Se sentir exclu pousse les ados vers la mentalité complotiste

Source: The Conversation – in French – By Nessa Ghassemi-Bakhtiari, PhD Student, Psychology, Université du Québec à Montréal (UQAM)

L’adolescence représente une période de vulnérabilité face aux idées complotistes, y compris celles liées à la manosphère. C’est en comprenant mieux comment ces idées se développent chez les jeunes qu’on peut intervenir, et peut-être même prévenir leur apparition.


Ces derniers mois, le regard médiatique s’est tourné vers la manosphère, et vers l’adhésion croissante des ados du Québec aux idéologies masculinistes. Ce mouvement, qui attribue le mal-être des jeunes hommes à une machination malicieuse des mouvements féministes, inquiète par les discours de haine qu’il propage et par les théories du complot qu’il véhicule, comme celle du « Grand Remplacement ».

Au Québec, une récente enquête menée auprès de 110 personnes enseignantes dans près de 200 écoles publiques révèle que la grande majorité d’entre elles constatent une hausse des manifestations de misogynie et d’homophobie depuis quelques années, souvent associées à l’ascendant exercé par certains influenceurs ou par des figures politiques populistes.

Le besoin de connexion

Mais si cette mentalité complotiste se développait d’abord en réponse à la frustration du besoin psychologique fondamental qu’est le besoin de connexion à son entourage ? L’étude longitudinale, réalisée auprès de 135 adolescentes et 97 adolescents et récemment publiée dans le Journal of Adolescence, apporte des éléments de réponse et remet en question certaines idées reçues sur la façon dont on devrait intervenir auprès des jeunes.




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Notre équipe a suivi 232 élèves du secondaire, âgés de 15 ans en moyenne, répartis dans dix écoles publiques et privées de milieux socioéconomiques variés du Québec. À deux reprises et à un an d’écart (printemps 2023 et 2024), les élèves ont complété des questionnaires mesurant leur mentalité complotiste, de même que la frustration de leurs besoins psychologiques de base.

Distinguer la théorie du complot de la mentalité complotiste

La mentalité complotiste est la tendance générale et stable à interpréter les grands événements comme résultant de machinations secrètes orchestrées par des groupes puissants. La théorie du complot, pour sa part, se distingue par un contenu spécifique et circonscrit, comme « la pilule rouge », qui est une expression empruntée au film The Matrix et récupérée par la manosphère pour désigner une supposée prise de conscience ; dans ce cas-ci, le fait que la société défavoriserait les hommes au profit des femmes, en particulier les féministes.

Ainsi, deux personnes peuvent présenter un niveau similaire de mentalité complotiste, sans pour autant croire aux mêmes théories du complot. De plus, nous nous situons toutes et tous quelque part sur le spectre de la mentalité complotiste, sans que notre bien-être en soit affecté. Toutefois, une mentalité complotiste élevée peut être associée à des conséquences concrètes, telles qu’une méfiance envers les institutions, un retrait civique et une adhésion facilitée à des idéologies extrémistes.




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Le phénomène que représentent les théories du complot et la mentalité complotiste est souvent analysé à travers le prisme du contenu (c’est-à-dire qui dit quoi, sur quelle plate-forme), mais rarement à travers celui des besoins psychologiques qui motivent les jeunes à s’y tourner. De plus, la majorité des études réalisées à ce jour ont visé les adultes, alors que les adolescentes et adolescents représentent une population particulièrement vulnérable.

Étant donné le peu d’études existantes concernant ce sujet chez les jeunes, nous avons choisi d’examiner la mentalité complotiste plutôt que les croyances envers des théories du complot spécifiques. Ce choix a été fait selon le principe que les croyances en des théories du complot risquent davantage d’être influencées par des variables sociodémographiques, alors que la mentalité complotiste peut affecter l’ensemble des jeunes, peu importe le genre, ce qui permet d’obtenir un premier aperçu des vulnérabilités psychosociales pouvant affecter les jeunes en tant que groupe.

Trois besoins psychologiques fondamentaux

Nous avons entrepris d’explorer la relation de la mentalité complotiste avec trois besoins psychologiques considérés fondamentaux pour le bien-être : l’autonomie (se sentir libre de ses choix), la compétence (se sentir efficace) et l’appartenance sociale (se sentir accepté et apprécié par son entourage). Lorsque notre environnement frustre ces besoins, nous cherchons naturellement à les satisfaire, mais pas nécessairement de façon bénéfique.

Développer une mentalité complotiste et adhérer à des théories du complot, c’est rejoindre une communauté, retrouver un sentiment de contrôle, comprendre enfin pourquoi on souffre. Cette promesse de sens et d’appartenance est particulièrement séduisante pour les jeunes personnes qui se sentent forcées d’agir contre leur gré, qui doutent de leurs capacités ou qui se sentent exclues ou peu acceptées par les autres.

La mentalité complotiste propose un cadre simple : si les choses vont mal, c’est parce que quelqu’un le veut ainsi. Or il a été démontré que, dans les faits, cette mentalité complotiste ne garantit pas la satisfaction de ces besoins. Et les résultats de notre étude suggèrent plutôt qu’elle vient même maintenir la frustration.

Un engrenage qui s’entretient

Les résultats de notre étude brossent un portrait préoccupant : trois ados sur quatre estimaient probable que des événements importants soient délibérément cachés au public, et près de deux sur trois doutaient de la sincérité des politiciennes et politiciens.

Un second résultat mérite une attention particulière : la mentalité complotiste s’avère remarquablement stable d’une année à l’autre. Cela suggère qu’une fois installée à l’adolescence, cette vision du monde tend à se maintenir. Ceci renforce l’importance d’agir tôt, avant que ces tendances ne se cristallisent. Ce résultat fait écho à une étude longitudinale norvégienne ayant suivi plus de 2 000 personnes sur une période de 28 ans : plus les individus ressentaient de la solitude à l’adolescence, plus ils endossaient une vision complotiste à l’âge adulte.




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Tous ces résultats longitudinaux font ressortir l’existence d’une potentielle dynamique en boucle. Dans notre étude, la frustration du besoin d’appartenance était associée à une hausse de la mentalité complotiste un an plus tard. Et l’existence d’une mentalité complotiste était pour sa part associée à une plus grande frustration des besoins d’appartenance et d’autonomie un an plus tard.

Il est possible que le développement d’une mentalité complotiste sévère mette à risque les jeunes de s’isoler au sein de chambres d’échos qui propagent des idées divergentes de celles normalisées par leurs pairs. Cette mentalité complotiste pourrait également favoriser progressivement l’identification à un nouveau groupe qui adhère à une même idéologie alternative, mais au sein duquel exprimer un doute ou un désaccord envers l’idéologie partagée pourrait représenter une nouvelle menace d’exclusion.

Nous obtenons donc ici un point de départ clair pour intervenir : le sentiment d’exclusion sociale.

Favoriser l’appartenance sociale plutôt que débattre des faits

Face à des ados qui tiennent des propos complotistes, le réflexe est souvent de les confronter pour démontrer par l’argumentation que leurs croyances sont fausses. Cette approche échoue généralement. Si la mentalité complotiste est en partie une réponse à des besoins non comblés, la contredire frontalement n’adresse pas le problème de fond.

Les résultats obtenus dans notre étude appuient la proposition émise auparavant que les approches plus prometteuses seraient celles qui soutiennent un sentiment d’appartenance authentique au sein de l’école.


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Par exemple, les activités organisées d’engagement civique, de sports et d’activités culturelles offrent des espaces qui soutiennent le développement positif des ados. De tels espaces favorisent le développement de liens significatifs, offrent l’opportunité d’exercer un pouvoir concret et permettent de transformer les frustrations en actions constructives.

Plutôt que de chercher à détourner les jeunes des réseaux sociaux, mieux vaut leur assurer, dans leur environnement immédiat, un contexte de vie et de développement qui soutient la satisfaction de leurs besoins, pour qu’ils n’aient pas à la chercher ailleurs.

Pas forcément lié au genre

Enfin, il importe de souligner que le fait de s’identifier comme fille ou garçon ne s’est pas avéré un prédicteur significatif de la mentalité complotiste dans nos données. Nos résultats ne constituent qu’un point de départ : des études reposant sur des échantillons plus grands seront nécessaires pour vérifier si les associations observées dans notre étude se confirment tant chez les adolescentes que chez les adolescents.

Si la manosphère constitue l’exemple le plus médiatisé en ce moment, d’autres espaces en ligne proposent des dynamiques similaires à des jeunes dont les besoins ne sont pas comblés, comme le mouvement des « tradwives » chez les jeunes femmes. En ce sens, les besoins sous-jacents sont universels : c’est cette souffrance qu’il faut apprendre à reconnaître et à prendre en charge, dans nos écoles comme dans nos familles.

La Conversation Canada

Anne-Sophie Denault a reçu des financements du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.

Marie-Jeanne Léonard et Nessa Ghassemi-Bakhtiari ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur poste universitaire.

ref. Se sentir exclu pousse les ados vers la mentalité complotiste – https://theconversation.com/se-sentir-exclu-pousse-les-ados-vers-la-mentalite-complotiste-281710

De nouvelles analyses d’ADN permettent d’identifier d’autres membres de la funeste expédition Franklin

Source: The Conversation – in French – By Douglas Stenton, Adjunct Assistant Professor, Anthropology, University of Waterloo

L’expédition Franklin de 1845, qui visait à franchir le passage du Nord-Ouest, a donné lieu à un drame sans précédent dans l’histoire de l’exploration polaire britannique, avec la disparition des 129 officiers et membres de l’équipage, ainsi que des navires de l’expédition, le HMS Erebus et le HMS Terror. Cette catastrophe a inspiré des romans, des films et des séries télévisées, et a suscité des recherches actives dans plusieurs disciplines.

une affiche offrant 20 000 livres sterling pour toute information concernant les navires disparus
Le gouvernement britannique a offert une récompense de 20 000 livres sterling pour toute information concernant l’expédition disparue.
(Bibliothèque et Archives Canada)

Des progrès remarquables ont été réalisés ces dernières années, notamment avec la découverte des épaves des deux navires dans un état de conservation étonnant, offrant de grandes perspectives pour comprendre le sort de l’expédition. Des avancées majeures dans l’étude de l’héritage humain de l’expédition ont également été réalisées.

Par une froide journée d’avril 1848, alors qu’ils venaient de quitter l’Erebus et le Terror quelques jours plus tôt, les marins ont établi leur campement près de Victory Point, au nord-ouest de l’île du Roi-Guillaume. Le capitaine Francis Crozier a écrit ces mots : « Et nous partons demain, le 26, pour la rivière Back’s Fish » dans la marge du document le plus important jamais retrouvé de l’expédition Franklin de 1845.

Leur situation était désespérée. Les navires étaient prisonniers des glaces du détroit de Victoria depuis 19 mois, à près de 30 kilomètres de la côte de l’île du Roi-Guillaume.

Neuf officiers, dont John Franklin, le chef de l’expédition, et quinze marins avaient péri. Les réserves de nourriture avaient diminué en quantité comme en valeur nutritionnelle, et bon nombre des 105 survivants souffraient d’un déclin de leur santé physique et mentale.

La décision de tenter un long et périlleux sauvetage, en tirant des traîneaux lourdement chargés vers le sud sur des centaines de kilomètres de glace et de terre, s’est avérée fatale. Les hommes s’étaient engagés sur une voie qui allait les mener vers la mort et l’oubli.




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Identification des ossements

Douglas Stenton explique le travail mené par l’équipe de recherche pour identifier les marins disparus. (CBC)

Les noms des officiers et des membres d’équipage de l’expédition Franklin sont bien connus, mais leurs familles, tout comme leurs descendants actuels, n’ont jamais su si les rapports faisant état de corps de marins éparpillés le long de leur trajet et les rumeurs macabres de cannibalisme correspondaient au sort réservé à leurs proches.

Au cours de la dernière décennie, mes collègues et moi-même, qui sommes issus des universités de Waterloo, de Trent et de Lakehead, avons associé l’archéologie, l’anthropobiologie, la génétique et la généalogie, et avons collaboré avec des généalogistes afin d’identifier six des hommes trouvés. Nous avons également apporté un nouvel éclairage sur des événements survenus il y a plus de 170 ans, lors des étapes finales de cette expédition tragique.

Notre travail a consisté à créer deux ensembles de données ADN. Le premier est d’origine archéologique et se compose d’ADN mitochondrial (maternel) et du chromosome Y (paternel) extrait de dents et d’os découverts sur les sites où sont décédés des membres de l’expédition Franklin. Le second est constitué d’échantillons d’ADN fournis par des descendants directs, du côté maternel ou paternel, des marins de l’expédition, retrouvés grâce à des recherches généalogiques.

Nous avons analysé 50 échantillons d’os et de dents provenant de dix sites archéologiques de l’expédition Franklin, sur l’île du Roi-Guillaume, et prélevé de l’ADN auprès des descendants de 33 membres de l’expédition. Ces données ont été comparées afin de rechercher des profils génétiques correspondants qui permettraient d’identifier des marins.




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Relier passé et présent

une image en noir et blanc représentant un homme blanc vêtu d'un uniforme de la marine britannique des années 1800
James Fitzjames commandait le navire amiral de l’expédition, le HMS Erebus.
(Institut de recherche polaire Scott / Université de Cambridge)

Nous avons procédé à une première identification en 2019 grâce à une correspondance génétique avec l’arrière-arrière-arrière-petit-fils de l’adjudant (ingénieur) John Gregory, du HMS Erebus.

En 2024, soit cinq ans plus tard, le capitaine James Fitzjames, également du HMS Erebus, a été identifié grâce à une correspondance avec un cousin éloigné du côté paternel.

L’ADN de Fitzjames a été extrait d’une dent provenant d’une mâchoire présentant plusieurs marques de découpe, révélant que son corps avait été victime de cannibalisme. Fitzjames n’est pas le seul membre de l’expédition à avoir subi ce sort, mais il est le seul dont l’identité soit connue.


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En 2025, nous avons ajouté quatre noms à la liste des marins identifiés, grâce à des recoupements effectués avec les arrière-arrière-petits-enfants et arrière-arrière-arrière-petits-enfants de membres de leurs familles. Trois d’entre eux avaient servi à bord du HMS Erebus : John Bridgens, intendant des officiers, William Orren, matelot qualifié, et David Young, mousse de première classe.

Bridgens est mort au même endroit que Gregory. Deux des trois hommes découverts à cet endroit ont désormais été identifiés.

Un bas portant l’inscription « W. Orren », l’un des deux vêtements étiquetés retrouvés au camp de Victory Point, est un souvenir émouvant de la présence d’Orren sur les lieux. Il s’est ensuite lancé dans une expédition vers le sud au cours de laquelle il a trouvé la mort après avoir parcouru 65 kilomètres à pied.

Le fait d’avoir identifié Young est particulièrement intéressant étant donné que le personnage central du roman de John Wilson, Across Frozen Seas, publié en 1997 et présentant l’histoire de l’expédition Franklin à un jeune public, est une version romancée de ce matelot.

Le HMS Terror

une photo en noir et blanc d'un squelette humain
Le squelette de Harry Peglar, membre de l’équipage du HMS Terror, a été exhumé en 1973 par le 1er bataillon du Royal Canadian Regiment.
(Archives du Musée du Royal Canadian Regiment)

La quatrième personne identifiée en 2025, et le seul marin du HMS Terror identifié à ce jour, est Henry Peter « Harry » Peglar. Il s’est engagé à bord du HMS Terror en 1845 en tant que premier maître et capitaine de hune.

Peglar est mort près de Gladman Point, vêtu d’un uniforme d’intendant, poste qu’il occupait vraisemblablement à la suite d’une rétrogradation pour faute professionnelle. Son identification formelle a mis fin à un débat vieux de 167 ans, né des indices contradictoires découverts près de son squelette en 1859.

Le certificat de marin de Peglar figurait parmi les papiers contenus dans un carnet trouvé près du corps, ce qui semblait indiquer que les restes étaient ceux de Peglar. Cependant, l’homme décédé était habillé en intendant, un grade ou une fonction que Peglar n’avait jamais occupé auparavant.

En raison des vêtements que l’homme portait, une rumeur s’est répandue selon laquelle il ne s’agissait pas de Peglar, mais d’un ami qui travaillait comme intendant sur le Terror et qui tentait de rapporter les documents de Peglar à sa famille. Notre analyse ADN a toutefois démontré que cette théorie était erronée.

À ce jour, nous avons identifié un officier supérieur, un adjudant, un premier maître, un matelot qualifié, un intendant et un mousse. Cinq de ces hommes, qui travaillaient à bord du HMS Erebus, sont morts à moins de deux kilomètres les uns des autres.

Il faudra recueillir davantage de données, mais ces résultats soulèvent une question intéressante : les équipages de l’Erebus et du Terror se sont-ils séparés de leur propre chef, ou est-ce arrivé en raison de circonstances imprévues ?

Nos recherches génétiques ont ouvert un nouveau chapitre de l’enquête sur l’expédition Franklin, permettant à certaines personnes de tisser un lien plus personnel avec cette histoire. Il est logique que ce chapitre soit écrit avec l’aide des descendants de ces hommes qui ne sont jamais rentrés chez eux.

La Conversation Canada

Douglas Stenton a reçu une subvention du ministère de la Culture et du Patrimoine du Nunavut.

ref. De nouvelles analyses d’ADN permettent d’identifier d’autres membres de la funeste expédition Franklin – https://theconversation.com/de-nouvelles-analyses-dadn-permettent-didentifier-dautres-membres-de-la-funeste-expedition-franklin-285188

Un portrait de Pocahontas daté de 1616 révèle le regard des colons anglais sur les peuples autochtones américains

Source: The Conversation – in French – By Peter C. Mancall, Distinguished Professor and Professor of the Humanities, USC Dornsife College of Letters, Arts and Sciences

La gravure de Pocahontas réalisée par Simon van de Passe en 1616 est le seul portrait connu exécuté de son vivant.
National Portrait Gallery/Wikimedia Commons

En représentant Pocahontas comme une dame anglaise, les colons voulaient démontrer que les peuples autochtones étaient appelés à adopter rapidement leur culture. L’histoire leur donnera tort.


Grâce à Disney, Pocahontas est sans doute l’Amérindienne du XVIIe siècle la plus célèbre au monde. Le film d’animation consacré à son enfance la montre conversant avec un saule, se liant d’amitié avec des animaux, chantant « Les couleurs du vent » et vivant une romance impossible avec le capitaine John Smith.

Le film de 1995 a façonné une image durable de Pocahontas. Il reprend certains éléments issus des sources historiques, mais relève aussi largement de la fiction. John Smith était bien l’un des colons anglais arrivés à Jamestown, en Virginie, peu après la fondation de la colonie en 1607. Le père de Pocahontas, Wahunsonacock (que les colons, puis Disney, ont appelé Powhatan) était le chef suprême de la confédération powhatan, dont les communautés vivaient le long de la baie de Chesapeake et de ses affluents.

Il n’existe qu’un seul portrait de Pocahontas réalisé de son vivant, très loin de l’image popularisée par Disney. Et ce portrait en dit long sur la manière dont les Anglais concevaient la colonisation.

Une famille puissante

Comme je l’explique dans mon livre publié en 2026, Contested Continent: The Struggle for North America, c. 1000 to 1680 (« Continent disputé : la lutte pour l’Amérique du Nord, de l’an 1000 à 1680 », non traduit en franças), Wahunsonacock fut la figure politique la plus importante de la Virginie des débuts de la colonisation, un territoire que les Powhatans appelaient Tsenacommacah. Grâce à un réseau d’alliances personnelles et à une remarquable habileté politique, il exerçait son autorité sur une trentaine de communautés établies le long des rives de la baie de Chesapeake et de ses affluents.

Une gravure de Wahunsonacock réalisée par William Hole figure sur cette carte de la Virginie dessinée par John Smith.
Virtual Jamestown/Wikimedia Commons

Pocahontas, également connue sous les noms de Matoaka et Amonute, avait probablement dix ou onze ans lorsqu’elle rencontra John Smith à la fin de l’année 1607. À ce moment-là, celui-ci était prisonnier de son père qui, selon le récit qu’il fera plus tard, s’apprêtait à le faire exécuter. Les historiens estiment toutefois que Wahunsonacock soumettait plus vraisemblablement Smith à un rituel d’adoption. Le colon anglais, lui, affirma que Pocahontas lui avait sauvé la vie.

En 1613, les Anglais capturèrent Pocahontas au cours d’un conflit connu sous le nom de première guerre anglo-powhatan. Après avoir obtenu la libération de sa fille en 1614, Wahunsonacock approuva son mariage avec John Rolfe, acteur majeur de l’économie du tabac de la colonie, et elle se convertit au christianisme. Entre 1615 et 1617, elle donna naissance à leur fils, Thomas.

Pocahontas en Angleterre

Deux ans après leur mariage, Pocahontas et John Rolfe se rendirent en Angleterre, où elle joua un rôle central dans la mission diplomatique menée au nom de son père.

Au cours de son séjour à Londres, qui lui permit notamment de rencontrer le roi Jacques Ier, Pocahontas posa pour un portrait réalisé par l’artiste Simon van de Passe. Sa tenue et sa posture reprennent les codes des portraits des femmes de l’élite anglaise de l’époque. L’image met en valeur son haut chapeau cylindrique, son large col de dentelle, sa robe richement brodée ou en brocart, ainsi qu’une boucle d’oreille en perle suspendue à son oreille gauche.

La gravure de Pocahontas réalisée par Simon van de Passe en 1616 est le seul portrait connu exécuté de son vivant.
National Portrait Gallery/Wikimedia Commons

Outre sa tenue anglaise, Pocahontas tient dans la main soit un éventail en plumes, accessoire courant chez les femmes de la haute société de l’époque, soit une plume à écrire. Les Européens considérant alors la maîtrise de l’écriture comme un marqueur essentiel de la civilisation, l’un comme l’autre de ces objets illustrent l’espoir des Anglais de voir les peuples autochtones adopter rapidement la culture des colons.

Le pouvoir des images

La gravure de Pocahontas n’est pas la première représentation des peuples autochtones de la côte médio-atlantique à avoir circulé en Angleterre. Les illustrations d’un ouvrage largement réédité jouèrent de leur côté un rôle déterminant pour convaincre les Anglais de fonder des colonies en Amérique du Nord.

À la fin du XVIe siècle, les promoteurs de la colonisation anglaise avaient compris que les descriptions de l’Amérique du Nord pouvaient rendre ces territoires lointains plus attractifs aux yeux des futurs colons. Ils cherchaient à persuader les hommes et les femmes d’Angleterre qu’il était possible d’y bâtir une économie prospère tout en coexistant avec les peuples autochtones.

Page de titre de l’édition de 1590 de « A Briefe and True Report of the Newfound Land of Virginia », de Theodor de Bry.‘
Livinncary/Wikimedia Commons, CC BY-SA

Certains promoteurs de la colonisation comprirent que les aquarelles réalisées en 1585 par l’artiste John White, représentant les Algonquiens de Caroline vivant dans les Outer Banks, pouvaient susciter l’intérêt – et attirer des investisseurs. Ces promoteurs, proches des principaux cercles de la cour d’Angleterre et du monde de l’imprimerie, virent également l’intérêt de publier l’étude approfondie de la région réalisée par le jeune mathématicien et écrivain anglais Thomas Harriot, intitulée “A Briefe and True Report of the Newfound Land of Virginia”. En 1590, ils s’associèrent à l’imprimeur flamand Theodor de Bry pour en publier une édition illustrée, contenant des gravures inspirées des peintures de John White.

L’ouvrage décrivait les modes de vie des Algonquiens de Caroline et recensait les ressources susceptibles d’être exploitées à des fins lucratives. Certains des autochtones représentés dans ses pages ne portent qu’un pagne en peau de daim. Certaines femmes portent une jupe, mais aucun vêtement sur le haut du corps.

Pour les Européens, élevés dans l’idée que couvrir entièrement son corps était un signe de civilisation, cette apparence revêtait une forte portée symbolique. Les peuples que les colonisateurs considéraient comme des « sauvages » étaient souvent représentés nus, comme les Taïnos rencontrés par Christophe Colomb un siècle plus tôt. En revanche, les Anglais qui lisaient cet ouvrage sur les Algonquiens y voyaient un peuple qui, avec l’encadrement approprié, pouvait adopter les usages anglais, y compris le christianisme protestant.

« Ils ont déjà une certaine religion », écrivait Harriot dans “A Briefe and True Report, « qui, bien qu’éloignée de la vérité, laisse espérer qu’elle pourra être réformée plus facilement et plus rapidement. »

Pour illustrer l’idée que les peuples autochtones pouvaient être convertis à la culture européenne, les graveurs ajoutèrent des représentations des anciens Bretons, prétendument inspirées d’une ancienne chronique. Trois de ces images montrent des Pictes nus, couverts de tatouages plus nombreux encore que les Algonquiens. Ces personnages sont également dépeints comme plus violents : un homme picte tient une tête fraîchement tranchée, tandis qu’une autre gît à ses pieds ; une femme picte, elle, brandit des lances et une épée large.

Un retour à la réalité

Lorsque Pocahontas posa pour Simon van de Passe, son portrait fit bien plus que reproduire les traits de cette jeune femme, qui mourut l’année suivante, peu après avoir quitté Londres, emportée soit par une maladie, soit, selon la tradition orale d’une tribu de Virginie, empoisonnée.

À l’image des gravures popularisées par le livre de Harriot, ce portrait suggérait que les peuples autochtones adopteraient bientôt les usages anglais. Comme le rappelle l’inscription figurant sur la gravure, Pocahontas était devenue Rebecca Rolfe après son mariage. Dans ses écrits, son mari célébrait sa conversion à la foi anglicane. Le portrait semblait ainsi offrir une preuve éclatante de ce modèle de conversion culturelle.

Le père de Pocahontas mourut en 1618. Quatre ans plus tard, les Powhatans se soulevèrent contre les colons anglais. Le 22 mars 1622, sous le commandement du chef de guerre Opechancanough, ils tuèrent environ un quart des colons installés en Virginie. Les Anglais qualifièrent cette attaque de « massacre barbare » et déclenchèrent une guerre de représailles, qui culmina notamment avec l’empoisonnement massif de Powhatans en 1623 – une action que les Anglais de l’époque savaient pourtant contraire aux principes émergents du droit de la guerre.

En voyant Pocahontas représentée assise avec élégance, coiffée d’un chapeau raffiné et tenant une plume à écrire, les Anglais avaient cru que les peuples autochtones adopteraient naturellement les usages des colons. Les événements de mars 1622 leur prouvèrent le contraire.

The Conversation

Peter C. Mancall a reçu des financements de the National Endowment for the Humanities, the Huntington Library, and the Mellon Foundation.

ref. Un portrait de Pocahontas daté de 1616 révèle le regard des colons anglais sur les peuples autochtones américains – https://theconversation.com/un-portrait-de-pocahontas-date-de-1616-revele-le-regard-des-colons-anglais-sur-les-peuples-autochtones-americains-284216

Appolonia : l’histoire d’un royaume africain qui a résisté à la traite transatlantique des esclaves

Source: The Conversation – in French – By Nana Kesse, Assistant Professor of History, Clark University

La traite transatlantique des esclaves était une entreprise mondiale aux multiples facettes et hautement commercialisée. Elle s’est étendue du début du 16e siècle jusqu’au milieu du 19e siècle.

Les événements de cette période sont bien trop complexes pour se résumer à un simple schéma « coupables-victimes ». Certes, ce commerce a déshumanisé et réduit à l’état de marchandise de manière catastrophique plus de 12,5 millions d’Africains. Mais il ne s’agissait pas uniquement d’une conquête extérieure.

Les Européens ne disposaient ni des connaissances géographiques, ni de l’immunité contre les maladies tropicales endémiques, ni de la puissance militaire nécessaires pour s’aventurer à l’intérieur des terres africaines. Ils dépendaient donc des États africains et des élites marchandes locales pour l’approvisionnement en captifs.

En contrôlant les ports côtiers, en régulant l’accès au marché et en gérant les routes commerciales intérieures qui acheminaient les captifs vers la côte, ces intermédiaires africains ont rendu possible et structuré la traite des êtres humains par les Européens.

Pourtant, cette participation interne était rarement uniforme. Certaines sociétés et certains groupes africains puissants capturaient en grande partie des personnes dans des communautés plus faibles lorsqu’il y avait des guerres ou des razzias. D’autres États africains centralisés avaient choisi de ne participer ni pleinement à la traite des esclaves ni s’en abstenir complètement.

L’une de ces sociétés était le royaume d’Appolonia (aujourd’hui connu sous le nom d’État de Nzema), situé dans le sud-ouest de la Côte-de-l’Or (actuel Ghana). Au cours des quatre siècles qu’a duré l’esclavage atlantique, Appolonia n’a exporté que 352 captifs. Dans le même temps, d’autres villes de la Côte-de-l’Or, comme Elmina et Cape Coast, ont chacune expédié des centaines de milliers de captifs.

En tant qu’historien de l’Afrique de l’Ouest, et plus particulièrement du Ghana, spécialisé dans l’histoire de l’environnement et de l’eau ainsi que dans la traite négrière, j’étudie depuis près d’une décennie le rôle d’Appolonia dans la traite transatlantique des esclaves. Ma récente étude révèle qu’Appolonia était la seule région portuaire de la Côte-de-l’Or où la traite transatlantique des esclaves n’a pas prospéré, même si l’esclavage des populations africaines autochtones existait au sein du royaume. À ce titre, Appolonia constitue une exception statistique et géographique dans cette économie de la traite négrière.

L’histoire d’Appolonia soulève plusieurs questions importantes. Pourquoi le royaume a-t-il vendu un si petit nombre de captifs ? Pourquoi est-il important d’étudier les régions d’Afrique où la traite négrière était moins dominante ? Et que nous apprennent des cas atypiques comme celui d’Appolonia en matière de justice historique et de réparation ?

Appolonia dans son contexte historique

Appolonia est une société akan du sud-ouest du Ghana, située à la frontière avec la Côte d’Ivoire. Les Portugais ont donné à cette région le nom de sainte Appolonia, une vierge chrétienne égyptienne, car ils l’ont découverte le jour de sa fête.

La région était composée de petits villages qui se sont regroupés pour fonder le royaume d’Appolonia à la fin du XVIIe siècle. C’est là que le premier président du Ghana, Kwame Nkrumah, est né en 1909.

La fondation du royaume d’Appolonia a coïncidé avec d’autres événements historiques majeurs sur la Côte-de-l’Or. Parmi ceux-ci figurent l’ascension du royaume ashanti au rang de superpuissance et la transformation de la région en un centre de la traite négrière transatlantique.

Ces événements ont entraîné Appolonia dans la grande économie atlantique. Cependant, Appolonia était probablement la seule société de la Côte-de-l’Or à avoir effectivement dit « non » à la traite négrière transatlantique.

Dire « non » ne signifiait pas une absence totale de participation. Les 352 personnes réduites en esclavage qu’Appolonia a expédiées représentent 0,0028 % des Africains transportés à travers l’océan Atlantique. Mon intention n’est pas de réduire ces vies précieuses à de simples chiffres, mais de montrer que, en termes de pourcentage, l’implication d’Appolonia dans ce commerce était minime.

Pour illustrer ce point, examinons quelques données comparatives.

Le tableau présente les exportations de captifs en provenance de diverses régions de la Côte-de-l’Or. Ces informations proviennent de la base de données SlaveVoyages, compilée au fil des décennies par divers chercheurs dans le cadre d’une collaboration internationale. Elle fournit des statistiques sur les personnes réduites en esclavage expédiées depuis l’Afrique et celles qui ont survécu au voyage.

Par exemple, au 18e siècle, sur la Côte-de-l’Or, des villes portuaires comme Anomabo ont enregistré 168 348 exportations de captifs, Cape Coast 100 434 et Elmina 85 636 – contre 352 pour Appolonia.

Il convient de replacer ces chiffres dans le contexte des densités de population historiques de ces régions.

Au cours des années 1700, Anomabo comptait environ 8 750 habitants ; pourtant, le nombre stupéfiant de 168 348 captifs en a été embarqué. Cela témoigne d’un trafic d’esclaves considérable. De même, Cape Coast et Elmina avaient des populations estimées respectivement à environ 5 000 et 25 000 habitants, mais enregistraient des exportations de captifs élevées.

Appolonia, en revanche, comptait une population estimée entre 15 600 et 19 600 habitants, mais n’en a exporté que 352.

Ce que cela signifie

Pourquoi Appolonia a-t-elle exporté si peu de personnes réduites en esclavage ? À partir d’une analyse de bases de données démographiques, de documents d’archives européens et de témoignages oraux, mes recherches suggèrent deux raisons principales.

Premièrement, Appolonia n’était pas une société esclavagiste. Son économie reposait plutôt sur le commerce de l’or et de l’ivoire.

Deuxièmement, le royaume a mis en œuvre des politiques, telles que le pacte d’Amonle, qui empêchaient la vente de sujets appoloniens. L’Amonle était un rituel sacré impliquant le sacrifice humain de membres de la famille royale d’Appolonia et le mélange de leur sang à une décoction spéciale à base de plantes. Ce mélange était ensuite bu tant par les dirigeants appoloniens que par les migrants qui s’étaient installés dans le royaume.

Ce rituel puissant servait de serment contraignant contre la vente des habitants et des réfugiés appoloniens, et maudissait quiconque le violait. Cette politique avait mis à mal toute velléité du système interne visant à produire des captifs destinés à la vente.

La question des réparations

L’histoire d’Appolonia complexifie encore davantage notre compréhension et notre approche de la quête de justice historique et des réparations pour la traite négrière.

Lorsqu’une victime et un responsable peuvent être clairement identifiés, la question des réparations devient relativement simple. Celles-ci peuvent prendre la forme d’actes symboliques, comme des excuses, ou de compensations financières.

C’est une tout autre affaire lorsque l’identité de la victime et celle de l’auteur sont inconnues – ou lorsque l’auteur et la victime ne font qu’un. Qui accorde des réparations à qui ?

Dans le cas d’Appolonia, nous ne connaissons pas l’identité des 352 victimes exportées. Les chercheurs, dont je fais partie, n’ont pas non plus été en mesure de retracer l’origine africaine précise de ces captifs.

Nous n’avons trouvé aucun document historique indiquant que les habitants d’Appolonia aient capturé ou acheté ces personnes pour les revendre. Dans ce contexte, faut-il attendre d’Appolonia qu’elle offre des réparations ? Si oui, à qui ?




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À l’inverse, est-il, sur le plan éthique, justifiable qu’Appolonia réclame une justice réparatrice aux Européens anonymes qui ont acheté les 352 captifs ?

Il est certain que l’histoire d’Appolonia ne contredit pas la résolution historique des Nations unies de mars 2026 déclarant officiellement la traite transatlantique des esclaves comme le « crime le plus grave contre l’humanité ». Elle ne s’oppose pas non plus à l’appel à la justice réparatrice, qui aurait dû intervenir depuis longtemps.

Les atrocités de la traite négrière sont les plus violentes et les plus dévastatrices jamais infligées aux Africains et aux personnes d’ascendance africaine. Au mieux, cette recherche apporte des perspectives nuancées et soulève des questions critiques dans le débat sur les réparations.

The Conversation

Nana Kesse bénéficie d’un financement du National Endowment for the Humanities, du programme Fulbright-Hays, de la Fondation Charlotte W. Newcombe et du Fonds Otumfuo pour l’éducation.

ref. Appolonia : l’histoire d’un royaume africain qui a résisté à la traite transatlantique des esclaves – https://theconversation.com/appolonia-lhistoire-dun-royaume-africain-qui-a-resiste-a-la-traite-transatlantique-des-esclaves-285728

Cuando la tierra tiembla y la ciudad muestra sus grietas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Celia Herrera, Directora Centro de Investigación y Desarrollo de Ingeniería, Universidad Católica Andrés Bello

Servicios de emergencia trabajan en un edificio derrumbado de Caracas la noche del 24 de junio. mytaj1/Shutterstock

La tarde del 24 de junio, en Caracas, muchos sentimos primero un sacudón fuerte y, menos de un minuto después, otro todavía más intenso. En segundos, las llamadas y los mensajes se llenaron de gritos y de noticias de derrumbes de edificaciones en La Guaira y en varios puntos de la capital. Según confirmó la Fundación Venezolana de Investigaciones Sismológicas (Funvisis), dos terremotos consecutivos, de magnitud 7,2 y 7,5 Mw, con epicentros en el estado Yaracuy y réplicas posteriores frente a las costas de La Guaira, sacudieron el norte del país y se convirtieron en el evento sísmico más fuerte en más de un siglo en Venezuela.

Doblete sísmico

Los sismólogos describen lo ocurrido como un “doblete sísmico”: dos terremotos grandes, con muy poca diferencia temporal y en el mismo sistema de fallas, algo distinto a la secuencia más habitual de un sismo principal seguido de réplicas menores.

El geólogo Feliciano De Santis, presidente de la Sociedad Venezolana de Geólogos, ha señalado que este doblete recuerda, por la extensión de los daños, al sismo de 1812, del que las crónicas ya hablaban como un evento con “multifocos”. En sus declaraciones insiste en que se trata de una zona donde la falla es bastante lineal y “se produce una rotura en un tramo de la falla y de una vez se activa otro tramo de falla”, tal como en 1812.

Medios internacionales y el Servicio Geológico de Estados Unidos han señalado que entre ambos eventos transcurrieron apenas alrededor de 40 segundos, lo que los sitúa dentro de esa categoría de doblete y ayuda a explicar por qué el impacto fue tan severo en La Guaira y en el Área Metropolitana de Caracas.

Los balances oficiales y periodísticos coinciden en que el impacto del doble terremoto ha dejado un panorama grave, con pérdidas humanas, numerosos heridos y un conjunto amplio de edificaciones dañadas o colapsadas entre Caracas, La Guaira y otros estados de la franja central. La presidenta encargada, Delcy Rodríguez, declaró el estado de emergencia a escala nacional y calificó a La Guaira como “zona de desastre”, con derrumbes de edificaciones residenciales y comerciales y afectaciones significativas en el aeropuerto de Maiquetía y en otras infraestructuras críticas.

Las zonas más afectadas

La Guaira, una franja costera encajonada entre el mar y la montaña, ya había sido escenario de los corrimientos de tierra e inundaciones que protagonizaron la llamada tragedia de Vargas (1999), ampliamente documentada como resultado de la combinación de amenazas naturales y vulnerabilidades acumuladas. Diversos trabajos han mostrado que buena parte de las condiciones de vulnerabilidad identificadas entonces siguieron presentes, de modo que el doble terremoto de 2026 actuó sobre un territorio cuyo riesgo ya había sido señalado en estudios técnicos y académicos.

En Caracas, los daños se concentran en sectores de alta densidad de construcciones, donde colapsaron o quedaron muy afectados edificios residenciales y comerciales, mientras otros con mejor diseño o mantenimiento resistieron mejor la sacudida. La ciudad es una mezcla de obras que incorporaron aprendizajes del terremoto de 1967 –con mejores diseños y detalles sismorresistentes– con otro segmento que, por falta de recursos o de control, no cumple plenamente las exigencias actuales, especialmente en sectores populares y en barrios autoconstruidos en laderas apoyadas en taludes ya inestables.




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La lección de 1967

El comportamiento de muchas estructuras refleja también la valía de varias generaciones de ingenieros que supieron aprender del sismo de 1967. De aquella experiencia –recogida en el libro de acceso abierto El terremoto de Caracas de 1967: 50 años después– surgieron FUNVISIS y las primeras normativas sísmicas modernas del país. Aunque el parque construido es heterogéneo, buena parte de las obras diseñadas bajo esos criterios sigue en pie, lo que muestra que cuando se aplican estándares rigurosos la ciudad puede responder mejor ante eventos extremos.

Desde la ingeniería civil y urbana, este evento obliga a mirar más allá de la magnitud del sismo y preguntarse por la calidad real, el mantenimiento y las condiciones de uso de nuestras infraestructuras. Venezuela cuenta hoy con normas sismorresistentes actualizadas y con estudios de microzonificación sísmica, que identifican suelos con amplificación de ondas y efectos de sitio complejos. Sin embargo, en La Guaira y en Caracas, decisiones de construcción discutibles, ampliaciones informales y ausencia de programas sostenidos de mantenimiento han configurado un conjunto de edificios y una red vial que responden de manera muy desigual ante un sismo mayor.

Mapa de microzonificación sísmica de Caracas.
FUNVISIS

En el corto plazo, la prioridad es evaluar la seguridad de las edificaciones que siguen en pie y definir cuáles pueden ser reparadas, reforzadas o demolidas, empezando por hospitales, escuelas, puentes y otras infraestructuras críticas. A mediano plazo, el doble terremoto deja claro que reconstruir sin revisar a fondo las decisiones de construcción y de mantenimiento sería insistir en bases frágiles; alinear esas decisiones con la realidad sísmica del país es una condición mínima para reducir la vulnerabilidad futura.

The Conversation

Celia Herrera no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Cuando la tierra tiembla y la ciudad muestra sus grietas – https://theconversation.com/cuando-la-tierra-tiembla-y-la-ciudad-muestra-sus-grietas-286267

Provinciales 2026 : les paradoxes d’une élection censée sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse

Source: The Conversation – France in French (3) – By Pierre-Christophe Pantz, Enseignant vacataire et chercheur associé à l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC), Université de la Nouvelle-Calédonie

Deux ans après la date initialement prévue, les élections provinciales se tiennent enfin, ce dimanche 28 juin 2026, en Nouvelle-Calédonie. Reportées trois fois pour favoriser un accord sur l’avenir institutionnel, elles interviennent finalement après l’échec des négociations et l’abandon des accords de Bougival et d’Élysée-Oudinot. Ce scrutin met en lumière plusieurs paradoxes qui illustrent les blocages politiques actuels de l’Archipel océanien.


Le 28 juin 2026, les électeurs calédoniens renouvellent les assemblées des trois provinces ainsi que, indirectement, la composition du Congrès et du gouvernement collégial de la Nouvelle-Calédonie. Dans un territoire bipolarisé, elles constituent également un baromètre du rapport de force entre les camps indépendantiste et non indépendantiste.

Initialement prévues en mai 2024, ces élections ont été repoussées pour laisser du temps aux négociations sur l’avenir institutionnel du territoire, puis la mise en œuvre des accords de Bougival et d’Élysée-Oudinot (BEO). Inévitablement, ces reports exceptionnels ont progressivement nourri les débats sur la légitimité d’élus dont le mandat a finalement été prolongé de 40 %. Les détracteurs de ces accords ont d’ailleurs contesté la légitimité de leurs signataires, transformant ce rendez-vous électoral en séquence politique où se mêlent fatigue démocratique, incertitude institutionnelle et recomposition des rapports de force.

À première vue, ces élections pourraient apparaître comme une solution au blocage politique. Pourtant, elles révèlent surtout les difficultés qu’elles sont censées résoudre. L’élection apparaît moins comme l’aboutissement d’un compromis que comme la conséquence de l’impossibilité de faire émerger un accord suffisamment consensuel.

Le paradoxe d’élections reportées pour favoriser un accord… qui n’a jamais été trouvé

Les différents reports des provinciales ont été justifiés par la volonté de laisser du temps aux partenaires politiques pour parvenir à un compromis sur l’après-accord de Nouméa.

Or, les accords conclus à Bougival (12 juillet 2025) puis à l’Élysée-Oudinot (19 janvier 2026) n’ont finalement pas permis de faire émerger le consensus politique nécessaire à leur application. Malgré deux années de discussions après les émeutes de mai 2024, les Calédoniens votent dans un contexte d’incertitude institutionnelle largement inchangé.

Plus encore, les futurs élus auront probablement pour principale mission de participer à de nouvelles négociations dont les contours restent largement à définir. Cette situation entretient l’idée d’un processus suspendu, où l’élection ne clôt pas une phase politique, mais vient combler l’absence d’accord.

Le paradoxe d’une collectivité autonome dont l’issue dépend encore de Paris

Depuis l’accord de Nouméa signée en 1998, la Nouvelle-Calédonie est engagée dans un processus de décolonisation original au sein de la République française. Si les trois référendums (en 2018, en 2020 et en 2021 ; le troisième est contesté par le camp indépendantiste) n’ont pas réussi à refermer cette séquence, l’accord trouvé entre les partenaires à Bougival laissait entrevoir un consensus entre les acteurs locaux pour une sortie de crise. Mais c’est finalement à Paris que l’avenir institutionnel du territoire s’est joué, au gré des équilibres politiques nationaux. Les débats autour des accords proposés ces derniers mois ont montré à quel point les rapports de force à l’Assemblée nationale pesaient sur le dossier calédonien, limitant l’autonomie effective du processus local.

Dans cette configuration, le scrutin provincial agit aussi comme un signal adressé au niveau national, à l’approche des échéances électorales de 2027. Pendant la campagne, certains candidats semblent privilégier une stratégie d’attente, pariant sur les échéances nationales plutôt que sur un compromis immédiat. Cette forme de « présidentialisation » tend à suspendre les arbitrages locaux dans l’attente de l’élection présidentielle, replaçant une partie du destin institutionnel calédonien dans le calendrier politique national.

Le paradoxe d’un besoin de renouvellement… sans garantie de renouvellement

Ces élections étaient attendues comme un moyen de restaurer une légitimité politique fragilisée par l’allongement exceptionnel de la mandature (sept ans au lieu de cinq ans).

Pour autant, rien ne garantit un renouvellement significatif de la représentation politique. Le mode de scrutin provincial – scrutin de liste proportionnelle à la plus forte moyenne, combiné au seuil de 5 % des inscrits nécessaire pour obtenir des élus – favorise les formations historiques les plus unies, tout en pénalisant l’éparpillement des voix et l’émergence d’une troisième voie.

Dans ce cadre, le renouvellement politique attendu par une partie des électeurs se heurte à des mécanismes institutionnels qui tendent à reproduire les équilibres existants.

Le paradoxe d’une offre politique plus diversifiée que jamais mais une fragmentation à l’issue incertaine

À l’instar de 2019, la campagne de 2026 se caractérise par une fragmentation, particulièrement en province Sud, qui cristallise les principaux enjeux de ce scrutin.

Quatre listes se réclament d’un espace central cherchant à dépasser l’opposition traditionnelle entre indépendantistes et non-indépendantistes. Elles privilégient les enjeux économiques, sociaux et de gouvernance, reléguant souvent la question institutionnelle au second plan.

Cette diversification traduit des attentes nouvelles, mais elle se heurte à un risque structurel : voir plusieurs de ces listes échouer à franchir le seuil d’éligibilité et transformer une part des suffrages en voix non représentées.

Dans le même temps, le camp indépendantiste connaît une division inédite en province Sud. Après plus de vingt ans de listes communes, l’UNI-Palika et le FLNKS se présentent séparément, accentuant une fragmentation qui ravive le souvenir de 2004, lorsque, en l’absence d’unité, aucun élu indépendantiste n’avait été désigné en province Sud. En face, le camp non indépendantiste, malgré une union majoritaire autour des loyalistes et du Rassemblement, doit composer avec l’émergence de deux listes concurrentes situées à sa droite.

Le paradoxe d’un scrutin local aux conséquences institutionnelles majeures

Enfin, ces élections illustrent une singularité calédonienne : bien que juridiquement provinciales, leurs effets dépassent le cadre local.

Pourtant, ce sont les équilibres issus du scrutin qui détermineront la composition du Congrès, la formation du gouvernement et le rapport de force dans les futures négociations avec l’État. Le scrutin agit ainsi moins comme une élection de gestion locale que comme un baromètre institutionnel.

De manière asymétrique, la bataille décisive se joue donc en province Sud, où se concentre l’essentiel du poids électoral du territoire.

Une participation sous surveillance

Alors que les provinciales pourraient constituer un moment de clarification démocratique, une abstention élevée prolongerait en réalité une tendance déjà ancienne. Depuis 2004, la baisse de la participation se vérifie scrutin après scrutin, s’inscrit dans la durée et ne se limite ni aux contextes de crise ni aux seules séquences électorales récentes. Elle traduit une forme de rejet progressif de la population vis-à-vis des partis, des élus et, plus largement, du fonctionnement institutionnel.

Ce phénomène s’accompagne d’un brouillage des repères politiques et d’un éloignement des enjeux institutionnels du quotidien. Des initiatives de démocratie participative ont émergé au Congrès, traduisant une recherche de nouvelles formes de légitimité. Mais cette dynamique reste fragile face à une tendance de fond plus large de défiance politique, désormais installée dans la durée.

« Le pari de la confiance »

Au fond, même si le nouveau rapport de force politique issu des urnes aura une importance capitale pour la reprise des négociations, l’enjeu du 28 juin ne se limite pas à la désignation des vainqueurs. Dans un paysage politique particulièrement fragmenté, marqué par l’émergence d’un espace central susceptible de jouer un rôle d’arbitre, la question est aussi celle de la capacité des institutions à dégager une majorité politique suffisamment légitime pour relancer le dialogue sur l’avenir du pays.

Le principal enseignement ne résidera peut-être pas dans la seule configuration des assemblées provinciales, du Congrès et du gouvernement, mais dans la capacité des nouveaux élus à restaurer une confiance effritée. Ce n’est sans doute pas un hasard si l’accord de Bougival avait été sous-titré « Le pari de la confiance ».

Car le dernier paradoxe de ces provinciales est peut-être le plus déterminant : une élection organisée pour contribuer à sortir d’une impasse politique pourrait aussi en révéler toute la profondeur.

The Conversation

Pierre-Christophe Pantz ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Provinciales 2026 : les paradoxes d’une élection censée sortir la Nouvelle-Calédonie de l’impasse – https://theconversation.com/provinciales-2026-les-paradoxes-dune-election-censee-sortir-la-nouvelle-caledonie-de-limpasse-286272

El misterio del covid persistente: nuevas pistas para entender por qué no desaparecen los síntomas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Narcisa Martínez Quiles, Catedrática de Inmunología (UCM) y Especialista en Inmunología (Ministerio de Sanidad), Universidad Complutense de Madrid

Daisy Daisy/Shutterstock

Todos experimentamos un gran alivio cuando en mayo de 2023 la OMS declaró que la covid-19 dejaba de constituir una Emergencia de Salud Pública de Importancia Internacional. Sin embargo, tres años después, un porcentaje de pacientes, que oscila entre un 10-20 %, continúan con síntomas: padecen el llamado covid persistente (long covid en inglés).

Aunque todavía no existe un biomarcador único ni una explicación universal para todos los pacientes, las investigaciones enfocadas en el sistema inmunitario están comenzando a revelar mecanismos que podrían contribuir a la persistencia de los síntomas. Pero antes aclaremos algunos aspectos.

¿Cuánto pueden durar los síntomas?

Actualmente se distinguen tres periodos de la enfermedad:

  • Covid agudo: se produce desde el diagnóstico de infección por el coronavirus SARS-CoV-2 hasta las cuatro semanas posteriores.

  • Periodo sintomático prolongado, que llegaría hasta los tres meses.

  • Síndrome post-covid: implica que los síntomas se prolongan más de tres meses, pudiendo durar hasta años. Esto es lo que llamamos covid persistente.

Afortunadamente, algunos pacientes en el último caso experimentan cierta mejoría transcurridos dos años desde la infección desencadenante, mientras que para otros la enfermedad continúa e incluso se agrava.

A pesar del creciente reconocimiento clínico, los mecanismos biológicos responsables de la persistencia de síntomas siguen siendo objeto de intenso escrutinio científico. Durante los últimos años, numerosos estudios han identificado alteraciones inmunológicas, lo que ha impulsado diversas hipótesis a cerca de los mecanismos subyacentes.

Entre ellas destacan la persistencia de antígenos virales (partes del virus que son identificadas como extrañas o peligrosas por el sistema imnune), activación inmunitaria crónica, autoinmunidad (cuando las defensas atacan por error a nuestras propias células, tejidos u órganos), disfunción vascular y, más recientemente, la llamada impronta inmunológica (immune imprinting en inglés), que explicaremos en detalle más adelante. Nuestro equipo ha investigado estos mecanismos, con los resultados que explicaremos a continuación.

Respuesta inmunitaria alterada

En primer lugar, diversos estudios indican que la respuesta productora de anticuerpos en personas con síndrome post-covid puede estar alterada. Concretamente, nuestras indagaciones han revelado que los pacientes presentan niveles más bajos de anticuerpos frente a la proteína Spike completa del coronavirus SARS-CoV-2 que individuos recuperados sin secuelas, mientras que los primeros responden bien a la región de unión al receptor (RBD). Recordemos que la proteína Spike es responsable de la entrada del patógeno a nuestras células mediante la interacción de RBD con la proteína ACE2.

Estos descubrimientos, lejos de constituir una explicación definitiva, encajan con algunas de las hipótesis más interesantes que actualmente se investigan para comprender la enfermedad.

Haber sufrido un resfriado común puede empeorar la respuesta al SARS-CoV-2

El término “impronta inmunológica” describe cómo las primeras exposiciones a determinados patógenos pueden influir en la respuesta frente a infecciones posteriores. Antes de la aparición del SARS-CoV-2, la mayoría de las personas ya había estado expuesta repetidamente a coronavirus estacionales responsables de resfriados comunes, tales como el HKU1. Estas infecciones generan memoria inmunológica que puede resultar beneficiosa porque proporciona cierto grado de inmunidad cruzada.

Sin embargo, también podría tener consecuencias menos favorables. Algunos investigadores proponen que, en determinadas circunstancias, el sistema inmunitario tiende a reutilizar respuestas previamente establecidas frente a esos coronavirus estacionales en lugar de generar una reacción óptima frente a nuevas regiones específicas del SARS-CoV-2.

Es decir, los niveles reducidos de anticuerpos anti-Spike observados en pacientes con covid persistente podrían reflejar una reacción inmunitaria condicionada por contactos previos con otros coronavirus humanos. Aunque esta hipótesis todavía requiere una mayor confirmación experimental, constituye un marco conceptual interesante para explicar por qué algunos individuos desarrollan respuestas de anticuerpos diferentes tras la infección o la vacunación.

Fragmentos del virus que se quedan a vivir en el organismo

Otra observación relevante de nuestro estudio es que los anticuerpos dirigidos a la proteína nucleocápside (N) del virus son fácilmente detectables en los pacientes con covid persistente. A diferencia de la proteína Spike, que es el principal objetivo de las vacunas actuales, la nucleocápside se expresa únicamente durante la infección. La presencia mantenida de anticuerpos frente a esa proteína ha sido interpretada por algunos autores como una posible señal indirecta de persistencia antigénica, es decir, de la existencia prolongada de proteínas o fragmentos virales en determinados tejidos de los pacientes.

De hecho, durante los últimos años se han acumulado evidencias de que componentes del SARS-CoV-2 pueden permanecer durante meses en órganos como el intestino, los ganglios linfáticos o determinados tejidos del sistema nervioso. Aunque esto no implica necesariamente la existencia de una infección activa, sí podría mantener una estimulación continua del sistema inmunitario. En consecuencia, la producción sostenida de anticuerpos frente a proteínas virales, como la citada nucleocápside, podría ser una manifestación de esa exposición antigénica prolongada.

Además, nuestra investigación detectó un aumento de los anticuerpos anti-nucleocápside cuando los pacientes experimentaban una reinfección en los últimos seis meses previos a la recogida de la muestra. Mientras tanto, los anticuerpos frente a la Spike completa no variaban, indicando un posible bloqueo selectivo.

Distintas respuestas defensivas

El estudio también destaca por describir diferencias en los niveles de la subclase de inmunoglobulinas –anticuerpos– del tipo G (IgG4) entre pacientes y personas sanas. Cada subclase de IgG (de IgG1 a IgG4) posee funciones biológicas diferentes. Mientras que IgG1 e IgG3 son especialmente eficaces para neutralizar patógenos y activar las funciones adecuadas de las células del sistema inmunitario, IgG4 se considera más reguladora, asociada a respuestas inflamatorias menos intensas y a fenómenos de tolerancia inmunológica.

Por ello, una respuesta dominada por IgG4 podría ser menos eficiente en la neutralización del virus, aunque potencialmente más adecuada para limitar procesos inflamatorios excesivos. En la actualidad no existe evidencia de que la elevación de IgG4 sea perjudicial ni de que cause covid persistente. Sin embargo, su aparición tras exposiciones repetidas al antígeno Spike ha despertado un gran interés porque podría reflejar mecanismos de adaptación del sistema inmunitario frente a una estimulación reiterada, como ocurre en la vacunación.

De hecho, el estudio de la producción de anticuerpos IgG4 constituye una de las áreas activas de investigación en el desarrollo de vacunas de nueva generación. Comprender qué tipos de anticuerpos proporcionan una protección más duradera y eficaz y cómo evitar respuestas excesivamente reguladoras cuando no son deseables representa uno de los desafíos de la vacunología actual.

En conjunto, los resultados de nuestro estudio refuerzan la idea de que el covid persistente no responde a un único mecanismo biológico. La interacción entre impronta inmunológica, persistencia antigénica y cambios cualitativos en la respuesta de anticuerpos podría contribuir a explicar parte de la heterogeneidad observada entre los pacientes.

Aunque todavía quedan muchas preguntas abiertas, la investigación comienza a dibujar un panorama complejo del estado del sistema inmunitario mucho tiempo después de la infección inicial por el SARS-CoV-2.

The Conversation

Narcisa Martínez Quiles no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El misterio del covid persistente: nuevas pistas para entender por qué no desaparecen los síntomas – https://theconversation.com/el-misterio-del-covid-persistente-nuevas-pistas-para-entender-por-que-no-desaparecen-los-sintomas-283902

Las ondas sísmicas del terremoto de Venezuela han dado tres vueltas y media a la Tierra

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Díaz Cusí, Investigador Científico. Sismologia experimental, Instituto de Geociencias de Barcelona (Geo3Bcn – CSIC)

Destrozos causados por los sismos en La Guaira, Venezuela. Mytaj1/Shutterstock

Dos terremotos de magnitud 7,2 y 7,5 han afectado este 24 de junio a Venezuela. Los sismos están relacionados con el desplazamiento lateral entre la placa tectónica el Caribe y la placa suramericana en lo que se denomina una falla de de cizalla: una fractura en la corteza terrestre donde dos bloques de roca se desplazan horizontalmente uno respecto al otro, en direcciones opuestas. Se estima que el movimiento relativo entre las placas es de unos 2 cm por año.

El doblete sísmico

Aunque es poco frecuente que se produzcan dos terremotos de gran magnitud con muy poco tiempo de diferencia, este fenómeno tiene una explicación geológica conocida.

Las fallas tectónicas no son superficies perfectamente lisas, sino que presentan zonas más resistentes llamadas asperidades, donde las rocas permanecen fuertemente bloqueadas y acumulan una gran cantidad de tensión. Cuando la falla comienza a romperse, una parte de esa energía se libera y genera un primer terremoto.

Sin embargo, si alguna asperidad importante resiste inicialmente la ruptura, la tensión puede seguir concentrándose en ella hasta que finalmente cede, provocando un segundo terremoto de gran magnitud. De este modo, la liberación de energía no ocurre en un único evento, sino en dos etapas sucesivas, separadas por un breve intervalo de tiempo.

De hecho, en la misma zona hubo un doblete de menor magnitud en 2025 con magnitud 6,2 y 6,3, respectivamente, y otro en 1812, similar al actual, con magnitudes estimadas de 7,1 y 7,4.

Siete terremotos de similar magnitud en 2025

La zona tiene una actividad sísmica continuada, aunque inferior a otras áreas, como la costa del Pacifico. Desde el 1900 se tiene noticia de un centenar de terremotos de magnitud igual o superior a 6 en la zona. El terremoto de mayor intensidad del que se tiene noticia ocurrió el 2 de octubre de 1900 frente a la costa de Caracas.

La magnitud del terremoto principal es alta, pero no excepcional. En 2025 hubo siete terremotos de magnitud igual o superior a 7.5 y en lo que llevamos de 2026, tres más.

Ambos eventos recuerdan al terremoto de Haití de 2010, ya que ambos se sitúan en los límites de la placa del Caribe; Haití al norte, Venezuela al Sur.

Detección en tiempo real

Como es habitual para eventos de esta magnitud, este terremoto se ha registrado en los sismómetros de todo el mundo.

En los equipos de banda ancha, capaces de registrar las ondas de superficie de periodo alto, detectamos movimiento durante más de una hora.

Las primeras ondas llegaron a nuestros sismógrafos, en Barcelona, a las 22:15:36 (UTC), unos quince minutos después de la ruptura. Posteriormente las ondas de superficie, de mayor amplitud, se registran durante más de dos horas.

La imagen muestra el registro en el sismómetro horizontal instalado en el GEO3BCN-CSIC
Registro sísmico del terremoto de Venezuela en el sismómetro analógico del GEO3BCN-CSIC.
Jordi Díaz

Una vuelta a la Tierra cada tres horas

Después de terremotos de gran magnitud, los sismómetros suelen registrar las ondas superficiales que circunvalan a la Tierra cada tres horas aproximadamente.

En esta figura que sigue a este párrafo vemos estas ondas tal y como se han registrado en algunas de las estaciones de la red sísmica de Cataluña, mantenida por el Instituto Cartográfico y Geológico de Cataluña.

Ondas sísmicas registradas en intervalos de unas tres horas
Las ondas de superficie que van dando vueltas a la Tierra y se registran a cada paso, en intervalos de unas tres horas.
Jordi Díaz

En la gráfica, R1 es la onda que viaja desde Venezuela a España por el Atlántico, R2 es la onda que viaja por el lado opuesto (pasando por el Pacífico) y R3 es la misma onda que R1 después de dar una vuelta completa al planeta y sucesivamente.

Así pues, la fase R7 es una onda que ha dado tres vueltas y media a la Tierra, viajando más de 125 000 km.

25 minutos después, un terremoto en Japón

25 minutos más tarde de los terremotos de Venezuela ocurrió otro terremoto con epicentro cerca de la costa norte de Japón, de magnitud 6,9, que no ha producido daños significativos.

En la imagen que sigue a este párrafo se observa la llegada de las ondas procedentes de Venezuela (línea roja) y de Japón (línea azul) en los sismómetros de la red sísmica educativa del GEO3BCN-CSIC, con equipos instalados mayoritariamente por centros de educación media de Barcelona y Girona.

Registros de de las ondas sísmicas de los terremotos de Venezuela y de Japón
Registro de las ondas de los terremotos de Venezuela y de Japón en los sismómetros de la red sísmica educativa del Geo3Bcn-CSIC en la zona de Barcelona y Girona.
Geo3Bcn-CSIC

Aunque la profundidad del evento de Venezuela ha sido mayor, y el mecanismo de ruptura es diferente, la diferencia en la destrucción producida por los dos terremotos se puede relacionar probablemente con el nivel de preparación de cada país ante eventos sísmicos.

The Conversation

Jordi Díaz Cusí no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Las ondas sísmicas del terremoto de Venezuela han dado tres vueltas y media a la Tierra – https://theconversation.com/las-ondas-sismicas-del-terremoto-de-venezuela-han-dado-tres-vueltas-y-media-a-la-tierra-286162

Cambio climático: los incendios y las inundaciones están creando zonas no asegurables en toda Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Clotilde Cerdan Amiard, Profesora Asociada en Finanzas Sostenibles, IE University

En septiembre de 2024, graves inundaciones azotaron la localidad de Czechowice-Dziedzice, en el sur de Polonia. Ela73/Shutterstock

A medida que el cambio climático hace que los fenómenos meteorológicos extremos sean más intensos y frecuentes, las “zonas no asegurables” se están volviendo cada vez más comunes. Son una clara demostración de que los seguros –el mecanismo mediante el cual las sociedades modernas hacen frente a todo tipo de riesgos– no están estructuralmente preparados para esta nueva era climática.

Las zonas no asegurables se refieren a lugares en los que se ha vuelto imposible obtener un seguro de propiedad o costearlo. Esto puede suceder porque las aseguradoras no ofrecen cobertura en una zona de alto riesgo climático (debido a límites de cobertura o a la retirada del mercado), o porque ofrecen seguros con primas tan elevadas que la mayoría de los residentes simplemente no pueden pagarlas.

Uno de los ejemplos más claros de zona no asegurable hasta la fecha proviene de California. En 2024, State Farm, una de las mayores aseguradoras de viviendas de Estados Unidos, decidió no renovar 72 000 pólizas de seguro de hogar en todo el estado debido, en parte, al riesgo insostenible de incendios forestales.

No fue la única, ya que seis de las doce aseguradoras más grandes de California ya habían suspendido o restringido en gran medida la contratación de nuevas pólizas. Los propietarios que ya no pueden encontrar cobertura privada son derivados a la aseguradora de último recurso de California, el Plan FAIR, que pasó de tener alrededor de 271 000 pólizas en vigor en 2022 a más de 684 000 en marzo de 2026, lo que supone un aumento del 152 %.

Dado que ofrece menos cobertura que las pólizas de seguro privadas, el Plan FAIR nunca tuvo la intención de convertirse en un asegurador principal. Estuvo a punto de colapsar bajo el peso de las reclamaciones derivadas de los incendios forestales de Los Ángeles de enero de 2025, y solo sobrevivió gracias a un rescate de emergencia de 1 000 millones de dólares.

En Europa, crece la preocupación por la brecha de protección, es decir, la parte de las pérdidas por catástrofes que los seguros no cubren. Según la EIOPA, el regulador de seguros de la UE, el 75 % de las pérdidas económicas derivadas de catástrofes naturales en Europa históricamente no han estado aseguradas.

En Alemania, la asociación nacional de seguros ha advertido de que las primas podrían duplicarse en una década debido a las reclamaciones relacionadas con el clima.

En Francia, el plan nacional de catástrofes naturales, conocido como CatNat, lleva registrando déficit desde 2016, lo que ha llevado al Gobierno a aumentar el recargo obligatorio en todas las pólizas de seguro de propiedad del 12 % al 20 % en enero de 2025.

En resumen, los seguros tradicionales no están preparados para hacer frente a la realidad del cambio climático. Sin embargo, existen modelos alternativos que podrían ofrecer cobertura a las personas más expuestas al riesgo.




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¿De qué mecanismos disponemos?

Más allá de los seguros convencionales, han surgido dos instrumentos como herramientas para gestionar el riesgo climático a gran escala. El primero recurre a los mercados financieros para garantizar fondos antes de que se produzca el desastre. El segundo elimina por completo la necesidad de evaluar los daños.

  1. Bonos catástrofe: cuando las aseguradoras asumen riesgos demasiado grandes o impredecibles, los transfieren a las reaseguradoras, empresas que, en esencia, aseguran a las aseguradoras. Las reaseguradoras, a su vez, pueden transferir parte de ese riesgo a los mercados financieros a través de instrumentos como los bonos catástrofe, o “CAT bonds” en inglés.

    Introducidos a finales de la década de 1990, tras la devastación causada por el huracán Andrew en el estado estadounidense de Florida, los bonos CAT permiten a las reaseguradoras recaudar fondos de los inversores por adelantado. Esto garantiza que los fondos ya estén disponibles cuando se produzca un desastre de gran magnitud y fija los precios durante varios años.

  2. Seguro paramétrico: se trata de una cobertura que se abona automáticamente una vez que se supera un umbral predefinido (por ejemplo, cuando las precipitaciones superan un determinado nivel en una región concreta). Dado que no requiere una inspección física de los daños, el seguro paramétrico resulta especialmente útil en zonas remotas o en países en desarrollo donde la penetración de los seguros tradicionales es baja.

A pesar de estas innovaciones, sigue existiendo una brecha persistente entre los costes de las catástrofes relacionadas con el clima y lo que los seguros cubren realmente. Según un informe de la compañía de reaseguros Swiss Re, el 57 % de las pérdidas por catástrofes naturales a nivel mundial en 2024 no estaban aseguradas.

Dado que tanto las aseguradoras como las reaseguradoras tienen dificultades para ofrecer una cobertura suficiente para los eventos relacionados con el clima, los gobiernos se han visto sometidos a una presión cada vez mayor para cubrir esa brecha.




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El papel creciente del Estado

Mientras los mercados privados luchan por mantener el ritmo, los gobiernos están interviniendo, ya sea subvencionando directamente los seguros o creando planes público-privados que distribuyen el riesgo entre distintas zonas geográficas.

En 2016, el Gobierno del Reino Unido, en colaboración con el sector asegurador privado, creó Flood Re, un consorcio de reaseguro. Al compartir el riesgo en todo el mercado asegurador del Reino Unido, el programa pretende mantener los seguros contra inundaciones asequibles y disponibles en las zonas de alto riesgo.

Sin embargo, el plan está previsto que expire en 2039. Esto se basa en la premisa de que los años intermedios se utilizarán para invertir en defensas contra inundaciones y en la reducción de riesgos. Para cuando el programa finalice, el mercado privado será capaz de valorar el riesgo de inundaciones con precisión sin que la cobertura resulte inasequible. Pero existen crecientes dudas sobre si esa transición será factible.

El sistema CatNat de Francia funciona según un principio similar de solidaridad nacional, pero va un paso más allá: la cobertura contra desastres naturales es obligatoria y se incluye automáticamente en todas las pólizas de seguro de propiedad del país. Todos los asegurados franceses contribuyen al programa mediante un recargo obligatorio, independientemente de dónde vivan. El sistema ha cubierto más de 50 000 millones de euros en indemnizaciones desde 1982, pero a medida que se aceleran las pérdidas climáticas, el sistema está mostrando signos de tensión.

De manera similar, el plan de reaseguro público-privado de la UE propuesto tiene como objetivo agrupar los riesgos relacionados con el clima en toda la Unión Europea, aprovechando las economías de escala en una gama diversificada de riesgos y áreas geográficas. Los modelos sugieren que podría reducir la brecha de protección de Europa del 75 % a alrededor del 10 %, pero requeriría hasta 65 000 millones de euros en capacidad de respaldo procedente de fondos públicos para hacer frente a los fenómenos más extremos.

A medida que surgen estas soluciones innovadoras, una cosa está clara: las zonas no asegurables ya no son una perspectiva de un futuro lejano. Los daños relacionados con el clima siempre han existido, pero los mecanismos que creamos para absorber el riesgo climático se diseñaron para un clima más estable. A medida que esa estabilidad se erosiona, la cuestión ya no es si el sector público tendrá que desempeñar un papel más importante, sino con qué rapidez puede rediseñarse para hacerlo.

The Conversation

Además de su cargo académico, Clotilde Cerdan Amiard trabaja como consultora de estrategia e impacto en Neture, una consultora de impacto con sede en Madrid.

ref. Cambio climático: los incendios y las inundaciones están creando zonas no asegurables en toda Europa – https://theconversation.com/cambio-climatico-los-incendios-y-las-inundaciones-estan-creando-zonas-no-asegurables-en-toda-europa-284263

Más allá del hantavirus: las zoonosis que sí están presentes en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Pérez Caballero, Profesor de Parasitología y Enfermedades Parasitarias, Universidad de León

El mosquito común (_Culex pipiens_) es el principal transmisor del virus del Nilo Oriental. asadykov/Shutterstock

El pasado fin de semana, el Ministerio de Sanidad de España daba por cerrado el brote de hantavirus, detectado en un crucero en mayo, después de que todos los afectados finalizaran la cuarentena o recibieran el alta hospitalaria. Terminaba por lo bajini una crisis que durante una semana recibió una enorme atención mediática. Esta historia nos muestra el creciente interés que existe alrededor de las enfermedades transmitidas por animales (zoonosis), pero también nos recuerda que no se les hace el mismo caso a todas. De hecho, hay ejemplos de zoonosis ya presentes en España que pasan desapercibidas pese a su mayor impacto.

Comprender cómo se producen ayuda a valorar mejor los riesgos reales y evita interpretaciones alarmistas.

El riesgo y la atención mediática no siempre coinciden

En la transmisión de zoonosis intervienen distintos animales. Mosquitos, garrapatas y roedores forman parte de nuestro entorno urbano y, en determinadas circunstancias, pueden contagiar enfermedades.

Sin embargo, la presencia de un animal no implica necesariamente un riesgo directo de infección. Mientras que los llamados “reservorios” permiten que el microorganismo causante de la enfermedad se mantenga en la naturaleza, son los “vectores” los que transportan al patógeno hasta las personas.

Las zoonosis no son un fenómeno nuevo: el 60 % de las patologías humanas tienen un origen animal. Esto ocurre porque compartimos una parte importante de nuestra biología con otras especies y porque convivimos con ellas desde hace miles de años. En determinadas circunstancias, algunos microorganismos son capaces de superar las barreras entre especies y adaptarse a nuevos hospedadores (nosotros).

La atención mediática que reciben estas enfermedades no siempre refleja su impacto real sobre la salud pública. Algunas zoonosis poco frecuentes generan una gran repercusión porque aparecen en contextos llamativos o inesperados, y el reciente interés por el hantavirus es un ejemplo de ello.

Mientras tanto, otras enfermedades transmitidas por mosquitos, flebótomos o garrapatas reciben menos atención pese a estar presentes en España desde hace años.

Esta diferencia puede distorsionar la percepción del riesgo. En muchos casos, el miedo se centra en determinados animales, cuando la transmisión depende de múltiples factores ambientales, ecológicos y sociales.

Comprender esta complejidad permite interpretar mejor este tipo de amenazas sin caer en alarmismos innecesarios.

Las zoonosis urbanas que sí preocupan en España

Normalmente, las zoonosis se asocian a entornos exóticos o lejanos. Sin embargo, algunas de las que más preocupan en España están relacionadas con animales y vectores presentes en nuestro entorno cotidiano.

Uno de los ejemplos más conocidos es el virus del Nilo Occidental. Este patógeno circula principalmente entre aves y mosquitos, pero en determinadas circunstancias también puede infectar a humanos y otros mamíferos.

En los últimos años se han detectado brotes y casos esporádicos en distintas zonas de España. La mayoría de las infecciones pasan desapercibidas o producen síntomas leves, pero en una pequeña proporción de casos pueden aparecer complicaciones neurológicas que requieren atención médica.

Las garrapatas representan otro ejemplo relevante. Algunas especies pueden transmitir bacterias responsables de patologías como la enfermedad de Lyme, y otras participan en la transmisión del virus de la fiebre hemorrágica de Crimea-Congo.

Aunque los casos humanos son poco frecuentes, la gravedad que puede alcanzar la enfermedad ha convertido su vigilancia en una prioridad sanitaria. Su expansión se relaciona con el aumento de temperaturas y con cambios en los ecosistemas.

La leishmaniasis también forma parte de las zoonosis presentes en áreas urbanas y periurbanas españolas. Transmitida por flebótomos (un diminuto insecto parecido a un mosquito), encuentra en el perro uno de sus principales reservorios. Aunque se conoce sobre todo por su importancia veterinaria, también puede afectar a humanos y forma parte de la vigilancia sanitaria.

Los roedores urbanos constituyen otro ejemplo de convivencia cotidiana con animales capaces de mantener y diseminar algunos patógenos. En general, el riesgo de transmisión es bajo en contextos con buenas condiciones sanitarias.

Aun así, estos animales pueden participar en la diseminación de bacterias como Leptospira y Salmonella en zonas con problemas de saneamiento o acumulación de residuos.

En todos estos casos, el riesgo depende de múltiples factores ambientales, ecológicos y sociales. La simple presencia de estos animales no implica necesariamente un peligro inmediato.

Por qué están aumentando estas enfermedades

En los últimos años algunos factores ambientales y sociales han favorecido la expansión de ciertos vectores y zoonosis.

Uno de los factores más importantes es el cambio climático. El aumento de temperaturas y las modificaciones en las precipitaciones favorecen la expansión de mosquitos, garrapatas y otros vectores hacia zonas donde antes eran menos frecuentes. Los inviernos más suaves también facilitan su supervivencia durante más tiempo.

La urbanización desempeña otro papel importante. La expansión de áreas urbanas y periurbanas aumenta las zonas de contacto entre personas, animales domésticos y fauna silvestre.

Al mismo tiempo, algunos vectores se adaptan con facilidad a estos entornos. Pueden encontrar en las ciudades condiciones favorables para completar su ciclo de vida. La disponibilidad de refugios, agua y alimento facilita su presencia cerca de las personas y aumenta las oportunidades de contacto entre vectores, animales y humanos.

A esto se suma la movilidad humana y animal. Los viajes y el transporte de mercancías pueden facilitar la llegada de vectores y patógenos a nuevas regiones. Algunos de estos organismos encuentran después condiciones favorables para establecerse y expandirse en los nuevos territorios.

Sin embargo, el aumento del riesgo no significa que exista una amenaza constante: los sistemas de vigilancia epidemiológica y control vectorial permiten detectar cambios en la circulación de estos patógenos y reducir su impacto sobre la población.

Las zoonosis recuerdan que la salud humana, la salud animal y el medioambiente están estrechamente conectados. En un contexto marcado por cambios climáticos, urbanos y ecológicos, comprender cómo circulan los patógenos procedentes de animales resulta cada vez más importante.

Más que centrar la atención en amenazas puntuales, conocer cómo se transmiten estas enfermedades permite interpretar mejor los riesgos reales y reforzar las estrategias de vigilancia y prevención que protegen la salud pública.

The Conversation

Raúl Pérez Caballero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Más allá del hantavirus: las zoonosis que sí están presentes en España – https://theconversation.com/mas-alla-del-hantavirus-las-zoonosis-que-si-estan-presentes-en-espana-283924