Comment les organisations à but non lucratif se transforment face à la baisse des subventions publiques

Source: The Conversation – France in French (3) – By Angélique Chassy, Docteure en Sciences Economiques – EM-Normandie – Business School – Enseignante-Chercheure, EM Normandie

Le modèle économique d’Emmaüs comporte un volet marchand avec la vente d’objets récupérés et un volet non marchand consistant en actions de solidarité. Dan Shachar/Shutterstock

Plus de 186 000 emplois sont menacés dans les structures de l’économie sociale et solidaire (ESS), notamment les associations de loi 1901. Pour affronter ces défis, ces organisations à but non lucratif, ou à lucrativité limitée, doivent trouver de nouvelles sources de revenus. L’enjeu : redéfinir de nouveaux modèles économiques en diversifiant les sources de financement.


L’économie sociale et solidaire (ESS) occupe une place structurante dans le paysage économique français. Selon l’Observatoire national de l’ESS, elle représente 13,7 % des emplois privés et 10 % du produit intérieur brut (PIB) français en 2025.

Afin d’examiner les évolutions de leurs modèles économiques et les enjeux contemporains de performances sociale et territoriale, une journée dédiée à l’ESS a été organisée 26 novembre 2025 à l’EM Normandie.

Les échanges ont mis en évidence deux constats majeurs : le risque d’une dépendance accrue des structures lié au désengagement progressif de l’État, et la nécessité de développer des modèles d’affaires innovants pour assurer leur pérennité.

Deux questions centrales ont émergé : la recherche de viabilité économique risque-t-elle de masquer les atouts de long terme de l’ESS pour l’économie ? Comment penser le modèle économique d’acteurs engagés dans des activités non marchandes et socialement utiles dans un contexte de baisse des subventions ?

Plus de 186 000 emplois de l’ESS menacés

Depuis la loi du 31 juillet 2014, dite loi Hamon, l’ESS est définie par des critères spécifiques : un but autre que le seul partage des bénéfices, une gouvernance démocratique et une gestion fondée sur le réinvestissement des excédents et la constitution de réserves impartageables.

Le contexte économique actuel fragilise fortement le secteur. Plus de 186 000 emplois de l’ESS sont aujourd’hui menacés, sous l’effet combiné de la baisse des subventions publiques, de l’inflation durable et de tensions de trésorerie accrues. Parallèlement, les structures sont confrontées à une augmentation de la part des revenus d’activité, liée à la diversification de leurs sources de financement.

Diversification des sources de financement

Face à la baisse des subventions publiques, les associations renforcent la part de leurs revenus d’activité et cherchent à diversifier leurs sources de financement.

Cette évolution est clairement visible dans les données récentes : entre 2011 et 2020, les financements publics sont passés de 51 % à 48 % des ressources. Elles se basent sur un portage collectif du risque via des mécanismes coopératifs – fonds propres associatifs, financement participatif, adhésion des bénévoles, etc. – pour absorber les chocs économiques ce qui rompt avec l’autonomie économique des entreprises.




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Cette évolution des pratiques économiques des structures de l’ESS s’inscrit dans un environnement économique plus contraignant, sans pour autant remettre en cause les finalités sociales. En combinant diversification des ressources, recherche de viabilité et prise en compte explicite de leur impact social et territorial, ces organisations déplacent progressivement le débat de la seule maîtrise des coûts vers une interrogation plus large sur la valeur créée pour la société. La question n’est plus seulement « Combien cela coûte-t-il ? », mais bien « Quelle valeur cela crée-t-il ? ».

Redéfinir la performance

Dans ces conditions, repenser les modèles d’affaires de l’ESS devient un enjeu central, à la croisée de la viabilité économique, de l’ancrage territorial et de la finalité sociale. Car, loin d’être un modèle marginal, ce secteur offre un cadre d’analyse instructif pour comprendre comment performance économique et utilité sociale peuvent se renforcer plutôt que s’opposer.

L’ESS occupe un espace intermédiaire, là où ni le marché ni l’action publique ne suffisent à répondre durablement aux besoins sociaux. Les activités de l’ESS se caractérisent par une faible rentabilité directe, des publics souvent peu solvables et de fortes externalités positives – cohésion sociale, prévention sanitaire, insertion professionnelle – rarement prises en charge par les entreprises privées, faute de modèles économiques immédiatement viables.

Dans l’entreprise classique, la performance repose sur une logique individuelle de mesurabilité, d’efficience et de comparabilité, héritée de l’industrie. Les pratiques des organisations de l’ESS reposent sur un modèle protéiforme de performance, de plus en plus fondé sur l’associatif entrepreneurial. Par exemple, le modèle économique d’Emmaüs comporte un volet marchand – vente d’objets récupérés – qui permet de financer un volet social consistant en actions de solidarité et d’accompagnement.

Ce modèle performant constitue avant tout un mode d’entreprendre collectif, reposant sur l’implication et le financement des parties prenantes. Il conduit naturellement à des formes de gouvernance démocratique qui se traduisent notamment par le principe « Une personne, une voix », la représentation des usagers, salariés ou bénévoles dans les conseils d’administration, ainsi que par la limitation de la lucrativité individuelle et l’affectation prioritaire des excédents au projet collectif.

Cette logique a permis à l’ESS d’occuper une place structurante dans l’organisation des services sanitaires, sociaux et médico-sociaux, en complément durable de l’action publique dans de nombreux territoires.

Innovations sociales

Les formes juridiques de l’ESS, comme le statut d’association de loi 1901 ou la société coopérative et participative (SCOP), encadrent statutairement la lucrativité, l’affectation des excédents et la gouvernance multipartite. Elles créent un cadre propice à l’expérimentation de modèles économiques orientés vers l’impact, plutôt que vers la maximisation du profit.

Parmi les initiatives récentes, plusieurs illustrent des innovations sociales combinant impact territorial et modèles économiques hybrides. Dans l’éducation populaire, Synergie Family a créé le tiers‑lieu l’Épopée, mutualisant espaces de coworking, formation et animation culturelle pour favoriser la mixité sociale, financé par des locations, des prestations payantes et des subventions. Le projet Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD) innove à l’échelle territoriale en créant des emplois durables pour les personnes éloignées du marché du travail, financés par une reconversion des aides sociales non dépensées et des partenariats avec collectivités et entreprises, transformant les coûts sociaux en emplois utiles au territoire. Pour les aidants, l’application AMI accompagne les proches fragiles via un service numérique en abonnement et un partenariat avec des mutuelles alors que Les Bobos à la ferme proposent des séjours de répit et des activités adaptées, financés par tarification, aides publiques et mécénat.

Condition essentielle de la pérennité de l’ESS

Ces principes ne relèvent pas d’un cadre théorique abstrait : ils se traduisent concrètement dans les pratiques développées par de nombreuses structures de l’ESS.

La Manufacture circulaire du Cotentin développe des prestations administratives et des logiciels de paie générant des revenus, tout en favorisant l’inclusion professionnelle de personnes en situation de handicap. L’association La Recyclette propose la location d’objets de seconde main et des ateliers manuels afin de financer ses actions de solidarité locale. La Fabrique à Yoops conçoit, quant à elle, des « tiny houses » modulables pour l’hébergement d’urgence, cherchant à renforcer la rentabilité de son modèle pour accroître son impact social.

Dans un contexte de raréfaction des financements publics, de crises économiques récurrentes et d’attentes sociétales accrues, la capacité à renouveler les modèles économiques apparaît désormais comme une condition essentielle de la pérennité et de l’impact des organisations de l’ESS. La question n’est peut-être plus seulement de savoir comment soutenir l’ESS, mais ce que l’économie dans son ensemble peut apprendre de ces formes d’innovation sociale.

The Conversation

Laré Amandine a reçu des financements de la Macif, Malakoff Humanis et la Fondation de l’EM Normandie pour l’organisation de la journée ESS du 26 Novembre

Angélique Chassy et Khaled Saadaoui ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Comment les organisations à but non lucratif se transforment face à la baisse des subventions publiques – https://theconversation.com/comment-les-organisations-a-but-non-lucratif-se-transforment-face-a-la-baisse-des-subventions-publiques-269840

La selección: pensar sobre el mundo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Cultura, The Conversation

Everett Collection/Shutterstock

En las películas de Gladiator siempre se hizo mucho hincapié en el “sueño de Roma” de Marco Aurelio, una idea de imperio más cercana a una democracia actual que a la Roma de entonces.

Sin embargo, ya hace un año José A. Delgado escribió que su gobierno no estuvo influido por sus preocupaciones éticas personales, sino por las tradiciones que había heredado. Fue emperador implacable en lo público y filósofo estoico en lo privado. No obstante, Delgado apuntaba que “sus convicciones ciertamente no dirigieron sus decisiones políticas, pero quizá sí prepararon su actitud para afrontarlas”.

Así que, como si fuésemos Marco Aurelio, seguimos sus pasos.

En este momento viene bien recurrir a Hannah Arendt. La “banalidad del mal” que ella detectó entre los funcionarios que llevaron a cabo el Holocausto continúa presente hoy en conflictos como el de Gaza. Más allá de eso, además, sus reflexiones sobre la mentira en política y el efecto que esta tenía en los ciudadanos siguen siendo pertinentes. Según Arendt, el peligro de las falacias no es solo conseguir que la gente desconfíe de quien engaña, sino que lo haga de los hechos que nos definen como sociedad, un relato que, al verse amenazado, pierde su sentido.

Estos días hablamos mucho de la acogida, tanto por las noticias recientes en España (luminosas) como por las que llegan desde Estados Unidos (brutales). Precisamente hace un tiempo tratamos la hospitalidad desde el punto de vista filosófico y nos fijamos en cómo había sido un tema central en la narrativa estadounidense. Los tiempos han cambiado un poco. Hace unos meses, hablando de los inmigrantes, Elon Musk dijo que la empatía iba a ser la perdición de Occidente. A pesar de sus teorías, la empatía es una fortaleza que define a la condición humana.

Además, hay pensadores que defienden que la verdadera hospitalidad no es solo abrir los brazos al extranjero sino también crear oportunidades para que quienes emigran obligados por las circunstancias puedan volver a sus casas y encuentren allí hogares justos y prósperos.

Lo bueno de los filósofos es que definen conceptos tras reflexionar, hablar y discutir. La Escuela de Salamanca, de la que se celebra este año el V centenario, atendió muchos de los dilemas de su tiempo, y algunas de sus conclusiones se pueden intentar extrapolar hasta conflictos actuales. Por ejemplo, la definición de lo que es una “guerra justa”. Como ellos, tenemos que mantener viva la capacidad de dialogar con quienes piensan distinto. Por eso está bien aprender de los antiguos griegos cuándo debemos alzar la voz, cuándo disentir y cuándo escuchar en foros públicos.

Después de todo, la esperanza es que, en el fondo, todos tengamos lo mismo en mente: el bien común.

The Conversation

ref. La selección: pensar sobre el mundo – https://theconversation.com/la-seleccion-pensar-sobre-el-mundo-274547

¿Por qué las competencias digitales docentes no garantizan un buen uso de la tecnología?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Baltasar González de Anta, Profesor-Psicología Social, Universitat de València

María lleva 18 años enseñando Historia en un instituto público de Valencia. Antes de 2020, utilizaba presentaciones digitales ocasionalmente y gestionaba las notas en un excel que ella misma había elaborado. La pandemia lo cambió todo: tuvo que aprender, en muy pocas semanas, a utilizar herramientas de videoconferencia y de evaluación en línea, plataformas colaborativas y sistemas de comunicación con familias.

Cuatro años después, tras los últimos cambios legislativos, María ha completado su certificación en “competencia digital docente” nivel B2. Pero las nuevas tecnologías siguen apareciendo –ahora, la inteligencia artificial generativa– y el centro espera que las integre sin proporcionarle tiempo de formación ni apoyo técnico continuado: “Ya sabes…tenemos que adaptarnos”.

Una transformación profunda

Al hablar de transformación digital educativa nos referimos al proceso mediante el cual los centros educativos integran tecnologías y procesos digitales en sus prácticas pedagógicas y de gestión cotidianas. Y se ha acelerado en los últimos años.

Este proceso implica no solamente incorporar dispositivos tecnológicos en las aulas y la administración, sino transformar profundamente cómo se enseña, cómo se aprende y cómo se organizan los centros educativos.

Las administraciones educativas han establecido marcos de certificación de “competencias digitales” docentes que el profesorado debe acreditar progresivamente. Esta institucionalización de la digitalización convierte lo que fue una respuesta de emergencia en una expectativa permanente del desempeño profesional docente.

Junto a esto, nos enfrentamos a un nuevo desafío: la inteligencia artificial generativa, una tecnología que representa una oleada adicional de requerimientos para los docentes.

Marcha atrás con la tecnología en las aulas

Paradójicamente, ha surgido también una corriente crítica que cuestiona la efectividad de la digitalización educativa. Por ejemplo, Suecia redujo el uso de libros digitales en el aula y la UNESCO cuestiona la implementación acrítica de tecnología educativa, sugiriendo una falta de evidencia robusta sobre sus beneficios y el predominio de intereses comerciales sobre criterios pedagógicos.

Este giro crítico podría reducir la transformación digital de los centros educativos. Sin embargo, atribuir resultados pedagógicos negativos exclusivamente al uso de la tecnología constituye un error.




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Por ejemplo, la investigación demuestra que la tecnología educativa puede producir efectos positivos tanto en el profesorado como en el alumnado, pero estos dependen del apoyo institucional. Otros estudios destacan los múltiples factores que interactúan, destacando por ejemplo el efecto positivo de la tecnología en el aprendizaje cuando facilita apoyo cognitivo adecuado –retroalimentación continua, andamiaje pedagógico–.

En resumen, pensar que eliminar tecnología resolverá el agotamiento vinculado a su generalización ignora esta amplia complejidad organizacional.

Condiciones de implementación

A raíz de esto, la evidencia en el ámbito de la psicología organizacional apunta a que el problema no es la adopción o no de herramientas digitales, sino las condiciones estructurales en las que el profesorado se encuentra mientras se produce esta transformación digital.

La digitalización eficaz requiere dispositivos e infraestructura básica, por supuesto. Pero sirven de poco si no se acompañan del desarrollo continuado de las competencias digitales docentes que faciliten el adecuado uso de la tecnología.




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Este desequilibrio entre lo que se exige y lo que se proporciona genera estrés laboral, agotamiento y, paradójicamente, escepticismo hacia las mismas herramientas que supuestamente facilitarían el trabajo docente.

Para este segundo elemento, los docentes han de tener tiempo y un apoyo técnico y pedagógico sostenido. Más aún, el profesorado necesita recursos psicológicos que lo ayuden a adaptar su práctica profesional a las nuevas necesidades.

Acreditarse no es todo

Por ello, si recordamos a María, la profesora del inicio de este artículo, podemos comenzar a entender por qué se siente agotada y abrumada ante la transformación digital. Cuando su instituto implementó la plataforma educativa actual, María recibió una formación puntual de tres horas un viernes por la tarde.

Tras completar su certificación B2 en competencia digital docente mediante un curso en línea de 70 horas que realizó fuera de su horario laboral, el centro esperaba que dominara inmediatamente la nueva herramienta. Sin embargo, cuando surgían problemas técnicos durante sus clases o necesitaba adaptar la plataforma a sus necesidades pedagógicas específicas, carecía de apoyo técnico inmediato.

El coordinador TIC del centro, que atiende a 80 docentes, solo puede resolver consultas los martes y jueves en horario de recreo. María posee la certificación formal, pero las condiciones organizacionales de su centro impiden que aplique efectivamente esos conocimientos en su práctica cotidiana.

Recursos personales y organizacionales

Además de la percepción propia de eficacia digital y la actitud hacia la tecnología del propio docente, los recursos que despliegue el centro educativo son cruciales.

Por ejemplo, una cultura de centro abierta a la innovación, un liderazgo que apoye la experimentación y admita el error como parte del aprendizaje profesional, y la creación de redes de colaboración entre docentes, fomentará una digitalización más eficiente.

Cuando María puede consultar dudas técnicas a una compañera sin esperar al horario del coordinador TIC, resuelve problemas en tiempo real. Cuando experimentar con una herramienta nueva no penaliza su evaluación docente, el coste psicológico de aprender se reduce. Estos recursos no eliminan las demandas digitales, pero las hacen manejables.

Intervenciones eficaces: un enfoque integral

Considerando todo lo expuesto, ¿cómo podemos lograr que los centros educativos hagan un uso adecuado y positivo de las tecnologías? La investigación señala que, en primer lugar, la formación docente debe contextualizarse en problemas pedagógicos reales que enfrenta cada docente. Por ejemplo, situándose en la materia impartida, atendiendo a sus metodologías y en el propio contexto del aula.

Segundo, requiere apoyo sostenido en el tiempo: el citado informe también destaca que el aprendizaje profesional significativo no puede lograrse mediante talleres puntuales y que el enfoque tradicional, episódico y fragmentado, no permite el aprendizaje riguroso y acumulativo que transforma la práctica.

Tercero, los centros necesitan cambiar de manera global en la organización del tiempo, en las estructuras de coordinación y en los criterios de evaluación del desempeño docente. Por último, es necesaria una evaluación auténtica de la práctica pedagógica centrada en evidencias reales: aprendizaje del alumnado y desarrollo profesional docente.

Considerando todo ello, es esencial que estas intervenciones no se conviertan en sobrecarga laboral adicional. Cuando la formación en digitalización replica la misma lógica que genera el problema –más tareas, más evaluaciones, más presión sin modificar condiciones estructurales– perpetúa el ciclo de agotamiento que busca resolver.

The Conversation

Este artículo ha sido posible gracias al Proyecto DIGEDU (PID2021-126048OB-I00), financiado por MCIN/AEI/10.13039/501100011033/ y por FEDER Una manera de hacer Europa. Para más información https://proyectodigedu.es/

Virginia Orengo y Ana Zornoza son IPs y Baltasar González es miembro del equipo de investigación del Proyecto DIGEDU (PID2021-126048OB-I00). https://proyectodigedu.es/

Ana Zornoza Abad y Virginia Orengo Castellá no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. ¿Por qué las competencias digitales docentes no garantizan un buen uso de la tecnología? – https://theconversation.com/por-que-las-competencias-digitales-docentes-no-garantizan-un-buen-uso-de-la-tecnologia-269028

Suplemento cultural: somos historias

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Cultura, The Conversation

Una escena de _Hamnet_. Universal Pictures

Hay autores que son infinitos. Es decir, ellos dejaron como legado un número determinado de obras pero sus historias son tan universales que continúan generando hijos. Para muestra, el Premio Max a Mejor Espectáculo de Teatro en 2025, que fue para Casting Lear, un montaje en el que Andrea Jiménez reescribe el texto de Shakespeare desde su propia biografía con valentía y riesgo escénico. Si les pilla alguna representación cerca, no se lo pierdan.

Como verán, del bardo venía yo a hablar. Hay algunos hechos sobre él. Uno es que en sus biografías siempre se pasa de puntillas por la historia de su mujer, Anne (o Agnes) Hathaway, y su familia. De hecho, en muchas de ellas se asumió que había sido un matrimonio infeliz, aunque apenas existiesen datos que corroborasen esta u otra teoría. Otro hecho es que William Shakespeare tuvo un hijo llamado Hamnet, que murió cuando era niño, y que al año siguiente estrenó una obra llamada Hamlet.

Con esos datos, la irlandesa Maggie O’Farrell decidió hace un tiempo escribir una novela que fue éxito de crítica y lectores y que se titula como aquel niño: Hamnet. Ahora que Chloe Zhao ha llevado a la gran pantalla este texto, es un buen momento para (re)leer la tragedia del príncipe de Dinamarca pensando en la narración (ficticia) que desarrolló O’Farrell para rellenar ese vacío en la biografía personal del dramaturgo.

Porque a partir de esa mezcla de vivencias históricas e inventadas, autobiográficas y ajenas, hay una conclusión posible y preciosa: somos seres hechos de historias y nuestra necesidad de crear esas historias nos define como especie. Esto es así nos llamemos William, Maggie, Claudia o Sarah Polley (y con esta cuña aprovecho para recomendar fervientemente su documental, sobre este tema, Stories we tell).

Ser infeliz para ser persona

De repente llega una serie, entre los millones de series que se estrenan todas las semanas, que sorprende por la originalidad de su idea, por su planteamiento y porque la ejecución es magistral. Así es Pluribus, de Vince Gilligan, una ficción que no solo impacta por lo que cuenta sino por todas las preguntas que plantea.

Para quien no la haya visto, resumo brevemente: la Tierra recibe una especie de virus que hace que (casi) todo el mundo se convierta en una especie de mente colmena sin criterio propio. La humanidad entera piensa lo mismo, siente lo mismo y, como incentivo, es feliz. Quienes no han sido afectados no tienen, en cambio, el privilegio de sentir esta dicha permanente y colectiva. Es decir, y aquí viene el meollo de la reflexión filosófica, siguen siendo humanos.

No son ellas

A Josefa Zapata y Margarita Pérez de Celis las llamaron “socialistas utópicas” porque ellas creían que a través de la educación y el trabajo en comunidad se podía conseguir una sociedad más justa e igualitaria.

Fundaron el periódico El Pensil Gaditano, y muchos otros Pensiles, porque cada vez que les cerraban uno, abrían otro. Y en él publicaron el considerado primer manifiesto feminista español: “La mujer y la sociedad”.

Y como en este siglo XXI, cada vez que recuperamos las figuras de mujeres inspiradoras, necesitamos ponerles cara y cuerpo, las redes no tardaron en hacerlo con Josefa y Margarita. Sin embargo, y así lo explica Elena Lázaro, por muchas ganas que tengamos de hacernos una camiseta, en esa foto salen otras dos señoras.

Contar para entender

En 1989, Donald Trump pagó 85 000 dólares para pedir en cuatro de los periódicos más leídos de Nueva York la vuelta de la pena de muerte en ese estado. Los anuncios aludían a los cinco detenidos (que, todavía, ni habían sido acusados) por la violación y agresión de una corredora en Central Park. Estos cinco chavales, negros y latinos, fueron condenados y encarcelados, y vivieron años siendo considerados los culpables del brutal ataque, a pesar de declarar continuamente que eran inocentes. Años después se demostró que, efectivamente, lo eran.

En 2019, Ava DuVernay dirigió una miniserie, Así nos ven, que contaba su historia. Es desgarradora, pero ha ayudado a devolverle la narración a sus protagonistas.

Hace unos meses se estrenó en cine Cosas pequeñas como esas, la adaptación de una novela de Claire Keegan que se zambulle en el contexto de las Lavanderías de la Magdalena irlandesas, unos conventos a los que se enviaba, con autorización del Gobierno, a las “jóvenes descarriadas” para que fuesen reeducadas. En realidad, como se imaginan, fueron maltratadas.

Ambas acuden a grandes injusticias que han sacudido la sociedad y las introducen en un relato audiovisual que divulga pero que también acerca.

Ya lo vimos hace un par de meses con La voz de Hind (ahora nominada a un Óscar): los hechos los asimilamos, pero las historias las sentimos. Por eso, hablar en una noticia de una niña asesinada por el ejército israelí no causa el mismo impacto que asistir a la narración de esas horas en las que Hind Rajab estuvo hablando con la Media Luna Roja pidiéndoles que la fuesen a rescatar.

Volviendo a la tesis del inicio de este boletín, estamos hechos de historias, que nos explican, nos ayudan y nos sirven de refugio. Existimos en el mundo porque tenemos que narrarnos, y nos narramos para entendernos. Si no podemos contarnos, aunque sea a nosotros mismos, ¿para qué estar en esta aventura que es la vida?

The Conversation

ref. Suplemento cultural: somos historias – https://theconversation.com/suplemento-cultural-somos-historias-274689

La selección: motivación y deseo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Eva Catalán, Editora de Educación, The Conversation

Klochkov SCS/Shutterstock

Nos ha pasado a todos: soñamos con algo especial, grande o pequeño (desde un abrigo precioso y carísimo que esperamos encontrar de rebajas a un viaje, pasando por un ascenso, un trabajo muy deseado, un premio o que determinada persona nos corresponda con su amistad o con su amor); durante semanas, meses, puede que años, es lo primero que pensamos al despertar.

Intuimos, sabemos, que nuestra vida cambiará cuando lo logremos. Y cuando lo logramos, es cierto: cambia. Durante unas horas, unos días, unos meses… pero en un momento dado aquel objetivo ideal pierde su brillo, se vuelve habitual, y ya no nos hace tan felices. Así estamos diseñados. Y tiene un nombre: adaptación hedónica.

Este fenómeno fue descrito por los expertos estadounidenses Philip Brickman y Donald T. Campbell en 1971. Deseamos algo, lo logramos; pasamos a desear otra cosa. El filósofo Spinoza ya consideraba en el siglo XVII el deseo como la expresión de la esencia humana.

Y como explica Juan Antonio Moreno Murcia de la Universidad Miguel Hernández en su artículo sobre los propósitos de año nuevo, desear, querer cosas que no tenemos, es lo que nos mueve, lo que nos empuja a actuar: el motor de nuestra existencia. Podemos existir sin deseo, desde luego. Pero es una existencia bien distinta. Con menos saborcillo, también con muchos menos sinsabores.

Hay distintas maneras de desear. A la hora de elegir objetivos, las motivaciones, es decir las razones por las que queremos algo, pueden marcar la diferencia entre perseverancia y procrastinación, satisfacción y frustración. De ahí que cuando nos marcamos propósitos de año nuevo, la clave del éxito no esté tanto en qué queremos lograr como en para qué o por qué lo queremos.

Esto tiene implicaciones no solo cuando nos apuntamos al gimnasio, sino también cuando elegimos un grado universitario, estudiamos para un examen, o decidimos nuestro destino de vacaciones. Si el objetivo es extrínseco y superficial (estar más delgado, sacarse un título, recibir un reconocimiento externo, lucirnos en redes sociales), curiosamente, la motivación puede flaquear antes.

Es una de las razones por las que algunos propósitos de año nuevo están condenados al fracaso o por la que cuando premiamos a un estudiante si saca buenas notas no estamos favoreciendo tanto sus ganas de aprender como sus ganas de recibir la recompensa. Además, este tipo de motivación extrínseca conduce más a menudo a la “adaptación hedónica” de la que hablaba al principio.

Sin quitar importancia a la satisfacción momentánea de llevar un abrigo bonito, estas lecturas nos enseñan que se puede ser intencional y estratégico incluso para desear cosas y encontrar la motivación en las que nos toca hacer, aunque no las hayamos deseado.

The Conversation

ref. La selección: motivación y deseo – https://theconversation.com/la-seleccion-motivacion-y-deseo-274228

Pourquoi le choix de Donald Trump pour la présidence de la Fed fait-il chuter l’or et l’argent ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Henry Maher, Lecturer in Politics, Department of Government and International Relations, University of Sydney

Alors que Donald Trump multiplie les attaques contre la Fed, le choix de Kevin Warsh peut être lu comme un signal paradoxal envoyé aux marchés : préserver, malgré tout, la crédibilité de la politique monétaire américaine dans un monde en recomposition.


Après des mois de spéculations, Donald Trump a confirmé qu’il nommerait Kevin Warsh au poste de prochain président de la Réserve fédérale. Cette nomination était très attendue dans le contexte du conflit persistant entre le président américain et la Fed, ainsi que de ses tensions avec l’actuel président de l’institution, Jerome Powell.

L’annonce a provoqué une réaction immédiate sur les marchés, avec un net décrochage de l’or et de l’argent. Après plusieurs mois de records et de valorisations étirées, les prix au comptant de l’or et de l’argent ont chuté respectivement de 9 % et de 28 %. Le marché boursier américain a également reculé, les principaux indices enregistrant tous des pertes modérées.

Mais dans le climat de défiance suscité par les tentatives d’ingérence de Donald Trump à l’égard de la Fed, ce décrochage des marchés peut, ironiquement, se lire comme un premier signal de confiance accordé à Kevin Warsh, semblant valider sa légitimité pour le poste et miser sur son indépendance future.

Pour saisir cette apparente contradiction, il faut la replacer dans le cadre du bras de fer de longue date entre Trump et la Réserve fédérale et prendre en compte le rôle crucial que joue l’indépendance des banques centrales dans l’architecture financière mondiale contemporaine.

La guerre de Trump contre la Fed

L’année écoulée a été marquée par un affrontement sans précédent entre le président états-unien et la Réserve fédérale. Donal Trump avait lui-même nommé l’actuel président de la Fed, Jerome Powell, en 2017. Mais la relation s’est rapidement détériorée lorsque Powell n’a pas abaissé les taux d’intérêt aussi rapidement que Trump l’exigeait. Fidèle à son style outrancier, Donald Trump a depuis traité Powell de « clown » souffrant de « sérieux problèmes mentaux », ajoutant : « J’adorerais le virer ».

Cette guerre de mots a finalement glissé vers le terrain judiciaire. Le Department of Justice a annoncé l’ouverture d’une enquête visant la gouverneure de la Fed Lisa Cook, soupçonnée de fraude liée à d’anciens documents de prêts immobiliers. Puis, le mois dernier, dans une escalade spectaculaire, le ministère de la Justice a ouvert une enquête pénale retentissante contre Jerome Powell, portant sur des soupçons de dépenses excessives lors de la rénovation des bâtiments de la Réserve fédérale.

Les deux séries d’accusations sont largement considérées comme dénuées de fondement. Donald Trump a néanmoins tenté de s’appuyer sur cette enquête pour justifier le limogeage de Lisa Cook. L’affaire est actuellement examinée par la Cour suprême des États-Unis.

Jerome Powell a vivement répliqué à Trump, affirmant que ces menaces judiciaires étaient :

« la conséquence du fait que la Réserve fédérale fixe les taux d’intérêt sur la base de ce que nous estimons, en toute indépendance, être dans l’intérêt général, plutôt qu’en fonction des préférences du président ».
Jerome Powell a reçu le soutien de 14 dirigeants de banques centrales à travers le monde, qui ont rappelé que « l’indépendance des banques centrales est un pilier de la stabilité des prix, financière et économique ».

Par le passé, les ingérences présidentielles dans les affaires de la Fed ont été l’un des facteurs majeurs de la crise de stagflation des années 1970. Plus récemment, l’Argentine et la Turquie ont toutes deux traversé de graves crises financières provoquées par des atteintes à l’indépendance de leurs banques centrales.

Qui est Kevin Warsh ?

Kevin Warsh est un ancien banquier et ex-gouverneur de la Réserve fédérale. Il a également exercé les fonctions de conseiller économique auprès de deux présidents américains : George W. Bush et Donald Trump.

Dans un premier temps, le président américain semblait plutôt enclin à choisir l’actuel directeur du National Economic Council, Kevin Hassett. Mais ce dernier était largement perçu comme trop étroitement aligné sur Trump, ce qui a ravivé les craintes d’une remise en cause de l’indépendance de la Fed. Kevin Warsh présente un profil plus indépendant et bénéficie d’une réputation de « faucon » en matière de lutte contre l’inflation.

Qu’est-ce qu’un « faucon » ?

La Réserve fédérale est chargée de fixer les taux d’intérêt aux États-Unis. Schématiquement, des taux bas peuvent stimuler la croissance économique et l’emploi, mais au risque d’alimenter l’inflation. À l’inverse, des taux élevés permettent de contenir l’inflation, au prix d’un ralentissement de l’activité et d’une hausse du chômage.

Trouver le juste équilibre entre ces objectifs constitue le cœur de la mission de la Réserve fédérale. L’indépendance des banques centrales est cruciale pour que cet arbitrage délicat repose sur les meilleures données disponibles et sur les besoins de long terme de l’économie, plutôt que sur des objectifs politiques à court terme.

On qualifie de « faucon » anti-inflation un banquier central qui donne la priorité à la lutte contre la hausse des prix, par opposition à une « colombe », davantage encline à privilégier la croissance économique et l’emploi.

Lors de son précédent passage à la Réserve fédérale, Kevin Warsh s’est forgé une solide réputation de « faucon » en matière d’inflation. Même au lendemain de la crise financière mondiale de 2008, Warsh se montrait davantage préoccupé par les risques inflationnistes que par la situation de l’emploi.

Au regard des conflits passés entre Donald Trump et Jerome Powell autour de la baisse des taux d’intérêt, le choix de Warsh peut donc, à première vue, surprendre.

Plus récemment toutefois, Kevin Warsh a infléchi sa position, reprenant à son compte les critiques de Trump à l’égard de la Fed et ses appels à des taux d’intérêt plus bas, dans la lignée de tribunes dénonçant le pilotage actuel de l’institution. Reste à savoir si cet alignement perdurera, ou si ses réflexes de faucon reprendront le dessus, au risque de raviver à terme un nouveau conflit avec Trump.

La réaction des marchés

Le décrochage de l’or et de l’argent, ainsi que le repli des marchés boursiers, suggèrent que les investisseurs jugent désormais des baisses de taux moins probables avec Kevin Warsh qu’avec d’autres candidats potentiels.

Les prix de l’or et de l’argent ont tendance à grimper en période d’instabilité ou lorsque les craintes d’inflation s’accentuent.

Les précédents records s’expliquaient par une combinaison de facteurs, parmi lesquels l’instabilité géopolitique, les inquiétudes autour de l’indépendance de la Fed et une dynamique spéculative marquée.

Le fait que l’annonce de la nomination de Warsh ait déclenché une correction sur les métaux précieux indique que les investisseurs anticipent une inflation plus faible et une plus grande stabilité financière. La hausse concomitante du dollar américain vient conforter cette lecture.

La crédibilité de la Fed est en jeu

Ces dernières semaines ont été rythmées par de nombreux débats sur l’évolution de l’ordre mondial. Le Premier ministre canadien Mark Carney a ainsi récemment acté la fin de l’ordre international fondé sur des règles, appelant à s’affranchir de « l’hégémonie américaine ».

La domination mondiale du dollar américain demeure l’un des fondements centraux de cette puissance économique. Si Donald Trump reste ouvertement méfiant à l’égard de l’indépendance des banques centrales, le choix de Kevin Warsh laisse penser qu’il a conscience de l’enjeu que représente la crédibilité de la monnaie américaine et de la Réserve fédérale.

Rien ne garantit toutefois que cette lucidité suffira à contenir durablement son penchant pour l’ingérence dans la conduite de la politique monétaire.

The Conversation

Henry Maher ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi le choix de Donald Trump pour la présidence de la Fed fait-il chuter l’or et l’argent ? – https://theconversation.com/pourquoi-le-choix-de-donald-trump-pour-la-presidence-de-la-fed-fait-il-chuter-lor-et-largent-274837

El plástico es inevitable, su desperdicio no

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Roberto Rosal, Catedrático de Ingeniería Química, Universidad de Alcalá

Manipulación de residuos plásticos en una planta de reciclaje. Rene Notenbomer/Shutterstock

El plástico forma parte de nuestra vida cotidiana porque reúne cualidades muy útiles. Es ligero, resistente, resulta barato de producir y puede emplearse en una enorme variedad de productos. Sin embargo, su propio éxito se ha convertido en su condena. La producción masiva, sumada a una gestión deficiente y a su lentitud para degradarse, ha diseminado residuos plásticos por todos los rincones del planeta.

La Unión Europea produce cada año más de 2 200 millones de toneladas (Mt) de residuos, de los cuales el plástico representa una fracción pequeña. Sin embargo, el hecho de que prácticamente toda la población genere a diario residuos plásticos hace que su impacto sea muy visible y difícil de gestionar, especialmente en el caso de los envases, cuyo uso efímero dispara la tasa de residuos.

Rastrear cuánto plástico emitimos al medio es difícil debido a la falta de datos globales homogéneos. Si nos centramos en Europa (Unión Europea junto con Suiza, Noruega y el Reino Unido), donde las estadísticas son más consistentes, nos encontramos una producción de polímeros de origen fósil destinados a plásticos de algo más de 40 Mt.

Los datos más recientes disponibles indican que el volumen de residuos plásticos canalizado anualmente a través de los sistemas oficiales de recogida asciende a las 32,3 Mt, de las cuales aproximadamente la mitad se incinera y una cuarta parte acaba en vertederos. Tras descontar mermas, exportaciones y los residuos que regresan realmente al ciclo productivo, queda un desfase de más de 20. Entre 8 y 10 de esas Mt podrían corresponder a plástico acumulado en bienes duraderos que aún no se han convertido en residuo, tales como, como edificios o vehículos que seguimos utilizando. Sin embargo, aún restando eso, quedan entre 11 y 13 Mt anuales sin explicar.

Plástico en Europa. Datos tomados de varias fuentes incluyendo Plastics Europe y la Agencia Europea del Medio Ambiente. Los datos presentados se refieren al año 2022, el período más reciente con información relativamente completa disponible e incluyen algunas estimaciones (Mt = millones de toneladas).
Roberto Rosal, CC BY-SA

La conclusión lógica es que ese es, precisamente, el plástico que se está filtrando al medio ambiente. Son los residuos que escapan de los sistemas de tratamiento de aguas residuales, los microplásticos que se emiten por desgaste de neumáticos, las fibras textiles que desprende nuestra ropa o la basura arrastrada por las lluvias hacia los ríos. Como sucede con cualquier otra actividad, es imposible reducir a cero nuestro impacto. Pero el modelo actual tiene fugas masivas y contenerlas es viable, aunque exige cambios estructurales en la forma en que usamos y gestionamos este material.




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Los límites del reciclaje y el reto del diseño

El reciclaje de plásticos se enfrenta a barreras económicas, logísticas y técnicas. El factor económico es fácil de identificar. Sin considerar impuestos, el coste del plástico virgen es menor que el de la granza reciclada, además de ofrecer mayor calidad. Las limitaciones logísticas se refieren a la carencia de infraestructuras, algo que afecta especialmente a regiones en desarrollo, donde el plástico a menudo ni siquiera llega a los circuitos de recuperación.

Las limitaciones técnicas se deben a que la mayoría de los productos están diseñados para ser funcionales, no para ser reciclados. El uso de materiales complejos, colores oscuros que los sensores no detectan o la presencia de etiquetas y adhesivos, provocan que una gran parte del material se descarte. Incluso en el que sí se recupera, la mezcla de resinas incompatibles impide volver a fabricar el mismo producto.

Un caso paradigmático son los films alimentarios multicapa, estructuras flexibles formadas por la unión de dos o más capas de materiales para conservar alimentos frescos, congelados o envasados al vacío. La imposibilidad de separar sus distintas láminas obliga a transformarlos en productos de bajo valor, como mobiliario urbano, sin retorno posible al circuito de envases.

Algunos problemas que presentan los procesos de separación, clasificación y reprocesamiento durante el reciclaje mecánico de plásticos.
Roberto Rosal, CC BY-SA

Sustituir el plástico por vidrio o metal podría parecer una solución. Sin embargo, esta estrategia tiene riesgos, ya que son materiales con una huella de carbono e hídrica superior. Además, en sectores críticos como el sanitario o el alimentario, el plástico es insustituible para garantizar la asepsia y la conservación de alimentos. La eliminación de usos innecesarios o la elección de plásticos biodegradables en sustitución de los convencionales en ciertos usos son soluciones viables, aunque limitadas.

Las múltiples ventajas del ecodiseño

La vía más eficaz es el ecodiseño, que integra el fin de vida desde la concepción del producto. Esto implica priorizar la reutilización (envases retornables) y la durabilidad para minimizar residuos, además de reducir materia prima sin perder funcionalidad. Ejemplo de ello son las botellas de PET, que han rebajado su peso hasta un 50 % gracias a mejoras de diseño y moldeo. Frente a la difícil reciclabilidad de productos como los briks, en los que solo se recupera la fibra de papel, el diseño para el desmontaje (Design for Disassembly o DfD) facilita separar materiales puros.




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El ecodiseño también busca minimizar la liberación de microplásticos durante el uso. En el sector textil, priorizar tejidos densos y fibras largas reduce su desprendimiento en el lavado. En los neumáticos, el reto es disminuir la emisión de partículas debido a la abrasión, un desafío creciente debido al aumento del peso de los vehículos. Este enfoque preventivo se refuerza con el Reglamento (UE) 2023/2055, que prohíbe microplásticos añadidos intencionadamente en productos como cosméticos, detergentes o fertilizantes.

Por último, es crucial evitar aditivos peligrosos, en línea con el Reglamento REACH de la Unión Europea. La diversidad de sustancias químicas añadidas a los polímeros es inmensa, abarcando miles de compuestos, muchos de ellos con un perfil toxicológico incompleto o desconocido. Dado que estos aditivos pueden migrar durante su vida útil y su extracción posterior es inviable, resulta indispensable actuar preventivamente desde la fase de diseño.

En definitiva, y puesto que el reciclaje actual no logra contener la fuga masiva de residuos plásticos y la sustitución directa tiene límites prácticos y ecológicos, la solución pasa necesariamente por el ecodiseño. Solo repensando los productos desde su origen, priorizando durabilidad, desmontaje y seguridad, podremos cerrar razonablemente el ciclo del plástico y minimizar su impacto ambiental.

The Conversation

Roberto Rosal recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades de España.

ref. El plástico es inevitable, su desperdicio no – https://theconversation.com/el-plastico-es-inevitable-su-desperdicio-no-273846

La incertidumbre geopolítica cambia la logística y el transporte de mercancías

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Silvia Pinto Valero, Profesora Asociada Departamento de Financiación e Investigación Comercial , Universidad Autónoma de Madrid

Fahroni/Shutterstock

Nueve meses después del inicio de la guerra arancelaria impulsada por la administración Trump, las cadenas de suministro atraviesan un momento de enorme fragilidad: se han redibujado rutas comerciales, renegociado contratos y revisado planes logísticos. Pero la tensión no se explica únicamente por el pulso entre Washington y Pekín. El mapa geopolítico al completo se ha convertido en un factor determinante para cualquier operador global.




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Repaso geopolítico

En Europa del Este, el conflicto entre Rusia y Ucrania, que el próximo febrero cumplirá 4 años de duración, continúa ejerciendo presión sobre el mercado energético y agrícola. La volatilidad de los precios del gas y del diésel y las dificultades para operar en el mar Negro han afectado de lleno a sectores tan dispares como la automoción, la química o la alimentación. Las materias primas siguen sujetas a oscilaciones repentinas y el riesgo de interrupciones persiste en cada campaña agrícola.

En Oriente Medio, la incertidumbre geopolítica en torno al mar Rojo y los estrechos de Bab el-Mandeb y Ormuz ha desestabilizado al transporte marítimo. Los desvíos por el cabo de Buena Esperanza añaden hasta dos semanas de tránsito hacia Europa, tensionan la oferta global de capacidad y disparan los seguros. Las líneas intentan normalizar sus escalas, pero cada incidente puntual obliga a replantear los desvíos, generando un efecto dominó en los puertos de tres continentes.

Mientras tanto, China observa cómo la estrategia China Plus One (evitar producir únicamente en China y diversificar hacia otros países con bajos costes de fabricación) gana fuerza: parte de la producción se desplaza a India, Vietnam o México, creando nuevos corredores logísticos que aún buscan consolidarse.

La disputa por los minerales críticos, el pulso tecnológico en torno a los chips y la sombra permanente de Taiwán completan un tablero geoestratégico cada vez más complejo.




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El negocio del flete en 2026

El mercado logístico avanza, pero con el freno de mano echado. Los costes de los fletes han rebotado desde los mínimos del verano, aunque siguen sujetos a variaciones. La fiabilidad operativa apenas supera el 60 % y la congestión vuelve a ser un problema recurrente en corredores puntuales. Paralelamente, el transporte aéreo continúa tensionado por la demanda del comercio electrónico y por la necesidad de alternativas rápidas cuando el transporte marítimo se ve alterado.

Este año, la pregunta ya no es solo cuánto costará mover un contenedor, sino qué grado de certeza puede aportar cada ruta en un mundo donde la geopolítica pesa tanto como la demanda y donde cada incidente local tiene repercusión global.
Los analistas coinciden en que, en 2026, las cadenas de suministro se moverán en un escenario híbrido, donde conviven avances tecnológicos prometedores con tensiones estructurales aún sin resolver.

Reconfiguración de las rutas Asia–Europa

Los desvíos por el cabo de Buena Esperanza podrían dejar de ser una solución temporal si la seguridad en el mar Rojo no mejora de forma sostenida. Algunas navieras ya están diseñando redes permanentes basadas en tránsitos más largos, pero más predecibles, priorizando la estabilidad frente a la velocidad.

Se mantiene el ‘nearshore’

Continuará la relocalización parcial hacia México, Europa del Este o el Sudeste Asiático, pero la fabricación de componentes clave, como baterías, paneles solares o electrónica, seguirá dependiendo de China, lo que mantendrá la vulnerabilidad ante cualquier tensión geopolítica.

Automatización de almacenes y puertos

La presión sobre los costes laborales y la necesidad de una mayor adaptación al cambio van a impulsar las inversiones en automatización de terminales, gestión de almacenes, digitalización documental y trazabilidad. No será un avance homogéneo, pero sí muy visible en los principales centros logísticos europeos.

El avión, la válvula de escape a las presiones logísticas

El comercio electrónico, el transporte de productos de alto valor y las urgencias derivadas de disrupciones marítimas harán que se mantenga alta la demanda de carga aérea. En este escenario, Europa y Oriente Medio van a competir por convertirse en el gran centro de interconexión este–oeste.

Proveedores integrales

Las empresas buscan tener menos proveedores y más soluciones integrales (contratos “de principio a fin”, end to end o E2E) en un modelo en el que la naviera, los agentes de carga o el operador logístico asumen toda la cadena, desde la fábrica hasta el cliente final, integrando transporte, almacenamiento, rastreo y gestión de riesgos.

Volatilidad persistente en los fletes

Aunque es probable que los precios se estabilicen respecto a 2025, la volatilidad seguirá siendo la norma. Un solo incidente (un puerto bloqueado, un conflicto regional o una subida arancelaria) puede alterar las tarifas en cuestión de días. Por otra parte, la oferta logística marítima seguirá siendo limitada.

Un cliente más exigente y menos tolerante al retraso

En 2026 se consolidará un cambio cultural: las empresas exigirán no solo precio y capacidad, sino también previsibilidad y visibilidad en tiempo real. Quien no pueda ofrecerla quedará atrás.

Entre la fragilidad de los mercados y la presión por mantener el flujo de mercancías, el sector afronta una pregunta inevitable: ¿será capaz la logística de anticiparse al próximo shock antes de que suceda?

El desafío está servido. La adaptación, en curso.

The Conversation

Silvia Pinto Valero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La incertidumbre geopolítica cambia la logística y el transporte de mercancías – https://theconversation.com/la-incertidumbre-geopolitica-cambia-la-logistica-y-el-transporte-de-mercancias-269211

El tenaz “hongo ingeniero” que superó el intelecto humano

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio Fuentes Antón, Profesor de Didáctica de las Ciencias Experimentales, Universidad de Salamanca

Physarum polycephalum_, también conocido como “blob” por su aspecto gelatinoso y su comportamiento asombroso a la hora de buscar las mejores rutas para avanzar. Lebrac / Wikimedia Commons., CC BY

En el subsuelo húmedo de los bosques y en la materia en descomposición, existe un organismo que, pese a no tener cerebro ni sistema nervioso, actúa con lógica y meticulosidad.

Se llama Physarum polycephalum y es una especie de hongo capaz de resolver laberintos, diseñar y seguir rutas óptimas. Sus logros, a veces, superan a trabajos hechos por ingenieros, urbanistas y programadores de software.

¿Cómo es posible que algo aparentemente tan simple tenga una capacidad tan compleja? ¿Cómo puede este “hongo ingeniero” inspirar nuevas formas de computación o diseño urbano?

Un cerebro sin cerebro

Physarum polycephalum actualmente está incluido en el Reino Protista, donde se categorizan los hongos mucilaginosos o Myxomiycetos.

Vive en ambientes húmedos y sombreados, alimentándose de bacterias y materia orgánica en descomposición. Su apariencia amarillenta y su textura viscosa lo hacen poco atractivo a simple vista, pero su comportamiento es asombroso.

No es de extrañar que comúnmente se le llame blob, en alusión a la película de terror de los años 1950, The Blob.

La biología de Physarum ha captado la atención de neurocientíficos, ingenieros y filósofos, ya que cuestiona la idea de que la inteligencia requiere de neuronas.

A pesar de carecer de sistema nervioso, es capaz de recordar rutas, evitar obstáculos previamente recorridos y adaptar sus movimientos según las condiciones del entorno.

Esto es posible gracias a un sistema de movimiento interno. Su protoplasma –material interior de la célula– es capaz de oscilar con vaivenes de aproximadamente dos minutos entre la ida y la vuelta, generando patrones de movimiento coordinados.

Cómo resuelve laberintos

En el año 2000, investigadores japoneses realizaron experimentos donde colocaron a Physarum en un laberinto con comida al inicio y al final. En apenas unas horas, el organismo había encontrado la ruta que lo resolvía con el mínimo recorrido posible.

Otro experimento llevado a cabo en la Universidad de Toulouse, puso al hongo en contacto con sustancias amargas como la cafeína y la quinina. Los investigadores observaron que, al cabo de pocos días, el hongo evitaba e ignoraba dichas sustancias con las que se iba encontrando y conocía como frecuentes.

El experimento de Tokio

Con todas estas funciones “inteligentes” y complejas derivadas de Physarum, no es de extrañar que su sorprendente comportamiento haya sido estudiado para tratar de mejorar la sociedad humana.

En 2010, otros investigadores japoneses llevaron a cabo un experimento tan simple como brillante. Prepararon un gel con la forma del mapa de la región de Tokio y colocaron copos de avena (a modo de alimento) en las posiciones correspondientes a las principales estaciones del metro. Luego introdujeron Physarum polycephalum en el centro del mapa y lo dejaron actuar.

En cuestión de horas, el hongo comenzó a extenderse, conectando los puntos de alimento mediante redes de tubos. Lo sorprendente fue que, al cabo de unos días, la red creada por el hongo coincidía en gran parte con la red real del metro de Tokio.

Pero había una diferencia: era más eficiente. El organismo había eliminado algunas conexiones redundantes y estableció rutas más cortas o económicas.

Rutas trazadas por Physarum polycephalum en el experimento de Tokio, 2010.
Wikimedia Commons., CC BY

El estudio demostró que Physarum utiliza principios similares a los del diseño humano: coste mínimo, cobertura máxima y adaptación al entorno. Todo ello sin cálculos, sin planos y sin ordenadores. La naturaleza estaba poniendo en práctica la optimización urbana.

Biocomputación y robótica blanda

También se han llevado a cabo experimentos simulando autopistas americanas y británicas. En España, se han hecho simulaciones parecidas con la red de carreteras de Madrid.

Tras todos estos casos de estudio, Physarum se ha convertido en un organismo modelo para la investigación en otros campos.

En biocomputación, se estudia cómo este moho puede resolver problemas complejos como encontrar rutas mínimas entre nodos o adaptarse dinámicamente a cambios en el entorno. Todo esto sin necesidad de procesadores ni software: su cuerpo es el sistema de cálculo.

Así, se explora su uso en robótica blanda y sistemas bio-cibernéticos, donde la lógica de movimiento pulsátil y adaptable podría aplicarse al diseño de robots que se autorregulan o reparan e, incluso, prótesis, polímeros y recubrimientos bioeléctricos.

El hongo ingeniero está empezando a tomar protagonismo en nuestra sociedad actual, permitiendo al ser humano adquirir estructuras más eficientes y comprender procesos que, de otra manera, tardaríamos años en desarrollar por nosotros mismos.

Interrogantes filosóficos

En términos filosóficos, Physarum está ayudando a redefinir lo que entendemos por inteligencia y decisión: no como procesos conscientes, sino como respuestas emergentes a la información del entorno.

Blob es una prueba viviente de que la inteligencia no siempre necesita neuronas, ni circuitos, ni algoritmos artificiales. Su cuerpo blando, sin órganos ni estructura aparente, ha demostrado ser capaz de resolver problemas complejos que nosotros resolvemos con planos, cálculos y simulaciones.

En un momento en que la humanidad busca inspiración para diseñar sistemas más sostenibles, adaptativos y eficientes, quizás no tengamos que mirar hacia Marte o Silicon Valley. Muy posiblemente, la solución esté oculta bajo nuestros pies, desplazándose con calma, pero con claridad y objetivo.

The Conversation

Sergio Fuentes Antón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El tenaz “hongo ingeniero” que superó el intelecto humano – https://theconversation.com/el-tenaz-hongo-ingeniero-que-supero-el-intelecto-humano-272600

Lecciones norteamericanas sobre la legalización del cannabis recreativo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Sordo, Investigador y profesor del Departamento de Salud Pública y Materno-Infantil. CIBERESP, Universidad Complutense de Madrid

Tienda de productos de cannabis en la ciudad de Bothwell (estado de Washington, EE. UU.). Colleen Michaels/Shutterstock

La legalización del cannabis recreativo (hablamos solo del uso lúdico, no del medicinal) es una realidad consolidada en parte de Norteamérica. Tanto Canadá como 24 estados de EE. UU. (además de tres territorios y el distrito de Columbia) permiten este tipo de consumo. Esta coexistencia ha creado un laboratorio natural que permite observar los efectos sociales, sanitarios y económicos de la legalización en contextos culturales muy semejantes.

Aumento del consumo y sus consecuencias

Uno de los aspectos observados tras la legalización es un aumento del uso de cannabis en algunos segmentos de la población, tanto de manera esporádica como frecuente. Este cambio pueden inferirse de encuestas de consumo, pero también de consecuencias derivadas del mismo. En Canadá, tras un periodo de contención inicial, las urgencias médicas y los ingresos hospitalarios relacionados con el cannabis y los brotes psicóticos inducidos por esta droga aumentaron. En parte podría explicarse por la disminución de la percepción de riesgo.

Alteración en la percepción del riesgo

Cuando un producto pasa de la ilegalidad a la venta regulada, la percepción social del riesgo tiende a disminuir y se produce un proceso de normalización que afecta especialmente a los jóvenes, favoreciendo la iniciación o el aumento del consumo. La legalización del cannabis no elimina sus efectos adversos, ampliamente documentados a nivel físico y mental, pero puede contribuir a ocultarlos bajo una apariencia de sustancia “segura” o “natural”. Así ocurrió históricamente con el alcohol y el tabaco, cuya integración en el mercado legal fue acompañada de estrategias que minimizaron sus riesgos.

Cambios en el mercado legal

Más allá del cambio en la percepción, la gran transformación está en el mercado. Sus principales consecuencias son tres:

  1. La legalización ha hecho más accesibles y visibles los lugares de venta.

  2. El porcentaje del compuesto del cannabis responsable de los efectos que busca el consumidor recreativo (THC) ha aumentado. Es decir, mismas cantidades tienen más efectos psicoactivos, aumentando los casos de intoxicación por su uso.

  3. La venta legal ha impulsado la aparición de una gran variedad de formas de administrar el cannabis: flores, aceites, comestibles, extractos y, quizá lo más preocupante, bebidas que empiezan a ser muy populares entre la población joven. Ya no solo se fuma y eso abre un nuevo horizonte a las empresas que lo comercializan. Es decir, se ha legalizado el cannabis recreativo en el contexto de sociedades de consumo.

Persistencia del mercado negro

Uno de los propósitos más importantes de la legalización era reducir el mercado negro. Aunque la comercialización legal supone muchas ventajas que veremos más adelante, no ha eliminado la venta ilegal. De hecho, en lugares como Nueva York, el cannabis más consumido se sigue consiguiendo de forma clandestina. Al no estar controlado con impuestos, el producto se vende más barato, haciendo que las ventajas de la legalización se diluyan. En Canadá, se estima que el porcentaje de consumo ilegal está en torno al 30 %.

Buenas noticias

Existen elementos positivos de la legalización. La evidencia es clara: se ha registrado una reducción de los delitos relacionados con el cannabis. Tanto en Canadá como en los estados de EE. UU. donde se ha aprobado, los arrestos y detenciones por delitos relacionados con el cannabis se han desplomado entre un 70 % y un 90 %, lo cual libera recursos para delitos de mayor gravedad, reduce la carga policial sobre sectores poblacionales más penalizados por infracciones menores y facilita su reinserción laboral y educativa (en muchos estados, los delitos previos a la legalización han sido borrados).




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Las otras buenas noticias derivan del aumento de ingresos fiscales y la posibilidad de someter al cannabis a controles sanitarios, etiquetado y límites de contaminantes. Esto reduce los riesgos asociados al producto adulterado o contaminado, comunes en el mercado negro. Además, la legalización ha abierto espacio para un discurso más racional y menos estigmatizante sobre el consumo y sus riesgos, favoreciendo políticas de reducción de daños más realistas. Y permitiendo investigar mejor los efectos de su consumo.

La legalización sin simplismos

La legalización no es intrínsecamente negativa o positiva: depende en gran medida de cómo se diseñe, implemente y supervise. En Norteamérica, los beneficios esperados (recaudación fiscal, reducción del mercado ilegal, mejora del control del producto y disminución de condenas penales) están presentes, aunque el balance es incierto.

La implantación de la venta legal requiere periodos de transición y campañas sobre sus riesgos, así como marcos regulatorios sólidos que controlen el producto y su precio, restrinjan la publicidad e impidan el acceso a menores. En Europa, solo Alemania, desde 2024, permite el uso recreativo (en Países Bajos, no es exactamente legal). Pronto veremos qué lecciones sacar de su experiencia.

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Luis Sordo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Lecciones norteamericanas sobre la legalización del cannabis recreativo – https://theconversation.com/lecciones-norteamericanas-sobre-la-legalizacion-del-cannabis-recreativo-274568