Trafic d’animaux sauvages en Corée du Nord : quand le gouvernement ferme les yeux

Source: The Conversation – in French – By Joshua Elves-Powell, Associate Lecturer in Biodiversity Conservation and Ecology, UCL

Des rapports suggèrent que les peaux de goral à longue queue sont vendues illégalement à des acheteurs en Chine. Vachovec1 , CC BY-SA

Des chercheurs se sont appuyés sur des témoignages de réfugiés nord-coréens, confirmés par des rapports provenant de Chine, de Corée du Sud et des images satellites, pour dresser un panorama du commerce illégal d’animaux sauvages dans le pays. Ces données suggèrent l’implication de l’État.


La Corée du Nord est connue pour le commerce illicite d’armes et de stupéfiants. Mais une nouvelle étude que j’ai menée avec des collègues britanniques et norvégiens révèle un nouveau sujet de préoccupation : le commerce illégal d’espèces sauvages prospère dans le pays, y compris celles qui sont censées être protégées par la législation nord-coréenne.

D’après des entretiens menés auprès de réfugiés nord-coréens (également appelés « transfuges » ou « fugitifs »), qui peuvent être d’anciens chasseurs voire des intermédiaires dans le commerce d’animaux sauvages, notre étude, menée sur quatre ans, montre que presque toutes les espèces de mammifères en Corée du Nord plus grandes qu’un hérisson sont capturées de manière opportuniste, à des fins de consommation ou de commerce. Même les espèces hautement protégées font l’objet de commerce, parfois au-delà de la frontière chinoise.

Le plus frappant reste que ce phénomène ne se limite pas au marché noir. L’État nord-coréen lui-même semble tirer profit de l’exploitation illégale et non durable de la faune sauvage.

Le poids de l’économie informelle

Après l’effondrement de l’économie nord-coréenne dans les années 1990, le pays a connu une grave famine qui a fait entre 600 000 et 1 million de morts. Ne pouvant plus compter sur l’État pour subvenir à leurs besoins alimentaires, médicaux et autres besoins fondamentaux, de nombreux citoyens se sont alors mis à acheter et à vendre des marchandises – parfois volées dans des usines publiques ou introduites en contrebande depuis la Chine – dans le cadre d’une économie informelle en pleine expansion.

Cette économie informelle intègre aussi les animaux et les plantes sauvages, une précieuse ressource alimentaire. La faune sauvage est également appréciée pour son utilisation dans la médecine traditionnelle coréenne, ou pour la fabrication de produits tels que les vêtements d’hiver.

Il est important de noter que la vente de produits issus de la faune sauvage permet de générer des revenus importants. C’est pourquoi, outre le marché intérieur de la viande sauvage et des parties animales, un commerce international s’est développé, dans lequel des contrebandiers tentaient de vendre des produits issus de la faune sauvage nord-coréenne de l’autre côté de la frontière, en Chine.

Vue aérienne de la zone démitarilisée à la frontière entre les deux Corées
La zone démilitarisée de 4 km de large entre la Corée du Nord et la Corée du Sud est devenue un refuge pour la faune sauvage.
Eleteurtre/Shutterstock

Ce commerce n’est officiellement reconnu par aucun des deux gouvernements. La Corée du Nord est l’un des rares pays à ne pas être signataire de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) – le traité qui réglemente le commerce international des espèces menacées d’extinction. Il existe donc peu de données officielles. Bon nombre des techniques habituellement utilisées par les chercheurs, telles que les études de marché ou l’analyse des données relatives aux saisies ou au commerce, sont tout simplement impossibles à mettre en œuvre dans le cas de la Corée du Nord.

C’est pourquoi nous nous sommes tournés vers les témoignages de réfugiés nord-coréens. Parmi eux figuraient d’anciens chasseurs, des intermédiaires, des acheteurs et même des soldats qui avaient été affectés à des réserves de chasse réservées à la famille dirigeante de la Corée du Nord. Afin de protéger leur sécurité, tous les entretiens ont été menés de façon anonyme.

Pour vérifier les données issues de ces entretiens, nous les avons comparées à des rapports provenant de Chine et de Corée du Sud. Les changements signalés dans certaines ressources forestières ont également pu être vérifiés à l’aide de la télédétection par satellite.

Leurs récits donnent une idée impressionnante des interactions entre humains, animaux et plantes sauvages en Corée du Nord, ainsi que de leur utilisation commerciale.

L’implication de l’État nord-coréen dans le commerce d’espèces sauvages

Cependant, le plus inquiétant est que ces témoignages suggèrent que l’État nord-coréen lui-même puisse être directement impliqué dans le commerce d’espèces sauvages. Bien qu’il soit ressorti clairement des entretiens que les participants ignoraient le plus souvent le statut juridique du commerce d’espèces sauvages pour différentes espèces, notre analyse montre qu’une partie de ce commerce semble être illégale.

Les participants ont décrit des fermes d’élevage d’animaux sauvages gérées par l’État qui produisent des loutres, des faisans, des cerfs et des ours, ainsi que des parties de leur corps, à des fins commerciales. En effet, la Corée du Nord a été le premier pays à élever des ours pour leur bile, avant que cette pratique ne se répande en Chine et en Corée du Sud.

L’État aurait également collecté des peaux d’animaux via un système de quotas, les habitants remettant les peaux à une agence gouvernementale, tandis que les chasseurs agréés par l’État et les communautés locales offraient parfois des produits issus de la faune sauvage à l’État ou à ses dirigeants en guise de tribut.

ours noir
La Corée du Nord possède des fermes d’élevage d’ours. L’un des produits fabriqués est la bile d’ours, utilisée en médecine traditionnelle (photo prise en Corée du Sud).
Joshua Elves Powell

L’une des espèces identifiées par nos interlocuteurs était le goral à longue queue (sur l’image en tête de cet article). Longtemps chassé pour sa peau, cet animal est désormais strictement protégé par la CITES. Nos données suggèrent que les gorals étaient destinés à être vendus à des acheteurs chinois. La Chine est pourtant partie à la convention (c’est-à-dire, elle l’a ratifié), ce commerce constituerait donc une violation des engagements pris par la Chine dans le cadre de la CITES.

Les impacts au-delà des frontières coréennes

La péninsule coréenne est un site d’importance mondiale pour de nombreuses espèces de mammifères. Ses régions septentrionales sont reliées, par voie terrestre, à des zones de Chine où ces espèces sont actuellement en voie de rétablissement. Cependant, la chasse non durable et la déforestation menacent leur potentiel de rétablissement en Corée du Nord.

Ceci a des conséquences plus larges. Par exemple, on espérait que le léopard de l’Amour, l’un des félins les plus rares au monde, puisse un jour recoloniser naturellement la Corée du Sud. Mais cela semble désormais très improbable, car ces animaux seraient confrontés à de graves menaces rien qu’en traversant la Corée du Nord.

Par ailleurs, les objectifs de conservation de la Chine, tels que la restauration du tigre de Sibérie dans ses provinces du Nord-est, pourraient être compromis si les espèces menacées qui traversent sa frontière avec la Corée du Nord sont tuées à des fins commerciales.

En outre, le commerce transfrontalier illégal d’espèces sauvages en provenance de Corée du Nord constituerait une violation des engagements pris par la Chine dans le cadre de la CITES, un problème grave susceptible d’avoir de graves répercussions sur le commerce légal d’animaux et de plantes. Pour faire face à ce risque, Pékin doit redoubler d’efforts pour lutter contre la demande intérieure d’espèces sauvages illégales.

Le commerce d’espèces sauvages nord-coréennes est actuellement un angle mort pour la conservation mondiale. Nos conclusions contribuent à mettre en lumière le problème que représente le commerce illégal et non durable d’espèces sauvages, mais la lutte contre cette menace, qui pèse sur les ressources naturelles de la Corée du Nord, dépendra en fin de compte des décisions prises par Pyongyang. Le respect de la législation nationale sur les espèces protégées devrait être une priorité immédiate.

The Conversation

Joshua Elves-Powell a reçu des financements du London NERC DTP et ses travaux sont soutenus par Research England.

ref. Trafic d’animaux sauvages en Corée du Nord : quand le gouvernement ferme les yeux – https://theconversation.com/trafic-danimaux-sauvages-en-coree-du-nord-quand-le-gouvernement-ferme-les-yeux-264911

Film festivals like TIFF set the tone for wider industry norms — here’s what we’re watching around AI

Source: The Conversation – Canada – By Lauren Knight, PhD Candidate, Faculty of Information, University of Toronto

This week, the Toronto International Film Festival (TIFF) is celebrating 50 years of films and programming.

Through its evolution, TIFF has become an industry staple for both artists and fans, and remains important as a “major launching pad for Hollywood.” It showcases a range of international and independent films to wider market success and connects filmmakers to distributors.

TIFF also plays an important international role by programming, launching and generating wider conversations — both at the festival and beyond via fan, industry, media and social media commentary — in response to emerging trends and technologies in the film industry.

By bringing together stakeholders and curating conversations, film festivals are also powerful cultural hubs that set the tone for the norms and practices of the industry. A major theme at the moment involves questions around AI.

Future of labour in film

In our work as researchers within the Creative Labour Critical Futures project at the University of Toronto, we are tracking and examining media responses to AI use across the film industry.

We’re also mapping emerging trends around policy, governance, worker organizing, creativity, discourses around venture-backed technology startups and acts of refusal when it comes to generative AI across the creative industries, in Canada and beyond.

Film festivals are trying different ways to address AI. One film festival founded and directed by American actor Justine Bateman promises no AI.

TIFF allows the use of AI-generated material in submissions but requires filmmakers to disclose how AI was used. The festival is providing a forum for AI-related conversations through a variety of panel discussions and events.

For example, on Sept. 8 at a “Visionaries” industry conference event, Andrea Scrosati of Fremantle, a major production and distribution company, spoke about Fremantle’s AI-focused Imaginae Studios.

He discussed unlocking new possibilities, noting that AI “tools will permit a new generation of talent to emerge, because they are taking away the barriers to entry.”

Yet the role of AI is a hot-button issue that all stakeholders — filmmakers, tech companies, distributors, creatives’ guilds and unions, policymakers and viewers — are struggling to negotiate.

This negotiation involves narrating and interpreting the meaning of AI in the film industry, which in turn establish new norms and practices.

The ‘ethical’ AI narrative

A key aspect of what’s being negotiated across culture industries is how the public, fans, media commentators and creative professionals understand responsible AI creation and how this intersects with legal issues around ownership, fairness issues around compensation and philosophical issues related to creativity and authenticity.

A notable participant at a TIFF industry event was the company Moonvalley, a Toronto-based AI research firm.

With the company Asteria Film Co., co-founded by American actor and writer Natasha Lyonne and entrepreneur Bryn Mooser, Moonvalley built a generative AI model called Marey, trained only, as the company notes, on “licensed, high-resolution footage.”

Asteria Film identifies itself as “an artist-led generative AI film and animation studio” which, alongside Moonvalley, “has built the first of its kind clean foundational AI model.” Some media reporting amplifies this discourse about it being “clean” and “ethical.”




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Yet, there are questions around private companies, including Moonvalley, and public transparency and accountability in terms of how AI has been trained. A Vulture story that covered a visit to Asteria’s Los Angeles studio and interview with Mooser reports the company ultimately declined to provide details about where and how exactly the company paid for and acquired data for training, citing confidentiality.

Labour concerns

Amid conversations about the potential of AI, debates were amplified this year in labour disputes, union strikes and changes to major award regulations.

In July 2024, 2,500 voice-acting members of the SAG-AFTRA union began what would become a year-long strike against 10 video game companies, including Electronic Arts and Activision. The strike outlined 25 disputes, but the primary concern was the industry’s use of AI to “replicate” or “replace” human performers.

This debate began alongside the announcement of an AI Darth Vader non-playable character in Fortnite. Trained using the voice of James Earl Jones, with approval from Jones written into his estate, players could interact with Darth Vader during gameplay.

This integration has become controversial partly because the AI Darth Vader has been recorded swearing or using homophobic slurs in conversation with players.

SAG-AFTRA members reached an agreement on July 9, 2025, noting the addition of “consent and disclosure requirements for AI digital replica use” in union contracts.




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Following debates about AI use in Oscar-nominated films, the Academy Awards has similarly amended qualification requirements to account for AI use and disclosure. The academy announced that “the use of generative AI will neither help, nor hinder, a film’s chances of nomination,” though it has stressed that voting members should consider the role of the human at the heart of the creative process.

As these controversies show, the role of AI in the film industry is far from decided. Instead, it is being continually negotiated by many stakeholders.

Festivals like TIFF not only provide a window into these debates, but also play an active role in shaping their direction.

The Conversation

Lauren Knight receives funding from Creative Labour and Critical Futures (CLCF) project.

Daphne Rena Idiz receives funding from the Creative Labour and Critical Futures (CLCF) project.

Rafael Grohmann receives funding from Creative Labour and Critical Futures (CLCF) project and SSHRC Connection Grant (Workers Governing Digital Technologies).

ref. Film festivals like TIFF set the tone for wider industry norms — here’s what we’re watching around AI – https://theconversation.com/film-festivals-like-tiff-set-the-tone-for-wider-industry-norms-heres-what-were-watching-around-ai-264225

Political tensions and border anxiety pushed Canadians away from the U.S. this summer

Source: The Conversation – Canada – By Moira A. McDonald, Associate Professor, Director, School of Tourism and Hospitality Management, Royal Roads University

Global attitudes towards the United States as a tourism destination are plunging. Travel pressures, exchange rate shifts and increasing economic uncertainty have all damaged the reputation of the American travel sector.

Canadian travellers are increasingly turning to domestic destinations instead of heading south. In July, Canada recorded its seventh consecutive month of declining travel by Canadians to the U.S..

Political tensions appear to be playing a role in this shift.
U.S. President Donald Trump’s repeated remarks about wanting to annex Greenland and make Canada the “51st state” continue to strain relations between the U.S. and its allies.




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For travellers, these tensions are one more deterrent for travelling to the U.S. About three-quarters of Canadians say Trump is “dangerous” and favourable views of the U.S. are at an all-time low.

Impact south of the border

This year, many Canadians reconsidered plans to visit the U.S. for business, leisure or school-related excursions, and some also boycotted American products.




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A spring 2025 prediction by Tourism Economics anticipated a 20 per cent drop in Canadian travellers to the U.S.. The U.S. Travel Association trade group warned that even a 10 per cent decrease would translate to two million fewer visits and US$2.1 billion in lost spending.

By the end of the summer, year-to-date Canadian visitation numbers to the U.S. had dropped about 25 per cent, confirming that U.S.-inbound travel continues to under-perform.

These choices also reflect anxiety over border-related issues. Measures such as selected detainment and asking Canadians to register with Homeland Security if they plan to stay in the U.S. for 30 days or more has raised concerns among those accustomed to a less intrusive cross-border experience, with some even describing the U.S. as a “hostile state.”




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U.S. border cities feel the pinch

The consequences of declining travel are being felt most acutely in U.S. border cities that rely heavily on Canadian visitors. Canadians are no longer “flooding the streets of Seattle,” but instead are supporting their own tourism economy.

Cities such as Buffalo, N.Y., hoped to entice Canadians with welcoming billboards and special incentives over the summer. But according to Patrick Kaler, CEO of Visit Buffalo Niagara, it was clear their efforts were not working, and the customary wave of Canadian visitors never arrived.

The ripple effects extend well beyond traditional tourism destinations as well. One New York golf club reported losing US$400,000 in Canadian revenue, for instance.

It’s not just Canadian travellers, either. While Canada has seen an increasing number of European visitors, the U.S. recorded a 17 per cent decline in European arrivals this past spring, also likely due to the Trump administration’s policies and general actions.

Canadian tourism grows stronger

While U.S.-bound travel declines, domestic tourism in Canada is on the uptick. Tourism is the country’s second-largest service export, bringing $31 billion into the country last year, according to Destination Canada.

Unlike traditional exports, where goods are shipped out of the country, tourism brings the world’s travellers to Canada — and increasingly, keeps Canadians exploring at home.

Canadians took a total of 77.4 million trips within Canada in the first quarter of 2025. This shift has been a welcome trend to local tourism organizations and businesses that have been increasingly relying on the support of local travellers.

More Canadians are avoiding U.S. travel amid the ongoing trade war. (Global News)

But the increasing fear and uncertainty of American tariffs, policies and bilateral relationships are also causing unrest among Canadian tourism businesses.

The impact from Trump’s tariffs are felt particularly strongly by many Indigenous business owners who are now navigating inflationary pressures and workforce shortages.

Looking forward

The downturn in U.S.-bound travel could extend beyond the summer as travel trends continue to evolve. The statistics underscore the challenges that the U.S. tourism sector is facing and is likely to continue to face in to the future.

With World Tourism Day approaching on Sept. 27, travel and tourism professionals are encouraged to reflect on the industry’s development.

A central goal of World Tourism Day is to inspire “awareness among the international community of the importance of tourism and its social, cultural, political, and economic value.”

As tourism experts, we continue to promote Canadian generosity through professionals and travellers who keep kindness at the centre of their travel — an action that may be even more important than many realize.

Intentional travel and tourism can foster both peace and understanding. While the focus of World Tourism Day and the United Nations World Tourism Organization is to bring the world closer, this year Canadians worked to bring Canada itself closer together.

The Conversation

Moira A. McDonald is affiliated with Tourism and Travel Research Association Canada (TTRA).

Ann-Kathrin McLean is affiliated with Tourism and Travel Research Association Canada (TTRA).

ref. Political tensions and border anxiety pushed Canadians away from the U.S. this summer – https://theconversation.com/political-tensions-and-border-anxiety-pushed-canadians-away-from-the-u-s-this-summer-254780

Más allá del glifosato: radiografía de los pesticidas presentes en los cultivos europeos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Manuel Conde Cid, Investigador postdoctoral en el área de Edafología y Química Agrícola, Universidade de Vigo, Universidade de Vigo

BG Media/Shutterstock

El incremento en la demanda de alimentos debido al crecimiento poblacional, junto con la reducción de tierras cultivables, ha hecho que el uso de pesticidas en agricultura sea esencial para garantizar la seguridad alimentaria. Estos productos desempeñan un papel clave tanto en el aumento del rendimiento agrícola como en la mejora de la calidad de los alimentos. Se estima que reducen en torno a un 30 % las pérdidas de cultivos provocadas por plagas y enfermedades.

Como consecuencia, su uso ha crecido de manera notable en las últimas décadas. A nivel global, el consumo agrícola de pesticidas pasó de 2,8 millones de toneladas en 2010 a 3,5 millones en 2022, lo que supone un incremento del 25 % en apenas 12 años.

El uso de pesticidas en Europa

Según la Organización de las Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura (FAO), los pesticidas se definen como cualquier sustancia o mezcla de sustancias destinada a prevenir, destruir o controlar plagas. Generalmente, se clasifican según el tipo de organismo que controlan. Los principales grupos son: insecticidas, fungicidas, herbicidas, nematicidas, acaricidas, rodenticidas y bactericidas.

El consumo agrícola de pesticidas en la Unión Europea (UE) supone aproximadamente un 13 % del total mundial. Aunque de manera más moderada que lo observado a nivel global, el uso de estos compuestos en Europa también presenta una tendencia creciente, pasando de 402 229 toneladas en 2010 a 449 038 en 2022, lo que supone un incremento del 12 %.

Este aumento más moderado se debe principalmente a las regulaciones más estrictas en Europa. En este sentido, en 2023 la UE disponía de 444 pesticidas autorizados para el control de plagas, mientras que 954 estaban prohibidos o no aprobados y 43 se encontraban en proceso de evaluación.

Impacto en el medio ambiente y la salud

Aunque los pesticidas han contribuido significativamente a aumentar la producción agrícola, su mala utilización y abuso ha generado importantes preocupaciones ambientales y de salud pública.

Se estima que menos del 15 % de los pesticidas aplicados alcanzan la plaga objetivo, mientras que el resto se dispersa en el medio ambiente, contaminando suelos, aguas y aire. Generan así importantes riesgos para la salud ambiental, tales como toxicidad hacia organismos no objetivo, pérdida de biodiversidad y desarrollo de resistencias en plagas, entre otros.

Además, los residuos de pesticidas pueden incorporarse a la cadena alimentaria a través de la ingesta de cultivos y agua, aumentando el riesgo de enfermedades humanas, como trastornos neurodegenerativos, cardiovasculares, endocrinos, respiratorios, renales, reproductivos e incluso cáncer.




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Pesticidas en campos de trigo europeos

El trigo es uno de los cereales más importantes del mundo y constituye la principal fuente de alimento para casi la mitad de la población mundial. Por eso, en el marco del proyecto SoildiverAgro (liderado por David Fernández Calviño, de la Universidad de Vigo), investigadores de distintos países europeos hemos analizado la presencia de 614 pesticidas en 188 campos de trigo (93 convencionales y 95 ecológicos) distribuidos en ocho países con diferentes climas y tipos de suelos.

Nuestros resultados se han publicado recientemente bajo el régimen de libre acceso en la revista Journal of Hazardous Materials.

Mapa de Europa con puntos de colores que indican la situación de los campos de trigo estudiados
Ubicación de los campos de trigo estudiados y zonas pedoclimáticas (definidas según el clima y el suelo) en las que se encuentran.
Fernández Calviño et al., 2025, CC BY-SA

El 99 % de los campos de trigo bajo agricultura convencional presentó al menos un pesticida. En total, se detectaron 73 compuestos diferentes. Los más frecuentes fueron el óxido de fenbutatín (insecticida) y el AMPA (metabolito del glifosato), ambos presentes en el 44 % de las muestras, seguidos por el herbicida glifosato y el fungicida epoxiconazol, presentes en el 39 % de las muestras.

Otros residuos de pesticidas frecuentemente detectados fueron boscalid, tebuconazol, bixafeno, diflufenican y metabolitos del DDT, siendo detectados en más de un 20 % de las muestras.




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Los resultados mostraron diferencias notables según la región de Europa. La zona continental (Alemania) registró la mayor presencia de residuos de pesticidas, tanto en cantidad (concentración promedio de 0,46 mg/kg), como en diversidad (promedio de 13,5 pesticidas diferentes por parcela). Le siguieron las zonas atlánticas de Dinamarca y Bélgica.

En el extremo opuesto, la región panónica (Hungría y Serbia) mostró los niveles más bajos (promedio de 0,02 mg/kg por parcela).

Químicos que persisten años después de su prohibición

Un hallazgo preocupante fue que en los campos ecológicos también se detectaron residuos de pesticidas. Concretamente 35 pesticidas diferentes, de los cuales solo uno (Spinosad) está autorizado en agricultura orgánica. Esto indica la persistencia durante años de dichos pesticidas una vez cambiado el sistema agrícola de convencional a orgánico, así como la transferencia de residuos de pesticidas entre diferentes campos agrícolas.

Además, 31 de los compuestos detectados estaban prohibidos en el momento de la realización del estudio. Esto confirma la alta persistencia de ciertos pesticidas, detectables incluso más de 40 años después de su prohibición.

También evaluamos el riesgo ecológico de los diferentes pesticidas detectados. Los pesticidas más preocupantes fueron los fungicidas epoxiconazol, boscalid y difenoconazol, y los insecticidas imidacloprid y clothianidin. Por el contrario, herbicidas como el glifosato y su metabolito AMPA, aunque omnipresentes, mostraron un riesgo ecológico relativamente bajo.

Un riesgo para los ecosistemas y las personas

Los resultados de nuestro trabajo demuestran que los residuos de pesticidas están presentes de forma generalizada en los campos agrícolas de Europa y del mundo. Para mejorar esta situación, es fundamental avanzar hacia un uso más sostenible de estos químicos.

En este sentido, la sustitución de compuestos altamente persistentes y tóxicos por alternativas menos dañinas, como bioinsecticidas, productos derivados de plantas y microorganismos benéficos, puede disminuir considerablemente la contaminación del suelo y del agua, así como el impacto sobre la biodiversidad.




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Otra vía complementaria es la promoción de prácticas agrícolas que mejoren la salud del suelo y la resistencia natural de los cultivos, como la rotación de cultivos, la labranza reducida, el uso de coberturas vegetales y la agricultura orgánica certificada. Estas medidas no solo ayudan a reducir la necesidad de pesticidas, sino que también facilitan la degradación y eliminación de los residuos existentes en el suelo, limitando su transferencia a otros ecosistemas y a la cadena alimentaria.

La combinación de regulación estricta y adopción de buenas prácticas agrícolas constituye, por tanto, un camino prometedor para minimizar los riesgos de los pesticidas mientras se mantiene la productividad agrícola.

The Conversation

Manuel Conde Cid recibe fondos de Xunta de Galicia (Axudas de apoio á etapa de formación posdoutoral).

ref. Más allá del glifosato: radiografía de los pesticidas presentes en los cultivos europeos – https://theconversation.com/mas-alla-del-glifosato-radiografia-de-los-pesticidas-presentes-en-los-cultivos-europeos-264288

¿Por qué la ciencia y el arte se necesitan?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Elisa Garrido Moreno, Profesora del Departamento de Historia del Arte (UAM), Universidad Autónoma de Madrid

Versión coloreada de la lámina _Universum_, de Camille Flammarion (1842-1925), en _L’atmosphère : météorologie populaire_, Hachette, Paris, 1888. Camille Flammarion.

¿Realmente existe una mirada científica opuesta a una visión artística del mundo? Si repasamos la historia del arte y de la ciencia, encontraremos una respuesta rotunda.

Así, hace décadas que el historiador británico Martin Kemp ha analizado esta cuestión a través de sus estudios sobre la figura de Leonardo da Vinci, que encarna la fusión originaria de ciencia, naturaleza y arte. Sus estudios científicos no solo documentaron el cuerpo humano y la naturaleza con precisión, sino que generaron nuevas perspectivas estéticas en la pintura y la escultura.

Un vínculo muy estrecho

Más tarde, en el Barroco, el entendimiento de la perspectiva y el desarrollo de la óptica matemática permitió a artistas como Caravaggio (1571-1610) o Diego Velázquez (1599-1660) crear efectos dramáticos de luz y espacio.

Ascidiacea o ascidias, recogidas en el libro Kunstformen der Natur (1904).
Ernst Haeckel

Los avances científicos del siglo XIX marcaron profundamente obras como Frankenstein (1816) de Mary Shelley, donde la idea de dar vida a un ser humano a través de la electricidad se basaba en los experimentos de Luigi Galvani (1737-1798).

La observación de formas orgánicas a través del microscopio abrió a algunos artistas, como Joan Miró (1893-1983) o Vasili Kandinsky (1866-1944), una increíble ventana a un universo de formas. Como muestra el documental Proteus, científicos como Ernst Haeckel (1834-1919) popularizarían litografías detalladas de organismos que influirían en el Art Nouveau, el surrealismo y otros movimientos.

Bocetos de las fases lunares.
Galileo Galilei.

Astrónomos que bebieron del arte

Grandes artistas se inspiraron en el conocimiento científico, pero las ramas de la ciencia que tienen mucho que agradecer a las artes no se quedan atrás. Galileo Galilei (1564-1642) no solo observaba los cielos con su telescopio: fue capaz de mostrar con detalle todas las fases de la luna en unas excepcionales acuarelas. Sin ellas, hubiera sido imposible transmitir su conocimiento. De la misma manera, Maria Clara Eimmart (1676-1707), dibujante y astrónoma, nos dejó una importante colección de láminas que nos maravillan por su intersección entre arte y astronomía.

Viaje al interior del cuerpo

A través del lenguaje artístico, también Andrea Vesalio (1514-1564) abrió nuestra visión hacia el interior de esta máquina que es nuestro cuerpo. Su obra De humani corporis fabrica (1543) nos permitió descubrir la anatomía con todo detalle gracias a sus elaborados dibujos.

De humani corporis fabrica (1543) contiene muchos dibujos extremadamente detallados de disecciones humanas, algunos de ellos en posturas alegóricas.
Vesalio.

Siglos después, Santiago Ramón y Cajal (1852-1934) nos mostró por primera vez las neuronas, hasta entonces invisibles para el ojo humano. Con sus dotes para la ciencia y el dibujo, nos enseñó la belleza de las conexiones neuronales.

Mundos lejanos sobre el papel

Además, la exploración de otros mundos y la ciencia de la navegación no hubieran sido posibles sin otra de las grandes artes visuales: la cartografía, que ha dado lugar a lo largo de los siglos a bellas ilustraciones de la Tierra.

Del esplendor de las profundidades del océano se ocupó Marie Tharp (1920-2006), quien creó el primer mapa científico en relieve del fondo del océano Atlántico. Producciones como estas nos demostraron que la naturaleza, además de formar un espacio vital para el desarrollo del conocimiento científico, es una fuente infinita de belleza.

Mapa panorámico de los fondos oceánicos del mundo basado en los apuntes científicos de Marie Tharp and Bruce Heezen, dibujado por Heinrich C. Berann (1977).

Con el desarrollo de las ciencias naturales, también las plantas, flores y animales de las regiones más lejanas llegarán a los gabinetes para poder ser estudiadas en forma de dibujos. Es imposible no maravillarse con las láminas de naturalistas como la científica y exploradora Maria Sibylla Merian (1647-1717), que ilustró, por primera vez, la metamorfosis de los insectos de la forma más bella y detallada.

Metamorphosis insectorum Surinamensium, lámina de Maria Sibylla Merian (1647–1717).
Wikimedia Commons.

La tecnocracia o estancar el saber

A pesar de las evidencias, el imparable camino hacia la hiperespecialización académica, cada vez más arraigada, hace resurgir el debate sobre artes o ciencias una y otra vez. Recientemente, el artículo “Art and Science. A Relationship that Permeates the Construction of Human Knowledge About the World” (Arte y ciencia. Una relación que permea la construcción del conocimiento humano en el mundo, 2024) defendía que la educación artística no solo beneficia al conocimiento de la ciencia en sus aspectos técnicos, sino que también es un factor necesario para comprender su dimensión filosófica y conceptual. La cuestión no es nueva.




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En una famosa conferencia, luego publicada con el título The Two Cultures and the Scientific Revolution (Las dos culturas y la revolución científica, 1959), el físico y novelista inglés Charles Percy Snow definió la separación entre artes y ciencias como “las dos culturas”, argumentando que esta ruptura de comunicación entre ciencias y humanidades es una de las principales razones que explican la incapacidad que muestran las naciones para resolver los grandes problemas mundiales.

Poco después, Snow publicó una secuela titulada The Two Cultures: A Second Look (Las dos culturas: una segunda mirada, 1963), donde afirmaba que la falsa creencia de la separación entre ciencias y humanidades se debía a un declive de la educación y el poco interés que había entre investigadores por colaborar entre disciplinas. Y, lo más importante: denunciaba que esta distancia es empobrecedora y limitante.

Progreso en busca de sentido

En el brillante ensayo La utilidad de lo inútil (2013), Nuccio Ordine amplió la cuestión y criticó la errónea consideración de las humanidades como algo prescindible, defendiendo el valor del arte, la literatura y el pensamiento libre frente a una sociedad obsesionada con la tecnocracia, la utilidad inmediata y el beneficio económico.

En palabras de Ordine, “si escuchamos únicamente el mortífero canto de sirenas que nos impele a perseguir el beneficio, sólo seremos capaces de producir una colectividad enferma y sin memoria que, extraviada, acabará por perder el sentido de sí misma y de la vida”.

Como conclusión, más allá de la evidente relación entre ellas, surge una cuestión más relevante: ¿por qué artes y ciencias se necesitan? Todas las investigaciones concluyen en un punto común: cuando personas de distintas disciplinas colaboran, producen interpretaciones más profundas, diversas y sensibles de la realidad. Algo muy necesario en un momento en el que urge que la ciencia y la tecnología asimilen sus sesgos y apelen a su dimensión más ética y humana.

The Conversation

Elisa Garrido Moreno no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué la ciencia y el arte se necesitan? – https://theconversation.com/por-que-la-ciencia-y-el-arte-se-necesitan-264303

¿Cómo llevar a los adultos a ver una película infantil? Poniéndoles su banda sonora

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Carlos Montoya Rubio, Especialista en didáctica de la música para el audiovisual. Profesor en la Facultad de Educación, Universidad de Murcia

Imagen de ‘Lilo & Stitch’, la versión animada de 2002, en la que el extraterrestre recibe clases de quién era Elvis. FilmAffinity

Una película de Minecraft, estrenada en abril de 2025, recaudó casi mil millones de dólares en la taquilla, probando su éxito entre el público familiar. Los adultos que hayan ido a verla habrán podido distinguir en su banda sonora una versión instrumental de “Just Can’t Get Enough”, de Depeche Mode.

La elección de esa canción no es casualidad. Desde hace tiempo el cine infantil no puede considerarse únicamente para niños. Es evidente que los argumentos de las películas han evolucionado, dejando de lado miradas ingenuas o inconvenientes con el momento actual.

No se trata solo de un cambio debido a la coyuntura social, sino que la propia manufactura de los filmes para el público infantil es cercana a la de producciones cinematográficas pensadas para otros sectores poblacionales. Esto hace, en ocasiones, que no sea sencillo definir franjas de edades para las películas. Y la música contribuye todavía más a difuminar las barreras entre generaciones.

Las motivaciones de una industria global

Preguntarse por qué interesa ampliar la audiencia de un producto cualquiera es hablar de la necesidad de buscar el éxito comercial, en este caso ligado al cine. Las películas infantiles actuales se consumen, en un porcentaje nada despreciable, en familia, y eso lleva mucha más gente a las salas que si su público objetivo fuese a ver una película solo o en pareja. De este modo, favorecer que el largometraje posea códigos que despierten el interés de los espectadores adultos es una estrategia sumamente acertada.

No cabe duda de que este público conecta de algún modo con los formatos y tramas de muchos contenidos audiovisuales dirigidos al mundo infantil. No obstante, se puede decir que, tras el modelo original de Disney, se produjo una evolución. En este sentido, compañías como DreamWorks remozaron argumentos y modelos de animación en aras de la generalización de las audiencias.

De igual modo, la propia adquisición de Pixar por parte de Disney responde, entre otros factores, a esta necesidad de revitalizar el cine infantil a través de un modelo de éxito probado entre crítica y público como son las producciones del estudio de animación digital.

La música en el cine: una herramienta poderosa

Una de las formas más potentes para cautivar al público adulto es el uso de la música. El cine es un compendio de lenguajes en donde el elemento sonoro penetra inconscientemente en el espectador.

En el plano al que nos estamos refiriendo, una de las formas más habituales y eficaces de atraer a ese público es la utilización de ciertos códigos culturales. Son elementos conocidos por los espectadores adultos que les sirven para generar una comprensión especial de la película.

Algunos de esos códigos se han ido perfilando a lo largo del tiempo y son usados a discreción y sin ningún pudor. Sirvan como ejemplo el uso de la wagneriana “Cabalgata de las Valquirias” ante la aparición de helicópteros en Apocalypse Now; la utilización de la “Tocata y Fuga en Re m.” de Bach para llevarnos a ambientes vinculados a vampiros; o la inclusión de “Pompa y circunstancia” de Elgar en todo tipo de actos académicos…

La ‘Cabalgata de las Valquirias’ de Wagner en Apocalypse Now.

Sin embargo, los que más nos interesan ahora se utilizan de manera puntual para asegurar que los espectadores adultos sigan enganchados a la película. Se trata de hacerles cómplices de su discurso para que lo asimilen mejor.

De Flashdance a Elton John

Son innumerables, y crecientes, los casos en los que los clichés musicales aparecen como elemento clave en las producciones cinematográficas actuales. En gran medida, el éxito a la hora de generar productos intergeneracionales se basa en el uso de estas referencias. No hay más que pensar en el modo en que la serie Los Simpson ha hecho de la alusión un elemento consustancial a su formato.

En las películas dirigidas al público infantil hay apariciones musicales que son clásicas por su nitidez. Por ejemplo, en Shrek 2 (2004), se apunta al mito cinematográfico de los ochenta Flashdance. Y en Gnomeo y Julieta (2011), la música de Elton John –y su propia estética– son un estímulo obvio para la comprensión adulta del largometraje.

‘Don’t Go Breaking My Heart’ de Elton John en Gnomeo y Julieta.

Por su parte, la española El lince perdido (2008) contiene una brillante referencia directa a la música de Antón García Abril (del programa televisivo El hombre y la tierra, de Félix Rodríguez de la Fuente). Este no es sino un guiño a un público que fue niño en la década de los setenta y los ochenta.

Seguimos en la actualidad

En las producciones recientes este proceder es una constante.

Así, por ejemplo, Kung Fu Panda 4 (2024) muestra adaptaciones de la ochentera “Crazy Train” de Ozzy Osbourne, y en Sonic 3 (2024), las niñerías de adultos se ilustran con el tema de los Beach Boys “Wouldn’t It Be Nice”.

No son las únicas. El éxito de Disney de este año Lilo y Stitch recurre, como ya hiciera la versión animada de 2002, a la música de Elvis Presley con una doble finalidad. Por un lado, busca evocar el ambiente hawaiano igual que el sonido de la steel guitar precede a las escenas de Bob Esponja. Por otro, intenta establecer un vínculo entre esa música y las circunstancias que llevan a identificar a Elvis con el archipiélago hawaiano, fundamentalmente el resorte de su éxito con el concierto Aloha from Hawaii.

Clip de una escena (en inglés) de Lilo & Stitch en la que el extraterrestre sirve como aguja y altavoz del tocadiscos para reproducir a Elvis.

En Gru 4, mi villano favorito (2024), los minions hacen referencia a Van Halen igual que en 2015 lo habían hecho con los Beatles. En aquella ocasión, los protagonistas salían por un alcantarillado de Abbey Road mientras los músicos cruzaban el paso peatonal al ritmo de “Love me do”.

Y, en un guiño de música a música, en la última versión de Cómo entrenar a tu dragón se genera una característica sonoridad al estilo del compositor John Williams, creador de las melodías de Star Wars, Indiana Jones o Parque jurásico, entre otras muchas.

Como vemos, la lista de ejemplos multirreferenciales no tendría fin. En esencia, son sonidos que nos abren a un cine para todos los públicos.

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Juan Carlos Montoya Rubio recibe fondos del Ministerio de Educación y Formación Profesional a través de la Convocatoria de «Proyectos de Generación de Conocimiento» y a actuaciones para la formación de personal investigador predoctoral asociadas a dichos proyectos, en el marco del Plan Estatal de Investigación Científica, Técnica y de Innovación 2021-2023, como miembro del proyecto “Movimiento y música en el 1er ciclo de Ed. Infantil: diagnóstico y evaluación de la implementación de un programa de prácticas motrices musicalizadas con enfoque de género”

Alba María López Melgarejo y Norberto López Núñez no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. ¿Cómo llevar a los adultos a ver una película infantil? Poniéndoles su banda sonora – https://theconversation.com/como-llevar-a-los-adultos-a-ver-una-pelicula-infantil-poniendoles-su-banda-sonora-264161

La otra victoria de Carlos Alcaraz: el Abierto del Equilibrio Mental

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan González-Hernández, Professor and Researcher on Personality, Sport and Health Psychology, Universidad de Granada

El deporte de alto nivel requiere una alta capacidad de resistencia psicológica que no siempre es visible donde los y las tenistas compiten contra el cansancio, la presión y sus propios pensamientos. Como el propio Carlos Alcaraz ha reconocido en varias entrevistas desde que ganara su primer Abierto de Estados Unidos en 2022, la carga de ser y mantenerte entre los mejores supone un desafío tan grande como cada partido decisivo en sí mismo.

Hablamos del Grand Slam más intenso, el que se juega en todas las superficies y se mantiene toda la temporada. Junto con el Abierto de Australia, Roland Garros, Wimbledon y el Abierto de Estados Unidos, es el quinto Grand Slam: el Abierto del Equilibrio Mental.

La autenticidad y aceptación como recursos estratégicos

En el deporte en general, y en las modalidades individuales en particular, el error se evidencia como mucho más inevitable y determinante. Es auténtico en su expresión y sincero en su esfuerzo. El tenista español Carlos Alcaraz ha tenido momentos de desconexión psicológica como en Roland Garros 2023, cuando los calambres en semifinales frente a Novak Djokovic se vieron agravados por el estrés competitivo. O tras la final olímpica de París 2024, que supuso un break mental” que le lastró hasta final de la temporada.

Tales experiencias, lejos de considerarse retrocesos, han sido lecciones. Ha sabido aceptar, parar, reformular, reconducir y dosificar la carga mental y física para convertir la temporada 2025 en la mejor trayectoria de un tenista a la edad de 22 años.

Lo demostró el pasado 7 de septiembre cuando conquistó su segundo título del Abierto de Estados Unidos, el sexto Grand Slam de su carrera, y se volvió a convertir en el número uno a nivel mundial.

Una mente extraordinariamente entrenada

Desde los ojos de un profesional de la psicología deportiva, y con el foco puesto como referencia para cualquier joven deportista, su puesta en escena y lo que proyecta sobre su funcionamiento psicológico es impecable. Se crece y se reafirma igual de honesto cuando se siente fuerte que cuando se muestra vulnerable.

Comparado con el adolescente que “pedía pista” en 2021 o 2022, el Alcaraz de 2024-2025 muestra un grado superior de madurez, de regulación psicológica y respeto por cada momento de su conexión con el momento deportivo.

Ya no se precipita en puntos o momentos de quiebre con la misma frecuencia; sabe manejar los silencios de la pista y la presión de ser favorito. En lo extradeportivo, probablemente lo más importante en su transición de joven a adulto, también ha sabido poner límites sanos como adolescente ante experiencias especiales: conserva momentos de desconexión con su familia y amigos en Murcia, mantiene una actitud cercana y humilde en el trato mediático y no oculta sus íntimos deseos de disfrutar de la vida, lo que contribuye a sostener su salud mental frente al ruido externo.

Probablemente veremos más de algún altibajo en el futuro –seguramente tenga que ver con el mantenimiento de su nivel competitivo, con su popularidad en cualquier rincón del mundo o con dejarse llevar y liberarse cuando se sienta vulnerable– como lo hay en la vida de cualquier persona, aunque en su caso se suma la gran carga de ser un prodigio.

Sus retos en tiempo real

Los retos se mantendrán y aparecerán otros nuevos, sus rivales buscarán nuevas formas de ganarle, recibirá las presiones habituales de todo lo que rodea al deporte de élite (la épica, la mercantilización…) y su vida personal propondrá nuevos esfuerzos y adaptaciones que nos harán ver nuevas versiones del talento de Carlos Alcaraz. Y todo ello, seguramente televisado y en tiempo real.

El Abierto del Equilibrio Mental no otorga un trofeo ni suma puntos ATP, pero define la duración y la calidad de una carrera llena de sensatez y sana autenticidad. Alcaraz, con solo 22 años, ya ha mostrado que su crecimiento no depende únicamente de su drive o de su físico privilegiado, sino de su capacidad de aprendizaje psicológico.

Gestionar la presión dentro y fuera de la pista (mucho más impredecible), aprender a mantener el foco constante y realista y recuperarse de los golpes invisibles son, en definitiva, de las victorias más difíciles y duraderas.

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Juan González-Hernández no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La otra victoria de Carlos Alcaraz: el Abierto del Equilibrio Mental – https://theconversation.com/la-otra-victoria-de-carlos-alcaraz-el-abierto-del-equilibrio-mental-264848

“Esta es mi vida”: claves psicológicas y riesgos de la sobreexposición en redes sociales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Oliver Serrano León, Director y profesor del Máster de Psicología General Sanitaria, Universidad Europea

Anicka S/Shutterstock

“Hoy me han despedido y no sé qué hacer con mi vida”. “Acabo de salir de terapia y me siento rota”. “Aquí están las cosas que me da vergüenza admitir”. Frases como estas, acompañadas de vídeos llorando en TikTok o Instagram o hilos interminables en X, se han convertido en fenómenos virales. Lo que antes se reservaba a la intimidad de un diario personal o una charla con un amigo, hoy se expone ante millones de personas.

El oversharing –la tendencia a compartir en exceso la vida privada en redes– crece a un ritmo vertiginoso, impulsado por la promesa de empatía, validación y compañía digital. Pero ¿qué nos lleva a abrirnos de esta forma? ¿Qué ganamos y qué arriesgamos al desnudar nuestras emociones en público?

Confesiones virales e hilos emocionales

En TikTok, cobra fuerza la tendencia conocida como “social media is fake, here are things I’m ashamed to admit” (“las redes sociales son falsas, aquí hay cosas que me avergüenza admitir”, resumido en el hashtag #socialmediaisfake), donde usuarios –muchos de ellos de la generación Z– comparten sus inseguridades más profundas, desde la ansiedad ante la carrera profesional hasta temores sobre su valía personal. Este tipo de contenido despierta empatía y solidaridad, pero también abre la puerta a comparaciones poco saludables.

Por otra parte, en Reddit o X proliferan los hilos confesionales, donde frases como “necesito contar esto porque no puedo más” inician relatos de desahogo emocional, rupturas, soledad o ansiedad. Estas narrativas generan respuestas masivas de desconocidos que ofrecen consejos o simplemente compañía virtual.

En el ámbito familiar, un ejemplo específico es el fenómeno del sharenting, cuando progenitores publican detalles íntimos sobre sus hijos en redes sociales. Aunque muchas veces bienintencionado, este comportamiento puede afectar la autoestima y privacidad de los menores, pues crean una imagen idealizada e incluso expuesta sin su consentimiento.

¿Por qué compartimos tanto lo privado?

La validación digital –mediante likes y comentarios– activa circuitos de recompensa en el cerebro, incluyendo zonas como el núcleo accumbens, que también responden a estímulos gratificantes en entornos cara a cara. Esta retroalimentación rápida puede desencadenar una liberación de dopamina y reforzar la tendencia a compartir contenidos altamente emocionales.

Sin embargo, reducir el fenómeno del oversharing a un simple “subidón de dopamina” resulta demasiado simplista. Las motivaciones para exponer lo íntimo en redes sociales incluyen también factores sociales, culturales y psicológicos más amplios. Atribuir nuestras conductas digitales únicamente a este neurotransmisor no cuenta con respaldo neurocientífico ni promueve una comprensión profunda.

El apoyo social es otro motor clave de la sobreexposición en redes sociales. Compartir experiencias difíciles en redes puede generar una sensación de comunidad y contención, especialmente cuando hay respuestas empáticas de desconocidos. Algunas investigaciones señalan que publicar relatos sobre enfermedades mentales en redes facilita el acceso a redes informales de apoyo, aprendizaje de estrategias de afrontamiento y sensación de pertenencia.

Durante la pandemia, también se observó que el apoyo digital tuvo un impacto positivo en la salud mental de muchos usuarios, aunque se enfatizó que el tipo y la calidad de dicho soporte es lo que determina su eficacia.

Por último, también aparece el efecto catártico: plasmar lo que sentimos en forma de texto o vídeo permite organizar los pensamientos y enfrentar emociones. El oversharing puede verse como una versión digital de un diario íntimo, solo que con una audiencia dispuesta –y lista para responder– en tiempo real.

Los riesgos del oversharing

Sin embargo, esta transparencia emocional puede acarrear graves consecuencias. En TikTok, no faltan ejemplos de usuarios que comparten crisis personales para meses después afrontar críticas virales, burlas o incluso amenazas tras haber dejado al descubierto áreas de su vida que preferirían olvidar.

La comparación social es otro riesgo frecuente. Ver a otros compartir sus procesos de terapia o duelo puede generar presión para hacer lo mismo, como si la visibilidad fuera una prueba de autenticidad. Este dinamismo puede aumentar la ansiedad y la sensación de insuficiencia en quienes no se sienten preparados para exponer tanto.

La dependencia de la aprobación externa entra en juego cuando nuestro bienestar emocional empieza a medirse en interacciones digitales: si una publicación íntima no tiene suficiente eco, es fácil sentirse rechazado o ignorado. Esto impulsa a compartir más, con mayor intensidad emocional, en busca de esa respuesta confirmatoria.

Además, la huella digital emocional es duradera. Incluso contenidos eliminados pueden persistir en capturas o difundirse indirectamente, reaparecer cuando menos lo esperamos y afectar a nuestra reputación personal o profesional.

Por último, el ejemplo del sharenting nos recuerda otro tipo de vulnerabilidad emocional: la de quienes no tienen voz –los niños–, cuyos límites se exceden sin que ellos puedan decidirlo, generando consecuencias psicológicas a largo plazo.

Privacidad emocional como autocuidado

Antes de compartir, vale preguntarse: ¿qué busco realmente al publicar? ¿Necesito validación o contención genuina, es decir, alguien que pueda escucharme y sostener mis emociones en un espacio seguro?

Reflexionar ayuda a evitar la exposición impulsiva. De hecho, establecer límites claros permite sentirnos seguros y emocionalmente equilibrados: tal como señalan expertos en salud mental, identificar y aplicar nuestros propios límites es crucial para el bienestar psicológico.

Definir qué aspectos personales no queremos exponer –como salud mental, relaciones o conflictos familiares–no solo nos protege, sino que fortalece la autoestima. Las herramientas de privacidad en redes sociales, como compartir contenido solo con “mejores amigos”, restringir comentarios o limitar la visibilidad de las publicaciones, son recursos valiosos para mantener un equilibrio entre conexión emocional y protección personal.

Además, la dimensión offline sigue siendo fundamental. El apoyo presencial, ya sea de familiares, amistades o profesionales, suele ofrecer una escucha más auténtica y sostenida que las interacciones digitales. De hecho, algunas investigaciones han demostrado que combinar grupos de apoyo a través de internet y de forma física beneficia la recuperación emocional y permite responder mejor a necesidades individuales.

Por último, los registros privados –como llevar un diario, grabar notas de voz o expresar las emociones a través del arte– también ofrecen vías seguras para procesar sentimientos sin exponerse públicamente.

La paradoja de compartir: autenticidad frente a vulnerabilidad

El oversharing refleja una paradoja de nuestra época: buscamos autenticidad y conexión en redes sociales, pero terminamos exponiendo nuestras heridas en escaparates donde la empatía convive con el juicio y lo privado puede volverse público para siempre.

Compartir puede tener efectos positivos inmediatos –validación, apoyo, catarsis–, pero también encierra riesgos que van desde la ansiedad social hasta la vulnerabilidad a largo plazo.

Cuidar nuestra privacidad emocional no es un signo de aislamiento, sino una forma consciente de autocuidado. En un ecosistema digital que premia la sobreexposición, reservar espacios de intimidad puede ser el gesto más valioso para proteger nuestra salud mental.

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Oliver Serrano León no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. “Esta es mi vida”: claves psicológicas y riesgos de la sobreexposición en redes sociales – https://theconversation.com/esta-es-mi-vida-claves-psicologicas-y-riesgos-de-la-sobreexposicion-en-redes-sociales-264428

Cinco claves para entender las tensiones que vive Colombia rumbo a su cita con las urnas de 2026

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mariana Ramos Algarra, Asesora de procesos académicos de la Especialización en Derechos Humanos, Derecho Internacional Humanitario y Justicia Transicional y Profesora de la Facultad de Estudios Jurídicos, Políticos e Internacionales, Universidad de La Sabana, Universidad de La Sabana

La política electoral en Colombia está marcada por límites geográficos. Veredas donde las disidencias de las FARC imponen control, pueblos bajo el Clan del Golfo, la principal banda de narcotráfico del país, o municipios en los que la guerrilla del ELN regula la entrada y salida de candidatos.

En 2022, la Misión de Observación Electoral (MOE) identificó 319 municipios en riesgo. La situación no ha mejorado mucho en 2025. Su directora, Alejandra Barrios, alerta que, hoy por hoy, hay regiones del país “donde los candidatos no van a poder hacer campaña de manera libre”. Un condicionante para una democracia que, aunque formalmente estable, sigue en el alambre ante el imperio de las armas.

Magnicidios, atentados y secuestros

Esta no es una preocupación abstracta. Desde finales de los ochenta, ningún ciclo presidencial ha transcurrido completamente libre de atentados o asesinatos de candidatos. Los magnicidios de Jaime Pardo Leal (1987), Luis Carlos Galán (1989), Bernardo Jaramillo (1990), Carlos Pizarro (1990), Álvaro Gómez Hurtado (1995), hasta llegar al caso más reciente de Miguel Uribe Turbay (2025), nos muestran el trágico final de líderes que querían cambiar el país desde su visión.

A estos episodios se suman los atentados, secuestros y agresiones contra candidatos presidenciales y otros dirigentes políticos. La violencia marcó las campañas de 2002, 2006, 2014 y 2022, lo que demuestra su presencia recurrente en el escenario electoral.

El reciente atentado contra Uribe Turbay, quien falleció pocas semanas después de ser tiroteado, revela de nuevo la fragilidad de las garantías democráticas. Esta secuencia revive la persistencia de una lógica violenta, que convierte el ejercicio democrático en algo profundamente incierto y vulnerable.

La historia reciente confirma que la violencia política en Colombia no es un accidente electoral, sino la manifestación visible de tensiones más hondas que nunca se han resuelto y que llegan intactas al 2026. Identificarlas es fundamental, no solo para explicar por qué el pasado sigue repitiéndose, sino para anticipar qué hará de esta contienda un escenario especialmente vulnerable.

A la luz de este panorama, pueden trazarse cinco claves para entender las tensiones que marcarán las elecciones. Tanto las legislativas del próximo marzo como las presidenciales, cuya primera vuelta está prevista para el 31 de mayo de 2026:

1. Un marco incompleto tras el acuerdo de paz

El Acuerdo de Paz firmado en 2016 con las FARC significó un punto de inflexión en la historia reciente, pero no logró consolidar una política de Estado en materia de seguridad y control territorial.

La ausencia de una estrategia de seguridad sostenida permitió que múltiples y antiguos actores armados (ELN, disidencias de las FARC y grupos paramilitares, entre otros) expandieran su influencia, restableciendo formas de gobernanza paralela en regiones históricamente golpeadas por el conflicto.

La estrategia de la llamada “paz total”, aunque ambiciosa en su planteamiento de negociar simultáneamente con distintos grupos, no ha logrado contener la violencia ni desmontar los incentivos económicos que alimentan la guerra.

Por el contrario, la necesidad de decretar el “estado de conmoción interior” en regiones como el Catatumbo y el recrudecimiento de la violencia urbana y rural en departamentos como Arauca, Valle del Cauca y Cauca evidencia que, lejos de superarse, el conflicto ha mutado. De cara al 2026, la disputa electoral se moverá en un terreno desigual, donde las garantías de seguridad dependerán de dinámicas locales más que de una política nacional coherente.

En lugar de un fortalecimiento institucional uniforme, lo que se observa es una reconfiguración del conflicto. Este refleja los vacíos de poder estatal, que pierde presencia territorial y muestra la debilidad de la fuerza pública, según apunta el expresidente, Juan Manuel Santos.

2. Polarización y desconfianza institucional

La actual polarización no solo divide ideas; genera una desconfianza activa hacia instituciones clave. El propio presidente, Gustavo Petro, ha cuestionado públicamente la legitimidad de la Registraduría Nacional, lo que erosiona la credibilidad del árbitro electoral.

La desinformación se convierte en una herramienta política para desacreditar adversarios o sembrar dudas sobre el proceso electoral en contextos polarizados como el colombiano.

En este clima, la contienda del 2026 enfrenta un riesgo inédito: que el resultado no sea evaluado por los actores políticos en función de su legitimad democrática e institucional, sino de su conveniencia. Es decir, más que la competencia entre proyectos de país, el gran interrogante es si el perdedor reconocerá los resultados sin abrir la puerta a una nueva crisis de gobernabilidad.

3. El peso del narcotráfico y las economías ilegales

Las economías ilícitas dejaron de ser un fenómeno periférico. En regiones como el Catatumbo, Putumayo, Cauca, Nariño y Urabá antioqueño operan como poderes paralelos que condicionan la vida política y social.

La Misión de Observación Electoral (MOE) ha definido una matriz de riesgos, que establece amenazas clave para la participación política. Entre estos riesgos destaca la financiación ilegal de campañas, que distorsiona el proceso electoral y representa un factor indicativo de posible fraude en los comicios.

La inseguridad es otro de los peligros detectados por el MOE. Desde las elecciones de 2022, más de 300 municipios estuvieron en riesgo alto o extremo por la convergencia de actores armados y economías ilícitas.

Estos territorios funcionan aún como sistemas de gobernanza paralela. Las organizaciones criminales no solo financian su guerra mediante el narcotráfico, la minería ilegal o la extorsión, sino que condicionan la vida cotidiana y limitan la autonomía del voto en zonas rurales.

La novedad de cara a 2026 no radica únicamente en la persistencia de estos fenómenos, sino en su fragmentación. Ya no existe un bloque hegemónico como los cárteles de los noventa o el paramilitarismo de los 2000, sino múltiples redes criminales. Algunas tienen vínculos internacionales, por ejemplo, con los carteles mexicanos que convergen en los mismos territorios. Este reacomodo hace más difícil una respuesta estatal coherente y aumenta la incertidumbre sobre las garantías democráticas.

4. Fragmentación política y del electorado

El sistema político colombiano vive un proceso de atomización que intenta trascender la polarización tradicional entre izquierda y derecha. Para las presidenciales de 2026 se evidencia una amplia proliferación de aspirantes. La Registraduría ha contabilizado 69 comités promotores de firmas, que ya recolectan apoyos ciudadanos, muchos de ellos con perfiles independientes y alejados de los partidos tradicionales.

Figuras como Vicky Dávila, Abelardo de la Espriella y Juan Daniel Oviedo, entre otros, se proyectan como outsiders. Otras figuras políticas, como Claudia López, David Luna, Mauricio Lizcano, Daniel Palacios o Mauricio Cárdenas, se postulan como candidatos independientes sin vinculación a ningún partido político.

En este contexto, las consultas interpartidistas de marzo serán decisivas. Si no logran articular candidaturas únicas, la atomización se profundizará, dispersando el voto y debilitando la capacidad de construir mayorías.

Tanto el Centro Democrático como el Pacto Histórico han anunciado su intención de definir un candidato único en las próximas semanas, con el fin de evitar esa dispersión interna y fortalecer su proyección nacional de aquí a marzo. De no concretarse estos acuerdos, la fragmentación del electorado podría persistir. Este hecho profundiza la volatilidad del escenario electoral y anticipa mayores desafíos de gobernabilidad.

5. Retorno de la violencia contra candidatos

Desde la Constitución de 1991, Colombia no había presenciado el asesinato de un candidato presidencial en ejercicio. Hasta el atentado del pasado 7 de junio contra Miguel Uribe Turbay.

Este hecho rompió más de tres décadas de relativa protección a los aspirantes presidenciales y reabrió una herida que parecía cerrada. La violencia contra Uribe Turbay no solo evoca aquel pasado sangriento, sino que advierte sobre un presente en el que la competencia electoral vuelve a estar marcada por el riesgo físico, tanto para los aspirantes a la presidencia como para quienes buscan un escaño en el Congreso.

La amenaza sobre los candidatos plantea un desafío crítico para las elecciones de 2026. Si el Estado es incapaz de garantizar la seguridad de quienes aspiran a la presidencia y al Congreso, la legitimidad misma del proceso democrático queda conculcada.

Los comicios del próximo año pondrán a prueba, una vez más, la capacidad del Estado y de la sociedad colombiana para sostener una democracia que, aunque resistente, continúa vulnerable frente a antiguas y nuevas amenazas. El desenlace no solo definirá quién gobierne, sino si el país logra blindar su sistema democrático frente a la violencia, la fragmentación y la desconfianza que lo acechan.

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Mariana Ramos Algarra no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cinco claves para entender las tensiones que vive Colombia rumbo a su cita con las urnas de 2026 – https://theconversation.com/cinco-claves-para-entender-las-tensiones-que-vive-colombia-rumbo-a-su-cita-con-las-urnas-de-2026-264185

Medir (y entender) la incertidumbre para tomar mejores decisiones

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Anabel Forte Deltell, Doctora en Matemáticas y profesora en la Universidad de Valencia, Departamento de Estadística e Investigación Operativa, Universitat de València

Es irremediable, nos inquieta no saber. Es una sensación intrínseca al ser humano que suele poner el foco en el futuro –qué pasará mañana–. Pero la incertidumbre no vive solo en el calendario. También se instala en los porqués, en la comprensión de los procesos que desembocan en lo que sucede: ¿por qué mido 1,65 metros? ¿Qué nos lleva –o no– a desarrollar un cáncer? ¿Qué genes influyen en cierta enfermedad? No es solo preguntarse si, al lanzar una moneda, saldrá cara, sino qué mecanismos físicos y contextuales empujan ese resultado y en qué medida lo hacen.

No hay bola de cristal: la realidad es compleja, ruidosa y a veces caprichosa; y nuestro conocimiento resulta inevitablemente limitado. Lo que sí tenemos es un lenguaje para cuantificar esa falta de certeza y convertirla en algo con lo que podamos tomar decisiones: la probabilidad. Y contamos con una disciplina que ancla ese lenguaje a lo que observamos y medimos: la estadística.

La probabilidad de lo que nos preocupa

Quizás aterrizar la idea en un ejemplo nos ayude a entenderlo mejor. Pensemos en el cáncer de pulmón. La preocupación personal sobre la presencia de esta enfermedad se formula en términos binarios –“¿me tocará o no?”–, pero la respuesta a esta duda razonable la encontramos en la probabilidad. No es lo mismo que nos digan que la probabilidad de que desarrollemos esta dolencia es de un 3 %, de un 20 % o de un 80 %, ¿cierto? Ninguna cifra garantiza el desenlace final, pero cambiará las decisiones que tomemos respecto a la frecuencia con la que nos haremos revisiones, nuestros hábitos y nuestras prioridades.

La cuestión está entonces en cómo determinar esa probabilidad. Podemos centrarnos en la búsqueda de estimaciones construidas con datos de personas con condiciones parecidas de edad, exposición ambiental, hábitos, antecedentes, etc., sin perder de vista que se tratará de eso, de una estimación y, como tal, tendrá asociada, de nuevo, cierta incertidumbre. Así pues, un estudio serio no afirmará “su riesgo es de un 3 %” como si fuera una propiedad revelada, sino, “dadas sus características y los datos disponibles, el riesgo está muy probablemente entre un 1 % y un 5 %”. Además, ese “muy probablemente” también puede cuantificarse, tratando de poner rango y coherencia a lo que sabemos y a lo que no.

¿Y de qué depende la calidad de esa estimación? Pues básicamente de tres pilares. Primero, los datos: no se trata solo de cuántos, sino también de cuán bien representan a la población que nos importa. Segundo, el diseño: cómo se recogen esos datos, con qué controles, con qué cuidado para evitar sesgos. Tercero, el modelo: la simplificación matemática y las técnicas estadísticas que usamos para realizar la estimación y de cuya aplicabilidad dependerá obtener mejores o peores resultados con los mismos datos. Unos datos suficientes, obtenidos con un buen diseño y analizados con la técnica correcta nos llevarán siempre un paso más hacia el éxito.

A partir de aquí, asoma otra pregunta: qué variables están realmente implicadas en el riesgo. Volviendo al cáncer de pulmón, podemos valorar factores como tabaco, contaminación, ocupación, actividad física… Pero, ojo, porque ver que dos cosas se mueven juntas no basta para concluir que una causa la otra. Es posible que un gran estudio observacional encuentre que quienes hacen más deporte tienen menos cáncer de pulmón, pero quizá el vínculo real sea que quienes hacen más deporte no fuman.

Es lo que, en estadística, llamamos confusión. Para despejarla, necesitamos trabajar en ese segundo pilar del que hablábamos: diseños más específicos y exigentes nos permitirán elegir mejor qué variables incluir en el modelo o qué técnicas estadísticas serán más efectivas para dar una mejor respuesta con una mejor medida de la incertidumbre.

¿Cuánto me afecta?

Superada esa fase, la siguiente cuestión es la magnitud. No basta con saber si un factor influye, también necesitamos saber cuánto cambia el riesgo. Aquí conviene distinguir entre riesgo absoluto y relativo. Decir que “fumar duplica el riesgo” es hablar en términos relativos: si una persona no fumadora tiene 10 % de riesgo, duplicarlo lleva al 20 %. Suena igual de contundente cuando el riesgo pasa de 0,5 % a 1 %, pero el impacto práctico es distinto.

En este sentido, al hacer referencia al efecto de tal o cual hábito, puede que, en los medios de comunicación, hablen de riesgos relativos, de probabilidades o de ratio de probabilidades, pero lo verdaderamente importante es que esa jerga acabe convertida en números que quien lo lea pueda situar en su vida.

Y una última obviedad que nunca sobra: al ver escrito uno de estos valores, puede que se presente también un porcentaje. Es importante no confundirlo con una probabilidad y, en ese sentido, la probabilidad nunca supera el 100 %. Dar un valor es fácil. Interpretarlo y entender las reglas que lo rigen, ya no tanto.

Breve guía para entender la probabilidad

Volvamos al momento en que le informan de su probabilidad de sufrir cáncer de pulmón. Lo habitual es verla expresada en porcentajes (entre 0 % y 100 %). También puede expresarse en tanto por uno —3 % es 0,03; 20 % es 0,2— o como “x de cada N” donde, por ejemplo, uno de cada 1 000 equivaldría a 0,1 % (0,001) o tres de cada diez, a un 30 %.

El problema surge cuando, en un mismo texto, se mezclan formatos, ya que tendemos a fijarnos más en el total (N) que en la parte (x) y podemos creer que “uno de cada 1 000” supone un riesgo mayor que “uno de cada 100”, cuando en realidad estamos hablando de un 0,1 % frente a un 1 %.

Entendido el número, toca interpretarlo y, para ello, contamos con dos miradas diferentes. La mirada frecuentista entiende la probabilidad como la frecuencia con que veríamos un evento al repetir el proceso muchas veces. Funciona muy bien en contextos controlables y repetibles. Pero al hablar de la probabilidad de lluvia o de que una persona enferme –donde no podemos “repetir” el mismo día o la misma vida–, resulta más natural la mirada bayesiana, que trata la probabilidad como un grado de credibilidad coherente y actualizable con nueva evidencia mediante el teorema de Bayes.

Estas dos perspectivas también ayudan a entender la incertidumbre de las estimaciones. Los rangos de valores plausibles de los que hablábamos antes reciben el nombre de intervalos de confianza bajo el paradigma frecuentista o de intervalos de credibilidad bajo el bayesiano. En ambos casos, nos ayudan a medir la fiabilidad de la estimación. No es lo mismo un riesgo estimado entre 1 % y 5 % que entre 1 % y 10 %. Quizá ambas cifras nos dejen igual de tranquilos ante la enfermedad, pero el primer intervalo es más preciso y, por tanto, más informativo sobre lo que sabemos e indica, posiblemente, mejores datos o un mejor uso de estos.

En definitiva, la incertidumbre está presente en cualquier proceso cotidiano y no es posible eliminarla, pero sí medirla. Al hacerlo la volvemos visible y honesta. Probabilidad y estadística no prometen certezas, pero sí mejores preguntas y decisiones más conscientes. No se trata de controlar un bosque lleno de rincones oscuros sino de caminar por él con mejor criterio.


La versión original de este artículo ha sido publicada en la revista Telos, de Fundación Telefónica.


The Conversation

Anabel Forte Deltell colabora con Telos, la revista que edita Fundación Telefónica.

ref. Medir (y entender) la incertidumbre para tomar mejores decisiones – https://theconversation.com/medir-y-entender-la-incertidumbre-para-tomar-mejores-decisiones-264928