Une décentralisation française toujours dans l’impasse

Source: The Conversation – France in French (3) – By Daniel Behar, Géographe Professeur des Universités, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Faut-il croire à un « nouvel acte » de la décentralisation à la française promis par Sébastien Lecornu ? Depuis quarante ans, la promesse d’une action publique plus lisible et plus efficace se heurte à une réalité complexe et confuse. Et si le problème n’était pas le manque de décentralisation mais le modèle même que la France s’obstine à poursuivre, à rebours de ses voisins européens ?


Depuis un demi-siècle maintenant, les gouvernements successifs annoncent de façon récurrente un « nouvel acte de décentralisation ». Tous reposent sur les deux mêmes intentions : plus de décentralisation, c’est-à-dire davantage de compétences transférées par l’État (loi Raffarin en 2004 par exemple) et plus d’efficacité, par une spécialisation des échelons territoriaux (loi Notre en 2015 notamment). En dépit de cette constance et de résultats peu convaincants, les projets gouvernementaux les plus récents relatifs à la décentralisation affichent la même perspective : il faut transférer les pans de l’action publique qui relèvent encore de l’État (le logement, par exemple) et le faire autour d’un objectif de clarification des rôles de chaque niveau de collectivité.

Et s’il fallait rompre avec cette antienne et viser un autre modèle, en s’inspirant notamment de ce qu’ont fait la plupart de nos voisins européens ?

Une spécialisation illusoire

Rationnaliser tout d’abord. Dès son émergence en 1982, la décentralisation « à la française » repose sur un principe singulièrement daté, celui d’une forme de transposition au territoire du modèle du taylorisme industriel. L’action publique territoriale sera efficace si les différents niveaux de collectivités se spécialisent dans un registre sectoriel : aux régions l’économie, aux départements le social et aux communes l’aménagement. Lisible sur le papier, ce principe se heurte à une réalité où tout le monde est contraint de faire un peu de tout.

Dans une société de plus en plus complexe, il faut agir globalement, réguler les interactions entre ces approches sectorielles. Depuis des décennies, le monde de l’entreprise a abandonné ce mode d’organisation. Dès le toyotisme, la souplesse et la coordination des fonctions ont été mises avant. Depuis, le management par projet privilégie l’organisation en équipes et la « coopétition »u prix assumé de ces fréquents doublons ou redondances tant honnis en matière d’action publique. Il n’y a plus que dans ce domaine de l’action territoriale que la référence à l’ordre et la symétrie du jardin à la française fasse sens pour penser les modes d’organisation collective.

En dépit d’un cadre législatif de plus en plus contraignant (suppression, en 2015, de la clause de compétence générale pour les départements et les régions), aucune collectivité – ou presque – ne respecte ce principe de spécialisation. On ne peut à la fois imposer à telle collectivité de cantonner son intervention aux enjeux sociaux et à telle autre de se limiter aux questions environnementales, alors que dans le même temps, on attend de l’action publique qu’elle intègre étroitement ces deux dimensions de la transition écologique. Le défi de l’action publique contemporaine n’est pas celui de la répartition des rôles mais plutôt celui de la coordination et des synergies entre ses institutions et les autres opérateurs qui y contribuent – entreprises et associations notamment. Parce que, désormais, la délivrance de services collectifs prime sur la construction d’équipements, l’heure est davantage à la régulation de « chaînes de production » des politiques publiques locales qu’à la définition toujours plus fine des champs de compétences respectifs.

Par contrecoup, le législateur a peu à peu été contraint d’abandonner la spécialisation par grands domaines de compétences, tel qu’affichée dans la loi initiale de 1983, pour une spécialisation plus limitée des prestations délivrées : aux régions la fonction d’animation des filières économiques, mais aux intercommunalités les aides à l’immobilier d’entreprises ; aux régions les transports mais aux départements le transport scolaire. Cette sophistication du partage des rôles est contre-productive : on imagine les coûts de coordination générés par cette fuite en avant dans la spécialisation, au nom de la clarification…

Pourquoi un tel acharnement à poursuivre dans une voie sans issue ?

Un argument est généralement avancé : la clarification des rôles entre collectivités permettrait de renforcer le lien entre élus et citoyens. Mais peut-on considérer qu’un élu départemental est jugé au moment des élections cantonales en fonction de sa gestion des archives départementales, compétence dévolue au Conseil départemental depuis 1983 ? En réalité, plus on fragmente et technicise les champs d’intervention des collectivités, plus on les « dépolitise », et on les rabat de fait sur des fonctions assurées par des « agences » (la SNCF, la Caisse d’allocations familiales…). Les collectivités locales sont des institutions politiques, qui s’adressent autant au citoyen qu’à l’usager. Or, l’intérêt du citoyen pour la chose publique passe par l’explicitation de choix politiques globaux sur le territoire qui intègrent ces registres d’action fragmentés.

Ajoutons qu’en dépit des efforts accrus des régions et des départements pour se rendre visibles et valoriser leurs contributions financières, en multipliant les supports de communication, c’est (quasi exclusivement) le maire qui est jugé responsable des différents équipements et services mis en œuvre sur les territoires.

Il est convenu parmi les élus locaux d’invoquer la lisibilité de l’action publique aux yeux du citoyen pour justifier la nécessaire clarification (« qui fait quoi ?) ». Mais l’observation locale montre que les citoyens n’attendent pas qu’on leur rende visible le back office de l’action locale dans sa complexité. Ils sont demandeurs d’un accès et d’une réponse efficaces. Le succès des maisons France Services en constitue une illustration probante. Elles ne prétendent pas réduire la complexité de nos services publics. Elles proposent simplement d’organiser une interface efficace entre chaque citoyen et le maquis bureaucratique.

La clarification par la hiérarchisation ?

En réalité, les législateurs successifs persistent dans cette conception de la clarification des rôles parce qu’ils imaginent pouvoir ainsi préserver la spécificité française, attachée à la référence à l’égalité (ici entre collectivités territoriales) et éviter le chemin suivi par nos voisins – avec des résultats divers – dans la mise en œuvre de leurs processus de décentralisation.

Ailleurs, bien souvent, la mise en ordre du « millefeuille » s’effectue non par la spécialisation, mais par la hiérarchisation. Des formes diverses de leadership régional sont mises en place, principalement incarnées par la détention d’un pouvoir normatif, et donc d’encadrement de l’action des collectivités de rang inférieur. Cette hiérarchisation s’oppose donc radicalement au principe français d’égalité entre collectivités.

Évidemment, la hiérarchisation ne fait pas disparaître les conflits de pouvoirs et les exigences de négociation. Dans la plupart des pays européens, les communes disposent en effet de la clause de compétence générale et exercent une action généraliste. Cela nécessite des ajustements entre leurs actions et celles des régions. Mais ces transactions s’inscrivent dans un cadre politique reconnu qui fixe, en quelque sorte, les limites de ces négociations. Ainsi en Allemagne, ce sont les Länder qui établissent les champs de compétences des communes. Clarification des rôles (via la hiérarchisation des fonctions) et coopération deviennent alors les maîtres mots d’une organisation pluraliste de l’action publique territoriale.

Cette perspective devrait passer par une révision constitutionnelle pour mettre fin au principe de « non-tutelle d’une collectivité sur une autre ». Cela signifierait une évolution vers un modèle plus fédéral éloigné du jacobinisme français, qui conforterait les échelons intermédiaires, notamment les régions. Avec l’atout que constitue le changement de taille de ces dernières, n’est-il pas temps d’engager ce débat ?

The Conversation

Daniel Behar ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Mères et championnes : la double bataille des sportives de haut niveau

Source: The Conversation – France in French (3) – By Allane Madanamoothoo, Associate Professor of Law, EDC Paris Business School

La maternité n’a jamais freiné l’ambition des sportives. Certaines ont conquis des titres majeurs alors qu’elles étaient enceintes, d’autres quelques mois seulement après un accouchement. Pourtant des inégalités persistent : pertes de contrats, baisse de revenus… autant de manifestations de la motherhood penalty qui pèse encore sur les carrières féminines dans le sport professionnel.


Dans le sport professionnel de haut niveau, comme dans de nombreux autres secteurs, les femmes sont aujourd’hui encore confrontées à divers obstacles lorsqu’elles décident d’avoir un enfant.

Ces obstacles, qui dépassent les frontières, conduisent certaines sportives de haut niveau à repousser leur projet de maternité après leur retraite sportive ; ce fut le cas, parmi bien d’autres exemples, de la judokate française Frédérique Jossinet médaillée mondiale, européenne et olympique, retraitée à 37 ans et devenue mère à 43 ans.

Or, qui dit report de maternité, dit augmentation du risque de complications lors d’une future grossesse et d’infertilité liée à l’âge. C’est ainsi que Valérie Nicolas, ancienne gardienne de l’équipe de France de handball, championne du monde en 2003, n’a pas pu concrétiser son désir de maternité. Lorsqu’elle a voulu avoir un enfant une fois sa carrière sportive terminée, la voie naturelle, l’insémination artificielle et les nombreuses fécondations in vitro, dont certaines avec des dons d’ovocytes, ont toutes échoué.

Pourtant, il devrait être possible pour les femmes de conjuguer maternité et carrière sportive professionnelle de haut niveau avec suffisamment d’accompagnement médical, organisationnel et psychologique, de soutien financier, et de protection dans l’exercice de leurs droits. Si quelques avancées notables ont été réalisées par différentes parties prenantes, des progrès restent à faire.

Une équation possible avec des cas concrets

La conciliation entre maternité et carrière chez les sportives professionnelles de haut niveau n’est plus un phénomène exceptionnel, que ce soit dans les sports individuels ou dans les sports collectifs. Certaines ont participé à des compétitions alors qu’elles étaient enceintes, avant de mettre momentanément leur carrière entre parenthèses le temps d’une courte pause maternité. D’autres sont revenues de leur congé maternité au bout de plusieurs mois, parfois avec de grandes difficultés, parfois, au contraire, avec un niveau supérieur à celui d’avant leur maternité. Quelles que soient les situations – qui témoignent, par la même, de la singularité de chaque femme et de chaque grossesse –, elles sont nombreuses à avoir démontré qu’il est tout à fait faisable d’allier maternité et sport de haut niveau. Voici quelques cas emblématiques.

La sprinteuse américaine Alysia Montano, spécialiste du 800 mètres et championne des États-Unis plusieurs années consécutives, disputa sa série lors des championnats outre-Atlantique à huit mois de grossesse en 2014 et à   mois de grossesse en 2017.

Sa compatriote Allyson Felix, considérée comme une légende avec ses 7 médailles d’or olympiques et ses 14 médailles mondiales d’or, arracha sa 12e médaille d’or aux championnats du monde en 2019 après une pause maternité de treize mois consécutive à la naissance de sa fille, née prématurément en 2018 par une césarienne pratiquée en urgence.

La Britannique Paula Radcliffe, ancienne recordwoman du marathon, remporta le marathon de New York neuf mois après la naissance de son premier enfant en 2007. Valérie Adams, ancienne lanceuse de poids néo-zélandaise et référence dans l’histoire de sa discipline en ayant été quatre fois championne du monde, décrocha une médaille d’argent aux Jeux du Commonwealth 2018, six mois après avoir donné naissance à sa fille et décrocha une médaille d’argent.

La judokate française Clarisse Agbegnenou, détentrice de trois médailles de bronze olympique et de six médailles d’or aux championnats du monde, reprit la compétition cinq mois après la naissance de sa fille en 2022. Sa compatriote Estelle Mossely, sacrée championne olympique en 2016, reprit la boxe trois mois après la naissance de son premier enfant en 2017.

La hockeyeuse sur gazon belge Aisling D’Hooghe reprit l’entraînement six semaines après son accouchement en 2021 et rejoua dix semaines plus tard. En 2012, la tireuse malaisienne Nur Mohamed Taibi Suryani, médaillée de bronze des Jeux asiatiques en 2010, a participé aux Jeux olympiques (JO) de Londres à huit mois de grossesse. Quelques années plus tard, la sabreuse égyptienne Nada Hafez a participé aux JO de Paris en 2024 en étant enceinte de sept mois.

La cycliste française Aude Biannic reprit la compétition deux mois et demi après avoir accouché de son fils en novembre 2024 et participa au Tour de France Femmes en août 2025. L’Américaine Kristin Armstrong, championne olympique du contre-la-montre à Pékin en 2008, conserva ses titres à Londres en 2012 et à Rio en 2016 après avoir eu un fils en 2010.

La tenniswoman britannique Dorothea Douglass, la première grande joueuse de tennis de l’histoire, remporta le tournoi de Wimbledon en simple après la naissance de son premier enfant en 1910, puis trois autres fois au cours des quatre années suivantes. En 1971, l’Australienne Margaret Court disputa la finale de Wimbledon en étant enceinte d’un mois. Après avoir donné naissance à son premier enfant en 1972, elle revint sur le circuit en 1973 et fut sacrée trois fois en Grand Chelem. Sa concitoyenne Evonne Goolagong s’imposa à l’Open d’Australie 1977 six mois après avoir donné naissance à sa fille. Elle remporta ensuite Wimbledon en 1980, devenant la deuxième mère sacrée à Wimbledon après Dorothea Douglass. La Belge Kim Clijsters connut également du succès après sa pause maternité de deux ans et demi en gagnant l’US Open 2009 et l’Open d’Australie 2011.




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Et bien sûr l’Américaine Serena Williams, l’une des plus grandes tenniswomen de tous les temps avec ses 39 titres du Grand Chelem en simple et en double, remporta l’Open d’Australie 2017 en étant enceinte de deux mois. Bien qu’elle connût dans la même année de graves problèmes de santé après la naissance de sa fille, elle revint sur les courts un an après sa maternité, de même que, tout récemment, l’Ukrainienne Elina Svitolina.




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Enfin, les footballeuses mères ne sont plus rares. Citons les Américaines Amy Rodriguez, Sydney Leroux, Alex Morgan et Julie Ertz, la Brésilienne Tamires, l’Espagnole Irene Paredes ou encore la Française Amel Majri.

Une équation semée de « motherhood penalties » sous différentes formes

Les motherhood penalties – littéralement « pénalités de maternité » – désignent les désavantages auxquels les femmes sont confrontées dans le cadre de leur carrière en devenant mères, que ce soit en termes de salaires, d’opportunités ou de promotions. Les sportives professionnelles de haut niveau n’y échappent pas. Certaines sont pénalisées dès l’annonce de leur grossesse. Wendy Lawson, handballeuse française, témoigne :

« Le week-end après avoir annoncé à mon président que j’attendais un bébé, j’ai dû m’asseoir en tribune. Manière de me dire, “Très bien, dans ce cas, tu ne joues plus”. »

Il en va de même pour la cycliste britannique Lizzie Deignan, qui, après avoir été lâchée par son équipe en 2018 lorsqu’elle a révélé sa grossesse, a dû rejoindre une autre équipe à six mois de grossesse. Dans un article du Times, elle révéla le sexisme quotidien dont elle a été victime :

« Je sentais que je devais m’excuser d’être enceinte. »

D’autres sont pénalisées par leur sponsor après la naissance de leur enfant. En 2018, le montant du contrat d’Allyson Felix avec Nike a été réduit de 70 % à la naissance de sa fille, en vertu d’une clause de performance post-partum insérée dans son contrat, sans compter les pressions subies pour reprendre l’entraînement rapidement en dépit des complications de grossesse et d’un accouchement par césarienne. Elle ne manquera pas de le dénoncer dans une tribune du New York Times en 2019. En 2023, la navigatrice française Clémence Crémer a été évincée par son sponsor Banque populaire après être devenue maman en 2022, au motif qu’elle n’avait pas cumulé suffisamment de miles pour participer au Vendée Globe 2024 suite à sa grossesse et son congé maternité.

Bien plus grave est le cas de la volleyeuse italienne Lara Lugli. En 2019, après avoir annoncé sa grossesse à son club, le Maniago Pordenone, la joueuse fut licenciée sans préavis ni indemnités conformément à une clause contractuelle prévue en ce sens. Un mois plus tard, elle fit une fausse couche. Par la suite, elle a été poursuivie en justice par son ancien club, qui l’accusait d’avoir dissimulé son désir de maternité lors de la signature de son contrat de la saison 2018-2019. Le club lui imputa également les mauvaises performances de l’équipe pendant la saison ainsi que la perte des fonds de sponsoring et lui réclama des dommages et intérêts pour les préjudices subis. À la suite du tollé provoqué dans les milieux sportif et politique, le club finit par retirer sa plainte mais le mal était déjà fait.

Dans toutes ces situations, la femme sportive professionnelle est « sanctionnée » pour être tombée enceinte. Privée de compétition, elle est privée de gains financiers et d’opportunités dans sa carrière sportive. Ainsi, les motherhood penalties la rattrapent, opérant des inégalités de traitement entre les mères sportives et les pères sportifs et creusant par la même occasion les inégalités de genre déjà existantes dans certaines disciplines sportives.




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Quelques avancées

Incontestablement, des progrès ont été réalisés par certaines parties prenantes. En 2020, l’Union cycliste internationale (UCI) a instauré une clause de congé maternité dans les contrats entre les cyclistes indépendantes et les équipes du World Tour féminin. En vertu de cette clause, chaque équipe du World Tour féminin est tenue de rémunérer ses coureuses pendant au moins huit mois, dont trois mois à 100 % et cinq mois à 50 %.

En décembre de la même année, la FIFA a introduit une série de mesures dans son Règlement du statut et du transfert des joueurs (RSTJ) (article 18 quater), relatives à la grossesse, le congé de maternité et les droits des joueuses professionnelles. Entrées en vigueur en 2021 et renforcées en 2024, celles-ci prévoient notamment l’instauration d’un congé maternité d’au moins quatorze semaines dont huit après la naissance, rémunéré au minimum aux deux tiers du salaire contractuel de la joueuse ; l’interdiction de « soumettre la validité des contrats au fait que la joueuse soit enceinte ou le devienne », sous peine de sanction financière et sportive ; l’obligation d’intégrer la joueuse au sein du club à la fin de son congé maternité ; la fourniture d’un suivi médical et physique adapté ; ou encore la possibilité pour la joueuse d’allaiter son bébé ou de tirer son lait dans des locaux adaptés fournis par l’employeur.

Du côté des sponsors, après la polémique suscitée par les révélations d’Allyson Felix dans le New York Times, Nike a revu ses politiques liées à la maternité en supprimant les clauses de performance pendant une période post-partum de dix-huit mois.

Les perspectives

Malgré ces progrès notables, le chemin est encore long. Dans le cadre du football, par exemple, les règles adoptées par la FIFA en 2020 pour sécuriser juridiquement la maternité des sportives professionnelles ne sont pas appliquées par la totalité de ses 211 membres en dépit des sanctions prévues à cet effet.

Le litige opposant la footballeuse islandaise Sara Björk Gunnarsdóttir à son ancien club, l’Olympique lyonnais (OL), en témoigne. Enceinte en 2021, elle retourna en Islande avec l’accord de l’OL pour poursuivre sa grossesse dans sa famille. Toutefois, elle ne reçut pas l’intégralité de son salaire pendant cette période. La joueuse a dû engager une procédure auprès du Tribunal de la FIFA pour faire valoir ses droits, conformément aux réglementations relatives à la maternité mentionnées dans le RSTJ. Elle obtint gain de cause : les juges condamnèrent l’OL à lui verser le reliquat de 82 094 euros de salaire qu’il lui devait.

Pour conclure sur une note positive, en dépit des motherhood penalties qui persistent, certaines actions déployées lors des deux derniers JO méritent d’être soulignées. Durant les JO de Paris en 2024, des dispositions particulières ont été mises en place en faveur des mères allaitantes, en partie grâce à la judokate Clarisse Agbegnenou, qui avait milité en ce sens. Elles ont été logées dans des hôtels près du village des athlètes. Aussi, pour la première fois, avec le concours de l’ancienne championne olympique Allyson Felix, le Comité international olympique (CIO) avait aménagé un espace réservé aux enfants des sportives dans le village olympique, afin qu’elles puissent les voir régulièrement.

France 24.



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Cette année, lors des JO d’hiver de Milan-Cortina, l’État a pris en charge la moitié des frais de logement des familles françaises participantes avec des enfants en bas âge, qui ont été logées à proximité des différents villages des athlètes. Preuve que la performance des sportives professionnelles de haut niveau passe aussi par une politique (FIFA, CIO) favorisant l’équilibre entre maternité et carrière professionnelle. Sauf avis contraire du médecin, la maternité ne doit plus être un frein à la réussite sportive…

The Conversation

Moustapha Kamara a reçu une Bourse de recherche Havelange de la FIFA.

Allane Madanamoothoo et Daouda Coulibaly ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Mères et championnes : la double bataille des sportives de haut niveau – https://theconversation.com/meres-et-championnes-la-double-bataille-des-sportives-de-haut-niveau-276994

Iran : une civilisation hydraulique millénaire face à la crise de l’eau

Source: The Conversation – France in French (3) – By Firouzeh Nahavandi, Professeure émérite, Université Libre de Bruxelles (ULB)

Pendant des siècles, les sociétés iraniennes ont développé des techniques sophistiquées pour gérer l’eau dans un environnement aride. Aujourd’hui, la surexploitation des ressources, les choix de développement, la corruption et les tensions géopolitiques transforment cette question vitale en l’un des défis majeurs de l’Iran contemporain – un défi encore accentué par la guerre en cours.


Situé dans la grande ceinture aride qui s’étend du Sahara à l’Asie centrale, l’Iran connaît depuis toujours des conditions climatiques difficiles. Dans de vastes régions du pays, l’eau est une ressource rare et précieuse. Cette contrainte a profondément façonné l’organisation des sociétés iraniennes. Très tôt, elles ont développé une véritable culture de la gestion de l’eau fondée sur l’adaptation aux contraintes naturelles et sur la préservation de la ressource. Mais cet équilibre fragile est aujourd’hui en train de se rompre.

L’histoire et l’évolution de ces systèmes hydrauliques ont été largement étudiées par les chercheurs, notamment dans les travaux d’Henri Goblot et de Willem Floor, ainsi que dans les analyses contemporaines de Kaveh Madani sur la crise hydrique iranienne.

Le qanat : une invention révolutionnaire

Le système hydraulique le plus emblématique est celui du qanat. Mis au point il y a plus de deux millénaires, il consiste en une galerie souterraine légèrement inclinée qui capte l’eau des nappes phréatiques situées dans les piémonts montagneux et la transporte vers les zones habitées ou agricoles.

Schéma d’un qanat.
Хрюша/Wikipédia

Cette technique présente plusieurs avantages décisifs dans un climat désertique : l’eau circule sous terre et échappe largement à l’évaporation, l’écoulement lent protège les nappes phréatiques et le système fonctionne sans énergie mécanique.

L’un des exemples les plus impressionnants se trouve dans la ville de Gonabad, dans l’est du pays. Son qanat, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, s’étend sur plus de 30 kilomètres et certaines galeries atteignent près de 300 mètres de profondeur. Construit il y a plus de deux mille cinq cents ans, ce réseau fonctionne encore aujourd’hui, illustrant le niveau d’ingénierie hydraulique atteint par les sociétés anciennes du plateau iranien.

Le qanat de Gonabad, photographié en 2015.
Mohsen Tavasoli/Wikipédia, CC BY-NC

Les qanats n’étaient pas seulement une prouesse technique : ils reposaient aussi sur une organisation sociale élaborée. Dans les villages, la distribution de l’eau était assurée par un responsable appelé mirab, chargé de répartir les droits d’irrigation entre les agriculteurs selon un calendrier précis. Chaque famille disposait d’un temps déterminé pour irriguer ses terres.

Dans ces sociétés rurales, l’eau était considérée comme un bien commun soumis à une véritable « justice de l’eau » : détourner la ressource au détriment des autres membres de la communauté était perçu comme une faute grave.

La maîtrise de l’eau a également joué un rôle essentiel dans les grandes réalisations de l’Empire achéménide (v. 550-330 avant notre ère).

Le site de Persépolis témoigne d’une planification hydraulique remarquable. Les ingénieurs achéménides y avaient aménagé, quelque cinq cents ans avant notre ère, un réseau sophistiqué de canaux et de systèmes de drainage afin de protéger les bâtiments monumentaux contre les inondations saisonnières et assurer l’approvisionnement du complexe.

Outre les qanats, les villes iraniennes avaient développé d’autres infrastructures ingénieuses pour conserver l’eau. Les ab anbar, vastes citernes souterraines destinées au stockage de l’eau potable, permettaient de constituer des réserves pour les périodes de sécheresse. Elles étaient souvent associées à des tours de ventilation appelées bâdgir, qui captaient les vents dominants et permettaient de refroidir l’air ainsi que l’eau stockée.

Réservoir d’eau réfrigéré par des bâdgirs à Yazd (centre de l’Iran).
StewartMcDowall/Wikivoyage

Du savoir-faire ancien à la crise contemporaine

Malgré cet héritage hydraulique remarquable, l’Iran est aujourd’hui confronté à une crise de l’eau d’une ampleur inédite. Les équilibres environnementaux qui avaient permis pendant des siècles une gestion relativement durable des ressources hydriques ont profondément changé au cours des dernières décennies.

Au début du XXᵉ siècle, l’Iran comptait plus de 50 000 qanats actifs qui alimentaient villes et terres agricoles. Aujourd’hui, une grande partie de ces réseaux est abandonnée ou asséchée. L’urbanisation rapide, le pompage intensif dans les nappes phréatiques et la transformation des systèmes agricoles ont profondément bouleversé les équilibres hydrologiques.

La centralisation administrative, les projets hydrauliques mal planifiés et la corruption dans l’attribution des concessions agricoles ou des infrastructures ont également contribué à fragiliser ou à détruire des systèmes traditionnels qui avaient pourtant fonctionné durablement pendant des siècles.

L’Iran reçoit aujourd’hui en moyenne environ 250 millimètres de précipitations par an, soit près de trois fois moins que la moyenne mondiale. Si cette contrainte climatique est ancienne, les politiques de développement adoptées depuis plusieurs décennies ont considérablement accentué les tensions environnementales.

L’agriculture absorbe près de 90 % des ressources hydriques du pays, souvent à travers des techniques d’irrigation peu efficaces. La multiplication des barrages et l’exploitation massive des nappes phréatiques ont profondément modifié les équilibres hydrologiques.

Des tensions sociales croissantes

La dégradation de l’environnement se manifeste désormais dans plusieurs régions du pays.

Le lac d’Ourmia, dans le nord-ouest de l’Iran, a perdu de 80 à 90 % de sa surface depuis les années 1990. La ville d’Ispahan offre un autre exemple révélateur : le fleuve Zayandeh Roud, qui traversait autrefois la ville, est aujourd’hui asséché.

Dans certaines régions, l’abaissement du niveau des nappes phréatiques provoque l’affaissement des sols, phénomène qui menace les infrastructures et les zones urbaines. Parallèlement, la dégradation des ressources hydriques accentue les tensions sociales dans les zones rurales, où l’accès à l’eau devient de plus en plus difficile pour les populations et les agriculteurs.

Dans la province du Khouzestan (au sud-ouest du pays), la pénurie d’eau potable, les tempêtes de poussière et la pollution industrielle ont également provoqué, ces dernières années, de nombreuses manifestations.

Cette situation contribue aussi à des migrations internes croissantes, certaines régions devenant de moins en moins habitables en raison de la raréfaction de l’eau et de la désertification.

La crise est devenue si profonde que certains responsables iraniens ont même évoqué l’idée de déplacer la capitale hors de Téhéran – une hypothèse longtemps impensable qui révèle l’ampleur des déséquilibres environnementaux et démographiques auxquels la métropole est aujourd’hui confrontée.

La guerre actuelle pourrait transformer la crise de l’eau en catastrophe

Dans un pays déjà frappé par une pénurie d’eau structurelle, la guerre déclenchée le 28 février dernier peut agir comme un puissant accélérateur de crise. Des frappes contre les infrastructures énergétiques ou industrielles majeures, conjuguées aux désorganisations économiques, feraient peser une pression supplémentaire sur des ressources hydriques déjà au bord de l’épuisement.

Car, au-delà des affrontements militaires, c’est peut-être la bataille pour l’eau qui déterminera l’avenir du pays.

La crise hydrique que traverse l’Iran dépasse largement la seule question environnementale. Elle résulte d’un enchevêtrement de transformations profondes : croissance démographique rapide, politiques agricoles intensives, urbanisation accélérée et abandon progressif des systèmes hydrauliques traditionnels qui avaient pourtant permis pendant des siècles de gérer la rareté de l’eau sur le plateau iranien. L’assèchement de nombreux aquifères, la disparition de lacs et de zones humides ainsi que la surexploitation des nappes souterraines témoignent de l’ampleur du déséquilibre écologique auquel le pays est désormais confronté.

À ces fragilités structurelles s’ajoutent aujourd’hui des tensions économiques et géopolitiques susceptibles d’accentuer encore les pressions sur les ressources naturelles. Dans un tel contexte, la question de l’eau ne relève plus seulement de la gestion environnementale : elle devient un enjeu central de stabilité économique, sociale et politique.

Car, dans un pays façonné depuis des millénaires par la rareté de l’eau, sa disparition progressive n’est pas seulement une crise écologique : elle menace un équilibre historique entre société, territoire et ressources.

The Conversation

Firouzeh Nahavandi ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Iran : une civilisation hydraulique millénaire face à la crise de l’eau – https://theconversation.com/iran-une-civilisation-hydraulique-millenaire-face-a-la-crise-de-leau-278441

Référendum et récit national : les angles morts de l’histoire noire au Québec

Source: The Conversation – in French – By Kharoll-Ann Souffrant, Assistant Professor, School of Social Work, Université de Saint-Boniface

Alors que l’idée d’un troisième référendum refait surface au Québec, le récit national revient au centre des débats. Or, ce récit a longtemps laissé dans l’ombre l’histoire et les contributions des communautés noires.


Dans Faire taire le passé. Pouvoir et production historique, l’anthropologue haïtien Michel-Rolph Trouillot affirme que le pouvoir « précède le récit et contribue à sa création et à son interprétation. » Autrement dit, ce qu’on appelle l’Histoire n’est ni neutre ou objective. Elle dépend de qui la raconte, des intérêts de ceux qui la racontent et de qui est perçu comme étant crédible pour la raconter.

Trouillot en fait la démonstration à partir du cas de la Révolution haïtienne, initialement vue comme un « non-événement », un impensé, précisément parce qu’Haïti a complètement bouleversé l’ordre mondial et les puissances coloniales les plus importantes de l’époque en devenant la première nation à abolir l’esclavage de notre histoire moderne en 1804. Taire ce passé était donc stratégique pour affaiblir la première république Noire du monde, l’isoler, et tuer sa naissance victorieuse dans l’œuf. C’est ce qui explique que l’histoire d’Haïti demeure peu enseignée de manière officielle en France, en dépit du lien très étroit entre Haïti et l’histoire coloniale française.

C’est en ayant l’analyse de Trouillot en tête que j’ai entrepris, dans un chapitre récemment paru dans l’ouvrage pionnier Le sujet du féminisme est-il blanc ? (2e tome), d’offrir une réinterprétation de l’histoire du mouvement souverainiste québécois selon mon positionnement de femme Noire, née au Québec de parents haïtiens quelques années avant le second référendum sur la souveraineté du Québec de 1995. Plus précisément, j’ai voulu mettre en lumière de nombreux angles morts en ce qui a trait aux communautés Noires dans le récit officiel national du Québec, tel qu’il m’a été enseigné dès la petite enfance, ayant été scolarisée dans des institutions québécoises francophones, de la prématernelle jusqu’à la fin du cégep.

À titre de professeure à l’École de travail social de l’Université de Saint-Boniface et candidate au doctorat en travail social à l’Université d’Ottawa, mes travaux de recherche s’inscrivent dans plusieurs disciplines dont le travail social, le droit, la victimologie, les études littéraires, les études féministes et les études Noires (québécoises) francophones.

Mouvement souverainiste et vocables de la colonisation

À partir des années 1960, décennie de la Révolution tranquille, le Québec est une société en profonde transformation. Dans la revue culturelle phare Parti pris (1963-1968), des figures intellectuelles majeures y publient des analyses plaidant pour un Québec progressiste, indépendant et laïque.

En parallèle, au cours de cette période, un nombre très important de mouvements anticoloniaux et décoloniaux font rage à travers le monde. Le mouvement souverainiste a justement argumenté son projet d’indépendance à partir de vocables de la colonisation, de la négritude, et de l’esclavage. Ces termes lui permettaient de penser l’oppression et la minorisation socio-économique et linguistique des Canadiens français dans une Amérique du Nord anglophone, tant dans les cercles de gauche que plus à droite.


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Les exemples les plus éloquents de ce phénomène se repèrent dans le livre de Pierre Vallières, dont le célèbre titre constitue un oxymore, ou encore à travers les propos des militantes féministes du Front de libération des femmes du Québec, qui en 1970, année de la Crise d’Octobre, se désignaient comme « les esclaves des esclaves ».

En réalité, cette tendance est encore d’actualité. Rappelons les récents propos du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, qui affirmait récemment en citant Gandhi, « il n’y a rien de pire […] que d’être esclave en ayant un peu l’impression d’être libre. »




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Haïti et le Québec : un enrichissement mutuel

C’est aussi au cours des années 1960 que le Québec voit arriver la première vague d’immigration haïtienne d’importance, composée principalement d’intellectuels, d’artistes, d’enseignants et de dissidents fuyant le régime dictatorial des Duvalier. Cette rencontre, loin d’être fortuite, s’enracine dans une histoire partagée entre les Haïtiens et les Québécois – deux peuples d’Amérique liés par la langue française et l’histoire coloniale française.

Cette vague de travailleurs qualifiés, compétents et éduqués a contribué à l’émergence d’une conscience indépendantiste ainsi qu’aux débats qui animaient la société québécoise de l’époque.

Nommons, entre autres, le Perchoir d’Haïti sur la rue Metcalfe, où ces exilés haïtiens se donnaient rendez-vous pour des soirées littéraires avec certaines des figures intellectuelles les plus notoires de la Belle province. Dans ce lieu, mélange d’idées, discussions autour de la langue, des arts, de la culture et de la littérature étaient au menu.

Une récupération qui invisibilise

Selon plusieurs auteurs, historiens et intellectuels, le recours aux vocables de la négritude, de la colonisation et de l’esclavage invisibilise la présence Noire sur ce territoire, laquelle remonte à la fondation du Canada et du Québec. Le récit national officiel, qui repose notamment sur l’image du Québec comme « peuple colonisé » par les Britanniques, opprimé par le Canada anglais, rend difficile la reconnaissance du racisme systémique au Québec, alors même que le gouvernement fédéral l’a reconnu à l’échelle canadienne.

Reconnaître l’existence d’un racisme systémique antinoir au Québec revient à admettre que ce « peuple dominé » est aussi, en position interne, un peuple dominant, capable de reproduire des logiques de discrimination et de marginalisation. Si le Québec reconnaissait cette réalité, il devrait reconfigurer en profondeur le récit national et l’identité québécoise tels qu’ils sont actuellement décrits dans les livres d’histoire, en intégrant pleinement l’histoire de l’esclavage, celui du racisme antinoir et des pensionnats autochtones.




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Car l’esclavage des personnes Noires et autochtones a bel et bien été une réalité au Canada et au Québec. Les travaux de l’historienne canadienne Afua Cooper sur Marie-Josèphe Angélique, accusée, torturée et condamnée pour un incendie ayant ravagé le Vieux-Montréal en 1734, sont particulièrement précieux à cet égard.

« Rendre à Haïti ce que Haïti nous a donné »

Au cours du référendum de 1995, nombre de personnes Noires et racisées ont eu de la sympathie pour le mouvement souverainiste québécois. Or, la fameuse déclaration de l’ancien premier ministre et chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, qui a imputé l’échec du camp du OUI à « l’argent, puis des votes ethniques », a teinté négativement l’image du mouvement et provoqué un sentiment de trahison pour nombre d’entre elles. Cette déclaration le soir du référendum de 1995 a créé une cassure dont les conséquences s’en ressentent encore aujourd’hui auprès des populations minorisées.

Quelques années plus tard, M. Parizeau a été invité à signer la préface de l’ouvrage Ces Québécois venus d’Haïti (2007), qui retrace la contribution des Québécois d’origine haïtienne dans l’éducation, la culture, la science et la société québécoise. Il y souligne le regret que Haïti n’ait pas pleinement bénéficié de ce qu’elle a apporté au Québec et insiste sur la nécessité de « rendre à Haïti ce que Haïti nous a donné ».

Bien que Québec solidaire plaide pour un « indépendantisme québécois inclusif », de nombreux angles morts persistent malgré tout, même à gauche. Il importe de revisiter de façon critique la manière dont l’appropriation du vocabulaire de la négritude, de l’esclavage et de la colonisation pour parler de l’oppression des Canadiens francophones, a fait complètement disparaître des générations de personnes Noires, autochtones et racisées du canon historique québécois et canadien. Cette invisibilisation est encore plus marquée pour les femmes Noires.

Éviter les erreurs du passé implique de faire preuve d’audace et de perturber le débat socio-politico-linguistique afin de redonner une voix au chapitre – centrale plutôt que périphérique – aux populations Noires qui contribuent depuis toujours au Québec d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

La Conversation Canada

Kharoll-Ann Souffrant ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Référendum et récit national : les angles morts de l’histoire noire au Québec – https://theconversation.com/referendum-et-recit-national-les-angles-morts-de-lhistoire-noire-au-quebec-277429

Sierra Leone’s digital ID push: how local brokers help citizens gain legal identity

Source: The Conversation – Africa (2) – By Laura Lambert, Senior Researcher, Leuphana University

An estimated 542 million Africans lack identity cards and potentially face statelessness. Without a legal identity, they can be excluded from basic human rights like education, healthcare and protection.

Most African countries have tried to rectify this by adopting a digital identity system to provide “legal identity for all, including birth registration” according to the Sustainable Development Goal 16.9 by 2030. Digital identity systems use databases to store biometrics and personal identity information together.

These systems claim to abolish identity fraud and corruption, because the identity is permanently fixed in the database and cannot easily be tampered with. In practice, however, creating and maintaining the system relies on many intermediaries. Chiefs, legal personnel, local authorities, teachers, employers, document brokers, family and friends all participate in enrolling, updating and certifying identities. These intermediaries make the system vulnerable to manipulation. But without them, hardly a legal identity could be established.

Within a transnational research project on digital identification, I have done ethnographic research with some of these intermediaries in Sierra Leone. I argue that they act as “brokers of citizenship”. They support people in becoming citizens by establishing an understanding of who is a citizen and what it means to be a citizen in terms of rights and duties.

In Sierra Leone, they have helped more than six million undocumented citizens to be included in the digital civil register and obtain a legal identity. My research in Sierra Leone illustrates that intermediaries have a crucial role in achieving the goal of citizenship for all.

Leave no one behind

Digital identity projects pursue the “one person, one identity” rule. They promise to create a permanent, secure and unique official identity for everyone based on linking a person’s biometrics to a permanent digital government database. Secure ID cards or birth certificates are then delivered based on these data entries.

But the process to obtain this official identity is a challenge for many people in Africa and more broadly the global south. People without sufficient recognised documents like birth certificates have difficulties in proving their identity. Minority ethnic groups, migrants, refugees and borderland communities struggle to prove their citizenship. Those excluded from citizen documents thus risk further exclusion from getting the new digital identities.

ID services are often distant and expensive. In rural populations especially, there is a need to travel far to registration centres. Rolling out digital identification to people in remote areas needs equipment, electricity, connectivity and tech-savvy staff. In Sierra Leone, the new digital ID card for citizens costs 165 Leones (about US$8). It is seven times more expensive than the old paper card.

Despite the promise of the Sustainable Development Goals to “Leave No One Behind” and provide digital identity for everyone, many Africans indeed risk being left out. Intermediaries are crucial for remedying these gaps.

Making identities official

Sierra Leoneans without sufficient documents to register for a digital identity can approach a “justice of the peace”. These usually retired men and a few women are appointed by the government to document oaths. Citizens can swear an oath about their identity to this official or his or her clerks. Against a small informal fee paid by the client, they document the claims about their name, date and place of birth on a form, a so-called “affidavit”. My research shows that this renders the identity claim of the client official.

Citizens can then use these affidavits to get biometrically enrolled at the responsible state office, the National Civil Registration Authority. Officials at the state office told me they widely trusted the declared information: “What you put on it is what we now believe in.” They appreciated this work of the justice of the peace, because otherwise undocumented people would be “disenfranchised” and risk becoming stateless.

As a colonial legacy, justices of the peace exist in many countries worldwide. There’s a risk they can exclude people based on discriminatory understandings of citizenship drawing on race, ethnicity or indigeneity for determining belonging. But they have played a crucial role in the inclusion of underdocumented people as citizens in digital identity projects.

Bridging the state and marginalised citizens

Justices of the peace do not only formalise identities. They are a bridge between the administration and marginalised citizens.

The Sierra Leonean justices of the peace are selected by the president of the republic for their good character and authority in their community as long-term civil servants, pastors, imams or chiefs. They hold a lot of authority and knowledge on the state and the administration.

In contrast to their status, many of them operate from a small table right in the bustle of urban informality. This is crucial for being accessible to marginalised citizens who might be fearful of contact with the administration. They might know little about its workings and experience civil servants as condescending or even authoritarian. They share information with citizens on how the administration works and give them advice on how they should act when they want to get the ID card.

Inclusivity needs intermediaries

In contrast to their promise, digital identities do not abolish intermediaries. Instead, they rely on the intermediaries’ work for identifying people and orienting them in the process. In addition to the justices of the peace, many other relatives, chiefs and state officials get involved in people’s identification. Although their involvement may make the system vulnerable to manipulation, intermediaries will remain important in the years ahead to remedy the civil registration gaps in Africa.

The work of these intermediaries has far-reaching consequences for achieving the Sustainable Development Goal 16.9 and for bringing citizenship into being.

The Conversation

Laura Lambert receives funding from HORIZON EUROPE European Research Council (101039758).

ref. Sierra Leone’s digital ID push: how local brokers help citizens gain legal identity – https://theconversation.com/sierra-leones-digital-id-push-how-local-brokers-help-citizens-gain-legal-identity-276336

Économie circulaire au Québec : beaucoup d’intentions, peu de transformations

Source: The Conversation – in French – By Rachida Bouhid, Ph.D Scholar, Université du Québec à Montréal (UQAM)

L’économie circulaire est aujourd’hui présentée comme un pilier de la transition écologique. Au Québec, la majorité des entreprises recyclent ou compostent. Mais très peu vont plus loin, en repensant leurs produits, leurs modèles d’affaires ou en collaborant avec d’autres entreprises.


Pour éclairer cette question, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) a intégré un module spécifique sur l’économie circulaire à son Enquête sur le développement durable, les pratiques d’affaires écoresponsables et les technologies propres, menée auprès des entreprises de cinq employés et plus. Les résultats pour l’année 2022, complétés par des données pour 2024, offrent un premier portrait statistique d’ensemble des pratiques au Québec.

Ce portrait révèle une réalité contrastée. Si une large majorité d’entreprises déclarent au moins une pratique dite « circulaire », c’est-à-dire visant à réduire les déchets, prolonger la durée de vie des produits ou optimiser l’usage des ressources, les stratégies les plus structurantes demeurent encore marginales.

Certaines entreprises ont néanmoins amorcé des démarches transformatrices. Chez Cascades, par exemple, l’intégration de principes d’écoconception dans le développement de certains produits se traduit par une augmentation de la part de fibres recyclées, une réduction du poids des emballages et une meilleure recyclabilité en fin de vie. Certes, ces initiatives demeurent limitées à certains segments de production et freinées par des contraintes techniques, réglementaires ou de marché.

Cette situation expliquerait le faible niveau de circularité de l’économie québécoise dans son ensemble. Selon Recyc-Québec, seulement 3,5 % de l’économie du Québec peut actuellement être qualifiée de circulaire, contre environ 7,2 % à l’échelle mondiale. Autrement dit, malgré la multiplication de pratiques ponctuelles, l’immense majorité des biens consommés au Québec continue de suivre un modèle linéaire fondé sur l’extraction, la consommation et l’élimination des ressources.

Une forte adoption, portée par des pratiques bien connues

C’est dans ce contexte que l’étude de l’ISQ nous apprend qu’en 2022, 81,7 % des entreprises québécoises interrogées déclaraient avoir mis en place au moins une pratique d’économie circulaire. Ce pourcentage peut sembler encourageant. Il s’explique toutefois en grande partie par la diffusion très large de pratiques déjà bien ancrées dans les organisations.

Selon les réponses recueillies, le recyclage et le compostage sont déclarés par 63,9 % des entreprises, ce qui en fait les pratiques les plus fréquemment rapportées. L’entretien et la réparation des équipements suivent, avec près d’une entreprise sur deux les ayant mis en place. Ces pratiques, telles qu’annoncées par les entreprises, font désormais partie du fonctionnement courant de nombreuses organisations.

Lorsque l’on exclut le recyclage et le compostage, la proportion d’entreprises déclarant au moins une autre pratique d’économie circulaire demeure élevée (68,8 %). Cela indique que l’économie circulaire ne se limite pas à la gestion des matières résiduelles, mais recouvre une diversité de comportements d’affaires. Néanmoins, ces comportements sont loin d’être équivalents en termes d’impact structurel.

Des pratiques structurantes encore marginales

Les pratiques situées en amont du cycle de vie des produits restent peu répandues. En 2022, seulement :

  • 6,5 % des entreprises déclaraient pratiquer l’écoconception (la conception de produits pensés dès l’origine pour réduire leur impact environnemental) ;

  • 6,8 % adoptaient des modèles d’économie de fonctionnalité, fondés sur la vente d’un service plutôt que d’un bien ;

  • 3,4 % mettaient en œuvre des démarches de symbiose industrielle, où les déchets ou surplus d’une entreprise deviennent les ressources d’une autre.

Si les données de l’ISQ mettent en évidence une diffusion inégale des pratiques d’économie circulaire, l’interprétation de ces écarts s’inscrit dans une littérature plus large sur les transitions environnementales. De nombreux travaux montrent que les pratiques les plus faciles à intégrer sur le plan opérationnel tendent à se diffuser plus largement, tandis que celles qui impliquent des changements organisationnels profonds, des coopérations interentreprises ou une remise en cause des modèles d’affaires demeurent beaucoup plus marginales.

Des entreprises rarement « mono-pratique »

L’enquête met également en lumière un élément important : les pratiques d’économie circulaire sont rarement mises en œuvre isolément. En moyenne, les entreprises déclarent trois pratiques.

Plus de 60 % des entreprises ayant adopté l’économie circulaire déclarent au moins deux pratiques, et certaines combinaisons reviennent fréquemment. La symbiose industrielle, par exemple, est souvent associée à la valorisation des résidus ou à l’écoconception, tandis que le reconditionnement va de pair avec l’entretien et la réparation.

Toutefois, la présence récurrente de certaines combinaisons de pratiques peut être mise en perspective à la lumière des travaux récents sur l’économie circulaire. La littérature montre en effet que les démarches qui vont au-delà de pratiques ponctuelles reposent sur des capacités organisationnelles accrues, une coordination interne renforcée et une compréhension plus intégrée des flux de matières et de produits. Ces approches sont généralement plus exigeantes en termes de ressources, de gouvernance et de collaboration, ce qui contribue à expliquer pourquoi elles demeurent moins fréquemment observées dans les entreprises.

Différences selon les secteurs et la taille des entreprises

Toutes les entreprises ne sont pas égales face à l’économie circulaire. Les résultats montrent des différences significatives selon les secteurs d’activité.

Les secteurs extractifs, agricoles et manufacturiers se démarquent généralement par une plus grande diversité de pratiques, notamment celles liées à la valorisation des résidus, au reconditionnement ou à l’optimisation des processus. À l’inverse, plusieurs secteurs de services adoptent principalement des pratiques en fin de cycles de vie, comme le recyclage et le compostage.

La taille des entreprises joue également un rôle. Les entreprises de 100 employés et plus sont proportionnellement plus nombreuses à mettre en œuvre des pratiques situées en amont du cycle de vie, notamment celles visant à réduire la consommation de ressources. En revanche, le chiffre d’affaires, toutes choses égales par ailleurs, ne semble pas constituer un facteur discriminant majeur.


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Premiers signaux d’évolution entre 2022 et 2024

Les données préliminaires pour 2024 dessinent une évolution intéressante. La proportion globale d’entreprises déclarant au moins une pratique d’économie circulaire diminue légèrement. En parallèle, certaines pratiques plus transformatrices gagnent du terrain. C’est notamment le cas de l’écoconception, des achats responsables, du reconditionnement et de l’économie de fonctionnalité. Cette dynamique suggère une possible polarisation ; moins d’entreprises engagées, mais des entreprises qui le sont de manière approfondie.

Ces tendances devront être confirmées lors de la diffusion officielle des résultats de l’ISQ, prévue au printemps 2026, mais elles ouvrent déjà des pistes de réflexion sur la maturation progressive de l’économie circulaire au Québec.

Un enjeu de transition, au-delà des intentions

Ce premier portrait statistique montre que l’économie circulaire est déjà bien présente dans les pratiques déclarées des entreprises québécoises. Il rappelle toutefois que toutes les pratiques ne se valent pas en termes de transformation des modèles de production et de consommation.

La transition vers une économie véritablement circulaire ne repose pas uniquement sur la multiplication d’actions isolées, mais sur la capacité à articuler des stratégies cohérentes, à investir l’amont des chaînes de valeur et à renforcer les collaborations interorganisationnelles. À cet égard, les données de l’ISQ constituent un outil précieux pour éclairer les décisions publiques, orienter les politiques de soutien et dépasser les discours généraux sur l’économie circulaire.

La Conversation Canada

Rachida Bouhid ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Économie circulaire au Québec : beaucoup d’intentions, peu de transformations – https://theconversation.com/economie-circulaire-au-quebec-beaucoup-dintentions-peu-de-transformations-274190

Would more North Sea drilling lower UK energy bills? Our analysis says no

Source: The Conversation – UK – By Cassandra Etter-Wenzel, PhD Candidate in Energy Policy, University of Oxford

Igor Hotinsky / shutterstock

As the Middle East conflict intensifies and oil and gas prices swing wildly, the UK has seen renewed calls to drill more in the North Sea. The argument is straightforward: if Britain produces more of its own oil and gas, household energy bills should fall.

But our analysis suggests the effect would be minimal. Even if the UK maximised North Sea extraction and returned revenues directly to households, the reduction in energy bills would be at most a modest £82 per year – far smaller than the savings expected from accelerating the shift to renewable energy.

In fact, a faster transition away from gas-powered electricity could cut household energy bills by three times as much as maximising North Sea oil and gas.

Why UK energy bills are so high

A typical UK household has a single “dual fuel” bill covering both electricity and gas. This can be divided into several different components.

The largest share is the wholesale cost – the price suppliers (the company named on your bill) pay for electricity and gas – which accounts for about 41% of the bill. The rest covers the costs of running and maintaining energy networks (23%), operating costs and debts (15%), policy costs such as environmental and social levies (12%) and VAT.

At the wholesale level, the UK does not consistently pay more than other European countries. At various points since 2022, countries such as Italy and Germany have faced similar or higher wholesale costs.

Yet UK households still pay some of the highest retail electricity prices in Europe. That’s because of how the electricity market works.

In Britain, the wholesale electricity price is usually set by the most expensive generator needed to meet demand. That generator is often a gas-fired power station. As a result, electricity prices tend to rise and fall with gas prices – even when much of the electricity is produced by cheaper sources such as wind or solar.

Gas also dominates home heating – 85% of UK households still rely on gas boilers, far more than in most comparable countries

This makes UK households highly exposed to swings in global fossil fuel prices. Gas prices are set on international markets, which are heavily exposed to geopolitical shocks, as seen both in 2022 after Russia’s invasion of Ukraine and again today.

Britain’s poorly insulated homes – among the least energy efficient in northern Europe – compounds the problem. This means households consume more gas to achieve the same level of warmth.

Why more North Sea drilling wouldn’t cut bills

Producing more oil and gas in the North Sea would not create the UK’s “own special supply”, nor could its price be set specifically for UK citizens.

That’s because any new production would be sold on international markets at international prices. The UK simply doesn’t have the ability to extract, refine and use oil all by itself even if it wanted to – some international trading will always be necessary.

The only way North Sea extraction could reduce household bills is through government revenues. Taxes and levies on oil and gas profits – the so-called fiscal “take” – could in principle be redistributed to households.

To explore this possibility, we modelled a scenario in which the UK maximised North Sea oil and gas and used all revenues collected to subsidise lower energy bills.

Even under those assumptions, the effect would be limited. Household bills would fall by between £16 and £82 per year. That’s roughly 1% to 4.6% of the current average household energy bill of £1,776, according to UK regulator Ofgem.

Bigger savings from renewables

A different policy direction – one that reduces the role of gas in electricity production – produces much larger savings.

If the price of electricity was set by cheaper renewable energy rather than by gas, our analysis suggests households could save £105 to £331 per year through lower wholesale energy costs.

That is roughly three times more than the “maximise oil and gas” scenario.

offshore wind farm
The North Sea’s other future.
Nuttawut Uttamaharad / shutterstock

Importantly, these savings would also be recurring. Once electricity prices are less tied to volatile gas markets, and instead are set by cheaper and infinitely available resources – wind and sun – households benefit every year.

Savings could be still higher if the structure of electricity bills were rebalanced. At present, many policy costs – including support for renewables – are added to electricity bills rather than funded through general taxation.

If those policy costs were moved into general taxation, as announced in the government’s autumn 2025 spending review, the average household could save up another £110 or so annually. In our renewables scenario, that would bring the total savings to about £441 per year.

Moving policy and system costs from bills onto general taxation is one way to make energy costs fairer and more egalitarian. That’s because energy bills take a larger share of income from lower income households while taxes better reflect ability to pay.

Our analysis used oil and gas prices in January 2026, prior to the breakout of the US-Israel war on Iran. In other words, ours is a conservative scenario that assumes relatively favourable conditions for fossil fuels. If global prices rise further, the advantages of renewable energy would become even greater.

Reducing exposure to fossil fuel shocks

Recent history illustrates how costly dependence on fossil fuels can be.

Research by our colleagues at Oxford Smith School found that if the UK had moved away from importing Russian oil and gas after its 2014 invasion of Crimea, it would have saved about £22 billion in energy costs during the price spike after the invasion of Ukraine in 2022.

Similarly, had the UK adopted the “balanced net zero” pathway proposed by its official advisory Climate Change Committee, it could avoid spending around £70 billion on crude oil and natural gas between 2022 and 2030.

Today’s energy crisis simply reiterates this argument: if the UK was less reliant on oil and gas today, it would be in a much better economic position.

The best way to keep energy bills low in the long run is to reduce dependence on gas altogether. That means expanding renewable generation, investing in energy storage and grid infrastructure, improving home insulation and electrifying heating through technologies such as heat pumps. Support for vulnerable households will also be crucial during the transition to a lower-carbon energy system.

Our findings refute speculation that draining the North Sea of all oil and gas would significantly lower bills and make the UK energy secure. Even if further fossil fuel extraction went ahead and all tax revenues were returned directly to consumers, the savings for consumers would be modest. Meanwhile the UK would remain exposed to geopolitical shocks and be economically worse off.

Staying the course on clean energy would not only save households three times as much money but render the UK truly energy secure for generations to come.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Would more North Sea drilling lower UK energy bills? Our analysis says no – https://theconversation.com/would-more-north-sea-drilling-lower-uk-energy-bills-our-analysis-says-no-278467

Could Ozempic help people whose cancer has spread to the brain?

Source: The Conversation – UK – By Justin Stebbing, Professor of Biomedical Sciences, Anglia Ruskin University

Halfpoint/Shutterstock

Weight-loss injections that have become famous for helping people shed pounds may also help some patients with advanced cancer live longer when the disease has spread to the brain, according to a new study.

These medicines belong to a group of drugs called GLP-1 receptor agonists, and they include Wegovy and Ozempic. They were first developed to treat type 2 diabetes, but over the past few years they have drawn global attention because many people taking them experience significant weight loss.

The new study does not show that these injections directly treat cancer. Instead, it suggests something more subtle but potentially important: they might help some very ill patients live longer.

The study focuses on brain metastases. This happens when cancer cells travel from somewhere else in the body – such as the lung, breast or skin – to form tumours in the brain. Unfortunately, brain metastases are relatively common and usually indicate that cancer has reached a late and dangerous stage.

Many patients in this situation also have type 2 diabetes. This matters because the condition can make serious illness harder to manage. High blood sugar can cause chronic inflammation, damage blood vessels and weaken the body’s ability to cope.

In my own clinical practice, I often prescribe steroids to help patients with brain metastases manage symptoms such as swelling in the brain. Steroids can be very effective, but they also tend to raise blood sugar levels and can make diabetes harder to control. This has led researchers to ask whether GLP-1 drugs might have additional benefits.

When diabetes drugs meet cancer care

Laboratory studies suggest they may protect brain cells, reduce inflammation and help preserve the brain’s blood supply. Until now, however, there has been very little evidence from everyday clinical practice showing how patients with both diabetes and brain metastases fare when they take these medicines.

The new study, published in Jama Network Open, set out to explore that question. Researchers used a medical database of anonymised health records from 151 hospitals and healthcare systems around the world.

They searched for adults who had three conditions: cancer, type 2 diabetes and brain metastases. The records covered patients seen between 2018 and 2024. The researchers were particularly interested in whether these patients had been prescribed a GLP-1 drug – such as semaglutide, dulaglutide, liraglutide or tirzepatide – around the time their diabetes and brain metastases were first diagnosed.

Wegovy injector pen and the box it comes in.
GLP-1 drugs may have many benefits besides weight loss, but clinical trials need to confirm these benefits.
Rebel Red Runner/Shutterstock.com

To make a fair comparison, the team matched people who received one of these injections with similar patients who did not. They took into account factors such as age, sex, type of cancer, other medical conditions and treatments including chemotherapy, radiotherapy and steroid use. Statistical matching cannot eliminate every difference between groups, but it helps reduce the risk that the results simply reflect one group being healthier at the start.

In total, the researchers identified more than 19,000 patients with cancer, brain metastases and type 2 diabetes. Among them, 866 had been treated with a GLP-1 drug, while over 11,000 had not. After careful matching, the analysis compared two balanced groups of 850 patients each who were similar in terms of their cancers, body mass index, diabetes control and other health issues.

The researchers then followed these patients for up to three years after their brain metastases were first recorded. Their main question was straightforward but important: how many people in each group died during that period?

The researchers found that patients who were taking GLP-1 drugs were significantly less likely to die during the follow-up period than those who were not. Overall, people taking GLP-1 drugs were about 37% less likely to die over the three years.

The pattern was fairly consistent across several major cancer types, including lung cancer, breast cancer and melanoma. It also appeared across different drugs within the GLP-1 class.

When researchers compared GLP-1 medicines with other modern diabetes treatments – including drugs called SGLT2 inhibitors and DPP-4 inhibitors – the GLP-1 group still seemed to fare better. That hints that something about GLP-1 signalling itself might be beneficial, rather than the effect simply coming from better blood sugar control.

Important limitation

Even so, the researchers emphasise an important limitation. This study looked back at medical records rather than testing treatments in a controlled trial. To do that, researchers would need randomised clinical trials in which patients are deliberately assigned to receive a GLP-1 drug or another treatment and then followed over time.

So how might these so-called weight-loss jabs help people whose cancer has spread to the brain?

One possibility is that they help indirectly by improving diabetes itself. Better blood sugar control, reduced body weight and improved heart health could help patients cope better with surgery, radiotherapy or chemotherapy.

But there may also be more direct effects on the brain. Scientists have discovered that GLP-1 receptors are in brain tissue and play a role in controlling inflammation, protecting nerve cells and helping maintain the blood–brain barrier – a protective layer that keeps harmful substances out of the brain.

Animal studies suggest that activating these receptors can reduce damage in brain cells and help them function properly. In theory, that might help the brain tolerate metastatic tumours better or make it a less favourable environment for cancer cells to grow. The new clinical findings are consistent with these ideas, although they do not yet tell us which mechanisms matter most in people.

For patients and families reading about this research, it is important to understand what the results do – and do not – mean. The study does not suggest that people with brain metastases should rush to start GLP-1 drugs, nor that these medicines can replace standard cancer treatments such as radiotherapy, surgery, targeted therapies or immunotherapy.

The potential benefits were seen specifically in people who already had type 2 diabetes. Like any medication, these injections can cause side-effects such as nausea and vomiting, and there are ongoing discussions about rare but serious risks.

Anyone considering them would need careful guidance from both their oncology and diabetes teams rather than making decisions based on a single study.

Still, the findings open up an intriguing new line of research linking cancer, metabolism and brain health. If future trials confirm that GLP-1 drugs genuinely improve survival in patients with brain metastases and diabetes, they could eventually become part of supportive care for people facing this difficult complication.

The Conversation

Justin Stebbing does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Could Ozempic help people whose cancer has spread to the brain? – https://theconversation.com/could-ozempic-help-people-whose-cancer-has-spread-to-the-brain-277999

Researchers develop biodegradable, plant-based packaging from natural fibers – new research

Source: The Conversation – USA – By J. Carson Meredith, Professor of Chemical and Biomolecular Engineering, Georgia Institute of Technology

Plastic packaging fills up landfills – engineers are working on a bio-based alternative that could replace the kind shown here. tuk69tuk/iStock via Getty Images

Jie Wu, an engineering graduate student, was studying a type of striking white beetle found in Southeast Asia and attempting to figure out how to mimic its brilliant color when an unexpected discovery upended the experiment.

Jie and I had been hoping to identify naturally occurring whitening pigments that could be used in paper and paints. The beetle’s white exoskeleton is made from a compound called chitin, which is a type of carbohydrate – one that is also commonly found in crab and lobster shells.

First, Jie extracted chitin nanofibers from crab shells obtained from food waste that are chemically the same as those found in the white beetles. But instead of creating a white material as intended, Jie produced dense, transparent films. The nanofibers more readily assembled in tightly packed films than in the porous structures Jie desired.

Two white beetles
An attempt to mimic the striking white color of Cyphochilus beetles led researchers to a unique discovery.
Olimpia1lli/Wikimedia Commons, CC BY-NC-ND

On a whim, Jie measured the rate at which oxygen passed through the film. The result was astonishing: The barrier allowed less oxygen through than many existing packaging plastics.

That serendipitous finding in 2014 shifted my team of engineering students’ focus from color to packaging. We asked whether natural materials could rival the performance of common plastics. In the years since, our team has used this discovery to create biodegradable films that offer a more sustainable and effective alternative to plastic packaging.

Challenges of plastic packaging

Plastic packaging is commonly used to protect food, pharmaceuticals and personal care products. These plastics keep out moisture and oxygen from the air, so products stay fresh and safe.

Most packaging has several layers that work together to keep air out, but these layers hinder reuse and recycling efforts. As a result, most of this plastic barrier packaging is discarded to landfills as single-use materials.

Many researchers have sought alternatives that are renewable, biodegradable or recyclable, yet just as effective. At Georgia Tech, my team of students and post-docs has spent more than a decade tackling this problem. This journey began with that beetle.

Building a better barrier

Chitin is widely available in food waste and mushrooms, and it is used in products such as water filters and wound dressing. However, our early attempts to scale up the film technology based on the beetle-inspired experiment failed.

In 2018, the team made an important leap forward by using spray coating to create layers of chitin and cellulose nanomaterials. Cellulose, like chitin, is a carbohydrate polymer – a chain of repeating carbohydrate units – and it is obtained from plants. These abundant natural materials have opposite electric charges, which led to better barrier performance when we combined them than either material alone.

In this approach, the team sprayed down a layer of chitin, followed by a layer of cellulose. The opposite charges between the chitin and cellulose created a long-range attraction between them that binds the layers to create a dense interface.

Later, in collaboration with Meisha Shofner, a materials scientist, and Tequila Harris, a mechanical engineer, other students showed these coatings could be applied with scalable, roll-to-roll techniques. Roll-to-roll coating methods are preferred in industry because the coatings are applied continuously to large rolls of a substrate material, such as paper or other biodegradable plastics.

Roll-to-roll coating allows manufacturers to easily apply thin layers of coating to a base material, called a substrate.

Still, humidity posed a major challenge, limiting any real-world applications. Moisture swelled the film, allowing more oxygen to sneak through.

Then came another breakthrough. In 2024, another collaborator, Natalie Stingelin, and I discovered that two common food components resisted water vapor when combined: carboxymethylcellulose – which is found in ice cream, for example – and citric acid.

The result was a film that hindered the transmission of moisture. The citric acid reacted with the cellulose to form cross-links, which are chemical junctions that bind the cellulose molecules. Once bound, they reduced the film’s moisture uptake.

We integrated this new discovery with the prior work by combining the citric acid and cellulose, and then casting this mixture as a freestanding film by coating it onto a substrate, such as chitin.

However, that formulation did not have strong oxygen barrier properties because it did not contain the highly crystalline cellulose nanomaterials from our first film. Our team’s most recent achievement, from October 2025, combines the above innovations. As a result, we’ve created a bio-based film that is an excellent barrier to both oxygen and moisture.

A diagram showing a rectangle representing a biodegradable film, with an arrow deflecting off of it showing how it keeps out water vapor and oxygen. On the right is the film.
An oxygen and water vapor barrier film composed of blended cellulose and chitin.
J. Carson Meredith

Scaling up production

When cast into thin films, these components self-organize into a dense structure that resists swelling with water vapor. Tests showed that even at 80% humidity the film matched or outperformed common packaging plastics.

The materials are renewable, biodegradable and compostable. Our team has filed several patent applications, and we are working with industry partners to develop specific packaging uses.

One challenge that applications face is a limited supply of the bio-based components compared to the high volume of conventional plastics. Like any new material, it would take time for manufacturers to develop supply chains as the films begin to be used.

For example, the market demand for purified chitin is small right now, as it is used in niche applications, such as wound dressings and water filtration. Due to its variety of uses, packaging could increase that market demand.

The next challenge is scaling up from experimental films to industrial production, which would likely take several years. The team is exploring roll-to-roll coating techniques and working with industry partners to integrate these materials into existing packaging lines.

Policy and consumer demand will also play a role. As governments push for bans on single-use plastics and companies set sustainability targets, bio-based films could become part of the solution.

The story of this breakthrough reminds me that science often advances through unexpected results. From a failed attempt to mimic a beetle’s color to a promising alternative to plastic, this research shows how curiosity can lead to solutions for some of our biggest challenges.

The Conversation

Carson Meredith received funding from the U.S. Department of Energy, Mars, Nestle, Winpak, One.Five, and Dow. This technology has pending patents.

ref. Researchers develop biodegradable, plant-based packaging from natural fibers – new research – https://theconversation.com/researchers-develop-biodegradable-plant-based-packaging-from-natural-fibers-new-research-271262

Iran’s nuclear materials and equipment remain a danger in an active war zone

Source: The Conversation – USA (2) – By Matthew Bunn, Professor of the Practice of Energy, National Security and Foreign Policy, Harvard Kennedy School

A satellite photograph shows construction work and buildings at a site known as Pickaxe Mountain, which is believed to store Iranian nuclear material and equipment. Satellite image (c) 2026 Vantor via Getty Images

Before launching his war on Iran, President Donald Trump said his most important goal was that Iran would “never have a nuclear weapon.” Yet it is not clear what, if anything, his administration has planned for dealing with Iran’s stock of enriched uranium that could be used to make nuclear bombs – or its remaining deeply buried nuclear facilities and the nuclear equipment that might be in them, or hidden elsewhere.

U.S. and Israeli strikes in June 2025 seriously damaged Iran’s major nuclear facilities and killed several prominent scientists associated with the country’s nuclear program. However, contrary to Trump’s claim that the Iranian nuclear program had been “completely obliterated,” it appears that Iran had stored much or all of its enriched uranium in deep tunnels that were not destroyed.

The Trump administration’s demand, just two days before the attacks began, that Iran export its enriched uranium stocks represented a tacit acknowledgment that Iran’s government still had control of this material or could get access to it.

So, as airstrikes on Iran continue, an unclear fate faces several elements of Iran’s nuclear program, including:

  • Its stock of enriched uranium.
  • Its centrifuges for enriching more uranium, and parts for more centrifuges.
  • Any equipment it may have for turning enriched uranium into metal, shaping it into nuclear weapons components and taking other weapons-assembly steps.
  • The documents and expertise from its past nuclear weapons program.
  • Its as-yet-intact nuclear facilities that are deep underground.

I have been studying steps to stop the spread of nuclear weapons – including managing the dangers of Iran’s nuclear program – for decades. My conclusion is that if all these capabilities remain in place, the war will have accomplished little in reducing Iran’s nuclear capability, while likely increasing the government’s belief that it needs a nuclear weapon to defend itself.

A map of Iran showing where key nuclear activities occur.
A map shows the locations in Iran of various activities related to the country’s nuclear weapons program.
Ufuk Celal Guzel/Anadolu via Getty Images

Where could Iran’s uranium be?

An overhead view shows buildings, roads and fences.
Satellite images are a key way other nations get a look at Iran’s efforts to build a nuclear weapon.
Satellite image (c) 2025 Vantor via Getty Images

The most immediate concern is roughly 970 pounds (441 kilograms) of highly enriched uranium containing 60% of the U-235 isotope that is relatively easy to split. That’s what Iran was believed to have before the summer 2025 bombings, and much of it reportedly survived those strikes.

Over 440 pounds (200 kilograms) of it is reportedly stored in deep underground tunnels near Isfahan. Other stocks of this material are thought to be in a deep underground facility near Natanz known as Pickaxe Mountain, and in Fordow, one of the sites bombed in summer 2025.

Gen. Dan Caine, chairman of the U.S. Joint Chiefs of Staff, has reportedly acknowledged that the Isfahan tunnels are too deep to destroy with bunker-buster bombs like those used on the underground Fordow facility last summer. Pickaxe Mountain, under granite, would be at least as challenging a target.

What could the uranium be used for?

With just 100 centrifuges, Iran could further enrich the 60% enriched material to be 90% or more U-235 in a few weeks. That is the concentration needed for the nuclear weapon design that Iran was working on in the secret nuclear weapons program it largely stopped in late 2003.

Even without further enrichment, the 60% enriched material could be used in a bomb, either exploding with less power or using more material and explosives.

Beyond Iran using this material itself, there are other concerns. Nobody knows who might get it if Iran’s government collapses. Some lower-level people managing it might decide to try to sell it as part of trying to save themselves from the current crisis, as happened after the 1991 collapse of the Soviet Union. Government studies have warned that even a sophisticated terrorist group might be able to make a crude nuclear bomb if it had the needed uranium.

Matthew Bunn explains how nuclear bombs work.

Could it be removed peacefully?

One possibility is that the current Iranian government, or a future one, might be willing to cooperate or at least acquiesce in getting rid of the country’s nuclear material. The existing Iranian government reportedly offered to blend it down to a lower concentration in the negotiations that Trump ended by attacking Iran in February 2026.

Highly enriched uranium has been removed from many cooperative countries over the years. One early example was Project Sapphire, in 1994, in which U.S. teams worked with Kazakhstan to fly some 1,280 pounds (580 kilograms) of highly enriched uranium to safe storage in Tennessee. Similar efforts have removed tons of plutonium and highly enriched uranium from scores of sites around the world, removing the risk that terrorists could get hold of that material.

Matthew Bunn explains how highly enriched uranium and plutonium are produced.

Could it be captured?

Without cooperation, and with the uranium in tunnels too deep to destroy from the air, the only other option for eliminating them could be sending in a team of either U.S. or Israeli soldiers and experts while the war continues.

U.S. special forces troops have long trained with federal scientists and experts to disable or secure adversaries’ nuclear weapons and material. But it wouldn’t be easy: Mark Esper, a defense secretary in Trump’s first term, has warned that actually doing so in Iran would take a large force and be “very perilous.”

Trump has said he would only do so if Iran was “so decimated that they wouldn’t be able to fight on the ground level.”

A young girl and a man in a black robe and white turban stand next to tubes decorated to look like missiles and centrifuges.
Scale models of Iranian ballistic missiles and centrifuges are displayed in Tehran in November 2025.
Morteza Nikoubazl/NurPhoto via Getty Images

If nuclear materials were captured, what then?

Iran’s nuclear material is in the form of uranium hexafluoride, in containers somewhat similar to scuba tanks.

The simplest but messiest option would be to blow up the containers, with explosives attached to each one. The uranium hexafluoride would deposit on the walls, floors and rubble in the tunnels, making it very difficult to ever recover and use. But the tunnels would then be contaminated and unusable, and the team would need to be careful about its own safety.

For a neater option, the material could hypothetically be packaged and flown out, as in the cooperative approach. But there are probably dozens of containers, collectively weighing tons, in multiple locations deep inside Iran, a country as big as Western Europe. Troops would need to collect the material from several places, secure an airstrip near each, truck or helicopter the equipment and material to and from the strip, and defend against attacks on the preparations and shipments.

Another option could be to blend the material with less-concentrated uranium so it could not be used in a nuclear bomb. That would also be difficult, requiring the delivery of equipment and tons of uranium for blending into an active war zone. The National Nuclear Security Administration has developed mobile equipment in the past for similar efforts, though it has never been used in a war zone. And flying everything back out of Iran would be another logistical nightmare.

Such an operation would deal with the highly enriched uranium Iran has already produced – if the United States and Israel are confident they know where it all is.

But Iran also has stockpiles of less-enriched uranium, including over 6 tons enriched to 5% U-235, some of which may also have survived the strikes. That may not sound like much, but to reach that level, two-thirds of the work of enriching all the way to 90% has already been done. And the centrifuges and centrifuge parts that Iran probably still has could always be used to make more.

A person in a white coat puts his hands on some metal piping.
An International Atomic Energy Agency inspector works at one of Iran’s nuclear research centers in Natanz in January 2014.
Kazem Ghane/IRNA/AFP via Getty Images

Another ending

Trump may choose to try to stop the war without dealing with Iran’s uranium stockpiles or any of these other capabilities. That would leave a weakened but embittered regime possibly more determined than ever to make a nuclear bomb – and still with the material and much of the knowledge and equipment needed to do so.

To mitigate the dangers of that, the United States and Israel might effectively say to Iran, “Don’t you dare use those tunnels or take anything out of them or we’ll hit you again.” But that is hardly a long-term solution.

Fundamentally, Iran’s nuclear knowledge cannot be bombed away. Ultimately, I believe, U.S. security would be best served through agreements to limit Iran’s nuclear efforts, coupled with effective international inspection, keeping watch year after year. Provisions to do that were central to the 2015 Iran nuclear deal between China, France, Germany, Russia, the United Kingdom, the United States, the European Union and Iran. Trump pulled the U.S. out of the agreement in 2018, enabling Iran to make the highly enriched uranium that now poses a danger.

In my view, only diplomacy can again provide strict limits and effective monitoring in the future. But this war may well have ruined the chances for such diplomatic options for many years to come.

The Conversation

Matthew Bunn is a member of the Board of Directors of the Arms Control Association; serves on the National Academies’ Committee on International Security and Arms Control; has consulted for the U.S. National Nuclear Security Administration and several U.S. national laboratories; and receives funding for his research from the Carnegie Corporation of New York, the Frankel Foundation, and others.

ref. Iran’s nuclear materials and equipment remain a danger in an active war zone – https://theconversation.com/irans-nuclear-materials-and-equipment-remain-a-danger-in-an-active-war-zone-278008