Quête de minceur et d’ivresse express : comment la « drunkorexie » menace la santé des jeunes

Source: The Conversation – France in French (3) – By Ludivine Ritz, Maitre de Conférences en Psychologie spécialité Neuropsychologie des addictions, Université de Caen Normandie

Sauter des repas pour pouvoir consommer davantage d’alcool sans craindre d’augmenter ses apports caloriques… Cette très mauvaise idée est en train de prendre de l’ampleur, au point d’inquiéter le corps médical, et d’avoir donné naissance à un néologisme : la « drunkorexie », ou « alcoolorexie ».


La « drunkorexie » (ou « alcoolorexie ») est un néologisme formé à partir des mots drunk (de l’anglais, être ivre) et anorexie. Il est apparu pour la première fois, il y a une quinzaine d’années, dans un article du New York Times, « Se priver de nourriture, un cocktail à la main ». Tout en précisant que ce terme n’avait rien de médical, la journaliste Sarah Kershaw l’employait pour décrire comment certaines personnes adoptaient des comportements de jeûne volontaire afin de limiter la prise de poids liée à leur consommation d’alcool.

Depuis, le phénomène a fait l’objet de recherches plus approfondies. Il soulève des enjeux majeurs de santé mentale et interroge sur le rôle des normes esthétiques et de la pression sociale. Explications.

Quels sont les risques associés à la drunkorexie ?

La drunkorexie est définie comme un ensemble de comportements alimentaires à risque, incluant des formes de restriction (jeûner, sauter des repas), des conduites de purge (comme des vomissements provoqués) ou une activité physique excessive.

Ces comportements poursuivent deux objectifs principaux : éviter la prise de poids liée à la consommation d’alcool ou atteindre un état d’ivresse plus rapide. Ils peuvent être adoptés à différents moments, que ce soit en amont de la consommation (par anticipation), pendant celle-ci (notamment lors de soirées festives) ou après, dans une logique de compensation a posteriori.

Si la drunkorexie peut être perçue comme un comportement ponctuel ou stratégique, ses conséquences sont loin d’être anodines. Elle est tout d’abord associée à une consommation d’alcool plus fréquente et plus intense, ainsi qu’à des épisodes d’ivresse plus sévères, exposant les jeunes à des prises de risques accrues, tant sur le plan physique que social.

Par ailleurs, les effets de la drunkorexie ne se limitent pas à l’alcool. Plusieurs études montrent qu’elle s’inscrit souvent dans un tableau plus large de troubles alimentaires, présents y compris en dehors des contextes festifs. À terme, ces comportements pourraient favoriser l’installation durable de troubles du comportement alimentaire chez certains jeunes adultes.

Sur le plan psychologique, ce type de comportement semble également refléter une fragilité émotionnelle plus profonde. Dépression, anxiété, détresse psychologique, difficultés de régulation des émotions, antécédents de maltraitance ou insécurité dans les relations proches, sont fréquemment rapportés chez les jeunes concernés.

Enfin, les conséquences cognitives de la drunkorexie restent encore peu documentées, mais certaines hypothèses méritent d’être explorées : quel impact ce comportement peut-il avoir sur la mémoire, sur les capacités de raisonnement ou sur la réussite académique, lorsque l’alcool est consommé de manière répétée dans un contexte de restriction alimentaire ?

Une tendance inquiétante chez les jeunes

Si récent soit-il, ce phénomène n’en est pas moins fréquent. Plusieurs études indiquent qu’entre 6 % à 39 % des adolescents et jeunes adultes déclarent réduire leur alimentation avant de consommer de l’alcool. Plus de la moitié déclarent également adopter des comportements caractéristiques de la drunkorexie.

À ce jour, il n’existe pas de données épidémiologiques nationales permettant d’estimer précisément combien de personnes sont concernées par la drunkorexie. Les études disponibles portent généralement sur des populations ciblées (lycéens, étudiants, jeunes adultes) et indiquent des prévalences comparables, avoisinant la moitié des personnes consommatrices d’alcool.

Il n’existe pas encore de données permettant de décrire précisément l’évolution de la drunkorexie sur le long terme. Les études longitudinales sont difficiles à mettre en œuvre : elles demandent du temps, sont coûteuses et exposées à une perte importante de participants au fil du temps. En France, une étude de cohorte sur cinq ans, suivant des étudiants recrutés en première année à l’Université puis réévalués après deux et quatre ans, est actuellement en cours et devrait apporter des éléments nouveaux sur la dynamique de la drunkorexie chez les jeunes adultes.

Les réseaux sociaux jouent probablement un rôle clé dans la diffusion et la banalisation de la drunkorexie. Les plateformes comme Instagram, TikTok ou Snapchat exposent les jeunes à un flux constant d’images valorisant la minceur, la musculation ou certaines pratiques festives, créant ainsi un double impératif : afficher un corps conforme aux normes esthétiques tout en participant aux codes sociaux de la fête et de l’alcoolisation.

Dans cet environnement, la drunkorexie peut apparaître comme un compromis pour concilier ces deux injonctions, renforcée par le partage d’expériences, de conseils ou de défis en ligne.

Des comportements associés à la fête

Si ce phénomène est surtout observé chez les lycéens et les étudiants, il n’est pas exclusif à cette population. On le retrouve également chez les adultes, bien que sa prévalence tende à diminuer avec l’âge.

Ces comportements apparaissent le plus souvent dans des contextes festifs, où la consommation d’alcool est normalisée, voire encouragée. Chez les jeunes, ils sont rarement perçus comme problématiques. Au contraire, ils sont souvent intégrés à une routine associée aux soirées, renforcés par le sentiment de « faire comme tout le monde », ce qui participe à leur banalisation.

La drunkorexie est ainsi décrite comme une pratique courante, parfois automatique, dans les situations de forte consommation d’alcool. Elle peut aussi répondre à une volonté de se conformer aux normes du groupe, d’obtenir une forme d’approbation sociale ou de renforcer le sentiment d’appartenance.

Plusieurs études suggèrent par ailleurs que les jeunes femmes seraient plus exposées à la drunkorexie, en lien avec une perturbation de l’image de soi et une plus grande insatisfaction corporelle. D’autres travaux montrent, cependant, que les jeunes hommes peuvent également adopter ces pratiques, notamment dans le but d’intensifier les effets recherchés de l’alcool.

Pourquoi les jeunes sont-ils plus vulnérables ?

Les adolescents et les jeunes adultes évoluent dans des contextes où les normes sociales autour du corps et de la consommation d’alcool sont particulièrement marquées. L’idée qu’il faut être mince ou musclé pour être valorisé socialement coexiste souvent avec une pression à participer aux soirées et à consommer de l’alcool de manière excessive.

Dans ce cadre, la drunkorexie peut apparaître comme une stratégie d’ajustement à ces deux pressions contradictoires : rester conforme aux attentes liées à l’apparence tout en participant aux normes sociales de consommation.

Des travaux ont également mis en évidence l’importance des motivations de conformité : certains jeunes pratiquent la drunkorexie non seulement pour s’intégrer à un groupe ou se sentir acceptés, mais aussi pour éviter d’être stigmatisés ou se sentir exclus s’ils ne se conforment pas aux attentes en matière de consommation d’alcool et de contrôle du poids.

Que faire face à la drunkorexie ?

Si un proche semble adopter des troubles alimentaires avant ou après avoir bu de l’alcool et des signes de drunkorexie, il existe différents dispositifs d’aide.

En France, Alcool Info Service (0 980 980 930, 7 jours sur 7, de 8 heures à 2 heures du matin, appel anonyme et non surtaxé), Fil Santé Jeunes pour les 12-25 ans, ou les services de santé étudiants proposent écoute, conseils et orientation vers des professionnels de santé ou des structures spécialisées.

Il est également possible d’autoévaluer sa consommation d’alcool et de dépister un risque de trouble alimentaire. En cas de suspicion, le médecin traitant et les consultations Jeunes Consommateurs, peuvent assurer un suivi et orienter vers une prise en charge adaptée.




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Au-delà de la prise en charge individuelle, limiter la progression de la drunkorexie suppose des actions collectives et de santé publique, visant notamment à renforcer la prévention chez les plus jeunes, dès le collège et le lycée, en intégrant à la fois l’éducation sur les risques liés à l’alcool et la sensibilisation aux troubles alimentaires. Le repérage précoce de la drunkorexie passe par la formation des professionnels de santé et des acteurs du milieu éducatif à mieux identifier ces comportements.

Des campagnes de prévention ciblées, conçues pour répondre aux réalités des publics concernés, en tenant compte de l’âge, du sexe et des contextes psychosociaux, pourraient contribuer à réduire l’adoption de ces pratiques. Enfin, une réponse politique plus stricte, visant à une meilleure régulation des messages véhiculés sur les réseaux sociaux, en particulier ceux associant minceur et ivresse, pourrait réduire l’attractivité de la drunkorexie auprès des jeunes.

The Conversation

RITZ Ludivine a reçu des financements de l’IRESP et la Société Française d’Alcoologie et d’Addictologie.

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La musique ne vous fait ni chaud ni froid ? Cela pourrait être dû au fonctionnement de votre cerveau

Source: The Conversation – in French – By Catherine Loveday, Professor, Neuropsychology, University of Westminster

Certaines personnes ne ressentent absolument rien quand elles écoutent de la musique. Les chercheurs ont en découvert la cause, logée dans le cerveau. Krakenimages/Shutterstock

Et si la musique vous laissait de marbre ? Alors qu’elle fait vibrer la plupart d’entre nous, 5 à 10 % de la population reste totalement indifférente aux mélodies. Ce trouble, appelé « anhédonie musicale », intrigue les chercheurs, qui en dévoilent aujourd’hui l’origine : un défaut de communication entre le cerveau auditif et le système de récompense.


Lorsque je demande à une salle remplie d’étudiants comment ils se sentiraient s’ils ne pouvaient plus jamais écouter de musique, la plupart sont horrifiés. Un bon nombre était encore en train d’écouter de la musique juste avant le début du cours. Mais il y en a toujours un ou deux qui avouent timidement que cela ne changerait rien à leur vie si la musique n’existait pas.

Les psychologues appellent cela « l’anhédonie musicale », c’est-à-dire l’absence de plaisir à écouter de la musique. Et un nouvel article publié par des neuroscientifiques espagnols et canadiens suggère qu’elle serait causée par un problème de communication entre différentes zones du cerveau.

Pour beaucoup d’entre nous, ne rien ressentirquand on écoute de la musique semble incompréhensible. Pourtant, pour 5 à 10 % de la population, c’est la norme.

Dans le cadre de mes recherches et de ma pratique auprès de personnes souffrant de pertes de mémoire, je leur demande souvent de choisir leurs chansons préférées dans le but de raviver chez elles des souvenirs marquants.

J’ai toujours été fascinée par le fait que certaines personnes me regardent d’un air perplexe et me disent : « La musique ne m’a jamais vraiment intéressé•e. » Cela contraste tellement avec la majorité des gens qui adorent parler de leur premier disque ou de la chanson qui a été jouée à leur mariage.

Des études récentes montrent des variations considérables dans l’intensité des émotions ressenties quand on écoute de la musique. Environ 25 % de la population est hyperhédonique, c’est-à-dire qu’elle éprouve un besoin presque obsessionnel de musique.

Les recherches dans ce domaine utilisent généralement le Barcelona Music Reward Questionnaire (BMRQ) (questionnaire de récompense musicale de Barcelone), qui interroge les personnes sur l’importance de la musique dans leur vie quotidienne : À quelle fréquence en écoutent-elles ? Leur arrive-t-il de fredonner des airs ? Y a-t-il des chansons qui leur donnent des frissons ?

Si le score obtenu est faible, alors on parle d’anhédonie musicale. Pour confirmer ce diagnostic, des chercheurs mesurent, en laboratoire, le rythme cardiaque, la température ou la sudation des personnes sondées, pendant qu’elles écoutent de la musique. Chez la plupart d’entre nous, ces marqueurs physiologiques varient en fonction de la musique écoutée, selon qu’elle nous touche beaucoup ou peu. Mais chez les personnes souffrant d’anhédonie musicale, l’effet physiologique est nul.

Une théorie a consisté à dire que le fait de moins apprécier la musique pourrait refléter une anhédonie plus générale, c’est-à-dire une absence de plaisir pour quoi que ce soit. Ces pathologies sont souvent liées à des perturbations au niveau des zones du système de récompense, telles que le noyau accumbens, le noyau caudé et le système limbique.

Il s’agit d’une caractéristique courante de la dépression qui, comme d’autres troubles de l’humeur, peut être corrélée à une absence de réponse à la musique. Cependant, cela n’explique pas l’anhédonie musicale « spécifique », qui touche des personnes qui prennent du plaisir avec d’autres récompenses, comme la nourriture, les relations sociales ou le cinéma par exemple, mais restent indifférentes à la musique.

Homme renfrogné devant un violon
Tous les enfants obligés de prendre des cours de musique ne remercient pas leurs parents une fois adultes.
foto-lite/Shuttersock

Une autre explication qui a été avancée consiste à dire que les personnes qui s’intéressent peu à la musique ne la comprennent tout simplement pas, peut-être en raison de difficultés à percevoir les mélodies et les harmonies.

Pour vérifier cette hypothèse, nous pouvons nous intéresser aux personnes atteintes d’amusie, un trouble de la perception musicale qui affecte la capacité à reconnaître des mélodies familières ou à détecter des notes fausses. Ce trouble survient lorsque l’activité est réduite dans des régions clés du cortex fronto-temporal du cerveau, qui gère le traitement complexe de la hauteur des notes et de la mélodie. Or, on connaît au moins un cas d’une personne atteinte d’amusie qui n’en aime pas moins la musique.

Quoi qu’il en soit, d’autres recherches montrent que les personnes souffrant d’anhédonie musicale ont souvent une perception musicale normale, ils reconnaissent les chansons ou distinguent sans problème les accords majeurs des accords mineurs.

Alors, que se passe-t-il ? Un article recense toutes les recherches menées à ce jour dans ce domaine. La récompense musicale semble être traitée par la connectivité existant entre les zones corticales auditives, situées au niveau du gyrus temporal supérieur, et les zones du système de récompense. Il arrive que ces zones soient intactes chez des sujets souffrant d’anhédonie musicale. C’est donc la communication entre les zones qui est gravement perturbée : les parties du cerveau chargées du traitement auditif et le centre de la récompense ne communiquent pas.

Les personnes qui réagissent normalement à la musique présentent une activité importante au niveau de cette connexion dans le cerveau, qui est plus élevée pour une musique agréable que pour des sons neutres. Une étude réalisée en 2018 a montré qu’il est possible d’augmenter le plaisir procuré par la musique en stimulant artificiellement ces voies de communication à l’aide d’impulsions magnétiques.

Cette nouvelle analyse pourrait permettre aux scientifiques de mieux comprendre les troubles cliniques dans lesquels les récompenses quotidiennes semblent réduites ou amplifiées, ce qui est le cas par exemple lors de troubles alimentaires, d’addictions au sexe ou aux jeux.

Ces résultats remettent également en question l’idée répandue selon laquelle tout le monde aime la musique. La plupart des gens l’aiment, mais pas toutes les personnes, et cette variation s’explique par des différences dans le câblage du cerveau. Parfois, cela résulte des suites d’une lésion cérébrale, mais le plus souvent, les individus naissent ainsi, et une étude réalisée en mars 2025 a mis en évidence l’existence d’un lien génétique.

The Conversation

Catherine Loveday ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

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Un pulmón de cerdo trasplantado a un humano se suma a corazones, riñones e hígados en el avance de los xenotrasplantes

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Lluís Montoliu, Investigador científico del CSIC, Centro Nacional de Biotecnología (CNB – CSIC)

Minicerdos (_minipigs_) de Göttingen modificados genéticamente. Ellegaard, CC BY-SA

Los xenotrasplantes de órganos de cerdo a seres humanos siguen avanzando. Tras validarse esta estrategia con riñones, hígados y corazones ahora un equipo de investigadores chinos lo ha logrado con pulmones de cerdo xenotrasplantados a un hombre cadáver, en muerte clínica. El pulmón ha sobrevivido nueve días funcionando.

Por qué son necesarios

El trasplante de órganos es uno de los avances médicos más espectaculares: permite seguir viviendo a centenares de miles de personas cuyos órganos fallaban o habían dejado de funcionar.

Solo en el año 2024 se realizaron 173 286 trasplantes de órganos en todo el mundo. La mayoría de ellos (110 021) fueron de riñón, seguidos de los trasplantes de hígado (42 494), corazón (10 286) y pulmón (8 236), los cuatro órganos que se trasplantan con más frecuencia.

España sigue siendo el país del mundo donde se realizan más donaciones y más trasplantes por millón de personas. Desgraciadamente, no todos los pacientes que necesitan alguno de estos órganos logra encontrar una persona compatible que acepte o pueda donárselos (como donante vivo, un procedimiento habitual en trasplante de riñón), o pueda aprovecharlos tras un accidente mortal o tras la muerte clínica de una persona. Se estima que en EE. UU. aproximadamente 17 personas fallecen cada día en las listas de espera, sin recibir el órgano que necesitaban.

Las donaciones de órganos, a pesar de haber aumentado, no logran compensar el incremento de solicitudes de trasplantes. Esta es la razón principal de la búsqueda de estrategias alternativas para suplir la carencia de órganos humanos, y este es el origen de la investigación en xenotrasplantes. Estos están pensados esencialmente para ganar tiempo en las listas de espera, hasta que los pacientes puedan ser trasplantados con un órgano humano.

Cerdos editados genéticamente

Los trasplantes de órganos de animales a seres humanos (xenotrasplantes), son esencialmente de cerdo. Pero no de un cerdo cualquiera. Son cerdos transgénicos, editados genéticamente. En laboratorio se realizan múltiples modificaciones genéticas para que sus órganos no sean reconocidos como extraños por nuestro sistema inmunitario.

De este modo, la edición genética busca ‘camuflar’ el órgano del cerdo para evitar el rechazo fulminante, a medio y a largo plazo que se produciría inevitablemente.

Son cerdos de la raza minipig, de pequeño tamaño, que llegan a pesar entre 70-80 Kg, compatibles con el tamaño de cuerpo y órganos humanos.

Los xenotrasplantes surgieron, como idea, hace más de 30 años. Se produjeron diversos cerdos transgénicos con varios genes porcinos anulados y varios genes humanos añadidos, para que sus órganos pudieran subsistir dentro del cuerpo humano. Durante muchos años los experimentos solamente se realizaron en primates no humanos, principalmente monos babuinos. Hasta que se dio el paso a probarlo en humanos.

Primeros experimentos: riñones en humanos

En septiembre de 2021 un equipo de cirujanos e investigadores de un hospital de Nueva York decidió conectar un riñón de uno de estos cerdos transgénicos a la circulación sanguínea en una pierna de una mujer cadáver, en muerte clínica cerebral, pero con latido cardíaco y respiración asistida. El riñón sobrevivió 54 horas sin mostrar signos de rechazo y produjo orina con normalidad.

Poco después conocimos otro caso similar, realizado en Birmingham (Alabama, EE. UU.) cuando a un hombre, también en muerte clínica, le trasplantaron los dos riñones de estos cerdos transgénicos. En este caso solo uno de los riñones funcionó las 74 horas que duró el experimento.

El primer riñón de cerdo transgénico trasplantado a una persona viva se realizó en 2024, y el hombre sobrevivió dos meses.

Tras estos primeros intentos se sucedieron otros xenotrasplantes de riñones con distintos tipos de cerdos editados genéticamente, con mayor o menor éxito. Hasta que recientemente se ha anunciado un ensayo clínico en el que se evaluarán 50 pacientes xenotrasplantados de riñón.

Los ejemplos del corazón

En corazones se ha seguido un camino similar al de los riñones. Primero se empezó con corazones de cerdos modificados genéticamente xenotrasplantados a cadáveres de personas en muerte cerebral. El primer avance significativo se produjo en enero de 2022 en Baltimore (Maryland, EE. UU.) al trasplantar un corazón de cerdo transgénico a un hombre, con una cardiomiopatía avanzada y otras comorbilidades por las que no era un candidato adecuado en las listas de espera. Nunca habría recibido un corazón humano.

El hombre proporcionó su consentimiento informado para el xenotrasplante y sobrevivió dos meses con el corazón de un cerdo latiendo en el interior de su tórax. En 2023, también en el hospital de Baltimore, otro paciente vivo recibió un corazón de cerdo transgénico. En este caso sobrevivió seis semanas.

En hígados también se han realizado algunos xenotrasplantes, primero sobre cadáveres y luego sobre personas vivas, y en algún caso el resultado ha sido exitoso.

Vencer el rechazo

Los síntomas de rechazo son la razón principal del fracaso de los xenotrasplantes, a pesar de que todos los pacientes reciben medicamentos para mantener la respuesta inmunitaria controlada y reducida. En otros casos pueden aparecer infecciones difíciles de tratar debido a la inmunosupresión a la que están sometidos.

Tras validar la estrategia de xenotrasplantes en riñones, hígados y corazones, los tres órganos que se trasplantan con mayor frecuencia, el siguiente reto era probarlo en pulmones, el cuarto órgano en relevancia para trasplantes. Y esto es lo que acaba de realizar un equipo de cirujanos e investigadores en Guangzhou (China).

Los resultados de este primer experimento de xenotrasplante de pulmón de cerdo transgénico sobre una persona cadáver, en muerte clínica cerebral, han aparecido publicados en la revista Nature Medicine.

Un cerdo con seis genes editados

En este caso, los investigadores han usado el corazón de un tipo de cerdo con seis genes editados, que xenotrasplantaron a un hombre de 39 años, en muerte clínica cerebral.

Solamente le introdujeron uno de los dos pulmones, el izquierdo. Dejaron el derecho intacto, para poder comparar el comportamiento y funcionalidad de ambos.

El pulmón xenotrasplantado funcionó durante nueve días, sin síntomas de rechazo agudo o infección, lo cual ya es un gran éxito médico. El tratamiento posoperatorio incluyó también diversas drogas inmunosupresoras. Sin embargo, los doctores detectaron un edema importante a las 24 horas en el pulmón xenotrasplantado, probablemente relacionado con el procedimiento quirúrgico del xenotrasplante.

Este es un primer caso, un primer paciente, al que seguramente seguirán muchos más hasta poder optimizar la técnica y permitir la realización de futuros xenotrasplantes de pulmón, de forma segura y eficaz. Una prueba más de que los xenotrasplantes de órganos de cerdo a personas ya están aquí, empiezan a ser viables, y han venido para quedarse.

The Conversation

Los contenidos de esta publicación y las opiniones expresadas son exclusivamente las del autor y este documento no debe considerar que representa una posición oficial del CSIC ni compromete al CSIC en ninguna responsabilidad de cualquier tipo.

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Les femmes dans la finance : déconstruire les stéréotypes pour faire progresser l’égalité

Source: The Conversation – France (in French) – By Gunther Capelle-Blancard, Professeur d’économie (Centre d’Economie de la Sorbonne et Paris School of Business), Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Le secteur de la finance s’est largement féminisé. Mais, à mesure que l’on monte dans la hiérarchie, les hommes continuent d’être majoritaires. Ces inégalités prennent naissance dans des préjugés – parfois dès le foyer. Est-il possible de les combattre efficacement ? Comment ?


Longtemps, la finance a été considérée comme un bastion masculin. Et si les temps changent, les représentations peinent à évoluer. Golden boys, traders arrogants, dirigeants technocrates : les figures dominantes de l’imaginaire financier restent quasi exclusivement masculines. Or, dans la réalité, la majorité des salariés du secteur bancaire sont… des femmes ! Mais cette majorité est trompeuse. À mesure que l’on grimpe dans la hiérarchie ou que les postes deviennent plus rémunérateurs et stratégiques, leur part décroît nettement. Aucune femme, à ce jour, n’a dirigé de grande banque française.

Dans un contexte où des voix conservatrices s’élèvent, notamment aux États-Unis, contre les politiques de diversité sur fond de croisade antiwokisme, il importe de continuer à documenter, interroger et à comprendre les mécanismes comportementaux, culturels et institutionnels complexes qui façonnent les trajectoires socioéconomiques et, partant, les inégalités de genre.

Des différences souvent mal comprises

Les différences d’attitudes, de préférences et de valeurs entre les femmes et les hommes sont largement exagérées. Il serait temps d’en finir avec cette fable selon laquelle les hommes viendraient de Mars et les femmes de Vénus. Qu’il s’agisse de leur rapport à l’argent, de leur goût pour le risque et la compétition ou de leur volonté de pouvoir, les différences entre hommes et femmes sont souvent faibles, variables et fortement contextuelles. Et surtout, elles sont socialement construites.

Ces différences sont amplifiées par la prégnance de stéréotypes qui finissent par être intégrés, tant par les femmes que par les hommes. Il en résulte des inégalités persistantes au détriment des femmes en matière d’épargne, d’accès aux crédits et de participation sur les marchés boursiers. Les femmes pâtissent aussi lourdement des préjugés dans leur carrière et sont peu nombreuses à occuper les postes les plus prestigieux et les plus rémunérateurs. Et lorsque les femmes finissent par briser ce « plafond de verre », c’est souvent en adoptant des « codes réputés masculins » (en matière de prise de risque, par exemple) – ce qui remet d’ailleurs en cause certains récits sans doute trop simplistes autour des effets vertueux d’une féminisation des instances financières.




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Des stéréotypes qui viennent du foyer

Ces différences se nourrissent des préjugés qui prennent naissance dans les foyers. Ainsi, pendant longtemps, c’est le mari qui s’occupait de gérer le budget du ménage. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : les enquêtes montrent au contraire que ce rôle est désormais dévolu majoritairement aux épouses. On en sait toutefois peu sur la gestion de l’argent au sein des couples.

À partir d’une base de données issue d’une banque française regroupant plus de 7 000 couples, on peut analyser la manière dont chacun des partenaires s’auto-évalue en matière de connaissances financières. Fait marquant, un biais de genre est observé dans la perception de ses propres compétences financières puisque la recherche montre que les femmes se sous-estiment plus souvent que les hommes. Pourtant, lorsque les conjoints sont présents ensemble au moment de l’évaluation, l’écart tend à se réduire de 18,7 %.

Ce phénomène suggère que la dynamique du couple peut atténuer ou renforcer les biais de genre. Et plus les couples sont engagés financièrement (épargne, investissement), plus l’écart de confiance tend à s’accentuer au détriment des femmes. Ces écarts ne sont pas anodins : ils conditionnent les prises de décision et les arbitrages patrimoniaux, et il peuvent renforcer les déséquilibres au sein du couple.

Une loi pour quels résultats ?

La finance, ce n’est pas que la gestion des comptes et du budget au sein des ménages. C’est aussi (et surtout) un secteur économique structurant, où les postes les plus stratégiques sont encore largement occupés par des hommes.

En France, la loi Copé-Zimmermann (2011) a imposé un quota de femmes dans les conseils d’administration, dans et hors du secteur financier, suivie plus récemment par la loi Rixain (2021) sur les comités exécutifs. Ces dispositifs ont eu des effets réels. Les conseils d’administration sont, à l’heure actuelle, à quasi-parité en matière de genre et la France est le leader en la matière. Il apparaît, en outre, aujourd’hui, que la loi de 2011 a eu un effet sur la performance extrafinancière des entreprises, qui s’expliquerait par la montée en puissance de femmes ayant eu des parcours professionnels souvent en prise avec les enjeux environnementaux et sociaux.

Si les quotas garantissent donc en général une quasi-parité dans les conseils d’administration (en termes de sièges), ils n’épuisent cependant pas la question des inégalités de genre à la tête des grandes entreprises. En particulier, la hiérarchie au sein même des conseils (présidences, comités stratégiques, etc.) reste très genrée et reproduit les stéréotypes conventionnels, les femmes accédant moins souvent aux fonctions les plus influentes.

Interroger les règles du jeu

Finalement, les inégalités observées ne traduisent pas des différences innées de compétences ou d’appétence pour la finance, mais bien des différences de socialisation, d’éducation et, consécutivement, de trajectoires. Les travaux issus de la recherche expérimentale et des enquêtes institutionnelles convergent : les écarts existent, mais ils sont amplifiés par les structures et les normes sociales. En d’autres termes, il ne suffit pas d’ouvrir les portes de la finance aux femmes. Il faut aussi interroger les règles du jeu, les modèles dominants, et les représentations qui pèsent sur les parcours.

Ainsi, et par exemple, il apparaît clairement aujourd’hui que les quotas à la tête des entreprises, pour importants qu’ils soient, ne suffiront pas à résorber les inégalités de genre aux niveaux inférieurs, à tous niveaux de qualification : le rôle et la prégnance des stéréotypes indiquent que la clé est dans une dynamique bottom up (plus que top down), conduisant les femmes à se projeter pleinement dans l’univers de la finance et des postes à responsabilités, et les hommes à se départir de leurs croyances en la matière. Bref, c’est à la base qu’il faut maintenant agir : dans les écoles, dans les familles, dans les institutions.


Les auteurs de cet article ont supervisé le numéro de la Revue d’économie financière d’avril 2025, « Femmes et finance ».

The Conversation

Antoine Rebérioux a reçu des financements de l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Gunther Capelle-Blancard et Marie-Hélène Broihanne ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Les femmes dans la finance : déconstruire les stéréotypes pour faire progresser l’égalité – https://theconversation.com/les-femmes-dans-la-finance-deconstruire-les-stereotypes-pour-faire-progresser-legalite-257589

Por qué el ocio es importante para alcanzar una buena vida, según Aristóteles

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Ross Channing Reed, Lecturer in Philosophy, Missouri University of Science and Technology

Lo que hacemos en nuestro tiempo libre dice mucho sobre lo que nos hace felices. Halfpoint Images/Moment via Getty Images

En su impactante libro La sociedad del cansancio, el filósofo surcoreano Byung-Chul Han sostiene que, en la actualidad, alcanzar el éxito se ha convertido en una obligación. Han denominado a esto una “sociedad del rendimiento”, en la que debemos convertirnos en “emprendedores”, promocionándonos y vendiéndonos a nosotros mismos. Como consecuencia, no hay tiempo libre.

En una sociedad así, incluso el ocio corre el riesgo de convertirse en otro tipo de trabajo. En lugar de proporcionar descanso y sentido, suele ser competitivo, performativo y agotador.

Quienes sienten la presión de promocionarse a sí mismos, por ejemplo, pueden pasar su tiempo libre publicando fotos de una carrera o de unas vacaciones lujosas en las redes sociales
para que las vean sus familiares, amigos y posibles empleadores, lo que aumenta el agotamiento y el desgaste.

Un hombre corriendo al aire libre por un camino pavimentado rodeado de palmeras y edificios.
El ejercicio debe realizarse con moderación para alcanzar los objetivos de salud.
AzmanL/E+ via Getty images

Como filósofo y consejero filosófico, estudio las conexiones entre el ocio poco saludable y el agotamiento. He descubierto que la filosofía puede ayudarnos a sortear algunos de los escollos en una sociedad orientada al rendimiento. El célebre filósofo griego Aristóteles, que vivió entre el 384 y el 322 a. e. c., en particular, ofrece importantes reflexiones.

Sobre el desarrollo personal

Aristóteles comienza Ética a Nicómaco señalando que todos buscamos la felicidad. Sin embargo, afirma que a menudo nos confunde cómo alcanzarla.

Él creía que el placer, la riqueza, el honor y el poder no nos hacen felices en última instancia. La verdadera felicidad, decía, requiere un desarrollo ético personal: “El bien humano resulta ser la actividad del alma de acuerdo con la virtud”.

En otras palabras, si queremos ser felices debemos tomar decisiones razonadas para desarrollar hábitos que, con el tiempo, se conviertan en rasgos de carácter como el coraje, la templanza, la generosidad y la veracidad.

Aristóteles vincula explícitamente la buena vida con convertirse en un tipo determinado de persona. No hay atajos para el desarrollo ético personal. Se necesita tiempo, tiempo libre, tiempo que no se dedique a ningún tipo de autopromoción empresarial.

Aristóteles también habla del poder de nuestras decisiones. Los hábitos, argumenta, no se refieren solo a la acción, sino también a los motivos y al carácter. Nuestras acciones, dice, cambian nuestros deseos. Aristóteles afirma: “Al abstenernos de los placeres, nos volvemos templados, y cuando lo somos es cuando somos más capaces de abstenernos de ellos”.

En otras palabras, los buenos hábitos son el resultado de avanzar gradualmente en la dirección correcta a través de la práctica. Y estos buenos hábitos conducen al desarrollo ético personal. Para Aristóteles, además, es esencial tener buenos amigos y mentores que guíen y apoyen el desarrollo moral.

Comprender el ocio

En una sociedad orientada a los logros, a menudo estamos condicionados a responder a presiones externas para promocionarnos a nosotros mismos y buscar la felicidad en el placer, la riqueza, el honor y el poder. Esto puede desviar el desarrollo ético necesario para alcanzar la verdadera felicidad.

El verdadero ocio, aquel que no está ligado a la necesidad de alcanzar algo, es el tiempo que podemos dedicar a reflexionar sobre nuestras prioridades reales, cultivar amistades, pensar por nosotros mismos y dar un paso atrás para decidir qué tipo de vida queremos vivir.

La palabra griega eudaimonia, que a menudo se traduce simplemente como “felicidad”, es el término que Aristóteles utiliza para describir la prosperidad y el florecimiento humanos. Según la filósofa Jane Hurly, él considera “el ocio esencial para la prosperidad humana”. De hecho, “tanto para Platón como para Aristóteles, el ocio… es un requisito previo para alcanzar la forma más elevada de la prosperidad humana, la eudaimonia”, como sostiene el filósofo Thanassis Samaras.

Aunque nuestros medios para adquirir placer, riqueza, honor y poder sean limitados, Aristóteles nos dice que tenemos control sobre la variable más importante de la buena vida: qué tipo de persona queremos ser. El ocio es crucial porque es el tiempo en el que decidimos qué hábitos desarrollaremos y quiénes llegaremos a ser. ¿Capitularemos ante la sociedad del éxito? ¿O utilizaremos nuestro tiempo libre para desarrollarnos como individuos?

Cuando el ocio se centra en la autopromoción, es difícil que se produzca el desarrollo moral. El tiempo libre que no está secuestrado por la necesidad imperiosa de alcanzar logros es necesario para desarrollar una relación coherente con uno mismo, lo que yo denomino una relación de autosolidaridad, un tipo de autoconciencia reflexiva necesaria para apuntar al objetivo correcto y tomar decisiones morales. Sin esa relación, la buena vida seguirá siendo esquiva.

El ocio reinventado

En lugar de adoptar la formulación de la sociedad del éxito, tal vez podamos crear nuestra propia visión. Sin esta, corremos el riesgo de caer en malos hábitos que nos alejen de un sano desarrollo moral.

Aristóteles deja claro que tenemos el poder de cambiar no solo nuestros comportamientos, sino también nuestros deseos y carácter. Este autodesarrollo es una parte necesaria de la buena vida, una vida de ‘eudaimonia’.

Las decisiones que tomamos en nuestro tiempo libre pueden acercarnos a ella. O pueden alejarnos y llevarnos al agotamiento.

The Conversation

Ross Channing Reed no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué el ocio es importante para alcanzar una buena vida, según Aristóteles – https://theconversation.com/por-que-el-ocio-es-importante-para-alcanzar-una-buena-vida-segun-aristoteles-262891

La IA se hace cada vez más presente en las industrias creativas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Silvia María González Fernández, Profesora en sustitución en el área de Organización de Empresas. Universidad de Oviedo, Universidad de Oviedo

shutterstock El editorial/Shutterstock

La publicidad, la moda y el diseño. El teatro, el cine, la música y los videojuegos. Las artes visuales, la escultura, la pintura. La gestión del patrimonio y el turismo cultural. Las industrias culturales y creativas (ICC) están viviendo cambios muy rápidos con la irrupción de la inteligencia artificial.

Por un lado, se crean nuevas oportunidades de mejora. Por otro, surgen desafíos importantes para sus trabajadores. La inteligencia artificial consigue imitar la inteligencia humana para analizar datos, reconocer patrones o tomar decisiones. En las industrias culturales, la inteligencia artificial mejora la eficiencia, personaliza las experiencias y fomenta la creatividad.

Según datos de Eurostat y la Comisión Europea, las industrias creativas empleaban, a mediados de 2023, a más de 8,7 millones de personas. Esto supone que el 3,8 % del empleo europeo se ocupa en un sector en el que la innovación y la originalidad son esenciales.

Impacto de la IA en las industrias creativas

En el campo de la publicidad, las herramientas de IA mejoran los resultados de las campañas publicitarias. Obtener análisis de audiencias más precisos permite identificar a los clientes idóneos y luego llegar a ellos mediante el envío de mensajes personalizados.




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En arquitectura e ingeniería, la inteligencia artificial facilita el trabajo de diseño y mejora la eficiencia en los proyectos a través de simulaciones avanzadas. Este tipo de softwares permiten remodelar diseños complejos en 3D y tomar decisiones sostenibles en minutos. Como bien dice Lászlo Moholynagi ,“el diseño no es una profesión, es una actitud”.

En lo audiovisual

Con respecto al cine y la música, las plataformas digitales utilizan la IA para analizar los gustos y preferencias de sus usuarios. Esto les permite ofrecerles una oferta a medida, creada a partir de su historial de visualizaciones.

Así fidelizan a sus usuarios recomendándoles lo que el algoritmo considera que coincide con sus gustos. Si tiene una cuenta familiar en alguna de estas plataformas, pruebe a revisar la página de inicio de los distintos miembros y verá cómo la oferta es distinta para cada uno.




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Crece el uso de la inteligencia artificial por los desarrolladores de videojuegos. ¿Su utilidad? Por ejemplo, el uso de algoritmos adaptativos permite ajustar los desafíos al nivel del jugador: desde enemigos que se adaptan al nivel del usuario hasta historias interactivas. La IA permite automatizar tareas repetitivas y ahorrar costes.

Patrimonio cultural, inteligencia artificial

A través de la realidad virtual se pueden hacer visitas virtuales a museos y recorridos por lugares históricos. Esto hace que el patrimonio sea más accesible para todos.

En el área museística, la aplicación de programas de realidad aumentada o realidad virtual mejoran las experiencias del público y cómo se interrelacionan con las obras de arte.




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La Universidad de Glasgow está desarrollando una plataforma digital en la que se expondrán modelos en 3D de obras custodiadas en los museos escoceses. Los grandes museos solo pueden mostrar una parte de sus colecciones, así que la idea subyacente es eliminar las limitaciones espaciales gracias a la realidad virtual y dar mayor visibilidad a los fondos artísticos.

Proyecto “Museos en el metaverso”. Objetos y realidad virtual. Fuente: University of Glasgow.

Por su parte, entre las acciones de divulgación del Museo del Prado está “Contar el Prado”, un algoritmo identifica y enumera objetos y personas en una serie de obras y luego reta a los usuarios a que hagan sus propias cuentas.

En moda y diseño, la IA ayuda a predecir tendencias., crear colecciones más sostenibles (al permitir el aprovechamiento máximo de los materiales), mejorar las cadenas de suministro y el manejo de inventarios, entre otras tareas.




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Por ejemplo, el proyecto AI4FIBRES –desarrollado por la Universidad de Kingston, la organización benéfica Royal Opera House y dos empresas de gestión de residuos textiles– propone la utilización de la IA para el reciclaje de materiales, clasificando y procesando eficazmente los residuos textiles, aumentando las tasas de reciclaje y reduciendo los vertederos.

Se abre el debate

La integración de la inteligencia artificial en las industrias culturales libera a los profesionales de las tareas más repetitivas y les permite centrarse en otras funciones más creativas.

Un ejemplo: la IA tiene la capacidad de transcribir, traducir o subtitular contenidos culturales (textos, audios y producción audiovisual), lo que facilita un acceso rápido y globalizado a los contenidos culturales. No obstante, esto también genera controversia tanto por la fiabilidad y calidad del producto final, como por los riesgos para el futuro del empleo en el sector y la protección de los derechos de autor y los datos personales de los usuarios.

The Conversation

Silvia María González Fernández es miembro de la Universidad de Oviedo.

ref. La IA se hace cada vez más presente en las industrias creativas – https://theconversation.com/la-ia-se-hace-cada-vez-mas-presente-en-las-industrias-creativas-243410

Cuando la democracia ya no enamora: terreno fértil para la ultraderecha

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Maite Aurrekoetxea Casaus, Profesora Doctora en Sociología en la Facultad de Ciencias Sociales y Humanas, Universidad de Deusto

Manifestación de jóvenes ultraderechistas en Wismar (Alemania) el 14 de septiembre de 2024. Wilhelm Hermann/Shutterstock

Los altercados recientes en Torre Pacheco (Murcia) a raíz de una agresión a una persona mayor por inmigrantes no constituyen un hecho aislado. Son el síntoma visible de una enfermedad más profunda: el avance del discurso xenófobo en territorios donde la democracia pierde valor simbólico, especialmente entre los jóvenes.

Ver a grupos de jóvenes empleando la violencia en las calles demostró que estos hechos no son solo un problema de seguridad o convivencia, sino producto de una erosión democrática que allana el camino a la ultraderecha.

Incluso el lenguaje empleado en las redes sociales sobre los hechos en Torre Pacheco, “caza al magrebí”, indicaban un desapego a los principios democráticos. La ultraderecha va ganando terreno político y legitimidad cultural en las redes sociales.

La adhesión a la democracia va por países

Al analizar el nivel de adhesión declarada a la democracia, los países nórdicos, Alemania, Países Bajos y Suiza se sitúan en los rangos más altos: más del 90 % de su población considera que la democracia es importante. En cambio, países como Rusia, Bielorrusia, Georgia, Serbia, Bulgaria o Rumanía registran niveles de apoyo que caen por debajo del 70 %.

Esta fractura coincide, y no por azar, con las líneas divisorias del mapa ideológico: donde predomina el conservadurismo, la democracia tiende a estar menos consolidada como valor normativo.

Si la democracia no se vive como una convicción compartida, sino como un sistema que no cumple sus promesas, las alternativas autoritarias se van abrir paso con mayor facilidad.

Este es el marco: la ultraderecha no se presenta como una ruptura radical, sino como una propuesta legítima para recuperar el control, la soberanía o la estabilidad perdida frente a una amenaza: en este caso, la inmigración. Según el estudio European Values Study (2017-2020), la ultraderecha da un paso más y se vincula a actitudes morales conservadoras en asuntos como vida, muerte, género y sexualidad.

Aparecen espacios como NoFap, donde se ofrecen temas como la abstinencia sexual y que evolucionan hacia comunidades donde se glorifica una masculinidad tradicional y excluyente. Se convierten en puentes hacia ideologías de ultraderecha al ofrecer a los jóvenes marcos identitarios claros y “soluciones” a crisis personales vinculadas con precariedad emocional, aislamiento o frustración sexual.

No es casual que los referentes de estos espacios de ultraderecha promuevan una exaltación de la fuerza física, el orden y la agresividad, proyectando un ideal masculino autoritario, protector y dominante.
Esta masculinidad se presenta como antídoto frente a un supuesto “declive moral” atribuido al feminismo, la diversidad sexual o al supuesto invasor inmigrante.

Cierto es que la satisfacción democrática de las nuevas generaciones está más condicionada por variables económicas que en cohortes previas, pero este conservadurismo moral empieza a ser un ariete de la ultraderecha.

¿Existe el agotamiento democrático en los jóvenes?

En Europa, el patrón comienza a ser una constante: los jóvenes expresan un compromiso más débil con los principios democráticos. Concretamente, en paises europeos como Dinamarca, Alemania, Polonia, Francia y Croacia, la Generación Z (18-24 años) muestra un apoyo significativamente más bajo a la democracia en comparación con los Baby Boomers –nacidos entre 1946 y 1964– o la Generación del Silencio –personas nacidas entre 1928 y 1945–.

Esta brecha generacional no debe interpretarse como apatía política, sino como expresión de una desafección activa: una respuesta a instituciones que no han sabido representar ni proteger los intereses de los más jóvenes.

La democracia pierde su capacidad de emocionar y movilizar. En ese vacío simbólico, la ultraderecha ofrece respuestas simples, identidades fuertes y enemigos claros. Apelan no a la deliberación, sino a la pertenencia. No prometen justicia, sino orden. No buscan incluir, sino diferenciar.

Así, cuando la democracia deja de ofrecer un horizonte deseable, el autoritarismo no aparece como una amenaza, sino como una salida.

¿Qué está en juego?

En parte de la juventud europea, el apego emocional a la democracia se ha debilitado. No por ideología, sino por la sensación de que el sistema ya no ofrece respuestas. La ultraderecha sabe leer el momento y lo ocupa con una narrativa eficaz: [si todo está roto, hace falta orden]; si los políticos son todos iguales, necesitamos mano dura; si la democracia no funciona, quizás ha llegado la hora de saltarse intermediarios.

Esa lógica de despreciar la mediación institucional allana el camino para que emerjan líderes autoritarios que no se presentan como una opción más, sino como la única salida posible. Personajes en las redes sociales despliegan sus discursos que ganan adhesiones, no por convicción ideológica, sino por contagio emocional.

Y lo que es más preocupante: no necesitan convencer, solo explotar la fatiga democrática y ofrecer certezas rápidas para tiempos inciertos.

Por eso, el verdadero debate no es sobre partidos ni campañas, es sobre el tipo de sociedad que queremos construir y los valores que queremos que la sostengan. Si la democracia no es capaz de renovarse, de incluir, de cuidar y de representar, perderá su fuerza de atracción.

Los proyectos autoritarios no necesitarán imponer su fuerza: solo ocuparán el espacio que la democracia está dejando libre.

The Conversation

Maite Aurrekoetxea Casaus no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando la democracia ya no enamora: terreno fértil para la ultraderecha – https://theconversation.com/cuando-la-democracia-ya-no-enamora-terreno-fertil-para-la-ultraderecha-260649

La IA reduce drásticamente los riesgos de la extubación en pacientes con ventilación artificial

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Fernando Giraldo-Cadavid, Profesor Titular de Medicina, Universidad de La Sabana

sfam_photo/Shutterstock

Aliento es respiración y respiración es vida. Si respiramos, vivimos. Pero cuando esa función vital falla –por un trauma, una infección, una inflamación pulmonar grave o un daño neurológico–, el cuerpo deja de recibir el oxígeno que necesita y de eliminar el dióxido de carbono. En esos casos, conectar al paciente a un ventilador mecánico que le suministre oxígeno y elimine el dióxido de carbono a través de un tubo no es una opción: es una necesidad para mantenerlo con vida.

Irónicamente, más allá del proceso de intubar, uno de los grandes desafíos médicos consiste en retirar esos dispositivos en el momento correcto para que el proceso de inhalar y exhalar vuelva a su curso natural.

Decirlo es simple, pero en la práctica se presentan fallos en esa predicción. De hecho, se estima que un 20 % de los pacientes extubados tienen que ser reintubados, lo que aumenta el riesgo de traumatismos en la vía aérea y la introducción de microorganismos susceptibles de generar infecciones.

Retirar o no retirar el tubo, he aquí el dilema

Decidir si retirar o no un tubo no es asunto para tomar a la ligera. Varios factores deben tenerse en cuenta para hacerlo de una manera responsable, como la capacidad para toser adecuadamente, necesaria para limpiar las vías respiratorias de secreciones (medición objetiva de la tos), o una correcta función del diafragma, que permita inhalar bien el aire (velocidad de contracción diafragmática).

En definitiva, cada paciente que es conectado a un ventilador debe cumplir con unas condiciones específicas. Hay que revisar su oxigenación, observar cuánto puede movilizar su volumen respiratorio y fijarse en el estado de su metabolismo para que no haya una alteración que debilite los músculos. Cuando ya se le va disminuyendo el soporte del ventilador y el paciente mejora en todos esos aspectos, llega el momento de hacer una prueba de respiración espontánea, desconectando el ventilador. Si pasa esa prueba, el tubo es retirado.

El problema es que, en muchas ocasiones, tanta información puede ser abrumadora y abocar a un retiro fallido. Por eso, varios investigadores hemos desarrollado un modelo de inteligencia artificial que asiste a los médicos en estos procedimientos. En el estudio analizamos la capacidad predictiva de cinco métodos, dos no supervisados y tres supervisados. Más adelante veremos en qué se diferencian.

Los modelos de IA que fueron explorados

Utilizando los datos obtenidos del ensayo de respiración espontánea, la medición objetiva de la tos y la velocidad de contracción diafragmática, pudimos determinar la efectividad en la predicción de esos modelos. Para ello, recurrimos a 367 pacientes de cuatro unidades de cuidados intensivos en Bogotá (Colombia).

En los modelos no supervisados se utilizan los datos de todos los pacientes, tanto de aquellos que tuvieron éxito en la extubación como de quienes no lo lograron. Sin embargo, esta información sobre el resultado no es proporcionada al sistema. Posteriormente, se le solicita al software identificar por sí mismo las características que podrían predecir si el procedimiento de extubación será exitoso o fallido.

Esta primera aproximación se hace con el fin de identificar algún patrón desconocido. No obstante, la precisión del diagnóstico fue más alta cuando el sistema de inteligencia artificial fue supervisado, es decir, cuando se le indicó a la máquina cuáles pacientes experimentaron un proceso exitoso y cuáles no. En particular, fueron los árboles de decisiones los que ofrecieron un mejor rendimiento, seguidos de las redes neuronales.

Los árboles de decisiones son un sistema de aprendizaje automático donde el computador, a través de múltiples pruebas, de forma muy rápida y a partir de preguntas cerradas que constan de respuestas positivas o negativas, asigna paulatinamente a cada respuesta un valor, hasta llegar a la predicción definitiva. Por su parte, las redes neuronales procesan los datos, aprenden patrones complejos y van asociando características que permiten obtener una mayor capacidad de predicción.

Para llevar a cabo este proceso, fue necesario separar aleatoriamente el grupo de pacientes en dos, uno con el que se entrenaba el modelo y otro donde se realizaba la validación. Así obtuvimos una predicción correcta de extubación exitosa de un 95 %; es decir, se redujo la posibilidad de error del 20 % al 5 %.

Por ahora, este trabajo debe complementarse con el desarrollo de una aplicación que permita validar los modelos predictores desarrollados en otros grupos de pacientes. Si dicha validación arroja resultados similares a los encontrados en nuestra investigación, esta app ayudará a decidir en las unidades de cuidados intensivos cuándo retirar el tubo con éxito para que los pacientes vuelvan a tener aliento, respirar y vivir.

The Conversation

Luis Fernando Giraldo-Cadavid no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La IA reduce drásticamente los riesgos de la extubación en pacientes con ventilación artificial – https://theconversation.com/la-ia-reduce-drasticamente-los-riesgos-de-la-extubacion-en-pacientes-con-ventilacion-artificial-261325

Incendios en España: ¿por qué ahora? ¿Por qué allí?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Emilio Chuvieco Salinero, Catedrático de Geografía, Universidad de Alcalá

Incendio en El Bierzo, León (España), en agosto de 2025. Nuria PhotoStock/Shutterstock

Una ola de graves incendios lleva ya varias semanas afectando a diferentes regiones de España y concentrando, como es natural, la atención de la ciudadanía, los medios de comunicación, los expertos y la esfera política. Son muchos los que buscan los porqués de la intensidad y voracidad del fuego, que ha arrasado más de 400 000 hectáreas.

Lo que está ocurriendo este año es absolutamente excepcional: en apenas quince días del mes de agosto se ha quemado más que todo lo quemado en cinco años (2019, 2020, 2021, 2023 y 2024; el 2022 fue también bastante severo, con casi 300 000 ha). Hay que remontarse hasta fines del pasado siglo para ver años donde se superaran las 400 000 hectareas (1978, 1985, 1989 y 1994), obviamente con muchos menos medios y conocimiento del problema que ahora.

Los incendios han ocupado la mayor parte de mis esfuerzos profesionales en los últimos 40 años, sobre todo en el ámbito de la detección de condiciones de riesgo y efectos del fuego por teledetección. Y desde ese conocimiento, y con los datos en la mano, trataré de analizar en este artículo por qué los incendios han sido tan graves este verano y por qué se han producido sobre todo en ciertas zonas de España, como Galicia, Extremadura y Castilla y León.

¿Por qué ahora?

Algunas de las explicaciones que se han dado hasta ahora tienen que ver con los pirómanos. Pero ¿dónde se esconden esos pirómanos el resto del año? ¿Por qué aparecen algunos años, como el actual, y no en otros? Por ejemplo, en todo el 2024 se quemaron 42 600 ha, apenas el 10% de lo que se ha quemado en lo que llevamos de año.

Otros argumentos tienen que ver con el abandono de la ganadería tradicional, la legislación coercitiva sobre gestión forestal, el escaso aprovechamiento económico de los montes y la falta de medios, entre otros. Factores que, sin duda, han influido en la incidencia del fuego.

A estos factores estructurales hay que añadirle los meteorológicos: estamos en un año excepcional, con una abundante precipitación primaveral (por tanto, con alta productividad vegetal), un año de junio anómalamente caluroso y seco, un julio seco pero no muy caluroso y un agosto marcado por continuas y extremas olas de calor.

Falta cultura del riesgo

Pero tampoco podemos olvidar un factor estructural fundamental: la cultura del riesgo. Vivimos en un planeta que alberga fenómenos naturales catastróficos para el ser humano, que ha lidiado con ellos según su sabiduría y técnica mejoraba, casi siempre a base de reducir la vulnerabilidad, esto es, de desarrollar la capacidad de resistir al evento y recuperarse del mismo.

Para determinar el riesgo de incendio, como en cualquier otro riesgo, debemos de tener en cuenta tres elementos: peligro, exposición y vulnerabilidad. En pocas palabras, el peligro indica la probabilidad de que algo se queme; la exposición, la cercanía a las personas y bienes susceptibles de quemarse, y la vulnerabilidad, la capacidad de que el evento cause más o menos daños.

¿Tenemos cultura del riesgo en España? ¿Cuántas danas, apagones, erupciones volcánicas e incendios extremos necesitamos para que los niños lo estudien en los colegios, para que los municipios tengan planes de prevención, para que las autoridades con competencias en protección civil, tanto en el ámbito nacional como autonómico, se coordinen?

El pasado marzo presentamos en mi universidad los resultados de un proyecto sobre riesgo de incendio (FirEUrisk) en el que han participado 36 grupos de investigación de 17 países, con una financiación global de algo más de 10 millones de euros. Desde el inicio del proyecto hemos estado en contacto con gestores y administraciones, intentando contar con su apoyo y buscando transferir los resultados que se iban obteniendo al mundo operativo.

En la reunión final, invitamos a los responsables de la extinción y gestión de incendios, tanto autonómicos como nacionales, incluyendo a la directora general de protección civil. Únicamente asistieron responsables técnicos. Ningún gestor de los que toman decisiones y controlan la inversión que se hace en prevención de incendios, con la excepción de los mandos de la Unidad Militar de Emergencias.

Ahora estamos intentando implantar un módulo sobre estimación de la humedad de la vegetación para mejorar el indicador meteorológico de peligro de incendios que publica la Agencia Estatal de Meteorología. Los técnicos de la Agencia están muy interesados, pero no hay presupuesto. Me pregunto cuánto cuesta un día de extinción de los 20 incendios que han estado activos y cuándo nos convenceremos de que la inversión en prevención a la larga, cuando está bien orientada, siempre compensa.

¿Por qué allí?

Termino con las última preguntas: ¿por qué la mayor parte de las 400 000 hectáreas quemadas se sitúan en una región concreta delimitada por las provincias de León, Orense y Zamora, en la región occidental de España, donde también pueden situarse Cáceres y Ávila (las otras dos provincias más quemadas este verano)? ¿No es cierto que todos los argumentos estructurales que hemos citado arriba (despoblación, legislación, abundancia de combustible, falta de medios de extinción, etc.) afectan exactamente igual a la España oriental (Cuenca, Soria, Albacete, Teruel, Zaragoza, interior de Valencia, Castellón o Alicante) donde apenas ha habido incendios?

Aquí necesitamos analizar la distribución geográfica de los factores de riesgo. En concreto, vamos a fijarnos en el impacto diferencial de la humedad de la vegetación, ya que a menor humedad de la vegetación (mayor sequía) mayor es el riesgo de incendios.

El CSIC calcula para la AEMET un índice estandarizado de sequía (SPEI, por sus siglas inglesas) que tiene en cuenta el déficit de precipitación en un área concreta, la temperatura y la demanda de agua por parte de la atmósfera. Así, cuanto más negativo es el valor, más severa es la sequía meteorológica.

Veamos los mapas de índices estandarizados de sequía correspondientes a la última semana de julio y la última semana de agosto de este año para ver el cambio en la humedad de la vegetación entre ambos periodos, y también el mapa de las zonas más afectadas por los incendios.

Mapa de España con colores que marcan los índices de sequía
Índices de sequía correspondientes a la segunda semana de julio de 2025, calculados por el CSIC, a partir de la temperatura, precipitación y la demanda de agua por parte de la atmósfera.
CSIC
Mapa de España con colores que marcan los índices de sequía
Índices de sequía correspondientes a la segunda semana de agosto de 2025, calculados por el CSIC, a partir de la temperatura, precipitación y la demanda de agua por parte de la atmósfera.
CSIC
Mapa del noroeste de la península ibérica donde se indica la situación y área de los principales incendios de agosto de 2025
Mapa de áreas quemadas en lo que llevamos de agosto.
Copernicus/CE

¿Ven alguna relación entre el mapa de sequía de la segunda semana de agosto y las áreas quemadas en esa semana? Podrán observar que se concentran en las mismas áreas. Si extraemos algunas series temporales del índice de sequía, la comparación resulta todavía más evidente: en la zona próxima a Ponferrada, donde se han registrado dos de los más grandes incendios de este verano, el índice de sequía de la segunda quincena de agosto es el más bajo desde que hay datos (1960).

En base a estos datos, quizás tengamos que mejorar los indicadores actuales de riesgo de incendio y tener en cuenta otros factores que muestren no sólo la meteorología sino el estado de los combustibles, como la humedad de la vegetación.

La alerta temprana es parte de la prevención, y cuando los medios son escasos resulta imprescindible aprovechar toda la información sustancial que tengamos disponible. Así, la gestión será más eficiente y reduciremos nuestra vulnerabilidad, al optimizar los medios disponibles a cuándo y dónde el riesgo es más alto.

The Conversation

Emilio Chuvieco Salinero ha sido coordinador científico del proyecto FirEURisk financiado por el programa H2020 de la Unión Europea, orientado a la determinación holística del riesgo de incendios forestales en Europa.

ref. Incendios en España: ¿por qué ahora? ¿Por qué allí? – https://theconversation.com/incendios-en-espana-por-que-ahora-por-que-alli-263835

Sean Feucht au Québec : la décision d’annuler ses concerts est contre-productive

Source: The Conversation – in French – By Frédéric Dejean, Professeur en sciences des religions, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Le chanteur évangélique et pro-Trump Sean Feucht a fait irruption dans l’actualité québécoise cet été. Un concert annulé, une amende, et une polémique : l’affaire relance le débat sur la liberté religieuse.

Sean Feucht, chanteur évangélique américain et fervent soutien de Donald Trump, est aussi connu pour ses prises de position controversées contre la communauté LGBTQ+ et le droit à l’avortement, souvent exprimées sur ses réseaux sociaux. Jusqu’à récemment inconnu du grand public québécois, il a gagné en notoriété cet été après l’annulation de dernière minute de son concert prévu à Québec le 25 juillet, dans la foulée de la controverse.

La Ville de Montréal a emboîté le pas en interdisant à son tour la tenue d’un spectacle allant « à l’encontre des valeurs d’inclusion, de solidarité et de respect prônées à Montréal », a dit la porte-parole de l’administration de Valérie Plante.

Qu’à ce la ne tienne, une église évangélique de Montréal a quand même organisé un événement avec Feucht, déclenchant une manifestation réunissant partisans et opposants. Feucht a largement relayé ces controverses sur ses réseaux sociaux, dénonçant une atteinte à la liberté religieuse. L’église s’est quand à elle vue infliger une amende de 2500 $ par la Ville de Montréal, car elle ne détenait pas de permis pour organiser un tel événement.

Cochercheur au sein de la Chaire de recherche France-Québec sur les enjeux contemporains de la liberté d’expression, je poursuis actuellement une enquête sur le prosélytisme évangélique dans les transports en commun et l’espace public montréalais. J’ai développé dans ce cadre la notion d’« effet Sainte Blandine », en référence à cette esclave chrétienne de la ville de Lyon (Lugdunum à l’époque), qui a été martyrisée en juillet 177 et qui, dans la tradition catholique, constitue un symbole de résistance face aux persécutions.

L’historiographie du christianisme primitif a montré que les persécutions n’ont pas du tout eu pour effet de freiner la diffusion du christianisme. Au contraire, les martyrs sont devenus des modèles vénérés capables de susciter la ferveur religieuse.

L’« effet Sainte Blandine » : la foi renforcée dans l’adversité

Par l’expression d’« effet Sainte Blandine » je désigne des situations où la marginalisation sociale des personnes croyantes renforce leurs convictions et affermit en elles la certitude de la justesse de leur cause.

Prenons un exemple : lors d’une séquence d’observation d’une personne qui évangélisait à une station de métro de Montréal, j’ai eu l’occasion d’entendre des propos assez virulents de la part d’usagers qui interrompaient le prêche par des propos injurieux. Discutant avec elle de ces moments de tension, je lui ai demandé si de telles réactions pouvaient la conduire à cesser d’évangéliser. Elle m’a simplement répondu que ceux qui réagissaient de la sorte étaient « conduits par le diable » et qu’il était donc d’autant plus nécessaire de continuer.

Ce petit exemple fait écho à l’ouvrage classique en psychologie sociale L’échec d’une prophétie, ouvrage dans lequel Leon Festinger montrait comment l’individu surmonte la situation d’échec par un travail de rationalisation.

C’est bien le même « effet Sainte Blandine » à l’œuvre lors de la controverse autour de Sean Feucht qui affirmait sur son compte Instagram en date du 23 juillet :

Je n’ai pas ressenti un tel niveau de résistance depuis un bon moment, pas depuis 2020. […] C’est toujours le même stratagème du diable. Il veut que le peuple de Dieu se taise, reste chez lui, remette son masque et garde le silence.




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La pandémie comme catalyseur de notoriété et de discours

La référence à la pandémie de Covid-19 n’est pas fortuite. C’est en effet à cette occasion que Sean Feucht a vu croître sa notoriété, plus précisément quand il a initié le mouvement « #LetUsWorship » qui se voulait une réponse aux restrictions sur les rassemblements pour des raisons sanitaires. Il a déployé alors une rhétorique victimaire assez classique, mais très efficace : la liberté religieuse aurait été injustement confisquée par des responsables politiques qui instrumentaliseraient l’urgence sanitaire à des fins idéologiques.

Les événements de cet été ont donné lieu à une exploitation assez similaire de la part de Feucht puisque dans une vidéo sur Instagram en date du 25 juillet, il évoquait également la liberté religieuse bafouée par les élus du Québec : « Mais cette liberté est en ce moment même menacée au Canada », écrivait-il aussi.

Loin de se résigner, il invitait les chrétiens à se mobiliser (« We need to take a stand in this nation ») de trois façons : par la prière, par la signature d’une pétition et par la participation au concert de Montréal. Cet appel a été relayé et amplifié par des responsables chrétiens québécois.

Ainsi, Emmanuel Ouellet, un jeune pasteur montréalais qui s’est fait connaître l’an dernier par l’organisation de l’évènement « Revival Montreal », a publié sur Instagram une vidéo dans laquelle il affirmait :

la guerre est ouverte, il n’y a plus aucun doute, il est temps pour les chrétiens de sortir la tête du sable […] J’invite tous les chrétiens à se joindre à nous afin d’invoquer la puissance du Saint Esprit afin que Dieu se révèle à nos élus.

Un récit de persécution chrétienne au Québec

Pour bien comprendre le sens donné à cet événement par un certain nombre de chrétiens évangéliques, il est indispensable de le replacer dans un récit plus large qui se développe au Québec, au moins depuis la pandémie, selon lequel la liberté religieuse, en particulier celle des personnes chrétiennes, serait systématiquement attaquée. Par exemple, les Églises montréalaises Good News Chapel ou Nouvelles Création avaient résisté aux mesures sanitaires liées à la Covid-19.

Plus récemment, cette perception d’hostilité s’est exprimée dans l’émission Le Panel proposée par la chaîne chrétienne Théovox, où l’animateur dénonçait « une culture d’annulation ou antichrétienne » et des gestes perçus comme des tentatives d’effacement de la foi dans l’espace public. Il évoquait notamment deux cas : la résiliation, fin 2024, d’un contrat de location entre la Commission scolaire de Montréal et l’Église évangélique La Chapelle, qui y tenait des cultes, ou encore l’annulation au printemps 2023 d’un événement anti-avortement, jugé incompatible avec les valeurs d’égalité par le gouvernement.


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Pour ces raisons « l’Église » (terme utilisé dans le monde évangélique pour désigner les personnes chrétiennes) doit sortir de sa réserve et faire entendre sa voix dans le débat public.

Analysée à travers la lunette de l’« effet Sainte Blandine », la controverse entourant la venue de Sean Feucht montre comment certaines décisions politiques peuvent, paradoxalement, renforcer la mobilisation qu’elles cherchent à freiner.

Alors qu’il s’agissait de dénoncer des valeurs négatives portées par Feucht, ce dernier a non seulement adroitement réactivé une rhétorique ayant fait ses preuves en endossant le rôle de victime, mais a en plus fourni des éléments qui alimentent le récit d’un Québec en guerre contre le christianisme.

La Conversation Canada

Frédéric Dejean a reçu des financements du FRQSC

ref. Sean Feucht au Québec : la décision d’annuler ses concerts est contre-productive – https://theconversation.com/sean-feucht-au-quebec-la-decision-dannuler-ses-concerts-est-contre-productive-263389