Une bouse de vache vaut-elle un crottin de cheval ? Les bousiers n’ont pas tous les mêmes préférences gustatives

Source: The Conversation – France (in French) – By Cloé Joly, Postdoctoral fellow, Centre national de la recherche scientifique (CNRS); Université de Montpellier; Université de Rouen Normandie

Bousier de l’espèce _O. Vacca_ avec des acariens sur le dos. Martin A. Prinz (martin_der_prinz)/iNaturalist, CC BY-NC

L’ESSENTIEL

  • Les bousiers sont une grande famille d’insectes coléoptères qui se nourrit et pond dans les excréments d’animaux, parmi lesquels les grands mammifères d’élevage (vaches, chevaux…).

  • On pensait jusqu’alors que, dans le sud de la France, les bousiers de l’espèce Onthophagus vacca privilégiaient les déjections de vaches. Une nouvelle étude contredit ces résultats : les coléoptères y ont préféré les crottins d’équidés. Plusieurs hypothèses sont à l’étude pour expliquer ces différences.

  • Comprendre l’écologie des bousiers est important, car ceux-ci rendent des services écosystémiques précieux dans les pâturages, où ils jouent à la fois un rôle de nettoyeurs et de disséminateurs de graines.


L’élevage a pour objectif de produire des ressources utilisables par les humains : lait (et, par extension, produits laitiers), laine, viande… Nous ne sommes toutefois pas les seuls à profiter indirectement de l’occupation des pâturages par les animaux d’élevage. Les bousiers, ces insectes coléoptères coprophages, prospèrent dans leurs excréments.

Mais est-ce que, pour le bousier, une bouse de vache vaut un crottin de cheval ? Sont-ils de fins gourmets, avec des préférences gustatives caractéristiques en fonction des espèces ? Cette question était au cœur de notre récente étude.

Mais y répondre est plus compliqué qu’il n’y paraît : les goûts des bousiers pourraient ne pas dépendre uniquement de leur espèce au sens strict, mais également des types de déjections auxquelles ils auraient été exposés pendant leur développement, notamment au stade larvaire.

Les bousiers, ces fins gourmets

Le terme « bousiers » correspond à plusieurs centaines d’espèces différentes, appartenant toutes à la superfamille des scarabées (Scarabaeidae). Leur point commun est de toutes se nourrir, à un moment de leur vie au moins, de déjections.

On en compte plus de 150 espèces rien que dans le pourtour méditerranéen, 900 espèces en Europe et plus de 6 000 dans le monde.

Généralement, on peut distinguer trois grandes classes de bousiers, selon leur manière d’utiliser la déjection :

  • les endocoprides, dont les larves sont disposées soit directement dans la déjection, soit à l’interface avec le sol ;

  • les paracoprides, qui forment des pilules de déjections, enterrées en dessous de celles-ci et dans lesquelles la femelle dépose un œuf ;

  • et les télécoprides, qui forment des boulettes de déjections en les roulant sur le sol, dans lesquelles la femelle dépose un œuf qui sera enterré un peu plus loin.

Les trois groupes fonctionnels des bousiers.
Fourni par l’auteur

Choisir la bonne déjection représente donc un enjeu de taille pour les parents bousiers, puisqu’il en va de la survie de leur descendance. C’est par l’odorat qu’ils vont se diriger dans leur environnement, jusqu’à trouver une ressource qui leur convienne.




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Toutes les déjections ne se valent pas

Mais, pour les bousiers, toutes les déjections ne se valent pas. Et pour cause, elles n’émettent pas les mêmes composés odorants, ne présentent pas les mêmes compositions nutritionnelles ni les mêmes caractéristiques physiques (taille des particules, taux d’humidité, taille des déjections, etc.). Ces différences dépendent, entre autres, du régime alimentaire de l’animal producteur et de son métabolisme.

Certaines espèces de bousiers peuvent alors montrer des préférences alimentaires. Par exemple, une étude menée par Laurent Dormont et son équipe, publiée en 2004, a montré que les déjections de bovins sont plus attractives dans le contexte méditerranéen, aussi bien sur le terrain qu’en laboratoire.

Avec mon équipe, nous sommes allés dans le sud de la France, où la communauté de bousiers est la plus riche, et nous avons testé leurs préférences alimentaires. Pour cela, nous avons travaillé au sein de la Réserve africaine de Sigean, entre Narbonne (Aude) et Perpignan (Pyrénées-Orientales), un zoo qui a la particularité de présenter des enclos où cohabitent plusieurs espèces de grands herbivores.

Nous avons disposé des pièges à bousiers, afin de les appâter par des déjections soit de zèbres, soit de bovins, soit d’antilopes, soit d’autruches. Puis nous avons attendu 24 heures pour compter le nombre d’espèces de bousiers représentées dans les pièges et le nombre d’individus capturés.

Les bousiers de l’espèce Onthophagus vacca sont supposés préférer les bouses de vache, mais ont plébiscité le crottin de zèbre.
Antoine Joris (directeur zoologique de la Réserve africaine de Sigean), Fourni par l’auteur

Nos résultats ont montré que les bousiers de la Réserve africaine de Sigean sont moins attirés par les déjections d’autruches et préfèrent les déjections de zèbres aux déjections d’antilopes ou de bovins.

Une espèce en particulier, appelée Onthophagus vacca (du latin vacca, pour vache) justement parce qu’elle est connue pour apprécier particulièrement les bouses bovines, a démontré une forte préférence pour les déjections de zèbres dans nos conditions expérimentales.

Nos résultats sont donc en contradiction avec les études précédentes. Pourquoi ?

« Goûter de tout pour aimer de tout »

Chez les insectes, l’hypothèse de « l’héritage chimique » suppose que lorsque des larves sont exposées à une certaine ressource alimentaire durant leur développement, les adultes qu’elles deviendront préféreront déposer leurs propres œufs dans le même type de ressource. L’idée, c’est que comme l’adulte a réussi à se développer sur une ressource en particulier, c’est la garantie qu’elle sera également utilisable pour ses descendants.

Cycle vie du bousier O. vacca.
Fourni par l’auteur

Dans notre cas, la Réserve africaine de Sigean est implantée depuis cinquante ans, soit 50 générations de bousiers environ. Une des hypothèses expliquant pourquoi on a observé une préférence alimentaire d’O. vacca pour les déjections équines est que le succès reproducteur de l’espèce serait meilleur dans les déjections de zèbres par rapport aux déjections d’autres herbivores, dans le contexte particulier de ce zoo. Au cours du temps, ce comportement alimentaire aura donc été sélectionné. À l’inverse, l’étude de Laurent Dormont a utilisé des bousiers provenant d’enclos de bovins, dont les préférences alimentaires auraient pu être déjà sélectionnées.

Selon cette hypothèse, les préférences alimentaires des bousiers dépendraient avant tout de l’accessibilité des différentes ressources.

Deux espèces de bousiers très proches, mais aux préférences différentes

Mais il pourrait y avoir une autre explication à ces résultats contradictoires.

En Europe, il existe une espèce de bousiers qui ressemble beaucoup à O. vacca et qui se nomme Onthophagus medius. Elles sont tellement similaires visuellement que ce n’est qu’en étudiant leur ADN que la communauté scientifique s’est rendu compte qu’il s’agissait de deux espèces distinctes.

Grâce à ces études menées dans les années 2010, on sait qu’O. vacca se trouve plutôt dans les régions chaudes par comparaison à O. medius, et plutôt en faible altitude.

Or, ces deux espèces, si similaires visuellement, pourraient ne pas partager les mêmes goûts, expliquant que nos résultats diffèrent de ceux décrits précédemment, quelques années avant la distinction officielle des deux espèces. En effet, ce qu’on a pris pour O. vacca quelques années plus tôt dans les bouses de vaches pourrait bien avoir été le fait d’O. medius.

Préférences alimentaires et services écosystémiques

Prenons de la hauteur : pourquoi s’intéresser aux préférences alimentaires des bousiers ? Le sujet peut prêter à sourire, et pourtant. En se nourrissant de déjections et en enterrant une grande partie de celles-ci, les bousiers réalisent un travail monumental dans nos pâturages, où ils rendent des services écosystémiques considérables.

En effet, ils permettent de nettoyer les pâturages, laissant des herbages propres pour les herbivores qui souhaitent brouter. Avec les déjections, les bousiers enfouissent aussi tout un tas de graines, précédemment avalées par les herbivores, et participent ainsi à la dispersion des plantes.

Ils accélèrent aussi la décomposition de la matière organique, permettant l’enrichissement de la terre, et par la suite de la végétation, dont la pousse est aussi accélérée par cet engrais naturel. Enfin, en présence de bousiers, les parasites des grands herbivores, dont les œufs se trouvent dans les déjections de l’hôte, voient leur taux de survie diminuer, ce qui réduit les risques d’infestation.

En bref, les bousiers rendent une multitude de services à nos pâturages. Pour cette raison, il est crucial de mieux comprendre leur écologie, afin d’adapter si nécessaire nos habitudes d’élevage pour mieux les protéger.


L’autrice remercie chaleureusement Pierre Jay-Robert, Freddie-Jeanne Richard et Alix Ortega, les co-auteurs de l’article scientifique qui a donné lieu à ce partage de connaissance avec le grand public.

The Conversation

Cloé Joly ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Une bouse de vache vaut-elle un crottin de cheval ? Les bousiers n’ont pas tous les mêmes préférences gustatives – https://theconversation.com/une-bouse-de-vache-vaut-elle-un-crottin-de-cheval-les-bousiers-nont-pas-tous-les-memes-preferences-gustatives-289166

Suplemento cultural: el museo y la moralidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Arte y Humanidades, The Conversation

Imagen de un vestido de John Galliano para Christian Dior expuesto en París, en La Galerie Dior. Lila Louisa/Shutterstock

Una versión de este texto se publicó por primera vez en nuestro boletín Suplemento cultural, un resumen quincenal de la actualidad cultural y una selección de los mejores artículos de historia, literatura, cine, arte o música. Si quiere recibirlo, puede suscribirse aquí.


Les confesaré que el último escándalo en el mundo de la moda me pilló en la playa y no me enteré del mismo hasta unos días después. Resulta que el Costume Institute del Museo Metropolitano de Nueva York anunció a principios de agosto cuál será la temática de la exposición temporal que se inaugurará en la primavera de 2027 y que corresponderá, previsiblemente, al enfoque de la próxima Met Gala.

El objeto de atención no es otro que el británico John Galliano. Galliano, diseñador estrella de la casa Dior durante quince años, cayó en desgracia después de aparecer en unos vídeos insultando, borracho, a una pareja en una terraza de París y, posteriormente, alabando la figura de Hitler. El racismo y antisemitismo de su actitud llevaron a que la marca francesa prescindiese de sus servicios y tras pedir perdón se mantuvo en un discreto segundo plano, incluso tras volver a diseñar para Maison Margiela. Galliano ha sido noticia recientemente también por firmar un contrato con Zara para trabajar sobre prendas de su archivo.

Que una persona con un pasado conflictivo haya sido elegida como figura central de la exposición del Metropolitan ha despertado no solo recelos sino también protestas activas. Sandra Bravo Durán explica en su artículo la grandeza de Galliano –“Si Galliano hubiera sido un diseñador menor, probablemente este debate no tendría la misma intensidad”– y también analiza certeramente la necesidad de abordar el reconocimiento de determinadas figuras teniendo en cuenta su creatividad y también su personalidad, en una reflexión que va mucho más allá de la moda.

Después de todo, como declara en la introducción de la pieza, “una exposición no es exactamente un premio y un museo no es un salón de la fama para figuras moralmente ejemplares”.

Las mujeres siguen muriendo

El caso de la guardia civil Laura Cruz, asesinada por su expareja en el cuartel de la Guardia Civil de Llanes después de más de una década de maltrato y acoso, ha demostrado lo difícil que todavía resulta para la justicia determinar y condenar actos de violencia machista reiterada. Cruz es una de las 36 mujeres asesinadas en España en 2026. En México, en 2025, se contabilizaron oficialmente 721 feminicidios, aunque las asociaciones cuadruplican o quintuplican esa cifra.

Es llamativo echar la vista atrás, a 1905, y ver cómo Benito Pérez Galdós ya se fijó en esta lacra y la desarrolló en su obra Bárbara. En ella consiguió “representar con singular profundidad los mecanismos psicológicos, emocionales y sociales del maltrato ejercido contra una mujer”. Es necesario que enfoques como los de Galdós sigan creciendo hasta permear toda la sociedad. La educación, el conocimiento y la empatía son la única forma de hacer entender que ningún hombre tiene derechos sobre la vida de ninguna mujer.

El K-pop vuelve a alzar la voz

Se acordarán de que Bad Bunny ganó a principios de año el premio a mejor álbum en los premios Grammy. Tal vez no se acuerden –pero ya lo mencionamos aquí– de que la Mejor Canción para Medios Audiovisuales recayó en “Golden”, el omnipresente tema de la película Las guerreras K-pop, haciendo que por primera vez una canción de ese género surcoreano se llevase uno de esos galardones.

Pues hace un par de meses los Grammy decidieron crear nuevas categorías, dos de ellas relacionadas con las músicas latina y asiática. Lo que algunos han visto como una forma de incluir géneros populares de otros continentes –no nos olvidemos de que los Grammy son esencialmente anglosajones–, otros han considerado que es una forma de relegar aquello que ahora domina el mercado global a categorías menores. Así al menos se lo ha tomado el grupo coreano BTS, que ha decidido no presentarse con su último álbum a los premios este año.

Aprovechamos esto para recuperar un artículo sobre el nacimiento del K-pop, su esencia disruptiva y cómo esta no es la primera vez –ni probablemente será la última– en la que BTS alce la voz para protestar contra algo que considera injusto.

El mix estival

Sigue el verano en el hemisferio norte del planeta así que traemos un popurrí de temas ideales para estas fechas.

Tenemos por un lado el texto –uno de los clásicos de The Conversation– en el que Ricardo Navarrete Franco compara zambullirse en el Ulises de Joyce con nadar en una playa de, pongamos, las Rías Baixas gallegas: “Se puede llevar una vida normal sin leer el Ulises. Y sin nadar. Sin embargo, hay algo que nos empuja mar adentro…”.

Si, a pesar de todo, seguimos sin atrevernos a entrar en el agua helada, siempre podemos atemperarnos en el chiringuito, con un refresco. El origen de estas palabras, y algunas otras que escuchamos con frecuencia en estos meses, es tan curioso como ingenioso.

Hace ya años, cuando Luis Fonsi y Daddy Yankee recomendaban aquello de ligar des-pa-ci-to, el filósofo Txetxu Ausín abogó por aplicar el estribillo no solo a los romances sino a la vida. Su elogio de la lentitud es perfecto para estos días en los que no solo vivimos con más calma sino que aspiramos a extender este ritmo al resto del año.

Un lugar en el que definitivamente los expertos recomiendan tranquilidad es el museo. Aunque muchos aprovechamos la visita a otras ciudades para empaparnos de su cultura y sus riquezas, a veces, como dice el refrán, “quien mucho abarca poco aprieta”.

Y de la lentitud pasamos a velocidad. La mítica Ruta 66 cumple 100 años y en medio de las celebraciones hay quien se plantea si hay razón para tanto aniversario. Después de todo, durante varias décadas una gran parte de la población estadounidense no pudo disfrutar ni de los restaurantes ni de los moteles de esa famosa carretera. ¿La razón? Su tono de piel.

The Conversation

– ref. Suplemento cultural: el museo y la moralidad – https://theconversation.com/suplemento-cultural-el-museo-y-la-moralidad-288829

Contre le gaspillage alimentaire, une réduction suffit-elle ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Gabriel Van-Ha Luong, Professeur de marketing, PSB Paris School of Business


L’ESSENTIEL

  • Face au gaspillage alimentaire, des plateformes mettent en relation consommateurs et commerçants ou artisans qui vendent à prix réduit leurs produits non écoulés.

  • Le rapport qualité-prix arrive en tête des motivations des acheteurs, mais d’autres facteurs entrent aussi en ligne de compte.

  • Cette pratique est également l’illustration d’une nouvelle manière de consommer.


Si un prix réduit peut inciter à acheter un panier d’invendus, suffit-il à renouveler l’expérience ? L’exemple de l’application antigaspillage alimentaire Too Good To Go permet à notre étude de mettre en évidence quatre variables qui vont influencer le résultat : le rapport qualité-prix, la nouveauté, la contribution environnementale perçue et le sentiment de communauté. Leur combinaison peut transformer un achat ponctuel en pratique que l’on souhaite poursuivre et même partager.

À 18 h 30, Claire réserve sur l’application antigaspillage Too Good To Go, un « panier surprise » proposé par une boulangerie de son quartier avant la fermeture. Elle repart avec du pain, deux pâtisseries et un sandwich présentés comme des invendus. La réduction l’a attirée.

Pourtant, lorsqu’elle raconte son expérience à une amie, elle ne parle pas seulement de l’argent économisé. Elle évoque une boulangerie devant laquelle elle passait sans jamais entrer, de nouvelles saveurs et les quelques mots échangés avec le commerçant. Elle a aussi la satisfaction de penser que les aliments qu’ils proposent ne finiront peut-être pas à la poubelle.

Claire n’existe pas vraiment, mais ce qu’elle a vécu est réel : c’est un personnage composite, inspiré de situations récurrentes, dans les avis que nous avons analysés.

Rendre l’antigaspillage concret

Face aux quantités de nourriture jetées, il est difficile de percevoir l’effet d’une décision individuelle. Les applications antigaspillage rapprochent cet enjeu du quotidien en l’intégrant à un acte aussi ordinaire que l’achat d’un repas.




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Too Good To Go constitue un terrain intéressant pour observer ce mécanisme. La plateforme met en relation des consommateurs et des commerces qui vendent à prix réduit leurs produits non écoulés. Le contenu du panier étant généralement inconnu, une même transaction peut combiner économie, exploration et impression de participer à la réduction du gaspillage.

Pour comprendre ce qui conduit les utilisateurs à poursuivre l’expérience, nous avons analysé 20 000 avis publiés sur Google Play et sur l’App Store, soit plus de 448 000 mots. Une analyse qualitative assistée par de grands modèles de langage (LLM) nous a permis d’en dégager les thèmes récurrents. Les relations entre les motivations ainsi identifiées ont ensuite été testées quantitativement auprès de 534 utilisateurs actifs.

Les quatre dimensions de l’antigaspi

Avec 4 554 mentions dans les avis positifs, le rapport qualité-prix arrive en tête. Notre enquête confirme qu’il s’agit du facteur le plus fortement associé à l’engagement émotionnel. L’incitation économique ne doit donc pas être minimisée. Elle rend la pratique accessible à davantage de personnes. Elle rappelle aussi qu’intérêt personnel et préoccupation environnementale ne sont pas incompatibles : un consommateur peut vouloir économiser tout en cherchant à limiter le gaspillage.

La nouveauté, mentionnée 3 461 fois, dépasse l’effet de surprise lié au contenu du panier. Les utilisateurs découvrent de nouveaux aliments, de nouvelles saveurs, des commerces inconnus et parfois des cuisines issues d’autres cultures. Une personne peut ainsi entrer pour la première fois dans une boutique située à quelques rues de chez elle ou goûter un plat qu’elle n’aurait jamais choisi.

La contribution environnementale perçue apparaît dans 2 599 avis. Elle correspond au sens écologique que l’utilisateur attribue à son geste : il a le sentiment de participer à la réduction du gaspillage. Cette perception peut lui procurer de la satisfaction et de la fierté, sans connaître exactement la mesure objective de l’impact obtenu.

Enfin, le sentiment de communauté est présent dans 1 293 avis. Il ne se limite pas à l’appartenance abstraite à un mouvement antigaspillage. Il peut aussi naître d’expériences locales : rencontrer un commerçant, mieux connaître les acteurs de son quartier, soutenir leur activité ou contribuer à un effort partagé.

Grâce à la découverte de nouvelles saveurs et de nouvelles adresses, Claire apprend aussi à mieux connaître ceux qui font vivre son quartier. Lorsqu’elle raconte son expérience, elle peut également faire connaître un commerce et donner à d’autres l’envie de l’essayer. Ensemble, ces quatre valeurs nourrissent un engagement affectif, fortement associé à l’intention de continuer à utiliser le service et de le recommander.

Ces résultats confirment une étude antérieure sur Too Good To Go, qui relevait des bénéfices fonctionnels, émotionnels et sociaux. Ils montrent aussi que ces valeurs favorisent l’engagement émotionnel, puis la poursuite de l’utilisation et la recommandation du service.

Le prix attire, mais ne suffit pas

Pour les entreprises, l’enjeu est de ne pas réduire l’antigaspillage à une promotion. Une meilleure offre pourrait rapidement détourner les utilisateurs si leur seule motivation était financière. La découverte, le sentiment d’utilité et le lien social peuvent prolonger l’impulsion suscitée par le prix.

Les entreprises peuvent, par exemple, faire connaître des produits ou des acteurs locaux, créer des liens entre les personnes et montrer comment chacun contribue à un effort collectif. Les campagnes de sensibilisation peuvent également mobiliser le plaisir et la fierté d’agir, plutôt que de s’appuyer uniquement sur la culpabilité ou le devoir.

Engager ne signifie toutefois pas seulement fidéliser ou encourager davantage d’achats. Une entreprise qui se présente comme responsable doit aussi aider les consommateurs à comprendre le problème auquel elle prétend répondre. Cela suppose de communiquer clairement sur les résultats obtenus, les méthodes utilisées pour les calculer et les limites de son action.

Une promesse à rendre vérifiable

Une expérience agréable ne garantit pas son bénéfice environnemental. Too Good To Go estime notamment son impact en supposant que les produits collectés sont de véritables surplus et que leur consommation remplace l’achat d’une quantité équivalente de nourriture. Ces hypothèses permettent d’effectuer un calcul global, mais ne décrivent pas nécessairement chaque panier.

BFM, 2025.

Des questions demeurent donc : que seraient devenus les aliments s’ils n’avaient pas été vendus sur l’application ? Leur achat remplace-t-il réellement un autre repas ? Quelle quantité est consommée finalement ?

La prévention doit également rester prioritaire. Lorsque les surplus ne peuvent pas être évités, leur redistribution limite certaines pertes. Mais leur vente ne dispense pas les commerces de mieux ajuster leur production en amont. Too Good To Go est ainsi étudié comme un dispositif susceptible de stimuler l’engagement, et non comme une solution dont tous les effets seraient garantis.

De la gêne à la fierté de consommer autrement

La question dépasse l’antigaspillage alimentaire. Acheter un vêtement d’occasion, choisir un produit proche de sa date limite ou réserver une offre de dernière minute peut encore être perçu comme un choix dicté par le manque de moyens.

Pourtant, ces pratiques peuvent aussi permettre d’explorer, de créer des liens et de se sentir utile. Ce changement de regard est important. Un achat auparavant dissimulé ou dévalorisé peut désormais devenir un choix assumé, source de satisfaction et de fierté.

Dès lors, comment les entreprises peuvent-elles transformer des pratiques de consommation encore perçues comme contraintes en expériences que les consommateurs auront envie d’assumer, de renouveler et de partager ?

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

– ref. Contre le gaspillage alimentaire, une réduction suffit-elle ? – https://theconversation.com/contre-le-gaspillage-alimentaire-une-reduction-suffit-elle-288755

El terremoto de Granada no fue un evento excepcional: ¿qué riesgo sísmico hay en el sureste de España?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Patricio Venegas Aravena, Profesor e investigador de física aplicada, Universidad Loyola Andalucía

Destrozos causados por el terremoto de Granada. RTVE

La península ibérica presenta una actividad sísmica considerable y la provincia de Granada está entre las regiones sísmicamente más activas. El reciente terremoto del 15 de agosto de 2026, bastante cercano a la ciudad de Granada (entre 10 a 15 km), tuvo una magnitud –Mw– de 5.2 y una profundidad de pocos kilómetros, según el US Geological Survey.

Es importante entender cómo se describen los terremotos. La magnitud cuantifica la energía liberada y, por lo tanto, constituye una medida única del evento. En cambio, la intensidad describe sus efectos observados en diferentes localidades. Por ello, puede variar espacialmente alrededor del epicentro. A diferencia de la magnitud, la intensidad emplea números romanos, desde I hasta XII. Estos valores aumentan conforme aumenta la severidad de los efectos.

Intensidad V, daños moderados

Según el Instituto Geográfico Nacional (IGN), Granada alcanzó intensidad V, que corresponde a una sacudida fuerte y claramente perceptible. También pueden aparecer daños menores en estructuras vulnerables y el desprendimiento de material o escombros en zonas peatonales. Sin embargo, no implica daños estructurales generalizados.

En cuanto a los valores de velocidad a la que viajan las ondas de energía a través de la tierra, podría haber alcanzado varios centímetros por segundo. Estimaciones preliminares del IGN sitúan estos valores alrededor de cinco centímetros por segundo –aunque futuros análisis podrían modificar los resultados preliminares de velocidad del suelo e intensidad–.

Los terremotos del sur de España

El terremoto de Granada no fue un evento aislado, ya que comparte muchas similitudes con otro que ocurrió a unos 170 km al este en 2011: el terremoto de Lorca. Este último tuvo una magnitud, una profundidad y una intensidad ligeramente superiores a las del reciente evento de Granada. Dejó 9 fallecidos y daños en el 80 % de la ciudad.

Gráfico de las consecuencias de los seísmos de Lorca en 2011. La imagen muestra el epicentro de los terremotos, áreas con edificios dañados y las personas fallecidas.
Ecelan / Wikimedia Commons., CC BY-SA

Ambos generaron daño localizado (a unos 100 km a la redonda), lo que contrasta con otros sucesos del pasado, como el gran terremoto de Lisboa de 1755 (de magnitud cercana a Mw9), cuyos efectos se extendieron por toda la península ibérica.

Así que la Península no está exenta de peligro sísmico –un concepto que describe la probabilidad de que el suelo alcance determinados niveles de sacudida en un lugar determinado–. De hecho, la actualización periódica de los mapas que representan la peligrosidad sísmica de España es una de las acciones más importantes que desarrolla el Instituto Geográfico Nacional en el marco de sus competencias en el campo de la sismología.

A más tiempo sin terremotos, más energía acumulada

Si bien los grandes eventos, como el de Lisboa, son más catastróficos –pueden producir hasta tsunamis y el colapso de grandes estructuras–, los de tamaño moderado (como los de Lorca y Granada) ocurren de forma más recurrente.

Esto tiene que ver con uno de los principios de la sismología: la ley de Gutenberg-Richter, según la cual los terremotos de magnitud moderada (como 4 o 5, similares a los que suelen ocurrir en el sureste de España) son más frecuentes que los grandes terremotos (como el de Lisboa). Esta diferenciación ocurre por el tiempo de acumulación de energía, el cual es considerablemente mayor para terremotos de gran tamaño.

Cada cuánto ocurren

El sureste español presenta actividad sísmica recurrente que afecta especialmente las cordilleras Béticas orientales, incluyendo ciudades como Granada, Murcia y zonas próximas, ya que comprende numerosas fallas tectónicamente activas.

Según un estudio reciente sobre la recurrencia estadística regional –es decir, un análisis sobre cada cuánto tiempo ocurre un terremoto de tal magnitud–, dicha zona tiene una tasa anual de sismicidad cercana a 0.63 para eventos de magnitud 4 o superior. Esto corresponde aproximadamente a un terremoto de magnitud 4 cada 1.6 años (la fórmula es T = 10M-3.8, donde T es el tiempo de recurrencia y M la magnitud).

La extrapolación proporciona tiempos mayores para magnitudes superiores. Por ejemplo, para un terremoto de magnitud 5 (como el de Lorca o Granada) es de esperar que haya un evento cada dieciséis años. Para terremotos de magnitud mayor a 6, este intervalo es de 160 años.

…y dónde los esperamos en la península ibérica

Para trasladar estos tiempos a la realidad del riesgo sísmico, es fundamental diferenciar la naturaleza de las rupturas. El catálogo del Instituto Geográfico Nacional (IGN) identifica en el sureste peninsular más de 10 terremotos superficiales históricos de magnitud similar o mayor a 6 y, al comparar estos eventos con las previsiones de recurrencia estadística, el margen de error puede variar.

Impreso realizado en Colonia, Alemania, en 1523 informando acerca de la destrucción de Almería por el terremoto de 1522.
Wikimedia Commons.

Por ejemplo, en las proximidades de Valencia, el terremoto de Estubeny de 1748 superó el intervalo de recurrencia estimado para un evento de magnitud similar (aproximadamente 251 años, frente a los 278 que transcurrieron en realidad). En Almería, el caso del terremoto de Alhama de 1522 (Mw∼6.5) resulta especialmente llamativo: en el presente, han transcurrido unos 504 años, cifra que prácticamente coincide con los ~501 años de recurrencia estadística estimados para esa magnitud.

A ello se suma que las mayores velocidades de deformación cortical de las Béticas orientales se concentran hacia el sector de Almería y Murcia, donde llegan a 1–2 mm/año. Esto indica una mayor acumulación actual de deformación tectónica y, potencialmente, una mayor capacidad para generar terremotos moderados en estos sectores.

Aunque estos datos no permiten predecir cuándo ocurrirá el próximo, habría que poner atención a Granada, Almería y Murcia –sobre todo, estas dos últimas–, por la combinación de actividad sísmica histórica y deformación cortical actual. También hay que poner atención a Valencia, ya que presenta un tiempo transcurrido particularmente elevado respecto de su recurrencia estadística.

The Conversation

Patricio Venegas Aravena no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El terremoto de Granada no fue un evento excepcional: ¿qué riesgo sísmico hay en el sureste de España? – https://theconversation.com/el-terremoto-de-granada-no-fue-un-evento-excepcional-que-riesgo-sismico-hay-en-el-sureste-de-espana-289907

De pequeña, los talibanes me prohibieron ir al colegio en Afganistán. Ver cómo vuelve a pasar es desgarrador

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ghazaal Habibyar, PhD Candidate, Faculty of Social Sciences, L’Université d’Ottawa/University of Ottawa

En agosto de 2021, los talibanes volvieron a tomar Kabul y, en cuestión de semanas, impidieron que las niñas asistiesen a la escuela más allá de sexto (11-12 años). Cinco años después, la restricción sigue vigente.

Afganistán continúa siendo el único país del mundo que prohíbe oficialmente a las niñas y a las mujeres acceder a la educación secundaria y superior. Desde entonces, a las mujeres afganas también se les ha prohibido trabajar en la mayoría de los sectores en los que antes estaban empleadas, desde los trabajos públicos hasta las organizaciones de ayuda humanitaria nacionales e internacionales.

A unas 2,2 millones de adolescentes se les ha impedido asistir a la escuela secundaria durante casi 1 800 días. Un análisis de UNICEF de 2026 prevé que Afganistán perderá hasta 20 000 profesoras y 5 400 trabajadoras sanitarias de aquí a 2030, y se estima que las restricciones ya le están costando al país unos 84 millones de dólares al año.

Desde septiembre de 2025, las fuerzas talibanes también han prohibido a las mujeres afganas –incluido el personal de las Naciones Unidas– el acceso a las oficinas de la ONU. En enero de 2026, las funcionarias públicas perdieron incluso el salario reducido que recibían desde 2021 por quedarse en casa.

Ya vi cómo ocurría algo parecido una vez, cuando era una niña en 1996, la última vez que los talibanes tomaron Kabul.

Lo que más me impacta de esta segunda prohibición no es que haya vuelto a ocurrir, sino que la falta de reacción internacional esta vez no se deba a una falta de concienciación. Todo el mundo sabe lo que les está pasando a las niñas afganas. El fracaso radica en que ese conocimiento no ha supuesto ningún coste real para los talibanes.

Lo que han construido las mujeres afganas

A los pocos días de la toma del poder, las mujeres afganas salieron a las calles de Kabul coreando “Pan, trabajo, libertad”, una reivindicación que han seguido planteando desde entonces, asumiendo un riesgo personal real. Este grito de guerra, que las define, reclama derechos humanos básicos: educación y empleo frente a la exclusión sistémica de la vida pública.

Grupos de mujeres afganas han organizado protestas durante todo ese tiempo, a pesar de que las participantes han denunciado detenciones, torturas y asesinatos como respuesta, reacciones tan severas que han obligado a que gran parte de su labor de resistencia se realice en la clandestinidad.

Porque, aunque en febrero de 2026 las niñas volvieron a salir a las calles de Kabul a exigir educación, protestar se ha vuelto demasiado peligroso. Así, las mujeres afganas han creado algo más discreto: redes informales de escuelas clandestinas, gestionadas desde sus propios hogares, que imparten clases a niñas que, de otro modo, no tendrían acceso alguno a un aula.

Esta resistencia no se lleva a cabo porque sea fácil o segura. Se lleva a cabo porque nadie más lo ha hecho por ellas, y hay que hacerlo.

Además de las protestas y la educación clandestina, las organizaciones de mujeres afganas también se han dedicado a documentar lo que está pasando. En junio de 2026, investigadores del Instituto para las Mujeres, la Paz y la Seguridad de la Universidad de Georgetown contabilizaron 264 decretos talibanes que afectan a los derechos humanos desde 2021, 166 de los cuales se dirigen específicamente a las mujeres y las niñas.

La respuesta internacional se queda corta

El principal canal para el diálogo internacional con el Gobierno del país es el Proceso de Doha, liderado por la ONU. Desde 2023 se han celebrado múltiples rondas de conversaciones con representantes de los talibanes con el objetivo de lograr la reintegración definitiva de Afganistán en la comunidad internacional: la normalización de las relaciones diplomáticas, el reconocimiento formal del Gobierno talibán y el retorno del país a una participación normal en las instituciones internacionales y el comercio.

Por insistencia de los talibanes, las mujeres y los grupos de la sociedad civil afgana han sido excluidos de las negociaciones principales, reuniéndose por separado y al margen de las mismas. Sima Samar, expresidenta de la Comisión Independiente de Derechos Humanos de Afganistán, ha argumentado que, al aceptar las condiciones de participación impuestas por los talibanes, la ONU corre el riesgo de legitimar indirectamente precisamente las políticas a las que dice oponerse.

Georgette Gagnon, representante especial adjunta de la ONU y responsable de la Misión de Asistencia de las Naciones Unidas en Afganistán, defendió lo contrario en esa misma sesión: que sigue siendo necesario un compromiso continuo, basado en principios pero pragmático, incluso cuando los avances son graduales.

Ese desacuerdo, que se manifiesta en la propia tribuna de la ONU, pone de manifiesto la trampa que las mujeres afganas llevan años describiendo: se emiten regularmente declaraciones que expresan la preocupación internacional y que no le cuestan nada a los talibanes.

Esfuerzos globales

En septiembre de 2024, Australia, Canadá, Alemania y los Países Bajos invocaron formalmente las obligaciones de Afganistán en virtud de la CEDAW, la convención de la ONU contra la discriminación de la mujer que Afganistán ratificó en 2003. Se trata de una iniciativa verdaderamente significativa, ya que es la primera vez que unos Estados intentan que otro rinda cuentas ante el tribunal más alto del mundo por discriminación de género.

Pero, dos años después, el caso aún no ha llegado a la Corte Internacional de Justicia (CIJ). Una declaración suscrita por grupos de la sociedad civil con motivo del primer aniversario de la iniciativa la ha descrito como un esfuerzo que podría culminar finalmente en un caso ante la CIJ, no como uno que ya lo haya logrado.

Cuando los Países Bajos y Canadá interpusieron un caso similar contra Siria por torturas, fueron avanzando por cada una de las etapas sin retrasos. Una vez que las negociaciones se estancaron en 2022, solicitaron sin demora el arbitraje. Al no responder Siria en el plazo exigido de seis meses, presentaron la demanda ante la CIJ en 2023 y obtuvieron una resolución vinculante.

Tras invocar el mismo mecanismo contra Afganistán, no se ha alcanzado ningún hito equivalente. Las negociaciones, si es que han fracasado, no han dado paso de forma visible a una solicitud de arbitraje, y el caso sigue en el punto de partida.

Las mujeres afganas, y los Estados que asumieron este compromiso en su nombre, merecen la misma urgencia procesal que llevó el caso de Siria hasta su resolución.

La magnitud de lo que esta inacción ha permitido está bien documentada.

Reflexiones personales

Reconozco todo esto porque ya viví una versión de ello en otra ocasión.

En 1996, era una niña a la que le faltaban unas semanas para los exámenes finales cuando los talibanes tomaron Kabul. Aquella noche, sin electricidad, nos reunimos alrededor de una radio y oímos que nos habían promocionado al curso siguiente, pero que las escuelas permanecerían cerradas para las niñas hasta nuevo aviso.

Al principio, no entendí lo que eso significaba. Como joven estudiante, me alegré de que se cancelaran los exámenes finales, así que corrí a contárselo a mi abuela. En medio de un pasillo oscuro, sin embargo, me di cuenta: no podría ir más al colegio. Me senté y lloré.

Pero tuve suerte.

Mis padres nos trasladaron a mi hermana y a mí a Pakistán para que pudiéramos seguir estudiando, una decisión que muchas familias afganas no podían permitirse. De hecho, nosotros tampoco. Fueron mis tías y tíos, que vivían en el extranjero, quienes financiaron nuestros estudios.

Algunas de mis amigas no pudieron terminar la escuela y, por lo que sé, en lugar de eso las casaron. Yo conseguí convertirme en la primera mujer en ocupar el cargo de directora, luego viceministra y, posteriormente, ministra en funciones de Minas y Petróleo en el Gobierno afgano.

La situación cambió para mi generación, pero nada garantiza que vaya a ser así para esta; la concienciación por sí sola no bastará para lograrlo.

Las mujeres afganas han pasado los últimos cinco años demostrando que no han aceptado esta prohibición como algo permanente. Vale la pena preguntarse por qué el resto del mundo se ha conformado con mucho menos que eso.

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Ghazaal Habibyar no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. De pequeña, los talibanes me prohibieron ir al colegio en Afganistán. Ver cómo vuelve a pasar es desgarrador – https://theconversation.com/de-pequena-los-talibanes-me-prohibieron-ir-al-colegio-en-afganistan-ver-como-vuelve-a-pasar-es-desgarrador-289902

¿Están los hijos de padres divorciados destinados a repetir la historia?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Viqueira Gutiérrez, Directora Máster Formación Profesorado Secundaria, Universidad Internacional de Valencia

Studio Romantic/Shutterstock

“Mis padres se divorciaron cuando yo era pequeño. ¿Significa eso que mi relación de pareja también está destinada a fracasar?” Esta es una pregunta que muchas personas se hacen al llegar a la edad adulta. La idea de que crecer en una familia en la que los padres se separaron marca de forma inevitable la manera de amar y de construir relaciones estables sigue muy presente en el imaginario colectivo.

Y no es una preocupación sin fundamento. Desde hace décadas, las investigaciones muestran que las personas cuyos padres se divorciaron durante la infancia presentan, en promedio, una mayor probabilidad de experimentar dificultades en sus relaciones de pareja. De hecho, un estudio encontró que el divorcio de los progenitores duplicaba aproximadamente la probabilidad de que los hijos repitieran esa conducta en la edad adulta.

No es un destino inexorable

Sin embargo, este aumento del riesgo refleja una tendencia observada en grandes grupos de población y no implica que la ruptura de los padres determine inevitablemente el futuro de cada persona.

La razón es que el divorcio, por sí solo, no explica cómo serán las relaciones afectivas de los hijos. La investigación señala que variables como el nivel de conflicto entre los progenitores, la calidad del vínculo que mantienen con sus hijos, la estabilidad familiar tras la separación o el apoyo emocional recibido durante la infancia tienen un peso igual o incluso mayor que la propia separación.

Por ello, crecer en un hogar con elevados niveles de conflicto puede resultar más perjudicial para el bienestar y el desarrollo socioemocional que una ruptura en la que los progenitores consiguen mantener una relación respetuosa y cooperativa.

Experiencias que moldean el cerebro

En psicología, una de las explicaciones más aceptadas es que las primeras experiencias familiares influyen en la forma en que aprendemos a relacionarnos con los demás. A través de la convivencia con nuestros padres desarrollamos expectativas sobre la confianza, la comunicación, la resolución de conflictos o el compromiso.

Lo cierto es que, desde el punto de vista del neurodesarrollo, las experiencias familiares durante la infancia no solo influyen en la manera en que interpretamos las relaciones, sino también en cómo respondemos al estrés y a las emociones. Durante los primeros años de vida, el cerebro presenta una gran capacidad de adaptación —conocida como plasticidad cerebral—, por lo que las experiencias repetidas ayudan a moldear los circuitos implicados en la regulación emocional, la confianza y la respuesta al conflicto.

Esto no significa que el divorcio “cambie el cerebro”. La evidencia científica apunta a que es la exposición mantenida a un ambiente familiar muy conflictivo o estresante la que puede alterar el funcionamiento de sistemas relacionados con la respuesta al estrés, como el eje hipotálamo-hipófisis-suprarrenal, y de regiones cerebrales implicadas en el procesamiento emocional, como la amígdala y la corteza prefrontal.

Estos cambios pueden hacer que algunas personas sean más sensibles a las señales de amenaza, tengan mayores dificultades para regular sus emociones o reaccionen con más intensidad ante los conflictos interpersonales.

La buena noticia es que estos procesos no son irreversibles. Gracias a la plasticidad cerebral, las experiencias posteriores también pueden modificar el funcionamiento de estos circuitos. Un entorno seguro, relaciones afectivas estables, modelos de vínculo saludables e, incluso, la intervención psicológica cuando es necesaria pueden fortalecer las estrategias de regulación emocional y favorecer formas más seguras y satisfactorias de relacionarse.

Recomendaciones a la luz de la ciencia

La investigación de las últimas décadas ha permitido responder a una pregunta clave: ¿qué ayuda a que los hijos se adapten mejor tras el divorcio de sus progenitores?

Según estos estudios, la cooperación entre los progenitores, una comunicación respetuosa, el mantenimiento de vínculos afectivos seguros con ambos padres, la estabilidad en las rutinas familiares y el apoyo emocional actúan como factores de protección. Estos elementos se asocian con una mejor adaptación psicológica y social de los hijos y pueden reducir el impacto que la separación tiene sobre su bienestar.

Por el contrario, la exposición prolongada a conflictos intensos, descalificaciones o un clima familiar hostil se asocia a un mayor riesgo de dificultades de salud mental, como ansiedad o síntomas depresivos, problemas de conducta, dificultades en las relaciones sociales, un descenso temporal del rendimiento académico o un consumo problemático de alcohol y otras sustancias durante la adolescencia. No obstante, estas asociaciones dependen en gran medida de la calidad de las relaciones familiares, del apoyo emocional recibido y de los recursos personales y sociales con los que cuenten los hijos.

En definitiva, conocer nuestra historia puede ayudarnos a comprendernos mejor, pero no determina quiénes seremos ni cómo construiremos nuestras relaciones. Aunque la infancia influye, el futuro también se construye a partir de las experiencias, las decisiones y los vínculos que desarrollamos a lo largo de la vida.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

– ref. ¿Están los hijos de padres divorciados destinados a repetir la historia? – https://theconversation.com/estan-los-hijos-de-padres-divorciados-destinados-a-repetir-la-historia-288850

El planeta donde un amanecer podría durar años: así desafía HD 80606 b nuestra idea del tiempo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carlos Vázquez Monzón, Profesor Ayudante Doctor, especializado en Astrofísica y Astrodinámica, Universidad Loyola Andalucía

Simulación a partir de observaciones del exoplaneta HD 80606b por el telescopio espacial Spitzer. NASA/JPL-Caltech, CC BY

Cuando pensamos en un día, solemos imaginar algo universal: unas horas de luz, unas horas de oscuridad y un ciclo que se repite con regularidad. Sin embargo, fuera del Sistema Solar existen mundos donde el concepto mismo de día adquiere dimensiones difíciles de imaginar.

Uno de los ejemplos más fascinantes es HD 80606 b, un planeta situado a unos 190 años luz de la Tierra cuya órbita desafía nuestra intuición. Cada 111 días pasa a menos de 4,5 millones de kilómetros de la superficie de su estrella (la Tierra se encuentra, en promedio, a 149,6 millones de kilómetros del Sol). Su caso nos permite explorar cómo podrían ser los ciclos de luz y oscuridad –sus “días”– en algunos de los entornos más extremos conocidos.

Cuando un planeta casi queda atrapado por su estrella

La mayoría de los exoplanetas gigantes descubiertos muy cerca de sus estrellas están sometidos a intensas fuerzas gravitatorias. Con el tiempo, estas fuerzas actúan como un freno que reduce progresivamente su velocidad de rotación.

El resultado suele ser el llamado acoplamiento por marea: el planeta termina mostrando siempre la misma cara a su estrella, igual que la Luna muestra siempre la misma cara a la Tierra. En ese estado, el período de rotación y el período orbital coinciden. En un planeta así, una cara viviría un día perpetuo, mientras que la otra permanecería en una noche permanente.

Órbitas con excentricidad 0,5. Se aprecia que son altamente excéntricas debido a su forma significativamente ovalada.
Philip D. Hall/Wikimedia Commons

Sin embargo, la naturaleza no siempre conduce a situaciones tan simples. HD 80606 b parece encontrarse en un estado intermedio. Las mareas han frenado su rotación, pero su órbita es tan excéntrica que probablemente ha evitado alcanzar el bloqueo completo.

Una órbita extrema

La excentricidad orbital de HD 80606 b es tan elevada que suele equipararse a la trayectoria de un cometa más que a la de un planeta gigante. Durante buena parte de su año permanece enormemente alejado de su estrella, pero cuando se acerca a su estrella (periastro) lo hace a una gran velocidad. Cada aproximación a la estrella lo comprime y estira, disipando energía en forma de calor y modificando lentamente su rotación. La atmósfera también responde de forma espectacular . En cuestión de horas, la temperatura puede aumentar varios cientos de grados.




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Comparación de la órbita de HD 80606 b con los planetas interiores del sistema solar.
NASA

Mientras que la órbita terrestre es casi circular, la de HD 80606 b es una de las más alargadas conocidas entre los exoplanetas. Durante el periastro recibe cientos de veces más energía que cuando se encuentra en las regiones más alejadas de su órbita. Esta variación extrema dificulta que alcance una sincronización perfecta entre rotación y traslación. En este caso, según los modelos que se realizan en astrofísica, puede producirse lo que conocemos como rotación pseudo-síncrona. El planeta gira lentamente sobre sí mismo, influido por las mareas, sin quedar completamente inmovilizado respecto a su estrella.

En la Tierra, las estaciones se desarrollan a lo largo de meses debido a pequeñas variaciones de la radiación solar. En HD 80606 b ocurre algo mucho más extremo: el planeta experimenta una especie de “ola de calor global” cada vez que pasa cerca de su estrella. Los vientos podrían alcanzar velocidades de varios kilómetros por segundo mientras la atmósfera intenta redistribuir el calor recibido.

¿Cómo sería un día allí?

Nadie ha observado directamente el ciclo día-noche de HD 80606 b. Sin embargo, la física permite imaginar escenarios muy distintos de los terrestres.

HD 80606 b es un gigante gaseoso, por lo que un observador hipotético no podría situarse sobre una superficie sólida. Sin embargo, si pudiera flotar en alguna capa estable de la atmósfera, contemplaría un cielo dominado por una estrella mucho más brillante de lo que vemos desde la Tierra. El observador vería esa estrella avanzar lentamente por el cielo. Dependiendo de la velocidad exacta de rotación y de la geometría de la órbita, los amaneceres y atardeceres podrían prolongarse durante días, semanas o incluso años.




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El mediodía también podría resultar ambiguo. En determinados momentos, la combinación entre la rotación del planeta y su velocidad orbital podría hacer que la estrella pareciera ralentizarse en el cielo o incluso invertir temporalmente su movimiento aparente.

El espectáculo sería una estrella casi inmóvil durante largos periodos que, de repente, parece desplazarse con rapidez mientras el planeta atraviesa la parte más extrema de su órbita.

Amanecer en un exoplaneta.
NASA/Ames Research Center/Daniel Rutter

El tiempo no es igual en todos los mundos

La duración del día es una de las propiedades planetarias más diversas que conocemos.

En el Sistema Solar encontramos ejemplos relativamente moderados: unas 10 horas en Júpiter, 24 horas en la Tierra y 243 días terrestres en Venus. Los exoplanetas amplían enormemente ese abanico de posibilidades.

Muchos de los mundos descubiertos alrededor de estrellas pequeñas podrían estar completamente bloqueados por marea. Otros, como HD 80606 b, podrían encontrarse en estados intermedios en los que el día sigue existiendo, pero transcurre a un ritmo extraordinariamente lento.

En otros rincones de la galaxia, los soles tardan meses o incluso años en completar su recorrido por el cielo del planeta. Aún no podemos observar directamente un amanecer en estos mundos, pero nos muestran que conceptos que consideramos cotidianos, como un día o una noche, son solo circunstancias astronómicas.

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Carlos Vázquez Monzón no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. El planeta donde un amanecer podría durar años: así desafía HD 80606 b nuestra idea del tiempo – https://theconversation.com/el-planeta-donde-un-amanecer-podria-durar-anos-asi-desafia-hd-80606-b-nuestra-idea-del-tiempo-284673

Letras saladas: las diferentes imágenes del mar en la literatura

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Carmen Márquez Montes, Profesora Titular de Literatura española, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

_Paseo por el acantilado de Pourville_ (1882), de Claude Monet. Instituto de Arte de Chicago

La literatura comenzó a hablar del mar mucho antes de que la humanidad pudiera medirlo. Donde el conocimiento encontraba un límite, la imaginación construía universos. No existe un único mar literario, sino una sucesión: el abismo inaugural, la morada de los dioses, la ruta del regreso, la frontera que separa mundos, el escenario del castigo y la promesa de una vida distinta.

Antes de los mapas: origen, abismo, tránsito y castigo

En las tradiciones mesopotámicas, el agua precede al mundo ordenado. La Epopeya de Gilgamesh conserva el relato de un diluvio que destruye la vida y obliga a recomenzarla. En el Génesis bíblico la creación exige separar y reunir las aguas para que surja la tierra firme.

Odiseo resistiéndose al canto de las sirenas atado al mástil del barco, en una antigua vasija griega.
Odiseo resistiéndose al canto de las sirenas atado al mástil del barco, en una vasija del siglo V a.e.c.
Wikimedia Commons

La literatura griega convirtió el Mediterráneo en espacio
épico. En la Odisea, el mar es la fuerza que retrasa el regreso de Odiseo y propicia su transformación. Llegar a Ítaca significa haber atravesado el miedo, la pérdida, el deseo y la tentación. La tradición latina heredó y reformuló esa visión en la Eneida, donde el mar separa al héroe de la tierra que debe fundar.

La literatura medieval y renacentista mantuvo esa doble condición. En las Coplas a la muerte de su padre, Jorge Manrique convirtió el mar en término de la existencia:

“Nuestras vidas son los ríos

que van a dar en la mar,

que es el morir.

En la novela bizantina, las travesías, piratas, cautiverios y naufragios separan a los amantes y prueban su tenacidad. Así llega a la cervantina Los trabajos de Persiles y Sigismunda, donde sus protagonistas cruzan mares septentrionales, islas y espacios inciertos hasta llegar a Roma.

El mar de la modernidad: descubrir, medir, conquistar

A finales del XV, el océano dejó de ser el borde del mundo conocido y se convirtió en el centro de una nueva experiencia histórica. Las navegaciones atlánticas modificaron los mapas, las economías, las lenguas y los relatos. Desde entonces, el mar fue también espacio de descubrimiento, conquista, comercio, violencia y circulación cultural.

Comienza la transformación con El Diario del Descubrimiento de Colón. Las crónicas de Indias desplazaron el interés a los territorios americanos, con el mar como umbral imprescindible. Los naufragios, las tormentas, la escasez de agua, las enfermedades y los motines recordaban que la expansión europea dependía de una naturaleza que no se dejaba gobernar por completo, como lo prueba Naufragios de Álvar Núñez Cabeza de Vaca.

En siglos siguientes, los relatos de navegación alimentaron un imaginario en el que experiencia documentada y fantasía se mezclaban: monstruos, islas fabulosas, tesoros, barcos fantasmas, piratas y supervivientes. Robinson Crusoe convirtió el naufragio en prueba de reconstrucción.

Pintura de un barco siendo arrastrado por otro barco.
El último viaje del ‘Temerario’, de J. M. W. Turner.
Wikimedia Commons

En el Romanticismo, la superficie oceánica adquirió el prestigio de lo sublime. La balada del anciano marinero de S. T. Coleridge, enlaza la transgresión contra un ser vivo con una condena marítima y espiritual. La canción del pirata, de Espronceda, transforma el barco en territorio de libertad.

La novela marítima del XIX consolidó esa tradición: Moby Dick, de H. Melville, reúne aventura, reflexión metafísica y crítica de la obsesión. Julio Verne imaginó en Veinte mil leguas de viaje submarino un océano explorado por la ciencia y la tecnología. Robert L. Stevenson hizo de La isla del tesoro (1883) una narración de iniciación, Joseph Conrad trasladó el conflicto al terreno de la conciencia, en Lord Jim (1900) y Tifón (1902).

Mar contemporáneo: descanso y mirada interior

Aunque en el siglo XX el mar continuó alojando peligro y aventura, también devino en espacio de contemplación, descanso, memoria e introspección. La costa moderna –con sus playas, balnearios, paseos y temporadas estivales– modificó la experiencia del litoral. El océano empezó a ser contemplado desde la seguridad de la orilla.

Pintura de una mujer en la playa, sentada en una silla en la arena y sujetando una sombrilla.
Mujer en la playa, de Cecilio Pla y Gallardo.
Museo del Prado

Este cambio se percibe en la poesía. El cementerio marino de Paul Valéry contempla el Mediterráneo desde Sète y emite luz, movimiento, vida y muerte. Marinero en tierra de Rafael Alberti convierte el mar perdido en materia de nostalgia. En la narrativa El viejo y el mar, de Ernest Hemingway, presenta la lucha entre Santiago y el pez no como combate, sino como relación de admiración y respeto. En Relato de un náufrago, de Gabriel García Márquez, el mar es sol, sed, hambre, tiburones y tiempo inmóvil. El mar, el mar de Iris Murdoch transforma la costa en lugar de retiro y autoengaño: el paisaje que parece prometer serenidad devuelve al personaje sus obsesiones.

A inicios del siglo XXI se produce un nuevo cambio. En La vida de Pi, de Yann Martel, el océano es escenario de supervivencia, imaginación y convivencia con los animales. Este mar moderno y contemporáneo es plural. El grato espacio de las vacaciones convive con el del trabajo pesquero, el de las rutas migratorias, las tormentas y las especies amenazadas.

Un ecosistema vivo, vulnerable y amenazado

El océano deja de ser decorado azul para convertirse en comunidad de vida, regulador climático, inmensa red de relaciones físicas y biológicas y motor de nuestra propia existencia. Cubre más del 70 % de la superficie terrestre y constituye la mayor biosfera del planeta. Absorbe una parte muy relevante del dióxido de carbono emitido por las actividades humanas y ha captado la mayor parte del exceso de calor acumulado en el sistema climático.

Desde mitad del siglo XX, la literatura ecológica ha comenzado a mostrar esa realidad. Rachel Carson combinó en Bajo el viento oceánico conocimiento científico y narración para seguir la vida de aves, peces y otras criaturas marinas. El ser humano aparece como una fuerza más, a menudo peligrosa, dentro de una trama de migraciones, depredación, reproducción, mareas y estaciones. Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar de Luis Sepúlveda, convierte la contaminación en experiencia concreta; la catástrofe deja de ser una cifra y adquiere rostro, movimiento y fragilidad.

Pintura de una gran ola azul con un monte al fondo.
La gran ola de Kanagawa, de Hokusai.
Museo Metropolitano de Arte

Philip Hoare mezcla memoria, viaje, historia cultural, ciencia y fascinación por las ballenas en El mar interior. Su escritura recuerda que el conocimiento del océano no es solo acumulación de datos, sino transformación de la sensibilidad.

Las palabras saladas del presente deben añadir el cuidado a los antiguos significados del océano. Al abismo, el castigo, la aventura, la libertad y la contemplación se incorpora una conciencia nueva: la de estar ante un ser vivo, un sistema poblado por innumerables vidas y relaciones. La literatura puede enseñarnos a admirarlo sin apropiárnoslo, a disfrutarlo sin degradarlo y a comprender que su futuro no está separado del nuestro.


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Carmen Márquez Montes no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Letras saladas: las diferentes imágenes del mar en la literatura – https://theconversation.com/letras-saladas-las-diferentes-imagenes-del-mar-en-la-literatura-287993

‘Turismo oscuro’: ¿por qué resulta atractivo y al mismo tiempo tan polémico?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jorge Gracia Ibáñez, Profesor e Investigador Grado en Criminología y Grado en Derecho., Universidad San Jorge

Ciudad de México. Cientos de devotos se reúnen el primero de cada mes en la calle Alfarería, en el barrio de Tepito, para rendir homenaje a Santa Muerte. La autoridades municipales organizan un tour por esta dura zona capitalina, donde opera el cartel Unión Tepito. Clasos/Shutterstock

Laureano Oubiña, una de las principales figuras del narcotráfico gallego, proponía este verano una ruta del narcotraficante por la ría de Arousa. Ofertaba a sus clientes un paseo en barco por los lugares que marcaron una época y prometía la historia contada de primera mano con almuerzo incluido. La iniciativa ha sido prohibida por la Xunta de Galicia por infringir la ley de turismo.

Se trata de un ejemplo del llamado “turismo oscuro”, que promueve la visita a lugares marcados por la muerte, la violencia y el crimen. El caso de Oubiña nos plantea la pregunta de si este fenómeno, cada vez más de moda, se nos está yendo de las manos.




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La criminología cultural también estudia el true crime

El concepto de “turismo oscuro” representa un paraguas que abarca varias realidades. Es una etiqueta comercial, relacionada con la necesidad de novedades en la industria turística. Pero también un fenómeno social que interesa como objeto de estudio a la criminología cultural. Esta disciplina se ocupa de analizar cómo las sociedades contemplan el delito y perciben la violencia.

La criminología cultural incursiona también en el género de no ficción conocido como true crime (crimen verdadero o real), que analiza a través de series, pódcasts, libros o películas graves hechos delictivos. Tanto el true crime como el “turismo oscuro” son fenómenos que siguen tendencias y se convierten en moda. Ambos nos proporcionan valiosa información acerca de la manera en la que entendemos la violencia y el crimen.

Nos muestran que, como sociedad, sentimos una mezcla de curiosidad, necesidad de memoria y reflexión ante los hechos violentos y los actos criminales, buscando comprender sus causas y consecuencias para darles sentido.

Memoriales, favelas, Alcatraz y Tepito

El “turismo oscuro” que interesa a la criminología se centra en el delito, la violencia y la administración de justicia. Abarca muchas manifestaciones diferentes.

Una parte importante está formada por los destinos relacionados con sucesos traumáticos o graves violaciones de derechos humanos, como las visitas a campos de concentración y memoriales.

Los lugares relacionados con conflictos bélicos, desde Vietnam hasta la Segunda Guerra Mundial, también se pueden incluir en esta tendencia, al igual que la visita a prisiones históricas como Alcatraz.

Pero también entraría en esa categoría las excursiones a zonas urbanas consideradas problemáticas por el alto índice de criminalidad, alejadas de los circuitos turísticos más convencionales. Es el caso de los barrios peligrosos de Nueva York o las visitas a las favelas de Río de Janeiro. Estos itinerarios se diseñan a veces para tratar de eliminar el estigma de la criminalidad. En la Ciudad de México, la Alcaldía Cuauhtémoc organiza el tepitour para dar otra visión de este “barrio bravo”, donde opera el cartel Unión Tepito. Incluso existen rutas que siguen los pasos de algún criminal famoso, como el tour de Pablo Escobar en Colombia.

Todos son lugares que se asocian al crimen o la violencia, pero hay grandes diferencias. No es lo mismo la visita a un campo de concentración como Auschwitz que un paseo siguiendo los presuntos pasos de Jack el Destripador en Londres, una actividad que incluso admite mascotas.

Debido al auge del turismo de masas, se ha vuelto necesario para esta industria buscar nuevas experiencias originales que alimenten una demanda creciente, incluso aunque parezcan poco turísticas. Por otra parte, el auge del “turismo oscuro” tiene que ver también con la popularización de la criminología como un elemento más de la cultura popular.

España como destino de turismo oscuro

España, una de las principales potencias turísticas mundiales, también se ha convertido en un destino para este tipo de turismo. Los blogs especializados en “turismo oscuro” destacan las visitas e itinerarios asociados con la Guerra Civil. Sobresalen Guernika, la localidad vasca bombardeada por el ejército alemán durante la contienda, y el pueblo viejo de Belchite, en Aragón, cuyas ruinas se conservan todavía como testimonio del conflicto.

En los últimos años han proliferado rutas turísticas vinculadas a búnkeres y lugares donde se desarrollaron algunas de las principales batallas de la Guerra Civil española, así como enclaves históricos asociados a la brujería y su represión, como Zugarramurdi.

En un sentido amplio, aunque con una orientación más cercana al activismo social, pueden incluirse también las rutas existentes en varias ciudades que recorren espacios relacionados con la corrupción política y urbanística.

Oportunidades y riesgos: ¿qué hacemos con las víctimas?

Esta nueva oferta está llamada a impulsar la economía de las zonas donde se encuentran los destinos, reflejando la capacidad de innovación de la industria turística. En el caso de los espacios vinculados a la memoria histórica, puede favorecer la concienciación social y reforzar su valor educativo.

Pero también plantea desafíos importantes. Muchos de estos lugares fueron concebidos para las comunidades afectadas como espacios de recuerdo, duelo y reparación, pero el consumo turístico no estaba entre sus prioridades. Entre los principales riesgos destaca la banalización, visible en comportamientos irrespetuosos como los selfies en Auschwitz y otros lugares de memoria.

Además, estos espacios suelen constituir patrimonios incómodos que requieren procesos de interpretación complejos y, con frecuencia, controvertidos. Algo que sucede con el Valle de los Caídos en España. También es esencial respetar la memoria de las víctimas y considerar el impacto que la explotación turística puede tener sobre las personas que viven en lugares asociados al crimen o la violencia.




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La comercialización de productos o experiencias que puedan justificar o glorificar a delincuentes resulta problemática. Por ello, el “turismo oscuro” debe desarrollarse de forma ética, dando contexto a los hechos y respetando a las víctimas para evitar victimizarlas de nuevo. Gestionado de forma ética, puede favorecer el aprendizaje y la reflexión sobre acontecimientos traumáticos que han marcado a la sociedad.

Del mismo modo que “cada sociedad tiene los delincuentes que se merece”, también genera el tipo de “turismo oscuro” que la refleja.

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Jorge Gracia Ibáñez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. ‘Turismo oscuro’: ¿por qué resulta atractivo y al mismo tiempo tan polémico? – https://theconversation.com/turismo-oscuro-por-que-resulta-atractivo-y-al-mismo-tiempo-tan-polemico-289337

Primero aprendimos a domesticar el fuego, ahora tenemos que aprender a convivir con él

Source: The Conversation – (in Spanish) – By David Casado-Neira, Titular de universidad de sociología, Universidade de Vigo

Nandi Estevez/Shutterstock

Prometeo robó el fuego del Olimpo a los dioses griegos y se lo regaló a los seres humanos. Por ello fue castigado eternamente. Un águila le comerá el hígado, que se volverá a regenerar, una y otra vez. Esto nos da ya una idea de que el fuego es una cosa seria desde antiguo. Nos hemos desarrollado en una cultura ligada a él, una pirocultura.

Una primera definición de pirocultura se limitaba a entender los conflictos derivados de los usos habituales del fuego en las economías agrícolas y ganaderas que persistían en el mundo moderno. También como forma de resistencia y lucha frente a las nuevas políticas forestales en el siglo XX. En el contexto actual se hace evidente que necesitamos repensar y ampliar este significado.

La historia del desarrollo de la humanidad no se puede entender sin el uso del fuego. El género Homo se ha desarrollado vinculado al fuego. Todas las sociedades humanas han usado el fuego de una u otra manera, lo han conservado, lo han encendido de forma intencionada. Siempre ha estado presente como símbolo y forma de purificación. Nos hemos ido apropiado de algo que era un fenómeno natural espontáneo: iniciar una ignición, encender un fuego.




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El fuego es a la vez domesticable e indomable. Su control siempre ha sido un reto, y más hoy en día ante los grandes incendios forestales. Las grandes
ciudades ya no arden y sucumben ante las llamas como Roma en el 64 a. e. c. o Londres en 1666. Los bosques y montes lo hacen con unas dimensiones hasta ahora excepcionales, y amenazan las poblaciones. Su poder de destrucción ha adquirido una nueva magnitud. El riesgo es impredecible y cada vez afecta a más personas.

Del Mesolítico a la ingeniería con madera

Se habla de Piroceno como la era dominada por la combustión intencionada.

En los orígenes, el fuego era fuente de calor para cocinar, calentarse y elaborar unas primeras herramienta. Desde el Mesolítico es un aliado para liberar terrenos, crear pastos y abonar terrenos, tal vez para la caza. Más tarde, en el Neolítico, tiene su gran expansión. Los humanos lo utilizan para llevar a cabo grandes transformaciones en el medio, para la extensión de la ganadería y la agricultura. Posteriormente, el nacimiento de la metalurgia en la Edad de los Metales (del cobre, bronce y hierro) nos dota de nuevas herramientas, armas y joyas.

Así durante siglos. Hasta que en el s. XVIII se produce una segunda revolución ignífuga con el invento del motor de vapor y después con el de combustión interna. Esta forma de combustión está en la base de la industrialización, permitiendo la mecanización de las fábricas y la expansión del transporte a motor por tierra, mar y aire.

La primera patente de fósforos en 1826 supone una democratización y generalización del fuego aún mayor. Son otras formas de domesticar el fuego.

La necesidad de madera para la construcción (de barcos y edificios) y la combustión provocó la destrucción de grandes masas forestales. A partir del siglo XIX nacieron las primeras iniciativas de conservación, repoblación y disfrute de los bosques. Dos ejemplos son Fontainebleau en Francia (1861) o Yellowstone en Estados Unidos (1872).

La Sierra de la Demanda (España), la Selva Negra (Alemania) o la Columbia Británica (Canadá) son ejemplos de bosques que también son plantaciones para la explotación maderera. Explotación forestal y prevención de incendios son caras de una misma moneda. Muchos de nuestros bosques actuales nacen vinculados al fuego. El incendio forestal es la forma de alteración del medio más contradictoriamente humana.




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El fuego como herramienta de destrucción

Históricamente el fuego también se ha usado conscientemente para la destrucción, como arma de guerra con las prácticas de tierra quemada desde la Antigüedad, como forma de tortura y castigo en los procesos de Inquisición, o con los incendios provocados. O involuntariamente, con las erupciones volcánicas, ignición espontánea de masa vegetal o tormentas eléctricas. Los incendios son la manifestación de su carácter indomable.

Hemos ido añadiendo usos al fuego, sin perder los primitivos. Aún hoy, a pesar de la progresiva electrificación, seguimos viviendo en un mundo de y en combustión. La emisión de CO₂ a la atmósfera es una consecuencia del uso generalizado del fuego en estas diversas formas. Antropoceno y Piroceno van de la mano.

La gestión del fuego no es solamente saber encenderlo y poder apagarlo, tenerlo domesticado. Ahora es necesario aprender a convivir con fuegos incontrolados cada vez más presentes en nuestro medio.

Así, a las prácticas forestales de repoblación, extinción y prevención de los incendios hay que añadir: los sistemas de rescate y salvamento, la planificación urbana y del territorio, repensar las infraestructuras básicas, saber actuar frente a un incendio, ser resilientes, investigar su impacto en la salud, gestionar las catástrofes y luchar contra la emergencia climática. Y abordar los incendios forestales bajo nuevas perspectivas.

Todo esto también es pirocultura. Debemos ampliar nuestra forma de entender y convivir con el fuego en esta nueva realidad pírica.

The Conversation

David Casado-Neira recibe fondos de Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades – Proyectos de Generación del Conocimiento 2025. Proyecto: TOX-INN – Cosas que se hacen para habitar naturalezas (DES)compuestas. Una investigación multisituada

– ref. Primero aprendimos a domesticar el fuego, ahora tenemos que aprender a convivir con él – https://theconversation.com/primero-aprendimos-a-domesticar-el-fuego-ahora-tenemos-que-aprender-a-convivir-con-el-288743