Retraites par capitalisation ou par répartition : quel système est le plus rentable ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Anne Lavigne, Professeure de Sciences économiques, Université d’Orléans

Le nouveau premier ministre Sébastien Lecornu a indiqué vouloir rouvrir le dossier des retraites. Lors du conclave, la retraite par capitalisation avait été rapidement évoquée. De quoi parle-t-on quand on évoque ce système de financement ? Est-il vraiment opposé à la retraite par répartition ? Quels sont ses réels atouts économiques et financiers ? Les risques qui lui sont associés le discréditent-ils, comme le disent ces critiques ?


Plus connue sous l’appellation « conclave », la délégation paritaire permanente installée le 27 février dernier s’est soldée par un échec, malgré une redéfinition par les partenaires sociaux eux-mêmes du périmètre des thématiques à aborder. Le financement des retraites par capitalisation a notamment été évoqué, avec prudence par les organismes syndicaux et plus d’enthousiasme par les représentants du patronat.

Parallèlement, le 11 juillet dernier, le comité de suivi des retraites a rendu son 12ᵉ avis. Il relève :

« Le recours accru à la capitalisation ne peut pas constituer à court terme une réponse au déséquilibre de notre système par répartition, et peut même avoir pour effet de détourner des ressources du financement des régimes »,

et souligne que :

« Recherche de rendement, préservation de la volatilité, financement de l’économie nationale, investissements souverains constituent autant d’objectifs qui ne sont pas forcément conciliables avec un seul outil dont l’objectif principal reste de verser des retraites aux anciens actifs. »

Comment ça marche ?

Dans un système de retraite par répartition, les cotisations des travailleurs actifs ont vocation à financer les pensions des retraités. S’y ajoutent, dans la plupart des pays, des prélèvements fiscaux. Si les cotisants d’une année donnée financent les pensions des retraités la même année, et non leur propre retraite, ils acquièrent un droit à pension financé par les générations ultérieures et garanti par la nation.




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Dans un système de retraite par capitalisation, les cotisations versées une année donnée sont placées dans des actifs financiers ou immobiliers, dont les rendements se cumulent au fil du temps. Les revenus des placements sont réinvestis année après année jusqu’à la retraite, et le capital accumulé pendant la vie active est versé à la liquidation des droits à la retraite, selon des modalités propres à chaque régime de capitalisation, en une rente viagère, en versements programmés ou en un versement unique.

Un outil de fidélisation

Historiquement, les régimes de retraite professionnels en capitalisation se sont développés lorsque les pays se sont industrialisés. L’objectif des employeurs était de fidéliser une main-d’œuvre par la promesse d’un salaire direct, mais également d’un salaire conditionnel (versement d’une pension d’invalidité en cas d’accident) ou différé (versement d’une pension de retraite lorsque la vieillesse rendait le travailleur inapte au travail).

Dans cette évolution historique, la France a emprunté une voie singulière : si des dispositifs de retraite par capitalisation ont été effectivement instaurés à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, ils n’ont pas résisté aux turbulences économiques et financières de l’entre-deux-guerres. À la Libération, la nation a fait le choix d’un système public obligatoire en répartition pour l’ensemble des salariés, avec des caisses de retraite complémentaires professionnelles également financées en répartition.

Ce choix collectif pour la répartition est singulier. Dans tous les autres pays, la retraite de base est en répartition mais les retraites professionnelles sont en capitalisation. Dans le débat qui se rouvre aujourd’hui en France, la question posée est : jusqu’où et comment déplacer le curseur vers la capitalisation ?

Une question de dosage ?

Pour certains, la question ne se pose même pas. Par principe, la répartition doit rester l’unique mode de financement des retraites. En effet, développer la capitalisation reviendrait à renforcer le pouvoir actionnarial au détriment du travail, à démanteler la protection sociale solidaire, à accentuer les inégalités à la retraite (les épargnants plus fortunés ont une meilleure capacité à obtenir des rendements financiers plus élevés).

Au-delà de ce principe, qui a sa légitimité, quels arguments peut-on faire valoir pour introduire une dose de capitalisation dans notre système de retraite ? La capitalisation est-elle plus efficace, en termes de rendement et de risque, que la répartition dans sa capacité à procurer un revenu de remplacement pendant la retraite ?

Des systèmes complexes à comparer

Comparer le rendement de la retraite en répartition ou en capitalisation revient à se demander : pour chaque euro cotisé pendant ma vie active, combien d’euros obtiendrai-je sous forme de pension une fois à la retraite ?

Évaluer le rendement de la capitalisation est en théorie simple, plus délicat en pratique. En théorie, pour un cotisant, le rendement de la capitalisation est le rendement obtenu sur les placements effectués tout au long de sa carrière à partir des cotisations versées. Bien sûr, ces cotisations sont périodiques : celles de début de carrière seront capitalisées sur un temps très long, celles effectuées en fin de carrière sur un temps plus court. Et personne ne connaît avec certitude le nombre des années passées à la retraite, de sorte que le rendement de l’épargne retraite dépend de la durée probable de survie au départ à la retraite.

En définissant le taux de rendement interne (TRI) comme le taux qui égalise la somme (actuelle probable) des cotisations versées et des pensions reçues, le rendement de la capitalisation correspond au taux de rendement des placements dans lesquels ont été investies les cotisations, sous l’hypothèse que les pensions reçues sont actualisées à ce taux.

Un raisonnement fallacieux

En pratique, on présente souvent le rendement de la capitalisation comme le rendement moyen observé sur des placements financiers. Pour cela, on calcule le rendement moyen, par exemple sur une durée de quarante ans, d’un indice boursier, par exemple le CAC 40 et on affirme « Si on avait introduit la capitalisation en 1982, les retraités toucheraient 300 euros de plus que la pension offerte par l’actuel système en ayant cotisé deux fois moins ».

Cette expérience de pensée est en réalité fallacieuse. Aucun fonds de pension (a fortiori un épargnant individuel) ne place la totalité de ses actifs dans des actions. D’une part, pour diversifier les risques financiers ; d’autre part, parce qu’au départ à la retraite, il faut convertir le capital de cotisations accumulées en flux de pension. Et cette phase de décumulation nécessite d’avoir des actifs suffisamment liquides et dont la valeur de revente n’est pas (trop) volatile.

Évaluer le « rendement » de la répartition est aussi discutable, puisque la répartition n’est pas une opération financière intertemporelle. Sur un plan individuel, calculer un taux de rendement interne n’a pas grand sens, puisque précisément, on ne cotise pas pour soi-même. On peut néanmoins s’intéresser au rendement collectif d’un régime par répartition.

Le rôle des taux de croissance

La capacité d’un système de retraite par répartition à assurer un bon niveau de pension aux retraités dépend de manière cruciale du nombre de travailleurs effectivement employés et de leur productivité. Si le taux d’emploi augmente, cela fait plus de cotisants et si la productivité des travailleurs augmente, cela se traduit généralement par des rémunérations plus élevées, et donc une assiette de cotisations plus importante.

Schématiquement, la croissance démographique et le progrès technique jouent le même rôle dans le rendement implicite de la répartition. Pour x euros cotisés en répartition quand ils sont actifs, les salariés « récupèrent » lorsqu’ils partent à la retraite les x euros revalorisés de la somme du taux de croissance de la population (supposée employée pendant toute sa vie active) et du taux de croissance de la productivité.

Avantage en trompe-l’œil pour la capitalisation

On comprend donc que la capitalisation est plus rentable que la répartition si le taux de rendement du capital est supérieur au taux de croissance cumulé de la population et de la productivité, qu’on peut assimiler au taux de croissance économique en première approximation. Qu’en est-il dans les faits ?

Même si la crise financière de 2007 a ébranlé quelques certitudes, il ressort des études historiques sur longue période que le rendement réel des placements financiers est supérieur au taux de croissance économique dans les principaux pays industrialisés.

Arte 2025.

Dans une vaste fresque historique, Jordá et al. ont calculé que l’écart entre le taux de rendement de la richesse et le taux de croissance économique s’élevait à 2,68 % en moyenne pour un ensemble de 16 pays sur la période 1950-2015. En très longue période (1870-2015), leur étude montre que le rendement réel de la richesse est supérieur au taux de croissance réel dans tous les pays, sauf pendant les sous périodes de guerre.

Cette étude confirme, par ailleurs, un résultat observé par de nombreuses contributions antérieures : en moyenne, le rendement réel des actions est supérieur au rendement réel des actifs sans risque (obligations et actifs monétaires). La prime de risque, qui mesure l’écart entre rendement des actions et des actifs sans risque, s’élevait à environ 4 % en moyenne avant la Première Guerre mondiale, pour devenir légèrement négative lors de la grande dépression, puis s’envoler jusqu’à 14 % au début des années 1950 et revenir à son niveau séculaire autour de 4 % depuis 2000. Cette évolution tendancielle se retrouve dans tous les pays, à des niveaux de taux de rendement différents d’un pays à l’autre. Entre 1980 et 2015, la prime de risque en France se situe légèrement en dessous de la moyenne globale, à 2,14 %.

Rentabilité et risque

Pour autant, pour les individus, ce n’est pas le rendement moyen du système en longue période qui importe, mais le montant de la rente viagère qu’ils pourront obtenir chaque mois lorsqu’ils seront à la retraite. Observer qu’en moyenne, chaque année, sur une très longue période, le rendement du capital est supérieur à la croissance économique n’implique pas qu’il faille choisir la capitalisation pour couvrir le risque vieillesse, pour au moins trois raisons.

LCI 2025.
  • La première raison, c’est que, pour un individu donné, ce n’est pas le rendement moyen du système en longue période qui importe, mais le montant de la rente viagère qu’il pourra obtenir chaque mois lorsqu’il sera à la retraite. Et c’est là qu’intervient la notion de risque d’un placement financier. Chacun peut constater que le cours d’une action cotée varie jour après jour. Cette variation peut être mesurée par des indicateurs statistiques, tels que la variance ou l’écart-type ; grosso modo, ces indicateurs mesurent « de combien s’écarte le cours d’une action par rapport à sa tendance sur une période donnée ? ». Ce qu’on peut montrer théoriquement, et ce qu’on observe dans les faits, c’est que plus une action est détenue pendant une période de temps longue, plus la variation de son rendement autour de la tendance moyenne se réduit.

Pour autant, cela ne signifie pas que détenir des actions pendant une longue période, par exemple jusqu’à la retraite, ne soit pas risqué. En effet, pour quelqu’un qui souhaite financer sa retraite par un placement financier, ce qui importe, ce n’est pas le rendement annuel moyen de son placement sur trente ans, mais bien le rendement total qu’il obtiendra au bout de trente ans quand il partira à la retraite. Et il est possible que le rendement annuel moyen sur vingt-neuf ans soit favorable, mais qu’il soit anéanti par un krach boursier l’année suivante.

  • La deuxième raison, c’est que les rendements des actions tels qu’ils peuvent être calculés à partir des cotes officielles sont bruts de frais. En pratique, si on souhaite financer sa retraite par capitalisation, on doit utiliser les services d’un intermédiaire (fonds de pension, gestionnaire d’actifs, banque, entreprise d’assurance) et ces services sont facturés. Pour un individu donné, le rendement des actions doit s’apprécier « net de frais ». Or, ces frais peuvent s’avérer élevés lorsque la concurrence entre les intermédiaires est faible.

La troisième raison, c’est qu’à la base, financer sa retraite, c’est se couvrir contre les risques liés à la vieillesse (être dans l’incapacité physique ou mentale de travailler à âge élevé et ignorer combien de temps on passera à la retraite). Dans cette optique, il serait paradoxal de couvrir un risque (le risque vieillesse) en en prenant un autre (le risque financier).

Ce dernier argument ne suffit pas, toutefois, à disqualifier la capitalisation, d’autant que la répartition comporte aussi des risques.


Éditions La Découverte, Fourni par l’auteur

The Conversation

Anne Lavigne est membre du Conseil d’administration de l’Etablissement de retraite additionnelle de la fonction publique, en qualité de personnalité qualifiée. Cette fonction est assurée à titre bénévole.

ref. Retraites par capitalisation ou par répartition : quel système est le plus rentable ? – https://theconversation.com/retraites-par-capitalisation-ou-par-repartition-quel-systeme-est-le-plus-rentable-261477

Charlie Kirk’s assassination is the latest act of political violence in a febrile United States

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Jared Mondschein, Director of Research, US Studies Centre, University of Sydney

In yet another shocking act of political violence in the United States, Charlie Kirk, who came to prominence as a conservative influencer and supporter of Donald Trump, was assassinated while debating with students at a university in Utah.

The 31-year-old, who came to fame by doing just that – debating whoever wanted to engage with him – was undeniably the most influential figure in young conversative politics.

News of his killing sent social media into an all-too familiar frenzy, with opposing political camps blaming each other for the increasingly febrile environment in contemporary America. It has also raised fears it may provoke even more violence.

Who was Charlie Kirk?

The meagre tent in which Kirk would set up shop on university campuses around America to engage in debate with university students should not be mistaken for meagre support.

Kirk’s political organisation, Turning Point USA (TPUSA), had a revenue of US$78,000 (A$118,000) when he founded it in 2012. As of last year, its annual revenue had grown to US$85 million (A$129 million).

His podcast, The Charlie Kirk Show, boasted between 500,000 and 750,000 downloads for each episode, ranking it as one of the top 25 most listened to podcasts in the world. Even Kirk’s 7 million X account followers is greater than MSNBC’s 5 million.

Outside the online world, TPUSA today has a presence in more than 3,500 high school and college campuses, with more than 250,000 student members, and more than 450 full- and part-time staff. But perhaps the most important metric is the fact that a TikTok survey of users under 30 found that, among those who voted for Trump, they trusted Kirk more than any other individual.

As much as Kirk’s many detractors abhorred his views and his conduct – particularly his views of Black people, Jews, trans people and immigrants, as well as his efforts to denounce professors engaging in “leftist propaganda” – there was no denying he was willing to debate practically anyone.

Whether it was in storied lecture halls at Oxford University or a progressive university campus in the US, Kirk engaged in political debate with anyone willing to come to the open microphone at his events, encouraging students to “prove me wrong”. The dissemination of clips of these interactions – typically an unwitting progressive student asking Kirk a question only to have Kirk counter-argue – garnered hundreds of millions of views across a variety of social media channels.

Support for Trump

Kirk first came to prominence championing more conventional Republican politicians, including Texas Senator Ted Cruz and former Wisconsin governor Scott Walker. But he eventually came around to supporting Trump in 2016, and never looked back.

Indeed, when many – particularly within the Republican party – sought to distance themselves from Trump after incidents such as the infamous Access Hollywood tape in 2016 or the violence at the US Capitol on January 6 2021, Kirk stayed the course.

The combination of his unceasing loyalty to Trump and his increasing popularity among young voters saw him increase his power within conservative circles. This power saw his organisation contribute millions of dollars to various Trump-aligned campaigns. TPUSA also bolstered support for embattled cabinet nominee, and now defence secretary, Pete Hegseth, and initiate efforts to oust former chair Ronna McDaniel from the Republican National Committee.

But perhaps Kirk’s most notable political win was harnessing a record number of young people to vote for Trump in 2024, despite the fact he was the oldest ever person to lead the Republican presidential ticket.

US political violence

Some may look at yet another instance of deadly US political violence and wonder whether it would have any sort of lasting impact. After all, the creation of the US followed an act of political violence known to Americans as the Revolutionary War. And this founding preceded more political violence, including the Civil War, Reconstruction and Civil Rights movement, among others.

Yet, as much as the entirety of US history is filled with such incidents, there is no denying that for the past generation in particular, it has also grown worse.

Numerous studies have found that the number of attacks and plots against elected officials, political candidates, political party officials, and political workers is exponentially higher now than in recent history. In examining 30 years of data, the Center for Strategic and International Studies (CSIS) found the number of attacks and plots in the past five years is nearly triple that of the preceding 25 years combined.

But beyond the numbers, US politicians themselves increasingly cite the spectre of violence as a reason why they have either retired from politics or – perhaps more worryingly – changed their votes.

Ultimately, there’s little question as to whether the US will continue to suffer from political violence. The greater question is to what extent and at what cost.

Kirk’s death will affect far more than just his friends and his family – including his widow and two young children. Today marked the loss of a unique leader in the US conservative movement.

The Conversation

Jared Mondschein does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Charlie Kirk’s assassination is the latest act of political violence in a febrile United States – https://theconversation.com/charlie-kirks-assassination-is-the-latest-act-of-political-violence-in-a-febrile-united-states-265063

Cancer du sein : une nouvelle étude révèle un risque génétique chez les femmes africaines

Source: The Conversation – in French – By Mahtaab Hayat, Lecturer, University of the Witwatersrand

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes dans le monde. En Afrique subsaharienne, il est aussi la principale cause de décès liés au cancer.

Les facteurs de risque connus incluent le fait d’être une femme, l’âge, le surpoids, la consommation d’alcool et les prédispositions génétiques.

Dans ce domaine, les études dites « d’association à l’échelle du génome » ou études d’association pangénomique constituent un outil puissant. Elles permettent d’identifier les variantes génétiques courantes, ou mutations, qui peuvent influencer la probabilité de développer une maladie. Ces études analysent l’ensemble du génome (l’ADN complet d’une personne) afin de trouver les différences génétiques présentes chez les personnes atteintes d’une maladie.

Depuis 2005, ces études ont fourni des informations utiles pour le diagnostic, le dépistage et la prédiction de certaines maladies, notamment le cancer du sein. Les découvertes récentes ont été utilisées pour développer des outils de prédiction qui aident à identifier les personnes présentant un risque élevé de développer des maladies. Les scores de risque génétique (également appelés scores de risque polygénique) estiment la prédisposition à une maladie en fonction de l’effet cumulatif de multiples variantes ou mutations génétiques.

Mais la plupart des recherches ont été menées sur des populations d’ascendance européenne. Cela pose un problème, car la diversité génétique et la variabilité environnementale diffèrent à travers le monde. En Afrique, la diversité génétique est la plus importante observée mondialement.

Pour combler cette lacune, nous, chercheurs de l’université de Wits, du Sydney Brenner Institute for Molecular Bioscience et nos collaborateurs du Registre National du Cancer d’Afrique du Sud (South African National Cancer Registry), avons mené la première étude d’association pangénomique sur le cancer du sein dans une population d’Afrique subsaharienne.

Nous avons comparé les variations génétiques entre les femmes atteintes d’un cancer du sein et celles qui n’en sont pas atteintes, à la recherche de variantes qui ont une différence de fréquence entre les Malades atteints de cancer et les individus sans cancer.

Nous avons identifié deux variantes génomiques proches des gènes RAB27A et USP22 qui contribuent au risque de cancer du sein chez les femmes noires sud-africaines. Ces variantes génétiques n’avaient jamais été associées au cancer du sein dans les populations non africaines auparavant.

Nos résultats soulignent l’importance d’identifier les variantes génétiques spécifiques à une population, en particulier dans les populations peu étudiées. Différentes populations peuvent être porteuses de variantes uniques qui contribuent différemment au risque de cancer du sein. Les variantes à risque trouvées dans d’autres populations peuvent ne pas être présentes dans les populations africaines. Cela renforce l’idée que les efforts de recherche et les scores de risque doivent être réalisés dans différentes populations, y compris les populations africaines.

Comparaison de l’ADN des femmes

Les chercheurs ont comparé l’ADN de 2 485 femmes atteintes d’un cancer du sein à celui de 1 101 femmes non touchées par la maladie. Toutes ces femmes résidaient à Soweto, en Afrique du Sud. Les cas de cancer du sein ont été recrutés dans le cadre de l’étude du Johannesburg Cancer Study sur une période de 20 ans et les témoins provenaient de l’étude Africa Wits-INDEPTH Partnership for Genomic Research.

L’analyse a utilisé une technologie (appelée puce ADN) spécialement conçue par le consortium H3Africa pour étudier la diversité génétique des populations africaines.

En comparant les variations génétiques chez les femmes atteintes d’un cancer du sein et celles qui n’en sont pas atteintes, nous avons identifié deux variantes génétiques qui contribuent au risque de cancer du sein chez les femmes noires sud-africaines. Elles sont situées à proximité de gènes impliqués dans la croissance des cellules cancéreuses, leur capacité à se propager (métastases) et le développement de tumeurs dans différents cancers.

Nous avons également appliqué des scores de risque polygéniques à notre ensemble de données africaines. Il s’agit d’une méthode qui estime le risque de cancer du sein pour un individu en fonction de la présence de variantes à risque. Ces variantes sont dérivées des résultats d’études d’association pangénomique. Le score de risque que nous avons utilisé était basé sur les variantes à risque d’une population européenne. Nous l’avons utilisé pour évaluer sa capacité à prédire le cancer du sein dans notre population africaine.

Les résultats ont montré que le score de risque était moins efficace pour prédire le cancer du sein dans notre population d’Afrique subsaharienne que dans une population européenne.

La prochaine étape

Il s’agit ici de la première analyse d’association pangénomique à grande échelle en Afrique subsaharienne visant à identifier les facteurs génétiques qui influencent le risque d’une personne de développer un cancer du sein.

Notre étude a porté sur moins de 4 000 échantillons. Des études génétiques plus importantes sur le cancer du sein ont porté sur plus de 200 000 cas et témoins, mais sans représentation des populations d’Afrique subsaharienne. Cela souligne le besoin urgent d’intensifier les efforts de recherche et d’accroître la participation du continent.

Les résultats de cette étude et des études futures aideront les médecins à dépister les patientes et à identifier celles qui présentent un risque élevé. Une fois que nous savons qui présente un risque élevé, nous pouvons leur proposer des examens plus fréquents et des mesures préventives. Cela nous permet de détecter le cancer du sein à un stade précoce, voire de le prévenir, avant qu’il n’ait eu le temps de se développer ou de se propager.

Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour comprendre comment ces gènes augmentent le risque de développer un cancer du sein et améliorer la prédiction du cancer du sein. Il est à noter que l’application des scores de risque polygéniques dérivés de l’Europe n’a pas permis de prédire avec précision le cancer du sein dans l’ensemble des populations africaines. Ces résultats sont cohérents avec les conclusions précédemment rapportées pour d’autres maladies.

Enfin, les chercheurs participent aussi à une étude mondiale sur la génétique du cancer du sein, appelée Confluence, qui prend en compte de nombreuses populations, y compris africaines.

Le professeur Christopher Mathew et Beth Amato ont contribué à la rédaction de cet article.

The Conversation

ean-Tristan Brandenburg receives funding from the German Federal Ministry of Education and Research (BMBF) under grant 01KA2220B to the RHISSA Programme for the NORA Consortium. Additionally, he is supported by the Science for Africa Foundation through Programme Del-22-008, with funding from the Wellcome Trust and the UK Foreign, Commonwealth & Development Office. He is also a participant in the EDCPT2 programme, which is supported by the European Union.

Mahtaab Hayat does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Cancer du sein : une nouvelle étude révèle un risque génétique chez les femmes africaines – https://theconversation.com/cancer-du-sein-une-nouvelle-etude-revele-un-risque-genetique-chez-les-femmes-africaines-264509

60 % des Africains ne croient pas que la démocratie serve leurs intérêts : comment les parlements peuvent remédier à cela

Source: The Conversation – in French – By Temitayo Isaac Odeyemi, Research fellow, International Development Department, University of Birmingham

Partout en Afrique, la démocratie est mise à l’épreuve par la montée de l’autoritarisme et des coups d’État militaires, ainsi que par un fossé grandissant entre les citoyens et les institutions censées les représenter.

Le dernier rapport phare d’Afrobarometer, un réseau de recherche panafricain, lance un avertissement solennel. Publié en juillet 2025, le rapport intitulé « Citizen Engagement, Citizen Power » (Engagement citoyen, pouvoir citoyen) révèle que plus de 60 % des Africains sont insatisfaits du fonctionnement de la démocratie dans leur pays. Le soutien à la démocratie reste élevé, mais la confiance en son efficacité s’estompe, en particulier lorsque les citoyens se sentent exclus d’une participation significative aux décisions qui les concernent.

En termes simples, la crise de la participation résulte de l’absence des citoyens dans la salle où sont prises les décisions qui les concernent. Cet article présente des moyens pratiques permettant aux parlements d’impliquer les citoyens.

Je suis politologue et mes travaux en politique comparée portent sur les institutions politiques et l’engagement démocratique en Afrique. Mes recherches plus générales s’appuient sur ma thèse de doctorat sur le développement institutionnel et l’engagement public législatif au Nigeria.

Ces recherches ont montré que la lassitude démocratique a de nombreuses causes, notamment l’insécurité et les besoins socio-économiques non satisfaits. Mais le problème plus profond est une crise de la participation, où les décisions qui affectent les citoyens sont prises sans consultation. Trop souvent, les Africains ont le sentiment que les décisions sont prises pour eux, et non avec eux. Le pouvoir reste concentré dans les cercles élitistes, tandis que l’engagement public est réduit à des gestes symboliques.

Dans cette optique, la démocratie est quelque chose qui se pratique dans les capitales plutôt que dans les communautés.

Pour que cela change, les parlements doivent prendre l’initiative. En tant qu’institutions les plus visibles liées à la représentation, ils peuvent reconnecter les citoyens au processus démocratique. Lorsque les parlements incitent les citoyens à participer, ils contribuent à restaurer la confiance du public. Lorsqu’ils n’y parviennent pas, c’est tout le projet démocratique qui s’en trouve affaibli.

Il est encourageant de constater que de nombreuses constitutions africaines, notamment celles du Kenya, de l’Afrique du Sud, Zambie et Zimbabwe exigent désormais la participation du public à l’élaboration des lois.

Les parlements font de plus en plus référence à l’engagement citoyen dans leurs plans stratégiques, et des modèles remarquables tels que la participation publique offrent des cadres pratiques.

Les efforts de l’Afrique du Sud ont contribué à une augmentation de 27 % à une meilleure compréhension par le public des mandats du parlement. Les données provenant de la société civile et de recherches indépendantes corroborent cette affirmation.

Mais dans de nombreux pays, la mise en œuvre reste inégale et la plupart des parlements ne parviennent pas à impliquer suffisamment les citoyens.

Selon les données, la confiance dans les parlements a baissé de 19 points depuis 2011. Seuls 37 % des Africains disent avoir confiance dans ces organes politiques et représentatifs super importants.

On a l’impression que la participation publique est souvent juste pour la forme et que les parlements ne s’engagent avec les citoyens que quand ça les arrange politiquement.

Deux exemples récents illustrent le coût de ce désengagement. Au Kenya, des manifestations de masse contre le projet de loi de finances 2024 ont éclaté après que le parlement a adopté des mesures fiscales controversées sans consultation publique adéquate. Les réactions violentes, notamment l’assaut du parlement, ont reflété la colère généralisée non seulement à l’égard du contenu du projet de loi, mais aussi à l’égard du manque de participation des citoyens à son élaboration.

Au Nigeria, les législateurs ont rétabli en une seule journée l’hymne national de l’époque coloniale, sans consulter la population.

L’une des raisons pour lesquelles la confiance dans les parlements est en baisse est qu’il existe des lacunes dans la manière dont cette institution écoute et agit.

Comme le montrent les données d’Afrobarometer, les citoyens ont toujours considéré que les parlements jouaient un rôle clé dans l’élaboration des lois et la responsabilisation des dirigeants. Le défi ne réside donc pas dans ce que fait ou devrait faire cette institution, mais dans la manière dont elle le fait. Ainsi, mener des actions visibles est un moyen pour le parlement de restaurer la confiance du public.

Ce que nous apprend Afrobarometer sur la participation

Le message de Citizen Engagement, Citizen Power est clair : les citoyens veulent plus que le simple droit de vote. Ils veulent influencer les décisions, demander des comptes aux dirigeants et co-créer des solutions aux défis auxquels ils sont confrontés. La participation n’est pas un luxe, elle est essentielle à la légitimité et à l’efficacité des institutions démocratiques.

Pour les parlements, cela commence par la communication. De nombreux citoyens ignorent tout simplement ce que fait leur parlement ou comment l’influencer. Les sites web des parlements sont souvent obsolètes, les réseaux sociaux sous-utilisés et les documents législatifs remplis de jargon inaccessible.

Les parlements doivent utiliser des résumés en langage clair, des infographies et des documents axés sur les citoyens pour expliquer les questions clés. Cela est urgent à une époque marquée par la désinformation et les deepfakes.

La radio reste l’un des outils les plus puissants et les plus accessibles pour sensibiliser la population à la démocratie. Les assemblées législatives qui utilisent déjà des émissions de radio pour expliquer les projets de loi et recueillir des commentaires devraient étendre ces initiatives, en particulier dans les langues locales. Les podcasts, les dialogues publics et les événements communautaires peuvent également susciter l’engagement.

Mais l’engagement ne concerne pas seulement l’information, il concerne aussi la présence. De nombreux parlements restent physiquement et culturellement éloignés des personnes qu’ils servent. Les membres du parlement sont de plus en plus issus des élites riches et orientées vers les affaires, ce qui renforce l’impression que le parlement sert ses propres intérêts.

Autrefois, les enseignants, les fonctionnaires et les dirigeants communautaires étaient plus nombreux dans les assemblées législatives.

Pour combler ce fossé, les parlements doivent investir dans un engagement décentralisé. Cela implique notamment d’organiser des audiences en dehors des capitales, de mener des actions de sensibilisation dans les zones rurales et de nouer des partenariats avec les écoles, les universités et les institutions confessionnelles.

Il est essentiel que la consultation soit authentique. Trop souvent, la participation se limite aux ONG d’élite des centres urbains. Celles-ci jouent un rôle important, mais ne peuvent se substituer à un engagement à grande échelle. Le Bureau de la démocratie parlementaire d’Afrique du Sud offre un modèle : une unité de sensibilisation dédiée qui s’efforce d’inclure les voix rurales et de traduire les contributions du public en politiques. Des efforts similaires à travers le continent devraient garantir que la participation devienne une pratique courante et que les citoyens puissent suivre l’impact de leurs contributions sur les résultats.

Les structures communautaires existantes peuvent accueillir des assemblées et des forums citoyens. La technologie peut également aider, mais elle doit être utilisée de manière inclusive. Avec près de la moitié de la population vivant dans des zones rurales et un tiers n’ayant pas reçu d’éducation formelle (https://databrowser.uis.unesco.org/ « »), l’engagement numérique risque d’exclure les groupes qui ont le plus besoin de faire entendre leur voix.

La participation, bouée de sauvetage de la démocratie

Le rapport Afrobarometer montre que les citoyens ne se détournent pas de la démocratie en soi. Ils se détournent des institutions démocratiques qui ne les incluent pas. La participation peut reconnecter les citoyens à la démocratie et restaurer la confiance dans la gouvernance. Mais seulement si elle est significative, durable et inclusive.

Les événements au Kenya et au Nigeria démontrent les risques de l’exclusion. Si les parlements légifèrent sans le peuple, les citoyens chercheront à se faire entendre ailleurs, par le biais de manifestations, de mouvements populistes ou d’alternatives autoritaires.

The Conversation

Temitayo Isaac Odeyemi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. 60 % des Africains ne croient pas que la démocratie serve leurs intérêts : comment les parlements peuvent remédier à cela – https://theconversation.com/60-des-africains-ne-croient-pas-que-la-democratie-serve-leurs-interets-comment-les-parlements-peuvent-remedier-a-cela-264555

Can Israel use self-defence to justify its strike on Qatar under the law?

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Shannon Bosch, Associate Professor (Law), Edith Cowan University

Israel launched a targeted airstrike on the Hamas leadership in Doha, the capital of Qatar, on Tuesday. Six people were reported killed, including the son of a senior Hamas figure.

Global condemnation was swift. The Qatari government called the strike a “clear breach of the rules and principles of international law”, a sentiment echoed by Turkish President Recep Tayyip Erdogan, Malaysian Prime Minister Anwar Ibrahim, and others.

UN Secretary-General António Guterres called the attack “a flagrant violation of sovereignty and the territorial integrity of Qatar”. The prime ministers of both the UK and Australia also said the strike violated the sovereignty of Qatar.

Even US President Donald Trump, Israel’s strongest ally, distanced himself from the attack:

Unilaterally bombing inside Qatar, a Sovereign Nation and close Ally of the United States, that is working very hard and bravely taking risks with us to broker Peace, does not advance Israel or America’s goals.

So, what does the law say about this? Was Israel’s attack against Hamas on the territory of another country lawful?

Israel’s justification

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu justified the strike by saying it targeted the political leadership of Hamas in retaliation for two attacks: a shooting in Jerusalem that killed six people and an attack on an army camp in Gaza that killed four soldiers. He said:

Hamas proudly took credit for both of these actions. […] These are the same terrorist chiefs who planned, launched and celebrated the horrific massacres of October 7th.

Netanyahu speaks after the Qatar strike.

What does international law say?

Article 2(4) of the UN Charter prohibits the use of force against the “territorial integrity or political independence” of another state.

Any use of force requires either the authorisation of the UN Security Council, or a justification that force is being used strictly in self-defence and in accordance with Article 51 of the UN Charter.

So, does this mean Israel could claim self-defence against Hamas’ leadership in Qatar, if the group did indeed direct the two attacks against its citizens in Jerusalem and Gaza?

The answer is complicated.

Self-defence against groups like Hamas

The International Court of Justice (ICJ) has repeatedly stressed the paramount importance of territorial sovereignty in international law.

As such, it has restricted the use of self-defence to armed attacks that can be attributable to a state, not merely to non-state actors operating from a state’s territory.

After the September 11 2001 terror attacks, the United States and other countries claimed they could use force in self-defence against non-state actors (such as terrorist groups) that are sheltering and operating from another state’s territory, even if that state was not directly involved.

In response to these developments, Sir Daniel Bethlehem, an expert in international law and foreign policy advisor to the UK government, proposed several principles aimed at curtailing this justification within the intent of Article 51.

The “Bethlehem principles”, which remain contested, argue that Article 51 can cover actual or imminent attacks by terrorist groups, but only if necessity (the use of force in self-defence is truly a last resort) and proportionality are satisfied.

Moreover, as a rule, force on another state’s soil requires the consent of that state. The only narrow exceptions are when there’s a reasonable, objective belief the host state is colluding with the group or is unable or unwilling to stop it – and no other reasonable option short of force exists.

Israel argues Hamas’ leadership based abroad in countries such as Qatar, Lebanon and Iran remains part of the command structure that orchestrates hostilities against its soldiers in Gaza and citizens in Israel.

That alone, however, is not enough to justify self-defence according to the Bethlehem principles.

By Netanyahu’s own admission, the objective of the Qatar strike was retaliatory, not to prevent an ongoing or imminent attack.

Questions could also be raised about whether proportionality was observed given the diplomatic context of striking a sovereign state and the potential for disproportionate civilian harm in this part of Doha, which houses many diplomatic residences.

Targeting political leaders meeting in a third state — especially one engaged in mediation — also raises questions about whether force was the only means available to address the threat posed by Hamas in this situation.

Moreover, under these principles, Israel would need to demonstrate that Qatar is either colluding with or is unable or unwilling to stop Hamas – and that there was no other effective or reasonable way to respond to the situation.

Qatar has hosted Hamas’ political offices since 2012 and has been one of the group’s main financial backers since it came to power in Gaza.

At the same time, Qatar has played an important mediation role since the October 7 attacks.

This makes it difficult to argue Qatar is unwilling or unable to neutralise Hamas’ operations from its territory. Its mediation would also suggest there is a reasonably effective alternative to force to counter Hamas’ actions.

Final verdict

Without UN Security Council authorisation, Israel’s strikes on Qatar do appear to be a violation of territorial sovereignty and possibly an act of aggression under the UN Charter.

This is further bolstered by the narrow approach the ICJ has taken on self-defence against non-state actors in third-party states, and its stringent requirements of proportionality and necessity – neither of which appear to have been met here.

The Conversation

Shannon Bosch does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Can Israel use self-defence to justify its strike on Qatar under the law? – https://theconversation.com/can-israel-use-self-defence-to-justify-its-strike-on-qatar-under-the-law-264975

10 years ago, gravitational waves changed astronomy. A new discovery shows there’s more to come

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Simon Stevenson, ARC DECRA Fellow, Swinburne University of Technology

Carl Knox, OzGrav, Swinburne University of Technology

Ten years ago, scientists heard the universe rumble for the first time. That first discovery of gravitational waves proved a key prediction from Albert Einstein’s theory of general relativity and began a new era of astronomy.

Now, a new gravitational-wave discovery marks the anniversary of this major breakthrough. Published today in Physical Review Letters, it puts to the test a theory from another giant of science, Stephen Hawking.

What are gravitational waves?

Gravitational waves are “ripples” in the fabric of space-time that travel at the speed of light. They are caused by highly accelerated massive objects, such as colliding black holes or the mergers of massive star remains known as neutron stars.

These ripples propagating through the universe were first directly observed on September 14 2015 by the twin Laser Interferometer Gravitational-wave Observatory (LIGO) detectors in the United States.




Read more:
Gravitational waves discovered: how did the experiment at LIGO actually work?


That first signal, called GW150914, originated from the collision of two black holes, each more than 30 times the mass of the Sun and more than a billion light years away from Earth.

This was the first direct proof of gravitational waves, exactly as predicted by Einstein’s theory of relativity 100 years earlier. The discovery led to the award of the 2017 Nobel Prize in Physics to Rainer Weiss, Barry Barish and Kip Thorne for their pioneering work on the LIGO collaboration.

This simulation shows the gravitational waves produced by two orbiting black holes.

Hundreds of signals in less than a decade

Since 2015, more than 300 gravitational waves have been observed by LIGO, along with the Italian Virgo and Japanese KAGRA detectors.

Just a few weeks ago, the international LIGO/Virgo/KAGRA collaboration released the latest results from their fourth observing run, more than doubling the number of known gravitational waves.

Now, ten years after the first discovery, an international collaboration including Australian scientists from the Australian Research Council’s Centre of Excellence for Gravitational Wave Discovery (OzGrav), has announced a new gravitational-wave signal, GW250114.

The signal is almost a carbon copy of that very first gravitational wave signal, GW150914.

The observed gravitational wave GW250114 (LVK 2025). The observed data is shown in light grey. The smooth blue curve represents the best fit theoretical waveform models, showing excellent agreement with the observed signal.
LIGO, Virgo and KAGRA collaboration

The black hole collision responsible for GW250114 had very similar physical properties to GW150914. However, due to significant upgrades to the gravitational wave detectors over the past ten years, the new signal is seen much more clearly (almost four times as “loud” as GW150914).

Excitingly, it’s allowed us to put to the test the ideas of another groundbreaking physicist.

Hawking was right, too

More than 50 years ago, physicists Stephen Hawking and Jacob Bekenstein independently formulated a set of laws that describe black holes.

Hawking’s second law of black hole mechanics, also known as Hawking’s area theorem, states that the area of the event horizon of a black hole must always increase. In other words, black holes can’t shrink.

Meanwhile, Bekenstein showed that the area of a black hole is directly related to its entropy, a scientific measure of disorder. The second law of thermodynamics tells us that entropy must always increase: the universe is always getting messier. Since the entropy of a black hole must also increase with time, it tells us that its area must also increase.

How can we test these ideas? Colliding black holes, it turns out, are the perfect tool.

The precision of this recent measurement allowed scientists to perform the most precise test of Hawking’s area theorem to date.

Previous tests using the first detection, GW150914, showed that signal was in good agreement with Hawking’s law, but could not confirm it conclusively.

Black holes are surprisingly simple objects. The horizon area of a black hole depends on its mass and spin, the only parameters necessary to describe an astrophysical black hole. In turn, the masses and spins determine what the gravitational wave looks like.

By separately measuring the masses and spins of the incoming pair of black holes, and comparing these to the mass and spin of the final black hole left over after the collision, scientists were able to compare the areas of the two individual colliding black holes to the area of the final black hole.

The data show excellent agreement with the theoretical prediction that the area should increase, confirming Hawking’s law without a doubt.

Which giant of science will we put to the test next? Future gravitational wave observations will allow us to test more exotic scientific theories, and maybe even probe the nature of the missing components of the universe – dark matter and dark energy.

The Conversation

Simon Stevenson receives funding from the Australian Research Council. He works for Swinburne University of Technology. He is a member of OzGrav and the LIGO Scientific collaboration.

ref. 10 years ago, gravitational waves changed astronomy. A new discovery shows there’s more to come – https://theconversation.com/10-years-ago-gravitational-waves-changed-astronomy-a-new-discovery-shows-theres-more-to-come-264131

Blue, green, brown, or something in between – the science of eye colour explained

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Davinia Beaver, Postdoctoral research fellow, Clem Jones Centre for Regenerative Medicine, Bond University

Pouya Hajiebrahimi/Unsplash

You’re introduced to someone and your attention catches on their eyes. They might be a rich, earthy brown, a pale blue, or the rare green that shifts with every flicker of light. Eyes have a way of holding us, of sparking recognition or curiosity before a single word is spoken. They are often the first thing we notice about someone, and sometimes the feature we remember most.

Across the world, human eyes span a wide palette. Brown is by far the most common shade, especially in Africa and Asia, while blue is most often seen in northern and eastern Europe. Green is the rarest of all, found in only about 2% of the global population. Hazel eyes add even more diversity, often appearing to shift between green and brown depending on the light.

So, what lies behind these differences?

It’s all in the melanin

The answer rests in the iris, the coloured ring of tissue that surrounds the pupil. Here, a pigment called melanin does most of the work.

Brown eyes contain a high concentration of melanin, which absorbs light and creates their darker appearance. Blue eyes contain very little melanin. Their colour doesn’t come from pigment at all but from the scattering of light within the iris, a physical effect known as the Tyndall effect, a bit like the effect that makes the sky look blue.

In blue eyes, the shorter wavelengths of light (such as blue) are scattered more effectively than longer wavelengths like red or yellow. Due to the low concentration of melanin, less light is absorbed, allowing the scattered blue light to dominate what we perceive. This blue hue results not from pigment but from the way light interacts with the eye’s structure.

Green eyes result from a balance, a moderate amount of melanin layered with light scattering. Hazel eyes are more complex still. Uneven melanin distribution in the iris creates a mosaic of colour that can shift depending on the surrounding ambient light.

What have genes got to do with it?

The genetics of eye colour is just as fascinating.

For a long time, scientists believed a simple “brown beats blue” model, controlled by a single gene. Research now shows the reality is much more complex. Many genes contribute to determining eye colour. This explains why children in the same family can have dramatically different eye colours, and why two blue-eyed parents can sometimes have a child with green or even light brown eyes.

Eye colour also changes over time. Many babies of European ancestry are born with blue or grey eyes because their melanin levels are still low. As pigment gradually builds up over the first few years of life, those blue eyes may shift to green or brown.

In adulthood, eye colour tends to be more stable, though small changes in appearance are common depending on lighting, clothing, or pupil size. For example, blue-grey eyes can appear very blue, very grey or even a little green depending on ambient light. More permanent shifts are rarer but can occur as people age, or in response to certain medical conditions that affect melanin in the iris.

The real curiosities

Then there are the real curiosities.

Heterochromia, where one eye is a different colour from the other, or one iris contains two distinct colours, is rare but striking. It can be genetic, the result of injury, or linked to specific health conditions. Celebrities such as Kate Bosworth and Mila Kunis are well-known examples. Musician David Bowie’s eyes appeared as different colours because of a permanently dilated pupil after an accident, giving the illusion of heterochromia.

A collage of three people, each with different coloured eyes.
Celebrities such as David Bowie, Mila Kunis and Kate Bosworth (L to R) are well-known examples of people whose eyes are different colours.
Wikimedia Commons/The Conversation

In the end, eye colour is more than just a quirk of genetics and physics. It’s a reminder of how biology and beauty intertwine. Each iris is like a tiny universe, rings of pigment, flecks of gold, or pools of deep brown that catch the light differently every time you look.

Eyes don’t just let us see the world, they also connect us to one another. Whether blue, green, brown, or something in-between, every pair tells a story that’s utterly unique, one of heritage, individuality, and the quiet wonder of being human.

The Conversation

Davinia Beaver does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Blue, green, brown, or something in between – the science of eye colour explained – https://theconversation.com/blue-green-brown-or-something-in-between-the-science-of-eye-colour-explained-264681

Want more protein for less money? Don’t be fooled by the slick black packaging

Source: The Conversation – Global Perspectives – By Emma Beckett, Adjunct Senior Lecturer, Nutrition, Dietetics & Food Innovation – School of Health Sciences, UNSW Sydney

The Conversation, CC BY-SA

If you’ve been supermarket shopping lately, you might have noticed more foods with big, bold protein claims on black packaging – from powders and bars to yoghurt, bread and even coffee.

International surveys show people are shopping for more protein because they think it’ll help their fitness and health. But clever marketing can sway our judgement too.

Before your next shop, here’s what you should know about how protein is allowed to be sold to us. And as a food and nutrition scientist, I’ll offer some tips for choosing the best value meat or plant-based protein for every $1 you spend – and no, protein bars aren’t the winner.

‘Protein’ vs ‘increased protein’ claims

Let’s start with those “high protein” or “increased protein” claims we’re seeing more of on the shelves.

In Australia and New Zealand, there are actually rules and nuances about how and when companies can use those phrases.

Under those rules, labelling a product as a “protein” product implies it’s a “source” of protein. That means it has at least 5 grams of protein per serving.

“High protein” doesn’t have a specific meaning in the food regulations, but is taken to mean “good source”. Under the rules, a “good source” should have at least 10 grams of protein per serving.

Then there is the “increased protein” claim, which means it has at least 25% more protein than the standard version of the same food.

If you see a product labelled as a “protein” version, you might assume it has significantly more protein than the standard version. But this might not be the case.

Take, for example, a “protein”-branded, black-wrapped cheese: Mini Babybel Protein. It meets the Australian and New Zealand rules of being labelled as a “source” of protein, because it has 5 grams of protein per serving (in this case, in a 20 gram serve of cheese).

But what about the original red-wrapped Mini Babybel cheese? That has 4.6g of protein per 20 gram serving.

The difference between the original vs “protein” cheese is not even a 10% bump in protein content.

Black packaging by design

Food marketers use colours to give us signals about what’s in a package.

Green signals natural and environmentally friendly, reds and yellows are often linked to energy, and blue goes with coolness and hydration.

These days, black is often used as a visual shorthand for products containing protein.

But it’s more than that. Research also suggests black conveys high-quality or “premium” products. This makes it the perfect match for foods marketed as “functional” or “performance-boosting”.

The ‘health halo’ effect

When one attribute of a food is seen as positive, it can make us assume the whole product is health-promoting, even if that’s not the case. This is called a “health halo”.

For protein, the glow of the protein halo can make us blind to the other attributes of the food, such as added fats or sugars. We might be willing to pay more too.

It’s important to know protein deficiency is rare in countries like Australia. You can even have too much protein.

How to spend less to get more protein

If you do have good reason to think you need more protein, here’s how to get better value for your money.

Animal-based core foods are nutritionally dense and high-quality protein foods. Meats, fish, poultry, eggs, fish, and cheese will have between 11 to 32 grams of protein per 100 grams.

That could give you 60g in a chicken breast, 22g in a can of tuna, 17g in a 170g tub of Greek yoghurt, or 12g in 2 eggs.

In the animal foods, chicken is economical, delivering more than 30g of protein for each $1 spent.

But you don’t need to eat animal products to get enough protein.

In fact, once you factor in costs – and I made the following calculations based on recent supermarket prices – plant-based protein sources become even more attractive.

Legumes (such as beans, lentils and soybeans) have about 9g of protein per 100g, which is about half a cup. Legumes are in the range of 20g of protein per dollar spent, which is a similar cost ratio to a protein powder.

5 bowls of different nuts, including unshelled peanuts.
Nuts, seeds, legumes and oats are all good plant-based options.
Towfiqu Barbhuiya/Unsplash, CC BY

Nuts and seeds like sunflower seeds can have 7g in one 30g handful. Even one cup of simple frozen peas will provide about 7g of protein.

Peanuts at $6 per kilogram supply 42g of protein for each $1 spent.

Dry oats, at $3/kg have 13g of protein per 100g (or 5g in a half cup serve), that’s 33g of protein per dollar spent.

In contrast, processed protein bars are typically poor value, coming in at between 6-8g of protein per $1 spent, depending on if you buy them in a single serve, or in a box of five bars.

Fresh often beats processed on price and protein

Packaged products offer convenience and certainty. But if you rely on convenience, colours and keywords alone, you might not get the best deals or the most nutritious choices.

Choosing a variety of fresh and whole foods for your protein will provide a diversity of vitamins and minerals, while reducing risks associated with consuming too much of any one thing. And it can be done without breaking the bank.

The Conversation

Emma Beckett has received funding for research or consulting from Mars Foods, Nutrition Research Australia, NHMRC, ARC, AMP Foundation, Kellogg and the University of Newcastle. She works for FOODiQ Global and is the author of ‘You Are More Than What You Eat’. She is a member of committees/working groups related to nutrition and food, including the Australian Academy of Science, the National Health and Medical Research Council, and is a member of the Nutrition Society of Australia and the Australian Institute of Food Science and Technology.

ref. Want more protein for less money? Don’t be fooled by the slick black packaging – https://theconversation.com/want-more-protein-for-less-money-dont-be-fooled-by-the-slick-black-packaging-264039

Deadly Nepal protests reflect a wider pattern of Gen Z political activism across Asia

Source: The Conversation – Global Perspectives – By DB Subedi, Lecturer, The University of Queensland

Earlier this week, thousands of mainly young people in Nepal took to the streets in mass protests triggered by the government’s decision to ban 26 social media platforms.

Some 22 people died and hundreds were injured within in a few hours in the clashes between protesters and police.

Prime Minister KP Sharma Oli and his cabinet ministers resigned in the face of growing public outrage and widespread criticism, both domestically and internationally, over the protesters’ deaths.

What happened?

Provoked by the deaths of the protesters on September 8, angry, young demonstrators burned down several government buildings across the country, including the parliament and supreme court.

Several politicians’ residences were also set on fire, while leaders of major political parties went into hiding.

The Nepal Army is currently mobilising troops on the streets to take control of the situation, but power has not yet been officially transferred to a new government.

Unrest leads to protests

Political protests and public uprisings are not new in Nepal. The country’s first mass uprising in 1990 (labelled “Jana Andolan I”) and the second in 2006 (“Jana Andolan II”) both called for major changes in the political system.

The governments that followed failed to meet the public’s hopes for real reforms.

For the first time in the country’s history, a protest of this size has been entirely led by young people from Generation Z (born roughly between 1997 and 2012). Out of nearly 30 million people in Nepal, about 40% belong to this generation.

Growing up in a digital culture shaped by internet and social media platforms, this generation has lived through Nepal’s worst years of political instability and frequent government changes. There have been 14 governments in the past 15 years.

In 2008, Nepal declared a shift from its constitutional monarchical system to a federal republic system, but the new federal constitution was only passed in 2015. But this massive change has delivered few improvements for everyday people. Despite some improvements in roads, electricity and the internet, inequality, political corruption, elitism and nepotism continue.

Making the situation even worse is an unemployment rate that exceeds 10% overall – and more than 20% for young people.

The social media ban that sparked action

In a country where more than 73% of households own a mobile phone and about 55% of the population uses the internet, social media platforms are not only a source of entertainment and networking, but also a way of amplifying political voices – especially when traditional media is perceived as being biased towards political interests.

Nepal’s Gen Z is using social media both as a social and political space. #Nepobaby is often trending on TikTok, while Instagram posts detail the lavish lifestyle that politicians and their children enjoy compared to the hard reality of many young people, who work low-wage jobs or have to leave the country just to survive.

On September 3, the government banned these social media platforms, citing a directive requiring companies to register in Nepal. The government justified the move as necessary to control fake news, misinformation and disinformation.

But Gen Z saw the ban as censorship. The frustration spreading on social media quickly turned into a nationwide uprising.

The government lifted the ban on September 8, but it could not save the coalition government.

Similarities in other countries

The protests in Nepal mirror similar movements led recently by young people elsewhere in Asia, especially Bangladesh, Sri Lanka and Indonesia.

Like Bangladesh in 2024, the young protesters in Nepal were frustrated with corruption and joblessness.

Similar to Sri Lanka’s “Aragalaya” movement in 2022, Nepal’s protesters fought against inequality and nepotism, resulting in the collapse of the government.

And like Indonesia’s student protests in recent weeks, the Nepali protesters relied on memes, hashtags and digital networks, rather than party machines to organise.

Where to from here?

What comes next for Nepal is unclear. The army chief is now coordinating with Gen Z activists to set up an interim civilian government that will prepare for fresh elections.

This is a remarkable shift: the youth who shook the streets are being asked to help shape the country’s political future.

Yet, challenges remain.

The young protesters are still a loose, leaderless network lacking the experience to run a state system. After an online meeting September 10, the protesters reportedly agreed to propose former Chief Justice Sushila Karki, now in her 70s, as a leader of the interim civilian government.

Nepal’s key institutions, such such as the courts, bureaucracy and security forces, are still largely dominated by older elites, as well. Any attempt to shift power may face resistance.

Perhaps Nepal can take a lesson from Bangladesh’s recent experience, where young protesters stepped in to help form an interim government, under the leadership of Nobel Peace Prize winner Muhammad Yunus.

Despite the challenges ahead, the uprising has provided a historic opportunity to fix Nepal’s broken government system. But real change depends on how power shifts from the old guard to new leaders, and whether they can address the structural and systemic issues that drove young people to the streets.

The Conversation

DB Subedi does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Deadly Nepal protests reflect a wider pattern of Gen Z political activism across Asia – https://theconversation.com/deadly-nepal-protests-reflect-a-wider-pattern-of-gen-z-political-activism-across-asia-264968

Una ‘S’ extraterrestre: la primera pieza metálica impresa en el espacio

Source: The Conversation – (in Spanish) – By José Manuel Torralba, Catedrático de la Universidad Carlos III de Madrid, IMDEA MATERIALES

La primera “pieza” impresa en el espacio fue una varita de muy poco espesor y en forma de “S”. La S es una forma sencilla, pero entraña cierta dificultad, porque implica dos cambios de curvatura. Casi podríamos decir que fue una impresión en 2D.

Pero meses después, tuvo lugar a bordo de la Estación Espacial Internacional (ISS) un logro revolucionario. En el módulo del laboratorio Columbus de la ESA, se imprimieron probetas para ensayos de tracción que, ahora, eran piezas tridimensionales. Este avance concluye la fase de puesta en marcha de la primera impresora 3D de metales, en órbita de la Tierra.

Los astronautas ya pueden imprimir metales en el espacio, y esto cambiará muchas cosas en futuras misiones espaciales. Para empezar, ayuda a la idea de instalar una base en la Luna.

La impresión doméstica

En los últimos años, la impresión 3D se ha popularizado enormemente. Hoy es fácil hacerse con una impresora de plásticos, e incluso ya son muchos los chavales que piden a los Reyes Magos una para poder fabricarse en casa todo lo que su imaginación les proponga.

Con programas de diseño de software libre pueden dibujar cualquier tipo de pieza o figura y luego convertirla en realidad con una impresora casera. Esta democratización de la impresión 3D traslada la idea de que es una tecnología sencilla y que es muy fácil fabricar cualquier cosa.

La realidad es mucho más compleja cuando se pasa de plásticos a materiales compuestos, y aún más cuando hablamos de metales.

La dificultad de imprimir metales

La impresión 3D de metales requiere controlar decenas de variables adicionales: desde la potencia del láser hasta la densidad del material, pasando por la atmósfera de impresión y la velocidad de deposición, cada parámetro influye directamente en la calidad de la pieza final.

Además, los equipos necesarios son grandes y deben operar a temperaturas extremadamente altas, a veces por encima de los 1 600⁰ C, según la aleación. Adaptar esta tecnología al espacio, en dimensiones reducidas y condiciones de microgravedad, ha sido uno de los mayores desafíos a superar.

La ‘falta’ de espacio

Hay distintos métodos de impresión 3D de metales, la mayoría basados en polvos metálicos.

Sin embargo, para imprimir metales en el espacio se ha optado por la tecnología de deposición dirigida de energía (DED) y usando hilos metálicos en vez de polvos. Este método se desarrolla a partir de la técnica laser cladding, utilizada tradicionalmente para recubrimientos metálicos y reparación de defectos superficiales en piezas industriales.

Con DED, un hilo metálico se deposita capa por capa mientras un láser de alta energía funde de manera localizada el material, logrando una densificación completa de la pieza.

Los alambres metálicos utilizados con esta técnica son menos peligrosos de manipular en el espacio que los polvos, pero también requieren de grandes equipos, y de la necesidad de fundir, con un láser.

La aparición del diseño de piezas por ordenador y de los robots industriales hicieron que esta tecnología evolucionara desde el laser cladding al DED, permitiendo fabricar piezas en tres dimensiones de gran tamaño. Posiblemente “la pieza” más grande que se ha manufacturado sea un puente de acero inoxidable de 4,5 toneladas que ha estado colocado durante un tiempo, como demostrador, sobre uno de los canales de Ámsterdam.

Imprimir hilos metálicos fundiendo con un haz láser no es una cosa trivial, por culpa del elevado número de variables que hay que controlar (muchas vinculadas al material que se va a imprimir, otras al tipo y potencia del láser, otras a variables de impresión, etc.). Son tantas, que incluso en la Tierra es complicado el proceso. Hacerlo en condiciones de falta de gravedad, y con una impresora de reducido tamaño que quepa en una nave espacial, complica mucho más las cosas.

Del tamaño de un microondas

El primer problema fue desarrollar una impresora que pudiera instalarse en la Estación Espacial Internacional ocupando no más espacio que una lavadora. Al final, el consorcio detrás del proyecto consiguió que la impresora pesara “tan solo” 180 kg y ocupara 80 × 70 × 40 cm, casi lo que ocupa un microondas. No existe información de la potencia del láser, pero para fundir acero inoxidable se necesitan láseres de más de 500 W.

El proceso se realizó en una atmósfera de nitrógeno, con una evacuación exhaustiva del oxígeno de la cámara de impresión.

La impresora fue instalada durante una misión en enero de 2024, pero no fue hasta junio cuando se consiguió imprimir una línea curva en forma de “S”.. Con esa “S” se validó la posibilidad de imprimir, al menos, en dos dimensiones. ¡Ahora había que demostrar que se podía pasar del 2D al 3D! Y eso ocurrió en el mes de agosto, cuando se obtuvo la primera muestra en tres dimensiones. A finales del año 2024 se consiguieron las piezas definitivas.

La primera pieza metálica impresa en 3D fabricada en el espacio ha regresado a la Tierra y se encuentra ahora en las instalaciones ESTEC de la ESA en los Países Bajos.
ESA, CC BY

El objetivo era demostrar que es posible fabricar piezas metálicas en microgravedad. Ahora es el momento de caracterizar la microestructura que se ha formado y las propiedades mecánicas de las piezas impresas en órbita, y compararlas con lotes de referencia idénticos impresos en la Tierra. De este modo es posible estudiar efectos de la microgravedad en la porosidad, solidificación, anisotropías (características físicas o de otro tipo que varían según la dirección en la que se miden) y propiedades mecánicas.

Las piezas impresas ya han viajado hasta la Tierra para distintos ensayos. Hasta ahora no conocemos los resultados, pero esperemos pronto verlos publicados en alguna revista científica importante.

La astronauta Jeanette Epps recuperó la S, la primera muestra de la impresora 3D de metal en la ISS.
Airbus, CC BY

Fabricación metálica en órbita: clave para exploración espacial

Imprimir metales en el espacio representa un avance significativo hacia la autosuficiencia de las misiones espaciales, especialmente en exploraciones de larga duración como las que se proyectan hacia la Luna o Marte.

La capacidad de imprimir componentes in situ reduce la dependencia de costosos envíos desde la Tierra y facilita reparaciones inmediatas y adaptaciones rápidas a necesidades imprevistas durante misiones espaciales.

Hasta ahora, que se rompa un componente metálico en el espacio, es un problema muy grave: se calcula que el tiempo necesario para hacer llegar un componente, de forma urgente, a la estación espacial, es de 1 año.

Además, la fabricación de metales en microgravedad impulsa la innovación tecnológica y abre la puerta a misiones más largas y autónomas.

Ir más allá

La capacidad de producir piezas directamente en el espacio es esencial para la exploración profunda, ya que garantiza que los equipos críticos puedan mantenerse operativos sin esperar abastecimiento, haciendo el vuelo espacial humano más viable y sostenible.

Este avance también contribuye a crear una economía circular en el espacio, permite el reciclaje de materiales y la fabricación de nuevas herramientas a partir de recursos existentes.

Un pequeño paso para la tecnología, pero un gran salto para la exploración espacial.

The Conversation

José Manuel Torralba no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Una ‘S’ extraterrestre: la primera pieza metálica impresa en el espacio – https://theconversation.com/una-s-extraterrestre-la-primera-pieza-metalica-impresa-en-el-espacio-264068