Le bond en avant de l’industrie automobile chinoise de 1953 à nos jours

Source: The Conversation – France in French (3) – By Fabien M. Gargam, Associate Professor of Management, Renmin University of China et Chercheur Associé, Université Paris-Saclay

En Chine, les ventes de véhicules hybrides et à énergie électrique atteignent le premier rang mondial en 2015. RomanZaiets/Shutterstock

Depuis 1953, la République populaire de Chine monte en puissance dans l’industrie automobile. Comment a-t-elle pu réaliser ce bond en avant en un peu plus de soixante-dix ans seulement ?


En avril 2025, les ventes en Europe de véhicules entièrement électriques du fabricant chinois BYD dépassent pour la première fois celles de Tesla, propulsant l’entreprise dans le top 10 du classement européen des ventes de véhicules à énergie nouvelle. Ce tournant marque non seulement un moment important dans la croissance du plus grand constructeur automobile de la République populaire de Chine, mais symbolise aussi la montée en puissance de l’industrie chinoise des véhicules à énergie nouvelle – véhicules entièrement électriques à batterie aux véhicules hybrides rechargeables.

Yuwu Fu, président honoraire de la Société des ingénieurs automobiles de Chine, estime que le développement de l’industrie automobile chinoise a connu trois phases distinctes. De 1953 à 2000, elle établit ses fondements industriels. Après 2000, elle accélère son développement. Depuis 2020, elle progresse vers le statut de grande puissance automobile.

En 2016, le plan directeur du Conseil d’État chinois pour une stratégie nationale de développement axé sur l’innovation stipule que les capacités nationales devraient passer d’une coexistence d’approches « suivre », « rattraper », « mener », avec une prédominance de l’approche « suivre », à un modèle où les approches « rattraper » et « mener » prennent le dessus.

En combinant perspective historique et perspective stratégique, le présent article décrit les principaux moteurs des trois phases afin de dégager la logique qui sous-tend le bond en avant de l’industrie automobile chinoise.

La phase « suivre », de 1953 à 2000

Si l’industrie automobile occidentale est née au milieu du XIXᵉ siècle, le secteur automobile chinois voit le jour environ un siècle plus tard. En 1953, la première usine automobile de l’entreprise FAW est fondée à Changchun (au nord-est de la Chine) avec l’aide de l’Union soviétique. Elle marque les débuts de la République populaire de Chine dans cette branche.

Le modèle Dongfeng CA71, ce qui signifie « Vent d’est », produit par le constructeur chinois First Automobile Works (FAW), en 1958.
Wikimediacommons

À partir de 1985, la Chine met en place des mesures protectionnistes telles que des droits de douane élevés et des quotas d’importation. Parallèlement, elle attire les investissements étrangers pour implanter des usines sur son sol, en s’appuyant sur une main-d’œuvre bon marché et un énorme potentiel commercial. En 1994, pour sortir de sa dépendance aux technologies étrangères, la politique industrielle automobile exige que la participation étrangère dans les coentreprises ne dépasse pas les 50 %.

Durant cette phase, la Chine commence à explorer le secteur des véhicules à énergie nouvelle. En 1992, le scientifique Xuesen Qian suggère :

« L’industrie automobile chinoise devrait passer directement à l’étape des énergies nouvelles pour réduire la pollution environnementale, sans passer par celle de l’essence et du diesel. »

La phase « rattraper », de 2001 à 2019

Après l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, son industrie automobile connaît un développement rapide. Les droits de douane sur les importations automobiles sont réduits, les politiques de protection commerciale sont supprimées, et l’ouverture du marché contraint l’industrie à améliorer sa qualité et à accélérer sa croissance.

L’utilisation du modèle des coentreprises stimule le développement d’entreprises automobiles nationales, établissant rapidement un système industriel complet. En 2009, la Chine devient, pour la première fois, le premier producteur automobile mondial.

Sous l’effet de plusieurs pressions, notamment le monopole des brevets des constructeurs automobiles européens et états-uniens, la sécurité énergétique et les contraintes écologiques, le secteur automobile chinois s’oriente vers le développement accéléré de véhicules à énergie nouvelle.

En 2009, la République populaire de Chine devient le premier producteur automobile mondial.
MikeDotta/Shutterstock

L’exploration des véhicules électriques commence dans les années 1830 en Europe et aux États-Unis. Elle stagne ultérieurement en raison de l’exploitation à grande échelle du pétrole et de l’essor de la technologie des moteurs à combustion interne. En République populaire de Chine, lors du 10e plan quinquennal, le programme national 863 pour les véhicules électriques pose, en 2001, le cadre de la recherche et du développement autour de « trois verticaux et trois horizontaux ».

Les « trois verticaux » désignent les véhicules électriques purs, les véhicules électriques hybrides et les véhicules à pile à combustible. Les « trois horizontaux » englobent les trois systèmes électriques : batteries, moteurs électriques et systèmes de contrôle électronique. Le scientifique en chef du projet Gang Wan déclare que si la Chine a environ vingt ans de retard sur les leaders internationaux dans le domaine des véhicules à moteur à combustion interne, l’écart dans le domaine des véhicules électriques n’est que de quatre à cinq ans.




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L’État introduit une série de subventions spécifiques pour développer l’industrie des véhicules électriques. Un certain nombre de marques nationales apparaissent, comme BYD laquelle passe de la fabrication de batteries à celle de véhicules complets. Les ventes de véhicules à énergie nouvelle en Chine atteignent, pour la première fois, le premier rang mondial en 2015. La même année, la publication du guide pour le développement des infrastructures de recharge des véhicules électriques (2015-2020) pose les fondations du plus grand réseau de recharge au monde.

La phase « mener », de 2020 à aujourd’hui

L’industrie automobile chinoise effectue un bond en avant technologique en passant des véhicules traditionnels à carburant aux véhicules intelligents à énergie nouvelle. Pour ce faire, quatre conditions sont nécessaires selon les économistes Elise Brezis, Paul Krugman et Daniel Tsiddon.

Premièrement, il doit exister un écart salarial important entre les pays leaders et les pays retardataires. Par rapport aux puissances automobiles établies, la République populaire de Chine affiche toujours une différence significative en matière de coût de main-d’œuvre par véhicule. Selon les derniers chiffres de la société de conseil Oliver Wyman, les constructeurs automobiles chinois engagent des dépenses de main-d’œuvre de 597 dollars par véhicule contre 769 dollars au Japon, 1 341 dollars aux États-Unis, 1 569 dollars en France et 3 307 dollars en Allemagne.

Deuxièmement, les technologies émergentes présentent initialement une efficacité relativement faible. Le secteur des véhicules électriques est confronté à des difficultés importantes à ses débuts. On peut citer, par comme exemple, la Roadster, première voiture électrique pure de Tesla, et la F3DM, première voiture hybride rechargeable au monde de BYD.

La nouvelle voiture électrique BYD Atto 1, lancée en Indonésie, est présentée au Salon international de l’auto 2025 de Gaikindo Indonésie (GIIAS), le mardi 29 juillet 2025.
fotopix/Shutterstock

Troisièmement, l’expertise acquise dans la recherche et le développement des réservoirs, des moteurs et des boîtes de vitesse des véhicules à combustion interne ne peut pas être appliquée aux trois systèmes électriques des véhicules à énergie nouvelle. Créée en 2011, l’entreprise Contemporary Amperex Technology Co. Limited (CATL) n’a aucune expérience dans le domaine des véhicules à combustion interne, mais elle devient en seulement six ans le leader mondial des batteries électriques avec, actuellement, 37,5 % de parts de marché.

Quatrièmement, les technologies des véhicules à énergie nouvelle arrivées à maturité améliorent la productivité dans trois domaines : l’optimisation des coûts, l’accélération de la recharge et la création de futures applications.

« Dépasser en changeant de voie »

De ses débuts où elle suivait le rythme des normes internationales jusqu’à sa position de leader mondial, l’industrie automobile chinoise suit une trajectoire complète consistant à éviter les écueils, à tirer parti de ses atouts et à réaliser des bonds en avant. Cette logique, nommée en Chine « dépasser en changeant de voie », fait écho aux principes de l’innovation disruptive proposés par l’universitaire Clayton Christensen.

Néanmoins, le développement futur du secteur automobile chinois reste semé d’embûches. La concurrence « involutive » qui découle du concept chinois d’« involution », signifiant littéralement « s’enrouler vers l’intérieur », désigne une concurrence excessive caractérisée par la guerre des prix entre constructeurs locaux, est devenue un obstacle majeur pour la pérennité de l’industrie. Les entreprises chinoises de véhicules à énergie nouvelle, impactées par la concurrence nationale et les droits de douane, accélèrent leur expansion à l’étranger tout en étant confrontées à un double défi matériel et culturel.


Cet article a été corédigé par Yuzhen Xie (écrivaine et conférencière), diplômée de Renmin University of China.

The Conversation

Fabien M. Gargam ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Le bond en avant de l’industrie automobile chinoise de 1953 à nos jours – https://theconversation.com/le-bond-en-avant-de-lindustrie-automobile-chinoise-de-1953-a-nos-jours-265607

Tony Blair est-il l’homme de la situation pour Gaza ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Dana El Kurd, Assistant Professor of Political Science, University of Richmond

Au vu de ce qui transparaît du plan élaboré pour Gaza par l’administration Trump, qui lui confère un rôle éminent, il semble que l’action de l’ancien premier ministre britannique Tony Blair sera comparable à son travail en tant qu’envoyé spécial du Quartet en Palestine (2007-2015), qui s’était soldé par un échec, plus qu’à son implication dans l’accord du Vendredi saint qui, en 1998, avait mis fin à trente ans de conflit armé en Irlande du Nord…


Tony Blair, l’homme choisi par Donald Trump pour jouer un rôle clé dans la supervision de la gouvernance de Gaza après la guerre, n’en est pas à sa première négociation d’un plan de paix.

Premier ministre du Royaume-Uni de 1997 à 2007, Blair a contribué en 1998 à la conclusion de l’accord du Vendredi saint, qui a permis de mettre un terme aux violences sectaires en Irlande du Nord. Après son départ du 10, Downing Street, Blair est immédiatement devenu envoyé spécial du Quartet – un groupe diplomatique regroupant l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Union européenne (UE), les États-Unis et la Russie pour élaborer une solution durable au conflit israélo-palestinien. Il est demeuré à ce poste jusqu’en 2015.

Comme l’ont tragiquement montré le carnage commis le 7 octobre 2023 par le Hamas et les ravages qui ont été ensuite infligés à Gaza par Tsahal, récemment qualifiés de génocide par un organe des Nations unies, le Quartet a échoué dans sa mission.

Le plan de paix en 20 points actuellement en discussion par les parties prenantes en Égypte est succinct : il insiste sur le retour des otages israéliens encore détenus par le Hamas, la démilitarisation de la bande de Gaza et la création d’une force de sécurité internationale pour opérer sur place.

Par ailleurs, ce plan ne soutient pas l’expulsion des Palestiniens de Gaza – contrairement à certaines propositions précédentes formulées par l’administration Trump et qualifiées par des associations de défense des droits humains de plans de « nettoyage ethnique ».

Le 8 octobre 2025, Trump a annoncé le lancement d’une phase initiale du plan de paix. Un accord a été trouvé sur l’échange des otages contre des prisonniers ainsi qu’une trêve des combats. Mais les négociations sont toujours en cours sur divers points d’achoppement, notamment le désarmement des groupes combattants gazaouis.

L’accord prévoit également qu’après la guerre, Gaza soit gouvernée par un comité palestinien provisoire « technocratique » et « apolitique ». Cet organe temporaire sera supervisé par un « Conseil de paix » dirigé par Trump lui-même. D’autres membres dont les noms n’ont pas été communiqués y siégeront également, mais le seul nom qui a été annoncé à ce stade est celui de Tony Blair, qui, selon certaines informations, était en pourparlers avec l’administration Trump depuis un certain temps pour élaborer le plan de paix actuel.

En tant que spécialiste des relations internationales et de la politique palestinienne, je crains que cette proposition ne comporte les mêmes limites et les mêmes défauts que les précédents plans de paix imposés aux Palestiniens par des organismes extérieurs, notamment les efforts du Quartet de Blair et les précédents accords d’Oslo, et qu’elle soit très éloignée des mécanismes qui ont permis de consolider la paix en Irlande du Nord.

Un plan qui prend racine dans une « paix illibérale »

La faille principale que les critiques voient dans le plan actuel est qu’il ne mentionne pas le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à la souveraineté, un droit pourtant inscrit dans le droit international.

Le plan ne prévoit pas non plus de participation significative des Palestiniens, que ce soit par l’intermédiaire de leurs représentants légitimes ou par le biais de mécanismes visant à garantir l’adhésion de la population.

Au contraire, le nouveau cadre est asymétrique, puisqu’il permet au gouvernement israélien d’atteindre bon nombre de ses objectifs politiques tout en imposant plusieurs niveaux de contrôle international et en n’évoquant que des garanties vagues pour le peuple palestinien, et ce, uniquement si celui-ci se conforme aux exigences des auteurs du texte.

En l’état, ce plan s’inscrit dans la continuité de ce que les politologues qualifient de « paix illibérale » en matière de résolution des conflits.

Dans un article publié en 2018, des chercheurs ont défini la « paix illibérale » comme une paix dans laquelle « la cessation du conflit armé est obtenue par des moyens […] ouvertement autoritaires ».

Une telle paix est obtenue grâce à « des méthodes qui évitent les véritables négociations entre les parties au conflit, rejettent la médiation internationale et les contraintes à l’usage de la force, ignorent les appels à s’attaquer aux causes structurelles sous-jacentes du conflit et s’appuient plutôt sur des instruments de coercition étatique et des structures hiérarchiques de pouvoir ».

Parmi les exemples passés, on peut citer la gestion des conflits au Kurdistan turc, en Tchétchénie ou encore, tout récemment, au Haut-Karabakh.

Le cas de l’Irlande du Nord

Cela contraste avec d’autres accords de paix conclus ailleurs, dans des cadres diplomatiques plus inclusifs, comme en Irlande du Nord.

Pendant plus de trente ans, le territoire avait été embourbé dans des violences sectaires entre les « loyalistes », majoritairement protestants et désireux de rester rattachés au Royaume-Uni, et la minorité catholique, qui entendait faire partie d’une république irlandaise unifiée et indépendante.

Pour mettre fin à ce conflit armé, le processus de paix a inclus toutes les parties concernées, y compris les différents groupes combattants.

De plus, le processus de paix en Irlande du Nord a explicitement impliqué la population irlandaise et lui a permis de s’exprimer à travers deux référendums distincts. Les habitants d’Irlande du Nord ont voté pour ou contre le plan, tandis que ceux de la République d’Irlande ont voté pour ou contre l’autorisation donnée à l’État irlandais de signer l’accord.

Grâce à ce processus inclusif et démocratique, le conflit n’a toujours pas repris depuis vingt-sept ans.

Si Tony Blair n’a pas lancé le processus de paix en Irlande du Nord, son gouvernement a joué un rôle central, et c’est lui qui a déclaré que « la main de l’histoire » reposait sur l’épaule de ceux qui ont participé aux derniers jours des négociations.

Échec à Oslo

Le processus nord-irlandais, couronné de succès, contraste fortement avec les nombreux processus de paix qui ont échoué au Moyen-Orient, lesquels s’inscrivent davantage dans le concept de « paix illibérale ».

La tentative la plus sérieuse en faveur d’une paix durable a été celle des accords d’Oslo de 1993, par lesquels l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a accepté le droit d’Israël à exister, renonçant à ses revendications sur une grande partie de la Palestine historique, en échange de la reconnaissance par Israël de l’OLP comme représentant légitime du peuple palestinien.

Ce processus a conduit à la création de l’Autorité palestinienne, qui était censée exercer une gouvernance limitée à titre provisoire, et à la tenue d’élections présidentielles et parlementaires afin d’impliquer la population palestinienne. Mais comme l’ont depuis admis de nombreux anciens responsables américains, les accords étaient asymétriques : ils offraient aux Palestiniens une reconnaissance sous l’égide de l’OLP, mais peu de perspectives pour parvenir à une solution négociée dans un contexte d’occupation par un pays souverain bien plus puissant.

Le processus de paix s’est effondré lorsque cette asymétrie est apparue clairement. Les deux parties entendaient des choses très différentes par le mot « État ». Le gouvernement israélien envisageait une forme d’autonomie limitée pour les Palestiniens et poursuivait l’expansion des colonies et l’occupation militaire. Les Palestiniens, quant à eux, envisageaient un État légitime exerçant sa souveraineté.

Pour aggraver les problèmes, les Palestiniens n’ont jamais eu un pouvoir de négociation égal, et les accords manquaient d’un arbitre neutre, les États-Unis, le principal médiateur, penchant clairement en faveur de la partie israélienne.

Oslo était censé être un processus limité dans le temps afin de donner aux négociateurs le temps de résoudre les questions en suspens. Dans la pratique, il a servi à couvrir diplomatiquement, des années durant, un statu quo dans lequel les gouvernements israéliens se sont éloignés d’une solution à deux États tandis que les Palestiniens sont devenus de plus en plus fragmentés politiquement et géographiquement dans un contexte de difficultés et de violences croissantes.

Le processus de paix d’Oslo s’est effondré au début du mandat du gouvernement Blair, alors même que celui-ci contribuait à mettre la touche finale à l’accord du Vendredi saint.

Répéter les erreurs à Gaza ?

Dans le contexte israélo-palestinien actuel, Blair risque de répéter les erreurs d’Oslo. Il s’apprête à siéger au sein d’un organisme international non démocratique chargé de superviser un peuple soumis à une occupation militaire de facto.

De plus, bien que le plan Trump dépende de l’approbation du Hamas, ce mouvement n’aura aucun rôle à jouer après la phase initiale. En effet, le cadre stipule explicitement que le Hamas doit être exclu de toute discussion future sur l’après-guerre à Gaza. De plus, aucun autre groupe palestinien n’est directement impliqué ; le principal rival du Hamas, le Fatah, qui contrôle l’Autorité palestinienne en Cisjordanie occupée, n’est mentionné que brièvement. Quant à l’Autorité palestinienne, il n’y a qu’une vague allusion à la réforme de cet organisme.

De même, il n’a été fait aucune mention de ce que le peuple palestinien pourrait réellement souhaiter. À cet égard, l’organe proposé rappelle la création de l’Autorité provisoire de la coalition dirigée par les États-Unis lors de l’invasion de l’Irak (2003-2004). Cet organisme, qui a gouverné l’Irak immédiatement après l’invasion, a été sévèrement critiqué pour sa corruption et son manque de transparence.

L’échec de la guerre en Irak et l’implication du Royaume-Uni dans ce conflit ont contribué à la démission de Tony Blair de son poste de premier ministre en 2007, après quoi il a occupé la fonction d’envoyé spécial du Quartet. Formé par l’ONU, les États-Unis, l’UE et la Russie, le Quartet était chargé de préserver une forme de solution à deux États et de mettre en œuvre des plans de développement économique dans les villes palestiniennes.

Mais lui aussi a échoué à répondre aux réalités politiques changeantes sur le terrain, alors que les colonies israéliennes s’étendaient et que l’occupation militaire s’intensifiait.

Selon ses détracteurs, le Quartet aurait largement ignoré le droit des Palestiniens à l’autodétermination et à la souveraineté, se concentrant plutôt sur une amélioration marginale des conditions économiques et sur des initiatives superficielles.

La dernière proposition soutenue par les États-Unis s’inspire largement de cette approche. Même si elle apporte à court terme un répit bienvenu aux souffrances des Gazaouis, une résolution durable et mutuellement acceptée du conflit israélo-palestinien qui dure depuis plusieurs décennies nécessite ce que le plan de Trump met de côté : l’autodétermination palestinienne.

En Irlande du Nord, Blair avait compris l’importance d’une médiation neutre et de l’adhésion de toutes les parties au conflit et de la population elle-même. Le plan auquel il participe aujourd’hui semble fonctionner selon un calcul très différent.

The Conversation

Dana El Kurd est membre de l’Arab Center de Washington.

ref. Tony Blair est-il l’homme de la situation pour Gaza ? – https://theconversation.com/tony-blair-est-il-lhomme-de-la-situation-pour-gaza-267156

‘Space tornadoes’ could cause geomagnetic storms – but these phenomena, spun off ejections from the Sun, aren’t easy to study

Source: The Conversation – USA – By Mojtaba Akhavan-Tafti, Associate Research Scientist, University of Michigan

Flux ropes (simulated, right) are structures made up of magnetic field lines wrapping around each other like a rope, that look similar to tornadoes on Earth. NOAA, Mojtaba Akhavan-Tafti and Chip Manchester

Weather forecasting is a powerful tool. During hurricane season, for instance, meteorologists create computer simulations to forecast how these destructive storms form and where they might travel, which helps prevent damage to coastal communities. When you’re trying to forecast space weather, rather than storms on Earth, creating these simulations gets a little more complex. To simulate space weather, you would need to fit the Sun, the planets and the vast empty space between them in a virtual environment, also known as a simulation box, where all the calculations would take place.

Space weather is very different from the storms you see on Earth. These events come from the Sun, which ejects eruptions of charged particles and magnetic fields from its surface. The most powerful of these events are called interplanetary coronal mass ejections, or CMEs, which travel at speeds approaching 1,800 miles per second (2,897 kilometers per second).

To put that in perspective, a single CME could move a mass of material equivalent to all the Great Lakes from New York City to Los Angeles in just under two seconds – almost faster than it takes to say “space weather.”

When these CMEs hit Earth, they can cause geomagnetic storms, which manifest in the sky as beautiful auroras. These storms can also damage key technological infrastructure, such as by interfering with the flow of electricity in the power grid and causing transformers to overheat and fail.

Bands of colorful light in the night sky above a snowy ridge.
Geomagnetic storms, caused by space weather, produce beautiful light shows, but they can also damage satellites.
Frank Olsen, Norway/Moment via Getty Images

To better understand how these storms can wreak so much havoc, our research team created simulations to show how storms interact with Earth’s natural magnetic shield and trigger the dangerous geomagnetic activity that can shut down electric grids.

In a study published in October 2025 in the Astrophysical Journal, we modeled one of the sources of these geomagnetic storms: small, tornado-like vortices spun off of an ejection from the Sun. These vortices are called flux ropes, and satellites had previously observed small flux ropes – but our work helped uncover how they are generated.

The challenge

Our team started this research in summer 2023, when one of us, a space weather expert, spotted inconsistencies in space weather observations. This work had found geomagnetic storms occurring during periods when no solar eruptions were predicted to hit Earth.

Bewildered, the space weather expert wanted to know if there could be space weather events that were smaller than coronal mass ejections and did not originate directly from solar eruptions. He predicted that such events might form in the space between the Sun and Earth, instead of in the Sun’s atmosphere.

One example of such smaller space weather events is a magnetic flux rope – bundles of magnetic fields wrapped around each other like a rope. Its detection in computer simulations of solar eruptions would hint to where these space weather events may be forming. Unlike satellite observations, in simulations you can turn back the clock or track an event upstream to see where they originate.

Sometimes the Sun ejects masses of plasma and magnetic field lines, called coronal mass ejections.

So he asked the other author, a leading simulation expert. It turned out that finding smaller space weather events was not as simple as simulating a big solar eruption and letting the computer model run long enough for the eruption to reach Earth. Current computer simulations are not meant to resolve these smaller events. Instead, they are designed to focus on the large solar eruptions because these have the most effects on infrastructure on Earth.

This shortfall was quite disappointing. It was like trying to forecast a hurricane with a simulation that only shows you global weather patterns. Because you can’t see a hurricane at that scale, you would completely miss it.

These larger-scale simulations are known as global simulations. They study how solar eruptions form on the Sun’s surface and travel through space. These simulations treat streams of charged particles and magnetic fields floating through space as fluids to reduce the computational cost, compared with modeling every charged particle independently. It’s like measuring the overall temperature of water in a bottle, instead of tracking every single water molecule individually.

Because these simulations are computational phenomena that happen across such a vast space, they can’t resolve every detail. To affordably resolve the vast space between the Sun and the planets, researchers divide the space into large cubes – analogous to two-dimensional pixels in a camera. In the simulation, these cubes each represent an area 1 million miles (1.6 million kilometers) wide, tall and across. That distance is equivalent to about 1% of the distance from Earth to the Sun.

The search begins

Our search began with what felt like hunting for a needle in a haystack. We were looking into old global simulations, searching for a tiny, transient blob – which would signify a flux rope – within an area of space hundreds of times wider than the Sun itself. Our initial search did not yield anything.

We then shifted our focus to the simulations of the May 2024 solar eruption event. This time, we specifically looked at the region where the solar eruption collided into a quiet flow of charged particles and magnetic fields, called the solar wind, ahead of it.

There it was: a distinct system of magnetic flux ropes.

However, our excitement was short-lived. We could not tell where these flux ropes came from. The modeled flux ropes were also too small to survive, eventually fizzling out because they became too small to resolve with our simulation grid.

But that was the type of clue we needed – the presence of flux ropes at the location where the solar eruption collided with the solar wind.

To settle the issue, we decided to bridge this gap and create a computer model with a finer grid size than those previous global simulations used. Since increasing the resolution across the entire simulation space would have been prohibitively expensive, we decided to only increase the simulation resolution along the trajectory of the flux ropes.

The new simulations could now resolve features that spanned distances six times Earth’s 8,000-mile (or 128,000-kilometer) diameter down to tens of thousands of miles – nearly 100 times better than previous simulations.

A comparison of low and enhanced simulation grid sizes. We identified one flux rope in the original, low-resolution simulation, but it soon fizzled out. When we improved the simulation grid, we could see multiple flux ropes.
CC BY-NC-ND

Making the discovery

Once we designed and tested the simulation grid, it was time to simulate that same solar eruption that led to the formation of those flux ropes in the less fine-grained model. We wanted to study the formation of those flux ropes and how they grew, changed shape and possibly terminated in the narrow wedge encompassing the space between the Sun and Earth. The results were astonishing.

The high-resolution view revealed that the flux ropes formed when the solar eruption slammed into the slower solar wind ahead of it. The new structures possessed incredible complexity and strength that persisted far longer than we expected. In meteorological terms, it was like watching a hurricane spawn a cluster of tornadoes.

We found that the magnetic fields in these vortices were strong enough to trigger a significant geomagnetic storm and cause some real trouble here on Earth. But most importantly, the simulations confirmed that there are indeed space weather events that form locally in the space between the Sun and Earth. Our next step is to simulate how such tornado-like features in the solar wind may impact our planet and infrastructure.

This two-dimensional cut of the simulation box shows a solar eruption that moves toward Earth quickly. The eruption slams into the slower solar wind ahead of it, causing the formation of a constellation of magnetic flux ropes. The magnetic flux ropes appear as islands in the simulation box. The solid lines represent magnetic field lines, and the color bar shows the number of charged particles. Flux ropes move toward Earth upon formation in the solar wind. The video also shows how the Space Weather Investigation Frontier space mission, or SWIFT, a constellation of four satellites forming a tetrahedron configuration, could examine the formation and growth of these structures in the solar wind.

Watching these flux ropes in the simulation form so quickly and move toward Earth was exciting, but concerning. It was exciting because this discovery could help us better plan for future extreme space weather events. It was at the same time concerning because these flux ropes would only appear as a small blip in today’s space weather monitors.

We would need multiple satellites to directly see these flux ropes in greater detail so that scientists can more reliably predict whether, when and in what orientation they may affect our planet and what the outcome may be. The good news is that scientists and engineers are developing the next-generation space missions that could address this.

The Conversation

Mojtaba Akhavan-Tafti is the Principal Investigator of Space Weather Investigation Frontier (SWIFT). He receives funding from NASA.

W. Manchester is a Co-Investigator of Space Weather Investigation Frontier (SWIFT). He receives funding from NASA and the National Science Foundation (NSF).

ref. ‘Space tornadoes’ could cause geomagnetic storms – but these phenomena, spun off ejections from the Sun, aren’t easy to study – https://theconversation.com/space-tornadoes-could-cause-geomagnetic-storms-but-these-phenomena-spun-off-ejections-from-the-sun-arent-easy-to-study-266567

Trade is shaping new global power relations: what this means for Africa

Source: The Conversation – Africa – By Arno J. van Niekerk, Senior lecturer in Economics, University of the Free State

Over the past two decades, economic strength, trade flows, technological leadership and even consumer demand have been moving steadily from west to east. This transformation is redrawing economic maps. It is also raising urgent questions about co-operation, competition and inclusion in a multipolar world. Lecturer in economics and finance Arno van Niekerk answers questions about these issues, which he explores in a new book, West to East: A New Global Economy in the Making?

What indicates a shift from west to east?

Brics countries, largely driven by China and India, overtook the G7 countries in their share of global GDP in 2018. As Figure 1 shows, the Brics contribution has grown from 32.33% of global GDP to 35.43% in 2024 (after being at 21.37% in 2000).

Figure 1

The G7’s share decreased to 29.64%, from 43.28% in 2000.

This marks a historic turning point. Economic leadership that was long concentrated in the west has decisively shifted towards emerging economies.

Another strong indicator of the shift is the change in global shares of trade of the G7 and Brics countries. This is particularly true of exports. Data shows that Brics+ (11 countries, including new members) captured 28% of world exports in 2024, closing in on the G7’s 32%.

The rebalancing of global trade dynamics has wide-ranging consequences for international business. It means, especially in the case of China and India, that these economies are doing more than expanding in scale. They are also integrating effectively into global value chains, improving productivity and raising living standards.

As shown in Figure 2, the share of global merchandise exports of the G7 countries fell from 45.1% in 2000 to 28.9% in 2023. For their part, the Brics+ share rose from 10.7% (2000) to 23.3% (2023).

Figure 2

There are other indicators too:

  • Over two-thirds of global foreign exchange reserves are held in Asia. In particular, in China (US$3 trillion), Japan, India and South Korea. Large reserves indicate that a nation earns more from exports, investment inflows and remittances than it spends on imports and debt payments.

  • China has displaced western dominance in foreign direct investment in developing regions. Through its Belt and Road Initiative – involving over 150 countries – it has become the world’s largest source of outbound foreign direct investment.

  • Asia now accounts for more than half of the global middle class, driving demand growth. Asia is projected to represent over 50% of global consumer spending. This compares with less than 20% in 1990.

  • China, India, South Korea and Japan have become leaders in financial technology, artificial intelligence and 5G adoption. China now files more international patents annually than the US and European Union combined. Specifically, the tech rivalry between the US and China illustrates the change in technological leadership.

What does this shift tell us about economic co-operation?

Countries in both the east and the west need to make more intentional efforts. This is necessary, firstly, to address the growing geoeconomic tension. And secondly to move the world towards a shared vision for sustainable economic progress that benefits all countries.

Such co-operation needs to go beyond traditional trade and investment agreements. It should be deliberately structured to reduce inequalities, strengthen resilience and embed sustainability.

I identify five main areas for co-operative initiatives.

Co-ordinated policy frameworks: tax co-operation in the form of global minimum corporate taxes to ensure fair revenue for social investment. Harmonise labour and social protections through common standards to prevent exploitation. Align sustainable development by embedding the Sustainable Development Goals, the Paris Agreement targets and human rights principles into trade and financial agreements.

Inclusive trade and investment: fair trade agreements to ensure that market access benefits small producers, women and marginalised communities. Establish regional value chains that support developing countries in upgrading within global value chains – so that they don’t just supply raw materials. Design co-operative frameworks for technology transfer, especially for sharing green and digital technologies at affordable costs.

Financial co-operation: innovative financing mechanisms, such as green and social bonds, blended finance and climate funds need to be made accessible to low-income countries. Implement co-operative mechanisms for debt relief and restructuring. This will help address unsustainable debt that crowds out social spending. Forge public-private partnerships for inclusion to co-finance social infrastructure. This includes education, health and digital access.

Knowledge and capacity building: joint research platforms are required to enable more collaborative work on climate adaptation, food security and inclusive digitalisation. South-south and triangular co-operation should be increased to share experiences and best practices among developing nations with support from multilateral institutions. Managed labour mobility schemes through skills partnerships will benefit both sending and receiving countries.

Governance and multilateral reform: reforming global institutions like the World Bank, International Monetary Fund and World Trade Organization is essential to give developing economies stronger voices in these institutions.

What should African countries be doing?

China, India and other leading eastern countries have proven themselves formidable rivals to the west – economically, militarily and in global governance. Africa occupies a central position. It has the opportunity to become a key player in shaping the future of the global economy.

A number of recommendations should serve as priority areas – particularly over the next decade.

The first would include building a digital backbone, and enhancing technology and AI capabilities. These have become core drivers of competitiveness. Without infrastructure and skills, countries are relegated to raw-material suppliers.

Countries need:

  • a national broadband and data-centre strategy (public-private), and incentives to attract the building of regional data centres

  • more training in science, technology, engineering, maths and artificial intelligence. Examples include fast-track bootcamps, ICT in secondary schools and support for local AI startups.

Secondly, governments should continue to secure investment in digital infrastructure, such as fibre optics, 5G networks and data centres. They could potentially use China’s Digital Silk Road, which promotes affordable tech alternatives.

Secondly, South Africa and other African countries need to prioritise economic inclusion and sustainable development to fast-track broad-based inclusive economic development. This should be the core driver of their development strategy.

Thirdly, African governments must strategically navigate geopolitical shifts and alliances. They are key spheres of influence in the digital competition between the US and China, and ought to use this position to their benefit. To do this, Africna governments should:

  • use Brics+ membership in a co-ordinated way to advance national interests

  • foster south-south co-operation by strengthening trade, technological transfer and financial alliances with other developing countries in Asia, Africa and Latin America. More emphasis should be placed on initiatives like the Forum on China-Africa Co-operation.

  • enhance trade diplomacy and diversify markets to be able to sell more goods and services in Asian, European and intra-African markets

  • maximise external investment by securing investments, infrastructure and digital partnerships from both the US and China. This will position African countries to benefit from the global technology competition.

The Conversation

Arno J. van Niekerk does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Trade is shaping new global power relations: what this means for Africa – https://theconversation.com/trade-is-shaping-new-global-power-relations-what-this-means-for-africa-266940

West Africa’s trade monitoring system has collapsed – why this is dangerous for food security

Source: The Conversation – Africa – By Olivier Walther, Associate Professor in Geography, University of Florida

A decade ago countries in West Africa set up a unique trade monitoring mechanism. Its purpose was to track intra-regional trade in agricultural products and livestock in the region. But the system was closed down in 2022 due to a lack of funding by regional organisations.

The mechanism provided West African countries with data from more than 320 markets and along 10 corridors, enabling the tracking of not only trade patterns but livestock and zoonotic diseases.

The lack of up-to-date trade data has a number of knock-on effects. Detailed intra-trade data are essential to help assess the impact of external shocks that can significantly affect food security and economic development. These include political crises, extreme weather events, currency devaluation, or epidemics.

Good data is also essential for mapping trade networks. In turn, this can strengthen market information systems and disease surveillance efforts. These rely heavily on the movement of goods, people, livestock and capital across the region.

Using data collected by the Permanent Interstate Committee for Drought Control in the Sahel from 2013 to 2017, researchers show the importance of considering the social structure of trade networks, their geography and temporal changes.

The social structure of trade networks could better inform market information systems and disease surveillance, both of which rely heavily on the movement of goods, people, livestock and capital across the region

They conclude that regional bodies should support the resumption of trade data collection. They should also foster dialogue with national statistical offices and other national institutions that have experience in collecting data on informal regional food trade to work towards a coherent regional statistical approach.

A unique database on the regional economy

In West Africa, agricultural goods and livestock trade operates in well-established corridors. Animals, for example, flow from the Sahel to the major urban centres of the Atlantic Coast and of the Gulf of Guinea.

Our analysis of the trade data suggests that border markets play a key role in livestock trade and that a large proportion of movements are trans-boundary.

This high level of mobility facilitates the spread of livestock and zoonotic diseases. These include Rift Valley fever, Crimean-Congo haemorrhagic fever, Foot and Mouth disease, and Peste des petits ruminants. At the end of September 2025, for example, a new outbreak of Rift Valley fever was observed in Mauritania and Senegal. The two West African countries have very close ties when it comes to animal movements.

The transnational nature of trade in West Africa led to the creation of a regional database by the Permanent Interstate Committee for Drought Control in the Sahel in 2013. Data collected on more than 320 markets and along 10 corridors, from Guinea and Senegal in the west to Nigeria in the east, were unique on the African continent.

The data was particularly well suited for analysis of locally-produced food stuff and livestock at the regional level. This is because it incorporated both formal and informal trade. Both are prevalent throughout the region. Our recent work estimates informal activities could reach up to 85% of total trade, representing US$10 billion. This is six times higher than portrayed in official statistics

Filling the statistical gap

The experience of recent years and the transnational nature of trade flows suggest one key step. That being regional institutions, rather than bilateral donors, take over data collection.

Initially, the data were collected within the framework of the Permanent Interstate Committee for Drought Control in the Sahel’s Regional Support Program of Market Access. This was developed to increase the volume and value of trade within the Economic Community of West African States and the West African Economic and Monetary Union .

From 2017 to 2019, the United States Agency for International Development provided funding to establish the database as part of its West Africa/Regional Agriculture Office. The data was eventually integrated to the ECOWAS Informal Cross Border Trade database. This was developed to monitor informal cross-border trade in the region in 2019.

The United States Agency for International Development programme ended in 2019. After this, data collection was transferred to the Family Farming, Regional Markets and Cross-Border Trade Corridors in the Sahel project. Launched in 2020, its aim was to develop a sustainable and self-financed means of collecting reliable data on agricultural and food trade in West Africa.

Funding for these activities was provided by the International Fund for Agricultural Development. It was locally managed by the West African Association for Cross-Border Trade in Agro-forestry-pastoral and Fisheries Products, based in Togo.

This initiative, covering 17 countries unfortunately came to an end in 2022 (agricultural products) and 2024 (livestock).

The cessation of this funding has had dire effects. It profoundly affected researchers’ ability to measure the impact of structural and political changes affecting the region. For example, it is still impossible to measure the extent to which the closure of certain borders following successive coups in Mali, Burkina Faso, and Niger in recent years has affected the trade networks linking the Sahel to the Gulf of Guinea.

Better data to monitor trade and animal diseases

Re-establishing a permanent data collection system by supporting local associations such as the West African Association for Cross-Border Trade in Agro-forestry-pastoral and Fisheries Products is one of the essential steps for policymakers wishing to strengthen the region’s resilience.

The World Animal Health Organisation’s International Animal Health Code has suggested centralising livestock mobility data. This could be a starting point. It is the most efficient way to prevent and respond to transnational disease spread through trade.

Accurate, timely and centralised data collection could help identify possible hotspots and reconstruct transmission patterns. It could also develop control measures and alert systems to protect unaffected areas.

Beyond disease control, resuming the collection of data on intra-regional trade would also contribute to design policies that support the adaptation of regional economy to new climate conditions and political unrest. Better trade data on West Africa’s informal sector could unlock climate adaptation finance by highlighting its real value.

For instance, in one of our latest reports, we estimate that regional livestock exports for Mali, Niger and Burkina Faso are likely to be close to USD 1 billion when counting unrecorded trade, against USD 80 million in official statistics.

The research for this article was carried out in conjunction with Mr. Brahima Cissé who coordinates the Regional Markets program at the Economic Community of West African States in Togo; Dr. Alban Masaparisi, an economist specialising in food systems transformation and agricultural policy at the OECD Sahel and West Africa Club, France and Mr. Koffi Zougbede, an economist working on food systems at the OECD Sahel and West Africa Club, France.__

The Conversation

Olivier Walther receives funding from the OECD.

Andrea Apolloni and Lacey Harris-Coble do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. West Africa’s trade monitoring system has collapsed – why this is dangerous for food security – https://theconversation.com/west-africas-trade-monitoring-system-has-collapsed-why-this-is-dangerous-for-food-security-266405

Pop culture sud-coréenne : les raisons d’un succès mondial

Source: The Conversation – France (in French) – By Sylvie Octobre, Chercheuse, Ministère de la Culture

Les héroïnes de _KPop Demon Hunters_ (2025), pop stars et chasseuses de démons. Netflix

La « hallyu » (ou, vague coréenne) désigne la diffusion mondiale de la culture sud-coréenne depuis la fin des années 1990. Elle englobe la popularité croissante de la musique K-pop, des dramas coréens, du cinéma, de la mode, de la cuisine et même des jeux vidéo et des cosmétiques provenant du sud de la péninsule. Ce phénomène, soutenu par Internet et les réseaux sociaux, a permis à Séoul de renforcer son influence culturelle et économique internationale. Mais comment expliquer un succès aussi durable et aussi général ?


En 2021, la série Squid Game, distribuée par Netflix dans 190 pays, bat des records d’audience avec 266 millions de vues et remporte 52 prix de la critique pour la saison 1. En 2025, le film d’animation musicale K-pop Demon Hunters explose les compteurs de la plate-forme (avec 236 millions de vues depuis sa sortie en août, ce qui en fait le film le plus regardé de tous les temps sur Netflix), tandis que le single principal du film Golden occupe les premières des charts partout dans le monde et atteint 503 millions de streams sur Spotify.

Ces deux succès d’audience et de critique ne sont pas des phénomènes isolés : ils font partie de la Hallyu (ou K-Wave), vague de produits culturels sud-coréens qui déferlent depuis plus de deux décennies sur le monde et modifient les équilibres en matière de production et consommation culturelle, en défiant la domination d’anciens centres dans les domaines aussi bien esthétique qu’économique. L’une des caractéristiques les plus remarquables de cette vague est sa diversité : Squid game fait de la critique du capitalisme débridé et des inégalités qui en découlent son message principal, tandis que K-pop Demon Hunters raconte l’histoire fantastique d’un groupe de trois jeunes filles, membres d’un groupe de K-pop féminin le jour et chasseuses de démons la nuit

La consommation de la différence

Comment comprendre cet attrait international pour les produits culturels d’un « petit » pays ? Les explications culturalistes qui renvoient alternativement au registre de la proximité ou de la distance préexistante entre les contenus des produits et la culture audiences sont inopérantes pour l’expliquer.

L’argument de la proximité ne peut rendre compte d’un succès mondial, car celle-ci est par nature variable d’une aire géographique à une autre, et les produits sud-coréens peuvent bien paraître « familiers » ou « proches » aux pays voisins – Japon et Chine (exception faite des conflits de mémoire qui continuent de les opposer) – et « lointains » de la France, qui n’a pas de lien historique avec la Corée du Sud, accueille une diaspora sud-coréenne très minoritaire (quelques dizaines de milliers de personnes seulement) et est dotée d’un terreau culturel assez étranger au néoconfucianisme de la Corée du Sud.

L’explication par la distance « exotique » ne rend pas non plus compte de l’attrait international envers les produits sud-coréens, tant la Corée du Sud projette l’image d’un pays moderne, que l’on considère ses indicateurs économiques, ses performances dans le domaine éducatif ou ses avancées technologiques.

Il importe par conséquent de chercher d’autres explications à cette appétence qui relève plutôt d’un penchant pour la consommation de la différence, ce goût des autres étant devenu le moteur du consumérisme moderne, notamment dans les jeunes générations. Se manifestant dans les paysages, la langue et les traits anthropologiques, cette différence réside également dans le cas des produits sud-coréens dans la présentation d’une modernité critique mais non désenchantée (car la résolution des tensions entre l’individu et le collectif est possible), qui semble savoir concilier les legs du passé et les enjeux du présent (comme en témoigne le genre sagueuk, qui, tout en traitant des contenus historiques, aborde souvent des sujets modernes, comme la place des femmes, l’inclusion des classes laborieuses, etc.). Cette modernité est présentée comme une alternative à ses concurrentes occidentales (notamment états-uniennes) et orientales (notamment chinoises et japonaises) qui, chacune à leur manière, cherchent à faire prévaloir un récit hégémonique.

Du soft au « sweet power »

La hallyu a souvent été prise en exemple du déploiement de ce qu’il est convenu d’appeler le soft power. En effet, les produits audiovisuels sud-coréens, le plus souvent assortis d’une image fun, cool et innovante, ont permis de faire connaître un pays, jusqu’alors resté marginal dans la globalisation de la culture et des imaginaires.

Néanmoins, à la différence des vagues culturelles dominantes, et notamment de la vague états-unienne, la hallyu n’ambitionne pas de coréaniser le monde ni de diffuser une « Korean way of life ». Au contraire, les standards des productions audiovisuelles sud-coréennes sont de plus en plus réappropriés par les industries internationales. Alors que Squid Game a été écrit, réalisé (par Hwang Dong-Hyuk) et produit en Corée du Sud (par Siren Pictures Inc, basée à Séoul), K-pop Demon Hunters est écrit, réalisé (par Maggie Kang et Chris Appelhans, basés à Hollywood et Los Angeles) et produit aux États-Unis (par Sony Pictures Animation). Le « K » n’est donc plus seulement l’indicateur d’une nation mais d’une esthétique qui lui échappe à mesure que son succès s’accroît.

Le soft power culturel de la Corée du Sud prend donc un visage particulier. D’abord, il ne s’accompagne pas du déploiement d’un hard power de type militaire (comme cela a été le cas pour les États-Unis, dont les marques globales ont fait irruption sur le marché européen et japonais après la Seconde Guerre mondiale, parallèlement à une forte présence militaire), alors même que la Corée du Sud est, dans les faits, une puissance militaire.

Il ne réactive pas non plus des souvenirs douloureux d’un passé impérialiste ou colonial (comme cela a pu être le cas des produits culturels japonais en Asie de l’Est), puisque la Corée a plutôt été une terre de conquête et qu’elle subit encore les attaques régulières de la Corée du Nord, pays avec lequel la paix n’a jamais été signée.

Ensuite, le succès de la hallyu n’est pas instrumentalisé par le gouvernement sud-coréen dans des rapports de forces géopolitiques et géoéconomiques, comme pouvait l’être l’arrivée massive de produits états-uniens en France après la Seconde Guerre mondiale, dans le cadre du règlement de la dette de guerre française (accords Blum-Byrnes de 1946). C’est pourquoi nous avons proposé de désigner cette forme originale de soft power par le terme de sweet power. Bien entendu, le sweet power reste inscrit dans un rapport de force, comme les réactions de rejet qu’il suscite, notamment chez les anciens dominants, l’indiquent : la Chine bloque régulièrement l’importation des produits sud-coréens pour défendre son nationalisme culturel, de même que des mouvements anti-coréens ont vu le jour au Japon et aux États-Unis depuis le succès de la hallyu.

Un exemple de globalisation alternative

Ce sweet power naît dans le cadre d’une transformation de la globalisation de la culture, devenue une mosaïque culturelle. La domination des acteurs historiques de la globalisation de la culture est en effet battue en brèche par l’émergence de nouveaux centres de production, qui ont connu une forte élévation des niveaux de vie et de consommation de leurs populations désormais démographiquement dominantes dans les équilibres mondiaux.

Elle l’est aussi via la prolifération des plates-formes numériques (YouTube, Netflix, Naver, Viki, iQIYI, Disney +, Prime Vidéo, Rakuten, etc.) et par l’essor concomitant des réseaux sociaux (Tik Tok, We Chat, KakaoTalk, LINE, etc.) qui permettent à des productions locales de toucher rapidement une audience globale.

La globalisation culturelle ne correspond donc plus à la diffusion unidirectionnelle des modèles occidentaux vers le reste du monde et la hallyu s’inscrit dans une histoire qui a vu se succéder la vague des films de Hongkong, de Bollywood et de Nollywood, mais également les anime japonais, les télénovelas brésiliennes, les diziler turcs, etc. La globalisation de la culture devient donc multipolaire, même si tous les pays producteurs ne disposent pas des mêmes ressources pour promouvoir leurs contenus culturels, leurs styles, leurs imaginaires et leurs récits.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pop culture sud-coréenne : les raisons d’un succès mondial – https://theconversation.com/pop-culture-sud-coreenne-les-raisons-dun-succes-mondial-265774

Catastrophes industrielles, ferroviaires, maritimes… L’erreur individuelle existe-t-elle vraiment ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Chauvin Christine, Professeur en ergonomie cognitive, facteurs humains, Université Bretagne Sud (UBS)

L’erreur humaine est considérée comme un facteur déterminant dans la survenue d’accidents majeurs. Elle a été ainsi désignée comme une cause principale dans le naufrage du « Titanic », l’explosion de l’usine de pesticide de Bhopal, l’explosion du réacteur de Tchernobyl ou encore la collision aérienne de Tenerife. Lorsque de tels accidents surviennent, les médias mettent souvent en exergue l’erreur commise par l’équipe ou l’opérateur qui pilotait le système et l’associent parfois à la responsabilité individuelle d’une personne. Est-ce vraiment pertinent ?


Prenons l’exemple de la collision frontale entre un train de voyageurs et un convoi de marchandises survenue en Grèce, dans la nuit du 28 février au mercredi 1er mars 2023. Faisant 57 morts et 81 blessés graves, c’est l’accident ferroviaire le plus meurtrier qu’a connu la Grèce. Dans un article paru le 1er mars, le lendemain de la catastrophe, le journal le Monde titrait Accident de train en Grèce : le premier ministre pointe « une tragique erreur humaine », puis précisait plus loin que le chef de la gare de Larissa avait été arrêté et était poursuivi pour « homicides par négligence ».

Deux trains avaient circulé pendant plus de dix minutes sur la même voie, en sens opposé, sans qu’aucun système d’alarme ne soit déclenché avant la collision. Le rapport d’enquête rédigé par la HARSIA (Hellenic Air & Rail Safety Investigation Authority, l’équivalent du Bureau d’enquêtes sur les accidents de transport terrestre en France ou BEA-TT), publié le 27 février 2025, montre que la cause immédiate de l’accident est une erreur d’aiguillage. Le train de passagers IC 62 en provenance d’Athènes aurait dû rester sur la voie principale (ascendante), mais le chef de gare orienta l’aiguillage vers la voie descendante qui était occupée par un train de fret venant en sens inverse.

Malheureusement, le chef de gare ne détecta pas cette erreur et il n’y eut pas de communication claire avec le conducteur du train qui aurait permis de l’identifier. En effet, le chef de gare donna un ordre ambigu qui ne mentionnait pas la voie qu’allait emprunter le train. Le conducteur aurait dû répéter l’ordre en demandant au chef de gare de préciser la voie (ascendante ou descendante). Il s’agit de la procédure dite de « readback/hearback » qui consiste à répéter et à confirmer chaque instruction critique pour éviter tout malentendu. De plus, le conducteur aurait dû contacter le chef de gare lorsqu’il a constaté qu’il ne se trouvait pas sur la voie montante.

Le rapport met en évidence les circonstances dans lesquelles cette erreur a été commise (notamment la charge de travail élevée du chef de gare, un pupitre de contrôle comportant de nombreuses commandes et informations). De plus, il fait ressortir les défaillances du système ferroviaire grec comme constituant des facteurs sous-jacents (infrastructure dégradée et insuffisamment entretenue, sous-effectif chronique, absence de maintenance préventive des dispositifs de contrôle-commande et de la signalisation, problème de formation et de gestion des compétences des personnels, défaillance du système de communication, absence de retour d’expériences qui aurait permis d’apprendre des incidents et accidents passés).

Les auteurs de ce rapport n’examinent donc pas seulement les activités du chef de gare et du conducteur de train ; ils s’intéressent aussi aux décisions d’acteurs institutionnels : la compagnie ferroviaire chargée de l’exploitation des trains, l’entreprise publique gestionnaire du réseau ferré et, donc, l’État.

Cet accident a entraîné de nombreuses manifestations en Grèce ; les manifestants pointant les dysfonctionnements du réseau ferroviaire. Le chef de gare de Larissa a été le premier à être placé en détention provisoire, puis trois autres employés des chemins de fer ont été poursuivis pour « homicide involontaire par négligence ». Le 15 septembre 2025, le procureur d’appel de Larissa a demandé, à l’issue d’un rapport de 996 pages, que 33 autres personnes soient renvoyées devant la cour d’assises. Il s’agit d’acteurs opérationnels ou administratifs responsables de la sécurité ferroviaire.

Cet exemple montre qu’il est important, lors d’un accident majeur, d’opérer un déplacement de point de vue :

  • ne plus se focaliser sur l’opérateur, mais examiner l’ensemble des éléments qui compose le système au sein duquel il opère ;

  • ne plus se focaliser sur l’action ou sur la décision d’un opérateur « de première ligne », mais considérer l’impact des décisions prises à tous les niveaux d’une organisation.

Erreur humaine ou défaillances systémiques ?

Nombre de travaux menés depuis la Seconde Guerre mondiale invitent à considérer une action erronée non pas comme une action fautive, mais comme le symptôme d’une mauvaise adéquation entre les capacités de l’opérateur et les caractéristiques de sa situation de travail.

En 1990, le psychologue anglais James Reason publie un ouvrage de référence intitulé Human Error dans lequel il distingue les « erreurs actives » et les « erreurs latentes » ou « conditions latentes ». Les premières ont un effet immédiat. Il s’agit d’actions « erronées » commises par les opérateurs « de première ligne ». Les secondes sont présentes au sein du système depuis parfois de nombreuses années, mais sont « dormantes ». Elles se développent à partir d’activités humaines éloignées de l’activité qui déclenche le dommage (activités de conception, de maintenance, management). C’est en se combinant à d’autres facteurs qu’elles se révèlent et contribuent à l’accident.

Nous avons utilisé ce cadre pour analyser des collisions entre navires. L’analyse menée fait apparaître trois grandes classes d’accidents.

La première classe est typique d’accidents qui surviennent dans des eaux dites « resserrées » (des chenaux principalement) alors qu’un pilote se trouve à bord du navire. Les principaux facteurs d’accidents sont des problèmes de communication (entre navires et au sein de l’équipage). Ce résultat met en exergue l’importance des formations au travail d’équipe, tout particulièrement pour les situations dans lesquelles un pilote doit interagir avec le commandant et l’équipage du navire. Ce facteur fait écho à l’ambiguïté de la communication entre le chef de gare et le conducteur de train qui participa à la collision ferroviaire de Larissa.

La deuxième classe d’accidents résulte de l’interaction de facteurs appartenant à différents niveaux du système : mauvaise visibilité et non-utilisation ou mauvaise utilisation des instruments, planification d’opérations inappropriées à la situation – comme une vitesse excessive au regard des conditions extérieures ou un nombre insuffisant de personnes affectées à la tâche (facteurs relevant du leadership), système de management de la sécurité incomplet (facteur organisationnel).

La troisième classe d’accidents se caractérise, quant à elle, par le non-respect du système de management de la sécurité ; il s’agit, dans ce cas, de violations (erreurs intentionnelles) relevant du leadership.

De l’analyse des erreurs à l’analyse des décisions

Jens Rasmussen, qui fut l’un des chercheurs les plus influents dans le domaine de la sécurité et de l’étude de l’erreur humaine, explique que la notion d’erreur (supposant un écart à une performance définie) n’est pas vraiment pertinente, parce qu’elle entre en contradiction avec la capacité d’adaptation humaine, avec le fait que les acteurs – au sein d’un système – ont une certaine liberté dans la façon de réaliser leur activité et peuvent ainsi opter pour différentes stratégies.

Adaptation et variabilité sont même nécessaires pour garantir la performance des systèmes. S’intéressant aux interactions « verticales » au sein d’une organisation, Rasmussen propose d’identifier tous les acteurs (acteurs étatiques, législateurs, syndicats, concepteurs de système, dirigeants d’entreprises, managers, opérateurs) dont les décisions ont contribué à l’accident ; il souligne que les contraintes et possibilités qui s’imposent à un acteur donné et à un niveau donné dépendent de décisions prises par d’autres acteurs.

Dans le secteur de la pêche maritime, il est intéressant d’analyser l’impact des décisions prises par les législateurs (au niveau national et international) sur les choix réalisés par les concepteurs des navires et des équipements et, finalement, sur les pêcheurs eux-mêmes. Ainsi plusieurs études ont examiné l’impact, sur la sécurité des marins-pêcheurs, du type de quotas de pêche (quotas individuels qui donnent à un opérateur le droit de prélever une quantité déterminée de poissons sur un stock ou quotas collectifs). D’une façon générale, l’allocation individuelle de quotas réduit la « course au poisson » et diminue les prises de risque.

Dans la lignée de ces travaux, nous avons montré que la législation impose aux marins-pêcheurs des contraintes qui ont une forte incidence sur leurs décisions, sur les arbitrages qu’ils font au quotidien et sur la prise de risque.

Il est nécessaire d’adopter une perspective systémique pour comprendre la survenue des accidents. Dans ce cadre, il apparaît plus pertinent de s’intéresser aux décisions des différents acteurs d’un système, et aux interactions entre ces décisions, qu’aux erreurs qu’ils peuvent commettre.

The Conversation

Chauvin Christine ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Catastrophes industrielles, ferroviaires, maritimes… L’erreur individuelle existe-t-elle vraiment ? – https://theconversation.com/catastrophes-industrielles-ferroviaires-maritimes-lerreur-individuelle-existe-t-elle-vraiment-264169

El Nobel que rima con la historia: del vapor a la inteligencia artificial

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Luis Garvía Vega, Director del Máster Universitario en Gestión de Riesgos Financieros (MUGRF) en ICADE Business School, Universidad Pontificia Comillas

Un año más, conviene leer entre líneas lo que dicen desde el Riksbank. Los Nobel de Economía nunca se conceden solo por lo que premian, sino también por lo que insinúan. Detrás de cada elección hay un mensaje subliminal: cuando galardonaron a Ben Bernanke, en 2022, el trasfondo era la política monetaria y las crisis financieras. Cuando en 2023 premiaron a Claudia Goldin, historiadora del trabajo, el foco estaba en la evolución del papel de la mujer en la economía. Este año, al reconocer a Joel Mokyr, Philippe Aghion y Peter Howitt, el acento vuelve al motor del progreso: la innovación.

Como recordaba Mark Twain, la historia no se repite pero rima. Y este Nobel, apoyado en historiadores del crecimiento y arquitectos de la destrucción creadora, rima poderosamente con el momento que vivimos.

Confianza en el progreso

Joel Mokyr es mucho más que un historiador económico: es un arqueólogo de las ideas que hicieron posible el progreso. Profesor en Northwestern University, lleva décadas escarbando en los cimientos intelectuales de la Revolución Industrial, preguntándose no solo qué ocurrió, sino por qué ocurrió allí y entonces.

En obras como The Lever of Riches o A Culture of Growth, Mokyr sostiene que el verdadero motor del desarrollo no fueron las máquinas sino las mentes. Europa despegó, recuerda, cuando cambió su actitud hacia el conocimiento e inventores, científicos y artesanos comenzaron a hablar un mismo idioma: el de la curiosidad, la evidencia y la confianza en el progreso.

Su mensaje tiene hoy un eco especial en el Viejo Continente: Europa ya fue cuna de una revolución industrial gracias a su cultura abierta, crítica y colaborativa. Podría volver a serlo si convierte la inteligencia, humana y artificial, en su nueva materia prima. Mokyr nos recuerda que la tecnología no nace del vacío, sino de un ecosistema cultural que confía en la razón y tolera el error. Y que el optimismo no es ingenuidad, sino una forma de fe en la capacidad creativa del ser humano.

Que surja lo nuevo

Si Mokyr nos recuerda de dónde venimos, Philippe Aghion y Peter Howitt nos explican hacia dónde vamos. Discípulos intelectuales de Joseph Schumpeter, transformaron su intuición sobre la destrucción creadora en una teoría rigurosa del crecimiento económico.

Su modelo, que hoy forma parte del ADN de la economía moderna, describe cómo las nuevas ideas, al irrumpir, desplazan a las antiguas y abren espacio para el progreso. No se trata de destruir por destruir, sino de dejar morir lo que ya no sirve para que surja lo nuevo: la esencia misma del emprendimiento.

Aghion, desde el Collège de France, insiste en que las economías dinámicas son aquellas que premian la innovación y toleran el riesgo, mientras Howitt, desde Brown University, ha mostrado cómo esa dinámica se traduce en bienestar a largo plazo. En tiempos de revolución tecnológica, su mensaje es claro: no hay crecimiento sin cambio, ni innovación sin valentía. Europa, que un día lideró el espíritu emprendedor de Schumpeter, necesita recuperar esa audacia: convertir su prudencia en impulso, su regulación en confianza, y su miedo a perder en deseo de crear.

El comunicado oficial del Riksbank lo resume con una claridad que trasciende lo académico:

“Por haber explicado el crecimiento económico impulsado por la innovación, con una mitad a Joel Mokyr por haber identificado los prerrequisitos para un crecimiento sostenido mediante el progreso tecnológico, y la otra mitad a Philippe Aghion y Peter Howitt por la teoría del crecimiento sostenido a través de la destrucción creativa”.




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La Chine : de l’imitation à l’innovation ?


Ideas, energía poderosa

En una sola frase, el premio conecta pasado y futuro: la cultura del conocimiento que permitió la Revolución Industrial y el dinamismo emprendedor que impulsa el cambio tecnológico actual. Mokyr nos recuerda que sin un clima intelectual abierto no hay inventos que prosperen, y Aghion y Howitt que sin competencia y renovación no hay progreso que dure.

Kerstin Enflo, profesora de historia económica y miembro del comité del Nobel de Economía 2025. Fuente: YouTube, The Nobel Prize.

El Nobel de 2025 no es solo un homenaje a tres economistas brillantes, sino un recordatorio para nuestro tiempo: las ideas siguen siendo la energía más poderosa de la humanidad. Europa, que una vez encendió la chispa del vapor y del pensamiento crítico, tiene ante sí la oportunidad de hacerlo de nuevo, esta vez con la inteligencia, humana y artificial, como su nuevo motor de crecimiento.

The Conversation

Luis Garvía Vega no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El Nobel que rima con la historia: del vapor a la inteligencia artificial – https://theconversation.com/el-nobel-que-rima-con-la-historia-del-vapor-a-la-inteligencia-artificial-267241

Why are elements like radium dangerous? A chemist explains radioactivity and its health effects

Source: The Conversation – USA – By Kelling Donald, Professor of Chemistry, University of Richmond

Radioactive elements release particles that can damage cells. MirageC/Moment via Getty Images

Curious Kids is a series for children of all ages. If you have a question you’d like an expert to answer, send it to CuriousKidsUS@theconversation.com.


“What is radium and why is it dangerous?” – Aurora, 10, Laredo, Texas


The element radium can be found in extremely tiny amounts in the Earth’s crust and oceans, and in its pure form it is a soft silvery metal. To an untrained eye, a small piece of radium may look like a chip off a regular gray rock. But radium can invisibly emit radiation – energy and small fragments of itself – that you can’t feel, see or smell. And that invisible radiation can hurt you, without you even noticing right away.

What’s going on with this silent threat that can stealthily damage your body in ways that can take years to reveal themselves?

As a chemist, I’m interested in what makes different elements safe to handle or hazardous. This dangerous release of radiation is called radioactivity, and even though its source may look unassuming, it can burn you or even give you diseases that don’t manifest for years.

Atoms and isotopes

Everything you see around you – your skin, rocks, the pages of books – is all made up of different combinations of extremely small particles called atoms.

An atom has a small, dense center called the nucleus. Negatively charged particles called electrons move around the nucleus. Inside the nucleus, there are two types of particles: positively charged protons and neutral neutrons.

All atoms with the same number of protons in their nuclei are the same element. Besides radium, some elements you may have heard of are carbon and oxygen. All carbon atoms have six protons and all oxygen atoms have eight protons. Radium atoms are much heavier – all radium atoms have 88 protons.

A diagram showing a nucleus with two circles representing neutrons and two circles representing protons, with a + in the protons. Around it is a circle with two small circles labeled electrons.
A simplified model of an atom, where the nucleus, containing neutrons and positively charged protons, sits in the center surrounded by negatively charged electrons.
CNX OpenStax/Wikimedia Commons, CC BY

Interestingly, it is possible for atoms of the same element to have different numbers of neutrons. Atoms of the same element with different numbers of neutrons are called isotopes. For instance, two carbon atoms would each have six protons, but one might have six neutrons while another could have seven or eight.

The number of protons and neutrons packed together in the nucleus determines whether the nucleus of an isotope is stable or not. If the nucleus is not stable, problems can arise.

Radioactive decay

The nucleus of each atom wants to be stable, but only certain arrangements of protons and neutrons make that possible. The number of protons and neutrons do not have to be equal, but some combinations make for a happy, or stable, coexistence in the nucleus while others don’t.

A nucleus with an unhappy mix of protons and neutrons might break down or deteriorate in some way. That process is called radioactivity or radioactive decay.

The periodic table with radioactive elements color-coded. Most of them are on the bottom row of the table.
Elements are radioactive if they decay by releasing parts of the nucleus or high-energy particles.
Armtuk/Wikimedia Commons, CC BY

That radioactive decay process releases some form of radiation from the nucleus. This radiation can take the form of tiny particles moving rapidly or high-energy electromagnetic waves emerging from the nucleus. It is that radiation – the high-energy particles and waves shooting out from the nucleus of unstable atomic nuclei – that can make you sick.

There are different types of radioactive decay. In one case, an atom decays by kicking out a small fragment of itself that is made up of two protons and two neutrons. Since the number of protons determines what element we have, decay that changes the number of protons in an atom turns it into a different element.

Radioactive decay can be quite slow, though. It can take thousands of years for one element to decay into a different one.

The case of radium

All radium atoms are unstable and radioactive. Many of these isotopes decay very quickly, but Ra-226, which has 138 neutrons and 88 protons and is the most common, decays the slowest. It takes 1,600 years for half a sample of Ra-226 to decay.

A diagram showing the nucleus of a particle of Radium releasing a piece made up of two protons and two neutrons, creating a smaller particle which is now Radon.
Radium undergoes alpha decay, where it loses a fragment of its nucleus containing two protons and two neutrons, after which it becomes radon.
MikeRun/Wikimedia Commons, CC BY-SA

As Ra-226 decays, it loses two protons and two neutrons, which turns it into an isotope of radon. Then the radon decays, and the atom eventually reaches a stable form as the element lead. Each step in that decay series releases more nuclear radiation.

Some other elements in nature with no stable isotope are technetium, polonium, actinium and uranium.

Effects on the human body

The nuclear radiation emitted when radium and other elements decay can damage the cells in the human body. It can lead to cancers or other health problems.

A drawing of three people standing by a glowing cauldron on a workbench.
Marie and Pierre Curie experimented with radium, which ended up causing health complications for them.
André Castaigne

Whether you’re exposed to a lot of radiation quickly, like making the mistake of walking around for a few hours with radioactive material in your pocket, or you’re exposed to just a little over a long time, the high-energy particles and electromagnetic waves from nuclear radiation can lead to serious health problems, including burns and cancers.

Remarkably, even though radioactivity is a threat to life, scientists can control and use it to diagnose and treat diseases – including cancers. If the radiation is delivered precisely to where cancer cells are, the radiation can destroy those rogue cells wreaking havoc in the body.

People who work professionally with radioactive materials need to follow strict guidelines and procedures to protect themselves. They use special shields and radiation detectors, and they minimize the amount of time they’re exposed to any radioactivity.

Pierre and Marie Curie, who discovered radium in 1898, suffered some of the negative effects of radioactivity. Pierre experienced radioactive burns, and Marie died from a blood disease likely caused by chronic radiation exposure. Over 100 years later, her notebooks are still radioactive.


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The Conversation

Kelling Donald does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why are elements like radium dangerous? A chemist explains radioactivity and its health effects – https://theconversation.com/why-are-elements-like-radium-dangerous-a-chemist-explains-radioactivity-and-its-health-effects-262923

3-legged lizards can thrive against all odds, challenging assumptions about how evolution works in the wild

Source: The Conversation – USA – By James T. Stroud, Assistant Professor of Ecology and Evolution, Georgia Institute of Technology

A brown basilisk missing both its entire left forearm and part of its right hind limb. Brian Hillen

We are lizard biologists, and to do our work we need to catch lizards – never an easy task with such fast, agile creatures.

Years ago, one of us was in the Bahamas chasing a typically uncooperative lizard across dense and narrow branches, frustrated that its nimble agility was thwarting efforts to catch it. Only when finally captured did we discover this wily brown anole was missing its entire left hind leg. This astonishing observation set our research down an unexpected path.

That chance encounter led us to collaborate with over 60 colleagues worldwide to document what we suspected might be a broader phenomenon. Our research uncovered 122 cases of limb loss across 58 lizard species and revealed that these “three-legged pirates” – the rare survivors of traumatic injuries – can run just as fast, maintain healthy body weight, reproduce successfully and live surprisingly long lives.

To be clear, most lizards probably do not survive such devastating injuries. What we’re documenting are the exceptional cases that defy our expectations about how natural selection works.

A hefty green lizard with a noticeable mark where it's left 'arm' would have been poses on a tree branch
A four-horned chameleon missing its entire left forelimb in Cameroon appeared healthy when observed in the wild, despite the specialized gripping requirements of chameleons.
Christopher Anderson

This discovery is startling because lizard limbs represent one of biology’s most studied examples of evolutionary adaptation. For decades, scientists have demonstrated that even tiny differences in leg length between individual lizards can mean the difference between life and death – affecting their ability to escape predators, catch prey and find mates.

Since subtle variations matter so much, biologists have long assumed that losing an entire limb should be catastrophic.

Yet our global survey tells a different story about these remarkable survivors. Working with colleagues across six continents, we found limb-damaged lizards across nearly all major lizard families, from tiny geckos to massive iguanas.

These animals had clearly healed from whatever trauma caused their injuries – likely accidents or the failed attempts of a predator to eat them. Perhaps most remarkably, we documented surviving limb loss even in chameleons, tree-climbing specialists whose movements seem to require perfect limb coordination.

Thriving, not just surviving

The body condition of these lizards was most surprising. Rather than appearing malnourished, many limb-damaged lizards were actually heavier than expected for their size, suggesting they were successfully finding food despite their handicap. Some were actively reproducing, with females found carrying eggs and males observed successfully mating.

4 side by side X-ray images in black and white of small lizards each missing a limb
Limb damage can be fairly common in some lizard populations, such as these X-rays of brown anoles (Anolis sagrei) from the Bahamas.
Jason Kolbe/Jonathan Losos

These findings force us to reconsider some basic assumptions about how evolution might work in wild populations. Charles Darwin envisioned natural selection as an omnipresent force, “daily and hourly scrutinizing” every feature.

But perhaps selection is more episodic than constant. Maybe sometimes limb length matters tremendously, while during other times – such as when food is abundant and predators are scarce – limb length matters less and three-legged lizards can flourish.

These lizard survivors showcase the incredible solutions that millions of years of evolution have built into their biology. Rather than being passive victims of their injuries, these lizards may survive by actively choosing safer habitats or hunting strategies, using smart behavior to avoid situations where their disability would be a disadvantage.

Biological engineering in action

Our research combines old-fashioned natural history observations with cutting-edge, biomechanical analysis.

We use high-speed cameras and computer software that can track movement frame by frame to analyze running mechanics invisible to the naked eye. This combination of field biology and laboratory precision allows us to understand not just that these lizards survive, but how they accomplish this remarkable feat.

When we tested the three-legged lizards’ athletic performance, the results defied expectations. Some animals were clearly impaired in their sprinting capabilities, but others actually ran faster than fully-limbed individuals of the same size across a 2-meter dash during our “Lizard Olympics.”

Researchers used computer software that automatically tracks movement patterns to analyze high-speed videos of lizards sprinting, such as this brown anole missing half of its right back leg. Christopher Anderson

High-speed video analysis revealed their secret: The speedy survivors compensate through creative biomechanical solutions. One brown anole missing half its hind limb dramatically increased its body undulation during sprinting, using exaggerated snakelike movements to compensate for the missing leg.

By documenting the unexpected – the seemingly impossible survivors – we’re reminded that nature still holds surprises that can fundamentally change how we think about life itself.

The Conversation

Jonathan Losos receives funding from the National Science Foundation.

James T. Stroud does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. 3-legged lizards can thrive against all odds, challenging assumptions about how evolution works in the wild – https://theconversation.com/3-legged-lizards-can-thrive-against-all-odds-challenging-assumptions-about-how-evolution-works-in-the-wild-262467