui es accords commerciaux, qui incluent désormais des « clauses environnementales » censées limiter les effets néfastes du commerce sur la nature. Certaines portent directement sur les pêcheries. Mais sont-elles efficaces ?

Notre étude récente publiée dans la revue World Development analyse les conséquences économiques et écologiques de ces clauses, appliquées au secteur des pêcheries. En examinant plus de 700 accords commerciaux conclus depuis la Seconde Guerre mondiale, nous avons comparé ceux qui comportaient des clauses sur la pêche à ceux qui n’en prévoient pas.

Nous avons ainsi étudié leur effet sur le niveau trophique moyen des prises, c’est-à-dire la position des poissons pêchés dans la chaîne alimentaire. Si cet indicateur baisse, cela signifie que l’on pêche des espèces de plus en plus petites et basses dans la chaîne, et donc que les grands prédateurs marins disparaissent.




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Un filet de sécurité, mais qui dépend du contexte national

Notre étude montre un résultat principal : les accords commerciaux sur la pêche détériorent la durabilité des ressources marines, mais l’inclusion de clauses environnementales atténue significativement cette dégradation. Ces clauses limitent les dégradations supplémentaires provoquées ou accentuées par la libéralisation des échanges.

En clair, ces dispositions environnementales jouent un rôle de filet de sécurité : elles empêchent la situation de se dégrade davantage, sans pour autant l’améliorer spectaculairement. Les effets positifs apparaissent lentement, entre cinq et neuf ans après la signature.

Ces résultats ont des implications au-delà des pêcheries. En effet, depuis une quinzaine d’années, les accords commerciaux ont intégré une multitude de clauses environnementales : sur les forêts, le climat, la pollution, la biodiversité… Toutefois, si ces dispositions ont parfois prouvé leur efficacité – pour réduire la déforestation ou les émissions polluantes, par exemple – leurs effets varient fortement selon les secteurs et les pays. Ils dépendent notamment largement de la qualité des institutions des pays signataires : les pays dotés d’une gouvernance solide en tirent bien plus de bénéfices écologiques.

Autrement dit, cela peut fonctionner, mais d’abord là où les États sont capables de les mettre en œuvre.




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Un impact limité sur les pratiques de pêche

Notre étude souligne aussi le revers de la médaille, autrement dit l’ambivalence de ces politiques : elles peuvent atténuer les dégâts écologiques, mais pas nécessairement transformer les comportements économiques qui en sont à la source.

En effet, les améliorations écologiques observées, par rapport à un accord de libre-échange dépourvu de dispositions environnementales, ne sont pas tant liés à la transformation des pratiques de pêche – comme l’abandon du chalutage destructeur – qu’à la réduction forte des volumes pêchés et exportés.

Les clauses environnementales semblent donc d’abord agir comme des freins au commerce plutôt que comme des moteurs d’innovation durable. Elles freinent la pression commerciale, mais sans transformer le modèle de production vers davantage de soutenabilité.

Elles montrent surtout que la réussite de la transition écologique ne dépend pas uniquement des règles internationales, mais de la volonté politique et institutionnelle de les faire vivre par les États.




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Un enjeu de volonté politique

La question dépasse donc le commerce international : tout se joue dans la capacité des États à appliquer localement des engagements pris au niveau supranational. Une clause environnementale n’a d’effet que si la capacité des administrations à contrôler et sanctionner suit.

Sans investissement dans la mise en application et l’accompagnement des secteurs concernés, ces accords ne peuvent donc agir qu’à la marge. L’enjeu n’est donc pas d’ajouter des obligations dans les traités, mais de s’assurer qu’elles sont réellement mises en œuvre, seule condition pour changer les pratiques plutôt que simplement freiner le commerce.

Dans le débat sur l’accord UE–Mercosur, beaucoup craignent que l’environnement serve à nouveau de variable d’ajustement aux intérêts commerciaux. Nos recherches montrent qu’il n’y a pas de fatalité : si les clauses environnementales sont ambitieuses, assorties de mécanismes de suivi et appliquées par des États capables de les faire respecter, elles peuvent réellement protéger les ressources naturelles.

The Conversation

Basak Bayramoglu est membre de la Chaire Énergie et Prospérité, sous l’égide de La Fondation du Risque.

Clément Nedoncelle, Estelle Gozlan et Thibaut Tarabbia ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Les clauses environnementales des accords de libre-échange sont-elles efficaces ? L’exemple de la pêche – https://theconversation.com/les-clauses-environnementales-des-accords-de-libre-echange-sont-elles-efficaces-lexemple-de-la-peche-273965

Adolescence : comment le téléphone change les codes amoureux

Source: The Conversation – in French – By Marine Lambolez, Doctorante, ENS de Lyon

S’ils se croisent tous les jours au collège ou au lycée, c’est sur les réseaux sociaux que les adolescentes et les adolescents choisissent souvent de déclarer leur flamme. S’agit-il d’échapper aux regards moqueurs en cas de déconvenue ? Ou est-ce au contraire un moyen de rechercher une validation ? Penchons-nous sur ces nouveaux codes amoureux.


L’utilisation du téléphone portable personnel par les plus jeunes fait l’objet de nombreuses craintes et fantasmes dans le débat public. La proposition de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans en témoigne : l’inquiétude vis-à-vis des liens virtuels entretenus par les ados ne faiblit pas.

S’il est important de protéger les personnes mineures de rencontres en ligne avec des individus malintentionnés, souvent plus âgés, il ne faut pas croire que les réseaux sociaux ne leur servent qu’à communiquer avec des inconnus.

Les discussions en ligne jouent un rôle central dans les sociabilités adolescentes, même avec les camarades de classe croisés toute la semaine à l’école. Plus précisément, le portable participe activement à la naissance des amours de jeunesse et occupe une place importante dans les échanges amoureux des jeunes.

Se rapprocher en ligne

Le fait de se parler, en ligne, dans des conversations privées, c’est-à-dire auxquelles seuls les deux participants ont accès, semble être un préambule obligatoire à la mise en couple chez les jeunes. Plutôt que le temps passé ensemble, les rendez-vous donnés hors de l’établissement scolaire ou le premier baiser, c’est le fait de s’écrire sur ses réseaux personnels qui atteste du caractère intime de la relation.

Dans mon enquête auprès de jeunes de 13 ans, il apparaît que les interactions en ligne ont la même valeur que les moments partagés « in real life » quand il s’agit de nouer, alimenter ou rompre des relations amoureuses. Par exemple, pour Amina, en couple depuis huit mois sur la plateforme Discord avec un garçon qu’elle n’a jamais vu, la rencontre n’est ni souhaitée ni préalable au fait de se dire en relation sérieuse.




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Vladimir, lui, se sert des réseaux sociaux pour séduire et considère que ne plus se parler via ces interfaces scelle la fin d’une relation. Lorsqu’il veut se rapprocher d’une fille, il ne lui demande pas son numéro de téléphone mais son compte Instagram ou Snapchat. Un autre jeune, Fabio, détaille la façon dont il s’est rapproché d’une amie, jusqu’à leur mise en couple officielle :

« Alors, j’ai fait une photo torse nu dans ma salle de bain, je voulais mentionner des personnes sur Insta[gram], j’ai vu son nom et j’ai cliqué parce que c’était la première personne proposée et, vu qu’avant c’était ma meilleure amie entre guillemets… Du coup je l’ai identifiée, après elle a mis l’émoji avec les cœurs dans les yeux. Et voilà, après elle m’a identifié dans sa story. J’ai fait de même et on a commencé à se rapprocher. »

L’importance que Fabio porte au type d’émojis employé montre bien la valeur apportée à ce simple symbole numérique qui évoque la précision avec laquelle certaines et certains se souviennent de la première déclaration de leur partenaire.

La drague en ligne permet aux jeunes de choisir leurs mots avec plus de réflexion, et de prétexter de fausses manipulations, des blagues ou l’emprunt du téléphone par un ami ou une amie en cas de « râteau ». Ces échanges virtuels présentent aussi le grand avantage d’être secrets : le flirt adolescent échappe ainsi aux regards souvent moqueurs de la cour d’école ainsi qu’aux interdictions familiales.

Preuves d’amour virtuelles

Les réseaux proposent des fonctionnalités qui mettent en lumière la proximité partagée entre deux contacts : amis proches sur Instagram, flammes sur Snapchat, pseudo et émojis personnalisés sur Messenger… Autant d’options qui soulignent le lien spécial entre deux personnes, pour elles-mêmes et parfois aux yeux des autres utilisateurs.




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Documenter sa relation en publiant des photos prises à deux, liker et commenter les publications de l’élu·e de son cœur, sont autant de manifestations virtuelles d’engagement amoureux qui rassurent les adolescent·es sur les sentiments de leurs partenaires. Ces preuves d’amour en ligne prennent encore plus d’importance quand le jeune couple n’a pas l’occasion de soumettre son idylle au regard extérieur en dehors du monde connecté, c’est-à-dire quand les jeunes se connaissaient au collège mais sont dans des lycées différents, sont en couple à distance ou se connaissent via une activité extra-scolaire.

La sociologue Claire Balleys écrit :

« Les adolescents fonctionnent entre eux comme un public participatif et évaluateur. Ils sont à la fois spectateurs et acteurs du lien social entre pairs, en ce sens qu’ils prennent activement part à la construction, à la négociation et à la gestion des relations amicales et amoureuses. »

Rendre publiques ses relations amoureuses sur les espaces en ligne est un enjeu majeur dans la hiérarchie sociale adolescente. La popularité s’acquiert notamment par la validation externe de sa relation amoureuse, en choisissant un·e partenaire convenable et en mettant en scène des comportements amoureux adéquats.

Le contrôle du téléphone comme abus amoureux

La question du contrôle du téléphone portable est centrale quand il s’agit d’adolescent·es et de jalousie. 72 % des jeunes interrogés en entretien, filles comme garçons, répondent « Oui » à la question : « Est-ce que tu laisserais ton copain ou ta copine regarder tes messages sur ton téléphone ? » Plusieurs élèves racontent comment ce droit de regard téléphonique fonctionnait dans leurs couples précédents :

Céleste : Alors ça, on en a parlé parce qu’il avait mon code de téléphone et j’avais le sien. Alors s’il veut fouiller avec qui je parle, il y a pas de souci. J’ai rien à me reprocher. Il peut regarder mes discussions, oui bien sûr, ça fait suspect sinon.

Malvina : Bah oui, le gars avec qui j’étais, il connaissait mes codes, il les avait même.
ML : Et est-ce que toi, tu voudrais voir ses messages ?
Malvina : Je lui fais confiance, mais de temps en temps bon… ça fait du bien de regarder. Enfin, j’avais tout le temps ses codes, donc je savais qu’il faisait rien.

Pour ces ados, si l’on est fidèle, notre partenaire devrait pouvoir fouiller dans notre téléphone sans que cela soit un problème.

Zlatan : Oui, elle a mon code.
ML : Ok, sans hésitation ?
Zlatan : Oui.
ML : Et toi, tu lui demanderais de regarder ses messages ?
Zlatan : Oui. Enfin, je prends pas son téléphone, mais juste si je vois un truc ou quoi je demande son téléphone, je regarde, voilà. Déjà ça peut rassurer, ça peut beaucoup rassurer et faire confiance aussi.

Puisque la plupart d’entre eux se draguent virtuellement avant de se dire en couple, toute conversation sur les réseaux devient suspecte. Vouloir garder une part d’intimité en ligne serait alors un red flag laissant soupçonner une tromperie.

Karim : Après, si elle fait une crise de jalousie, ça veut dire qu’elle m’aime vraiment, ça veut dire qu’elle tient à moi. Par exemple, si elle voit que j’ai une copine sur Instagram, je la [cette copine] bloque d’abord, je parle avec elle et après si elle veut bien, je reste avec elle, si elle veut pas, ben je sais pas comment ça se passerait.

Toutefois, d’après le violentomètre – outil conçu en Amérique latine, puis adapté en 2018 par les Observatoires des violences faites aux femmes de Seine-Saint-Denis et de Paris, l’association En Avant Toutes et la Mairie de Paris, pour déterminer ce qui relève ou non des violences – si un partenaire « contrôle tes sorties, fouille tes textos et est jaloux et possessif en permanence », il faut être vigilant·e et « dire stop ! » à ces comportements.

Le violentomètre.

D’autres cyberviolences émaillent parfois les relations amoureuses : divulgations d’échanges intimes, harcèlement, montages photos violents…

Rappeler ces risques n’est cependant pas condamner l’utilisation des réseaux par les ados, car leur diabolisation empêche une éducation aux bonnes pratiques numériques et laisse les jeunes démunis face à leurs premiers téléphones, avant ou après 15 ans.

The Conversation

Marine Lambolez ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Adolescence : comment le téléphone change les codes amoureux – https://theconversation.com/adolescence-comment-le-telephone-change-les-codes-amoureux-274663

Yes, men have a biological clock too. But it’s not just age that affects male fertility

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Theresa Larkin, Associate Professor of Medical Sciences, University of Wollongong

joyce huis/Unsplash

When we talk about a biological clock ticking, it usually means the pressure women feel to fall pregnant before a certain age. It’s linked to the decline in eggs (ova) and fertility as females age.

But sperm numbers and fertility similarly decline with age in men. When a heterosexual couple experiences fertility issues, it’s equally likely due to male and female factors. Yet the woman is usually tested first.

But this is changing. New male infertility guidelines for Australian GPs recommend the male and female partner undergo investigations at the same time.

A growing body of research highlights the role of men in infertility and how a man’s age and health matters when trying to conceive. Let’s look at the evidence.

Semen and sperm health decline with age

Sperm are produced in the testes continuously from puberty, but sperm count (the average number of sperm in an ejaculate) starts to decline when a man is in his early twenties. Men over 55 have average sperm counts close to or below the threshold for infertility.

But it’s not just the number of sperm that matters.

Sperm need to be alive, have good motility (movement or “swimming ability”) and be the correct shape to reach and fertilise an egg in the female reproductive tract.

An adequate volume of semen (sperm and seminal fluid together) is also necessary because this provides nourishment to sperm.




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From around age 30, the number of sperm with good motility and correct shape, and semen volume decline, while the number of dead sperm increases. The biggest changes generally occur from around 35 years of age.

The age-dependent decline in sperm and semen affects male fertility. In studies of more than 2,000 couples, one study showed men older than 45 took five times longer to conceive than men younger than 25. Another study found the chance of falling pregnant within a year was 20% lower at 45 compared to the peak at 30.

Genetic damage and miscarriage risk increase with age

Though a sperm might have reached and fertilised an egg, if it contains genetic damage, this can also affect fertility or the baby.

As men age, their sperm accumulate more genetic damage, including damage to DNA and chromosomes (coils of DNA that carry genes). This is because sperm stem cells replicate hundreds of times during their life. Each time a cell replicates, there is a risk of genetic damage.

Genetic damage to sperm can stop the embryo developing and result in miscarriage. This is linked to about 30% higher chance of miscarriage in men older than 40 compared to those aged 25–29.

New techniques have shown chromosomal abnormalities in sperm also increase with age. These can cause birth defects and chromosomal syndromes such as Down syndrome and Klinefelter syndrome.

Beyond ageing and sperm’s biological clock

Several environmental and lifestyle factors also affect semen and sperm measures, and therefore fertility.

Oxidative stress (too many damaging chemicals and not enough antioxidants) disrupts sperm production and increases sperm DNA damage, and is strongly linked to male infertility.

Oxidative stress is increased by environmental toxins such as pollution, heavy metals, pesticides and some chemicals.

Oxidative stress also increases with certain lifestyle factors, including smoking, alcohol, illicit drugs, too much processed meat and sugar consumption, obesity and being sedentary.

Male infertility can also be due to medical causes such as erectile dysfunction, or issues with the male reproductive tract or blood vessels.

A varicocele (dilation of the veins that drain the testes) is one of the most common causes of male infertility, and treatable.

One or two in 100 men with infertility will not have the tubes that transport sperm from the testes to the penis, which means their semen does not contain sperm.

However, for about one in three cases of male infertility, the cause is not known.

The new guidelines

The World Health Organization recognises the importance of addressing infertility in everyone, regardless of sex or gender.

Australia’s first male infertility guidelines support this by recommending infertility is investigated in both partners in heterosexual couples. For the male, this includes examination of the penis, scrotum and testes, and semen and blood analyses.

For the one in nine couples in Australia with fertility problems, this will help them find answers and treatment options sooner.

Staying healthy for fertility

If you’re looking to conceive, age is a consideration but not the only factor.

For optimal sperm health, you can focus on:

  • eating a healthy diet with enough vitamins A, C, E and D
  • not smoking
  • reducing alcohol
  • maintaining a healthy weight
  • exercising
  • avoiding chronic stress
  • avoiding excessive exposure to environmental toxins and pollutants.

Reducing unnecessary stress or pressure around falling pregnant is also important. In Australia, most pregnancies are normal and most babies are healthy, regardless of the age of the parents.




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The Conversation

Theresa Larkin does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Yes, men have a biological clock too. But it’s not just age that affects male fertility – https://theconversation.com/yes-men-have-a-biological-clock-too-but-its-not-just-age-that-affects-male-fertility-268298

El ‘body shaming’ se contagia: así se aprende a ridiculizar el cuerpo de otros en redes sociales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Beatriz Feijoo, Profesora Titular de Publicidad, Universidad Villanueva

WOOCAT/ ISTOCK , CC BY

En los últimos años, la sociedad ha desarrollado una mayor sensibilidad hacia el uso de un lenguaje inclusivo, especialmente en cuestiones relacionadas con la imagen corporal. Sin embargo, informes recientes sobre acoso escolar siguen planteando una paradoja: en el 54,9 % de los casos, el aspecto físico continúa siendo uno de los motivos principales de discriminación y agresión entre menores. Entonces, ¿qué ocurre en un escenario de aparente libertad de expresión como las redes sociales? ¿Cómo hablan y se relacionan con el cuerpo? ¿Hay más respeto o más crueldad?

El body shaming, frase en inglés que define la acción de burlarse, criticar o ridiculizar el cuerpo de otras personas de manera directa o indirecta, es un fenómeno aprendido que se interioriza y se reproduce, en parte, a través de la imitación. En el entorno digital, los adolescentes hacen también lo que ven hacer a otros, al igual que en el hogar o en clase.

Sin embargo, nuestra reciente investigación apunta en otra dirección. En el contexto digital, los menores no solo “copian” conductas por lo que escuchan o ven. Ver este tipo de contenidos no implica automáticamente comportarse igual. Lo que sí les empuja a reproducir el body shaming son factores emocionales como haber tenido experiencias negativas previas o vivir con miedo a ser criticados o ridiculizados.

Es el propio clima de inseguridad y vulnerabilidad de las redes sociales el que facilita que estas dinámicas se mantengan, contagiándose de un usuario a otro.

Cuando la burla se vuelve rutina

A partir de una muestra de más de mil adolescentes españoles, no encontramos una relación directa entre ver (a otros hacer estas burlas o críticas) y participar. En cambio, sí identificamos dos factores que influyen con notoriedad en la práctica: haber vivido experiencias de humillación anteriores y sentir un miedo y ansiedad constantes a que les juzguen por su apariencia física. En ambos casos, la implicación en burlas a terceros es mayor, incluso cuando adoptan formas aparentemente inofensivas, como reaccionar o compartir ese contenido.




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En el estudio comprobamos que la mayoría de adolescentes no insulta directamente ni crea contenidos para ridiculizar per se. Sí participa muchas veces sin ser plenamente consciente en pequeñas formas de burla: un “me gusta”, un meme reenviado a un grupo privado o perfil público, una reacción cómplice. Interacciones mínimas, casi invisibles, que no suelen percibirse como problemáticas, pero que, con el tiempo, contribuyen a que la burla corporal se perciba como algo natural y aceptable.

Este tipo de participación “de baja intensidad” cumple una función importante en la difusión del body shaming. Al no percibirse como agresión explícita, rara vez genera rechazo social, reflexión o autocrítica. Al contrario, suele integrarse en las dinámicas cotidianas de interacción en redes sociales: comentar, reaccionar, compartir. Así, la burla se convierte progresivamente en una forma “más” de estar en redes, diluyendo la responsabilidad individual y reforzando la idea de que “no pasa nada”.

¿Están más expuestas las chicas?

Nuestros resultados muestran adicionalmente diferencias relevantes si atendemos al género de los menores. Las chicas tienden a manifestar niveles más altos de temor a la exposición corporal y mayor preocupación por cómo será percibido su cuerpo en redes sociales. Es decir, viven con más intensidad la presión de mostrarse “adecuadamente” en espacios marcados por ese juicio y comparación permanentes.

Por el contrario, son los chicos quienes presentan una mayor implicación en determinadas prácticas de burla, fundamentalmente en aquellas que son más visibles, como comentar, reenviar y compartir contenidos que han creado otros usuarios para ridiculizar el aspecto físico de otra persona. Esta combinación genera una dinámica desigual, ya que mientras ellas soportan una mayor carga emocional asociada a la (auto)vigilancia y la inseguridad corporal, ellos alientan esta práctica ofensiva.

Las redes sociales contagian de manera inadvertida

Estos patrones de género no suceden al margen del contexto. Se desarrollan en entornos digitales que amplifican las inseguridades y convierten la comparación corporal en una experiencia de constante escrutinio.

Imaginemos una situación cotidiana. Alguien hace un comentario sobre nuestro cuerpo. Tal vez menciona nuestros abdominales o su falta de definición. Por curiosidad (o por inseguridad) buscamos ese rasgo en redes sociales y comenzamos a consumir contenidos similares. A partir de ahí, el algoritmo hace su trabajo: aparecen más vídeos, más imágenes, más cuerpos normativos. La pantalla se llena de referencias y reacciones. Todo el mundo parece encajar. Menos nosotros.




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Lo que comienza como una búsqueda ingenua puede convertirse en un bucle difícil de romper que contagia con sigilo y en mayor medida a los usuarios más jóvenes. Conviene considerar que los sistemas de personalización de estas plataformas, en apariencia diseñados para organizar el contenido, refuerzan esa comparación y alimentan la sensación de que el propio cuerpo (o el ajeno) está fuera de lugar, ya sea por su idealización o filtrado, como por su estigmatización.

El desafío de no juzgarse

Esto plantea un desafío verdaderamente complejo para familias, gobiernos, docentes y las propias plataformas. Si el problema no es solo lo que se ve, sino cómo se experimenta en redes, no basta con prohibir, vigilar o censurar. Es necesario enseñar a los adolescentes a reconocer sus inseguridades, a cuestionar las comparaciones y a entender el impacto de sus gestos, aunque sean pequeños, en el entorno digital.

La educación de las nuevas generaciones no puede limitarse a normas y recomendaciones técnicas: debe también integrar la empatía, el pensamiento crítico y la responsabilidad colectiva. Solo así será posible romper un clima contagioso en el que el body shaming se ha vuelto rutina para sustituirlo por formas más respetuosas de convivir en línea.


La versión original de este artículo se ha publicado en la Revista Telos, de Fundación Telefónica.


The Conversation

Este artículo nace de los resultados al amparo del proyecto de investigación “Odios juveniles. La alfabetización digital de los adolescentes ante la incidencia de la gordofobia en redes sociales”, financiado por la Universidad Villanueva.

Este artículo se enmarca en los proyectos “La incidencia del marketing de influencers en la construcción de la identidad digital de los adolescentes (INFLUIDENTITY)” del Vicerrectorado de Investigación de UNIR, e “Influencers: Difusión y prevención de conductas autolesivas en los adolescentes (INFLUSUIX)”, financiado por el ITEI de la Universidad Internacional de la Rioja, así como en los estudios desarrollados en el seno del Grupo de Investigación COYSODI de UNIR.

Este artículo nace de los resultados al amparo del proyecto de investigación “Odios juveniles. La alfabetización digital de los adolescentes ante la incidencia de la gordofobia en redes sociales”, financiado por la Universidad Villanueva.

ref. El ‘body shaming’ se contagia: así se aprende a ridiculizar el cuerpo de otros en redes sociales – https://theconversation.com/el-body-shaming-se-contagia-asi-se-aprende-a-ridiculizar-el-cuerpo-de-otros-en-redes-sociales-274367

Un estudio halla un nuevo sistema inmune vegetal ‘parecido’ al humano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Poveda Arias, Profesor Titular de Universidad. Departamento de Producción Vegetal y Recursos Forestales. Escuela Técnica Superior de Ingenierías Agrarias de Palencia, Universidad de Valladolid

_Sclerotinia sclerotiorum_, un hongo que causa un gran número de enfermedades en los cultivos, fue el elegido para demostrar en un experimento el poder protector de otro hongo, _Trichoderma hamatum_. Rupinder singh 0071/Shutterstock

Cuando un patógeno nos “ataca”, nuestro sistema inmune actúa y nos protege de la enfermedad “matando” a ese invasor dañino. Aunque de forma muy diferente, las plantas también tienen su propio sistema inmune, que las defiende de diferentes infecciones.

Cuando un patógeno entra en el cuerpo humano, hay dos tipos de células que entran en acción: los macrófagos y las células dendríticas (o de Langerhans). La forma en que estas células de defensa actúan es mediante la ingestión directa del intruso, para digerirlo y matarlo, o la ingestión de células que estén siendo atacadas por el patógeno, eliminándolas de igual forma. Tanto los macrófagos como las células dendríticas actúan contra todos los invasores que entren en el cuerpo –sin saber previamente “quién” está atacando– mediante la respuesta inmunitaria denominada innata.

Una vez el patógeno ha sido digerido, estas células defensivas cogen pequeñas moléculas de éste (denominadas antígenos) y las sitúan en su exterior. Posteriormente, se acercan a otras células de defensa, denominadas linfocitos T, y les “enseñan” estos antígenos. De esta forma, los linfocitos T aprenden a reconocer al patógeno y, cuando éste ataque de nuevo, lo destruirán de forma más rápida y efectiva.

Macrófago que ha ingerido un patógeno fúngico.
Wikimedia Commons, CC BY

Señales hormonales defensivas

En el caso de las plantas, su sistema inmune funciona de forma muy diferente, porque no dispone de células de defensa que se muevan por todos sus órganos. Actúa mediante señales hormonales y respuestas defensivas. Cuando un patógeno ataca una planta –por ejemplo, una hoja–, el vegetal reconoce al patógeno mediante sus células y desarrolla dos tipos de respuesta.

Por un lado, una respuesta local, en la hoja atacada, donde se sintetizan compuestos antimicrobianos u otras moléculas que “maten” al invasor. Por otro lado, se activa una respuesta defensiva por toda la planta (o sistémica): envía hormonas (como el ácido salicílico y el ácido jasmónico) que activan respuestas de defensa en otros órganos vegetales, como otra hoja o las raíces.

Estas señales hormonales provocan la acumulación en estos otros órganos vegetales de las mismas moléculas defensivas que actuaron en la primera hoja infectada, preparando a toda la planta contra el posible futuro ataque del patógeno.

“Vacunas” vegetales

Sin embargo, no es siempre necesario el ataque de un patógeno para que la planta active sus defensas. Cuando microorganismos beneficiosos, como bacterias u hongos, entran en contacto con las raíces, el vegetal activa esas mismas respuestas defensivas en sus hojas. Por lo tanto, estos microorganismos actúan como “vacunas” que preparan a las plantas para defenderse mejor contra posibles patógenos que puedan infectarlas.

Uno de estos microorganismos beneficiosos es el hongo Trichoderma, ampliamente utilizado como biofungicida en agricultura para combatir a otros hongos patógenos que atacan a los cultivos.

Además de colonizar las raíces e inducir las defensas de las plantas, Trichoderma actúa mediante otras estrategias antifúngicas. Por ejemplo, produce compuestos químicos tóxicos para los hongos patógenos. Pero también es capaz de atacarlos directamente, atrapándolos y digiriéndolos internamente hasta matarlos.

Trichoderma hamatum.
Jorge Poveda.

Experimento con brócoli

Por otro lado, dentro del grupo de los hongos nocivos encontramos a una amplia diversidad de microorganismos muy diferentes, como Sclerotinia sclerotiorum. Este patógeno ataca a las raíces, tallo, hojas y frutos de diferentes cultivos, provocando lesiones negras que van creciendo hasta provocar la pudrición completa del vegetal, que queda cubierto de un moho blanco.

Uno de los grupos de cultivos que puede ser atacado por Sclerotinia sclerotiorum son las brásicas, que incluyen a verduras (brócoli, berza, repollo, coliflor, etc.), ampliamente consumidas por sus características nutraceúticas (antioxidantes, anticancerígenas, etc.).

Pudrición blanca por Sclerotinia sclerotiorum en fruto de tomate.
Wikimedia Commons., CC BY

Utilizando el brócoli como cultivo, a Sclerotinia sclerotiorum como patógeno y a Trichoderma hamatum como hongo beneficioso, investigadores de la Universidad de Valladolid y de la Misión Biológica de Galicia (CSIC) hemos descubierto un nuevo mecanismo de inmunidad en plantas muy similar al ya conocido en humanos.

Sistema inmune parecido al humano

Nuestra pregunta inicial fue ¿podría Trichoderma actuar como los macrófagos o las células dendríticas? La respuesta es sí. En el suelo cercano a las raíces, espacio denominado rizosfera, Trichoderma y los hongos patógenos entran en contacto. En nuestro estudio, este contacto hongo-hongo lo llevamos a cabo con Trichoderma hamatum y Sclerotinia sclerotiorum.

Brócoli.
Wikimedia Commons, CC BY

Al detectar al hongo patógeno, Trichoderma produce unas enzimas digestivas denominadas quitinasas y glucanasas. Éstas rompen la pared celular del patógeno y liberan unas moléculas denominadas oligómeros, de quitina y glucanos. Cuando las raíces reconocen estos oligómeros, activan sus defensas por toda la planta. Como consecuencia, cuando el patógeno ataca las hojas no es capaz de infectarlas.

Por lo tanto, Trichoderma actuaría como un macrófago o una célula dendrítica humana, pero para las plantas. Liberaría antígenos (en forma de oligómeros) de la pared celular del patógeno (Sclerotinia), poniéndolos a disposición de las raíces del vegetal, para que ésta pueda activar sus defensas y defenderse del patógeno cuando ataque.

Este estudio nos enseña que las plantas pueden desarrollar mecanismos de inmunidad sorprendentemente similares a los de los animales, gracias a la interacción con microorganismos beneficiosos del suelo. Hemos aprendido que hongos como Trichoderma no solo actúan como agentes de control biológico directo, sino que también desempeñan un papel clave como “mediadores inmunes”, al ayudar a la planta a reconocer anticipadamente a sus patógenos y a activar defensas sistémicas eficaces.

Esta novedad amplía nuestro conocimiento sobre la complejidad del sistema inmune vegetal y abre interesantes aplicaciones en agricultura sostenible, como el diseño de estrategias de protección de cultivos basadas en microorganismos beneficiosos que funcionen de forma similar a una vacunación. Ello reduciría el uso de productos químicos y mejoraría la salud y productividad de las plantas.

The Conversation

Jorge Poveda Arias no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Un estudio halla un nuevo sistema inmune vegetal ‘parecido’ al humano – https://theconversation.com/un-estudio-halla-un-nuevo-sistema-inmune-vegetal-parecido-al-humano-273247

Negociar, forzar y resistir: así operan las élites políticas y digitales de EE.UU.

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José-Francisco Jiménez-Díaz, Profesor Titular de Ciencia Política y de la Administración, Universidad Pablo de Olavide

miss.cabul/Shutterstock

El poder político no se tiene, más bien se ejerce. Pero ejercerlo implica negociar y gestionar las resistencias que provoca. Desde este ángulo se entiende mejor cómo ejercen o han ejercido el poder los actuales líderes de Estados Unidos: Donald Trump, Elon Musk, James D. Vance y Marco Rubio. Todos ellos, por sus posiciones y relaciones, disponen de un potencial transformador inédito.

Foucault y las relaciones de dominación

Michel Foucault (1926-1984), el pensador político más citado de la historia según Google Académico, nació, vivió y murió en el siglo XX. Todavía, en muchos sentidos, las élites políticas y las ciudadanías nacionales no han superado el contexto del siglo pasado. Sin embargo, los dirigentes de los estados digitales (Bezos, Musk, Zuckerberg, etc.) alardean de su poder ubicuo.

Foucault nos legó un concepto innovador de poder político. Para él, el poder no se tiene, se ejerce. Tener un cargo de poder no es lo mismo que ejercerlo.

El poder no es tangible, sino que se desenvuelve por medio de un entramado relacional. Quienes luchan por el poder se implican en relaciones de dominación. Estas relaciones se presentan mediante tres elementos: negociación, fuerza y resistencia en cierto campo. Comprender cómo funcionan dichos elementos requiere concebir el poder como un dispositivo relacional y simbólico.

El poder en el pensamiento político

Uno de los objetivos principales de la historia de las ideas es definir y comprender el fenómeno del poder político. La tradición de pensamiento occidental debatió cuestiones centrales al respecto: ¿qué es? (Sócrates, Platón), ¿quién debe ser el titular? (Platón, Aristóteles y Cicerón), ¿con qué finalidad utilizarlo? (Agustín de Hipona, Tomás de Aquino), ¿cómo ejercerlo? (Maquiavelo), ¿con qué limitaciones practicarlo? (Locke, Montesquieu), ¿sobre qué bases se fundamenta su legitimidad? (Weber).

Foucault, lector de Max Weber, reveló que el ejercicio del poder moderno muda de formas visibles y discontinuas (castigo físico) hacia formas sutiles y continuas (vigilancia y vida modulada por las tecnologías del poder). Su obra Vigilar y castigar expone esta mudanza. En el presente, los algoritmos vigilan, normalizan y disciplinan a un ser humano superado por los avances informáticos. Simone Weil y Hannah Arendt anticiparon varias ideas foucaultianas.

Donald Trump y el ejercicio del poder

La perspectiva de Foucault es útil para comprender el despliegue del poder presidencial en Estados Unidos. Asombra cómo lo ejerce Donald Trump (nacido en 1946). El magnate inmobiliario fue frenado durante su primer mandato (2017-2021) por su equipo para tomar algunas decisiones. Ahora, Trump dispone de colaboradores más fieles al movimiento MAGA (Make America Great Again), controla instituciones centrales y gobierna concentrando mucho poder.

En su segundo mandato, Trump encarna el superpoder de la persona con más margen de negociación en el marco de la presidencia estadounidense. El desarrollo de las estrategias de presión arancelaria han puesto a prueba dicho margen negociador, desde una perspectiva personal.

Pero los equipos que lideran esas conversaciones revelan otras muchas de las pretensiones presidenciales. En este caso, se trata de personas que negocian los asuntos diarios, como el vicepresidente James D. Vance, que, con 41 años (comparados con los 79 del presidente), ocupa un papel más relevante del habitualmente ostentado por este cargo.

Por su parte, Marco Rubio, Secretario de Estado y encargado de representar a Estados Unidos en el extranjero, negocia asuntos cruciales de la política mundial.

Prueba de esta presencia negociadora es el papel que Vance y Rubio jugaron en la reunión con el presidente Zelenski, el 28 de febrero de 2025.

Musk, la tecnología y el biopoder

Por su parte, el hombre más rico del planeta, Elon Musk, fue nombrado Consejero Superior del presidente de los Estados Unidos y administrador del Departamento de Eficiencia Gubernamental. Pero presidente y consejero deshicieron su alianza a finales de mayo de 2025 por diferencias relacionadas con la Big Beautiful Bill, una ley fiscal federal promovida por Trump y criticada por Musk, y otras cuestiones.

No obstante, los líderes tecnológicos siguen influyendo sobre el presidente. Este sabe que los primeros ejercen poder continuado sobre las vidas de muchos sujetos (biopoder). El biopoder promueve una vida conforme al poder.

El liderazgo de Trump y su impacto en Europa

El liderazgo político requiere la habilidad negociadora de quienes lo ejercen. Para los presidentes de Estados Unidos del último siglo, liderar casi siempre consistió en negociar con los fuertes e imponerse por la fuerza a los débiles. Pero el poder es relacional y los débiles pueden fortalecerse.

La Administración Trump, según la Estrategia Nacional de Seguridad (NSS, por sus siglas en inglés) de 2025, sustituye el lenguaje liberal democrático por otro soberanista e identitario. Ello implica la “ruptura doctrinal con la tradición del orden liberal” y el regreso a la política del poder duro (fuerza). En la NSS se considera a la Unión Europea un actor débil, y se apoya a partidos nacionalistas conservadores que cuestionan la integración europea.

Negociar, forzar y resistir

Trump conoce la negociación y el manejo de la fuerza. Pero saber gobernar una gran empresa no capacita para gobernar un país tan complejo como Estados Unidos. Los agentes fuertes de las esferas económicas, políticas y tecnológicas estadounidenses están aliados, pero esto podría cambiar. Y desentenderse de los actores en declive tiene consecuencias inesperadas. El giro de la NSS sacude las debilitadas instituciones liberales democráticas de Estados Unidos.

La oligarquía tecnológica ostenta un poder efectivo para definir los marcos y relatos políticos. Y Trump sabe utilizarlos en su beneficio. Musk, quien dirige un estado digital (Tesla, Red social X, SpaceX, Neuralink, entre otras empresas), ejerció el poder político y se tornó en elemento clave del equipo trumpista. Se atribuyó el soporte tecnológico (TECH support) al gobierno estadounidense. Otros líderes tecnológicos han dicho lo mismo a su modo (Bezos, Gates, Pichai, Zuckerberg, etc.). Los avances chinos en Inteligencia Artificial (IA) justifican el valor de dicho soporte.

El equipo presidencial de Estados Unidos habrá advertido que todo poder genera resistencias, como destacó Foucault. El poder ejercido por los fuertes provoca la reacción de los débiles. Muestra de ello son las recientes protestas contra el Gobierno estadounidense, así como la elección del joven treintañero de origen inmigrante para la alcaldía de Nueva York, Zohran Mamdani.

Las escenas de poder que protagonizan Trump y su equipo crean variadas resistencias en el mundo (China, Unión Europea, Ucrania, etcétera). Muchas críticas al poder de Trump radican en Estados Unidos: la sociedad civil estadounidense opone resistencias al poder constituido del presidente. Un hecho que se constata también a través de la reacción política y ciudadana que han desatado las violentas intervenciones del ICE (Inmigration and Customs Enforcement) en Minneapolis.

En su segundo mandato Trump muestra el espectáculo diario de su poder. Pero la exhibición del poder trumpista revela también las debilidades de los fuertes.

The Conversation

José-Francisco Jiménez-Díaz es miembro de Asociación Española de Ciencia Política y de la Administración (AECPA). También ha recibido financiación para el proyecto titulado “Análisis generacional del liderazgo político presidencial en España: estudio del Gobierno central y del Gobierno andaluz”. Proyecto de investigación en el marco de Ayudas al Desarrollo de Líneas de Investigación Propias, VI Plan Propio de Investigación y Transferencia (2023-2026), Universidad Pablo de Olavide. Referencia: PPI2404.

ref. Negociar, forzar y resistir: así operan las élites políticas y digitales de EE.UU. – https://theconversation.com/negociar-forzar-y-resistir-asi-operan-las-elites-politicas-y-digitales-de-ee-uu-251334