« Bars à loutres » au Japon : comment les réseaux sociaux popularisent les animaux sauvages malgré leur mal-être en captivité

Source: The Conversation – France (in French) – By Margot Michaud, Enseignante-chercheuse en biologie évolutive et anatomie , UniLaSalle

En Asie, on peut cajoler des loutres cendrées (_Aonyx cinereus_) dans des cafés qui leur sont consacrés. Mais qu’en est-il du bien-être de ces animaux sauvages qui se voient piégés dans des environnements inadaptés à leurs besoins fondamentaux ? Sara Hoummady/UniLaSalle, Fourni par l’auteur

Sur les réseaux sociaux, la popularité des animaux exotiques va de pair avec la banalisation de leur mauvais traitement. Ces plateformes monétisent la possession d’espèces sauvages tout en invisibilisant leur souffrance. Cette tendance nourrit une méprise courante selon laquelle l’apprivoisement serait comparable à la domestication. Il n’en est rien, comme le montre l’exemple des loutres de compagnie au Japon.


Singes nourris au biberon, perroquets dressés pour les selfies, félins obèses exhibés devant les caméras… Sur TikTok, Instagram ou YouTube, ces mises en scène présentent des espèces sauvages comme des animaux de compagnie, notamment via des hashtags tels que #exoticpetsoftiktok.

Cette tendance virale, favorisée par le fonctionnement même de ces plateformes, normalise l’idée selon laquelle un animal non domestiqué pourrait vivre comme un chat ou un chien, à nos côtés. Dans certains pays, posséder un animal exotique est même devenu un symbole ostentatoire de statut social pour une élite fortunée qui les met en scène lors de séances photo « glamour ».

Or, derrière les images attrayantes qui recueillent des milliers de « likes » se dissimule une réalité bien moins séduisante. Ces stars des réseaux sociaux sont des espèces avec des besoins écologiques, sociaux et comportementaux impossibles à satisfaire dans un foyer humain. En banalisant leur possession, ces contenus, d’une part, entretiennent des croyances erronées et, d’autre part, stimulent aussi le trafic illégal. En cela, ils participent à la souffrance de ces animaux et fragilisent la conservation d’espèces sauvages.




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Ne pas confondre domestique et apprivoisé

Pour comprendre les enjeux liés à la possession d’un animal exotique, il faut d’abord définir les termes : qu’est-ce qu’un animal domestique et qu’est-ce qu’un animal exotique  ?

Le manul, ou chat de Pallas, est un petit félin sauvage endémique de la Mongolie, du Kazakhstan, de la Russie, du sud de l’Iran, du Pakistan et du Népal. Malgré son adorable bouille, c’est un animal territorial et solitaire qui peut être agressif.
Sander van der Wel, CC BY-SA

Force est de constater que le terme « animal exotique » est particulièrement ambigu. Même si en France l’arrêté du 11 août 2006 fixe une liste claire des espèces considérées comme domestiques, sa version britannique dresse une liste d’animaux exotiques pour lesquels une licence est requise, à l’exclusion de tous les autres.

Au Royaume-Uni, une licence est ainsi requise pour posséder, par exemple, un serval (Leptailurus serval), mais pas pour un hybride de serval et de chat de deuxième génération au moins, ou encore pour détenir un manul, aussi appelé chat de Pallas (Otocolobus manul).

Ce flou sémantique entretient la confusion entre apprivoisement et domestication :

  • le premier consiste à habituer un animal sauvage à la présence humaine (comme des daims nourris en parc) ;

  • la seconde correspond à un long processus de sélection prenant place sur des générations et qui entraîne des changements génétiques, comportementaux et morphologiques.

Chat Savannah (croisement entre un chat domestique et un serval) de première génération.
Flickr Gottawildside, CC BY-NC-ND

Ce processus s’accompagne de ce que les scientifiques appellent le « syndrome de domestication », un ensemble de traits communs (oreilles tombantes, queue recourbée, etc.) déjà décrits par Darwin dès 1869, même si ce concept est désormais remis en question par la communauté scientifique.

Pour le dire plus simplement : un loup élevé par des humains reste un loup apprivoisé et ne devient pas un chien. Ses besoins et ses capacités physiologiques, son comportement et ses aptitudes cognitives restent fondamentalement les mêmes que celles de ces congénères sauvages. Il en va de même pour toutes les autres espèces non domestiques qui envahissent nos écrans.




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Des animaux stars au destin captif : le cas des loutres d’Asie

Les félins et les primates ont longtemps été les animaux préférés des réseaux sociaux, mais une nouvelle tendance a récemment émergé en Asie : la loutre dite de compagnie.

Parmi les différentes espèces concernées, la loutre cendrée (Aonyx cinereus), particulièrement prisée pour son apparence juvénile, représente la quasi-totalité des annonces de vente en ligne dans cette région. Cela en fait la première victime du commerce clandestin de cette partie du monde, malgré son inscription à l’Annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces menacées depuis 2019.

Les cafés à loutres, particulièrement en vogue au Japon, ont largement participé à normaliser cette tendance en les exposant sur les réseaux sociaux comme animaux de compagnie, un phénomène documenté dans un rapport complet de l’ONG World Animal Protection publié en 2019. De même, le cas de Splash, loutre employée par la police pour rechercher des corps en Floride (États-Unis), montre que l’exploitation de ces animaux s’étend désormais au-delà du divertissement.

En milieu naturel, ces animaux passent la majorité de leurs journées à nager et à explorer un territoire qui mesure plus d’une dizaine de kilomètres au sein d’un groupe familial regroupant jusqu’à 12 individus. Recréer ces conditions à domicile est bien entendu impossible. En outre, leur régime, principalement composé de poissons frais, de crustacés et d’amphibiens, est à la fois extrêmement contraignant et coûteux pour leurs propriétaires. Leur métabolisme élevé les oblige en plus à consommer jusqu’à un quart de leur poids corporel chaque jour.

Privés de prédation et souvent nourris avec des aliments pour chats, de nombreux animaux exhibés sur les réseaux développent malnutrition et surpoids. Leur mal-être s’exprime aussi par des vocalisations et des troubles graves du comportement, allant jusqu’à de l’agressivité ou de l’automutilation, et des gestes répétitifs dénués de fonction, appelés « stéréotypies ». Ces comportements sont la conséquence d’un environnement inadapté, sans stimulations cognitives et sociales, quand elles ne sont pas tout simplement privées de lumière naturelle et d’espace aquatique.

Une existence déconnectée des besoins des animaux

Cette proximité n’est pas non plus sans risques pour les êtres humains. Les loutres, tout comme les autres animaux exotiques, peuvent être porteurs de maladies transmissibles à l’humain : salmonellose, parasites ou virus figurent parmi les pathogénies les plus fréquemment signalées. De plus, les soins vétérinaires spécialisés nécessaires pour ces espèces sont rarement accessibles et de ce fait extrêmement coûteux. Rappelons notamment qu’aucun vaccin antirabique n’est homologué pour la majorité des espèces exotiques.

Dans le débat public, on oppose souvent les risques pour l’humain au droit de posséder ces animaux. Mais on oublie l’essentiel : qu’est-ce qui est réellement bon pour l’animal  ? La légitimité des zoos reste débattue malgré leur rôle de conservation et de recherche, mais alors comment justifier des lieux comme les cafés à loutres, où l’on paie pour caresser une espèce sauvage  ?

Depuis 2018, le bien-être animal est défini par l’Union européenne et l’Anses comme :

« Le bien-être d’un animal est l’état mental et physique positif lié à la satisfaction de ses besoins physiologiques et comportementaux, ainsi que de ses attentes. Cet état varie en fonction de la perception de la situation par l’animal. ».

Dès lors, comment parler de bien-être pour un animal en surpoids, filmé dans des situations anxiogènes pour le plaisir de quelques clients ou pour quelques milliers de likes ?

Braconnés pour être exposés en ligne

Bien que la détention d’animaux exotiques soit soumise à une réglementation stricte en France, la fascination suscitée par ces espèces sur les réseaux ne connaît aucune limite géographique. Malgré les messages d’alerte mis en place par TikTok et Instagram sur certains hashtags, l’engagement du public, y compris en Europe, alimente encore la demande mondiale et favorise les captures illégales.

Une étude de 2025 révèle ainsi que la majorité des loutres captives au Japon proviennent de deux zones de braconnage en Thaïlande, mettant au jour un trafic important malgré la législation. En Thaïlande et au Vietnam, de jeunes loutres sont encore capturées et séparées de leurs mères souvent tuées lors du braconnage, en violation des conventions internationales.

Les réseaux sociaux facilitent la mise en relation entre vendeurs et acheteurs mal informés, conduisant fréquemment à l’abandon d’animaux ingérables, voire des évasions involontaires.

Photographie du serval qui a erré dans le département du Rhône pendant plus de six mois en 2025.
© Tonga Terre d’Accueil

Ce phénomène peut également avoir de graves impacts écologiques, comme la perturbation des écosystèmes locaux, la transmission de maladies infectieuses aux populations sauvages et la compétition avec les espèces autochtones pour les ressources.

Récemment en France, le cas d’un serval ayant erré plusieurs mois dans la région lyonnaise illustre cette réalité : l’animal, dont la détention est interdite, aurait probablement été relâché par un particulier.

Quand l’attention profite à la cause

Mais cette visibilité n’a pas que des effets délétères. Les réseaux sociaux offrent ainsi un nouveau levier pour analyser les tendances d’un marché illégal. D’autres initiatives produites par des centres de soins et de réhabilitation ont une vocation pédagogique : elles sensibilisent le public et permettent de financer des actions de protection et de lutte contre le trafic.

Il ne s’agit donc pas de rejeter en bloc la médiatisation autour de la question de ces animaux, mais d’apprendre à en décoder les intentions et les impacts. En définitive, le meilleur moyen d’aider ces espèces reste de soutenir les associations, les chercheurs et les programmes de réintroduction. Et gardons à l’esprit qu’un simple like peut avoir des conséquences, positives ou négatives, selon le contenu que l’on choisit d’encourager.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. « Bars à loutres » au Japon : comment les réseaux sociaux popularisent les animaux sauvages malgré leur mal-être en captivité – https://theconversation.com/bars-a-loutres-au-japon-comment-les-reseaux-sociaux-popularisent-les-animaux-sauvages-malgre-leur-mal-etre-en-captivite-268683

La paradoja venezolana: el ataque estadounidense es una violación del derecho internacional que llena de esperanza a muchos venezolanos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nieves Fernández Rodríguez, Profesora y coordinadora de la Cátedra de Migraciones y Derechos Humanos, Universidad Nebrija

Durante el último cuarto de siglo, Venezuela ha sido un país difícil de mirar sin filtros. Desde el contexto político español, ha sido leída más como símbolo que como sociedad. Desde la derecha, como un argumento recurrente para desacreditar proyectos de izquierdas. Desde la izquierda, como un tema incómodo que a menudo se evita.

En ambos casos, el foco se ha apartado de la deriva autoritaria del país y de sus consecuencias humanas. De ahí la dificultad de entender por qué las reacciones de alivio, e incluso de felicidad, de gran parte de la diáspora venezolana ante la intervención estadounidense.

Precedentes geopolíticos

Desde una perspectiva internacional, los riesgos son evidentes y graves, como muestran los casos de Irak o Libia, donde el derrocamiento de regímenes autoritarios dieron paso a un largo periodo de inestabilidad, violencia y colapso institucional, con su correlato de víctimas y sufrimiento.

Además, en el caso venezolano el presidente estadounidense no ha presentado la invasión como una acción en nombre de la población venezolana, sino que ha sido explícito sobre sus intereses estratégicos. Su actuación erosiona así los principios básicos del derecho internacional y sienta un precedente peligroso, que hace más inquietantes sus advertencias a Colombia o las declaraciones sobre Groenlandia. Por todo ello, la condena debe ser clara y sin fisuras.

Sin embargo, esa condena convive con la realidad de la población venezolana. Durante años, la vida en Venezuela ha sido para la mayoría una experiencia de sufrimiento cotidiano.

Venezolanos de la diáspora

Esa realidad ha guiado mi aproximación a Venezuela, construida desde una vertiente a la vez personal y académica. A través de vínculos personales traté de entender el país durante el chavismo y, posteriormente, analicé las trayectorias migratorias de los desplazados y las políticas de acogida en Colombia y Perú, los principales países receptores de un éxodo de cerca de ocho millones de personas. Esa investigación reforzó una mirada menos ideologizada y más atenta a las consecuencias humanas y me mostró cómo detrás de los debates políticos se acumulan historias de pérdidas y proyectos vitales interrumpidos.

A partir de 2017, el colapso económico y la creciente autocratización bajo el régimen de Nicolás Maduro –visible en la intensificación de la crisis humanitaria y el éxodo, y en la represión de las protestas y el reemplazo de la Asamblea Nacional mediante una Asamblea Constituyente– fueron consolidando, dentro y fuera del país, un consenso amplio sobre la necesidad de un cambio político. No se trataba de un consenso ideológico cerrado, sino de la convicción de que el sistema había dejado de garantizar derechos fundamentales y condiciones mínimas de vida.

Oposición y elecciones 2024

Ese consenso tardó en cristalizar debido a las fracturas de la oposición y solo lo hizo tras las elecciones presidenciales de 2024, celebradas en condiciones profundamente desiguales. A la inhabilitación de la candidata opositora María Corina Machado, elegida en un proceso de primarias en octubre de 2023, se sumó la de su sucesora, Corina Yoris, mientras se intensificaba la represión. Además, cerca del 30 % de la población venezolana, que se había visto empujada a abandonar el país, no pudo votar.

Tras la jornada electoral del 28 de julio de 2024, el Consejo Nacional Electoral proclamó a Maduro como presidente. Pese a ello, la oposición, mediante un trabajo minucioso de recopilación y verificación sostenido por una ciudadanía organizada, logró mostrar de forma convincente actas que otorgaban la victoria, con el 67 % de los votos, al candidato opositor Edmundo González. Ganar en esas condiciones tuvo un enorme significado simbólico, pero no se tradujo en un cambio de régimen y las vulneraciones de derechos continuaron sin consecuencias inmediatas.

Frente a ese deterioro sostenido, la comunidad internacional tampoco logró articular una respuesta eficaz. No lo hizo el cerco diplomático de 2019 que siguió a la ruptura del orden constitucional, ni los acuerdos alcanzados en Barbados, que buscaban abrir el camino a unas elecciones con garantías en 2024.




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Expectativa por cansancio

En ese contexto de desgaste y estancamiento –y no como expresión de ingenuidad ni de adhesión ideológica– se explica el alivio o incluso la esperanza de gran parte de la diáspora venezolana ante la intervención estadounidense. Y así lo relatan algunas de las personas con las que he podido hablar.

Mis amigos Andrés, César y Génesis emigraron primero a Perú y después han logrado establecerse en España. Sus reacciones han sido de nostalgia y contenida alegría. A raíz de la intervención confían en que la situación mejore y un eventual cambio de régimen pueda favorecer una mejoría económica. Quizá así el padre de César pueda tratar su cáncer sin depender de las remesas.

Otra amiga, Alejandra, dejó Venezuela tras las protestas de 2017 y se estableció en Colombia. Desde la invasión, se mueve entre la preocupación por las políticas del presidente Trump hacia los países latinoamericanos y la esperanza de que esta vez sí haya una salida. Y se plantea la posibilidad de regresar.

Estos sentimientos que expresan muchos venezolanos no responden solo a una reacción emocional sino también a una valoración racional: el país llevaba años en una situación de colapso, con las vías internas de cambio cerradas. Aunque las declaraciones de Trump no sean alentadoras –ambiciones sobre el petróleo, postergación de la transición democrática, riesgo de un conflicto armado–, parece haber una esperanza, frágil, de cambio.

Trump da declaraciones sobre la situación venezolana desde el Air Force One, 5 de enero de 2026. Fuente: Times News, YouTube.

Andrés y Alejandra rechazan el carácter “inhumano” de las políticas de Trump y reconocen sus intereses en Venezuela, pero consideran que el petróleo ya estaba en manos de Rusia y China y coinciden en que ahora se ha abierto una posibilidad de que el país pueda, con el tiempo, volver a ser un lugar donde vivir.

¿A dónde vas, Venezuela?

La paradoja es evidente: aquello que para el mundo representa una ruptura grave del orden internacional puede ser percibido por muchas personas como el primer movimiento en una situación que llevaba años sin alternativas, incluso aunque finalmente no se traduzca en cambios reales.

Reconocer esta diferencia no supone legitimar la intervención ni ignorar sus peligros, sino admitir que el significado político de los hechos varía cuando se observan desde una sociedad sometida a un colapso prolongado. El simple quiebre de una parálisis que parecía absoluta basta para explicar por qué algunos leen este momento como una apertura, por frágil e incierta que sea.

The Conversation

Nieves Fernández Rodríguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La paradoja venezolana: el ataque estadounidense es una violación del derecho internacional que llena de esperanza a muchos venezolanos – https://theconversation.com/la-paradoja-venezolana-el-ataque-estadounidense-es-una-violacion-del-derecho-internacional-que-llena-de-esperanza-a-muchos-venezolanos-272977

« Cloud Dancer » : la couleur Pantone de l’année révèle les risques d’une esthétique du retrait

Source: The Conversation – France (in French) – By Rose K. Bideaux, Chercheur·e en arts et en études de genre, Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis

Le blanc, une couleur neutre. Vraiment ? Pexels Hello Pipcke, CC BY

En désignant « Cloud Dancer » comme couleur de l’année 2026, le Pantone Color Institute consacre une nuance de blanc présentée comme aérienne, apaisante et propice à la concentration. Mais que révèle vraiment ce choix sur notre époque, au-delà du discours marketé ?


Depuis 2000, Le Pantone Color Institute fait la pluie et le beau temps dans le monde de la mode et du design en déclarant chaque année quelle couleur est « tendance ». Le discours officiel de la marque inscrit la couleur de 2026, « Cloud Dancer » dans un récit de transition collective : nous vivrions dans un monde saturé d’images et d’informations, épuisé émotionnellement, en quête de simplicité, de clarté et de reconnexion. Face à une « cacophonie » globale, « Cloud Dancer » représenterait une pause, un retrait, un silence visuel permettant de respirer.

Ce récit, en apparence consensuel, mérite pourtant d’être interrogé, car le blanc n’est jamais une absence de sens : il est historiquement, culturellement et politiquement chargé.

« Cloud Dancer » n’est donc pas une pause chromatique innocente, mais s’inscrit dans un régime esthétique du retrait, dans lequel l’effacement, la neutralisation et la pacification visuelle sont présentés comme des réponses souhaitables aux tensions. En érigeant le calme et le neutre en horizon désirable, Pantone ne suspend pas le monde : il requalifie des conflits politiques et sociaux en troubles sensoriels appelant des réponses individuelles et commerciales.

Chromophobie et hiérarchisation des couleurs

L’histoire occidentale de la couleur est traversée par une méfiance persistante que l’artiste britannique David Batchelor a qualifiée de « chromophobie ». Celle-ci désigne l’ensemble des discours qui dévalorisent la couleur, la reléguant au décoratif, au superficiel ou au suspect, tandis que la vérité, la profondeur et la raison seraient du côté de la forme, de la ligne ou de la structure.

Cette hiérarchisation est profondément située : historiquement, la couleur est associée au corps, aux émotions, à l’ornement et au féminin, tandis que le dessin, le noir ou le blanc sont valorisés comme rationnels, sérieux et maîtrisés. Comme l’a expliqué l’historienne de l’art Jacqueline Lichtenstein, dès le XVIIᵉ siècle, les débats artistiques opposent ainsi une peinture du dessin, jugée intellectuelle, à une peinture de la couleur, soupçonnée de séduire l’œil sans nourrir l’esprit.

Cette logique déborde largement le champ artistique pour structurer des rapports de pouvoir plus vastes : la couleur est assignée aux femmes et aux peuples racisés et colonisés, tandis que la sobriété chromatique devient un marqueur de civilisation, de maîtrise et de légitimité. La couleur fonctionne ainsi comme un opérateur de hiérarchisation sociale, où ce qui est coloré est minoré au profit d’un idéal de neutralité présenté comme universel.

Pour autant, la couleur ne disparaît pas : elle est omniprésente mais rendue invisible sur le plan critique. La chromophobie ne supprime pas la couleur mais la neutralise.

Dans ce système, le blanc occupe une position stratégique : perçu comme non-couleur alors qu’il est bien une couleur à part entière, il organise l’espace visuel tout en donnant l’illusion de la neutralité. Le présenter comme vide ou apaisant revient à masquer son rôle actif dans la production des normes visuelles et sociales.

Pantone et la fabrique industrielle du consensus visuel

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’action de Pantone, qui n’est pas un simple observateur des tendances. Par ses nuanciers, ses rapports prospectifs et surtout sa « couleur de l’année », il fournit une infrastructure chromatique globale aux industries de la mode, du design, de l’architecture, du marketing ou de la tech. La prévision des tendances couleur constitue aujourd’hui un marché de plusieurs millions de dollars, fondé sur l’idée que la couleur serait l’expression visible de l’« esprit du temps », capable de condenser l’humeur d’une époque en une teinte.

La couleur de l’année fonctionne comme un dispositif performatif : une fois annoncée, elle est immédiatement reprise, déclinée et normalisée, et devient tendance parce qu’elle a été désignée comme telle. Or cette croyance repose sur des bases scientifiques fragiles et l’exactitude de ces prévisions est rarement évaluée. La force du système tient moins à sa capacité prédictive qu’à sa capacité à produire un consensus culturel et industriel et des effets d’influence en cascade. Les effets de cette logique ont déjà été observés avec la tendance Millennial Pink, popularisée à l’échelle mondiale après sa consécration par Pantone en 2016.

Avec « Cloud Dancer », Pantone ne met pas en avant une couleur singulière, mais le neutre lui-même comme solution esthétique. Cette promesse masque une réalité bien documentée : le neutre est déjà dominant. La prépondérance du blanc, du noir et du gris dans les objets industriels – notamment dans l’automobile – et la progression continue des tons neutres dans les objets du quotidien témoignent d’un monde déjà largement décoloré. Présenter le blanc comme réponse apaisante ne suspend donc pas le monde : cela reconduit un ordre visuel hégémonique fondé sur l’effacement.

Au fil du temps, la quantité de couleurs présentes dans notre environnement visuel tend à diminuer.
source, Fourni par l’auteur

Blanc, blanchité et pouvoir

Bien qu’il soit une couleur à part entière, le blanc est fréquemment perçu comme une absence : page vierge, mur neutre, toile disponible. Cette perception est pourtant historiquement construite : l’historien Michel Pastoureau a montré que, depuis l’Antiquité, le blanc est associé à la lumière, au sacré et à l’ordre, puis le christianisme en a renforcé la charge morale en en faisant la couleur de la pureté et de l’innocence. À l’époque moderne, ces valeurs se déplacent : le blanc devient fond, norme, évidence, présenté comme universel et rationnel.

Cette naturalisation se cristallise dans le mythe de la Grèce blanche : en interprétant comme originellement immaculées des statues dont la polychromie avait disparu, l’Europe moderne a fabriqué l’image d’une civilisation fondatrice blanche, abstraite et supérieure, opposée à des cultures perçues comme colorées ou excessives. Loin d’un simple contresens archéologique, ce récit constitue un socle idéologique durable, articulant blancheur, civilisation et légitimité.

Le blanc fonctionne ainsi comme un opérateur de hiérarchisation raciale, dans lequel la blanchité ne renvoie pas seulement à une couleur de peau, mais à un régime social et culturel qui se présente comme universel, neutre et apolitique, tout en structurant silencieusement les rapports de pouvoir fondés sur la race. En s’imposant comme norme invisible, elle définit ce qui apparaît comme pur, rationnel et légitime, et relègue la différence du côté du trouble ou de la déviance.

« Cloud Dancer » face au monde contemporain

Dans un contexte marqué par la montée des extrêmes droites à l’échelle mondiale, le choix de « Cloud Dancer » ne relève pas d’un simple bien-être visuel. Il s’inscrit dans des esthétiques contemporaines de retrait, dont les figures les plus visibles sont l’esthétique de la « clean girl » qui valorise une féminité lisse, disciplinée et faussement naturelle, et l’esthétique « quiet luxury », qui prône une richesse discrète fondée sur la neutralité et l’effacement des signes de distinction.

Dans cette perspective, « Cloud Dancer » apparaît moins comme une couleur que comme une politique visuelle du retrait. Le blanc n’y agit pas comme un fond apaisant, mais comme une norme culturelle naturalisée, historiquement liée à la blanchité : il valorise lisibilité et ordre tout en produisant une dépersonnalisation des corps et des subjectivités. Cette neutralité impose un idéal de maîtrise où les différences ne sont acceptables qu’à condition d’être discrètes et non conflictuelles.

Ce régime visuel pourrait entrer en résonance avec certaines logiques fascisantes contemporaines, non par adhésion idéologique directe, mais par affinité formelle : refus du conflit visible, idéalisation de la pureté, valorisation de l’ordre, pacification des tensions. Sans faire de Pantone un acteur politique au sens strict, l’élévation du calme et de la neutralité en valeurs esthétiques dominantes contribuerait alors, de manière diffuse, à des modes de gouvernement des conflits où la conflictualité serait atténuée, déplacée ou rendue illisible. Dans cette perspective, le calme ne s’opposerait pas nécessairement à la violence des pouvoirs fascisants, mais en constituerait l’un des régimes esthétiques possibles, en amont ou en accompagnement de formes plus explicites de contrainte.

The Conversation

Rose K. Bideaux ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. « Cloud Dancer » : la couleur Pantone de l’année révèle les risques d’une esthétique du retrait – https://theconversation.com/cloud-dancer-la-couleur-pantone-de-lannee-revele-les-risques-dune-esthetique-du-retrait-272714

Taiwán no es Venezuela

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Félix Valdivieso, Chairman of IE China Observatory, IE University

hyotographics/shutterstock

El mundo está en shock. El 3 de enero se desayunó con la noticia de que, aunque uno esté rodeado de infinitas medidas de seguridad, a lo mejor ya no es posible dormir plácidamente. Que en cualquier momento puede pasar cualquier cosa.




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Es así como Maduro y su mujer aterrizaron en Nueva York la tarde del sábado, acusados por el Gobierno de los Estados Unidos de ser, entre otras cosas, los cabecillas del Cártel de los Soles, aunque esta acusación ya parece retirada.

Es así también como todo el mundo empezó a preguntarse qué es lo que ocurrirá ahora con Taiwán.

Anarquía hegemónica

Bajo estas condiciones, parece lógico pensar que si una de las grandes potencias no es seguidora del derecho, las otras tampoco lo serán. Lo que, básicamente, viene a significar que cada uno puede hacer lo que le plazca, si tiene el poder para ello.




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De manera que si China quiere otro estatus para Taiwán, lo normal es que se lo cambie. No hace falta decir que cualquier politólogo recomendaría mantener el poder limitado legalmente, para que no haya abusos del mismo. Sin embargo, es esta perspectiva, precisamente, la que está en quiebra.

La ley de la jungla

Wang Qiang, académico chino especialista en seguridad nacional, comentaba el pasado 6 de enero en el periódico oficialista chino The Global Times que se ha puesto en boga el realismo legal de la jungla, en el que el poder hace el derecho (might makes right), y no a la inversa. Añadía, ademas, que puede que la Doctrina Donroecomo se conoce ahora a la Doctrina Monroe, la de “América para los americanos”– circule por un tiempo sin ser cuestionada en el patio trasero de los Estados Unidos, pero que no resistirá el imparable auge de un mundo multipolar. Este quizás sea el quid de la cuestión.




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La comunicación se encuentra completamente pervertida. Se alegan valores para disfrazar intereses. De manera que, simplificando, Venezuela es petróleo y Taiwan son chips. En esta línea, se podría decir que la diferencia entre chinos y americanos es la que va de hipócritas a cínicos. Esto es, el diferente manejo que unos y otros hacen de la virtud.

Hipócritas y cínicos

Para los hipócritas, la virtud es algo a imitar. Consideran la virtud tan loable, que, si no la pueden alcanzar, por lo menos han de imitarla. El fin del hipócrita es, como mínimo, parecer virtuoso. Por ejemplo, se condena el rapto de Maduro y el desmantelamiento por la fuerza de su gobierno, pero se hacen todo tipo de equilibrismos para no condenar la invasión de Ucrania.

Y en cuanto a relegar el tema de Taiwán a un asunto de política interna para justificar la no injerencia de terceros países, ello difícilmente justifica que sometan a la isla a unos ejercicios militares con fuego real, como hizo China el 30 de diciembre pasado, poco antes del mal despertar de Maduro del día 3 de enero.

Para los cínicos, la virtud es algo a usar, se pasa por encima de ella o se cambia a voluntad, sin distinguir entre lo que está bien y lo que está mal. Lo que el cínico busca es conseguir su fin. Y para ello se reviste de virtud e invoca lo que haya que invocar.

Es en esta última postura en la que tienen cabida las políticas más radicalmente realistas y acciones como las de Trump en Venezuela.

Los estadounidenses eran definidos antes como los perfectos hipócritas. Pero han dejado de serlo y han pasado a engrosar las filas de los cínicos.

El pronóstico

El orden mundial ha cambiado. Los cambios cuestan. Y, si son bruscos, cuestan más. Esto es una verdad de perogrullo, pero lo cierto es que la brusquedad produce cierta parálisis por incredulidad, la misma que sufre el mundo, que se frota los ojos porque no se cree lo que está pasando.

Las posturas parecen muy enconadas. Y las acciones de unos y otros muy drásticas. No obstante, ambas potencias se miran por el rabillo del ojo y dan pasos sumamente calculados pero muy arriesgados.

Veremos adonde lleva el país del Orinoco a la Administración Trump. Taiwán de momento no es Venezuela, pero todo apunta a que China seguirá con la política que viene manteniendo hasta ahora de intentar absorber a la isla.

Probablemente, se puede aplicar tanto al águila (EE. UU.) como al dragón (China) lo que se ha dicho de la reciente aprobación de la mayor venta de armas a Taiwán por parte de EE. UU. (más de 11 000 millones de dólares en un solo pedido): que América dice una cosa pero luego hace otra (“说一套,做一套”).

The Conversation

Félix Valdivieso no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Taiwán no es Venezuela – https://theconversation.com/taiwan-no-es-venezuela-273040

Dry January, T-breaks and the myth of willpower: An alternative reset in the New Year

Source: The Conversation – Canada – By Eric Andrew Collins, Assistant Professor in the School of Health Studies, Western University

Many Canadians start the new year with attempts to abstain from alcohol and cannabis for the month of January. However, this all-or-nothing approach to a healthier lifestyle may be unsustainable for many due to complex biological and psychosocial drivers that trigger substance use in the first place. Fear not, abstinence isn’t the only option.

Moderation-management techniques such as alternating alcoholic drinks with mocktails and harm-reduction strategies, such as opting for light beers, light seltzers and cannabis strains with a higher CBD-to-THC ratio, are evidence-based options.

Please note, this article is intended for individuals who use substances regularly or heavily on special occasions and not for individuals who meet the criteria for a substance use disorder.

As a health and rehabilitation scientist and assistant professor, I have spent 15 years researching the complexities of substance use and recovery. But my insights aren’t just academic. I have lived this reality for over two decades.

My career and auto-ethnographic research, including Cocaine Confessions, have taught me that transforming one’s relationship with substances is not a matter of character, morality or willpower. It requires a precise, deep understanding of the biological, psychosocial and environmental factors that influence this behaviour.

Chronic substance use and the brain

According to a recent report, more than half of Canadians exceed Canada’s Low-Risk Alcohol Drinking Guidelines of no more than two standard drinks per week. Another government report revealed that six per cent of Canadians exceed Canada’s Lower-Risk Cannabis Use Guidelines, which recommend occasional use of no more than one to two puffs of 10 per cent THC or lower.

For many Canadians who exceed low-risk use guidelines, New Year’s Day marks an opportunity for self-improvement through initiatives like “Dry January” or embarking on a cannabis tolerance break or “T-break.” Though well-intentioned, abstinence-based resolutions often lead to higher rates of relapse because these approaches reduce complex human behaviour to an on-off switch that can presumably be controlled with the power of choice, discipline or selecting a safe environment.

Heavy or chronic substance use disrupts the prefrontal cortex, which is the part of the brain responsible for exercising willpower and impulse control. Think of this part of the brain as the brakes of a car; if someone consumes substances in a way that exceeds Canada’s guidelines, these brakes begin to wear out. At the same time, this type of use hyperactivates the brain’s reward system, which is like keeping the gas pedal pressed to the floor.

As a result, attempting abstinence is essentially asking the driver to stop their speeding car with worn-out brakes. In other words, quitting substances “cold turkey,” even for a month, requires a compromised brain to work perfectly, which is an enormous task.

Transforming the relationship with alcohol or cannabis

The sociocultural environment is responsible for shaping social norms and individual behaviour. It affects behaviour change by strongly influencing an individual’s values, beliefs, attitudes and access to resources. While Dry January and T-breaks normalize abstinence, they create a pass-fail binary for those struggling to quit “cold turkey.”

Alcohol and cannabis are deeply woven into the fabric of Canadian culture, frequently appearing at social gatherings such as first dates, sporting events, concerts and birthdays. The presence and consumption of these substances in these settings can create social pressure and triggers for those attempting to abstain. Abstinence-based initiatives can inadvertently stigmatize individuals who “relapse” or “slip up,” fostering feelings of shame and failure for these people.

Consequently, these individuals may resort to social isolation, a response that often unintentionally reinforces the desire to consume substances. While abstinence is a worthy long-term goal for many, starting with evidence-based moderation-management techniques and harm-reduction strategies offers practical and sustainable approaches for individuals to begin transforming their relationship with alcohol or cannabis.

Effective behaviour change

Effective and sustainable behaviour change strategies are backed by rigorous scientific research, which means they have a proven track record of producing lasting, positive results in real-world settings. Moderation-management techniques focus on when you use and how much you use. For both alcohol and cannabis, some of these strategies include limiting frequency of use to occasional consumption (for example, weekends only) and logging the time, place and amount of substance consumed.

Harm-reduction strategies focus on how you use to minimize damage. For both alcohol and cannabis, some of these strategies include avoiding mixing substances and consuming smaller quantities of lower potency products (for example, beer and lemonade cocktail, and cannabis strains with a CBD:THC ratio of 20:1, 10:1 or 5:1).

Initiatives like Dry January and T-breaks have good intentions, but these all-or-nothing approaches are oversimplified and can inadvertently result in overconsuming at the end of the month or triggering a cycle of shame if someone “relapses” or “slips up.” Instead, making incremental changes and practical shifts in when and how you consume alcohol or cannabis offers a sustainable alternative and can help you create a healthier relationship with these substances.

The Conversation

Eric Andrew Collins does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Dry January, T-breaks and the myth of willpower: An alternative reset in the New Year – https://theconversation.com/dry-january-t-breaks-and-the-myth-of-willpower-an-alternative-reset-in-the-new-year-272612

New US dietary guidelines recommend more protein and whole milk, less ultraprocessed foods

Source: The Conversation – USA (3) – By Cristina Palacios, Professor and Chair of Dietetics and Nutrition, Florida International University

The Dietary Guidelines for Americans shape nutrition policy in the U.S. and abroad. Liudmila Chernetska/iStock via Getty Images Plus

Every five years, the U.S. government releases an updated set of recommendations on healthy eating. This document, called the Dietary Guidelines for Americans, has served as the cornerstone of nutrition policy for almost half a century.

On Jan. 7, 2026, the Department of Health and Human Services and the Department of Agriculture released the 2025-2030 edition of the guidelines. The updated guidelines recommend that people consume more protein and fat, and less ultraprocessed foods.

These guidelines are the foundation for governmental nutritional programs – for example, they are used to determine which foods are covered by the Supplemental Nutrition Assistance Program, or SNAP, as well as how school lunches are prepared. Eldercare centers and child care centers use them when providing meals, as do clinical nutritionists working with patients to help them achieve a healthy diet. And because the guidelines are so scientifically rigorous, many countries around the world base their own nutritional guidelines on them.

I’m a nutrition scientist specializing in developing interventions for preventing obesity. Between 2022 and 2024 I served on the scientific advisory committee tasked with assessing the best available evidence on a wide range of topics in nutrition in order to inform federal officials in updating the guidelines.

But most of the committee’s recommendations were ignored in developing the latest dietary guidelines.

On the surface, these guidelines share a lot of similarities with the previous version, published in 2020, but they also have a few important differences. In my view, the process followed was different from the norm.

Grocery store shelves laden with packaged foods
Previous versions of the Dietary Guidelines for Americans have not referred to ultraprocessed foods by name, but mounting evidence links consuming such foods with chronic diseases.
Noel Hendrickson/Stone via Getty Images

How are the Dietary Guidelines for Americans developed?

For each update, HHS and USDA establish a scientific advisory committee like the one I served on. Members with expertise in different aspects of nutrition are carefully selected and vetted. They then spend two years reviewing the latest scientific studies to assess evidence about specific nutrition-related questions – such as the relationship between saturated fats in foods and cardiovascular disease and what strategies are most effective for weight management.

For each question, the committee first prepares a protocol to answer it, identifies the most rigorous studies and synthesizes its findings, discussing the evidence extensively. It then produces specific recommendations about the topic for the HHS and USDA. At each step, the public and the scientific community are invited to provide comments, which the committee considers.

All this scientific information is put together in a massive report, which the federal agencies then use to create the updated guidelines, translating the expert recommendations for the public and health professionals.

A departure from the norm

The advisory committee I served on functioned as usual – our report was published in December 2024.

But the dietary guidelines released on Jan. 7 were mainly not based on that report. Instead, they were based on a different scientific report that was also published on Jan. 7. That report drew some material from ours but went through a completely different process.

It was created by a group of people who were not vetted in the usual way, and although they repeated some of the same questions we did, they also explored other topics that were chosen with no input from the wider community of nutrition researchers or from the public. It was not based on a publicly available protocol, with no input from the scientific community, and it’s unclear how and to what degree it was peer-reviewed.

The updated dietary guidelines were developed through a different process compared with the established methodology that’s been used to assess nutrition science behind the guidelines for many years.

What’s new in the 2025-2030 guidelines

Many of the recommendations in the 2020 guidelines and the ones released on Jan. 7 are broadly the same: that Americans should consume three servings of vegetables, two servings of fruits and three servings of dairy products per day, as well as replacing refined grains with whole grains, and limiting intake of sugar and sodium.

The main differences relate to recommendations about protein and dairy products.

The 2020 guidelines recommended that Americans focus on protein such as poultry and other lean meats, seafood, eggs, legumes, nuts and seeds. The updated version instead emphasizes eating protein at every meal from different protein sources – not specifically lean ones.

The most recent guidelines also recommend a higher amount of protein – specifically 1.2 to 1.6 grams of protein per kilogram of body weight per day, up from 0.8 grams per kilogram of body weight recommended in the Dietary Reference Intakes for the U.S, the official guidelines for nutrient recommendations. Recommending a higher protein intake goes beyond the mission of the dietary guidelines.

Also, the updated dietary guidelines now recommend full-fat dairy products, rather than low-fat ones as they did previously. But in my view, this recommendation isn’t practical, because it doesn’t raise the level of recommended saturated fat, which remains at 10%. To understand how this would work in practice, I roughly translated these recommendations into a typical menu based on my weight and calorie requirements. These changes would raise my saturated fat consumption well above this limit, so the messages are inconsistent.

The 2025-2030 Dietary Guidelines for Americans recommend more protein and suggest consuming full-fat rather than low-fat dairy – a departure from previous versions.

Naming ultraprocessed foods

Another difference is that the new recommendations specifically call out avoiding ultraprocessed foods. The previous guidelines did not explicitly name ultraprocessed foods but instead recommended consuming nutrient-dense foods, which means foods that have a lot of nutrients while also having relatively few calories. That is, in essence, less processed or whole foods.

Food scientists still lack a solid definition of ultraprocessed foods. Our committee actually spent a long time discussing this, and the Food and Drug Administration is currently working on creating a clear definition of the term that can guide research and policy.

Also, solid research on ultraprocessed foods has been limited. Most studies available for our review took a snapshot of people’s eating habits but didn’t track their effects over a long time or compare groups in randomized controlled trials, the gold-standard research method.

That’s changing, however. The committee did its assessment two years ago, but evidence linking ultraprocessed foods to chronic diseases is getting stronger.

Can Americans trust the science behind the 2025-2030 guidelines?

In my view, some of the changes in the 2025-2030 guidelines, such as limiting ultraprocessed foods, are beneficial. But the problem is that it’s not possible to determine whether the necessary scientific rigor was applied in developing them.

Much of the research on saturated fat consumption is still unsettled and controversial. That’s why it’s important to have a systematic and transparent process for evaluating the research, with input from experts with multiple perspectives who review the entire body of research published about a particular topic.

If you don’t do it properly, you can select the evidence that you prefer. That makes it easy for bias to creep in.

This article was updated to more accurately reflect the author’s views.

The Conversation

Cristina Palacios has received funding from NIH, USDA, RCMI and RTRN, the Robert Wood Johnson Foundation, the Children’s Trust, Caplan Foundation, and National Dairy Council for various research projects. She was part of the 2025 Dietary Guidelines Advisory Committee from 2022-2024. She has also been a consultant for the World Health Organization in several of their guidelines. Currently, she is part of the Scientific Advisory Committee for the Latin American Dairy Nutrition Congress.

ref. New US dietary guidelines recommend more protein and whole milk, less ultraprocessed foods – https://theconversation.com/new-us-dietary-guidelines-recommend-more-protein-and-whole-milk-less-ultraprocessed-foods-272990

Cómo reducir la burocracia docente: digitalización, personal de apoyo y evaluación formativa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Silvia Conde-Izquierdo, Investigadora. Especialización en Metodologías Activas, Universidad Camilo José Cela

David Gyung/Shutterstock

La sobrecarga administrativa constituye uno de los principales obstáculos para el trabajo docente. Los datos más recientes confirman que a un 64 % de los profesores españoles “tener demasiado trabajo administrativo” les genera estrés.

Las encuestas nacionales y autonómicas de 2025 confirman esta tendencia: el 85.8 % del profesorado está muy insatisfecho con la burocracia y que el 72.4 % reporta estrés laboral por estas tareas administrativas; el 96 % considera que las gestiones burocráticas interfieren en su trabajo docente y un 91 % señala que afectan significativamente a su satisfacción profesional.

La investigación académica también evidencia el impacto de la burocracia. Estudios internacionales muestran que la administración escolar reduce la planificación pedagógica. El efecto no es solo organizativo, sino también emocional: la burocracia desplaza la atención de los docentes hacia la gestión administrativa, haciéndoles percibir menos control sobre su tiempo, afectando negativamente a la calidad de la interacción educativa y a la autonomía profesional.

¿Es posible mejorar esta situación? A continuación, se presentan tres medidas como soluciones claras que han demostrado su impacto positivo en la reducción de tareas burocráticas docentes en España:

1. Una digitalización eficiente

La digitalización de procesos administrativos tiene un potencial considerable para liberar tiempo docente, siempre que las herramientas estén bien diseñadas. La automatización de tareas rutinarias, como registros de asistencia o informes básicos, permite dedicar más tiempo a la enseñanza.

Estudios españoles recientes muestran su eficacia y señalan que la digitalización bien implementada reduce la carga burocrática y mejora la calidad educativa al facilitar planificación, seguimiento y retroalimentación.

En cuanto a las tareas vinculadas al control y rendición de cuentas, que los docentes han visto incrementadas en los últimos años, existe margen de mejora. Pueden implementarse automatizaciones que ya han funcionado en algunos territorios, como la generación automática de actas en ITACA (Comunidad Valeciana), la integración de datos administrativos y pedagógicos en Séneca (Andalucía), o la centralización de evaluaciones y rúbricas en Ágora-Moodle (Cataluña). Todas ellas evitan el “doble registro” y permiten que un mismo dato se introduzca una sola vez.




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¿Qué hay que tener en cuenta para la digitalización de centros educativos?


Pero la digitalización no solo debe centrarse en la automatización de tareas, sino también en ofrecer flexibilidad pedagógica y minimizar las demandas burocráticas innecesarias.
El uso de rúbricas electrónicas, portafolios digitales y anotaciones en vídeo permite ofrecer retroalimentación formativa continua.

Un ejemplo lo ilustra bien: cuando un docente evalúa a sus estudiantes suele tener una lista de objetivos, que llamamos “rúbricas”. Para hacerlo en papel, suele imprimirlas, rellenarlas durante la clase, trasladar manualmente las puntuaciones al cuaderno digital y archivarlas. Con una rúbrica digital –por ejemplo IDoceo, Additio o Moodle– el docente evalúa todos los niveles de desempeño una sola vez. La plataforma genera automáticamente la nota, produce un comentario coherente con los criterios y archiva la evidencia sin trabajo añadido. Lo que antes llevaba una tarde puede resolverse en minutos.

2. Refuerzo del personal de apoyo administrativo

Una demanda frecuente es la contratación de más personal administrativo. Por ejemplo, en determinados centros de Andalucía (el 10-15 % que tenía necesidades organizativas específicas) se incrementó el número de administrativos para ocuparse de tareas que normalmente recaen sobre el profesorado: gestión de expedientes, archivo documentar o soporte en programas educativos. Esto liberó tiempo a los docentes para labores estrictamente pedagógicas.

La necesidad de este personal se hace aún más evidente cuando los centros adoptan prácticas que mejoran el aprendizaje, como la evaluación continua o la retroalimentación frecuente. Estas metodologías requieren seguimiento, registro ágil de evidencias y coordinación entre docentes, tareas que pueden multiplicar la carga si no existe apoyo administrativo.

3. Evaluación formativa sin burocracia

La evaluación formativa es un enfoque clave para reducir la carga burocrática. Implica que el docente observe el aprendizaje mientras ocurre y se diferencia de la evaluación tradicional porque no depende de exámenes acumulativos ni informes extensos, sino de evidencias breves, comentarios orientados a metas y actividades en las que el propio alumnado participa evaluando su progreso.

Por ejemplo, en un proyecto de Ciencias, en lugar de corregir treinta informes finales, el docente puede trabajar con actividades de revisión entre iguales, minirúbricas digitales y comentarios rápidos que se registran automáticamente. Se obtiene más información relevante con menos carga administrativa y se fomenta la implicación activa del estudiante.

La evidencia concluye que los docentes valoran este modelo de retroalimentación, que reduce la documentación excesiva.

Pero aunque la evaluación formativa aporta claros beneficios pedagógicos, también implica demandas organizativas que los docentes no pueden asumir en solitario. Contar con personal administrativo libera este tiempo, permite que la documentación y la logística recaigan en perfiles especializados y garantiza que las mejoras pedagógicas no se traduzcan en más burocracia para el profesorado.

En conjunto, la evaluación formativa mejora el aprendizaje, optimiza la organización escolar y reduce la burocracia, sin comprometer la calidad del feedback. Las experiencias en centros españoles muestran que la combinación de digitalización eficiente, personal de apoyo administrativo y evaluación formativa no burocrática aumenta la eficiencia organizativa y la satisfacción docente. Aunque estas prácticas aún no están generalizadas, la evidencia sugiere que liberar a los docentes de la burocracia les permite centrarse en lo esencial: enseñar.

The Conversation

Silvia Conde-Izquierdo no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cómo reducir la burocracia docente: digitalización, personal de apoyo y evaluación formativa – https://theconversation.com/como-reducir-la-burocracia-docente-digitalizacion-personal-de-apoyo-y-evaluacion-formativa-269873

¿A qué edad empezamos a ser personas maduras? Cómo la longevidad está cambiando el mapa vital

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Fernando Díez Ruiz, Associate professor, Universidad de Deusto

Roman Samborskyi/Shutterstock

La vida, entendida como reparto de tiempos, decisiones y expectativas, ya no se parece a lo que fue. Durante décadas dimos por sentado que la vida avanzaba siguiendo un mapa fijo: estudiar, formarse, trabajar, formar una familia, jubilarse. Una secuencia lineal, ordenada y relativamente predecible. Sin embargo, en los últimos años ese mapa ha empezado a desdibujarse. La longevidad crece, la natalidad cae, el trabajo se transforma, las familias se retrasan y la neurociencia revela que maduramos más tarde de lo que creíamos. Con ello, la etapas de la vida ya no duran lo mismo ni significan lo mismo.

Hoy vivimos más y también vivimos distinto. Durante toda nuestra vida el cerebro humano pasa por fases diferentes. Estos ciclos se dan gracias a los hitos conseguidos durante los años y que se acompañan de unas experiencias concretas. Cada hito y etapa se puede identificar por conocimientos específicos adquiridos a través de vivencias determinadas. Así, podemos ver que estos cambios no responden a patrones unifomes, se dan cuando la persona experimenta acontecimientos específicos que son significativos. Ejemplos de estos hitos pueden ser: terminar los estudios, independizarse, formar una familia, la compra de la casa o el coche, entre otros.

Hasta hace unas décadas se podía observar que el paso por estas etapas se daba de manera generalizada en rangos específicos de edad. Hoy en día, la situación socioecónomica y demográfica no es la misma y esto ha cambiado. Pero ¿cómo influye esta realidad en nuestra biología?

Más vida, menos prisa

Gracias a los avances médicos, nutricionales y tecnológicos, las personas no solo vivimos más, sino mejor. La esperanza de vida supera en muchos países los 85 años y la llamada “vida útil” se estira: seguimos física y cognitivamente activos mucho más tiempo que generaciones anteriores. Este fenómeno, que algunos expertos denominan paso de una sociedad envejecida a una sociedad de longevidad, implica que las fronteras entre juventud, madurez y vejez se vuelven más difusas.

La ciencia del cerebro refuerza este cambio. Investigaciones recientes muestran que la corteza prefrontal, responsable del juicio y de la planificación, termina de madurar entre los 25 y los 30 años, mucho después de lo que se pensaba. Por eso algunos estudios hablan ya de una “adolescencia extendida”, que no terminaría a los 18, sino más cerca de los 30. En otras palabras: no solo vivimos más años, sino más etapas dentro de esos años.

Menos nacimientos, más decisiones aplazadas

A este alargamiento vital se suma otra tendencia: la natalidad desciende en casi todos los países desarrollados. Las familias se forman más tarde, si es que se forman. La edad media del primer hijo no deja de aumentar. El resultado es una pirámide poblacional transformada: menos niños, más adultos mayores, y una población con más longevidad que juventud.

Este aplazamiento generalizado de decisiones (tener hijos, emanciparse, estabilizarse laboralmente), alarga la juventud, complica la entrada en la adultez y hace que las transiciones vitales ya no ocurran al mismo tiempo para todas las personas. La norma hoy es la diversidad de ritmos.

Trabajo, reinvención y trayectorias no lineales

La prolongación de la vida activa también está redibujando el mercado laboral. La fórmula clásica (estudiar 20 años, trabajar 40 y jubilarse a los 65) se ha roto. Ya no encaja en un mundo en el que la longevidad aumenta, la tecnología desplaza empleos y la reinvención profesional se vuelve imprescindeble.

Cada vez más personas cambian de ocupación a los 40 o 50 años, continúan formándose, emprenden, se reinventan. Para muchos, la llamada “segunda juventud profesional” es una realidad: un tramo vital de descubrimiento y oportunidad que antes no existía.

En paralelo, la jubilación deja de ser un punto final. Se convierte en una transición flexible: algunas personas trabajan más allá de los 67, otras emprenden proyectos, otras alternan descanso y actividad. Donde antes había un cierre definitivo, hoy hay múltiples caminos.

La unidad tradicional de etapas (infancia, juventud, adultez y vejez) ha dado paso a una constelación de microfases:

  • Infancia más estimulada, pero no necesariamente más larga.

  • Juventud extendida casi hasta los 30.

  • Adultez que empieza más tarde y se vuelve más diversa.

  • Envejecimiento dividido entre una vejez activa (65-80) y una vejez avanzada (80+).

Las decisiones vitales ya no están ordenadas cronológicamente. Algunas personas estudian con 50, otras emprenden con 60, otras se reinventan con 35 y otras deciden no seguir un camino convencional. La flexibilidad amplía las oportunidades, pero también multiplica las dudas.

El desafío social: adaptar las instituciones a vidas más largas

¿Cuando empieza la edad adulta? ¿En qué momento se espera estabilizarse? ¿Qué significa “envejecer” cuando a los 70 se sigue activo? Si la vida cambia, también deben cambiar nuestras instituciones. La escuela, la universidad, las empresas, el sistema de pensiones, la sanidad, la vivienda… todos fueron diseñados para una vida más corta y lineal. Hoy deben enfrentarse a nuevas preguntas:

  • ¿Cómo organizar el trabajo cuando tres generaciones conviven en el mismo equipo?

  • ¿Cómo sostener un sistema de pensiones en sociedades con menos nacimientos?

  • ¿Cómo adaptar la educación para que forme a personas que necesitan reciclarse cada 10 años?

  • ¿Cómo garantizar un envejecimiento activo y digno en poblaciones cada vez más longevas?

El futuro no será de quién viva más, sino de quienes sepan rediseñar la vida en función de estos cambios.

El alargamiento de la vida no es solo un dato demográfico: es un cambio en la civilización. Nos obliga a reconsiderar qué significa ser joven, adulto o mayor. A entender que la vida ya no es una línea recta, sino un viaje flexible, con etapas reversibles, decisiones aplazadas y oportunidades múltiples.

Vivir más debería ser sinónimo de vivir mejor: con más aprendizaje, más relaciones, más proyectos y más libertad para elegir. Y para que eso sea posible, nuestras instituciones, nuestra cultura y nuestras propias expectativas deben actualizarse.

Porque vivir más años no es el reto. El reto es reimaginar la vida que queremos vivir dentro de esos años.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿A qué edad empezamos a ser personas maduras? Cómo la longevidad está cambiando el mapa vital – https://theconversation.com/a-que-edad-empezamos-a-ser-personas-maduras-como-la-longevidad-esta-cambiando-el-mapa-vital-271169

François Ozon traslada a la gran pantalla el monólogo interior de ‘El extranjero’, de Albert Camus

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ana Belén Soto, Profesora de Filología Francesa, Universidad Autónoma de Madrid

Fotograma de _El extranjero_, la adaptación de François Ozon. BTeam Pictures

“Hoy murió mamá. O quizás ayer, no lo sé”.

Con estas palabras constituía el escritor Albert Camus, nacido en la Argelia francesa, uno de los inicios más reconocidos y recordados de la literatura dando vida a El extranjero. El éxito de esta novela se hizo sentir desde su primera publicación en 1942 en la editorial Gallimard con la venta 360 000 ejemplares. En la actualidad, sigue figurando entre los tres libros de bolsillo más vendidos en Francia y ha sido traducido a más de cuarenta de idiomas. En español, la versión más reciente es la realizada en 2025 por María Teresa Gallego Urrutia y Amaya García Gallego para la editorial Random House.

Tal y como recuerda la experta en literatura francesa Alice Kaplan en su libro Enquête de l’Étranger, la fascinación que provoca esta novela se basa en la complejidad de un razonamiento poliédrico que abarca desde la alegoría colonial y la filosofía del absurdo hasta el cuestionamiento de la moral tradicional, la desconexión personal o la pena de muerte.

Más allá de su indiscutible valor literario, su resonancia cultural y su actualidad han propiciado una adaptación cinematográfica por uno de los cineastas franceses más aclamados del siglo XXI: François Ozon. Es la segunda versión en la gran pantalla de una novela cuya complejidad técnica radica en la esencia misma de la narración: ¿cómo trasladar al cine la subjetividad intrínseca al monólogo interior de un personaje caracterizado por la indiferencia?

Tráiler de la nueva versión de El extranjero.

Las imágenes y la voz en off

En la adaptación de 1967, dirigida por Luchino Visconti y protagonizada por Marcello Mastroianni, predominaba la voz en off para expresar la introspección del protagonista. Ozon, sin embargo, opta por una puesta en escena minimalista marcada por el silencio y la música clásica para enfatizar la neutralidad emocional del personaje.

Así, utiliza el principio narrativo de “mostrar, no contar” para sustituir la psicología verbal por una visual que expresa la indiferencia del protagonista, Mersault, y la reacción social ante la misma. Al mismo tiempo refuerza la mirada desnuda de un observador que funciona como metáfora de la filosofía del absurdo. La apatía de Meursault revela una reflexión profunda sobre el vacío ontológico de la condición humana ante un mundo desprovisto de sentido. Esto resulta especialmente interesante porque la imagen expone al espectador al propio vacío del personaje. Se da entonces un lenguaje híbrido entre la literatura y el cine que despierta la voz en off en la mente de la audiencia.

La elección estética del blanco y negro en el filme resulta también interesante, dado que privilegia la ambivalencia existente entre la luz y la sombra, la claridad y la oscuridad, el calor y el frío. Las sensaciones se convierten así en el motor de la narrativa audiovisual.

De igual modo, la opción cromática enfatiza la sensación de atemporalidad de la película y nos transporta, según el propio cineasta, a las imágenes de archivo que tenemos de la Argelia francesa, respondiendo así a su adscripción en el imaginario colectivo. De hecho, en la película existe una introducción a la Argelia de los años 30 que contextualiza el pasado colonial francés en ese espacio en el que coexistían dos comunidades –la francesa y la árabe– sin llegar a convivir. Así lo recuerda el propio Ozon cuando explica la falta de interacción entre los unos y los otros, a la vez que enfatiza la mirada consciente del propio Camus sobre estas tensiones.

Un continuo flashback

La perspectiva tomada por el cineasta también importa. Lejos de reproducir la cronología literaria, levanta el telón de la representación con Benjamin Voisin, el actor que interpreta a Mersault, afirmando en una celda colectiva: “He matado a un árabe”. La mirada del conjunto de reclusos, árabes en su aparente totalidad, se fija en él, reina el silencio y se hace la noche.

El sueño representa una estructura simbólica que traduce visualmente el flashback de la intrahistoria. La atmósfera onírica se encuentra, además, potenciada por dos referencias intertextuales que se suceden en sendos planos consecutivos. En primer lugar, una rata recorre la celda haciendo un guiño a La peste, otra de las novelas que elevaron la figura de Camus al Premio Nobel de Literatura en 1957. Seguidamente, Meursault ve una cucaracha al mirarse la mano, lo que supone otra licencia del director que, más allá de la simbología repulsiva de este insecto socialmente despreciado, evoca la representación simbólica del icono kafkiano por excelencia: el insecto en el que Gregorio Samsa se transforma en La metamorfosis. Ambas alusiones enfatizan la deshumanización, la otredad, la alienación y el absurdo.

Un hombre joven y una mujer tumbados en un entorno veraniego con bañadores.
Fotograma de El extranjero, la adaptación de François Ozon.
BTeam Pictures

El papel de los indígenas

Otra de las licencias cinematográficas es la nominalización de los personajes árabes que articulan el relato. El árabe asesinado y su hermana se llaman Moussa Hamdani y Dejmila, respectivamente. Son nombres cargados de significado, dado que Moussa es la forma árabe de Moisés –profeta del exilio– y Djemila evoca a Djamila Bouhired, activista del Frente de Liberación Nacional e icónica figura de la resistencia argelina.

Ozon otorga, además, un patronímico a estos dos personajes, marcando así la pertenencia a un linaje culturalmente reconocible. Con ello, se subraya la dimensión humana de estos indígenas, excluidos de la consideración de ciudadanos franceses según el Decreto Crémieux (1870). Además, se inscribe en una reflexión cultural y política planteada desde la crítica poscolonial. El nombre de Djémila también evoca la intertextualidad literaria, dado que en la antigua ciudad romana del mismo nombre se desarrolla el segundo relato de Bodas, la primera publicación de Camus.

Se trata, en resumen, de una adaptación que sublima en la imagen la sensibilidad filosófica y estética de Camus a la vez que introduce una lectura crítica que dialoga con las interpretaciones contemporáneas. Ozon asume así el desafío de trasladar al lenguaje audiovisual una novela que ya existe en la imaginación de millones de lectores para subrayar la vigencia de un texto que se interesa por lo íntimo y lo cotidiano, por las tensiones profundas de las dinámicas personales y que cuestiona las normas sociales.

The Conversation

Ana Belén Soto no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. François Ozon traslada a la gran pantalla el monólogo interior de ‘El extranjero’, de Albert Camus – https://theconversation.com/francois-ozon-traslada-a-la-gran-pantalla-el-monologo-interior-de-el-extranjero-de-albert-camus-270240

Moverse sí ayuda a adelgazar: la ciencia reabre el debate sobre cómo usamos la energía

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Pérez-López, Profesor Permanente Laboral. Ejercicio físico, Nutrición y Metabolismo., Universidad de Alcalá

Durante años se pensó que el cuerpo se adapta y compensa el esfuerzo físico reduciendo otros gastos. Como consecuencia, el ejercicio tendría un efecto limitado a la hora de adelgazar porque por eficiencia aumentaría el gasto energético menos de lo esperado. Sin embargo, nuevas evidencias sugieren lo contrario: movernos más sí aumenta el gasto total de energía.

¿Más ejercicio o más ahorro?

Hay una idea que siempre nos ha intrigado: si hacemos más ejercicio, ¿el cuerpo gasta más energía o solo se ajusta para mantener el mismo total diario, como un contable que equilibra las cuentas? ¿El gasto energético es una balanza que siempre busca el equilibrio?

Esta cuestión divide a los investigadores en dos grandes teorías enfrentadas.

Por un lado, está el modelo aditivo, el que aprendimos desde pequeños. Es decir: cuanto más nos movemos, más calorías gastamos.

Por otro lado, existe una hipótesis más reciente y provocadora. Se trata del modelo de gasto energético constreñido, que sugiere que el cuerpo humano tiene un presupuesto fijo de energía. Si gasta más moviéndose, recorta en otras funciones –como el metabolismo, las hormonas o el sistema inmune– para mantener el total estable.

Aquí es donde entra en juego un nuevo estudio publicado en la revista PNAS, que ha vuelto a agitar el debate. Los datos parecen inclinar la balanza en favor del modelo aditivo.

El estudio que desafía la teoría del tope energético

Los investigadores analizaron a personas con niveles de actividad muy distintos, desde quienes pasan la mayor parte del día sentados hasta corredores de ultramaratón.

Usando mediciones precisas del gasto energético total y la actividad física, observaron algo claro. A mayor movimiento, mayor gasto energético. Esto era así incluso al ajustar por masa corporal magra, es decir, la suma de músculos, huesos, órganos y agua corporal.

No solo eso: no encontraron señales de compensación.
Los biomarcadores de función inmunitaria, tiroidea y reproductiva se mantuvieron estables incluso en los participantes más activos.

Los resultados sugieren que el cuerpo no ahorra energía por otro lado. La actividad física se suma directamente al gasto total.

¿Cómo funciona el gasto energético diario?

Para entender por qué este hallazgo es importante vale la pena repasar cómo se distribuye nuestra energía a lo largo del día:

  1. Metabolismo basal (entre un 60 y un 70 %). Esto es lo que el cuerpo gasta solo por existir: respirar, bombear sangre, mantener la temperatura corporal y pensar.

  2. Efecto térmico de los alimentos (entre un 5 y un 10 %). La energía necesaria para digerir y procesar lo que comemos.

  3. Actividad física (alrededor de un 15 y un 25%). Todo movimiento cuenta, desde caminar y limpiar hasta entrenar y bailar.

El modelo aditivo propone que si aumentamos la actividad física, el gasto energético total también aumenta. Mientras que por contra, el modelo de gasto constreñido sostiene que el cuerpo lo compensa reduciendo los otros dos.

El nuevo estudio sugiere que esa compensación no ocurre, al menos en la mayoría de los niveles de actividad humana. Así, cuando personas activas o atletas incrementan su gasto asociado a la actividad física (que puede llegar a representar hasta el 50 % del gasto energético total), lo que disminuye es el peso porcentual del metabolismo basal. Esta reducción es solo relativa, el cuerpo no gasta menos energía en reposo, sino que el gasto energético total aumenta.

Otras evidencias

No se trata de un único estudio aislado. Cada vez más investigaciones apuntan en la misma dirección. Todo indica que cuando nos movemos más, realmente gastamos más energía. El cuerpo no roba de otro lado para compensar.

Por ejemplo, un estudio en adultos mayores mostró que cada minuto extra de actividad moderada o intensa, como caminar rápido, subir escaleras o pedalear, se traduce en unas 16 kilocalorías adicionales gastadas al día. Puede parecer poco, pero si se hace diariamente, en una semana equivale a casi una comida completa.

En otro estudio se siguió a cientos de personas durante años. Esto mostró que las diferencias en el gasto energético entre individuos se explican, sobre todo, por cuánto se mueven y no por su metabolismo natural, ni por la energía que gastan en reposo.

En otras palabras, el estilo de vida pesa más que la genética en esta ecuación. Esto elimina cualquier excusa: cualquier mínimo de actividad será mejor que el sedentarismo, con independencia de la capacidad de hacer ejercicio o la edad.

Puede haber cierta adaptación en atletas de élite o en condiciones extremas, como corredores de ultradistancia y expediciones prolongadas. Sin embargo, en la vida cotidiana la respuesta del cuerpo es aditiva: moverse más implica gastar más.

Dicho más simple: el “tope energético” podría existir, pero solo en situaciones muy concretas o extremas, no en la vida real. Para la mayoría de nosotros cada paseo, cada entrenamiento y cada pequeña decisión de movimiento cuenta. No hay un presupuesto fijo que se agote, sino un cuerpo que responde y suma.

¿Y qué significa esto para nosotros?

Si creía que su cuerpo se acostumbra y deja de gastar energía cuando hace ejercicio, puede relajarse. Su organismo no le está saboteando.

Cada paseo, cada escalera, cada entrenamiento cuenta. Por lo tanto, podemos dar unos pocos consejos basados en la evidencia:

  • Camine más. Esos diez minutos extra al día suman al gasto total.

  • Rompa el sedentarismo. Levantarse cada hora también gasta energía.

  • Muévase en sus desplazamientos. Use la bici, desplácese andando o baje una parada antes.

  • Lo cotidiano también cuenta. Limpiar, cocinar o cuidar a los hijos son así mismo formas de movimiento.

No hace falta correr una maratón. Incluso pequeñas dosis de actividad física aumentan de forma medible el gasto energético total.

¿Por qué esta discusión importa?

Porque cambia la forma en que entendemos nuestro cuerpo.

Si creemos en la teoría del tope energético, hacer más ejercicio resultaría inútil. El cuerpo, simplemente, se adaptaría.

Si la realidad es aditiva, entonces cada pequeño movimiento tiene un impacto real en nuestra energía, metabolismo y salud.

Más aún: esto refuerza políticas de salud pública basadas en el movimiento cotidiano, dirigidas a reducir el sedentarismo, como herramientas efectivas, no simbólicas.

Conclusión: el cuerpo no es una calculadora cerrada

La nueva evidencia vuelve a poner las cosas en su sitio. El cuerpo humano no es un sistema cerrado que compensa hasta el último movimiento. No somos máquinas que ahorran energía automáticamente, sino organismos adaptables que responden al entorno con más gasto cuando nos movemos más.

Así que la próxima vez que escuche que hacer más ejercicio no sirve, porque el cuerpo se acostumbra y gasta menos energía, recuerde: la ciencia actual demuestra que no hay trampa ni ahorro. Cada paso, cada gesto y cada minuto de movimiento suman energía gastada, salud y bienestar.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Moverse sí ayuda a adelgazar: la ciencia reabre el debate sobre cómo usamos la energía – https://theconversation.com/moverse-si-ayuda-a-adelgazar-la-ciencia-reabre-el-debate-sobre-como-usamos-la-energia-271693