En France, presque tout le monde est fonctionnaire sans le savoir

Source: The Conversation – in French – By Jérôme Baray, Professeur des universités en sciences de gestion, Le Mans Université

Les professionnels de santé, y compris les professions libérales, sont prestataires d’un service public puisqu’ils fournissent une mission reconnue comme d’intérêt général, financée et régulée par l’État. DBrownPhotos/Shutterstock

Une grande partie des activités économiques dépendent de financements publics en France. La frontière entre public et privé s’efface. 25 et 30 millions de personnes ont un revenu qui dépend directement de l’État. Alors, les Français et Françaises seraient-ils tous fonctionnaires ?


On continue volontiers d’opposer les fonctionnaires, censés vivre de l’impôt, et les salariés du privé, qui relèveraient de l’économie réelle.

Pourtant, si l’on parle non plus des statuts, mais des flux d’argent public, le paysage change nettement. Une proportion importante des revenus considérés comme privés dépend en réalité de décisions publiques : remboursements d’assurance maladie, aides agricoles, marchés publics, subventions culturelles, crédits d’impôt, garanties accordées au secteur financier, contrats financés par l’État ou par les collectivités.

Selon définition classique retenue par les administrations, 30,9 millions d’actifs travaillent pour le privé.

La fonction publique, au sens strict, rassemble environ 5,8 millions d’agents en 2023, soit près d’un emploi sur cinq. Si l’on ajoute les salariés du monde associatif, les professions libérales de santé, certains salariés du bâtiment et des travaux publics (BTP), les agriculteurs financés par la Politique agricole commune (PAC), les secteurs régulés comme l’énergie ou encore les services financiers adossés à la dette publique, on arrive rapidement à plusieurs dizaines de millions de personnes dont les revenus dépendent, directement ou plus indirectement, de financements publics.

L’objectif ici n’est pas d’être exhaustif. Presque tous les secteurs, à des degrés divers, s’appuient sur des mécanismes publics. Mais certains offrent des exemples particulièrement documentés. Cet article se concentre sur quelques cas emblématiques.

Secteurs dépendants de l’État

Il est utile de visualiser l’ensemble du paysage économique français à travers un tableau synthétique. Celui-ci montre comment se répartissent, secteur par secteur, les personnes vivant (directement ou indirectement) de fonds publics – et celles dont l’activité relève réellement d’un marché privé pur.

Nous avons utilisé les données de l’Insee – Fonction publique et emploi, l’Insee – Population active, l’INJEP – Emploi associatif, du ministère de la Culture – Chiffres clés culture, de la direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (DARES) – Chômage indemnisé, de France Travail, du ministère de l’Économie – Commande publique, MSA, du ministère de l’Agriculture et de la PAC, de la Fédération bancaire française, de France Assureurs, de l’UNÉDIC – Assurance chômage, de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) – Retraites et France Digitale.

Le tableau ci-dessus n’inclut pas les 6 à 7 millions d’adultes inactifs non répertoriés dans ces catégories (personnes vivant du revenu du ménage, du patrimoine, ou en inactivité hors dispositifs sociaux). Cela explique l’écart avec la population adulte totale.

L’État structure le marché privé

L’idée d’un secteur autonome, évoluant hors de l’État, ne résiste pas longtemps à l’analyse. Dans de nombreux métiers, les revenus dépendent de tarifs publics, de mécanismes de remboursement, de subventions, de régulations ou encore de commandes publiques.

Plusieurs travaux d’économie publique de Mariana Mazzucato, de Michel Aglietta ou encore de Pierre-Noël Giraud ont montré combien les États structurent les marchés, souvent davantage qu’on ne le reconnaît dans le débat public.

Cette question de l’imbrication entre décisions publiques et activités privées traverse également mes propres travaux sur la figure de l’entrepreneur, qu’il s’agisse d’analyser comment les politiques publiques structurent les comportements de marché ou d’examiner l’effet des cadres réglementaires sur l’allocation des ressources.

L’État, premier client du pays

Une façon d’être dépendant de l’État, c’est tout simplement la commande publique. Autrement dit, tous les contrats payés par l’État, les mairies, les départements, les hôpitaux, les boîtes publiques comme la SNCF ou la RATP, et même par l’Union européenne.

Selon les données officielles du ministère de l’Économie, ces marchés pèsent presque 8 % du PIB. Ce poids est significatif à l’échelle de l’économie nationale. Concrètement, les marchés publics pèsent 80 milliards d’euros par an, les concessions, comme celle des autoroutes, représentent 120 milliards d’euros par an.

Historiquement, cette dépendance s’explique par le rôle central de l’État, depuis les années 1960, dans le financement et la planification des grands équipements collectifs comme les autoroutes, les chemins de fer, les hôpitaux ou les infrastructures énergétiques.

Ces projets nécessitent des investissements lourds et peu compatibles avec un financement purement privé. Dans les travaux publics, la dépendance à la commande publique est bien documentée. Selon la Fédération nationale des Travaux publics, les maîtres d’ouvrage privés ne représentent qu’un peu plus de 14 milliards d’euros, soit environ un tiers du chiffre d’affaires du secteur. Le reste provenant principalement de clients publics.

Les professionnels de santé, prestataires de service public

Plusieurs professions libérales exercent dans des cadres où l’État intervient fortement : tarifs, remboursements, implantation… Le cœur de leur activité est façonné par des décisions publiques. Ces professionnels sont prestataires d’un service public puisqu’ils fournissent une mission reconnue comme d’intérêt général, financée et régulée par l’État.

C’est particulièrement visible dans le domaine de la santé. Les médecins, infirmiers, masseurs-kinésithérapeutes ou pharmaciens, tirent l’essentiel de leurs revenus de l’assurance maladie obligatoire. Les tarifs sont fixés ou négociés au niveau national et les revalorisations dépendent de décisions gouvernementales.

Certaines rémunérations supplémentaires sont liées à des objectifs de santé publique. Par exemple, le dispositif Rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) valorise la prévention, le suivi des pathologies chroniques ou la vaccination.

La justice, une mission de service public

Les acteurs de justice, comme les notaires, les huissiers, les avocats ou les greffiers, travaillent eux aussi dans un cadre largement défini par la puissance publique.

Les tarifs qu’ils appliquent sont fixés par arrêté ministériel. Par exemple, l’acte authentique des notaires leur donne un monopole prévu par la loi. L’installation n’est pas totalement libre non plus. L’État encadre l’ouverture des offices, après l’avis de l’Autorité de la concurrence, ce qui crée une forme de numerus clausus sans le nommer.




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Ces professions libérales exercent une mission de service public régulé, plutôt qu’un métier purement concurrentiel.

La start-up nation n’existe pas sans l’État

Même les start-up, qu’on présente souvent comme très indépendantes, bénéficient de nombreux dispositifs publics. Le crédit d’impôt recherche (CIR) réduit le coût des dépenses de recherche et développement (R&D). Il constitue l’un des leviers fiscaux les plus utilisés par les jeunes entreprises technologiques.

De son côté, Bpifrance intervient sous plusieurs formes, comme les garanties de prêts, les co-financements ou les avances remboursables. Elles permettent aux entreprises de lever des fonds ou d’amorcer leur activité dans des conditions qu’elles n’auraient pas obtenues seules.

Les programmes comme France 2030 ou les appels à projets sectoriels complètent cet ensemble, en orientant des financements vers des secteurs jugés stratégiques : petits réacteurs modulaires (SMR), hydrogène vert, véhicules électriques, etc.

Ces soutiens jouent un rôle stabilisateur évident.

Les exploitations agricoles subventionnées

Dans beaucoup d’exploitations agricoles, les aides publiques, qu’elles viennent de la politique agricole commune (PAC) ou de dispositifs nationaux, pèsent lourd dans l’équilibre économique. Les chiffres de l’Insee l’attestent : en 2021, les subventions d’exploitation représentaient en moyenne 38 % de l’excédent brut d’exploitation des fermes qui en bénéficient.

De 2010 à 2022, les aides directes ont couvert jusqu’à 74 % du revenu moyen des exploitations, toutes spécialités confondues.

Certaines filières, comme les grandes cultures ou l’élevage bovin, sont encore plus sensibles à ces soutiens. Sans cet argent, elles seraient dans une situation économique très fragile, comme le confirment plusieurs analyses de l’Insee. L’agriculture française avance donc, selon les années et les filières, quelque part entre marché et subvention, avec des équilibres qui ne reposent jamais entièrement sur les prix de vente.

La culture cofinancée par la puissance publique

D’après le ministère de la Culture, on parle d’environ 739 800 emplois dans le secteur. Une bonne partie de ces emplois existe grâce aux financements publics : théâtres, opéras, musées, festivals, institutions patrimoniales, écoles d’art, associations subventionnées, etc.

Par exemple, le cinéma français fonctionne en grande partie dans un cadre financé ou cofinancé par la puissance publique. Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) publie chaque année le montant des aides versées. En 2023, elles atteindraient 715 millions d’euros pour l’ensemble du secteur – production, distribution, exploitation. À cela s’ajoutent les crédits d’impôt cinéma, les financements des régions, et les obligations imposées aux diffuseurs (chaînes, plates-formes), devant consacrer une part de leur chiffre d’affaires à la création.

Dans les métiers du spectacle – un ensemble qui inclut le spectacle vivant mais aussi le cinéma et l’audiovisuel –, le mécanisme central est celui de l’intermittence. Il s’agit d’un régime d’assurance-chômage adapté aux artistes et techniciens qui alternent périodes d’emploi et de non-emploi. Ce système permet de lisser les revenus et, en pratique, mutualise le risque financier lié à l’irrégularité des projets artistiques – ce que rappelle régulièrement l’Unédic dans ses rapports.

La presse aidée

La presse écrite bénéficie elle aussi d’un ensemble d’aides publiques : subventions directes, TVA réduite à 2,1 %, et dispositifs spécifiques pour soutenir la diffusion. Depuis la loi Bichet de 1947, l’État veille à ce que la diffusion de la presse reste pluraliste et accessible sur tout le territoire. L’objectif est simple : éviter qu’un marché trop étroit ou trop concentré ne fragilise l’indépendance des titres. Les rapports publics consacrés aux aides à la presse rappellent régulièrement ce rôle structurant.

Selon le ministère de la Culture, ces aides à la presse représentent 21,4 % du chiffre d’affaires du secteur en 2021. Les rapports publics sur ces aides soulignent que, sans ce soutien, la situation financière de ces journaux serait encore plus dégradée, avec un risque accru de disparition de certains titres.

25 millions de Français et Françaises ont un revenu dépendant de l’État

Si on regarde uniquement les actifs et qu’on additionne tous les métiers qui dépendent peu ou beaucoup de décisions publiques – fonctionnaires, professions conventionnées, agriculture aidée, secteurs régulés, marchés publics, culture subventionnée, associations, start-up soutenues –, 25 et 30 millions de personnes ont un revenu qui dépend directement de l’État, d’une façon ou d’une autre.

The Conversation

Jérôme Baray ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Que reste-t-il de nos argots ?

Source: The Conversation – in French – By Anne Gensane, Enseignante chercheuse en sciences du langage, Université d’Artois

Lorsque l’on parle d’argot français, on imagine souvent un langage secret. Mais qu’entend-on réellement par ce mot aujourd’hui ? Entre héritage historique et usages modernes, l’argot demeure un phénomène complexe, tant pour les linguistes que pour les locuteurs du français.


Pour désigner l’argot, on parle parfois de « langue verte », expression liée au tapis vert du jeu ou de l’adverbe « vertement »… Curieusement, cette couleur rappelle la comparaison de l’argot à la végétation produite par « une greffe malsaine » que décrit Victor Hugo, et qui trouve ses racines « dans le vieux tronc gaulois ». Bien que cette image puisse refléter une forme d’« argotophobie », l’argot suscite aussi fascination et nostalgie : certains parlent même d’« un blues » de l’âge d’or argotique. Alors, que nous en reste-t-il ?

Une histoire ancienne

Dans l’imaginaire collectif, l’argot est en partie associé à la littérature du XIXe siècle et au cinéma du XXe. Cependant, il est évident que l’argot ne se limite pas à ces périodes. Au XIIe siècle, chez Jehan Bodel, on trouve la première trace écrite d’un dialogue produit entre deux brigands dans une taverne. Cet acte montre déjà une volonté de permettre l’identification d’un groupe social (les voyous) par un usage non standard. L’argot a toujours véhiculé une dimension identitaire souvent associée aux malfaiteurs, bien avant l’urbanisation qui a façonné son évolution moderne (on pense aussi au fameux Vidocq – arrageois tout comme Jehan Bodel). Mais l’argot est surtout connu pour sa fonction cryptique : il permet de reconnaître l’appartenance d’un locuteur, tout en cachant des informations aux non-initiés.

C’est là qu’il diffère du jargon dans son sens moderne, davantage lié à un usage professionnel sans volonté de dissimulation. Le mot « argot » lui-même ne prend son sens actuel qu’à partir du XVIIe siècle. Il désignait d’abord un « royaume », celui des marginaux de la célèbre Cour des Miracles, avant de renvoyer à leur façon de parler qu’on appelait alors à ce moment-ci… « jargon du Royaume d’Argot » !

Un outil pour dire le réel ?

Bref, depuis longtemps, l’argot est lié à l’idée de marginalité. François Villon, poète du XVe siècle, est un des anciens auteurs les plus connus à utiliser l’argot de manière littéraire pour signaler son appartenance sociale (cela démontre qu’il fréquentait la bande des « Coquillards »).

Au tournant des XIXe et XXe siècles, l’argot est aussi un outil littéraire critique : le poète Jehan-Rictus, dans Les Soliloques du Pauvre (1896), s’en sert pour dénoncer la misère et moquer les auteurs bourgeois qui prétendent la raconter en empruntant leurs mots, tel, selon lui, Aristide Bruant.

Aujourd’hui, des pratiques argotiques contemporaines artistiques existent toujours : avec de la littérature que certains appelleront « de banlieue » ou « urbaine », et, surtout, avec un rap français très présent dans la culture populaire. Celui-ci entretient en effet un rapport étroit avec ce qui peut parfois être appelé un parler « des cités » ou encore un « argot des jeunes ». Il ne s’agit pas d’un système homogène mais d’un ensemble de pratiques langagières mouvantes (on peut déjà le constater de par les appellations qu’on tente de lui donner… quelles cités ? quels jeunes ?).

Des néologismes argotiques contemporains

La pratique argotique contemporaine repose largement sur le français populaire. L’argot ne crée pas une langue à part entière : il fait naître des actualisations linguistiques diverses et trahit souvent l’habitus du locuteur.

Le linguiste Albert Dauzat notait en 1946 que « l’argot accélère le renouvellement du langage ». Cette créativité lexicale se poursuit bien aujourd’hui à travers ce que l’on peut appeler « la néologie argotique », c’est-à-dire la création de mots nouveaux mais aussi d’emplois nouveaux de mots existants.

La notion de « nouveauté » reste cependant relative : un mot peut être courant dans un groupe et inconnu ailleurs. Il faut souligner aussi que l’argot connaît une dimension diatopique : il n’est pas un patois, mais peut présenter des formes locales. On rencontre par exemple un argot à clef « en -zer », associé à la région de Grigny, ou l’ajout du suffixe « -stre » en fin de mot, propre à Marseille.

Enfin, on notera que certains mots traversent les siècles : c’est le cas de « daron », attesté dès le XVIIe siècle. C’est un mot-valise issu de « dam » (seigneur) et baron. Il signifiait « maître de maison », puis « patron », avant de prendre son sens actuel de « père ».

Les couleurs de l’argot

La néologie argotique contemporaine se manifeste par divers procédés dont la grande majorité existe depuis bien longtemps. Il est important de comprendre que n’est pas tant leur nature mais leur fréquence qui la caractérise et lui donne ses couleurs.

Ils sont variés : troncations (suppression de certaines syllabes, comme « déter » < « déterminé »), siglaisons (« BG » < « Beau Gosse »)… Les emprunts sont très nombreux, on pense principalement à l’anglais « stalker » (< « espionner »), à l’arabe « bélek (à) » (< « fais attention (à) ») ou le célèbre « wesh », au non moins célèbre « poucave » (< « mouchard) faisant partie des emprunts à la langue romani, mais aussi par exemple au nouchi, un argot ivoirien (par exemple : « tchoin » < « prostituée »). Le verlan est plus complexe à analyser qu’il n’y paraît : il suit des règles précises suivant le nombre de ses syllabes et peut impliquer notamment des troncations et réagencements complexes. Il existe même un verlan du verlan, dit « veul », c’est le cas du mot « feumeu » (de « femme », cela devient « meufeu », puis…). Enfin, il faudrait noter que le jargon du jeu vidéo influence fortement l’argot courant (par exemple : « GG » < « Good Game »), tout comme l’algospeak (avec notamment le fameux « Tanaland », s’il ne fallait en citer qu’un).

Parce que c’est aussi amusant !

Les réseaux sociaux (notamment, oui, pour cacher du contenu sur Internet) et le rap accélèrent la création mais aussi la circulation des mots. La culture hip-hop, fortement ancrée dans l’oralité, diffuse en effet largement des termes qui se propagent dans la « jeunesse » et au-delà. Si les artistes s’en emparent, c’est aussi qu’il y a une dimension poétique des pratiques argotiques. Le jeu est indissociable de l’usage de la langue, qu’il soit littéraire ou quotidien. Le linguiste Roman Jakobson, qui parle de « fonction poétique » pour désigner cela, rappelle que cette fonction « est présente dès la première enfance » et accompagne les locuteurs tout au long de leur vie, révélant un certain goût pour le jeu avec les mots. Cette dimension du jeu fait partie intégrante des dynamiques sociales et identitaires au sein des groupes.

Comme l’évoque une recherche menée auprès d’adolescents scolarisés, le recours à l’argot apparaît aussi comme une forme de relâchement face à la pression du langage institutionnel, qu’ils associent à un cadre contraignant.

Ainsi, lorsque des collégiens ou des lycéens utilisent des termes ou des expressions argotiques, leur intention va bien au-delà de la simple volonté de « cacher » leur propos. Ils s’amusent avant tout avec la structure même de la langue. Oui, les pratiques argotiques contemporaines peuvent encore répondre à un besoin de communication secrète ou marginale, mais, par sa fonction ludique, la pratique témoigne qu’elle n’est pas seulement un outil de subversion, mais aussi un moyen de s’amuser, de se libérer des contraintes sociales.

L’usage ludique de l’argot ne concerne évidemment pas que les jeunes : chaque locuteur possède son propre répertoire linguistique dans lequel puiser des styles, qu’il active selon le contexte de son interaction. L’argot devient une manière de dire le monde autrement, selon ses compétences, son désir poétique, sa recherche de connivence humaine et de sa volonté de s’affranchir de la convenance hégémonique.

The Conversation

Anne Gensane ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Pourquoi les consommateurs de la génération Z se sentent désabusés – et comment ils peuvent être les moteurs d’un véritable changement

Source: The Conversation – in French – By Eugene Y. Chan, Associate professor, Toronto Metropolitan University

Entrez dans n’importe quelle salle de classe, parcourez TikTok ou participez à un groupe de discussion de la génération Z, et vous entendrez un refrain familier : « Nous nous soucions de ces questions, mais rien ne change. »

Qu’il s’agisse de l’action climatique, de la justice raciale, ou de l’éthique des entreprises, de nombreux jeunes ont le sentiment que leurs valeurs ne correspondent pas aux systèmes qui les entourent. Ils doutent que leurs voix, leurs votes et leur argent puissent à eux seuls résoudre des problèmes systémiques profonds.

Si vous partagez ce sentiment, vous n’êtes pas seul. Mais les jeunes consommateurs sont-ils vraiment impuissants ? Ou sont-ils simplement confrontés à un nouveau type d’influence, plus diffuse, plus numérique et plus exigeante, que les générations précédentes n’ont pas connu ?


25-35 ans : vos enjeux, est une série produite par La Conversation/The Conversation.

Chacun vit sa vingtaine et sa trentaine à sa façon. Certains économisent pour contracter un prêt hypothécaire quand d’autres se démènent pour payer leur loyer. Certains passent tout leur temps sur les applications de rencontres quand d’autres essaient de comprendre comment élever un enfant. Notre série sur les 25-35 ans aborde vos défis et enjeux de tous les jours.

La montée du consumérisme politique

Le consumérisme politique, c’est-à-dire le fait d’acheter ou de boycotter des produits pour des raisons politiques ou éthiques, est en hausse parmi les jeunes générations.

Une étude réalisée en 2023 a révélé que 81 % des consommateurs de la génération Z déclarent modifier leurs décisions d’achat en fonction de la réputation ou des actions d’une marque, 53 % d’entre eux ayant déjà participé à des boycottages économiques.

Une méta-analyse de 66 études réalisée en 2022 a révélé que le consumérisme politique est fortement associé à l’idéologie libérale, à l’intérêt pour la politique et à l’utilisation des médias. En d’autres termes, les jeunes engagés politiquement utilisent de plus en plus leur portefeuille pour exprimer leurs valeurs.

Pour beaucoup de jeunes, la consommation est de plus en plus une expression de leur identité et de leurs convictions. L’essor de la « politique du mode de vie » implique un passage des formes traditionnelles de participation, comme le vote ou la manifestation, à des actes quotidiens. Pour de nombreux consommateurs de la génération Z et de la génération Y, ce que vous achetez reflète qui vous êtes.

Les limites de la consommation éthique

Pourtant, l’enthousiasme pour la consommation éthique se heurte souvent à la frustration. Les consommateurs sont fréquemment confrontés au écoblanchiment, à la solidarité performative et aux reculs des entreprises sur leurs engagements.

Et si tout le monde « vote avec son portefeuille », pourquoi si peu de choses semblent changer ? La réponse réside dans la compréhension des limites et du pouvoir d’influence des consommateurs.

Les actions individuelles ne suffisent pas. Acheter de manière éthique peut être gratifiant, mais cela ne change généralement pas grand-chose. Des études suggèrent que la polarisation politique a rendu les préférences en matière de marques plus idéologiques, mais aussi plus fragmentées. Un boycottage progressiste peut faire les gros titres, mais à moins d’être soutenu et généralisé, il s’essouffle souvent rapidement.

Dans le même temps, l’enthousiasme pour la consommation éthique se heurte souvent à des limites pratiques. Acheter de manière éthique nécessite généralement des moyens financiers supplémentaires et la capacité de rechercher des marques, ce qui rend cette pratique plus accessible aux personnes disposant d’un revenu disponible et d’un bon accès à l’information. Cela signifie que si de nombreux jeunes soutiennent fermement la consommation éthique, seuls ceux qui disposent de ressources financières suffisantes sont en mesure de la pratiquer de manière cohérente.

Lorsque les choix individuels ne suffisent pas, l’action collective peut avoir plus d’impact. Des campagnes coordonnées telles que #GrabYourWallet, qui cible les entreprises liées à Donald Trump, ou la campagne menée par des jeunes pour désinvestir les fonds de dotation des universités des énergies fossiles, démontrent le pouvoir de la défense organisée des consommateurs.




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Le vote reste important

L’activisme des consommateurs complète, mais ne remplace pas, l’engagement civique traditionnel. Les politiques façonnent les marchés, la réglementation fixe les limites de ce que les entreprises peuvent se permettre et les élus déterminent ce que les entreprises peuvent et ne peuvent pas faire.

Pourtant, le taux de participation électorale des jeunes Canadiens reste obstinément faible. Lors des élections fédérales de 2021, seuls 46,7 % des électeurs âgés de 18 à 24 ans ont voté, contre 74,4 % des électeurs âgés de 65 à 74 ans.

Lors de l’élection présidentielle américaine de 2020, le taux de participation des 18-34 ans était de 57 %, contre 74 % pour les 65 ans et plus.

De même, lors des élections générales de 2019 au Royaume-Uni, seuls 53,6 % des 18-34 ans ont voté, contre 77 % des 65 ans et plus, ce qui montre le même écart générationnel qu’au Canada, où les électeurs plus âgés participent systématiquement plus que les jeunes.

Si les jeunes veulent influencer la politique climatique, le logement ou la dette étudiante, les urnes restent l’un de leurs outils les plus puissants.


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Qu’est-ce qui fait réellement la différence ?

Comment les jeunes consommateurs peuvent-ils passer de gestes symboliques à un changement significatif ? Plusieurs éléments suggèrent que les jeunes consommateurs peuvent traduire leurs valeurs en changements tangibles :

1. Soutenir les mouvements menés par les travailleurs.

Plutôt que de simplement boycotter une marque, envisagez de soutenir les travailleurs qui s’organisent en son sein. Qu’il s’agisse des baristas de Starbucks qui se syndiquent pour obtenir de meilleures conditions de travail ou des travailleurs de l’industrie textile qui réclament des salaires équitables, la solidarité des consommateurs peut amplifier leurs efforts. Partagez leurs histoires et respectez leurs demandes afin de ne pas franchir les piquets de grève, y compris quand boycotter et quand acheter.




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2. Faites pression pour obtenir des changements politiques, pas seulement des produits.

Militez pour un changement systémique, comme des lois sur la transparence de la chaîne d’approvisionnement, en soutenant les campagnes pour un salaire minimum vital ou en exigeant des entreprises qu’elles divulguent leurs informations climatiques. Lorsque l’opinion des consommateurs s’aligne sur la pression réglementaire, les entreprises sont beaucoup plus susceptibles d’agir.

3. Investissez dans des alternatives locales et coopératives.

Tous les changements ne proviennent pas de la pression exercée sur les grandes marques. Parfois, il s’agit de soutenir les entreprises locales, les coopératives de travailleurs et les entreprises sociales qui intègrent l’éthique dans leur structure. Ces alternatives montrent ce qui est possible et permettent à l’argent de circuler dans les communautés.

4. Éduquer, organiser, répéter.

Le changement est lent. Il nécessite de la patience, de la persévérance et le pouvoir du peuple. Il implique d’éduquer ses pairs, d’organiser des campagnes et de rester engagé même après que les médias aient cessé d’en parler. L’adolescent montréalais Fatih Amin illustre bien cette approche, ayant mis en place un mouvement pour le climat à travers des campagnes d’affichage, des concours de recyclage et des conférences axées sur la génération Z.

Du cynisme à l’action

Il est facile de se sentir cynique. Les problèmes sont importants, les systèmes sont bien établis et les enjeux sont élevés. Mais les jeunes ne sont pas impuissants. Ils évoluent dans un environnement où l’influence repose moins sur l’individualisme que sur une action stratégique et collective.

Le consumérisme politique est plus efficace lorsqu’il est associé à l’engagement civique et à l’adhésion à une organisation. Cela signifie rejoindre des mouvements, former des coalitions et reconnaître que le véritable changement vient rarement de la seule caisse du supermarché.

Ainsi, si les choix individuels ont leur importance, ils sont plus efficaces lorsqu’ils sont associés à une action collective et à un engagement civique. Si vous recherchez un changement significatif, vous devez combiner vos choix d’achat avec des campagnes organisées, la défense de politiques et le vote.

La Conversation Canada

Eugene Y. Chan reçoit un financement du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

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Comment investissait-on son argent à Rome ou dans la Grèce antique ?

Source: The Conversation – in French – By Konstantine Panegyres, Lecturer in Classics and Ancient History, The University of Western Australia

Pas encore d’actions ou de bitcoins… Dans l’Antiquité, on investissait le plus souvent ses économies dans de l’or. Sailko, CC BY-SA 3.0, CC BY

Dans l’Antiquité, pas de Bourse ni de produits financiers complexes, mais déjà une vraie culture de l’investissement. Or, terres, marchandises ou œuvres d’art : Grecs et Romains cherchaient, comme aujourd’hui, à sécuriser et faire fructifier leur richesse malgré les risques économiques et politiques.


« Tout ce que je veux, c’est un revenu de 20 000 sesterces provenant d’investissements sûrs », proclame un personnage dans un poème de Juvenal (Ier-IIe siècle de notre ère), le poète romain.

Aujourd’hui, 20 000 sesterces correspondraient à environ 170 000 euros d’intérêts issus d’investissements. N’importe qui serait très heureux de disposer d’un tel revenu annuel passif.

Comme aujourd’hui, les gens de l’Antiquité comprenaient que l’investissement de l’argent pouvait les aider à consolider et à accroître leur richesse.

Comme l’écrivain romain Pétrone (Ier siècle de notre ère) l’a un jour écrit,

Celui qui a de l’argent navigue avec un vent favorable et gouverne sa fortune comme il l’entend. (Quisquis habet nummos, secura naviget aura fortunamque suo temperet arbitrio.)

Alors, concrètement, comment les Anciens investissaient-ils leur argent ?

Une maison cossue aux réserves d’argent cachées

Dans la Grèce et la Rome antiques, il n’existait pas de marché boursier permettant d’acheter et d’échanger des parts d’une entreprise. Si l’on voulait investir son argent liquide, l’une des options les plus courantes consistait à acquérir de l’or ou de l’argent.

On le faisait pour se protéger contre les fluctuations monétaires et l’inflation. Les métaux étaient généralement conservés soit sous forme de lingots, soit sous forme d’objets, comme des bijoux. Le stockage de ces biens pouvait être risqué et les exposait aux vols.

Le poète romain Virgile (70-19 av. notre ère) décrit le domaine d’un riche propriétaire, qui comprenait « une demeure élevée, où des talents d’argent ciselé sont profondément enfouis, », aux côtés de « tas d’or travaillé et brut ».

Un talent était la plus grande unité de mesure monétaire dans la Grèce et la Rome antiques, et correspondait à environ 25 kg d’argent.

En général, les métaux étaient conservés dans un coffre spécial. L’écrivain romain Cicéron (106-43 av. notre ère) décrit par exemple comment une riche femme nommée Clodia sortait de l’or (peut-être sous forme de barres, de lingots ou de plaques) de son trésor lorsqu’elle souhaitait prêter de l’argent à quelqu’un. Cet or pouvait ensuite être échangé contre de la monnaie.

Essors des marchés – et effondrements

Le prix de ces métaux pouvait toutefois, à l’occasion, être soumis à des fluctuations imprévisibles et à des chutes brutales, même si cela arrivait moins souvent que pour la monnaie.

L’historien grec Polybe (vers 200-118 av. notre ère) explique ainsi que la découverte d’un nouveau filon d’or à Aquilée, en Italie, à seulement deux pieds de profondeur, provoqua une ruée vers l’or. Ce nouveau matériau inonda le marché trop rapidement et « le prix de l’or dans toute l’Italie chuta aussitôt d’un tiers » au bout de seulement deux mois. Pour stabiliser le prix de l’or, l’exploitation minière dans la région fut rapidement monopolisée et réglementée.

Lorsque les gens souhaitaient échanger des métaux précieux, ils les vendaient au poids. Si l’or, l’argent ou le bronze avaient été transformés en bijoux ou en d’autres objets, ceux-ci pouvaient être fondus et convertis en lingots.

Les gens semblaient éprouver un réel plaisir à posséder ces métaux précieux. L’écrivain athénien Xénophon (vers 430-350 av. notre ère) donne un indice sur l’état d’esprit des investisseurs antiques dans l’argent :

Quand on a fait l’acquisition du matériel nécessaire à un ménage, on n’achète rien en plus ; mais l’argent, jamais personne n’en possède assez pour n’en vouloir pas davantage : à ce point que ceux qui en ont beaucoup, trouvent autant de plaisir à enfouir leur superflu qu’à en user.

Un certain nombre de testaments romains révèlent d’ailleurs que des individus léguaient à leurs héritiers de l’argent et de l’or sous forme de barres, de plats ou de lingots.

Lingot d’or romain, daté d’environ 375 apr. J.-C., conservé dans les collections du musée de la Banque d’Angleterre.
Joyofmuseums, CC BY-SA 4.0, CC BY

Des marchandises qui ne pouvaient pas être « ruinées par Jupiter »

Outre les métaux, les produits agricoles étaient eux aussi très prisés, en particulier les céréales, l’huile d’olive et le vin. Pour tirer profit des denrées agricoles, on achetait des terres et on échangeait ces produits sur le marché.

L’homme d’État romain Caton estimait que placer son argent dans la production de marchandises constituait l’investissement le plus sûr. D’après. Plutarque, il affirmait que ces biens « ne pouvaient pas être ruinés par Jupiter » — autrement dit, qu’ils résistaient aux mouvements imprévisibles de l’économie. Alors que les métaux précieux constituaient une réserve de richesse, ils ne généraient aucun revenu tant qu’ils n’étaient pas vendus. En revanche, un portefeuille diversifié de denrées agricoles garantissait un revenu permanent.

On investissait aussi et on commerçait des biens précieux, comme les œuvres d’art. Lorsque les Romains mirent la ville de Corinthe à sac en 146 av. notre ère, ils dérobèrent sa célèbre collection d’œuvres d’art, puis vendirent par la suite ces chefs-d’œuvre aux enchères pour des sommes considérables afin de procurer des profits à l’État romain.

Lors de cette vente, le roi de Pergame, Attale II (220-138 av. notre ère), acheta l’une des peintures, réalisée par le maître Aristeidès de Thèbes (IVe siècle av. notre ère), pour la somme incroyable de 100 talents (environ 2 500 kg d’argent).

Des empereurs excentriques

L’instabilité politique ou l’incertitude faisaient parfois grimper le prix des métaux. L’historien grec Appien (IIe siècle de notre ère) rapporte que, durant la guerre civile romaine de 32-30 av. notre ère :

le prix de toutes les marchandises avait augmenté, et les Romains en attribuaient la cause aux querelles des chefs, qu’ils maudissaient.

Buste de l'empereur Caligula au Louvre.
Buste de l’empereur Caligula au Louvre.
By anonymous – Clio20, CC BY-SA 3.0, CC BY

Des empereurs excentriques pouvaient aussi imposer de nouvelles taxes ou redevances sur les marchandises, ou tenter de manipuler le marché.

L’historien romain Suétone (vers 69-122 de notre ère) nous raconte que l’empereur Caligula (12-41 de notre ère) « institua des impôts nouveaux et inouïs […] et il n’y eut aucune catégorie de marchandises ni d’hommes sur laquelle il n’imposa quelque forme de taxe ».

Un autre empereur, Vespasien (17-79 de notre ère), alla jusqu’à « acheter certaines marchandises uniquement afin de les redistribuer avec profit », écrit Suétone.

De toute évidence, investir judicieusement il y a 2 000 ans pouvait permettre de bâtir une richesse personnelle — mais comportait aussi des risques, tout comme aujourd’hui.

The Conversation

Konstantine Panegyres ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment investissait-on son argent à Rome ou dans la Grèce antique ? – https://theconversation.com/comment-investissait-on-son-argent-a-rome-ou-dans-la-grece-antique-272628

The rise and fall of Babycham – the sparkling pear drink that sold the champagne lifestyle at a small price

Source: The Conversation – UK – By Steve Parissien, Lecturer in Architectural History, University of Oxford

As a cultural historian who has worked with and lectured on the drinks industry for many years I was asked to write a book about post-war Britain and the drinks that made it. I immediately knew I had to include Babycham – a post-austerity tipple that had made Britain smile.

Britain in the early 1950s was gradually emerging from the shadow of war and was dealing with bankruptcy and post-war shortages. By the time of Queen Elizabeth II’s coronation in 1953, British manufacturing was getting back on its feet.

In that year, a little-known Somerset brewery, Showerings, hit upon a novel idea: offer cash-strapped Britons sick of the grey years of austerity a festive, sparkling alcoholic tipple that was cheap but fun. Thus was born Babycham, the celebratory drink that looked like champagne, but wasn’t.

I have distinct memories of my mum drinking the sparkling beverage in the 1960s, sometimes with brandy as a cheap, working-class alternative to the classic champagne cocktail. And who can forget those wonderful, deer-themed champagne coupes which Babycham distributed, and which are now collectors’ items.

As I write in my book Another Round, it was originally named “Champagne de la Poire” by its creators, Francis and Herbert Showering of Shepton Mallet in Somerset. Babycham was a new alcoholic perry – a cider made from pears. It had the modest strength of 6% alcohol-by-volume and came in both full-sized bottles and fashionable, handbag-sized four- and two-ounce versions.

At sixpence a bottle, Babycham’s bubbles come at a fraction of the price of genuine French bubbly – a luxury that very few could afford. Babycham came to epitomise the brave new world of mid-1950s Britain – British ingenuity still seemed to lead the world, and anything seemed possible.

Marketing with fizz

Babycham’s innovative brand design, marketing methods and advertising techniques brought flashy and flamboyant American techniques to the staid world of British beverages as its makers exploited not just the expanding potential of magazines and radio but, crucially, the revolutionary medium of television advertising. Perhaps most importantly, it was also the first British alcoholic drink to be aimed squarely at women.

Showerings and their advertising guru Jack Wynne-Williams made Babycham into the first British consumable to be introduced through advertising and marketing, rather than marketing an existing product. Their eye-catching new baby deer logo featured in the ad campaign of autumn 1953 and has been with us ever since. And it was equally prominent when their groundbreaking debut TV ad in 1956 made Babycham the first alcoholic brand to be advertised on British television.

In order to convey the idea that Babycham provided a champagne lifestyle at a beer price, Showerings advised their (largely female) customers that it was best served in an attractive and undeniably feminine French champagne coupe. Coupes were soon being customised by Showerings, who plastered them with the brand’s distinctive new deer logo and thereby created an instant kitsch collectable. In this way, Babycham offered the aspirational female Briton of the 50s and 60s a fleeting illusion of glamour and sophistication at the price of an average pub tipple.

All of this Americanised marketing paid handsome dividends. Babycham’s sales tripled between 1962 and 1971. These bumper sales enabled the Showerings to be acquired by drinks leviathan Allied Breweries in 1968, and after the merger Francis Showering was appointed as a director of the new company.

It was only in the early 1980s that Babycham’s sales began first to fall, and then to plummet. During this decade the drinks market was becoming more sophisticated and diverse. Women were turning more to wine and cocktails than to retro tipples made from sparkling pear juice.

However, after a period in the doldrums, the Babycham brand is back. In 2016, a younger generation of Showerings bought back the family’s original cider mill in Shepton Mallet and sought to revive their famous sparkling perry, relaunching Babycham in 2021.

If it is remembered at all, it’s now associated with celebrations such as birthdays or Christmas. No longer seen as a regular indulgence. The Babycham brand and its winsome fawn logo do seem rather old-fashioned today but in an age of nostalgia for the Britain of the past it could be ripe for a renaissance.


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The Conversation

Steve Parissien does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The rise and fall of Babycham – the sparkling pear drink that sold the champagne lifestyle at a small price – https://theconversation.com/the-rise-and-fall-of-babycham-the-sparkling-pear-drink-that-sold-the-champagne-lifestyle-at-a-small-price-271347

China’s five green economy challenges in 2026

Source: The Conversation – UK – By Chee Meng Tan, Assistant Professor of Business Economics, University of Nottingham

As China heads into the new year it will start rolling out its 15th five‑year plan, this one is for 2026-2030.

Beijing is doubling down on greening its economy, and aims to hit two major climate goals: “carbon peaking”, where carbon dioxide emissions have reached a ceiling by 2030, and “carbon neutrality”, where net carbon dioxide emissions have been driven down to zero by 2060.

Yet, China’s green push sits uneasily with its energy realities: coal still provides about 51% of its electricity as of mid‑2025, underpinning China’s difficulty in greening its energy system swiftly. Here are five major challenges that will shape China’s green transition as it moves into 2026.

1. Energy transmission and wastage

Imagine standing in western China (for instance in Tibet, Xinjiang and Qinghai), which produces a lot of solar and wind energy. On bright and windy days, these installations generate vast amounts of clean electricity. Yet much of that power goes to waste.

China’s grid can only handle a limited load, and when renewable generation peaks, it risk overloading the power network. So grid operators respond by telling energy producers to dial down output, which is a process called “curtailement”. The result is that electricity from the west often fails to reach eastern economic hubs, such as Beijing, Tianjin, Shandong, Jiangsu, Shanghai, Zhejiang, Fujian and Guangdong, where demand is greatest.

China needs to invest heavily in the ways to transport and store excess energy. The State Grid Corporation of China claims that it will be spending 650 billion yuan (£69 billion) in 2025 to upgrade the power network, and perhaps much more in subsequent years.

The challenge here is sustaining these capital-intensive projects while the broader economy still grapples with the lasting effects of the 2021 property crisis.

China is building massive solar farms, but also coal-fired power stations.

2. Cutting coal without blackouts

Even as China vows to go green and be a world leader in environmental energy, it continues to expand its coal capacity, and has added enough new coal-fired power stations in 2024 to power the UK twice over per annum. This apparent contradiction stems from concerns over energy security.

Beijing is determined to avoid a repeat of the blackouts and power shortages of 2020–2022. Coal provides dependable, round‑the‑clock power that renewables cannot yet fully replace. Yet the steady expansion of coal capacity undercuts China’s climate pledges and highlights ongoing tensions between China’s president, Xi Jinping’s, dual carbon goals and the country’s pressing energy demands, which raises questions about how far political ambition can stretch against economic reality.

3. Taming overcapacity without hurting growth

China’s vast manufacturing strength, which was once an asset, is now posing a problem. The rapid expansion of solar, wind, and electric vehicle industries has created overcapacity across the clean‑tech sector. Factories are producing more panels, turbines, and batteries than the domestic market can absorb. This has created a cut-throat price war, where companies sell at below cost price, which erodes company profits.

Beijing must find a balance between restraining overproduction without choking growth in green industries. This balancing act is politically sensitive, as local governments depend on these industries to create jobs (7.4 million in 2023), and generate substantial revenue. It was estimated that in 2024 green industries contributed 13.6 trillion yuan to China’s economy or 10% of the country’s GDP.

4. Trade tensions from overcapacity

China’s surplus of clean tech such as cheap solar panels, electric vehicles (EVs), and batteries, have triggered trade tensions abroad. In 2023 and 2024, the European Union investigated allegations of Chinese subsidies being poured into EVs, wind turbines and solar panels. Tariffs of up to 35.3% were placed on Chinese EVs. However, tariffs on Chinese solar panels and wind turbines have not been imposed so far.

But, on January 1 2026 the EU’s Carbon Border Adjustment Mechanism (CBAM) comes into effect. The CBAM is a carbon tax that Europeans will pay if imported goods are made using high carbon emissions. While the tax does not explicitly target EVs and solar panels, it will cover carbon-intensive materials used in their production, such as steel and aluminium, which are made using coal-fired plants.

What this means is Chinese clean tech might lose its competitive edge in the European market as customers are driven away from its products. Industrial players might rely on exports to stay afloat given the highly competitive nature of China’s domestic green market, but the CBAM is likely to undermine China’s green industry.

5. Fulfilling green targets locally

Chinese local governments are formally responsible for putting Beijing’s climate policies into practice, but many are expected to implement these policies largely on their own. While provincial authorities typically have more fiscal resources and technical expertise, city-level governments within each province often don’t have the funds to do so, which makes it difficult to deliver on green initiatives in practice.

At the same time, even when local authority leaders are told to achieve climate‑related targets, their career advancement remains closely linked to conventional economic performance indicators such as GDP growth and investment.

All of this helps explain the continued enthusiasm for new coal‑fired power projects. They are framed not only as a fail‑safe in case renewables and grids cannot meet rising demand, but also as avenues for local employment, fixed‑asset investment and fiscal revenue.

China’s continued greening in 2026 will be challenged by all of these issues.

The Conversation

Chee Meng Tan does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. China’s five green economy challenges in 2026 – https://theconversation.com/chinas-five-green-economy-challenges-in-2026-270866

Why brides are still reluctant to choose secondhand wedding dresses

Source: The Conversation – UK – By Lauren Thomas, Senior Lecturer in Marketing & Events, University of South Wales

shutterstock Dochynets Maryna/Shutterstock

Secondhand fashion is booming, yet most brides – even those who care about sustainability – still choose to walk down the aisle in a new wedding dress.

It’s a striking contradiction. Wedding gowns are expensive and resource-intensive to produce. They require large amounts of fabric and water for a garment worn only once. And while many couples are thinking more carefully about the environmental cost of their celebrations, secondhand bridalwear remains the exception rather than the norm.

Our research with UK brides uncovers why so many continue to resist the broader shift toward pre-loved fashion, when it comes to their big day. What we found is that wedding dresses carry cultural and emotional power far beyond their physical form.

For many brides, choosing the dress is a symbolic milestone in the transition from partner to wife. TV shows like Say Yes to the Dress have cemented the idea of a magical, transformative moment. It’s a moment that often involves loved ones, tears and the collective recognition of “the one”. Within this cultural script, the wedding dress is meant to signal the start of a new identity.

A bride trying on a wedding dress in a boutique, with a consultant adjusting the gown.
shutterstock.
VisualProduction/Shutterstock

We interviewed 18 brides for our study. Many felt that secondhand options disrupt this narrative. Brides revealed to us that wearing a pre-loved dress would feel like stepping into someone else’s story, making it harder for them to imagine their own.

Most brides in our study cared about the environment and liked the idea of greener choices, but sustainability rarely shaped the final decision. Brides often found themselves weighing their personal values against a deeply ingrained emotional script from their childhood about how the wedding should feel and who they aspire to be on the day.

The dress played a central role in this identity transition. Brides used it to express the version of themselves they wanted to present as they became a wife, relying on fit, tailoring and style to craft that image. This made control especially important.

Many felt that secondhand options limited their ability to shape the dress around their identity. They worried about alterations, condition and whether a pre-owned dress could truly carry the personal meaning they envisioned.

Shopping for the dress was also part of this transition. Many brides pictured a boutique appointment with family or friends, where they could try on different versions of themselves and choose “the one”. This moment helped them confirm the role they were stepping into.

Secondhand shopping rarely supports this experience. Charity shops may feel informal or lack privacy, and online platforms remove the chance to feel the fabric or judge the fit. Without a space that carries the emotional weight of the choice, the brides we spoke to felt the transition was disrupted.

Practical issues added further pressure. Secondhand dresses are one-offs, which limits control over size and style, and their condition can be difficult to assess. These barriers weakened brides’ sense of control over how they would look and feel on the day.

Misconceptions reinforced this reluctance. Many brides simply did not know what secondhand options existed or how to navigate them. Some assumed the dresses would be dated, damaged or unhygienic. Without clear guidance or visibility, most brides never explored secondhand seriously, even if they liked the idea in principle.

What secondhand needs to offer

For brides to consider secondhand, the shopping experience must help them feel in control and emotionally connected to the dress. Brides in our study wanted curated boutiques offering fittings, expert guidance and reassurance about cleaning and alterations, all within a calm space where they could imagine themselves on their wedding day.

They also wanted secondhand options to be easier to find and navigate. Presenting pre-loved dresses as unique and meaningful, rather than as compromises, may help them feel like a credible part of the journey into married life.

Brides are not only choosing a dress. They are managing an identity shift. The wedding dress is one of the main items they use to shape who they will be on their wedding day. Sustainability matters, but it rarely outweighs the powerful symbolic and emotional role the wedding dress plays.

Secondhand bridalwear will only thrive if it supports this emotional transition. Greater visibility, stronger emotional resonance and an experience that helps brides feel the dress is truly theirs, may encourage others to choose secondhand without sacrificing the meaning they attach to becoming a wife.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why brides are still reluctant to choose secondhand wedding dresses – https://theconversation.com/why-brides-are-still-reluctant-to-choose-secondhand-wedding-dresses-271238

Online ‘brainrot’ isn’t ruining children’s minds – it’s a new way of navigating the modern internet

Source: The Conversation – UK – By Oli Buckley, Professor in Cyber Security, Loughborough University

Alena A/Shutterstock

“Brainrot” is what many people call the chaotic, fast-moving memes, sounds and catchphrases that spread across TikTok, Roblox and online gaming and into playgrounds. An example is the endlessly repeated chant of “six-seven”, which still echoes through houses and schools across the country – to the bewilderment (or annoyance) of many teachers and parents.

But if you’ve ever said “I’ll be back” in a mock-Arnie voice or asked “you talkin’ to me?”, you’ve already engaged in a form of brainrot. The instinct to repeat and remix lines from the culture around us is nothing new.

What has changed is the source material. For young people growing up in a digital world, quotable moments don’t come from films or TV but from TikTok edits, Roblox streams, speedrun memes, Minecraft mods (modifications) and the fast-paced humour of online gaming.

Hearing a child burst into the looping “Skibidi dop dop dop yes yes” audio from the Skibidi Toilet trend, or repeat a surreal line from a Roblox NPC (non-player character), might sound like nonsense to adults. For the younger generation these fragments slot neatly into a fast-paced, highly referential style of humour. Today’s equivalents are faster, more layered and often more chaotic, with that chaos very much part of the appeal.

Although brainrot is often used knowingly and with a touch of irony to describe these phrases, remixing and repeating fragments of media has always been part of how people connect. It creates a shared cultural code, a second language made of references, rhythms and sounds that bind groups together and turn everyday moments into opportunities for humour and social connection. In many ways, this style of communication offers lightness and playfulness in a world that can often feel slow and muted by comparison.

Changing play

Brainrot is changing how children play online. Many adults grew up with video games that were built around structure. In Pokémon, Zelda or Half-Life, you cleared goals, quests and puzzles to reach endings. Even when games were open-world, giving you nearly total freedom to choose what challenges you take on and when, there was an underlying design logic you were meant to follow.

Those experiences shaped how we thought about play, and later how we approached designing games and interactive tools in research. Structure, narrative and pacing felt fundamental.

Watching children engage with today’s digital culture, and particularly with what gets called brainrot, challenges these assumptions. Their experiences aren’t always built around long-form story arcs or carefully crafted mechanics and challenges. Instead, it’s fluid, fragmentary and relentlessly social.

They jump between Roblox games, short TikTok edits, chaotic Minecraft mods and meme-based jokes without losing the thread. What sometimes looks like disjointed overstimulation to adults is entirely coherent to them. They’re fluent in a form of digital literacy that involves stitching together references, humour, audio, images and interactions at high speed.

Brainrot and research

From a research perspective, this has been a timely reminder that how children engage online changes. Young people aren’t abandoning meaningful play, they’re interacting with an online environment that is dramatically different from the one their parents grew up with.

There is research that raises questions about whether switching between short, chaotic bursts of content might affect attention or wellbeing for some users. For example, a recent study found associations between heavy use of short-form video apps and poorer sleep in adolescents, but also noted that higher social anxiety partly explained this pattern.

A broader analysis of a number of research studies reported similar correlations between heavier use and lower scores on attention tasks, as well as higher stress and anxiety. But these findings do not show causation. It remains unclear whether short-form content affects attention, or whether young people with particular cognitive styles simply gravitate towards media that already fits how they process information.

This shift has changed how we design games for learning. Instead of assuming attention must be sustained in a single direction, we think more about how curiosity works in shorter bursts, how play can be modular, and how meaning can emerge from participation rather than instruction.

Brainrot may not be something we’d replicate directly in an educational game, but some of its qualities, its pace, its playfulness, its remixing of ideas, can offer valuable prompts for thinking differently about how young people engage.
The way we learn is constantly evolving and it doesn’t always fit our older frameworks. Rather than resisting that, there’s value in trying to understand it, and in meeting them where they already are.

If we want to understand why brainrot resonates so strongly with children, it helps to see it not as meaningless noise, but as a form of social communication. These references work as inside jokes, but ones that can be remixed endlessly.

This is part of the appeal: brainrot is malleable, collaborative and playful. If you understand it, then you can riff on it, combine it, subvert it, and use it to signal belonging. There’s a enticing level of creativity stitched into the chaos.

There is also an element of self-awareness in much of brainrot culture. Its absurdity isn’t accidental, it’s part of the joke. In that sense it has echoes of earlier artistic or cultural movements that embraced nonsense or playful subversion. One of the key things is that this isn’t something imposed on children by companies or algorithms. Brainrot is something young people choose to build together, adapting and evolving references within their own circles.

Brainrot isn’t evidence that young people are disengaged or unimaginative. It’s a reflection of how they make sense of a digital world that is fast, fragmented and overflowing with ideas.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Online ‘brainrot’ isn’t ruining children’s minds – it’s a new way of navigating the modern internet – https://theconversation.com/online-brainrot-isnt-ruining-childrens-minds-its-a-new-way-of-navigating-the-modern-internet-268623

The ancient braces myth: why our ancestors didn’t need straight teeth

Source: The Conversation – UK – By Saroash Shahid, Reader in Dental Materials, Queen Mary University of London

Hryshchyshen Serhii/Shutterstock.com

Ancient Egyptians and Etruscans pioneered orthodontics, using delicate gold wires and catgut to straighten teeth. It’s a tale that has appeared in dentistry textbooks for decades, portraying our ancestors as surprisingly modern in their pursuit of the perfect smile. But when archaeologists and dental historians finally scrutinised the evidence, they discovered that most of it is myth.

Take the El-Quatta dental bridge from Egypt, dating to around 2500BC. The gold wire found with ancient remains wasn’t doing what we thought at all. Rather than pulling teeth into alignment, these wires were stabilising loose teeth or holding replacement ones in place. In other words, they were functioning as prostheses, not braces.

The gold bands discovered in Etruscan tombs tell a similar story. They were probably dental splints designed to support teeth loosened by gum disease or injury, not devices for moving teeth into new positions.

There are some rather compelling practical reasons why these ancient devices couldn’t have worked as braces anyway. Tests on Etruscan appliances revealed the gold used was 97% pure, and pure gold is remarkably soft.

It bends and stretches easily without breaking, which makes it useless for orthodontics. Braces work by applying continuous pressure over long periods, requiring metal that’s strong and springy. Pure gold simply can’t manage that. Try to tighten it enough to straighten a tooth and it will deform or snap.

Then there’s the curious matter of who was wearing these gold bands. Many were found with the skeletons of women, suggesting they might have been status symbols or decorative jewellery rather than medical devices. Tellingly, none were discovered in the mouths of children or teenagers – exactly where you’d expect to find them if they were genuine orthodontic appliances.

But perhaps the most fascinating revelation is this: ancient people didn’t have the same dental problems we face today.

Malocclusion – the crowding and misalignment of teeth that’s so common now – was extremely rare in the past. Studies of Stone Age skulls show almost no crowding. The difference is down to diet.

Our ancestors ate tough, fibrous foods that required serious chewing. All that jaw work developed strong, large jaws perfectly capable of accommodating all their teeth.

Modern diets, by contrast, are soft and processed, giving our jaws little exercise. The result? Our jaws are often smaller than those of our ancestors, while our teeth remain the same size, leading to the crowding we see today.

Since crooked teeth were virtually non-existent in antiquity, there was hardly any reason to develop methods for straightening them.

A caveman chewing on a bone.
Jaws were larger, due to food being tougher to chew on.
Gorodenkoff/Shutterstock.com

That said, ancient people did occasionally attempt simple interventions for dental irregularities. The Romans provide one of the earliest reliable references to actual orthodontic treatment.

Aulus Cornelius Celsus, a Roman medical writer in the first century AD, noted that if a child’s tooth came in crooked, they should gently push it into place with a finger every day until it shifted to the correct position. Although basic, this method is built on the same principle we use today – gentle, continuous pressure can move a tooth.

After the Roman era, little progress occurred for centuries. By the 18th century, however, interest in straightening teeth had revived, albeit through some rather agonising methods.

Those without access to modern dental tools resorted to wooden “swelling wedges” to create space between overcrowded teeth. A small wedge of wood was inserted between teeth. As saliva was absorbed, the wood expanded, forcing the teeth apart. Crude and excruciating, perhaps, but it represented a step towards understanding that teeth could be repositioned through pressure.

Scientific orthodontics

Real scientific orthodontics began with French dentist Pierre Fauchard’s work in 1728. Often called the father of modern dentistry, Fauchard published a landmark two-volume book, The Surgeon Dentist, containing the first detailed description of treating malocclusions.

He developed the “bandeau” – a curved metal strip wrapped around teeth to widen the dental arch. This was the first tool specifically designed to move teeth using controlled force.

Fauchard also described using threads to support teeth after repositioning. His work marked the crucial shift from ancient myths and painful experiments to a scientific approach that eventually led to modern braces and clear aligners.

With advances in dentistry during the 19th and 20th centuries, orthodontics became a specialist field. Metal brackets, archwires, elastics and eventually stainless steel made treatment more predictable.

Later innovations – ceramic brackets, lingual braces and clear aligners – made the process more discreet. Today, orthodontics employs digital scans, computer models, and 3D printing for remarkably precise treatment planning.

The image of ancient people sporting gold and catgut braces is certainly appealing and dramatic, but it doesn’t match the evidence.

Ancient civilisations were aware of dental problems and occasionally attempted simple solutions. Yet they had neither the necessity nor the technology to move teeth as we do now.

The real story of orthodontics doesn’t begin in the ancient world but with the scientific breakthroughs of the 18th century and beyond – a history that’s fascinating enough without the myths.

The Conversation

Saroash Shahid does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The ancient braces myth: why our ancestors didn’t need straight teeth – https://theconversation.com/the-ancient-braces-myth-why-our-ancestors-didnt-need-straight-teeth-270962

Les plans des pistes de ski, ou l’art de promettre de la neige toujours fraîche et un ciel toujours bleu

Source: The Conversation – in French – By Alexis Metzger, Géographe de l’environnement, du climat et des risques, INSA Centre Val de Loire

Plan de la station des Portes du Soleil entre France et Suisse, dessiné par Pierre Novat. Pierre Novat

Objets familiers des skieurs, les plans des pistes ne sont pas seulement des outils pratiques : ils sont la promesse d’un paradis bleu et blanc, où la neige est partout et où il fait toujours beau. Mais à mesure que le climat se réchauffe, ces images idéalisées s’éloignent de plus en plus du réel. Elles sont devenues un miroir déformant qui interroge notre rapport aux sports d’hiver.


Maxime Petre, géographe et collectionneur de plans de pistes de ski, a co-écrit cet article et la parution scientifique sur lequel s’appuie celui-ci. Son travail de numérisation des plans de pistes actuels et passés a permis d’illustrer cet article.


Pour le skieur, le plan des pistes est à la fois un outil pratique et une promesse. On va l’étudier depuis la maison – ou l’appartement de location – pour prévoir sa journée à la neige, le déplier sur les pistes avec difficultés à cause des gants. Choisir entre une piste bleue ou rouge, un télésiège ou un téléphérique, autant de choix guidés par ce petit document.

Au-delà de cette fonction repère, le plan des pistes construit aussi un imaginaire : celui d’un hiver immuable, presque utopique, où les flancs des montagnes sont toujours enneigés et le ciel toujours bleu. Pour les plus aisés qui peuvent s’offrir ces loisirs de neige, ces plans perpétuent la magie d’un hiver éternel : toujours le même, d’une blancheur immuable, depuis des décennies.

Ils montrent des images d’une météo idéale, désormais rare dans un contexte de changement climatique et de baisse de l’enneigement, comme nous l’avons récemment exposé dans un article de recherche.

Du plan neige à l’émergence d’un style pictural standardisé

On trouve des plans des pistes dès la création des premières remontées mécaniques. Les premiers plans sont sommaires : il s’agit surtout de photographies annotées avec le tracé des pistes.

Plan de la station d’Auron (Alpes-Maritimes) à la fin des années 1930, après l’inauguration du troisième téléphérique de France.
Numérisation : Maxime Petre, éditions Héliogravure Sadag, Bellegarde, Fourni par l’auteur

En témoigne par exemple le plan de la station d’Auron dans les Alpes-Maritimes, où le ski maralpin a pris naissance avec l’inauguration le 30 janvier 1937 du troisième téléphérique de France après Megève et Chamonix.

Mais c’est avec le Plan Neige de 1964 que la montagne française s’oriente massivement vers le tout-ski. Ses effets sont rapidement sensibles : de cinquante stations en 1960, on passera à deux cents en 1975. Pour ces destinations, les plans des pistes deviennent alors des icônes touristiques.

Comme il était alors la règle implicite pour les stations de dimension internationale, Val d’Isère (Savoie) sollicite dans les années 1950 l’Autrichien Heinrich Berannn qui a déjà œuvré du côté des plus grandes destinations de ski comme Gstaad (Suisse), Cortina d’Ampezzo (Italie) ou Sankt Anton Am Arlberg (Autriche). Ceci dénote une sorte de mimétisme alpin pour ces grandes contrées des sports d’hiver.

D’un rebord de falaise, le skieur plonge littéralement sur le centre bourg de Val d’Isère (Savoie), encore clairsemé, en suivant des pistes rouges imaginaires.
Numérisation : Maxime Petre, Berann, années 1950-1960, Fourni par l’auteur

Formé aux Beaux-Arts à Lyon, Pierre Novat répond à l’appel de Val d’Isère en 1962 et va dessiner, à sa manière, une série de plans qui fera sa célébrité. Une exposition et un livre lui ont récemment été consacrés.

Pierre Novat, photographié par son fils Arthur Novat.
Arthur Novat, CC BY

Les pinceaux de Pierre Novat entrent en action en 1962. Le plan de Heinrich Berann n’est plus à jour : Pierre Novat, Avalin (nom donné aux natifs de Val d’Isère) d’adoption, se charge du nouveau dessin.

C’est le début d’un long parcours professionnel fait de commandes à travers les Alpes françaises. Il va rapidement imposer son style, dont les pistes de Val d’Isère ont été le déclencheur artistique. Un projet de retravail graphique des cartes des pistes, dénommé micmap, vise aujourd’hui à conserver et prolonger l’héritage de Novat.

La vision de Val d’Isère que développe Pierre Novat diffère de celle de son prédécesseur Heinrich Berann.
Numérisation : Maxime Petre, Pierre Novat, années 1960, Fourni par l’auteur



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Petits arrangements avec la géographie… et la météo

Mais comment représenter en deux dimensions des pentes aux expositions variées, des sommets emblématiques mais dont la visibilité et la proximité sont diverses ? La filouterie est de mise : chaque plan est, en réalité, une projection arrangée.

Pierre Novat le disait lui-même dans une interview en 1992 :

« Le crayonné a pour but de se mettre d’accord avec les gens de la station, voir si ça correspond à l’image qu’ils veulent donner de leur station et aux angles de prises de vues, aux ombres portées. Le plus, enfin le principe le plus important, ce qui m’a permis de me rendre utile aux stations, c’est que l’on triche, on triche pas mal. »

Autrement dit, les courbes sont adoucies et les reliefs moins acérés. Tout l’enjeu est d’inviter à la glisse, tout schuss. Ces paysages dessinés sont devenus les images d’Épinal pour représenter les stations de sports d’hiver.

Les plans déforment ainsi la topographie pour tout montrer de la station et de ses points forts, tout en présentant ses pentes comme accessibles. Mais ils enjolivent également la météo. Ils véhiculent une image normalisée d’un temps froid et ensoleillé (ce qu’on voit sur le plan), effaçant les conditions permettant les chutes de neige qui précèdent (et qui ne sont jamais représentées).

Sur les plans, la neige est omniprésente : très blanche ou légèrement bleutée, elle recouvre uniformément les reliefs, parfois jusqu’aux rives du lac Léman, à 500 m d’altitude, jusqu’aux cimes des Dents du Midi à plus de 3000 m – et au Mont-Blanc, évidemment.

Sur le plan ci-dessus du Suisse Winfried Kettler, réalisé pour le compte du domaine international des Portes du soleil (Suisse et France) dans les années 1980, la neige est partout présente, des rives du Léman au sommet du mont Blanc. Vingt ans après, l’objectif reste, ni plus ni moins, d’afficher encore de la neige à toutes les altitudes, comme le montre la carte contemporaine du domaine skiable en 2024.

Une vitrine de plus en plus éloignée du réel

Une telle blancheur continue n’a rien de réaliste : elle suppose la même quantité de neige à toute altitude, sur tous les versants, quelle que soit leur orientation. En réalité, la qualité et l’épaisseur du manteau neigeux varient selon la pente, l’exposition, le vent. Il est bien rare de trouver de la neige au sol à Évian même, comme le représente pourtant l’une des cartes ci-dessus, par exemple !

Sur cette carte des pistes, réalisée par Pierre Novat pour la promotion touristique du Queyras (Hautes-Alpes), le Viso, pourtant italien, s’érige au centre avec un aplomb souverain, focalisant l’attention. Comme toujours, la neige est tombée sur ce territoire de 626 km² de manière complètement uniforme.
Numérisation : Maxime Petre, Novat 1981, Fourni par l’auteur

Quant au ciel, il est quasi systématiquement bleu, effaçant les nuages pourtant nécessaires aux chutes de neige. Ce choix n’est pas anodin : il permet à la neige d’étinceler et de révéler un panorama que la météo réelle masquerait. Le plan traduit des choix météorologiques forts réalisés à dessein.

Comment expliquer que l’image des pistes soit un tel miroir déformant ? C’est parce que le plan est aussi un produit d’appel, un objet marketing pour les touristes. Or la neige est l’élément phare pour attirer les skieurs. Et le ciel bleu, promesse de journées radieuses, est un atout supplémentaire qui permet de repartir bronzé. Pierre Novat assumait pleinement cette mise en scène météorologique, à même de séduire à la fois les élus locaux, les gestionnaires de stations et les skieurs.




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Une forme de solastagie

Aujourd’hui, le plan s’éloigne de plus en plus du réel. Avec le réchauffement climatique, l’enneigement varie fortement selon les massifs, l’altitude ou l’exposition. Pourtant, les plans continuent d’afficher la même blancheur uniforme. Les plans des pistes ont beau afficher encore de la neige, les stations ferment peu à peu faute d’enneigement.

Plan des pistes de la station de Céüze (Hautes-Alpes) au début des années 2000.
Numérisation : Maxime Petre, auteur inconnu, années 2000, Fourni par l’auteur

Après huit années d’inactivité, la station de ski de Céüze, dans les Hautes-Alpes, est en cours de démantèlement à l’automne 2025. Le plan des pistes prend alors le statut de relique, souvenir de jours heureux sur cette montagne emblématique du Gapençais.

Ces cartes traduisent-elles une forme de déni climatique ? Il s’agit plutôt d’un rêve, d’une utopie : l’idée que le ski reste possible, toujours, partout, et durant la « saison » de ski. Ces images révèlent une mémoire d’hivers idéalisés et engendrent une forme de solastalgie – ce sentiment de perte face à un paysage qui nous est proche et qui s’efface peu à peu

Anne Dalmasso, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Grenoble Alpes écrivait, à propos des plans de Novat :

« Comme toutes les images touristiques, elles ont une fonction performative : elles reconfigurent tant les attentes que les souvenirs. »




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Neige de culture : des artifices peu visibles

Pourtant, la transition verte des domaines skiables passe par un autre rapport aux sports d’hiver et donc à la neige, avec de nombreux enjeux spécifiques aux territoires de montagne.

Sur ce plan de Villard-de-Lans (Isère) dans années 1980, les pistes bénéficiant de neige artificielle sont signalées par un pictogramme.
Numérisation : Maxime Petre, Pierre Novat, Fourni par l’auteur

L’enneigement artificiel, déployé à partir des années 1970, vise à garantir la glisse sur le plan technique face aux aléas climatiques.

Le manque de neige dès la fin des années 1980, avec l’« hiver sans neige » 1988-1989, a amené les stations à rendre visibles les canons à neige pour informer leurs visiteurs d’une « garantie neige ».

L’enjeu du retour à la station ski aux pieds justifiait – et justifie encore – des investissements massifs, parfois déraisonnables compte tenu des altitudes.

Sur ce plan de Villard-de-Lans (Isère) dans années 1990, les pistes bénéficiant de neige artificielle sont signalées par la couleur jaune et un pictogramme.
Numérisation : Maxime Petre, Pierre Novat, Fourni par l’auteur

Résultat : les pistes pourvues de canons à neige se matérialisent sur les cartes des pistes. De l’icône du flocon de neige aux pistes jaunies, les plans insistent alors sur les potentialités de la neige artificielle. Ces représentations disparaîtront largement plus tard.

Car, dans les années 2020, les contestations se font plus vives. Certaines stations choisissent de ne plus recourir à la neige artificielle, d’autres de la masquer sur leurs plans. Et bien malin celui qui pourrait ainsi déceler dans ce type de plan un lac dédié à la neige de culture : la transparence de ces aménagements s’efface au profit de l’image idéale et policée.

Ces plans peuvent-ils, doivent-ils évoluer, et si oui comment ? Faut-il produire des images plus « authentiques » reflétant le manque de neige ? Mais des images reflétant des pistes brunies par la terre à l’arrivée en station, des chalets enveloppés dans le brouillard et une tempête de neige en altitude seraient-elles aussi attractives au plan touristique ?

Plan des pistes de Cortina d’Ampezzo (Italie).
Numérisation : Maxime Petre, Berann 2025, Fourni par l’auteur

Heinrich Berann a longtemps été le panoramiste des olympiades. Malgré son décès en 1999, Cortina, ville hôte des Jeux olympiques d’hiver de 2026, qui vont débuter en février, lui est restée fidèle. Il y a fort à parier que les plans des Jeux olympiques d’hiver 2030, prévus dans les Alpes françaises, ne s’éloigneront guère de ce modèle immuable et vendeur.




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The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Les plans des pistes de ski, ou l’art de promettre de la neige toujours fraîche et un ciel toujours bleu – https://theconversation.com/les-plans-des-pistes-de-ski-ou-lart-de-promettre-de-la-neige-toujours-fraiche-et-un-ciel-toujours-bleu-271678