Comment l’Éthiopie peut faire de la COP32 un sommet qui tienne réellement ses promesses

Source: The Conversation – in French – By Lisa Sachs, Director, Columbia Center on Sustainable Investment, Columbia University

Les gouvernements du monde entier se rendront à Addis-Abeba fin 2027 pour la COP32, le premier sommet sur le climat organisé en Afrique depuis cinq ans. L’Éthiopie assure la présidence au nom de l’Union africaine, l’organisation continentale. Addis-Abeba a l’occasion de montrer ce qu’une Conférence des parties (COP) peut apporter. Mais pour cela, il faut se mettre au travail dès maintenant.

Au Columbia Center on Sustainable Investment, nous travaillons avec les gouvernements, les institutions multilatérales et les coalitions de bailleurs de fonds sur la planification, les investissements, les politiques et l’architecture financière nécessaires à la réalisation des objectifs en matière de climat et de développement. Les enseignements tirés de cette collaboration nous permettent de mieux cerner ce qu’il faut pour organiser une COP32 réussie.

La Conférence des parties (COP) est la réunion annuelle des 198 parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, adoptée en 1992. L’approche conventionnelle de ces conférences consiste, pour les États membres, à préparer des textes de négociation, à examiner les engagements, à prendre des engagements et à adopter de nouvelles décisions.

Presque tous les pays s’engagent à lutter contre le changement climatique. Néanmoins, trois décennies de COP n’ont pas permis de mettre en place une action mondiale à l’échelle et au rythme requis.

La raison tient aux limites structurelles de la Convention et des COP. Celles-ci expliquent l’écart persistant entre ce qu’exige la science, ce qui est réalisable et ce qui a été accompli.

Comprendre ces limites est une condition préalable à l’organisation d’une COP efficace. Cela place l’Afrique en position d’accueillir une conférence qui aura un impact. Elle peut y parvenir en redéfinissant le rôle d’un pays hôte dans l’organisation d’une COP. Il s’agirait de présenter les solutions mises au point par l’Afrique avec des partenaires volontaires et d’inviter le reste du monde à les adopter et à les déployer à grande échelle.

Ces solutions devraient notamment porter sur les moyens de :

  • construire et financer des systèmes énergétiques régionaux intégrés

  • réformer l’évaluation des risques et réduire le coût du capital

  • financer des systèmes alimentaires résilients

  • restaurer la nature à grande échelle.

Chacune de ces initiatives peut être portée par des coalitions d’institutions dotées des mandats, des capacités et des instruments nécessaires pour les mener à bien.

Si l’Afrique parvient à mener à bien ce travail avant que les dirigeants ne se réunissent à Addis-Abeba, la COP32 sera l’occasion de reconnaître, de financer et de déployer ces initiatives à grande échelle.

Pourquoi la COP est-elle importante ?

La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et sa COP annuelle restent essentielles car les réunions de la COP :

  • rassemblent tous les pays autour d’une même table pour discuter du climat

  • inscrivent la réponse internationale dans les principes d’équité et de responsabilités communes mais différenciées

  • donnent aux nations vulnérables une voix reconnue dans l’élaboration des politiques internationales.

Grâce à la convention sur le climat et à ses COP, la communauté internationale a obtenu de réelles avancées. L’Accord de Paris est le premier traité universel et juridiquement contraignant sur le changement climatique. Il engage la quasi-totalité des pays à limiter le réchauffement climatique.

Le Fonds pour les pertes et dommages est le premier mécanisme multilatéral dédié à l’indemnisation des pays vulnérables pour les préjudices climatiques dont ils ne sont pas responsables. Le bilan mondial est la seule instance au sein de laquelle la communauté internationale évalue collectivement les progrès accomplis vers les objectifs de l’Accord de Paris.

Pour l’Afrique, la COP revêt une importance particulière. C’est également le seul espace où les priorités de l’Afrique en matière d’adaptation, de pertes et de dommages, et de financement ont le même poids que les priorités des grandes économies en matière d’émissions et de marchés.

Néanmoins, les engagements de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques restent inappliqués. L’architecture de la convention a favorisé la participation, la conclusion de traités et la création de fonds. Elle n’a toutefois pas permis d’apporter la réponse que requièrent les crises planétaires et humaines. Les émissions continuent d’augmenter malgré les engagements universels visant à les réduire. Le réchauffement est en passe de dépasser 1,5 °C alors même que tout le monde s’accorde à dire qu’il ne doit pas en être ainsi. Le financement de l’adaptation ne représente qu’une infime fraction des besoins estimés. Et cela, malgré des décennies d’engagement à aider les pays vulnérables à s’adapter.

Trois limites structurelles expliquent cette situation.

Les limites

La première limite est que la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques traite un défi mondial comme la somme des engagements nationaux. Les contributions déterminées au niveau national, c’est-à-dire les engagements de chaque pays à réduire ses émissions et à s’adapter aux impacts climatiques, fragmentent la réponse en promesses nationales. Cela repose sur le principe selon lequel si chaque pays s’engage suffisamment, le total permettra d’atteindre l’objectif requis.

Les marchés du carbone vont plus loin, en considérant les émissions comme fongibles : une réduction déclarée dans un pays est censée compenser une émission dans un autre.

Mais la somme des engagements nationaux n’a jamais correspondu à ce qu’exige la science. Et les marchés du carbone comptabilisent les réductions d’une juridiction à l’autre tandis que la concentration atmosphérique de gaz à effet de serre continue d’augmenter. Les émissions d’un pays ne sont pas compensées par les réductions d’un autre. Chaque tonne émise s’ajoute au total, et chaque secteur et chaque économie, partout dans le monde, doit se décarboner.

La décarbonisation des systèmes mondiaux et la réduction de la concentration totale de gaz à effet de serre, tant ceux émis que ceux piégés dans l’atmosphère, nécessitent une planification coordonnée. Cette planification doit être menée aux niveaux mondial, régional et sectoriel. Elle ne peut pas se limiter aux entités nationales ni aux frontières nationales. Or, l’architecture actuelle de la CCNUCC n’est pas conçue pour favoriser ce type de coordination.

La deuxième limite réside dans le fait que les décisions négociées reflètent ce que les parties les plus réticentes sont prêtes à accepter. Sur les questions les plus cruciales, elles se sont systématiquement révélées insuffisantes par rapport à ce qu’exigent la science et les besoins évalués.

Les grandes décisions de la dernière décennie portent la marque de ces compromis :

  • les engagements sur les combustibles fossiles édulcorés sous la pression des principaux producteurs

  • les objectifs de financement de l’adaptation affaiblis ou inversés

  • les programmes d’atténuation bloqués par des désaccords sur leur portée

  • les financements pour les pertes et dommages promis à hauteur d’une fraction seulement des besoins évalués.

La troisième limite réside dans le fait que bon nombre des institutions qui déterminent si les plans peuvent être mis en œuvre se situent en dehors de la convention et des processus de la COP. Le coût du capital est fixé par les agences de notation, les banques multilatérales de développement et les bailleurs de fonds privés.

La dette souveraine est traitée par le Fonds monétaire international, le Club de Paris et les créanciers privés. Les systèmes industriels et commerciaux sont façonnés par l’Organisation mondiale du commerce et les organismes sectoriels.

Les systèmes énergétiques décarbonés nécessitent une planification par des groupements régionaux d’électricité, s’appuyant sur les analyses de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables et de l’Agence internationale de l’énergie.

Ces institutions disposent de l’expertise, des connaissances techniques approfondies, des mandats et des instruments nécessaires pour concevoir et mettre en œuvre des approches efficaces. Ce n’est pas le cas des négociateurs de la COP. La réforme nécessite donc une collaboration directe avec chacune de ces institutions, tant pour la conception que pour la mise en œuvre des solutions.

Une approche utile

L’article 4.19 de l’Accord de Paris encourage les États à formuler des stratégies de développement à long terme à faibles émissions. C’est plus pertinent que les contributions déterminées au niveau national. Cela oriente l’action vers des résultats véritablement décarbonés et cohérents avec les objectifs nationaux de développement.

Mais pour y parvenir correctement, il faut recourir à la modélisation technique de scénarios. Même la planification d’un système énergétique optimisé à l’échelle nationale nécessite le plus souvent une planification et une coordination régionales. Ces scénarios régionaux à long terme constituent la base analytique d’une planification et d’une prise de décision éclairées, tant au niveau régional que national.

Ces scénarios peuvent définir la voie de décarbonisation la moins coûteuse, y compris le mix énergétique, les corridors de transport d’électricité et les politiques de gestion de la demande énergétique, sur la base d’hypothèses spécifiques, par exemple concernant les coûts des technologies et des combustibles.

Ces scénarios montrent quels investissements sont possibles, quel sera leur coût et quel impact ils pourraient avoir. Ils illustrent comment l’augmentation de la demande énergétique, résultant par exemple de l’électrification des transports, des centres de données ou de l’industrialisation, peut façonner la planification du système énergétique et être elle-même façonnée par celle-ci.

Ils précisent quels investissements sont les plus déterminants, dans quel ordre ils doivent être mis en œuvre et selon quelles spécifications techniques. Ils facilitent l’analyse des coûts d’investissement, tant pour les gouvernements que pour les investisseurs et les citoyens, ainsi que la manière dont ces coûts sont influencés par des considérations financières et réglementaires.

Le même processus rigoureux — comprendre les besoins, planifier en conséquence et s’attaquer aux obstacles qui les entravent — s’applique à l’adaptation, à la transformation industrielle, aux minéraux critiques, à la transition juste et à la nature. Rien de tout cela ne peut aboutir sans une planification éclairée et une collaboration entre les entités qui façonnent ces résultats.

Des réformes concrètes peuvent être mises en œuvre dès maintenant. Les institutions régionales peuvent faire progresser la planification énergétique intégrée au-delà des frontières. Les mécanismes régionaux d’adaptation peuvent identifier les domaines d’intervention prioritaires. Une coordination continentale sur les chaînes de valeur des minéraux peut accélérer le développement des capacités de production régionales.

Les banques multilatérales de développement, les agences de notation et l’architecture réformée des institutions financières internationales peuvent faire avancer les travaux techniques visant à réduire le coût du capital. Cela inclut la réforme des méthodologies de notation et des cadres d’évaluation de la viabilité de la dette, ainsi que l’extension du recours aux garanties.

L’Organisation des Nations unies pour le développement industriel peut faire progresser les voies de décarbonisation industrielle pour l’acier, le ciment et les produits chimiques. Elle peut intégrer ses travaux à la planification des systèmes énergétiques régionaux, aux mécanismes de financement innovants qui répartissent les risques entre les parties les mieux à même de les supporter, aux engagements du côté de la demande et aux cadres politiques que chacun de ces éléments requiert.

Rien de tout cela ne nécessite le consensus de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Cela nécessite des solutions techniquement fondées et une coordination entre des institutions pragmatiques.

Addis-Abeba, un moment de leadership africain

En tant que continent qui contribue le moins aux émissions mondiales tout en supportant les coûts les plus élevés, l’Afrique a besoin d’un cadre qui traduise un problème mondial en une réponse mondiale à la hauteur de celui-ci. Les solutions sont tout à fait à notre portée ; l’obstacle n’est ni le capital ni la technologie, mais l’architecture nécessaire à leur mise en œuvre.

À l’approche de la COP32, les pays africains devraient s’attacher à élaborer des solutions concrètes et reproductibles dans ces domaines et dans d’autres où les approches conventionnelles ont atteint une impasse.

La présidence éthiopienne, au nom du continent, a l’occasion de mobiliser ces efforts, de les organiser et de les présenter au monde entier.

Si l’Afrique se présente à Addis-Abeba avec des plans prêts, des coalitions formées et des réformes spécifiques déjà en cours, la COP32 deviendra le moment de la reconnaissance, du financement et de la mise à l’échelle. Le travail commence dès maintenant.

The Conversation

Lisa Sachs does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

– ref. Comment l’Éthiopie peut faire de la COP32 un sommet qui tienne réellement ses promesses – https://theconversation.com/comment-lethiopie-peut-faire-de-la-cop32-un-sommet-qui-tienne-reellement-ses-promesses-289193

Pendant les vagues de chaleur, pourquoi faut-il être particulièrement vigilant avec les intoxications alimentaires ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By María Soledad Ascaso Sánchez, Técnico Especializado de Investigación, Instituto de Salud Carlos III

L’été, et en particulier lors des vagues de chaleur et canicules, les aliments doivent être conservés au frais et sortis du réfrigérateur juste avant leur consommation. Natalia Deriabina/Shutterstock (no reuse)

L’ESSENTIEL

  • Les intoxications alimentaires sont notamment provoquées par des bactéries qui se développent dans des aliments laissés à température ambiante.

  • Ces maladies sont favorisées par les températures estivales élevées, autour de la Méditerranée, mais désormais aussi ailleurs en Europe, du fait des vagues de chaleur qui se multiplient.

  • À partir de données madrilènes, des chercheurs espagnols ont estimé le risque accru d’hospitalisation pour intoxication alimentaire au-delà de certaines températures.


C’est surtout pendant l’été que nous avons l’habitude de consommer des aliments en plein air, que ce soit lors de pique-nique, sur les terrasses des restaurants, dans des lieux de loisirs ou dans d’autres situations à l’extérieur de nos habitations. Dans ces circonstances, les aliments restent exposés pendant un certain temps à la température ambiante, qui est généralement élevée à cette période de l’année, ce qui augmente le risque d’intoxications alimentaires.

Les maladies d’origine alimentaire constituent un problème de santé majeur en Europe. L’Espagne figure parmi les pays comptant le plus grand nombre de cas enregistrés ; elle occupe la sixième place.

Quand les températures ambiantes sont élevées, ce type de maladies se multiplie, en particulier celles causées par des bactéries, telles que Salmonella, Campylobacter et Escherichia coli. Cela s’explique en grande partie par le fait que des facteurs, comme la chaleur, l’humidité, la pluie ou le vent, favorisent la prolifération de ces microorganismes.

De plus, le changement climatique aggrave cette situation. La multiplication des phénomènes extrêmes, tels que les vagues de chaleur – de plus en plus fréquentes et intenses en Europe, notamment dans la région méditerranéenne –, crée des conditions idéales pour que ces bactéries se multiplient plus rapidement.

Hospitalisations dues à des intoxications alimentaires

Face à ce constat, nous avons cherché à déterminer si les températures élevées, et en particulier les vagues de chaleur, avaient une incidence sur le nombre d’admissions d’urgence à l’hôpital liées à ces infections. Notre étude a récemment été publiée dans la revue Science of The Total Environment.

Dans un premier temps, nous avons calculé que la température au-delà de laquelle le nombre d’admissions à l’hôpital pour des maladies d’origine alimentaire augmentait était de 12 °C.

Afin de déterminer l’impact des vagues de chaleur, nous avons utilisé le seuil défini par le ministère de la santé espagnole (2022) pour définir une vague de chaleur. Pour la période analysée (2013-2018), ce seuil a été fixé pour une température maximale quotidienne de 34 °C.

Au cours de ces six années, d’après les données relatives aux hospitalisations issues du Registre de l’activité des soins spécialisés (RAE-CMBD) de la communauté de Madrid, 5 091 admissions ont été recensées pour les principales maladies bactériennes d’origine alimentaire. Parmi celles-ci, 3 160 étaient dues à la salmonellose, 1 769 à la campylobactériose et 182 à une infection à Escherichia coli.

Risque accru d’intoxications

Nous avons ainsi constaté que, pour chaque degré d’augmentation de la température maximale quotidienne au-delà du seuil de 12 °C, le risque d’hospitalisation pour une intoxication alimentaire d’origine bactérienne augmentait de 3,59 %.

Concernant les journées de canicule estivales, nous avons constaté que, pour chaque degré d’augmentation de la température maximale au-delà de 34 °C, le risque d’hospitalisation pour des maladies d’origine alimentaire augmentait de 12,21 %.

Cela signifie que 208 cas peuvent être attribués à cette cause, qui est liée aux températures élevées observées lors des vagues de chaleur. En d’autres termes, 9,3 % du nombre total de cas d’intoxications alimentaires survenus pendant les mois d’été dans la région de Madrid entre 2013 et 2018 pourraient être attribués à l’effet de la température lors des vagues de chaleur.

L’importance de la réfrigération

Les températures ambiantes élevées constituent un facteur de risque qui favorise l’augmentation des admissions à l’hôpital liées aux principales infections d’origine bactérienne transmises par les aliments. Selon nos estimations, c’est pendant les vagues de chaleur que l’impact est le plus important.

Les résultats de notre étude peuvent servir de base à la mise en œuvre de stratégies préventives. Il est important de maintenir les aliments à la bonne température tout au long de la chaîne alimentaire, de la production jusqu’au moment de la consommation. Il est toutefois essentiel de sensibiliser la population aux mesures de conservation à la dernière étape, en conservant les aliments au frais jusqu’au moment qui va immédiatement précéder leur consommation, en particulier lors des vagues de chaleur.

The Conversation

Cristina Linares Gil a reçu des financements de l’Instituto de Salud Carlos III.

Julio Díaz a reçu des financements de l’Instituto de Salud Carlos III.

José Antonio López Bueno, María Soledad Ascaso Sánchez et Miguel Ángel Navas Martín ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

– ref. Pendant les vagues de chaleur, pourquoi faut-il être particulièrement vigilant avec les intoxications alimentaires ? – https://theconversation.com/pendant-les-vagues-de-chaleur-pourquoi-faut-il-etre-particulierement-vigilant-avec-les-intoxications-alimentaires-288986

Eclipses a la luz de la razón

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gema Hebrero Domínguez, Doctora en historia de la ciencia, física y astrofísica. Profesora Fisicoquímica, Ciencias Experimentales y Didáctica de las Ciencias, Universidad Camilo José Cela

Un filósofo dando una lección sobre el planetario (1766), del pintor inglés Joseph Wright, refleja la idea ilustrada de un universo regido por leyes matemáticas. Se exhibe en el Derby Museum and Art Gallery (Inglaterra). Wikimedia commons, CC BY

José Miguel de Sarasa mira al cielo con preocupación. Las nubes amenazan con impedir la observación del fenómeno celeste previsto para ese día. El profesor de Astronomía Teórica del Real Observatorio de Madrid ha planificado todo minuciosamente junto a José Ramón de Ibarra, encargado desde 1805 del departamento del gran telescopio de Herschel.

Vista del conjunto del Observatorio Astronómico de Madrid hacia 1847.
Francisco Javier Parcerisa. Museo de Historia de Madrid., CC BY

Para sus cálculos ha utilizado las tablas matemáticas elaboradas por el astrónomo austriaco Johann Tobias Bürg y las del francés Jean-Baptiste Joseph Delambre, de las mejores de su época. Sin duda, la elevación del Observatorio respecto a los terrenos circundantes del Paseo del Prado y del Buen Retiro en Madrid facilitará la contemplación minuciosa del evento.

Sin embargo, ese 16 de junio de 1806 la meteorología parece ensombrecer la observación de una de las efemérides más admiradas –y en ocasiones temidas– por la humanidad: un eclipse, en este caso parcial, de Sol.

La razón mira al cielo

Contemplados con miedo y fascinación desde tiempos remotos, los eclipses, tanto de Sol como de Luna, totales o parciales, figuraban también entre los acontecimientos astronómicos que mayor asombro despertaban en el periodo ilustrado. Sin embargo, al igual que ocurría con otros eventos como los tránsitos de Venus, en este tiempo comenzaron a resignificarse a la luz de las ideas ilustradas de razón y utilidad.

En esta línea de pensamiento, los eclipses tenían una explicación que se sustentaba en las nuevas teorías newtonianas, la mecánica celeste y el cálculo infinitesimal. Era una de las pruebas de que las ideas vislumbradas por Galileo y consolidadas por Newton, Laplace y Lagrange describían el movimiento de los astros como si de una máquina bien engrasada se tratara.

A lo largo del siglo XVIII, la mecánica encontró su hogar en el firmamento y su principal apoyo en la astronomía observacional: los datos obtenidos durante los eclipses servían para confirmar con éxito lo predicho por la mecánica celeste.

Eclipses en la prensa ilustrada

Los eclipses, lejos de ser un asunto exclusivo de los astrónomos, también formaron parte del discurso público dieciochesco, en un tiempo en el que la ciencia comenzaba a abrirse a la población. Sin embargo, al igual que otras ideas ilustradas, circularon en espacios y comunidades muy diferentes que convivieron, unas veces en tensión, otras armoniosamente, con antiguas creencias aún en vigor.

La prensa periódica especializada, dirigida a una élite interesada y culta, defendía ideas como la razón, el progreso y la educación, y acercaba a sus lectores los últimos avances científicos y los descubrimientos astronómicos más significativos.

Europa lleva la ciencia a la sociedad

Un ejemplo de este tipo de prensa lo encontramos en Espíritu de los mejores diarios literarios que se publican en Europa. Entre 1787 y 1791, sus páginas reflejaron una selección de noticias y novedades científicas y culturales con la intención de acercar al público las ideas que circulaban por el continente europeo.

El ejemplar del [16 de junio de 1788] se hizo eco de la observación de un eclipse parcial de Sol realizada por el ingeniero Antonio Guilleman junto a su hijo Fernando en presencia del entonces príncipe Carlos, quien en pocos meses reinaría como Carlos IV, junto a su esposa y el infante don Gabriel. Sin duda, se trataba de una muestra del interés que este tipo de acontecimientos suscitaba en las élites ilustradas incluyendo a la propia familia real.

La observación fue realizada mediante la proyección de la imagen del Sol en una superficie. Guilleman utilizó dos tipos de mapas y un reloj de gran calidad –prestado por el príncipe Carlos– con el fin de medir el tiempo de las diferentes fases del eclipse con mayor precisión. De esta manera, pudo comparar los datos obtenidos observacionalmente con los teóricos reflejados en los mapas.

Astronomía en la plaza pública: almanaques y calendarios

Frente a este tipo de publicaciones, los almanaques y calendarios de la época reflejaban contenidos astronómicos junto a otros relacionados con la cultura popular o la astrología. Auténticos best-sellers de su tiempo, eran baratos y muy accesibles para todo tipo de públicos, y solían leerse en voz alta en plazas y cafés para llegar así a una población que, dada la alta tasa de analfabetismo, apenas sabía leer y escribir.

Uno de los autores de almanaques más famoso del Setecientos fue el salmantino Diego de Torres Villarroel, quien supo combinar en un mismo producto información, entretenimiento y literatura. Entre sus pronósticos más célebres destaca el dedicado al eclipse del 13 de junio de 1760, en el que combinaba datos astronómicos con predicciones de índole astrológica. En él anunciaba que el eclipse provocaría todo tipo de calamidades, como tempestades y granizadas violentas que producirían grandes pérdidas en las cosechas y el ganado. También las personas sufrirían sus efectos, manifestándose un aumento de múltiples dolencias y enfermedades, como hidropesía, fiebres, anginas, disentería, epilepsia o melancolía.

Este pronóstico ya suscitó una gran controversia en su época, siendo objeto de crítica e intenso debate, lo que reflejaba las tensiones que aún pervivían entre las nuevas ideas astronómicas y las más tradicionales basadas en la astrología.

Razón y tradición se unen

A finales del siglo XVIII y principios del XIX, el Real Observatorio de Madrid también contribuyó a la circulación de los saberes astronómicos a través de periódicos y diversas publicaciones.

José Miguel de Sarasa pudo observar finalmente el eclipse parcial de Sol del 16 de junio de 1806 a pesar de las dificultades meteorológicas y lo difundió en los dos periódicos oficiales de la época: la Gazeta de Madrid y el Mercurio de España.

Ya con anterioridad, José Chaix, miembro también de la misma institución y uno de los mejores astrónomos de su tiempo, había publicado en los Anales de Ciencias Naturales de 1801 los datos de la observación, con un telescopio de 50 aumentos, del eclipse lunar del 2 de octubre de 1800.

Por otra parte, desde 1795, el [Estado encargó al Observatorio la elaboración del Calendario]. En un intento de llegar a un público más amplio, estos calendarios supieron combinar datos astronómicos y científicos –como las fases de la Luna, el movimiento de los planetas o los eclipses lunares y solares– con informaciones prácticas sobre costumbres y creencias populares, incluidos los días de misa obligada, ayuno, festivo y témporas. Esta mezcla de ciencia y tradición hacía que fueran más cercanos y comprensibles para un público más diverso y no necesariamente experto, constituyéndose como un puente entre la cultura popular y la ciencia.

The Conversation

Gema Hebrero Domínguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Eclipses a la luz de la razón – https://theconversation.com/eclipses-a-la-luz-de-la-razon-277099

¿Usar ChatGPT perjudica al cerebro? Lo que sabemos, y lo que no, sobre la ‘deuda cognitiva’

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Madalin Marian Deliu Dumitru, Docente en la Facultad de Ciencias de la Salud, Universidad Católica de Ávila; Universidad de Salamanca

Octavian Lazar/Shutterstock

La especie humana ha creado herramientas para resolver problemas desde tiempos inmemoriales. Pero el ritmo de los avances se vuelve cada vez más vertiginoso. En menos de 100 años hemos pasado de la calculadora electrónica de mano a la inteligencia artificial generativa. Usamos tanto estas herramientas que casi se han convertido en una extensión del ser humano.

Pensémoslo: ¿sabríamos calcular la raíz cuadrada de 2209 o improvisar un cuento para niños? Si el primer impulso es preguntarle a la IA, es porque nuestra mente intenta aligerar su carga externalizando recursos. En realidad, este fenómeno ya fue descrito por la literatura científica de los últimos 30 años como delegación cognitiva, memoria externa o mente extendida.

Sin embargo, muchos científicos, expertos del ámbito clínico y educadores están cada vez más preocupados sobre cómo la IA impactará a largo plazo.

El estudio del MIT

Para averiguar de qué manera nos afecta cognitivamente el uso de herramientas como la inteligencia artificial, investigadores del Massachusetts Institute of Technology (MIT) estudiaron qué ocurre en el cerebro al usar la IA para redactar. Durante tres sesiones, midieron la actividad cerebral de 54 jóvenes y puntuaron la calidad de sus textos. Un tercio de ellos se ayudaron de ChatGPT, otro de Google y el resto solo contó con su cerebro.

Quienes usaron ChatGPT rindieron peor que el resto a nivel neuronal, lingüístico y en la calidad de sus textos. Además, recordaban peor y se sentían menos conectados a las ideas escritas.

Así, plantearon que depender repetidamente de ChatGPT reemplaza el esfuerzo cognitivo para el pensamiento independiente. Esto podría generar una acumulación de lo que llamaron “deuda cognitiva”, con costes cerebrales a largo plazo.




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Limitaciones y viralización de los resultados

Aunque algunas voces señalaron las limitaciones del estudio, múltiples medios de comunicación sugirieron a partir de estos resultados que usar la IA genera inevitablemente una deuda cognitiva. Esto es, una pérdida progresiva de capacidades mentales no visible a corto plazo.

Pero esa repercusión no se ha visto reflejada en trabajos empíricos: la evidencia brilla por su ausencia. La mayoría de los artículos científicos que se publican siguen siendo teóricos, o incluso prescriptivos, aconsejando cómo prevenir los efectos cerebrales del uso continuado de la IA. Los resultados en este campo aún son limitados y preliminares.

¿Por qué recurrimos a la IA?

En cambio, podemos analizar el impacto de la IA en la salud cerebral desde otro prisma. Hace una década, los investigadores Evan Risko y Sam Gilbert desarrollaron un modelo cognitivo para explicar por qué usamos sistemas externos antes que nuestro propio cerebro. En otras palabras, ayudaron a explicar qué procesos mentales seguimos cuando, por ejemplo, decidimos buscar algo en Google o preguntárselo a la inteligencia artificial.

Estos expertos plantearon que el impacto cognitivo depende de los objetivos que perseguimos al utilizar estos sistemas. Así, podemos recurrir a ellos para evitar esforzarnos cognitivamente o porque creemos que mejorarán nuestro rendimiento.

Árbol de autorreflexión sobre los posibles efectos cognitivos de delegar en la IA generativa al realizar una tarea educativa o laboral. Los resultados representan posibilidades teóricas y no efectos inevitables ni diagnósticos sobre la competencia cognitiva.
Elaboración propia a partir del modelo metacognitivo de delegación cognitiva de Risko y Gilbert (2016) y la evidencia preliminar sobre el uso de IA generativa.

Por ejemplo, podemos pedir a ChatGPT que escriba una redacción porque no nos vemos capaces. O bien porque queremos contrastar ideas y buscar nuevas perspectivas que potencien nuestro escrito. Por tanto, para comprender las consecuencias cerebrales de la delegación cognitiva será esencial preguntarse primero por qué delegamos. Este es un aspecto que el estudio del MIT no exploró en absoluto.

Recursos cognitivos ahorrados

Más allá de por qué usamos ChatGPT, importa saber qué hacemos con los recursos “ahorrados”. Es decir, si nos ha costado menos tiempo o esfuerzo terminar una tarea cognitiva (un resumen, una redacción, un esquema, una idea)… ¿qué hacemos con el tiempo y la energía que hemos ahorrado? ¿Simplemente nos dedicamos a la deriva mental? ¿O los destinamos a nuevos aprendizajes?

Estudios sobre el uso de Google indican que, cuando lo usamos para potenciar otros aprendizajes, como dónde localizar la información útil, nuestra habilidad en la tarea puede mejorar. Lo mismo ocurre con la inteligencia artificial: usarla de manera deliberada para potenciar el entrenamiento cognitivo, o para dialogar sobre conceptos en lugar de simplemente pedir la respuesta a una tarea, puede mejorar nuestro aprendizaje estratégico.




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El propio estudio del MIT que comentábamos al principio del artículo ofrece evidencia al respecto: los autores invitaron a sus participantes a una cuarta sesión donde los que habían usado ChatGPT ya no podrían hacerlo. En cambio, los que usaron Google o su propio cerebro ahora tenían acceso a la IA. Los primeros siguieron mostrando menor actividad cerebral y rendimiento, mientras que los segundos aumentaron en ambos resultados. Esto indica que usar la IA podría tener beneficios en ciertos escenarios (por ejemplo, cuando integramos nuestras ideas con las sugerencias de ChatGPT), potenciando procesos mentales como la atención y la memoria.

Por esta razón es tan importante, especialmente en el contexto educativo, definir con cuidado qué tareas podrían automatizarse con ayuda de la IA y qué otras más significativas podrían reforzarse con el tiempo y esfuerzo liberados.

No todo es deuda cognitiva

En definitiva, la deuda cognitiva que puede generar el uso continuado de IA es una realidad posible pero aún incierta. El estudio del MIT es prometedor y abre la puerta a un mundo todavía desconocido. Sin embargo, aún estamos lejos de saber cómo la IA afecta a las capacidades mentales a largo plazo.

La citada investigación inició una oleada de conclusiones catastróficas sobre la deuda cognitiva, pero no definió qué formas de uso pueden ser perjudiciales y cuáles, incluso, beneficiosas. Observar cómo y para qué usamos estas herramientas (como puede verse en el árbol de autorreflexión que acompaña a este artículo), ayuda a diseccionar tales condicionantes antes de caer en interpretaciones apocalípticas.

The Conversation

Patricia Alzola Bordón recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades (Ref: FPU22/02012).

Madalin Marian Deliu Dumitru no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ¿Usar ChatGPT perjudica al cerebro? Lo que sabemos, y lo que no, sobre la ‘deuda cognitiva’ – https://theconversation.com/usar-chatgpt-perjudica-al-cerebro-lo-que-sabemos-y-lo-que-no-sobre-la-deuda-cognitiva-287613

Llegó el día de sentir el eclipse: ciencia y experiencia en la bahía de Santander

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Coz Fernández, Director de área de Comunicación Científica, Universidad de Cantabria

Preparativos para el eclipse en la bahía de Santander

Hay acontecimientos que creemos comprender mucho antes de vivirlos y, sin embargo, cuando llegan, consiguen sorprendernos como si los viéramos por primera vez. Podemos calcularlo con una precisión extraordinaria, conocer de antemano cada una de sus fases y explicar perfectamente por qué ocurre. Pero cuando la luz empieza a desaparecer en pleno día, el cuerpo reacciona antes que la razón. Cambia la temperatura, el ambiente se vuelve extraño, el paisaje sonoro se modifica. Durante unos segundos, la experiencia es directa, casi primitiva. No necesitamos comprender la mecánica celeste para sentir el asombro.

Precisamente por eso, el 12 de agosto de 2026, la bahía de Santander será uno de los lugares privilegiados para vivir esa experiencia. Contemplarla desde el mar puede convertir ese momento en un recuerdo difícil de olvidar. El Sol se encontrará muy bajo sobre el horizonte, creando un escenario poco habitual y especialmente espectacular.

La ciencia del eclipse

Sin embargo, el eclipse no es una experiencia completamente inmediata. Sabemos que es el resultado de una alineación precisa entre el Sol, la Luna y la Tierra. Un eclipse total se produce cuando la Luna se interpone exactamente entre ambos astros y llega a cubrir por completo el disco solar. Entonces se hacen visibles estructuras que normalmente permanecen ocultas por el intenso brillo de la fotosfera: fenómenos fugaces como las perlas de Baily o el llamado anillo de diamante y la corona solar.

Esa precisión geométrica permite saber con exactitud dónde será visible la totalidad y anticipar cada una de sus fases casi al segundo. Según el Instituto Geográfico Nacional, el eclipse parcial comenzará a las 19:31:17 (hora oficial), la totalidad empezará a las 20:26:52, alcanzará su máximo apenas 31 segundos después y terminará a las 20:27:55. El parcial se cerrará a las 21:20:03.

El clímax llegará bajo, muy bajo, y la totalidad apenas superará el minuto. En el máximo, el Sol estará a unos 9 grados sobre el horizonte, hacia el oeste-noroeste. No ocurrirá en lo alto del cielo, sino cerca de la línea del mar. Si extiende el brazo y coloca la palma de su mano frente a la cara, su altura equivale aproximadamente a esos 9 grados. Si el dedo meñique coincide con el horizonte, el Sol quedará aproximadamente sobre el índice.

No veremos simplemente un Sol oscurecido, sino una de sus capas más esquivas: la corona, la atmósfera externa solar, normalmente oculta por el intenso resplandor de la fotosfera. Las estructuras que observamos en ella están modeladas por los intensos campos magnéticos del Sol, que dan forma a un plasma de millones de grados. Su aspecto tampoco es siempre el mismo, sino que varía con el ciclo de actividad solar, de modo que ningún eclipse muestra una corona idéntica a otra. Durante apenas un minuto, el brillo de la fotosfera dejará de ocultarla por completo y podremos contemplarla a simple vista.

La luz cambiará de cualidad, la temperatura podrá descender ligeramente y el paisaje adquirirá una extrañeza que no es solo visual, sino también corporal. Aunque la totalidad constituye el momento culminante, el oscurecimiento progresivo del Sol durante casi una hora forma también parte del espectáculo.

Precisamente porque ese resplandor permanece visible durante todas las fases en las que el Sol no está completamente cubierto, el eclipse también exige precaución. Solo es seguro observar el Sol con filtros o gafas homologadas mientras permanezca visible cualquier parte de su superficie brillante.

La mediación simbólica

¿Por qué, entonces, un fenómeno cuya explicación conocemos tan bien sigue produciendo una emoción tan intensa?

La respuesta puede encontrarse en lo que se denomina mediación simbólica. Es el proceso por el cual la experiencia no se produce de forma inmediata, sino a través de sistemas de símbolos –como el lenguaje, las imágenes, las normas o las narrativas– que organizan y dan sentido a lo que vivimos.

Contemplar un eclipse nunca está completamente libre de esa mediación. Llegamos sabiendo cuándo ocurrirá, por qué sucede y qué veremos. Nuestra experiencia está atravesada por la ciencia, las previsiones y las expectativas culturales. Sabemos demasiado para enfrentarnos al fenómeno como si fuera la primera vez.

Pero durante la totalidad ocurre algo interesante. La explicación no desaparece, aunque deja de ocupar el primer plano. Durante unos segundos, el cuerpo recupera el protagonismo y la experiencia precede a la interpretación.

El símbolo y el mar

Quizá por eso el mar sea uno de los lugares privilegiados para asistir a un eclipse total. Frente al horizonte abierto, la densidad simbólica del mundo parece disminuir. No hay fachadas ni pantallas que fragmenten la mirada. Solo la línea entre el mar y el cielo, el ritmo constante de las olas y, por supuesto, las gafas homologadas.

El mar no elimina la mediación simbólica –seguimos sabiendo que asistimos a un fenómeno perfectamente calculado–, pero modifica nuestra disposición. Nos sitúa en una escala más corporal que conceptual. La experiencia se ensancha y el lenguaje tarda un poco más en alcanzarla.

Antes de comprender, sentimos

Algo parecido sucede en la danza y el teatro físico. Estas disciplinas conmueven porque activan mecanismos primarios de percepción y empatía corporal. Antes de comprender, sentimos. Antes de interpretar, el cuerpo responde. El movimiento y el ritmo no necesitan traducirse en palabras para producir un efecto.

En la danza y el teatro físico existe un menor grado de mediación simbólica. La experiencia del espectador descansa en la percepción sensorial y en la resonancia corporal. No es que carezcan de significado, sino que este no pasa necesariamente por la narración ni por el lenguaje articulado. Como señala María Carolina Escudero, la necesidad de lenguaje aparece sobre todo cuando intentamos traducir aquello que ya sabemos por experiencia.

El teatro más narrativo incrementa ese grado de mediación. La emoción se canaliza mediante personajes, tramas y palabras. El espectador ya no solo percibe: interpreta, reconstruye una historia y descifra metáforas.

Con el eclipse ocurre algo similar. Nunca dejamos de saber qué estamos viendo, pero durante ese breve minuto la explicación retrocede. La luz cambia sobre el agua, las sombras se vuelven extrañas, el horizonte se oscurece lentamente y el cuerpo percibe la alteración antes de que el pensamiento la convierta en relato. Quizá esa sea la auténtica singularidad de un eclipse total: que, incluso en una época en la que podemos calcularlo todo, todavía consigue que, durante unos instantes, el cuerpo siga adelantándose a la razón.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. Llegó el día de sentir el eclipse: ciencia y experiencia en la bahía de Santander – https://theconversation.com/llego-el-dia-de-sentir-el-eclipse-ciencia-y-experiencia-en-la-bahia-de-santander-277515

La guerra ha separado a muchas familias ucranianas y reunificarlas no es fácil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Irina Kuznetsova, Associate Professor in the School of Geography, Earth and Environmental Sciences, University of Birmingham

La guerra en Ucrania ha provocado la mayor crisis migratoria forzosa en Europa desde la Segunda Guerra Mundial. A fecha de 2026, aproximadamente 4,4 millones de refugiados procedentes de Ucrania gozan de un estatuto de protección temporal en la UE. Alrededor de 4,6 millones más se encuentran desplazados internos.

Cientos de miles de familias del país han quedado separadas y muchos familiares llevan años sin verse. Los hombres sujetos al servicio militar obligatorio no pueden salir de Ucrania, mientras que las personas mayores y aquellas con problemas de movilidad se enfrentan a muchas dificultades para poder evacuar. Otros simplemente han optado por quedarse en sus hogares.

Viajar por Ucrania no es seguro y los viajes al extranjero son caros y, en ocasiones, están restringidos. Ni siquiera la comunicación digital es siempre posible, sobre todo para las familias que ahora se encuentran separadas entre Rusia y Ucrania, ya que las autoridades rusas han bloqueado el acceso a las plataformas de redes sociales extranjeras.

Mudarse a Rusia se ha convertido en una realidad para muchos ucranianos. Más de un millón huyeron a Rusia entre 2014 y 2015, cuando Rusia comenzó a orquestar las hostilidades en las regiones de Donetsk y Lugansk, en el este de Ucrania. Se cree que un número similar ha cruzado la frontera rusa desde la invasión a gran escala de 2022.

Entre 2016 y 2018, llevé a cabo una investigación sobre los ucranianos desplazados en Rusia. Descubrí que algunas personas habían optado por trasladarse allí en lugar de reubicarse en otras partes de Ucrania porque temían que la crisis en su país natal se agravara. Mucha de la gente con la que hablé tenía amigos en Rusia o solía trabajar allí.

Cuando comenzó la invasión a gran escala, huir a Rusia era a menudo la única opción que tenían las personas que vivían cerca de la línea del frente para escapar con vida, ya que la guerra hacía extremadamente difícil viajar desde las zonas situadas detrás de las líneas rusas a otras regiones de Ucrania. El Departamento de Estado de EE. UU. afirma que cientos de miles de civiles ucranianos de los territorios ocupados, entre ellos decenas de miles de niños, también han sido trasladados a la fuerza a Rusia durante la guerra.

Un mapa que muestra los territorios ocupados por Rusia en el este de Ucrania.
Muchos civiles ucranianos han sido trasladados a la fuerza desde las zonas ocupadas a Rusia durante la guerra.
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Reunificación familiar

Los casos de reunificación familiar han sido escasos, sobre todo para las familias que ahora se encuentran divididas entre Rusia y Ucrania. Las fronteras de Ucrania con Rusia llevan cerradas desde 2022 y la entrada de ciudadanos ucranianos se limita al aeropuerto de Sheremétievo, en Moscú. Incluso en ese caso, la entrada solo es posible tras viajar a través de terceros países, como Turquía.

Además, la admisión dista mucho de estar garantizada. Un estudio reciente realizado por Women Building Bridges, una iniciativa formada por activistas de Ucrania y Rusia, detalla los obstáculos a los que se enfrentan las familias ucranianas separadas. Las decisiones sobre si los ciudadanos ucranianos pueden entrar en Rusia las toman las unidades de control fronterizo sin ninguna transparencia.

A menudo se deniega la entrada durante largos periodos, los recursos son en gran medida ineficaces y los motivos del rechazo no se revelan ni se comunican con antelación. El riesgo de que se impongan prohibiciones de entrada a Rusia tras una denegación también ha llevado a muchos ciudadanos ucranianos a abstenerse de viajar. Como comentó a los autores del estudio una mujer que se trasladó a Rusia mientras su hija se quedaba en Ucrania:

“Ahora imponen prohibiciones de 20 o incluso 50 años. Si yo enfermara gravemente y mi hija tuviera que convencer a los agentes fronterizos de Sheremétievo para que la dejaran entrar, mostrando documentos médicos… Dios no lo quiera. Si le deniegan la entrada, ningún documento servirá de nada después”.

Los ciudadanos ucranianos que llegan a Sheremétievo también han denunciado haber sido sometidos a interrogatorios y cacheos por parte de los guardias fronterizos, así como a registros de sus teléfonos y ordenadores portátiles. Algunos han permanecido detenidos durante días sin motivos jurídicos claros ni plazos definidos, mientras que otros afirman haber sufrido amenazas, presión psicológica y actos de violencia.

Mientras tanto, a los ucranianos que viven actualmente en los territorios ocupados por Rusia les resulta increíblemente difícil acceder a los servicios consulares de Ucrania o de la UE. Los trámites presenciales, como la renovación del pasaporte, obligan a las personas a salir de las zonas ocupadas y desplazarse a la parte de Ucrania controlada por el Gobierno o a las embajadas ucranianas en terceros países. Esto crea dificultades adicionales a la hora de reunificar a las familias separadas.

Aviones rodando por la pista en el aeropuerto de Sheremétievo, en Moscú.
El aeropuerto de Sheremétievo, en Moscú, es la única vía legal por la que los ciudadanos ucranianos pueden entrar actualmente en Rusia.
Telsek / Shutterstock

Construir la paz

La reunificación familiar no es solo una cuestión humanitaria, sino que también constituye una parte importante de una construcción de la paz y una reconciliación exitosas. Según un informe de 2019 del Comité Internacional de la Cruz Roja, la angustia psicológica que supone que las familias permanezcan separadas puede extenderse “a lo largo de generaciones”. Esto puede dejar una huella en la historia y el tejido social de comunidades enteras y, según el informe, obstaculizar la sanación colectiva.

Sin embargo, la separación familiar es actualmente un punto ciego en los instrumentos de paz. La base de datos Language of Peace, que recoge 252 instrumentos de paz interestatales y ha sido desarrollada por investigadores de la Universidad de Cambridge, revela que solo unos pocos mencionan a las familias. Entre ellos se encuentran los Acuerdos de Paz de París, cuyo objetivo era establecer un alto el fuego oficial en Vietnam, así como el Acuerdo de Nairobi de 1999 entre Sudán y Uganda.

Las familias de Chipre quedaron separadas por una frontera infranqueable tras la invasión turca de 1974 y, hasta que se abrieron los pasos fronterizos en 2003, rara vez se reunían con sus familiares del otro lado. Y más de 70 años después de la división de la península de Corea, miles de coreanos han fallecido sin haber tenido la oportunidad de ver a sus seres queridos.

Solo cabe esperar que las familias ucranianas no tengan que esperar tanto tiempo para volver a estar juntas.

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Irina Kuznetsova no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. La guerra ha separado a muchas familias ucranianas y reunificarlas no es fácil – https://theconversation.com/la-guerra-ha-separado-a-muchas-familias-ucranianas-y-reunificarlas-no-es-facil-288114

El espejismo del hidrógeno verde: por qué la obsesión por el color oculta una transición injusta

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Silvia María Puerta Moreno, Profesora Sustituta en Ingeniería Química y Ambiental, Universidad de Sevilla

Piyaset/Shutterstock

En la actual carrera global hacia la descarbonización, el hidrógeno se ha posicionado para muchos como el “santo grial” energético, capaz de “limpiar” industrias pesadas y sectores difíciles de electrificar. Sin embargo, bajo este entusiasmo tecnológico, subyace un problema de decisión crítico: la simplificación del debate mediante una paleta de colores. Mientras gobiernos y empresas se obsesionan con el “hidrógeno verde” (producido a partir de energía renovable) o el “azul” (obtenido a partir de combustibles fósiles, pero cuyas emisiones de CO₂ se almacenan), ignoramos una realidad técnica y social mucho más profunda.

Esta clasificación cromática es eficaz como herramienta de marketing. Pero resulta insuficiente para reflejar lo que realmente implica la sostenibilidad. Alcanzar la “descarbonización total” exige ir más allá de la narrativa del color y adoptar marcos de evaluación que integren dimensiones económicas, ambientales y, de manera urgente, sociales.

La etiqueta “verde” no garantiza que un proyecto sea justo, viable localmente o eficiente en términos de recursos. Sin un acuerdo sobre los criterios de evaluación, la política energética corre el riesgo de construir infraestructuras sobre bases metodológicas frágiles, donde un análisis incompleto oculte consecuencias inaceptables para las comunidades.

Más allá de la eficiencia técnica en la producción

La magnitud del reto es considerable. Según la Agencia Internacional de la Energía (IEA), para cumplir los objetivos climáticos en 2050, la demanda de hidrógeno de bajas emisiones deberá cuadruplicar la demanda de hidrógeno fósil registrada en 2022. Esta transición no es solo un ajuste técnico. Es también un motor fundamental para los Objetivos de Desarrollo Sostenible (ODS), especialmente para la innovación en infraestructuras (ODS 9) y la generación de empleo digno (ODS 8).

Sin embargo, la solución óptima no es universal. Elegir una vía de producción que reduzca las emisiones es un problema complejo en el que la geografía condiciona la viabilidad. Cada país considera en sus estrategias diferentes rutas de generación, tanto con fuentes renovables como usando fuentes fósiles con captura de carbono.

Existen diferencias estratégicas entre regiones. La Unión Europea apuesta por el hidrógeno renovable. En Canadá, tienen la red eléctrica relativamente descarbonizada, por lo que proponen usarla como fuente de electricidad para la electrolisis (ruptura de la molécula de agua para producir hidrógeno). En Australia, apuestan por aprovechar su potencial solar, de forma que dan prioridad a producir el hidrógeno con electrolisis usando electricidad procedente de energía solar. En Japón, se plantean la importación de hidrógeno bajo en carbono, debido a sus limitaciones en cuanto a recursos para producirlo.

Esta diversidad demuestra que elegir una ruta no depende solo de la eficiencia técnica de cada proceso. Entran en juego otros factores como el impacto sobre el agua potable (ODS 6) en zonas de escasez hídrica o el acceso asequible a la energía (ODS 7).




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El factor humano

La solidez de un marco de decisión no reside solo en el resultado, sino en su capacidad de valorar de forma equilibrada todas las dimensiones de la sostenibilidad. Aquí aparece un fallo estructural: la dimensión social está muy poco representada.

Mientras que indicadores como el coste nivelado del hidrógeno (LCOH, el coste de producción de 1 kg de hidrógeno, considerando los costes de inversión y de operación de las tecnologías empleadas) o el potencial de calentamiento global (GWP, que mide el impacto de un producto sobre el efecto invernadero) disponen de métricas consolidadas, los factores sociales se tratan como elementos secundarios y cualitativos.

Esta carencia genera un desequilibrio en el análisis. Factores críticos como la pobreza energética, los derechos humanos y laborales en la cadena de suministro y la participación económica de los actores locales, suelen quedar en segundo plano.

Además, la propia forma de elegir los indicadores condiciona el resultado. Si a un único indicador económico se le da mucho peso frente a varios indicadores sociales, pequeñas variaciones en costes pueden eclipsar un desempeño social sobresaliente.

El sesgo hacia la dimensión económica acaba siendo estructural. Esto explica por qué proyectos técnicamente sólidos encuentran un fuerte rechazo social: se diseñaron sin tener en cuenta adecuadamente la salud de las personas, el impacto en el territorio o la participación de la comunidad desde el principio.




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Hacia una transparencia total

La ciencia aplicada a la toma de decisiones reconoce hoy sus propios límites. Muchos estudios actuales dependen en exceso de la opinión de expertos, lo que introduce una subjetividad inevitable. Para manejar esta incertidumbre, se emplean herramientas matemáticas que permiten reflejar la ambigüedad y la falta de consenso en las opiniones humanas. Algunas de estas herramientas son la “lógica difusa” (fuzzy logic) o los “conjuntos neutrosóficos”.

Sin embargo, el futuro exige mayor rigor y estandarización. Indicadores como el consumo de agua en zonas de escasez o el riesgo para la salud humana deben calcularse con metodologías transparentes y verificables. La falta de detalle en los datos dificulta las comparaciones globales. Una transición justa requiere una ciencia que la sociedad pueda auditar y comprender.

El hidrógeno como motor de una transición justa

El éxito de la economía del hidrógeno no se medirá por la capacidad instalada. Se medirá por nuestra capacidad para implementar marcos de decisión transparentes, inclusivos y metodológicamente honestos. Este éxito, en última instancia, no será tecnológico, sino metodológico.

Para los responsables de políticas, la recomendación es clara: deben abandonar la visión de “solución única para todos” y exigir marcos de evaluación que equilibren las dimensiones económicas, ambientales, técnicas y sociales. Armonizar los criterios es el único camino para asegurar que el hidrógeno sea, verdaderamente, un pilar de la sostenibilidad global. Solo con un marco de decisión robusto que incluya al factor humano podremos garantizar que esta revolución energética sea, además de limpia, justa.

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Silvia María Puerta Moreno ha recibido fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades con el proyecto GH2T (PID2020-114725RA-I00 MCIN /AEI/ 10.13039/50110 0 011033). Además, ha recibido una ayuda FPU del Gobierno de España (FPU22/00366).

– ref. El espejismo del hidrógeno verde: por qué la obsesión por el color oculta una transición injusta – https://theconversation.com/el-espejismo-del-hidrogeno-verde-por-que-la-obsesion-por-el-color-oculta-una-transicion-injusta-284519

Los eclipses de la Edad Media: entre la observación y las interpretaciones

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Eugenia Alguacil Martín, Técnico de archivo, Archivo Histórico Provincial de Toledo, Junta de Comunidades de Castilla-La Mancha

Acontecimientos tan relevantes como un eclipse total suelen venir acompañados de noticias sobre cómo se vivían episodios similares en las sociedades históricas. Pero a menudo se recuperan datos circunstanciales e inconexos, que sin quererlo acentúan el progreso del conocimiento actual mientras enfatizan la ignorancia de las sociedades pasadas.

Sin embargo, el análisis de los textos medievales permite ofrecer una imagen más matizada. Así ocurre con algunos testimonios relativos al eclipse del 7 de junio de 1415.

Crónicas y textos científicos

Dentro de los textos medievales podemos encontrar las crónicas, que narraban historias dinásticas, celebraban la guerra y apelaban a lo emocional. No es raro, por tanto, que interpretasen los eclipses como augurios de acontecimientos relevantes explicados con la voluntad divina.

Así se observa en la Crónica da tomada de Ceuta que escribió Gomes Eanes de Zurara. En ella contaba la conquista de esta plaza por el rey Juan I de Portugal y recordaba que el paso del eclipse de 1415 por Lisboa fue una de las señales que se incluyeron en los vaticinios del conocido como Yuda Negro, astrólogo de la corte de origen judío. Al rodear los hechos regios con circunstancias excepcionales interpretadas como augurios, se ensalzaba un poder al que se quería atribuir una base sobrenatural.

Pero la Edad Media también es la época en la que la herencia de la astronomía griega se transmitió a través de la cultura andalusí, incluyendo el propio vocablo eclipse.

En la segunda mitad del siglo XIII, el rey castellano Alfonso X promovió observaciones astronómicas para determinar la posición de los astros. Las tablas alfonsíes que reconocían el movimiento de los cuerpos celestes se difundieron por las élites cultas de su tiempo, y su saber llegó también a algunas capas de la sociedad castellana. A principios del siglo XIV, el literato don Juan Manuel ya sabía explicar en su Libro de los estados que, en ocasiones, “la luna faze eclipsi al sol”.

Imagen de un rey, en el centro, dictando a un escribano que está inmediatamente a la derecha.
El rey Alfonso X de Castilla representado en el Códice rico de las Cantigas. Real Biblioteca del Monasterio de El Escorial, manuscrito T-I-1, fol. 5r.
RB. Patrimonio Nacional, CC BY

¿Qué nivel de difusión social alcanzaron aquellas interpretaciones más ajustadas a la realidad? Los documentos escritos por los notarios públicos ofrecen una respuesta a este interrogante.

Los registros notariales

Más allá de las crónicas regias de audiencia cortesana y de las traducciones de textos astronómicos que circulaban por grupos muy concretos, los siglos finales de la Edad Media son también los de la extensión del notariado público por las ciudades y villas de la Europa latina.

Los notarios eran personas letradas a las que se reconocía fe pública. Sus escrituras tenían valor probatorio y protegían los derechos de instituciones y personas. Y además de los documentos que sus clientes se llevaban como garantía de sus derechos, los propios notarios redactaban sistemáticamente registros de todos los asuntos que escrituraban.

En ellos se recogía el día a día de las sociedades a las que pertenecían: los derechos de propiedad, la transmisión de las herencias, los tratos y contratos cotidianos, y también –de forma excepcional– las ocasiones y acontecimientos memorables en la vida de la comunidad. Los cuadernos donde los notarios medievales registraban su actividad se han conservado de forma desigual. Pero, a principios del siglo XV, ya son lo suficientemente numerosos para que podamos leer, desde Montpellier hasta Toledo, pasando por Toulouse, algunos de sus testimonios sobre el eclipse del 7 de junio de 1415.

Textos sobre ocasiones memorables

Ningún contrato pasó aquel día ante Juan Alfonso, notario al servicio de la Iglesia de Toledo. Pero en su registro tuvo a bien anotar con gran naturalidad un episodio fuera de lo común:

“fasta una ora, fizo eclibsi el sol muy fuerte, atanto que paresçieron las estrellas del çielo, e duró quarto de ora la tiniebra del dicho eclipsi”.

En los Anales occitanos de Montpellier, redactados en lengua vernácula en el ámbito de las élites concejiles, ya se entiende bien que aquello había sido “eclipsi del solhelh et de la luna”. Sin embargo, también se indica que no había sido demasiado intenso, “ni pas trop lonc ni trop escur” (‘ni muy largo ni muy oscuro’), aunque llegaron a verse claramente “las estelas en lo cel”.

Más técnico, el notario Georges Arnaud de la misma ciudad también lo describió en sus minutas de aquella fecha: “fuit eclipsa”, escribía en latín, para indicar luego su duración –“quasi per mediam horam”– y terminar diciendo que había sido “multum obscurum”, en una valoración distinta a la del texto anterior.

En fin, en Toulouse se conservan los registros de Bernard de Cuguron, que no dejó de referirse a la ocasión al final de sus páginas. También en latín, recordó que aquel viernes 7 de junio había ocurrido un eclipsis a la sexta o séptima hora del día, que las calles se quedaron sin luz. Según los cálculos actuales, Toulouse estaba en la zona de mayor visibilidad de aquel eclipse.

De todos estos textos, es el único que asocia un fenómeno astronómico excepcional con un contexto humano, pues indica que en aquel año también había tenido lugar la guerra entre los dos grandes poderes rivales del suroeste francés, los condes de Foix y los de Armagnac. Pero debe subrayarse que no llega a establecer una relación de causalidad entre ambos sucesos.

Todo esto permite pensar que algunos sectores de las sociedades medievales aprendieron a reconocer en el eclipse un fenómeno natural, por más que fuese excepcional. Estaban por llegar observaciones más precisas y cálculos más ajustados, como los que hoy permiten anticipar los eclipses futuros y fechar con precisión los del pasado. Pero la capacidad para observar y describir, que está en la base del conocimiento científico, también se encuentra en las sociedades pretéritas y nos advierte sobre los prejuicios con los que a veces pensamos sobre ellas.


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María Eugenia Alguacil Martín recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, PID2023-146105NB-I00.

Miguel Calleja-Puerta recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, PID2023-146105NB-I00.

Néstor Vigil Montes recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, PID2023-146105NB-I00.

Véronique Lamazou-Duplan recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades, PID2023-146105NB-I00.

– ref. Los eclipses de la Edad Media: entre la observación y las interpretaciones – https://theconversation.com/los-eclipses-de-la-edad-media-entre-la-observacion-y-las-interpretaciones-287811

La paradoja de las vacaciones: cuanto más necesitamos descansar, más nos cuesta conseguirlo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alfredo Rodríguez Muñoz, Catedrático de Psicología Social y de las Organizaciones, Universidad Complutense de Madrid

Olezzo/Shutterstock

Todos los años nos hacemos la misma promesa: “Ya descansaré en vacaciones”. Confiamos en que dos o tres semanas sin reuniones, correos ni despertadores compensen meses de cansancio acumulado. Las vacaciones no son un taller de reparación: pueden aliviar el desgaste, pero difícilmente transformarán en unos días una forma de vida que nos agota durante todo el año.

Llegamos a ellas con una enorme necesidad de recuperación, pero también con expectativas difíciles de cumplir. Tenemos que desconectar, dormir bien, aprovechar cada día y regresar renovados. Cuando descansar se convierte en otra obligación aparece una nueva forma de presión.

Las vacaciones ayudan, pero no hacen milagros. La investigación muestra que mejoran el bienestar y reducen temporalmente el agotamiento. Sin embargo, sus efectos positivos se desvanecen a la semana de regresar al trabajo. Podemos pasar once meses acumulando cansancio y esperar que agosto lo resuelva todo, pero la recuperación no entiende de calendarios laborales. Necesita producirse a lo largo de todo el año.

El cuerpo se va de vacaciones antes que la mente

Para nuestra mente las vacaciones pueden empezar bastante después de lo que marca el calendario. Cerramos el ordenador y viajamos a otro lugar, pero continuamos repasando tareas pendientes, anticipando problemas o pensando en la bandeja de entrada que encontraremos al regresar. El cuerpo puede estar de vacaciones mientras la mente continúa en la oficina.

Este desfase explica por qué no siempre empezamos a descansar nada más llegar. En un estudio con trabajadores cuyas vacaciones duraron una media de 23 días, el bienestar aumentó durante los primeros días y alcanzó su punto máximo alrededor del octavo. Esto no significa que todos necesitemos una semana para desconectar, pero sí que la recuperación es gradual.

La investigación distingue cuatro experiencias que favorecen la recuperación del estrés laboral:

  1. Desconectar mentalmente del trabajo.

  2. Relajarse.

  3. Realizar actividades que nos permitan aprender o sentirnos competentes.

  4. Disponer de autonomía sobre nuestro tiempo.

Las vacaciones facilitan estas experiencias, pero no las garantizan. Podemos estar tumbados en una playa y continuar trabajando mentalmente. También podemos llenar cada día de planes, desplazamientos y compromisos hasta convertir el descanso en otra agenda que debemos completar. La recuperación no depende solo de dónde está nuestro cuerpo, sino de dónde sigue atrapada nuestra atención.

La expectativa de recuperarnos también puede volverse contra nosotros. Llegamos pensando que debemos dormir ocho horas, olvidarnos inmediatamente del trabajo y levantarnos cada mañana llenos de energía, pero el sueño es un proceso involuntario. No podemos dormir del mismo modo que apagamos una luz.

Cuanto más vigilamos si estamos descansando más difícil puede resultar abandonar el estado de alerta. Hemos llevado tan lejos la cultura del rendimiento que incluso descansar parece algo que debemos hacer perfectamente.

Dormir más durante las vacaciones puede hacer que nos sintamos menos cansados. Sin embargo, eso no significa que el organismo revierta de golpe todos los efectos de meses durmiendo poco. La recuperación ayuda, pero no siempre neutraliza todas las consecuencias de haber dormido poco. Un experimento mostró que dormir más durante el fin de semana producía algunas mejoras transitorias, pero no evitó las alteraciones metabólicas cuando los participantes volvieron a reducir sus horas de sueño.

Cambiar todas las rutinas tampoco ayuda

Las vacaciones no solo eliminan las obligaciones laborales. También modifican muchas de las señales que regulan nuestro sueño. Nos acostamos y levantamos más tarde, hacemos siestas prolongadas, cenamos a otra hora y pasamos más tiempo expuestos a luz artificial durante la noche. Esta flexibilidad puede ser beneficiosa, especialmente para quienes llegan con una necesidad importante de sueño. El problema aparece cuando cada día seguimos un horario distinto.

Nuestro sistema circadiano utiliza la luz, la actividad, las comidas y los horarios para organizar el ciclo de sueño y vigilia. Alterarlos bruscamente puede provocar una especie de jet lag social: un desajuste entre nuestro reloj biológico y los horarios que seguimos.

A ello se suman el calor, las cenas tardías y un mayor consumo de alcohol. Este último puede facilitar inicialmente la somnolencia, pero tiende a fragmentar el sueño conforme se metaboliza.

Estos cambios no convierten las vacaciones en una amenaza para el sueño, solo muestran que disponer de más tiempo para dormir no garantiza automáticamente que durmamos mejor.

La recuperación no debería esperar hasta agosto

El error de fondo consiste en tratar la recuperación como un acontecimiento anual. Nuestro organismo necesita alternar periodos de esfuerzo y descanso. Nadie pensaría que dormir bien durante quince noches permite dormir mal el resto del año. Sin embargo, aplicamos una lógica parecida a la recuperación del estrés.

Esta debe producirse en diferentes escalas: mediante pausas durante la jornada, desconexión al terminar de trabajar, sueño suficiente cada noche, tiempo libre semanal y vacaciones periódicas. Cada una cumple una función y ninguna sustituye a las demás.

Las vacaciones son fantásticas: nos devuelven autonomía, reducen las demandas laborales y nos permiten dormir más. Pero no deberían funcionar como el servicio de urgencias de nuestra vida laboral.

Si necesitamos escapar de nuestra vida para poder descansar, quizá el problema no sea cuánto duran las vacaciones, sino cómo vivimos el resto del año.

El descanso no comienza cuando hacemos la maleta. Se construye cada día, mucho antes de las vacaciones. Y si en septiembre sentimos que ya necesitamos las siguientes para recuperarnos, tal vez el problema nunca fue agosto.

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Alfredo Rodríguez Muñoz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. La paradoja de las vacaciones: cuanto más necesitamos descansar, más nos cuesta conseguirlo – https://theconversation.com/la-paradoja-de-las-vacaciones-cuanto-mas-necesitamos-descansar-mas-nos-cuesta-conseguirlo-288303

La empresa líquida: cuando la flexibilidad en las organizaciones se convierte en incertidumbre para sus trabajadores

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mónica Pellejero, Profesor investigador en Organización de Empresas, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

Un lunes cualquiera, una persona abre su ordenador y descubre que el equipo en el que trabajaba ya no existe como tal. El proyecto ha cambiado de prioridad, la herramienta de gestión se ha sustituido por otra, su responsable directo ha pasado a otra área y parte de sus compañeros son ahora colaboradores externos. No ha ocurrido una crisis visible. Simplemente, la organización se ha reorganizado. Otra vez.

Durante décadas, muchas empresas se construyeron sobre una promesa relativamente estable: seguridad, pertenencia y trayectorias profesionales previsibles a cambio de compromiso y lealtad. El trabajo no era solo una fuente de ingresos. También ordenaba el tiempo, definía una identidad social y ofrecía cierta sensación de futuro compartido.

Esa lógica está cambiando. Trabajo híbrido, digitalización, equipos por proyectos, metodologías ágiles, subcontratación, inteligencia artificial y plataformas bajo demanda han convertido la adaptación permanente en una condición básica de la vida laboral. La empresa ya no se presenta tanto como una estructura sólida sino como un organismo que se reconfigura continuamente.

La imagen recuerda a la modernidad líquida propuesta por el sociólogo y filósofo Zygmunt Bauman en el año 2000: un mundo en el que las instituciones, las relaciones y las identidades pierden estabilidad y se vuelven más frágiles, móviles y temporales. Esta lectura se ha llevado también al terreno organizativo para explicar cómo la liquidez contemporánea modifica el liderazgo, las carreras profesionales y las formas de control dentro del trabajo.

La agilidad como promesa

Conviene evitar una lectura nostálgica. La flexibilidad no es, en sí misma, un problema. En entornos tecnológicos y económicos muy cambiantes, las organizaciones excesivamente rígidas reaccionan tarde, innovan peor y arrastran inercias burocráticas.

Las investigaciones sobre agilidad organizativa muestran que la capacidad de detectar cambios, responder con rapidez y reorganizar recursos puede mejorar el rendimiento de las empresas. Una revisión sistemática basada en 249 estudios empíricos publicados entre 1998 y 2024 encontró una relación consistente entre distintas formas de agilidad empresarial y resultados organizativos.

Las prácticas ágiles de trabajo, con una red de equipos que funcionan en ciclos rápidos de aprendizaje y toma de decisiones, pueden favorecer el bienestar cuando aumentan la autonomía, el apoyo social, la retroalimentación y la claridad de objetivos. La empresa líquida puede ofrecer oportunidades reales. El problema aparece cuando la flexibilidad deja de ser una herramienta y se convierte en un estado permanente de inestabilidad: esas mismas prácticas pueden aumentar demandas, presión comunicativa o sensación de sobreexposición si no se gestionan bien.

Equipos que se forman y se disuelven

Muchas organizaciones funcionan cada vez más mediante proyectos: equipos temporales, alianzas externas, colaboradores independientes y redes que se activan y se desactivan según la necesidad. Los estudios sobre organizaciones basadas en proyectos explican esta transformación hacia estructuras con núcleos estables y bolsas flexibles de socios o profesionales que se incorporan proyecto a proyecto.

La ventaja es evidente: se gana especialización y velocidad. La pérdida es menos visible: cuesta más construir memoria compartida, confianza y sentido de pertenencia. No basta con juntar talento para que exista cooperación. Las relaciones laborales necesitan tiempo, normas implícitas, experiencias comunes y una mínima continuidad.

Aquí aparece una de las paradojas del trabajo contemporáneo. La empresa gana flexibilidad, pero parte de la incertidumbre se desplaza al individuo. Ya no se espera solo que una persona haga bien su trabajo, sino que se actualice constantemente, cambie de equipo, redefina su rol y mantenga su empleabilidad en un mercado incierto.

El coste psicológico de no tener suelo

La investigación en salud laboral lleva años mostrando que la inseguridad en el empleo no es un asunto menor. Una revisión de 56 muestras independientes y más de 53 000 participantes encontró una relación significativa entre la inseguridad laboral y los problemas de salud mental, incluyendo ansiedad, depresión, agotamiento emocional y menor satisfacción vital.

Algo similar ocurre con la ambigüedad de rol. Cuando las personas no saben bien qué se espera de ellas, cuáles son sus límites de responsabilidad o cómo se evaluará su rendimiento, aumenta la tensión psicológica. Estudios sobre burnout o síndrome de estar quemado han encontrado que la ambigüedad y el conflicto de rol se asocian con mayor desgaste emocional.

Esto no significa que toda reorganización sea dañina. Significa que la adaptación permanente necesita estructura. Cambiar puede ser estimulante cuando existen recursos, apoyo y claridad. Pero se vuelve agotador cuando todo parece provisional: el equipo, el liderazgo, las prioridades, las herramientas e incluso los valores corporativos.

Pertenecer a una empresa que cambia sin parar

El trabajo híbrido añade otra capa. La distancia física no elimina necesariamente el vínculo con la organización, pero lo vuelve más dependiente de factores psicológicos: comunicación, apoyo social, identificación y sensación de formar parte de algo. La investigación sobre trabajadores virtuales ya señaló que, cuando desaparecen los elementos tangibles de la organización, la identificación organizativa se vuelve crucial.

Estudios recientes sobre el trabajo desde casa muestran que la intensidad del teletrabajo puede relacionarse con trayectorias distintas de aislamiento laboral, dependiendo de cuestiones como el apoyo entre compañeros o las dificultades de comunicación. Por eso, el debate no debería reducirse a “oficina sí vs. oficina no”. La cuestión relevante es cómo se construye pertenencia cuando el trabajo se distribuye en pantallas, plataformas y equipos cambiantes.

La seguridad psicológica ofrece una pista importante. La experta en liderazgo organizacional Amy Edmondson la definió como la creencia compartida de que un equipo es seguro para asumir riesgos interpersonales: preguntar, discrepar, reconocer errores o proponer ideas incompletas. Sin ese suelo relacional, la innovación se convierte fácilmente en presión.

Agilidad con anclajes

La empresa líquida no es necesariamente una mala empresa. Puede ser innovadora, rápida y abierta. Pero necesita anclajes. Las personas pueden adaptarse a entornos cambiantes si cuentan con reglas comprensibles, liderazgos confiables, espacios de participación, apoyo social y trayectorias mínimamente legibles.

La identificación con equipos y organizaciones se ha relacionado con menos estrés y mayor bienestar, y las iniciativas de cambio funcionan mejor cuando tienen en cuenta cómo afectan a la identidad de las personas implicadas.

El desafío no consiste en volver, sin más, a la empresa rígida del pasado, ni en celebrar acríticamente la flexibilidad como si siempre fuera sinónimo de libertad. La cuestión es cómo diseñar organizaciones capaces de moverse sin convertir la vida laboral en una sucesión interminable de reajustes.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. La empresa líquida: cuando la flexibilidad en las organizaciones se convierte en incertidumbre para sus trabajadores – https://theconversation.com/la-empresa-liquida-cuando-la-flexibilidad-en-las-organizaciones-se-convierte-en-incertidumbre-para-sus-trabajadores-285669