Le « fibremaxxing » est à la mode. Voici pourquoi cela pourrait poser problème

Source: The Conversation – in French – By Lewis Mattin, Senior Lecturer, Life Sciences, University of Westminster

Les fibres sont essentielles, c’est incontestable. Mais dans le monde des tendances santé en ligne, ce qui était au départ un conseil alimentaire judicieux s’est transformé en « fibremaxxing », une tendance qui consiste à consommer des quantités astronomiques de fibres au nom du bien-être.

Au Canada, les recommandations suggèrent que les femmes ont besoin de 25 grammes de fibres par jour et les hommes 38 grammes de fibres par jour. Les enfants et les adolescents ont généralement besoin de beaucoup moins.

Pourtant, malgré des recommandations claires, la plupart des Canadiennes et Canadiens n’atteignent pas leur objectif quotidien en matière de fibres. L’un des principaux responsables ? L’essor des aliments ultra-transformés. Pas moins de 46 % de l’apport énergétique quotidien consommé au pays en 2015 provenait d’aliments ultratransformés. Les enfants étaient d’ailleurs les plus grands consommateurs.

Quand les bons aliments disparaissent de nos assiettes

Les aliments ultra-transformés sont généralement pauvres en fibres et en micronutriments, tout en étant riches en sucre, en sel et en graisses malsaines. Lorsque ces aliments dominent notre assiette, les aliments complets naturellement riches en fibres sont évincés.

Des études montrent que plus la consommation d’aliments ultra-transformés augmente, plus la consommation de fibres diminue, ainsi que celle d’autres nutriments essentiels. Il en résulte une population qui est loin d’atteindre son objectif quotidien en matière de fibres.

Les fibres alimentaires sont essentielles à une bonne santé dans le cadre d’une alimentation équilibrée. On les trouve principalement dans les aliments d’origine végétale.

Ajouter des aliments riches en fibres à vos repas et collations tout au long d’une journée type, par exemple en optant pour du pain complet au petit-déjeuner, en conservant la peau des fruits comme les pommes, en ajoutant des lentilles et des oignons à un chili pour le dîner et en mangeant une poignée de graines de citrouille ou de noix du Brésil entre les repas, aiderait une personne moyenne à atteindre ses besoins quotidiens de 30 g.

Consommer trop de fibres

Avec le fibremaxxing, ce qui pourrait rendre cette tendance quelque peu dangereuse, c’est le fait de supprimer d’autres groupes d’aliments tels que les protéines, les glucides et les lipides et de les remplacer par des aliments riches en fibres, des compléments alimentaires ou des poudres.

C’est là que le risque potentiel pourrait atténuer les avantages d’une augmentation de la consommation de fibres, car, à ma connaissance, aucune étude solide n’a été menée chez l’homme sur la consommation à long terme de plus de 40 g de fibres par jour. (Certains partisans du « fibremaxxing » recommandent de consommer entre 50 et 100 g par jour.)


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Consommer trop de fibres trop rapidement, surtout sans boire suffisamment d’eau, peut entraîner des ballonnements, des crampes et de la constipation. Cela peut également provoquer une accumulation de gaz qui peut aussi entraîner des flatulences au mauvais moment, comme pendant les trajets quotidiens.

Des passagers regardent avec suspicion quelqu’un hors champ
Quelqu’un a fait du fibremaxxing.
William Perugini/Shutterstock

Une augmentation rapide de la consommation de fibres ou une consommation excessive peut interférer avec l’absorption de micronutriments essentiels tels que le fer, qui soutient le fonctionnement normal de l’organisme, ainsi que des macronutriments, qui fournissent l’énergie nécessaire au mouvement, à la réparation et à l’adaptation.

Pas que des inconvénients

Cependant, il est important de se rappeler que l’augmentation de la quantité de fibres dans votre alimentation offre de nombreux avantages pour la santé. Elles favorisent un système digestif sain en stimulant le transit intestinal et en réduisant l’apparition de maladies inflammatoires de l’intestin.

Les fibres solubles aident à réguler la glycémie en ralentissant l’absorption du glucose, ce qui les rend particulièrement utiles pour les personnes à risque de diabète de type 2. Elles réduisent également le taux de cholestérol LDL (mauvais cholestérol), ce qui diminue le risque de maladies cardiaques. Les fibres procurent une sensation de satiété plus longue, ce qui favorise une gestion saine du poids et la régulation de l’appétit. Ces résultats sont tous bien documentés.

De plus, une alimentation riche en fibres a été associée à un risque moindre de certains cancers, en particulier le cancer du côlon, car elle aide à éliminer efficacement les toxines de l’organisme. Augmenter progressivement votre consommation de fibres jusqu’à atteindre les niveaux recommandés, grâce à une alimentation équilibrée et variée, peut avoir de réels bienfaits pour la santé.

Au vu des preuves, il est clair que beaucoup d’entre nous pourraient tirer profit d’une consommation plus importante de fibres, mais dans la limite du raisonnable.

En attendant d’en savoir plus, il est plus prudent de respecter les recommandations actuelles en matière de consommation de fibres et de les consommer sous forme naturelle plutôt que sous forme de poudres ou de compléments alimentaires. Les fibres sont essentielles, mais il ne faut pas nécessairement en consommer davantage.

Ignorez les modes sur les réseaux sociaux et privilégiez l’équilibre : céréales complètes, légumes, noix et graines. Votre intestin – et vos compagnons de trajet – vous en remercieront.

La Conversation Canada

Lewis Mattin est affilié à la Physiological Society, à la Society for Endocrinology, à In2Science et au réseau Ageing and Nutrient Sensing Network financé par l’UKRI.

ref. Le « fibremaxxing » est à la mode. Voici pourquoi cela pourrait poser problème – https://theconversation.com/le-fibremaxxing-est-a-la-mode-voici-pourquoi-cela-pourrait-poser-probleme-262282

EPA removal of vehicle emissions limits won’t stop the shift to electric vehicles, but will make it harder, slower and more expensive

Source: The Conversation – USA (2) – By Alan Jenn, Associate Professor of Civil and Environmental Engineering, University of California, Davis

Customers have embraced electric vehicles; policy changes may decrease that interest but will not eliminate it. Carlin Stiehl/Los Angeles Times via Getty Images

The U.S. government is in full retreat from its efforts to make vehicles more fuel-efficient, which it has been waging, along with state governments, since the 1970s.

The latest move came on July 29, 2025, when the Environmental Protection Agency said it planned to rescind its landmark 2009 decision, known as the “endangerment finding,” that greenhouse gases pose a threat to public health and welfare. If that stands up in court and is not overruled by Congress, it would undo a key part of the long-standing effort to limit greenhouse gas emissions from vehicles.

As a scholar of how vehicle emissions contribute to climate change, I know that the science behind the endangerment finding hasn’t changed. If anything, the evidence has grown that greenhouse gas emissions are warming the planet and threatening people’s health and safety. Heat waves, flooding, sea-level rise and wildfires have only worsened in the decade and a half since the EPA’s ruling.

Regulations over the years have cut emissions from power generation, leaving transportation as the largest source of greenhouse gas emissions in the U.S.

The scientific community agrees that vehicle emissions are harmful and should be regulated. The public also agrees, and has indicated strong preferences for cars that pollute less, including both more efficient gas-burning vehicles and electric-powered ones. Consumers have also been drawn to electric vehicles thanks to other benefits such as performance, operation cost and innovative technologies.

That is why I believe the EPA’s move will not stop the public and commercial transition to electric vehicles, but it will make that shift harder, slower and more expensive for everyone.

A multilane highway is packed with cars and trucks.
Transportation is the largest source of greenhouse gas emissions in the U.S.
Brandon Bell/Getty Images

Putting carmakers in a bind

The most recent EPA rule about vehicle emissions was finalized in 2024. It set emissions limits that can realistically only be met by a large-scale shift to electric vehicles.

Over the past decade and a half, automakers have been building up their capability to produce electric vehicles to meet these fleet requirements, and a combination of regulations such as California’s zero-emission-vehicle requirements have worked together to ensure customers can get their hands on EVs. The zero-emission-vehicle rules require automakers to produce EVs for the California market, which in turn make it easier for the companies to meet their efficiency and emissions targets from the federal government. These collectively pressure automakers to provide a steady supply of electric vehicles to consumers.

The new EPA move would undo the 2024 EPA vehicle-emissions rule and other federal regulations that also limit emissions from vehicles, such as the heavy-duty vehicle emissions rule.

The possibility of a regulatory reversal puts automakers into a state of uncertainty. Legal challenges to the EPA’s shift are all but guaranteed, and the court process could take years.

For companies making decade-long investment decisions, regulatory stability matters more than short-term politics. Disrupting that stability undermines business planning, erodes investor confidence and sends conflicting signals to consumers and suppliers alike.

An aerial view shows a very large building with an even larger parking lot outside, filled with cars.
Car manufacturers in the U.S. have invested large sums of money to produce electric vehicles.
Elijah Nouvelage/Getty Images

A slower roll

The Trump administration has taken other steps to make electric vehicles less attractive to carmakers and consumers.

The White House has already suspended key provisions of the Inflation Reduction Act that provided tax credits for purchasing EVs and halted a US$5 billion investment in a nationwide network of charging stations. And Congress has retracted the federal waiver that allowed California to set its own, stricter emissions limits. In combination, these policies make it hard to buy and drive electric vehicles: Fewer, or no, financial incentives for consumers make the purchases more expensive, and fewer charging stations make travel planning more challenging.

Overturning the EPA’s 2009 endangerment finding would remove the legal basis for regulating climate pollution from vehicles altogether.

But U.S. consumer interest in electric vehicles has been growing, and automakers have already made massive investments to produce electric vehicles and their associated components in the U.S. – such as Hyundai’s EV factory in Georgia and Volkswagen’s Battery Engineering Lab in Tennessee.

Global markets, especially in Europe and China, are also moving decisively toward electrifying large proportions of the vehicles on the road. This move is helped in no small part due to aggressive regulation by their respective governments. The results speak for themselves: Sales of EVs in both the European Union and China have been growing rapidly.

But the pace of change matters. A slower rollout of clean vehicles means more cumulative emissions, more climate damage and more harm to public health.

The EPA’s proposal seeks to slow the shift to electric vehicles, removing incentives and raising costs – even though the market has shown that cleaner vehicles are viable, the public has shown interest, and the science has never been clearer. But even such a major policy change can’t stop the momentum of those trends.

The Conversation

Alan Jenn does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. EPA removal of vehicle emissions limits won’t stop the shift to electric vehicles, but will make it harder, slower and more expensive – https://theconversation.com/epa-removal-of-vehicle-emissions-limits-wont-stop-the-shift-to-electric-vehicles-but-will-make-it-harder-slower-and-more-expensive-262384

When it comes to finance, ‘normal’ data is actually pretty weird

Source: The Conversation – USA (2) – By D. Brian Blank, Associate Professor of Finance, Mississippi State University

When business researchers analyze data, they often rely on assumptions to help make sense of what they find. But like anyone else, they can run into a whole lot of trouble if those assumptions turn out to be wrong – which may happen more often than they realize. That’s what we found in a recent study looking at financial data from about a thousand major U.S. companies.

One of the most common assumptions in data analysis is that the numbers will follow a normal distribution – a central concept in statistics often known as the bell curve. If you’ve ever looked at a chart of people’s heights, you’ve seen this curve: Most people cluster near the middle, with fewer at the extremes. It’s symmetrical and predictable, and it’s often taken for granted in research.

A one-minute introduction to the concept of the bell curve.

But what happens when real-world data doesn’t follow that neat curve?

We are professors who study business, and in our new study we looked at financial data from public U.S. companies – things like firm market value, market share, total assets and similar financial measures and ratios. Researchers often analyze this kind of data to understand how companies work and make decisions.

We found that these numbers often don’t follow the bell curve. In some cases, we found extreme outliers, such as a few large firms being thousands of times the size of other smaller firms. We also observe distributions that are “right-skewed,” which means that the data is bunched up on the left side of the chart. In other words, the values are on the lower end, but there are a few really high numbers that stretch the average upward. This makes sense, because in many cases financial metrics can only be positive – you won’t find a company with a negative number of employees, for example.

Why it matters

If business researchers rely on flawed assumptions, their conclusions – about what drives company value, for example – could be wrong. These mistakes can ripple outward, influencing business decisions, investor strategies or even public policy.

Take stock returns, for example. If a study assumes those returns are normally distributed, but they’re actually skewed or full of outliers, the results might be distorted. Investors hoping to use that research might be misled.

Researchers know their work has real-life consequences, which is why they often spend years refining a study, gathering feedback and revising the article before it’s peer-reviewed and prepared for publication. But if they fail to check whether data is normally distributed, they may miss a serious flaw. This can undermine even otherwise well-designed studies.

In light of this, we’d encourage researchers to ask themselves: Do I understand the statistical methods I’m using? Am I checking my assumptions – or just assuming they’re fine?

What still isn’t known

Despite the importance of data assumptions, many studies fail to report tests for normality. As a result, it’s unclear how many findings in finance and accounting research rest on shaky statistical grounds. We need more work to understand how common these problems are, and to encourage best practices in testing and correcting for them.

While not every researcher needs to be a statistician, everyone using data would be wise to ask: How normal is it, anyway?

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. When it comes to finance, ‘normal’ data is actually pretty weird – https://theconversation.com/when-it-comes-to-finance-normal-data-is-actually-pretty-weird-259365

Why leisure matters for a good life, according to Aristotle

Source: The Conversation – USA (3) – By Ross Channing Reed, Lecturer in Philosophy, Missouri University of Science and Technology

What we do in our free time says a lot about what makes us happy. Halfpoint Images/Moment via Getty Images

In his powerful book “The Burnout Society,” South Korean philosopher Byung-Chul Han argues that in modern society, individuals have an imperative to achieve. Han calls this an “achievement society” in which we must become “entrepreneurs” – branding and selling ourselves; there is no time off the clock.

In such a society, even leisure risks becoming another kind of work. Rather than providing rest and meaning, leisure is often competitive, performative and exhausting.

People feeling pressure to self-promote, for example, might spend their free time posting photos of an athletic race or an elaborate vacation on social media
to be viewed by family, friends and potential employers, adding to exhaustion and burnout.

As a philosopher and philosophical counselor, I study connections between unhealthy forms of leisure and burnout. I have found that philosophy can help us navigate some of the pitfalls of leisure in an achievement society. The celebrated Greek philosopher Aristotle, who lived from 384 to 322 B.C.E., in particular, can offer important insights.

Aristotle on self-development

Aristotle begins the famous “Nicomachean Ethics” by pointing out that we are all searching for happiness. But, he says, we are often confused about how to get there.

A man running outdoors on a paved pathway surrounded by palm trees and buildings.
Exercise needs to be done in moderation to achieve health goals.
AzmanL/E+ via Getty images

Aristotle believed that pleasure, wealth, honor and power will not ultimately make us happy. True happiness, he said, required ethical self-development: “Human good turns out to be activity of soul in accordance with virtue.”

In other words, if we want to be happy, Aristotle contended, we must make reasoned choices to develop habits that, over time, become character traits such as courage, temperance, generosity and truthfulness.

Aristotle is explicitly linking the good life to becoming a certain kind of person. There is no shortcut to ethical self-development. It takes time – time off the clock, time not engaged in some kind of entrepreneurial self-promotion.

Aristotle is also telling us about the power of our choices. Habits, he argues, are not just about action, but also motives and character. Our actions, he says, actually change our desires. Aristotle says: “By abstaining from pleasures we become temperate, and it is when we have become so that we are most able to abstain from them.”

In other words, good habits are the result of moving incrementally in the right direction through practice.

For Aristotle, good habits lead to ethical self-development. The converse is also true. To this end, for Aristotle, having good friends and mentors who guide and support moral development are essential.

How Aristotle helps us understand leisure

In an achievement society, we are often conditioned to respond to external pressures to self-promote. We may instead look to pleasure, wealth, honor and power for happiness. This can sidetrack the ethical development required for true happiness.

True leisure – leisure that is not bound to the imperative to achieve – is time we can reflect on our real priorities, cultivate friendships, think for ourselves, and step back and decide what kind of life we want to live.

The Greek word “eudaimonia,” often translated simply as happiness, is the term Aristotle uses to describe human thriving and flourishing. According to philosopher Jane Hurly, Aristotle views “leisure as essential for human thriving.” Indeed, “for both Plato and Aristotle leisure … is a prerequisite for the achievement of the highest form of human flourishing, eudaimonia,” as philosopher Thanassis Samaras argues.

While we may have limited means to acquire pleasure, wealth, honor and power, Aristotle tells us that we have control over the most important variable in the good life: what kind of person we will become. Leisure is crucial because it is time in which we get to decide what kind of habits we will develop and what kind of person we will become. Will we capitulate to achievement society? Or utilize our free time to develop ourselves as individuals?

When leisure is preoccupied with entrepreneurial self-promotion, it is difficult for moral development to take place. Free time that is not hijacked by the imperative to achieve is required for the development of a consistent relationship to oneself – what I call a relationship of self-solidarity – a kind of reflective self-awareness necessary to aim at the right target and make moral choices. Without such a relationship, the good life will remain elusive.

Leisure reimagined

Rather than adopting the achievement society’s formulation of the good life, we may be able to formulate our own vision. Without one’s own vision, we risk becoming mired in bad habits, leading us away from the moral development through which the good life becomes possible.

Aristotle makes it clear that we have the power to change not only our behaviors but our desires and character. This self-development, as Aristotle writes, is a necessary part of the good life – a life of eudaimonia.

The choices we make in our free time can move us closer to eudaimonia. Or they could move us in the direction of burnout.

The Conversation

Ross Channing Reed does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why leisure matters for a good life, according to Aristotle – https://theconversation.com/why-leisure-matters-for-a-good-life-according-to-aristotle-260392

Football and faith could return to the Supreme Court – this time, over loudspeakers

Source: The Conversation – USA (3) – By Charles J. Russo, Joseph Panzer Chair in Education and Research Professor of Law, University of Dayton

Private schools want to pray over the loudspeaker – at a public facility, during games run by a state association. John Coletti/Photodisc via Getty Images

With the start of another high school football season around the corner, a long-simmering dispute has heated up: prayers at games.

Kennedy v. Bremerton, the case of a high school football coach praying on the field after games, has been in the spotlight since the Supreme Court’s 2022 ruling. But another football controversy first emerged in 2015, when two Christian schools in Florida made it to the state championships. The games were run by the state’s high school athletic association, a government body.

Association officials barred the teams from conducting a joint prayer over the loudspeaker at the public stadium before kickoff. Allowing a prayer, they said, would violate federal and constitutional law. The First Amendment’s establishment clause forbids the government from establishing an official religion, from giving preference to a specific religion and from giving favor to or disfavoring religion in general.

Officials at one of the schools, Cambridge Christian, filed suit, arguing that banning the prayer violated its right to free speech and to the free exercise of religion. Lower courts entered orders in the association’s favor, but attorneys for the school petitioned the Supreme Court to hear the case.

As a faculty member who teaches and researches law relating to religion and education, I believe the justices are likely to take the case – and that its outcome could be consequential. I say this because the Supreme Court’s recent record in First Amendment cases has been more friendly to religious plaintiffs than ever in its history.

A police officer with his back to the camera stands outside the Supreme Court.
The Supreme Court is expected to announce this fall whether it will hear Cambridge Christian’s case.
AP Photo/Mariam Zuhaib

Government speech

Following multiple rounds of litigation, Cambridge Christian School v. Florida High School Athletic Association reached a federal appeals court in September 2024. The 11th Circuit unanimously affirmed an order upholding the association’s policy not to allow prayer over the public address system.

The 11th Circuit based its findings in its view that prayer would be a form of “government speech”: that it would be perceived as representing the state association, not just the Christian schools. While the First Amendment limits the government’s ability to regulate private speech, the government is free to regulate its own speech.

Therefore, the court held that association officials did not violate the school’s right to free speech or free exercise of religion.

In part, the 11th Circuit relied on a similar Supreme Court case from 2000, which also examined prayer at a high school football game: Santa Fe Independent School District v. Doe.

In the Santa Fe ruling, the justices invalidated a board’s policy of allowing prayer over the public-address system “by a speaker representing the student body, under the supervision of school faculty.” Such a policy violated the First Amendment’s establishment clause, they determined, because “an objective Santa Fe High School student will unquestionably perceive the inevitable pregame prayer as stamped with her school’s seal of approval.”

Endorsement test

According to reasoning known as the “endorsement test,” a message violates the establishment clause if someone listening would reasonably assume that the government is endorsing religion. This test originated in Lynch v. Donnelly, a 1984 dispute over a public Christmas display in a Rhode Island park owned by a nonprofit.

Recently, however, the Supreme Court explicitly rejected the endorsement test – potentially strengthening Cambridge Christian’s case. The court rejected it and a similar set of criteria, called the “Lemon test,” in another football-related case, 2022’s Kennedy v. Bremerton School District.

The majority opinion upheld the right of a football coach in a public high school, Joseph Kennedy, to pray silently on the field at the end of games. The justices explained that the establishment clause does not “require the government to single out private religious speech for special disfavor,” adding that the court “long ago abandoned Lemon and its endorsement test offshoot.”

A man with silver hair who is wearing a short-sleeved blue polo stands before microphones, as a half-dozen people stand around him.
Former assistant football coach Joseph Kennedy after his case, Kennedy vs. Bremerton School District, was argued before the Supreme Court on April 25, 2022.
Win McNamee/Getty Images

The Lemon test“ was the standard the Supreme Court had used since 1971 to evaluate interactions between the government and religion. Under Lemon, there were three key criteria for whether a law or government speech violated the establishment clause. To be permitted, a governmental action must have a secular purpose, and its main effect cannot either advance or inhibit religion. Lastly, the action “must not foster ‘an excessive government entanglement with religion.‘”

In Bremerton, repudiating Lemon, the justices declared that courts should instead assess establishment clause claims based on “historical practices and understandings.”

If the Supreme Court agrees to hear Cambridge Christian’s appeal, the justices will face two issues. The first is whether communal prayer over a loudspeaker before a state athletic association game is indeed government speech – especially because officials permitted a wide array of nonreligious private speech over the loudspeaker. The second issue is whether the endorsement factor of the government-speech doctrine revives the endorsement test.

Recent record

If the justices agree to hear Cambridge Christian, it must be viewed against the court’s recent history in disputes over religion. The majority has often been friendly toward religious plaintiffs in cases under both religion clauses of the Constitution: establishment and free exercise.

In recent years, for example, the justices allowed aid to faith-based school students, found that a board could not prevent Kennedy from praying silently on the field after games, and granted employees time off to worship.

Two important issues remain to be seen: first, whether the justices will continue expanding the boundaries of religious freedom; and second, whether Cambridge Christian will generate such a result.

Regardless of how the Supreme Court rules – and whether it does rule – Florida has already adopted a law requiring athletic associations to allow participating high schools “to make brief opening remarks, if requested … using the public address system at the event.”

Come fall 2025, the Supreme Court will decide whether to hear the case. If so, its judgment may clarify whether private speech using public PA systems becomes governmental speech. Because the 11th Circuit relied on the endorsement test that the Supreme Court expressly repudiated, it seems likely that the justices will hear the appeal and rule in Cambridge Christian’s favor.

If the court does agree to review Cambridge Christian, it may well expand the parameters of religious expression in public – not just at football games.

The Conversation

Charles J. Russo does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Football and faith could return to the Supreme Court – this time, over loudspeakers – https://theconversation.com/football-and-faith-could-return-to-the-supreme-court-this-time-over-loudspeakers-262104

Donald Trump limoge la cheffe des statistiques sur le travail et affaiblit les bases des politiques sociales

Source: The Conversation – in French – By Sarah James, Assistant Professor of Political Science, Gonzaga University

Les programmes gouvernementaux sont-ils efficaces ? Impossible de le savoir sans données. Andranik Hakobyan/iStock/GettyImagesPlus

En freinant la production de données officielles, l’administration Trump met en péril la transparence et l’avenir des politiques sociales aux États-Unis.

Le 1er août 2025, le président Donald Trump a limogé la commissaire du Bureau de la statistique du travail (Bureau of Labor Statistics ou BLS) Erika McEntarfer, après la publication d’un rapport défavorable sur le chômage. Cette décision a suscité de vives critiques en raison du risque qu’elle sape la crédibilité de l’agence. Mais ce n’est pas la première fois que l’administration Trump prend des mesures susceptibles d’affaiblir l’intégrité de certaines données gouvernementales.

Prenons l’exemple du suivi de la mortalité maternelle aux États-Unis, qui est la plus élevée parmi les pays développés. Depuis 1987, les centres pour le contrôle et la prévention des maladies (Centers for Disease Control and Prevention) administrent le système de surveillance de l’évaluation des risques liés à la grossesse afin de mieux comprendre quand, où et pourquoi ces décès surviennent. En avril 2025, l’administration Trump a placé ce département, chargé de la collecte et du suivi de ces données, en congés forcés.

Pour l’instant, rien n’indique que des données du BLS ont été supprimées ou altérées. Mais des rapports font état de situations similaires dans d’autres agences.

La Maison-Blanche collecte également moins d’informations, qu’il s’agisse de savoir combien d’Américains disposent d’une assurance maladie ou du nombre d’élèves inscrits dans les écoles publiques, et elle rend inaccessibles au public de nombreuses données gouvernementales. Donald Trump tente également de supprimer des agences entières, comme le département de l’éducation, qui sont responsables de la collecte de données cruciales liées à la pauvreté et aux inégalités. Son administration a aussi commencé à supprimer des sites web et des répertoires qui partagent les données gouvernementales avec le public.

Pourquoi les données sont essentielles pour le filet de sécurité

J’étudie le rôle que jouent les données dans la prise de décision politique, y compris quand et comment les responsables gouvernementaux décident de les collecter. Au fil de plusieurs années de recherche, j’ai constaté que de bonnes données sont essentielles non seulement pour les responsables politiques, mais aussi pour les journalistes, les militants ou les électeurs. Sans elles, il est beaucoup plus difficile de déterminer quand une politique échoue et encore plus compliqué d’aider les personnes qui ne sont pas dans les radars et qui n’ont pas de connexions politiques.

Depuis que Trump a prêté serment pour son second mandat, je surveille de près les conséquences de la perturbation, de la suppression et du sous-financement des données sur les programmes de filet de sécurité sociale, comme l’aide alimentaire ou les services destinés aux personnes en situation de handicap.

J’estime que perturber la collecte de données rendra plus difficile l’identification des personnes éligibles à ces programmes ou la compréhension de ce qui se passe lorsque des bénéficiaires perdent leur aide. Je crois aussi que l’absence de ces données compliquera considérablement le travail des défenseurs de ces programmes sociaux pour les reconstruire à l’avenir.

Pourquoi le gouvernement collecte ces données

Il est impossible de savoir si des politiques et programmes fonctionnent, sans données fiables collectées sur une longue période. Par exemple, sans un système permettant de mesurer avec précision combien de personnes ont besoin d’aide pour se nourrir, il est difficile de déterminer combien le pays doit consacrer au Supplemental Nutrition Assistance Program (le programme alimentaire fédéral), au programme fédéral d’aide nutritionnelle (connu sous le nom de WIC) destiné aux femmes, nourrissons et enfants, ainsi qu’aux programmes associés.

Les données sur l’éligibilité et l’inscription à Medicaid avant et après l’adoption de l’Affordable Care Act (ACA) en 2010 en sont un autre exemple. Les données nationales ont montré que des millions d’Américains ont obtenu une couverture santé après la mise en œuvre de l’ACA.

De nombreuses institutions et organisations, comme les universités, les médias, les think tanks et les associations à but non lucratif qui se concentrent sur des enjeux tels que la pauvreté et les inégalités ou le logement, collectent elles aussi des données sur l’impact des politiques sociales sur les Américains à faible revenu.

Il ne fait aucun doute que ces efforts non gouvernementaux vont se poursuivre, voire s’intensifier. Cependant, il est très improbable que ces initiatives indépendantes puissent remplacer les programmes de collecte de données du gouvernement – encore moins l’ensemble d’entre eux. Parce qu’il met en œuvre les politiques officielles, le gouvernement est dans une position unique pour collecter et pour conserver des données sensibles sur de longues périodes. C’est pourquoi la disparition de milliers de sites web officiels peut avoir des conséquences à très long terme.

Ce qui distingue l’approche de Trump

La mise en pause, la réduction de financement et la suppression des données gouvernementales par l’administration Trump marquent une rupture majeure avec ses prédécesseurs.

Dès les années 1930, les chercheurs en sciences sociales et les responsables politiques locaux américains avaient compris le potentiel des données pour identifier quelles politiques étaient efficaces et lesquelles représentaient un gaspillage d’argent. Depuis lors, les responsables politiques de tout l’éventail idéologique se sont de plus en plus intéressés à l’utilisation des données pour améliorer le fonctionnement de l’État.

Cet intérêt pour les données s’est accentué à partir de 2001, lorsque le président George W. Bush a fait de la responsabilisation du gouvernement sur la base de résultats mesurables une priorité. Il considérait les données comme un outil puissant pour réduire le gaspillage et évaluer les résultats des politiques publiques. Sa réforme phare en matière d’éducation, le No Child Left Behind Act, a profondément élargi la collecte et la publication de données sur les performances des élèves dans les écoles publiques de la maternelle à la terminale.

George W. Bush
Le président George W. Bush parle d’éducation en 2005 dans un lycée de Falls Church, en Virginie, exposant ses plans pour le No Child Left Behind Act.
Alex Wong/Getty Images

En quoi cela contraste avec les administrations Obama et Biden

Les présidents Barack Obama et Joe Biden ont mis l’accent sur l’importance des données pour évaluer l’impact de leurs politiques sur les populations à faible revenu, historiquement peu influentes sur le plan politique. Obama a mis en place un groupe de travail chargé d’identifier des moyens de collecter, analyser et intégrer davantage de données utiles dans les politiques sociales.

Biden a mis en œuvre plusieurs des recommandations de ce groupe. Par exemple, il a exigé la collecte et l’analyse de données démographiques pour évaluer les impacts des nouvelles politiques sociales. Cette approche a influencé la manière dont son administration a géré les changements dans les pratiques de prêts immobiliers, l’expansion de l’accès au haut débit et la mise en place de programmes de sensibilisation pour inscrire les citoyens à Medicaid et Medicare.

Pourquoi il sera difficile de reconstruire

Il est plus difficile de défendre l’existence de programmes sociaux lorsqu’il n’existe pas de données pertinentes. Par exemple, des programmes qui aident les personnes à faible revenu à consulter un médecin, à avoir accès à des produits frais ou à trouver un logement peuvent être plus rentables que de simplement laisser les gens vivre dans la pauvreté.

Bloquer la collecte de données peut aussi compliquer le rétablissement du financement public après la suppression ou l’arrêt d’un programme. En effet, il sera alors plus difficile pour les anciens bénéficiaires de ces programmes de convaincre leurs concitoyens qu’il est nécessaire d’investir dans l’extension d’un programme existant ou dans la création d’un nouveau.

Faute de données suffisantes, même des politiques bien intentionnées risquent à l’avenir d’aggraver les problèmes qu’elles sont censées résoudre, et ce, bien après la fin de l’administration Trump.

The Conversation

Sarah James ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Donald Trump limoge la cheffe des statistiques sur le travail et affaiblit les bases des politiques sociales – https://theconversation.com/donald-trump-limoge-la-cheffe-des-statistiques-sur-le-travail-et-affaiblit-les-bases-des-politiques-sociales-262632

Des primes d’assurance personnalisées moins chères grâce à l’IA ? Voici pourquoi il s’agit d’une pente glissante

Source: The Conversation – in French – By Arthur Charpentier, Professeur, Université de Rennes 1 – Université de Rennes

L’assurance repose sur un principe de solidarité que mettent à mal les algorithmes chargés de constituer nos profils. À mesure en effet que les algorithmes se précisent, la facture se personnalise. Divers profils « à risque » peuvent ainsi se retrouver exclus des régimes d’assurance, tant les coûts sont élevés. La personnalisation a une légitimité évidente. On doit toutefois lui concilier un accès équitable à l’assurance.

Il faut d’abord savoir que l’assurance est traversée par un paradoxe fondamental. D’un côté, ses principes mêmes supposent un mécanisme collectif où chacun contribue selon sa capacité, et tire profit de la solidarité en cas de sinistre. De l’autre, les avancées technologiques, les données de plus en plus massives et les méthodes actuarielles de plus en plus précises poussent à individualiser toujours davantage les tarifs.

À cette tension s’ajoute un cadre légal de plus en plus exigeant, qui interdit toute forme de discrimination fondée sur des données sensibles, parfois corrélées à des facteurs de risque pourtant pertinents.

Professeur de mathématiques à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), je suis co-auteur du Manuel d’Assurance et auteur récent de l’ouvrage Insurance, Biases, Discrimination and Fairness. Cet article revient sur la difficulté de concilier la mutualisation solidaire, qui fonde l’assurance, avec l’hypersegmentation tarifaire rendue possible par les mégadonnées, sans exclure ni discriminer les assurés.


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La segmentation tarifaire

Les compagnies d’assurance utilisent depuis longtemps la classification comme pilier de leur modèle économique : âge, sexe, profession, zone géographique, historique de sinistralité…

En 1662, le statisticien anglais John Graunt publie les Bills of Mortality, une première analyse statistique des registres de décès de Londres. En 1693, l’astronome anglais Edmund Halley élabore la première table de mortalité chiffrée, qui permet de calculer l’espérance de vie à chaque âge. Ces travaux posent les bases d’une tarification différenciée selon l’âge et le sexe, longtemps restés les deux grands critères de segmentation en vie-décès.

À la même époque, après le Grand Incendie de Londres en 1666, les premiers contrats d’assurance incendie apparaissent : les compagnies collectent des données sur la nature des matériaux de construction et la densité urbaine. Aux XVIIIe–XIXe siècles, on segmente les tarifs selon la proximité des bâtiments voisins et la présence de services de lutte contre l’incendie, donnant naissance aux premières « zones à haut risque » et « zones à faible risque ».

Avec l’essor de l’automobile dans les années 1910–1920, les assureurs américains commencent à relever systématiquement le nombre de sinistres, l’âge et le sexe des conducteurs. Dès les années 1920, on distingue plusieurs « classes » tarifaires : jeunes conducteurs, conductrices, conducteurs expérimentés, permettant de fixer des primes variables en fonction du profil.

Aujourd’hui, les actuaires disposent d’algorithmes sophistiqués, d’outils de machine learning et d’une avalanche de données : télématique embarquée, objets connectés, géolocalisation, comportement de conduite ou de vie… Pour l’assureur, affiner la segmentation lui permet de facturer chaque assuré « à son vrai niveau de risque », en réduisant les effets de subvention croisée des bons risques vers les mauvais, tout en améliorant la rentabilité globale.

Mais une tarification trop fine réduit la mutualisation ; elle peut rendre l’assurance très coûteuse, voire inaccessible pour certains segments à haut risque. Aussi, aujourd’hui, l’actuaire cherche un équilibre subtil, visant à capter les bonnes informations pour différencier les profils, tout en préservant la viabilité de la communauté assurée.

Les assurés et l’illusion de la personnalisation gagnante

En Europe, la proposition législative FIDA (Financial Data Access Framework) ouvrirait aux assureurs un accès encadré aux données financières des particuliers. Son but est d’affiner la connaissance des comportements de dépense et de remboursement. Dans ce contexte, la promesse d’une tarification ultra-personnalisée suscite autant d’espoirs de baisse de primes que de craintes de profilage excessif, et d’exclusions importantes.

Face à ce nouvel afflux de données, de nombreux clients perçoivent la personnalisation comme une approche gagnant‑gagnant : si je gère mieux mon budget, je bénéficierai d’une ristourne ; si mes habitudes d’épargne et de remboursement sont jugées vertueuses, ma prime santé diminuera ; si mon profil financier se bonifie, mon assurance habitation se fera plus légère.

Cette logique de « pay‑as‑you‑live » ou « pay‑how‑you‑drive » séduit : l’individu se pense maître de son coût d’assurance par ses choix de vie.

Pourtant, plusieurs points méritent d’être soulignés.

  • Le principe de mutualisation n’est pas neutralisé : ceux qui ne peuvent pas adopter les comportements les plus vertueux restent dépendants de la solidarité des autres. En effet, même si les personnes les plus à risque paient davantage à titre individuel, celles qui sont moins à risque continuent néanmoins de supporter une part des coûts grâce au principe de mutualisation.

  • L’asymétrie d’information se renforce, l’assureur connaissant mieux les statistiques que le client. L’offre de personnalisation s’appuie en effet souvent sur des corrélations, parfois ténues, dont le client ignore la portée.

  • Une personnalisation très fine peut contraindre les plus à risque à se surassurer, ou au contraire à renoncer à s’assurer, fragilisant la mutualité.

Ainsi, même renforcée par l’accès aux données financières, la « personnalisation » n’est pas nécessairement synonyme d’ « empowerment » pour le consommateur.

Le cadre légal : quand la lutte contre la discrimination s’impose

Le développement des données massives en assurance soulève d’importantes questions éthiques et juridiques : jusqu’où peut‑on exploiter des variables sensibles pour prédire le risque ?




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En France et dans l’Union européenne, la législation interdit explicitement la discrimination fondée sur des critères protégés : origine ethnique, genre, orientation sexuelle, handicap, convictions religieuses, etc. La Directive Solvabilité II (UE) impose aux assureurs d’utiliser des modèles de risque « transparents » et non discriminatoires.

Contrairement à l’Union européenne – qui bannit la tarification différenciée selon des critères protégés (genre, origine, handicap) –, le modèle québécois offre un cadre encore permissif. Si la Charte des droits et libertés de la personne du Québec interdit également la discrimination, elle prévoit des exemptions propres aux assureurs : ceux-ci peuvent, lorsqu’un facteur est statistiquement pertinent, fonder la tarification sur l’âge, le sexe ou l’état civil.

Cet usage, autorisé sur la seule base d’une corrélation, soulève des questions.

Éthique et responsabilité sociale des assureurs

Au‑delà de la seule conformité juridique, les assureurs sont de plus en plus jugés sur leurs pratiques éthiques et leur responsabilité sociale par des associations de consommateurs et les médias, qui relaient les incidents de discrimination algorithmique et exercent une pression de réputation.

Depuis quelques années, les assureurs doivent donc se demander, collectivement, comment garantir un accès équitable à leurs produits pour les populations vulnérables, sans sacrifier la viabilité financière de leurs portefeuilles. Certains modèles novateurs proposent des formules « solidaires » ou des tarifs plafonnés pour éviter l’exclusion.

Les assureurs se voient imposer sans cesse plus de transparence. Ils doivent expliquer de façon claire les critères tarifaires, rendre accessibles les clefs de calcul pour éviter le sentiment d’arbitraire. Enfin, ils doivent intégrer la protection des données et la vie privée dès la conception des offres ( « privacy by design »), préserver la confiance.

Les assureurs qui sauront concilier personnalisation, équité et inclusion deviendront les acteurs de référence pour les clients soucieux d’éthique.

Réconcilier solidarité et données : un défi crucial

Le défi, on le voit, est de taille.

Il s’agit ni plus ni moins de réconcilier la finesse actuarielle avec les valeurs de redistribution et de solidarité qui ont fondé le métier d’assureur.

C’est dans cette tension résolue que se jouera l’avenir de l’assurance : ni pure discrimination tarifaire ni simple personnalisation illusoire, elle les conjuguera plutôt en un équilibre permettant à chacun de contribuer selon son risque et de bénéficier à sa juste mesure de la mutualisation des aléas de la vie.

La Conversation Canada

Arthur Charpentier est membre (fellow) de l’Institut Louis Bachelier. Il a reçu des financements du CRSNG (NSERC) de 2019 à 2025, du Fond AXA Pour la Recherche de 2020 à 2022, puis de la Fondation SCOR pour la Science de 2023 à 2026.

ref. Des primes d’assurance personnalisées moins chères grâce à l’IA ? Voici pourquoi il s’agit d’une pente glissante – https://theconversation.com/des-primes-dassurance-personnalisees-moins-cheres-grace-a-lia-voici-pourquoi-il-sagit-dune-pente-glissante-259861

Suplemento cultural: nuestra vida desde Jesse y Céline

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudia Lorenzo Rubiera, Editora de Cultura, The Conversation

Julie Delpy e Ethan Hawke en ‘Antes del amanecer’. IMDB

Este texto se publicó por primera vez en nuestro boletín Suplemento cultural, un resumen quincenal de la actualidad cultural y una selección de los mejores artículos de historia, literatura, cine, arte o música. Si quiere recibirlo, puede suscribirse aquí.


Mi madre me llevó en 1995, hace 30 años, a los Minicines de Oviedo a ver Antes del amanecer. Yo tenía 9 años y me pareció un castañazo épico. “No se callaban”, le eché en cara cuando salimos. No tardé mucho, probablemente un lustro, en reconciliarme con la película y rendirme al encanto de la historia de amor de Jesse y Céline, trenzada a base de conversaciones.

Esta semana, tras editar el estupendo artículo de Celestino Deleyto y Marimar Azcona, volví a revisitarla y me quedé atrapada en un comentario que hace Jesse en los primeros minutos de la película. Cuando Céline le pregunta qué tal le está yendo en ese viaje a través de Europa en el que está inmerso, dice algo como que ha sido un asco pero que “estar sentado en un tren mirando por la ventana durante dos semanas le ha dado para pensar ideas que no se le hubiesen ocurrido de otra forma”. Esa frase me produjo escalofríos porque primero pensé “¿hace cuánto que no viajo en tren durante horas solo mirando por la ventana?” y eso me llevó al segundo razonamiento: “¿cuántas cosas interesantes no estoy pensando porque no le estoy dejando espacio al cerebro?”

De repente, Antes del amanecer, un relato precioso que idealizaba el enamoramiento joven, la magia de la conexión y el encanto de una vieja ciudad europea, se revelaba como una narración, hoy en día, mucho más cercana a la ciencia ficción que, por ejemplo, el Minority Report de Steven Spielberg.

Cómo ha cambiado el mundo… a pesar de que los seres humanos seguimos siendo los mismos.

To ChatGPT or not to ChatGPT?

El filósofo germano-coreano Byung-Chul Han ha sido galardonado con el Premio Princesa de Asturias de Comunicación y Humanidades. Su figura enciende debates entre quienes aprecian su cercanía a la gente y su claridad expositiva y aquellos que creen que, en esencia, utiliza pocas palabras para decir… también poco.

Jesús Zamora Bonilla es uno de los críticos con el personaje, un punto de vista que expuso en un artículo académico. Cuando le propusimos sintetizar sus tesis hizo algo poco ortodoxo y muy macarra que ha acabado resultando ser desternillante: le preguntó a ChatGPT cuáles son las principales críticas que se le hacen a Han. Cuando vio que la respuesta era, prácticamente, la misma que la suya y que estaba bien argumentada decidió mantener el texto hecho por la inteligencia artificial alegando que si el filósofo no hacía más que meterse con la IA, la IA debía tener derecho de réplica.

El artículo coincidió en el tiempo con otro, de Ronald Forero-Álvarez, en el que el investigador debatía si, al utilizar a ChatGPT para escribir un libro, la autoría debía compartirse entre el ideólogo y la máquina, y se preguntaba quién tenía que rendir cuentas en esos casos: el humano o la tecnología. En nuestro caso podemos decir que Zamora Bonilla es el responsable de su texto y que no le hemos pedido a ChatGPT que rellene una ficha de autor.

Merece la pena leer ambos artículos, tan lejanos a la Viena de Antes del amanecer, y plantearse preguntas exclusivas del mundo de hoy.

Peter Hujar y la primera imagen del Orgullo

Hace unos años leí un libro titulado Los optimistas, escrito por Rebecca Makkai, que narraba los primeros tiempos del sida en Estados Unidos (en concreto, en Chicago). La cubierta del libro era la foto (que está sobre estas líneas) de unos jóvenes que parecían manifestarse en medio de la calle de una ciudad. Sonreían, por lo que imaginé que iba acorde con el optimismo del título.

Después supe, gracias a Arte compacto y su imprescindible pódcast sobre la historia del arte, que la foto era obra de Peter Hujar.

Y finalmente Noemí Díaz Rodríguez escribió un estupendo artículo sobre esta imagen, creada para ilustrar el cartel que buscaba reclutar a gente para unirse a la que se convertiría, en 1970, en la primera marcha del Orgullo celebrada en Nueva York.

Cajón desastre

Después del susto que nos dio a finales de 2024, Raphael ha retomado su gira española. Estrella Fernández-Jiménez explica por qué, si cerramos los ojos y pensamos en el cantante, además de verle entonar seremos capaces de recrear en nuestra mente unos gestos que son solo suyos y que ha ido trabajando a lo largo de su carrera.

No tuvo una acogida tan popular, pero unos años después de Shakespeare enamorado se estrenó una película titulada Belleza prohibida, que narraba la revolución que supuso en el teatro inglés que las mujeres pudiesen volver a subirse a los escenarios.

Y esa época describe precisamente Laura Martínez García en su artículo, centrándose en lo revolucionario que fue que, de repente, en una sociedad tremendamente segregada, las actrices y dramaturgas pudiesen ocupar el espacio público.

Y para acabar cerrando el círculo, volvamos a los 90. Entre mi visita a los Minicines y este 20 de junio la comedia en España ha pasado de venderse en formatos como No te rías que es peor a promocionar los monólogos de Ignatius Farray o, hablando de ocupar el espacio público, a lanzar late nights presentados por mujeres como Henar Álvarez.

Si eso ha pasado en 30 años, ¡qué no habrá pasado en 120! De recopilar, documentar y analizar la historia del humor oral en España desde principios del siglo XXI se encargará a partir de ahora Humcor, el primer archivo digital dedicado a esta especialidad en el país. Doina Repede, su directora, aprovecha para explicar cómo hemos cambiado en esto de reírnos.

The Conversation

ref. Suplemento cultural: nuestra vida desde Jesse y Céline – https://theconversation.com/suplemento-cultural-nuestra-vida-desde-jesse-y-celine-262532

Ya en la antigua Roma Séneca clamaba contra los turistas

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Freya Higgins-Desbiolles, Adjunct professor and adjunct senior lecturer in tourism management, University of South Australia

Este caluroso verano europeo, las protestas contra el turismo han acaparado los titulares de la prensa, desde Barcelona hasta Venecia, pasando por Mallorca y las islas Canarias. Sin embargo, los disturbios no se limitan a Europa.

Hace unas semanas, en Ciudad de México, varias manifestaciones pacíficas contra el turismo excesivo y la gentrificación por parte de los “nómadas digitales” extranjeros acabaron en violencia cuando un pequeño grupo de participantes destrozó escaparates y saqueó tiendas.

Y a principios de este año, la oficina de turismo de Japón instó a los australianos a cambiar sus viajes a Tokio y Kioto (donde se ha acusado a los turistas de acosar a las geishas) por destinos menos transitados. Los turistas han sido criticados por su mal comportamiento en la Antártida y Bali (donde el turismo representa entre el 60 % y el 70 % de su producto interior bruto).

Aunque el malestar por el exceso de turismo en Europa se remonta al menos a 2017, este año marca un hito: por primera vez, los activistas de todo el continente han coordinado sus protestas. Los lugareños han recurrido a grafitis contra el turismo en Atenas, ataques con pistolas de agua en Italia, Portugal y España, y una marcha acuática contra los cruceros en Venecia. Hasta el punto de que se han emitido advertencias de seguridad para los viajeros que vayan a Europa durante la temporada estival.

Las quejas más habituales se refieren al hacinamiento, la inaccesibilidad de la vivienda y los daños al entorno físico y natural. En otras partes del mundo también preocupan el desequilibrio de las políticas turísticas, la insensibilidad de los visitantes y la especulación inmobiliaria.

Pero las protestas locales contra el turismo no son nuevas. Tienen una larga historia: desde la antigua Roma y el Brighton del siglo XIX hasta Hawái y el Caribe tras el auge del turismo de masas en la década de 1950.

La antigua Roma y el Brighton del siglo XIX

El rechazo a los turistas se remonta a los inicios de las “escapadas”. En el año 51, el filósofo Séneca escribió sobre quienes huían de Roma para ir a la playa:

“¿Por qué tengo que ver a borrachos tambaleándose por la orilla o ruidosas fiestas en barcas […]? ¿Quién quiere escuchar las disputas de los cantantes nocturnos?”.

Esto podría haberlo dicho un lugareño que sufre los excesos alcohólicos del “turismo de despedidas de soltero” en la Ámsterdam actual. El choque cultural entre la vida de los habitantes, centrada en el trabajo y la familia, y el espíritu “despreocupado” de los visitantes es atemporal.

Incluso en la antigua Roma, los lugareños se quejaban de los turistas ruidosos en la playa.
Shutterstock

Los cimientos modernos del turismo actual se establecieron en el siglo XIX, en el Reino Unido. Entre ellos se encontraban la agencia de viajes creada por Thomas Cook, el desarrollo del ferrocarril y los barcos de vapor, y una cultura basada en lo que se conocía como el Gran Tour europeo.

Las protestas y el sentimiento antiturístico se desarrollaron rápidamente.

En el Reino Unido, por ejemplo, los ricos comenzaron a pasar sus vacaciones en la costa. Se construyeron centros turísticos para atenderlos, pero la irrupción de estos recién llegados afectó a menudo la vida de los residentes.

Los disturbios de Brighton de 1827 marcaron uno de los primeros enfrentamientos. Después de que los turistas se quejaran de las redes de pesca que ocupaban la playa y de la presencia hosca de los pescadores, los barcos pesqueros fueron retirados de la costa. Las protestas fueron reprimidas, los barcos desplazados de la playa principal de la ciudad y la sensibilidad de los turistas apaciguada.

Los disturbios contra el turismo en Brighton, Reino Unido, en 1827 protestaron por la retirada de los barcos pesqueros de la costa debido a las quejas de los turistas.
Detroit Publishing Co/Library of Congress/Wikipedia

En la década de 1880, varias protestas tuvieron como objetivo impedir que llegasen trenes llenos de visitantes al pintoresco Distrito de los Lagos del Reino Unido. “Las estúpidas manadas de turistas modernos se dejan vaciar como carbón de un saco en Windermere y Keswick”, escribió el filósofo John Ruskin. Los manifestantes lograron al menos una victoria temporal.

Cruceros, parques temáticos y ‘aloha marketing

Sin embargo, desde la Segunda Guerra Mundial, la catalizadora de las protestas fue la “masificación” del turismo como consecuencia de una industria globalizada y comercializada, cuyos símbolos fueron los cruceros, los aviones jumbo y los grandes parques temáticos.

El turismo de masas fue el resultado del crecimiento de las clases medias, a las que se concedieron vacaciones pagadas. Los sistemas de transporte hicieron que el turismo fuera más barato, más accesible y más amplio. Se desarrolló una cultura en la que ciertos segmentos de la población mundial comenzaron a considerar las vacaciones frecuentes como un derecho, en lugar de un privilegio excepcional.

El libro The Golden Hordes incluye un capítulo titulado “Paradise Rejected” (El paraíso rechazado). En él se documenta el sentimiento antiturístico local desde el Caribe hasta Hawái y Europa. Los autores, Louis Turner y John Ash, relatan violentos incidentes antiturísticos ocurridos en la década de 1970 en lugares como Jamaica.

Los gobiernos solían promocionarse a nivel nacional con “campañas de la sonrisa” para buscar que los turistas considerasen sus naciones como posibles destinos. Esto sucedía mientras muchos de estos países se estaban descolonizando y trazando caminos hacia la independencia.

Los indígenas Kanaka Ma’oli de Hawái llevan décadas protestando, según se ha ido desarrollando la industria. Además, en Hawái el turismo se ha basado en parte en el abuso de su cultura, especialmente en la comercialización del “aloha”, idealizando su forma de vida de forma estereotipada para atraer las fantasías exóticas de los viajeros.

Muchas de las protestas de Hawái tienen lugar en las playas, donde los lugareños informan a los visitantes del contexto político y la crisis de la vivienda provocada por el turismo. A partir de 2004, algunos activistas locales comenzaron a crear “desvíos” para los viajeros, con el fin de compartir con ellos las opiniones de los habitantes locales y contar historias alejadas de la narrativa comercial.

Recientemente, a raíz de la pronta reapertura del turismo tras los incendios de Maui de 2023, los hawaianos decidieron protestar con una “pesca” masiva. Una coalición organizó a los lugareños para colocarse con cañas y aperos frente a los complejos turísticos de la playa de Kaanapali, con el fin de llamar la atención sobre la falta de viviendas permanentes para los residentes y la lentitud de la recuperación tras el desastre.

Este es un claro ejemplo de turistificación, en el que los residentes sienten que se da prioridad al éxito turístico por encima del bienestar local.

Esta época también está siendo testigo de la competencia entre los gobiernos por albergar megaeventos deportivos, en parte por los beneficios turísticos derivados de ellos. Las ciudades brasileñas vivieron varias manifestaciones en protesta por los enormes costes que supuso la celebración de la Copa Mundial de Fútbol de 2014, que fueron reprimidas por los antidisturbios.

Las protestas podrían pronto dar paso a estrategias comunitarias más integrales. Se están organizando movimientos sociales contra el turismo excesivo y la turistificación. Por ejemplo, recientemente se celebró en Barcelona un congreso, convocado por la red global Stay Grounded, que reunió a participantes de toda Europa para crear coaliciones con el fin de empoderar a las comunidades.

Mirando atrás, “antiturismo” podría ser un término erróneo. Los locales no están necesariamente en contra de los turistas ni del turismo. Están en contra de los visitantes irrespetuosos, de una industria impulsada por el crecimiento a cualquier precio y de los gobiernos que no gestionan de forma eficaz en interés de sus residentes locales.

Desde hace mucho tiempo, está claro que tenemos que mejorar, y las comunidades locales, hartas, están tomando cartas en el asunto.

The Conversation

Freya Higgins-Desbiolles fue cofundadora y participante del Tourism Alert and Action Forum, una red global que defiende los derechos de las comunidades en el turismo (actualmente inactiva). También ha participado en organizaciones de turismo responsable y ético, como la Responsible Tourism Network de Australia (ya desaparecida) y la organización Equality in Tourism (ya no afiliada), y ha colaborado con el Alternative Tourism Group of Palestine.

ref. Ya en la antigua Roma Séneca clamaba contra los turistas – https://theconversation.com/ya-en-la-antigua-roma-seneca-clamaba-contra-los-turistas-262530

No existe una varita mágica para eliminar todo el plástico del planeta

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Diaz Marcos, Profesor departamento materiales y microscopista , Universitat de Barcelona

Aleksandr Grechanyuk/Shutterstock

En apenas 70 años, hemos pasado de producir dos toneladas de plástico al año (en 1950) a más de cuatrocientas (en 2022). Además, estas cifras se han acelerado en el siglo XXI. Desde el año 2000, se ha fabricado más de la mitad de la cantidad total de plástico existente. Si seguimos esta progresión, se espera que para el 2050 la producción se acerque a los 1 500 millones de toneladas.

De esta enorme cantidad total de plásticos, se recicla menos de un 20 %. Está claro que a los grandes beneficios del plástico les acompaña una terrible mochila: la contaminación ambiental asociada, que cada día es más grande.

¿Y si con una varita pudiéramos eliminar los plásticos?

A pesar de que existe un amplio debate crítico sobre los plásticos, si nos queremos plantear de forma seria, sin demagogia, su sustitución, hemos de implicar a otros materiales como el vidrio, el metal, la madera o la cerámica. Estas alternativas, aunque útiles, presentan desafíos significativos.

En primer lugar, son materiales más pesados, lo que implica costes energéticos más altos. Por ejemplo, una botella de vidrio de un litro puede pesar hasta veinte veces más que una de igual capacidad de plástico.

Por otra parte, ¿qué sería de la deforestación de los bosques si la madera sustituyera a los plásticos y se utilizara de forma masiva? ¿Qué residuos se generarían por la producción masiva de vidrios y metales? Además, producirían residuos de difícil postprocesado y reciclado. La suma de todos estos factores implicaría un impacto muy pernicioso para nuestro planeta.

El caso de los hospitales

Los plásticos han transformado de forma irreversible nuestras vidas, pero su ausencia cambiaría radicalmente nuestra sociedad. Es, por lo tanto, crucial su uso responsable y el desarrollo de alternativas sostenibles para asegurar un futuro más limpio y saludable.

Así, sectores como la medicina o la automoción han evolucionado de una manera exponencial gracias al desarrollo de los plásticos. A todos los críticos de este material, que ven viable su sustitución, les preguntaría: ¿cómo gestionarían un hospital sin plástico? ¿De qué material fabricarían los guantes, tubos, jeringas o las bolsas de sangre y suero? ¿Qué implicaciones tendría la ausencia de plásticos en la seguridad y la higiene en los hospitales?

Es lícito y realista plantear, eso sí, que el plástico de un solo uso se utiliza en exceso en los centros sanitarios. Por ejemplo, un estudio en un hospital del Reino Unido demostró que una simple operación de amigdalitis generaba más de un centenar de piezas separadas de residuos de plástico.

En este momento, el plástico es esencial e insustituible en medicina; sin él se perderían muchas vidas.

¿Irremplazable o usado en exceso?

No solo el sector médico depende del plástico, otros también demandarían soluciones si este se eliminara. Desde el sector alimentario al de servicios o el tecnológico, plantearían preguntas tan básicas como: ¿podríamos mantener el ritmo frenético de crecimiento de dispositivos electrónicos en la sociedad actual? ¿Qué sería de las nuevas tecnologías?

La afirmación de que, sin plástico, nuestro sistema alimentario se desmoronaría es arriesgada, pero bastante realista. ¿Qué tipo de envases tendríamos? ¿Podríamos mantener igual de frescos y seguros los alimentos? ¿Podríamos garantizar el abastecimiento de comida a todos los confines del planeta?

¿Podemos entonces convivir sin plásticos? La respuesta es no, pero esto no es óbice para observar cómo el crecimiento desmesurado e insostenible de su utilización plantea un problema de difícil solución: la contaminación plástica.

La nanotecnología entra en acción

Si queremos tener un equilibrio respecto al uso responsable de los plásticos, debemos repensar fundamentalmente la forma en que los fabricamos, usamos y reutilizamos, para que no se conviertan únicamente en residuos sin uso. La economía circular puede ser un enfoque interesante para lograr este objetivo.

Es aquí donde entran en juego nuevos avances, como la nanotecnología diseñada para detectar cambios microbianos o bioquímicos en los alimentos. En este contexto, diversos equipos de investigación trabajan en “embalajes inteligentes”, que nos proporcionará información sobre el producto que contiene.

También será clave en el futuro la mejora de las técnicas de reciclaje y la apuesta decidida por el reciclaje químico, donde los residuos poliméricos cambian su estructura química para ser utilizados como materia prima en la fabricación de nuevos plásticos. Un enfoque totalmente ajustado a la economía circular. A pesar de sus beneficios, aquí todavía debemos superar ciertas barreras, como las energéticas y las de rendimiento en comparación con el reciclado mecánico.

Cambio de hábitos

Un mundo sin plásticos no es posible, pero un mundo con el actual consumo de ellos, tampoco. Así, una llamada a la acción para poner fin a nuestra dependencia de los plásticos debe ir acompañada de pasos claros y tangibles, con una comprensión de las implicaciones de nuestras elecciones.

Si queremos transitar hacia una economía circular, solo queda alejarnos del modelo actual de “consumir, fabricar, desechar”. Debemos rediseñar productos para que sean más duraderos, reutilizables, reparables y reciclables. ¿Estamos preparados para cambiar nuestros hábitos? La respuesta a esta pregunta marcará nuestro futuro con o sin plásticos.

The Conversation

Jordi Diaz Marcos no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. No existe una varita mágica para eliminar todo el plástico del planeta – https://theconversation.com/no-existe-una-varita-magica-para-eliminar-todo-el-plastico-del-planeta-260530