Démissions de maires et conseillers municipaux : des tensions enracinées dans une longue histoire

Source: The Conversation – France in French (3) – By Gaëlle Charcosset, Historienne, chercheuse associée au Laboratoire d’études rurales (LER), Université Lumière Lyon 2

*Grand banquet des maires de France* (v. 1900), par Raoul&nbsp;Arus (1848-1921), à l’occasion du 108<sup>e</sup>&nbsp;anniversaire de la proclamation de la République, le 21&nbsp;septembre 1792. Série «&nbsp;La France après la Commune&nbsp;». L’Art industriel Éditeur/Wikimedia Commons

Si les démissions de maires et de conseillers municipaux sont aujourd’hui sous les feux de l’actualité, elles résultent souvent de dissensions dans la gouvernance des communes qui prennent leur source dans l’histoire. Pour les comprendre, il faut revenir sur la manière dont les relations entre maires et conseillers municipaux se sont construites au XIXᵉ siècle et au début du XXᵉ siècle. Une recherche dans la région du Beaujolais éclaire cette incomplète démocratisation de l’institution municipale et la variété des modes de gouvernement.


À l’été 2025, une enquête réalisée par Martial Foucault pour l’Association des maires de France révèle une hausse des démissions de maire durant le mandat en cours. Dans 31 % des cas, ce sont les dissensions avec le conseil municipal qui en sont la cause.

De même, la presse locale se fait souvent l’écho de démissions de conseillers municipaux, seuls ou en bloc, dénonçant l’« incapacité à échanger et le fait qu’il le [maire] décidait de tout » (Chanceaux-sur-Choisille, Indre-et-Loire), un dialogue « rompu » et des décisions « prises sans concertation préalable » (Palazinges, Corrèze), ou encore « le manque de communication, de considération pour les élus et le pouvoir de décision accaparé par des collaborateurs non élus » (Briançon, Hautes-Alpes).

Si leur hausse est récente, les démissions ainsi motivées sont anciennes et paraissent trouver leur source dans la manière même dont les deux institutions municipales, maire et conseil municipal, ont été conçues en interrelation au XIXe siècle.

Ainsi, à partir de la région du Beaujolais entre 1800 et 1940, il est possible de mettre en évidence que, si une progressive démocratisation accentue le rôle des conseillers municipaux, elle reste incomplète. Localement, pour ne pas dire communalement, des modes de gouvernement spécifiques ont défini les prérogatives effectives de chacun.

Une lente démocratisation de l’institution municipale

Si les fonctions municipales se généralisent durant la Révolution, c’est à partir du Consulat qu’elles se stabilisent et prennent la forme actuelle d’un maire et d’un conseil municipal. Dans un premier temps, le conseil municipal a un rôle très restreint. Constitué d’édiles nommés et renouvelés par moitié tous les dix ans, il est peu dynamique, touché par des démissions, des départs ou des décès, tandis que la figure du maire se construit comme agent de l’État, officier de l’état civil et représentant de la commune.

Avec l’introduction du principe électif, censitaire (1831) puis « universel » masculin à partir de 1848, un renouvellement plus fréquent et un élargissement de ses prérogatives (loi de 1837), le conseil municipal se consolide. Cela invite l’administration, qui procède encore à la nomination du maire et de l’adjoint, à ajuster ses choix. Ainsi, sous la monarchie de Juillet (1831-1848), les préfets doivent régulièrement tenir compte des forces en présence. Dans le département du Rhône, ils font alors le choix d’un maire dans le groupe ou « parti » qui paraît majoritaire et d’un adjoint parmi ses adversaires.

Sous le Second Empire, le magistrat et son adjoint peuvent être choisis en dehors et avant même les élections municipales ; cependant, devant les conflits et les critiques de l’autorité, les préfets renoncent dans les années 1860 à un choix hors conseil, si bien qu’ils peuvent concéder la présidence des assemblées municipales à des républicains.

Après six ans d’alternance entre élection du maire par le conseil municipal et nomination par l’administration, le principe électif est définitivement adopté (1876 ; 1882 pour les chefs-lieux de canton). La « charte » de 1884 conforte sur le plan législatif le fonctionnement démocratique de l’institution municipale, confirmant notamment la publicité des délibérations et permettant la permanence des commissions.

Une démocratisation incomplète

Cependant, sur le plan social, la démocratisation reste très relative. L’administration du début du XIXᵉ siècle a choisi pour maires des hommes bénéficiant d’une certaine aisance, le justifiant par l’instruction nécessaire et la capacité à consacrer du temps pour une fonction non rémunérée. En réalité, elle a aussi fait preuve de pragmatisme en recourant à des « notables », souvent grands propriétaires fonciers qui, par leur assise sociale et économique, exercent une autorité, un contrôle sur la société villageoise et qui, évincés, pourraient s’opposer à la municipalité nommée.

En dehors de ces notables, le recrutement au sein des élites villageoises est la règle conduisant à une surreprésentation des grands exploitants agricoles, des professions libérales et des artisans et commerçants. Le choix des électeurs pour leurs conseillers municipaux est par la suite similaire et se maintient sur la longue durée.

Valentin, père et maire de sa commune (1837)
Valentin père et maire de sa commune (1837).
Nicolas-Toussaint Charlet (1792-1845), dessinateur, peintre et lithographe/Wikimédia.

Sous la IIIe République, la compétition électorale paraît se réduire davantage autour de « familles éligibles », se caractérisant par leur enracinement, leur patrimoine et leur place dans la mémoire collective locale, ce que les ethnologues, sociologues et politistes ont analysé jusqu’au début du XXIᵉ siècle.

Dans les villages du Beaujolais, les compétitions électorales paraissent se jouer en moyenne entre une trentaine d’hommes et à peine une vingtaine pourrait espérer le succès de leur candidature (pour dix à douze élus). Au début du XXᵉ siècle, le recours au second tour se raréfie tant en nombre de places qu’il reste à pourvoir que de communes où il est nécessaire. Avant la Seconde Guerre mondiale, seuls les renouvellements de 1925 et de 1935 paraissent un peu plus disputés.

Des modes de gouvernement municipaux, de l’exercice solitaire à la collégialité

Derrière cette tendance générale, ce sont des modes de gouvernement différents que les registres des délibérations municipales permettent de mettre au jour. En comparant les conseils municipaux de deux communes distantes d’à peine 20 km, ce sont deux fonctionnements radicalement différents qui émergent et qui se perpétuent pendant un siècle et demi.

À Odenas, le maire, qu’il s’agisse du châtelain légitimiste dans les années 1820 ou de l’avocat radical-socialiste un siècle plus tard, exerce de manière solitaire, le conseil municipal paraissant se limiter à enregistrer ses décisions. Aucun conflit ou désaccord ne transparaît dans les délibérations, les commissions permanentes impulsées par le préfet au début du XXᵉ siècle sont vite abandonnées. L’adjoint et le secrétaire de mairie sont les relais quotidiens du maire.

À Chamelet, c’est la collégialité qui s’impose : le maire est souvent « autorisé », « prié », « invité » à agir en fonction des délibérations prises, la vérification de ses comptes confiée à des édiles dont la fortune et la position sociale garantissent leur indépendance à son égard, la direction des travaux sur les chemins vicinaux exercée par les édiles alors qu’en théorie, elle lui revient. Les délibérations, plus fréquentes, sont marquées par de nombreux échanges que l’on prend soin de transcrire, de propositions faites par les uns, de votes à main levée ou à bulletin secret selon les circonstances ; les commissions y sont précoces, structurées et engagent tous les conseillers en fonction de leurs compétences.

Si les rapports de force sociaux ne sont pas totalement étrangers à ces deux modes de gouvernement, ils ne s’y réduisent pas, mettant en évidence la construction de savoir-faire administratifs et délibératifs, d’habitudes – et la compétition en cercle fermé y contribue pleinement – qui n’empêchent ni les évolutions ni des oscillations d’un mode à l’autre, plus marquées dans d’autres communes, provoquant parfois des crises et des démissions. Ces différences d’une commune à l’autre discutent aussi de la plus ou moins grande démocratisation de l’institution municipale qui s’est opérée.

Les secrétaires de mairie interrogés au début des années 2000 pouvaient témoigner, quand ils exerçaient dans plusieurs communes, de ces modes de gouvernement différents qui se maintenaient.

The Conversation

Gaëlle Charcosset ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Démissions de maires et conseillers municipaux : des tensions enracinées dans une longue histoire – https://theconversation.com/demissions-de-maires-et-conseillers-municipaux-des-tensions-enracinees-dans-une-longue-histoire-274791

Tunisie : les médecins pratiquent une discrimination subtile envers les patients les plus pauvres , selon une enquête

Source: The Conversation – in French – By Timothy Powell-Jackson, Professor of Health Economics, Global Health Economics Centre, London School of Hygiene & Tropical Medicine

Les personnes ayant des revenus plus faibles et un niveau d’éducation moins élevé tombent plus souvent malades. Elles ont un aussi un accès plus difficile aux soins et vivent moins longtemps. C’est l’une des conclusions les plus constantes des recherches menées dans le domaine de la santé à travers le monde.

Mais les médecins eux-mêmes amplifient-ils ces inégalités ?

En tant qu’économistes de la santé intéressés par le comportement des prestataires de soins, nous avons cherché à explorer un facteur peu étudié des inégalités en matière de santé en Tunisie : la question de savoir si les médecins traitent différement les patients selon leur origine selon le milieu socio-économique lors d’une consultation.

Nous avons choisi la Tunisie car c’est un pays à revenu intermédiaire où les inégalités socio-économiques et sanitaires s’accentuent. Jusqu’à récemment, il existait peu de preuves solides de discrimination de la part des prestataires de soins de santé dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où les inégalités en matière de santé sont souvent plus importantes et les systèmes de santé plus sollicités que dans les pays plus riches.

Nous avons conçu une expérience d’audit dans le pays, en envoyant des patients standardisés (des travailleurs de terrain formés pour se faire passer pour des patients anonymes) présentant des symptômes identiques à des médecins généralistes publics et privés.

Nous avons varié l’attitude et l’apparence des patients afin qu’ils semblent « pauvres » ou « issus de la classe moyenne ». Les profils des patients ont été élaborés à partir de recherches qualitatives antérieures afin de refléter la manière dont les médecins perçoivent généralement les différences socio-économiques. Le problème médical étant identique à chaque consultation, toute différence dans le comportement des médecins pouvait être attribuée à leur perception du milieu socio-économique du patient.

Nous n’avons trouvé aucune preuve que les médecins traitaient les patients différemment. Les diagnostics et les décisions thérapeutiques étaient similaires pour tous les profils sociaux. Mais notre étude a révélé une forme plus subtile d’inégalité : si les patients les plus pauvres recevaient un traitement médical similaire à celui des patients plus aisés, ils étaient moins susceptibles :

  • d’obtenir des explications sur leur maladie et les raisons du traitement proposé

  • d’obtenir des conseils médicaux corrects sur les recommandations futures.

Nous avons conclu qu’en communiquant moins efficacement avec les patients les plus pauvres, les médecins pouvaient contribuer indirectement aux inégalités en matière de santé.

Les inégalités en matière de santé ne s’arrêtent pas à la porte de la clinique

Des recherche menées dans des pays à revenu élevé ont montré que les jugements des médecins peuvent parfois être influencés (souvent inconsciemment) par le milieu social du patient.

Cela influe sur le temps que les médecins consacrent à expliquer un diagnostic, sur le sérieux avec lequel ils prennent les préoccupations du patient et sur la clarté avec laquelle ils communiquent les étapes suivantes.

Pour explorer cette question, nous avons mené une expérience sur le terrain auprès de 130 médecins généralistes en Tunisie. Deux patients standardisés ont rendu visite à chaque médecin. Ils ont tous suivi le même scénario soigneusement élaboré et ont présenté le même problème médical : les symptômes d’une bronchite aiguë, une affection courante qui ne nécessite généralement pas d’antibiotiques.

La seule différence résidait dans la manière dont les patients acteurs se présentaient socialement.

Certains patients semblaient plus pauvres, s’exprimaient avec hésitation et portaient des vêtements bon marché. D’autres semblaient appartenir à la classe moyenne, communiquaient avec plus d’assurance et portaient des vêtements plus élégants.

Ce que nous avons découvert

Les résultats étaient mitigés et révélateurs.

Tout d’abord, rien n’indiquait que les médecins dispensaient des soins de moins bonne qualité aux patients plus pauvres. Les diagnostics et les décisions thérapeutiques étaient similaires quel que soit le profil social. Cela est rassurant et suggère que les médecins ne dispensaient pas délibérément des soins de moindre qualité aux patients qu’ils percevaient comme plus pauvres.

Cependant, la qualité globale des soins était faible pour tout le monde. Seul un patient sur trois environ était pris en charge selon les meilleures pratiques. Plus de 90 % ont reçu des traitements inutiles, le plus souvent des antibiotiques ou des stéroïdes.

Deuxièmement, les patients les plus pauvres étaient moins susceptibles de devoir payer leurs médicaments. Les médecins leur donnaient souvent des échantillons gratuits, généralement fournis par les laboratoires pharmaceutiques. Bien que cela puisse sembler généreux, la plupart de ces médicaments étaient inutiles. Les médicaments gratuits n’améliorent pas la santé s’ils n’auraient pas dû être prescrits en premier lieu.

La différence la plus frappante est apparue ailleurs.

L’inégalité cachée : la communication

Les patients les plus pauvres étaient moins susceptibles de recevoir une explication claire de leur état de santé. Ils recevaient moins d’informations sur les raisons pour lesquelles un médicament leur était prescrit. Ils étaient moins susceptibles de recevoir des conseils sur ce qu’il fallait faire si leurs symptômes s’aggravaient ou quand revenir pour un suivi. Ces écarts étaient plus prononcés dans les cliniques privées. Il se peut que les médecins y adaptent leur communication aux patients ayant une plus grande capacité de paiement, qui sont plus susceptibles de revenir.

Seule une recherche minutieusement conçue permet de mettre en évidence ces inégalités en matière de communication. Cette forme d’inégalité est « cachée » car elle est moins visible que les différences de diagnostic ou de traitement : elle apparaît rarement dans les dossiers médicaux, lorsqu’ils existent, et a été beaucoup moins documentée que d’autres inégalités dans les soins de santé.

Une bonne communication n’est pas simplement une question de courtoisie, c’est un élément important des soins. Comprendre une maladie aide les patients à suivre leur traitement, à éviter des inquiétudes inutiles et à savoir quand demander de l’aide. Lorsque les explications font défaut, les patients sont amenés à deviner, à mal comprendre ou à retarder les soins.

Au fil du temps, ces petites différences peuvent s’accumuler. Les patients qui quittent systématiquement les consultations avec moins d’informations peuvent avoir du mal à gérer leur santé, même si la décision médicale initiale était correcte.

Pourquoi ces résultats sont-ils importants ?

Notre étude ne suggère pas que les médecins tunisiens discriminent intentionnellement les patients les plus pauvres dans leurs décisions cliniques. Mais les différences dans la qualité de la communication et des conseils peuvent néanmoins renforcer les inégalités.

Une ordonnance sans explication n’est pas la même chose qu’un traitement qui permet aux patients de comprendre et de gérer leur état de santé.

Ces résultats soulignent également l’urgence de lutter contre les prescriptions inappropriées. L’utilisation généralisée d’antibiotiques inutiles observée dans cette étude reflète les tendances observées dans des pays tels que l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud.
Cela contribue à la résistance aux médicaments, à l’augmentation des coûts et à des effets secondaires évitables : des problèmes qui touchent tout le monde, mais qui frappent souvent plus durement les populations les plus pauvres.

Perspectives d’amélioration

Alors que la Tunisie réforme l’enseignement médical et les pratiques du système de santé, il existe une opportunité évidente de placer la communication avec les patients au centre des soins. Cependant, les implications dépassent le cadre de la Tunisie. Dans une grande partie de l’Afrique, les systèmes de santé fonctionnent avec d’énormes contraintes de capacité, des consultations courtes, des charges de travail variables et de profondes fractures sociales. Ces conditions peuvent influencer les rendez-vous médicaux et creuser les écarts de communication.

Renforcer la capacité des médecins à expliquer, écouter et s’adapter aux patients issus de milieux sociaux différents pourrait contribuer à réduire ces inégalités cachées.

Encourager des explications plus claires, de meilleurs conseils sur le suivi et une plus grande sensibilisation aux préjugés inconscients sont des changements relativement peu coûteux qui peuvent avoir un rendement élevé.

La continuité des soins, qui consiste à faire en sorte que les patients consultent régulièrement le même médecin, peut réduire davantage le recours à des jugements sociaux hâtifs dans la prise de décision clinique.

Cet article est basé sur les recherches doctorales du Dr Rym Ghouma. Elle a dirigé la conceptualisation de l’étude, le travail sur le terrain, l’analyse des données et la rédaction de l’article universitaire. Elle est actuellement consultante en économie de la santé pour la Direction de la santé de l’OCDE.

The Conversation

Timothy Powell-Jackson bénéficie d’un financement du Medical Research Council (Royaume-Uni) et du National Institute for Health and Care Research (Royaume-Uni).

Mylene Lagarde reçoit un financement du Medical Research Council (Royaume-Uni).

ref. Tunisie : les médecins pratiquent une discrimination subtile envers les patients les plus pauvres , selon une enquête – https://theconversation.com/tunisie-les-medecins-pratiquent-une-discrimination-subtile-envers-les-patients-les-plus-pauvres-selon-une-enquete-277556

Boncana Maïga était le maestro malien de la salsa africaine : comment il a façonné la musique dansante

Source: The Conversation – in French – By Lucy Durán, Professor emeritus of music, SOAS, University of London

Le décès du célèbre flûtiste, compositeur et arrangeur malien Boncana Maïga à l’âge de 77 ans marque la fin d’une époque dans la musique de l’Afrique de l’Ouest.

C’était un interprète et un chef d’orchestre charismatique, doté d’un talent musical inné et d’une oreille fine. Son histoire est unique et n’aurait pu se produire qu’à cette époque, grâce à sa personnalité et à sa formation musicale, à Cuba.

En tant que musicienne, productrice et chercheure spécialisée dans la musique malienne et cubaine, j’ai suivi la carrière de Boncana Maïga pendant de nombreuses années. J’ai travaillé avec de nombreux groupes de danse cubains et j’ai produit de nombreux albums primés de musiciens maliens.

Maïga ne s’est jamais particulièrement intéressé aux instruments traditionnels de son pays natal. Sa véritable passion était plutôt la composition et l’arrangement pour les orchestres de danse. Ce talent allait avoir un impact majeur sur la musique populaire du Mali à l’ère post-indépendance.

Salsa africaine

Maïga restera sans doute dans les mémoires comme le producteur musical des nombreux albums Africando (1992-2013) qui fusionnaient la musique de danse latine avec les voix d’Afrique de l’Ouest. La musique afro-cubaine était populaire depuis longtemps et il y a ajouté un style unique de « salsa africaine », une musique entraînante appréciée sur les pistes de danse du monde entier.

On peut toutefois affirmer que le groupe qu’il a formé à Cuba dans les années 1960, Las Maravillas de Mali (Les Merveilles du Mali), avec des musiciens maliens, est son héritage le plus important et le plus durable, bien que le moins documenté.

L’album Las Maravillas de Mali, enregistré à Cuba en 1965, est un joyau de son époque, qui met en valeur les premières compositions et la musicalité de Maïga. Le groupe comprend des voix masculines, des flûtes, des violons, un piano et des percussions, avec des chansons en espagnol, en français et dans les langues maliennes.

Toutes les principales formes de danse cubaines y sont présentes : boléro, danzón, son montuno, chachacha, guaracha. Le groupe maîtrisait parfaitement le style charanga (flûtes et violons), même s’il était à Cuba depuis moins d’un an. Il est clair que Boncana Maïga avait un talent exceptionnel en tant que leader du groupe et flûtiste.

Qui était Boncana Maïga ?

Le Mali est bien connu pour ses musiciens traditionnels virtuoses (Ali Farka Touré, Toumani Diabaté, Oumou Sangaré et bien d’autres). Maïga, en revanche, est venu à la musique avec une perspective très différente.

Il était un Songhaï, né et élevé à Gao, dans le nord-est du Mali (aujourd’hui zone interdite en raison de l’insurrection djihadiste). Selon la plupart des sources, il serait né en 1949, mais il est possible qu’il soit né en 1947, voire plus tôt. À l’époque, il était courant au Mali de délivrer des certificats de naissance qui modifiaient l’année de naissance réelle, afin de rajeunir ou de vieillir la personne. Une photo de Maïga jouant de la flûte à Cuba en 1965 suggère qu’il avait au moins 18 ans à l’époque, et non 16 comme cela aurait été le cas s’il était né en 1949.

Ayant grandi dans une ville isolée, Maïga, qui n’avait aucune formation musicale, a appris seul à jouer du saxophone, un instrument moderne dont on entendait peu parler à l’époque dans la région.

En 1959, un an avant l’indépendance du Mali, il a formé un groupe appelé Negro Band de Gao, qui a attiré l’attention du premier président du Mali, Modibo Keita, un leader visionnaire avec un programme socialiste.

Keita a reconnu le potentiel du talent musical du Mali pour cultiver une image internationale pour le pays nouvellement formé. Cuba offrait une excellente formation musicale, et Keita avait noué de bonnes relations avec Fidel Castro.

Keita a donc sélectionné dix jeunes musiciens maliens talentueux pour étudier la musique à Cuba, au Conservatoire Alejandro García Caturla de La Havane, en leur accordant des bourses. L’un d’entre eux était Boncana Maïga.

Ils sont partis à l’aventure dans un monde complètement différent. Ils sont arrivés en 1964 et sont restés huit ou neuf ans. Cette aventure allait avoir un impact durable sur le développement de la musique populaire ouest-africaine et sur la carrière de Maïga.

Cuba

Le flûtiste Dramane Coulibaly était l’un des musiciens maliens qui ont appris à lire et à écrire la musique à Cuba et, comme Maïga, à jouer de la flûte.

J’ai rencontré Coulibaly au Mali et j’ai travaillé avec lui. Nous avons eu de nombreuses conversations sur Cuba, en espagnol, qu’il parlait encore couramment. Il m’a dit que La Havane était un lieu d’apprentissage très intense et que la formation y était rigoureuse.

Trois des étudiants maliens ont abandonné leurs études et sont rapidement rentrés chez eux, mais les sept autres (dont Coulibaly) sont restés et ont formé un groupe, Las Maravillas de Mali, avec Maïga comme arrangeur et chef d’orchestre. Certains membres du groupe se sont installés à La Havane, se sont mariés avec des Cubaines et ont eu des enfants là-bas.

De retour au Mali

Au début des années 1970, sous la présidence de Moussa Traoré – qui avait pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 1968 –, le groupe a été rappelé au Mali.

Coulibaly a déclaré que cela avait été traumatisant. En 2001, j’ai enregistré certaines de nos conversations dans le cadre de mes recherches en cours. Il m’a dit

Nous nous étions habitués à la décontraction cubaine, aux amitiés chaleureuses, aux nombreuses occasions de se produire, à l’éducation gratuite, au système de santé gratuit. J’ai quitté l’île à contrecœur, pensant que j’y reviendrais bientôt. Cela ne s’est pas produit. Je n’ai jamais revu ma femme cubaine et j’ai dû lutter pour joindre les deux bouts à Bamako.

À Bamako, Maïga a commencé à se faire un nom en tant que chef d’orchestre. Certains membres des Maravillas de Mali se sont regroupés pour former Le National Badema (La Famille nationale), emblématique du nouveau régime.

Avec son flair caractéristique, Maïga fit venir de son village le jeune chanteur griot talentueux Kassemady Diabaté pour rejoindre le groupe. Il comprenait la nécessité de placer des chanteurs traditionnels au premier plan de ses groupes, afin de donner à la musique une saveur locale.




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Cependant, Maïga ne devait pas rester longtemps au Mali. Il n’y avait pas assez d’opportunités pour son type de travail orchestral. Il ne s’intéressait qu’aux orchestres modernes et aux groupes de danse, et les musiciens traditionnels ne savaient pas lire la musique et n’avaient pas la formation nécessaire pour jouer des styles afro-cubains.

En Côte d’Ivoire

Maïga, toujours très demandé en tant que chef d’orchestre, s’installe en Côte d’Ivoire, où il crée RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne), un orchestre composé d’instruments modernes dont tous les musiciens savaient lire la musique.

Au début des années 1980, Abidjan disposait de studios d’enregistrement et était un centre important de l’industrie musicale ouest-africaine. Des musiciens célèbres tels que la Sud-Africaine Mariam Makeba et le Camerounais Manu Dibango y ont fait escale, se produisant avec la RTI. C’est là que Maïga a également enregistré – et, semble-t-il, produit – certains des plus grands chanteurs traditionnels du Mali, tels que Nahawa Doumbia et Kandia Kouyaté. (Kandia m’a confié lors d’une interview à Paris en 1998 qu’il y occupait uniquement un rôle de direction et non de création.)

Africando

Maïga s’est ensuite installé en Europe, où il a produit des albums avec Syllart, un label basé à Paris qui a lancé la carrière du Malien Salif Keita, entre autres. En collaboration avec le fondateur du label sénégalais Ibrahima Sylla, il a créé Africando. Il s’agissait d’un groupe de danse « salsa » vedette de la scène musicale latine, notamment à New York, accompagné de chanteurs invités provenant de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Africando a connu un succès financier et critique considérable. Les musiciens ont fait de nombreuses tournées et concerts et ont sorti de nombreux albums. Malgré des performances vocales sublimes, les arrangements du groupe ont parfois été critiqués pour leur caractère stéréotypé.

Boncana Maïga était le dernier membre survivant de Las Maravillas de Mali, et avec son décès, ce groupe éphémère mais très talentueux disparaît à jamais.

Il a certainement contribué à faire prendre conscience des liens entre l’Afrique et l’Amérique latine, le Mali et Cuba, qui remontent à l’époque de la traite transatlantique d’esclavage. Les musiciens maliens continuent d’avoir un fort sentiment d’attachement à la musique cubaine, qui fait partie de cet héritage, et Maïga l’a mis en valeur dans la culture populaire.

The Conversation

Lucy Durán does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Boncana Maïga était le maestro malien de la salsa africaine : comment il a façonné la musique dansante – https://theconversation.com/boncana-ma-ga-etait-le-maestro-malien-de-la-salsa-africaine-comment-il-a-faconne-la-musique-dansante-277986

El reto de garantizar que las carreras de montaña o ‘trail running’ no dañen el medio ambiente ni a las comunidades locales

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Itziar Urquijo Cela, Profesora de Ciencias de la Actividad Física y del Deporte, Universidad de Deusto

La carrera de montaña Zegama Aizkorri, celebrada en la sierra del Aizkorri (Guipúzcoa, País Vasco), ha obtenido la certificación ambiental Green Trail Concept. Jesús Dehesa/Flickr, CC BY-ND

En las últimas dos décadas, el trail running o carreras de montaña ha vivido un crecimiento espectacular en todo el mundo. En países europeos como Francia, Alemania o España, el aumento de carreras y participantes ha sido especialmente visible. En el caso español, se ha hablado de un auténtico boom y el crecimiento no se ha frenado. Hoy es una de las modalidades deportivas en la naturaleza más practicadas.

Este crecimiento ha generado beneficios evidentes: más actividad económica, más empleo temporal y más visitantes en zonas rurales, lo que aumenta la visibilidad del territorio como destino deportivo o turístico. Durante un fin de semana de carrera, un entorno natural puede transformarse en un escaparate deportivo y turístico.

La paradoja del éxito

El trail running surge como una práctica deportiva vinculada a la naturaleza y al territorio. Se basa en la conexión con el entorno, el respeto por la montaña y la identidad local. Hoy, sin embargo, su propio éxito lo sitúa ante su mayor desafío: ¿hasta dónde y cómo puede crecer sin comprometer el medio que lo hace posible?

Más participantes provocan más desgaste en los senderos, más movilidad, más residuos, más ruido. También generan tensión en ecosistemas frágiles y en pueblos pequeños. Por lo tanto, el problema ya no es si estas carreras en la naturaleza generan impacto, sino cómo gestionar el que ya existe.

Ante este escenario, la pregunta es inevitable: ¿cómo poner límites para controlar sus efectos en el entorno?

La respuesta institucional: las certificaciones

En este contexto emerge Green Trail Concept, la primera certificación europea específica para carreras de trail running. Cuenta con apoyo del programa Erasmus+ y de varias organizaciones deportivas europeas. Su objetivo es claro: ordenar el crecimiento de esta actividad bajo criterios de sostenibilidad ambiental, social y económica.

Green Trail Concept va más allá de medir residuos o limitar el uso de plásticos. Analiza la huella ecológica del evento. Evalúa el transporte, la protección de la flora y la fauna y el uso responsable de las infraestructuras. Este tipo de citas deportivas puede contribuir a la pérdida o modificación de hábitats, perturbar a los animales y las plantas del lugar, introducir especies invasoras, alterar los ríos y contaminar el entorno.

Por ejemplo, priorizar el transporte público y el uso compartido del coche, regular el acceso a las zonas naturales y habilitar zonas de estacionamiento son algunas de las medidas que permiten reducir el impacto medioambiental de la movilidad en estos eventos.




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La certificación incluye además aspectos sociales y económicos como el apoyo al comercio local, la colaboración con municipios, la inclusión y la igualdad de género.

La propuesta es ambiciosa. Quiere traducir la sostenibilidad a reglas claras y medibles. De este modo, permite evaluar y comparar eventos, profesionalizar su organización y fijar estándares comunes en Europa.

En España, la certificación Green CXM Trail de la Federación Española de Deportes de Montaña y Escalada (FEDME) avanza en esa misma dirección. El modelo se centra en la evaluación de criterios ambientales. Carreras como Gorbeia Suzien, celebrada en Zeanuri (Bizkaia), dentro del Parque Natural de Gorbeia, ya lo aplican en su planificación.

El debate de fondo

El sector intenta autorregularse. Pero surge una duda: ¿puede un sistema de certificación garantizar por sí solo la sostenibilidad de una carrera? ¿O es solo un primer paso?

Está claro que este reto no es solo una cuestión técnica. Implica decidir qué tipo de desarrollo quieren los territorios de montaña. Una certificación puede ordenar prácticas y reducir daños concretos, pero no siempre cambia la forma de organizar los eventos ni garantiza una visión común del territorio.

Una carrera por montaña no es solo un evento deportivo con impacto ambiental. También es una construcción social. Activa identidad local, relaciones comunitarias y dinámicas económicas.




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Más allá del sello

No cabe duda de que Green Trail Concept representa un avance importante. Introduce estándares comunes y mejora la planificación. Permite medir el impacto y exige justificar decisiones. Sin embargo, la sostenibilidad no se limita a la certificación.

Por eso, además del sello, hacen falta herramientas prácticas para cada territorio. También se necesita formación para organizadores y colaboración entre el ámbito académico, las administraciones y los promotores.

El avance del sector debe basarse en decisiones claras sobre el modelo y las prioridades. Es necesario decidir qué pesa más: aumentar dorsales o preservar el equilibrio territorial; maximizar el impacto económico inmediato o garantizar la viabilidad a largo plazo.

Ejemplos como la carrera Zegama-Aizkorri (que ya ha recibido la certificación Green Trail Concept), en el País Vasco, muestra que el equilibrio no depende solo de cumplir indicadores ambientales. Depende también de poner límites y mantener el vínculo con la comunidad local.

En esa misma línea, la fundación impulsada por el deportista español Kilian Jornet ha promovido una reflexión sobre el impacto del deporte en la montaña. El mensaje es sencillo: correr implica responsabilidad. No basta con reducir el impacto. Hay que avanzar en repensar la relación entre deporte y territorio.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. El reto de garantizar que las carreras de montaña o ‘trail running’ no dañen el medio ambiente ni a las comunidades locales – https://theconversation.com/el-reto-de-garantizar-que-las-carreras-de-montana-o-trail-running-no-danen-el-medio-ambiente-ni-a-las-comunidades-locales-275706

La IA puede traducir palabras, pero no voces (narrativas)

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Isabel Tello Fons, Doctora en Traducción e Interpretación, Universitat de València

Portada de la novela en ruso _Anna Karenina_ traducida al serbio. BalkansCat/Shutterstock

“–Tú también te enojarías si tuvieras una peluca como la mía —prosiguió el Avispón–. Se meten con uno, y uno, que no le gusta que le tomen la ‘peluca’, pues se enfada… ¡natural! Y entonces es cuando me entra la murria, me arrebujo debajo de un árbol y me quedo tieso de frío. Y, para aliviarme, cojo un pañuelo amarillo y me lo ato alrededor de la cara… ¡Oséase, como ahora! ¡Natural!”.

Así tradujo Ramón Buckley la voz del Avispón en la novela A través del Espejo y lo que Alicia encontró allí, de Lewis Carroll. La versión original recrea el dialecto cockney londinense, muy ligado a la clase obrera, lo que Buckley transformó en un dialecto castizo madrileño, conservando el tono quejón y ordinario del personaje de la obra de Carroll:

“You’d be cross too, if you’d a wig like mine,” the Wasp went on. “They jokes, at one. And they worrits one. And then I gets cross. And I gets cold. And I gets under a tree. And I gets a yellow handkerchief. And I ties up my face –as at the present”.

Cuando leemos una novela traducida, no solo seguimos una historia: escuchamos voces. Voces que revelan quiénes son los personajes, de dónde vienen y qué lugar ocupan en su comunidad. Pero ¿qué pasa con esas voces cuando pasan de un idioma a otro? ¿Cómo se traducen los dialectos, acentos, ritmos y registros que forman parte de la identidad profunda de los personajes? Abordar estas cuestiones es uno de los desafíos más complejos y menos visibles de la literatura.

Voces que importan

La forma de “hablar” de los personajes, lo que llamamos variación lingüística, abarca rasgos diferentes como vocabulario local, jergas, expresiones propias de una comunidad, formas de una lengua pasada o maneras particulares de construir las frases. Estos rasgos no son adornos, son recursos de caracterización: cumplen funciones narrativas y de estilo importantes.

El dialecto de un lugar podría tener una función reivindicativa; el acento rural podría transmitir humor, ternura o jerarquía; una jerga juvenil podría significar cercanía o pertenencia a un grupo y un habla histórica sitúa al lector en otra época. Si estas voces desaparecen en la traducción, el personaje se vuelve más plano y la historia pierde parte de su trama original.

Por ejemplo, en Las aventuras de Huckleberry Finn, Mark Twain diferenció a sus personajes mediante siete dialectos diferentes, y en Oliver Twist, Dickens utilizó el argot de ladrones y rufianes para mostrar el habla del hampa londinense.

Sin equivalencias directas

Uno de los mayores retos de la traducción literaria es que los dialectos no son intercambiables. No existe un “equivalente” español del inglés del sur de Estados Unidos, ni un dialecto aquí que corresponda exactamente al de Liverpool. Cada variedad lingüística está anclada en su territorio, historia y contexto social.

Por eso, si tradujéramos de forma literal un dialecto extranjero, el resultado sería extraño o incluso cómico. Si cambiáramos un dialecto inglés por uno español real, convertiríamos a Huckleberry en un niño andaluz, canario o mexicano y manipularíamos su identidad original. Pero a la vez, si se ignora esa forma de hablar y se traduce a la lengua estándar, se pierde su personalidad lingüística.

La traducción literaria busca conseguir efectos equivalentes: que el lector perciba el mismo matiz social y emocional que quien lo lee en versión original, aunque se usen recursos distintos para conseguirlo.

La traducción más humana

La tarea del traductor literario no es mecánica; es un ejercicio de escucha y de interpretación. El traductor se hace preguntas como qué efecto produce esa voz en el lector del original, qué rasgos lingüísticos usar para conseguir ese efecto en la traducción o hasta qué punto marcar o no una variedad.

Puede que la mejor solución no sea apuntar hacia un dialecto concreto, sino usar un registro ligeramente desviado de la lengua estándar para insinuar un origen social que no desplace culturalmente al personaje. Otras veces, puede que un rasgo léxico o una estructura gramatical basten para recrear el ambiente.

Caseta con libros.
Cada uno de estos libros cuenta una historia.
Derick P. Hudson/Shutterstock

Cada decisión requiere criterio y responsabilidad. La literatura representa grupos sociales reales, y tratarlos con respeto exige una mirada ética.

Como he comprobado en mi investigación (de próxima publicación), esa mirada ética es algo que la IA, por ahora, no posee. La IA no “entiende” las implicaciones sociales de la forma de hablar de un personaje. No sabe cuándo un dialecto transmite marginación o cuándo marca jerarquía social. Trabaja detectando patrones estadísticos, no intenciones humanas.

Cuando se le pide traducir voces no estándar, suele haber dos consecuencias. O bien el texto traducido aparece “limpio”, y un personaje que hablaba con un acento local termina hablando de forma normativa, con lo que su personalidad se diluye; o bien la IA imita marcas dialectales, pero mezcla jergas incompatibles o deforma palabras sin criterio. Esto crea estereotipos no deseados, es decir, caricaturas.

Por tanto, ante la reflexión y minuciosidad que conlleva la traducción de la variación lingüística, la IA genera respuestas rápidas que no tienen todavía suficiente sensibilidad para manejar ambigüedades, ironías o alusiones culturales.


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Por qué necesitamos decisiones

Las herramientas como la IA pueden ser muy útiles en las fases previas y complementarias de la traducción porque permiten localizar información rápidamente, comparar usos reales en grandes corpus, identificar patrones de estilo… Sin embargo, si tienden a igualar las voces, también igualarán las experiencias. Utilizándola sin control perderemos diversidad lingüística y, con ella, diversidad humana.

Y es que las variedades lingüísticas no son solamente desviaciones del estándar: son lenguas muchas veces minoritarias o minorizadas, vulnerables o en riesgo. Protegerlas ayuda a conservar nuestro patrimonio cultural y una valiosa pluralidad.

Para que las voces lleguen al lector sin perder su identidad, hace falta alguien que las escuche y las recree. Esa es una tarea esencialmente humana. Por eso, cada vez que una traducción literaria nos deja oír un mundo distinto, estamos también salvando una parte de nuestra diversidad cultural.


Una versión de este artículo se publicó en la revista Telos, de la Fundación Telefónica.

The Conversation

Isabel Tello Fons no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La IA puede traducir palabras, pero no voces (narrativas) – https://theconversation.com/la-ia-puede-traducir-palabras-pero-no-voces-narrativas-275284

¿Somos “así” para siempre? La neurociencia del cambio psicológico y por qué repetimos lo que nos hace daño

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Paloma López, Professor and researcher Cognition, Affect, and Resilience Research Group. Faculty of Health Sciences. International University of Valencia (VIU), Universidad Internacional de Valencia

Roman Samborskyi/Shutterstock

A veces basta un silencio. Un mensaje que no llega cuando esperamos en esta era de lo inmediato. Una respuesta corta, rápida, aparentemente más fría de lo habitual. De pronto aparece un nudo en el estómago. Pensamientos acelerados: “algo he hecho mal”, “ya no le importo”, “está molesto conmigo”.

Y, de pronto, el cuerpo reacciona antes que la razón: enfado, inquietud, pensamientos negativos que se disparan. Horas después, cuando todo se aclara, surge la misma pregunta: ¿por qué me afecta tanto?

¿Se reconoce en una situación parecida? Estas reacciones no suelen explicarse por simple inseguridad o porque seamos “demasiado sensibles”, sino por patrones emocionales aprendidos que el cerebro activa de forma automática.

El cerebro aprende a sentir y a relacionarse

Durante años se pensó que la personalidad era algo casi fijo. Los estudios clásicos mostraban que rasgos como la ansiedad o la sociabilidad se mantienen bastante estables con el paso de los años. Esta evidencia reforzó la creencia de que, en lo esencial, “somos como somos”.

Sin embargo, una gran revisión de investigaciones publicada en 2006 mostró por primera vez que estos rasgos pueden cambiar a lo largo de la vida, aunque lo hagan de manera gradual. La personalidad presenta continuidad, pero no está escrita en piedra.

La neurociencia aporta una clave importante: el cerebro posee neuroplasticidad, es decir, la capacidad de reorganizar sus conexiones en función de la experiencia. No solo aprendemos conocimientos: también aprendemos maneras de reaccionar emocionalmente y de interpretar a los demás. Como señaló el neurocientifico Eric Kandel, los cambios psicologicos duraderos implican cambios en los circuitos del cerebro.

Experiencias que marcan

Lo cierto es que las primeras relaciones de nuestra vida influyen de manera decisiva en el aprendizaje. Varios estudios han mostrado que las experiencias tempranas afectan al desarrollo y a la conexión entre la amígdala (implicada en la respuesta emocional) y la corteza prefrontal (que ayuda a regularla). Estas redes no solo almacenan recuerdos concretos, sino también expectativas: qué esperamos de los demás y cómo interpretamos sus gestos.

Si alguien ha crecido en un entorno donde la cercanía era impredecible o donde las emociones intensas no se regulaban bien, su sistema nervioso puede volverse especialmente sensible a señales ambiguas. Las investigaciones han relacionado esta mayor sensibilidad con diferencias en la comunicación entre regiones cerebrales emocionales y reguladoras. En la vida adulta, pequeños desencuentros pueden activar respuestas intensas que parecen surgir “de la nada”, pero que en realidad están conectadas con aprendizajes anteriores.

Por eso repetimos patrones. No porque queramos sufrir, sino porque el cerebro tiende a reaccionar según modelos que le resultan familiares. Aunque no es un destino ineludible, como veremos.

Vaivenes emocionales

La personalidad es la manera en que una persona vive, procesa y comprende la experiencia de sí misma y de los otros. No se reduce a etiquetas como “nervioso” o “impulsivo”: desde la psicología clínica se habla también de “organización de la personalidad”.

El psiquiatra y psicoanalista Otto Kernberg propuso que existen distintos niveles en dicha organización. Mientras que algunas personas presentan una identidad más coherente y estable, otras tienen mayor dificultad para integrar aspectos contradictorios de sí mismas y de los demás.

Cuando esta integración es menor, pueden aparecer oscilaciones intensas: idealizar a alguien y poco después sentirse profundamente decepcionado, interpretar una crítica leve como rechazo total o reaccionar con gran intensidad ante frustraciones pequeñas. No se trata de falta de carácter, sino de una forma concreta de funcionamiento psicológico.

La cuestión es si este funcionamiento puede modificarse.

Psicoterapia y cambio profundo

Algunos tratamientos psicológicos buscan algo más que aliviar síntomas. Trabajan sobre los patrones relacionales que organizan la experiencia emocional. Uno de ellos es la Terapia Focalizada en la Transferencia (TFP), desarrollada a partir del modelo del propio Kernberg. En esta terapia se analizan los patrones de relación que aparecen en la vida del paciente –y también en la relación con el terapeuta– para comprenderlos mejor y favorecer cambios más profundos.

En una investigación publicada en el American Journal of Psychiatry, se comparó la TFP con otros tratamientos para el trastorno límite de la personalidad y los investigadores observaron mejoras significativas en impulsividad, conductas autolesivas y funcionamiento global.

Otro estudio reveló que la TFP no solo reduce síntomas, sino que también modifica patrones de apego y mejora la capacidad reflexiva, es decir, la forma en que las personas comprenden sus propias emociones y las de los demás.

Estos resultados apuntan a algo más profundo que una simple mejoría superficial: sugieren cambios en la organización de la personalidad.

¿También cambia el cerebro?

Las investigaciones sugieren que una psicoterapia eficaz no solo puede cambiar cómo pensamos o sentimos, sino que también puede estar asociada a cambios en el funcionamiento del cerebro. Algunos estudios realizados con personas con trastorno límite de la personalidad han observado que, tras un tratamiento estructurado, disminuye la actividad de regiones implicadas en las emociones intensas —como la amígdala— y aumenta la actividad de otras áreas que ayudan a regularlas y a controlar los impulsos.

En otras palabras, comprender mejor nuestras reacciones, revisarlas en un entorno seguro y vivir experiencias relacionales más estables puede cambiar la forma en que interpretamos lo que nos ocurre. Algunas investigaciones sugieren que estos procesos también podrían estar relacionados con cambios en los circuitos cerebrales implicados en las emociones.

Hay margen de adaptación

La personalidad no es infinitamente flexible. Existen factores biológicos y temperamentales que influyen en nuestra forma de ser. Por lo tanto, el cambio profundo tampoco es inmediato ni sencillo.

Sin embargo, la evidencia actual no respalda la idea de que estamos condenados a repetir indefinidamente los mismos patrones. Más preciso sería decir que tenemos tendencias aprendidas que pueden reorganizarse.

Cambiar no significa dejar de ser uno mismo: supone ampliar la capacidad de regular emociones, mantener relaciones más estables y sostener una identidad más coherente. La neurociencia muestra que el cerebro conserva margen de adaptación a lo largo de la vida.

La pregunta, entonces, no es si somos “así” para siempre, sino en qué condiciones podemos dejar de repetir lo que nos hace daño. La ciencia sugiere que, dentro de ciertos límites, el cambio psicológico es posible.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. ¿Somos “así” para siempre? La neurociencia del cambio psicológico y por qué repetimos lo que nos hace daño – https://theconversation.com/somos-asi-para-siempre-la-neurociencia-del-cambio-psicologico-y-por-que-repetimos-lo-que-nos-hace-dano-276194

La guerra en Irán marca el precio de la factura energética global y muestra a Europa el camino hacia la transición energética

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Mar Rubio Varas, Catedrática de Historia e Instituciones Económicas, (UPNA). Investigadora del Institute for Advanced Research in Business and Economics (INARBE), Universidad Pública de Navarra

Buques de carga en el estrecho de Ormuz. Simone Augstburger/Shutterstock

La actual escalada de tensión en Oriente Medio no es solo una crisis de seguridad. Es, ante todo, una crisis energética con consecuencias económicas directas para Europa, China y el resto del mundo. Para entender la lógica subyacente hay que mirar al mapa: concretamente, a los 54 kilómetros de anchura mínima del Estrecho de Ormuz.

Ormuz, un cuello de botella para la energía global

Por ese angosto paso marítimo fluye el 21 % del petróleo mundial. Pero la cifra más reveladora es otra: si descontamos el consumo interno de los países productores, Ormuz representa la mitad de todo el crudo que realmente circula por el planeta. El gráfico publicado por Visual Capitalist (con datos de la Agencia Internacional de Energía para el primer trimestre de 2025) sobre el comercio de petróleo a través del Estrecho, por países, ilustra con brutal claridad quién depende de ese cuello de botella y quién no.

En el lado de los productores de petróleo, cinco países del Golfo –Arabia Saudí, Irak, Emiratos, Irán y Kuwait– concentran el 93,6 % de todo el crudo que transita ese paso. En el de los compradores, la dependencia es aún más llamativa: el 89,2 % del petróleo que atraviesa Ormuz tiene como destino Asia. China, con el 37,7 % del total, encabeza la lista con diferencia. India (14,7 %), Corea del Sur (12 %) y Japón (10,9 %) completan un cuadro en el que cualquier perturbación del Estrecho golpea de forma directa y desproporcionada a las economías asiáticas.

Estados Unidos, en cambio, recibe apenas el 2,5 % de esos flujos, reflejo exacto de su autosuficiencia energética y de por qué Washington puede permitirse agitar la región sin pagar el mismo precio que sus rivales económicos.

No es la primera vez que vivimos un shock de oferta en el mundo de la energía, y las consecuencias históricas siempre han sido las mismas: los precios suben (todos, porque todo usa energía), se ajusta el consumo a la baja de la energía que escasea y las tecnologías alternativas consiguen abrirse hueco a marchas forzadas. Las grandes disrupciones geopolíticas han actuado históricamente como catalizadores de transformaciones energéticas que en tiempos de paz habrían tardado décadas.

Veámoslo.

La historia como argumento: las crisis aceleran las transiciones

La Primera Guerra Mundial es un ejemplo paradigmático: fue precisamente la presión de ese conflicto la que impulsó, entre otros procesos, la transición del carbón al petróleo en América Latina, un cambio que, en condiciones ordinarias, habría costado mucho más tiempo consolidar.

El carbón europeo no llegaba por el bloqueo atlántico y fue rápidamente sustituido por el petróleo americano. Como consecuencia, América Latina llegó a la era de dominancia del petróleo casi 30 años antes de que lo hiciera Occidente. Las crisis del petróleo de los años setenta tuvieron un efecto análogo en Europa y Japón: aceleraron la diversificación energética, el desarrollo de la energía nuclear civil y los primeros programas serios de eficiencia energética.

En todos esos casos, la amenaza sobre el suministro fue el argumento que desbloqueó inversiones y reformas que la lógica económica cotidiana no había conseguido movilizar. El programa nuclear francés no habría existido sin la crisis del petróleo.

La pregunta no es, por tanto, si la crisis actual acelerará la transición energética. La evidencia histórica sugiere que lo hará. La pregunta es quién estará mejor colocado para aprovecharla.

Europa en la encrucijada

Europa ocupa hoy una posición incómoda. Atrapada entre su dependencia de las importaciones energéticas, con el suministro del gas y el petróleo ruso en cuestión, la presión de sus aliados atlánticos para comprar más petróleo y gas estadounidense y la lentitud de su propia transición –parcialmente bloqueada por la defensa de industrias maduras de combustión–, el continente corre el riesgo de pagar la cuenta de una crisis que no ha diseñado y de la que no extrae beneficio estratégico alguno.




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Como señalan Mikel Otero y Ander Goikoetxea, quien no tenga la llave de los pozos ni el control sobre las rutas de suministro solo tiene una salida: desengancharse de los fósiles. Tal vez no debería sorprendernos que África se haya puesto a ello: el primer país del mundo en prohibir la importación de vehículos de combustión fue Etiopía en 2024.

Desde una óptica económica, la aceleración de la transición no es solo una respuesta ecológica o moral. Es la única estrategia que reduce la exposición de Europa a shocks exógenos de precios, refuerza su autonomía industrial y convierte en activo propio lo que hoy es vulnerabilidad estructural. La historia lo avala. La pregunta es si la urgencia llegará antes o después de que el coste sea insoportable.

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Mar Rubio Varas no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La guerra en Irán marca el precio de la factura energética global y muestra a Europa el camino hacia la transición energética – https://theconversation.com/la-guerra-en-iran-marca-el-precio-de-la-factura-energetica-global-y-muestra-a-europa-el-camino-hacia-la-transicion-energetica-278023

¿Qué le ocurrió al universo desde el Big Bang hasta que nació la luz?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Violeta González Pérez, Profesora permanente laboral, Departamento de Física Teórica., Universidad Autónoma de Madrid

¿Qué le ocurrió al universo entre su comienzo, con el Big Bang, y en el momento en que empezó a emitir luz, unos 380 000 años después? Contestar esta pregunta no es tarea fácil ya que, por ahora, no podemos tomar medidas directas de aquella época remota. Ante semejante limitación, la teoría de inflación es la mejor herramienta para describir los primeros instantes del universo.

Esta teoría propone que el universo pasó en una fracción de segundo de tener el tamaño de un protón a ser tan grande como el sistema solar. No está claro qué mecanismos son capaces de acelerar tanto la expansión del universo. Algunos de los propuestos habrían dejado una huella que puede medirse a partir de la distribución de galaxias en el universo observable.

Varias colaboraciones internacionales, como el Instrumento Espectroscópico para el Estudio de la Energía Oscura (DESI, por sus siglas en inglés) y el telescopio espacial Euclid, están realizando cartografiados cósmicos. Con ayuda de simulaciones numéricas, estos mapas nos van a permitir explorar qué teorías de inflación son viables.

En la actualidad están disponibles los universos computacionales UNIT. Hemos creado estas simulaciones numéricas para estudiar el cosmos primitivo a través de la distribución de materia. Nuestros estudios se centran en épocas posteriores a la mitad de la edad del universo, estimada en 13 800 millones de años.




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La teoría de inflación y el crecimiento de estructuras cósmicas

Las medidas cosmológicas con las que contamos hoy muestran que el universo tiene una geometría prácticamente plana y que, a muy grandes escalas, es homogéneo e isótropo. Esto quiere decir que posee las mismas propiedades en todas las direcciones. Sólo es posible conseguir tal homogeneidad si zonas que hoy están muy alejadas consiguieron intercambiar información en el pasado.

Para resolver este problema, varias expertas y expertos, incluyendo el físico teórico estadounidense Alan Guth propusieron la teoría de inflación. Esta teoría postula que el universo habría experimentado una expansión acelerada durante una fracción de segundo justo después del Big Bang.

En los primeros instantes del universo la energía cambiaba rápidamente de un punto a otro. Estas fluctuaciones cuánticas iniciales se estiraron a escalas cosmológicas con la expansión acelerada. Esto dio lugar al universo homogéneo y con una geometría casi plana, que observamos hoy.

La inflación cósmica puede explicarse a través de distintos modelos teóricos. Los modelos asumen la existencia de uno o más campos cuánticos, como los que representan las partículas elementales.

Los modelos más simples, con un campo de inflación, predicen que las fluctuaciones iniciales siguen una distribución normal o gaussiana. La distribución gaussiana es un modelo de probabilidad continua en forma de campana simétrica donde la mayoría de los datos se agrupan en torno al promedio central.

Los modelos con varios campos de inflación predicen la presencia de “no gaussianidades” primordiales. Esto quiere decir que la distribución de la materia no se puede describir con la expresión matemática con la que explicamos la frecuencia típica de muchos eventos en la naturaleza, como la estatura de las personas.

Las estructuras a grandes escalas que vemos hoy en día surgen a partir de las fluctuaciones cuánticas del universo primitivo. Con el tiempo, las áreas que en el universo primitivo eran más densas se atrajeron más por el efecto de la gravedad, ganando masa. De esta forma, midiendo la distribución de galaxias a diferentes tiempos cósmicos podemos entender el universo primitivo.

Las características particulares de los cartografiados cosmológicos pueden introducir efectos observacionales en la distribución observada de galaxias. Necesitamos, pues, simulaciones numéricas para distinguir entre modelos teóricos que expliquen la inflación cósmica y los efectos observacionales.




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Universos en supercomputadores

Los cartografiados cosmológicos actuales, tales como los citados DESI y Euclid, están realizando mapas de volúmenes enormes, del orden de 125 Gpc al cubo. La distancia de 125 Gpc equivale a 25 000 billones de veces la distancia entre la Tierra y el Sol, que es la Unidad Astronómica (UA).

Para poder hacer experimentos computacionales, necesitamos conseguir volúmenes comparables a los observados. Esto solo es posible gracias a la potencia de supercomputadoras de alto rendimiento, como las máquinas de la Red Española de Supercomputación.

Hemos generado los universos computacionales UNIT con condiciones iniciales gaussianas y no gaussianas. Para ello, hemos utilizando tiempo de computación en MareNostrum 4 y 5, del Centro Nacional de Supercomputación (Barcelona Supercomputing Center), y Finisterrae, del Centro de Supercomputación de Galicia (CESGA). Este proyecto ha requerido el equivalente en electricidad del gasto anual de 15 hogares españoles.

Supercomputador MareNostrum 5.
Steve Jurvetson/Wkimedia Commons, CC BY

Condiciones iniciales para estudiar el universo primitivo

La generación de universos en computadoras, siguiendo el proceso que denominamos simulaciones de N-cuerpos, requiere de varios pasos. Primero hay que decidir la cantidad de materia oscura, energía oscura y materia normal que va a tener nuestro universo.

Después, hay que decidir el volumen y la masa del elemento computacional más pequeño que vamos a poder utilizar. Idealmente, nos gustaría abarcar el mayor volumen posible con un elemento computacional pequeño. Esto nos permitirá abarcar un gran rango de escalas, por ejemplo desde una estrella hasta todo el universo observable.

Además, necesitamos calcular la interacción gravitatoria entre todos los elementos computacionales. A más elementos, más cálculos. Los elementos computacionales en nuestros universos UNIT son equivalentes a galaxias algo más pequeñas que la nuestra, la Vía Láctea. Este tamaño surge de equilibrar la necesidad de volúmenes colosales, con el tiempo finito del que podemos disponer en MareNostrum.




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Cada elemento computacional se sitúa de tal forma que la distribución de materia siga una distribución normal o gaussiana. En nuestros universos UNIT, también hemos añadido desplazamientos siguiendo las distribuciones primordiales no gaussianas predichas por ciertos modelos inflacionarios. Estas variaciones hacen que cambie la evolución de nuestros universos computacionales.

No hay muchos estudios con simulaciones completas de N-cuerpos que incluyan condiciones iniciales con distribuciones primordiales no gaussianas. Por eso nuestro equipo ha propuesto cómo establecer las condiciones iniciales para no sesgar los resultados que contengan esas simulaciones no convencionales.

La simulación computacional más grande con efectos del universo primitivo

Durante 2023 nuestro equipo de investigación, integrado por científicas y científicos de la Universidad Autónoma de Madrid y del Institut de Física d’Altes Energies de Barcelona, produjo el mayor universo computacional con condiciones iniciales no gaussianas. Este es el efecto esperado para una gran familia de modelos de inflación que explican qué ocurrió en el universo primitivo. Con esta simulación, hemos comprobado que DESI seguramente será capaz de aceptar o rechazar la familia de modelos de inflación que necesita la existencia de múltiples campos cuánticos para la aceleración de la expansión en la primera infancia del cosmos.

Ahora nuestros universos UNIT están disponibles en el Port d’Informació Científica (PIC), que además aloja el espejo europeo de DESI. Hemos guardado 3,4 terabytes (TB) de información en el PIC, el equivalente a unas 1000 películas. En el PIC se puede encontrar información sobre los elementos de computación a distintos tiempos cósmicos y para distintas realizaciones.

Algunos de nuestros experimentos computacionales han sido confeccionados y utilizados por las colaboraciones internacionales DESI y Euclid. Los siguientes pasos de nuestro trabajo consisten en ampliar el volumen de nuestros universos computacionales e incluir galaxias. Esto nos permitirá validar las técnicas de medición que se van a utilizar en DESI.

En el futuro, también podremos medir un parámetro relacionado con la formación de galaxias en un universo no gaussiano. Este parámetro sólo puede medirse en simulaciones, y sin él DESI tendrá problemas para distinguir entre modelos de inflación.

Nuestros universos UNIT han sido diseñados con el objetivo de medir este parámetro y ayudarán a la colaboración DESI a lograr uno de sus principales objetivos: estar más cerca de conocer cómo fueron primeros instantes del universo.

The Conversation

Violeta González Pérez recibe fondos de la Comunidad de Madrid, el Ministerio de Ciencia e Innovación, y de la Agencia Estatal de Investigación de España. Ella trabaja para la Universidad Autónoma de Madrid.

Adrián Gutiérrez Adame trabaja para la Universidad de Viena.

Santiago Avila recibe fondos del Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades. Es un investigador del Centro de Investigaciones Energéticas Medioambientales y Tecnológicas (CIEMAT).

ref. ¿Qué le ocurrió al universo desde el Big Bang hasta que nació la luz? – https://theconversation.com/que-le-ocurrio-al-universo-desde-el-big-bang-hasta-que-nacio-la-luz-272452

México ante el brote de sarampión: pasado, presente y posibles futuros

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Yersain Ely Keller de la Rosa, Biólogo. Maestro en Ciencias Bioquímicas, Universidad Nacional Autónoma de México (UNAM)

Natalya_Maisheva/Shutterstock

“¿Te sientes bien?” le pregunté. “Me siento con sueño”, contestó. En una hora, ella estaba inconsciente. Doce horas más tarde, estaba muerta.

Este fragmento pertenece a la carta “Sarampión: una enfermedad peligrosa”, escrita en 1988 por el escritor británico, Roald Dahl, autor de obras como Charlie y la fábrica de chocolate y Matilda. La misiva describe lo desgarrador e inesperado que fue perder a su hija Olivia a causa de esta enfermedad.

El sarampión es una infección viral altamente contagiosa que puede provocar complicaciones graves como neumonía, ceguera y encefalitis. Los síntomas más comunes son muy parecidos a los de una gripe: fiebre, tos seca, escurrimiento nasal, dolor de garganta y conjuntivitis. Sin embargo, los más característicos, y lo que los diferencian de una gripe común, son unas pequeñas manchas blancas en el interior de la boca (manchas de Koplik) y sarpullido caracterizado por ronchas grandes y planas.

Aunque generalmente se percibe como una dolencia leve, basta recordar que entre 1855 y 2005 se estima que 200 millones de personas fallecieron a causa del sarampión en el mundo.

El sarampión en México

Los primeros registros de esta infección en México se remontan al inicio del siglo XVI, con la llegada de los españoles. Junto con la viruela y el cocoliztli (salmonelosis), el sarampión contribuyó a diezmar la población de los aztecas.

Durante los 500 años posteriores, el sarampión se instaló en la población ocasionando brotes frecuentes. La primera descripción bien documentada de esta enfermedad fue realizada en 1825 por el médico Manuel Rodríguez Balda. Posteriormente, se produjeron al menos 7 brotes importantes hasta 1927. Se estima que dentro del periodo de 1922 a 1974 se registraron 468 638 muertes por sarampión en el país.

Habemus vacuna

El impacto del sarampión a nivel global era insostenible, por lo que era necesario desarrollar una vacuna. En 1954, durante un brote en Massachusetts, los científicos John F. Enders y Thomas C. Peebles aislaron el virus a partir de muestras de estudiantes infectados. La cepa obtenida, conocida como Edmonston-B, permitió que en 1963 Enders desarrollara la primera vacuna contra la infección basada en un virus atenuado. Es decir, lo suficientemente fuerte para inducir una respuesta por parte de nuestro sistema inmune, pero lo bastante débil para no causar la enfermedad.

En 1968, Maurice Hilleman y su equipo perfeccionaron esta vacuna utilizando la misma cepa, pero aún más atenuada. Esa es, esencialmente, la vacuna que se emplea hoy en todo el mundo.

Desde su introducción a nivel global, la inmunización ha sido altamente efectiva: las muertes anuales por sarampión, que antes de la vacunación alcanzaban cerca de 2 millones en el mundo, descendieron hasta 89 780 en 2016, el año con menor número de casos registrados.

En el caso específico de México, la vacuna se aplica en combinación con las de rubéola y parotiditis (paperas), en la llamada vacuna SRP. Se administra en dos dosis: la primera al cumplir 12 meses y la segunda, conocida como refuerzo, a los 6 años. Contar con ambas dosis es indispensable para lograr protección completa frente a la enfermedad.




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Vacunación a la baja, casos a la alza

El último gran brote de sarampión en México ocurrió en 1989-1990, periodo en el que se registraron 89 163 casos y 5 899 defunciones. En 1990, la Encuesta Nacional de Cobertura de Vacunación mostró que sólo 46 % de los niños mexicanos tenían su esquema de vacunación, por lo que un año después se estableció el Programa de Vacunación Universal. El propósito de este plan era que para 1992 todos los niños menores de 5 años tuvieran 8 dosis de vacunas: 3 de Sabin (poliomielitis), 3 de DPT (difteria, tos ferina/pertussis y tétanos), una dosis de BCG (tuberculosis) y otra de sarampión.

Logros históricos y un retroceso

Gracias a este compromiso por parte de las autoridades y la ciudadanía, los casos de sarampión se abatieron, llevando a México a ser declarado por la Organización Panamericana de la Salud (OPS) libre de sarampión.

No obstante, en 2025 México reportó 6 444 casos confirmados de la infección y, hasta el 2 de marzo del 2026, 5 437 casos confirmados y 5 defunciones. Datos que nos llevan a hacer una pregunta: si la vacuna es tan eficaz, ¿por qué los casos han aumentado recientemente, al punto de que México está en riesgo de perder su certificación como país libre de sarampión?

Para explicar esto, primero es necesario saber que el virus del sarampión es uno de los más contagiosos, por lo que es necesario alcanzar una protección del 95 % de la población para detener la transmisión del virus. Datos de la Organización Mundial de la Salud sugieren que durante y después de la pandemia de covid-19, la cobertura de vacunación contra el sarampión disminuyó a nivel global. México no fue la excepción: la cobertura con la primera dosis de la vacuna SRP presentó una drástica disminución al 86 % en 2022; 76 % en 2023; 80% en 2024 y 71% en 2025.

Esta bajada se puede explicar por diversos factores, entre los que se encuentran una injustificada disminución en la confianza hacia las vacunas, acceso limitado a los servicios de salud, particularmente de poblaciones vulnerables, y fallas en los mecanismos de adquisición.




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México y el brote de hace 36 años

Como se mencionó previamente, el último gran brote de sarampión en México ocurrió entre 1989 y 1990. Este evento representó un punto de inflexión para la política nacional de inmunización. El control del brote se logró mediante campañas masivas de vacunación dirigidas a la población susceptible, lo que permitió interrumpir la transmisión del virus en un periodo relativamente corto.

A partir de esta experiencia, se evidenció la necesidad de fortalecer el esquema nacional de inmunización mediante la incorporación de una segunda dosis de la vacuna triple viral (SRP). Esta dosis se añadió formalmente al esquema y comenzó a administrarse a los 6 años, al ingreso a la educación primaria, con el objetivo de cerrar brechas de inmunidad y asegurar una protección sostenida a nivel poblacional.

La implementación de estas estrategias no fue sencilla. Requirió una coordinación robusta y una movilización operativa sin precedentes. Personal de enfermería visitó escuelas primarias públicas y privadas en todo el país para aplicar un total de 14 398 064 dosis contra el sarampión.

Además, se alcanzó una cobertura de vacunación del 79 % en niños de un año, una cifra sin precedentes hasta ese momento. Este incremento en la cobertura se tradujo en una disminución drástica del número de casos.

En la actualidad, el gobierno de México ha retomado esta experiencia histórica como referencia para enfrentar el nuevo brote de sarampión. Para 2026 se anunció la adquisición de 27,3 millones de dosis, y entre 2025 y 2026 se han aplicado más de 18 millones de vacunas. La estrategia está dirigida principalmente a niñas y niños de 6 meses a 12 años que no cuenten con ninguna dosis o requieran refuerzo, así como a personas de 13 a 49 años sin antecedente vacunal o con esquemas incompletos.

Estas acciones buscan restablecer coberturas óptimas y recuperar niveles de inmunidad colectiva suficientes para prevenir brotes futuros.




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¿Podemos erradicar el sarampión?**

Uno de los mayores logros de la medicina moderna fue la erradicación de la viruela. Esta enfermedad, que durante siglos causó millones de muertes y dejó secuelas devastadoras como ceguera y desfiguración, fue declarada oficialmente erradicada el 8 de mayo de 1980. La pregunta es inevitable: ¿podríamos lograr lo mismo con el sarampión?

Desde el punto de vista biológico y epidemiológico, la respuesta es sí. Al igual que la viruela, el sarampión tiene al ser humano como único reservorio natural, lo que elimina la posibilidad de reintroducciones desde animales. Además, su cuadro clínico es característico, especialmente en contextos de alta incidencia, y actualmente contamos con métodos diagnósticos estandarizados y sistemas de vigilancia epidemiológica capaces de detectar casos con rapidez.

A esto se suma la disponibilidad de una vacuna altamente eficaz, cuya efectividad ha permitido eliminar la transmisión endémica en distintos países e incluso en regiones enteras durante ciertos periodos.

Sin embargo, la erradicación global implicaría un desafío logístico y político de enorme magnitud. Debido a la altísima transmisibilidad del virus, se requiere mantener de manera sostenida una cobertura vacunal mínima del 95 % con dos dosis en todas las comunidades, sin brechas geográficas ni poblacionales.

La reciente pérdida del estatus de eliminación en algunos países y el riesgo latente en otros, como México, demuestran que incluso pequeñas disminuciones en la cobertura pueden revertir décadas de avance.

La vacunación sigue siendo la herramienta más poderosa para prevenir el sarampión y muchas otras enfermedades infecciosas. Cada muerte causada por un patógeno prevenible mediante vacunación representa una falla colectiva en los sistemas de salud y en nuestra responsabilidad social. Mantener coberturas altas no es solo una meta técnica, sino un compromiso ético con la salud pública.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. México ante el brote de sarampión: pasado, presente y posibles futuros – https://theconversation.com/mexico-ante-el-brote-de-sarampion-pasado-presente-y-posibles-futuros-276016

‘No se dice tete, se dice chupete’: ¿hay que corregir a los niños cuando están aprendiendo a hablar?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Clara Macarena Ponce Romero, Profesora del área de Didáctica de la Lengua y la Literatura, Universidade de Santiago de Compostela

Zhuravlev Andrey/Shutterstock

“No vocaliza”, “Habla mal”, “Habla raro”, “Habla poco”… ¿Quién no se ha preocupado alguna vez de si todo está yendo como debe cuando un niño o una niña pequeña empiezan a formar sus primeras frases?

A menudo, los adultos escuchamos con atención (y, en muchas ocasiones, con preocupación) cada una de sus palabras. No es raro que madres y padres busquen una segunda opinión, ya sea en las aulas de educación infantil o en gabinetes de logopedia. Sin embargo, lo que con frecuencia se interpreta como un problema es, en realidad, una parte normal y necesaria del aprendizaje del lenguaje.

Hablar diferente no es hablar peor

Cuando un niño dice “tete agua”, “perro grande ahí” o pronuncia una palabra de forma que a los adultos les suena extraña, es fácil fijarse solo en lo que le falta, en lo que consideramos “erróneo”. Sin embargo, desde el punto de vista del desarrollo del lenguaje, lo importante no es que esas formas se parezcan a las del habla adulta, sino que cumplan su función principal: comunicar.

La investigación en lenguaje infantil lleva tiempo mostrando que los niños pueden comunicarse con eficacia, porque el aprendizaje del lenguaje se construye primero sobre el uso y la interacción, y solo más tarde sobre las reglas.




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Pensemos, por ejemplo, en las interacciones entre madres, padres y bebés de apenas seis meses. A partir de gestos, miradas, sonidos o expresiones faciales, los adultos suelen identificar la causa del llanto y responder adecuadamente a sus necesidades. Incluso a edades muy tempranas, muchos niños muestran ya preferencias claras, formas propias de reaccionar y una personalidad incipiente.

Comunicación eficaz sin normas

A continuación presentamos el ejemplo de Nerea y César, dos hermanos de tres años. Esta grabación procede del corpus Koiné de habla infantil, un repositorio accesible en línea que reúne miles de interacciones espontáneas de niños de entre 18 y 53 meses, grabadas en escuelas infantiles de Galicia. Fragmentos como este permiten observar cómo la comunicación funciona incluso cuando el lenguaje aún no se ajusta a las formas adultas.

En esta breve interacción, Nerea y César apenas producen enunciados complejos. Sin embargo, la comunicación funciona perfectamente. Cuando César le ofrece el libro a su hermana para irse a jugar y Nerea se lo devuelve, ambos están expresando con claridad su intención: no quieren “jugar a los cuentos” en ese momento. El abandono de la escena por parte de César y el gesto de negación de Nerea refuerzan ese mensaje sin necesidad de palabras elaboradas. La interacción entre niños también es clave para el aprendizaje.

Qué ocurre en la mente de los niños

Desde los primeros meses de vida, los bebés son participantes activos en la comunicación, sensibles a las intenciones de quienes los rodean. Antes incluso de dominar el vocabulario o la gramática, aprenden a interpretar miradas, gestos y tonos de voz, y a usarlos para dirigir la atención, pedir algo, rechazar una propuesta o compartir una experiencia. En pocas palabras: transmiten lo que quieren a través de la interacción con el otro.

A medida que avanzan en el aprendizaje, los niños empiezan a detectar regularidades en lo que oyen. Generalizan patrones, los ponen a prueba y los ajustan poco a poco. Por eso es habitual que digan formas que no coinciden con las adultas. Cuando una forma no da resultado, la reformulan; cuando funciona, la mantienen.

Este proceso no es solo lingüístico, también es intrínsecamente cognitivo. Aprender a hablar implica coordinar memoria, atención, percepción y control de la acción. Por eso, muchas veces los niños saben perfectamente lo que quieren decir, pero todavía no disponen de los recursos formales para expresarlo como un adulto.




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Menos correcciones, más comprensión

Los niños no aprenden a hablar porque alguien les diga una y otra vez lo que hacen mal. Aprender a hablar es, ante todo, una experiencia compartida. Por eso, cuando nos dirigimos a niños pequeños, los adultos tendemos a ajustar de forma natural nuestra manera de expresarnos, por ejemplo, usando frases más simples, repitiendo palabras importantes y cambiando la entonación para hacernos entender mejor.

Este modo de hablar no empobrece el lenguaje: al contrario, lo hace más accesible y facilita que los niños comprendan y participen en la conversación sin sentirse evaluados. Por ejemplo, cuando un bebé llama a su mantita “maca”, muchos padres empiezan a utilizar esa expresión: “¿Quieres la “maca”?

Tenemos que comprender que los niños están inmersos en un proceso de aprendizaje. Esta expresión (“maca”) no es un error, es un proceso que paulatinamente les ayudará a consolidar el lenguaje adulto (manta).

Una manera de fomentar el aprendizaje lingüístico es integrarse en el mundo comunicativo infantil: “Sí, tu manta, la ‘maca’, está en la cama”. De esta forma, el niño escucha la forma convencional sin sentirse corregido ni examinado.

Otro ejemplo muy habitual ocurre cuando el niño dice “ete” señalando un juguete. En vez de exigir (“Coche, coche, se llama coche”), el adulto puede responder: “Sí, es un coche rojo. El coche hace brum brum”. Está validando la intención comunicativa y, al mismo tiempo, ofreciendo un modelo más completo y rico.

Acompañar el aprendizaje del lenguaje implica escuchar qué quieren decir los niños y responder a ello, más que centrarse en cómo lo dicen. Entender este proceso ayuda a reducir preocupaciones innecesarias y a recordar que hablar diferente no es hablar peor, sino parte del camino para aprender a comunicarse.

The Conversation

Clara Macarena Ponce Romero forma parte del grupo Koiné de la Universidad de Santiago de Compostela. Actualmente, participa en el proyecto financiado por FEDER / Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades – Agencia Estatal de Investigación, Corpus y densidad de datos. Versión robusta del ‘corpus Koiné’ de habla infantil (PID2024-158897NB-100).

ref. ‘No se dice tete, se dice chupete’: ¿hay que corregir a los niños cuando están aprendiendo a hablar? – https://theconversation.com/no-se-dice-tete-se-dice-chupete-hay-que-corregir-a-los-ninos-cuando-estan-aprendiendo-a-hablar-273054