Le greenwashing dans la loi : comment repérer les promesses environnementales douteuses ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Valérie Martin, Cheffe du service Mobilisation citoyenne et médias, Ademe (Agence de la transition écologique)

Faire le tri parmi les promesses environnementales dont les entreprises nous inondent est devenu quasiment impossible. Pourtant, le greenwashing est une pratique interdite, dont les contours sont de plus en plus strictement définis par la loi. L’Agence de la transition écologique, l’Ademe, propose quelques repères pour le détecter et le combattre.


En octobre 2025, le tribunal judiciaire de Paris condamnait TotalEnergies à « cesser la diffusion de communication trompeuse », ciblant ses allégations d’« ambition de neutralité carbone d’ici 2050 », la société affirmant être une « actrice majeure de la transition ».

Face au flot d’allégations environnementales qui inondent notre quotidien dans la publicité, dans la communication des entreprises en général, sur les réseaux sociaux ou sur les emballages des produits que nous achetons, nous sommes souvent démunis. Comment faire le tri entre les affirmations légitimes et fiables et celles, trompeuses ou mensongères, qui relèvent du « greenwashing » (ou écoblanchiment) ?

Le Larousse définit ce terme, depuis 2023, comme :

« [L’]utilisation fallacieuse d’arguments faisant état de bonnes pratiques écologiques dans des opérations de marketing ou de communication. »

Cette confusion a des effets délétères sur la mise en œuvre de la transition écologique. En effet, le greenwashing dégrade considérablement la confiance des citoyens envers les marques et les pouvoirs publics et décrédibilise, dans le même temps, les efforts réels que certaines structures mettent en place, ce qui pourrait freiner leur engagement.

Heureusement, comme le montre la condamnation de TotalEnergies, le problème ne se résume pas à un enjeu moral : le greenwashing est interdit par la loi. Connaître ses contours juridiques peut nous aider à mieux le repérer et à mieux le combattre. Afin d’encourager davantage les entreprises qui font réellement des efforts en faveur de l’environnement, l’Agence de la transition écologique (Ademe) a élaboré un guide anti-greenwashing, qui doit aider les entreprises à respecter la loi et adopter des pratiques vertueuses.

Un arsenal juridique robuste

Le greenwashing couvre toutes les formes de décalage entre le discours et la réalité des actes, relativement à l’empreinte environnementale de ses produits ou à ses engagements environnementaux dans le cadre de sa démarche de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).

À ce titre, il relève légalement de la lutte contre les pratiques commerciales trompeuses. Ces dernières sont interdites par une directive européenne de 2005 et transposées en droit français dans le Code de la consommation.

Depuis, d’autres règles plus strictes ont été adoptées. La France, précurseuse en la matière, a adopté des dispositions contre le greenwashing dans la loi Anti-gaspillage pour une économie circulaire (Agec) en 2020 et la loi Climat et résilience de 2021.

Au niveau européen, la directive de 2024 qui vise à « donner aux consommateurs les moyens d’agir en faveur de la transition verte grâce à une meilleure protection contre les pratiques déloyales et grâce à une meilleure information » doit être transposée en droit français, les nouvelles dispositions devant entrer en application le 27 septembre 2026. Cette directive définit notamment de façon très précise l’allégation environnementale.

Ces textes définissent et encadrent la notion d’allégation environnementale, qui s’étend ainsi à toutes formes de mentions (texte, image, représentation graphique, symbole, label, dénomination sociale ou dénomination de produit…), de communication et toute organisation (y compris des professionnels).

Elles interdisent l’usage de certaines mentions génériques ne pouvant pas être démontrées, comme « biodégradable », « respectueux de l’environnement », « non toxique », « non nocif », « non polluant », « écologique » ou autres allégations similaires. Elles encadrent également strictement certaines affirmations comme « neutre en carbone » ou « recyclable ».

Au-delà de ces lois contraignantes, des textes de « droit souple » (c’est-à-dire, n’ayant pas d’effets contraignants par eux-mêmes) peuvent être pris en compte par les juridictions pour interpréter les textes de loi. Dans cet esprit, l’Ademe a, par exemple, publié un avis d’experts en 2022 sur la communication relative à la neutralité carbone. Cet avis formule un certain nombre de recommandations à l’intention de tous les acteurs du secteur privé et du secteur public.

Enfin, des normes internationales ISO ainsi que des règles déontologiques aiguillent les pratiques de communication autour de l’environnement. C’est par exemple le cas de la recommandation relative au développement durable de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP).

Un phénomène d’ampleur encore sous-estimé

En France, c’est la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) qui se charge de détecter et sanctionner les cas de greenwashing. Or, le bilan des enquêtes qu’elle a menées en 2023 et 2024 a mis en évidence l’ampleur du phénomène.

Sur plus de 3 200 entreprises, 15 % des professionnels contrôlés présentaient des manquements graves à la réglementation. Plus de 430 entreprises ont ainsi été gratifiées d’une injonction de mise en conformité et 74 se sont vu infliger des sanctions (amendes administratives ou procès-verbaux). Plus de 500 avertissements ont également été adressés pour des informations manquantes ou imprécises.

Sur le périmètre de la publicité, l’Ademe et l’ARPP réalisent par ailleurs une étude qui porte sur plusieurs centaines de publicités environnementales pendant 4 mois depuis 2007. Selon les années, le taux de visuels non conformes à la recommandation développement durable de l’ARPP varie entre 6 et 12 % – ce qui est beaucoup plus important que dans d’autres bilans thématiques menés par cette instance.

En outre, ces chiffres sont sans doute sous-estimés, car certains supports promouvant ces allégations environnementales demeurent à ce stade mal étudiés. C’est notamment le cas sur les réseaux sociaux (influenceurs), lors des prises de paroles de dirigeants, dans les rapports d’impact ou RSE, sur les sites Web et sur les offres d’emploi.

Les signes d’alerte pour détecter le greenwashing

Preuve que ces pratiques affectent la crédibilité des organisations et en particulier des entreprises, seuls 40 % des consommateurs français déclaraient en 2025 « faire globalement confiance aux marques », contre 58 % en 2004.

Dans ce contexte, il apparaît urgent que les citoyens soient mieux armés pour trier le bon grain de l’ivraie, dans le flot de communications qui les inondent. Face à une allégation environnementale, plusieurs signes peuvent alerter.

De façon générale, il s’agit de se méfier face aux communications qui véhiculent des promesses inappropriées, déloyales et excessives, d’être vigilants vis-à-vis des allégations ambiguës ou mal justifiées, qui n’apportent aucune preuve de ce qu’elles avancent, ou aux messages qui incitent à des comportements ou des modes de vie contraires à la transition écologique, tout en se parant de vertu environnementale.

De même, les éléments sonores ou visuels trompeurs, notamment les belles images et la représentation d’éléments naturels comme l’eau, la forêt, le ciel, le soleil, la banquise, que ce soit en vidéo, en photo, sous forme de pictogramme ou d’émoticônes, sont souvent utilisés pour « verdir » l’image d’un produit, sans que ces vertus ne soient étayées.

Ce qui permet d’identifier les produits plus vertueux

À l’inverse, des signes distinctifs positifs peuvent nous aider à repérer les performances environnementales des produits.

Différents textes législatifs ou réglementaires imposent aux fabricants
ou aux importateurs d’indiquer certaines informations de nature
environnementale sur les produits qu’ils mettent sur le marché. Ces informations obligatoires, comme l’indice de réparabilité, l’indice de durabilité ou l’étiquette énergie, donnent aux consommateurs les moyens de comparer les produits d’une même catégorie sur la base d’informations comparables relatives à leurs niveaux d’impacts, lors de l’achat des produits concernés (TV, smartphones, lave-linge, ordinateur…).

L’affichage environnemental, prévu par la loi Climat et résilience de 2021, doit permettre d’informer les citoyens sur les impacts environnementaux des produits qu’ils achètent de façon claire et transparente. D’application volontaire et encadrée, ce coût environnemental traduit, sous forme d’une valeur chiffrée, l’impact sur l’environnement tout au long du cycle de vie du produit. Il est, à ce stade, en cours de déploiement sur certaines catégories de produits, mais il est appelé à se généraliser à terme aux principaux produits de consommation et services.

Les labels sont un autre outil qui peuvent nous aider à faire un choix éclairé – autant qu’il peut nous perdre. Pour pouvoir s’y fier, il faut savoir se repérer dans la jungle des labels existants – plus de 350 ont été recensés par l’Ademe. Pour nous guider, l’agence recommande de privilégier en priorité ceux qui sont conformes à la norme ISO 14024 et a dressé 7 critères pour reconnaître un label de confiance. Elle a par ailleurs publié un outil en ligne qui rassemble de façon non exhaustive des labels garantissant vraiment un impact limité du point de vue environnemental, classés par catégories de produits. Il est à noter également que la directive européenne citée plus haut renforce également les règles applicables aux labels en imposant une vérification par un tiers.

Une communication juste et transparente

Certaines entreprises sont tentées, face à ces réglementations, de tomber dans le « greenhushing », c’est-à-dire de réduire fortement toute communication sur les innovations leur permettant de réduire leur impact environnemental pour éviter le problème. Une telle attitude contribuera aussi à freiner la transition écologique : communiquer sur ces avancées est essentiel. Simplement faut-il le faire en ayant conscience que les mots et les images ont un sens et une influence sur les imaginaires, et que cette responsabilité doit être prise en compte.

Pour les aiguiller, des outils comme le guide anti-greenwashing et les tests en ligne existent pour se poser les bonnes questions en amont, renforcer les procédures de relecture et de validation, et renforcer une communication plus responsable. Les entreprises ont tout intérêt à éviter le piège du greenwashing au profit d’une communication juste, responsable et honnête sur les efforts qu’elles font et ceux qu’il leur reste à faire. Il ne s’agit pas de se montrer parfaites, mais d’être transparentes sur les atouts de leurs produits, leurs engagements en matière de RSE et leur marge de progression. C’est le seul moyen de regagner la confiance des consommateurs, mais aussi, en interne, des salariés.

The Conversation

Valérie Martin ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Le greenwashing dans la loi : comment repérer les promesses environnementales douteuses ? – https://theconversation.com/le-greenwashing-dans-la-loi-comment-reperer-les-promesses-environnementales-douteuses-275685

Has multilateralism hit a dead end? Could International organisations be collateral damage of the war in Iran?

Source: The Conversation – France – By Theresa Reinold, Professeure assistante de droit international, EDHEC Business School

One of the most striking aspects of the war with Iran is the extent to which it has highlighted the irrelevance of international organisations and multilateral approaches to resolving global conflicts.

If we take war as an indicator of the viability of the rules-based international order established after World War II, then we may well conclude that the “patient” is showing a very weak pulse.

The United Nations and the European Union are two organisations that epitomise the post-1945 global normative order – an order which is founded on principles such as the rule of law, non-aggression, and respect for sovereign states’ territorial integrity and political independence.

These principles, and the international organisations that embody then, are among the first casualties of the US-Israeli military campaign. How did this happen and what could be done in order to revitalise the patient?

The United Nations – a tale of a great power struggle and double standards

Beginning with the UN, the war with Iran has made it abundantly clear that the system of collective security system established after 1945 is largely disabled when a major power decides to go it alone. The UN Security Council was designated as the guardian of international peace and security, yet has been paralysed by the veto powers of its permanent members, which have time and again used their influence to shield their own actions and those of their allies from international scrutiny.

When the US and Israel launched strikes against Iran in late February 2026, the Security Council initially failed to come up with any kind of meaningful response, let alone authorise any measures to de-escalate the crisis. Instead, the conflict unfolded outside the framework of international law, with unilateral military actions becoming the norm rather than remaining the exception.

The Security Council eventually adopted a resolution on March 11, which focused narrowly on condemning Iran’s attacks on Gulf states. The resolution, passed with 13 votes in favour and abstentions from Russia and China, labelled Iran’s actions as “egregious attacks” and demanded an immediate halt to its regional aggression.

While the resolution is an important signal that the patient is still alive and that the UN has some residual willingness to protect the fundamental norms on which it was built, the resolution’s one-sided approach underscores the Security Council’s persistent double standards: the resolution makes no mention of the initial US-Israeli strikes on Iran that triggered the escalation, nor does it address the broader context of the conflict, such as the legality of those strikes or the killing of Iran’s supreme leader.

The deafening silence of the UN Security Council in the face of US and Israeli breaches of peremptory international law suggests, once more, the use of double standards and further undermines the credibility of the UN Security Council as the guardian of international peace and security.

However, while the Council is currently more or less paralysed, there is a procedure that could revitalise the UN in this geopolitical crisis, namely the Uniting for Peace procedure.

This mechanism empowers the UN General Assembly in the case of Security Council deadlock. If this has not been used yet in the Iran crisis, it is because there has not been sufficient political will to do so.

The EU: an actor with geopolitical ‘muscle’ but no willingness to use it

Another noteworthy (yet unsurprising) aspect of the Iranian conflict is the complete irrelevance of the European Union as a mediator and peacemaker.

The founding impetus for the EU was to build peace on the basis of multilateral cooperation and the non-violent resolution of disputes.

The EU sees itself as a normative power which seeks to project its values worldwide through the use of soft power but tends to shy away from applying coercion.

Unfortunately, the world we live in is one where the most powerful states in the system have decided that violence is now the preferred tool for pursuing foreign policy objectives – either by removing unfriendly regimes from power or by usurping foreign territories through armed aggression.

In this dog-eat-dog world, Europe seems helpless. The EU was neither consulted in the run-up to the Iran war, nor is it actively taking part in hostilities. Instead, it is watching from the sidelines, issuing futile calls for restraint and sabotaging itself in internal quarrels. This is regrettable, given Europe’s historical leadership in negotiating the Iran nuclear deal.

Why does the EU find itself watching from the sidelines in the most important geopolitical event of 2026?

For one, because it – again – has failed to speak with one voice. Member states have adopted divergent positions, with some expressing support of US-Israeli actions and others calling for restraint.

Spain, for instance, has risked open conflict with the Trump administration over the use of its military bases for the war effort, while other critical players, including Germany and France have expressed a certain degree of sympathy for the air strikes.

While it is easy to criticise the EU for its lack of unity on important geopolitical questions, this multiplicity of voices is actually an intended design feature of this hybrid entity, which combines both supranational and intergovernmental elements in its institutional architecture.

At the same time, this design feature actively undermines EU agency in important geopolitical matters. Another factor condemning the EU to futility in geopolitical crises is Europe’s dependency on the US for security and the lack of a common defence policy underpinned by a European army.

However, the biggest obstacle to EU agency in geopolitics is neither institutional nor material. It is psychological. There is no will to lead, no will to use a muscular approach to counter Trump’s blatant disregard of multilateralism and international law (values that are at the heart of Europe’s identity), and a naive belief that the transatlantic relationship will somehow repair itself.

Instead of leveraging its economic and diplomatic weight to push back against unilateral US actions, the EU has often defaulted to reactive, conciliatory gestures, hoping that transatlantic harmony will somehow be restored by goodwill alone. This reflects a fundamental miscalculation: the belief that the US, under Trump or any other leader, will eventually recognise and reward European loyalty, even as Washington’s actions demonstrate the opposite.

The good news is that this can be changed. Mindsets can be changed, identities can be reconstructed, and agency can be built.

The patient is weak, yet there is hope

So no, multilateralism isn’t dead. International organisations such as the UN and the EU have not only put in place norms and mechanisms that would allow them to play a critical role in geopolitical crises, they also have enormous resources at their disposal that would enable them to play such a role.

The patient’s pulse is thus weak, but there are effective remedies available to strengthen it. Now, we must muster the political will to implement them.


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The Conversation

Theresa Reinold ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

– ref. Has multilateralism hit a dead end? Could International organisations be collateral damage of the war in Iran? – https://theconversation.com/has-multilateralism-hit-a-dead-end-could-international-organisations-be-collateral-damage-of-the-war-in-iran-279936

Cromatografía, un detective imprescindible en el laboratorio

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Laura Culleré Varea, Profesora titular de la Facultad de Ciencias de la Salud., Universidad San Jorge

shutterstock New Africa/Shutterstock

¿Alguna vez se han preguntado cómo los investigadores revelan la presencia de una toxina en un determinado alimento, cómo la policía resuelve un crimen a partir de una muestra de sangre, o cómo se determina si los niveles de esteroides encontrados en un deportista superan los límites permitidos? La respuesta, en la mayoría de los casos, reside en un conjunto de técnicas que se engloban bajo el paraguas de la cromatografía. Es un método que está muy presente en los laboratorios, para garantizar la seguridad alimentaria, asegurar la calidad del agua y aire y la pureza de medicamentos, entre otros muchos fines.

Poder de separación

Dentro de la cromatografía, nos podemos encontrar desde estrategias muy sencillas que se pueden practicar en experimentos domésticos con niños, hasta técnicas que precisan instrumentos muy sofisticados y cientos de miles de euros, que solo pueden estar en laboratorios especializados y necesitan personal técnico de alta cualificación para su manejo.

Todas tienen en común que son capaces de “separar e identificar” los muchísimos compuestos químicos (cientos o, incluso, miles) que presenta cualquier tipo de muestra. Si contamos con equipos de los “sofisticados”, estos nos permiten también saber cuál es la concentración en la que están presentes cada uno de estos compuestos.

Cómo funciona para separar compuestos

Vamos a hacer un símil con una carrera de obstáculos. Cada atleta lleva su propia velocidad y le costará más o menos tiempo superar cada obstáculo. En cromatografía, cada uno de los “atletas” se corresponde con las “moléculas o compuestos químicos” de una mezcla y el “circuito”, con la “fase estacionaria”. Los atletas son empujados por el circuito por un “fluido”, que es lo que equivale a la “fase móvil”.

La clave es que cada una de las moléculas interactúa de forma diferente con la fase estacionaria. Unas se quedan más retenidas y otras menos, viajando a velocidades muy diferentes, lo que se traduce en una separación según dichas velocidades. En la carrera, el atleta que llega primero a la meta es el que se ha visto menos paralizado por los obstáculos, mientras que el último se ha “retenido” más en el camino.

Azafrán, perfumes y obras de arte

La gran versatilidad de esta técnica hace que sea protagonista en análisis de control de calidad, que se llevan a cabo día a día en diferentes áreas, como medioambiente, alimentación, medicina, farmacia,… Sin embargo, son mucho más llamativos los fraudes que se destapan gracias a ella.

Por ejemplo, se pueden descubrir fraudes alimentarios, relacionados con productos muy valiosos, como puede ser la trufa negra (Tuber melanosporum). En el mercado, existen gran variedad de productos –como muchos aceites trufados– que aseguran contener este tipo de trufa, muy valorada a nivel gastronómico por su potente y peculiar aroma, sin embargo solo contienen un compuesto químico cuyo olor es muy parecido.

Asimismo, se puede demostrar si el azafrán, otro producto de gran valor culinario, es auténtico o ha sido adulterado, o si una leche ha sido “rellenada” con proteínas vegetales o melamina, que pretende simular más proteína. También sirve para detectar si un café es 100 % arábica o no, demostrar la variedad de uva de un determinado vino o su procedencia, o el origen de miel, aceites… De igual forma, se puede conocer el origen de un determinado pez (salvaje o de piscifactoría).

En el campo de los perfumes, permite detectar falsificaciones, analizando el perfil químico de muestras sospechosas y por comparación con las reales.

En arte, puede desvelar falsificaciones, determinando si los materiales usados coinciden con la época supuesta en la que se pintó la obra, así como autentificar papiros, pergaminos y manuscritos.

En todos estos casos, la cromatografía permite analizar “huellas químicas” que contienen una información muy valiosa y delatan cualquier intento de timo.

En la escena del crimen

También son muy llamativas sus aplicaciones forenses. Además, la cromatografía permite detectar drogas en fluidos corporales como orina, sangre o muestras capilares. Así, se emplea para determinar la causa de una muerte por ingesta de alcohol, envenenamiento o drogas.

Por otro lado, se usa para identificar drogas de diseño o determinar la pureza de sustancias ilegales incautadas por las autoridades.

En la misma línea, es muy útil en investigaciones de incendios provocados, pues en la mayoría de estos casos se inician con aceleradores como la gasolina o el keroseno.

Una herramienta útil en todos los campos

Si intentáramos abordar todas las posibles aplicaciones de la cromatografía, no acabaríamos nunca, ya que son muchísimas, y cada cual más interesante. Pero hay otra más que nos llama poderosamente la atención y merece la pena subrayar: en un estudio publicado este año aborda cómo la técnica ha servido para detectar el cortisol en muestras de cabello en estudiantes, usándolo como biomarcador de estrés crónico. Muestra de que la cromatografía podría una herramienta de gran valor, incluso, en el ámbito de la psicología y la salud mental.

The Conversation

Laura Culleré Varea no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Cromatografía, un detective imprescindible en el laboratorio – https://theconversation.com/cromatografia-un-detective-imprescindible-en-el-laboratorio-270315

La amenaza que representan el extractivismo y las mascotas para la Amazonía y la salud global

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Víctor M. Lizana Martín, Profesor Adjunto, Facultad de Veterinaria, Universidad CEU Cardenal Herrera, Universidad CEU Cardenal Herrera

Escena callejera en Santa Rosas, localidad peruana a orillas del Amazonas. Nowaczyk/Shutterstock

Se llaman servicios ecosistémicos los beneficios que las personas obtenemos de la naturaleza. Algunos son muy fáciles de entender, como las materias primas o la energía, pero otros resultan menos evidentes, como el ciclo del agua, la descomposición de residuos, la polinización o la protección frente a infecciones.

Alrededor del 60 % de las enfermedades que afectan a las personas son zoonosis, es decir, se transmiten entre animales y humanos. Además, el 75 % de las dolencias nuevas o emergentes también entran en esta categoría.

Los ecosistemas bien conservados actúan como una barrera natural frente a estas patologías. Por un lado, mantienen separadas a las personas de la fauna silvestre, y por otro, favorecen procesos que reducen la propagación de patógenos. Un ejemplo de esto es cuando los depredadores eliminan a los animales enfermos, que suelen ser más débiles. Además, si hay gran variedad de especies en un ecosistema, los patógenos se diluyen entre distintos tipos de animales y es menos probable que lleguen a los humanos.

¿Qué ocurre cuando se rompe el equilibrio?

Los bosques tropicales húmedos, como los de la Amazonía, África ecuatorial o el sudeste asiático, son puntos calientes de biodiversidad, regiones que albergan una concentración excepcional de especies endémicas y únicas, pero que están gravemente amenazadas por la actividad humana. Al mismo tiempo, albergan muchos microorganismos capaces de provocar enfermedades.

Y estos ecosistemas están siendo alterados por el extractivismo. Tras el descubrimiento de un recurso, una de las primeras alteraciones suele ser la construcción de carreteras. Éstas permiten extraer materias primas y derivan en la llegada de personas, animales domésticos y nuevas actividades económicas a zonas que antes estaban aisladas, favoreciendo la circulación de enfermedades.




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Aunque los recursos naturales se agoten, las personas suelen quedarse y, con el tiempo, se establecen más comunidades. Para cultivar la tierra, se talan o queman árboles, creando un patrón de deforestación “en forma de espina de pescado”, con la carretera original como eje principal. Esto aumenta la presión sobre el entorno: se caza más, crece la población y aparecen nuevos asentamientos.

Además, en muchas de estas zonas se acompaña de otros problemas como pobreza, falta de infraestructuras o poca presencia gubernamental.

Consecuencias ecológicas y sanitarias

Otra de las consecuencias de este fenómeno es que el contacto entre personas, animales domésticos y fauna silvestre se vuelve más estrecho. Como resultado, se pierden los beneficios de un ecosistema sano. Las dinámicas naturales cambian: disminuyen los grandes depredadores, que eliminaban a los animales enfermos.

Al mismo tiempo, prosperan especies más generalistas, organismos capaces de prosperar en una amplia variedad de condiciones ambientales y utilizar diversos recursos alimenticios. También aumentan los vectores artrópodos, transmisores de enfermedades como mosquitos, garrapatas o chinches que son atraídos por los nuevos asentamientos humanos. El cóctel perfecto para que aumente el riesgo de transmisión de enfermedades.




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Mascotas como puentes epidemiológicos en la Amazonía

En la Amazonía, las mascotas, especialmente los perros, están protagonizando un papel clave en este proceso. Los canes suelen acompañar en la caza, se mueven libremente y su alimentación depende en parte de lo que encuentran por sí mismos. Esto hace que entren en contacto directo con fauna silvestre, tanto en forma de depredadores como de presas. A pesar de ello, siguen formando parte del entorno doméstico y mantienen un contacto estrecho con las personas.

Por estas razones, las mascotas pueden actuar como un puente entre las enfermedades de la fauna silvestre y los humanos. Al alimentarse de animales salvajes o entrar en contacto con sus restos, orina o heces, pueden infectarse con distintos patógenos, como la rabia, la toxoplasmosis, la leptospirosis o parásitos intestinales, entre otros. Pero la transmisión también funciona en sentido contrario. Las mascotas pueden contagiar enfermedades a la fauna silvestre, como moquillo canino, parvovirus, leucemia e inmunodeficiencia felina o sarna.

Además, muchos invertebrados transmisores, como pulgas, garrapatas y mosquitos, pican tanto a animales como a personas. Si estos insectos se infectan, pueden contagiar la leishmaniosis, la dirofilariosis o la babesiosis, entre otras enfermedades graves. En muchos casos, las mascotas actúan como amplificadores del patógeno, facilitando su dispersión.

La Amazonía es inmensa y todavía poco explorada en muchas áreas. Sin embargo, la mayor parte de las investigaciones se han realizado en zonas periféricas.

Esto se debe a que son más accesibles, aunque también a que están más degradadas y estresadas. Precisamente por ello, son áreas especialmente importantes epidemiológicamente. Pero aún sabemos poco sobre lo que ocurre en el interior mejor conservado. ¿Qué podría estar pasando en comunidades remotas o aisladas?

Conservación, salud e impacto planetario

Cuando se protege el territorio, por ejemplo mediante parques nacionales o cediendo la gestión a comunidades indígenas, disminuyen las actividades extractivistas. Como resultado, también se reduce el riesgo de transmisión de enfermedades. Por eso, es importante aplicar el enfoque de “Una Sola Salud” (One Health), que tiene en cuenta la relación entre la salud de las personas, los animales y el medio ambiente.

También es necesario mejorar la vigilancia de enfermedades y estudiar más las zonas menos conocidas. Y para ello la colaboración entre científicos, veterinarios, autoridades sanitarias y organizaciones ambientales es fundamental.

Puede parecer que lo que ocurre en la Amazonía está muy lejos de nuestra realidad diaria. Sin embargo, en el mundo actual, los problemas locales pueden tener consecuencias globales. Las pandemias recientes han demostrado que la destrucción de la naturaleza puede facilitar la aparición y expansión de enfermedades. Por eso, proteger los ecosistemas no solo es importante para conservar la biodiversidad, sino también para proteger la salud global.

The Conversation

Víctor M. Lizana Martín es miembro de la Sociedad Española para la Conservación y Estudio de los Mamíferos (SECEM)

– ref. La amenaza que representan el extractivismo y las mascotas para la Amazonía y la salud global – https://theconversation.com/la-amenaza-que-representan-el-extractivismo-y-las-mascotas-para-la-amazonia-y-la-salud-global-278608

Centros de deportación de la UE: ¿qué son y cómo afectarán a los derechos de los migrantes y los solicitantes de asilo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Teresa Gil Bazo, Profesora Titular de Derecho Internacional y Relaciones Internacionales y Cátedra Jean Monnet en Estudios Europeos, Universidad de Navarra

Fotosr52/Shutterstock

La UE está creando un nuevo sistema que facilitará la repatriación de los migrantes en situación irregular a sus países de origen. La legislación, conocida como el reglamento de retornos, incluye medidas que permiten detener a más personas –incluidos niños y familias– durante períodos de tiempo más prolongados.

Esto supone un cambio importante en la política migratoria europea, ya que hasta ahora los Estados miembros de la UE solo podían detener a migrantes en situación irregular como último recurso y en circunstancias específicas. Ni siquiera todos los Estados contaban con políticas de detención y, cuando las tenían, los centros de detención se encontraban casi siempre dentro de la UE. Esto permitía supervisar de cerca las garantías jurídicas.

Sin embargo, una votación reciente ha allanado el camino para que el nuevo reglamento cree “centros de retorno” en terceros países fuera de la UE. La Comisión Europea presenta estos centros de detención extraterritoriales como una “solución innovadora” para la gestión de la migración, con garantías de que velarán por los “derechos fundamentales”.

En la práctica, será muy difícil supervisar posibles violaciones de los derechos humanos y hacer cumplir las normas europeas en los centros de retorno fuera de Europa. El Comisario de Derechos Humanos del Consejo de Europa, Michael O’Flaherty, ha advertido de que podrían correr el riesgo de crear “agujeros negros de derechos humanos”.

El reglamento de retornos fue propuesto por la Comisión Europea en marzo de 2025. Su enfoque general fue acordado por el Consejo de Ministros en diciembre de 2025, y fue respaldado por el Parlamento Europeo el 26 de marzo.

El proceso legislativo se encuentra ahora en las últimas fases de negociación. Se espera que el reglamento de retornos, incluidas las disposiciones legales relativas a los centros de retorno, se adopte antes del verano para sustituir a la directiva de retornos de 2008.

¿Qué incluye la propuesta?

Los intentos de establecer centros de deportación se remontan a la década de 1980, aunque ninguno tuvo éxito. Uno de los más destacados fue la propuesta de 2003 del Reino Unido al Consejo Europeo para establecer centros regionales para la gestión de la migración irregular. Fue muy criticada y no obtuvo el apoyo de los otros 13 Estados miembros de la UE en aquel momento.

Más recientemente, en 2024, Italia estableció centros de detención de migrantes en Albania. La presidenta de la Comisión Europea, Ursula von der Leyen, ha citado estos centros como modelo para la gestión de la migración a escala de la UE.

El proyecto de reglamento de retornos, recientemente aprobado, permite establecer centros de retorno en terceros países con los que la UE haya celebrado un acuerdo.

Dichos acuerdos solo pueden establecerse con un “tercer país” designado en el que se respeten las leyes internacionales de los derechos humanos. Esto incluye el principio de no devolución, que impide que se envíe a personas a territorios donde su vida o su integridad física corran peligro.

Sin embargo, mis investigaciones sostienen que, para que un acuerdo con un tercer país cumpla plenamente con las obligaciones de los Estados en virtud de la Convención de las Naciones Unidas sobre el Estatuto de los Refugiados de 1951, debe garantizar siempre la totalidad de los derechos de los refugiados. Entre ellos se incluyen el derecho de asilo, así como los derechos socioeconómicos garantizados por la Convención sobre los Refugiados. Esto también implica proporcionar acceso a la educación pública, el empleo, la vivienda, la seguridad social y los tribunales.

Ninguno de estos derechos está garantizado explícitamente en el proyecto de reglamento de retornos. El envío de refugiados a países fuera de la UE conlleva el riesgo de que nunca se les conceda la totalidad de los derechos que les corresponden en virtud de la Convención sobre los Refugiados.




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Cómo la ley hace posibles los centros de retorno

Los centros de deportación son posibles gracias al efecto combinado del nuevo reglamento de retornos y otros instrumentos del Pacto sobre Migración y Asilo de 2024.

En particular, el concepto de “tercer país seguro” del Reglamento de Procedimientos de Asilo de 2024 se ha ampliado mediante un nuevo reglamento adoptado en febrero de 2026.

Este concepto permite a los Estados miembros rechazar de plano las solicitudes de asilo, sin examinar el fondo de la solicitud, basándose en que el solicitante estaría a salvo de peligro o persecución en un “tercer país seguro” fuera de la UE. Se trata de países que tienen un acuerdo con la UE (o con sus Estados miembros), en el que se comprometen a examinar las solicitudes de asilo presentadas por personas rechazadas por la UE.

Sin embargo, incluso cuando un solicitante no cumple los criterios para ser considerado refugiado o persona que, por otros motivos, necesita protección internacional, las leyes internacionales de los derechos humanos pueden seguir imponiendo obligaciones de no devolución a los Estados miembros de la UE.

Si bien las personas tienen derecho a recurrir la decisión de que un país es “seguro” para ellas, el nuevo reglamento implica que podrían no tener derecho a permanecer en el territorio del Estado miembro en cuestión mientras el tribunal examina dicho recurso.

Al enviar a los solicitantes al extranjero, a países no pertenecientes a la UE, las nuevas normas podrían hacer prácticamente imposible el ejercicio de los derechos garantizados por la UE. Esto incluye el derecho de asilo y el derecho a un recurso efectivo, que abarca expresamente la posibilidad de recibir asesoramiento, defensa y representación ante los tribunales.




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¿Qué supondrá la nueva ley para los migrantes?

El sistema diseñado por la UE dará lugar a que tanto personas individuales como familias con niños sean deportadas a países con los que no tienen vínculos. Serán objeto de detención fuera de la UE, en condiciones que serán difíciles de supervisar.

Los niños son motivo de especial preocupación. Los propios datos de la UE muestran que miles de menores, incluidos los que viajan con sus familias, desaparecen tras llegar a Europa. Se teme que muchos sean explotados y sufran abusos con fines sexuales o laborales.




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Si estos problemas surgen dentro de las fronteras de Europa –donde la detención de inmigrantes se rige por las normas del Estado de derecho desarrolladas por el Tribunal Europeo de Derechos Humanos y el Tribunal de Justicia de la UE–, sin duda serán mucho más difíciles de controlar fuera de la UE.

Con este nuevo sistema, Europa se aleja de su papel histórico como defensora y artífice del régimen internacional de protección de los derechos humanos a principios del siglo XX. En un momento en que el mundo registra más víctimas de conflictos, violaciones de los derechos humanos y persecuciones que nunca, dicho régimen es ahora especialmente necesario.

The Conversation

María Teresa Gil Bazo ha recibido financiación para investigación y consultoría de la UE y de la ONU. En 2024, la Comisión Europea le concedió la Cátedra Jean Monnet sobre Asilo y Migración en la UE, y en 2015 fue nombrada experta externa de la Agencia de Asilo de la UE (antes EASO), con un mandato de cinco años.

– ref. Centros de deportación de la UE: ¿qué son y cómo afectarán a los derechos de los migrantes y los solicitantes de asilo? – https://theconversation.com/centros-de-deportacion-de-la-ue-que-son-y-como-afectaran-a-los-derechos-de-los-migrantes-y-los-solicitantes-de-asilo-279809

La historia de Juan o cómo aprende y evoluciona una persona con esquizofrenia a lo largo de su vida

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Ortiz-Gil, Lecturer, Universitat de Vic – Universitat Central de Catalunya

PeopleImages.com – Yuri A/Shutterstock

Imaginemos que Juan, una persona ficticia, tiene esquizofrenia y manifiesta las características más frecuentes de este trastorno. De inmediato podemos pensar que en algunos momentos oye voces que le animan a hacerse daño y que le menosprecian.

Tampoco nos extrañará que pueda considerar, sin motivo, que la gente está en su contra o que sus vecinos se han conjurado para espiarlo.

Sin embargo, probablemente no tendremos en cuenta que, como persona adulta y con poco más de 20 años, sus capacidades de razonamiento, para recuperar recuerdos y para controlar sus reacciones, así como la velocidad a la que funciona su mente están afectadas de forma importante.

Asimismo, Juan puede tener dificultades en la gestión emocional y en las relaciones sociales, como por ejemplo en la interpretación de las emociones que muestran otras personas. Todo esto condicionará cómo gestiona su hogar o quizá le generen muchas dificultades para mantener un empleo estable.

Los antecedentes

En la familia de Juan ya hay antecedentes de personas con problemas importantes de salud mental.

El tío de su padre era el “loco del pueblo” cuando su familia vivía en un pueblecito de comarca valenciana de La Costera. Asimismo, ingresaron al hermano de su padre en el antiguo manicomio de Bètera durante un episodio en el que experimentó una alegría desmesurada e hizo una gran fiesta con sus amistades, durante la que gastó los pocos ahorros que tenía.

El parto de Juan, en febrero de 1970, fue difícil. La infancia y adolescencia de Juan también lo fueron. Su familia migró del pequeño pueblo de La Costera a la localidad de Mislata, porque el trabajo en el campo no daba suficiente dinero a su padre y a su madre para criar a Julia, la hermana mayor de Juan, y al propio Juan. La situación económica en Mislata no mejoró demasiado y el padre pasaba el poco tiempo libre que tenía en el bar, jugando al dominó y bebiendo cerveza.

El Juan niño y adolescente

Juan fue un niño solitario y con dificultades escolares, cada vez más importantes conforme avanzaban los cursos. Asimismo, tenía ideas y conductas extrañas, como hablar con las piedras hasta los 12 años porque tenían “alma”. En todo esto se parecía a su hermana Julia.

Pero a Juan, sobre todo, le costaba memorizar los contenidos académicos. A duras penas, consiguió sacarse el título de técnico de Farmacia y el carné de conducir.

El joven Juan

Con 19 años, prácticamente había perdido el contacto con los amigos del instituto y no tenía nuevos. Pasaba una parte importante de su tiempo libre en su habitación, fumando tabaco y cannabis.

Cada vez estaba más ansioso y no tuvo una inserción laboral exitosa. Comenzó a trabajar en diferentes tiendas y farmacias. Fue despedido de varias de ellas, lo que le causó mucha frustración.

Primer episodio psicótico

A los 21 años, un día comenzó a oír voces que le insultaban y le animaban a hacerse daño porque era “lo que se merecía”. No salió de la habitación hasta que, dos días después, su padre, muy preocupado por lo que había vivido con su tío y su hermano, contactó con el médico de familia.

Fue ingresado de manera involuntaria en la unidad de agudos de psiquiatría del Hospital de la Fe (València), de donde salió con una disminución significativa de las voces y del malestar asociado.

La familia también lo encontró, a raíz de este episodio, más despistado y más torpe mentalmente, así como más lento, problemas que ha mantenido el resto de su vida con épocas mejores y peores.

Juan durante la etapa adulta

No volvió a trabajar ni a conducir. Y dos años después del primer ingreso decidió dejar la medicación, porque el psiquiatra no le hacía caso y porque no tenía ningún motivo para medicarse.

Esto llevó a otro ingreso involuntario, del que volvió a casa más estabilizado y con la indicación a la familia de que debían encargarse de que Juan tomara la medicación cada día. Con la toma regular de los fármacos, los nuevos episodios psicóticos se han ido espaciando y las voces cada vez aparecen menos.

Sigue teniendo una leve desconfianza y la lentitud va en aumento, aunque en general sus habilidades mentales se mantienen estables. Sin embargo, cada vez le cuesta más ponerse a hacer actividades cotidianas, como mantener su habitación ordenada y participar en las tareas domésticas.

Asimismo, tiene tendencia al sedentarismo, continúa fumando y su dieta no es la ideal.

Por otra parte, acude con regularidad al servicio donde realiza la rehabilitación de las funciones cognitivas y de las tareas del día a día, así como actividades de socialización, yoga y otras.

Desde los 45 años, Juan vive en un piso tutelado coordinado por una asociación de atención a personas con trastornos mentales. Este cambio de residencia se produce a raíz de que su padre sufriera un ictus con importantes repercusiones motoras y cognitivas.

El posible Juan anciano

Los monitores del piso detectan que a los 65 años Juan está cada vez más despistado y presenta más olvidos.

Los especialistas de neurología y neuropsicología descartan que padezca alguna demencia primaria asociada, como la enfermedad de Alzheimer. De hecho, la posterior mejoría en la memoria muestra que este descenso sería parte del curso fluctuante en las capacidades mentales que suele darse en la esquizofrenia.

Y una mañana de 2040, encuentran a Juan muerto en su cama, con 70 años. La autopsia certifica la causa: un ataque al corazón. De hecho, las personas con esquizofrenia tienen una esperanza de vida de 10 o más años más corta que la población general, sobre todo por los factores de riesgo cardiovascular.

La vida ficticia de Juan nos muestra que los problemas cognitivos (memoria, velocidad mental, capacidad de autocontrol, organización…), emocionales y relacionales están presentes durante toda la vida de todas o casi todas las personas con esquizofrenia.

Por eso, estos problemas deberían ser objetivos fundamentales del tratamiento dentro de un abordaje integral con enfoque biopsicosocial, con el fin de que la persona tenga una vida lo más autónoma posible y con la mayor calidad.

The Conversation

Esta es una adaptación de la ponencia realizada en el XVII Congreso Nacional de Neuropsicología/I Congreso internacional de Neuropsicología, que organizó la Federación de Asociaciones Españolas en València del 5 al 7 de marzo de 2026.

– ref. La historia de Juan o cómo aprende y evoluciona una persona con esquizofrenia a lo largo de su vida – https://theconversation.com/la-historia-de-juan-o-como-aprende-y-evoluciona-una-persona-con-esquizofrenia-a-lo-largo-de-su-vida-278114

Adolescencia, paciencia y rendimiento académico

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Brañas-Garza, Catedrático de Fundamentos del Análisis Económico, Universidad Loyola Andalucía

AlexandrMusuc/Shutterstock

La capacidad de posponer la gratificación, lo que comúnmente llamamos paciencia, está presente desde la infancia y mejora con la edad, aunque experimenta cambios relevantes durante la adolescencia. Gracias a la maduración y sofisticación de los mecanismos de toma de decisiones y planificación, los adolescentes comienzan a ser capaces de soportar esperas más largas, es decir, posponer la gratificación inmediata a cambio de un beneficio mayor en el futuro.

Tener más o menos paciencia en la adolescencia tiene su importancia: tanto los resultados escolares como los hábitos más saludables –menor consumo de alcohol y tabaco, menor IMC y mejor comportamiento en el colegio– están relacionados con la orientación al futuro. Es decir, con la capacidad de realizar acciones cuyos beneficios no son inmediatos.

Así como las personas pacientes esperan a que la fruta esté madura –frente a quienes la recogen antes de tiempo–, los estudiantes más pacientes tienden a obtener mejores resultados, hacen más deporte o ahorran (y sacrifican consumo presente) para tener resultados que llegarán más tarde.

La paciencia es un rasgo de la personalidad que puede evaluarse científicamente. La evidencia nos dice que hay personas con una paciencia innata, o que al menos traen parte de esta característica “de serie”; pero también que evoluciona con la edad y que puede modificarse mediante intervenciones en etapas tempranas.

A través del consorcio de investigación TeensLab hemos recabado datos de más de 5 000 adolescentes en 25 centros escolares españoles.
Hemos analizado si la paciencia cambia a lo largo de la adolescencia y cómo influye en los resultados académicos.




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¿De qué depende la paciencia?

¿Qué explica entonces que algunos adolescentes sean más pacientes que otros? Nuestros resultados apuntan claramente en dos direcciones.

La primera tiene que ver con el control cognitivo –que no es lo mismo que el razonamiento abstracto o la inteligencia fluida– y que nos muestra cómo la gente se enfrenta a problemas de decisión. Los estudiantes con mayor capacidad de reflexión y razonamiento tienden a ser más pacientes. Esto sugiere que la paciencia no es únicamente una cuestión de carácter, sino que está estrechamente vinculada a cómo procesamos la información y tomamos decisiones.

La segunda tiene que ver con el entorno social. Observamos que los estudiantes pacientes tienden a rodearse de otros estudiantes también pacientes. Es decir, la paciencia “se agrupa” en redes de amistad. Aunque no podemos determinar si los adolescentes se influyen entre sí o, simplemente, si eligen amigos similares, lo que es evidente es que el entorno cercano importa mucho.

Curiosamente, nuestros datos dicen que los estudiantes más pacientes están en las clases más grandes y no en las más pequeñas.

¿Hay diferencias entre chicos y chicas?

No hemos encontrado diferencias relevantes en los niveles de paciencia entre ambos grupos, especialmente en las primeras etapas de la adolescencia.

A medida que los estudiantes crecen, sí aparecen algunos matices: las chicas tienden a tomar decisiones algo más “sofisticadas”, combinando opciones presentes y futuras en lugar de elegir siempre lo inmediato o siempre lo futuro. Pero esto no implica que sean más pacientes que los chicos, sino que su forma de decidir se vuelve más compleja.

¿La paciencia influye en las notas?

La respuesta es sí, aunque con matices. Encontramos que los estudiantes más pacientes tienden a obtener mejores resultados académicos. La relación no es enorme, pero sí consistente: aquellos que valoran más el futuro frente al presente (son más pacientes) parecen estar más dispuestos a invertir esfuerzo ahora para obtener a los resultados a medio plazo.

Esto encaja bien con la intuición: estudiar es, en gran medida, una inversión. Requiere esfuerzo hoy para obtener beneficios mañana. Los estudiantes más pacientes están mejor preparados para hacer ese tipo de sacrificios.

Ahora bien, nuestros resultados también sugieren que esta relación está en parte mediada por el control cognitivo. Es decir, la misma capacidad que facilita una mejor toma de decisiones –una mejor planificación temporal del esfuerzo debida a una menor impaciencia– también puede estar detrás de un mejor rendimiento académico, es decir, mejor asimilación de conceptos debida a mayor reflexión.

Implicaciones para la educación

¿Qué podemos aprender de todo esto? La primera lección es que la paciencia no es un rasgo fijo e inmutable: está relacionada con habilidades cognitivas que pueden desarrollarse y con entornos sociales que pueden moldearse.

Esto abre la puerta a pensar que la educación puede servir no sólo como una forma de transmitir conocimientos, sino también como una herramienta para formar preferencias. Educar a los estudiantes para posponer gratificaciones, para controlar la necesidad de resultados inmediatos, puede generarles mejores resultados a lo largo de la vida; por ejemplo, menor consumo de tabaco, alcohol y otras drogas. Hay evidencia de que intervenciones sobre atención, la autorregulación y la capacidad de reflexión mejoran la paciencia a edades muy tempranas.




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La segunda lección es que los compañeros importan. Las redes de amistad dentro del aula están asociadas a patrones similares de comportamiento, lo que abre la puerta a que ciertas intervenciones educativas puedan generar efectos indirectos, aunque identificar estos mecanismos de forma causal sigue siendo un reto. Por ejemplo, programas de autocontrol y cambios en la composición de los grupos o actuaciones sobre alumnos influyentes.

Mediciones con impacto académico

Por último, nuestros resultados indican que medir la paciencia de los estudiantes podría aportar información valiosa. Dado que existen herramientas sencillas para hacerlo, incorporar este tipo de mediciones podría ayudar a entender mejor las diferencias en el rendimiento académico y a diseñar políticas educativas más eficaces.

En definitiva, si queremos mejorar los resultados educativos, quizá deberíamos ir más allá de los conocimientos y enseñar también a tomar decisiones. Educar la toma de decisiones, especialmente cómo equilibrar beneficios presentes y futuros, no sólo influye en el rendimiento académico, sino que es una herramienta esencial para toda la vida.

The Conversation

Pablo Brañas-Garza recibe fondos de Ministerio de Economía y Competitividad (PID2021-126892NB-100), Excelencia-Junta (PY-18-FR-0007), Agencia Andaluza de Cooperación Internacional para el Desarrollo (AACID-0I008/2020) and the European Union’s Horizon Europe Research and Innovation Programme under Grant Agreement number 101095175 (SUSTAINWELL project).

– ref. Adolescencia, paciencia y rendimiento académico – https://theconversation.com/adolescencia-paciencia-y-rendimiento-academico-279027

Dormir vigilados: cuando la tecnología que mide el sueño acaba empeorándolo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alfredo Rodríguez Muñoz, Catedrático de Psicología Social y de las Organizaciones, Universidad Complutense de Madrid

Antonov Maxim/Shutterstock

Durante siglos, dormir fue un acto privado y bastaba con despertar descansado. Hoy, en cambio, la noche se ha llenado de sensores. Pulseras, anillos y relojes inteligentes registran nuestros movimientos, nuestro pulso y hasta nuestra respiración. El sueño ha pasado de ser una experiencia a convertirse en un dato: lo convertimos en gráficas, lo comparamos y lo evaluamos. Y, cuanto más lo medimos, más parece escaparse.

La popularización de dispositivos como Fitbit, Apple Watch y Oura ha llevado esta transformación a la vida cotidiana. Cada mañana millones de personas consultan una aplicación que les asigna una puntuación. Así, en teoría, pueden saber cuántas horas han dormido, cuánto tiempo han pasado en sueño profundo o en fase REM y cuántas veces se han despertado.

El mensaje implícito es claro: si medimos el sueño podremos optimizarlo.

Esa aparente precisión es, en gran medida, una ilusión. Estos dispositivos no leen el cerebro: infieren el sueño a partir de señales indirectas como el movimiento o el pulso. En noches tranquilas pueden estimar razonablemente cuánto hemos dormido, pero su precisión cae cuando intentan identificar las fases del sueño. En especial les cuesta distinguir entre estados como el sueño profundo y el REM, que solo pueden medirse mediante pruebas que registran directamente la actividad cerebral, como la polisomnografía.

Además, los márgenes de error no son menores. Estudios científicos muestran desviaciones que pueden superar la hora en la estimación del tiempo total de sueño. Al analizar las distintas fases las variaciones son aún mayores.

Dormir no es un examen

Sin embargo, cada vez más personas toman decisiones basándose en estos datos. Ajustan horarios, modifican rutinas y se preocupan por indicadores cuya fiabilidad es limitada. El problema no es solo técnico, sino también psicológico. Cuando el dispositivo se convierte en referencia, la experiencia subjetiva pierde peso.

Aquí entra en juego un fenómeno cada vez más frecuente: la “ortosomnia”, el insomnio nacido del intento obsesivo de dormir bien. Se trata de personas que se acuestan intentando hacerlo bien y que, al despertar, revisan compulsivamente las métricas en busca de confirmación. La ironía es evidente: el sueño no se lleva bien con el control. Dormir con un dispositivo que evalúa tu noche es, en cierto modo, como hacerlo con un supervisor en la mesilla.

Los datos pueden convertirse en una profecía autocumplida. Creer que hemos dormido bien puede mejorar nuestra percepción de energía. Creer que pasamos una mala noche puede hacernos sentir peor, incluso cuando el descanso ha sido suficiente. Es el efecto placebo y su reverso, el nocebo. La expectativa acaba moldeando la experiencia.

El auge de esta tecnología refleja una tendencia más amplia: la cuantificación de la vida cotidiana. En un mundo obsesionado con el rendimiento, el descanso ha pasado de ser una necesidad biológica a convertirse en una variable que optimizar. Pero el sueño no funciona como un indicador de productividad y no mejora cuanto más lo vigilamos.

Dormir exige condiciones relativamente simples como regularidad, tiempo suficiente y un entorno adecuado, pero también algo menos tangible. Nos referimos a la capacidad de soltar el control. Es precisamente eso lo que la monitorización constante dificulta. Convertir el descanso en un objeto de evaluación introduce atención, expectativa y juicio en un proceso que, por definición, requiere lo contrario.

Sobran pantallas y falta confianza

Por todo esto, el problema no es solo que los dispositivos se equivoquen (que lo hacen, incluso los más sofisticados), sino que transforman la relación que mantenemos con nuestro propio descanso. Antes uno se despertaba y sabía cómo estaba. Hoy cada vez más personas miran primero la pantalla y, a partir de ahí, deciden cómo se sienten.

Cuando el dato contradice al cuerpo casi siempre gana el dato. Utilizada con criterio, la tecnología puede ser útil para identificar patrones o mejorar hábitos generales. Pero sus datos no deben interpretarse como medidas precisas ni sustituir la percepción subjetiva o la evaluación clínica. Ante todo, conviene evitar una dependencia excesiva de estas métricas.

En ese sentido, quizá la recomendación más sensata en la era de los dispositivos no sea medir más el sueño, sino recuperar algo que hemos ido perdiendo. Es decir, la confianza en nuestra propia capacidad de dormir.

Porque el mayor riesgo no es dormir mal una noche, sino empezar a dudar de que sabemos hacerlo. Como resultado, podríamos acabar durmiendo para un dispositivo en lugar de para nosotros mismos.

(Una versión de este artículo fue publicada originalmente en la revista Telos de Fundación Telefónica).

The Conversation

Alfredo Rodríguez Muñoz no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Dormir vigilados: cuando la tecnología que mide el sueño acaba empeorándolo – https://theconversation.com/dormir-vigilados-cuando-la-tecnologia-que-mide-el-sueno-acaba-empeorandolo-278637

50 años después, ¿qué queda del espíritu de ‘Todos los hombres del presidente’?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pablo Castrillo Maortua, Profesor del Departamento de Cultura y Comunicación Audiovisual, Universidad de Navarra

Desde la izquierda, Dustin Hoffman, Robert Redford, Jason Robards, Jack Warden y Martin Balsahm en un fotograma de _Todos los hombres del presidente_. Warner Bros.

A mediados de los setenta, el cine de Hollywood había adquirido tintes nuevos. En su paleta habían hecho acto de aparición el cinismo, la ambigüedad y la autocrítica. La fe en el poder del individuo para cambiar el mundo, que había sido uno de sus pilares narrativos –por no decir míticos– se resquebrajaba en relatos trágicos y dramas existencialistas. También en géneros novedosos como el thriller político, que despuntaba gracias a películas desafiantes como La Conversación de Francis Ford Coppola (1974), El último testigo de Alan J. Pakula (1974), Los tres días del cóndor de Sidney Pollack (1975) y otras que la historia no ha recordado con tanto aprecio pero que abanderaron cambios profundos en el cine estadounidense.

Además de grandes cineastas y estrellas emblemáticas, estas películas tenían en común la impugnación de un sistema político que operaba en contra del individuo y la verdad. El contexto ciertamente lo propiciaba: eran los años de escalada bélica en Vietnam y el escándalo de los Papeles del Pentágono. Eran tiempos de conflicto social en torno a los derechos civiles; del movimiento estudiantil y la contracultura; de los asesinatos de Martin Luther King Jr. y Bobby Kennedy. También de los disturbios en las calles de Chicago al grito de “The world is watching!”.

Y eran los años de la Administración Nixon, que protagonizó el escándalo político por excelencia: el caso Watergate.

Portada de Todos los hombres del presidente, el libro, en inglés.
Portada de la primera edición del libro de Bernstein y Woodward de 1974.
Wikimedia Commons

Aquella trama de juego sucio electoral y su posterior encubrimiento se convirtió en el arquetipo de la corrupción política en el imaginario popular. Pero su investigación y revelación también demostraron el servicio insustituible que un periodismo riguroso y libre podía prestar a la sociedad. Ese ejemplar trabajo de reporterismo fue recogido por sus autores Bob Woodward y Carl Bernstein en el libro Todos los hombres del presidente, cuya adaptación cinematográfica cumple ahora 50 años.

Menos oscuridad y más heroicidad

Robert Redford, ya establecido en su estrellato, compró los derechos del libro por casi medio millón de dólares antes de su publicación. El director elegido para rodarla fue Alan J. Pakula, quien había demostrado un estilo paranoide y psicológicamente retorcido en el neo-noir Klute (1971) y en la citada El último testigo. En esta, Warren Beatty interpretaba a un periodista obsesionado con la investigación de un magnicidio en el que reverberaba el asesinato de JFK. Pakula completaba así lo que después se llamó “la trilogía de la paranoia”.

Aparte de su perenne actualidad, lo que hace a Todos los hombres del presidente tan especial es que, sin dejar de abrazar el tono oscuro y estilo desafiante de los thrillers políticos de su tiempo, se desvía de ellos de un modo inesperado al afirmar la validez y la eficacia de la acción heroica.

Como en tantas otras obras del género, la película enfrenta al individuo –en este caso, dos periodistas jóvenes y no exentos de defectos personales– con un poder político fuera de control y decidido a sofocar la verdad. Y como en tantas películas de detectives, estos héroes ordinarios emprenden una búsqueda de información: sus únicas armas frente al poder son el conocimiento y la evidencia.

Así, una vez detectada la noticia, Woodward y Bernstein se afanan por encontrar rastros y pistas a pesar del silencio de testigos atemorizados, del escepticismo de algunos de sus editores, y de una sensación tenue pero persistente de que sus vidas corren peligro.

Y es que en Todos los hombres del presidente los antagonistas son prácticamente invisibles: el punto de vista narrativo de la película se mantiene invariablemente centrado en los reporteros, sin concesiones a la omnisciencia, transmitiendo al espectador la desorientación que ellos mismos padecen.

Pero esto también hace que gran parte del suspense de la película esté empíricamente injustificado. El fuera de campo, los planos subjetivos sin sujeto, las composiciones desequilibradas y los juegos entre música y silencio sugieren la proximidad de un peligro no inverosímil pero sí nebuloso. O sea, propio de la paranoia.

Aun así, los reporteros del Washington Post logran algo que sus colegas del género rara vez disfrutan: un efecto en el mundo, un cambio real. Aquí la historia viene en auxilio del relato: los reportajes de Woodward y Bernstein suscitaron una serie de investigaciones que abocaron al presidente Nixon a la dimisión (la única renuncia presidencial hasta la fecha en los EE. UU.) en 1974, dos años después de la publicación de las primeras informaciones.

Periodistas por encima de la noticia

Este desenlace, inusual final feliz para un thriller político minuciosamente realista, tuvo además el efecto secundario de elevar al reportero al Olimpo de los héroes. Cabe imaginar que esto se debió, en buena medida, al carisma actoral de Redford y su coprotagonista (y contrapunto), Dustin Hoffman. Es significativo que aquí pareció nacer un pequeño pero fértil subgénero de thrillers periodísticos: El síndrome de China (1979), Bajo el fuego (1983), Salvador (1986), El informe pelícano (1993), del propio Pakula; El dilema (1999), La sombra del poder (2009), Spotlight (2015) y Los archivos del Pentágono (2017), película que abandona su trama justo donde comienza la de Todos los hombres del presidente.

Un columnista del momento escribió que “por primera vez, los periodistas se están haciendo más famosos que la gente sobre la que escriben”. En el caso Watergate, ese reconocimiento al reportero-estrella fue con toda seguridad merecido (siempre y cuando no se olvide al editor Ben Bradlee, memorablemente interpretado en la película por Jason Robards).

Una televisión muestra a Richard Nixon en medio de una redacción periodística mientras dos hombres trabajan al fondo.
Captura de la última escena en Todos los hombres del presidente.
Warner Bros.

Pero tal vez, para algunos de aquellos jóvenes que empezaron a soñar con convertirse en periodistas alentados por los héroes de la pantalla, esa aspiración pudo ser la semilla de una cierta desnaturalización profesional. Puede que parte de la desconfianza actual hacia el periodismo, que se ha ido asentando por muchas razones en estos cincuenta años, también tenga algo que ver con la subordinación del deber de informar a la necesidad de relevancia pública del periodista.

Por eso el plano final de Todos los hombres del presidente es tan significativo: mientras la redacción del Washington Post se arremolina excitada en torno a los televisores que emiten la segunda inauguración presidencial de Nixon, los esforzados Woodward y Bernstein permanecen sentados ante sus máquinas de escribir, tecleando con una concentración espartana. Pakula elige esa última imagen para sus protagonistas como si quisiera insinuar que, lejos de ceder a la tentación de interponerse entre la verdad y el público a quien es debida, estos héroes urbanos vuelven al trabajo. Porque cuando se trata de decir la verdad sobre las mentiras del poder, lo que hay en juego es demasiado importante.


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The Conversation

Pablo Castrillo Maortua no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. 50 años después, ¿qué queda del espíritu de ‘Todos los hombres del presidente’? – https://theconversation.com/50-anos-despues-que-queda-del-espiritu-de-todos-los-hombres-del-presidente-279817

Se acerca la llegada del euro digital: dinero público para la era móvil

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Débora González Celdrán, Profesora lectora en Finanzas, Universitat de Barcelona

Who is Danny/Shutterstock

El dinero está cambiando a una velocidad que hace apenas unos años habría parecido impensable. En una década, las tarjetas de crédito y débito y el móvil han desplazado al efectivo, según un estudio del Banco Central Europeo. Cada vez se usan menos billetes y monedas: el dinero físico está dejando paso al electrónico.




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Una carrera global hacia el dinero público digital

En este contexto, el Banco Central Europeo (BCE) trabaja en el lanzamiento del euro digital, una versión electrónica del dinero público, con el objetivo de ofrecer una opción pública y segura para realizar pagos digitales.

Europa no está sola en esta carrera: más de 130 países están explorando o ya han lanzado su propia moneda digital. China lidera el grupo con su yuan digital, que acumula más de 7 billones de yuanes en transacciones y se usa en más de 26 ciudades.

La idea parece sencilla, pero sus implicaciones no lo son tanto. ¿Qué supondría para la ciudadanía? ¿Cómo afectaría al sistema financiero?

¿Qué es exactamente el euro digital?

El euro digital es dinero público no bancario: tan válido como un billete físico, pero digital, proporcionado por el Banco Central Europeo, sin bancos privados de por medio. A diferencia del saldo en una cuenta, una promesa del banco que puede fallar, es tan seguro como el efectivo.

Los euros digitales se guardarán en una billetera virtual que, aunque similar en su manejo, no será como las tarjetas bancarias tradicionales (físicas o almacenadas en el móvil) porque estará ligada al dinero público emitido por el BCE y no al dinero depositado en un banco privado. Las tarjetas de débito seguirán dependiendo de cuentas bancarias tradicionales, mientras que el euro digital será como llevar efectivo en el bolsillo: un saldo que no depende de la solvencia de ninguna entidad financiera.

El euro digital no va a servir para pedir préstamos o invertir, ni va a generar intereses. Simplemente será un instrumento de pago, como el efectivo, las tarjetas o Bizum. El BCE no tendrá las funciones de la banca comercial y no va a abrir cuentas personales: serán las entidades financieras quienes faciliten las billeteras digitales, igual que hoy ofrecen las tarjetas y las cuentas corrientes. Los comercios lo aceptarán, igual que aceptan el dinero en efectivo.

Una característica clave: el euro digital funcionará también sin conexión a internet, lo que permitirá pagos en zonas rurales o ante fallos de red. Esto lo diferencia de la mayoría de los servicios bancarios digitales actuales.




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El camino hacia 2029: fases y calendario

En febrero de 2026, el Parlamento Europeo respaldó formalmente el proyecto del euro digital, calificándolo de “esencial” para la soberanía monetaria europea.

Mientras, el BCE desarrolla la infraestructura técnica y legal para su implantación. El Banco de España ha resumido este proceso en un calendario que muestra cómo el euro digital avanza hacia una posible emisión en 2029.

  • 2026-2027: Desarrollo tecnológico y pruebas piloto en distintos países europeos.

  • 2028: Lanzamiento de un programa de uso limitado entre comercios y ciudadanos seleccionados.

  • 2029: Posible emisión oficial del euro digital en toda la zona euro, si las pruebas son satisfactorias y no se compromete la estabilidad financiera.

Calendario tentativo del euro digital.
Fuente: Banco de España

Privacidad: ¿quién puede saber cuánto guardamos en nuestro monedero digital?

Uno de los debates más sensibles es el de la privacidad. En el caso del euro digital, el diseño planteado por el BCE garantiza que ni los gobiernos ni los bancos centrales podrán saber los saldos y movimientos de los ciudadanos. Solo las entidades financieras tendrán esa información, tal y como sucede ahora.

Además, en el modo de pago sin conexión a internet ,ni siquiera la entidad financiera conocería los detalles de cada transacción. Por lo tanto, el euro digital va a funcionar con un nivel de privacidad comparable al efectivo.

El euro digital y el sistema bancario

Un estudio del Fondo Monetario Internacional (2022) advierte del riesgo de que, si los ciudadanos trasladan parte de sus depósitos bancarios a billeteras de euro digital, los bancos podrían ver reducida su capacidad para conceder créditos, uno de sus negocios principales.

Para proteger la estabilidad del sistema bancario, el BCE limitará el euro digital a unos 3 000 euros por persona. Así se evita el riesgo de que las entidades se queden sin fondos para dar hipotecas o préstamos.

Los riesgos del euro digital

Por otra parte, una red de pagos para cientos de millones de europeos sería el blanco perfecto para los hackers. El Banco de Pagos Internacionales ha advertido de que, si fallase la seguridad de la moneda digital europea, podría derrumbarse de golpe la confianza en el sistema financiero.

Se hace necesario garantizar que la versión digital del euro sea inclusiva y accesible, mediante un diseño tecnológico que permita su funcionamiento sin conexión a la red y en dispositivos de gama baja, y que cumpla con los criterios de accesibilidad. En 2023, la oficina estadística de la Comisión Europea (Eurostat) calculaba que el 21 % de los europeos entre 16 y 74 años no tenía las habilidades digitales básicas.

Uno de los riesgos más temidos es que el euro digital pueda convertirse en una herramienta de control. En China, el yuan digital permite al gobierno ver cada transacción realizada por sus usuarios, y ese es un modelo que Europa rechaza explícitamente, como señaló Christine Lagarde, presidenta del BCE, en una rueda de prensa.

El euro digital representa la evolución natural del dinero público en una economía cada vez más digital. Su éxito dependerá de que ofrezca seguridad, respete la privacidad y sea accesible para todos los ciudadanos.

The Conversation

Débora González Celdrán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

– ref. Se acerca la llegada del euro digital: dinero público para la era móvil – https://theconversation.com/se-acerca-la-llegada-del-euro-digital-dinero-publico-para-la-era-movil-276709