Preuves illicites, déloyales, et témoignages anonymes en droit du travail

Source: The Conversation – France (in French) – By Stéphane Lamaire, Professeur associé au CNAM en droit du travail, Conservatoire national des arts et métiers (CNAM)

*Un tournant jurisprudentiel ? La Cour de cassation a récemment modifié les règles de recevabilité des preuves devant un tribunal. Si, désormais, même des preuves obtenues par des moyens illicites, déloyaux ou anonymes sont malgré tout acceptés par le juge, il convient toutefois de ne pas faire n’importe quoi. *


Enregistrements, photos, témoignages, comptes rendus d’entretiens, rapports, expertises, données comptables, courriers classiques ou électroniques, tous les moyens de preuve sont, en principe, recevables sauf ceux obtenus par des procédés illicites, déloyaux ou fondés sur des témoignages anonymes.

Toutefois, la Cour de cassation admet désormais ces derniers éléments s’ils sont indispensables à la découverte des faits, au respect de l’équité du procès et si l’atteinte aux droits est strictement proportionnée au but poursuivi.

Il s’avère que, en droit, la charge de la preuve est théoriquement répartie, car le juge apprécie le caractère réel et sérieux des motifs invoqués, en formant sa conviction au vu des « éléments fournis par les parties après avoir ordonné, au besoin, toutes les mesures d’instruction qu’il estime utiles ». Cela signifie que la partie qui forme des reproches doit s’appuyer sur des éléments objectifs, précis, vérifiables, ainsi qu’imputables à celui qui est mis en cause. Par la suite, ce dernier dispose de la possibilité de présenter en retour ses propres moyens de preuves. En pratique, la responsabilité principale en la matière revient généralement à l’employeur, notamment dans le cadre du contentieux du licenciement pour une cause inhérente à la personne du salarié. De surcroît, si un doute subsiste, il profite au salarié.




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Des dispositifs de surveillance très encadrés

Par ailleurs, l’employeur peut mettre en place des dispositifs de surveillance de l’activité des salariés sous réserve que ceux-ci soient légitimes, proportionnés et respectueux de leur vie privée. Ils doivent être déclarés, et portés à la connaissance des salariés ainsi que des représentants du personnel.

Dès lors, leurs mises en place, à l’insu des salariés et du comité social et économique, ou détournés de leur finalité, constituant des intrusions dans la vie privée, sont jugées illicites et, par voie de conséquence, irrecevables en justice. Il en ressort que les filatures ou les stratagèmes, constituant des pièges destinés à confondre un salarié que l’on suspecte de faute, sont considérés comme des moyens de preuves irrecevables. Toutefois, les fouilles, les perquisitions, les tests d’alcoolémie, les dépistages de drogues constituent des méthodes licites mais dont les modalités déterminées par le règlement intérieur, strictement encadrées par la Loi, doivent être proportionnées au but poursuivi.

De surcroît, propriétaire du matériel ou du réseau informatique, l’employeur a un libre accès aux informations qui s’y trouvent, sauf pour les documents que le salarié a clairement identifiés comme étant personnels. En outre, il ne peut pas en principe se prévaloir de propos tenus ou de photos publiées par le salarié sur des réseaux sociaux non accessibles au public. En effet, si le salarié en a limité l’accès, les informations diffusées sur son compte à des groupes publics relèvent de la sphère privée.

Le statut du témoignage anonyme

En matière prud’homale, la preuve étant libre, toute personne ayant été en rapport avec le salarié dans son activité professionnelle peut témoigner. De surcroît, tous ses collègues, sans exception, peuvent également apporter leurs attestations. Néanmoins, il existe quelques limites à la liberté de formation des témoignages. En effet, leur recueil ne doit pas avoir fait l’objet de pressions, car la subornation de témoins constitue un délit. Par conséquent, il est généralement nécessaire de recueillir des témoignages écrits et signés. Toutefois, il ressort de la jurisprudence que le témoignage « anonyme » peut être admis à la condition de ne pas constituer la seule et unique preuve à charge.

Par conséquent, pour la Cour de cassation, le témoignage « anonyme » n’est recevable que s’il consolide d’autres éléments allant dans le même sens.

Au cas par cas

Il s’avère que le juge civil a longtemps considéré que les moyens de preuve illicites, obtenus au mépris d’une disposition légale, ou constituant une atteinte à la vie privée, ainsi que déloyaux car procurés au moyen d’un stratagème, étaient irrecevables. Or, deux arrêts de la Cour de cassation en date du 22 décembre 2023, ont bouleversé les règles en la matière, en affirmant un droit à la preuve.

En effet, le juge détermine, désormais, les conditions de production des moyens de preuve illicites ou déloyaux à l’issue d’un examen de proportionnalité. À l’occasion de cet exercice, il doit apprécier si ceux-ci portent atteinte au caractère équitable de la procédure dans son ensemble. Par la suite, il met en balance le droit à la preuve et le droit ou la liberté auquel il porte atteinte. À ce titre, le droit à la preuve ne peut pas leur porter préjudice de manière disproportionnée, l’atteinte devant strictement être proportionnée au but poursuivi. Enfin, leur production doit s’avérer indispensable. En effet, il ne doit pas exister d’autres moyens de faire la démonstration de ce qui est reproché.

À titre d’illustration, une pharmacie avait installé dans ses locaux un système de vidéosurveillance afin de prévenir les vols et agressions de la clientèle. À l’occasion de deux inventaires, elle constate des écarts de stocks importants sur des produits de puériculture. Les enregistrements vidéo révèlent la culpabilité d’une des caissières. Toutefois, ni le comité social et économique ni le personnel n’ayant été informés que le dispositif de surveillance pouvait servir à contrôler ses employés, la caissière se prévaut du caractère illicite de l’enregistrement. Or, après contrôle de proportionnalité, le juge conclut que les conditions permettent la production de la preuve illicite.

En outre, la Cour de cassation tolère désormais les témoignages « anonymisés », dont l’identité est connue et pourra éventuellement être révélée au juge, correspondant à la situation selon laquelle le nom est retiré de l’attestation afin de protéger son auteur d’éventuelles représailles. Ainsi, le juge a franchi un cap, en admettant qu’un employeur puisse établir le comportement fautif d’un salarié en produisant exclusivement des témoignages anonymisés par un huissier, non étayés par d’autres éléments de preuve, dès lors que leur production était indispensable à l’exercice du droit à la preuve et que l’atteinte aux droits et libertés du salarié était strictement proportionnée au but poursuivi. Par conséquent, comme en matière de preuve illicite ou déloyale, le juge civil doit réaliser un contrôle de proportionnalité mettant en balance les intérêts en présence, et estimer le caractère indispensable de la présentation du témoignage « anonymisé ».

Des méthodes déloyales acceptées sous condition

Au bout du compte, les évolutions récentes du droit à la preuve ont donc conduit le juge à admettre comme recevables des preuves obtenues de manière déloyale ou illicite, ainsi que des témoignages « anonymisés », sous réserve d’un strict contrôle dit de « proportionnalité ». Pour autant, il ne faudrait pas tirer rapidement la conviction que l’employeur peut désormais faire ce qu’il souhaite des règles qui protègent les données personnelles du salarié, de son droit au respect de sa vie privée ou encore de la nécessité de l’informer des moyens mis en place pour surveiller son activité.

Les moyens de preuve illicites, déloyaux ou « anonymisés » restent prohibés, sauf s’ils représentent le seul moyen permettant de parvenir à la démonstration de ses reproches. Malgré tout, si ces évolutions permettent aux uns et aux autres de mieux se défendre, elles induisent de profonds bouleversements des comportements au sein de l’entreprise.

The Conversation

Stéphane Lamaire ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Preuves illicites, déloyales, et témoignages anonymes en droit du travail – https://theconversation.com/preuves-illicites-deloyales-et-temoignages-anonymes-en-droit-du-travail-279711

Au travail, la répétition nous tue-t-elle à petit feu ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Thomas Simon, Assistant Professor, Montpellier Business School

La répétition au travail use-t-elle seulement les corps ou ronge-t-elle aussi les esprits ? Des chaînes d’usine décrites par la philosophe Simone Weil aux open spaces contemporains, la routine professionnelle peut devenir une mécanique aliénante. Mais l’écriture et la littérature offrent peut-être une voie inattendue pour rompre avec cet enfermement quotidien.


« Un manœuvre spécialisé n’a en partage que la répétition automatique des mouvements, pendant que la machine qu’il sert enferme, imprimée et cristallisée dans le métal, toute la part de combinaison et d’intelligence que comporte la fabrication en cours. Un tel renversement est contre-nature ; c’est un crime. »

C’est par ces mots que la philosophe Simone Weil décrit le quotidien de travail d’un « manœuvre sur la machine » au début du XXᵉ siècle dans les usines françaises.

De 1934 à 1935, Weil est en immersion dans le monde ouvrier chez Alstom à Paris, aux forges de Basse-Indre puis chez Renault à Boulogne-Billancourt (dans les Hauts-de-Seine actuelles, ndlr). Ces journées passées sur les chaînes de production ont donné naissance à plusieurs écrits rassemblés en 1951 sous le titre la Condition ouvrière. Weil y dépeint avec une grande acuité les tâches répétitives, abrutissantes et l’enfermement toxique de ses journées de travail.

20 Minutes, 2024.

La tyrannie des horloges

C’est à cette même période que Charlie Chaplin dénonce la répétitivité du travail à la chaîne dans son film les Temps modernes. Il y fustige notamment la réduction de l’ouvrier à un geste mécanique, mais dénonce avant tout la tyrannie des horloges qui imposent une cadence et un rythme effrénés dans l’usine.

En somme, Chaplin fait de la répétition, de l’automatisme et de la déshumanisation du geste quotidien les signes d’un travail désormais réduit à une succession de mouvements machinaux, vidés de toute conscience.

BAFS – Old School, 2017.

On retrouve cette toute-puissance de la routine sous la plume d’Albert Camus dans son essai le Mythe de Sisyphe (1942). Il évoque spécifiquement la cyclicité des journées de travail :

« Lever, tramway, quatre heures de bureau ou d’usine, repas, tramway, quatre heures de travail, repas, sommeil et lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi sur le même rythme. »

Par cette accumulation d’actions quotidiennes et l’énumération des jours de la semaine, Camus met en scène la monotonie d’une vie répétitive et mortifère. Le rythme régulier souligne l’enfermement dans une routine qui finit par faire surgir le sentiment de l’absurde.

Avec Camus, la routine se mue en questionnement existentiel. On n’est plus seulement dans l’organisation d’un travail machinal, mais dans une répétition de l’existence elle-même. Cette répétitivité des tâches dénoncée par Weil ou par Chaplin a-t-elle pour autant disparu de nos emplois du XXIᵉ siècle ?




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Quand la répétitivité meurtrit les corps

Dans le secteur secondaire, où dominent les activités industrielles et manufacturières, la répétition incessante des gestes use le corps en profondeur. Visser, soulever, assembler ou porter des charges lourdes pendant des heures expose les travailleurs à une fatigue constante. À long terme, la répétitivité provoque des troubles musculo-squelettiques (TMS), comme les tendinites, les lombalgies ou le syndrome du canal carpien, transformant des douleurs passagères en souffrances chroniques.

Dans le secteur tertiaire, la pénibilité physique demeure souvent invisible, mais ses effets sont loin d’être négligeables. Derrière l’apparente sédentarité des emplois de bureau se cache une sollicitation continue du corps, soumise à la répétition incessante des mêmes gestes et au maintien prolongé de postures statiques. À terme, cette accumulation silencieuse de contraintes favorise l’apparition de TMS et installe une fatigue musculaire profonde et durable.

ASMT, 2022.

Standardisation relationnelle

Dans les centres d’appels, le professeur Laerte Idal Sznelwar et ses collègues établissent un lien évident entre empêchement au travail et apparition de TMS. Au-delà des gestes répétitifs, les TMS trouvent leur origine dans l’effort constant pour réprimer ses propres mouvements, pensées et émotions. L’organisation rigide du travail impose une immobilité physique et une standardisation relationnelle qui bloquent le développement du sujet.

Qu’il s’agisse de l’ouvrier à la chaîne ou de l’employé de bureau, la répétitivité des gestes révèle une même réalité : le travail imprime sa marque sur les corps. Pour le formateur Corentin Chasles, il est essentiel de prévenir les TMS en proposant des solutions concrètes applicables au quotidien. Tandis que l’ergonomie permet d’aménager le poste de travail, la formation aux bons gestes et aux postures adaptées aide à prévenir les douleurs musculaires.

L’impact psychique de la répétition

Dans le cadre de ma thèse en sciences de gestion consacrée aux situations absurdes en entreprise, certains jeunes diplômés interrogés ont insisté sur les conséquences psychiques de la répétition au travail. Jules* en a fait un obstacle au désir et à l’engagement :

« Ce qui est difficile, c’est de motiver les gens à faire un travail routinier. »

La répétition produit alors une forme d’usure intérieure. Julia* était, par exemple, épuisée par les petites situations absurdes au point qu’elle était devenue complètement désabusée :

« Le problème, c’est que moi, tous mes jobs, (…) je trouvais que c’était tellement absurde que, de toute façon au fond, je m’en foutais mais grave en fait. (…) C’était vraiment pourri ma vie. »

Et si on parlait du blasement

Ce qui conduit au blasement et au désengagement, c’est une forme d’usure par accumulation, une répétition du minuscule. Dès lors, la routine n’est pas seulement formelle, elle a un effet psychique éminemment corrosif.




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Les jeunes diplômés interrogés mettent finalement en évidence que la répétitivité au travail ne se limite pas à une cyclicité des tâches, mais se déploie comme une répétition du temps vécu, des trajets, des gestes et des interactions, produisant un sentiment d’enfermement, de fatigue et de perte de sens.

Sortir de la boucle par la littérature

À première vue, le développement des robots et de l’intelligence artificielle (IA) est une solution adéquate aux problématiques de répétitivité au travail. Les cobots et autres algorithmes assurent une automatisation des tâches physiques et répétitives tout en réduisant la fatigue et les erreurs, mais ce n’est pas la voie que nous retenons ici pour sortir de l’enfermement mécanique.

C’est plutôt l’écriture et la littérature qui apparaissent comme parmi les principaux moyens de rompre avec la répétitivité du travail, non en supprimant matériellement la routine, mais en la transformant en objet de pensée, de mise à distance et parfois de réinvention de soi.

Mettre en pause les automatismes

Le premier effet de l’écriture, c’est qu’elle brise l’automatisme du quotidien. La répétitivité au travail fonctionne comme une suite de gestes enchaînés : métro, bureau, tâches, retour, fatigue et recommencement. Cette cadence donne une impression d’engloutissement, comme nous le rappelle Guillaume* dans un de ses entretiens :

« Tu es noyé dedans. »

Écrire, au contraire, oblige à arrêter le flux. C’est ce que souligne à merveille Joseph Ponthus dans son roman autobiographique À la ligne (2019) qui est une véritable cantate en vers libres dans laquelle il inventorie avec précision les gestes du travail à la chaîne,

« la fatigue, les rêves confisqués [et] la souffrance [des] corps ».

Librairie Mollat, Bordeaux (Gironde), 2019.

Si Ponthus est convaincu que la littérature lui a sauvé la vie, c’est parce qu’il vit ses journées de travail à travers les textes de Dumas, les poèmes d’Apollinaire et les chansons de Trenet.

« C’est sa victoire provisoire contre tout ce qui fait mal, tout ce qui aliène. »

L’écriture de soi comme planche de salut

Mettre en mots les actions quotidiennes, c’est finalement suspendre le mouvement répétitif pour le regarder. Dès lors, le geste scriptural convertit le vécu subi en vécu observé puis en vécu interprété et donc réapproprié. C’est déjà une première sortie de la répétition, car ce qui revenait inlassablement et machinalement devient pensable.

Dans notre article récemment paru dans European Management Journal et co-écrit avec Ghislain Deslandes, nous invitons les jeunes diplômés à tenir un journal de bord pour jeter pêle-mêle leurs impressions, leurs observations et leurs déceptions sur leur quotidien en entreprise. Écrire, c’est ici reprendre possession de son expérience. Tandis que le quotidien répétitif impose un temps extérieur (horaires, réunions, deadlines, trajets…), le journal de bord crée au contraire un temps à soi, un temps pour soi. Le salarié n’est plus enfermé dans le train-train quotidien, il devient narrateur de la routine, et c’est à cette condition seulement que la catharsis peut exprimer toutes ses potentialités.

L’écriture permet finalement une évacuation symbolique de ce qui pèse. Si le quotidien routinier accumule (fatigue, frustration et absurdité), l’écriture assure une exhumation et offre une planche de salut pour le corps et pour l’esprit. En parvenant à nommer ce qui semblait informe, le geste de l’écrivain donne une forme au chaos du quotidien tout comme le geste du potier transforme la glaise en objet de fierté.


*Les prénoms ont été changés.

The Conversation

Thomas Simon ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Au travail, la répétition nous tue-t-elle à petit feu ? – https://theconversation.com/au-travail-la-repetition-nous-tue-t-elle-a-petit-feu-280322

La selección: contaminantes invisibles en el agua del grifo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lucía Caballero, Coordinadora internacional / Editora de Medio Ambiente y Energía, The Conversation

chaogeng/Shutterstock

Si existiesen unas gafas especiales que nos permitiesen ver los contaminantes que alberga el agua que sale por nuestros grifos, nos sorprenderíamos. Aunque, en general, se considera potable en los países desarrollados, cada vez es más frecuente que contenga pequeñas cantidades de compuestos químicos y microorganismos difíciles de eliminar totalmente en las depuradoras. La presencia de estos agentes indeseados, de hecho, está relacionada con la actividad humana.

El cambio climático, por ejemplo, proporciona las condiciones ideales para que proliferen bacterias (como Escherichia coli y Legionella), virus y protozoos causantes de enfermedades, así como cianobacterias productoras de toxinas. Por un lado las altas temperaturas facilitan el crecimiento, la dispersión y la resistencia de estos microorganismos y reducen la eficacia de los desinfectantes. Por otro, las inundaciones y las sequías pueden generar un empeoramiento de la calidad del agua e incluso epidemias de estos patógenos.

Así, tras la dana que afectó al levante español a finales de 2024, se detectaron microorganismos infecciosos en el agua de consumo de la Comunidad Valenciana.

También terminan en el agua productos químicos utilizados en la industria, la agricultura o nuestra vida diaria. Es el caso de los microplásticos que, aunque en bajas concentraciones, se han detectado en el agua del grifo de ciudades como Barcelona. Si bien es cierto que el líquido elemento que llega a nuestras casas ha pasado primero por las depuradoras, la capacidad de estas para eliminar microplásticos depende de la tecnología que empleen.

Aun así, la cantidad de estas pequeñas partículas que podemos ingerir a través del agua del grifo es menor que la presente en el agua embotellada.

Otro tipo de contaminante que las depuradoras no pueden eliminar por completo son los fármacos o los metabolitos de estos que excretamos a través de la orina o las heces. Si bien la presencia de los residuos de medicamentos en los recursos hídricos todavía no está regulada, la Unión Europea ha publicado “listas de observación” en las que figuran nombres como el antibiótico sulfametoxazol, el antidepresivo venlafaxina y el antidiabético oral metformina.

Un riesgo añadido de los restos de antibióticos, que llegan también a las aguas subterráneas, es que contribuyen a la diseminación de resistencias antimicrobianas, consideradas por la Organización Mundial de la Salud como una de las mayores amenazas para la salud global.

Afortunadamente, investigadores y empresas están desarrollando nuevas soluciones para mejorar la vigilancia y la eliminación de estos contaminantes, considerados “de preocupación emergente”. Por ejemplo, pueden utilizarse biofiltros formados por bacterias que consumen fármacos.

Muchos países, sin embargo, están lejos de garantizar siquiera una calidad del agua adecuada para consumo humano. Si bien la Organización de las Naciones Unidas reconoce el derecho humano al abastecimiento y saneamiento del agua, cada año mueren cinco millones de personas en el mundo por beberla contaminada.

The Conversation

– ref. La selección: contaminantes invisibles en el agua del grifo – https://theconversation.com/la-seleccion-contaminantes-invisibles-en-el-agua-del-grifo-281819

¿Tecnologías médicas para quién? Cuando la innovación amplía las desigualdades

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Antonio López-Rodríguez, Profesor de Medicina Familiar y Comunitaria, Universidad Rey Juan Carlos

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Mi madre tardó años en empezar a usar WhatsApp. No por falta de interés ni de inteligencia, sino porque no era nativa en la escritura digital ni en los códigos de comunicación de los chats. La inmediatez, la asincronía o los mensajes fragmentados no eran intuitivos para ella. Solo cuando la aplicación integró el audio –una forma de comunicación más cercana a su experiencia previa– incorporó la herramienta con naturalidad.

En el extremo opuesto, mi sobrino de cuatro años, que aún está aprendiendo a leer y escribir, es capaz de enviar correos electrónicos desde una tablet. Como cualquier otro niño, no redacta textos, envía imágenes. Para él, la interfaz es suficientemente intuitiva como para permitirle comunicarse antes incluso de dominar el lenguaje escrito.

Los anteriores ejemplos, aparentemente cotidianos, ilustran una cuestión clave: la adopción de la tecnología no depende solo del acceso, sino de cómo está diseñada y de si se adapta a las capacidades reales de las personas. En sanidad, sin embargo, este principio se olvida con frecuencia.




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Barreras a la innovación digital

La narrativa dominante presenta la digitalización como una solución casi universal. Las aplicaciones de salud prometen empoderar al paciente, la telemedicina mejorar el acceso y la inteligencia artificial optimizar la toma de decisiones clínicas. Y, en muchos casos, estos beneficios son reales. Pero también lo es que estas herramientas exigen unas competencias –digitales, sanitarias y comunicativas– que no están igualmente distribuidas en la población.

Cuando un paciente no comprende cómo funciona una app, no sabe interpretar sus resultados o no se siente cómodo en una videoconsulta, la tecnología deja de ser una herramienta de acceso y se convierte en una barrera. Lo mismo ocurre cuando el lenguaje utilizado –técnico, fragmentado o descontextualizado– dificulta la comprensión. En estos casos, la innovación no reduce desigualdades: las amplifica.

Este fenómeno no afecta solo a los pacientes. Los profesionales sanitarios, a menudo percibidos como usuarios “avanzados”, también enfrentan dificultades similares. La incorporación constante de nuevas herramientas digitales, muchas veces sin una integración adecuada en los flujos de trabajo ni formación suficiente, genera sobrecarga, fatiga y, en ocasiones, rechazo. La tecnología, diseñada para ayudar, puede acabar añadiendo complejidad a entornos ya de por sí exigentes.

Desde la perspectiva del factor humano, esto no supone un detalle menor. Las herramientas que no se adaptan a las capacidades cognitivas, al contexto de uso o a las limitaciones reales de quienes las utilizan tienden a fallar. No porque sean técnicamente deficientes, sino porque no están diseñadas para el mundo real.




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Comprender para poder ser útil

En un estudio reciente que realizamos sobre una herramienta tecnológica orientada al autocuidado en pacientes con una media de edad de 75 años y con multimorbilidad, observamos precisamente lo anterior: la utilidad de la tecnología no depende únicamente de su funcionalidad, sino de su usabilidad, su comprensión y su integración en la vida cotidiana de pacientes y profesionales. Cuando estos elementos no se tienen en cuenta, incluso las soluciones mejor intencionadas pueden quedar infrautilizadas o generar nuevas formas de exclusión.

De hecho, aunque la herramienta mostraba una alta efectividad técnica –el 89,3 % de las tareas se completaron–, solo el 40 % de los pacientes fue capaz de realizarlas de forma completamente autónoma, y más de la mitad (56,7 %) necesitó ayuda en algún momento. Es decir, completar una tarea no implicaba necesariamente comprenderla ni poder repetirla sin apoyo.

Incluso en un entorno controlado, prácticamente todos los pacientes cometieron errores durante el uso, lo que pone de manifiesto la existencia de fricciones relevantes en la interacción con la herramienta. Estas dificultades se hacían más evidentes en tareas de mayor complejidad: por ejemplo, añadir un recordatorio solo se completó en el 73,3 % de los casos, y hasta un tercio de los pacientes necesitó ayuda en funciones básicas como consultar recordatorios.

A ello se suma un nivel de satisfacción limitado, con una puntuación media de 55 sobre 100, apenas en el umbral de aceptabilidad. Esto sugiere que los pacientes pueden ser capaces de usar una tecnología sin que esta les resulte realmente útil o comprensible en su vida cotidiana

Por eso, la pregunta clave no es si una tecnología funciona, sino para quién funciona y en qué condiciones. Si queremos que la digitalización contribuya a mejorar la salud y no a fragmentarla, es necesario cambiar el enfoque. No basta con desarrollar herramientas innovadoras: hay que diseñarlas desde la diversidad real de usuarios, evaluar su impacto en términos de equidad y acompañar su implementación con formación y adaptación de los sistemas.

La tecnología sanitaria no debería empezar por lo que es posible hacer, sino por lo que las personas –pacientes y profesionales– pueden y necesitan realmente utilizar. Porque, si no se entiende, no se usa. Y si no se usa, no mejora nada.

The Conversation

Juan Antonio López-Rodríguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Tecnologías médicas para quién? Cuando la innovación amplía las desigualdades – https://theconversation.com/tecnologias-medicas-para-quien-cuando-la-innovacion-amplia-las-desigualdades-261919

Cuando el odio se disfraza de broma: así se normaliza entre adolescentes en las redes sociales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alicia Presencio Herrero, Doctora en Comunicación Audiovisual, Publicidad y RRPP. Profesora en la Facultad de Ciencias Sociales de la UEMC, Universidad Europea Miguel de Cervantes

Rawpixel.com/Shutterstock

Un meme, una frase irónica, un vídeo que “solo busca hacer gracia”: muchas veces, el discurso de odio no entra en la vida de los adolescentes con la forma de un insulto evidente o de una amenaza directa. Circula envuelto en humor, en provocación y en contenidos virales que parecen inofensivos. Cuando un mensaje discriminatorio se presenta como una broma, cuesta más reconocerlo, resulta más fácil compartirlo y termina encontrando menos resistencia.

En un estudio reciente con adolescentes hemos analizado cómo perciben, interpretan y responden a estos mensajes en su vida digital cotidiana.

Gráfico basado en nuestra investigación.
Elaboración propia.

En redes sociales, buena parte de la comunicación juvenil se mueve con rapidez y utiliza códigos compartidos que mezclan exageración e ironía. Dentro de ese marco, ciertos mensajes pueden pasar desapercibidos o parecer menos graves. Un contenido que ridiculiza a mujeres, personas migrantes, personas LGTBIQ+ o minorías religiosas puede difundirse como un simple chiste. Sin embargo, el formato no borra el efecto: el mensaje sigue transmitiendo desprecio, refuerza prejuicios y ayuda a que ciertas formas de exclusión parezcan normales.

¿Cómo se normaliza un insulto?

Nuestra investigación muestra que esa normalización rara vez se produce de golpe. Suele avanzar a través de formas cotidianas y repetidas de exposición: el meme, la broma, la ironía o el comentario viral. Son formatos fáciles de compartir, rápidos de consumir y menos cuestionados socialmente que una agresión abierta. Precisamente por eso pueden resultar eficaces para banalizar el daño y reducir la percepción de gravedad. Esa fue una de las ideas que más se repitió en los grupos de discusión: el odio no siempre se reconoce cuando adopta una forma ligera o humorística.

Para entender cómo se produce esa normalización, conviene fijarse en tres elementos que se refuerzan entre sí: los algoritmos, la presión del grupo y la repetición. Cada uno cumple una función distinta, pero juntos crean un entorno en el que el discurso de odio puede circular con más facilidad y asentarse en la vida cotidiana de los adolescentes.

Gráfico realizado con los resultados de nuestro estudio.
Elaboración propia.

Algoritmos: árbitros de la visibilidad

Los algoritmos son una parte central del problema porque organizan lo que vemos y determinan qué contenidos ganan visibilidad. Las plataformas suelen mostrar aquello que genera reacción, y los mensajes provocadores funcionan bien en esa lógica. No hace falta que una plataforma promueva un contenido de odio para que este se difunda. Basta con que premie la interacción.

Si un vídeo ofensivo provoca comentarios, risas, enfado o reenvíos, tendrá más posibilidades de seguir apareciendo. Según la UNESCO, en la actual economía de la atención, los discursos de odio encuentran un terreno favorable porque generan respuestas rápidas y ofrecen una sensación de pertenencia.




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Adolescentes y búsqueda de pertenencia

Ese mecanismo pesa especialmente en la adolescencia, una etapa en la que las redes forman parte de la construcción de la identidad y del reconocimiento entre iguales. Lo que aparece en el feed deja de percibirse como algo excepcional y empieza a integrarse en el paisaje cotidiano. Por eso, cuando mensajes discriminatorios se mezclan con memes y bromas compartidas, su presencia constante puede hacer que dejen de parecer problemáticos y empiecen a asumirse como una forma habitual de hablar y relacionarse en internet.

A esa dinámica se suma la presión del grupo, que en esta etapa tiene un peso enorme. Compartir lo que todos comparten, reír lo que todos ríen o repetir una frase que circula en el grupo puede ser una manera de encajar. En nuestros grupos, esa lógica apareció con claridad: muchas veces no había una adhesión abierta al contenido, pero sí una aceptación práctica que facilitaba su circulación. El problema es que ese gesto contribuye a dar visibilidad y legitimidad al mensaje, aunque la presión del grupo no siempre se manifieste de forma abierta.




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Repetición y desgaste de la sensibilidad

La repetición completa ese proceso. Lo que se repite mucho acaba perdiendo capacidad de sorprender, y aquello que ya no sorprende se percibe como menos grave. Un mensaje aislado puede generar rechazo, pero un mensaje que aparece una y otra vez termina desgastando la sensibilidad. Y una mayor exposición a contenidos online de riesgo se relaciona con una mayor aceptación de la ciberagresión.

Gráfico realizado con los datos del estudio.
Elaboración propia.

Avance del discurso de odio

Viendo cómo muchas formas de violencia en línea se trivializan entre adolescentes cuando aparecen envueltas en humor o en códigos compartidos en redes, podemos entender por qué el discurso de odio avanza sin presentarse de manera abierta. A veces no llega con amenazas, sino con memes, ironías y bromas que parecen ligeras, pero que repiten una misma idea: hay grupos que merecen ser ridiculizados o colocados en una posición inferior.

Pero las consecuencias de esta normalización son reales. UNICEF España recuerda que las formas de violencia en línea, como el ciberacoso, pueden tener efectos psicológicos profundos y duraderos y generar ansiedad y depresión. En la misma línea, el Ministerio de Igualdad ha advertido de que la violencia digital afecta especialmente a mujeres y menores y exige una respuesta integral, educativa y tecnológica.




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Educación mediática y digital

La respuesta no puede limitarse a prohibir o castigar. Hace falta educación mediática y digital para que los adolescentes entiendan por qué les aparece un contenido, qué emociones intenta activar y qué visión del mundo transmite.

Si los algoritmos amplifican, el grupo valida y la repetición normaliza, la mejor defensa pasa por aprender a mirar con sentido crítico y a poner nombre a lo que ocurre.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Cuando el odio se disfraza de broma: así se normaliza entre adolescentes en las redes sociales – https://theconversation.com/cuando-el-odio-se-disfraza-de-broma-asi-se-normaliza-entre-adolescentes-en-las-redes-sociales-279285

¿Por qué son importantes los ríos secos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Luisa Suárez Alonso, Catedrática de Ecología, Universidad de Murcia

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Eso de “ríos secos” igual parece un contrasentido (siempre nos han enseñado que son corrientes continuas de agua), pero lo cierto es que hay ríos que nunca –o casi nunca– transportan agua. En la región del levante español, los conocemos bien: los llamamos “ramblas”.

En el mundo de la limnología –rama de la ecología que estudia los ecosistemas acuáticos continentales–, lo que existe es un gradiente que va desde los cauces que llevan agua durante todo el año (ríos permanentes), pasando por aquellos que se secan en verano (ríos temporales), hasta los más extremos, que no llevan agua casi nunca (ríos secos). En una definición más formal, podemos describirlos como aquellos que solo transportan agua durante poco tiempo tras las fuertes lluvias y no están conectados con las aguas subterráneas, por lo que, en ellos, no pueden vivir organismos acuáticos.

Rambla Chirivel (Vélez Rubio).
M.L. Suárez

No solo se encuentran en nuestra región. Aparecen en todo el mundo y reciben distintos nombres: wadis o oueds en el norte de África, creeks, en la región mediterránea de Australia, o ramblas, en el levante español, donde su presencia marca el paisaje.

En realidad, los ríos secos son sistemas híbridos cuya dinámica se parece más a la de los ecosistemas terrestres que a la de los ríos permanentes. Sin embargo, su morfología y procesos ecológicos están fuertemente condicionados por las lluvias torrenciales episódicas que remueven y transportan los sedimentos y la materia orgánica de la cubeta y que, de alguna manera, los conecta con toda la red de ríos de su cuenca.

Rambla de La Azohía (Murcia. España).
Rambla de La Azohía (Murcia. España).
M.R. Vidal-Abarca

¿Cómo son estos ríos?

Los ríos secos incluyen muchos tipos de cauces: desde aquellos estrechos, con una pendiente elevada y un sustrato compuesto por grandes bloques y rocas, hasta los más anchos, con pendientes suaves, cuyo sustrato es de sedimentos finos tipo arenas o limos. En general, todos presentan una elevada capacidad para acumular sedimentos procedentes de la erosión de las laderas, que suelen tener una vegetación muy limitada.

Las lluvias torrenciales actúan removiendo los sedimentos y recolocándolos en la cubeta. Por eso, en muchos de ellos, aparecen islas o barras de arena que constituyen nuevos ambientes para muchos organismos vegetales y animales.

Los ríos secos son los grandes olvidados dentro de los ecosistemas mediterráneos. En la imagen, rambla de Zarzadilla (Totana).
M.L. Suárez.

La acumulación de materia orgánica, que proviene del medio terrestre, arrastrada por las lluvias, es una característica interesante de estos ríos. Son materiales que pueden permanecer durante mucho tiempo en los cauces y actúan como un reservorio de carbono y nutrientes.

¿Quién vive en ellos?

A pesar de la ausencia de agua durante la mayor parte del año, los habitan comunidades biológicas diversas, compuestas principalmente por organismos terrestres. Las condiciones microclimáticas del lecho, caracterizadas por una mayor humedad respecto a las zonas circundantes, favorecen el establecimiento de ecosistemas vegetales formados por helófitos (plantas que, a pesar de estar enraizadas en el suelo, viven principalmente con raíces y brotes cubiertos por agua), arbustos y especies arbóreas.

Debido a que las condiciones de humedad en los ríos secos pueden ser mayores que en los alrededores, es posible encontrar una abundante y rica comunidad vegetal de helófitos, arbustos e, incluso, árboles. Rambla Los Valientes (Murcia. España).
R. Gómez.

Estas formaciones vegetales desempeñan un papel clave en la retención de sedimentos, la estabilización del sustrato y la generación de microhábitats que facilitan el asentamiento de otras especies. Además, contribuyen a la acumulación de materia orgánica, que constituye el principal recurso para los organismos descomponedores, como hongos y bacterias.

Los invertebrados terrestres son muy abundantes en estos cauces secos. En la foto, escarabajo longicornio (familia Cerambycidae).
M.R. Vidal-Abarca.

En los ríos secos también se encuentra una fauna diversa con una amplia variedad de invertebrados –hormigas, arañas, escarabajos, etc.–, que utilizan estos hábitats para su alimentación, como refugio y para su reproducción. Asimismo, diversos vertebrados terrestres –reptiles, aves y mamíferos– emplean estos cauces como corredores ecológicos (para moverse de un lugar a otro), como áreas de descanso o para hacer allí sus nidos, y desempeñan funciones ecológicas relevantes, como la dispersión de semillas o el reciclado de nutrientes.

La tortuga mora del Mediterráneo (Testudo graeca) selecciona lechos arenosos en los ríos secos como lugares de anidación en el sureste de España.
M.R. Vidal-Abarca.

Cuna de procesos biogeoquímicos

En los ríos secos también se producen procesos más complejos, como la descomposición de la materia orgánica acumulada en los cauces. Esta se desarrolla, sobre todo, en condiciones aeróbicas (con oxígeno) debido a la exposición directa de los sedimentos a la atmósfera. Las comunidades microbianas, especialmente hongos, se ocupan de degradar los compuestos complejos presentes en los tejidos vegetales.

Por otra parte, en regiones caracterizadas por elevados niveles de radiación solar, como es la nuestra, la fotodegradación (mecanismo por el cual se descomponen distintos materiales por la radiación ultravioleta de la luz) transforma compuestos difíciles de degradar, lo que facilita su total descomposición por los hongos y las bacterias. Asimismo, la oxidación del nitrógeno favorece la acumulación de nitratos en el sedimento, que pueden ser utilizados posteriormente por la vegetación terrestre y contribuir al reciclaje de nutrientes dentro del sistema.

¿Qué aportan al bienestar humano?

Los ríos secos proporcionan múltiples servicios ecosistémicos: mejoran la calidad del aire mediante la absorción de dióxido de carbono, disminuyen la erosión, contribuyen a la formación y fertilización del suelo y regulan el microclima local.

Además, la vegetación presente en sus cauces puede ralentizar el flujo de agua durante episodios de avenidas (crecidas del ríos o riadas), al favorecer la infiltración y contribuir a la recarga de acuíferos. Pero, sobre todo, son las vías de evacuación del agua en grandes crecidas y disminuyen, así, el peligro de desbordamiento y los daños a las personas.

También constituyen hábitats para numerosas especies que participan en procesos ecológicos esenciales, como la polinización o la dispersión de semillas.

A esto se suma que los ríos secos pueden proporcionar plantas y animales que sirven de alimento o poseen propiedades medicinales –lavanda, caracoles terrestres, espárragos trigueros…– o materiales utilizados en la construcción (por ejemplo, gravas y arenas). Por último, también ofrecen oportunidades para el desarrollo de actividades recreativas y educativas por su facilidad de acceso, contribuyendo al bienestar físico y psicológico de las poblaciones locales.

Impactos antrópicos y retos de gestión

Poco apreciados por la población humana, estos ecosistemas se encuentran entre los más maltratados del mundo; entre otras razones, porque las personas los consideran sistemas improductivos y sin vida, al no transportar agua de forma permanente.

Esta consideración ha favorecido su ocupación por infraestructuras como las canalizaciones, explotaciones agrícolas intensivas o actividades extractivas, que alteran su morfología natural y reducen su capacidad para infiltrar agua durante las avenidas.

Las rodaduras de los vehículos como motos o quads alteran profundamente la morfología del cauce y muchas funciones ecológicas.
M.R. Vidal-Abarca.

Así, el desarrollo urbanístico en los lechos de estos cauces ha aumentado su vulnerabilidad frente a los episodios de lluvias torrenciales, con importantes riesgos para las poblaciones humanas. Por otro lado, la modificación de sus condiciones ambientales facilita la colonización por especies invasoras, muy difíciles de eliminar.

El desarrollo urbanístico, ocupando total o parcialmente el lecho de estos cauces, provoca pérdidas materiales e incluso de vidas humanas durante las fuertes avenidas de agua.
M.L. Suárez.

Ante este panorama, la conservación y gestión de los ríos secos no es fácil. Choca con el desconocimiento por parte de la población humana y de los tomadores de decisiones. Conocer y divulgar sus valores naturales es un primer paso para abordar una mejor convivencia con ellos, porque pueden desempeñar un papel clave para reducir los impactos asociados al cambio climático global. Ojalá seamos capaces de hacerlo para no perder estos valiosos ecosistemas.

The Conversation

María Luisa Suárez Alonso recibe fondos de: Ministerios de Economía, Industria y Competitividad (Ref:
CGL2017-84625-C2-2-R), y de Ciencia, Innovación y Universidades (Ref: RTI2018-097950-B-C22).

María Rosario Vidal-Abarca Gutiérrez recibe fondos de los Ministerios de Economía, Industria y Competitividad (Ref: CGL2017-84625-C2-2-R), y de Ciencia, Innovación y Universidades (Ref: RTI2018-097950-B-C22).

– ref. ¿Por qué son importantes los ríos secos? – https://theconversation.com/por-que-son-importantes-los-rios-secos-277282

Veinte años de control del tabaco en España: qué hemos logrado y qué queda por hacer

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Julia Rey Brandariz, Profesora ayudante doctora, Universidade de Santiago de Compostela

Studio.image/Shutterstock

En 2005, España ratificó el Convenio Marco de la Organización Mundial de la Salud (OMS) para el Control del Tabaco, dando inicio a una etapa de desarrollo normativo orientada a reducir el consumo y a proteger a la población frente al humo ambiental de tabaco (HAT). Desde entonces, se han implementado medidas clave, como la regulación de espacios sin humo o las restricciones a la publicidad, que han tenido un impacto claro en la salud pública.

Con motivo de los 20 años de su aplicación, el grupo de trabajo de tabaco de la Sociedad Española de Epidemiología ha analizado cómo han cambiado los indicadores y el ecosistema de control del tabaquismo en España, lo que permite hacer balance de los avances y de los retos pendientes.

Un avance incompleto

Tras la aprobación de las leyes de 2005 y 2010, uno de los cambios más evidentes ha sido la reducción de la exposición al HAT, especialmente en espacios públicos cerrados. Estas leyes han contribuido a modificar normas sociales en torno al consumo de tabaco y a disminuir la exposición involuntaria de la población, con un impacto directo en la reducción de la carga de patologías asociadas. Así, estudios realizados en España observaron un descenso en la tasa de ingresos hospitalarios por dolencias cardiovasculares y enfermedad pulmonar obstructiva crónica tras la implementación de las citadas leyes.

Sin embargo, este avance no ha sido completo: en los últimos años se observa cierta estabilización y persisten niveles elevados de exposición al HAT en espacios abiertos como las terrazas de hostelería, donde se han detectado concentraciones de nicotina ambiental comparables a las de viviendas de personas fumadoras.

En paralelo, el descenso de la prevalencia de consumo de tabaco ha sido más lento de lo esperado. Aunque ha disminuido respecto a décadas anteriores, continúa siendo elevada. En 2020, el 22,1 % de la población adulta en España fumaba y en 2023, el porcentaje se situaba en el 19,3 %. Además, tampoco se ha producido una aceleración clara en el abandono del consumo tras la implementación de las principales medidas regulatorias.

Desigualdades persistentes y nuevos retos

El impacto del tabaco en la salud sigue siendo muy elevado. En España, se estiman entre 50 000 y 60 000 muertes anuales atribuibles a su consumo, lo que lo sitúa como una de las principales causas evitables de mortalidad. Asimismo, esta carga presenta diferencias importantes por sexo: mientras que en hombres la mortalidad atribuida está disminuyendo, en mujeres continúa en ascenso, reflejando la evolución más tardía de la epidemia de tabaquismo en ellas.

Al mismo tiempo, se continúan observando desigualdades en el consumo de tabaco, ya que sigue siendo más frecuente en personas con menor nivel educativo, especialmente en hombres. Además, el abandono del hábito es menos probable en ese grupo, sin distinción de sexos. Esto contribuye a consolidar un patrón de inequidad en salud que plantea importantes desafíos para las políticas de prevención.

Adicionalmente, el contexto actual es más complejo que hace dos décadas. La aparición de nuevos productos, como los cigarrillos electrónicos, el tabaco calentado o las bolsas de nicotina, ha modificado los patrones de consumo, sobre todo entre población joven. Esto plantea nuevos retos regulatorios.

A ello se suma que algunas medidas recomendadas a nivel internacional, como el empaquetado neutro o una mayor fiscalidad, no se han implantado plenamente en España. También persisten formas de promoción indirecta de los productos del tabaco, especialmente en entornos digitales como las redes sociales, que siguen siendo difíciles de controlar.

Del control al “endgame”: el reto de las próximas décadas

A pesar de las limitaciones, los avances logrados en estas dos décadas han sido posibles gracias a la acción coordinada de instituciones públicas, sociedades científicas, organizaciones sociales y una ciudadanía cada vez más implicada. Este esfuerzo conjunto ha permitido generar evidencia, impulsar medidas regulatorias y consolidar el control del tabaquismo como una prioridad en salud pública.

En la actualidad, el enfoque está evolucionando hacia estrategias más ambiciosas, conocidas como endgame, que plantean reducir la prevalencia de fumadores por debajo del 5 %. Algunos países europeos ya han incorporado estos objetivos en sus políticas públicas y España ha iniciado el camino con el Plan Integral de Prevención y Control del Tabaquismo 2024-2027, que plantea avanzar hacia una generación libre de tabaco para 2040.

Sin embargo, la situación actual muestra que el objetivo está aún lejos de alcanzarse. Avanzar en esa dirección requerirá reforzar las medidas existentes, poner en marcha nuevas medidas de control del tabaquismo, abordar de forma específica las desigualdades sociales, mejorar la regulación de nuevos productos y reforzar el apoyo social y político.

Veinte años después de la ratificación del Convenio Marco, la evidencia es clara: las políticas de control del tabaquismo funcionan. El reto ahora es aplicarlas con mayor intensidad y adaptarlas a un contexto cambiante para seguir reduciendo el impacto del tabaco en la salud de la población.


Artículo escrito con el asesoramiento de la Sociedad Española de Epidemiología.


The Conversation

Miembro del grupo de trabajo de tabaco de la Sociedad Española de Epidemiología

Miembro del grupo de trabajo de tabaco de la Sociedad Española de Epidemiología.

Mónica Pérez Ríos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Veinte años de control del tabaco en España: qué hemos logrado y qué queda por hacer – https://theconversation.com/veinte-anos-de-control-del-tabaco-en-espana-que-hemos-logrado-y-que-queda-por-hacer-281907

La paz empieza por comunicarla

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Tamer Al Najjar Trujillo, Investigador postdoctoral en comunicación. Universitat Jaume I – London School of Economics, Universitat Jaume I

Los medios y las redes sociales centran la atención en la violencia, el odio y los sucesos, en parte por su valor noticioso, pero también para rentabilizar el sensacionalismo. La consecuencia es contribuir al aumento de la crispación y la hostilidad, instaurando el mito de la inevitabilidad de la violencia en el ser humano.

La comunidad científica internacional, ya en 1986, destacó en el Manifesto de Sevilla que la violencia no es una fatalidad biológica, sino que se construye en la mente del ser humano, donde también se puede construir la paz.

En lenguaje contemporáneo de redes sociales: quienes enfrentan y crispan hacen más ruido, pero no son más. Por tanto, es necesario equilibrar las representaciones y visibilizar también todo lo que se hace para convivir en paz.

Más allá de la ausencia de guerra

El punto de partida es entender qué es la paz, que va más allá que la ausencia de guerra. Desde la investigación para la paz, con Johan Galtung, se entendió que es una realidad amplia y profunda que se despliega en tres dimensiones (el triángulo de la paz). La “negativa” se refiere a la ausencia de violencia directa, la “positiva” alude a las condiciones estructurales de desarrollo y justicia, y la “cultura de paz” hace referencia a todo el entramado cultural y simbólico que sustenta a las demás.

La paz se construye por medios pacíficos y requiere estructuras socioeconómicas, educativas y culturales que garanticen los derechos humanos y nos preparen para afrontar las diversas crisis ecosociales. También se necesita una cultura cívica global de la paz, como señalaba la socióloga Elise Boulding, así como herramientas de diálogo y colaboración. Es aquí donde la comunicación tiene mucho que aportar.

Comunicar para transformar

Los procesos comunicativos son parte inherente de las relaciones humanas, desde la comunicación interpersonal hasta las redes sociales, sin olvidar el consumo mediático-digital. Las culturas se asientan en las ideas que aprendemos, ya sea en la familia, en la escuela o en los espacios de información y entretenimiento.

Las palabras y las imágenes tienen implicaciones en la forma en que se entienden las cosas. No es lo mismo hablar del hambre desde la pena que explicar sus causas para buscar soluciones. El modo de enfocar los temas se denomina “marco”. Esta cuestión implica una gran responsabilidad, porque la manera de enmarcar influye en cómo entendemos la realidad, en la opinión pública y en los imaginarios colectivos que se construyen.

Urgen narrativas basadas en marcos que visibilicen la posibilidad de superar la polarización y el pesimismo. Esta mirada requiere una visión transversal para afrontar muchos desafíos contemporáneos como la crisis ambiental, la vivienda, la equidad y la movilidad humana. Para contribuir a sociedades pacíficas, es necesario promover “menos controversia y más cultura de la diversidad”.

Herramientas para darle voz

Más allá de la teoría, también existen proyectos comunicativos que asumen la responsabilidad de transformar injusticias. La comunicación para la paz fomenta y visibiliza espacios, acciones y propuestas de convivencia y participación ciudadana.

Un ejemplo es el proyecto transmedia de la organización sin ánimo de lucro Hope!, centrado en iniciativas sobre la crisis climática que regeneran el planeta desde la acción local. También destaca BlablaLab, un laboratorio de datos y narrativas que potencia una comunicación climática transversal para dialogar con personas de diferentes ideologías.

Asimismo, existen herramientas formativas y pedagógicas. Algunos ejemplos son el grupo LaIntersección, que trabaja estrategias y campañas colectivas sobre distintas urgencias sociales. O proyectos como HateBlockers o Nolesdescasito, que presentan estrategias comunicativas para frenar la desinformación y los discursos de odio. También Broders, que habilita espacios seguros de debate para hombres jóvenes que se sienten vulnerables o perdidos, con el fin de evitar su deriva hacia masculinidades tóxicas.

En el ámbito periodístico, el portal Comunicar con enfoque de derechos humanos es una herramienta de formación y reflexión. Medios independientes como Revista 5W, La Marea o El Salto han cambiado la mirada en temas como la crisis climática, las migraciones o el racismo. Especialmente mediante la incorporación de testimonios, que evitan la estigmatización y la lástima, favoreciendo la recuperación de la dignidad y la capacidad de acción humana.

Comuniquémonos, que no es poco

Comunicar no es someter con mensajes unilaterales que limiten la reflexión y la relación ética con lo que plantean. La etimología de comunicar es “poner en común” y conectar posibilidades compartidas por encima de intereses individualistas. La comunicación es la vitamina de la democracia, la forma esencial de hacer política con la responsabilidad de pensar y actuar de manera conjunta, tal como lo entendía la filósofa Hannah Arendt.

En tiempos de incertidumbre, son las redes sociales originales –las de las personas (y no las de las plataformas)–, los saberes y las iniciativas las que nos sostienen. Por eso, imaginar y hacer visibles las soluciones y salidas desde la creatividad colectiva es responsabilidad de toda forma de comunicación.

Vivimos en una sociedad segmentada con identidades complejas, pero atravesadas por emociones transversales. El gran reto es cómo gestionamos cada una de nuestras decisiones comunicativas: en lugar del miedo, el odio y la frustración, la investigación muestra que funciona mejor hacerlo desde la empatía, la valentía, el sentido del humor y la creatividad.

The Conversation

Tamer Al Najjar Trujillo recibe fondos de la Generalitat Valenciana a través de la Ayuda para la contratación de personal investigador en fase postdoctoral (CIAPOS/2023/360).

Alessandra Farné y Eloísa Nos Aldás no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

– ref. La paz empieza por comunicarla – https://theconversation.com/la-paz-empieza-por-comunicarla-281180

Cadaqués antes del turismo y de Salvador Dalí

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maria Garganté Llanes, Profesora titular de Historia del arte, Universitat Autònoma de Barcelona

El 25 de septiembre de 1668, de madrugada, Cosme III de Médici y su séquito alcanzaron la costa catalana. Su llegada se produjo tras haberse hecho a la mar en la ciudad italiana de Livorno, recorrer la costa tirrena, el mar de Liguria y el golfo de León. El príncipe heredero de Toscana emprendía de este modo un viaje –como parte de un periplo europeo más amplio– por la península ibérica. Su intención era visitar las principales ciudades españolas y portuguesas y, sobre todo, la tumba del apóstol Santiago en Compostela.

Hoy podemos recorrer el itinerario del príncipe toscano gracias, principalmente, a la crónica oficial del viaje que escribió el conde Lorenzo Magalotti y a los 86 dibujos que realizó el arquitecto florentino Pier Maria Baldi sobre las poblaciones visitadas. Texto y vistas conforman el volumen titulado Relazione ufficiale del viaggio di Cosimo III dei Medici, custodiado en la Biblioteca Medicea Laurenziana de Florencia.

Recorrido de Cosme III de Médici desde Livorno hasta Cadaqués.
Recorrido de Cosme III de Médici desde Livorno hasta Cadaqués.
Google Maps

Una costa militarizada

Cadaqués, en el extremo oriental del cabo de Creus, constituyó la primera parada peninsular de las dos galeras del cortejo toscano. A ella le siguieron los puertos de Roses y Palamós antes de desembarcar definitivamente en Barcelona para continuar el viaje por tierra. De la crónica de Magalotti se deduce que la decisión de fondear en la bahía de Cadaqués vino dada por la falta de viento, que aconsejaba hacer parada en este enclave, ubicado a los pies del monte Pení y a resguardo de las corrientes del norte.

Su geografía abrupta y el difícil acceso terrestre habían condicionado tanto su desarrollo económico como su exposición constante a los ataques piratas, en particular por parte de corsarios berberiscos. Estos seguían representando una amenaza significativa para las poblaciones costeras catalanas a lo largo del siglo XVII.

Tras la guerra franco-española llamada “de los Segadores”, un tratado de paz obligó a ambas naciones a ceder territorios, lo que convirtió a Cadaqués en una población casi fronteriza y con una guarnición militar permanente. Según Magalotti, esto consistía en un batallón “de cien hombres que dependen del rey”.

La llegada a puerto de Cosme de Médici fue saludada con cuatro disparos y contestada con tres. En la visita al castillo, el príncipe reparó en que los soldados iban “medio desnudos” y muchos de ellos no tenían ni la vaina de su espada, en “una clara señal de su extrema mendicidad”. Por ello, Cosme acabó regalándoles doce piezas de paño.

El dibujo de Baldi

La vista de Cadaqués realizada por Pier Maria Baldi está tomada desde el mar, aunque adopta un punto de vista más elevado. Al tratarse de la primera población en la que se detienen en terreno hispánico, el dibujo presenta la singularidad de contener dos emblemas heráldicos. Así se pueden ver el de la monarquía de los Habsburgo en la parte superior izquierda, y el del Principado de Cataluña en la parte superior derecha.

El dibujo sitúa en primer término a una de las galeras con los remos desplegados y el islote denominado “Es Cucurucut”. En los extremos aparecen, de modo fragmentario, la proa de otro barco y otro islote correspondiente al de S’Arenella. La población resulta fácilmente reconocible, especialmente por el sector denominado “Es baluart” (el baluarte). Su perfil ligeramente saliente lo distingue y también los edificios que se levantan directamente sobre la muralla, aún perfectamente reconocible y donde se observan algunas de sus torres en pie.

Por su parte, la iglesia parroquial, aunque identificable, aparece algo desdibujada debido a la ausencia del campanario, que aún no se había construido y que hoy constituye uno de los elementos más característicos del perfil de la población. Asimismo, todavía faltaban cerca de cuarenta años para la ejecución de su retablo mayor, considerado actualmente uno de los ejemplos más notables del barroco catalán conservado in situ.

Ante el mencionado contexto de inseguridad por los ataques corsarios, Cadaqués desarrolló un sistema defensivo acorde con sus recursos. Aunque en el dibujo se distinga la torre del castillo (hoy desaparecido) en lo alto del núcleo urbano, carecía de una fortaleza monumental. Sin embargo, contaba con varias torres de vigilancia costera, alguna de las cuales se distinguen en distintos puntos del horizonte.

A ambos lados del conjunto amurallado y más compacto, se extienden sendos arrabales. Las pocas casas a mano izquierda se corresponderían hoy con las de Port Doguer, mientras que las situadas a mano derecha, donde se distinguen incluso algunas empalizadas en la playa, hoy serían las del paseo marítimo que conduce a las playas de Es Poal y Es Pianc.

De un lugar ‘miserable’ a icono de la Costa Brava

En su libro sobre Cadaqués, el gran prosista Josep Pla señala de modo elegíaco que los pescadores solían pintar sus embarcaciones de negro, en consonancia con la pobreza del lugar.

Esta peculiar situación de aislamiento no fue incompatible con el comercio marítimo con ciudades como Génova, Nápoles o La Habana, o incluso con el origen griego de algunos pescadores y coraleros locales. La salida por mar era más fácil y natural que por tierra, por lo que antes del siglo XIX, Cadaqués llegó a ser el segundo puerto de la provincia de Girona en volumen de mercancías, solo por detrás de Sant Feliu de Guíxols y por delante de Roses y Palamós.

Pintura de un pueblo pesquero de noche.
Cadaqués de noche, por Eliseu Meifrèn, en 1911.
Museu Nacional d’Art de Catalunya

A finales del siglo XIX, la llegada de familias acomodadas y cultas, como los Pitxot, favoreció la creación de un ambiente intelectual al que también contribuyeron notables locales como los Rahola. Este contexto actuó como un poderoso foco de atracción para artistas. Uno de los primeros en llegar fue Eliseu Meifrén, cuya pintura captó numerosos rincones de la entonces solitaria belleza de esta villa marinera.

Con el paso del tiempo, la población dejó de ser aquel lugar “miserable” descrito por Magalotti para convertirse, durante la primera mitad del siglo XX, en una imagen icónica del paisaje catalán y en un núcleo destacado de la vanguardia artística. Sucedió especialmente en torno a la figura de Salvador Dalí quien, aunque no nació en Cadaqués, pasó allí los veranos de su infancia y la huella del paisaje definió su imaginario pictórico. Más adelante, el artista adquirió y transformó varias barracas de pescadores en la bahía cercana de Portlligat en su célebre casa-taller, hoy convertida en museo y visitada anualmente por miles de personas.

Fotografía en blanco y negro de una bahía con un pueblo costero al fondo.
Panorámica de la bahía de Cadaqués, de Antoni Bartumeus i Casanovas (hecha entre 1906 y 1924).
Memòria Digital de Catalunya, CC BY-NC-ND

La presencia de Dalí actuó como un auténtico imán para otros artistas, intelectuales y creadores internacionales. A lo largo del siglo XX, figuras como Pablo Picasso, Richard Hamilton, Marcel Duchamp, Federico García Lorca y Man Ray, entre otros, pasaron temporadas en Cadaqués o encontraron allí inspiración, consolidando su reputación como enclave artístico.

En definitiva, aunque esta villa marinera es de las más representadas en todo el paisajismo catalán, fue un arquitecto florentino del siglo XVII el primero en plasmar la belleza y singularidad de su paisaje.


El proyecto cuenta con el apoyo del The Medici Archive Project de Florencia, dirigido por Alessio Assonitis, experto internacional en los Medici, y del Centro Interdipartimentale di Ricerca sull’Iconografia della Città Europea, dirigido por Alfredo Buccaro, experto internacional en coreografías urbanas. Además, colaboran la Biblioteca Medicea Laurenziana y el Kunsthistorisches Institut de Florencia.

The Conversation

Maria Garganté Llanes no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Cadaqués antes del turismo y de Salvador Dalí – https://theconversation.com/cadaques-antes-del-turismo-y-de-salvador-dali-278752

Cómo evitar que los artículos científicos parezcan hechos por una máquina

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Moisés Díaz Cabrera, Profesor Titular de Física Aplicada, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

PeopleImages.com/Shutterstock

Quien ha escrito un artículo científico sabe bien lo complejo que es. La ardua (y en ocasiones tediosa) revisión de la literatura va acompañada de una investigación propia, y no vale con decir cualquier cosa, sino que se deben aportar resultados novedosos. A esto se suma una cuidadosa gestión de las citas y referencias, y todo ello debe expresarse con orden y precisión.

La guinda del pastel es que nos toque escribir en inglés, el idioma dominante de la ciencia; quienes no somos hablantes nativos estamos en clara desventaja.

Hasta hace poco, las herramientas disponibles se limitaban a corregir la gramática y el estilo. Hoy, la inteligencia artificial generativa (abreviada como GenAI en inglés) puede reescribir párrafos completos, sintetizar resultados e interpretarlos, o sugerir párrafos que aumenten el contenido de alguna de las secciones de un manuscrito, todo en un inglés correcto y adecuado al registro académico.

Pero no es oro todo lo que reluce. Varios estudios recientes muestran que, cuando las personas saben que un texto se ha producido con ayuda de IA, tienden a confiar menos en su autor. Podría parecer que la solución es ocultar su uso, pero esto tampoco resuelve el problema: si el lector sospecha que los autores han usado IA sin declararlo abiertamente, la desconfianza puede ser igual o, incluso, mayor.

Así surge un auténtico dilema ético: ¿declarar o no declarar su uso?

Por qué importa que tu texto no parezca de IA

Saber si un texto ha sido generado por inteligencia artificial no es tan fácil como parece. Y es que, según muestran investigaciones publicadas en Proceedings of the National Academy of Sciences, las personas nos equivocamos cuando nos guiamos por la intuición para averiguar si un texto es artificial.

Es algo que relacionamos con el lenguaje demasiado formal o complejo o con los textos impersonales o de tonos fríos. Al contrario, asumimos que los textos que incluyen experiencias personales provienen de autores humanos.

El problema radica en que muchas de estas señales son engañosas. De hecho, los grandes modelos de lenguaje (LLM por sus siglas en inglés) son perfectamente capaces de adaptar la formalidad del lenguaje que usan, imitar un tono cercano o incluir ejemplos y anécdotas en primera persona.

El resultado es sorprendente: si nos guiamos únicamente por nuestra intuición, los textos generados por IA nos pueden parecer más propios de autores humanos que aquellos realmente redactados por una persona. Peor aún: nuestra capacidad de detección está disminuyendo a medida que los modelos mejoran.

La intuición engaña

Un estudio publicado en Teaching English With Technology lo confirma: la tasa de detección de acierto cayó del 57,7 % con versiones anteriores de ChatGPT a prácticamente el 50 % con versiones más recientes. Eso equivale a lanzar una moneda al aire.

Representación gráfica del aprendizaje de un gran modelo de lenguaje.
Representación esquemática de una red neuronal profunda: desde un único punto de entrada (izquierda), la información se procesa a través de capas sucesivas de nodos hasta producir una salida compleja (derecha). Es la arquitectura que subyace a modelos como ChatGPT o Gemini, diseñados para predecir, en cada paso, el fragmento de texto estadísticamente más probable.
Google DeepMind/Pexels

Rastros que indican el uso de GenAI

Aunque la detección perfecta no es posible, existe un conjunto de patrones lingüísticos que pueden delatar su uso:

  • El exceso de construcciones antitéticas en el uso repetitivo de frases como “No solo X, sino también Y” o “X en lugar de Y” para enfatizar un argumento sin aportar información nueva.

  • La reformulación sucesiva de una misma idea con pequeñas variaciones. Este tinte de aparente profundidad se limita a alargar el texto sin añadir contenido sustancial. En los textos científicos, esta redundancia puede resultar contraproducente.

  • Las listas de tres elementos, como “La técnica mejora la precisión, reduce el error y optimiza el rendimiento”. La estructura tripartita es un recurso clásico de la retórica que sirve para reforzar ciertas ideas, pero su uso reiterado genera un ritmo uniforme, casi mecánico.

  • Expresiones innecesarias como “A continuación se resume…” o “La cuestión es…” son una especie de tic habitual de los sistemas de IA, que hablan sobre el texto en lugar de ir al grano.

  • Los textos generados por IA suelen contener más sustantivos abstractos y menos pronombres, resultando en una prosa innecesariamente densa. Por ejemplo, en lugar de escribir: “El modelo analiza los datos y luego los compara”, la GenAI podría decir: “El modelo realiza el análisis de los datos y la comparación de los resultados”.

  • Mientras los humanos solemos alternar frases cortas y largas de forma natural, la GenAI tiende a producir oraciones de longitud similar, generando un ritmo monótono.

  • La mezcla de fragmentos generados por IA con otros escritos por humanos tiende a producir incoherencias en el uso de mayúsculas, negritas o listas que revelan la autoría mixta y proyectan una imagen de descuido.

Recomendaciones prácticas

¿Qué podemos hacer para que nuestros textos no parezcan escritos por una máquina? Algunos consejos son:

  • Limitar o eliminar las construcciones antitéticas innecesarias.

  • Reducir las repeticiones que no aporten información nueva.

  • Variar la longitud de frases y párrafos.

  • Sustituir los sustantivos repetidos por pronombres cuando no haya ambigüedad.

  • Eliminar el metalenguaje superfluo y evitar las listas con títulos en negrita.

  • Unificar el formato y revisar cuidadosamente la coherencia final, evitando que el texto sea un puzle de estilos por la mezcla de fragmentos generados por GenAI y otros por humanos.

La inteligencia artificial puede ahorrar tiempo en tareas de inteligencia mecánica y facilitar la escritura en una lengua extranjera, ayudar a estructurar ideas o mejorar la claridad gramatical. Pero no podemos usarla como sustituta de la experiencia humana para eximir la responsabilidad del investigador firmante. En la ciencia, la confianza es tan importante como la precisión.

Y esa confianza no la podemos delegar en un algoritmo, cuyo output consiste en generar el texto más probable posible. La IA no puede sustituir a los investigadores, pero sí puede servirles de apoyo valioso. Nuestro reto, pues, es aprender a aprovechar ese apoyo de una manera ética y profesional.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Cómo evitar que los artículos científicos parezcan hechos por una máquina – https://theconversation.com/como-evitar-que-los-articulos-cientificos-parezcan-hechos-por-una-maquina-278681