Comment une forêt peut-elle émettre plus de CO₂ qu’elle n’en capture ?

Source: The Conversation – in French – By Ariane Mirabel, Tropical ecology researcher, Cirad

Longtemps considérées comme de précieux « puits de carbone » absorbant une partie du CO2 en excès dans l’atmosphère, les forêts voient aujourd’hui ce rôle fragilisé. Certaines émettent désormais plus de CO2 qu’elles n’en captent. La cause de ce phénomène est multiple : elle tient au changement climatique, aux pressions anthropiques et à leurs conséquences.


Par le processus de photosynthèse, les plantes utilisent l’énergie lumineuse et le CO2 de l’atmosphère pour produire de la matière organique.

Les forêts contribuent donc, comme le reste du règne végétal, au piégeage de carbone dans leur biomasse : en grande partie les troncs, les branches et les feuilles – on parle alors de biomasse « aérienne », mais également les racines et les sols. Dans les forêts tropicales et tempérées, cette biomasse est principalement aérienne, tandis qu’elle est majoritairement stockée dans les sols en forêt boréale.

Avec une constante : sous tous les climats, les forêts sont les écosystèmes qui stockent le plus de carbone. Cependant, l’évolution de ce stock de carbone dépend de la dynamique des forêts.

En effet, même si du carbone est séquestré lors de sa croissance, une plante (et donc un arbre), comme tout organisme vivant, respire, et va à son tour émettre du CO2 dans l’atmosphère. Par ailleurs, les végétaux se décomposent après leur mort. À terme et dans la plupart des cas, le carbone stocké est donc restitué à l’atmosphère sous forme de carbone atmosphérique (excepté sous certains climats boréaux où la décomposition n’est pas totale et la biomasse s’accumule dans les sols, par exemple sous forme de tourbières).

Pour avoir un effet vertueux sur le climat, il faut donc que les forêts séquestrent davantage de carbone (dans les troncs, les branches, les racines et les sols) qu’elles n’en émettent (à travers la respiration et la mort des végétaux). On parle alors pour les décrire de « puits de carbone » naturels.

Mais sous certaines conditions, les forêts peuvent avoir un bilan carbone net émetteur : elles émettent davantage de CO2 qu’elles n’en captent. Comment cela est-il possible et pourquoi ? Une telle situation est-elle amenée à se généraliser sous l’effet du changement climatique ? Tour d’horizon.




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Les forêts, des puits de carbone… à certaines conditions

Dans une forêt à l’équilibre, qui ne serait pas perturbée par des changements environnementaux, d’origine naturelle ou anthropique, les flux de carbone liés à la croissance et à la mortalité s’équilibrent. Dans le bilan global, il n’y a dans ce cas alors ni stockage ni émission de carbone.

Le puits de carbone forestier, bien documenté depuis la fin du XXe siècle, provient ainsi des dynamiques de reforestation, de récupération après des perturbations antérieures et de l’augmentation de la concentration en CO2 de l’atmosphère, qui conduisent les écosystèmes forestiers vers un nouveau point d’équilibre, non encore atteint précédemment.

Les feux de forêt ou la déforestation (conversion de forêts en zones agricoles ou urbaines), à l’inverse, déstockent le carbone forestier et génèrent d’importantes émissions de carbone atmosphérique.

Mais au-delà de la disparition des forêts, même lorsqu’un couvert forestier est maintenu, c’est bien le bilan net des flux de carbone qui va déterminer si une forêt stocke du carbone ou si elle en émet.

Des forêts qui stockent de moins en moins de carbone

Dans certaines conditions, en effet, des forêts peuvent avoir un bilan carbone émetteur : plutôt que de stocker le carbone, elles le déstockent. Pourquoi ?

Une première explication tient à la balance croissance-mortalité des arbres. En effet, tout facteur augmentant la mortalité – ou limitant la croissance des arbres (sécheresses, maladies, ravageurs) – va induire une réduction du stockage de carbone, voire un déstockage.

Or, depuis quelques années, on observe une diminution globale de la croissance des arbres et une augmentation de leur mortalité, en lien avec les sécheresses plus longues et plus intenses.

Ce déclin du rôle de puits de carbone des forêts a été observé notamment en Amazonie. Les forêts matures, à l’équilibre, stockent moins de carbone depuis les années 2000 : la quantité moyenne de carbone stockée par hectare a chuté d’environ 30 % entre 2000 et 2010.

Au contraire, en Afrique centrale, le stockage de carbone est resté constant entre 2000 et 2010. Cette différence s’expliquerait par le fait que les essences d’arbres qu’on retrouve dans les forêts tropicales africaines seraient davantage adaptées à des épisodes de sécheresse et de fortes températures.




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Les forêts changent de composition sous l’effet du changement climatique

Les mélanges d’espèces végétales qui composent les forêts ont donc un rôle majeur. Tout changement dans cette composition, dans une logique d’adaptation au changement climatique ou aux pressions anthropiques, est donc susceptible de modifier le bilan carbone d’une forêt.

Lorsqu’un arbre meurt, il n’est pas toujours remplacé par un autre de la même espèce.

En effet, la quantité de carbone stockée par une forêt dépend aussi de la couverture forestière et de la densité du bois des arbres, qui diffèrent pour chaque espèce d’arbre.

De tels changements de composition peuvent subvenir sous toutes les latitudes. Ils existent également en forêts tempérées, mais sont particulièrement flagrants dans les forêts boréales et tropicales :

  • En forêt boréale, les arbres peuvent être remplacés par des espèces arbustives ou herbacées, plus résistantes à la sécheresse, mais plus petites et moins denses.

  • En forêt tropicale, les arbres de forêt mature, de grande taille et à bois dense, peuvent être remplacés par des espèces de forêt secondaire, plus petites et à bois moins dense.

Dans les deux cas, cela peut entraîner une baisse des quantités de carbone stocké.

Le cas particulier des forêts tempérées

Qu’en est-il pour les forêts tempérées ? En Europe, une meilleure gestion et des politiques de reforestation ambitieuses ont permis d’augmenter les quantités de carbone stockées chaque année entre 1990 et 2005.

Cependant, les effets combinés des sécheresses, tempêtes, maladies et ravageurs, ont augenté la mortalité des arbres et diminué leur croissance. De fait, la quantité de carbone stockée chaque année en forêt tempérée, en tenant compte des variations de croissance et de l’augmentation des surfaces forestières, a diminué au cours des dernières décennies : aux États-Unis, la baisse a été de 10 % entre 2000 et 2010. En Europe, elle avoisine 12 %.

En France, les dernières données de l’inventaire forestier indiquent que sur la période 2014-2022, les forêts métropolitaines ont absorbé 39 millions de tonnes de CO2 par an en moyenne, tandis qu’elles en absorbaient 63 millions de tonnes de CO2 par an au cours de la période 2005-2013.




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L’influence délétère des feux de forêt

Le changement climatique alimente des conditions climatiques particulièrement propices aux feux de forêt et aux invasions de ravageurs

Or, les feux de forêt sont des facteurs aggravants de la dégradation du puits de carbone forestier : non seulement ils entraînent des émissions massives de gaz à effet de serre, mais ils accélèrent aussi les changements de composition des forêts, qui peuvent alors mettre des décennies à retrouver leur état d’origine.

Dans certains cas, il s’agit même de transition vers des écosystèmes non forestiers : les forêts disparaissent purement et simplement.

En forêts boréales, cela affecte d’ores et déjà le stockage du carbone. Celui-ci est en nette diminution depuis les années 90.

  • En Russie, par exemple, les forêts dont devenues émettrices dans les années 2010.

  • Au Canada, elles étaient encore neutres dans les années 1990, mais sont devenues émettrices entre les années 2000 et 2010.

Ce phénomène devrait s’amplifier et se répéter à l’avenir, car des saisons d’incendies telles que celle connue par le Canada en 2023 sont appelées à se multiplier.

Dans ces zones normalement froides, le changement climatique peut aussi entraîner le dégel et l’assèchement des sols, ce qui conduit à une dégradation accélérée du carbone organique qu’ils contiennent, et à un déstockage plus rapide de carbone. Les feux de forêt contribuent aussi à consumer la matière accumulée.

À l’échelle globale, l’absorption de carbone par les sols en forêt boréale a ainsi diminué de 30 % entre 2000 et 2010. Ces flux de carbone sont difficiles à évaluer et variables dans le temps et l’espace, mais quasiment toutes les études pointent vers une réduction du stockage de carbone organique dans ces sols.

Mais les feux de forêt ne dépendent pas que des conditions climatiques : en forêts tempérées, les activités humaines sont responsables de la quasi-totalité des départs de feux.

En 2022, à l’échelle de l’Europe, 785 000 hectares de forêts ont brûlé, ce qui représente plus du double de la moyenne entre 2006 et 2021. Cette année 2025, le Portugal, la Grèce et la Turquie ont enregistré de nouveaux records d’incendies. La France n’est pas épargnée : 17 000 hectares ont brûlé en quelques jours dans l’Aude.

Près de 30 % de carbone en moins entre 1990 et 2010

Que retenir de tout ceci ? Si les causes de réduction du stock de carbone forestier sont identifiées aux différentes latitudes, il est difficile de prédire finement l’évolution à venir des forêts et les conséquences qui en découleront.

Ainsi, aucune forêt n’est épargnée : toutes sont susceptibles de devenir émettrices de carbone suite aux effets combinés des activités anthropiques et du changement climatique.

Globalement, il est estimé que la quantité de carbone stockée chaque année par les forêts dans le monde a diminué d’environ 30 % entre 1990 et 2010. Cette tendance risque de se poursuivre.

La meilleure façon d’endiguer ce déclin reste de préserver les forêts existantes.
Dans les forêts gérées par l’humain, le maintien du stock de carbone forestier et/ou l’accompagnement des transitions des peuplements d’arbres vers des espèces adaptées aux nouvelles conditions climatiques est un nouvel enjeu de la gestion forestière à l’échelle planétaire.

The Conversation

Ariane Mirabel a reçu des financements de recherche publics.

Géraldine Derroire a reçu des financements de recherche publics.

Plinio Sist a reçu des financements de la recherche publique.

Stéphane Traissac a reçu des financements de la recherche publique française

– ref. Comment une forêt peut-elle émettre plus de CO₂ qu’elle n’en capture ? – https://theconversation.com/comment-une-foret-peut-elle-emettre-plus-de-co-quelle-nen-capture-265423

Pour des forêts à croissance rapide, favorisez les arbres à croissance lente

Source: The Conversation – in French – By Marie Charru, Maîtresse de conférence en sylviculture et aménagement forestier, Bordeaux Sciences Agro

Les forêts participent grandement à l’atténuation du changement climatique par leur capacité à capturer le CO2. Dès lors, quelles espèces d’arbres favoriser pour reconstituer des forêts rapidement ? Le bon sens nous soufflerait de privilégier les arbres à croissance rapide… mais la réalité des dynamiques forestières est plus complexe.


Pour gagner une course de vitesse, choisiriez-vous une Formule 1 ou une voiture de rallye ? D’emblée, on aurait plutôt le réflexe de tout miser sur la Formule 1. Puis on se demanderait, peut-être, quelle est la nature du circuit : on a du mal à imaginer une Formule 1 être performante sur une piste cabossée, et on préférera dans ce cas une voiture plus robuste.

Il en va de même pour la croissance des arbres : si certaines espèces, prises de façon isolée, sont théoriquement bien équipées pour maximiser leur vitesse de croissance, elles sont en fait rarement gagnantes dans les forêts, où les conditions sont plus contraignantes. Comme la vitesse de croissance va de pair avec la capacité des arbres à séquestrer du dioxyde de carbone (le CO2), cela a des implications importantes concernant les capacités des forêts à atténuer le changement climatique.

Il s’agit pourtant d’un des nombreux services écosystémiques que celles-ci fournissent. Outre la régulation microclimatique, la préservation de la biodiversité, la purification de l’air et de l’eau et la protection des sols, les forêts constituent, avec les océans, l’un des deux puits de carbone les plus importants, de par leur capacité à stocker du carbone dans les sols et dans la biomasse des arbres. Les gestionnaires forestiers se posent alors une question clé : quelles espèces d’arbres ont le plus grand potentiel d’atténuation ?

Un premier élément de réponse consiste à identifier les espèces d’arbres qui grandissent le plus rapidement : plus un arbre pousse vite, plus il séquestre de carbone à travers la photosynthèse. Promouvoir des arbres à croissance rapide semble un des leviers de l’atténuation du changement climatique.

Mais est-ce vraiment le cas ? Pour tester cette hypothèse, nous avons mené récemment une étude. Dans ce travail mené par Bordeaux Sciences Agro et l’Inrae, réunissant un consortium international de chercheurs, nous avons analysé la croissance de 233 espèces d’arbres dans 160 forêts expérimentales réparties dans le monde entier.

Deux grandes familles d’arbres

Nous avons étudié la relation entre la vitesse de croissance des espèces et certaines de leurs caractéristiques appelées « traits fonctionnels ».

Un érable en automne.
Sid Dahal/Pexels

Ceux-ci permettent de séparer les espèces en deux grandes catégories :

  • Les espèces dites « acquisitives », comme les érables ou les peupliers. Elles sont caractérisées par leur efficacité dans l’acquisition de ressources (lumière, eau, nutriments) et dans la transformation de ces ressources en biomasse (richesse des feuilles en enzymes et en nutriments pour faire la photosynthèse). Cela passe par l’optimisation des surfaces de prélèvement (feuilles larges et fines, racines longues et fines).
Chêne vert (Quercus ilex).
Jean-Pol Grandmont/Wikicommons, CC BY-SA
  • Les espèces dites « conservatives », comme le sapin, le chêne pubescent ou le chêne vert. Elles sont plus efficaces dans la conservation des ressources internes (feuilles et racines moins étalées et plus épaisses pour limiter les pertes d’eau, renouvellement des organes moins fréquents pour limiter les besoins en ressources). Elles sont aussi plus tolérantes aux stress environnementaux.

Nous nous sommes alors demandé : quelles espèces poussent le plus vite, les acquisitives ou les conservatives ?

Les espèces « acquisitives », les Formule 1 du monde végétal

Des travaux antérieurs ont montré qu’en conditions contrôlées (souvent des expériences en serre) les espèces acquisitives poussent généralement très vite. En effet, leurs caractéristiques font d’elles de véritables voitures de Formule 1 végétales, où tout est optimisé pour gagner la course à la croissance.

À l’inverse, les espèces conservatives n’optimisent pas leur croissance, mais plutôt leur résistance aux contraintes de l’environnement, et grandissent souvent moins vite dans ces expériences.

Ces résultats ont conduit les écologues à bâtir une théorie selon laquelle les espèces acquisitives poussent plus vite que les espèces conservatives dans la plupart des conditions. Cependant, cette théorie a été questionnée par des chercheurs qui n’arrivaient pas à la vérifier en dehors des laboratoires, à savoir dans des forêts.

Et de fait, notre étude a montré que cette théorie n’est pas valable en conditions réelles.

Les espèces « conservatives », des championnes de rallye

En effet, dans les forêts boréales, tempérées et méditerranéennes, les espèces conservatives poussent généralement plus vite que les acquisitives.

Ce résultat s’explique par la localisation de ses forêts, le plus souvent dans des zones où les conditions de croissance sont défavorables (faible fertilité du sol, climat froid et/ou sec).

Pour filer la métaphore automobile, les forêts mondiales s’apparentent plus souvent à des chemins cabossés qu’à des circuits de course.

  • Ceci donne un avantage aux espèces conservatives, plus résistantes au stress et plus frugales dans la gestion de ressources limitées : telles des voitures de rallye, elles sont équipées pour s’accommoder des aléas de l’environnement.

  • À l’inverse, les Formule 1 acquisitives sont beaucoup moins performantes dans ces conditions défavorables, car elles ne peuvent exprimer leur potentiel que dans des conditions optimales : une sécheresse équivaut à une crevaison fatale, et un sol pauvre conduit rapidement à une panne de carburant.

D’où cet apparent paradoxe de forêts qui poussent plus vite si on privilégie des espèces supposées à croissance lente.

Dans les forêts tropicales humides, où le climat est potentiellement plus favorable à la croissance des végétaux, les deux types d’espèces d’arbres ne se départagent pas en moyenne. Pourtant, on aurait pu s’attendre à une vitesse de croissance plus élevée pour les espèces acquisitives dans ces bonnes conditions climatiques. Mais les limitations nutritives liées aux sols donnent sans doute l’avantage aux espèces conservatives dans certaines situations.

Des espèces à choisir selon les climats et selon les sols

Retenons de cette étude le rôle déterminant des conditions locales dans le choix des espèces d’arbres.

De la même façon que l’on s’est demandé sur quel type de piste la course aurait lieu avant de choisir entre la Formule 1 et la voiture de rallye, il faut analyser finement les conditions environnementales avant de choisir quel type d’espèce favoriser dans un endroit donné.

Ainsi, sous des climats favorables et des sols fertiles, les espèces acquisitives telles que les érables, les frênes ou les peupliers pousseront plus vite et donc fixeront plus de carbone que des espèces conservatives comme le chêne vert, le chêne pubescent ou de nombreux pins.

À l’inverse, sous des climats défavorables et sur des sols pauvres, ce sont les espèces conservatives qui auront le meilleur potentiel d’accumulation de carbone dans la biomasse.

Le carbone stocké par les sols, autre paramètre crucial

Notre étude ne s’est intéressée qu’à la vitesse de croissance en hauteur des arbres et au stockage de carbone dans le bois. Mais n’oublions pas que 50 % du carbone stocké en forêt l’est par les sols.

Une autre étude, réalisée dans le cadre du même projet de recherche, a mis en évidence l’effet du type d’espèce et du milieu sur le stockage de carbone dans le sol.

Quand les conditions environnementales sont défavorables, les espèces conservatives stockent davantage de carbone dans le sol, mais sous une forme peu stable. Ce carbone peut donc être relargué dans l’atmosphère si les conditions changent (exploitation forestière, incendie, réchauffement, etc.).

Quand les conditions environnementales sont favorables en revanche, les espèces acquisitives et conservatives stockent autant de carbone dans les sols. Mais le carbone issu des espèces acquisitives est plus stable et moins susceptible d’être relargué dans l’atmosphère.

Ces résultats confirment le fait qu’il faut privilégier les espèces conservatives dans les milieux défavorables, car elles y stockent le carbone de façon plus efficace, aussi bien dans la biomasse que dans le sol. À l’inverse, les espèces acquisitives doivent être préférées dans les milieux favorables, où elles peuvent pousser plus vite et stocker du carbone de manière plus durable dans le sol.

Il n’y a ainsi pas une espèce meilleure que l’autre pour stocker du carbone, mais seulement des espèces adaptées à différents types de conditions environnementales. N’oublions pas que, sur notre planète, les espèces sont déjà très bien réparties en fonction de leurs besoins. Cette étude permet donc de confirmer que la nature fait bien les choses : écoutons-la !


Le projet CARbone, Traits fonctionnels associés, et leur OptimisatioN est soutenu par l’Agence nationale de la recherche (ANR) qui finance en France la recherche sur projets. L’ANR a pour mission de soutenir et de promouvoir le développement de recherches fondamentales et finalisées dans toutes les disciplines, et de renforcer le dialogue entre science et société. Pour en savoir plus, consultez le site de l’ANR.

The Conversation

Marie Charru a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche

Laurent Augusto a reçu des financements de l’Agence nationale de la recherche (ANR).

– ref. Pour des forêts à croissance rapide, favorisez les arbres à croissance lente – https://theconversation.com/pour-des-forets-a-croissance-rapide-favorisez-les-arbres-a-croissance-lente-260456

Inside the new repairability scores for smartphones and tablets in the EU

Source: The Conversation – France (in French) – By Christoforos Spiliotopoulos, Scientific Researcher, Joint Research Centre (JRC)

More and more electronics are being sold in the EU, contributing to waste generation. According to Eurostat, the amount of electrical and electronic equipment on the market increased from 7.6 million tonnes in 2012 to 14.4 million tonnes in 2022. However, while the amount of total e-waste collected in the bloc also increased during this period, only a fraction of electric and electronic equipment – 4 million tonnes in 2022 – is recycled and prepared for reuse.

To help reduce waste, pollution and resource extraction, my colleagues and I at the European Commission’s Joint Research Centre (JRC) designed a tool to help consumers make sustainable purchasing decisions: repairability scores for smartphones and tablets. The scores, now included on the EU energy label for these products, could help build a more circular economy.

The path to a circular economy

One reason why product waste is on the rise is the way products are designed. A good example is mobile phone batteries. According to a report prepared for the Commission by the Fraunhofer Institute for Reliability and Microintegration, the Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research and the Flemish Institute for Technological Research (VITO), these batteries were typically replaceable by end-users until 2011. But design practices shifted rapidly, and as the report shows, user-replaceable batteries became a rarity by 2020.

The share of mobile phones with user-replaceable batteries, 2000-2020

In the face of supply challenges for raw materials critical to achieving EU climate and digital objectives, there is an increased focus on circularity in the bloc. This should not come as a surprise: material circularity has multiple potential benefits. In a linear economy, raw material is extracted and turned into manufactured products, which are disposed of as waste after use. By contrast, a circular economy is a closed-loop system whereby resources are kept in circulation via reuse or recycling. Extending the lifetime of products by repairing them is a typical strategy for circularity. It reduces demand for both extraction and production, slowing down those resource loops, and generates savings for consumers as purchases become less frequent.

We developed the scoring system for smartphones and tablets based on a more general repairability scoring system that the JRC developed in 2019. Falling on an A to E scale (highest to lowest repairability), the scores began appearing on the EU energy label for these two kinds of devices, alongside other product information such as battery endurance and resistance to dust and water penetration (the “IP” rating), on June 20, 2025.

EU energy labelling regulations are often paired with the bloc’s Ecodesign regulations, which set minimum requirements for the same or similar qualities. While the minimum requirements in the Ecodesign regulations aim at ridding the EU market of “the worst-performing products”, the energy labelling regulations reward the products that perform best with consumer-facing high scores.

Evaluating repairability

To develop a method to determine repairability scores for smartphones and tablets, we dived into product characteristics to understand what makes repair easy or difficult.

First, we identified key components (“priority parts”). This allowed us to focus on components that are critical for a product to function and are associated with frequent failures. It also ensured that the assessment addresses failures that consumers face in daily life. Product analyses and consumer surveys revealed that batteries and screens are most vulnerable to failure. As such, the ability to replace them weighs in accordingly in the assessment. Cameras, ports, microphones and speakers were some of the other key components that formed part of the overall score.

As a second step, we identified the parameters that determine the ability to repair. These fell into two groups. The first is comprised of those related to the physical design of the product, and the effort and time needed for repair. They include the kind of tools that are required to access the components needing replacement, the way components are fastened together, and the number of steps it takes to remove a faulty component (“disassembly depth”).

The second group of parameters is comprised of those related to services provided by product manufacturers. These include the availability of spare parts to replace faulty ones, the availability of repair instructions (such as diagrams and disassembly maps) for independent professionals and consumers, and the length of time software updates are available.

The evaluation of all the parameters in both groups results in the aggregated repairability score that is now on EU energy labels for smartphones and tablets.

A person’s fingers touch the back and front of a smartphone as that person opens its back cover
The back cover of a smartphone with a snap-fit fastening system, which is easily removable by hand.
Tobias Isakeit and an unnamed contributor, iFixit.com, CC BY-NC-SA

Benefits from more sustainable consumption

Increasing the lifetime of smartphones and tablets could help save raw materials, meet EU climate goals and reduce costs for consumers. According to an estimate in the Ecodesign Impact Accounting Overview Report 2024, a report prepared by the VHK consultancy for the Commission, in 2030, the EU Ecodesign and energy labelling regulations for mobile phones (of which the repairability score is part) are expected to save 0.2 megatonnes of CO2-equivalent emissions and €20 billion for consumers per year.

But there is more: if the scores stimulate consumer demand for more repairable products, supply could follow, with manufacturers looking to gain a competitive advantage on that basis. And eventually, you might have fewer wasted hours trying to recover your contacts, photos and user accounts from your broken phone.

Beyond smartphones and tablets

The methodology behind the scores for smartphones and tablets is highly adaptable. Selecting the priority parts and repairability parameters that correspond to the technical characteristics and market conditions of a given product can be used for a variety of appliances and devices.

In April, the European Commission announced plans to propose repairability requirements (including repairability scores) for more consumer electronics and small household appliances, under the EU Ecodesign for Sustainable Products Regulation. As such, consumers may have more readily accessible information about repairability in the coming years.


A weekly e-mail in English featuring expertise from scholars and researchers. It provides an introduction to the diversity of research coming out of the continent and considers some of the key issues facing European countries. Get the newsletter!


The Conversation

Christoforos Spiliotopoulos ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Inside the new repairability scores for smartphones and tablets in the EU – https://theconversation.com/inside-the-new-repairability-scores-for-smartphones-and-tablets-in-the-eu-266102

Where does Trump’s peace plan leave the Palestinians?

Source: The Conversation – UK – By Jonathan Este, Senior International Affairs Editor, Associate Editor, The Conversation

This article was first published in The Conversation UK’s World Affairs Briefing email newsletter. Sign up to receive weekly analysis of the latest developments in international relations, direct to your inbox.


As the world waits for what remains of the Hamas leadership to respond to Donald Trump’s 20-point peace deal – which the US president says they had better accept or “pay in hell” – it’s important to remember that there’s no certainty that the deal, as published this week, will make it past Netanyahu’s cabinet either.

Trump announced on September 29 that the Israeli prime minister, Benjamin Netanyahu, had agreed to the terms of the deal, which includes what on the face of it appears to be a highly conditional reference to Palestinian self-determination. “While Gaza re-development advances and when the PA reform programme is faithfully carried out, the conditions may finally be in place [my italics] for a credible pathway to Palestinian self-determination and statehood, which we recognise as the aspiration of the Palestinian people.”

As they thrash out each clause of this, Hamas negotiators will be mindful of the fact that, on his return to Israel, Netanyahu said he had not agreed to a Palestinian state. He posted on social media saying that a promise of statehood was not written anywhere in the agreement and that Israel would “forcibly resist” such an outcome.

They will also note that according to the terms of the deal, their organisation is supposed to disband and disarm and they will be excluded, as representative of Hamas at least, from taking any further part in the governance of Gaza or indeed a Palestinian state.

Meanwhile, in the West Bank, Hamas’s counterpart Fatah, which runs the Palestinian Authority (PA), has lost the support of most Palestinians (a recent poll found just 6% would vote for Fatah leader Mahmoud Abbas, the PA president). Abbas is 89 years old and has surrounded himself with elderly supporters. The PA has been dogged by corruption scandals for years.

It’s clear that to have any chance of forming a coherent and credible government for a future Palestinian state, a new generation of leaders will be needed. The man who many think should lead that government is currently serving five life sentences in an Israeli jail.

Marwan Barghouti has been called “Palestine’s Mandela”. This is clearly partly for his lengthy spell of incarceration. But it’s also a reference to his preference for peaceful resistance – although, to be clear, he has not renounced violence as a means to political ends, either. Barghouti is respected by both Palestinian secularists and Islamist leaders, many of whom he has become friendly with in prison. Last year, the former head of the Israeli intelligence agency Shin Bet, Ami Ayalon, said releasing Barghouti would be a meaningful step towards constructive negotiations.

But as Leonie Fleischmann notes, powerful people want to keep him locked up. Fleischmann, an expert in Middle East conflict from City St Georges, University of London, says that the PA leadership has repeatedly opposed his release in prisoner swaps. And Netanyahu said, in response to an op-ed by Barghouti that was printed by the New York Times, that: “Calling imprisoned Fatah leader, Marwan Barghouti, a Palestinian leader and parliamentarian is like calling Syrian president, Bashar Assad, a paediatrician.”




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It was interesting that, while the peace deal was largely pulled together in the fringes of the recent United Nations general assembly meeting in New York, representatives of the Palestinian authority were not there as the US had cancelled their US visas.

It’s not the first time that the US has undermined the ability of the PA to represent its people. And the irony, as Anne Irfan points out, is that the PA was actually set up as part of the Oslo Accords, the settlement famously signed at the White House by PLO chief Yasser Arafat and Israeli prime minister Yitzhak Rabin, with Bill Clinton presiding.

US president Bill Clinton holds his hands wide as  Israeli prime minister Yitzhak Rabin and Palestinian leader Yasser Arafat shake hands.
US president Bill Clinton with Israeli prime minister Yitzhak Rabin and Palestinian leader Yasser Arafat at the Oslo Accords signing ceremony on 13 September 1993.
Vince Musi/The White House

As Irfan, a historian of the Middle East from UCL, observes that not only did the accords favour Israel, giving Palestinians limited scope for self-governance, the summit that followed at Camp David was stage-managed to ensure a failure to reach an agreement. Successive US administrations, says Irfan, have undermined the ability of the PA to exercise leadership.




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Still, the deal as presented – flawed as it is – does offer Palestinians some significant concessions. The violence will stop and the flow of aid into Gaza will resume – significantly, overseen by the UN and the Red Crescent rather than the widely discredited Gaza Humanitarian Foundation (GHF). The GHF has been running the system of aid distribution, which has seen so many Palestinians killed as they wait to get food for their families.

Israel has pledged not to annex Gaza or the West Bank. Nobody will be forced to leave. And the deal offers amnesty to Hamas members who give up their weapons and renounce violence. Julie Norman believes Hamas would be well advised to accept the deal. First, if they don’t, Trump has given the green light to Israel to “finish the job” in Gaza.

Norman, an expert in the Middle East and National Security at UCL and the Royal United Services Institute, also believes this is the best offer Hamas is going to get. As she observes: “Gazans are desperate for the devastation to end.” They may not react well to Hamas prolonging the violence for its own ends.




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A regional perspective

A big factor in all this is what appears to be an enthusiastic buy-in from Israel’s Arab neighbours. As Scott Lucas says, they also want the killing to stop. There is a considerable economic upside in ending the conflict and pushing for further normalisation with Israel. There will also be money to be made in the reconstruction of post-war Gaza.

But at the same time, they will be aware of the need not to antagonise their own people, who are largely sympathetic to the Palestinian cause. Bringing an end to the violence in Gaza will ease those tensions while at the same time offering the chance to restore a measure of calm to a region that has been riddled with violence over the past two years.

Lucas, an expert in Middle East politics at University College Dublin, thinks that it will take time and the rebuilding of trust for normalisation to resume. But there is no chance of that at all while the killing continues in Gaza.




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Good news from Moldova

There were serious concerns ahead of last weekend’s election in Moldova that Russian interference might affect the result of the poll, which pitted pro-EU president, Maia Sandu, against the pro-Russian Patriotic Electoral Bloc led by Igor Dodon.

In the end, despite reports of widespread attempts to sway voters towards Russia (including recruiting Russian Orthodox clergy to try to persuade their flock to cast their votes for Dodon) it wasn’t even close. Sandu’s Party of Action (PAS) and Solidarity won with more than 50% of the votes cast, compared to the Patriotic Electoral Bloc’s 28.14%.

Stefan Wolff, an expert in international security at the University of Birmingham, pointed to the low turnout and the fact that the vast majority of votes cast by Moldova’s sizeable diaspora in Europe were for PAS is an indication of how deeply divided the country remains over its future direction.




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Moldova: pro-EU party wins majority in election dominated by Russian interference


Maga’s Viking obsession

There’s been a degree of hilarity over words uttered by the FBI boss, Kash Patel, at a press conference to announce that a suspect in the shooting of the rightwing influencer Charlie Kirk had been apprehended. Assuring Kirk that his work would continue, Patel signed off with the words: “I’ll see you in Valhalla.”

Some of those commenting thought it weird to eulogise a Christian nationalist with a reference to a pagan afterlife. Others pointed out that Viking mythology has long been an obsession with far-right movements and was an important part of Nazi iconography.

Tom Birkett, a professor of Old English and Old Norse at University College Cork, explains where the idea of Valhalla fits within Nordic myth systems and recounts the way it has subsequently been colonised by the far-right. He believes it’s far more likely that Patel was using the reference to elevate Kirk to hero warrior status than sending any kind of coded message to America’s far-right extremists.




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‘See you in Valhalla’: how the FBI director waded into the far-right’s obsession with the Vikings



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The Conversation

– ref. Where does Trump’s peace plan leave the Palestinians? – https://theconversation.com/where-does-trumps-peace-plan-leave-the-palestinians-266523

Jane Goodall, la discrète révolutionnaire dont les recherches sur les chimpanzés ont redéfini notre conception de l’humanité

Source: The Conversation – France (in French) – By Mireya Mayor, Director of Exploration and Science Communication, Florida International University

Jane Goodall apparaît sur scène au 92NY à New York le 1er octobre 2023. Charles Sykes/Invision/AP

La primatologue britannique Jane Goodall, figure mondiale de la protection de l’environnement et pionnière de l’étude des chimpanzés, est morte le 1er octobre à l’âge de 91 ans. Sa consœur Mireya Mayor lui rend hommage.


Toute personne qui voudrait proposer un cours magistral sur l’art de changer le monde en mieux, sans sombrer dans le négatif, le cynisme, la colère ou l’étroitesse d’esprit, pourrait s’inspirer de la vie et de l’œuvre de la pionnière de l’éthologie Jane Goodall.

Son parcours débute dans les années 1930, lorsqu’enfant, elle observe émerveillée, dans son jardin anglais, des créatures en apparence banales – même si elle ne les aurait jamais qualifiées ainsi. Il la conduit ensuite jusqu’aux forêts de Tanzanie, où ses recherches sur les chimpanzés ont remis en question la définition même de ce qui fait l’humain. De là, elle est devenue une icône mondiale et Messagère de la paix des Nations unies.

Jusqu’à sa mort le 1ᵉʳ octobre 2025 à l’âge de 91 ans, Jane Goodall a conservé ce charme, cette ouverture d’esprit, cet optimisme et cette capacité d’émerveillement qu’on attribue plutôt aux enfants. Je peux en témoigner, ayant eu la chance de passer du temps à ses côtés et de partager avec elle les enseignements de ma propre carrière scientifique.) Pour le grand public, elle était une chercheuse de renommée mondiale et une figure emblématique. Pour moi, elle était Jane – une mentor inspirante et une amie.

Malgré les bouleversements qu’elle a introduits dans la science en transformant l’étude du comportement animal, Jane Goodall est toujours restée souriante, encourageante et stimulante. Je la considère comme une douce perturbatrice. L’un de ses plus grands dons était sa capacité à faire sentir à chacun, quel que soit son âge, qu’il avait le pouvoir de changer le monde.

Jane Goodall a documenté le fait que les chimpanzés n’utilisent pas seulement des outils, mais les fabriquent – une découverte qui a bouleversé notre vision des animaux et des humains.

Découverte de l’usage d’outils chez les animaux

Dans ses recherches pionnières menées dans la luxuriante forêt du Gombe Stream Game Reserve en Tanzanie – aujourd’hui parc national –, Jane Goodall observa que les chefs chimpanzés les plus respectés étaient ceux qui se montraient doux, attentionnés et proches de leur groupe. Les mâles qui tentaient d’imposer leur autorité par la violence, la tyrannie ou la menace ne parvenaient pas à durer.

Également primatologue, j’ai moi-même étudié les observations fondatrices de Goodall à Gombe. Elle a notamment décrit comment des chimpanzés prenaient de longues brindilles d’herbe pour les introduire dans les termitières et « pêcher » les insectes pour s’en nourrir, une pratique que personne n’avait encore observée. C’était la première fois qu’un animal était vu utilisant un outil, une découverte qui allait bouleverser la frontière que les scientifiques traçaient entre l’humanité et le reste du règne animal.

Le célèbre anthropologue Louis Leakey avait choisi Goodall pour mener ce travail précisément parce qu’elle n’avait pas de formation académique formelle. Lorsqu’elle s’était présentée dans son bureau en Tanzanie en 1957, à l’âge de 23 ans, il l’avait d’abord embauchée comme secrétaire. Mais il avait rapidement perçu son potentiel et l’avait encouragée à étudier les chimpanzés. Leakey voulait une approche totalement neuve, libre de tout biais scientifique, persuadé que la plupart des chercheurs perdaient cette ouverture d’esprit au fil de leur formation.

Puisque les chimpanzés sont les plus proches parents vivants des humains, Leakey espérait que leur observation apporterait des indices sur nos propres ancêtres. Dans un milieu alors largement masculin, il pensait aussi qu’une femme saurait se montrer plus patiente et perspicace qu’un homme. Il avait vu juste. Six mois après le début de ses recherches, lorsque Goodall rédigea ses notes sur l’usage d’outils, Leakey écrivit : « Nous devons désormais redéfinir l’outil, redéfinir l’Homme, ou accepter les chimpanzés comme humains. »

Goodall parlait des animaux comme d’êtres dotés d’émotions et de cultures, et, dans le cas des chimpanzés, de véritables communautés presque tribales. Elle leur donnait des noms, une pratique alors inconcevable dans le monde scientifique, où l’on se contentait de numéroter les sujets d’étude. Elle essuya de vives critiques pour cette approche humanisante.

Parmi ses observations les plus marquantes figure ce qui est resté dans l’histoire comme la « guerre des chimpanzés de Gombe ». Ce conflit, qui dura quatre ans, vit huit mâles adultes d’une communauté exterminer les six mâles d’un autre groupe pour s’approprier leur territoire, avant de perdre eux-mêmes ce territoire au profit d’une troisième communauté, plus nombreuse et avec plus de mâles.

Confiance en son destin

Jane Goodall était persuasive, déterminée et dotée d’une grande force de conviction. Elle me conseillait souvent de ne pas céder face aux critiques. Ses découvertes révolutionnaires ne sont pas nées de la compétition ou du besoin d’évincer les autres, mais d’un émerveillement profond, d’un amour des animaux et d’une imagination débordante. Petite fille, elle était fascinée par l’histoire de Tarzan chez les singes, d’Edgar Rice Burroughs (1912), et aimait plaisanter en disant que Tarzan avait épousé la mauvaise Jane.

À 23 ans, ancienne pom-pom girl de la NFL sans aucune formation scientifique, j’ai découvert son travail et me suis dit que moi aussi, je pouvais suivre ses traces. C’est en grande partie grâce à elle que je suis devenue primatologue, que j’ai co-découvert une nouvelle espèce de lémurien à Madagascar et que j’ai eu une vie professionnelle et personnelle extraordinaire, à la fois dans les sciences et à la TV, comme exploratrice de National Geographic. Lorsque j’ai écrit mon propre récit, j’ai demandé à Jane Goodall d’en rédiger l’introduction. Elle a écrit :

« Mireya Mayor me rappelle un peu moi-même. Comme moi, elle aimait être au contact des animaux lorsqu’elle était enfant. Et comme moi, elle a poursuivi son rêve jusqu’à le réaliser. »

Lors d’une interview en 2023, Jane Goodall répond aux questions de l’animateur Jimmy Kimmel sur le comportement des chimpanzés.

Conteuse et pédagogue

Jane Goodall était une narratrice exceptionnelle, convaincue que raconter des histoires était le moyen le plus efficace pour faire comprendre aux gens la véritable nature des animaux. Avec des images saisissantes, elle partageait des récits extraordinaires sur l’intelligence des animaux, des singes et dauphins aux rats et aux oiseaux, sans oublier les pieuvres. Elle m’a inspirée à devenir correspondante animalière pour National Geographic afin de partager, à mon tour, les histoires et les menaces qui pèsent sur les espèces en danger à travers le monde.

Elle a inspiré et conseillé des dirigeants, des célébrités, des scientifiques et des défenseurs de l’environnement, tout en touchant la vie de millions d’enfants.

Jane Goodall et le livre de Mireya Mayor
Jane Goodall et la primatologue Mireya Mayor avec le livre de Mayor, Just Wild Enough, un récit destiné aux jeunes lecteurs.
Mireya Mayor, CC BY-ND

À travers le Jane Goodall Institute, qui s’efforce de mobiliser les populations du monde entier pour la conservation, elle a lancé Roots & Shoots, un programme international pour les jeunes présent dans plus de 60 pays. Ce programme enseigne aux enfants les liens entre les humains, les animaux et l’environnement, et leur montre comment agir localement pour protéger les trois.

Au-delà de sa chaleur humaine, de son amitié et de ses récits fascinants, je garde précieusement cette phrase de Jane Goodall : « Le plus grand danger pour notre avenir, c’est notre indifférence. Chacun de nous doit assumer la responsabilité de sa propre vie et, surtout, montrer respect et amour envers les êtres vivants qui nous entourent, en particulier envers les autres. »

Une idée radicale, portée par une scientifique hors du commun.

The Conversation

Mireya Mayor ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Jane Goodall, la discrète révolutionnaire dont les recherches sur les chimpanzés ont redéfini notre conception de l’humanité – https://theconversation.com/jane-goodall-la-discrete-revolutionnaire-dont-les-recherches-sur-les-chimpanzes-ont-redefini-notre-conception-de-lhumanite-266600

En 2030, l’ISS laissera la place à des stations spatiales commerciales

Source: The Conversation – France in French (2) – By John M. Horack, Professor of Mechanical and Aerospace Engineering, The Ohio State University

La Station spatiale internationale sera désorbitée en 2030. NASA via AP

La Station spatiale internationale vit ses dernières années : en 2030, elle sera désorbitée. Vingt-cinq ans d’occupation continue laisseront alors place à une nouvelle ère, celle des stations spatiales commerciales.


Depuis novembre 2000, la NASA et ses partenaires internationaux assurent sans interruption une présence humaine en orbite basse, avec toujours au moins un Américain à bord. Une continuité qui fêtera bientôt ses 25 ans.

Dans l’histoire de l’exploration spatiale, la Station spatiale internationale apparaît sans doute comme l’une des plus grandes réalisations de l’humanité, un exemple éclatant de coopération dans l’espace entre les États-Unis, l’Europe, le Canada, le Japon et la Russie. Mais même les plus belles aventures ont une fin.

Un emblème représentant une photo de la Station spatiale internationale, entourée d’un anneau où figurent les drapeaux des pays partenaires
L’emblème de la Station spatiale internationale arbore les drapeaux des États signataires d’origine.
CSA/ESA/JAXA/NASA/ROSCOSMOS

En 2030, la Station spatiale internationale sera désorbitée : elle sera dirigée vers une zone isolée du Pacifique.

Je suis ingénieur en aérospatiale et j’ai contribué à la conception de nombreux équipements et expériences pour l’ISS. Membre de la communauté spatiale depuis plus de trente ans, dont dix-sept au sein de la NASA, il me sera difficile d’assister à la fin de cette aventure.

Depuis le lancement des premiers modules en 1998, la Station spatiale internationale a été le théâtre d’avancées scientifiques majeures dans des domaines tels que la science des matériaux, la biotechnologie, l’astronomie et l’astrophysique, les sciences de la Terre, la combustion et bien d’autres encore.

Les recherches menées par les astronautes à bord de la station et les expériences scientifiques installées sur sa structure extérieure ont donné lieu à de nombreuses publications dans des revues à comité de lecture. Certaines ont permis de mieux comprendre les orages, d’améliorer les procédés de cristallisation de médicaments essentiels contre le cancer, de préciser comment développer des rétines artificielles en apesanteur, d’explorer la production de fibres optiques ultrapures et d’expliquer comment séquencer l’ADN en orbite.

Vue de dessus d’un scientifique en blouse de laboratoire et portant des gants, manipulant une pipette sur un plan de travail à bord de l’ISS
L’environnement en microgravité de l’ISS en fait un cadre idéal pour une grande variété de projets de recherche scientifique.
NASA, CC BY

Au total, plus de 4 000 expériences ont été menées à bord de l’ISS, donnant lieu à plus de 4 400 publications scientifiques destinées à améliorer la vie sur Terre et à tracer la voie de futures activités d’exploration spatiale.

La station a démontré toute la valeur de la recherche conduite dans l’environnement unique des vols spatiaux – marqué par une très faible gravité, le vide, des cycles extrêmes de température et des radiations – pour faire progresser la compréhension d’une large gamme de processus physiques, chimiques et biologiques.

Maintenir une présence en orbite

Avec le retrait annoncé de la station, la NASA et ses partenaires internationaux n’abandonnent pas pour autant leur avant-poste en orbite terrestre basse. Ils cherchent au contraire des alternatives pour continuer à exploiter le potentiel de ce laboratoire de recherche unique et prolonger la présence humaine ininterrompue maintenue depuis 25 ans à quelque 402 kilomètres au-dessus de la Terre.

En décembre 2021, la NASA a annoncé trois contrats visant à soutenir le développement de stations spatiales privées et commerciales en orbite basse. Depuis plusieurs années, l’agence confie déjà le ravitaillement de l’ISS à des partenaires privés. Plus récemment, elle a adopté un dispositif similaire avec SpaceX et Boeing pour le transport d’astronautes à bord respectivement de la capsule Dragon et du vaisseau Starliner.

Un vaisseau spatial blanc de forme conique avec deux panneaux solaires rectangulaires en orbite, la Terre en arrière-plan
La capsule Dragon de SpaceX s’amarre à l’ISS.
NASA TV via AP

Fort de ces succès, la NASA a investi plus de 400 millions de dollars pour stimuler le développement de stations spatiales commerciales, avec l’espoir de les voir opérationnelles avant la mise hors service de l’ISS.

L’aube des stations spatiales commerciales

En septembre 2025, la NASA a publié un projet d’appel à propositions pour la phase 2 des partenariats concernant les stations spatiales commerciales. Les entreprises retenues recevront des financements pour réaliser les revues critiques de conception et démontrer le bon fonctionnement de stations capables d’accueillir quatre personnes en orbite pendant au moins 30 jours.

La NASA procédera ensuite à une validation et une certification formelles afin de garantir que ces stations répondent à ses normes de sécurité les plus strictes. Cela permettra ensuite à l’agence d’acheter des missions et des services à bord de ces stations sur une base commerciale – de la même manière qu’elle le fait déjà pour le transport de fret et d’équipages vers l’ISS. Reste à savoir quelles entreprises réussiront ce pari, et selon quel calendrier.

Pendant que ces stations verront le jour, les astronautes chinois continueront à vivre et à travailler à bord de leur station Tiangong, un complexe orbital habité en permanence par trois personnes, évoluant à environ 400 kilomètres au-dessus de la Terre. Si la continuité habitée de l’ISS venait à s’interrompre, la Chine et Tiangong prendraient ainsi le relais comme station spatiale habitée sans discontinuité la plus ancienne en activité. Tiangong est occupée depuis environ quatre ans.

Photos et vidéos de l’ISS permettant d’observer la Terre depuis l’orbite.

En attendant, levons les yeux

Il faudra encore plusieurs années avant que les nouvelles stations spatiales commerciales n’encerclent la Terre à environ 28 000 kilomètres par heure et avant que l’ISS ne soit désorbitée en 2030.

D’ici là, il suffit de lever les yeux pour profiter du spectacle. Lors de ses passages, l’ISS apparaît la plupart des nuits comme un point bleu-blanc éclatant, souvent l’objet le plus brillant du ciel, traçant silencieusement une courbe gracieuse à travers la voûte étoilée. Nos ancêtres n’auraient sans doute jamais imaginé qu’un jour, l’un des objets les plus lumineux du ciel nocturne serait conçu par l’esprit humain et assemblé par la main de l’homme.

The Conversation

John M. Horack a reçu des financements de recherche externes de la NASA, de Voyager Technologies et d’autres organismes liés au domaine spatial, dans le cadre de son travail de professeur à l’Université d’État de l’Ohio.

– ref. En 2030, l’ISS laissera la place à des stations spatiales commerciales – https://theconversation.com/en-2030-liss-laissera-la-place-a-des-stations-spatiales-commerciales-266506

Razones para estudiar humanidades en la era de la inteligencia artificial

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Francisco Zamora-Polo, Profesor Contratado Doctor del Área de Proyectos de Ingeniería. Departamento de Ingeniería del Diseño, Universidad de Sevilla

“Qué pena que te metas en Filología (o Historia, o Filosofía), con las notas tan altas que tienes podrías estudiar lo que quisieras”. Esta frase o alguna variación sobre la misma idea la han escuchado, probablemente, en algún momento de sus carreras muchos estudiantes e investigadores de disciplinas humanísticas. Es una expresión que indica un menor valor social o laboral de las humanidades, y que se refleja en el porcentaje tan pequeño de estudiantes que acaban eligiendo una carrera humanística en la universidad.

Según los datos oficiales de las estadísticas universitarias en España, tan sólo un 10 % de los estudiantes de grado se matriculan en estudios de Artes y Humanidades. Estas titulaciones son además las menos elegidas como primera opción.

Existe una percepción social y económica de que las humanidades no “son útiles” para el mundo, o para ganar dinero. Y lo cierto es que esa creencia de que los egresados en disciplinas de Artes y Humanidades tienen mayor índice de desempleo, salarios bajos y un mayor desajuste de éstos con el nivel de formación ha sido respaldada por algunos estudios.




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Algunas universidades están relegando estos grados universitarios a puestos de menor atención, o incluso sustituyéndolos progresivamente por otras propuestas formativas. Detrás de estas acciones está el bajo número de estudiantes que eligen estas carreras. Este bajo interés es algo que tiene repercusiones incluso en los planes de estudio de secundaria y primaria. Es una tendencia general en todo el mundo. Como señala la filósofa estadounidense Martha Nussbaum (Premio Princesa de Asturias de las Letras en 2012) en su obra Sin fines de lucro:

“En casi todas las naciones del mundo se está erradicando las materias relacionadas con las artes y las humanidades, tanto a nivel primario, como secundario y en las universidades. Concebidas como ornamentos inútiles por quienes definen las políticas estatales, en un momento en el que las naciones deben eliminar todo lo que no tenga ninguna utilidad para ser competitiva en el mercado global, estas carreras y materias pierden terreno, a gran velocidad, tanto en los programas curriculares como en la mente y el corazón de padres a hijos.”

Vocación de impacto en la sociedad

Sin embargo, no han desaparecido esos estudiantes que, con un expediente excelente, optan por las humanidades. ¿Por qué lo hacen? Hemos analizado recientemente historias personales de esos estudiantes “atípicos” para entender sus motivaciones.

Al ser entrevistados, estos informantes privilegiados expusieron un predominio claro de motivaciones internas (vocación, capacidad de servicio e interés personal) sobre las externas (empleo, estatus, influencia familiar) en la selección de la titulación. Es el caso de esta persona, que con una nota elevada, se decantó finalmente por uno de esos “saberes inútiles”:

“Mis notas de acceso a la universidad fueron buenas, saqué un 8,75 (sobre 10) y eso me dio la posibilidad de acceder a cualquier carrera de artes e incluso a algunas de ciencias. Tanto mi familia como mis compañeros querían que estudiara una carrera en la que me resultara fácil encontrar trabajo y que me proporcionara un buen estatus social y buenas condiciones de vida.”

Más que un trabajo

Los estudiantes con los que hablamos valoraban el impacto que su formación tenía sobre la sociedad. Para ellos, la elección de carrera no era simplemente un modo de procurarse un trabajo en el futuro, sino que percibían que con ellas podrían tener un protagonismo especial en la construcción de la sociedad, pues sus aspiraciones no eran tan solo laborales, sino vocacionales.

Entendían que la aportación a la sociedad a que estaban llamados desde sus estudios se realizaba en el cultivo de los valores humanísticos asociados a “las letras”: la reflexión filosófica, la belleza artística o la dimensión poética y lírica de la literatura, por poner solo algunos ejemplos.

Motivaciones internas

En una reciente tesis doctoral hemos evaluado el tipo de motivación que prevalecía cuando los estudiantes elegían modalidad de bachillerato (momento en el que, de manera tradicional, una persona se decanta por “ciencias” o “letras”).

Observamos que, aunque en general predominan las motivaciones externas (asociadas al salario o la empleabilidad), el alumnado con calificaciones altas que se decanta por humanidades y ciencias sociales valora más las motivaciones internas (el gusto por la disciplina, la capacidad de ser útil o la vocación).

No obstante, los estudiantes que tienen calificaciones altas eligen mayoritariamente la modalidad de ciencias y valoran motivaciones como la salida profesional o el estatus económico.

Dicho de otro modo, la tendencia general del alumnado con buenas notas, movido por motivaciones externas, es la de buscar una profesión rentable, mientras que el alumnado de calificaciones altas que se decanta por humanidades refiere motivaciones más vocacionales.

Saberes útiles

Esta motivación intrínseca tiene que ver con una concepción de las humanidades como un factor clave en la configuración de la sociedad, tal como proponía el pensador italiano Nuccio Ordine en La utilidad de lo inútil.

“Existen saberes que son fines en sí mismos, y que, precisamente por su naturaleza gratuita y desinteresada, alejada de todo vínculo práctico y comercial, pueden ejercer un papel fundamental en el cultivo del espíritu y en el desarrollo civil y cultural de la humanidad”.

¿Se puede poner de manifiesto la utilidad de estos saberes? En otro estudio que hemos hecho recientemente sobre el interés de las humanidades y las ciencias sociales para la construcción de la sociedad, proponíamos a un grupo de estudiantes de educación secundaria configurar su ciudad ideal tomando diez decisiones, vinculadas a las diversas modalidades de estudio que cursan.




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Durante el proceso se dieron cuenta de lo siguiente: para que en su ciudad hubiese un modelo de gobierno, sistema de justicia, educación, cultura o arte, era necesaria la presencia de saberes humanísticos y sociales con los que no contaban al principio de la intervención.

Aprender es necesario, por sí mismo

De manera popular, o incluso tradicionalmente, las humanidades se han percibido como el estudio o análisis de lo que otros hicieron (sea arte, literatura, filosofía, etc.), con poca aplicación práctica. Por eso, en un escenario cultural, social y tecnológico como el que vivimos, donde el acceso a los datos es inmediato y constante, estas disciplinas se consideran de poco valor.

El antiguo debate sobre la necesidad de exigir aprendizaje de contenidos y habilidades cuando estos estaban en los libros o en los ordenadores parece afectar especialmente a este tipo de saberes, los humanísticos. ¿Es preciso potenciar la adquisición y dominio de esta cultura general cuando todo se puede encontrar en la red?




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Evidentemente, sí. Una afirmación rotunda porque el objetivo no son los contenidos, sino el propio proceso de aprendizaje. Estas competencias “duras” son precisamente las que permiten el desarrollo de otras “blandas”, como son el pensamiento crítico, la autorregulación de aprendizajes o la actitud de curiosidad.

Estudiar a los grandes pensadores de la historia nos puede llevar a identificar el valor de la verdad en un contexto de noticias falsas y manipulación. Y conocer el devenir histórico de los conflictos del siglo pasado será un elemento clave para comprender cuán frágil es la paz en la que algunos vivimos, por poner solo algunos ejemplos.

El papel de las humanidades

En un contexto de menoscabo sistemático de las ciencias sociales y las humanidades en el currículo académico y en el interés general, la alfabetización científica es algo fuera de discusión. Pero las humanidades, como bien defendía el filósofo español José Ortega y Gasset, tienen una misión en la universidad: son el tronco principal de la cultura.

Avances tecnológicos como los algoritmos de inteligencia artificial generativa (IAG) nos obligan a hacernos preguntas que solamente las humanidades pueden ayudarnos a responder. Por esa razón, los estudios y disciplinas humanísticas deberían tener un carácter transversal para otros ámbitos de conocimiento (científicos, ciencias de la salud o tecnológicos).

En cuanto a las etapas de primaria y secundaria, dar mayor visibilidad a lo que los profesionales del ámbito humanístico aportan al bien común conduciría a potenciar las vocaciones humanísticas.

El escritor Isaac Asimov adivinó en su obra Yo, Robot que la tecnocracia era insuficiente y que siempre necesitaría del saber humano, ese que hizo cristalizar en sus Tres Leyes de la Robótica. Leyes que, más de dos mil años después, nos remiten inequívocamente al adagio latino de Terencio: “Nada humano me es ajeno”.

The Conversation

Francisco Zamora-Polo es socio de la Aosciación Española de Ingeniería y Dirección de Proyectos (AEIPRO, de la Red de Estudios para el Desarrollo y de Ongawa. Colabora en la Cátedra de patrocinio “Ingeniería en la Industria Agroalimentaria – GOYA – Antonio Unanue” financiada por Goya Spain. Recibe financiación del programa propio de investigación de la Universidad de Sevilla.

Jesús Sánchez Martín y Mario Corrales Serrano no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

– ref. Razones para estudiar humanidades en la era de la inteligencia artificial – https://theconversation.com/razones-para-estudiar-humanidades-en-la-era-de-la-inteligencia-artificial-260211

Resiliencia en casa: cómo ayudar a los niños a crecer fuertes día a día

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Azahara Leonor Miranda Gálvez, Profesora Ayudante a Doctor, Universidad Loyola Andalucía

Veja/Shutterstock

En los últimos años, los niños se han enfrentado a muchos retos que han dejado huella. La pandemia cambió sus rutinas, la tecnología transformó la manera en que nos relacionamos y la presión escolar llega cada vez antes, afectando incluso a los más pequeños.

Pero más allá de estos retos, en el día a día surgen situaciones cotidianas que, al igual que a los adultos, nos ponen a prueba, desde conflictos familiares o problemas con los amigos, hasta una separación o la pérdida de un ser querido. La vida, incluso en las mejores condiciones, consiste en eso. Como escribió Rumi, poeta y místico sufí del siglo XIII: “La herida es el lugar por donde entra la luz”. En otras palabras, cada reto que afrontamos es también una puerta abierta para aprender y crecer.

Aunque el deseo de evitar cualquier sufrimiento a nuestros hijos es una tendencia natural de todo padre o madre, también queremos criarlos para que sean capaces de afrontar dificultades. La resiliencia, que es la capacidad de adaptarse y crecer tras una dificultad, es clave para su bienestar emocional. Y no se nace con ella: se va construyendo poco a poco, con apoyos personales, sociales y comunitarios. Entre todos esos factores, la familia tiene un papel clave, porque es el primer lugar donde los niños aprenden a enfrentar los retos de la vida.




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En este artículo vamos a compartir consejos prácticos que las familias pueden usar todos los días para ayudar a los niños a hacerse más resilientes y acompañarlos de la mejor manera mientras crecen.

Transformar las dificultades en aprendizaje

El concepto resiliencia (y su diferenciación de conceptos más generales como “resistencia” o “fortaleza”) surgió con estudios como el de la psicóloga estadounidense Emmy Werner y su equipo en Hawái. Durante 40 años (entre los 50 y los 90), siguieron a un grupo de niños que crecían en extrema pobreza y comprobaron que alrededor de un tercio, a pesar de este punto de partida, llegaba a ser adulto competente y con buena salud mental. ¿Qué los diferenciaba de los demás?

La resiliencia se puede entender simplemente como la capacidad de adaptarse y recuperarse después de una dificultad. No significa ser invulnerable ni evitar el dolor, sino aprender a seguir adelante y, a menudo, aprender a usar herramientas que nos ayudarán a manejar mejor los retos futuros. No es un “rasgo especial” que solo tienen algunos, sino una capacidad común que se puede desarrollar con el apoyo adecuado. Además, se construye en las experiencias y relaciones de la vida diaria, no solo en situaciones extraordinarias.

Pautas para la familia

Todos los padres y cuidadores pueden ayudar a que los niños sean más resilientes. Se trata no tanto de evitarles los problemas, sino de estar a su lado mientras los afrontan y ayudarles a entender lo que sienten y a encontrar maneras de manejarlo. Esta es la manera de desarrollar herramientas que les sirvan ahora y en el futuro. Por eso, aquí compartimos algunas ideas prácticas para que los hijos “crezcan en resiliencia” desde casa.

  1. Educar en emociones. Escuchar sin juzgar y ayudar a los niños a poner palabras a lo que sienten es fundamental. Por ejemplo, si una niña se frustra al armar un puzle, podemos decir: “Veo que estás frustrada porque no encuentras las piezas. Es normal sentirse así, pero eso no significa que no lo estés haciendo bien”. De esta manera, les enseñamos a afrontar dificultades de forma constructiva.

  2. Promover la autonomía. Permitirles que hagan frente a pequeños retos y aprendan, incluso de los errores. Por ejemplo, no acudir inmediatamente a ayudarles con el puzle, sino esperar a que lo retomen en un tiempo y acaben descubriendo por sí solos la satisfacción de haberlo resuelto sin ayuda. O, por ejemplo, permitirles vestirse solos y solo ayudarles si realmente lo necesitan. Junto a esa autonomía, es importante que los niños se sientan acompañados y apoyados, ya sea en la familia o con los amigos, porque eso les da seguridad y les hace sentir que pertenecen a un grupo.

  3. Ayudarles a gestionar su autoexigencia y a comunicar sus necesidades. Por ejemplo, si un niño se siente abrumado por tareas escolares, puede aprender a decir: “Necesito un descanso antes de seguir” o “No puedo hacer esto ahora, ¿podemos reorganizarlo?”. En lugar de decirles exactamente qué hacer, los padres pueden enseñarles a poner en palabras lo que sienten y practicar juntos cómo se pide ayuda. De esta forma, desarrollan seguridad y confianza en sí mismos al enfrentar distintos retos, y también aprenden a cuidarse a sí mismos.

  4. Fortalecer la autoestima: establecer metas realistas y reconocer sus éxitos. Celebrar los pequeños logros ayuda a que los niños confíen en sí mismos y entiendan que cada paso cuenta en su aprendizaje. Así, van formando una autoestima fuerte que les permite hacer frente a desafíos, tomar decisiones y aprender de sus errores sin miedo. Por ejemplo, un niño con autoestima sana acepta las equivocaciones, aprende de ellas y sigue intentando, ya sea tras una mala nota o al no ser elegido para un equipo. La clave es valorar el esfuerzo y los logros reales, sin exagerar elogios, y enseñar que equivocarse es parte del aprendizaje.

  5. Dar ejemplos de resiliencia. No hay que olvidar que los niños aprenden principalmente mirando a los adultos, por lo que es muy importante mostrarles cómo afrontamos nuestras dificultades de manera positiva. Enseñar resiliencia no es solo darles herramientas, sino también ser un ejemplo. Además, los adultos podemos aprender y mejorar nuestras propias habilidades mientras acompañamos a los niños en su crecimiento.




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Pequeños gestos, grandes aprendizajes

Cuando acompañamos a los niños y les mostramos con el ejemplo cómo afrontar los retos, descubren que cada dificultad puede ser una oportunidad para aprender y crecer.

Los pequeños gestos diarios –escuchar con atención, reconocer un esfuerzo o poner límites con cariño– hacen una gran diferencia. ¿Qué hábitos de resiliencia podría empezar a practicar hoy con sus hijos?

The Conversation

Azahara Leonor Miranda Gálvez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Resiliencia en casa: cómo ayudar a los niños a crecer fuertes día a día – https://theconversation.com/resiliencia-en-casa-como-ayudar-a-los-ninos-a-crecer-fuertes-dia-a-dia-265414

El tráiler de la nueva ‘Cumbres Borrascosas’: un minuto y medio de pura controversia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lucía Celdrán Noguera, Contratada predoctoral en el Departamento de Filología Inglesa, Universidad de Murcia

Jacob Elordi y Margot Robbie en la nueva versión de _Cumbres Borrascosas_. FilmAffinity

El pasado 3 de septiembre, Warner Bros. lanzaba el esperado primer tráiler de la nueva adaptación del clásico de Emily Brontë, Cumbres Borrascosas, dirigida por Emerald Fennell. Menos de dos minutos bastaron para sembrar la polémica entre los futuros espectadores. Las redes sociales pronto se vieron inundadas por indignados defensores de la novela, apelando a la falta de fidelidad a la fuente literaria, el anacronismo o la hipersexualización como argumentos.

Desde foros académicos el posicionamiento fue más cauto, aunque tremendamente esclarecedor: el Brontë Parsonage Museum –hogar familiar de las escritoras y actual encargado de “conservar, interpretar, exhibir y fomentar” el estudio de su patrimonio– optó por hacer un llamamiento a la calma apelando al halo de controversia inherente a esta obra desde su publicación a mediados del siglo XIX.

¡Bueno! Esto sí que ha provocado una conversación. Igual que en 1847, tras la publicación de la novela de Emily. Y no olvidemos tampoco las críticas mixtas que recibió el libro en su momento. Siempre estamos contentos de que el trabajo de las Brontë siga
Tras la publicación del tráiler en sus redes, el museo se vio obligado a responder ante la avalancha de comentarios: ‘¡Bueno! Esto sí que ha provocado una conversación. Igual que en 1847, tras la publicación de la novela de Emily. Y no olvidemos tampoco las críticas mixtas que recibió el libro en su momento. Siempre estamos contentos de que el trabajo de las Brontë siga generando debate. Por favor, recuerden ser amables los unos con los otros en los comentarios’.
Brontë Parsonage Museum

Y es que si de algo ha sido siempre capaz la única novela de Emily Brontë es de generar polémica. Cumbres Borrascosas es un texto que habla de deseo reprimido, raza y etnicidad, traumas generacionales, relaciones tóxicas, duelo, lucha entre clases sociales, género.

No obstante, en su transición al medio audiovisual, estos elementos se pierden, dejando la trama reducida a un romance. Por ello, al contrario que otros clásicos, todavía no ha tenido una versión que se considere completa y haya sido unánimemente celebrada. La de Fennell, hasta ahora, no promete desmarcarse de esta tendencia sino llevarla a nuevos extremos.

Los amantes de las cumbres

Remontémonos a 1939, año en que se estrena la adaptación dirigida por William Wyler y protagonizada por Merle Oberon y Laurence Olivier en los papeles de los protagonistas de la primera parte del libro: Heathcliff y Catherine.

Producto de la Edad de Oro de Hollywood, esta versión elimina los elementos más enrevesados e incómodos de la trama. Por ejemplo, queda borrada la segunda generación de personajes, que son las víctimas de la crueldad y sed de venganza desencadenada por sus mayores. Como si de Romeo y Julieta se tratase, la espiral de odio generada entre las dos familias protagonistas –los Linton y los Earnshaw– muere con los amantes. Así, las figuras de los fantasmas de Heathcliff y Catherine cogidos de la mano perdiéndose en la distancia hacia las cumbres han quedado grabadas en el imaginario popular: al fin y al cabo, no sólo los libros sino también las películas tienen la capacidad de constituir canon.

La pregunta ahora es: ¿qué va a hacer esta nueva adaptación con su herencia?

En primer lugar, aceptarla. El póster oficial hace una inequívoca referencia al cine clásico, mostrándonos a los protagonistas envueltos en un hollywoodiense abrazo. Asimismo, llegará a los cines el día de San Valentín, toda una declaración de (románticas) intenciones.

Tres carteles que muestran un mismo tipo de abrazo en su diseño gráfico.
Comparativas de los carteles de Cumbres Borrascosas de 1939, la nueva versión que se estrenará en 2026 y la película clásica de Hollywood Lo que el viento se llevó.
Amazon/Filmaffinity

Por otro lado, doblar la apuesta. Donde otros directores sólo se han atrevido a sugerir, Fennell va a ser explícita. Su tráiler ofrece cuerpos semidesnudos, sudor, corsés, miradas lascivas y fetichismo. Su estética abigarrada recuerda a María Antonieta, Romeo + Julieta o Pobres Criaturas.

Además, todo sucede al ritmo de “Everything is romantic” (“Todo es romántico”) de Charli xcx. Esta canción aparece en el álbum BRAT, fenómeno electro-pop famoso (y premiado) por su descarada exploración de la feminidad, la sexualidad, las contradicciones y la complejidad emocional que implica ser mujer. Todos estos elementos, denominados “paratextuales”, no deben ser ignorados, dado que ayudan a descifrar claves de gran importancia escondidas a plena vista.

El casting: Barbie conoce al chico de moda

“Era moreno, y por el color de su tez parecía un gitano”.

Con estas palabras describe el narrador, Mr. Lockwood, a Heathcliff al comienzo de la novela. El protagonista masculino es un personaje marginal, un intruso; diferenciado del resto por su origen incierto.

En 1939, este Heathcliff quedó transformado en un contenido caballero. En los años 70 fue visto como un hombre más salvaje y agresivo y, de los 90 en adelante, adoptó un matiz trágico.

En 2026, llega Jacob Elordi, el rostro de moda de la industria. Ha pasado de interpretar papeles juveniles (Mi primer beso, Euphoria) a integrarse en la oscura y erótica Saltburn (también dirigida por Fennell en 2023) y ser “la criatura” en el Frankenstein de Guillermo del Toro (2025). Con este bagaje, su presencia en la futura Cumbres Borrascosas promete una mezcla entre el ostracismo del monstruo de Mary Shelley y el sex appeal del icono adolescente.

Un hombre en un páramo y una mujer en un coche de caballos.
Jacob Elordi y Margot Robbie en dos escenas de la nueva Cumbres Borrascosas.
IMDB

¿Y quién es ella? Nada más y nada menos que Margot Robbie: Harley Quinn, Isabel I, Sharon Tate, Barbie… A lo largo de su carrera ha cosechado papeles de mujeres que no pasan desapercibidas y, para más inri, Robbie es fundadora de LuckyChap, la productora que está tras esta película y que nació de un deseo de dar mayor preeminencia a los papeles femeninos. A pesar de la criticada diferencia de edad entre los intérpretes, tras esta elección existe el potencial de un primer acercamiento a Catherine Earnshaw desde el empoderamiento.

Un hombre de piel negra observa algo fuera de campo.
James Howson como Heathcliff en la versión de 2011 de Cumbres Borrascosas.
IMDB

Sin embargo, no es tanto lo que prometen sino lo que no cumplen lo que se ha convertido en motivo de debate. Y es que, con excepción de la adaptación dirigida por Andrea Arnold en 2011, no se ha vuelto a ver a un Heathcliff que encajase con la descripción de su creadora. Para decepción de los espectadores, esta versión vuelve a dar el papel protagonista a un actor con rasgos caucásicos.

En cuanto a Cathy, se corre el riesgo de volver a convertirla en un objeto de deseo, y no en la mujer que sueña con correr por los páramos “medio salvaje, fuerte y libre”, como la describió Brontë.

El futuro de Cumbres Borrascosas

¿Conseguirá la adaptación de Fennell romper la maldición que ha impedido a sus predecesoras ganarse a su entregado público? Hasta el 14 de febrero de 2026 no se podrán hacer declaraciones definitivas.

Sin embargo, sí hay una conclusión a la que se puede llegar a día de hoy: este tráiler ha conseguido mantener el espíritu provocador de Cumbres Borrascosas con vida. Este no es otro que el objetivo de la adaptación como fenómeno cultural y disciplina académica: analizar, conjeturar, debatir. Disfrutemos pues, hasta el día del estreno, de la incertidumbre.

The Conversation

Lucía Celdrán Noguera es beneficiaria de un contrato de Formación del Personal Investigador a cargo de la Fundación Séneca (Agencia de Ciencia y Tecnología de la Región de Murcia)

– ref. El tráiler de la nueva ‘Cumbres Borrascosas’: un minuto y medio de pura controversia – https://theconversation.com/el-trailer-de-la-nueva-cumbres-borrascosas-un-minuto-y-medio-de-pura-controversia-265420

¿Es posible convivir con las lluvias torrenciales en el Mediterráneo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Daniel Jato Espino, Investigador Sénior / Profesor en Ingeniería y Gestión Ambiental, Universidad Internacional de Valencia

Carretera inundada por las recientes lluvias en la Comunidad Valenciana. RTVE

Las lluvias torrenciales han vuelto a golpear el litoral mediterráneo. En solo unas horas, se han registrado hasta 246 l/m² en Amposta y 356,8 l/m² en Gandía. En Cullera, las precipitaciones alcanzaron “cifras históricas”, provocando desprendimientos y cortes de carreteras.

Estos episodios de intensas precipitaciones propios del principio del final del verano y principios del otoño no son nuevos. Sin embargo, su frecuencia e intensidad han aumentado en las últimas décadas debido al cambio climático. A pesar de ello, las lluvias no deberían considerarse el problema principal.

El verdadero desafío radica en cómo se ha construido y gestionado el territorio en estas zonas, que lo hace vulnerable a los efectos de las precipitaciones.

¿Se pueden evitar todos los daños?

El riesgo cero no existe. No obstante, sí es posible reducir significativamente las consecuencias si se adoptan medidas adecuadas.

Algunos daños son inevitables, especialmente cuando la lluvia supera cualquier capacidad de absorción o evacuación estimada. Muchos otros son recurrentes, pero evitables, ya que se deben a la construcción en zonas inundables, la falta de mantenimiento de infraestructuras o la urbanización sin drenaje adecuado. En estos casos, existen estrategias eficaces para reducir los daños provocados por las lluvias intensas.

1. Más infraestructura verde

Una de las medidas más relevantes es el fomento de la infraestructura verde. Elementos como parques inundables, jardines de lluvia o cubiertas vegetales permiten absorber el agua y disminuir la escorrentía. Estas soluciones también mejoran la calidad ambiental y social de los espacios públicos.

La renaturalización de espacios urbanos favorece la infiltración del agua en el suelo. En ciudades como Alcoy, se están restaurado barrancos como corredores ecológicos. Estas intervenciones conectan espacios naturales y reducen el riesgo de inundación, además de aportar valor paisajístico y ecológico.

2. Planificación territorial

La planificación territorial resulta clave. Evitar nuevas construcciones en zonas de riesgo es esencial para prevenir desperfectos y peligros para la población.

Asimismo, revisar los planes urbanísticos existentes e incorporar criterios de resiliencia (por ejemplo, prohibir nuevas construcciones en zonas inundables o exigir superficies permeables en nuevos desarrollos) permite anticiparse a futuros episodios extremos. Esta planificación debe ir acompañada de una gestión adecuada del drenaje urbano.

3. Sistemas de drenaje

Los sistemas de drenaje sostenible ofrecen una alternativa eficaz a los modelos convencionales. En lugar de canalizar el agua rápidamente hacia el alcantarillado, estos sistemas la retienen, filtran y liberan de forma controlada. Se trata de soluciones que imitan el ciclo natural del agua, como zanjas de infiltración, pavimentos permeables o depósitos de retención temporales.

Estos sistemas no vienen a sustituir a las redes convencionales de drenaje, sino que debe favorecerse la integración de ambas soluciones y enfatizar su mantenimiento. Muchos colectores presentan obstrucciones o no están adaptados a la nueva intensidad de las lluvias, lo que limita su eficacia. Los sistemas de drenaje sostenible, por su parte, ofrecen una mayor capacidad de adaptación y pueden integrarse fácilmente en entornos urbanos.




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Imitar a la naturaleza para evitar inundaciones en las ciudades


4. Educación para la ciudadanía

Por último, la educación y la gobernanza son factores determinantes. La coordinación entre administraciones y la participación ciudadana fortalecen la capacidad de respuesta. Las alertas tempranas permiten actuar con rapidez y evitar consecuencias graves.




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¿Cómo funciona el sistema de alerta de emergencias ES_ALERT utilizado en la dana de Valencia?


Ciudades esponja para convivir con el agua

El modelo de “ciudad esponja” ha dejado de ser experimental para convertirse en una estrategia urbana global frente al cambio climático. Estas ciudades no luchan contra el agua, sino que la integran en su diseño. Mediante soluciones basadas en la naturaleza, absorben, almacenan y reutilizan el agua de lluvia, reduciendo el riesgo de inundaciones y mejorando la calidad de vida urbana.

China ha liderado esta transformación. Ciudades como Shenzhen, Wuhan y Shanghai han incorporado humedales, superficies permeables y jardines de lluvia en su planificación. El objetivo nacional es que el 80 % de las áreas urbanas capten el 70 % del agua de lluvia para 2030.

En Europa, Alemania destaca por la magnitud de sus iniciativas. La instalación de cubiertas y fachadas verdes se ha promovido por los municipios. En 2019, dos tercios de las ciudades exigían cubiertas verdes en sus planes de desarrollo. Como resultado, en quince urbes con más de 500 000 habitantes, el 10 % de las cubiertas se clasifica como verdes (equivalente a alrededor de 0,8 m² por habitante).

En África, Beira (Mozambique) inició su transición tras el ciclón Idai en 2019. Se han incorporado sistemas de drenaje sostenible, vegetación urbana y restauración de humedales. El objetivo es aumentar la resiliencia frente a futuros eventos extremos.

Jakarta, en Asia, enfrenta un doble desafío: inundaciones y hundimiento del terreno por extracción de aguas subterráneas. La ciudad ha comenzado a rediseñar su infraestructura. Se prioriza la expansión de espacios verdes, el drenaje vertical y los pozos de infiltración.

Estos ejemplos muestran que no existe una única fórmula. Cada ciudad adapta las soluciones a su contexto climático, social y económico. Lo que comparten es una visión común: convivir con el agua en lugar de combatirla.

Hacia una cultura del agua adaptativa

Incluso con todas estas medidas, algunos daños seguirán produciéndose. Por ello, además de prevenir, conviene prepararse para responder. Esto implica contar con planes de emergencia, sistemas de alerta eficaces y una ciudadanía informada.

La resiliencia no consiste solo en soluciones técnicas. También es un asunto social, institucional y cultural.

Aprender a convivir con las lluvias no implica resignación. Necesitamos dejar de ver el agua como una amenaza y empezar a verla como un recurso y trabajar para transformar las ciudades para que sean más seguras, verdes y habitables.

The Conversation

Daniel Jato Espino no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Es posible convivir con las lluvias torrenciales en el Mediterráneo? – https://theconversation.com/es-posible-convivir-con-las-lluvias-torrenciales-en-el-mediterraneo-266408