Quand macaques et hippopotames se baignaient dans la Seine il y a 400 000 ans

Source: The Conversation – France in French (2) – By Julie Dabkowski, Directrice de recherche CNRS en Géologie de la Préhistoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

Le paysage de la vallée de la Seine lors de l’optimum climatique interglaciaire il y a
400 000 ans
Illustration : Benoit Clarys, Fourni par l’auteur

S’il est aujourd’hui à nouveau possible de se baigner dans la Seine, pouvez-vous imaginer devoir faire attention aux hippopotames avant de plonger ? C’était bien ce que devaient faire nos ancêtres, il y a 400 000 ans. Une étude récente décrit un paysage insoupçonné.


À 15 km de Fontainebleau (Seine-et-Marne), le site de La Celle est connu depuis le XIXᵉ siècle. Il livre à cette époque quelques outils façonnés par des humains préhistoriques mais, surtout, une remarquable collection d’empreintes de végétaux et de coquilles de mollusques. Au cours de nouvelles études entamées en 2003, des restes d’hippopotame et de macaque y sont également découverts.

Notre équipe de recherche constituée d’une quinzaine de spécialistes de disciplines très variées a pu exploiter tout le potentiel de ce site pour reconstituer des conditions climatiques et environnementales particulièrement douces dans la vallée de la Seine, il y a environ 400 000 ans. Retour sur plus de vingt années de recherche dont nous avons récemment publié une synthèse.

Depuis 2,6 millions d’années, le climat de la Terre alterne entre périodes glaciaires et interglaciaires. Les périodes glaciaires sont des phases froides. Les glaciers y étaient bien plus étendus, aux pôles comme en montagne. Ces périodes durent en moyenne 80 000 ans. Les interglaciaires sont, au contraire, des phases chaudes. Elles ressemblent au climat actuel et sont plus courtes, environ 20 000 ans.

Le site de La Celle est daté par des méthodes diverses d’une de ces périodes interglaciaires survenue il y a environ 400 000 ans. Cet interglaciaire en particulier peut être considérée comme une période « modèle » pour comprendre l’évolution récente du climat, depuis une dizaine de milliers d’années, en dehors des effets du dérèglement climatique lié aux activités humaines.

La principale formation géologique observée à La Celle est ce que l’on appelle un tuf calcaire. C’est une roche sédimentaire qui se forme à l’émergence de certaines sources ou dans des cours d’eau peu profonds. Sa formation est favorisée par un climat tempéré et humide, justement typique des périodes interglaciaires. Les tufs sont des archives géologiques particulièrement intéressantes car ils fossilisent des informations riches et diversifiées sur les environnements et climats passés.

Café GéodéO : Aux sources du passé : les tufs calcaires des super-enregistrements de l’environnement, du climat et des occupations humaines paléolithiques, par Julie Dabkowski.

À La Celle, plusieurs milliers d’années ont été nécessaires à la formation de près de 15 mètres d’épaisseur de tuf. Dans certains niveaux les empreintes de feuilles d’arbres et de fruits sont conservées et renvoient l’image d’une végétation riche qui se développe sous des conditions plutôt chaudes : chêne, peuplier, saule… mais surtout buis, figuier et micocoulier. Au milieu du dépôt la présence d’ossements de macaque et d’hippopotame est aussi un indice de conditions climatiques clémentes.

Reconstruire les milieux du passé grâce aux escargots

Notre équipe a également étudié de petits fossiles particulièrement intéressants pour reconstituer en détail l’évolution de l’environnement : les coquilles de mollusques (escargots et limaces). Chaque escargot a des contraintes écologiques particulières et porte sur sa coquille des caractères distinctifs qui permettent même sur un petit morceau de reconnaître l’espèce à laquelle elle appartenait. Ainsi, la malacologie, discipline qui étudie ces fossiles de mollusques, permet de déduire à partir des assemblages d’escargots les milieux dans lesquels ils vivaient.

Quelques espèces emblématiques de la « faune à Lyrodiscus ». Espèces éteintes : 1.- Retinella (Lyrodiscus) elephantium, 2.- Aegopis acieformis, 3.- Aegopinella bourdieri. Espèces centre-européennes : 4.- Macrogastra ventricosa, 5.- Ruthenica filograna, 6.- Platyla polita, 7.- Ena montana. Espèce atlantique : 8.- Spermodea lamellata. Aucun de ces escargots n’est plus présent dans la faune moderne de la région.
Photographie : Pierre Lozouet, Fourni par l’auteur

Dans le tuf de La Celle, les coquilles sont particulièrement bien conservées : plus de 42 000 individus ont été collectés, représentant 94 espèces de mollusques ! Elles sont par ailleurs présentes sur toute l’épaisseur du tuf ce qui permet de reconstituer des changements environnementaux sur plusieurs milliers d’années. La succession des faunes d’escargots de La Celle révèle trois étapes environnementales. À la base, une prairie marécageuse évolue vers une forêt de plus en plus dense. Celle-ci est contemporaine des silex taillés par les préhistoriques et des ossements de macaque et d’hippopotame. Dans la partie supérieure du dépôt, la forêt laisse place à une zone humide.

À La Celle les escargots de milieu forestier sont remarquables par leur diversité. Plusieurs espèces sont aujourd’hui éteintes où ne vivent plus que dans des contrées éloignées d’Europe centrale ou de la côte Atlantique sud. Elles constituent ce qui est nommée « la faune à Lyrodiscus » du nom d’un sous-genre d’escargot qui n’existe plus dans la faune moderne qu’aux îles Canaries. La faune à Lyrodiscus a été identifiée dans sept gisements de tuf répartis dans les vallées de la Seine, de la Somme et le sud de l’Angleterre, tous datés du même interglaciaire. Cependant, par son épaisseur exceptionnelle, le tuf de La Celle est le seul qui enregistre en détail l’émergence, le développement et la disparition de cette faune caractéristique d’une forêt tempérée et humide. La Celle sert de modèle pour positionner dans la succession forestière les séries plus courtes des autres gisements.

Des macaques et des hippopotames dans le nord de la « France »

Certaines caractéristiques chimiques du tuf lui-même renseignent sur les conditions de température et d’humidité au moment de sa formation : c’est l’étude géochimique. Ces analyses menées en parallèle de l’étude des mollusques montrent que l’optimum climatique, qui correspond aux conditions les plus chaudes et les plus humides enregistrées au cours de toute la séquence, intervient au même moment que le développement maximal de la forêt. Ces données géochimiques ont été comparées avec celles obtenues sur d’autres tufs du nord de la France datés de périodes interglaciaires plus récentes : le dernier interglaciaire, il y a environ 125 000 ans (enregistré à Caours dans la Somme) et l’interglaciaire actuel. Nous avons ainsi pu montrer que l’interglaciaire de La Celle, il y a 400 000 ans, avait été le plus chaud et le plus humide, ce qui explique, au moins en partie, la très grande richesse des faunes d’escargots, mais également la présence du macaque, de l’hippopotame et de plantes méridionales.

1. Prémolaire de macaque. 2. Métatarse d’hippopotame. Le macaque de La Celle appartient à la même espèce que les singes de Gibraltar. L’hippopotame est proche de son congénère actuel africain.
Photographie : Pierre Lozouet, Fourni par l’auteur

Par son épaisseur importante, rarement observée pour un tuf de cet âge, la diversité et la complémentarité des informations conservées, le tuf de La Celle peut maintenant être considéré comme une référence européenne pour la connaissance des changements environnementaux et climatiques au cours de la période interglaciaire survenue il y a 400 000 ans. De tels sites sont importants, car si les sédiments marins ou les couches de glace en Antarctique nous renseignent de façon spectaculaire sur les variations climatiques globales des dernières centaines de milliers d’années, il est plus complexe d’obtenir des enregistrements longs sur les séries des continents beaucoup plus soumises à l’érosion. Or, les macaques, les hippopotames… et les humains préhistoriques ne vivaient ni au fond des océans, ni au Pôle sud !

Si vous avez envie de voir à quoi ressemble ce tuf en vrai, bonne nouvelle : il est aménagé et accessible librement, alors venez le visiter !

Le tuf de La Celle, aujourd’hui.
Photographie : Julie Dabkowski, Fourni par l’auteur

The Conversation

Julie Dabkowski a reçu des financements de CNRS.

Nicole Limondin-Lozouet a reçu des financements de CNRS.

Pierre Louis Antoine a reçu des financements de CNRS

ref. Quand macaques et hippopotames se baignaient dans la Seine il y a 400 000 ans – https://theconversation.com/quand-macaques-et-hippopotames-se-baignaient-dans-la-seine-il-y-a-400-000-ans-272401

Pourquoi les pénis humains sont-ils si grands ? Une nouvelle étude sur l’évolution révèle deux raisons principales

Source: The Conversation – France in French (2) – By Upama Aich, Forrest Research Fellow, Centre for Evolutionary Biology, The University of Western Australia

Formations rocheuses dans la vallée de l’Amour entre les villages d’Uçhisarr et de Göreme, en Anatolie centrale, Turquie. Nevit Dilmen/Wikimédia Commons, CC BY

Comparés à ceux des autres grands singes, les pénis humains sont mystérieusement grands, ce qui suggère qu’ils pourraient servir de signal aux partenaires.


« La taille compte », c’est une phrase assez cliché, mais pour les biologistes de l’évolution, la taille du pénis humain constitue un véritable mystère. Comparé à celui d’autres grands singes, comme les chimpanzés et les gorilles, le pénis humain est plus long et plus épais que ce à quoi on pourrait s’attendre pour un primate de notre taille.

Si la fonction principale du pénis est simplement de transférer le sperme, pourquoi le pénis humain est-il si nettement plus grand que celui de nos plus proches parents ?

Notre nouvelle étude, publiée aujourd’hui dans PLOS Biology révèle qu’un pénis plus grand chez l’être humain remplit deux fonctions supplémentaires : attirer des partenaires et intimider les rivaux.

Pourquoi est-il si proéminent ?

Comprendre pourquoi le corps humain a cette apparence est une question centrale en biologie évolutive. Nous savons déjà que certaines caractéristiques physiques, comme une grande taille ou un torse en forme de V, augmentent l’attrait sexuel d’un homme

En revanche, on sait moins de choses sur l’effet d’un pénis plus grand. Les humains ont marché debout bien avant l’invention des vêtements, ce qui rendait le pénis très visible aux yeux des partenaires et des rivaux pendant une grande partie de notre évolution.

Cette proéminence aurait-elle favorisé la sélection d’une plus grande taille ?

Un graphique montrant que les humains ont les plus gros pénis par rapport à leur taille corporelle, tandis que les autres singes ont des testicules plus gros ou que les deux sont petits
Organes sexuels masculins des grands singes, comparaison par taille.
Mark Maslin, « The Cradle of Humanity »/The Conversation

Il y a treize ans, dans une étude qui a fait date, nous avons présenté à des femmes des projections grandeur nature de 343 silhouettes masculines en 3D générées par ordinateur, anatomiquement réalistes, variant selon la taille, le rapport épaules-hanches (silhouette) et la taille du pénis.

Nous avons constaté que les femmes préfèrent généralement les hommes plus grands, avec des épaules plus larges et un pénis plus grand.

Cette étude a fait la une des médias du monde entier, mais elle ne racontait qu’une partie de l’histoire. Dans notre nouvelle étude, nous montrons que les hommes aussi prêtent attention à la taille du pénis.

Une double fonction ?

Chez de nombreuses espèces, les traits plus marqués chez les mâles, comme la crinière du lion ou les bois du cerf remplissent deux fonctions : attirer les femelles et signaler la capacité de combat aux autres mâles. Jusqu’à présent, nous ne savions pas si la taille du pénis humain pouvait elle aussi remplir une telle double fonction.

Dans cette nouvelle étude, nous avons confirmé notre conclusion précédente selon laquelle les femmes trouvent un pénis plus grand plus attirant. Nous avons ensuite cherché à déterminer si les hommes percevaient également un rival doté d’un pénis plus grand comme plus attirant pour les femmes et, pour la première fois, si les hommes considéraient un pénis plus grand comme le signe d’un adversaire plus dangereux en cas de confrontation physique.

Pour répondre à ces questions, nous avons montré à plus de 800 participants les 343 silhouettes variant en taille, en morphologie et en taille de pénis. Les participants ont observé et évalué un sous-ensemble de ces silhouettes, soit en personne sous forme de projections grandeur nature, soit en ligne sur leur propre ordinateur, tablette ou téléphone.

Exemple des silhouettes utilisées dans l’étude.
Aich U, et coll., 2025, PLOS Biology

Nous avons demandé aux femmes d’évaluer l’attrait sexuel des personnages, et aux hommes de les évaluer en tant que rivaux potentiels, en indiquant dans quelle mesure chaque personnage leur semblait physiquement menaçant ou sexuellement compétitif.

Ce que nous avons découvert

Pour les femmes, un pénis plus grand, une stature plus élevée et un torse en forme de V augmentaient l’attrait d’un homme. Toutefois, cet effet présentait un rendement décroissant : au-delà d’un certain seuil, une augmentation supplémentaire de la taille du pénis ou de la taille corporelle n’apportait que des bénéfices marginaux.

La véritable révélation est cependant venue des hommes. Ceux-ci percevaient un pénis plus grand comme le signe d’un rival à la fois plus combatif et plus compétitif sur le plan sexuel. Les silhouettes plus grandes et au torse plus en V étaient évaluées de manière similaire.

Cependant, contrairement aux femmes, les hommes classaient systématiquement les individus présentant les traits les plus exagérés comme des concurrents sexuels plus redoutables, ce qui suggère qu’ils ont tendance à surestimer l’attrait de ces caractéristiques pour les femmes.

Nous avons été frappés par la cohérence de nos résultats. Les évaluations des différentes silhouettes ont conduit à des conclusions très similaires, que les participants aient vu les projections grandeur nature en personne ou les aient observées sur un écran plus petit en ligne.

Jugement instantané – avec des limites

Il est important de rappeler que le pénis humain a avant tout évolué pour le transfert du sperme. Néanmoins, nos résultats montrent qu’il fonctionne également comme un signal biologique.

Nous disposons désormais de preuves indiquant que l’évolution de la taille du pénis pourrait avoir été en partie guidée par les préférences sexuelles des femmes et par son rôle de signal de capacité physique entre hommes.

Il convient toutefois de noter que l’effet de la taille du pénis sur l’attractivité était quatre à sept fois plus important que son effet en tant que signal de capacité de combat. Cela suggère que l’augmentation de la taille du pénis chez l’homme a évolué davantage en réponse à son rôle d’ornement sexuel destiné à attirer les femmes qu’en tant que symbole de statut social pour les hommes, bien qu’il remplisse effectivement ces deux fonctions.

Fait intéressant, notre étude a également mis en évidence une particularité psychologique. Nous avons mesuré la rapidité avec laquelle les participants évaluaient les silhouettes. Ceux-ci étaient nettement plus rapides pour juger les silhouettes présentant un pénis plus petit, une taille plus réduite et un haut du corps moins en forme de V. Cette rapidité suggère que ces traits sont évalués inconsciemment, presque instantanément, comme moins attirants sexuellement ou moins menaçants physiquement.

Il existe bien sûr des limites à ce que révèle notre expérience. Nous avons fait varier la taille corporelle, la taille du pénis et la morphologie, mais dans la réalité, des caractéristiques telles que les traits du visage et la personnalité jouent également un rôle important dans la manière dont nous évaluons les autres. Il reste à déterminer comment ces facteurs interagissent entre eux.

Enfin, bien que nos conclusions soient valables pour des hommes et des femmes issus de différentes origines ethniques, nous reconnaissons que les normes culturelles de la masculinité varient à travers le monde et évoluent au fil du temps.

The Conversation

Upama Aich a reçu des financements de la Forrest Research Foundation pour travailler à l’Université d’Australie occidentale et a reçu une bourse de recherche de la Monash University pour mener cette étude.

MIchael Jennions ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Pourquoi les pénis humains sont-ils si grands ? Une nouvelle étude sur l’évolution révèle deux raisons principales – https://theconversation.com/pourquoi-les-penis-humains-sont-ils-si-grands-une-nouvelle-etude-sur-levolution-revele-deux-raisons-principales-274588

ISS : quelles expériences scientifiques va réaliser Sophie Adenot, la nouvelle astronaute française ?

Source: The Conversation – France in French (2) – By Rémi Canton, Chef de Projet Vols Habités (CADMOS) , Centre national d’études spatiales (CNES)

Dans la Station spatiale internationale, les astronautes réalisent de nombreuses expériences scientifiques – c’est même le cœur de leur activité. Aujourd’hui, Rémi Canton, responsable au Centre national d’études spatiales de la préparation des expériences françaises à bord de l’ISS, nous parle des recherches scientifiques à bord.


The Conversation : Sophie Adenot, la nouvelle astronaute française, va partir un peu en avance par rapport à ce qui avait été prévu et devrait rester huit mois à bord d’ISS – ce qui est plus long que la plupart des missions ?

Rémi Canton : Oui, le départ de Sophie va peut-être être légèrement avancé à cause du retour anticipé de la mission précédente, en raison d’un problème de santé d’un des membres de l’équipage. La durée de sa mission en revanche n’est pas liée à des raisons scientifiques ou de santé, mais a été fixée par la Nasa qui souhaite réduire le nombre de lancements de rotation d’équipage pour réduire les coûts et prévoit donc que les missions à bord de l’ISS seront dorénavant plus longues.

Outre les expériences de physiologie dont nous parle votre collègue Marc-Antoine Custaud dans un autre article, Sophie Adenot va travailler sur les contaminations par des microorganismes : bactéries, champignons, virus… Mais honnêtement, on n’imagine pas au premier abord une station spatiale comme un nid à microbes ! D’où viennent ces contaminations ?

R. C. : La biocontamination n’est évidemment pas une spécificité spatiale, et il n’y a pas de problème particulier identifié à bord, mais les enjeux dans un espace confiné sont importants. En premier lieu pour protéger la santé de l’équipage, mais aussi pour minimiser le temps d’entretien afin de maximiser le temps consacré aux expériences scientifiques.

Le matériel que l’on monte est bien sûr désinfecté pour éviter d’amener toute sorte de contamination dans l’ISS. Mais il peut y avoir des résidus et, avec l’équipage à bord, il y a forcément du vivant. Le corps humain contient en grand nombre tout un ensemble de bactéries, de microchampignons et autres microorganismes, que l’on appelle le microbiote. Et qui peut se propager à cause de postillons, par exemple.

Il faut donc en limiter la prolifération, dans cet environnement confiné et que l’on ne peut pas aérer !

Dans quel but étudier ces contaminations ?

R. C. : Il s’agit d’abord de protéger la santé des astronautes, mais aussi la durée de vie du matériel, qui peut être endommagé par la corrosion bactérienne. Il y a des endroits difficiles d’accès et donc compliqués à nettoyer : connectique, derrière des câbles ou des baies informatiques, par exemple.

La première étape est de caractériser les microorganismes présents dans l’ISS et qui sont responsables de la biocontamination. La deuxième étape est de trouver des matériaux et des traitements – physiques et non chimiques – de surface, c’est-à-dire des textures ou revêtements, qui ralentissent ou empêchent la prolifération des contaminants. Soit en les piégeant, soit en les repoussant pour les empêcher de s’accrocher et de proliférer derrière un biofilm protecteur. Cela se fait grâce à l’expérience Matiss-4, dernière itération d’une expérience commencée dès la mission Proxima de Thomas Pesquet en 2016. On étudie par exemple des surfaces hydrophiles et hydrophobes, des surfaces texturées avec des petits plots en silice qui font que c’est plus difficile de s’accrocher d’un point de vue microscopique.

À terme, on espère identifier les meilleurs matériaux et revêtements qui pourraient être utilisés pour les futures stations spatiales et bases lunaires, et qui répondent parfaitement à cette problématique.

À bord, Sophie Adenot n’analysera pas ces surfaces ?

R. C. : Non, Sophie accrochera ces porte-échantillons avec différents types de surfaces dans des endroits stratégiques de l’ISS, près des filtres et bouches d’aération par exemple. Ils seront exposés pendant plusieurs mois à l’environnement ISS avant d’être ramenés sur Terre bien après sa mission pour une analyse au sol par fluorescence X ou spectroscopie Raman, par les scientifiques.

En parallèle, elle utilisera un deuxième instrument, appelé MultISS, caméra multimodale et multispectrale, qui permettra de prendre des photos des surfaces dans différentes longueurs d’onde (ultraviolets notamment) pour évaluer la contamination des surfaces invisible à l’œil nu. Cela permettra d’identifier les zones qui nécessitent le plus d’attention.

Existe-t-il pour ces expériences un objectif de développement d’applications qui soient utiles sur Terre ?

R. C. : Le but du Cadmos, le service dont je m’occupe au CNES, est d’abord de répondre à des objectifs scientifiques pour améliorer la connaissance et la compréhension de phénomènes inobservables sur Terre : nous recevons des demandes de laboratoires de recherche qui veulent observer certains phénomènes physiques, biologiques ou physiologiques en impesanteur, car cela permet de s’affranchir des effets de la gravité, comme le poids, la convection thermique, la poussée d’Archimède, la sédimentation ou la pression hydrostatique. Ces chercheuses et chercheurs ne cherchent pas à aller dans l’espace ! Au contraire, pour eux c’est plus une contrainte qu’autre chose. Mais c’est le seul endroit où ils peuvent avoir accès à l’impesanteur sur de longues périodes, ce qui leur « ouvre les yeux » sur un univers invisible sur Terre.

Donc, pour répondre à votre question : les applications terrestres ne sont pas dans le cahier des charges initial, c’est le principe même de la recherche fondamentale, mais le fait est que l’on découvre ensuite une multitude d’applications terrestres possibles.

Par exemple, nous avons étudié les fluides supercritiques (des fluides sous très haute pression et très haute température) dans l’expérience DECLIC. Parmi les propriétés qui ont été découvertes : en présence d’un oxydant, l’eau supercritique dissout et oxyde les substances organiques sans dégager d’oxyde d’azote… En d’autres termes, il s’agit d’un procédé de combustion « propre », beaucoup moins polluante. Au niveau spatial, cela pourrait être très intéressant pour le traitement des déchets, par exemple, sur une base lunaire. C’est d’ailleurs ce procédé qu’utilise Matt Damon dans Seul sur Mars, avec notre expérience, pour traiter ses déchets organiques. Mais ce serait surtout une technologie très utile sur Terre, car bien moins polluante que les incinérateurs classiques. Peut-être avec un rendement moindre que dans l’ISS, car le fluide supercritique serait moins homogène qu’en impesanteur, mais ce serait une technologie issue de la recherche spatiale, et qui a d’ailleurs commencé à être déployée pour traiter les déchets de certaines usines pétrochimiques.

Au-delà des expériences scientifiques qui nous sont demandées par les chercheurs, nous travaillons aussi à la préparation des technologies nécessaires pour l’exploration habitée plus lointaine. Et même si c’est moins intuitif et que cela peut paraître paradoxal, beaucoup d’applications terrestres découlent de cette branche. Car il s’agit de répondre à des problématiques de gestion et de recyclage de l’eau, le stockage de l’énergie, le traitement des déchets ou l’autonomie en santé. Et en effet, un équipage dans une station ou sur une base spatiale doit utiliser au mieux des ressources limitées, comme nous sur Terre, à une autre échelle. L’environnement exigeant et très contraint du spatial nous force ainsi à trouver des solutions innovantes, et sert ainsi d’accélérateur de technologie. Nous avons par exemple développé des techniques pour faire de l’échographie à distance avec des sondes motorisées et pilotables à distance, qui sont utilisées aujourd’hui en télémédecine dans des déserts médicaux.

Nous parlions de prévention de biocontamination tout à l’heure : l’objectif initial était une application spatiale, mais au final l’application sera surtout terrestre, pour les milieux hospitaliers, les transports en commun (barres de métro…), les lieux publics (boutons d’ascenseur, poignées de porte…), afin d’éviter la propagation d’agents pathogènes.

En parlant de recherche fondamentale : en 2023, l’astronaute danois Andy Morgensen a fait une mousse au chocolat pour étudier la formation d’émulsions en micropesanteur. Est-ce que Sophie Adenot va tester une nouvelle recette ?

R. C. : Oui, mais plus pour le plaisir que pour la science, cette fois-ci ! Nous avons juste décidé d’intégrer un objectif supplémentaire par rapport à la mousse au chocolat : dans un scénario réaliste, il n’y aura ni cacaotier ni d’œufs sur une base lunaire… Sophie va réaliser ce coup-ci une recette incorporant des ingrédients que des astronautes pourraient un jour faire pousser sur une base spatiale. Au menu : houmous et caviar d’aubergine !

The Conversation

Rémi Canton ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. ISS : quelles expériences scientifiques va réaliser Sophie Adenot, la nouvelle astronaute française ? – https://theconversation.com/iss-quelles-experiences-scientifiques-va-realiser-sophie-adenot-la-nouvelle-astronaute-francaise-273912

El gráfico que muestra la relación entre migración y economía en España

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mar Rubio Varas, Catedrática de Historia e Instituciones Económicas, (UPNA). Investigadora del Institute for Advanced Research in Business and Economics (INARBE), Universidad Pública de Navarra

Sach336699/Shutterstock

Con el anuncio del Gobierno español de la regularización de inmigrantes llegados al país antes del 31 de diciembre de 2025, vuelve una pregunta que parece sencilla pero que esconde una trampa lógica: ¿la gente emigra a España porque crece su economía, o crece la economía española por la llegada de inmigrantes?

Para conseguir una respuesta, los datos históricos desde 1960 hasta 2025 ofrecen claves explicativas importantes. Cuando se cruzan los saldos migratorios netos (la diferencia entre el número de personas que entran y el número de personas que salen) con el crecimiento del PIB en seis décadas, vemos que la inmigración ha sido una consecuencia del ciclo económico, no su causa. Pero eso no significa que este fenómeno vaya a ser irrelevante para el futuro de la economía española.

Cuando eran los españoles los que se iban

Durante los años sesenta se vivió el milagro económico español. En un despegue económico espectacular, el PIB creció a tasas superiores al 7 % anual. Sin embargo, al observar los números migratorios de entonces, vemos que España no atraía inmigrantes. Al contrario, eran los españoles quienes se iban. Cientos de miles de españoles emigraban a Alemania, Suiza, Francia y Bélgica buscando mejores salarios y oportunidades.

¿Por qué? Porque aunque la economía crecía, el crecimiento no se traducía en salarios competitivos a nivel europeo ni en suficientes empleos de calidad. Mientras la economía expandía el PIB, la población activa se contraía. Este patrón es la evidencia más clara de que la migración es una consecuencia de la situación relativa del país y de los ciclos económicos, no su motor. La gente no responde al PIB nacional promedio sino que responde a sus oportunidades personales.

Crecimiento económico y migración en España 1960-2025.
1960-2022: Datos históricos basados en el Instituto Nacional de Estadística (INE). 2023 (Final): Datos finales publicados por el INE. 2024-2025 (Estimados): Proyecciones del INE para el Saldo Migratorio y previsiones de consenso (ej. Banco de España, FMI), CC BY-NC

El gran giro: de emigrantes a inmigrantes

El cambio de dirección llegó a finales de los noventa. Entre 1998 y 2007, España experimentó lo que podríamos llamar el gran boom económico. El crecimiento fue robusto y prolongado. Fue entonces cuando los flujos migratorios se invirtieron de forma espectacular.
El saldo migratorio neto (diferencia entre quien llega y quien se va) se disparó. A principios de los 2000, España registraba inmigrantes netos de entre 300 000 y 600 000 personas anuales. ¿La razón? La economía crecía, había demanda de trabajo en sectores como la construcción, la hostelería, los servicios. Los inmigrantes llegaban no porque alguien los trajera, sino porque sus redes informales –amigos, familiares– les comunicaban que en España había trabajo.

Aquí es importante mencionar que en esos años hubo también cambios legislativos importantes. Entre 1991 y 2000, España realizó regularizaciones extraordinarias de trabajadores extranjeros que ya estaban en el país de forma irregular. Los procesos de regularización de principios de siglo, asociados a la Ley de Extranjería promulgada en el año 2000, permitió legalizar a centenares de miles de personas que ya vivían en España. Esto explica algunos de los picos tan pronunciados en las estadísticas oficiales de inmigración. Pero esos números reflejan, principalmente, la conversión de irregularidad a regularidad de una población que ya estaba aquí.

La crisis: cuando se invirtió el flujo

Luego llegó 2008 y la Gran Recesión. El PIB se desplomó con caídas de dos dígitos. El desempleo se multiplicó. Y los flujos migratorios se invirtieron de nuevo.
Entre 2012 y 2014, el saldo migratorio se volvió negativo. Salía más gente de España que la que entraba. Decenas de miles de inmigrantes que habían llegado en los años de bonanza se iban, principalmente a sus países de origen o a otros países europeos. Al mismo tiempo, españoles jóvenes emigraban en busca de oportunidades que la crisis les había arrebatado.

Este patrón no es anecdótico. Es la confirmación de que la inmigración responde a ciclos económicos reales. Cuando hay trabajo, llega gente. Cuando no lo hay, se va.

La recuperación y el dilema presente

A partir de 2015, la economía española se recuperó. Y con ella volvió la inmigración neta positiva. Desde entonces, el saldo migratorio ha registrado cifras cada vez más altas. En 2022-2023, España registró inmigrantes netos de entre 500 000 y 600 000 personas anuales.

La pregunta política que esto ha generado es la que se plantea en redes: “¿Crece la economía porque vienen inmigrantes o vienen inmigrantes porque crece la economía?” Hay un germen de verdad en ambas proposiciones, pero la pregunta está mal formulada.

Históricamente, la inmigración ha sido una consecuencia de oportunidades económicas, no su causa directa. Pero en el contexto demográfico actual de España –uno de los índices de natalidad más bajos de Europa, una población envejecida, una pirámide de edad invertida– la llegada de inmigrantes se ha vuelto estructuralmente necesaria.

Expliquemos porqué.

Cuando la inmigración se vuelve necesaria

España tiene un grave problema demográfico. La tasa de natalidad es de las más bajas de la OCDE. Cada mujer española tiene, en promedio, 1,1 hijos. Para mantener una población estable se necesitan 2,1. Sin inmigración, la población activa de España –aquella que genera riqueza, paga impuestos y sostiene la Seguridad Social– comenzaría a contraerse en términos absolutos.

Las consecuencias son claras. Menos población activa significa menos trabajadores cotizando a la Seguridad Social para sostener el sistema de pensiones de una población cada vez más envejecida. Significa menos demanda interna, menos consumo, menos actividad económica. El crecimiento económico de los países está directamente ligado a disponer de población en edad de trabajar. Y en España, sin inmigración neta positiva, esa población simplemente no existirá.

Así pues, mientras que históricamente la inmigración fue una consecuencia de la prosperidad, hoy es una condición para mantenerla. La economía sigue atrayendo inmigrantes porque tiene oportunidades que ofrecer. Pero esos inmigrantes son ahora estructuralmente necesarios para que esas oportunidades sigan existiendo.

El verdadero indicador: cuándo preocuparse

Así que volvamos a la pregunta inicial, reformulada: ¿Es la inmigración un motor o un barómetro de la economía?

La respuesta es que es ambas cosas. Es un barómetro, porque responde sensiblemente a ciclos económicos. Eso queda demostrado en seis décadas de datos: cuando la economía funciona, llega gente; cuando se detiene, se van.

Pero es también un motor porque, en el contexto actual, la población inmigrante es lo que permite que el crecimiento económico español sea sostenible a largo plazo. Sin esa reposición de la población activa, la espiral demográfica española sería inexorablemente peor.

El verdadero indicador de alarma no es que lleguen muchos inmigrantes a España: es que dejen de llegar. Sí sería preocupante que el saldo migratorio neto se detuviera o cayera significativamente. No porque la inmigración sea “el problema” para España, sino porque sería la evidencia de que España ha dejado de ser atractiva para los trabajadores, nacionales o internacionales. Y eso sería un síntoma de una economía en deterioro terminal.

Conclusión: el debate necesario

España necesita un debate sobre inmigración que descanse en datos, no en creencias y estereotipos. Los números muestran que la inmigración es una consecuencia natural de ciclos económicos, ningún misterio. Pero también muestran que, en la España actual, esa inmigración es una necesidad demográfica y económica.

Así que la pregunta correcta no debería ser si la inmigración causa o es causada por el crecimiento. La pregunta debería ser: ¿cómo gestionamos e integramos la inmigración de forma que sea beneficiosa para todos? Y antes que eso, ¿cómo mejoramos la cohesión social y la igualdad de oportunidades en un país que necesita a los inmigrantes, pero donde también viven millones de personas que sienten que se han quedado atrás?

Esas son las preguntas que los números sugieren que la sociedad española se debería estar haciendo.

The Conversation

Mar Rubio Varas no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El gráfico que muestra la relación entre migración y economía en España – https://theconversation.com/el-grafico-que-muestra-la-relacion-entre-migracion-y-economia-en-espana-271278

Ni buenos ni obedientes: la literatura infantil más allá de la moraleja

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Claudio Moyano Arellano, Profesor Ayudante Doctor en Didáctica de la Lengua y la Literatura, Universidad de Valladolid

Ilustración de _Alicia en el País de las Maravillas_ en una edición de 1890. Wikimedia Commons, CC BY

Ya en su Arte poética, Horacio se hacía una pregunta que sigue resonando dos mil años después: ¿es mejor el autor que enseña o el que entretiene? Su respuesta fue, como suele ocurrir con los clásicos, una invitación al equilibrio: mezclar lo útil con lo agradable, deleitar e instruir al lector al mismo tiempo.

Pero ¿qué significa exactamente “instruir al lector”? El concepto es escurridizo. Hoy, más que sermones y moralinas disfrazados de historias, un lector competente busca obras estéticamente complejas, libros que lo desafíen, textos que pongan en juego voces y puntos de vista diferentes y de cuya lectura se pueda extraer una interpretación nueva, que no tiene por qué corresponder con aquella que imaginó el autor.

¿Estética o pedagogía?

La cuestión se vuelve más complicada si miramos a la literatura infantil. El experto español Juan Cervera advertía en los años noventa de que, en ella, la finalidad estética debía prevalecer sobre la pedagógica, en contra de aquella victoriana tradición moralizante que convirtió los libros infantiles en manuales de comportamiento acordes con los valores socialmente correctos: recompensas por la obediencia, castigos por la rebeldía, fantasía e imaginación contenidas y emociones bajo llave.

La escritora argentina Graciela Montes denunciaba en una entrevista reciente los peligros de la rigidez pedagógica en la literatura infantil. En su opinión, ningún lector debe ser llevado “de las orejas”, sino que debe mantener su capacidad crítica y su distancia interpretativa. Esta visión defiende la autonomía del niño como lector, al que se le debe reconocer la capacidad de construir significados sin necesidad de que el texto le dicte cómo debe pensar o comportarse.

Enseñar a ser buenos

De ahí que nos planteemos si seguimos creyendo que los libros para niños deben enseñar a “ser buenos” más que a pensar, o cargar su literatura con lecciones prefabricadas que ahogan el asombro, con fórmulas del tipo “hay que ser bueno” o “no deben decirse mentiras”, que clausuran el texto literario imponiendo una única lectura posible.

En su meritoria obra Construir lectores, el escritor y crítico literario Vicente Luis Mora señala que la literatura infantil y juvenil “parece a veces un recetario de autoayuda, o alter-ayuda, más programático que artístico”.

Enseñar cómo es la vida

Más allá de las obras que intentan insertar al niño en parámetros morales rígidos, donde los buenos son inocentes y cándidos y los villanos son indudablemente malos, podemos reivindicar otro tipo de textos en los que el niño se enfrente con el sinsentido de la vida.

En lugar de mensajes del tipo “no hay que mentir” o “debemos compartir”, podemos ofrecer al lector infantil extraer sus conclusiones y su propia visión del mundo con una literatura que no proponga ya soluciones sencillas, sino que permita la experiencia del conflicto y la ambigüedad. Una literatura que le ofrezca una enseñanza vital.

Existen obras canónicas de la literatura infantil que deliberadamente rechazan la moraleja explícita, y precisamente por ello se han convertido en clásicos que resisten el paso del tiempo.




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Cómo aprovechar la fascinación de los niños por las historias para convertirlos en lectores


Tom Sawyer y ‘Huck’ Finn: ¿ausencia moral o libertad?

Ahí está Samuel Langhorne Clemens, más conocido como Mark Twain, autor de Las aventuras de Tom Sawyer (1876) y Las aventuras de Huckleberry Finn (1885). Frente a la literatura moralizante del siglo XIX, y sus ejemplos y castigos edificantes, Twain abrió paso a un realismo vibrante y contradictorio.

En su universo, los niños mienten, dudan, se rebelan y descubren la libertad con todo su peso y su vértigo. La infancia, en sus manos, deja de ser un símbolo de inocencia para convertirse en un territorio de aprendizaje moral, un espejo donde cualquier lector –niño o adulto– puede reconocerse y encontrar el reflejo de su propia búsqueda.

No todos los escritores del momento vieron con buenos ojos aquel retrato irreverente de la infancia. Algunos, más atentos a la moral y las buenas costumbres que al pulso de la vida, contemplaron alarmados las historias de Twain.

La propia Louise May Alcott –la célebre autora de Mujercitasllegó a escribir en la prensa que, si Samuel Clemens no tenía nada mejor que ofrecer a los jóvenes de “mente limpia”, sería preferible que dejara de escribir para ellos, juicio que resonó poco después entre los muros de la Biblioteca de Concord, donde las obras de Twain fueron vetadas. Parece claro que la rebeldía de sus personajes resultó demasiado incómoda para los guardianes de la virtud.




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Las matemáticas, desde el País de las Maravillas a la inteligencia artificial


El sinsentido subversivo de ‘Alicia’

El ejemplo más luminoso –y también el más subversivo– de una literatura infantil que se niega a obedecer las normas morales es, sin duda, Alicia en el País de las Maravillas, escrita en 1865 por Lewis Carroll. Su libro es una fiesta del nonsense o sinsentido, ese territorio donde el lenguaje pierde su rigidez y la lógica adulta se derrumba con elegancia.

Cuando la Duquesa asegura que “todo tiene una moraleja, solo hace falta encontrarla”, Carroll no predica; se burla, con ingenio, de la obsesión victoriana por buscar lecciones en cada relato. Pues justamente “la moral” de Alicia es que no hay moral alguna: es un juego verbal, una fantasía que permite experimentar con las palabras y cuestionar, entre líneas, el rígido sistema educativo británico sin caer en la ofensiva del didactismo directo.

En ese mundo del revés, aunque no haya Demogorgon como el de Stranger Things, todos los adultos con los que Alicia se encuentra están irremediablemente locos, tambaleándose así la idea misma de autoridad. El sinsentido se revela entonces como un umbral hacia la libertad, un espacio donde niños y adultos pueden explorar el absurdo para entender mejor su propio mundo.

Y, al final, el asombroso universo de Alicia nos recuerda que el lenguaje no solo describe la realidad: también la domina. Lo sabe bien Humpty Dumpty, en Alicia a través del espejo –una formidable segunda parte–, cuando reduce toda la cuestión del sentido a un único problema esencial: quién tiene el poder de decir qué significan las palabras.

Confiar en los niños

Entendamos, entonces, que al reivindicar una literatura infantil no moral, estamos confiando en que los niños y las niñas, como lectores, poseen capacidades interpretativas sofisticadas, y no necesitan que cada texto les diga qué pensar o cómo comportarse.

La literatura infantil alcanza su máximo potencial cuando funciona como lo que es, un arte, y no como un instrumento pedagógico. No necesita ser moral para ser valiosa; necesita ser honesta, imaginativa y respetuosa con la inteligencia de sus lectores.

The Conversation

Claudio Moyano Arellano no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Ni buenos ni obedientes: la literatura infantil más allá de la moraleja – https://theconversation.com/ni-buenos-ni-obedientes-la-literatura-infantil-mas-alla-de-la-moraleja-271051

Drones acuáticos para cuidar los ríos de Sevilla

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Samuel Yanes Luis, Doctor y profesor de Electrónica, Universidad de Sevilla

Vehículos autónomos de superficie en el lago del Alamillo (Sevilla). ACE-TI. Universidad de Sevilla.

Los ríos son las arterias de nuestras ciudades. En Sevilla, el río Guadalquivir, sus embalses y afluentes, no solo dibujan el paisaje de Andalucía, sino que sostienen un complejo y riquísimo ecosistema. Además, son la fuente del recurso más fundamental en una tierra de perenne sequía: el agua.

En un contexto de crisis climática y desatención de los recursos hidrológicos, surge el concepto de Blue Cities: urbes que integran sus recursos hídricos no solo como elementos paisajísticos.

La clave está en considerar el agua una infraestructura crítica que debe ser monitorizada, protegida y gestionada con inteligencia. Para lograr esta simbiosis entre urbanismo y naturaleza, la ciencia está recurriendo a aliados inusuales: robots autónomos para velar por un ecosistema saludable.

Vehículos autónomos de superficie en el río Guadaira (Sevilla).
ACE-TI. Universidad de Sevilla.

Vigilantes autónomos

Tradicionalmente, la robótica se asocia a entornos industriales controlados, lejos del barro de un río. Sin embargo, su verdadera utilidad social emerge cuando se pone al servicio de la sostenibilidad.

Investigadores del grupo ACE-TI de la Universidad de Sevilla han desarrollado un sistema que permite trasladar la precisión de un laboratorio al corazón del cauce fluvial mediante Vehículos Autónomos de Superficie (ASV, por sus siglas en inglés). Nuestros “drones acuáticos” son unas plataformas ligeras y silenciosas que no alteran el entorno que estudian, ni requieren la compleja logística de las embarcaciones motorizadas.

Se despliegan en menos de 10 minutos y operan de forma autónoma durante jornadas de hasta 8 horas. Gracias a su conectividad, no solo siguen una ruta, sino que calculan modelos de contaminación continuamente mientras navegan.

Esta capacidad de procesamiento permite a los drones decidir de forma inteligente sus propios puntos de monitorización: si el sistema detecta una anomalía en tiempo real, el robot prioriza esa zona para realizar un análisis más exhaustivo.

Así, pasamos de una vigilancia reactiva a una proactiva y podemos construir un escudo tecnológico que protege nuestra biodiversidad basándose en evidencias científicas inmediatas.

Demostración de las capacidades de monitorización de los dos vehículos probados en el Río Guadaira (Sevilla).

Cómo enseñar a navegar a un robot

Para que un ASV sea realmente autónomo, no basta con darle un mapa y unos sensores. También debe aprender a “moverse” por el río para poder usarlos.

Aquí es donde entra en juego una de las ramas más fascinantes de la inteligencia artificial (IA): el aprendizaje por refuerzo. El concepto fue popularizado por Google Deep Mind en su famosa victoria contra el maestro de Go Lee Seedol, en 2016. Explicado de forma sencilla, es un proceso muy similar a cómo entrenamos a una mascota o cómo un niño aprende a caminar, mediante el ensayo y el error.

En lugar de programar al robot con miles de reglas rígidas –como “acércate siempre a valores de máxima turbidez del agua”–, se le da un objetivo y un sistema de “recompensas”. Cuando el dron toma una decisión que lo acerca a una zona de interés hidrológico, el sistema recibe una puntuación positiva. Si choca o se desvía, recibe una negativa.

Tras miles de simulaciones, el dron “entiende” por sí mismo cuál es la mejor manera de tomar muestras. No sigue órdenes ciegas. De esta manera, desarrolla la capacidad de adaptarse a las condiciones cambiantes de un río.

Se pueden optimizar, así, las rutas para ahorrar energía, capturar mejor la contaminación o asegurarse de que se han repasado bien las zonas importantes.

Este proceso de aprendizaje basado en IA supone un avance en sistemas que son capaces de aprender del entorno. Cuando el entorno cambia (por ejemplo, porque ha llovido o porque sus aguas se han enturbiado), estos drones cambian su comportamiento en consecuencia.

La clave del éxito está, como siempre en la IA, en los datos. Cuantas más experiencias reales tienen, mejor “patrullan” los vehículos. El tiempo los hará más eficientes en su tarea.

Hacia el diagnóstico personalizado

Para lograr el diagnóstico de un río, cada dron opera como un laboratorio móvil equipado con dos herramientas: sensores de calidad del agua y una cámara de visión 3D.

La sonda analiza las propiedades invisibles del agua –como la conductividad (que revela posibles vertidos), la turbidez, el pH y la temperatura–. Esta sonda puede cambiarse por cualquier otro instrumento que mida otros parámetros relevantes. Por ejemplo, en un entorno marino, podría sustituirse por un sensor de hidrocarburos disueltos.

La cámara de visión 3D, por su parte, escanea la superficie y es capaz de mapear el río. Su uso en la monitorización ambiental es fundamental para la detección de otro monstruo de la contaminación acuática: los residuos plásticos superficiales. Gracias a un algoritmo basado en redes neuronales, los vehículos “ven” la basura en 3D y son capaces de geolocalizarla con gran precisión.

Proceso de identificación de basura plástica superficial en el lago del Alamillo (Sevilla) mediante algoritmos de inteligencia artificial.
ACE-TI. Universidad de Sevilla.

El verdadero hito científico ocurre al integrar ambas fuentes mediante modelos de procesamiento de datos. Estas mediciones puntuales se transforman en un mapa de alta definición que permite visualizar la salud del cauce con precisión centimétrica.

Mapas de conductividad del agua resultado de una campaña de patrullaje con dos drones acuáticos en el lago del Alamillo y el río Guadaíra.
ACE-TI. Universidad de Sevilla.

Retos para el futuro

A pesar de los avances, el camino hacia una integración total de estas tecnologías no está exento de desafíos. El reto no es solo perfeccionar los algoritmos, sino lograr que esta tecnología se convierta en una infraestructura cotidiana y accesible.

Para que Sevilla sea una verdadera Blue City, debemos escalar estos proyectos piloto a sistemas permanentes de vigilancia que colaboren estrechamente con las instituciones públicas.

Al final, el propósito de una robótica más humana no es desplazar nuestra relación con el entorno, sino amplificar nuestra capacidad de protegerlo. El uso de la inteligencia artificial para la sostenibilidad nos demuestra que la técnica, cuando tiene un propósito ético y ambiental, es la mejor herramienta para garantizar que nuestros ríos sigan siendo el corazón vivo y saludable de la tierra.

The Conversation

Samuel Yanes Luis recibe fondos para investigación del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades para el proyecto “Predicción y Planificación de Flotas Heterogéneas de Vehículos Autónomos para la Detección, Seguimiento y Contención de Contaminantes en Recursos Hídricos (PID2024-158365OB-C21)”.

ref. Drones acuáticos para cuidar los ríos de Sevilla – https://theconversation.com/drones-acuaticos-para-cuidar-los-rios-de-sevilla-273249

¿Los humanos somos la única especie en que las hembras se acicalan en el cortejo?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gloria Fernández Lázaro, Profesor e investigador en Comportamiento animal y Psicología comparada, Universidad Autónoma de Madrid

Macho de lagarto “Spider-man” (_Agama mwanzae_). Lourdes Castro / Unsplash., CC BY

Si consideramos la palabra “arreglarse” como “acicalarse” o “engalanarse”, es decir, adornar o complementar la propia apariencia para mejorarla de cara al cortejo, ni la melena del león, ni los colores de los machos de muchas aves, reptiles o anfibios son atributos que añadan ellos mismos, simplemente nacen con ellos y reciben el nombre de ornamentos.

Macho de ciervo rojo.
Bill Ebbesen / Wikimedia Commons., CC BY

Es verdad que esta apariencia ha sido moldeada por la evolución a través de lo que Darwin definió como la teoría de la selección sexual en 1871. Tanto la alimentación como el estado físico del individuo juegan un papel muy importante en el desarrollo y mantenimiento de estos atributos. Por ejemplo, en las astas de los ciervos, una buena dieta es crucial para que crezcan grandes y sanas y puedan competir por el acceso a las hembras. Sin embargo, ¿podríamos concluir que por tanto se “arreglan” más que las hembras? Yo diría que no.

Diferencias entre sexos

Este dimorfismo sexual (diferencias físicas notables entre los sexos de una especie) responde generalmente a una competición durante el cortejo para ganar el acceso a la reproducción. Dicha competición no siempre implica un rasgo físico (ornamento o armamento) sino que también puede responder a una habilidad cognitiva (mental y comportamental).

Esto queda patente, por ejemplo en determinadas aves y la complejidad de los nidos o bailes que realizan para el cortejo. Otro ejemplo llamativo es del pez globo japonés, cuyos machos crean una estructura bajo el agua para que las hembras dejen sus huevos bajo su cuidado.

El pez globo japonés crea una estructura bajo el agua para que la hembra deje sus huevos bajo su cuidado.

Sin embargo, parece que es más común que los machos compitan durante el cortejo, ¿por qué? La razón está en la asimetría fundamental del sexo: los gametos femeninos (óvulos) son mucho más grandes, caros de producir y menos numerosos que los masculinos (espermatozoides).

Esto lleva a lo que de forma general se denominó el principio de Bateman (1948), según el cual las hembras suelen elegir mucho con quien aparearse y los machos compiten por el acceso a las hembras siendo más promiscuos. ¿Esto siempre es así? No.

Los machos compiten y las hembras eligen… no siempre

Hoy en día, sabemos que hay bastantes excepciones a este principio. Por ejemplo, se creyó durante bastante tiempo que muchas aves eran monógamas. Sin embargo hoy sabemos que, aunque alrededor del 80 % de las aves se consideran monógamas sociales –es decir, forman una pareja con un vínculo de larga duración para el cuidado de la puesta–, en un 75 % de las especies, las hembras participan de cópulas externas.

Asimismo, hay casos en que son las hembras las que tienen que competir por el macho. Por ejemplo, en una especie de pez pipa (Syngnathus scovelli), las hembras presentan unas rayas plateadas a lo largo del abdomen y, en función de su número y longitud, son seleccionadas por los machos, quienes incubarán y cuidarán a las crías.

Por poner un último ejemplo más cercano a nosotros, se ha visto en primates no humanos que las hembras de monos capuchinos son las que tienen que llamar la atención del macho dominante para que se aparee con ellas.

Como explicaba el primatólogo Frans de Waal en su libro Diferentes. Lo que los primates nos enseñan sobre el género, la idea general del apareamiento como liderado por machos (competición, jerarquía, dominancia, mayor impulso sexual) y hembras –incluidas las mujeres– con un papel más pasivo (selectivas, menos impulso sexual, más monógamas) encajaba demasiado bien en los prejuicios culturales que los humanos llevamos siglos albergando.

Mujeres y hombres no somos tan diferentes

Así que, volviendo a nuestra especie, podemos preguntarnos si somos las hembras las que se arreglan más que los machos. Pues yo diría que tampoco.

Estudios recientes demuestran que o bien no hay diferencias entre hombres y mujeres o la diferencia en el tiempo empleado en estos comportamientos –maquillarse o usar otros cosméticos, arreglarse el cabello, vestirse con estilo, cuidar la higiene corporal y hacer ejercicio o seguir una dieta específica con el propósito específico de mejorar el atractivo físico– es solo ligeramente superior de media en las mujeres (4 horas al día frente a 3,6 horas al día de los hombres).

Un dato curioso de este último estudio realizado con 93 158 participantes humanos en 93 países, fue que uno de los indicadores más fiables de los comportamientos que aumentan el atractivo fue el uso de las redes sociales, dejando claro el alto impacto que el medio social y cultural tiene en nuestro comportamiento, por encima de otros como el género.

Y es que los humanos compartimos muchas más cosas con el resto de los animales de las que pensamos, y ni ellos están tan alejados, ni nosotros somos tan únicos. Ojalá que todo esto nos sirva para tener un comportamiento más empático y respetuoso no solo entre nosotros mismos, sino con el planeta y el resto de los seres que habitan con nosotros.

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Gloria Fernández Lázaro no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Los humanos somos la única especie en que las hembras se acicalan en el cortejo? – https://theconversation.com/los-humanos-somos-la-unica-especie-en-que-las-hembras-se-acicalan-en-el-cortejo-272281

La mente en modo ‘bajo consumo’: ¿para qué pensar si la IA ya lo hace?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Anita Feridouni Solimani, Profesora y apoyo a la coordinación en el Departamento de Tecnologías de la Información y Comunicación Aplicadas a la Educación de la UNIR. Docente en Tecnologías Educativas y Competencias Digitales., UNIR – Universidad Internacional de La Rioja

Imagen de la primera termporada de _Pluribus_, de Vince Gilligan. Apple TV

Imaginemos que un día dejásemos de pensar. No porque alguien nos lo prohibiese ni porque fuésemos incapaces, sino porque ya no hiciese falta, porque existiese algo que decidiese por nosotros de forma más rápida, amable y peligrosamente convincente. Elegir se volvería innecesario; dudar, una pérdida de tiempo.

Esta idea aparece en una serie popular reciente, Pluribus, creada por Vince Gilligan, que plantea un mundo en el que las decisiones individuales se diluyen en una especie de mente colectiva. No como una amenaza violenta, sino como una solución cómoda y funcional.

Algo muy parecido empieza a suceder con nuestra forma de pensar. La incorporación de la inteligencia artificial (IA) a la vida cotidiana no es solo un avance tecnológico que optimiza tareas. Es también una transformación profunda de los procesos mediante los cuales decidimos, razonamos y creamos. Así, la IA generativa comienza a ocupar un lugar ambiguo: es a la vez una herramienta poderosa y una muleta tentadora.

Delegar en ella puede llevarnos antes a la meta, pero abre una pregunta más inquietante: ¿qué ocurre con nuestras capacidades cognitivas cuando dejamos de recorrer el camino?

El riesgo de pensar en modo de bajo esfuerzo

La ficción de Gilligan no presenta esta disolución como una elección consciente, sino como una irrupción súbita: una inteligencia ajena que se propaga y uniformiza el pensamiento. A partir de ese hecho, la duda deja de actuar como motor del pensar y el conflicto interior se apaga. La subjetividad no se anula por imposición, sino por sustitución.

Un hombre y una mujer hablan bajo un paraguas un día soleado.
Pocos seres humanos en Pluribus se consiguen ‘salvar’ de la mente conjunta.
Apple TV

En el plano de lo real, la neurociencia comienza a identificar un fenómeno inquietantemente similar bajo el concepto de sedentarismo cognitivo. La delegación sistemática de tareas cognitivas no solo amenaza nuestra autonomía y pensamiento crítico, sino que permite a la IA operar como una infraestructura que accede al inconsciente para condicionar el comportamiento. Resulta entonces imperativo proteger los derechos del yo inconsciente, una advertencia que resuena en numerosos estudios y críticas de la literatura actual. Esta preocupación no es solo teórica: la evidencia científica reciente aporta datos que la respaldan.

Un estudio del MIT Media Lab ofrece una pista empírica sobre lo que ocurre cuando el pensamiento se delega por completo. Los participantes que confiaron íntegramente en herramientas de IA generativa para escribir mostraron una menor activación de las áreas cerebrales implicadas en la memoria y el razonamiento. El efecto más revelador fue conductual: la mayoría no logró recordar ni explicar el contenido que acababa de producir. Sin esfuerzo cognitivo, la información no se integra; simplemente pasa.

El propio estudio pone estos resultados en perspectiva al compararlos con investigaciones previas sobre el uso de buscadores. Buscar información obliga a leer, evaluar, descartar y tomar decisiones, un proceso que mantiene activa la mente y refuerza la sensación de autoría. Cuando ese recorrido desaparece y el resultado llega ya cerrado, no solo cambia lo que sabemos sino cómo aprendemos a pensar.

La trampa de la pereza metacognitiva

El problema, por tanto, no es solo el olvido de datos, sino una transformación más profunda en la forma de procesar la información. La literatura científica describe este fenómeno como pereza metacognitiva: la tendencia a delegar no solo la ejecución, sino también la planificación y el control del propio pensamiento.

Un estudio experimental, publicado en el British Journal of Educational Technology, muestra con claridad esta paradoja. Los estudiantes que utilizaron ChatGPT obtuvieron mejores calificaciones en sus trabajos, pero no aprendieron más que quienes no lo usaron. El producto final mejora, pero la formación no progresa. La explicación apunta a una alteración del aprendizaje autorregulado (SRL): al recibir respuestas ya estructuradas, los sujetos reducen el esfuerzo de planificación y elaboración cognitiva, limitándose a una edición superficial.

Desde una perspectiva sociológica, esta dinámica se refuerza con lo que Michael Gerlich denomina “descarga cognitiva” (cognitive offloading). A partir del análisis de 666 participantes, su estudio muestra una correlación clara: cuanto mayor es la delegación de tareas mentales en la IA, menor es el uso del pensamiento crítico. El riesgo, concluye Gerlich, no es que la tecnología piense por nosotros, sino que nos acostumbre a evitar el esfuerzo analítico necesario para evaluar la información de forma independiente.


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No todo está perdido: diseñar fricciones deseables

La solución no es el rechazo, sino introducir intencionalmente fricciones deseables: utilizar la IA para generar retos y contraejemplos que nos obliguen a cuestionar la información y a resistir la aceptación automática de los patrones que los algoritmos refuerzan. Estos patrones tienden a crear cámaras de eco y a homogeneizar opiniones, no porque la IA piense por sí misma, sino porque somos nosotros quienes la usamos de forma cómoda y confirmatoria.

Para superar este riesgo, algunos estudios sobre epistemologías alternativas proponen estrategias para diversificar y confrontar la producción de conocimiento frente a la tendencia de los algoritmos a homogeneizar el pensamiento.

Desde esta perspectiva, resulta especialmente relevante la propuesta de Lara y Deckers sobre la “mejora socrática”. Su objetivo no es atribuir agencia moral a la tecnología, sino reintroducir la responsabilidad humana en la interacción. El riesgo no es que la máquina decida por nosotros, sino que dejemos de decidir al aceptar respuestas alineadas con la media o con aquello que confirma nuestra posición.

La resistencia no consiste en oponerse a la tecnología, sino en cambiar nuestra forma de usarla. En lugar de pedirle a la IA una confirmación cómoda –como “explícame por qué esta medida política es positiva”–, que suele generar respuestas previsibles, resulta más útil interactuar de forma crítica. Por ejemplo, pedirle que analice supuestos implícitos, identifique contradicciones entre efectos sociales y valores defendidos, y formule objeciones o preguntas que nos hagan reconsiderar nuestra postura. Así, la IA no sustituye el juicio humano, sino que lo activa.

La soberanía de la individualidad

La estandarización algorítmica tiende a crear una uniformidad digital que deja de lado lo auténtico en favor de lo predecible.

Si no reclamamos nuestra autonomía mental, corremos el riesgo de convertirnos en la versión simplificada de usuarios que la tecnología espera que seamos. El desafío no es competir con la capacidad de cálculo de la máquina, sino utilizarla de un modo que libere nuestra reflexión crítica, permitiendo que la eficiencia tecnológica enriquezca la experiencia humana sin reemplazar el pensamiento propio.

The Conversation

Anita Feridouni Solimani no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La mente en modo ‘bajo consumo’: ¿para qué pensar si la IA ya lo hace? – https://theconversation.com/la-mente-en-modo-bajo-consumo-para-que-pensar-si-la-ia-ya-lo-hace-273316

Claves que debemos conocer sobre el peligroso virus Nipah

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Raúl Rivas González, Catedrático de Microbiología. Miembro de la Sociedad Española de Microbiología., Universidad de Salamanca

ARVD73/Shutterstock

Un nuevo brote del letal virus Nipah, registrado en el estado indio de Bengala Occidental, ha hecho saltar las alarmas. Hasta la fecha hay dos casos confirmados. Ambos son enfermeros, una mujer y un hombre, de entre 20 y 30 años, que trabajan en el mismo hospital privado de Barasat, a unos 25 kilómetros del centro de Calcuta, una de las ciudades más densamente pobladas del mundo.

La posibilidad de que el virus pase de un entorno rural/semiurbano a una metrópolis con conexiones globales preocupa, con razón, a las autoridades sanitarias.

Tras la confirmación, fue activada una amplia respuesta de salud pública, identificando, rastreando, monitoreando y realizando pruebas a un total de 196 personas que tuvieron contacto con los casos confirmados. De momento, todos los contactos han permanecido asintomáticos y dieron negativo en las pruebas de detección.

India ha sido testigo de al menos ocho brotes del virus Nipah desde 2001, tres en Bengala Occidental y cinco en Kerala.

El gobierno de este país está trabajando para evaluar las medidas preventivas ante el brote, pero advierte de que los datos disponibles sugieren que no hay motivo de alarma para la población general. De hecho, la Organización Mundial de la Salud (OMS) evalúa como moderado el riesgo para la salud pública a nivel subnacional, mientras que lo considera bajo a nivel nacional, regional y global, al no haberse detectado propagación fuera del área afectada.

Un virus extremadamente peligroso

El virus Nipah es un patógeno zoonótico emergente que pertenece al género Henipavirus y a la familia Paramyxoviridae y que causa encefalitis febril grave. Tiene ARN monocatenario (de cadena sencilla) de polaridad negativa. Debido a su tiempo de generación extremadamente corto y a su evolución más rápida, los virus ARN muestran una mayor probabilidad de infección de nuevas especies hospedadoras. Son considerados uno de los principales factores responsables de entre el 25 % y el 44 % de las enfermedades infecciosas emergentes recientes.

Las infecciones con el virus Nipah fueron descritas por primera vez durante los brotes epidémicos que afectaron a criadores de cerdos de Malasia y Singapur entre 1998 y 1999. Su nombre proviene de Sungai Nipah, un pueblo de la península de Malasia donde vivían los criadores de cerdos que enfermaron de encefalitis. Este episodio no solo provocó casi 300 casos y más de 100 muertes en humanos, sino que también generó un impacto económico sustancial, ya que hubo que sacrificar más de un millón de cerdos para ayudar a controlar el brote.

El índice de casos mortales en los diversos brotes registrados hasta la fecha ha variado del 33 % hasta aproximadamente el 75 %, lo que indica que nos enfrentamos a un virus muy peligroso. Además, se estima que el 25 % de los supervivientes padece deficiencias neurológicas residuales.

Síntomas iniciales similares a la gripe

Aunque algunos casos de infección por virus Nipah pueden ser asintomáticos o leves, la mayoría de los infectados experimentan encefalitis y una afectación predominantemente respiratoria, ambos con alta mortalidad.
Los síntomas iniciales son similares a los de la gripe, con fiebre alta, dolor de cabeza y mialgia. Algunos pacientes presentan somnolencia, desorientación y convulsiones. Muchos entran en coma.

Hasta el momento, se han registrado al menos 760 casos de virus Nipah en humanos en todo el mundo, con el resultado de 437 muertes en cinco países: Bangladesh, India, Malasia, Filipinas y Singapur.

¿Cómo se transmite?

Los murciélagos frugívoros del género Pteropus, los llamados zorros voladores, son los reservorios principales del virus. Pueden transmitir el patógeno a través de los excrementos y de la saliva. La transmisión puede ocurrir de murciélagos a humanos o a través de cerdos, que son los huéspedes intermediarios, pero también de humano a humano. La propagación entre personas genera preocupación sobre la posibilidad de que el virus Nipah sea capaz de causar una nueva pandemia mundial.

Existen tres vías de transmisión principales: el consumo de alimentos contaminados, el contacto con fluidos corporales humanos o animales infectados y la exposición a gotitas o aerosoles. La forma habitual de contagio en personas es mediante el consumo de alimentos contaminados que han estado expuestos a los murciélagos o por contacto directo con animales domésticos infectados –en particular, cerdos–, probablemente a través de las membranas mucosas.

Cuidado con el invierno y las bebidas contaminadas

Una de las fuentes más probables de infección en los brotes que han ocurrido en Bangladesh (donde el patógeno fue reconocido por primera vez en 2001) y en la India es el consumo de jugo de palmera datilera, muy popular en varios países asiáticos.

Por desgracia, también es muy apreciado por los murciélagos frugívoros que por la noche sobrevuelan las plantaciones lamiendo la savia derramada por las palmeras y que los oriundos recolectan a través de un cuenco sujeto al tronco. Asimismo, es probable que estos animales orinen o defequen cerca del cuenco. Cada día, a primera hora de la mañana, los vendedores locales comienzan a mercadear con el jugo fresco y sin pasteurizar, provocando, sin querer, un potencial brote de virus Nipah.

La savia cruda de palmera datilera, conocida localmente como khejur-er rosh, es una bebida tradicional milenaria en las zonas rurales de Bangladesh y del estado indio de Bengala Occidental. El costo de este jugo es muy bajo y posee un sabor agradable, distintivamente dulce.

La savia se extrae durante todo el año para diversos usos, pero su consumo es muy estacional. Solo se toma fresca y cruda a primera hora de la mañana durante los meses de invierno, de noviembre a abril, en la conocida como la “temporada de la savia”. Por eso allí los brotes de virus Nipah se producen según un patrón estacional predecible, generalmente de diciembre a abril, coincidiendo con la temporada alta de recolección de savia cruda de palmera datilera.

En el punto de mira

Hoy en día, el virus Nipah es una amenaza preocupante y por ello ha sido clasificado como patógeno de Grupo de Riesgo 4/ BSL4, el más alto que existe.

En la actualidad, no existen medicamentos ni vacunas específicos aprobados para la infección por el virus Nipah. Se recomiendan cuidados paliativos intensivos para tratar las complicaciones respiratorias y neurológicas graves. Las iniciativas de salud pública deben centrarse en la concienciación sobre los factores de riesgo, la promoción de medidas preventivas para reducir la exposición al virus y la detección temprana de casos, con el apoyo de cuidados paliativos intensivos adecuados.

Por su parte, la OMS enfatiza la importancia de la prevención y el control de infecciones en entornos de atención médica, así como la concienciación comunitaria para reducir los riesgos de exposición. Los mensajes clave de salud pública incluyen reducir la transmisión de murciélagos a humanos impidiendo que esos animales accedan a la savia de la palmera datilera, hirviendo la savia recién recolectada, lavando y pelando bien las frutas, desechando las frutas con signos de mordeduras de murciélagos y evitando las áreas donde estos descansan.

También conviene mantener a los animales domésticos, especialmente a los cerdos, alejados de los árboles donde descansan los murciélagos en las zonas de riesgo. Sin olvidar el uso de ropa y guantes protectores al manipular animales enfermos o durante el sacrificio selectivo.

Conviene, igualmente, evitar el contacto cercano sin protección con personas infectadas y practicar una higiene de manos regular. Es prudente realizar protocolos funerarios seguros en áreas con brotes activos y fortalecer el control de las infecciones en entornos de atención de salud, incluida la ventilación adecuada, la evaluación de riesgos y el uso de equipo de protección personal apropiado al atender casos sospechosos o confirmados.

Tratamientos y vacunas en marcha

Por fortuna, existen tratamientos en desarrollo y en evaluación que pueden resultar útiles para combatir las infecciones por el virus Nipah. Uno de ellos es el anticuerpo monoclonal humano M 102.4, que en 2020 completó los ensayos clínicos de fase 1 y ha sido utilizado con carácter compasivo (autorizado de modo excepcional). También el anticuerpo monoclonal humano Hu1F5 ha demostrado una eficacia superior a M 102.4 en modelos de primates no humanos y ahora está avanzando a la evaluación de fase 1 en los EE. UU.

Por su parte, el fármaco antiviral redemsivir se ha revelado eficaz en primates no humanos cuando ha sido administrado como profilaxis post-exposición. Los datos actuales proporcionados por el modelo animal respaldan el posible ensayo en humanos para M 102.4, Hu1F5 y remdesivir, ya sea solos o en combinación.

Además, existen varias vacunas en desarrollo, como la basada en el vector ChAdOx1. La Universidad de Oxford ha utilizado la vacuna ChAdOx1 NipahB para lanzar, en diciembre de 2025, el primer ensayo clínico de fase II del mundo de una vacuna candidata contra el virus Nipah.

Otra vacuna experimental contra el virus Nipah, la mRNA-1215, basada en ARNm, está siendo probada, con buenas expectativas, en adultos sanos de entre 18 y 60 años.

Y por último, están en marcha ensayos con una vacuna vectorial viva, atenuada y recombinante del virus de la estomatitis vesicular PHV02.

Considerando las herramientas actuales, es posible que pronto tengamos estrategias eficaces para luchar contra el virus Nipah. Pero de momento, la prevención sigue siendo nuestra defensa más fuerte contra este patógeno.

The Conversation

Raúl Rivas González no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. Claves que debemos conocer sobre el peligroso virus Nipah – https://theconversation.com/claves-que-debemos-conocer-sobre-el-peligroso-virus-nipah-274855

¿Está el sistema sanitario preparado para abordar las enfermedades cardiovasculares desde una perspectiva de género?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By María Jesús Rojas Ocaña, Profesora de envejecimiento y calidad de vida, Universidad de Huelva

brizmaker/Shutterstock

Las enfermedades cardiovasculares son la primera causa de muerte en el mundo, con más de 20 millones de fallecimientos anuales. Desde hace tiempo han sido abordadas como una enfermedad masculina en la investigación médica. Como consecuencia, las mujeres han sido diagnosticadas y tratadas de manera similar a los hombres, sin tener en cuenta las diferencias de género y sexo. Además, presentan síntomas atípicos, que a menudo se confunden con síntomas emocionales, lo que complica su detección temprana.

Por otro lado, la menor representación de mujeres en los ensayos clínicos dificulta reunir suficiente evidencia.

Todo esto se traduce en una menor concienciación, prevención y vigilancia de la salud de las enfermedades cardiovasculares femeninas.

Cuando hablamos de género y corazón, nos referimos tanto al sexo biológico como al género, entendido como el contexto social y cultural. Ambos aspectos se combinan y forman un binomio clave a la hora de diferenciar los riesgos, los síntomas y los cuidados cardiovasculares de hombres y mujeres.

Sexo: biología y corazón

El sexo condiciona ciertas características biológicas que repercuten en la salud cardíaca. Por un lado, los estrógenos protegen parcialmente a las mujeres antes de la menopausia. Por ese motivo, muchos eventos cardiovasculares aparecen entre 5 y 10 años más tarde que en los varones.

Por otro lado, existen factores de riesgo exclusivos o más frecuentes en el sexo femenino (diabetes gestacional, trastornos hipertensivos del embarazo, menopausia precoz y síndrome de ovario poliquístico que modifican el riesgo cardiovascular en ciertas etapas de la vida.

Género: rol social

El género, entendido como rol social, influye en la actividad física, el consumo de fármacos, alcohol y otros comportamientos de salud, así como en la manera de utilizar los servicios sanitarios (reconocimiento de síntomas, quién cuida a quién o cuánto se tarda en pedir ayuda).

En estas enfermedades, la perspectiva de género integra factores biológicos (hormonas, genética) y factores sociales como la doble carga de trabajo, el estrés o la precariedad laboral. Esta mirada permite explicar por qué, incluso con factores de riesgo “clásicos” similares, las mujeres son más vulnerables al efecto de la hipertensión, el tabaquismo o el bajo estatus socioeconómico y suelen presentar un peor pronóstico cardiovascular.

Diferencias biológicas: hormonas, corazón y vasos

Independientemente de la protección estrogénica con la que cuentan las mujeres, y que desaparece tras la menopausia, la fisiología del corazón es distinta. El tamaño del corazón femenino es, en promedio, un cuarto menor que el del corazón masculino. Las arterias principales también presentan diferencias importantes entre mujeres y hombres.

El diámetro y la longitud de los vasos suelen ser menores en las mujeres que en los hombres y el corazón femenino late más rápido, pero genera un gasto cardíaco menor. En consecuencia, se reduce la presión arterial, pero se produce un esfuerzo contráctil considerable. Debido a estas diferencias fisiológicas, las enfermedades cardiovasculares pueden evolucionar de forma diferente en las mujeres que en los hombres, y deben tratarse y detectarse de manera diferente.

Síntomas cardiovasculares en hombres y mujeres.

Factores de riesgo: los mismos… pero no igual

Los factores de riesgo tradicionales –hipertensión, diabetes, dislipidemia y tabaquismo– afectan a ambos sexos, pero sus impactos pueden variar entre hombres y mujeres debido a las diferencias biológicas descritas anteriormente. Sin embargo, las mujeres pueden tener factores “exclusivos”, que aumentan considerablemente el riesgo, como la diabetes gestacional y preeclampsia. Además de trastornos endocrinos en edad reproductiva, como el síndrome de ovario poliquístico (SOP) y la menopausia temprana.

Un infarto, ¿se detecta igual en ambos sexos?

Durante un ataque cardíaco, los hombres presentan los “clásicos síntomas” conocidos y estudiados por todos los sanitarios: dolor opresivo en el pecho, dolor que se extiende a los brazos, náuseas y sudor frío.

Sin embargo, las mujeres presentan principalmente dolor debajo del esternón, dolor abdominal, dificultad para respirar, náuseas y fatiga extrema. Estos síntomas pueden confundirse con problemas digestivos, emocionales de ansiedad o estrés, lo que puede dar lugar a que sean malinterpretados erróneamente, tanto por la propia paciente como por el profesional sanitario.

Como resultado, aparece un retraso en la sospecha de enfermedad cardiovascular, disminuye la rapidez de pruebas, se pospone el tratamiento y se produce un mayor daño del músculo cardiaco. La consecuencia es una mayor morbimortalidad en mujeres.

Factores condicionantes

En estas patologías, la variable tiempo resulta determinante. A medida que transcurre el episodio aumentan tanto la mortalidad como la morbilidad, por lo que es esencial garantizar un acceso rápido a una atención sanitaria cualificada. Sin embargo, existen diversos factores que contribuyen a la demora de atención.

Algunos de esos factores están vinculados a la propia paciente. Para empezar, muchas mujeres minimizan la gravedad de los síntomas, atribuyéndolos a causas banales, lo que retrasa la decisión de consultar al especialista. El hecho de ser mujer se relaciona con mayor edad al debut de estas patologías y con la presencia de patologías asociadas, lo que puede enmascarar el cuadro y dificultar su interpretación. Y como ya adelantamos, la diversidad y presentación atípica de los síntomas puede enmascarar la enfermedad y hacer que tanto la paciente como su entorno no perciban la verdadera gravedad del cuadro.

A esto se suma que un porcentaje importante de mujeres viven solas, debido al aumento de la esperanza de vida, lo que limita el apoyo inmediato para reconocer la urgencia y activar los servicios de emergencia.

Para colmo, en numerosas ocasiones las pacientes se desplazan en medios de transporte propios o de familiares, en lugar de usar los servicios de emergencia, lo que retrasa la valoración especializada.

Si a esto le sumamos que estas patologías se han considerado histórica y culturalmente “enfermedades de hombres”, es fácil entender por qué tendemos a infravalorar el riesgo en las mujeres y a retrasar su diagnóstico.

Por eso, en la práctica clínica, es determinante incorporar la perspectiva de género en valoraciones, protocolos, tratamientos y seguimiento de las patologías cardiovasculares. Además de un incremento en la participación de mujeres en las investigaciones clínicas que permitan elaborar recomendaciones específicas que reflejen mejor la realidad de su riesgo.

The Conversation

María Jesús Rojas Ocaña no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. ¿Está el sistema sanitario preparado para abordar las enfermedades cardiovasculares desde una perspectiva de género? – https://theconversation.com/esta-el-sistema-sanitario-preparado-para-abordar-las-enfermedades-cardiovasculares-desde-una-perspectiva-de-genero-256509