Por qué seguimos usando funiculares como el que acaba de descarrilar en Lisboa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Peter Newman, Professor of Sustainability, Curtin University

Al menos 17 personas han fallecido tras el descarrilamiento y choque del funicular de Glória en Lisboa, Portugal, ayer miércoles 3 de septiembre. Los servicios de emergencia también han confirmado que 23 personas resultaron heridas, cinco de ellas de gravedad, en la tragedia, que se produjo al comienzo de la hora punta de la tarde.

Este accidente se suma a otro ocurrido en la misma línea en mayo de 2018, cuando uno de los vagones descarriló debido a defectos en el mantenimiento de sus ruedas, si bien en aquel caso no hubo víctimas mortales.

Aún se desconoce la causa exacta del accidente más reciente. Los testigos han informado de que el tranvía amarillo y blanco parecía fuera de control mientras bajaba a toda velocidad por la cuesta, antes de descarrilar al tomar una curva y chocar contra un edificio. Las fotos de las secuelas muestran un montón de cables y acero retorcidos.

Estos sistemas de transporte, similares a los teleféricos, son reliquias poco comunes del siglo XIX, que solo se encuentran en unos pocos lugares muy montañosos del mundo. ¿Cómo funcionan? ¿Y por qué siguen utilizándose?

¿Cómo funcionan los funiculares?

Los trenes y tranvías suelen funcionar solo en terrenos llanos. Esto se debe a que sus ruedas de acero no pueden obtener suficiente tracción sobre los raíles de acero en pendientes pronunciadas. Por el contrario, los funiculares pueden subir pendientes muy pronunciadas.

Estos aparatos suelen contar con dos vagones contrapesados que están unidos por un cable de tracción. A medida que un vagón desciende, ayuda a tirar del vagón ascendente por la ladera. El peso del vagón ascendente también evita que el descendente se salga de control. Algunos ahora tienen motores eléctricos para ayudar a impulsarlos y otros pueden activar una transmisión mecánica unidireccional solo para colinas empinadas.

Aunque los sistemas funiculares suelen ser bastante lentos y torpes, continúan siendo populares tanto entre los turistas como entre los residentes de los lugares donde se encuentran.

¿Dónde se encuentran?

La línea de funicular lisboeta de Glória se inauguró en 1885. Es una de las tres líneas de la ciudad, y conecta el centro con el Bairro Alto. Pero hay otros ejemplos de estas reliquias del transporte en todo el mundo.

Suiza, por ejemplo, cuenta con varios funiculares entre los que destaca el Stoosbahn, el más empinado del mundo. Tiene un desnivel total de unos 744 metros y alcanza una pendiente de 47 grados. Es una excursión turística muy popular.

El título del funicular más largo del mundo le corresponde al teleférico de La Paz-El Alto en Bolivia. A bordo del Genting Skyway se puede atravesar la selva malaya. En España, es famoso el de Bulnes, que funciona en la parte asturiana de los Picos de Europa. Y en Hong Kong, el Peak Tram lleva a los pasajeros hasta la Cumbre Victoria, la cima de la isla, desde 1888.

Un vagón amarillo y negro circula por una vía, con las montañas al fondo.
El Stoosbahn, en Suiza, es el funicular más empinado del mundo.
Stéphane Gottraux/Wikipedia, CC BY

La alternativa: los tranvías sin vías

Los funiculares continúan siendo útiles para las personas que viven o visitan las zonas escarpadas que recorren. Sin embargo, gracias a las nuevas tecnologías existen alternativas de transporte ferroviario más convencionales con muchas menos limitaciones a la hora de subir y bajar cuestas.

Por ejemplo, los tranvías sin vías son una especie de combinación entre un tranvía y un autobús. Utilizan GPS y sensores digitales para desplazarse con precisión por una vía invisible y tienen ruedas de goma, lo que les permite ascender pendientes de hasta un 15 %. Sin embargo, aún no se han construido para colinas más empinadas.

He disfrutado viajando en estos tranvías funiculares en varias ciudades con pendientes, pero es probable que este accidente empañe la experiencia turística. Ya es hora de que tengamos una opción del siglo XXI que sea claramente más segura.

The Conversation

Peter Newman recibe financiación del CRC RACE.

ref. Por qué seguimos usando funiculares como el que acaba de descarrilar en Lisboa – https://theconversation.com/por-que-seguimos-usando-funiculares-como-el-que-acaba-de-descarrilar-en-lisboa-264605

Maisons, routes, rail, pistes cyclables… comment lutter contre les risques de retrait-gonflement argileux ?

Source: The Conversation – France (in French) – By Lamine Ighil Ameur, Chercheur en mécanique des sols, Cerema

Les routes départementales et les voies cyclables sont particulièrement exposées au risque de retrait-gonflement argileux. DIR Est 2020, Fourni par l’auteur

C’est en raison du phénomène de retrait-gonflement des argiles que les sécheresses causent des dégâts tant sur les routes – y compris les pistes cyclables – que sur les maisons et les réseaux ferrés. De nouvelles techniques en cours de développement se montrent prometteuses pour limiter l’impact du phénomène.


Alors que le risque de retrait-gonflement des sols argileux (RGA) lié aux sécheresses a explosé depuis 2015 sous l’effet du changement climatique, se pose la question des outils permettant de lutter contre le phénomène.

Historiquement, ce sont les maisons individuelles – et de façon générale, les bâtiments de plain-pied ou à un étage – ainsi que les routes qui sont le plus souvent concernées par les conséquences du RGA, quand elles sont construites sur des sols argileux, du fait de leurs fondations superficielles. Les pistes cyclables sont également particulièrement vulnérables.

Dans certains cas particuliers, des routes nationales et même des autoroutes peuvent être concernées, de même que les voies ferrées, les digues et les réseaux enterrés (gaz, eau, etc.).

Quelles sont les techniques utilisées et les nouvelles solutions en cours de développement pour faire face à l’aggravation des risques provoquée par le changement climatique ? Panorama.




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Retrait-gonflement des sols argileux : une explosion des risques depuis 2015


Comment le RGA crée des fissures

Les maisons individuelles et les routes sont parmi les ouvrages les plus vulnérables au RGA quand elles sont construites sur des sols argileux. Leurs fondations peu profondes les rendent sensibles aux variations de teneur en eau du sol sous l’effet des cycles de sécheresses et de précipitations.

En effet, le sol argileux se rétracte durant la sécheresse et gonfle pendant les périodes de précipitations ce qui engendre des déformations volumiques pouvant endommager l’ouvrage et mener à un sinistre.

Le schéma ci-dessous illustre les ondes de dessiccation (lignes rouges) et les déformations de gonflement (flèches bleues) sous une maison et une route, ainsi que les conséquences sur le bâti en termes de mouvements de structure (flèches rouges).

Conséquences du RGA et impacts de l’environnement proche : (a), (b) et (c) sur une route, (d), (e) sur une maison et sur le cycle de l’eau (f).
Reiffsteck, 1999 et Béchade, 2014, Fourni par l’auteur

Un environnement défavorable, caractérisé par de la végétation et une mauvaise gestion des eaux, peut à la fois être à l’origine et aggraver les dommages sur ce type de structures.

En effet, l’action racinaire de certaines essences de végétaux accentue la dessiccation (suppression naturelle ou artificielle de l’humidité) du sol et l’arrivée d’eau indésirable a tendance à fragiliser le sol, ce qui peut induire des fissures et des dégâts.

Crêtes de la digue et de la pente, côté crue, fissurées (Doba, Hongrie).
Illés et Antal, 2022, Fourni par l’auteur

Les ouvrages en terre, digues et barrages, sont eux aussi également particulièrement exposés au RGA et à ses conséquences en termes de dommages. C’est problématique dans la mesure où les digues sont la première ligne de défense contre les inondations. La formation de réseaux de fissures de dessiccation durant la sécheresse dégrade les propriétés du sol et compromet l’intégrité des structures.

L’augmentation soudaine des précipitations peut alors entraîner la rupture des structures en terre. Ce problème s’amplifie lorsque l’on considère la sécheresse des sols expansifs, et notamment argileux. En effet, de nombreuses pentes, à l’état desséché, cèdent lorsqu’elles sont soumises à des précipitations intenses. Ceci en raison d’une diminution de la succion matricielle de l’eau contenue dans le sous-sol et d’une augmentation de la pression de l’eau interstitielle.

Ainsi, toute condition de sécheresse suivie de précipitations intenses peut causer de graves dommages aux structures en terre. Celles-ci devraient être négativement affectées par le changement climatique.

Les réseaux enterrés proches de la surface peuvent également être sujets aux déformations du sol dues au RGA et subir des fissures, voire une rupture de canalisation.

Cela peut favoriser les fuites, qui constituent à la fois un gaspillage des ressources associé à des pertes financières, un danger pour les personnes (en particulier pour les canalisations de gaz) et parfois une accentuation du RGA, en favorisant une arrivée d’eau indésirable (cas des fuites d’eau près des fondations).

De plus en plus de routes concernées

Jusqu’ici les routes concernées étaient pour la plupart des routes départementales, mais certaines configurations défavorables peuvent également concerner les routes nationales et les autoroutes. Par ailleurs, les pistes cyclables, dont la structure est comparable à celle d’une route encore plus légères, sont également vulnérables.

Fissures dues au RGA sur l’autoroute A31 entre Nancy et Metz (Grand-Est).
DIR Est 2022, Fourni par l’auteur

Par exemple, dans la région du Grand Est, la route nationale RN4 est moyennement exposée au RGA. Elle présente des fissures caractéristiques proches des bords. L’autoroute A31 est, elle-aussi, fortement exposée au RGA avec d’importantes fissures longitudinales de l’ordre de plusieurs centimètres, accompagnées de tassement différentiel (c’est-à-dire, un enfoncement du sol non uniforme).

La configuration de cette autoroute avec un terre-plein central de quelques mètres séparant les deux sens de circulation et constitué de terrain naturel végétalisé favorise l’exposition à l’évapotranspiration et la propagation de la dessiccation du sol en période de sécheresse.

Cela revient à considérer l’A31 comme étant deux routes départementales parallèles, avec deux accotements bordés de zones boisées et/ou végétalisées. Par conséquent, les autoroutes présentant cette configuration et construites sur des sols exposés au RGA seront davantage vulnérables face au changement climatique.

L’impact du RGA sur les routes est complexe à identifier vu la diversité des sollicitations auxquelles elles sont exposées (trafic, gel-dégel, circulation des eaux, RGA, etc.). Au Cerema, nous avons accompagné le Conseil départemental d’Indre-et-Loire, en 2019, dans une mission de diagnostic RGA de plusieurs tronçons de routes départementales afin de mieux cibler les actions d’entretien, de prévention et de remédiation, et d’optimiser leur financement. La méthode de diagnostic développée devrait être généralisée par les gestionnaires des routes départementales afin d’avoir une cartographie à l’échelle nationale et estimer le coût du RGA sur les routes.

Les vulnérabilités du réseau ferré national

Le réseau ferré national fait, lui aussi, l’objet de préoccupations quant aux impacts du RGA pour les voies construites sur des sols sensibles aux variations hydriques. Suite à la sécheresse 2022, il y a eu une apparition récurrente de défauts de géométrie sur plusieurs voies. L’ampleur des défauts enregistrés a été telle que des opérations de maintenance ont dû être organisées en urgence.

La ligne ferroviaire Brive (Corrèze)-Toulouse (Haute-Garonne), ici près de Donnazac (Tarn), est particulièrement exposée au RGA.
L. Ighil Ameur/Cerema 2024, Fourni par l’auteur

Le RGA contraint également le gestionnaire du réseau ferré à mettre en place des limitations temporaires de la vitesse. Celles-ci affectent la circulation des trains avec des retards potentiels pour les usagers et des pertes économiques pour le gestionnaire.

L’exposition des voies ferrées au RGA dans leur environnement proche est actuellement très peu étudiée. L’une des premières étapes à mettre en place serait de dresser un état des lieux, à l’échelle du réseau national, sur les niveaux d’exposition et les secteurs concernés.

Instrumentation in situ d’une voie ferrée exposée au RGA à Donnazac (Tarn) par l’équipe Cerema.
L. Ighil Ameur/Cerema 2024, Fourni par l’auteur

En juin 2024, nous avons accompagné SNCF Réseau dans une expérimentation inédite qui consiste à conforter une portion d’une voie ferrée exposée au RGA à Donnazac (Tarn), près d’Albi.

Pour cela, deux planches d’essais ont été spécialement conçues pour une expérimentation qui doit durer 4 ans :

  • une planche de 80 mètres stabilisée par injection de RemediaClay, une solution que nous avons déjà testée sur une route départementale depuis 2021 en partenariat avec le Département du Loiret,

  • et une planche témoin (non confortée) de 80 mètres, toutes les deux instrumentées par des capteurs de teneur en eau du sol et une station météo.

L’enjeu est à la fois de tester l’efficacité et la durabilité de RemediaClay, et de caractériser l’évolution de la dessiccation du sol sous une voie ferrée en situation de sécheresse. Les résultats de cette étude permettront de mieux adapter les solutions pour le ferroviaire face au RGA.

Les solutions les plus prometteuses en développement

La littérature scientifique et technique présente plusieurs techniques de réparation courantes. Parmi les techniques fréquemment utilisées pour faire face au RGA sur le bâti : l’agrafage des fissures, l’injection de résine expansive dans le sol de fondation et la reprise en sous-œuvre (RSO) pour transférer les charges de la structure sur des micropieux.

Celles-ci sont souvent inadaptées au contexte du changement climatique et engendrent une sinistralité de deuxième, troisième voire quatrième génération. Il est important d’adopter une nouvelle approche dans le développement des solutions de prévention et d’adaptation vis-à-vis du RGA.

Il est indispensable aujourd’hui d’éprouver ces solutions en tenant compte des effets du changement climatique. Cela concerne par exemple les mesures en lien avec la gestion de l’eau et de la végétation dans la parcelle. Le projet Initiative Sécheresse, lancé en 2024 par France Assureurs, CCR et la Mission Risques Naturels, doit permettre de répondre à ces questions.

La recherche est utile pour identifier et évaluer de nouvelles solutions de prévention et d’adaptation des maisons et des routes face au changement climatique. Au Cerema, notre équipe de recherche dédiée au RGA teste et développe de nouvelles solutions d’adaptation au changement climatique depuis 2015.

Première maison test équipée du procédé Mach dans la Vienne (projet Mach Series.
L. Ighil Ameur/Cerema 2024, Fourni par l’auteur

C’est le cas du procédé innovant Mach (Maison confortée par humidification), dont le principe consiste à réhydrater le sol argileux pendant les périodes de sécheresse pour stabiliser son état hydrique. Aujourd’hui, nous avons une démarche scientifique, en partenariat avec le groupe Covéa, pour vérifier la reproductibilité du procédé et l’acquisition des données météorologiques et de teneur en eau du sol. Nous avons déjà équipé une première maison test dans la Vienne et plusieurs dizaines d’autres en France métropolitaine devraient l’être également d’ici 2026.

Expérimentation de l’étanchéification des accotements (a) par enduit de surface et (b) par géomembranne.
L. Ighil Ameur/Cerema 2019, Fourni par l’auteur

Pour les routes, en partenariat avec les départementaux de la Région Centre-Val de Loire, nous expérimentons depuis 2017 de nouvelles solutions d’adaptation face au RGA. Ce partenariat inédit, l’Observatoire des routes sinistrées par la sécheresse (Orss), a fait l’objet de restitution partielle lors d’une première journée technique nationale dédiée à l’impact des sécheresses sur les routes exposées au RGA et les solutions d’adaptation en novembre 2023. Cet Observatoire doit évoluer courant 2025 vers un Observatoire national des routes sinistrées par la sécheresse (ONRS).

Parmi les solutions les plus économiques, efficaces et durables, nous avons déjà identifié l’étanchéification horizontale des accotements, que nous avons testée avec le Loir-et-Cher depuis 2019. Il s’agit de limiter la dessiccation du sol au niveau des accotements pour protéger le sol sous chaussée des variations hydriques durant la sécheresse. Depuis sa mise en place fin 2019 sur deux portions de routes départementales, aucun dommage ni déformation ne sont signalés jusqu’à présent.

En 2024, notre équipe a également décroché le financement sur cinq ans de deux projets de recherche nationaux :

  • Le premier, mené en partenariat avec le BRGM, vise à développer un outil de veille et d’anticipation du niveau de sécheresse des sols argileux en France (projet SEHSAR, pour Surveillance étendue du niveau d’humidité des sols argileux pour l’adaptation et la résilience du bâti face au changement climatique)

  • Le second (projet SAFE RGA, pour Solutions innovantes d’adaptation du bâti exposé à la sécheresse face à l’expansion du phénomène de RGA), mené en partenariat avec l’AQC, CEAD, Fondasol et l’Université d’Orléans, doit permettre de mettre au point des solutions innovantes pour l’adaptation des maisons exposées au RGA. Les solutions envisagées visent par exemple à agir sur le sol argileux en place par stabilisation physico-chimique, en ajoutant du sable et du sel ou de lait de chaux, ou encore par des approches préventives.


Ce texte est publié dans le cadre du colloque international « Les impacts socioéconomiques de la sécheresse », qui s’est tenu le 31 mai 2024 et dont The Conversation France était partenaire.

The Conversation

Lamine Ighil Ameur ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Maisons, routes, rail, pistes cyclables… comment lutter contre les risques de retrait-gonflement argileux ? – https://theconversation.com/maisons-routes-rail-pistes-cyclables-comment-lutter-contre-les-risques-de-retrait-gonflement-argileux-254407

Retrait-gonflement des sols argileux : une explosion des risques depuis 2015

Source: The Conversation – France (in French) – By Lamine Ighil Ameur, Chercheur en mécanique des sols, Cerema

Les ravages de la sécheresse des sols sur les maisons à Cour-Cheverny (Loir-et-Cher). L. Ighil Ameur/Cerema 2022 droits réservés, Fourni par l’auteur

Les sécheresses ne posent pas seulement problème pour les stocks d’eau potable et pour l’agriculture : elles occasionnent aussi des dégâts sur le bâti à travers le retrait-gonflement des argiles. Ce phénomène est en pleine expansion en France du fait du changement climatique, avec un point de bascule notable en 2015.


Depuis 2015, la France métropolitaine connaît des sécheresses de plus en plus intenses et fréquentes, pendant des périodes plus longues du fait du changement climatique. La part des sécheresses dans les catastrophes naturelles indemnisées par le régime Cat-Nat est passée de 37 % à 60 % au cours de la période 2016-2021 en termes de charge financière cumulée.

En 2022, la France a connu, pour la sixième fois en dix ans, une sécheresse de grande ampleur. Cette sécheresse, dont le coût est aujourd’hui estimé à plus de 3,5 milliards d’euros, a battu tous les records depuis 1989, qui est l’année où la sécheresse a été intégrée dans le régime Cat-Nat.

La récurrence de telles sécheresses extrêmes accroît la vulnérabilité du bâti, notamment due au phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA), avec des dégâts qui se cumulent dans le temps et, parfois, sur les mêmes bâtiments vulnérables. Ces derniers nécessitent alors des travaux plus lourds et plus coûteux.

Que sait-on de l’augmentation de ce risque et du coût qu’il représente pour les assureurs ? État des lieux.

Le retrait-gonflement des argiles en question

De nombreuses études ont étudié l’impact du changement climatique sur le phénomène de RGA sous différents angles.

En 2009, une étude majeure, produite par les membres du groupe de travail « Risques naturels, assurances et changement climatique », cadrait le problème à travers plusieurs questions :

  • Le phénomène de RGA va-t-il s’intensifier ? Affectera-t-il des constructions jusque-là épargnées ? Engendrera-t-il des désordres plus conséquents sur les maisons sinistrées ?

  • La zone géographique concernée par le RGA va-t-elle s’étendre ?

  • Quel sera l’impact de l’augmentation de la fréquence des sécheresses sur les désordres occasionnés ?

Les auteurs de cette étude avaient considéré que

  • la France va continuer à se réchauffer, ce qui s’accompagnera de sécheresses estivales plus fréquentes, plus longues et plus intenses ;

  • l’extension géographique du phénomène, telle que délimitée par les cartes d’aléa retrait-gonflement, est supposée ne pas évoluer avec le changement climatique attendu entre 2010 et 2100 ;

  • le changement climatique ne devrait pas modifier l’intensité du phénomène ;

  • dans l’hypothèse de sécheresses estivales plus fréquentes, l’effet cumulatif lié à la succession rapide d’épisodes de sécheresse, s’il existe, pourrait toutefois être amplifié.

Aujourd’hui, après plus de quinze ans, ces conclusions sont-elles encore valables ?

Un risque en pleine expansion

L’année 2015 a constitué une année de bascule. La France a connu une période 2016-2022 marquée par une accélération des effets du changement climatique sur le phénomène de RGA et sur la sinistralité sécheresse.

On peut retenir plusieurs faits marquants pendant cette période :

D’abord, l’extension géographique du RGA. La part du territoire susceptible et exposée moyennement ou fortement au phénomène de RGA était respectivement de 24 % pour la décennie 2010 et 48 % pour la décennie 2020.

Au total, plus d’une maison sur deux se retrouve désormais très exposée au RGA. En 2017, un premier recensement faisait état de 4,3 millions de maisons potentiellement très exposées, soit 23 % de l’habitat individuel. Le dernier recensement de juin 2021 établissait plus de 10,4 millions de maisons en zone d’exposition RGA moyenne ou forte, soit 54,2 % du nombre total de maisons en France. Ce chiffre devrait même atteindre 16,2 millions à l’horizon 2050.

D’autant plus que la sécheresse s’étend progressivement à tout le territoire français. Alors que la sinistralité était auparavant principalement concentrée sur le croissant argileux, elle s’étend désormais sur les régions Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes, y compris sur des sols jadis épargnés, notamment les sols peu argileux.

Comparaison des charges moyennes annuelles par département, avant et depuis 2016.
MRN 2023, Fourni par l’auteur

La dessiccation des sols (suppression naturelle ou artificielle de l’humidité contenue par ceux-ci, ndlr) du fait des sécheresses est également de plus en plus profonde. Avant 2015, sous un climat tempéré, la dessiccation des sols due aux variations saisonnières de teneur en eau affectait les sols superficiels (1 mètre à 2 mètres).

Depuis 2016, avec des sécheresses intenses et récurrentes, la dessiccation des sols est désormais de plus en plus profonde. Elle peut atteindre 3 mètres à 5 mètres,ce qui nécessite alors une prise en charge plus complexe et coûteuse du bâti sinistré

La sécheresse est ainsi devenue le péril le plus coûteux, devant les inondations. La sinistralité cumulée – c’est-à-dire, le ratio financier entre le montant des sinistres à dédommager et celui des primes encaissées – a même atteint 54 % au cours des dix dernières années, ce qui fait de la sécheresse le péril le plus coûteux devant les inondations (31 %) et les autres périls (15 %).

Top 10 des sécheresses en France, en termes de coût des dommages assurés.
Données : Bilan 1982-2022 CCR/Réalisation : L. Ighil Ameur/Cerema 2025, Fourni par l’auteur

Depuis 2016, les sécheresses de grande ampleur se sont succédé, et la sinistralité a connu une forte croissance. Sur les dix années de sécheresse les plus coûteuses depuis 1989, six ont eu lieu après 2015.

De fait, la sécheresse 2022 a représenté un épisode exceptionnel à l’échelle de la France. L’année 2022 a ainsi été marquée par une sinistralité sécheresse record à 3,5 milliards d’euros, soit près d’1,5 milliard de plus que lors du précédent record de 2003.

Répartition des arrêtés Cat-Nat sécheresse.
France Assureurs 2023, Fourni par l’auteur

Au 25 février 2025, après 21 arrêtés parus au Journal officiel, il y a au total plus de 6 851 communes reconnues Cat-Nat sécheresse 2022, un record depuis 1989. En 2022, la sécheresse avait touché presque l’intégralité du territoire métropolitain : 92 départements dont 3 pour la première fois de l’histoire (Côtes-d’Armor, Finistère, Corse du Sud).

Un coût de plus en plus élevé pour les assureurs

Alors que les dégâts indemnisés par les assureurs entre 1989 et 2019 ont été chiffrés à 13,8 milliards d’euros, les dernières projections de France Assureurs estiment que ce montant cumulé devrait tripler entre 2020 et 2050 et atteindre 43 milliards d’euros, dont 17,2 milliards d’euros du fait du seul changement climatique.

En 2023, la Caisse centrale de réassurance (CCR) a publié une étude sur les conséquences du changement climatique sur le coût des catastrophes naturelles en France à horizon 2050. Si l’on considère les scénarios de réduction de gaz à effet de serre RCP 4.5 (atténuation limitée) ou RCP 8.5 (rythme d’émission actuel), tels que définis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), les dommages augmentent de manière significative sur l’ensemble du territoire français métropolitain.

Répartition des coûts moyens annuels dus à la sécheresse géotechnique, par département sur le territoire métropolitain à climat actuel (à gauche). Évolution du coût de la sécheresse entre le climat actuel et celui de 2050 selon un scénario RCP 4.5 (centre) et celui de 2050 selon un scénario selon un scénario RCP 8.5 (droite).
CCR, 2023, Fourni par l’auteur

Pour le département des Alpes-Maritimes, par exemple, les pertes annuelles moyennes augmenteraient de 25 à 50 %, selon le scénario RCP 4.5, et de 100 à 200 %, selon le scénario RCP 8.5.

Des solutions existent pour traiter le retrait argileux, comme l’agrafage des fissures, l’injection de résine expansive dans le sol de fondation ou encore la reprise en sous-œuvre (RSO) pour transférer les charges de la structure sur des micropieux. Mais ces techniques sont souvent inadaptées au contexte du changement climatique et peuvent engendrer une sinistralité de deuxième, de troisième voire de quatrième génération.

« Les enjeux de retrait-gonflement des argiles appliquées à la rénovation énergétique du bâti ancien », Agence Qualité Construction TV Live, 14 avril 2023.

Il est, dès lors, urgent de développer de nouvelles approches, davantage axées sur la prévention et sur l’adaptation, et important de prendre en compte le risque RGA dans tout projet de génie civil dès qu’il s’agit de terrain sensible.

D’autant plus que certaines initiatives visant à accélérer la transition écologique peuvent présenter un paradoxe vis-à-vis du RGA, par exemple la désimperméabilisation et la renaturation des sols.
Celles-ci visent à réduire le ruissellement et à rétablir le cycle de l’eau, favorisent la biodiversité et contribuant à réduire le phénomène d’îlots de chaleur urbain. Mais sur des sols exposés au RGA à proximité de maisons, routes ou des pistes cyclables, cela peut être préjudiciable, du fait de l’action racinaire qui accentue la dessiccation et l’apport d’eau indésirable, au risque de provoquer un effondrement hydromécanique des sols. D’où la nécessité de soigneusement étudier le contexte de ce type de projet avant de les implanter.


Ce texte est publié dans le cadre du colloque international « Les impacts socioéconomiques de la sécheresse », qui s’est tenu le 31 mai 2024 et dont The Conversation France était partenaire.

The Conversation

Lamine Ighil Ameur ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Retrait-gonflement des sols argileux : une explosion des risques depuis 2015 – https://theconversation.com/retrait-gonflement-des-sols-argileux-une-explosion-des-risques-depuis-2015-254403

Changement climatique : un indicateur pour prévoir les risques de maisons fissurées

Source: The Conversation – France (in French) – By Sophie Barthelemy, Ingénieure de recherche sur le retrait-gonflement des argiles, BRGM

L’indicateur de sécheresse RGA augmente fortement dans la deuxième partie du XXI<sup>e</sup>&nbsp;siècle, selon les hypothèses du Giec RCP&nbsp;4.5 (scénario d’émissions modérées) et RCP&nbsp;8.5 (scénario d’émissions fortes). Fourni par l’auteur

Le risque de retrait-gonflement des sols argileux, associé aux périodes de sécheresse, est en forte augmentation du fait du changement climatique. Il occasionne des dégâts considérables sur les bâtiments, mais également sur les routes. Rien qu’en 2022, il a coûté plus de trois milliards d’euros à la collectivité et aux assureurs. Des recherches récentes ont construit un indicateur pour prévoir l’évolution future des risques.


Le retrait-gonflement des sols argileux (RGA) est un risque naturel étonnamment méconnu au regard de ses conséquences et de son coût pour la collectivité. Ce phénomène conduit le sol à se rétracter comme une éponge suite à une période de sécheresse, et à gonfler ensuite lors du retour des pluies. Ces variations de volume peuvent endommager les constructions situées en surface.

Le nombre de maisons fissurées est en forte augmentation depuis plusieurs années en France. Cela pourrait encore s’aggraver sous l’effet du changement climatique, en particulier dans le sud-ouest et le nord-est du pays.

Les experts du climat s’accordent sur le fait que les températures vont augmenter en France du fait du changement climatique, mais ces projections ont jusque-là peu été utilisées pour évaluer les tendances associées au phénomène de RGA en particulier. Des travaux récents menés conjointement par Météo France, le BRGM et la Caisse centrale de réassurance (CCR) ont permis d’améliorer les connaissances à ce sujet et ont proposé un indicateur RGA spécifique qui pourrait être utile pour prévoir et quantifier l’ampleur des sécheresses à venir.

Un risque présent sur plus de la moitié du territoire français

De quoi parle-t-on lorsqu’on parle de RGA ? Certains sols, semblables à des éponges, gonflent et se rétractent de manière cyclique au fil des saisons.

En séchant, le sol argileux se rétracte dans les trois dimensions, ce qui crée des fentes verticales qui se prolongent en profondeur. Photo prise le 17 juillet 2025 à Olivet (Loiret).
Fourni par l’auteur

À l’origine de ce phénomène, on trouve des minéraux argileux, comme la smectite, qui sont capables de retenir de l’eau dans leur structure en millefeuille. Leur changement de volume provoque une variation millimétrique du niveau de la surface, imperceptible à l’œil nu, mais qui peut suffire à fissurer routes, chaussées et constructions légères comme des maisons de plain-pied.

Ce type de sol est présent sur environ la moitié de la superficie du territoire français. Plus de 10 millions de logements individuels y sont construits. Or, sous le climat tempéré qui est actuellement le nôtre, les sols sont humides la plupart du temps. Les sinistres surviennent donc en période de sécheresse.

Les dégâts causés par le RGA sont considérables. Les réparations sont prises en charge dans le cadre du régime d’indemnisation des catastrophes naturelles (régime CatNat), qui, reposant sur le principe de solidarité nationale, est alimenté par un pourcentage de nos primes d’assurance. Depuis 1989, ce risque a coûté plus de 25 milliards d’euros à la société et aux assureurs, selon la Caisse centrale de réassurance (CCR), se classant ainsi au deuxième rang derrière les inondations.

Depuis 2015, il est même devenu le premier poste d’indemnisation lié aux catastrophes naturelles en France, du fait de la prévalence des sécheresses.

Les experts du climat s’accordent sur le fait que les températures vont augmenter en France du fait du changement climatique, mais la projection de l’état hydrique des sols reste un exercice ardu. Dans ce contexte, il était urgent de développer un outil pour anticiper les conséquences d’un phénomène complexe et diffus comme le RGA.




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Vers un modèle de prévision des risques de RGA

Depuis plus de trente ans, Météo France développe un outil appelé « modèle des surfaces terrestres » qui permet de simuler les transferts d’eau et de chaleur se produisant entre l’atmosphère, le sol et la végétation à l’aide d’équations biophysiques. Il permet notamment de simuler l’humidité du sol jusqu’à deux mètres de profondeur, sur une grille de résolution de 8 km pour la France.

Fruit de nombreuses années de développement, cet outil de simulation permet de représenter finement les processus à l’œuvre. La végétation, élément clé pour comprendre le fonctionnement des surfaces continentales, y est modélisée en détail (croissance, flétrissement…), avec une distinction entre les principaux types de végétation (arbres feuillus ou conifères, herbacés de prairie ou de culture…).

Cet outil a été utilisé pour mieux comprendre le profil des sécheresses passées ayant causé des dommages liés au RGA, dans l’espoir de pouvoir anticiper leurs évolutions futures. Un indicateur annuel de sécheresse a ainsi été développé afin de mieux caractériser les facteurs favorisant la survenue du RGA et de quantifier, d’un point de vue statistique, le nombre global de sinistres. À noter toutefois que l’objectif de l’outil n’est pas de déterminer le risque de sinistre à l’échelle de chaque maison individuelle.

Concrètement, l’indicateur quantifie la durée et l’intensité du déficit hydrique d’une couche profonde du sol (de 80 cm à 1 m) au cours d’une année complète en se basant sur les simulations d’humidité du sol pour une végétation d’arbres feuillus.

En effet :

  • L’humidité des sols de surface varie continuellement en fonction des aléas météorologiques, mais les variations en profondeur marquent les tendances sur le long terme. Il est donc pertinent de s’y intéresser : plus le front de dessiccation du sol est profond, plus le tassement cumulé du sol en surface est important.

  • L’état hydrique de référence d’un sol et les conditions causant des dommages varient beaucoup d’une région à une autre en fonction du climat. Par exemple, l’humidité volumique (volume d’eau rapporté au volume de sol) est généralement plus faible à Marseille qu’en Moselle. Ce qui est normal dans un cas serait sinistrant dans l’autre. Ainsi, le déficit d’humidité servant au calcul de l’indicateur est évalué par rapport à l’historique du secteur.

  • Le choix de considérer une végétation arborée repose sur le constat que la présence d’un arbre planté à proximité d’une maison peut avoir des conséquences néfastes et engendrer des dégâts en raison de l’absorption accrue d’eau par les racines.

Cet indicateur fonctionne-t-il sur les données historiques ? Une comparaison avec des statistiques communales de sinistres révèle que oui : il y a une corrélation positive entre la valeur de l’indicateur et la survenue de dommages. Cette approche permet bien d’identifier les années où surviennent des sécheresses propices au RGA.

L’indicateur a ainsi été évalué pour la France entre 2000 et 2022 à partir de données climatiques et de données météorologiques collectées par le réseau de stations Météo France. Cinq années particulières ont été mises en évidence par cette analyse : 2003, 2018, 2019, 2020 et 2022.

Indicateur de sécheresse RGA (Year Drought Magnitude) pour les années 2000 à 2022.
S. Barthelemy et al, Fourni par l’auteur

Les sécheresses de ces cinq années figurent toutes parmi les 20 événements les plus coûteux du régime CatNat, tous risques confondus.

Les années 2022, 2018 et 2003 occupent respectivement les première, deuxième et quatrième places du classement. Le coût de la sécheresse 2022 est estimé entre 3,4 milliards et 3,7 milliards d’euros : un montant colossal.

Et le changement climatique dans tout ça ?

Un dernier volet de l’étude avait pour objectif de cerner l’évolution future des sécheresses propices au RGA sous l’effet du changement climatique, en projetant l’indicateur sous différents scénarios d’émissions de gaz à effet de serre.

Développés par la communauté scientifique depuis le début des années 1990, ces scénarios climatiques, appelés scénarios RCP, pour Representative Concentration Pathway, visent à proposer une gamme de trajectoires d’évolutions possibles des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère en fonction de différentes hypothèses socio-économiques.

Ces scénarios ont été couplés avec des modélisations du système climatique afin de répercuter leurs effets sur les variables météorologiques (température, pression, humidité, etc.). Des simulations ont été réalisées en utilisant un grand nombre de modèles de climat différents, afin de prendre en compte les incertitudes le mieux possible.

Ceci a permis de calculer l’évolution de l’indicateur RGA jusqu’en 2065, à partir de modélisations de l’humidité des sols réalisées à partir de six modèles climatiques différents sous les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5 (scénario médian d’émissions modérées et scénario pessimiste, où les émissions continuent d’augmenter au rythme actuel).

Évolution de l’indicateur de sécheresse RGA (centile 75) pour les périodes 2006-2025, 2026-2045, 2046-2065, et les scénarios RCP 4.5 et RCP 8.5.
S. Barthelemy et al, Fourni par l’auteur

Dans les deux scénarios, la valeur de l’indicateur augmente, notamment après 2045, ce qui traduit une intensification à venir des sécheresses favorables au RGA. Le nord-est et le sud-ouest du pays seraient particulièrement touchés par ce phénomène dans le cadre du scénario RCP 8.5.

Il s’agit d’un résultat inédit. L’exercice de projection des impacts du changement climatique est désormais décliné à de nombreux phénomènes, mais des analyses fines des conditions hydriques propices au RGA faisaient jusqu’alors défaut.

Dans un monde de plus en plus chaud, comme en témoigne l’été 2025.), il va falloir apprendre à gérer cette menace qui pèse sur le bâti.

The Conversation

Sophie Barthelemy a reçu des financements de Météo-France, du BRGM et de la Caisse Centrale de Réassurance dans le cadre de sa thèse de doctorat.

ref. Changement climatique : un indicateur pour prévoir les risques de maisons fissurées – https://theconversation.com/changement-climatique-un-indicateur-pour-prevoir-les-risques-de-maisons-fissurees-262568

French national debt under presidents Chirac, Sarkozy, Hollande and Macron: a look at the numbers

Source: The Conversation – France (in French) – By François Langot, Professeur d’économie, Directeur adjoint de l’i-MIP (PSE-CEPREMAP), Le Mans Université

French national debt has grown steadily over the last 30 years. It is the sum of all public deficits accumulated since the mid-1970s. To compare the amount of national debt to the government’s financing capacity, it is expressed as a percentage of gross domestic product (GDP) – debt-to-GDP ratio – which indicates how many years of wealth creation (GDP) are needed to repay it.

Under Jacques Chirac, the debt rose from €663.5 billion to €1,211.4 billion, or from 55.5% to 64.1% of GDP. Under Nicolas Sarkozy, it reached €1,833.8 billion, or 90.2% of GDP. Under François Hollande, it hit €2,258.7 billion, or 98.4% of GDP.

At the end of the first quarter of 2025, France’s debt stood at €3,345.4 billion, or 113.9% of GDP. While this debt is the result of political choices that determine the country’s revenue and spending, it also depends on the economic climate, which can make managing the debt easier or more difficult.

Amid developments such as the dot-com bubble, the economic boom of the 2000s, the subprime crisis in 2008, the eurozone recession, and the Covid-19 pandemic, the governments of Chirac, Sarkozy, Hollande and current President Emmanuel Macron have experienced both gloomy and bright economic conditions.

How economic conditions influence the debt

The economic situation may be analysed using two parameters, both of which are rates: the interest rate (r), set by the European Central Bank (ECB), which determines the interest payable on debt; and growth rates (g for growth), which measure the annual increase in wealth created (GDP).

This situation has two effects.

The first effect is unfavourable to public finances. It occurs when economic conditions cause the interest rate (r) to be higher than the growth rate (g), ie r-g > 0. In this context, the surplus wealth created by growth is less than the interest payable on the debt. De facto, the debt increases, even if policy choices lead to government revenue financing government spending (excluding interest payments on the debt), ie if the primary deficit is zero.

Figure 1 shows that this unfavourable economic situation occurred during Chirac’s mandate. During this period, the sum of the primary deficits (government expenditure excluding debt servicing) and revenue remained virtually stable (blue curve). Debt rose due to high interest rates (r between 2.5% and 5%), combined with moderate growth (g around 4%), which caused debt to increase (red curve).

A second effect is favourable to public finances. If the real interest rate is lower than the growth rate (r-g < 0), then debt (debt-to-GDP ratio) can be stabilised, even if spending, excluding interest charges, exceeds revenue – that is, even if policy choices lead to a primary deficit. In this case, the annual increase in wealth created (GDP growth) is greater than the interest burden.

Figure 1 shows that such a situation occurred during Macron’s terms in office. During this period, the sum of primary deficits rose sharply (blue curve): political choices led to government spending (excluding interest payments on debt) exceeding its revenue. However, debt increased at a slower rate (red curve), as interest rates remained lower than growth (less than 2% for interest rates, r, compared to more than 2.5% for growth, g).

Figure 1: The gap between the red line and the blue line measures the contribution of net interest charges from growth (r-g) to the change in the debt-to-GDP ratio. Data from France’s National Institute of Statistics and Economic Studies (INSEE).
Fourni par l’auteur

How economic conditions contribute to the debt

Recent history divides presidential terms into two groups. The first group includes those in which “bad” economic conditions are the main reason for the increase in debt (debt-to-GDP ratio), which is shown by the red curve rising more than the blue curve in Figure 1. The second group includes terms in which primary deficits are the main reason for the increase in debt, which is shown by the blue curve rising more than the red curve.

The first group includes the terms of Chirac and Sarkozy. The second includes those of Hollande and Macron.

The data show that during Chirac’s two terms in office (1995–2007), the debt-to-GDP ratio increased by 8.99 points (0.75 points per year). This increase was due to a “poor” economic climate for public finances (r-g effect > 0), which caused the debt-to-GDP ratio to rise by 10.07 points, while the dynamics of primary deficits helped to reduce it by 1.08 points. During this period, interest rates on public debt were very high, ranging between 4% and 6%.

Under Sarkozy’s term (2007-2012), the debt-to-GDP ratio rose by 22.76 points (4.55 points per year), of which 11.01 points were due to primary deficits, representing 48% of the total increase, and 11.75 points were due to economic conditions (52% of the total). Interest rates remained high, between 3% and 4%. The large primary deficits followed policy choices aimed at cushioning the subprime crisis.

Conversely, during Hollande’s term (2012-2017), rising primary deficits accounted for 71.5% of the total increase in the debt-to-GDP ratio (9.13 points out of a total increase of 12.74 points, or 2.55 points per year). Interest rates continued to fall, from 3% to less than 2%, while primary deficits were not curbed, even though the subprime and sovereign debt crises had passed.

Primary deficits under Macron

Macron’s time in office, until 2024, further accentuates this trend. The debt has only increased by 10.8 points (1.35 points per year), as the economic situation has caused it to fall by 15.31 points, with interest rates becoming very low, falling below 1% in 2020.

The increase in debt can be explained solely by the very sharp rise in primary deficits, which caused it to grow by 26.11 points during a period when the Covid pandemic and the energy crisis led the government to protect citizens from excessive declines in purchasing power.

The period from 2025 to 2029 falls into the second scenario, in which economic conditions will make it increasingly difficult to manage public debt (r-g < 0). Even with a policy objective of controlling debt, primary deficits can only be reduced gradually. With these deficits continuing to weigh on debt, growth will increasingly fail to offset rising interest rates.

The budget that Prime Minister François Bayrou presented on July 25 will increase the debt-to-GDP ratio by 4.6 points (0.92 points per year) in a context in which economic conditions will reduce it by 1.7 points. Primary deficits will increase it by 6.3 points. Bayrou’s budgetary proposal will stabilise the debt-to-GDP ratio at around 117%, which is far from the stabilisation at around 60% achieved during Chirac’s terms in office.

Balance between spending and revenue

The evolution of the primary deficit (the difference between spending, excluding interest charges, and revenue) shows that over the last 29 years, there have been 10 years in which it increased. There have been three major increases: by 1.82 points in 2002, with the stock market crash; by 4.2 points in 2009, with the subprime crisis; and by 6.1 points in 2020, with the Covid pandemic. In 2002, the increase in the deficit consisted of 1.1 points linked to increases in spending and 0.72 points linked to reductions in revenue. The sharp increases in 2008 and 2020 were mainly due to spending increases: 95% of the 4.2 points in 2008 and 97% of the 6.1 points in 2020. To contain debt, revenues eventually increased after crises: between 2004 and 2006, between 2011 and 2013, and between 2021 and 2022. However, there were no reductions in spending after 2011 or after 2023.

It is therefore persistent spending at a high level that explains the increase in the debt-to-GDP ratio. Only a very recent period, in 2023, amid the Ukraine crisis, led the government to reduce revenues in order to preserve purchasing power in a context of high inflation.

Restricting public spending

The Bayrou government’s plan, by placing three-quarters of the adjustment on spending, proposes to regain control of public spending so that it represents 54.4% of GDP in 2029 – the level seen before the 2007 crisis. Beyond stabilising the debt-to-GDP ratio, this policy choice also permits consideration of the possibility of managing a potential future crisis. The question that then arises is: which spending items should be reduced as a priority?

Figure 2: Variation in a type of expenditure per term in office. The variation measures the difference in GDP points between expenditure at the end of a term (or, for Macron, 2023) and expenditure at the beginning. INSEE data.
Fourni par l’auteur

The spending items that have increased since 1995 are those related to the environment (+0.8 percentage points of GDP); health (+3.2 percentage points of GDP); leisure, culture and religion (+0.6 percentage points of GDP); and social protection (+1.3 percentage points of GDP). Those that have fallen are related to general government services (-4.1 points of GDP), defence (-1.1 points of GDP) and education (-1.5 points of GDP). In the future, a budget that reallocates spending in favour of defence and education through better restriction of health and social protection spending should therefore be seen as a simple rebalancing exercise.


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The Conversation

François Langot ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. French national debt under presidents Chirac, Sarkozy, Hollande and Macron: a look at the numbers – https://theconversation.com/french-national-debt-under-presidents-chirac-sarkozy-hollande-and-macron-a-look-at-the-numbers-264411

Afrique de l’Ouest : une étude met en lumière la dure réalité des enfants migrants travailleurs

Source: The Conversation – in French – By Aly Tandian, enseignant-chercheur, Université Gaston Berger

Une récente enquête menée au Sénégal, en Mauritanie, en Côte d’Ivoire et en Guinée (avril 2023 à avril 2025) décrit la réalité souvent invisible des enfants migrants travailleurs. Ces enfants vulnérables sont confrontés à l’exploitation, à la précarité éducative et à de graves obstacles d’accès aux soins. L’auteur de cette étude, le chercheur Aly Tandian, s’est entretenu avec The Conversation Africa. Il plaide pour des politiques inclusives afin de garantir leurs droits fondamentaux et prévenir l’apatridie.

Qui sont les enfants migrants en Afrique de l’Ouest ?

En Afrique de l’Ouest, les enfants migrants sont des filles et des garçons de moins de 18 ans qui se déplacent à l’intérieur de leur pays ou au-delà des frontières, de manière volontaire ou contrainte, temporaire ou permanente. Certains voyagent seuls, parfois envoyés par leurs parents ou tuteurs pour trouver du travail, apprendre un métier ou fréquenter une école coranique. D’autres se déplacent avec un ou les deux parents, dans le cadre de migrations familiales (exode rural, déplacements transfrontaliers pour le travail saisonnier).

Nombreux sont ceux placés chez des proches, maîtres d’apprentissage ou maîtres coraniques. Ce qui fait d’eux des migrants placés sous la responsabilité d’un adulte autre que leur parent. Leur mobilité est souvent liée à des stratégies familiales, comme le confiage, la recherche d’opportunités économiques ou l’accès à l’éducation. Elle s’explique aussi par des logiques communautaires, telles que le placement chez un maître coranique, l’apprentissage d’un métier ou le travail saisonnier, mais également par la pauvreté, les conflits, les catastrophes, la traite et l’exploitation.

La prévalence des migrations d’enfants est élevée en Afrique de l’Ouest, mais la quantification précise est difficile à établir en raison de l’informalité, de la mobilité non enregistrée et de l’invisibilité statistique.




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Comment caractérisez-vous la réalité des enfants migrants travailleurs dans la région ?

En Afrique de l’Ouest, les enfants migrants travailleurs sont visibles dans les différents secteurs économiques comme l’agriculture, à la fois urbaine et rurale (plantations de cacao et de café, marchés et gares routières, quartiers périphériques et chantiers, les environnements religieux et éducatifs détournés ainsi que zones minières et portuaires). Ils peuvent être doublement vulnérables à cause des conditions d’abus, d’exploitation, de soumission à des travaux indignes auxquels ils sont soumis mais également à l’isolement et à d’autres difficultés liées au parcours migratoire.

Dans certaines circonstances, ils peuvent ne pas avoir la capacité juridique de faire valoir leurs droits contre des entreprises commerciales et d’autres parties qui les engagent dans le travail. Ces enfants, vulnérables en raison de leur statut d’étrangers, ont un accès limité à la justice, à l’éducation et sont exposés aux abus et à la discrimination.

L’invisibilité juridique et administrative à laquelle ils sont confrontés renvoie à une absence d’identité juridique et à une privation de divers droits. De même, la protection juridique n’est pas équitable et les enfants migrants travailleurs ont besoin dans certains cas de mécanismes particuliers pouvant éviter l’apatridie (situation d’une personne dont aucun Etat ne reconnait la nationalité).




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Quels sont les principaux risques auxquels ces enfants sont exposés ?

Les vulnérabilités sont liées principalement à leur statut irrégulier, au manque de document d’identité, à l’accès limité aux services publics et à l’absence de protection juridique. Elles limitent leur accès à une éducation de qualité et leur développement personnel.

Leur situation scolaire n’est pas favorable car ils vivent dans un déséquilibre scolaire profond avec les nationaux. De fait, leur droit à l’éducation n’est pas respecté. Mais les garçons et les filles de migrants ne sont pas égaux avec les autres ni en termes de droit à l’éducation ni en termes d’opportunités ou d’obligations après un décrochage.

Par ailleurs, ces enfants ont souvent un accès limité aux soins de santé. Les barrières administratives, la non-inscription dans les systèmes de santé nationaux, et la mobilité géographique des familles rendent difficile la continuité des soins, notamment dans les zones urbaines où les migrants sont concentrés.

Les services de santé mentale sont rares, souvent inaccessibles dans les zones rurales ou les camps de réfugiés, et parfois méconnus des familles. Les enfants se heurtent aussi à la stigmatisation, au manque d’information et à l’insuffisance de moyens financiers. Ce qui les empêche de recevoir les soins dont ils ont besoin. En Guinée, par exemple, la vulnérabilité sanitaire des enfants de migrants s’est particulièrement remarquée à la faveur des épisodes d’épidémie d’Ébola et de la pandémie de la Covid-19 en contradiction avec le droit guinéen.

Quelles sont les conséquences de la séparation familiale des enfants de migrants ?

Au cours de nos enquêtes, nous avons pu constater que de nombreux enfants vivant avec un des deux parents ou avec des tuteurs souffrent de vulnérabilités émotionnelles et psychologiques. Ils sont confrontés à un manque de protection et d’encadrement, des difficultés éducatives ainsi que des risques de migration autonome.

A Bouaké (Côte d’Ivoire) et à Nouadhibou (Mauritanie), certains enfants séparés de leurs parents biologiques affirment « souffrir de sentiments d’abandon ». A Dakar et à Conakry, d’autres disent « ne pas être à l’abri des risques d’exploitation ou de maltraitance ».

L’absence des parents influence différemment la scolarisation des enfants. L’absence du père peut entraîner une faible autorité dans le foyer et un sentiment d’abandon. Quand la mère manque, les filles risquent davantage d’interrompre leur scolarité pour assumer des tâches domestiques.

En outre, il y a une perte du lien émotionnel, car la mère joue souvent un rôle affectif et éducatif quotidien. On constate une baisse du suivi scolaire et nutritionnel, surtout pour les jeunes enfants.

La séparation familiale des enfants de migrants constitue un défi majeur qui exige des politiques inclusives et un soutien coordonné pour leur bien-être et la réunification. Les enfants expriment de façon récurrente leur besoin de surmonter cette séparation.

Entre autres conséquences de la séparation familiale sur les enfants, ces derniers citent le sentiment d’abandon, d’anxiété, de troubles du comportement, de perte de repères, un manque de lien parental, une rupture dans la construction identitaire, un isolement, une déscolarisation possible, etc.




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Quelles formes de soutien ou de protection pourraient améliorer leur condition ?

Les enfants migrants travailleurs ont besoin d’avoir accès aux documents d’état civil (actes de naissance, certificats de résidence, papiers d’identité, etc.). L’absence de ces documents entraîne une absence d’identité légale. Sans les papiers, il est impossible pour les autorités d’identifier l’enfant, de vérifier son âge, son origine ou son lien avec un éventuel accompagnant.

Une telle situation est à l’origine de l’échec de l’instruction ou de la scolarisation de nombreux enfants migrants. L’inaction des autorités publiques favorise des réseaux illicites d’établissement de documents administratifs qui ne satisferont pas les objectifs du tuteur. Ils ont également besoin d’assistance juridique pour défendre leurs droits.

L’absence de documents administratifs limite l’accès des enfants migrants travailleurs à l’éducation, aux soins et à la justice. Elle restreint aussi leurs droits dans leur pays d’origine et peut entraver leur mobilité et leur travail.

Les besoins en santé et bien-être incluent la vaccination, la prise en charge psychologique des enfants migrants travailleurs, ainsi que la santé, la nutrition et la santé mentale des enfants.

Les enfants de migrants séparés de leurs parents rencontrent des obstacles liés aux préjugés et à la marginalisation, qui limitent leur accès aux soins et affectent leur santé mentale. La sensibilisation des tuteurs aux besoins nutritionnels propres à chaque âge est essentielle pour assurer leur développement normal.

Les enfants migrants travailleurs ont besoin de reconnaissance, de soutien moral et d’espaces d’écoute favorisant le dialogue et la médiation. Ils doivent également voir leurs droits fondamentaux, ainsi que ceux liés à leur statut d’enfant migrant, respectés.

Que recommanderiez-vous aux décideurs pour encadrer cette migration dès l’enfance ?

Pour améliorer la situation des enfants migrants travailleurs en Afrique de l’Ouest, il est impératif que les États de la région mettent en place des politiques migratoires et des systèmes d’enregistrement civil garantissant leurs droits fondamentaux, indépendamment de leur statut. Ils doivent aussi renforcer les mécanismes de protection et de justice en faveur des enfants les plus vulnérables.

L’inclusion des enfants de migrants passe par des efforts coordonnés entre les gouvernements, les ONG, les institutions internationales et les communautés locales.

En termes de recommandation, il faut :

  • renforcer des politiques de protection sociale en facilitant l’accès aux soins et à l’éducation pour les enfants de migrants ;

  • créer des mécanismes de régularisation pour assurer un statut légal aux enfants de migrants et leur donner accès aux droits fondamentaux ;

  • lutter contre les discriminations à l’école en sensibilisant les enseignants et les élèves à l’inclusion ;

  • encourager l’éducation des filles en réduisant les obstacles socioculturels et en sensibilisant les familles ;

  • faciliter l’enregistrement des naissances issues de couples de migrants pour garantir un accès aux droits fondamentaux ;

  • mener des campagnes de sensibilisation auprès des communautés migrantes sur l’importance des documents d’identité.

Les enfants migrants constituent une réalité multiple. Ils sont exposés à des formes d’exploitation et leur situation devrait interroger les politiques publiques car ce sont des enfants le plus souvent dépourvus de documents administratifs. Ils se retrouvent confrontés à une non-admission dans les pays de transit, de destination et parfois d’origine.

L’avenir de ces enfants en Afrique de l’Ouest sera déterminé par la capacité des États, des communautés et des organisations régionales à transformer une mobilité souvent synonyme d’exploitation en une mobilité protégée et valorisée.

The Conversation

Aly Tandian does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Afrique de l’Ouest : une étude met en lumière la dure réalité des enfants migrants travailleurs – https://theconversation.com/afrique-de-louest-une-etude-met-en-lumiere-la-dure-realite-des-enfants-migrants-travailleurs-264289

How RFK Jr.’s misguided science on mRNA vaccines is shaping policy − a vaccine expert examines the false claims

Source: The Conversation – USA (3) – By Deborah Fuller, Professor of Microbiology, School of Medicine, University of Washington

RFK Jr. canceled $500 million of funding for research on mRNA vaccine technology. Anadolu/Getty Images

On Sept. 4, 2025, Health and Human Services Secretary Robert F. Kennedy Jr. is scheduled to testify before the Senate Finance Committee, where he is expected to face questions about his vaccine policies.

A few days prior, on Sept. 1, 2025, President Donald Trump demanded pharmaceutical companies to prove that COVID-19 mRNA vaccines work, saying that the CDC was “being ripped apart over this question.” It was his first public acknowledgment of the chaos roiling the Centers for Disease Control and Prevention amid the firing of CDC Director Susan Monarez and subsequent resignations of four high-level agency officials.

Meanwhile, public health experts and HHS staffers are calling for Kennedy to be fired.

The turmoil comes about a month after HHS announced US$500 million in funding cuts for 22 research contracts on mRNA vaccine technology. The agency said it will instead pour these funds into research on a traditional approach to designing vaccines that was first used more than 200 years ago. With such vaccines, called whole-virus vaccines, a person’s immune system is presented with the whole virus, often in weakened or inactivated form. This switcheroo has puzzled many scientists.

As a vaccinologist who has studied and developed vaccines for over 35 years, I see that the science behind mRNA vaccine technology is being widely misstated. This incorrect information is shaping long-term health policy in the U.S. – which makes it urgent to correct the record.

Are mRNA vaccines less safe than whole-virus vaccines?

HHS defended its cancellation of mRNA vaccine research based, in part, on a nonpeer-reviewed compilation of selected publications called the COVID-19 mRNA “vaccine” harms research collection. This document lists about 750 articles claimed to describe harms caused by mRNA vaccines against COVID-19. However, the vast majority of these articles aren’t about vaccines but about the harms of getting infected with SARS-CoV-2, the virus that causes COVID-19. And notably absent from it is the huge body of data showing mRNA vaccines actually prevent these harms.

a SARS-CoV-2 particle whole and in cross-section.
Spike proteins on SARS-COV-2 can cause tissue damage – and although mRNA vaccines produce them in small amounts, they prevent the virus from replicating to produce them in large amounts.
https://www.scientificanimations.com/wiki-images/, CC BY-SA

For example, the document being used to justify RFK Jr.’s claims about mRNA vaccines highlights 375 studies reporting that the virus’s spike protein alone, which is produced when the virus replicates, can cause excessive inflammation and tissue damage. This is true. But the document marshals this evidence to support the claim that mRNA vaccines, which are designed to produce spike proteins, cause the same harm – which is not accurate.

While viral replication results in uncontrolled production of a large amounts of the protein, the way it’s produced by the mRNA vaccine is very different. The vaccine produces a small, controlled amount of spike protein inside a few cells – just enough to induce an immune response without causing damage. And by blocking the virus’s replication, it reduces the amount of spike protein in circulation, actually having the opposite effect.

What about side effects like myocarditis?

Early reports flagged a type of heart swelling called myocarditis as a rare side effect of the mRNA vaccine, particularly for young men ages 18 to 25 after a booster dose. A 2024 review identified about 20 cases out of 1 million people who received the vaccine. However, that same study found that unvaccinated people had an elevenfold higher risk of getting myocarditis after a COVID-19 infection than vaccinated people.

What’s more, another 2024 study showed that people who developed myocarditis after vaccination had fewer complications than those who developed the condition after getting infected with COVID-19.

Do mRNA vaccines make the SARS-CoV-2 virus resistant?

Another claim from the compilation of supposed mRNA vaccine harms that was cited as a reason for cutting funding for mRNA technology is that mRNA vaccines cause mutations in the SARS-CoV-2 virus that make them resistant or less susceptible to the vaccine.

When a virus replicates in its host, it produces millions of copies of its genetic material. Mutations are copying errors that occur naturally during the replication process. These acquired mutations produce new variants, which is why both the COVID-19 mRNA and the whole-virus flu vaccine get updated annually – to keep up with natural changes in the virus.

Slowing down viral replication decreases the rate at which a virus can acquire new mutations. Since both mRNA and whole-virus vaccines stop or slow the virus from replicating, both types of vaccines help reduce the emergence of resistant viruses.

Viruses can mutate to escape from antibodies, but the mRNA vaccines are not causing the emergence of more virulent strains, likely for at least two reasons. First, mRNA vaccines induce immune responses that can attack the virus at multiple spots, so it would have to come up with many mutations at once to escape the vaccine’s defenses. Second, even if the virus could acquire all these mutations, they would likely weaken it, making it unable to cause or even transmit disease.

mRNA vaccines versus new SARS-CoV-2 variants

Kennedy, in announcing cuts to mRNA vaccine research on Aug. 5, 2025, claimed that mRNA vaccines don’t work against respiratory viruses and that HHS was moving toward “safer, broader vaccine platforms that remain effective even as viruses mutate.”

Both whole-virus vaccines and mRNA vaccines protected against COVID-19 and prevented hospitalization and death for millions of people worldwide between 2020 and 2024, but there’s clear evidence that the mRNA-based vaccines provided significantly better protection than whole-virus vaccines. And for COVID-19, mRNA vaccines are more effective against new variants, which emerge as viruses mutate, than whole-virus vaccines.

mRNA vaccines’ superpower is that they can be updated and manufactured very quickly, unlike traditional whole-virus vaccines.

The COVID-19 mRNA vaccines started with exceptionally high efficacy, exceeding 94%. When the SARS-CoV-2 delta and omicron variants emerged in the spring and fall of 2021, mRNA vaccines became less effective in preventing infections. However, they remained highly effective in preventing severe illness, whereas in unvaccinated people the rates of severe illness and hospitalization remained high.

This is because mRNA vaccines induce the immune system to make both antibodies and specialized immune cells called T cells. These elements can recognize multiple parts of the virus, including ones that don’t change, enabling significant protection against new variants.

What’s more, the mRNA vaccines have a superpower that no other type of vaccine can currently match: They can be quickly updated and manufactured within two to three months. To develop a whole-virus vaccine, researchers must first spend months isolating and propagating the virus. Conversely, making an mRNA vaccine requires just sequencing the virus’s genetic code – a process that today takes just hours.

If a new pandemic began today, mRNA vaccines are currently the only type of vaccine that could be developed quickly enough to disrupt its spread.

The future of mRNA vaccine technologies

Thirty years ago, when scientists first started developing mRNA vaccine technology, they recognized its potential to overcome major limitations of whole-virus vaccines – namely, slow production time and more limited ability to protect from new viral variants. Today, mRNA vaccines are also being developed to prevent or treat diseases including HIV and cancer, as well as autoimmune and genetic diseases.

Of course, this technology can be further improved. New mRNA vaccine technologies are aimed, among other things, at making mRNA vaccines easier to store to allow for faster distribution and reduce their short-term side effects, eliminate the rare risk of myocarditis and more quickly block a respiratory infection.

The National Institutes of Health is funneling money away from new mRNA technologies toward a single project developing universal vaccines based on traditional whole-virus vaccine technology. Universal vaccines are urgently needed to provide broader protection against ever-changing respiratory viruses, such as influenza, that are major pandemic threats.

A 2022 study in mice and ferrets showed that a universal flu vaccine NIH plans to support has promise. However, multiple studies of potential universal flu vaccines based on mRNA technology show even more potential. Such vaccines could induce broader immunity than whole-virus vaccines by eliciting antibody and T-cell responses that target an even wider range of flu viruses.

It’s hard to square those benefits with the fact that HHS and NIH have named the planned new universal vaccine platform “Generation Gold Standard,” insisting that it represents a new standard in science and transparency. The effort seems more akin to eliminating all e-bike technology and telling everyone who seeks one to get by with a single brand of a 10-speed bike: Getting to the intended destination may still be possible, but it will be slower and harder.

And in the case of abandoning mRNA vaccine research, it may lead to lives needlessly lost, whether due to potential medicines untapped or to pandemic unpreparedness.

The Conversation

Deborah Fuller receives funding from the National Institutes of Health. She is co-founder and a scientific advisor for two biotech companies developing nucleic acid vaccine technologies that are not based on mRNA.

ref. How RFK Jr.’s misguided science on mRNA vaccines is shaping policy − a vaccine expert examines the false claims – https://theconversation.com/how-rfk-jr-s-misguided-science-on-mrna-vaccines-is-shaping-policy-a-vaccine-expert-examines-the-false-claims-263027

Herbívoros y fuego controlado: una alianza necesaria para prevenir grandes incendios forestales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Rosa María Canals, Catedrática en Pascicultura y Restauración de Ecosistemas, Universidad Pública de Navarra

Tras la oleada de incendios que ha sacudido y conmocionado España, se ha generado una conciencia común: es necesario gestionar el paisaje para hacerlo menos vulnerable a los fuegos de alta intensidad.

Sin embargo, junto a esta lección aprendida surgen muchas preguntas que no tienen una respuesta sencilla. ¿Podrán recuperarse los bosques originales en las áreas de mayor valor ecológico si aplicamos una gestión adecuada? ¿Podemos evitar que el fuego vuelva a aparecer en el mismo lugar? ¿Cómo debemos afrontar la gestión de las interfaces urbano-forestales de una manera económica y duradera?

Son cuestiones complejas. Trataré de abordar algunas de ellas a la luz de lo aprendido durante más de tres décadas de trabajo en ecología de comunidades vegetales y en proyectos de restauración ambiental en los que el fuego y los herbívoros han sido herramientas clave.

Alteración de las dinámicas de perturbación natural

Sabemos que las comunidades vegetales que se establecen en un determinado lugar responden a las condiciones de clima y de suelo imperantes, seleccionándose el conjunto de especies vegetales mejor adaptadas a ese ambiente en particular.

Pero eso no lo es todo. Existe un tercer factor decisivo que determina el establecimiento de una comunidad vegetal: el régimen histórico de perturbaciones. Bajo este concepto se engloban procesos naturales que en apariencia podrían parecer destructivos, pero que en realidad han moldeado la vegetación durante millones de años, como las sequías, las plagas, los aludes, la presencia de herbívoros y, por supuesto, el fuego. Cada comunidad vegetal está adaptada a un régimen concreto de perturbación y lo demuestra con las estrategias adaptativas de las especies dominantes: espinas y toxinas frente al herbívoro, cortezas aislantes y piñas serótinas frente al fuego, etc.




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Lo cierto es que los seres humanos hemos alterado profundamente estas dinámicas de perturbación natural y de manera más intensa a lo largo del último siglo. Por ejemplo, los ecosistemas abiertos –aquellos en los que domina el componente herbáceo, como pastizales, matorrales poco densos, dehesas y sabanas– han visto muy mermado el consumo de biomasa vegetal por herbívoros y están desapareciendo en favor de comunidades vegetales más lignificadas y con mayor carga combustible.

Aunque la extinción de megafauna es un proceso que arranca a finales del Pleistoceno, en el Holoceno las poblaciones de herbívoros ungulados se han visto seriamente reducidas, contribuyendo los humanos a ello de una manera decisiva.




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Además, las domesticaciones en el Neolítico se centraron en un grupo concreto de herbívoros, los pastantes, por ser animales de comportamientos más gregarios, tener movimientos migratorios predecibles y alimentarse en áreas abiertas, de buena visibilidad. Durante los últimos miles de años, los herbívoros domésticos han emulado el régimen de perturbación de los salvajes pastantes, contribuyendo a mantener ecosistemas abiertos. Pero en las últimas décadas, la caída en picado de la ganadería extensiva y el auge de explotaciones intensivas han cambiado radicalmente esta dinámica.

Algo similar ha sucedido con los regímenes naturales del fuego. Muchas comunidades vegetales, en ambientes mediterráneos y también en ambientes templados y tropicales, tienen un régimen natural de incendios asociado, con un profundo rol ecológico ligado al reciclado y la regeneración vegetal. El cambio climático, generando condiciones extremas propicias para el fuego y llevando a las cubiertas vegetales a situaciones de gran estrés térmico e hídrico, la acumulación de combustible por falta de aprovechamientos y la llamada paradoja de la extinción (décadas de supresión de incendios naturales que favorecen la acumulación de combustibles), han trastocado completamente ese equilibrio y alimentan fuegos cada vez más intensos y difíciles de controlar. En este escenario, los incendios serán inevitables y recurrentes, mientras exista vegetación para arder.

Tierra calcinada
Terreno calcinado tras el incendio forestal que tuvo lugar en Llerena (Extremadura) en agosto de 2025 y arrasó 5.900 hectáreas.
Right Perspective Images/Shutterstock



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Interconexión entre el fuego y los herbívoros

El herbívoro y el fuego han estado siempre estrechamente interconectados y en latitudes templadas y mediterráneas han sido los dos grandes gestores y recicladores de la materia vegetal. La descomposición, aunque también cumple esa función, tiene un papel más relevante en otros ambientes. El herbívoro consume la vegetación de manera selectiva, lenta y recurrente, transformándola en energía, crecimiento animal y en nutrientes que devuelve parcialmente al suelo a través de sus excrementos. El fuego, en cambio, es un evento poco frecuente que actúa de forma rápida e intensa, reciclando compuestos orgánicos tan resistentes como la lignina. Así, genera una gran mineralización de la materia vegetal –al reducirla a cenizas–, que puede retenerse en el ecosistema o perderse (volatilización, escorrentía, lixiviación) en función de la intensidad del fuego y de las condiciones locales tras el paso de las llamas.

Mientras el herbívoro escoge lo más nutritivo y digestible, el fuego no discrimina. Son procesos distintos, pero complementarios, y cuando se gestionan de forma conjunta y planificada, emulando regímenes naturales de perturbación, permiten mantener, a costes económicos reducidos, paisajes abiertos y en mosaico, donde se combinan distintos tipos de vegetación, con baja carga de combustible y elevada biodiversidad.




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Lecciones finales desde la ecología de la perturbación

Las comunidades vegetales que conocemos han evolucionado durante millones de años adaptándose a regímenes de perturbación concretos, definidos por su tipología, su intensidad y su frecuencia. De modo que el tipo de perturbación dominante marca las características de los ecosistemas, tanto como el clima y el suelo. Allí donde prevalecen los herbívoros, las comunidades vegetales tienden a ser nutritivas y atractivas al animal, buscando ser pastadas para asegurar su regeneración. Allí donde domina el fuego, prosperan especies inflamables, de combustión veloz y regeneración rápida, que favorecen la ocurrencia de nuevos incendios. Sin herbívoros y con un cambio climático en progreso, es fácil adivinar qué tipos de comunidades vegetales van a verse favorecidas en el futuro, comunidades adaptadas al fuego y que dependen de él principalmente para regenerarse.

Como apuntan diversos expertos, muchas comunidades vegetales ya no se corresponden con el clima en el que se originaron. Podemos añadir también que están evolucionando y respondiendo al régimen de perturbaciones actual, diferente al histórico, en el que la ausencia casi total de herbívoros deja al fuego como principal reciclador natural de la biomasa vegetal.

Todo apunta a que, azuzados por el cambio climático, los incendios se repetirán con mayor frecuencia y, en muchos casos, resultará imposible recuperar muchos ecosistemas tal como los conocíamos. Ante esta realidad, la gestión debe orientarse a reducir el estrés que están sufriendo nuestros bosques, rebajando su densidad y cobertura para sanear las masas forestales y mitigar la virulencia de los incendios. Pero también es fundamental promover paisajes en mosaico y espacios abiertos, donde la ganadería extensiva y el pastoreo de los herbívoros desempeñen el papel reciclador perdido, tan esencial en estos momentos.




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Las quemas técnicas pueden ayudar a controlar la vegetación leñosa en fases iniciales. No obstante, sólo la combinación con planes de pastoreo plurianuales evitará la consolidación de comunidades pirófitas y reducirá la peligrosa dependencia del fuego como único mecanismo regulador de la materia vegetal. La combinación de fuego técnico y pastoreo ambiental, llamado herbivorismo pírico, ofrece una vía de gestión sostenible, capaz de mantener ecosistemas más resilientes, menos inflamables y, al mismo tiempo, más biodiversos. En ello estamos trabajando.

The Conversation

Rosa María Canals y su equipo de investigación han recibido y reciben fondos de entidades públicas (Fundación Biodiversidad, Agencia Estatal de Investigación,..) en convocatorias competitivas para financiar sus líneas de investigación.

ref. Herbívoros y fuego controlado: una alianza necesaria para prevenir grandes incendios forestales – https://theconversation.com/herbivoros-y-fuego-controlado-una-alianza-necesaria-para-prevenir-grandes-incendios-forestales-264085

What are the key purposes of human writing? How we name AI-generated text confuses things

Source: The Conversation – Canada – By Taylor Morphett, Assistant Professor, English, University of Northern British Columbia

As another school year returns, large language models (LLMs) present difficult questions around learning, thinking, plagiarism and authorship for educators.

New approaches to assignments and assessment are required. Student papers that use LLM technology require additional labour on many fronts. Professors have expressed frustration, worry and anxiety.

As an assistant professor of English whose research has focused on the histories of writing and how it’s taught, I have been involved in many discussions at institutions of higher learning about this topic.

The immediate issue of LLMs in the classroom points to a larger reality. For too long, instructors and universities have been treating students’ writing difficulties as a deficiency in the mind — instead of confronting the truth that writing, as a technology for thinking, is cognitively demanding.

Writing is a technology that helps us understand our own ideas better. Where people are involved in thinking and invention — including at universities — it needs to be taught in that spirit.

Why consider AI output ‘writing?’

Given what LLM technology actually does and does not do, why do we even consider it writing — as in, “they used an LLM to write their assignment?”

LLM technology creates — at best — a facsimile of a textual object, meaning that based on its training on existing texts, it can create output that resembles a “text.”

When generated for the purpose of a university assignment, it resembles the standard academic English that has ruled the academy (historical and present-day institutions of higher learning including colleges, technical schools and universities) and has been endowed with a special relationship to truth.

I’ve seen anger and frustration expressed towards the student who uses LLM output in their writing process or submitted work. The reason seems to be that it undermines that special relationship to truth that academic writing has long held.

The artificial output reveals that academic writing is not an “absolute.” Rather, the LLM shows us how academic writing is a social construction. But academia at large has long resisted acknowledging this.

Historical and social concerns

Using standard academic writing is a choice. It is a style of writing that has been invisible within academia, thought to be the default and “correct.”

Many of the problems and questions that arise with LLM technology in relation to writing are really historical and social concerns that get to the very heart of what we understand writing to be.

As I continue to discover in my research, writing in the context of the English-speaking academy since the 19th century has been taught within two distinct streams: literary and technical communication. Both of these streams flourished within the larger context of the British Empire because both are adept strategies for maintaining the status quo.

The combination of the veneration of canonical British literature and the instruction of a utilitarian language that acts as a “neutral” communication tool (one that is not at all neutral), and a standard one, serves to create an understanding of writing that over-prioritizes the finished text.




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Writing and context

Still today, what is technically “correct” is seen as “good” writing, while “good” writing has come to be represented as the product of a strong mind. This, of course, implies “bad writing” is the product of a mind not as able, or even suited for post-secondary study. Scholars in writing studies have pointed to academia’s focus on correctness and how ways of teaching academic writing can perpetuate inequities, including those related to colonialism and racism.

“Correctness” in writing is, as writing scholars have long discussed, subjective and contextual. For example, “ill c u l8r” would work as a perfectly fine text message in 2008. In another setting — including texting today with QWERTY-keyboard equipped phones — it would seem “off” or even incomprehensible.

When a student’s ability to write academically is taken to represent their intelligence, we should not be surprised when some use LLMs.




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Revisiting the final product

Because LLM technology can mimic standard academic writing, it becomes the perfect context through which to address how we think about the final product of writing. The truth is, if university instructors are only interested in a “correct” piece of writing, it sort of makes sense for a computer to do it.

However, if we are interested in a way of teaching that supports students’ inquiry and thought as they interrogate the often oppressive systems they find themselves in, we need to broaden our understanding of writing beyond the confines of a “correct” standard academic English.

It is important that educators begin to see our students’ writing as part of a social situation which requires clarity on their end, yes, but also our listening.

Without reconsidering how western institutions have positioned writing, instructors risk educating a generation of students who are alienated from their own ability to think and create new knowledge, perspectives and understandings because of an over-reliance on LLMs. Western institutions will create students alienated from themselves and the potentialities of their ideas.




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Re-think what writing is

Part of re-thinking what writing is means allowing students to submit work in process, providing for feedback from instructors on ungraded drafts of assignments and developing scaffolding assignments that reveal the process behind writing.

It also means teaching students a new approach to writing that draws attention to the power structures implicated in the instruction of writing and embraces invention — a rhetorical concept under-utilized within the western academy. “Invention” implies many considerations, including around audience, relationships and circumstances.

Writing experts need to be brought into AI-policy creation and the implications of this field’s research must be considered by a wider audience. If LLMs are implemented in universities without careful consultation with writing experts, I fear we will soon find that all that can be written is the status quo of received ideas.

It’s time for us to reconsider writing in universities or risk our students losing access to their own writing. The study of writing is uniquely situated to help our institutions navigate these urgent questions.

The Conversation

Taylor Morphett does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. What are the key purposes of human writing? How we name AI-generated text confuses things – https://theconversation.com/what-are-the-key-purposes-of-human-writing-how-we-name-ai-generated-text-confuses-things-261899

The B.C. Supreme Court’s recognition of Cowichan title is an invitation to enact transformative change

Source: The Conversation – Canada – By Sarah Morales, Associate Dean Indigenous & Associate Professor, Faculty of Law, University of Victoria

The British Columbia Supreme Court’s recent decision in Cowichan Tribes v. Canada has attracted a lot of headlines, with some suggesting it signals the end of private property.

The Quw’utsun Nation sought Declarations of Aboriginal title to Tl’uqtinus, their traditional village on the south arm of the Fraser River and surrounding lands, and of their right to fish for food in the south arm of the Fraser.

The judgment certainly deserves careful consideration, but not because it puts individual homes and businesses at risk. That isn’t what the court found, nor was it asked to.

It deserves attention because it calls on governments — and all of us — to honestly confront the unlawful foundations of B.C.’s land system and turn our minds to meaningful remedies.

In her ruling, Justice Barbara Young held that the Crown lacked lawful authority to grant fee simple titles over Cowichan lands in what is today part of the city of Richmond. In her words:

“The Crown grants of fee simple interest in the Cowichan Title Lands, and the Crown vesting of the soil and freehold interest in certain highway lands in the Cowichan Title Lands, unjustifiably infringe the Cowichan’s Aboriginal title.”

The plaintiffs did not ask the court to invalidate the title deeds of homeowners and businesses, and the ruling does not do that. Instead, the Quw’utsun Nation sought accountability from the Crown: the return of provincially and municipally held lands and long-term solutions about all the wrongfully granted titles.

This distinction matters if we are interested in finding solutions about how to live well together, and not just in stirring up controversy.

We tend to view private property as a sacrosanct, never-changing principle. But property rights are legal constructs — never absolute and always evolving. Just as property law has been reshaped to reflect human rights and environmental protections, it must also evolve to address colonial injustices and dispossession.

An unresolved history of land theft

For the Quw’utsun Nation, the court’s decision fits into a broader context of land dispossession. While this case concerns part of its territory along the Fraser River, most Quw’utsun territory is on southern Vancouver Island, where the infamous E&N Railway grants transferred vast areas into private hands without consent, treaty or compensation.

That land grab remains the central obstacle in more than 30 years of ongoing negotiations between the Hul’quimi’num Treaty Group, which represents three of the plaintiff First Nations, as well as the Lyackson and Ts’uubaa-asatx Nations, and the Crown.

In fact, initial colonial incursions into Quw’utsun territory on Vancouver Island were timed such that many members were at Tl’uqtinus when the first governor of British Columbia, James Douglas, arrived with settlers. His promises of compensation were never honoured.

B.C. led Canada in incorporating the United Nations Declaration on the Rights of Indigenous Peoples into law in 2019. Yet now the province has chosen to adopt an adversarial approach, viewing the case as a threat to private property, and will appeal the B.C. Supreme Court decision.

Appeals will only prolong an already painful process. Instead, the government could choose to focus on legal creativity and innovative solutions over endless court battles. On Haida Gwaii, shared governance agreements preserve the respective authorities of the Haida Nation and the Crown and reflect both legal traditions.

In 2021, the B.C. Supreme Court concluded the Blueberry River First Nation’s treaty rights had been infringed upon by the impacts of industrial developments in its traditional territory. The province chose not to appeal, instead pledging to work with Blueberry River First Nation to collaboratively address the impacts of resource development.

In New Zealand, the landmark Treaty of Waitangi settlements likewise embed Māori authority into land-use governance while respecting shared interests in lands and resources.

While not perfect, these examples all demonstrate how a serious engagement with Indigenous law and authority can lead to better and more equitable solutions for everyone.

Quw’utsun law offers tools for shared governance, managing overlapping rights in ways that respect both Indigenous and Crown institutions. For Quw’utsun Mustimuhw (Cowichan Peoples), territoriality is not marked by rigid boundaries but by relationships of reciprocity, kinship and shared use.

This flexible, place-based orientation provides a foundation for governance that can accommodate overlapping interests while maintaining respect and accountability inter-societally and across legal systems.

An invitation to restore good relations

As Chief Cindy Daniels of Cowichan Tribes stated:

“The court’s declaration is important to reconciliation and to correct the historical injustice that was done to us. We will not pursue this with malice and we will conduct ourselves with one mind, one head and one spirit for our culture and community, and for the generations to come.”

Drawing on this principle could replace adversarial conflict with constructive nation-to-nation dialogue. But truth must come first.

Society cannot look away, even when past wrongs are difficult to repair — such as with homes and businesses on unlawfully granted land.

Acknowledging harm does not mean ignoring the interests of current owners, but it does require honesty about the history of how that land was acquired and creativity in finding remedies. Shying away from truth because it is uncomfortable only fuels greater uncertainty and conflict for all parties in the long run.

The Cowichan decision reminds us that reconciliation demands confronting the colonial foundations of Canada’s property system. Governments must accept responsibility rather than hide behind litigation.

Commentators and the public should resist alarmist rhetoric and instead engage with the deeper questions this ruling raises: how to repair relationships, return what can be returned and reshape institutions to reflect renewed relations.

The way we own and manage property and land in Canada is not working: housing inequality is rising, forest fires rage across the country and biodiversity loss has reached emergency levels.

The court’s decision is a chance for a new beginning grounded in an honest reckoning about how property rights were created, and how they can be reshaped to justly and honestly improve how we live together on these lands.

In our view, it is an invitation to imagine and enact transformative change for generations to come.

The Conversation

Sarah Morales is Coast Salish and a member of Cowichan Tribes. Over the past 20 years she has worked with Cowichan Tribes, and other Quw’utsun Nations, on projects related to child and family services, governance and law revitalization. She receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council or Canada.

Estair Van Wagner receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada.

ref. The B.C. Supreme Court’s recognition of Cowichan title is an invitation to enact transformative change – https://theconversation.com/the-b-c-supreme-courts-recognition-of-cowichan-title-is-an-invitation-to-enact-transformative-change-263596