Chiens de race : l’esthétique peut-elle justifier la souffrance ?

Source: The Conversation – in French – By Valérie Chansigaud, Historienne des sciences et de l’environnement, chercheuse associée au laboratoire Sphère (Paris Cité – CNRS), Université Paris Cité

Un bouledogue français, un cavalier King Charles Spaniel, un chat sans poil sphynx, un teckel à poil ras. Greggabet photographie caudry / Cavalier King Charles Spaniels / Dmitry Makeev / Dalila Dalprat Sousa Santos , CC BY

Afin de limiter la souffrance animale, la Commission européenne tâche de poser des limites à la sélection génétique des races de chiens et chats aux traits extrêmes. Si cette avancée demeure inédite, elle réagit à un phénomène tout sauf nouveau : l’obsession de l’homme pour l’apparence des animaux domestiques.


La Conseil et le Parlement européen ont récemment adopté une accord provisoire visant à encadrer plus strictement l’élevage des chiens et des chats, en interdisant notamment la reproduction et la mise en avant d’animaux présentant des « formes extrêmes ».

Sont particulièrement concernées certaines morphologies associées à des troubles graves et durables, comme les chiens au museau écrasé, chez lesquels les difficultés respiratoires, l’intolérance à l’effort ou les problèmes locomoteurs sont désormais bien documentés.

Cette évolution réglementaire répond à des alertes répétées du monde vétérinaire et à une sensibilité croissante de l’opinion publique à la souffrance animale. Elle s’inscrit également dans une longue histoire de la place démesurée accordée par les sociétés humaines à l’apparence des animaux domestiques et à leur volonté de la façonner.

Sélectionner l’apparence : une pratique ancienne aux usages multiples

Il est impossible de dater précisément le moment où les humains auraient commencé à sélectionner des animaux sur des critères esthétiques. Bien avant l’existence des « races » au sens moderne (un phénomène qui émerge au XIXe siècle), des animaux étaient déjà choisis en fonction de leur sexe, de leur âge, de leur couleur ou de leur conformation. Dans de nombreuses sociétés anciennes, les animaux destinés au sacrifice devaient ainsi répondre à des critères précis d’apparence et d’intégrité corporelle : dans les cultes grecs et romains, seuls des animaux « sans défaut » étaient admis devant les divinités ; en Chine, sous la dynastie Zhou, les sacrifices royaux exigeaient également des bêtes jugées parfaites, tant extérieurement qu’intérieurement.

Autrement dit, la sélection sur l’apparence est probablement aussi ancienne que la domestication elle-même. Elle n’était jamais isolée : elle s’entremêlait à des critères religieux, sociaux, économiques ou politiques, par exemple lorsque le pouvoir politique affirme sa puissance en imposant des animaux sacrificiels répondant à des normes précises.

Ce qui change à l’époque contemporaine, c’est que l’apparence peut devenir, dans certains cas, le critère central, voire exclusif, de la création des races. Posséder un chien de race peut ainsi marquer un rang, une appartenance sociale ou un certain rapport au monde, comme d’autres animaux ont pu, à différentes époques, signaler le prestige ou le pouvoir de leur propriétaire, à commencer par le cheval, mais aussi certains chiens de chasse.

Une préoccupation tardive pour la santé et le bien-être

Les races modernes émergent au XIXe siècle, dans un contexte marqué par le goût pour la classification, la hiérarchisation et la distinction sociale fondée sur la notion de race. Cette passion pour les lignées « pures » n’est pas sans lien avec les cadres intellectuels qui, à la même époque, voient se développer les théories raciales appliquées aux humains.

Photographies de l’exposition canine, au jardin des Tuileries en mai 1898
Photographies de l’exposition canine, au jardin des Tuileries en mai 1898.
Jules Beau/Gallica BNF, Fourni par l’auteur

Pendant longtemps, les effets de la sélection ont été évalués presque exclusivement à l’aune de la productivité, de l’efficacité ou de la conformité à un standard. La souffrance animale était connue, mais largement tolérée, considérée comme secondaire, voire inévitable. Les pratiques vétérinaires elles-mêmes en témoignent : pendant une longue période, des interventions lourdes ont été pratiquées sans anesthésie, comme la stérilisation des chiennes.

D’autres gestes, aujourd’hui reconnus comme inutiles et douloureux, étaient également courants : on sectionnait par exemple le frein de la langue chez les chiens, dans l’idée erronée de prévenir la rage.

Ces pratiques témoignent d’un rapport au corps animal dans lequel la souffrance était largement ignorée, par indifférence plus que par méconnaissance.

Ce n’est qu’à partir de la seconde moitié du XXe siècle que la douleur chronique, la qualité de vie ou la santé à long terme des animaux commencent à être pensées comme des problèmes en tant que tels. Les inquiétudes actuelles concernant les chiens aux morphologies extrêmes – difficultés respiratoires, troubles locomoteurs, intolérance à l’effort – s’inscrivent pleinement dans cette histoire récente de la sensibilité au bien-être animal.

Des chats qui ont longtemps échappé à cette logique

La récente réglementation européenne semble concerner plus directement les chiens que les chats, et cette impression correspond à une réalité historique, biologique et sociologique. En France comme dans de nombreux pays européens, les chiens de race sont proportionnellement plus nombreux que les chats de race. Cette différence s’explique en grande partie par l’histoire de l’élevage.

L’intérêt pour les races de chiens est ancien et structurant. La sélection de types morphologiques spécifiques devient l’un des moteurs centraux de l’élevage canin au XIXe siècle, en systématisant et en normant des pratiques bien plus anciennes de différenciation fonctionnelle. Dès l’Antiquité, certains chiens sont ainsi recherchés pour des usages guerriers ou de combat, en fonction de leur taille, de leur puissance ou de leur agressivité.

Ce type de sélection n’est d’ailleurs pas propre aux chiens : chez les gallinacés, des individus ont été privilégiés très tôt pour des usages non alimentaires, notamment pour le combat de coqs ou comme animaux d’ornement, bien avant que ne s’impose une sélection orientée vers la production de chair ou d’œufs.

À l’inverse, les chats ont longtemps échappé à cette logique. Les premiers concours félins du XIXe siècle récompensaient des individus – souvent des chats de gouttière – et non des représentants de races qui n’étaient pas encore standardisées. Le chat est resté plus longtemps un animal ordinaire, moins soumis aux impératifs de sélection morphologique.

Exposition féline à la salle Wagram en 1934
Exposition féline à la salle Wagram en 1934.
Gallica/BNF

Quels chiens demain ?

Populaires sur les réseaux sociaux, les Pomskys sont issus de croisements entre des Huskys sibériens et de spitz-nains
Populaires sur les réseaux sociaux, les Pomskys sont issus de croisements entre des Huskys sibériens et de spitz-nains.
GJH-hoond, CC BY

Les croisements récents, comme le pomsky (issu de croisement entre le husky sibérien et le spitz-nain), témoignent aujourd’hui d’une forte demande pour des animaux perçus comme originaux et attendrissants, mais sont surtout emblématiques d’un effet de mode.

Le choix de ces chiens relève moins d’une réflexion sur leurs besoins ou leur santé que d’une logique de distinction : on choisit un chien comme on choisirait une paire de chaussures, parce qu’il flatte l’ego de son propriétaire et signale une position sociale. Dénoncées depuis longtemps par les vétérinaires, qui constatent au quotidien les conséquences de la sélection de morphologies extrêmes, ces pratiques pourraient être freinées par la nouvelle réglementation européenne, en rappelant clairement que tout croisement n’est pas acceptable dès lors qu’il compromet la santé ou le bien-être des animaux concernés.

Prédire à quoi ressembleront les chiens du futur reste toutefois hasardeux. L’histoire montre que les avancées en matière de protection animale ne sont ni linéaires ni irréversibles. L’émergence d’idéologies brutales ou violentes pourrait très bien conduire à un recul de la prise en compte de la souffrance animale. L’interdiction des formes extrêmes révèle ainsi une tension ancienne entre la vanité des désirs humains parfois cruels et la nécessité d’établir des règles morales pour en limiter les effets – un débat aussi vieux que la philosophie elle-même.

Cette réflexion trouve un écho particulier dans certaines initiatives muséales récentes. L’exposition Domestique-moi si tu peux, présentée au Muséum de Toulouse, propose ainsi de revisiter l’histoire longue de la domestication en montrant qu’il ne s’agit pas d’un phénomène « naturel » et qu’elle est façonnée par des choix humains parfois irrationnels. Elle met surtout en évidence la place centrale de la domestication dans la construction des cultures humaines, la sélection artificielle ayant pour objectif principal de rendre des organismes vivants – animaux comme végétaux – compatibles avec les modes de vie et les besoins humains.


L’exposition Domestique-moi si tu peux retrace l’histoire des domestications animales et végétales, leur histoire et leurs conséquences sur la biodiversité. On peut la visiter jusqu’au 5 juillet 2026 au Muséum de Toulouse. L’historienne Valérie Chansigaud en a été la commissaire scientifique.


The Conversation

Valérie Chansigaud ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Chiens de race : l’esthétique peut-elle justifier la souffrance ? – https://theconversation.com/chiens-de-race-lesthetique-peut-elle-justifier-la-souffrance-275835

Les barrages de castors aggravent-ils vraiment les inondations ?

Source: The Conversation – in French – By Pascale Biron, Professeure titulaire, Département de géographie, urbanisme et environnement, Concordia University

Les barrages de castors sont souvent perçus comme une menace pour les biens humains, notamment lors de crues exceptionnelles. Pourtant, les analyses scientifiques montrent que leur impact réel sur les inondations en aval est beaucoup moins important que ne le suggèrent certaines décisions judiciaires.


Les castors (Castor canadensis) sont reconnus comme des ingénieurs clés de l’écosystème, leurs barrages influençant l’hydrologie et la géomorphologie des cours d’eau.

Il existe un consensus scientifique sur l’impact positif des barrages de castors, par exemple en créant des milieux humides à l’échelle du paysage, en augmentant la biodiversité et en générant une hétérogénéité bénéfique pour de nombreuses espèces. Toutefois, lors de précipitations extrêmes, les barrages de castors sont rapidement accusés d’aggraver les inondations en aval lorsqu’ils cèdent.

Je me suis intéressée, avec mes collègues, au sujet des castors dans le cadre du congrès international Wood in World Rivers 5 qui s’est tenu à Gaspé en juin 2024, et qui a mené à la publication d’un article dans la revue Earth Surface Processes and Landforms.

Des conséquences réelles

Deux épisodes d’inondation attribués à des barrages de castors se sont produits à Port-au-Persil, dans la région de Charlevoix, au Québec, à la suite des fortes précipitations liées au passage de l’ouragan Katrina en 2005 et Irène en 2011.

En 2008 et 2017, la Cour supérieure du Québec la Cour supérieure du Québec a condamné la MRC de Charlevoix-Est à verser plus d’un million de dollars aux propriétaires d’un gîte à Port-au-Persil, estimant que des barrages de castors situés en amont avaient contribué aux dommages subis lors de fortes crues. En 2017, les deux parties avaient présenté des experts aux avis opposés : les demandeurs affirmaient que la destruction du barrage aurait empêché les inondations, tandis que la défense soutenait que la rivière aurait débordé malgré tout.

Le juge a donné raison aux demandeurs, considérant que la MRC connaissait le danger potentiel des barrages et avait l’obligation légale d’intervenir pour éviter les risques d’inondation, conformément à l’article 105 de la Loi sur les compétences municipales.

Cet article stipule que « toute municipalité régionale de comté doit réaliser les travaux requis pour rétablir l’écoulement normal des eaux d’un cours d’eau lorsqu’elle est informée de la présence d’une obstruction qui menace la sécurité des personnes ou des biens ». Le bois mort et les barrages de castor constituent une « obstruction » aux yeux de cette loi.




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En somme, comme les barrages de castors constituent une menace, ils devraient être détruits à titre préventif. Mais quelles preuves scientifiques étayent ces affirmations ?

Il existe des outils de modélisation qui permettent de bien comprendre les répercussions en aval des ruptures de barrages anthropiques, comme ceux appartenant à Hydro-Québec, par exemple. Ce sont précisément ces outils de modélisation hydraulique que l’ingénieur engagé par la MRC, Jean Gauthier, a utilisés dans son rapport soumis au Tribunal. L’expert était présent au deuxième procès, en 2017.

Une nouvelle simulation

Comme le juge a remis en question son estimation du volume d’eau en amont du barrage, nous avons décidé de contacter M. Gauthier pour lui demander de refaire des simulations numériques à l’aide des outils et des données les plus récents.

Pour évaluer l’impact du barrage de castor sur le niveau d’eau au pont du Chemin Port-au-Persil, nous avons utilisé un modèle simulant la crue résultant des précipitations d’août 2011.

Nous avons réalisé des simulations avec et sans rupture du barrage. Pour évaluer le scénario le plus défavorable, nous avons supposé que le barrage se rompait au moment où la crue est la plus forte. Nous avons également considéré que la brèche (l’ouverture créée dans le barrage) se formait en seulement 10 minutes – un délai très court, comparable à celui d’un barrage en béton – afin de mesurer l’impact maximal possible en aval.


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Le juge ayant remis en question l’estimation du volume d’eau derrière le barrage, celui-ci a été volontairement augmenté pour tester un scénario extrême. Il a été multiplié par quatre (10 000 m3) par rapport au volume initialement estimé sur le terrain (2 500 m3). Enfin, une hauteur de barrage supérieure de 1 m à celle mesurée sur le terrain (3,15 m au lieu de 2,15 m) a également été testée.

Les résultats de notre modélisation indiquent que même avec un volume d’eau quadruplé, l’impact sur le niveau d’eau au pont reste très faible, ce qui confirme que les dommages causés au gîte ne peuvent être attribués à la rupture du barrage de castor. Les simulations soulignent en outre que c’est la hauteur du barrage, plutôt que son volume de rétention, qui contrôle la propagation des ondes de crue en aval.

En réalité, d’autres phénomènes naturels en lien avec les crues torrentielles survenues, comme les glissements de terrain, le transport de sédiments et de bois découlant de l’érosion du lit et des berges (observés le long de la rivière Port-au-Persil en 2011) sont probablement responsables des dommages observés lors des grandes inondations de 2005 et 2011.

De plus, l’étroitesse du pont du chemin de Port-au-Persil pourrait avoir contribué aux dommages causés par les inondations. Ce pont a été reconstruit en 2023.




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L’importance des évaluations rigoureuses

Nos conclusions remettent en question la perception négative des barrages de castors et soulignent l’importance d’évaluations scientifiques rigoureuses dans les affaires de responsabilité civile liées aux inondations.

Les implications juridiques de l’article 105 de la Loi sur les compétences municipales du Québec, ainsi que la jurisprudence liée aux évènements de Port-au-Persil qui tient les MRC responsables des dommages causés par les inondations dues à des « obstructions » dans les rivières, créent un risque de démolition généralisée des barrages de castors.

Il faudrait plutôt préconiser des pratiques de gestion fondées sur des preuves et la sensibilisation du public afin de reconnaître les avantages écologiques des castors tout en répondant aux préoccupations liées aux risques d’inondation qu’ils représentent.

La Conversation Canada

Pascale Biron a reçu des financements du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG)

Maxime Boivin est cotitulaire de la chaire de recherche sur les espèces aquatiques exploitées (CREAE) et membre au Centre de recherche sur la Boréalie (CREB). Il a reçu des financements du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG).

Thomas Buffin-Bélanger a reçu des financements du Conseil de recherche en sciences naturelles et en génie (CRSNG)

ref. Les barrages de castors aggravent-ils vraiment les inondations ? – https://theconversation.com/les-barrages-de-castors-aggravent-ils-vraiment-les-inondations-276141

Luz y color: una visión cuántica

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Hernán Ruy Míguez García, Profesor de Investigación, Especialista en Materiales para Fotónica, Optoelectrónica (incluyendo Fotovoltaica y LEDs), Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC)

DIMITRIJ STROGANOV / ISTOCK

Lo que conocemos coloquialmente como “el color de las cosas” es el resultado de varios procesos cuya naturaleza es, en la mayor parte de los casos, intrínsecamente cuántica. El fenómeno es producto de eventos simultáneos en ambos protagonistas: el observador y lo observado. Así, encontramos un nexo insospechado entre nuestra experiencia cotidiana del color y los principios cuánticos subyacentes responsables.

Visión histórica

Nuestra concepción de la luz y el color tiene una historia larga y sinuosa. En sus orígenes, estuvo fuertemente condicionada por los caprichos de la experiencia visual subjetiva. Actualmente distinguimos sus aspectos físicos (la luz como fenómeno electromagnético y fundamentalmente cuántico), fisiológicos (su detección en el ojo y comunicación al cerebro) y psicológicos (su interpretación en términos de color). Sin embargo, en la antigüedad no estaba claro en absoluto.

Empédocles (siglo V a. e. c.) propuso una teoría integral de la luz y la visión que combinaba dos ideas: la luz es una emanación que viaja y la visión implica un rayo que sale del ojo. Es la idea de la extramisión, hoy en día equiparable a un terraplanismo óptico y que puede rastrearse en películas como El hombre con rayos X en los ojos o Superman. Por contraparte y en la misma época, Leucipo defendió tempranamente la idea de intromisión, según la cual los objetos emiten efluvios recibidos por el ojo, permitiendo la visión.

En el siglo XI, Alhacén explicó (con argumentos que lo acercan a la ciencia moderna) que la visión es debida a la luz reflejada en los objetos y dirigida a los ojos. Quedó pendiente, sin embargo, la discusión acerca de la naturaleza misma de la luz que, en siglos posteriores, involucró a Isaac Newton (siglos XVII-XVIII, defensor de la teoría corpuscular) y Christiaan Huygens (siglo XVII, promotor de la teoría ondulatoria), entre otros más excéntricos como el jesuita Athanasius Kircher (siglo XVII) y el poeta Johann Wolfgang von Goethe (siglos XVIII-XIX), quienes reparaban ante todo en la experiencia sensorial del color.

Luz y materia

A principios del siglo XIX, el científico inglés Thomas Young demostró que la luz era un fenómeno ondulatorio mediante una serie de experimentos de interferencia, ya clásicos, con una doble rendija. La luz consistía en ondas, ¿pero ondas de qué?

Estudios posteriores establecieron que la luz es una oscilación del campo electromagnético que se propaga en el vacío a una velocidad de aproximadamente 300 000 km/seg. La llamada luz visible, la que percibimos con nuestros ojos, no es más que una diminuta fracción de un espectro que va desde las suaves ondas de radio a los muy energéticos rayos gamma, invisibles a esos mismos ojos (pero no a otros órganos, como la piel, donde las radiaciones infrarrojas son percibidas como calor y las ultravioletas dejan su impresión en el bronceado).

Los distintos colores que observamos al descomponer la luz visible con un prisma corresponden, por tanto, a distintas frecuencias de oscilación de esas ondas. Una característica notable de la teoría electromagnética es que vincula decisivamente la luz a sus fuentes: las cargas eléctricas en movimiento.

Las radiaciones electromagnéticas son producidas por cargas eléctricas aceleradas que forman la materia misma, como los electrones o los protones, ya sea en una antena (ondas de radio o microondas), en una bombilla o un led (luz visible), en un tubo de rayos X o en un núcleo atómico que se desintegra (rayos gamma). En definitiva, luz y materia están asociadas de modo fundamental: las cargas eléctricas pueden perder o ganar energía emitiendo o absorbiendo ondas electromagnéticas. Ahora bien, ¿cómo sucede esto?

Pequeños paquetes de energía

Hacia 1900, el desafío tecnológico de convertir la iluminación de gas en eléctrica impulsó a la comunidad científica a estudiar los mecanismos de emisión de luz en los cuerpos incandescentes. En un intento por reproducir su espectro de emisión y evitar la llamada “catástrofe ultravioleta” (una emisión exagerada de radiaciones muy energéticas, predicha por la teoría clásica del electromagnetismo, que no se cumple en la práctica), Max Planck descubrió que este fenómeno requería una nueva construcción teórica en la que las ondas lumínicas fueran emitidas en pequeños paquetes de energía.

De este modo, la energía total emitida debía ser múltiplo de una cantidad mínima indivisible, que dependía exclusivamente de la frecuencia de oscilación de la luz (o, en otras palabras, de su “color”). Planck denominó “cuanto” a cada uno de estos paquetes de energía, y ya nada volvió a ser igual.

Lo que para Planck fue un artificio matemático, en manos de Einstein se convirtió en una pieza fundamental del puzle de la naturaleza. Comprendió que los cuantos permitían explicar el efecto fotoeléctrico, una respuesta singular a la absorción de luz en metales según su frecuencia, que la teoría electromagnética clásica no podía explicar.

En el campo de la espectroscopía atómica –conjunto de técnicas analíticas que estudian la interacción de la radiación electromagnética con los átomos para determinar la composición elemental de una muestra–, los cuantos de luz (finalmente denominados “fotones”) explicaban las líneas de emisión y absorción como transiciones de energía bien definida entre los estados electrónicos en los átomos. Más importante aún: estos fenómenos revivieron la interpretación corpuscular de la luz, pero sin desplazar sus características ondulatorias previamente establecidas. Son hallazgos centrales para entender la relación entre luz y cuántica, como veremos a continuación.

Raíces cuánticas del color

De acuerdo a lo anterior, cuando un haz de luz incide sobre un material (lo observado), los fotones que lo componen solo pueden ser absorbidos si su energía coincide con el escalón energético existente entre dos niveles electrónicos del material. Cuando esto ocurre, los electrones que se encuentran en el nivel de energía más bajo, conocido como “fundamental”, pasan a un nivel superior, el estado “excitado”.

Estos electrones, transcurrido un tiempo (típicamente, del orden de la milmillonésima de segundo), pueden relajarse y volver a su estado fundamental, ya sea a través de vibraciones de los átomos o moléculas que forman el material o emitiendo fotones de menor energía.

La energía inicialmente absorbida puede, por tanto, devolverse al entorno en forma de calor (disipación) o de luz (luminiscencia). Todos estos procesos tienen lugar entre estados discretos (es decir, escalonados: sistemas o variables que solo pueden tomar valores fijos y separados, como encendido/apagado, 0 o 1) de las partículas involucradas, ya sean fotones, electrones o vibraciones, cuyas propiedades vienen establecidas por la mecánica cuántica.

Sin embargo, ¿qué ocurre con la luz incidente cuya energía no coincide con ningún salto entre niveles electrónicos del material? Simplemente, no es absorbida y, por tanto, los fotones que la componen son necesariamente reflejados o transmitidos. Son precisamente estos fotones los que llegan hasta nuestros ojos (los del observador) y determinan el color de los objetos que observamos.

Ojos cuánticos

Después de atravesar córnea, pupila, cristalino y humor vítreo, los fotones reflejados, transmitidos o emitidos por el objeto de nuestra observación, llegan a la retina. Allí, a su vez, excitan unos receptores denominados conos que contienen pigmentos encargados de absorber los fotones de los distintos colores. Esta captura se produce mediante un proceso similar al descrito para la absorción de luz que tiene lugar en el objeto observado, es decir, intrínsecamente cuántico.

Los conos convierten la señal luminosa que reciben en eléctrica y esta viaja por el nervio óptico hacia el cerebro hasta llegar a la corteza visual, que interpreta, invierte y da sentido a dicha señal. Así, los distintos colores que percibimos dependen tanto del catálogo de niveles energéticos de los objetos observados –ya que estos determinan la energía de los fotones que serán reflejados, transmitidos o emitidos– como del buen funcionamiento de los receptores en nuestra retina.

Un fallo en la detección por alguno de estos receptores (cianopsina para el azul, cloropsina para el verde, eritropsina para el rojo) da lugar a la disfunción cromática conocida como daltonismo. Tanto en lo observado como en el observador, los procesos involucrados en el fenómeno del color solo pueden describirse adecuadamente gracias a la teoría cuántica elaborada inicialmente por Einstein y Planck para explicar el espectro de emisión de objetos tales como lámparas o estrellas.

Colores clásicos

Una puntualización final. Si bien toda luz es de origen cuántico, así como lo son la mayor parte de fenómenos responsables del color, hay muy significativas excepciones. El blanco de las nubes, el brillo tornasolado de un escarabajo, el reflejo iridiscente de una pompa de jabón… son todas ellas expresiones del fenómeno del color que pueden explicarse considerando únicamente la naturaleza ondulatoria de la luz, ya descrita con precisión en el siglo XIX en el marco de la física clásica, sin necesidad de involucrar ningún concepto cuántico.

En todos estos casos, el color que observamos es el resultado de la forma en la que se encuentra estructurada la materia en escalas de longitud del orden de la micra (una millonésima de metro). En lugar de la absorción o emisión de luz debidas a saltos de los electrones entre niveles de energía bien definidos, indispensables en física cuántica, los procesos relevantes en estos ejemplos son la dispersión, interferencia y difracción de la luz. Estos dependen no tanto de la estructura electrónica de los materiales, como de la manera en que varía la propagación de las ondas lumínicas al atravesar regiones de distinto índice de refracción.

Se trata de un fenómeno conocido como color estructural, que produce algunos de los colores más llamativos de la naturaleza. La física subyacente en estos casos es, si bien conceptualmente menos compleja que la cuántica, igualmente fascinante.

Una versión de este artículo se publicó en la revista Telos, de la Fundación Telefónica.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Luz y color: una visión cuántica – https://theconversation.com/luz-y-color-una-vision-cuantica-273130

La captura y muerte de ‘El Mencho’ da oxígeno a México en su relación bilateral con EE. UU.

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Arturo Santa Cruz Díaz Santana, Profesor-Investigador especializado en América del Norte, regionalismos y teoría de las RRII, Universidad de Guadalajara

Comparecencia pública de Claudia Sheinbaum, presidenta de México, tras la operación que acabó con la muerte de _El Mencho_. RTVE

El gobierno de Claudia Sheinbaum asestó el pasado domingo el golpe más severo al crimen organizado en más de una década: la detención y muerte de Nemesio Rubén Oseguera Cervantes, El Mencho, líder del cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG).

Pese a la ola de violencia desatada posteriormente por los seguidores de El Mencho, el Gobierno de México se ha apuntado varios tantos. Por un lado, aleja el temor de una acción unilateral de Estados Unidos en su territorio y consolida una colaboración basada en el apoyo estratégico y de inteligencia por parte del vecino del norte. Por otro, la presidenta mexicana, Claudia Sheinbaum, ha ganado una importante batalla en la lucha por la narrativa.

Objetivo principal de EE.UU.

El cartel Jalisco Nueva Generación era, por mucho, la organización criminal más poderosa de México, con presencia en al menos 17 de las 32 entidades federativas del país. La cartera de negocios del CJNG abarca desde el secuestro hasta el cobro de piso (extorsión a propietarios y negocios) y, por supuesto, el trasiego de narcóticos a nivel internacional. Dentro de este último rubro, adquiere particular importancia el papel que tenía el mercado estadounidense.

Fotografías policiales de El Mencho cuando fue detenido en Estados Unidos (1986 y 1989).
Wikimedia Commons, CC BY

El CJNG ha sido un importante exportador a Estados Unidos de fentanilo. En diciembre pasado, el presidente Donald Trump calificó a esta sustancia como “arma de destrucción masiva”. No sorprende que su administración haya declarado al CJNG como un objetivo principal. Hasta ofreció una recompensa de 15 millones de dólares por información que llevara a la captura de su jefe, El Mencho.

La presión estadounidense sobre el gobierno de Sheinbaum –quien, a decir del presidente Trump, estaba “muy asustada” de los cárteles– se había venido intensificando en las últimas semanas.

La cooperación mexicana en operaciones contra el crimen organizado con agencias estadounidenses como la CIA, el ejército, la DEA, y el FBI se lleva a cabo desde hace años, aunque sufrió una ralentización durante la presidencia del antecesor y mentor de Sheinbaum, Andrés Manuel López Obrador.

Captura de Ryan James Wedding

Tan solo hace unas semanas, en el contexto de la visita a la Ciudad de México del director del FBI, Kash Patel, personal de la agencia estadounidense participó, junto con elementos de seguridad mexicanos, en la captura de Ryan James Wedding. Wedding, un excampeón olímpico de snowboard, se había convertido en un importante traficante de cocaína y figuraba en la lista de los 10 más buscados por el FBI. Los efectivos estadounidenses implicados en el operativo pertenecían a la misma unidad de rescate de rehenes que llevó a cabo el secuestro del expresidente venezolano Nicolás Maduro a inicios de este año.

El motivo de la visita de Patel no fue solamente la captura de Wedding, sino también insistir en la necesidad de actuar de manera conjunta contra El Mencho. De hecho, desde principios de enero, aviones estadounidenses sobrevolaban de forma intensa la zona donde ocurrió la captura del líder mafioso.

EE. UU. “trabajó” en la captura de El Mencho

Llegamos así a la operación contra el líder del CJNG el 22 de febrero. En un operativo llevado a cabo por las fuerzas armadas mexicanas en el municipio de Tapalpa, al sur del estado de Jalisco, El Mencho presentó resistencia y fue capturado. Durante su traslado para recibir atención médica, falleció a causa de las heridas sufridas en el combate.

De acuerdo con la presidenta Sheinbaum, “en este caso hubo información que prestó el Gobierno de Estados Unidos”. De manera más puntual, Ricardo Trevilla, secretario de la Defensa, declaró: “La ubicación en un primer término del área [donde estaba Oseguera] fue con personal de inteligencia militar; había otros datos que nos fueron proporcionando las autoridades de Estados Unidos, a quienes reconocemos su trabajo”.

De esta manera, la ubicación precisa provino de los estadounidenses. Según la agencia Reuters y el diario Washington Post, fue la recientemente creada Fuerza de Tarea Conjunta Interinstitucional Anti-Cártel (Joint Interagency Task Force-Counter Cartel) la qué entregó las coordenadas precisas del capo. De acuerdo con The New York Times, dicha información provino de la CIA.

Lucha por el control del cártel

Parece inevitable que el país sufra ahora un repunte de la violencia como fruto de las luchas intestinas que sin duda se desatarán entre los miembros del CJNG. También a causa de la tensión que provoquen otras organizaciones criminales que olfatean la debilidad del mayor cártel del país.

A reserva de todo ello, lo ocurrido en este importante golpe contra el crimen organizado demuestra que la cooperación con Washington es fundamental para cumplir la ardua tarea en la que está involucrado el Gobierno de la presidenta Sheinbaum.

Todavía más: para México es evidente que este tipo de acciones contundentes sirven como una especie de póliza en contra de las amenazas de acción unilateral proferidas en repetidas ocasiones por el inquilino de la Casa Blanca, Donald Trump.

Batalla contra la narcopolítica

La presidenta ha ganado una importante batalla en la lucha por la narrativa: ha demostrado que las instituciones mexicanas pueden someter al crimen organizado. Eso sí, como dice la canción, “con una pequeña ayuda de mis amigos”. Lo que sigue, sin duda, es ir contra el entramado político que hizo posible que el crimen organizado (CJNG, el cartel de Sinaloa, los Mayos, entre otros) se hayan constituido en la amenaza a la soberanía del país que hoy representan.

Esto implica actuar sobre algunos aliados de la coalición gobernante en México. Particularmente, están en el punto de mira algunos protegidos del padre del movimiento en el poder (Morena) y mentor de Sheinbaum, Andrés Manuel López Obrador.

La mandataria debe seguir la tónica de cooperación con las autoridades del vecino del Norte, aun a sabiendas de que la palabra del actual mandatario estadounidense, como se ha comprobado en innumerables ocasiones y contextos, no constituye precisamente una garantía.

The Conversation

Arturo Santa Cruz Díaz Santana no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La captura y muerte de ‘El Mencho’ da oxígeno a México en su relación bilateral con EE. UU. – https://theconversation.com/la-captura-y-muerte-de-el-mencho-da-oxigeno-a-mexico-en-su-relacion-bilateral-con-ee-uu-276739

¿Existen las mujeres de los anuncios de perfumes?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By M. Mar Martínez-Oña, Investigadora y profesora, UDIT – Universidad de Diseño, Innovación y Tecnología

A lo largo de la historia occidental, los orígenes de las féminas presentan a la mujer como un ser creado a partir del hombre. Es el caso de Eva, en la religión cristiana, que fue creada a partir de una costilla de Adán, o Galatea, dentro del ámbito pagano, creada como una escultura de marfil extremadamente bella por Pigmalión, un rey y escultor de Chipre. Se normaliza así la creación femenina como una construcción social de la mujer idílica, concepto que se perpetúa hasta la actualidad, donde se construye, se reconstruye y se deconstruye la imagen visual de las mujeres en la publicidad.

En este contexto, se debe plantear qué sucede con la imagen de las mujeres en la publicidad de perfumes, ya que estas imágenes publicitarias ocupan un lugar privilegiado en la cultura visual contemporánea. A través de ellas no solo se venden perfumes, también se construyen imaginarios de deseo, estatus y feminidad. Aquí, el canon de belleza femenina –heredero de siglos de representación– se reconfigura mediante tecnologías de retoque que prometen perfección absoluta. El resultado es una estética seductora y sofisticada que, al tiempo que fascina, legitima normas estéticas.

Belleza en píxeles

Desde la Antigüedad, la figura femenina ha estado ligada a arquetipos como Afrodita/Venus, asociada a la belleza, el erotismo y la atracción. En la publicidad de perfumes, esta deidad se reencarna en modelos jóvenes de mujeres caucásicas, de piel tersa y rasgos armoniosos, envueltas en escenarios que sugieren hedonismo, lujo y exclusividad.

Este modelo heredado se ha adaptado a cada época, pero mantiene una constante: la promesa de perfección. Se trata de una feminidad codificada, suave pero poderosa, accesible solo a través del consumo, donde el clásico arquetipo no aparece de forma literal, sino mediante símbolos y narrativas –la luz dorada, el mármol, las abundancia de flores, la mirada insinuante– que traducen lo divino a un lenguaje de marca.

En la publicidad de perfumes esta perfección se plasma en imágenes que evocan sensualidad, lujo y deseo. Las campañas no solo venden fragancias, sino también un estilo de vida aspiracional donde la mujer ideal es sofisticada, seductora y eternamente joven.

El perfume es, por definición, intangible: su publicidad necesita traducir la esencia a una forma visible. Ese “exceso” de visualidad se logra a través de protagonistas femeninas portadoras de un magnetismo que ordena el entorno; los objetos y las miradas gravitan en torno a ellas. Sin embargo, ese poder representado es paradójico: se ejerce dentro de un marco estrecho de atributos –sensualidad medida, elegancia controlada, disponibilidad sugerida– que refuerzan la idea de que la feminidad valiosa es la que se ajusta al canon.

La manipulación digital: belleza sin límites

En la era digital, la belleza se ha convertido en un concepto tan maleable como los píxeles que conforman una imagen. La publicidad, especialmente la de perfumes, sigue siendo uno de los escenarios más influyentes en la construcción del canon de belleza femenino.

La edición extrema no es neutral. Normaliza una corporeidad que escapa a la experiencia cotidiana. Para el público, especialmente para las mujeres expuestas a estas imágenes desde la adolescencia, el mensaje es claro: la belleza aceptable se consigue borrando toda huella de realidad. La manipulación digital funciona como un quirófano invisible. El retoque suaviza pieles, borra poros, redefine contornos, alarga extremidades, afina narices y homogeneiza texturas. El objetivo no es únicamente embellecer, es estabilizar un ideal irreal.

Con la llegada de la edición digital, el canon se ha radicalizado. Programas de retoque permiten eliminar cualquier “imperfección”, ajustar proporciones corporales y crear pieles irreales. El resultado: mujeres que no existen en la realidad, pero que se convierten en referentes para millones de consumidoras.

Algunas marcas han comenzado a cuestionar esta práctica, apostando por campañas más inclusivas y menos retocadas. Han incorporado rostros y cuerpos más variados. Sin embargo, la diversidad a menudo aparece como una estrategia de ampliación de mercado, no como una transformación del imaginario. Se suma un tono de piel, un rasgo distinto, una edad más, pero el sistema de signos permanece, donde la mayoría sigue recurriendo a la manipulación digital como herramienta para reforzar el ideal aspiracional.

La lógica del retoque persiste incluso cuando se enarbola el mensaje “sin filtros”. La edición se oculta, se hace más sutil y, por tanto, más difícil de detectar. La diversidad se integra siempre que no cuestione el ideal de perfección. Así, la publicidad puede declararse inclusiva sin renunciar al canon que produce la fascinación y el deseo de compra. La paradoja es evidente: mientras la sociedad reclama diversidad y realismo, la publicidad continúa alimentando un imaginario donde la belleza es sinónimo de perfección artificial.

Consecuencias

El impacto de estas imágenes no se limita a los segundos que dura un anuncio o a la página de una revista. Convivimos con ellas en redes sociales, escaparates, pantallas, etc. La exposición constante genera comparación automática: ¿hasta qué punto mi rostro y mi cuerpo se acercan al estándar? Cuando la respuesta se aleja del ideal, aparece la fatiga estética: una sensación de inadecuación que empuja a rutinas, productos y procedimientos.

Además, la manipulación digital difumina la frontera entre fantasía y realidad. Si cada imagen parece “natural”, lo real se vuelve insuficiente. Los poros molestan, las arrugas desentonan, la luz del día no favorece. La vida cotidiana se percibe como una versión sin corrección de color. El problema no es desear verse bien; es confundir salud con borrado, autoestima con edición.

El anuncio promete empoderamiento, pero lo encierra en reglas. Te empodera si te adecuas, si te pulen, si encajas. El consumo opera como mediación: la mujer empoderada no es la que decide sobre su imagen, sino la que compra la imagen que otros diseñaron para ella. Y aquí la manipulación digital no solo “mejora” la estética: legitima jerarquías de clase, raza y edad bajo una pátina de lujo.

The Conversation

M. Mar Martínez-Oña no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Existen las mujeres de los anuncios de perfumes? – https://theconversation.com/existen-las-mujeres-de-los-anuncios-de-perfumes-271816

Las lluvias han arrastrado millones de toneladas de suelo fértil del campo andaluz: así podemos evitar que se repita

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Adolfo Peña Acevedo, Profesor de la ETSIAM, Universidad de Córdoba

Olivar tras un episodio de lluvias. Manolines/Shutterstock

Cuando se encadenan temporales, el daño más visible suele asociarse a inundaciones, infraestructuras y pérdidas personales. Sin embargo, uno de los impactos más persistentes tiene lugar donde nunca miramos: en nuestros pies, donde la erosión del suelo agrícola se dispara cuando coinciden una alta intensidad de lluvia con una baja capacidad de infiltración.

En los primeros momentos, el impacto violento de las gotas de lluvia sobre el suelo provoca el arranque de las partículas de la capa superficial. Posteriormente, cuando las borrascas se van sucediendo con cantidades importantes de precipitación, encuentran el suelo saturado y compactado, sin capacidad de infiltración. Entonces, toda el agua circula por la superficie, concentra energía y aumenta su capacidad de arrastre y transporte a lo largo de arroyos y cauces, acumulándose en embalses y lechos de ríos para llegar finalmente al mar.

Durante 22 días de lluvias continuadas en Andalucía durante los meses de enero y febrero de 2026, un tren de borrascas, desde Francis hasta Oriana, ha provocado precipitaciones acumuladas de más 400 litros por metro cuadrado en muchos puntos de la región. Como consecuencia, se han movilizado más de 55 millones de toneladas de suelo agrícola, equivalente a más de 17 estadios olímpicos como La Cartuja.

Del material arrastrado, en una estimación conservadora, 4 millones de toneladas habrían quedado retenidas por los embalses, colmatándolos, y casi 500 000 habrían llegado al mar, en este caso con beneficios para el ecosistema marino.




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Un recurso que tarda siglos en formarse y horas en perderse

El suelo fértil no es un simple “soporte” para las plantas. Es un sistema vivo con propiedades físicas, químicas y biológicas que determinan su productividad: estructura, porosidad, estabilidad de agregados, materia orgánica, nutrientes, biodiversidad y capacidad de retención de agua.

Muchas de esas propiedades se construyen lentamente. Por eso, perder suelo superficial no es solo perder “tierra”, es perder capacidad productiva y biodiversidad.

En acontecimientos como el tren de borrascas de las últimas semanas, podría haberse perdido en Andalucía hasta 1 centímetro de suelo agrícola de media, con picos de 5 cm en algunas localizaciones en unas pocas semanas. Formar un centímetro de suelo fértil requiere de entre 1 000 y 10 000 años de evolución.

De la erosión laminar a las cárcavas

No toda erosión se manifiesta igual. En muchos casos comienza como erosión laminar o pequeños arrastres uniformes en superficie muchas veces difíciles de detectar; o como pequeños regueros de apenas unos centímetros.

El salto cualitativo llega cuando el flujo se concentra y empieza a excavar con fuerza. Entonces aparece la erosión en forma de cárcavas, incisiones profundas excavadas por el agua que superan el umbral de 50 centímetros de anchura, a partir del cual el terreno ya no se recupera con prácticas agrícolas habituales.

Profundo surco en el terreno en un olivar
Cárcava en un olivar.
Proyecto Cárcava, CC BY-SA

Con cada temporal extraordinario, la cárcava puede profundizar, ensancharse y crecer ladera arriba, conectando rápidamente la parcela con la red de drenaje natural. El resultado es doble: por un lado, la pérdida de suelo fértil se acelera, superando la pérdida de más de 500 toneladas por hectárea y año. Por otro, se generan daños en caminos rurales, limitaciones al paso de maquinaria y degradación del paisaje agrícola.

En el marco del Proyecto Cárcava, de la Universidad de Córdoba, hemos analizado la susceptibilidad a la iniciación de cárcavas en olivares de la cuenca del Guadalquivir. Los patrones observados indican que su aparición y crecimiento se relacionan con combinaciones de pendiente, propiedades del suelo, uso y cobertura del suelo y conectividad hidrológica.

Los temporales intensos actúan como aceleradores: reactivan cárcavas existentes y pueden iniciar nuevas en puntos vulnerables donde el flujo se concentra.

Así podemos actuar antes del próximo temporal

La evidencia científica es clara: la erosión se reduce cuando el suelo mantiene cobertura y buena estructura, y cuando se pone límite a la concentración de la escorrentía.

En la agricultura mediterránea, como la de gran parte del tercio sureste español, las estrategias más eficaces suelen combinar varias líneas de actuación:




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  • Prácticas de conservación que favorezcan la materia orgánica y eviten degradar la estructura.

  • Planificación hidrológica para identificar líneas de concentración de flujo, cabeceras de vaguadas y puntos de inicio de regueros y cárcavas.

  • Intervención temprana controlando regueros incipientes antes de consolidarse hasta convertirse en barrancos irrecuperables.

Ese color marrón del agua que con tanto asombro observaban miles de ciudadanos en los momentos más delicados de las borrascas Leonardo y Marta, las más dañinas, no era una nota de color, era suelo fértil en suspensión que el agua transportaba en su camino al mar.

El suelo que se arranca en la parcela llega a arroyos y ríos, incrementa la turbidez, modifica la dinámica sedimentaria de los cauces y reduce la capacidad de embalses para controlar caudales en próximos eventos.

En un clima que alterna sequías prolongadas con lluvias extraordinarias, proteger el suelo no es una opción: es una condición obligatoria para sostener la productividad, reducir riesgos y mejorar la resiliencia del sistema agrario y el equilibrio de todo el sistema ecohidrológico.




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The Conversation

Adolfo Peña Acevedo recibe fondos de Consejería de Universidad, Investigación e Innovación de la Junta de Andalucía.

Ana Jiménez Rey y Paula González Garrido no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Las lluvias han arrastrado millones de toneladas de suelo fértil del campo andaluz: así podemos evitar que se repita – https://theconversation.com/las-lluvias-han-arrastrado-millones-de-toneladas-de-suelo-fertil-del-campo-andaluz-asi-podemos-evitar-que-se-repita-276222

Human activity is making the Arctic’s waters louder

Source: The Conversation – Canada – By Philippe Blondel, Senior Lecturer, Department of Physics, University of Bath

As Arctic sea ice melts, human activity is making the ocean louder, impacting marine wildlife that rely on sound. (Unsplash/Hubert Neufeld)

Climate change is having a profound impact on the Arctic. We know that the region is warming significantly faster than the global average, resulting in the melting of sea ice and disrupted habitats.

But climate change is also affecting the Arctic in ways few people may consider. It is making the Arctic Ocean a noisier place. For the region’s wildlife, this increasingly noisy environment is having profound impacts on their lives.

Anyone who lives in an urban environment knows how tiring it can be. Living next to busy roads is exhausting, with constant noise, day in, day out. The same is true in the Arctic Ocean, where melting sea ice is making way for increasing human activity. This is even more important in water, where animals use sounds to communicate, to navigate and to find prey, or avoid becoming prey.

Recent research on fish sounds explains how sound can be used for marine conservation. We should avoid introducing loud sounds in the oceans because it changes the soundscapes the animals have evolved to live in, and because it affects them directly. And just like air pollution, sound pollution knows no borders.

Ocean observatories can record these sounds and tell us how loud they are, how long they last and how they affect their surroundings. This is important because the world is changing rapidly, especially in the Arctic, and human impacts are increasing.

Newly published research, conducted by colleagues and me, used 10 years of underwater observations from 2015 to 2024 to quantify the impacts of ships and other sources of loud sounds in Iqaluktuuttiaq (Cambridge Bay), Nvt., on the local environment and to examine the best ways to measure their effects on local soundscapes. We found some surprising facts, making us look (or rather, listen) to the Arctic in different ways.

Sound is essential underwater

Studies show that ambient sound levels in the Arctic seas are currently very low, and that marine life will therefore be more sensitive to any increase. Ships are the second loudest source of underwater sounds after seismic prospecting and pile-driving. As the Arctic opens up to human activities, ships are bound to be a big part of it.

But it is not only ships. We found that loud sounds include many other sources: snowmobiles, machinery, aircraft. These sounds vary with the season. In winter, when there is full ice cover and no ships, snowmobiles can affect sound below the ice.

In summer, when there is little to no ice cover, many of the loud sounds come from smaller vessels that are not legally required to carry GPS transponders. They are not picked up by satellites, but they are sizeable contributors to sounds underwater. Other sounds come from machinery, and even from aircraft flying nearby. Like shipping, these sounds should also be part of monitoring and regulating underwater noise in the region.

Because many smaller ships do not use satellite transponders, modelling sound impacts from satellite tracking is an insufficient way to gauge how much noise human activity is generating. That means assessments of underwater noise must be based on actual measurements in the field.

Long-term measurements

Deploying instruments at sea, especially in the Arctic, is challenging and expensive, and therefore generally possible only for short periods. Ocean Networks Canada has been measuring sound in the oceans around Canada for 20 years.

They have installed ocean observatories around the country, in particular in Iqaluktuuttiaq. In partnership with local communities, they aim to provide the scientific measurements necessary for evidence-based actions and initiatives.

Their Ocean Data Portal is a dream come true for scientists: 64,000 sound measurements per second, for years on end, complemented in season with local ice profiling. We also used local weather data from Nav Canada, satellite charts of regional ice cover from the Canadian Ice Service and ship tracks from the Arctic Ship Traffic Database operated by the Arctic Council.

As there is so much data, and because we wanted to contrast two very different seasons, we focused our studies on the months of May, when there is full ice cover and no shipping, and August, when there is little to no ice and more shipping activity.

a ship docked at a port
Arrival of a cruise ship in an Arctic harbour. Ships are major contributors to underwater noise in the region.
(Philippe Blondel)

We did this for 10 years in a row and analyzed the sounds loud enough (more than 10 decibels louder than the weekly background) for long enough (over one minute), identifying where they came from and what frequencies they extended into. There were many surprising sounds.

For example, we could hear footsteps on the ice and snow, the unsuccessful revving up of an engine, followed by something that sounded like kicking, and walking back on snow and ice. These sounds were not loud enough to be an issue. More often, we could hear noise from machines, either on boats or on shore. This sometimes lasted for a long time.

What surprised us was hearing aircraft every now and then. The sounds of the propellers, presumably passing close to our hydrophone. There were many other sounds, including those of marine wildlife, but we focused on sounds loud enough to possibly impact these animals because they were too loud or lasted long enough to be a nuisance.

Our research shows that impactful sounds in this part of the Arctic vary between summer and winter. In summer, where the water is mostly open, this noise can extend to higher frequencies over one kilohertz. Conversely, in winter, when there is no shipping and ice cover isolates the waters below from a lot of sounds, these loud sounds show a span of frequencies lower than one kilohertz. These variations with ice cover and in the frequencies to monitor should be included in the future Arctic baselines.

Improving data collection

Regulations often focus on frequency bands associated with large ships in deep waters (third-octave bands centred on 63 hertz and 125 hertz, to be precise). The European Marine Strategy Framework Directive is often cited as a model, used in Canada and elsewhere. Using the right frequencies is important when considering baselines.

Canada and other Arctic countries are ideally placed to collect the evidence that can define an Arctic marine strategy framework directive. This becomes more urgent as the climate changes, the Arctic opens to human activities and pressures on Arctic resources grow.

Together, we can make a more sustainable ocean. There is much to do, and I am looking forward to working more with Canadian scientists and Arctic communities.

The Conversation

Philippe Blondel receives funding from UK Research and Innovation (UKRI), through the Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC) and the UKRI Horizon Europe Guarantee. Access to the Arctic Ship Traffic Database used in the underlying study was funded by the Department for Science, Innovation and Technology, as part of the United Kingdom- Arctic Council Working Groups – Research and Engagement Scheme 2024/25, working with the Arctic Council Working Groups, Norwegian Ministry of Foreign Affairs and the NERC Arctic Office. Philippe is sometimes consulted by Ocean Networks Canada on technical matters related to passive acoustic monitoring.

ref. Human activity is making the Arctic’s waters louder – https://theconversation.com/human-activity-is-making-the-arctics-waters-louder-275197

De la conciliación a la corresponsabilidad en los cuidados: hacia una sociedad más justa y equilibrada

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Pedro César Martínez Morán, Director del Master in Talent Management de Advantere School of Management / Profesor asociado de la Facultad de Ciencias Economicas y Empresariales, Universidad Pontificia Comillas

David Pereiras/Shutterstock

Seguro que más de una vez ha tenido que responder a un correo del trabajo mientras baña a sus hijos o cena en familia. O conectarse al correo de la empresa durante una escapada de fin de semana. Aunque la conciliación entre vida laboral y familiar se ha convertido en un concepto omnipresente, su aplicación genera el debate de si es un privilegio o un derecho.

La realidad pospandemia impulsó en España palancas tales como los avances legislativos, el derecho a la desconexión digital o el teletrabajo. Sin embargo, aunque la flexibilidad laboral se asume y se expande, la sensación de estar quemado sigue creciendo.




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Impulsos recientes y realidades persistentes

La Ley de conciliación de 1999 supuso el primer hito en la materia. Tras más de 25 años se ha pasado de la maternidad, vista como un elemento que afecta exclusivamente a las mujeres, a la corresponsabilidad familiar como enfoque central.

Los permisos de paternidad y maternidad igualitarios han sido un hito para romper la brecha en los cuidados. El artículo 34.8 del Estatuto de los Trabajadores permite adaptar la jornada sin pérdida salarial, y la tecnología ha demostrado que puede ser complementaria a la presencialidad laboral.

No obstante, el trabajo a tiempo parcial sigue teniendo protagonismo femenino: el 93 % de las personas a cargo de sus allegados son mujeres.

Los retos: hiperconectividad y erosión de fronteras

Estos avances han traído efectos secundarios (el “colapso de los contextos” o la “erosión de las fronteras”) al invadir los espacios personales y profesionales de las personas trabajadoras. Tres circunstancias explican esos efectos:

  1. El teletrabajo ha eliminado los costes de desplazamiento, que en las grandes ciudades son elevados, pero ha dificultado separar la oficina del salón de la casa.

  2. La brecha de género persiste, ahora invisibilizada. Quienes asumen la carga mental y las interrupciones domésticas durante esa jornada siguen siendo mujeres.

  3. La presencialidad, el “estar siempre ahí”, físicamente, en el puesto de trabajo, se ha sustituido por “estar siempre disponible” en las plataformas de comunicación habituales.

El Instituto Nacional de Seguridad y Salud en el Trabajo (INSST), señala que la hiperconectividad es un fenómeno emergente que genera consecuencias significativas sobre la salud mental, la carga cognitiva, el bienestar psicológico y la fatiga, y apareja riesgos psicológicos y sociales.

Para facilitar la comprensión de los derechos de conciliación en el ámbito laboral español, hemos considerado importante agrupar todas las medidas legales de conciliación dirigidas a trabajadores por cuenta ajena.

Una nueva narrativa

La soberanía sobre el tiempo personal significa recuperar, realmente, el control sobre la agenda individual. No se trata solo de organizar, sino de proteger los márgenes de descanso y cuidado frente a la lógica de “estar siempre activo”. Hay que cuidarse, también, a uno mismo.

Los datos muestran una paradoja. Aunque el informe internacional Global Life-Work Balance Index 2025 muestra la buena situación de España en el equilibrio vida-trabajo, otros estudios muestran que la percepción de la conciliación empeora y se cronifican las desigualdades de género en el uso del tiempo y en las trayectorias laborales.

El desafío ya no es solo tener más medidas de protección del derecho a la desconexión y la conciliación, sino cambiar las reglas informales de juego. La cuestión es vincular el bienestar de las personas trabajadoras con la sostenibilidad de los negocios, evitar la penalización que conlleva la conciliación para la vida profesional del trabajador y seguir apostando por la corresponsabilidad.

Las aspiraciones futuras de conciliar y corresponsabilizarse

La sociedad española envejece y, por tanto, ganan terreno los cuidados. La atención y cuidado de mayores, menores y dependientes se debe convertir en una función social protegida y no ser un problema privado.

En la medida en que las organizaciones logren integrar la conciliación en su modelo de liderazgo y en su estrategia de talento, dejará de ser una concesión para convertirse en una pieza central de la competitividad y de la cohesión social.

La conciliación no puede ser un malabarismo constante entre las tareas vespertinas del hogar y la atención de asuntos laborales en el móvil. Es necesario pasar de una cultura de la ocupación (donde estar muy ocupado es un símbolo de estatus) a una cultura de mayor eficiencia empresarial para generar más bienestar personal entre las personas trabajadoras.

En una sociedad justa y equilibrada, el trabajador no debe resolver solo su conciliación: ha de ser un compromiso compartido entre administraciones, empresas y sociedad. Pero, además, la corresponsabilidad de los cuidados involucra a todos los convivientes en el hogar.

Las personas deben de tener las mismas oportunidades, sin discriminación de ningún tipo, ni barreras que le impidan crecer personal y profesionalmente.

The Conversation

Pedro César Martínez Morán no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. De la conciliación a la corresponsabilidad en los cuidados: hacia una sociedad más justa y equilibrada – https://theconversation.com/de-la-conciliacion-a-la-corresponsabilidad-en-los-cuidados-hacia-una-sociedad-mas-justa-y-equilibrada-276682

Cómo aprender a escribir académicamente y a entender lecturas complejas con la ayuda de la IA

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Santamarina Sancho, Investigadora y Profesora en el Departamento Didáctica de la Lengua y la Literatura de la Universidad de Granada, Universidad de Granada

My July/Shutterstock

La lectura y la escritura académicas son habilidades clave en la universidad. Nos permiten acceder a los diferentes contenidos, desarrollar un pensamiento más complejo y participar activamente en la vida académica. No se trata solo de entender textos o escribir trabajos, sino también de saber argumentar, sintetizar ideas y comunicarlas de forma clara y eficaz.

Sin embargo, los universitarios tienen dificultades con este tipo de prácticas académicas en parte porque tanto las lecturas como las tareas suelen ser significativamente más complejas que en bachillerato o secundaria, pero también porque no tienen una formación específica en lectura y escritura académicas. Por eso, la alfabetización académica es un proceso gradual, que debe trabajarse de manera intencionada dentro en todas las etapas educativas.

En este contexto, la incorporación de tecnologías digitales en la educación superior ha abierto nuevas posibilidades para enseñar y aprender. La inteligencia artificial, sobre todo, no solo ayuda a procesar y generar textos, sino también está cambiando la forma en que el alumnado lee, interpreta y produce conocimiento académico.

La IA para “salir del paso”, no para mejorar

Hemos investigado recientemente cómo la IA está afectando a la lectura y escritura en el ámbito universitario y nos hemos encontrado con una paradoja significativa. Aunque la mayoría de los estudiantes afirman utilizar herramientas de inteligencia artificial de forma habitual (en muchos casos, a diario), reconocen que no aprovecha todo su potencial formativo.

Los estudiantes perciben esta herramienta como un atajo para ahorrar tiempo, un corrector lingüístico de trabajos ya elaborados o, directamente, como un generador de textos. Esta visión centrada en el resultado final y no en el proceso limita su valor educativo y plantea importantes retos para la enseñanza universitaria. Más que favorecer una mejora de la escritura académica, estos usos no permiten llevar a cabo una relación más profunda con los textos y con el propio aprendizaje.

El potencial formativo de la IA

El verdadero potencial formativo de la inteligencia artificial lo encontramos cuando se integra como apoyo a los procesos cognitivos implicados en la lectura y la escritura, y no como sustituto del esfuerzo intelectual. En este sentido, algunas herramientas ampliamente conocidas pueden desempeñar un papel relevante si se utilizan con un propósito educativo claro.

A diferencia del uso de la IA como simple corrector lingüístico, en este caso orientado a eliminar errores gramaticales o mejorar la fluidez superficial del texto ya terminado, su potencial formativo aparece cuando se utiliza para analizar y reflexionar sobre el propio proceso de escritura. Y es precisamente aquí donde debemos incidir.

Por ejemplo, pedir a la herramienta que señale errores de coherencia argumentativa, que describa cómo progresa una idea a lo largo del texto o que identifique supuestos implícitos obliga al estudiante a interpretar esas observaciones y decidir qué cambios realizar, en lugar de aceptar correcciones automáticas sin reflexión.




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Apoyar la comprensión de textos complejos

En el ámbito de la lectura académica, la IA también puede apoyar la comprensión de textos complejos, ayudar a identificar ideas clave, establecer relaciones entre conceptos o formular preguntas que orienten una lectura más crítica. Utilizada de este modo, no reemplaza la lectura, sino que actúa como un mediador que facilita la construcción de significado, una especie de herramienta de comprensión lectora.

Por ejemplo, un uso poco formativo de la IA consistiría en pedir un resumen de un artículo académico para evitar su lectura completa y utilizarlo directamente como base de un trabajo. En este caso, la herramienta sustituye la interacción con el texto y limita la comprensión profunda.




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En cambio, un uso formativo consistiría en pedir a la IA que ayude a identificar las ideas principales del texto, que formule preguntas sobre los conceptos más complejos o que explique la relación entre distintos apartados del artículo. Si tenemos varios artículos, incluso podemos pedirle los resúmenes de cada uno solamente para seleccionar aquellos que realmente sirvan en el trabajo final. Estas acciones no reemplazan la lectura, sino que la orientan y la profundizan, favoreciendo una comprensión más activa y crítica. Y aquí es donde reside el quid de la cuestión.

El reto está en desplazar el foco desde la simple generación de productos hacia el acompañamiento del proceso: leer mejor para escribir mejor, revisar para comprender, reformular para pensar con mayor profundidad. Esto exige tanto al alumnado como al profesorado desarrollar nuevas estrategias de uso.

Un uso ético y crítico para la alfabetización académica

La inteligencia artificial puede convertirse en un recurso valioso si se incorpora desde una perspectiva ética, crítica y formativa. Esto implica reconocer sus límites, cuestionar sus respuestas y asumir que no puede sustituir la lectura crítica ni la escritura reflexiva, pilares fundamentales de la formación universitaria.

Para avanzar hacia este uso formativo, es necesario ofrecer orientaciones claras tanto al alumnado como al profesorado. Algunas estrategias útiles para los estudiantes pueden ser:

  • Pedir explicaciones alternativas de conceptos complejos y compararlas con el texto original para detectar matices o discrepancias. Debatir y argumentar con la propia IA.

  • Solicitar que formule preguntas críticas sobre un texto leído, como punto de partida para el análisis.

  • Utilizar la herramienta para reformular ideas propias y comprobar si mantienen el mismo significado.

Desde el punto de vista del docente, el reto consiste en integrar la IA de manera explícita en las prácticas de aula:

  • Diseñar actividades que valoren el proceso (borradores, revisiones, reflexiones sobre el uso de la IA) y no solo el producto final.

  • Guiar en clase para aprender usos concretos de la IA para analizar textos, revisar escritos o construir argumentos.

  • Plantear tareas que requieran justificar las decisiones tomadas a partir de las sugerencias de la herramienta. ¡Hay que pensar!

  • Crear y fomentar espacios de discusión sobre los límites, sesgos y riesgos de estas tecnologías en la producción de conocimiento académico.

En suma, la escritura y la lectura académicas siguen siendo tareas profundamente humanas, ligadas al desarrollo del pensamiento y a la construcción de conocimiento. Docentes y estudiantes necesitan pensar no en lo que la inteligencia artificial puede hacer por ellos, sino lo que pueden aprender haciendo un uso crítico y reflexivo de ella.

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Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. Cómo aprender a escribir académicamente y a entender lecturas complejas con la ayuda de la IA – https://theconversation.com/como-aprender-a-escribir-academicamente-y-a-entender-lecturas-complejas-con-la-ayuda-de-la-ia-271417

‘Funcional’, ‘metabólico’… Los apellidos que el entrenamiento no necesita

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Miguel Ángel Puch Garduño, Colaborador en actividades de docencia e investigación, Universidad Complutense de Madrid

Cuando hablamos de entrenamiento, conviene recordar que aludimos a una práctica profundamente arraigada en la historia de la humanidad. Desde tiempos remotos, el ejercicio físico ha sido compañero constante del ser humano.

Susruta.
Grabado de Susruta.
Wellcome Collection/Wikimedia Commons, CC BY

Ejemplo de ello es el caso de Susruta, un médico indio que, ya en el siglo VI a. e. c., prescribía ejercicio físico como herramienta terapéutica. Sus recomendaciones, sorprendentemente cercanas a los principios que hoy respalda la ciencia, abogaban por una práctica regular sin alcanzar el umbral medio de agotamiento.

De modo similar, en la antigua Grecia, Aristóteles, fiel a su doctrina del término medio, sugería un entrenamiento moderado: ni en exceso ni en carencia, sino en la justa medida para fortificar el cuerpo sin quebrantar su vigor.

A la luz de lo expuesto, puede afirmarse que el entrenamiento no es, en absoluto, una novedad; todo lo contrario. Y es precisamente ahí donde se revela el verdadero dilema. En nuestra sociedad, dominada por la urgencia de vender, lo nuevo se convierte en sinónimo de valor.

Por ello, a lo de siempre –al entrenamiento– se le imponen constantemente apellidos. Porque, claro, llamar simplemente “entrenamiento” al “entrenamiento” ya no conquista oídos hambrientos de novedad.

Todo es lo mismo

Estos apellidos no responden a una necesidad conceptual, sino al marketing. En otras palabras, lo que Susruta y Aristóteles ya prescribían hace siglos hoy vuelve recalentado para un mercado que nuca está a dieta de clientes confundidos.

Así pues, en la actualidad pueden hallarse tantos apellidos innecesarios para el “entrenamiento” como empeño se ponga. Todo sea por (re)llenar el concepto. Tómese como ejemplo el famosísimo “entrenamiento funcional”, esa joya del pleonasmo donde cabe preguntarse: ¿existe un entrenamiento no funcional? ¿Uno diseñado para no servir? ¿El antientrenamiento?

Lo mismo ocurre con las versiones de “entrenamiento metabólico o mitocondrial”. ¿Qué sentido tiene esto? ¿Acaso existe algún entrenamiento capaz de aislar al metabolismo y las mitocondrias?

Y, por supuesto, no podía faltar una de las últimas ofertas del mercado: el “neuroentrenamiento”, una supuesta revolución que estimula el sistema nervioso. Como si antes de su llegada todos los entrenamientos ocurrieran con el cerebro apagado y los nervios en stand-by. O sea, como si mover el cuerpo no fuera ya, desde siempre, una sinfonía neurológica en acción.

Queremos creer

Estos apellidos que se le imponen de forma constante al “entrenamiento” proliferan por diversos motivos. Entre ellos, quizás uno de los más importantes sea que, por naturaleza, los seres humanos no somos escépticos; el hecho de no creer nos exige un esfuerzo mental considerable.

A ello se suma otra gran dificultad: la dependencia del ámbito. Nuestra capacidad para ser escépticos está limitada al ámbito de conocimiento que dominamos. Es decir, no solo es complejo ser escéptico, sino que solo podemos serlo cuando sabemos lo suficiente como para dudar con sentido. Nadie puede dudar sobre lo que se desconoce por completo.

Así que, si un gurú musculoso dice que hace neurotraining cuántico con activación mitocondrial hipermetabólica, y nosotros no tenemos ni idea de qué hace una mitocondria, es difícil contradecirle. ¿Qué otra opción tenemos?

Visto lo anterior, nos enfrentamos a un contratiempo con el lenguaje, uno que surge precisamente de su capacidad para ejercer poder. El científico estadounidense Alan Sokal lo evidenció en un célebre fraude en el que consiguió publicar un artículo académico gracias a su apariencia ideológica y estilo discursivo, pero carente de rigor, lógica y fundamento. Un magnífico ejemplo de cómo el lenguaje puede simular decir algo sin realmente decir nada.

Falsas dicotomías

No obstante, el verdadero problema emerge cuando entendemos que hablar es, en sí mismo, una forma de actuar. Las palabras no se limitan a definir la realidad; la moldean. Así, cuando alguien afirma “esto es un entrenamiento X”, no lo describe, sino que lo legitima, lo instituye y lo hace existir como categoría.

Con el tiempo, estos apellidos terminan configurando aquello que llamamos ciencia. No olvidemos que el lenguaje empleado en un área del conocimiento es lo que construye su propia realidad (“El significado de una palabra es su uso en el lenguaje”, que diría el filósofo Ludwig Wittgenstein). Cada disciplina fabrica así su propia jerga. El problema es que, cuando el lenguaje científico empieza a inflarse con términos vagos, el juego se vuelve confuso.


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Un ejemplo de confusión lingüística en el ámbito del entrenamiento surge cuando, partiendo de un concepto unitario –“entrenamiento” en este caso–, se generan categorías artificialmente separadas. Así, es habitual oír hablar de “entrenamiento para la salud” y “entrenamiento para el rendimiento” como si se tratara de esferas independientes. Sin embargo, esta distinción carece de lógica, pues mejorar la salud implica mejorar el rendimiento. Tanto es así que, si una persona pierde musculatura y, por ende, la capacidad de caminar, lo que necesita para recuperar su salud es aumentar la fuerza de sus piernas, o sea, mejorar su rendimiento.

Algo similar ocurre al fragmentar el concepto de entrenamiento en fuerza y resistencia. La paradoja es evidente: la maratón, la prueba de resistencia por excelencia, no la gana el más resistente, sino el más rápido, el que aplica más fuerza en menos tiempo; esto es, el más fuerte.

Esta tendencia a retorcer el lenguaje confirma lo ya advertido por Wittgenstein: la necesidad de esclarecer el uso de las palabras para evitar confusiones conceptuales. Porque, no lo olvidemos, cuando el lenguaje pierde precisión, da lugar a malentendidos. Las soluciones a ello pueden ser múltiples, pero quizás la más sencilla sea mirar al pasado, observar a Susruta y Aristóteles y comprender el entrenamiento como lo hicieron ellos: en una sola palabra.

The Conversation

Miguel Ángel Puch Garduño no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ‘Funcional’, ‘metabólico’… Los apellidos que el entrenamiento no necesita – https://theconversation.com/funcional-metabolico-los-apellidos-que-el-entrenamiento-no-necesita-274597