Comment un médicament à un milliard de dollars a été découvert dans le sol de l’Île de Pâques (et ce que les scientifiques et l’industrie doivent aux peuples autochtones)

Source: The Conversation – France in French (3) – By Ted Powers, Professor of Molecular and Cellular Biology, University of California, Davis

Le peuple Rapa Nui est pratiquement absent de l’histoire de la découverte de la rapamycine telle qu’elle est généralement racontée. Posnov/Moment/Getty

La découverte en 1964, sur l’île de Pâques, de la rapamycine, un nouvel antibiotique, a marqué le début d’une success story pharmaceutique à plusieurs milliards de dollars. Pourtant, l’histoire a complètement occulté les individus et les dynamiques politiques qui ont rendu possible l’identification de ce « médicament miracle ».


Baptisé du nom autochtone de l’île, Rapa Nui, la rapamycine a initialement été employée comme immunosuppresseur, afin de prévenir le rejet des greffes d’organes et d’améliorer le taux de succès de l’implantation de stents, de petits treillis métalliques destinés à étayer les artères dans le cadre de la lutte contre la maladie coronarienne (laquelle se traduit par rétrécissement progressif des artères qui nourrissent le cœur, ndlr).

Son usage s’est depuis étendu au traitement de divers types de cancers, et les chercheurs explorent aujourd’hui son potentiel dans le contexte de la prise en charge du diabète,

des maladies neurodégénératives, voire de la lutte contre les méfaits du vieillissement. Ainsi, des études mettant en évidence la capacité de la rapamycine à prolonger la durée de vie ou à combattre les maladies liées à l’âge semblent paraître presque quotidiennement depuis quelque temps… Une requête sur PubMed, le moteur de recherche recense plus de 59 000 articles mentionnant la rapamycine. Il s’agit de l’un des médicaments qui fait le plus parler de lui dans le domaine médical.

Cependant, bien que la rapamycine soit omniprésente en science et en médecine, la façon dont elle a été découverte demeure largement méconnue du public. En tant que scientifique ayant consacré sa carrière à l’étude de ses effets sur les cellules, j’ai ressenti le besoin de mieux comprendre son histoire.

À ce titre, les travaux de l’historienne Jacalyn Duffin portant sur la Medical Expedition to Easter Island (METEI), une expédition scientifique mise sur pied dans les années 1960, ont complètement changé la manière dont nombre de mes collègues et moi-même envisageons désormais notre domaine de recherche.

La découverte du complexe héritage de la rapamycine soulève en effet d’importantes questions sur les biais systémiques qui existent dans le secteur de la recherche biomédicale, ainsi que sur la dette des entreprises pharmaceutiques envers les territoires autochtones d’où elles extraient leurs molécules phares.

Pourquoi un tel intérêt pour la rapamycine ?

L’action de la rapamycine s’explique par sa capacité à inhiber une protéine appelée target of rapamycin kinase, ou TOR. Cette dernière est l’un des principaux régulateurs de la croissance et du métabolisme cellulaires. De concert avec d’autres protéines partenaires, TOR contrôle la manière dont les cellules répondent aux nutriments, au stress et aux signaux environnementaux, influençant ainsi des processus majeurs tels que la synthèse protéique et la fonction immunitaire.

Compte tenu de son rôle central dans ces activités cellulaires fondamentales, il n’est guère surprenant qu’un dysfonctionnement de TOR puisse se traduire par la survenue de cancers, de troubles métaboliques ou de maladies liées à l’âge.

Structure chimique de la rapamycine
Structure chimique de la rapamycine.
Fvasconcellos/Wikimedia

Un grand nombre des spécialistes du domaine savent que cette molécule a été isolée au milieu des années 1970 par des scientifiques travaillant au sein du laboratoire pharmaceutique Ayerst Research Laboratories, à partir d’un échantillon de sol contenant la bactérie Streptomyces hydroscopicus. Ce que l’on sait moins, c’est que cet échantillon a été prélevé dans le cadre d’une mission canadienne appelée Medical Expedition to Easter Island, ou METEI, menée à Rapa Nui – l’Île de Pâques – en 1964.

Histoire de la METEI

L’idée de la Medical Expedition to Easter Island (METEI) a germé au sein d’une équipe de scientifiques canadiens composée du chirurgien Stanley Skoryna et du bactériologiste Georges Nogrady. Leur objectif était de comprendre comment une population isolée s’adaptait au stress environnemental. Ils estimaient que la prévision de la construction d’un aéroport international sur l’île de Pâques offrait une occasion unique d’éclairer cette question. Selon eux, en accroissant les contacts de la population de l’île avec l’extérieur, l’aéroport risquait d’entraîner des changements dans sa santé et son bien-être.

Financée par l’Organisation mondiale de la santé, et soutenue logistiquement par la Marine royale canadienne, la METEI arriva à Rapa Nui en décembre 1964. Durant trois mois, l’équipe fit passer à la quasi-totalité des 1 000 habitants de l’île toute une batterie d’examens médicaux, collectant des échantillons biologiques et procédant à un inventaire systématique de la flore et de la faune insulaires.

Dans le cadre de ces travaux, Georges Nogrady recueillit plus de 200 échantillons de sol, dont l’un s’est avéré contenir la souche de bactéries Streptomyces productrice de rapamycine.

Affiche du mot METEI écrit verticalement entre l’arrière de deux têtes de moaï, avec l’inscription « 1964-1965 RAPA NUI INA KA HOA (N’abandonnez pas le navire) »
Logo du METEI.
Georges Nogrady, CC BY-NC-ND

Il est important de comprendre que l’objectif premier de l’expédition était d’étudier le peuple de Rapa Nui, dans un contexte qui était vu comme celui d’un laboratoire à ciel ouvert. Pour encourager les habitants à participer, les chercheurs n’ont pas hésité à recourir à la corruption, leur offrant des cadeaux, de la nourriture et diverses fournitures. Ils ont également eu recours à la coercition : à cet effet, ils se sont assuré les services d’un prêtre franciscain en poste de longue date sur l’île pour les aider au recrutement. Si leurs intentions étaient peut-être honorables, il s’agit néanmoins là d’un exemple de colonialisme scientifique dans lequel une équipe d’enquêteurs blancs choisit d’étudier un groupe majoritairement non blanc sans son concours, ce qui crée un déséquilibre de pouvoir. Un biais inhérent à l’expédition existait donc dès la conception de la METEI.

Par ailleurs, plusieurs des hypothèses de départ avaient été formulées sur des bases erronées. D’une part, les chercheurs supposaient que les habitants de Rapa Nui avaient été relativement isolés du reste du monde, alors qu’il existait en réalité une longue histoire d’interactions avec des pays extérieurs, comme en témoignaient divers récits dont les plus anciens remontaient au début du XVIIIe siècle, et dont les publications s’étalaient jusqu’à la fin du XIXe siècle.

D’autre part, les organisateurs de la METEI partaient du postulat que le bagage génétique de la population de Rapa Nui était homogène, sans tenir compte de la complexe histoire de l’île en matière de migrations, d’esclavage et de maladies (certains habitants étaient en effet les descendants de survivants de la traite des esclaves africains qui furent renvoyés sur l’île et y apportèrent certaines maladies, dont la variole). La population moderne de Rapa Nui est en réalité métissée, issue à la fois d’ancêtres polynésiens, sud-américains, voire africains.

Cette erreur d’appréciation a sapé l’un des objectifs clés du METEI : évaluer l’influence de la génétique sur le risque de maladie. Si l’équipe a publié un certain nombre d’études décrivant la faune associée à Rapa Nui, son incapacité à établir une base de référence est probablement l’une des raisons pour lesquelles aucune étude de suivi n’a été menée après l’achèvement de l’aéroport de l’île de Pâques en 1967.

Rendre crédit à qui de droit

Les omissions qui existent dans les récits sur les origines de la rapamycine sont le reflet d’angles morts éthiques fréquemment présents dans la manière dont on se souvient des découvertes scientifiques.

Georges Nogrady rapporta de Rapa Nui des échantillons de sol, dont l’un parvint à Ayerst Research Laboratories. Là, Surendra Sehgal et son équipe isolèrent ce qui fut nommé rapamycine, qu’ils finirent par commercialiser à la fin des années 1990 en tant qu’immunosuppresseur, sous le nom Rapamune. Si l’on connaît bien l’obstination de Sehgal, qui fut déterminante pour mener à bien le projet en dépit des bouleversements qui agitaient à cette époque la société pharmaceutique pour laquelle il travaillait – il alla même jusqu’à dissimuler une culture de bactéries chez lui – ni Nogrady ni la METEI ne furent jamais crédités dans les principaux articles scientifiques qu’il publia.

Bien que la rapamycine ait généré des milliards de dollars de revenus, le peuple de Rapa Nui n’en a tiré aucun bénéfice financier à ce jour. Cela soulève des questions sur les droits des peuples autochtones ainsi que sur la biopiraterie (qui peut être définie comme « l’appropriation illégitime par un sujet, notamment par voie de propriété intellectuelle, parfois de façon illicite, de ressources naturelles, et/ou éventuellement de ressources culturelles en lien avec elles, au détriment d’un autre sujet », ndlr), autrement dit dans ce contexte la commercialisation de connaissances autochtones sans contrepartie.

Des accords tels que la Convention des Nations unies de 1992 sur la diversité biologique et la Déclaration de 2007 sur les droits des peuples autochtones visent à protéger les revendications autochtones sur les ressources biologiques, en incitant tous les pays à obtenir le consentement et la participation des populations concernées, et à prévoir des réparations pour les préjudices potentiels avant d’entreprendre des projets.

Ces principes n’étaient cependant pas en vigueur à l’époque du METEI.

Gros plans de visages alignés portant des couronnes de fleurs dans une pièce sombre
Les habitants de Rapa Nui n’ont reçu que peu ou pas de reconnaissance pour leur rôle dans la découverte de la rapamycine.
Esteban Felix/AP Photo

Certaines personnes soutiennent que, puisque la bactérie productrice de rapamycine a été trouvée ailleurs que dans le sol de l’île de Pâques, ce dernier n’était ni unique ni essentiel à la découverte du médicament. D’autres avancent aussi qu’étant donné que les insulaires n’utilisaient pas la rapamycine et n’en connaissaient pas l’existence sur leur île, cette molécule ne constituait pas une ressource susceptible d’être « volée ».

Cependant, la découverte de la rapamycine à Rapa Nui a jeté les bases de l’ensemble des recherches et de la commercialisation ultérieures autour de cette molécule. Cela n’a été possible que parce que la population a été l’objet de l’étude montée par l’équipe canadienne. La reconnaissance formelle du rôle essentiel joué par les habitants de Rapa Nui dans la découverte de la rapamycine, ainsi que la sensibilisation du public à ce sujet, sont essentielles pour les indemniser à hauteur de leur contribution.

Ces dernières années, l’industrie pharmaceutique a commencé à reconnaître l’importance d’indemniser équitablement les contributions autochtones. Certaines sociétés se sont engagées à réinvestir dans les communautés d’où proviennent les précieux produits naturels qu’elles exploitent.

Toutefois, s’agissant des Rapa Nui, les entreprises qui ont directement tiré profit de la rapamycine n’ont pas encore fait un tel geste.

Si la découverte de la rapamycine a sans conteste transformé la médecine, il est plus complexe d’évaluer les conséquences pour le peuple de Rapa Nui de l’expédition METEI. En définitive, son histoire est à la fois celle d’un triomphe scientifique et d’ambiguïtés sociales.

Je suis convaincu que les questions qu’elle soulève (consentement biomédical, colonialisme scientifique et occultation de certaines contributions) doivent nous faire prendre conscience qu’il est nécessaire d’examiner de façon plus critique qu’ils ne l’ont été jusqu’à présent les héritages des découvertes scientifiques majeures.

The Conversation

Ted Powers ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Comment un médicament à un milliard de dollars a été découvert dans le sol de l’Île de Pâques (et ce que les scientifiques et l’industrie doivent aux peuples autochtones) – https://theconversation.com/comment-un-medicament-a-un-milliard-de-dollars-a-ete-decouvert-dans-le-sol-de-lile-de-paques-et-ce-que-les-scientifiques-et-lindustrie-doivent-aux-peuples-autochtones-266381

Why coral reefs damaged by blast fishing struggle to recover — even after decades

Source: The Conversation – Indonesia – By Satrio Hani Samudra, Data Manager, UCL

When we think about rapid decline in coral reefs, climate change often first that comes to mind — bringing heatwaves, bleaching events, and intensified cyclones.

But in parts of Indonesia, an old, lasting wound still lingers beneath the waves — inflicted not just by warming seas, but also by explosives.

Blast fishing — where fishers hurl homemade bombs made from fertiliser and kerosene into the sea — is still being used.

This illegal fishing method kills fish instantly for easy collection. As an shattering coral reefs into rubble and wiping out entire reef communities within seconds.

Unlike a fallen tree that can grow back, our research shows that a reef shattered into fragments usually cannot — and may remain damaged for decades.

Rubble that refuses to rest

At first glance, rubble might seem like a natural stage of reef recovery. Storms and cyclones can also break corals into fragments that sometimes stabilise and form a foundation for new coral growth. But rubble from blast fishing is different.

The explosions break corals into much smaller pieces — usually less than 10 cm long. These fragments are light, unstable, and easily swept around by everyday waves and currents. It’s like trying to build a house on marbles instead of bricks: every time you add a piece, the foundation shifts beneath it.

In our surveys across Bunaken National Park in North Sulawesi, we found fewer than 10% of coral fragments stable. Even organisms that typically help “glue” rubble together, such as coralline algae and sponges, were rare. Without stability, young corals struggle to survive — often buried, overturned, or scraped away.

Mixed outcomes from early restoration efforts

One of our study sites underwent “restoration” back in 2003, using ceramic dome-like structures known as EcoReefs. These modules were designed to mimic coral branches, slow currents, and give rubble a chance to stabilise.

Two decades later, the results were underwhelming. Many modules had been overturned or buried, and although some supported coral growth, overall coral cover remained extremely low. In fact, the restored site fared no better than nearby unrestored areas.

Elsewhere in Indonesia, newer methods such as Mars’s “reef stars” have shown faster recovery. These structures are more effective at stabilising rubble, but they still depend heavily on regular maintenance and monitoring.

When restoration falls short of expectations

Blast fishing is not just a relic of the past. Despite being banned for decades, it still takes place illegally in parts of Indonesia.

Moreover, the legacy of past blasting is immense — vast stretches of reef reduced to rubble, showing no sign of natural recovery.

Our research underscores three key lessons:

  • Not all rubble is the same. Storm-generated rubble is usually larger and more stable, allowing recovery to occur, whereas blast-generated rubble remains persistently unstable.

  • Size matters: longer coral fragments are more likely to stay in place, bind together, and support young corals — whereas blasts mostly produce small pieces that shift too easily.

  • Restoration requires care: structures alone won’t save a reef — interventions must be adapted to local conditions and sustained with ongoing maintenance.

Supporting reef recovery

We found that rubble from blast fishing remains unstable even after decades, with small fragments constantly shifting and preventing young corals from settling and growing. In contrast, larger pieces were more likely to stay in place, bind together, and support new coral recruits.

Our findings suggest that blast-fished reefs are unlikely to recover naturally without human intervention. Restoration must prioritise stabilising the rubble bed and employing structures suited to the site’s specific rubble characteristics. Success depends not only on installing these structures but also on maintaining them over time.

Reef managers should also identify and assess the origin of rubble, characterise the fields and fragments, and select suitable intervention methods before taking action, as we did in our study.

Coral reefs require long-term care to survive, thrive, and keep providing food, coastal protection, and tourism opportunities for millions of people. Successful restoration depends not only on the interventions themselves but also on sustained monitoring and responsible stewardship of the broader environment.

Restoration and responsible stewardship can safeguard the ecological and social benefits of coral reefs. Ultimately, giving degraded reefs a second chance is vital both for the communities that depend on them and for the biodiversity that makes them extraordinary.

The Conversation

Para penulis tidak bekerja, menjadi konsultan, memiliki saham atau menerima dana dari perusahaan atau organisasi mana pun yang akan mengambil untung dari artikel ini, dan telah mengungkapkan bahwa ia tidak memiliki afiliasi di luar afiliasi akademis yang telah disebut di atas.

ref. Why coral reefs damaged by blast fishing struggle to recover — even after decades – https://theconversation.com/why-coral-reefs-damaged-by-blast-fishing-struggle-to-recover-even-after-decades-265733

Por qué la interceptación de la flotilla de ayuda a Gaza es una clara violación del derecho internacional

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Donald Rothwell, Professor of International Law, Australian National University

Las Fuerzas de Defensa de Israel han interceptado una flotilla de buques humanitarios que intentaban llevar ayuda a Gaza, tomando el control de varios barcos y deteniendo a numerosos activistas, entre ellos Greta Thunberg.

Las interceptaciones tuvieron lugar en el mar Mediterráneo, entre 70 y 80 millas náuticas de la costa de Gaza. Se trata de aguas internacionales en las que existe la libertad de navegación para todos los buques.

Israel ha respondido argumentando que tiene un bloqueo marítimo que prohíbe la entrada a Gaza de buques extranjeros. También ha sugerido que la flotilla contaba con el apoyo de Hamás, una afirmación que los organizadores han desmentido tajantemente.

Flotillas de ayuda humanitaria a Gaza

La Flotilla Global Sumud estaba compuesta por más de 40 barcos que transportaban ayuda humanitaria (alimentos, suministros médicos y otros artículos esenciales), junto con varios cientos de parlamentarios, abogados y activistas de docenas de países.

La flotilla partió de España a finales de agosto y ha estado navegando hacia el este, con escalas en Túnez, Italia y Grecia. Durante el trayecto, los gobiernos italiano, español y griego desplegaron escoltas navales para garantizar su paso seguro.

Los pasajeros de los barcos denunciaron que habían sido acosados por drones en múltiples puntos del viaje.

Esta campaña es la última versión de un movimiento que existe desde hace más de 15 años para desafiar el bloqueo prolongado de Israel sobre la Franja de Gaza.

A principios de este año, un barco llamado Conscience que transportaba activistas y ayuda humanitaria con destino a Gaza fue alcanzado por explosiones frente a la costa de Malta.

Israel interceptó entonces el Madleen, con Thunberg y otros activistas a bordo, en junio, y el Handala en julio.

Y en 2010, una flotilla intentó llegar a Gaza con ayuda humanitaria y cientos de activistas. Comandos israelíes abordaron el Mavi Marmara, de bandera turca, lo que provocó un enfrentamiento violento que causó la muerte de diez activistas. Las muertes provocaron una condena generalizada y tensaron las relaciones entre Israel y Turquía durante años.

La legalidad del bloqueo naval de Gaza

El derecho internacional relativo a las acciones de los barcos de la flotilla y la capacidad de intervención de Israel es complejo.

Israel ha impuesto bloqueos a Gaza de diversas formas durante casi 20 años.

La base jurídica de los bloqueos y su compatibilidad con el derecho internacional, en particular el derecho del mar, ha sido objeto de controversia, lo que se puso de manifiesto durante una investigación de la ONU que siguió al incidente del Mavi Marmara.

Actualmente se considera a Israel una potencia ocupante en Gaza en virtud del derecho internacional.

Las funciones de las potencias ocupantes se codificaron en el Cuarto Convenio de Ginebra de 1949 y se basaron en las obligaciones legales que las potencias aliadas asumieron en Alemania y Japón al final de la Segunda Guerra Mundial. El Convenio de Ginebra establece un marco jurídico claro para las potencias ocupantes.

En las últimas décadas, Israel ha sido tanto una potencia ocupante de jure (reconocida por la ley) como de facto en Palestina.

En 2024, la Corte Internacional de Justicia dictaminó que la ocupación de los territorios palestinos era ilegal según el derecho internacional.

Como potencia ocupante, Israel controla todo el acceso a Gaza, ya sea por tierra, aire o mar. Los camiones de ayuda solo pueden entrar en este territorio palestino bajo estrictos controles. Los lanzamientos de ayuda de las fuerzas aéreas extranjeras que se han producido en los últimos meses también solo se han permitido bajo el estricto control de Israel.

Desde que comenzó la guerra, ha llegado muy poca ayuda por mar, ya que Israel ha restringido severamente el acceso marítimo. En 2024, Estados Unidos construyó un muelle flotante frente a la costa para entregar ayuda, pero pronto se abandonó debido a problemas meteorológicos, de seguridad y técnicos.

Sin embargo, esto indicaba claramente que Israel estaba dispuesto a permitir el flujo de ayuda marítima de su aliado más cercano, Estados Unidos. Esta excepción al bloqueo no se aplicó a otros actores humanitarios.

Interceptación de barcos en aguas internacionales

Aunque la entrega de ayuda por mar es legalmente problemática en este momento, la capacidad de Israel para interrumpir las flotillas tiene sus límites. La libertad de navegación es fundamental para el derecho del mar. Como tal, la flotilla tiene derecho a navegar sin obstáculos por el mar Mediterráneo.

Por lo tanto, cualquier acoso o detención de la flotilla en aguas internacionales constituye una clara violación del derecho internacional.

Israel puede, sin duda, ejercer control sobre las 12 millas náuticas de mar territorial frente a las costas de Gaza. El cierre del mar territorial a los buques extranjeros estaría justificado por el derecho internacional como medida de seguridad, así como para garantizar la seguridad de los buques neutrales debido a la guerra en curso.

Los organizadores de la flotilla afirmaron que sus barcos fueron interceptados entre 70 y 80 millas náuticas de la costa, mucho más allá del mar territorial de Gaza.

Sin duda, esto se hizo por razones operativas. Cuanto más se acercaba la flotilla a la costa de Gaza, más difícil sería para las Fuerzas de Defensa de Israel interceptar con éxito cada barco, lo que aumentaba la posibilidad de que al menos uno de ellos llegara a tierra.

Decenas de activistas a bordo de los barcos han sido detenidos, según se ha informado y serán puestos bajo custodia en el puerto israelí de Ashdod. Es probable que luego sean deportados rápidamente.

Los activistas también gozan de protección en virtud del derecho internacional de los derechos humanos, incluido el acceso a diplomáticos extranjeros que ejercen la protección consular de sus ciudadanos.

The Conversation

Donald Rothwell no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Por qué la interceptación de la flotilla de ayuda a Gaza es una clara violación del derecho internacional – https://theconversation.com/por-que-la-interceptacion-de-la-flotilla-de-ayuda-a-gaza-es-una-clara-violacion-del-derecho-internacional-266667

US economy is already on the edge – a prolonged government shutdown could send it tumbling over

Source: The Conversation – USA (2) – By John W. Diamond, Director of the Center for Public Finance at the Baker Institute, Rice University

It’s a long way down. IAISI/Moment via Getty Images

The economic consequences of the current federal government shutdown hinge critically on how long it lasts. If it is resolved quickly, the costs will be small, but if it drags on, it could send the U.S. economy into a tailspin.

That’s because the economy is already in a precarious state, with the labor market struggling, consumers losing confidence and uncertainty mounting.

As an economist who studies public finance, I closely follow how government policies affect the economy. Let me explain how a prolonged shutdown could affect the economy – and why it could be a tipping point to recession.

Direct impacts from a government shutdown

The partial government shutdown began on Oct. 1, 2025, as Democrats and Republicans failed to reach a deal on funding some portion of the federal government. A partial shutdown means that some funding bills have been approved, entitlement spending continues since it does not rely on annual appropriations, and some workers are deemed necessary and stay on the job unpaid.

While most of the 20 shutdowns that occurred from 1976 through 2024 lasted only a few days to a week, there are signs the current one may not be resolved so quickly. The economy would definitely take a direct hit to gross domestic product from a lengthy shutdown, but it’s the indirect impacts that could be more harmful.

The most recent shutdown, which extended over the 2018-2019 winter holidays and lasted 35 days, was the longest in U.S. history. After it ended, the Congressional Budget Office estimated the partial shutdown delayed approximately US$18 billion in federal discretionary spending, which translated into an $11 billion reduction in real GDP.

Most of that lost output was made up later once the shutdown ended, the CBO noted. It estimated that the permanent losses were about $3 billion – a drop in the bucket for the $30 trillion U.S. economy.

a man in a uniform locks a gate on a road into a park
Many parks, such as Florida’s Everglades National Park, were closed as a result of the shutdown.
AP Photo/Rebecca Blackwell

The indirect and more lasting impacts

The full impact may depend to a large extent on the psychology of the average consumer.

Recent data suggests that consumer confidence is falling as the stagnation in the labor market becomes more clear. Business confidence has been mixed as the manufacturing index continues to indicate the sector is in contraction, while other business confidence measures indicate mixed expectations about the future.

If the shutdown drags on, the psychological effects may lead to a larger loss of confidence among consumers and businesses. Given that consumer spending accounts for 70% of economic activity, a fall in consumer confidence could signal a turning point in the economy.

These indirect effects are in addition to the direct impact of lost income for federal workers and those that operate on federal contracts, which leads to reductions in consumption and production.

The risk of significant government layoffs, beyond the usual furloughs, could deepen the economic damage. Extensive layoffs would shift the losses from a temporary delay to a more permanent loss of income and human capital, reducing aggregate demand and potentially increasing unemployment spillovers into the private sector.

In short, while shutdowns that end quickly tend to inflict modest, mostly recoverable losses, a protracted shutdown – especially one involving layoffs of a significant number of government workers – could inflict larger, lasting impacts on the economy.

US economy is already in distress

This is all occurring as the U.S. labor market is flashing warnings.

Payrolls grew by only 22,000 in August, with July and June estimates revised down by 21,000. This follows payroll growth of only 73,000 in July, with May and June estimates revised down by 258,000.
In addition, preliminary annual revisions to the employment data show the economy gained 911,000 fewer jobs in the previous year than had been reported.

Long-term unemployment is also rising, with 1.8 million people out of work for more than 27 weeks – nearly a quarter of the total number of unemployed individuals.

At the same time, AI adoption and cost-cutting could further reduce labor demand, while an aging workforce and lower immigration shrink labor supply. Fed Chair Jerome Powell refers to this as a “curious kind of balance” in the labor market.

In other words, the job market appears to have come to a screeching halt, making it difficult for recent graduates to find work. Recent graduate unemployment – that is, those who are 22 to 27 years old – is now 5.3% relative to the total unemployment rate of 4.3%.

The latest data from the ADP employment report, which measures only private company data, shows that the economy lost 32,000 jobs in September. That’s the biggest decline in 2½ years. While that’s worrying, economists like me usually wait for the official Bureau of Labor Statistics numbers to come out to confirm the accuracy of the payroll processing firm’s report.

The government data that was supposed to come out on Oct. 3 might have offered a possible counterpoint to the bad ADP news, but due to the shutdown BLS will not be releasing the report.

Problems Fed rate cuts can’t fix

This will only increase the uncertainty surrounding the health of the U.S. economy. And it adds to the uncertainty created by on-again, off-again tariffs as well as the newly imposed tariffs on lumber, furniture and other goods.

Against this backdrop, the Fed is expected to lower interest rates at least two more times this year to stimulate consumer and business spending following its September quarter-point cut. This raises the risk of reigniting inflation, but the cooling labor market is a more immediate concern for the Fed.

While lower short-term rates may help at the margin, I believe they cannot resolve the deeper challenges, such as massive government deficits and debt, tight household budgets, a housing affordability crisis and a shrinking labor force.

The question now is not will the Fed cut rates, because it likely will, but whether that cut will help, particularly if the shutdown lasts weeks or more. Monetary policy alone cannot overcome the uncertainty created by tariffs, the lack of fiscal restraint, companies focused on cutting costs by replacing people with technology, the impact of the shutdown and the fears of consumers about the future.

Lower interest rates may buy time, but they won’t solve these structural problems facing the U.S. economy.

The Conversation

John W. Diamond does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. US economy is already on the edge – a prolonged government shutdown could send it tumbling over – https://theconversation.com/us-economy-is-already-on-the-edge-a-prolonged-government-shutdown-could-send-it-tumbling-over-266327

How Canada can support rural regions in its net-zero transition

Source: The Conversation – Canada – By Tamara Krawchenko, Associate Professor, School of Public Administration, University of Victoria

As Canada advances toward its 2050 net-zero emissions target, it’s facing a fundamental challenge: ensuring all parts of the country can participate in and benefit from the transition to a clean economy.

Canada’s regional economies are diverse, spanning Alberta’s oilsands, Québec’s hydroelectric systems, northern mining operations and urban tech hubs. These differences mean that net-zero transitions will manifest differently, creating opportunities for some regions and vulnerabilities for others.

Rural and remote regions accounted for 52 per cent of Canada’s total greenhouse gas emissions in 2022 alone, and these regions in particular face complex transition dynamics. These regions host oil, gas, coal and mining industries that power Canada’s economic development.

An equitable net-zero transition requires promoting regional competitiveness while ensuring no place is left behind; in other words, cohesion. Successful sustainability transitions demand both innovation-driven growth strategies and support for regions facing economic disruption.

Canada needs to ensure a net-zero transition translates into broadly shared prosperity rather than exacerbated regional inequalities. Doing so can help rectify the historical pattern of resource extraction that has not always benefited local communities.

Challenges faced by rural and remote regions

Rural and remote communities are typically less economically diverse than urban centres. They are often built around one or more dominant industries and have smaller labour markets with fewer specialists. They also have limited access to the financial and human capital necessary for transitioning to net-zero.

Energy transitions can create new industries and transform existing ones to be cleaner. They can replace old industries with new ones and diversify the economy. However, they can also phase out industries in areas where there aren’t enough replacement options. Communities that depend on a single industry are often hit the hardest by these changes.

Canada’s transition policies are rightly focused on regional competitiveness and innovation through, for example, the Regional Economic Growth through Innovation and the Global Innovation Clusters programs. However, they often fail to proactively support the rural, remote and resource-dependent regions and communities most vulnerable to the disruptions of transitions.

This results in reactive policies and programs that are often deployed only after economic shocks. They rarely target the most at-risk groups and governance frameworks lack clear mechanisms for co-ordinated action, accountability and consideration of Indigenous rights and local well-being.

European precedents

The European Union’s 55 billion euro Just Transition Mechanism provides valuable insights for Canadian policymakers. The EU initiative combines both competitiveness and compensation strategies within a comprehensive development model.

The mechanism integrates investment schemes that promote innovation in clean technologies with targeted support for the regions most vulnerable to job losses and economic downturns. Each EU member state develops just transition plans identifying specific regions and industries requiring support, alongside dedicated investment programs tailored to local economic conditions.

This approach recognizes that effective sustainability transitions require incentives for innovation and protections for disrupted communities.

In addition, the EU’s Just Transition Fund specifically targets regions that are socially, economically and environmentally most vulnerable to transition impacts, while simultaneously encouraging investments in emerging sectors critical for reaching net-zero.

Canadian regional development approaches have historically emphasized competitiveness and innovation, with transition management remaining largely reactive rather than proactive.

An exception is the Canada Coal Transition Initiative, which provided flexible, locally tailored approaches and co-ordinated support across federal, provincial and local levels. That approach is essential for sustainable and equitable transition outcomes in diverse regions.

But Canada has generally been reluctant to explicitly identify and designate regions most at-risk from net-zero transitions. This hesitancy may leave vulnerable communities without targeted support.

Institutional capacity and governance challenges

The effectiveness of both competitiveness and cohesion strategies depends on a region’s institutional capacity and governance. On this point, rural and remote regions are often at a disadvantage. They have smaller administrations, fewer resources and limited capacity to manage complex transitions.

The Canadian government’s Regional Energy and Resource Tables offer a new collaborative approach to help bridge these gaps by bringing federal, provincial, territorial and Indigenous partners together.

The tables aim to co-ordinate expertise, resources and partnerships to identify economic priorities and build the capacity to pursue low-carbon growth opportunities. Ten tables are presently underway. This will be an important initiative to watch and evaluate.

Other collaborations can also facilitate peer learning and shared problem-solving. For example, Yukon University’s Northern Energy Innovation group partners with First Nations and utility companies to provide place-based solutions and facilitate knowledge networks. The challenge here lies in connecting these local strengths with external resources and expertise and to expand them as needed.

Sustainable transitions

As Canada encourages new economic activities essential for net-zero transitions, such as critical minerals development, it’s crucial that past inequalities are not reproduced, particularly regarding Indigenous rights holders on territories where these projects are operating.

Canadian governments have substantial room for improvement in this regard, as a lot of rural policy in Cananda continues to treat these regions as sites of resource extraction detached from broader development strategies.

The stakes of this transition are considerable. Managed effectively, net-zero transitions can put Canada on a path to sustainable and inclusive growth. Managed poorly, they risk deepening territorial divisions and creating new patterns of regional disadvantage.

The policies adopted today will determine which of these futures emerge, making the integration of competitiveness and cohesion approaches not merely desirable but essential for Canadian prosperity and social cohesion in the decades ahead.

The Conversation

Tamara Krawchenko received funding for this research from the Centre for Net-Zero Industrial Policy. She is an expert panelist with the Canadian Climate Institute, a Visiting Scholar with the Institute for Research on Public Policy, and a Board member for Ecotrust Canada.

ref. How Canada can support rural regions in its net-zero transition – https://theconversation.com/how-canada-can-support-rural-regions-in-its-net-zero-transition-264747

Jane Goodall cambió el paradigma de la evolución humana y el lugar que ocupamos en la naturaleza

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paul Palmqvist Barrena, Catedrático de Paleontología, Universidad de Málaga

Jane Goodall (1934-2025). vitrolphoto/Shutterstock

Parque Nacional de Gombe Stream, Tanzania, finales de noviembre del año 1960. Jane Goodall, una londinense de 26 años, amante de los animales, lleva desde julio viviendo en una choza rodeada por la densa vegetacion selvática, acompañada tan solo por su madre y un cocinero. Durante los meses transcurridos, ha documentado cómo se desplazan los chimpancés, de qué se alimentan y cómo fabrican los nidos de hojarasca donde pasan la noche. Pero estos simios son solo sombras fugaces y esquivas que se mueven entre la densa vegetación, evitando el contacto con ella.

La financiación se acaba y teme defraudar a Louis S.B. Leakey, el gran paleoantropólogo a quien había conocido tres años antes y que confió en ella para encomendarle tamaño trabajo pionero de campo, pese a carecer de formación académica.

Es precisamente en este momento de dudas cuando, por sorpresa, un chimpancé macho a quien bautizará como David Greybeard (“barba gris”) se acerca confiado a ella, sin mostrar una actitud agresiva, sentándose junto a un montículo que alberga un nido de termitas. Toma una ramita, la manipula y la rompe hasta dar con las dimensiones adecuadas, introduciéndola repetidamente en el nido para sacar a las termitas, que se aprestan a defenderlo, y se las come con delectación. Al ser informado por Jane sobre el hallazgo, Leakey respondió entusiasmado con un telegrama que ha pasado a los anales de la evolución humana:

“Ahora debemos redefinir el concepto de herramienta, redefinir el concepto de humano o aceptar también a los chimpancés como seres humanos”.

Cambio de paradigma

Una abrumadora mayoría de las personas pasan por este mundo sin dejar una huella duradera. Muy pocas hacen aportaciones significativas al acervo general de conocimiento de la humanidad, y aún menos aportan una visión que se traduce en un cambio de paradigma. Jane Goodall, quien falleció por causas naturales el pasado 1 de octubre a los 91 años de edad, fue sin duda una de estas personas singulares.

Su legado es inmenso, no solo en los campos científicos de la etología (el análisis del comportamiento animal) y la primatología (el estudio de los primates, el orden de mamíferos al que pertenecemos los seres humanos y nuestros parientes vivos más próximos, los chimpancés), sino también en la concienciación social sobre la necesidad de conservar la biodiversidad y los espacios naturales que la albergan.

Hay múltiples razones para poner en valor el legado excepcional de Jane Goodall, pues antes de que se desplazase a Gombe sabíamos muy poco sobre la conducta de los chimpancés en su medio natural. Sin verse condicionada por los sesgos inherentes a una formación académica reglada, Jane adoptó una metodología heterodoxa.

Entre otras cosas, rehusó seguir la práctica habitual de numerar a los objetos de estudio, justificada por la supuesta pérdida de objetividad que implica el apego emocional al individuo estudiado. En cambio, procedió a darles nombres a los chimpancés, eligiendo los apodos en función de los rasgos observados de su carácter o los parecidos físicos que creía ver con personas conocidas.

Gracias a esta proximidad emocional, y a su inmensa paciencia, documentó aspectos inquietantemente humanos en su comportamiento, como el hecho de que cada uno de los individuos tenía una personalidad única, siendo capaz de desarrollar pensamientos racionales, experimentar emociones –como alegría y tristeza– o desarrollar alianzas complejas –y mudables en el tiempo– con otros congéneres. Algo que por aquella época no resultaba nada convencional.

En sus estudios de campo, cuyos primeros resultados relató magistralmente en su libro En la senda del hombre, publicado en 1971, Jane documentó que, pese a que los chimpancés se habían considerado como estrictamente vegetarianos, consumían carne siempre que les era posible, cazando monos colobos con regularidad. De hecho, se ha estimado que hasta un tercio de la población de estos monos en el parque es devorada cada año por los chimpancés.

En las partidas de caza, cuyo éxito depende en gran medida del número de ejemplares que colaboran para aislar al mono en la copa de un árbol, bloqueando las posibles salidas, el reparto de la carne una vez cobrada la pieza adquiere especial relevancia. Los machos la comparten preferentemente con aquellos otros de quienes depende asegurar su posición en la jerarquía, pero atienden también las solicitudes de las hembras sexualmente receptivas (esto es, pagan a cambio de tener sexo).

Los chimpancés también se enfrascan en guerras

Otro hallazgo inquietante fue que las hembras dominantes del grupo matan ocasionalmente a otras más jóvenes para mantener su posición en la jerarquía, practicando el infanticidio e incluso, a veces, el canibalismo. Pero quizás la mayor conmoción ocasionada por sus estudios fue la de que los chimpancés se enfrascan en conflictos territoriales duraderos con los grupos vecinos, a cuyos miembros matan sistemática y deliberadamente en lo que se pueden denominar con propiedad como auténticas guerras entre clanes. Así lo relató en su libro de 1989, titulado A través de una ventana: treinta años estudiando a los chimpancés.

Transmisión cultural de las madres a sus crías

En definitiva, los estudios pioneros de Jane Goodall han cambiado nuestra percepción sobre la evolución humana y el lugar que ocupamos en la naturaleza. Sus observaciones inspiraron los trabajos de nuevas generaciones de primatólogos, quienes crecieron con el estímulo de sus escritos. Por ejemplo, los relativos al aspecto no trivial de si podemos considerar que los chimpancés tienen una cultura propia, lo que siempre se consideró como algo exclusivamente humano.

Así, en dos trabajos posteriores, en los que también participó Jane, se estudió la distribución de más de seis decenas de rasgos de comportamiento en ocho poblaciones de chimpancés diferentes de África central, detectando en dos tercios de ellos variantes culturales según la aparición o no de tales rasgos en esas poblaciones. Son este tipo de diferencias las que precisamente nos permiten hablar de culturas humanas. No obstante, conviene indicar que las poblaciones estudiadas pertenecen a las tres subespecies de chimpancé, Pan troglodytes troglodytes, P. t. schweinfurthii y P. t. verus, la última de las cuales divergió evolutivamente de las otras dos hace casi 1,6 millones de años según indican los datos genéticos.

Por otra parte, en los chimpancés se produce exogamia femenina (esto es, son las hembras las que se dispersan, cambiando de grupo familiar al alcanzar la edad reproductiva). Esto significa que la diseminación de las variables culturales depende del sexo femenino, como también lo sugiere el hecho de que la transmisión cultural por aprendizaje se da preferentemente desde las madres hacia sus crías. Ello parece venir apoyado por el hecho de que es el número de chimpancés hembras el que se correlaciona con la variedad de hábitos culturales en el grupo, no el de los machos.

En definitiva, resulta difícil calibrar el legado científico y cultural de Jane Goodall sin disponer de la perspectiva temporal adecuada. Este legado se ha materializado, por el momento, en el Instituto Jane Goodall, con treinta oficinas alrededor del mundo, cuyo objetivo es proteger los hábitats de los animales salvajes, realizar investigaciones y promover la educación ambiental. Pero también en el programa mundial para jóvenes “Roots & Shoots” (raíces y brotes), que patrocina unos 10 000 proyectos de impacto local en más de sesenta países, impulsando iniciativas de reciclaje, reforestación y defensa del bienestar animal.

Aunque es mucho lo conseguido en su larga vida, las generaciones venideras, inspiradas por su memoria, tienen todavía bastante por hacer.

The Conversation

Paul Palmqvist Barrena no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Jane Goodall cambió el paradigma de la evolución humana y el lugar que ocupamos en la naturaleza – https://theconversation.com/jane-goodall-cambio-el-paradigma-de-la-evolucion-humana-y-el-lugar-que-ocupamos-en-la-naturaleza-266606

¿Se le puede llamar a una hamburguesa sin carne ‘hamburguesa’? El debate legal sobre los productos vegetales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Cristina Blanco Llamero, Profesora en el Grado de Nutrición Humana y Dietética y Doctora en Ciencias de la Alimentación, Universidad Francisco de Vitoria

Sundry Photography/Shutterstock

En los últimos años hemos visto cómo los supermercados se van llenando de productos elaborados solo con materias primas de origen vegetal, también conocidos como plant-based: “filetes” de soja, “salchichas” veganas, “hamburguesas” vegetales…

No obstante, en el etiquetado de este último producto podemos ver variaciones terminológicas como veg burger, veg-hamburguesa, burger vegetal, o incluso nombres más discretos que evitan por completo la denominación tradicional. ¿Casualidad? ¿Estrategia de marketing? ¿Reflejo de la situación legal?

Lo cierto es que muchas definiciones, regulaciones y normativas se quedan por detrás de la realidad del consumidor, del mercado y de la innovación alimentaria, lo que alimenta la polémica. Veamos cuál es la situación actual.

Hamburguesa vegetal.
Pexels

Legislación y lagunas

En Europa, es la UE quien se encarga de legislar en materia de alimentación, pero si hay vacío legal, cada país puede establecer sus normas (siempre y cuando no contradigan otra regulación europea). Este es el motivo por el que a veces encontramos discrepancias entre países en ciertas materias mientras que en otras existe uniformidad. Todo depende de lo que marque o no Europa.

Si indagamos un poco en la nomenclatura de los productos elaborados con plantas, encontramos el Reglamento (UE) nº 1169/2011 sobre la información alimentaria al consumidor. Aquí se establece que la denominación de un alimento debe ser clara, no inducir a engaño, y reflejar su naturaleza.

A esta normativa se agarran quienes defienden no llamar a las cosas por el nombre de otras, ya que podemos llevarnos un disgusto cuando descubrimos al preparar la barbacoa del sábado que hemos comprado “hamburguesas” de berenjena sin querer.

Ante la ausencia de normas europeas más concretas, ahora examinaremos la legislación española, que incluye definiciones oficiales de lo que constituye una “hamburguesa”, una “salchicha”, un “embutido”, etc. Por ejemplo, solo se puede llamar hamburguesa a un producto en el que participe carne, en ciertas proporciones y condiciones de elaboración, sin añadir ingredientes que desvirtúen esa categoría legal. Por eso, nos encontramos las etiquetas que nos encontramos en el supermercado.

Pero entonces, ¿existe en España otro término legal llamado “hamburguesa vegetal”? ¿O al menos uno que nos diga cómo llamar a estos productos al igual que ocurre con los animales? La respuesta es no.

Por contra, el uso de términos de la industria láctea (“leche”, “queso”, etc.) sí está regulado desde hace años: la normativa y la jusrisprudencia de la UE han dejado claro que los productos vegetales no pueden usar los términos reservados para productos hechos con leche animal, y obliga a usar el término “bebida vegetal” en vez de “leche vegetal”. Esa regulación es bastante antigua y está establecida sin suscitar demasiada polémica.

Sin embargo, el creciente auge de productos vegetales exige ponernos al día e introducir nuevos términos.

¿Le apetece un ‘disco vegetal’ a la parrilla?

En el caso de los análogos de los productos cárnicos, algunos países sí han legislado. Así, Francia fue pionera en prohibir tajantemente el uso de términos como “hamburguesa” o “salchicha” para productos vegetales, aun cuando estos iban acompañados de la aclaración “vegano” o “vegetal”. El objetivo declarado era “proteger al consumidor” frente a la supuesta confusión que podría generar encontrarse un “steak végétal” en la estantería.

El resultado fue, cuando menos, surrealista: el legislador francés llegó a proponer que se sustituyera el término “hamburguesa vegetal” por el mucho menos apetecible “disco vegetal”. Difícil imaginar a alguien invitando a sus amigos con la promesa de preparar unos “discos vegetales a la parrilla”. Quien acuñó ese término, probablemente, no era consumidor habitual de este tipo de productos.

La Unión Europea zanja el debate… ¿o no?

Durante años, la Unión Europea permaneció en silencio. Eso provocó un mosaico normativo en el que un mismo producto podía llamarse “burger vegana” en Alemania, pero estaba prohibido bajo amenaza de multa en Francia.

Ese vacío legal, lejos de proteger al consumidor, creaba más confusión: un ciudadano que viajaba dentro del propio mercado común podía encontrarse con etiquetas distintas para el mismo producto. Y si algo debería garantizar la Unión Europea es precisamente la coherencia del mercado único.




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Alternativas vegetales a los alimentos de origen animal: ¿de verdad son más saludables?


Tras años de presión por parte de asociaciones de consumidores, productores y defensores de la alimentación sostenible, el Tribunal de Justicia de la Unión Europea (TJUE) puso fin a la controversia en octubre de 2024.

En su sentencia, declaró que los Estados no pueden prohibir de forma general el uso de denominaciones como “hamburguesa” o “salchicha” en productos vegetales sin ser considerados publicidad engañosa, un fallo que permite a estos productos utilizar términos asociados tradicionalmente a la carne y les protege de restricciones nacionales, siempre que quede claro en el etiquetado que no contienen carne. Es decir, el consumidor tiene derecho a comprar una “hamburguesa vegetal” sin que la etiqueta deba disfrazarla de “disco vegetal”.

Esto está muy bien, pero aún tenemos el citado Reglamento (UE) nº 1169/2011 sobre la información alimentaria al consumidor establece que la denominación de un alimento debe ser clara, no inducir a engaño. Y esto deja espacio, en muchos casos, a la subjetividad de cada uno.

En cualquier caso, la resolución supuso un golpe duro para Francia, que tuvo que derogar su normativa nacional, pero fue celebrada por la industria plant-based en toda Europa. Después de años de incertidumbre, por fin se reconocía algo obvio: la palabra “hamburguesa” ya no pertenece en exclusiva a la carne, sino al formato culinario y a la cultura alimentaria compartida. El lenguaje evoluciona con la sociedad, y pretender lo contrario es quedarse anclado en un pasado que ya no responde a las necesidades del presente.

En definitiva, la demanda de productos vegetales no es algo marginal: va en aumento. El consumidor está cambiando sus hábitos, motivado por la salud, la sostenibilidad o la ética. No adaptar la ley es ignorar una realidad de mercado. De hecho, las leyes antiguas o las definiciones técnicas rígidas funcionan peor en tiempos de innovación alimentaria como la que vivimos. Productos que antes no existían (proteína vegetal procesada, fermentada, cultivada…) desafían las clasificaciones antiguas de “carne”, “preparado de carne”, etcétera.

The Conversation

Cristina Blanco Llamero no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Se le puede llamar a una hamburguesa sin carne ‘hamburguesa’? El debate legal sobre los productos vegetales – https://theconversation.com/se-le-puede-llamar-a-una-hamburguesa-sin-carne-hamburguesa-el-debate-legal-sobre-los-productos-vegetales-264799

Excipientes, los actores secundarios que pueden decidir el éxito o el fracaso de un medicamento

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alejandro Ruiz-Picazo, Profesor Ayudante Doctor en Biofarmacia y Farmacocinética, Universidad Miguel Hernández

Control de calidad de medicamentos. sergey kolesnikov/Shutterstock

Cuando tomamos un comprimido para aliviar el dolor de cabeza o tratar una infección, pensamos que lo único importante es el principio activo, la sustancia que ejerce el efecto deseado. Sin embargo, esa pastilla contiene algo más: los excipientes. Durante años, se les ha considerado meros acompañantes sin acción farmacológica. Hoy sabemos que pueden ser actores fundamentales en la eficacia de un medicamento.

No curan, pero ayudan a curar

Los excipientes son los ingredientes que acompañan al principio activo en una formulación farmacéutica. Su función no es curar ni tratar enfermedades directamente, sino facilitar la fabricación, conservación y administración del medicamento. Por ejemplo, un excipiente puede ayudar a que un comprimido se disuelva más rápido, tenga mejor sabor o sea más fácil de tragar.

Hasta aquí todo suena técnico pero inofensivo. El problema surge cuando estos “inofensivos” ingredientes modifican, sin que lo sepamos, cómo se absorbe el principio activo en nuestro organismo.




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¿Por qué son tan importantes?

La absorción oral de un fármaco –es decir, cómo pasa del intestino a la sangre– depende de muchas variables: el pH del estómago, la motilidad intestinal, la presencia de enzimas, la capacidad del fármaco para disolverse en agua y su facilidad para atravesar las paredes del intestino. Y en todo este viaje, los excipientes pueden actuar como aliados… o como obstáculos.

Un estudio reciente ha mostrado que algunos pueden alterar la solubilidad o la permeabilidad del fármaco, afectando directamente cuánto del principio activo llega realmente a nuestro organismo. En algunos casos, esta influencia puede ser positiva –mejorando la eficacia del tratamiento–, pero en otros puede provocar una absorción irregular o incluso insuficiente.

Cuando el “actor invisible” deja huella

¿Un ejemplo? El polietilenglicol 400 (PEG 400), un excipiente común en jarabes y cápsulas blandas. En bajas dosis puede mejorar la absorción de ciertos medicamentos, pero en cantidades elevadas puede acelerar tanto el tránsito intestinal que el medicamento no tiene tiempo suficiente para ser absorbido. Algo similar ocurre con el sorbitol, presente en chicles sin azúcar, jarabes y otros productos farmacéuticos.

Otro caso interesante es el de la croscarmelosa sódica, que ayuda a que los comprimidos se desintegren más rápido. En experimentos con animales, se ha observado que este excipiente puede aumentar la permeabilidad intestinal al alterar las uniones entre células, facilitando la entrada del medicamento al torrente sanguíneo.

Implicaciones clínicas y regulatorias

¿Y por qué deberíamos preocuparnos por esto? Porque incluso si dos medicamentos contienen el mismo principio activo y en la misma cantidad, podrían comportarse de forma distinta en nuestro cuerpo si utilizan excipientes diferentes. Como hemos visto, esa diferencia puede influir en la cantidad y velocidad con la que el principio activo llega a la sangre, afectando a la eficacia del tratamiento.

Este fenómeno se conoce como bioequivalencia, y es uno de los requisitos clave para la aprobación de medicamentos genéricos. Para que un fármaco de este tipo sea autorizado, debe demostrar que tiene el mismo efecto terapéutico que el de referencia, lo que implica que la absorción del principio activo debe ser prácticamente igual. Por ello, las agencias reguladoras, como la Agencia Española de Medicamentos y Productos Sanitarios (AEMPS) o la Agencia Europea del Medicamento (EMA), vigilan también la composición en excipientes, especialmente en casos en los que estos pueden influir en la absorción.

Sin embargo, es importante destacar que dichos casos se detectan precisamente porque existen controles rigurosos antes de que un genérico llegue a las farmacias. Cuando se identifica que un excipiente puede tener un impacto significativo, las autoridades sanitarias pueden exigir estudios adicionales o limitar su uso.

En definitiva, aunque los excipientes pueden ser actores relevantes en la absorción del medicamento, la vigilancia reguladora garantiza que, en los productos disponibles para el paciente, cumplan con los estándares exigidos de calidad, seguridad y eficacia.

¿Qué podemos aprender de esto?

La próxima vez que mire la etiqueta de un medicamento y vea una lista interminable de nombres extraños, recuerde: no están ahí solo para rellenar. Los excipientes son parte integral del tratamiento. Ignorarlos puede llevarnos a resultados inesperados, incluso con medicamentos que conocemos bien.

Más aún, el futuro de la formulación farmacéutica pasa por aprovechar los excipientes de forma inteligente: como potenciadores de la eficacia, como moduladores del perfil de liberación o, incluso, como herramientas para reducir efectos secundarios.

En resumen, los excipientes pueden ser tanto los héroes silenciosos como los villanos invisibles de la medicina moderna. Tal vez ha llegado el momento de dejar de verlos como simples acompañantes y empezar a reconocer su verdadero papel en el éxito (o fracaso) de los tratamientos que tomamos cada día.

The Conversation

Este artículo fue finalista del Premio Luis Felipe Torrente de Divulgación sobre Medicina y Salud, organizado por la Fundación Lilly y The Conversation

ref. Excipientes, los actores secundarios que pueden decidir el éxito o el fracaso de un medicamento – https://theconversation.com/excipientes-los-actores-secundarios-que-pueden-decidir-el-exito-o-el-fracaso-de-un-medicamento-265767

¿Por qué el aire que expulsamos sale caliente pero el que inspiramos está frío?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jon Irazusta, Profesor e Investigador de Fisiología, Universidad del País Vasco / Euskal Herriko Unibertsitatea

ANDRANIK HAKOBYAN/Shutterstock

Este artículo forma parte de la sección The Conversation Júnior, en la que especialistas de las principales universidades y centros de investigación contestan a las dudas de jóvenes curiosos de entre 12 y 16 años. Podéis enviar vuestras preguntas a tcesjunior@theconversation.com


Pregunta formulada por el curso de 2º de la ESO del Instituto de Educación Secundaria Miguel de Unamuno, en Gasteiz (Álava)


Para comprobarlo, puedes hacer un experimento sencillo mientras lees esto: coloca tu mano frente a tu boca y echa el aliento. Ahora respira profundamente por la boca o la nariz. No es que nuestra boca cambie de temperatura cada vez que inspiramos o expiramos: la clave está en las diferencias que hay entre el aire del exterior y el que ya está dentro de tu cuerpo. Además, la humedad también influye en este fenómeno, como veremos.

La composición del aire cambia en nuestro cuerpo

Cuando inspiramos, normalmente tomamos alrededor de medio litro de aire del ambiente, formado principalmente por nitrógeno y oxígeno. Pero el que expiramos es distinto: contiene menos oxígeno, porque nuestro cuerpo lo ha usado, y más anhídrido carbónico (o dióxido de carbono, CO₂ ), que es un producto del metabolismo.

Gracias a ello, el organismo obtiene el oxígeno que necesita y elimina el exceso de CO₂. Este proceso ayuda a mantener estables las condiciones internas de nuestro cuerpo.

Además, el aire que respiramos suele estar más frío porque tiene la temperatura del sitio en donde estamos, normalmente menor que la del cuerpo. Después, al pasar por la boca y nariz, se calienta hasta acercarse a la temperatura de nuestro interior: unos 36–37 °C.

Saturado de agua

Otro factor, como decíamos al principio, es la humedad. El aire del exterior normalmente es más seco, no está lleno de vapor de agua (técnicamente, se dice que no está saturado). Al inhalarlo, se humedece gracias a las mucosas y a la saliva y, entonces, sí se satura de agua.

Cuando el aire seco del exterior entra en la nariz o la boca, parte de la humedad de nuestras mucosas o saliva se evapora. Y el abundante calor que necesita ese proceso de evaporación “es robado” a nuestro cuerpo, haciendo que baje la temperatura ligeramente. De ahí que sintamos más frío el aire que inspiramos: nos ha quitado parte de nuestro calor.

Jadeos refrigerantes

Seguramente habrás visto que algunos animales, como los perros, respiran muy rápido cuando hace calor. Eso se llama jadear, y consiste en hacer pasar mucho aire por la boca. Al hacerlo, la saliva que recubre la lengua y el interior de la boca se evapora, un proceso que ayuda a los perros a perder calor y a mantener su temperatura corporal dentro de un rango adecuado.

Al contrario, el aire que expulsamos está muy húmedo porque viene de los pulmones, que están recubiertos de agua en su interior. En este caso no hay pérdida de calor desde la saliva o las mucosas hacia el aire. Podemos comprobar la presencia de esa humedad fácilmente cuando soplamos sobre un cristal: el vapor de agua que exhalamos se condensa y lo empaña.

Efecto mentolado

Para que podamos notar los cambios de temperatura del aire que respiramos, la información debe llegar hasta el cerebro. En la lengua, el paladar y, en menor medida, en las fosas nasales, hay unas terminaciones nerviosas llamadas termorreceptores, que son muy sensibles a la temperatura. Lo comprobamos fácilmente al tomar un helado o una sopa caliente: cuando los termorreceptores se activan, envían señales al cerebro que nos permiten sentir su frío o su calor, respectivamente. Y gracias a ellos, también podemos percibir la diferencia de temperatura entre el aire que entra y el que sale al respirar.

Algo parecido ocurre cuando tomamos caramelos de menta. Un compuesto que está en la menta, el mentol, activa las terminaciones sensibles al frío. Esto nos hace sentir una sensación de frescor, aunque la temperatura real en la boca no cambie.

Y antes de terminar, una nota final: gran parte de lo que comentamos aquí vale para condiciones normales, pero en días de calor extremo (más de 37 ºC) puede ocurrir que el aire que entra sea más caliente que el que sale.


La Cátedra de Cultura Científica de la Universidad del País Vasco colabora en la sección The Conversation Júnior.


The Conversation

Jon Irazusta no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Por qué el aire que expulsamos sale caliente pero el que inspiramos está frío? – https://theconversation.com/por-que-el-aire-que-expulsamos-sale-caliente-pero-el-que-inspiramos-esta-frio-262049

Misiles, drones y sabotajes: cómo Rusia intensifica su ofensiva ‘silenciosa’ sobre Europa

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Priego, Profesor Agregado de la Facultad de Derecho- ICADE, Departamento de Dep. Público. Área DIP y RRII, Universidad Pontificia Comillas

Gorodenkoff/Shutterstock

En el año 2007, en un discurso pronunciado en el club Valdai, Vladimir Putin declaró la guerra a Europa. No fue una declaración abierta y clara, si no una manifestación de voluntad que se ha traducido en una suerte de acciones hostiles que, por el momento, se ha visto culminada con los ataques contra el espacio aéreo europeo que hemos visto en las últimas semanas.

Este conjunto de acciones, que van desde las violaciones del espacio aéreo hasta el sabotaje de las redes de comunicaciones, tienen por objetivo incrementar la desafección de los europeos hacia sus gobiernos, una táctica que quedó perfectamente recogida en las palabras del vicepresidente del Consejo de Seguridad ruso Dimitri Medvedev cuando publicó en Telegram que Rusia debía convertir la vida de los occidentales en una pesadilla interminable hasta que ya no pudieran distinguir entre ficción y realidad.

Desde un punto de vista técnico esta estrategia ha sido calificada como guerra híbrida, pero quizás sea más claro llamarle “guerra silenciosa”.

Más allá de los daños materiales que se puedan causar con este tipo de acciones, el objetivo de Rusia es lograr que los ciudadanos duden de sus administraciones públicas y, sobre todo, de sus políticos, votando como respuesta a opciones extremas que sean más favorables a los planes imperiales del Kremlin.

En algunos lugares como Hungría, Eslovaquia o Estados Unidos Rusia ya ha conseguido su objetivo y en otros como Reino Unido, Francia o Alemania está trabajando arduamente para lograrlo.

Objetivo: que nada funcione

La meta fundamental de Rusia es hacer que nada funcione en Europa. Para ello, no ha dudado en sabotear las redes de comunicaciones dejando a muchos ciudadanos europeos sin internet o telefonía móvil. Un ejemplo de esto ocurrió en octubre de 2022 en Marsella, cuando la ciudad se quedó sin fibra óptica. Dos años más tarde ocurrió lo mismo en seis departamentos franceses. Detrás de este incidente estaría el Grupo APT28, un comando vinculado a la inteligencia rusa (GRU) que opera en la clandestinidad atacando las redes.

En otros lugares como Estonia o Finlandia, sus acciones no han sido tan sutiles. En diciembre de 2024 la marina finlandesa capturó a uno de los barcos de la “flota fantasma” rusa –el Eagle S– cuando la embarcación estaba cortando el cable submarino Estlink 2 que conecta al país escandinavo con el resto del continente europeo. Aunque no lo lograron, el objetivo era dejar a Finlandia sin luz en el día de Navidad, justo cuando se produce la visita masiva de europeos a Rovaniemi, la ciudad de Papá Noel.

En las últimas semanas, Rusia ha dado una nueva vuelta de tuerca a la situación en Europa. En esta ocasión, el objetivo no fueron ni las redes de suministro eléctrico ni los cables de datos, sino el espacio aéreo. Rusia parece haber pisado el acelerador llevando a cabo una triple ofensiva: ciberataques contra los aeropuertos, violaciones del espacio aéreo y hackeo de los sistemas de navegación de los líderes europeos.

Comenzando por el final, tenemos que destacar que al menos dos líderes europeos –Úrsula Von Der Layen y Margarita Robles– han tenido que realizar aterrizajes de emergencia cuando sobrevolaban estados limítrofes con Rusia. Se trata de una agresión directa que se enmarca en el desafío ruso para con Europa.

En esta misma línea es imporante mencionar el ataque con misiles que sufrió la delegación diplomática de la UE en Kiev a finales de agosto. Sin duda, una advertencia para la UE.

En segundo lugar, tenemos que destacar los ciberataques que sufrieron los aeropuertos de Berlín, Bruselas, Copenhague y Londres. Debido a un malware, los pasajeros no pudieron ni facturar ni obtener sus tarjetas de embarque, provocando largas colas y gran malestar entre aquellos que iniciaban viaje.

Aunque no se ha podido demostrar que el ataque tuviera origen en Rusia, fuentes de la UE consideran que este comparte metodología con otros ciberataques perpetrados por hackers al servicio de la inteligencia rusa (GRU). De hecho, en 2023 y en 2024 aeropuertos de Alemania e Italia sufrieron ataques similares.

En tercer y último lugar está la aparición de drones rusos en el cielo de diferentes estados europeos. El caso más llamativo ha sido el de Polonia, cuyo cielo se vio invadido por 19 de esos aparatos no tripulados procedentes de Rusia. Además, un MIG-31 ruso estuvo sobrevolando Estonia durante al menos 12 minutos y un avión espía IL-20m hizo lo mismo sobre las aguas del Báltico, obligando a la aviación sueca a expulsarlo de su espacio aéreo.

Poniendo a prueba a la OTAN

Con estas acciones Rusia trata de poner a prueba a la OTAN, sobre todo la cohesión de la alianza y la actitud de los mismos ante una situación en la que un Estado, ante un ataque ruso, pudiera invocar la activación del artículo 5.

Resulta complicado pensar que la Alianza Atlántica activara su mecanismo de defensa colectiva como respuesta a un ataque ruso. Quizás por ello, tanto Estonia como Polonia solo hayan invocado las consultas que están recogidas en el artículo 4 y no el artículo 5.

Por su parte, la OTAN ha aprobado una nueva operación de vigilancia aérea que se une a las ya desplegadas por la Alianza desde 2014.

No obstante, la pregunta es si estamos dispuestos a hacer lo que Turquía hizo cuando un caza ruso entró en sus espacio aéreo en 2015 –es decir, derribarlo– o si vamos a seguir permitiendo que Rusia vaya dando pasitos hacia una situación como la vivida por Ucrania el 23 de febrero de 2022. Tal vez si Putin percibe debilidad, su actitud será cada vez más agresiva.

The Conversation

Alberto Priego no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Misiles, drones y sabotajes: cómo Rusia intensifica su ofensiva ‘silenciosa’ sobre Europa – https://theconversation.com/misiles-drones-y-sabotajes-como-rusia-intensifica-su-ofensiva-silenciosa-sobre-europa-266331