Maladie des petits vaisseaux cérébraux : nouvelles pistes pour traiter cette affection méconnue qui touche des millions de personnes

Source: The Conversation – France in French (3) – By Claire Peghaire, Docteur en pharmacie et enseignant chercheur en physiologie vasculaire, Université de Bordeaux

La maladie des petits vaisseaux cérébraux, qui accroît notamment le risque d’AVC et de troubles cognitifs, concernerait plus de 5 millions de personnes en France. En l’absence de traitement curatif, la prévention des facteurs de risque cardiovasculaire reste aujourd’hui la stratégie la plus efficace. Cependant, de nouvelles pistes thérapeutiques prometteuses sont explorées.


La maladie des petits vaisseaux cérébraux est une pathologie chronique qui affecte les plus fines artères du cerveau, celles qui irriguent en continu les zones profondes indispensables à la mémoire, à l’attention et à la coordination.

Avec le temps, ces vaisseaux se rigidifient, s’épaississent ou deviennent plus fragiles et perméables. Les conséquences de cette situation sont loin d’être anodines, puisque la maladie des petits vaisseaux cérébraux favorise les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les troubles cognitifs, les difficultés en matière de marche ainsi que la perte d’autonomie.

En France, la maladie des petits vaisseaux cérébraux concernerait plus de 5 millions de personnes de 65 ans et plus. À ce jour, aucun traitement ne permet de la traiter.

À Bordeaux, au sein du laboratoire de biologie des maladies cardiovasculaires, dirigé par Thierry Couffinhal, et du Vascular Brain Health Institute (fondé par Stéphanie Debette, désormais directrice de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière), nous essayons de mieux comprendre l’origine de la maladie. Voici ce que nous en savons à l’heure actuelle.

Une maladie difficile à repérer

Lorsque les fines artères qui l’irriguent sont affectées par la maladie des petits vaisseaux cérébraux, le cerveau reçoit moins bien l’oxygène et les nutriments dont il a besoin.

En outre, les cellules qui tapissent ces vaisseaux sanguins participent à la formation de la barrière hémato-encéphalique, une structure essentielle à la bonne santé du cerveau. Cette barrière agit normalement comme un filtre très sélectif entre le sang et le cerveau. Lorsqu’elle devient plus perméable, des substances indésirables peuvent pénétrer dans le tissu cérébral et contribuer à son altération progressive.




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La maladie des petits vaisseaux cérébraux est souvent silencieuse à ses débuts. Il n’est pas rare qu’elle progresse pendant des années sans signe spectaculaire, et les premiers indices de sa présence peuvent être discrets : ralentissement intellectuel, troubles de l’équilibre, fatigue cognitive, petits oublis inhabituels. Elle peut également entraîner des AVC.

Pour la détecter, l’imagerie par résonance magnétique (IRM) cérébrale reste aujourd’hui l’outil de référence. Elle permet d’observer des lésions caractéristiques, parfois présentes avant même les premiers symptômes, telles que des microsaignements, des lacunes (petites cavités témoignant d’anciennes lésions des petits vaisseaux), et surtout des « hypersignaux de la substance blanche », autrement dit des anomalies qui traduisent une souffrance chronique du tissu cérébral.

Pour mémoire, la substance blanche, qui constitue près de la moitié du volume du cerveau, est la partie qui correspond au réseau des fibres nerveuses. Ces dernières peuvent être vues comme des « autoroutes » qui permettent la propagation des signaux électriques entre les différentes régions du cerveau.

Des traitements encore trop limités

À ce jour, il n’existe pas encore de médicament spécifiquement conçu pour guérir la maladie des petits vaisseaux cérébraux. Les lésions peuvent toutefois être détectables plusieurs années avant l’apparition des symptômes, et leur progression peut être ralentie grâce à une prise en charge précoce des facteurs de risque cardiovasculaire.

On sait que certaines maladies, comme le diabète, les maladies cardiovasculaires ou l’insuffisance rénale chronique, semblent favoriser l’aggravation des lésions des petits vaisseaux cérébraux.




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Aucun dépistage systématique n’est actuellement envisagé, notamment parce que le diagnostic repose essentiellement sur l’IRM, un examen coûteux difficile à généraliser à l’ensemble de la population.

Les médecins agissent surtout sur les facteurs dont la recherche scientifique a montré qu’ils peuvent influer sur le risque de développer la maladie (hypertension artérielle, diabète, cholestérol) ainsi que sur la consommation de tabac ou la sédentarité.

Si la prévention est essentielle, elle ne cible pas directement les mécanismes biologiques qui endommagent les petits vaisseaux du cerveau.

Ceux-ci sont encore mal connus, mais parmi les principales hypothèses formulées pour expliquer le développement de la maladie figurent le dysfonctionnement des cellules qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins (les cellules endothéliales), l’altération de la barrière hémato-encéphalique, l’inflammation chronique ou encore le stress oxydatif. Ce dernier phénomène, que l’on pourrait comparer à une « rouille biologique », abîme progressivement les vaisseaux sanguins.

C’est précisément à ce niveau que se situent nos recherches. Nos travaux récents apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes de la maladie, ouvrant de nouvelles perspectives thérapeutiques.

Une nouvelle piste : protéger les vaisseaux de l’intérieur

Pour mieux comprendre la maladie des petits vaisseaux cérébraux, nous avons entrepris d’en disséquer les mécanismes au niveau cellulaire et moléculaire. Notre ambition est de passer d’une médecine de prévention à une médecine capable de réparer et protéger directement les microvaisseaux cérébraux.

Nos recherches ont conduit à l’identification d’une cible prometteuse, appelée TRIM47 (pour TRIpartite Motif containing 47). Nous avons démontré que cette protéine joue un rôle protecteur dans les cellules endothéliales en contribuant au maintien de l’intégrité vasculaire et en limitant les effets du stress oxydatif.

L’action protectrice de TRIM47 semble passer par l’un des principaux systèmes de défense antioxydante de notre organisme, la voie de signalisation NRF2. Lorsque cette voie fonctionne correctement, la cellule active ses propres mécanismes de réparation et de détoxification.

Divers résultats de recherche suggèrent toutefois que l’efficacité de cette réponse protectrice diminue à mesure que l’on vieillit, ce qui rend les cellules plus vulnérables au stress oxydatif.

Nous cherchons aujourd’hui à déterminer dans quelle mesure cette altération contribue au développement de la maladie des petits vaisseaux cérébraux et quels facteurs, génétiques ou environnementaux, pourraient l’influencer.

L’objectif n’est plus seulement de traiter les symptômes, comme faire baisser la tension artérielle, mais de renforcer les capacités naturelles de défense du vaisseau sanguin cérébral. Il s’agirait de traiter la maladie à sa source, avant la survenue d’AVC ou l’installation de troubles cognitifs.

Pour cela, il est notamment envisagé d’augmenter l’activité du couple TRIM47/NRF2, et donc de la voie antioxydante, dans l’espoir de préserver la barrière hémato-encéphalique et de protéger les neurones.

Deux stratégies complémentaires sont actuellement envisagées : développer de nouvelles molécules ciblant cette voie de protection ou réévaluer des médicaments déjà disponibles susceptibles d’agir sur ces mécanismes.

Cibler l’ARN messager pour traiter la maladie

Notre première stratégie thérapeutique consiste à cibler l’ARN messager (une molécule qui joue en quelque sorte le rôle de « plan de montage » des protéines dans les cellules) afin de diminuer la production d’une protéine appelée KEAP1.

En effet, cette dernière freine l’activité du système de protection cellulaire TRIM47/NRF2. En levant ce frein, nous espérons renforcer les défenses naturelles des vaisseaux sanguins cérébraux contre les mécanismes de vieillissement et de dégradation.

Pour atteindre cet objectif, nous développons des molécules appelées « oligonucléotides antisens » (ASO), conçues pour reconnaître spécifiquement l’ARN messager de KEAP1 et en réduire l’expression. Ces ASO sont chimiquement modifiés afin d’améliorer leur stabilité dans l’organisme et de favoriser leur distribution vers les vaisseaux cérébraux et les cellules du cerveau.

Ce travail de précision nécessite d’identifier la meilleure séquence thérapeutique, d’optimiser ses propriétés chimiques et son mode d’administration, puis de vérifier qu’elle atteint efficacement sa cible dans le cerveau avant d’évaluer sa capacité à préserver la santé vasculaire et les fonctions cérébrales.

Pour transformer cette découverte biologique en traitement potentiel, nous travaillons avec des équipes de chimistes bordelais de l’Institut européen de chimie et de biologie et du laboratoire « Acides nucléiques : Régulations naturelles et artificielles », experts dans la conception et la synthèse de molécules ciblant les ARN.

Ces collaborations étroites entre biologistes et chimistes sont essentielles pour passer de la compréhension d’un mécanisme fondamental à la conception de candidats médicaments innovants, plus ciblés, plus efficaces et potentiellement mieux tolérés.

Repositionner des médicaments déjà connus

Autre piste prometteuse : tester des médicaments déjà commercialisés pour d’autres indications, comme pour la sclérose en plaques, dont on sait qu’ils sont capables de passer la barrière hémato-encéphalique et d’activer la voie NRF2, un mécanisme associé à des effets protecteurs antioxydants et anti-inflammatoires.

Cette stratégie, appelée repositionnement thérapeutique, présente un avantage majeur : elle permet de gagner plusieurs années de recherche, car ces molécules disposent déjà de données de sécurité chez l’humain.

De ce fait, si les résultats précliniques en laboratoire de recherche s’avéraient positifs, des essais cliniques (donc menés chez les patients) pourraient être envisagés plus rapidement que pour un médicament entièrement nouveau.

Ceci permettrait ainsi de proposer plus rapidement une nouvelle solution thérapeutique aux patients, tout en diminuant les coûts de recherche et développement.

Un espoir face au vieillissement cérébral

Pour la première fois, de nouvelles stratégies thérapeutiques pourraient permettre, à terme, d’agir directement sur certains mécanismes impliqués dans la maladie des petits vaisseaux cérébraux, l’une des principales causes du déclin cognitif lié à l’âge.

Ces travaux en sont encore au stade préclinique, et plusieurs étapes de validation seront encore nécessaires avant d’envisager une application chez l’être humain.

La conviction qui guide nos recherches est qu’en protégeant les vaisseaux du cerveau, on protège aussi la mémoire, l’autonomie et la qualité de vie. Mieux traiter la maladie des petits vaisseaux cérébraux pourrait signifier demain moins d’AVC, moins de dépendance et davantage d’années de vie en bonne santé.

En attendant l’arrivée de traitements ciblés, certaines mesures ont déjà démontré leur efficacité pour préserver la santé cérébrale : contrôler sa tension artérielle, pratiquer une activité physique régulière, éviter le tabac, adopter une alimentation équilibrée et maintenir une vie sociale et intellectuelle active.

Des recommandations simples, mais qui restent aujourd’hui parmi les moyens les plus efficaces de protéger durablement son cerveau…

The Conversation

Claire Peghaire a reçu des financements de l’Agence nationale de la recherche (projet TheraVasc 2025-2028, ANR-25-CE14-3415-01), du VBHI (projet NAT-VAD 2025-2028, initiative IHU3 France 2030) et un prix associé à un mentorat du programme Spark Bordeaux 2024.

ref. Maladie des petits vaisseaux cérébraux : nouvelles pistes pour traiter cette affection méconnue qui touche des millions de personnes – https://theconversation.com/maladie-des-petits-vaisseaux-cerebraux-nouvelles-pistes-pour-traiter-cette-affection-meconnue-qui-touche-des-millions-de-personnes-281074

Argent, nourriture et survie : les motivations du sexe tarifé chez les jeunes mères dans trois pays africains

Source: The Conversation – in French – By Anthony Idowu Ajayi, Research Scientist, African Population and Health Research Center

Le sexe tarifé ou transactionnel, défini comme l’échange de relations sexuelles contre de l’argent, de la nourriture ou des faveurs, est courant chez les jeunes en Afrique. Des études ont montré qu’environ 10 % des 15-24 ans se sont livrés à ce type d’échange en Afrique du Sud, 23 % au Nigeria et 25 % en Ouganda. Ce comportement a été associé à des conséquences négatives telles que les grossesses non désirées, les violences sexuelles et les infections par le VIH.

Les relations sexuelles transactionnelles désignent les relations sexuelles hors mariage qui ne sont pas classées comme travail du sexe. Toutefois, elles reposent sur l’attente d’une contrepartie d’avantages matériels, financiers ou autres en contrepartie de l’intimité ou de la compagnie.

Nous sommes des chercheurs en santé sexuelle et reproductive qui nous intéressons aux liens entre les données scientifiques, les politiques publiques et les réalités vécues par les adolescents en Afrique. Nous avons récemment étudié l’ampleur et les facteurs de risque des relations sexuelles transactionnelles chez les adolescentes enceintes et les jeunes mères dans trois pays africains : le Burkina Faso, le Kenya et le Malawi.

Dans nos précédents travaux de recherche qualitative menés auprès de jeunes filles enceintes ou mères dans les quartiers informels de Nairobi, nous avons constaté que la grossesse aggravait la précarité économique. Or, le gouvernement et la plupart des ONG se concentrent principalement sur la prévention des grossesses chez les adolescentes. Peu d’attention est accordée aux difficultés et aux réalités des jeunes filles enceintes et mères.

Notre étude visait à attirer l’attention sur ces jeunes filles. Pour ce faire, nous avons examiné la prévalence et les facteurs associés aux relations sexuelles tarifées chez les adolescentes au Burkina Faso, au Kenya et au Malawi. Nous avons interrogé 2 243 jeunes filles : 980 à Ouagadougou, au Burkina Faso ; 594 à Korogocho, à Nairobi, au Kenya ; et 669 à Blantyre, au Malawi. Elles étaient toutes soit enceintes, soit déjà mères. Les plus jeunes participantes avaient 12 ans au Burkina Faso et 13 ans au Kenya et au Malawi. Les plus âgées, dans les trois pays, avaient 19 ans.

Nos résultats ont montré que la prévalence des relations sexuelles tarifées variait selon le contexte. Le fait de vivre dans des quartiers informels urbains constituait un facteur de risque. Ces résultats ont rappelé la nécessité de mettre en place des systèmes de soutien plus solides pour les adolescentes ayant des relations sexuelles tarifées dans ces trois pays, y compris celles qui sont enceintes ou mères.




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Nos résultats

Notre étude a révélé que 44,3 % des jeunes filles interrogées au Kenya, 25,4 % au Burkina Faso et 13,0 % au Malawi avaient eu recours à des relations sexuelles tarifées à un moment ou à un autre. La prévalence particulièrement élevée au Kenya s’explique par le fait que l’étude a été menée dans l’un des quartiers informels densément peuplés de Nairobi.

Les adolescentes y sont confrontées à la pauvreté, à des systèmes de soutien fragiles, à des conditions de vie précaires et à des possibilités limitées d’épanouissement personnel. D’autres études ont également montré que cette pratique est moins répandue dans d’autres contextes, différents des quartiers informels.

La raison la plus fréquemment invoquée par les jeunes filles pour avoir eu des rapports sexuels transactionnels était l’argent. L’argent a été cité comme raison par 31,3 % des participantes au Kenya, 20,5 % au Burkina Faso et 7,8 % au Malawi. Mais les jeunes filles ont également indiqué avoir échangé des rapports sexuels contre de la nourriture, un loyer, un logement, des vêtements, des frais de scolarité et des serviettes hygiéniques.

Au Kenya, 13,5 % ont spécifiquement cité les serviettes hygiéniques comme motivation, contre 1,0 % au Burkina Faso et 1,8 % au Malawi. Une proportion plus faible s’est livrée à des relations sexuelles transactionnelles pour payer les frais de scolarité, acheter des téléphones ou du crédit téléphonique, ou subvenir à d’autres besoins tels que les produits pour bébés (lait, couches, vêtements).




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Facteurs individuels

Au niveau individuel, le fait d’être célibataire augmente la probabilité d’avoir des relations sexuelles transactionnelles dans les trois pays. Au Burkina Faso, 20 % des jeunes filles mariées et 46 % des jeunes filles célibataires avaient des relations sexuelles transactionnelles. Au Kenya, ce chiffre était de 28 % chez les jeunes filles mariées et de 50 % chez les jeunes filles célibataires. Au Malawi, il s’élevait à 10 % chez les jeunes filles mariées et à 16 % chez les jeunes filles célibataires.

Cela suggère qu’avoir un partenaire peut apporter un certain soutien financier, matériel et en matière de garde d’enfants. Sans ce soutien, les mères adolescentes célibataires peuvent se retrouver confrontées à une grossesse et à une maternité précoce avec des ressources très limitées. Cette situation accroît leur vulnérabilité face aux relations sexuelles transactionnelles.

L’une des conclusions surprenantes est venue de Ouagadougou, au Burkina Faso. Là-bas, 31 % des adolescentes ayant suivi un enseignement secondaire avaient eu des relations sexuelles transactionnelles, contre 21 % parmi celles n’ayant suivi que l’enseignement primaire. Ce constat remet en cause l’idée reçue selon laquelle l’éducation constitue une protection immédiate contre l’exploitation.

Il montre que le fait de rester à l’école peut en soi devenir financièrement difficile pour les adolescentes vivant dans la pauvreté et disposant de systèmes de soutien insuffisants. Pour les filles issues de milieux défavorisés et scolarisées, le besoin d’argent, de nourriture et de couvrir les frais de scolarité peut les pousser à avoir des relations sexuelles transactionnelles.

La consommation de substances psychoactives était associée à un risque plus de deux fois supérieur au Burkina Faso, chez les filles ayant déclaré avoir consommé de l’alcool ou des drogues par rapport à celles qui n’en consommaient pas. Cette association n’a toutefois pas été observée de manière significative au Kenya ni au Malawi.

Facteurs interpersonnels

Au niveau interpersonnel, le fait d’être orpheline avait une incidence, bien que celle-ci ait varié d’un pays à l’autre.

Au Malawi, les filles ayant perdu leurs deux parents présentent un risque presque deux fois plus élevé de se livrer à des relations sexuelles tarifées que celles qui n’étaient pas orphelines. Au Kenya, les filles ayant perdu un parent avaient 43 % plus de chances de se livrer à des relations sexuelles tarifées.

Au niveau interpersonnel, l’impact d’un faible soutien parental était encore plus significatif au Malawi, où les filles qui se sentaient peu soutenues par leurs parents avaient trois fois plus de chances d’avoir des relations sexuelles transactionnelles.

Facteurs au niveau communautaire

Nous avons posé des questions aux participantes afin d’évaluer leur sentiment de sécurité dans leur quartier. Au Kenya et au Burkina Faso, plus les adolescentes se sentaient en sécurité dans leur environnement, moins elles étaient susceptibles d’avoir recours à des relations sexuelles transactionnelles.

Les jeunes filles ont déclaré avoir eu des rapports sexuels en échange de sécurité et de protection. Au Malawi, le fait de se sentir en sécurité n’avait pas d’incidence sur le recours aux relations sexuelles transactionnelles.




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Ce qui doit changer

L’étude démontre que les relations sexuelles transactionnelles chez les adolescentes enceintes ou mères relèvent moins d’un choix que d’une stratégie pour faire face à de graves difficultés socio-économiques. Ce phénomène résulte des facteurs de risque individuels, d’un soutien familial défaillant et de l’insécurité au sein de la communauté.

Les facteurs à l’origine des relations sexuelles transactionnelles varient d’un pays à l’autre. C’est pourquoi les programmes visant à y remédier doivent être adaptés à chaque contexte spécifique.

Les interventions doivent s’attaquer aux vulnérabilités structurelles et renforcer les systèmes de soutien familial et communautaire. Elles doivent également améliorer la sécurité des communautés afin de réduire la dépendance des mères adolescentes vis-à-vis des relations sexuelles transactionnelles et les effets néfastes qui y sont associés.

The Conversation

Anthony Idowu Ajayi bénéficie d’un financement du Bureau régional africain de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida), au titre de la subvention n° 16302, octroyée au Centre africain de recherche sur la population et la santé (African Population and Health Research Center) dans le cadre du projet « Challenging the Politics of Social Exclusion ».

Caroline Kabiru bénéficie d’un financement de l’Agence suédoise de coopération internationale au développement (Sida) dans le cadre d’une subvention accordée au Centre africain de recherche sur la population et la santé pour le projet « Challenging the Politics of Social Exclusion » (contribution de la Sida n° 16302). Les opinions exprimées dans le présent document ne reflètent pas nécessairement celles de la Sida.

Beryl Nyatuga Machoka does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Argent, nourriture et survie : les motivations du sexe tarifé chez les jeunes mères dans trois pays africains – https://theconversation.com/argent-nourriture-et-survie-les-motivations-du-sexe-tarife-chez-les-jeunes-meres-dans-trois-pays-africains-285861

Et si les Jeux olympiques étaient aussi un festival culturel et artistique ? Montréal 1976 l’a fait

Source: The Conversation – in French – By Florent Lefèvre, Stagiaire postdoctoral en histoire du sport, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Les Jeux olympiques ne se résument pas à la seule compétition sportive : ils portent aussi une ambition culturelle héritée de Pierre de Coubertin. À l’occasion des Jeux olympiques de 1976, Montréal met en place un programme «Arts et Culture» d’une ampleur inédite, transformant l’événement sportif en véritable vitrine culturelle. Pensé comme un outil de mise en récit, ce projet vise à articuler un imaginaire à la fois multiculturel, canadien et spécifiquement québécois.


Depuis la relance des Jeux olympiques, le projet olympique ne se limite pas au sport. Son fondateur, Pierre de Coubertin, imagine une célébration globale des capacités humaines, où le corps et l’esprit s’épanouissent ensemble. Il s’inspire notamment de l’idéal grec d’«harmonie», qu’il nomme parfois «eurythmie» : un équilibre entre force physique, intellect, morale et sensibilité artistique.

Cet idéal se concrétise en 1912 lors des Jeux de Stockholm, avec l’introduction de concours artistiques officiels. Architecture, peinture, sculpture, littérature et musique deviennent alors des disciplines olympiques à part entière. Les œuvres doivent être inspirées du sport, et des médailles sont attribuées comme pour les épreuves athlétiques. Entre les deux guerres, ces concours connaissent un véritable essor, culminant notamment lors des Jeux de Los Angeles en 1932.

Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, ces compétitions artistiques sont progressivement remises en question. Leur qualité est critiquée, leur public reste limité, et leur statut — entre amateurisme et professionnalisme — pose problème. Lors des Jeux de Londres en 1948, leur faible impact précipite leur disparition. Entre 1912 et 1948, nous avons donc eu des champions olympiques en sculptures ou en peinture. Entre 1949 et 1954, le Comité international olympique décide de mettre fin définitivement à ces concours.

Mais loin d’abandonner la culture et l’art, le CIO en redéfinit les contours. À partir de 1954, la Charte olympique impose aux comités d’organisation de proposer un programme culturel parallèle aux Jeux. L’objectif reste le même : valoriser l’identité du pays hôte et favoriser le dialogue entre les nations, mais désormais sans compétition.




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Un festival culturel national sans précédent

C’est dans ce contexte que les Jeux de la XXIe Olympiade, organisés à Montréal en 1976, marquent un tournant. Le Comité organisateur des Jeux olympiques de Montréal valide en octobre 1974 la mise en place d’un vaste programme «Arts et Culture», conformément aux exigences du CIO.

L’ambition est immense : créer un festival national capable de représenter l’ensemble des expressions culturelles canadiennes. Ballet, théâtre, opéra, concerts symphoniques, cinéma, poésie ou encore artisanat — toutes les disciplines sont mobilisées. Pendant un mois, du 1er au 31 juillet 1976, Montréal devient une scène culturelle ouverte, accessible à tous.

Ce programme se distingue par son ampleur : plus de 1100 spectacles, répartis sur 31 jours, mobilisant des milliers d’artistes et se déroulant dans de nombreux lieux emblématiques de la ville. Des espaces comme la Place Jacques-Cartier, la Place des Arts ou la rue Sherbrooke sont transformés en véritables scènes à ciel ouvert.

Au-delà de la simple animation, il s’agit d’un projet politique et culturel : positionner Montréal comme une métropole culturelle internationale et démontrer la vitalité artistique du Canada et du Québec.

Entre multiculturalisme canadien et identité québécoise

Le programme Arts et Culture de 1976 s’inscrit dans un contexte particulier : celui de l’affirmation du multiculturalisme canadien, officiellement adopté en 1971. Les Jeux deviennent ainsi une vitrine idéale pour promouvoir l’image d’un pays diversifié, composé de multiples cultures et communautés.

Les organisateurs cherchent à représenter cette diversité en impliquant l’ensemble des provinces et territoires. Pas moins de 13 gouvernements (le gouvernement fédéral, les 10 provinciaux et les gouvernements de deux territoires) participent au projet. Chaque entité est invitée à proposer des événements culturels reflétant son identité propre. Le financement repose sur un modèle tripartite : les provinces financent les productions, le gouvernement fédéral prend en charge les déplacements et la logistique, tandis que le COJO assure l’organisation générale.

Ce modèle illustre la complexité du projet : comment construire une culture «canadienne» tout en respectant la diversité des identités ? La question est d’autant plus sensible que le Canada est marqué par une dualité linguistique (francophone et anglophone) et une pluralité de groupes culturels.




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Le Québec joue un rôle central dans ce dispositif. Avec une contribution de près de 3 millions de dollars sur un budget total de 8 millions, il affirme la vitalité de sa culture francophone. Les Jeux deviennent ainsi un espace d’expression pour une identité québécoise en pleine affirmation.

Cependant, cette volonté d’unité connaît aussi des tensions. Par exemple, la participation des nations autochtones à la cérémonie d’ouverture est refusée, bien qu’elles soient intégrées à la cérémonie de clôture, ce qui a permis d’offrir une visibilité mondiale aux Premières Nations. Ce choix illustre tout de même les limites du discours multiculturaliste de l’époque.


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Des expositions emblématiques

Le programme culturel de Montréal 1976 s’organise autour de deux grands axes : les arts visuels et les arts de la scène. Parmi les initiatives les plus marquantes, trois grandes expositions illustrent parfaitement l’ambition du projet.

Mosaïcart constitue une véritable vitrine nationale. Cette exposition rassemble des œuvres provenant de toutes les provinces et territoires du Canada, créant une «mosaïque» artistique représentative de la diversité du pays. Peinture, sculpture, artisanat : chaque province choisit librement les œuvres qu’elle souhaite présenter, affirmant ainsi sa propre identité culturelle.

Corridart, quant à elle, transforme la rue Sherbrooke en galerie d’art à ciel ouvert. Murales, sculptures, installations et dispositifs audiovisuels viennent animer l’espace urbain. Cette initiative vise à rapprocher l’art du public, en sortant des cadres traditionnels du musée. Toutefois, l’exposition est brutalement démantelée par les autorités municipales, qui jugent certaines œuvres controversées — un épisode révélateur des tensions entre création artistique et pouvoir politique.

Enfin, Artisanage met en valeur le savoir-faire artisanal canadien. Plus de 150 artisans y participent, réalisant leurs œuvres sous les yeux du public.

L’événement accorde une place importante aux artistes autochtones et inuit, soulignant la richesse des traditions culturelles et des Premières Nations du pays.

Au total, plus de 3000 artistes participent au programme, produisant plus de 6000 heures de spectacles et exposant des milliers d’œuvres. Près de 90 000 visiteurs fréquentent Artisanage et Mosaïcart.

Un héritage culturel durable pour Montréal et le Québec

Le programme Arts et Culture des Jeux de Montréal 1976 constitue une expérience unique dans l’histoire olympique avec une dimension nationale très présente.

Premier festival culturel d’une telle ampleur au Canada, il marque une étape importante dans la reconnaissance du rôle de la culture au sein des Jeux.

Au-delà de son succès immédiat, il contribue à renforcer l’image de Montréal comme métropole culturelle et à affirmer la diversité des identités canadiennes et québécoises. Comme le souligne le directeur du programme Yvon DesRochers, l’objectif était de promouvoir «une culture jeune, dynamique et diversifiée». DesRochers affirmait également que la vision du comité d’organisation était que «l’art, c’est le merveilleux de la vie et le programme art et culture sera le merveilleux des olympiques».

En ce sens, Montréal 1976 illustre pleinement l’évolution du projet olympique : d’une simple compétition artistique à un véritable espace d’expression culturelle, où le sport devient le vecteur d’un dialogue entre les peuples et les cultures.

La Conversation Canada

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Et si les Jeux olympiques étaient aussi un festival culturel et artistique ? Montréal 1976 l’a fait – https://theconversation.com/et-si-les-jeux-olympiques-etaient-aussi-un-festival-culturel-et-artistique-montreal-1976-la-fait-279064

Qui a eu l’idée des Jeux du Québec ?

Source: The Conversation – in French – By Florent Lefèvre, Stagiaire postdoctoral en histoire du sport, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Dans le Québec en pleine effervescence des années 1960 et 1970, les Jeux du Québec s’imposent comme un chantier majeur : démocratiser le sport, structurer son organisation et offrir un nouvel horizon aux jeunes.

Le contexte est particulier : le Québec connaît alors de profondes transformations sociales, culturelles et institutionnelles. Dans le sillage de la Révolution tranquille, le gouvernement québécois investit progressivement dans les domaines du loisir, du sport et de l’éducation physique afin de structurer des pratiques jusque-là largement portées par des initiatives locales ou religieuses.

Les francophones reprennent la main du mouvement sportif québécois qui était jusque-là contrôlé par les anglophones. Cette période correspond également à l’affirmation d’une nouvelle culture sportive québécoise, marquée par la démocratisation des pratiques, la régionalisation des structures et l’émergence d’une réflexion sur le rôle du sport dans la formation de la jeunesse. Dans ce contexte de modernisation accélérée, la création des Jeux du Québec constitue l’un des projets les plus ambitieux du mouvement sportif québécois.

Stagiaire postdoctoral en histoire du sport et professeur au département des sciences de l’activité physique de l’UQAM, nous menons un projet afin de retracer l’histoire contemporaine du sport au Québec. Dans ce contexte, nous proposons une relecture des origines des Jeux du Québec.

Image en noir et blanc d’un homme pratiquant l’haltérophilie
Jeux du Québec, épreuve d’haltérophilie, 1972.
(Archives nationales à Montréal, Fonds Ministère de la Culture et des Communications, Charles Gauthier)

Une origine liée aux Jeux du Canada

Une première interprétation, largement répandue dans les archives, situe l’origine des Jeux du Québec dans la participation québécoise aux premiers Jeux d’été du Canada tenus à Halifax en 1969.

À cette occasion, des acteurs comme Louis Chantigny, alors commissaire aux sports au Haut-commissariat à la Jeunesse, aux Loisirs et aux Sports (HCJLS) et Claude Lacasse (conseiller technique dans cette même institution) prennent conscience du potentiel d’un événement multisport structurant à l’échelle provinciale. L’idée serait de reproduire un modèle similaire au Québec, en l’adaptant aux réalités locales. Dans cette perspective, les Jeux du Québec apparaissent comme une déclinaison provinciale d’un modèle canadien, mais avec une orientation différente, davantage tournée vers la participation que vers l’élite.

L’idée de créer des Jeux du Québec semble alors appartenir à Claude Lacasse, qui l’aurait eue dès 1967 à l’occasion des premiers Jeux du Canada d’hiver tenus à Québec. Lacasse lui-même affirme que lors des épreuves de sélection pour les Jeux du Canada, sans le savoir, ils faisaient déjà des Jeux du Québec.

En effet, en allant sélectionner les meilleurs jeunes athlètes en région, Lacasse s’est rendu compte qu’il n’y avait pas de structure pour la pratique sportive. L’idée émerge alors de faire des Jeux du Québec, mais à destination de la masse et de la jeunesse, car Lacasse était un partisan de la participation du plus grand nombre.




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Une origine institutionnelle

Une seconde lecture attribue la paternité du projet à la Confédération des sports du Québec (CSQ) créée en 1968 à la suite du Congrès du sport tenu en décembre 1968 à Montréal. Dans ce contexte marqué par une volonté de structuration et de coordination du système sportif, la CSQ joue un rôle moteur.

Les documents préparatoires au Congrès du sport témoignent de réflexions déjà avancées sur la création de Jeux du Québec. Ceux-ci s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à unifier les disciplines, combler les lacunes organisationnelles et renforcer les fédérations sportives. L’initiative a comme idées centrales de démocratiser et de décentraliser le sport québécois.

Dans cette optique, les Jeux du Québec ne seraient pas une initiative individuelle, mais bien un outil institutionnel pensé collectivement pour structurer durablement le sport québécois.

Sous la houlette de son premier président, Gaston Marcotte, la CSQ passe rapidement à l’action : dès le 31 janvier 1969, elle envoie à Gabriel Loubier (ministre responsable du HCJLS) son « Premier mémoire de la CSQ ». Ce mémoire présente en partie le but des Jeux du Québec.

La CSQ souhaite unir les ressources humaines et matérielles vers un objectif fondamental : la participation massive des Québécois aux sports, par l’intermédiaire d’un évènement qui offre un maximum d’efficacité et une motivation sans égal : les Jeux du Québec. Ces jeux s’adressent à toute la population du Québec, mais l’accent sera mis sur la jeunesse : les 14-18 ans.

Mais qu’entend-on exactement par Jeux du Québec en janvier 1969 ? Les Jeux sont définis comme « des manifestations sportives d’envergures régionales et provinciales auxquelles se greffent des activités culturelles et sociales. »

De jeunes athlètes participent à une compétition de curling
Compétitions de curling et de karaté lors des Jeux du Québec à Jonquière, 1976-03.
(Archives nationales à Québec, Fonds Ministère des Communications, Daniel Lessard)

Une origine diffuse et progressive

Une troisième interprétation met en avant une genèse plus diffuse, inscrite dans le contexte d’effervescence sportive et culturelle des années 1960.

Selon Jean-Guy Bédard (co-président du Congrès de 1968), l’idée de ces Jeux circulait déjà dans les milieux du sport et de l’éducation physique, nourrie par plusieurs influences : les Jeux gymniques de 1964 organisés à Montréal durant la Saint-Jean-Baptiste, ainsi que des événements internationaux comme les Spartakiades ou la Gymnaestrada.


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L’idée semble alors émerger progressivement. Ces expériences auraient révélé l’absence de structures sportives en région et la nécessité d’un événement favorisant une participation plus large.

Dans cette perspective, les Jeux du Québec apparaissent comme le produit d’un contexte intellectuel et pratique, plutôt que d’une décision ponctuelle.




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1968-1971 : synthèse, formalisation et concrétisation du projet

Malgré la diversité des origines, l’année 1968 constitue un point de convergence, avec la présentation du projet lors du Congrès du sport.

Le projet se distingue par son ambition : favoriser la participation massive, structurer les pratiques sportives en région, développer les infrastructures et préparer une relève sportive. La mise en œuvre est rapide : organisation confiée à Claude Lacasse en 1969, création de la Corporation des Jeux du Québec en 1970, première édition régionale en août 1970, puis première finale provinciale en 1971 à Rivière-du-Loup.

Ces premières finales provinciales sont une réussite et encouragent les organisateurs à préparer aussitôt les Jeux du Québec d’hiver. Portés par le contexte de la préparation des Jeux olympiques (JO) de Montréal de 1976, les Jeux du Québec s’imposent rapidement comme un levier majeur de démocratisation du sport et comme un phénomène social et culturel structurant pour la jeunesse québécoise.

Les Jeux du Québec deviennent alors un véritable phénomène sportif, social et culturel célébrant la fête universelle de la jeunesse québécoise. Ainsi les Jeux du Québec ont fait pour le sport québécois l’équivalent de ce que la Révolution tranquille a fait pour la société québécoise, c’est-à-dire introduire des réalités sportives nouvelles dans le quotidien des Québécois.




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Le fer de lance du mouvement sportif québécois

Dès leur conception, les Jeux du Québec dépassent largement le simple cadre de la compétition sportive. Ils sont pensés comme un instrument de développement collectif.

Les Jeux deviennent ainsi un véritable projet de société où se croisent ambitions éducatives, politiques de régionalisation et préparation de l’élite sportive québécoise. À travers eux, les dirigeants sportifs souhaitent à la fois démocratiser l’accès au sport et préparer une nouvelle génération capable de représenter le Québec sur les scènes nationales et internationales.

De jeunes athlètes participent à une course à relai
Compétition d’athlétisme lors des Jeux du Québec à Trois-Rivières, 1975-08.
(Archives nationales à Québec, Fonds Ministère des Communications, Photographe non identifié)

Cette dynamique s’inscrit également dans un contexte marqué par l’essor de l’olympisme à Montréal. La candidature, d’abord pour les JO de 1972, puis l’attribution des JO de 1976, donnent une visibilité nouvelle au sport québécois et renforcent l’idée que les Jeux du Québec peuvent servir de moteur au développement sportif de la province.

Aux origines d’un projet provincial ambitieux

En diffusant les valeurs de participation, de dépassement et de mobilisation collective associées à l’esprit olympique, les Jeux du Québec deviennent rapidement un symbole de modernité et de développement du sport québécois.

L’origine exacte des Jeux du Québec demeure toutefois difficile à établir avec précision. Les archives conservées par SportsQuébec révèlent plusieurs récits fondateurs qui témoignent autant de la richesse que de la complexité du projet. Certains attribuent l’idée à la participation du Québec aux premiers Jeux d’été du Canada à Halifax en 1969, alors que d’autres situent les premières réflexions dès les Jeux du Canada d’hiver de 1967 à Québec. D’autres encore rappellent que le concept circulait déjà dans les milieux du sport et de l’éducation physique depuis le début des années 1960, notamment sous l’influence des Jeux gymniques, des Gymnaestrada européennes ou encore des grands rassemblements sportifs des Spartakiades.

Cependant un consensus émerge autour de l’année 1968, moment où le projet est officiellement présenté lors du Congrès du sport comme l’un des principaux axes d’action de la nouvelle Confédération des sports du Québec.

La Conversation Canada

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Qui a eu l’idée des Jeux du Québec ? – https://theconversation.com/qui-a-eu-lidee-des-jeux-du-quebec-280645

Voici comment l’art peut devenir un moteur d’autonomie et de lien social pour les aînés

Source: The Conversation – in French – By Virginie Manus, Doctorante en bioéthique – Département de médecine sociale et préventive de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Université de Montréal

La pratique artistique, comme la danse, peut contribuer à renforcer la qualité de vie des aînés, en soutenant leur capacité à âtre les acteurs de leur propre vie et leur sentiment d’appartenance. (Unsplash), CC BY-NC-ND

Et si les pratiques artistiques collectives pouvaient maintenir, voire renforcer l’autonomie et les relations sociales des aînés ? C’est l’hypothèse d’un projet de recherche en bioéthique qui s’appuie sur les arts pour repenser le vieillissement.


Un quart des Québécois aura 65 ans ou plus en 2031, selon les projections de l’Institut de la statistique du Québec. Cette transformation démographique bouleverse déjà notre système de santé, soumis à une pression croissante alors que les ressources humaines et financières s’amenuisent. Le modèle actuel, centré sur l’hôpital et l’hébergement, montre ses limites.

Pourtant, la perte d’autonomie, le déclin cognitif et l’isolement social ne sont pas une fatalité. De nombreuses recherches soulignent l’importance d’agir en amont, en misant sur la prévention, l’identification des signaux faibles de la dépendance et le maintien de la socialisation au sein de notre communauté. La grande majorité des aînés souhaitent vieillir chez eux, conserver leur pouvoir de décider et d’agir en somme. Comment, dès lors, réinventer des approches qui respectent leur dignité, répondent à leurs besoins tout en renforçant leurs capacités et leur agentivité ?


Cet article fait partie de notre série La Révolution grise. La Conversation vous propose d’analyser sous toutes ses facettes l’impact du vieillissement de l’imposante cohorte des boomers sur notre société, qu’ils transforment depuis leur venue au monde. Manières de se loger, de travailler, de consommer la culture, de s’alimenter, de voyager, de se soigner, de vivre… découvrez avec nous les bouleversements en cours, et à venir.


Chanter, danser, improviser, imaginer

C’est à cette question qu’entend répondre notre projet de recherche-action. À l’interface de l’art, de la bioéthique et de la santé publique, ce projet participatif vise à rejoindre 80 aînés, en partenariat avec l’organisme communautaire Les Petits Frères et la résidence Élogia du Groupe Maurice dans le premier volet pilote.

Nous faisons appel à des artistes professionnels et des partenaires publics, philanthropiques ou privés, comme la Fondation Sandra et Alain Bouchard et Prodie Santé. La coordination est assurée par Nos bouffées d’art, un organisme que j’ai récemment fondé et dont la mission est d’implanter l’art comme outil d’intervention sociosanitaire, d’en documenter et d’en promouvoir l’impact.

L’hypothèse est audacieuse : démontrer que la pratique artistique pourrait contribuer à renforcer l’autonomie et à briser l’isolement social des aînés. De 2025 à 2028, deux phases d’ateliers de pratiques artistiques collectives, animés par des artistes, sont offerts : expression corporelle par Élodie et Séverine Lombardo (alias les Soeurs Schmutt) et musique/chant choral par Allan Hurd et Régis Archambault. Cette expérimentation permettra d’éprouver le modèle d’intervention puis de le répliquer. À plus long terme, l’objectif sera d’en poursuivre le développement auprès d’un public plus large et d’explorer d’autres formats artistiques.




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Ces activités vont au-delà du simple loisir. Elles sont des opportunités d’apprentissage et de transmission, de partage de savoirs, de compétences et d’expériences.

Chanter en chœur mobilise la mémoire, le souffle, la coordination et l’écoute mutuelle. L’expression corporelle sollicite la motricité, travaille le rapport au corps et à l’espace, et contribue à renforcer la confiance en soi autant que la conscience sensible de la présence de l’autre. Mais ces pratiques peuvent aussi agir sur le plan relationnel : elles nourrissent l’expression de soi, la capacité à prendre sa place, à faire des choix, à oser agir, à entrer en relation, stimulent l’imaginaire et la capacité de se projeter, et peuvent in fine se prolonger hors atelier, dans la vie quotidienne et sociale. C’est ce qui nous intéresse tout particulièrement.

L’autonomie relationnelle au cœur de la démarche

Ainsi, au-delà de leurs effets physiologiques et cognitifs, ces ateliers portent une ambition éthique : permettre aux aînés de rester auteurs et acteurs de leur vie, compositeurs et interprètes.

La vulnérabilité, inhérente à toute existence humaine, ne doit pas être niée. Au contraire, elle peut devenir un terreau fertile pour renforcer l’ « autonomie relationnelle », telle qu’elle est théorisée en éthique féministe, en mettant l’accent sur trois dimensions majeures que sont l’autodétermination, l’autogouvernance et l’auto-autorisation.

Il s’agit alors de soutenir la capacité des aînés à définir leurs propres objectifs, réguler leurs actions selon leurs valeurs, se reconnaître — et être reconnus — comme agents légitimes de leur vie. La recherche pose ainsi une question centrale : l’art peut-il devenir un outil d’empowerment et un moyen de prévention sociale de la perte d’autonomie et de l’isolement ?

Une recherche à la croisée de l’art et de la bioéthique

Le projet s’appuie sur la recherche-action participative et mobilise des outils d’observation ethnographique (questionnaires, grilles d’observation triangulées, essai documentaire, études de cas), en tenant compte des contextes de vie des participants (âge, état de santé perçu, parcours de vie, réseau social).

En reconnaissant aux arts une place dans la prévention et la promotion de la santé, on ouvre la possibilité d’un rapport au vieillissement nourri par la créativité et le partage.
(Centre for Ageing Better/Unsplash), CC BY

L’évaluation porte exclusivement sur les dimensions de l’autonomie relationnelle ainsi que sur les capabilités : à choisir et à agir, à s’exprimer, appartenir à un groupe et participer à la vie sociale. Elle repose sur une triangulation entre vécu du participant, observation de l’artiste et appréciation d’un proche, afin de saisir des expériences et perceptions partagées et de renforcer la robustesse analytique.

Cette approche s’inscrit dans les orientations contemporaines en santé publique qui invitent à considérer la personne âgée dans l’ensemble de ses capacités et de ses environnements sociaux. Il ne s’agit pas de « mesurer des gestes » ni, à ce stade, d’analyser des indicateurs fonctionnels ou cliniques, mais de comprendre comment l’art soutient la capacité de choisir, d’agir et de rester en lien avec soi et les autres.

L’art est ainsi envisagé comme un levier et un véhicule sociosanitaire complémentaire aux interventions déjà en place dans les stratégies de prévention et de promotion de la santé.

Vieillir, une expérience plurielle

Trop souvent envisagé sous l’angle du déclin, le vieillissement est réduit à la perte de capacités, de forces ou de productivité, nourrissant un âgisme et un auto-âgisme délétères.

Or, vieillir n’est pas qu’une trajectoire de perte : c’est aussi une expérience plurielle, où demeurent et se développent des marges d’autonomie, de pouvoir d’agir et de créativité.

On peut imaginer un avenir où vieillir signifie rester pleinement en lien avec les autres, notamment à travers la pratique artistique.
(Fatma Sarigul/Unsplash), CC BY

Notre intervention entend ainsi démontrer, par des données empiriques, que la pratique artistique pourrait contribuer à renforcer la qualité de vie des aînés, en soutenant leur agentivité et leur sentiment d’appartenance. On peut alors imaginer un avenir où vieillir signifie rester pleinement en lien avec les autres, et où les personnes âgées ne sont plus perçues, ni ne se perçoivent, comme un fardeau improductif, mais comme passeurs d’une richesse collective essentielle à la transmission et à la cohésion sociales.


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En reconnaissant aux arts une place dans la prévention et la promotion de la santé, on ouvre la possibilité d’un rapport au vieillissement nourri par la créativité et le partage. Car l’art rend visible l’expérience humaine fondamentale — la condition de mortel, le rapport à la beauté, la quête de sens — et permet aux individus de se reconnaître dans l’expérience d’autrui. N’est-ce pas ce qu’annonçait André Malraux, en affirmant que « l’art est le plus court chemin de l’Homme à l’Homme » ?

La Conversation Canada

Virginie Manus est présidente-fondatrice de Nos bouffées d’art.
Elle a reçu des financements de la Fondation Sandra et Alain Bouchard, Prodie Santé et InvenT (Université de Montréal)

Bryn Williams-Jones ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Voici comment l’art peut devenir un moteur d’autonomie et de lien social pour les aînés – https://theconversation.com/voici-comment-lart-peut-devenir-un-moteur-dautonomie-et-de-lien-social-pour-les-aines-267781

Más allá del miedo: lo que revelan los estudios sobre las emociones que alimentan la islamofobia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By William González Baquero, Investigador predoctoral. Sociología y Comunicación, Universidad de Salamanca

Cuando se habla de islamofobia, casi siempre se invoca el miedo. Miedo a los musulmanes, a sus costumbres o a una supuesta amenaza asociada a su religión. Pero esa explicación se queda corta. Cada vez hay más evidencia de que el rechazo hacia las comunidades musulmanas no se alimenta solo del temor, sino también de emociones más intensas y persistentes, como la ira, el desprecio y el odio.

La diferencia no es menor. El miedo aparta; el odio expulsa y levanta una frontera moral. Ya no dice solamente “no te conozco”, sino algo más grave: “sé lo que eres y no deberías estar aquí”. Ahí empieza la deshumanización: en el momento en que una persona deja de ser persona y pasa a ser vista como amenaza, mancha o estorbo. Y cuando eso ocurre, la exclusión empieza a parecer razonable y la dureza empieza a vestirse de sentido común.

Además, ese odio no nace de la nada, tiene memoria y siglos detrás. El intelectual y activista palestino-estadounidense Edward Said explicó en su libro Orientalismo cómo Occidente fabricó una imagen de “Oriente” como su contrario: irracional, atrasado, fanático o violento, según hiciera falta. No era una descripción inocente, sino una forma de inventar un otro inferior para confirmar la propia superioridad.

Esa maquinaria no ha desaparecido, solo ha cambiado de ropa. Muchas veces, la islamofobia no se dirige únicamente contra el islam como religión, sino contra todo lo que suene a “árabe”, “musulmán”, “oriental” o ajeno, como si pueblos, lenguas, historias y países distintos pudieran fundirse en una sola caricatura.

Del miedo al odio

El miedo puede hacer que alguien retroceda, mientras que el odio necesita señalar, rebajar, castigar. Por eso resulta tan peligroso: porque no se queda en una emoción pasajera, sino que organiza una forma de mirar.

Como hemos comprobado en investigaciones recientes sobre jóvenes en España, estos dos procesos no solo coexisten, sino que actúan de forma simultánea en la difusión de mensajes de odio en redes sociales.

Por un lado, está el proceso “cognitivo”: creencias que presentan a los musulmanes como una amenaza o como parte de conspiraciones, como las teorías del “gran reemplazo”. Además de explicar el rechazo, estas ideas lo justifican.

Por otro, está el proceso “emocional”: sentimientos como la ira, el rechazo o el desprecio que empujan a actuar. Mientras el miedo tiende a alejarnos, estas emociones activan respuestas más duras, como señalar, excluir o atacar. Ambos caminos funcionan a la vez. Las ideas legitiman el rechazo, las emociones lo ponen en marcha.

En otra investigación reciente observamos que estas dos vías operan de forma simultánea, pero no con la misma intensidad. Las creencias conspirativas (la idea de que los musulmanes actúan como un grupo coordinado y amenazante) son uno de los factores más influyentes a la hora de difundir mensajes islamófobos en redes sociales. Al mismo tiempo, las emociones negativas dirigidas hacia las personas musulmanas, más que hacia el islam como religión, son las que realmente impulsan la acción.

Esto importa porque las creencias no se quedan quietas dentro de la cabeza: caminan, votan y acaban influyendo en decisiones colectivas. Lo que comienza como emoción termina convertido en política. Y por eso no sorprende que, en muchos casos, las emociones más ligadas a la islamofobia no sean solo el temor, sino la ira y el rechazo. La ira aparece cuando se convence a alguien de que ha sido invadido, reemplazado o traicionado. El rechazo florece cuando el otro es presentado como un cuerpo extraño, como una presencia contaminante. El odio cose ambas cosas y les da dirección.

Gaza, Irán y la lógica de la deshumanización

Lo que ha ocurrido en torno a Gaza vuelve visible esa maquinaria. Tras los ataques del 7 de octubre de 2023 y la guerra posterior, el Consejo de Europa ha alertado recientemente de un fuerte aumento de los incidentes de odio contra musulmanes en varios países europeos. Cuando una guerra se filtra a la vida civil a través de estereotipos y asociaciones colectivas, ya no se mira a las personas en su singularidad: se las mira como parte de una masa culpable.

Esto no ocurre solo en los márgenes, sino también en discursos políticos y mediáticos que amplifican estas percepciones. Ese mismo mecanismo reaparece cada vez que Irán es reducido, sin matices, a emblema de una supuesta esencia musulmana autoritaria o amenazante. Criticar a un régimen político es legítimo. Lo que no lo es, aunque ocurra con frecuencia, es usar esa crítica para reforzar la vieja fantasía de un bloque musulmán homogéneo, incompatible con la democracia y esencialmente violento.

Y esa lógica no circula solo en los márgenes de internet ni en la voz de los fanáticos de siempre. También puede hablar desde arriba. El 7 de abril de 2026, Donald Trump llegó a decir que “una civilización entera morirá esta noche” si Irán no cedía a sus exigencias.

Este tipo de discursos no solo describen conflictos, sino que contribuyen a redefinir quién merece protección y quién puede ser tratado como amenaza. Cuando desde el centro del poder se habla así, se refuerza exactamente la gramática emocional de la islamofobia: la del otro como peligro total, indistinto y prescindible.

Las consecuencias de ese clima no se quedan en la geopolítica. Bajan a la calle. Se vuelven gesto, insulto, recelo. Se notan en la mujer con hiyab que es mirada como problema, en el estudiante que debe responder por guerras que no ha librado, en la persona que aprende que su nombre o su apariencia bastan para despertar sospecha. El odio, cuando se normaliza, deja de parecer odio. Se vuelve costumbre.

Qué ocurre en España

En España, esta lógica adquiere un acento propio. La islamofobia se entrelaza con una historia larga de construcción del “moro” como figura fronteriza, sospechosa y subordinada. No siempre se expresa en grandes proclamas: a menudo se desliza en asociaciones automáticas entre islam y violencia, entre inmigración y amenaza, entre diferencia cultural e incompatibilidad democrática. El propio Observatorio Español del Racismo y la Xenofobia ha reunido información reciente sobre intolerancia y discriminación hacia los musulmanes en España, señal de que no estamos ante episodios aislados.

Y a veces esa hostilidad se hace explícita, sin rodeos. A finales de marzo y comienzos de abril de 2026, durante y después del partido de fútbol amistoso entre España y Egipto en Cornellà (Barcelona), cobraron visibilidad cánticos como “musulmán el que no bote”. El ayuntamiento condenó los hechos, los Mossos d’Esquadra los investigaron y, poco después, la FIFA abrió un expediente a la Real Federación Española de Fútbol. No fue una anécdota menor ni una simple grosería de estadio. Fue una muestra de hasta qué punto ciertas formas de desprecio siguen disponibles en el lenguaje público.

Por qué importa entender las emociones

Hablar de emociones puede parecer algo blando frente a la dureza de la política. Pero ocurre al revés: las emociones están en el corazón mismo de la vida pública. Para entender y enfrentar la islamofobia no basta con repetir que hay que ser tolerantes; hay que aprender a reconocer las emociones que sostienen la exclusión. Durante demasiado tiempo se ha pensado que el miedo era el motor principal, pero lo que muestran los estudios es que el odio, la ira y la deshumanización desempeñan un papel decisivo en la legitimación del daño.

Por eso, buscar una convivencia mejor no es solo cuestión de leyes o de campañas institucionales. También exige revisar las narrativas que repetimos sin pensar, las imágenes heredadas, los prejuicios que se disfrazan de sentido común.

En ese punto adquieren una importancia especial proyectos como CeMIYA, centrado en la intolerancia mediática en audiencias jóvenes, y YIS-HATE, con el foco puesto en las percepciones y actitudes de los jóvenes ante el discurso de odio islamófobo en el ciberespacio. Ambos han sido impulsados desde la Universidad de Salamanca, a través del Observatorio de los Contenidos Audiovisuales, para analizar cómo se forman y se difunden estas actitudes en entornos digitales.

Más que un ejercicio académico, entender cómo funcionan estas emociones es una condición necesaria para proteger la convivencia.

The Conversation

William González Baquero recibe fondos para la formación de doctores contemplada en el Subprograma Estatal de Formación del Programa Estatal para Desarrollar, Atraer y Retener Talento, en el marco del Plan Estatal de Investigación Científica, Técnica y de Innovación 2021-2023.

Carlos Arcila Calderón recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades a través del proyecto Countering Media Intolerance in Young Audiences (CeMIYA) y de la Fundación Pluralismo y Convivencia a través del Proyecto YIS-HATE.

Patricia Sánchez-Holgado recibe fondos destinados a la investigación de la Fundación Pluralismo y Convivencia para el desarrollo del proyecto Percepciones y Actitudes de los Jóvenes hacia el Discurso de Odio Islamófobo en el Ciberespacio: un enfoque multimétodo (YIS HATE)

ref. Más allá del miedo: lo que revelan los estudios sobre las emociones que alimentan la islamofobia – https://theconversation.com/mas-alla-del-miedo-lo-que-revelan-los-estudios-sobre-las-emociones-que-alimentan-la-islamofobia-259761

Así funciona la terapia génica española que se administra una sola vez y ha cambiado la vida de nueve niños

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Juan Bueren Roncero, Director Departamento Unidad de Innovación Biomédica, Centro de Investigaciones Energéticas, Medioambientales y Tecnológicas (CIEMAT)

Sala Blanca de la Unidad de Innovación Biomédica del CIEMAT donde se ha desarrollado la terapia génica. CIEMAT, CC BY

Estamos ante un hito histórico: el primer medicamento de terapia génica completamente diseñado a partir de investigación pública española y con aprobación acelerada de la Administración de Alimentos y Medicamentos estadounidense (FDA).

LLamado marnetegragene autotemcel, KRESLADI, por su nombre comercial, está indicado para tratar la deficiencia grave de adhesión leucocitaria tipo I (LAD-I), una enfermedad rara que afecta desde el nacimiento a niños y niñas con un sistema inmunitario incapaz de responder adecuadamente frente a las infecciones. Rocket Pharmaceuticals asumió el desarrollo de la terapia, la fabricación, el desarrollo clínico, el área regulatoria y la comercialización.

A día de hoy, y tras una única aplicación, nueve niños participantes del primer ensayo clínico con KRESLADI han superado la enfermedad.

Para las familias, el tratamiento ha supuesto un cambio radical en sus vidas, que antes giraban en torno a la dolencia, las visitas al médico y el miedo constante a las infecciones, preparándose para lo peor. Ahora, sus hijos van a la escuela, practican deporte, pueden hacer cosas tan sencillas como llevar pendientes y, simplemente, disfrutan de ser niños.

Niños que no pueden combatir infecciones

LAD-I es una inmunodeficiencia primaria. Impide que los glóbulos blancos salgan de la sangre y migren a los tejidos para combatir infecciones. Al no luchar contra ellas, se agravan hasta el punto de poder ocasionar la muerte de los niños. Aproximadamente afecta a una de cada millón de personas, con unos 300 a 350 casos a nivel mundial. La mayor incidencia se registra en países como India, Irán, Estados Unidos y Reino Unido, y en las formas graves, la mayoría de los pacientes fallece antes de los 2 años por infecciones si no reciben un trasplante de médula ósea.

Nada más nacer, los bebés afectados se enfrentan a posibles infecciones en el cordón umbilical (onfalitis), que en los casos más severos puede llegar a resultar letales. Superados los primeros meses de vida, sufren numerosos tipos de infecciones severas en la boca (periodontales), en los oídos (otitis), infecciones del tracto respiratorio (neumonías) o infecciones y úlceras de la piel y en las mucosas. No pueden llevar una vida normal, ir a la guardería o al colegio, pues es un riesgo que estas familias no se pueden permitir.

Un medicamento de una sola dosis

Hasta que apareció KRESLADI, las opciones terapéuticas eran muy limitadas. Por el momento, está disponible en Estados Unidos para pacientes con un diagnóstico genético de LAD-I confirmado, y que no tengan un hermano compatible para ser donante de médula ósea.

La administración de la terapia consiste en la infusión intravenosa de una única dosis del medicamento. Los pacientes ingresan en el hospital en dos ocasiones durante todo el proceso. Primero lo hacen unas dos semanas para la colecta de las células madre de su médula ósea, que se usarán en el laboratorio para generar el medicamento. Tras corregir el defecto en las células madre obtenidas, los niños regresan al hospital, durante algunas semanas, para recibir la infusión de las células corregidas, y permanecer vigilados.

Como apuntábamos más arriba, nueve niños pertenecientes a siete familias han recibido esta terapia durante el ensayo clínico. Según los datos disponibles, todos están vivos y han experimentado una remisión muy significativa de los síntomas: el seguimiento confirma la curación de la enfermedad. Todos serán observados durante 15 años para confirmar la eficacia y seguridad de la terapia génica.

En qué consiste la enfermedad

Para entender la enfermedad, hay que imaginarse el sistema inmunitario como un equipo de emergencia que debe desplazarse rápidamente hasta el lugar donde aparece una infección. En las personas con LAD-I, ese equipo existe, pero no puede llegar a su destino.

Los leucocitos, células fundamentales del sistema inmunitario, necesitan salir de los vasos sanguíneos para alcanzar los tejidos infectados y combatir los microorganismos que causan la enfermedad. Para hacerlo utilizan un mecanismo que depende de varias proteínas situadas en su superficie. Entre ellas se encuentra la proteína CD18, que en las personas personas con LAD-I no funciona correctamente o incluso no se produce. Como consecuencia, los leucocitos quedan atrapados en el torrente sanguíneo y no pueden acceder a los lugares donde son necesarios para combatir las infecciones.

Del laboratorio a un medicamento

Convertir un descubrimiento científico en un medicamento es un proceso largo, complejo y con elevados requisitos de seguridad y eficacia. Son necesarios años de investigación básica, estudios preclínicos, ensayos clínicos y evaluaciones regulatorias antes de que una nueva terapia pueda llegar a los pacientes.

En el caso de KRESLADI, ese recorrido comenzó hace 17 años en España, en la Unidad de Innovación Biomédica del CIEMAT, en colaboración con el CIBER de Enfermedades Raras y el Instituto de Investigación Sanitaria de la Fundación Jiménez Díaz. Durante años, los investigadores trabajaron en el desarrollo de una estrategia de terapia génica capaz de corregir el defecto genético responsable de la enfermedad.

El trabajo de 17 años de investigación

El trabajo de investigación que desarrollamos en CIEMAT comenzó con lo que se denomina “prueba de concepto”.

En una placa de cultivo se lleva a cabo la corrección genética de células que carecen del gen responsable de producir la proteína CD18. La demostración de que somos capaces de corregir ese defecto genético, detectar la presencia de esa proteína en las células y comprobar que es capaz de cumplir su función fue solo el primer paso.

Tras la prueba de concepto in vitro, en la placa de cultivo, lo probamos en modelos de ratones con LAD-I. Estos ratones se sometieron a un proceso similar a lo que se pretendía hacer en humanos. Extraer células madre hematopoyéticas, corregir el defecto genético en el laboratorio e infundir de nuevo esas células corregidas en los ratones enfermos para confirmar que habíamos corregido los síntomas.

Estos experimentos requieren de muchísimos años de trabajo y técnicas muy complejas para confirmar la presencia y la funcionalidad de las proteínas.

Una vez confirmada la eficacia de la terapia, los esfuerzos se centran a partir de este momento en los estudios de toxicidad y seguridad, que suponen el uso tanto de modelos animales como modelos celulares y que llevan una gran cantidad de trabajo para demostrar que la estrategia elegida será segura para el paciente.

Finalmente demostramos que este proceso utilizado a pequeña escala se puede llevar a cabo a gran escala, con muchas más células y en condiciones de buenas prácticas de fabricación.

Antes de la infusión de las células corregidas, el paciente recibe un tratamiento de acondicionamiento destinado a preparar la médula ósea para recibir las nuevas células corregidas del defecto genético. Una vez implantadas, estas células pueden generar leucocitos capaces de producir la proteína CD18 y recuperar su capacidad para desplazarse hasta los focos de infección.

El procedimiento de infusión dura solo unos minutos aunque requiere la hospitalización del paciente, generalmente alrededor de un mes hasta que se confirma que las células infundidas han “anidado” correctamente y generan leucocitos libres de la enfermedad.

Los estudios clínicos que han permitido la comercialización de este medicamento de terapia génica se desarrollaron en el Hospital del Niño Jesús, y los hospitales pediátricos de la University College de Londres y el Children Hospital de Los Ángeles.

Investigación en enfermedades raras en España

Como ocurre con muchos proyectos biomédicos, el avance fue progresivo. En 2016, la tecnología fue licenciada a la compañía estadounidense Rocket Pharmaceuticals, que asumió el desarrollo clínico internacional de la terapia y posteriormente presentó la solicitud de autorización ante la FDA, que finalmente concedió.

El desarrollo de esta terapia es también un ejemplo de la capacidad de la investigación biomédica española para generar avances con impacto internacional. La colaboración entre centros de investigación, hospitales, redes científicas y empresas biotecnológicas ha permitido que un proyecto nacido en España llegue a convertirse en un medicamento autorizado para una enfermedad rara de extrema gravedad.

El reto ahora es consolidar este modelo para que más pacientes con enfermedades raras puedan beneficiarse en el futuro de terapias avanzadas desarrolladas a partir de la investigación científica.


En la redacción de este artículo ha participado Elena Almarza Director, exinvestigadora del CIEMAT, que ahora trabaja como Senior Principal Scientist, Analytical Sciences and Cell Processing Developmentes en Rocket Pharma. Ha recibido beneficios de la empresa en forma de nómina y acciones de la empresa.


The Conversation

Juan Bueren Roncero ha sido consultor de Rocket Pharma. Ha recibido honorarios, financiación para investigación y opciones de acciones de la empresa.

ref. Así funciona la terapia génica española que se administra una sola vez y ha cambiado la vida de nueve niños – https://theconversation.com/asi-funciona-la-terapia-genica-espanola-que-se-administra-una-sola-vez-y-ha-cambiado-la-vida-de-nueve-ninos-278687

La futura taza de café, hecha de maíz y conchas de cangrejo

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Petronela Chovancova, Ingeniera de investigación en materiales, IMDEA MATERIALES

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La próxima vez que abra un yogur, retire la película de una bandeja de comida preparada o tire un vaso de café desechable, deténgase un momento a considerar dónde acabará ese objeto. En la mayoría de los casos, la respuesta honesta es: seguirá aquí, de una forma u otra, mucho después de que todas las personas que leen esta frase hayan desaparecido.

Durante la mayor parte de la historia de la química sintética, el objetivo fue la permanencia: crear materiales que nunca se corroieran, degradaran ni cambiaran. De ahí la “eternidad” de nuestro café para llevar. Sin embargo, los materiales avanzados biodegradables invierten completamente esa lógica, convirtiendo la capacidad de desaparecer de forma limpia en una característica diseñada en lugar de un fallo del material.

La naturaleza resolvió esto hace miles de millones de años, asegurando que cada molécula orgánica acabe siendo reciclada y devuelta al ecosistema. Con el apoyo de la ciencia automatizada para acelerar su formulación y descubrir las mezclas sostenibles perfectas, materiales humildes como el maíz, las conchas de cangrejo y la pulpa de madera van a convertirse en los materiales autodegradables más importantes del próximo siglo.

Soluciones a un problema global

Los plásticos convencionales, como el polipropileno, el PET y el poliestireno, son materiales increíblemente duraderos. Esa durabilidad es precisamente lo que los hace útiles y, al mismo tiempo, lo que los convierte en un problema global.

Producimos alrededor de 400 millones de toneladas de plástico cada año, y la mayor parte seguirá aquí dentro de siglos. Este es, posiblemente, el principal problema de los plásticos: su notable durabilidad es también la causa de impactos negativos significativos en el medio ambiente y en los organismos vivos, ya que no se recicla el 100 % de los residuos plásticos producidos.

Como resultado, se van descomponiendo gradualmente en partículas cada vez más pequeñas, dando lugar a lo que conocemos como microplásticos. Por ello, es necesario replantear el uso de los plásticos dentro de un marco plenamente integrado de economía circular.

Materiales hechos para desaparecer

Pero ¿y si pudiéramos diseñar materiales con todas las propiedades útiles de los plásticos, como la capacidad de ser moldeados, recubiertos, formados en películas o cargados con compuestos activos, pero que estén diseñados para desaparecer de forma segura cuando hayamos terminado de usarlos?

Esta es la promesa central de los materiales sostenibles y biodegradables, uno de los temas clave introducidos en el informe de revisión basado en la evidencia SAPEA Evidence Review Report on Advanced Materials.

En teoría, “biodegradable” significa que un material puede ser descompuesto por organismos vivos, principalmente bacterias y hongos, en sustancias más simples como agua, dióxido de carbono y biomasa. En la práctica, rara vez es tan simple.

Un obstáculo importante es que “biodegradable” no significa automáticamente “compostable”. Muchos bioplásticos avanzados no se descomponen en una compostera doméstica, ya que requieren el calor intenso y la humedad controlada de instalaciones industriales; mientras que otros sí se degradan bien en suelo abierto o en agua. Navegar estas diferencias convierte la gestión del final de la vida de un producto en un complejo rompecabezas químico.

El maíz y los cangrejos

Para resolver esto, los científicos están explorando una biblioteca, bastísima y en crecimiento, de polímeros de base biológica y biodegradables. Estos materiales van desde proteínas y polisacáridos de origen natural hasta biopolímeros producidos sintéticamente a partir de materias primas agrícolas renovables. La diversidad estructural y química dentro de esta biblioteca es inmensa, ofreciendo un número casi infinito de formas de diseñar nuevas propiedades de los materiales. Sin embargo, navegar este enorme espacio para encontrar las combinaciones adecuadas es una tarea monumental.

Considérense tres ejemplos comunes: el poli(ácido láctico) (PLA), fermentado a partir de azúcares vegetales como el maíz; la celulosa, obtenida de la pulpa de madera; y el quitosano, extraído de caparazones de crustáceos como los cangrejos.

Imitar la transparencia y la robustez del plástico

Cada uno de estos componentes ofrece ventajas estructurales únicas y complementarias. El PLA imita la transparencia, rigidez y resistencia de procesamiento de los envases convencionales basados en petróleo. La celulosa proporciona un refuerzo mecánico robusto y ligero, actuando como una estructura de soporte resistente. Mientras tanto, el quitosano aporta barreras antimicrobianas naturales y cargas superficiales únicas que interactúan dinámicamente con su entorno.

Aunque estas materias primas son completamente renovables y altamente ajustables por sí solas, combinarlas en compuestos funcionales y sostenibles ha requerido históricamente un agotador proceso de prueba y error manual. Debido a que estos biopolímeros pueden combinarse en miles de variaciones químicas diferentes, cada una requiriendo proporciones precisas de polímeros, plastificantes y nanorrellenos, encontrar la receta perfecta para la sostenibilidad ha sido un gran cuello de botella en la investigación.

La ciencia de polímeros tradicional depende de pruebas por lotes lentas y manuales, lo que introduce variabilidad humana, limita el volumen de datos recopilados y restringe nuestra comprensión de cómo envejecen estos materiales.

Aquí es precisamente donde la automatización de laboratorios de alto rendimiento cambia el paradigma.

Uso de robots

brazo robótico haciendo mezclas de distintos elementos de colores
Un brazo robótico distribuye pellets de polímero desde un carrusel de multimateriales.
Lucía Echevarría Pastrana/IMDEA Materiales, CC BY

En lugar de que un científico mezcle y pruebe manualmente una única receta durante días, los flujos de trabajo robotizados pueden formular, combinar y evaluar simultáneamente cientos de composiciones de materiales distintas.

Estos sistemas automatizados registran cómo estas formulaciones variables responden a la humedad, la temperatura y el estrés mecánico en tiempo real. Tal aceleración robótica permite formular, evaluar y mapear rápidamente las vías mecanicistas precisas mediante las cuales se degradan los plásticos compuestos.

Al mapear sistemáticamente estos enormes conjuntos de datos limpios, la automatización elimina la variabilidad humana y reduce la brecha entre el descubrimiento académico a escala de laboratorio y el estricto control de calidad requerido para la fabricación industrial.

Esto nos permite evitar décadas de ensayo y error y localizar rápidamente las composiciones exactas de bioplásticos optimizadas que ofrecen la máxima durabilidad durante la vida útil de un producto, pero conservando una arquitectura molecular vulnerable que desencadena una descomposición rápida y fiable cuando entran en el medio ambiente.

El vaso de café del futuro dejará de ser eterno.

The Conversation

Petronela Chovancova no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La futura taza de café, hecha de maíz y conchas de cangrejo – https://theconversation.com/la-futura-taza-de-cafe-hecha-de-maiz-y-conchas-de-cangrejo-285515

¿Es la adicción a las drogas una enfermedad crónica?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sergio Fernández-Artamendi, Doctor en Psicología. Profesor Titular. Grupo de Investigación Psychology of Addictions and Mental Health (PSYAMH). Departamento de Personalidad, Evaluación y Tratamiento Psicológico. Universidad de Sevilla, Universidad de Sevilla

“Un estado de completo bienestar físico, mental y social; y no la mera ausencia de enfermedades”: esta es la definición que la Organización Mundial de la Salud (OMS) hace de “salud”, a falta de una definición consensuada de “enfermedad”.

Más allá de la OMS, el Diccionario de la Real Academia nos dice que esta última es “un estado producido por la alteración de la función de uno de sus órganos o de todo el organismo”. Para el National Cancer Institute estadounidense, se trata de una “alteración que afecta la estructura o el funcionamiento de una parte o la totalidad del cuerpo”. Y en la misma línea, la Real Academia Nacional de Medicina la describe como “alteración estructural o funcional del organismo que origina la pérdida de la salud”.

Como se puede observar, un punto en común de estas definiciones es considerar la enfermedad como alteración de un órgano o del organismo. Aquí podríamos ubicar fácilmente la diabetes o el alzhéimer, por ejemplo, pero ¿qué ocurre con los problemas de salud mental?

La base orgánica de los problemas mentales

Desde inicios del siglo XX, parte de la psiquiatría considera que dichos problemas son entidades de base orgánica o fisiológica. Esta tendencia surge como consecuencia de una euforia tras diversos éxitos farmacológicos en la curación de dolencias con síntomas de salud mental, como la sífilis.

Así, nos enfrentaríamos a patologías provocadas por la alteración del órgano responsable de la psique: el cerebro. Para poder “revertir” dichas enfermedades, debe revertirse la alteración orgánica que la causa. Y si esto no es posible, la enfermedad se considera crónica.

¿Enfermedad o problema psicosocial?

Según este modelo, la adicción es una enfermedad que se produce por la alteración del cerebro, causada por una sustancia psicoactiva (droga). La hipótesis principal es que el consumo de esas sustancias altera el sistema de recompensa cerebral, deteriorando su funcionamiento y provocando la adicción.

Como consecuencia, el cerebro de la persona adicta estaría enfermo y, al no poder revertirse su causa original (orgánica), permanecerá enfermo para siempre. Incluso aunque sus síntomas principales remitan (si se logra la abstinencia), el cerebro seguirá estando enfermo. Las recaídas serían una prueba de ello.

Este modelo reduccionista equipara la adicción y otros problemas psicológicos a dolencias como la diabetes, con causa orgánica conocida, y cuyos síntomas pueden “remitir” sin desaparecer la enfermedad. Esto equivale a focalizar exclusivamente en el cerebro el problema de la adicción.

No obstante, si bien el cerebro es clave en la vulnerabilidad a la adicción y en los efectos de la droga, se obvian factores como el aprendizaje, las expectativas, los pensamientos, el comportamiento o el contexto social y cultural. Porque, lejos de ser una enfermedad, la adicción es un problema biopsicosocial en cuya génesis participan factores biológicos, psicológicos y sociales.

¿Qué hay de la cronicidad?

Los problemas psicológicos, como la adicción, son formas de sufrimiento y responden a patrones de comportamiento aprendidos, con una función determinada y en un contexto específico.

La adicción se mantiene porque tiene para la persona una función, como la obtención de placer o la evitación. A menudo, el propio deterioro psicológico y social producto de la conducta adictiva refuerza la necesidad de dicha conducta.

Por tanto, si entendemos por “crónico” un problema de larga duración o incurable, los problemas de adicción no son crónicos per se. Como tampoco lo son la depresión, la ansiedad o la psicosis.

Así, con un tratamiento y seguimiento adecuados, las personas con problemas adictivos pueden dejar de consumir y, en algunos casos, recuperar patrones de consumo no problemáticos con el tiempo.

¿Por qué entonces hay recaídas?

Las recaídas suponen la vuelta al consumo o al consumo problemático tras un periodo de abstinencia o recuperación. Son parte del proceso y, desde la psicología, sabemos que los procesos de aprendizaje hacen probable la vuelta a patrones de conducta problemáticos, tanto de uso de sustancias como de malestar psicológico.

La persona que ha experimentado una adicción será más vulnerable a volver a experimentar un problema similar, ya sea con esta o con otra sustancia. En algunos casos, esto puede llevar incluso a una “cronificación” del problema.

Sin embargo, las recaídas son comunes también a otros problemas psicológicos. Quienes se recuperan de una depresión, por ejemplo, tienen mayor probabilidad de volver a experimentarla en el futuro. Esto no implica que sea crónica, ni tampoco que alguien esté “deprimido” para siempre, incluso cuando ya no experimenta tristeza.

Lejos de ser una muestra de organicidad –es decir, como un síntoma inevitable– o cronicidad, las recaídas son producto de una vulnerabilidad biopsicosocial. Además de los componentes biológicos, existe una vulnerabilidad a patrones de comportamiento y situaciones de riesgo. Son estos patrones, junto con los contextos internos (como los pensamientos o emociones) y externos (como situaciones sociales o lugares concretos) los que provocan las recaídas.

La recuperación

Por todo ello, para la recuperación en adicciones puede ser necesaria la asistencia psicológica y sanitaria. El tratamiento consiste en ofrecer espacios de rehabilitación integrales que no solo busquen la “remisión de los síntomas”, sino que logren la recuperación y el bienestar de la persona, para alcanzar ese estado de “salud” que definíamos al principio.

En este contexto, la concepción de la adicción como enfermedad crónica supone una visión reduccionista de la salud mental que estigmatiza a la persona, le despoja de su autonomía y se olvida del rol central que juegan el contexto y los pensamientos y emociones que disparan este comportamiento.

The Conversation

Sergio Fernández-Artamendi no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Es la adicción a las drogas una enfermedad crónica? – https://theconversation.com/es-la-adiccion-a-las-drogas-una-enfermedad-cronica-282876

La diáspora venezolana ante el terremoto: dolor, acción solidaria y empatía

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Nieves Fernández Rodríguez, Profesora y coordinadora de la Cátedra de Migraciones y Derechos Humanos, Universidad Nebrija

Fotografía tomada enuna calle de Caracas el pasado 26 de junio. ttanni/Shutterstock

“Espera, Nieves, hay un terremoto en Venezuela”. Gabriela, una colega venezolana, interrumpió nuestra conversación telefónica al llegar las primeras noticias. Estaba en Berlín y, como acaba de ser madre, llevaba varios días durmiendo a deshoras. Pero el cansancio desapareció de golpe.

En cuestión de minutos, los grupos de la diáspora venezolana en Colombia con los que trabajo comenzaron a llenarse de mensajes de angustia y preguntas. A miles de kilómetros de allí, en Madrid, Aleja despertó y vio los primeros titulares en el teléfono. Pensó que sería un temblor más: “Allá tiembla a cada rato”. Pero pronto comprendió la verdadera dimensión de la tragedia.

Con los ojos en el país

Como ellas, cerca de ocho millones de venezolanos observan desde fuera de su país la devastación causada por los dos terremotos de la pasada semana, de magnitudes 7,2 y 7,5, que han golpeado con especial dureza al estado de La Guaira, así como a otras zonas del norte del país y a la propia Caracas. Para muchos venezolanos como Gabriela, esta nueva tragedia en el estado La Guaira (que hasta 2019 se llamó Vargas) evoca el recuerdo del deslave de Vargas de 1999. Sus familiares, que habían sobrevivido entonces, vuelven a enfrentarse hoy a la pérdida y la reconstrucción.




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Amigos y conocidos contenían la respiración mientras intentaban contactar desesperadamente con sus familiares para asegurarse de que estaban a salvo. Para algunos, como Gabriela, la incertidumbre dio paso a noticias todavía más dolorosas: seres queridos fallecidos y heridos graves. Otros, como María, contemplan con impotencia cómo un país que abandonaron –en muchos casos contra su voluntad– y que añoran, vuelve a enfrentarse a una tragedia.

“El pecho duele. Y sé que millones estamos fuera con el mismo sentir”, explica María.

Fotografía de un desastre

Desde el miércoles, el número de víctimas mortales no ha dejado de aumentar: entre el sábado y el domingo pasó de 920 a 1 450, según fuentes del gobierno venezolano, mientras miles de personas continúan desaparecidas, por lo que es previsible que la cifra siga creciendo.

Esto sucede en un país cuyas instituciones y servicios públicos llevan años sometidos a una profunda crisis: hospitales con recursos limitados e infraestructuras vulnerables en un territorio situado entre las dos placas tectónicas con mayor actividad de Sudamérica.

La actuación del Estado, ahora tutelado por el gobierno de Estados Unidos, ha sido objeto de duras críticas, mientras organizaciones de la sociedad civil, redes vecinales y voluntarios han asumido un papel central en las labores de rescate y asistencia.

“Qué difícil es ser venezolano” es, según María, una de las frases que más se repite en la diáspora. Y, sin embargo, la resiliencia de la población se ha convertido en uno de sus principales recursos frente a la adversidad.

La infatigable diáspora venezolana

La diáspora también se ha movilizado sin descanso. En apenas unas horas han surgido cientos de iniciativas. El colectivo Hacha y Machete ha creado una aplicación para determinar si edificios y viviendas pueden seguir siendo habitables y cuáles representan un riesgo para la población. Transparencia Venezuela ha difundido recomendaciones concretas para garantizar que las donaciones lleguen a quienes más lo necesitan y evitar prácticas corruptas o el desvío de recursos. Y medios de comunicación como Soy Arepita se han convertido en una fuente esencial para combatir la desinformación y mantener actualizada a la diáspora sobre lo que sucede sobre el terreno.

A ello se suma el compromiso personal de muchos exiliados. Lorent Saleh, activista y antiguo preso político, o la propia María Corina Machado, líder de la oposición, han anunciado que regresaran a Venezuela para participar en las labores humanitarias pese a la incertidumbre y la falta de garantías. Restaurantes venezolanos en Bogotá, Madrid y Miami funcionan como centros de acopio, asociaciones de migrantes coordinan campañas solidarias y miles de personas contribuyen desde la distancia con recursos, contactos o trabajo voluntario.

Se trata de una ola de solidaridad transnacional que revela hasta qué punto los vínculos con el país de origen permanecen vivos tras años de exilio y migración forzada, como han mostrado ampliamente las investigaciones sobre diásporas.

Política vs. fuerzas naturales

Todo eso contrasta con el progresivo debilitamiento de la atención internacional hacia Venezuela tras la captura de Nicolás Maduro el 3 de enero de este año y la colaboración del gobierno estadounidense con la actual presidenta Delcy Rodríguez.

En España, el pasado 12 de junio se eliminó la vía extraordinaria de residencia por razones humanitarias para los venezolanos con motivo de la entrada en vigor del Pacto de Migración y Asilo de la Unión Europea. Sin embargo, la tragedia actual demuestra hasta qué punto estas vías siguen siendo necesarias.

A pesar de algunos avances como la liberación de centenares de presos políticos, 389 continúan encarcelados, se han producido nuevas detenciones y sigue sin concretarse la celebración de elecciones libres. Tampoco la recuperación económica ha resuelto la crisis social: el FMI prevé un crecimiento del 4 % en 2026, pero la inflación continúa por encima del 380 %.

Por este motivo, la respuesta a esta catástrofe exige no solo ayuda humanitaria inmediata, sino también un renovado compromiso internacional con la reconstrucción institucional y económica del país.

Lejos pero solidarios

Mientras tanto, los venezolanos siguen sosteniéndose unos a otros. Hace unos días, María se cruzó con una mujer por la calle que escuchaba noticias sobre el terremoto en altavoz y le preguntó: “¿Señora, usted es venezolana?”. No tuvo que responder: la señora rompió a llorar y se abrazaron.

En momentos como este, cuando la distancia y la impotencia pesan, la diáspora recuerda que el exilio no solo significa ausencia, sino también comunidad, solidaridad y la certeza de que, incluso lejos de casa, nadie está completamente solo.

The Conversation

Nieves Fernández Rodríguez no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La diáspora venezolana ante el terremoto: dolor, acción solidaria y empatía – https://theconversation.com/la-diaspora-venezolana-ante-el-terremoto-dolor-accion-solidaria-y-empatia-286399