Importations d’armes : pourquoi les armées africaines prennent leur indépendance

Source: The Conversation – in French – By Nate Allen, Associate Professor of Security Studies, National Defense University

Les armées africaines reposent sur une puissance importée. Des pays étrangers tels que la Chine, la Russie, les États-Unis, la Turquie et la France dominent le marché des armes du continent. Ensemble, ils fournissent tout, des armes légères aux hélicoptères d’attaque, en passant par les drones et les équipements de communication.

Les résultats sont souvent très médiocres. Du Sahel à la Somalie, les armes et équipements fournis par l’étranger se détériorent rapidement, restent inutilisés faute d’entretien, ou nécessitent une expertise que les forces locales ne sont pas formées à maintenir. Dans le même temps, les insurgés à moto équipés d’AK-47 et d’explosifs improvisés prennent le dessus.

Les problèmes liés à l’équipement militaire sont souvent dus à la corruption ou à la mauvaise gestion des armées africaines. Ces problèmes ont été largement documentés par des chercheurs.

Aujourd’hui, une révolution silencieuse est en cours. Collectivement, nous avons passé des décennies à effectuer des recherches et à travailler avec les armées africaines. Nous avons remarqué une tendance croissante au mécontentement vis-à-vis de la dépendance à l’égard d’acteurs externes pour la constitution de leurs forces de sécurité. En conséquence, les gouvernements africains sont de plus en plus déterminés à réduire leur dépendance vis-à-vis des fournisseurs étrangers et à développer des capacités qu’ils peuvent contrôler, maintenir et adapter.

De nombreux pays africains, du Nigeria au Kenya en passant par le Maroc, misent sur de nouvelles technologies disruptives et des partenariats afin de localiser les chaînes d’approvisionnement de la défense et de développer des capacités militaires locales.

La réduction des obstacles à l’innovation offre aux pays africains la possibilité de passer du statut de consommateurs de sécurité à celui de producteurs.
Certains sont même devenus des exportateurs d’équipements et de technologies militaires. Le Maroc est le pays qui a le mieux réussi dans cette stratégie. Il a réussi à tripler ses exportations d’armes au cours des dernières années. Et il est en passe de devenir un pôle de fabrication dans le domaine de la défense.

Cette évolution pourrait permettre aux armées africaines de projeter et de maintenir leurs forces de manière plus durable et de tirer profit d’un marché mondial des armes en pleine croissance.

Les défis de la dépendance

Sur le papier, les équipements militaires importés promettent des capacités de pointe. Dans la pratique, ils sont souvent source de frustration.

Le Mali en est l’illustration la plus frappante. À partir de 2021, la Russie a fourni à Bamako une « petite force aérienne » composée de dizaines d’hélicoptères d’attaque, d’avions de transport et d’autres avions de combat. Cela s’inscrivait dans le cadre de son rôle croissant en matière de sécurité au Sahel.

Mais cette force aérienne n’existe plus. Les deux avions de combat Sukhoi-25 que le Mali a reçus ont été perdus en quelques mois. Sur les huit hélicoptères d’attaque Mi-35M et Mi-171, un seul est resté en état de marche moins d’un an après sa livraison. L’armée malienne n’a pas été en mesure de les entretenir.

Pendant ce temps, des groupes rebelles équipés de fusils volés, de canons antiaériens légers et d’artillerie artisanale ont envahi les avant-postes militaires et encerclé Bamako.

Même les armées africaines les mieux équipées ont du mal à faire face. L’Afrique du Sud dispose de l’une des flottes d’avions de combat les plus avancées du continent. Mais seule la moitié de ses avions JAS Gripen de fabrication suédoise et sept de ses 39 hélicoptères Oryx étaient en état de marche à la mi-2024. Cela était dû à des pénuries de pièces détachées et à des lacunes en matière de maintenance.

Le fabricant d’armes public sud-africain Denel, autrefois un producteur de défense et d’aérospatiale de classe mondiale, s’est affaibli au cours de la dernière décennie. Les difficultés financières, les défaillances de gouvernance et la patrimonialisation de l’État ont entraîné des pénuries de liquidités, des fournisseurs impayés et une perte de personnel qualifié.

Le Ghana possède l’une des flottes les plus performantes de la région.
Mais bon nombre de ses navires restent inutilisables. Les plans ambitieux visant à agrandir la flotte ont été retardés en raison de coûts prohibitifs. Une corvette moderne coûte 200 millions de dollars américains, soit la moitié du budget militaire du Ghana pour 2024.

Solutions locales

L’attrait croissant pour des solutions locales s’est manifesté en août 2025, lorsque le Nigeria a réuni 37 chefs de la défense africains pour discuter de la manière de développer des solutions de sécurité locales.

Le chef de la défense nigériane de l’époque, le général Christopher Musa, a exhorté ses homologues à innover à leur manière en investissant dans la cyberdéfense, l’intelligence artificielle et les technologies militaires locales.

Le Nigeria a déjà commencé à le faire. Il fait partie des rares pays africains à disposer d’un commandement de guerre cybernétique dont le nombre augmente progressivement. Le pays développe la production locale d’armes légères et de munitions. Il développe également et conçoit des [appareils portables](https://www.military.africa/2024/09/nigerian-army-determined-to-adopt-smart-soldier-concept/ “) dotés d’une intelligence artificielle.

Le Nigeria est également devenu un leader continental dans la production de systèmes aériens sans pilote. Il s’agit notamment de drones FPV légers, de drones kamikazes à usage unique et de drones de combat à longue endurance. Une usine de drones située à Abuja est désormais capable de produire 10 000 drones par an.

Le Nigeria n’est pas le seul dans ce cas. Neuf pays africains produisent désormais des drones, qui occupent une part croissante du marché africain. Vingt-et-un ont lancé et possèdent des satellites. L’Afrique du Sud le Kenya et le Sénégal expérimentent :

  • l’impression 3D (fabrication d’objets en 3D à partir d’un fichier numérique en ajoutant des couches successives de matériau) pour les pièces de rechange essentielles

  • des essaims de drones pour la sécurité des frontières, et

  • des communications par satellite pour réduire la dépendance vis-à-vis des renseignements provenant de signaux externes.

Prochaines étapes

Ces tendances reflètent une prise de conscience plus large. Dans un monde marqué par la rivalité croissante entre grandes puissances et par des alliances internationales qui évoluent, la capacité de prendre des décisions indépendantes en matière de défense et de sécurité doit être essentielle pour les États.

Développer des chaînes d’approvisionnement locales est nécessaire ne suffit pas. Pour réduire la dépendance aux fournisseurs étrangers, il faut à la fois des institutions qui fonctionnent et des cadres réglementaires et un capital humain bien formé afin de transformer l’innovation en résultats concrets.

La cybersécurité, la gouvernance des données et les questions éthiques doivent également être prises en compte, afin que la souveraineté technologique ne devienne pas un facteur de vulnérabilité. L’adoption des technologies contribuera peu à améliorer la sécurité des citoyens africains si celles-ci servent à consolider des élites corrompues ou à porter atteinte aux droits humains.

Enfin, si une plus grande indépendance dans la production de plateformes et de technologies de défense est un objectif louable, l’autonomie totale relève de l’illusion. Pour les systèmes militaires les plus avancés — tels que les missiles sophistiqués, l’intelligence artificielle de pointe, les avions de combat pilotés, ainsi que des composants essentiels comme les puces et les semi-conducteurs — les gouvernements africains conserveront pendant longtemps un certain degré de dépendance vis-à-vis d’acteurs extérieurs.

La prochaine phase de la transformation de la défense en Afrique devra aller au-delà de l’acquisition de technologies et d’équipements avancés. Elle devra veiller à ce qu’ils soient adaptés aux menaces spécifiques du continent et à ce qu’ils soient gérés et entretenus localement.

Les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne reflètent pas la position officielle du Africa Center for Strategic Studies, de la National Defense University ou du département de la Defense.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Importations d’armes : pourquoi les armées africaines prennent leur indépendance – https://theconversation.com/importations-darmes-pourquoi-les-armees-africaines-prennent-leur-independance-277325

Insomnie et avancée en âge : pourquoi les somnifères au long court ne sont pas indiqués, et quelles solutions adopter ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Véronique Lefebvre des Noëttes, Psychiatre du sujet âgé, chercheur associé au Laboratoire interdisciplinaire d’étude du politique Hannah Arendt (Université Paris-Est Créteil), co-directeur du département de recherche Éthique biomédicale du Collège des Bernardins, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC)

À mesure que nous vieillissons, notre sommeil se modifie. Il est important d’avoir conscience de ces changements, pour ne pas se considérer, à tort, comme insomniaque. Mais si l’insomnie nous frappe réellement, que faire ? Avant tout, en déterminer la forme, identifier les causes du problème, puis mettre en place des solutions adaptées… parmi lesquelles ne figure surtout pas la prise de somnifères au long cours !


Nous passons environ le tiers de notre vie à dormir. Cela signifie qu’une personne de 75 ans qui aurait dormi huit heures chaque nuit aura passé vingt-cinq ans dans les bras de Morphée et, selon les estimations, près de cinq ans à rêver.

Si le sommeil occupe une telle place dans nos existences, c’est qu’il s’agit d’une fonction vitale. Il permet en effet à notre corps de se régénérer et nous aide à maintenir une humeur stable, à apaiser nos conflits intrapsychiques et à être efficaces au cours de la journée.

Cependant, à mesure que l’on vieillit, le sommeil se modifie. Cela peut se traduire par des difficultés d’endormissement, notamment. Face à une telle situation, quels sont les bons gestes à adopter, et ceux à éviter ? Voici quelques pistes de réponse.

Le sommeil se modifie avec l’âge

Le sommeil se divise en cycles d’environ 1,5 heure. Chaque cycle comporte quatre stades : sommeil léger, sommeil intermédiaire, sommeil profond, puis sommeil paradoxal (durant lequel se produisent les rêves).

Bien dormir est indispensable au bon développement cérébral, en particulier chez les bébés. Chez l’enfant, il régule la production d’hormone de croissance ainsi que la production d’autres hormones tout au long de la vie, pendant le sommeil lent profond : le cortisol (hormone de l’éveil et du stress) et l’insuline (l’hormone de l’appétit).

Le sommeil permet aussi à l’organisme de récupérer de la fatigue nerveuse, de « trier » les innombrables informations que notre cerveau a dû traiter dans la journée, puis de les stocker en créant de nouvelles connexions nerveuses, et ainsi de développer notre mémoire.

Nous savons aussi aujourd’hui que le sommeil est utile pour éliminer les « déchets » et éviter l’agrégation de protéines β-amyloïdes entre les neurones, lesquelles constituent les « plaques séniles » qui sont l’une des composantes de la maladie d’Alzheimer (avec les agglomérats de protéines TAU à l’intérieur des neurones).

Enfin, dormir suffisamment est par ailleurs associé à une meilleure réponse immunitaire.

Toutefois, avec l’avancée en âge, le sommeil change. Son architecture se modifie de manière insidieuse : il devient plus léger, plus séquencé, avec plus de micros réveils. Les dormeurs ont la sensation d’avoir vu toutes les heures défiler sans être parvenu à sombrer dans un sommeil lent profond. L’avance de phase (se coucher tôt et se lever tôt) devient aussi plus fréquente (il est possible de compenser avec des siestes en journée (mais pas plus d’une demi-heure).

Il faut savoir que ces modifications touchent davantage les femmes que les hommes, car la ménopause impacte le sommeil en raison de la diminution du taux d’œstrogène. Par ailleurs, elles sécrètent moins de mélatonine (l’hormone du sommeil).

Lorsque l’on est bon dormeur habituel, ces changements peuvent être déstabilisants. Il vaut donc mieux connaître le fonctionnement normal du sommeil avec l’avancée en âge afin d’éviter de stresser inutilement et de se croire insomniaque, ce qui peut mener à consulter dans le but de se voir prescrire des somnifères par son médecin.

Insomnie : de quoi parle-t-on ?

Très fréquente, l’insomnie toucherait de 15 % à 20 % des Français. On en distingue deux formes. L’une est transitoire : c’est l’insomnie d’endormissement. L’autre est plus difficile à traiter, c’est l’insomnie chronique.

L’insomnie d’endormissement est en général due au stress, à l’anxiété et à la dépression. Il peut aussi s’agir d’événements de vie stressants, comme le divorce, un deuil, l’annonce d’une maladie grave. L’anxiété est un facteur d’insomnie majeur, puisqu’elle active le cerveau qui se met en état d’hypervigilance (on n’arrive pas à s’endormir de peur d’un danger‚ réel ou non) : le corps est préparé à fuir quand il devrait se mettre au repos pour sombrer dans un sommeil réparateur.

L’insomnie chronique (autrement dit survenant trois nuits par semaine pendant trois mois minimum, avec des répercussions diurnes) touche 19 % des Français. Elle peut entraîner des difficultés de concentration (en particulier au travail, ce qui entraîne une baisse des performances), une fatigue et une somnolence diurne, des troubles de l’humeur (dépression), une irritabilité, une anxiété, des troubles de la mémoire, des difficultés d’attention avec des surrisques d’accidents de la route ou du travail, une diminution des défenses immunitaires contre les infections, un risque augmenté d’obésité et de diabète de type 2 (non insulinodépendant) et une majoration du risque cardiovasculaire (hypertension artérielle, infarctus, accidents vasculaires cérébraux).

Soulignons que lorsque les troubles du sommeil avec inversion du rythme veille/sommeil affectent des personnes âgées victimes de la maladie d’Alzheimer, ils constituent une source de souffrances supplémentaires pour celles-ci ainsi que pour leurs aidants, alors même que ces patients sont déjà très souvent touchés par plusieurs autres pathologies.

Que faire en cas d’insomnie chronique ?

Avant tout, il faut savoir qu’en cas d’insomnie chronique, la réponse thérapeutique ne doit pas être de prendre un somnifère de la famille des benzodiazépines au long cours. En effet, les personnes âgées consommant des benzodiazépines de demi-vie longue ont un risque augmenté de 60 % de développer une démence (majoritairement de type de la maladie d’Alzheimer), et ce, sans que cela soit explicable par d’autres facteurs, comme l’a démontré dès 2015 l’étude dirigée par le professeur d’épidémiologie et de santé publique Christophe Tzourio. Par ailleurs, l’emploi de ces molécules n’est pas sans risque (voir encadré « Attention aux benzodiazépines »).




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De plus, si elles apaisent rapidement les symptômes de l’anxiété‚ les molécules benzodiazépiniques ne s’attaquent ni à ses causes ni à celles de l’insomnie. Selon les recommandations de la Haute Autorité de santé 2024, aucune benzodiazépine n’est indiquée dans le traitement de l’insomnie chronique, et on ne doit pas les prendre pendant plus de quatre semaines (durée qui comprend la période de sevrage).

Pour lutter contre l’insomnie chronique, en première intention le traitement recommandé est le recours aux thérapies comportementales et cognitives (TCC). Contrairement à la psychanalyse, ces thérapies sont centrées non pas sur le passé mais sur le présent. Elles visent à identifier ce qui nous empêche de bien fonctionner (les mécanismes de blocages, les sources d’anxiété…) et à nous amener à progressivement adopter d’autres manières de penser ainsi qu’à modifier nos croyances et nos comportements. Cela nécessite une collaboration active au début de la thérapie, pour ensuite se l’approprier et améliorer durablement notre fonctionnement.

Cette approche vise à mieux comprendre son sommeil et ses troubles par une analyse fonctionnelle. Par exemple, si vous ne dormez pas durant trois nuits d’affilée, il est important de rechercher les facteurs déclenchants. Il peut s’agir de soucis de la journée qui tournent en boucle dans votre tête, d’un deuil qui vous a affecté, de l’annonce d’une maladie grave, de contrariétés intrafamiliales, d’un excès (ou d’un déficit) d’activités, d’un abus de boissons énergisantes, de repas trop copieux…

L’idée est de recenser ses habitudes de vie et de sommeil en tenant un agenda de sommeil, d’apprendre à lutter contre ses fausses croyances (« Si je ne prends pas mon somnifère, je ne vais pas dormir »), et d’ajuster le temps passé au lit et son temps de sommeil. Il faut également apprendre de nouvelles règles d’hygiène de vie et respecter certaines règles (voir encadré « Dix clés pour mieux dormir »).

Il est par exemple important de comprendre que si l’on s’endort à 22 heures et que l’on se réveille à 5 heures du matin, on n’est pas insomniaque (même si on a eu quelques petits réveils dans la nuit – notamment, avec l’âge, pour aller aux toilettes). Inutile, donc, de rester encore au lit en attendant de se rendormir, le sommeil ne viendra plus. Cependant, en cas de fatigue, on pourra envisager une petite sieste vers 14 heures.

En outre, si nécessaire, la mélatonine peut aussi être proposée comme alternative aux somnifères. Cette hormone joue plusieurs rôles essentiels dans notre organisme : elle régule l’horloge biologique, le rythme nycthéméral, la sécrétion d’autres hormones et les variations de température du corps. Sa production diminue avec l’âge, la consommation d’alcool, de café, d’excitants et de certains médicaments stimulants.

Il faut savoir que la production de mélatonine est déclenchée par l’obscurité (d’où la nécessité de faire le noir ou de simuler la nuit pour mieux dormir), et que ladite production cesse lors de l’exposition à la lumière vive (d’où la préconisation d’éteindre les écrans longtemps avant de dormir).

Cette molécule est fréquemment utilisée en gériatrie et pour traiter les situations de décalage horaire ou d’insomnies transitoires. Contrairement aux benzodiazépines, elle n’a pas d’effets indésirables, mais ses effets sédatifs peuvent être plus légers. L’une des limites de cette approche est que la mélatonine ne fonctionne pas de la même manière chez tout le monde et que son efficacité peut être variable d’une personne à l’autre.

Enfin, si l’insomnie persiste plus de trois mois sans amélioration et a un impact important sur le déroulé de la journée, un traitement médicamenteux est possible, en seconde intention. Ainsi, l’hypnotique daridorexant, dont la propriété est de diminuer l’éveil, est désormais autorisé dans ce contexte.

En conclusion, il n’y a pas de fatalité à mal dormir. Cependant, le réflexe de prendre un somnifère doit laisser la place aux thérapies comportementales et cognitives, à la relaxation, à de nouvelles règles d’hygiène de vie ainsi qu’à des alternatives médicamenteuses non benzodiazépiniques.


Pour aller plus loin

Véronique Lefebvre des Noëttes, Bonne nuit, bonne santé ! Comment retrouver votre sommeil sans médicaments pour vivre mieux et plus longtemps, éditions du Rocher, 2025.

The Conversation

Véronique Lefebvre des Noëttes ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Insomnie et avancée en âge : pourquoi les somnifères au long court ne sont pas indiqués, et quelles solutions adopter ? – https://theconversation.com/insomnie-et-avancee-en-age-pourquoi-les-somniferes-au-long-court-ne-sont-pas-indiques-et-quelles-solutions-adopter-277870

Des quartiers qui votent peu, des politiques qui les oublient : une double absence dans les quartiers populaires ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Antoine Lévêque, Maître de Conférences, Université Paris Dauphine – PSL

Dans de nombreuses villes, l’éloignement des urnes produit des effets sur l’action publique. Il amoindrit les chances d’arbitrages favorables aux habitants des quartiers populaires, et donc la perception de l’intérêt de la pratique du vote pour leurs populations. Comment la démobilisation électorale agit-elle sur la fabrique de l’action publique urbaine ?


À la veille du scrutin municipal, comme devant chaque échéance électorale, les liens entre participation politique, programmes et action publique interrogent nombre de commentateurs et commentatrices. C’est l’occasion de reprendre quelques enseignements tirés des espaces où l’on participe le moins à la vie politique institutionnalisée. Les quartiers populaires cumulent aujourd’hui une forte abstention électorale et des inégalités persistantes dans l’accès aux ressources et aux services urbains.

L’exemple de Vaulx-en-Velin, ancien bastion du communisme municipal de l’agglomération lyonnaise, met en lumière un mécanisme de « double absence ». À mesure que les élus s’éloignent des sociabilités populaires, les intérêts des habitantes et habitants de ces quartiers pèsent de moins en moins dans les choix d’action publique. En retour, les chances pour les populations locales de mesurer l’effet de leurs voix sont amoindries.

Quand l’ancrage politique faisait la  ville

Depuis les années 1930 et les conquêtes électorales des banlieues rouges qui se succèdent dans l’après-Première Guerre mondiale, les élus et élues communistes ont construit leur légitimité sur un lien étroit avec les classes populaires. À Vaulx-en-Velin (Rhône), ce lien a signifié un personnel politique issu des milieux ouvriers, fortement inséré dans les sociabilités locales, et une action municipale tournée vers la production de biens collectifs : logements sociaux, équipements publics, services de transport collectif.

La construction des grands ensembles de Vaulx-en-Velin dans les années 1960 s’est accompagné ainsi d’une attention particulière tournée vers ces équipements et des projets ambitieux d’infrastructure, comme leur desserte en métro.




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Fonder des villes populaires, modernes et équipées impliquait néanmoins une intervention de l’État négociée. Pour cela, le personnel politique local pouvait s’appuyer sur des relais, dans les ministères, auprès des mondes professionnels de l’aménagement urbain, ou encore du fait du rapport de force politique établi plus largement. Principal parti d’opposition du pouvoir gaulliste, le Parti communiste français (PCF) est alors autant surveillé que craint. Pour mémoire, la décennie 1960 est marquée par le renforcement de l’ancrage communiste et par ses conquêtes électorales qui l’installent confortablement au-delà des 20 % des suffrages exprimés aux élections nationales. Localement, cela se vérifie jusqu’aux élections municipales de 1977 (Figure 2). Le PCF est de très loin la première force politique en nombre de militants, sur l’ensemble du territoire comme dans le département du Rhône, selon ses responsables comme les services de renseignement de la préfecture.

Cette capacité à représenter les intérêts des classes populaires repose toutefois sur des médiations multiples : des cellules locales du parti aux syndicats des entreprises du territoire, en passant par les associations, notamment de parents d’élèves, mais aussi la proximité quotidienne entre le personnel politique et administratif et les populations. L’action publique locale est alors pensée et formulée à l’aune d’un ancrage dépassant le travail politique pour se mêler aux sociabilités ordinaires assurant la médiation des intérêts des classes populaires.

Différents travaux insistent ainsi sur les effets produits, à Vaulx-en-Velin comme ailleurs, par un long processus de socialisation politique à travers l’action publique. La production de services urbains et de biens permettant d’offrir une protection, des loisirs, des soins, une éducation et un avenir collectif est au cœur des processus d’adhésion des classes populaires aux mouvements socialistes et plus largement à la société démocratique dans son ensemble.

Un cercle vicieux de désaffiliation politique et de relégation dans l’action publique

À partir des années 1970, ces médiations se défont. Le déclin du communisme municipal s’accompagne d’une mutation du recrutement des élues et élus, et de leurs trajectoires. Moins proches des classes populaires locales, les maires de Vaulx-en-Velin ne partagent plus nécessairement l’expérience des discriminations ou des problèmes sociaux. Ils sont en revanche de plus en plus intégrés aux espaces intercommunaux de gouvernement et aux sociabilités édilitaires. Si cela leur assure de nouvelles ressources pour alimenter l’action municipale – de plus en plus aux mains du maire –, ils se trouvent en même temps progressivement coupés des énoncés alternatifs aux mots d’ordre qui circulent dans ces espaces politiques et administratifs de l’action publique urbaine.

Progressivement, en effet, l’élaboration des politiques urbaines s’est déplacée vers l’échelon métropolitain. Des institutions moins exposées au débat public deviennent les lieux clés de sélection des problèmes et des solutions à mettre en œuvre, au premier rang desquels la communauté urbaine de Lyon, devenue métropole en 2015. Cela contribue à renforcer les logiques d’autonomie voire d’opacité des champs politique et administratif locaux. L’institution municipale dans son ensemble s’en trouve transformée. Les postes d’encadrement sont davantage occupés par des personnes extérieures au territoire qui évoluent sur un marché local de l’emploi public élargi et moins politisé. En conséquence, les nouvelles façons de définir les priorités d’action et les problèmes publics se font d’autant plus à distance des fractions populaires de l’espace social, même lorsque ces solutions et problèmes les concernent directement. Les quartiers populaires cessent d’être pensés comme des espaces à équiper pour devenir des « territoires à gérer », voire à réhabiliter, en attirant d’autres populations mieux dotées, au nom de la mixité sociale.

À Vaulx-en-Velin, les projets de desserte des grands ensembles incarnent bien les effets de ces nouvelles grilles de lecture. Ces projets sont progressivement abandonnés ou redéfinis, tandis que les investissements se concentrent sur d’autres secteurs jugés plus stratégiques et attractifs. Résultat : lorsque le métro et le tramway arrivent finalement à Vaulx-en-Velin, à la fin des années 2000, ils contournent les quartiers d’habitat social les plus peuplés pour desservir un nouveau quartier aux fonctions économiques métropolitaines et avec des logements moins accessibles.

Au sud de la commune, le « Carré de soie » est un projet urbain accueillant le siège régional de groupes tertiaires d’envergure, un centre commercial et de nombreux logements privés ou en accession à la propriété. Ce contournement n’est pas le fruit d’une décision explicite, mais le résultat d’arbitrages successifs dans lesquels les intérêts des quartiers populaires sont de moins en moins portés.

Figure 1 : Éloignement progressif des projets d’infrastructure de transport à Vaulx-en-Velin (Rhône) des grands quartiers d’habitat social (1970-2007). Carte élaborée par l’auteur.


Fourni par l’auteur

Cette évolution est d’autant plus problématique qu’elle est entretenue par la démobilisation électorale. Les habitantes et habitants des quartiers où l’on vote le moins sont aussi ceux qui pèsent le moins dans les arbitrages publics, alimentant un cercle vicieux de désaffiliation politique et de relégation dans l’action publique. Lorsque le PCF perd la ville en 2014, les élections ne se jouent plus qu’à une centaine de voix et la nouvelle maire (issue du Parti socialiste, ndlr)) rassemble moins de 10 % de l’électorat au premier tour.

Figure 2 : Participation aux premiers tours des scrutins municipaux depuis 1965 à Vaulx-en-Velin (Rhône) et vote en faveur du maire (en %). Graphique élaboré par l’auteur. Source : Archives municipales de Vaulx-en-Velin.

Repenser la représentation locale

L’exemple de Vaulx-en-Velin éclaire ainsi une « double absence » : absence des classes populaires dans les arènes politiques et administratives locales, et absence relative de leurs intérêts dans les arbitrages emportant les moyens de l’action publique. Il invite aussi à dépasser une lecture de l’abstention réduite au désintérêt politique. Celle-ci est aussi le produit de transformations profondes de l’offre politique et des modes de gouvernement urbain, qui tendent à éloigner durablement les classes populaires des lieux où se décident les politiques qui les concernent.

Les élections municipales de 2020 ont engagé un renouvellement du personnel politique dans plusieurs grandes villes. Les nouveaux exécutifs disposent de pouvoirs métropolitains renforcés par une série de réformes survenues tout au long des années 2010. Alors que les inégalités continuent de croître et que la défiance démocratique progresse encore, l’enjeu n’est pas seulement de faire revenir les habitantes et habitants des quartiers populaires aux urnes, mais aussi de recréer les médiations politiques capables de porter leurs intérêts dans les espaces de gouvernement.


Cet article fait partie du dossier « L’enjeu municipal : mécaniques de l’action publique locale » réalisé par Dauphine Éclairages, le média scientifique en ligne de l’Université Paris Dauphine – PSL.

The Conversation

Antoine Leveque a reçu des financements de l’ANRT (ministère de l’ESR) pendant sa thèse, puis occupé plusieurs emplois en laboratoire de recherche.

ref. Des quartiers qui votent peu, des politiques qui les oublient : une double absence dans les quartiers populaires ? – https://theconversation.com/des-quartiers-qui-votent-peu-des-politiques-qui-les-oublient-une-double-absence-dans-les-quartiers-populaires-277747

Iraq war’s aftermath was a disaster for the US – the Iran war is headed in the same direction

Source: The Conversation – USA – By Farah N. Jan, Senior Lecturer in International Relations, University of Pennsylvania

U.S. Marines crossing into Iraq from Kuwait on March 21, 2003. AP Photo/Laurent Rebours

The United States military achieved every objective it set when it went to war in Iraq in 2003. Decapitation: Saddam Hussein was captured, tried and hanged. Air dominance: total, within days. Regime collapse: The Iraqi government fell in 21 days.

Now, consider Iraq more than 20 years after the U.S.-Iraq war. Iraq is still an authoritarian state governed by political parties with deep institutional ties to Tehran. Iranian-backed militias operate openly on Iraqi soil – some holding official positions within the Iraqi state.

The country the U.S. spent US$2 trillion and 4,488 American lives to remake is, by any reasonable measure, within the sphere of Iran’s influence.

As an international security scholar specializing in nuclear security and alliance politics in the Middle East, I have tracked the pattern of U.S. military success across multiple cases.

But the military outcome and the political outcome are almost never the same thing, and the gap between them is where wars fail.

Two and a half millennia ago, Thucydides recorded the Athenian empire at its most confident in his “History of the Peloponnesian War”: “The strong do what they can and the weak suffer what they must.” Athens then destroyed Melos and launched the Sicily Expedition with overwhelming force and no coherent theory of governance for what came next.

The lesson, then and now, is not that empires cannot destroy. It’s that destruction and governance are entirely different enterprises. And confusing them is how empires exhaust themselves.

The U.S. military can destroy the Iranian regime. The question that the Iraq precedent answers – with brutal clarity – is what fills the power vacuum when it does?

The military and political ledger

In April 2003, American L. Paul Bremer arrived in Baghdad as the head of the Coalition Provisional Authority, which served as a transitional government, and issued two orders that would define the next two decades.

Order 1 dissolved the ruling Baath Party and removed all senior party members from their government positions, purging the administrative class that ran its ministries, hospitals and schools. Order 2 disbanded the Iraqi army but did not disarm it. Approximately 400,000 soldiers went home with their weapons and without their paychecks.

Washington had just handed the insurgency – the Sunni-led armed resistance that would turn into a decade-long war – its recruiting pool. The logic behind Bremer’s de-Baathification was intuitive: You cannot build a new Iraq with the people who built the old one. The logic was also catastrophic

A man in a suit and tie walks in a desert.
L. Paul Bremer prepares to board a helicopter in Hillah, Iraq, during a farewell tour of the country on June 17, 2004.
AP Photo/Wathiq Khuzaie

Political scientists have long observed that countries are held together not by ideology but by organized coercion. That is, by the bureaucratic machinery, institutional memory and trained professionals who keep the lights on and the water running. Destroy that machinery, and you do not have a clean slate. You have a collapsed state, and collapsed states do not stay empty of leadership.

They fill, and they fill with whoever has the most organizational capacity on the ground. Iran had been building that capacity in Iraq since the 1980s, cultivating Shia political networks, exile parties and militia groups during and after the Iran-Iraq War and beyond with the explicit goal of ensuring a post-Saddam Iraq would never again threaten Iranian security.

Tehran did not need to build infrastructure in Iraq after the U.S. invasion, because it had spent the previous two decades building it. When the old order collapsed, Iran’s networks were ready.

The opposition the U.S. had cultivated in IraqAhmed Chalabi and the Iraqi National Congress – had Washington’s ear but no Iraqi constituency. They had not governed the country, or built networks inside it.

The lesson is that military success created the precise conditions for political catastrophe, and that chasm is where American strategy has gone to die – in Iraq and in Libya, where the Obama administration helped bring about regime change in 2011, but where political instability has endured since. And perhaps now in Iran.

The vacuum is not neutral

The fundamental misunderstanding at the heart of American regime-change strategy is the assumption that destroying the existing order creates space for something better.

It does not.

It creates space for whoever is best organized, best armed and most willing to fill it. In Iraq, that was Iran.

The question now is who fills it in Iran itself.

In Iran, the group that meets all three criteria – organized, armed and willing – is the Islamic Revolutionary Guard Corps. The Revolutionary Guard is not simply a military institution. It controls an estimated 30% to 40% of the Iranian economy and runs construction conglomerates, telecommunications companies and petrochemical firms. And it has cultivated a parallel state infrastructure for decades.

Since Ayatollah Ali Khamenei’s death at the start of the U.S.-Israeli bombing campaign, the Revolutionary Guard has taken effective control of decision-making. As one Iran expert told NBC News: “Even if they replace the supreme leader, what is left of the regime is the IRGC.”

The succession confirmed it: Mojtaba Khamenei, with deep ties to the Revolutionary Guard, was named supreme leader on March 8, 2026. It’s a Revolutionary Guard-backed dynastic succession that represents maximum continuity with the old regime, not regime change.

You cannot dismantle the Revolutionary Guard without collapsing the economy, and a collapsed economy does not produce a transition government; it produces a failed state. Washington has already run that experiment in Libya.

You cannot leave the Revolutionary Guard in place without leaving the regime’s coercive core intact. There is no clean surgical option of dropping bombs, killing certain people and declaring it a new day in Iran.

The Iranian opposition in exile, the Mujahedeen-e-Khalq; the monarchists who support the return of the late-shah’s son to lead the country; and the various democratic factions all present the same problem Chalabi did in 2003: Washington access, no domestic legitimacy.

Military men holding rifles march on a street.
Revolutionary Guard troops march in a military rally in Tehran on Jan. 10, 2025.
Morteza Nikoubazl/NurPhoto via Getty Images

The Mujahedeen-e-Khalq is listed as a terrorist organization by Iran and is widely despised inside the country. The monarchist movement has not governed Iran since 1979, and its corrupt, despotic leader was overthrown in the revolution. The democratic reform networks that had been building momentum inside Iran were not saved by the U.S. strikes. The regime had already crushed the movement in January, detaining and killing thousands.

Decades of research on rally-around-the-flag effects confirm what common sense suggests: External attack fuses regime and nation even when citizens despise their leaders. Iranians who were chanting against the supreme leader are now watching foreign bombs fall on their cities.

Iraq in 2003 had 25 million people, a military degraded by 12 years of sanctions, and no active nuclear program. Iran has 92 million people, proxy networks that would not disappear if Tehran fell – in fact, they would activate – and a stockpile of over 880 pounds of highly enriched uranium that the International Atomic Energy Agency has been unable to fully account for since the 2025 U.S. and Israeli strikes.

The question Washington hasn’t answered

Who governs 92 million Iranians?

President Donald Trump has said whoever governs Iran must receive Washington’s approval. But a veto is not a vision.

Approving or rejecting candidates from Washington requires a functioning political process, a legitimate transitional authority and a population willing to accept an American imprimatur on their leadership — none of which exists.

Washington has a preference; it does not have a plan. If the objective is eliminating the nuclear program, then why does Iran still hold an unverified stockpile of weapon-usable uranium eight months after the 2025 strikes? The strikes have not resolved the proliferation question. They have made it more dangerous and less tractable.

If the objective is regional stability, why has every round of strikes produced a wider regional war?

Washington has no answer to any of these questions – only a theory of destruction.

The Conversation

Farah N. Jan does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Iraq war’s aftermath was a disaster for the US – the Iran war is headed in the same direction – https://theconversation.com/iraq-wars-aftermath-was-a-disaster-for-the-us-the-iran-war-is-headed-in-the-same-direction-277585

B.C.’s switch to permanent DST adds to the ‘perfect storm’ for poorer adolescent sleep and mental health

Source: The Conversation – Canada – By Elizabeth Keys, Assistant Professor (Nursing), University of British Columbia

The British Columbia government recently announced the province will adopt permanent daylight saving time (DST). It framed the decision as a way to improve health, reduce disruptions, simplify scheduling and provide more evening daylight.

The adoption of permanent DST raises significant concerns about social jetlag and long-term health impacts. Scientific evidence indicates that permanent DST results in a chronic mismatch between people’s daily clock-based schedules and their internal biological clock.

This mismatch is known as social jetlag, results in sleep deprivation and negatively impacts health, as detailed by the Canadian Sleep Society, Canadian Society for Chronobiology, Canadian Sleep Research Consortium and the American Academy of Sleep Medicine.

As nurses conducting pediatric sleep research, our focus is on promoting adequate sleep for children, adolescents and their families. We are particularly concerned about the effect of permanent DST on adolescents’ sleep because they already experience social jetlag.

Circadian rhythm

Our internal body clock uses morning light to help us “reset” our circadian rhythm. Light helps regulate our internal body functions, such as digestion, metabolism, hormone regulation and mood. This daily light reset helps people synchronize their biological clocks with the sun.

Canada’s northern latitude gives Canadians a morning dose of daylight in the summer months. The switch back to standard time in the fall provides some morning daylight as the days shorten. That will not occur with permanent DST, which — unlike maintaining standard time all year round — maintains the artificial one-hour time switch of DST permanently.

DST changes the clock time without changing sun time, so circadian rhythms are not synchronized with school and work obligations, resulting in social jetlag. Social jetlag increases the risk of smoking, higher alcohol and caffeine consumption, and a higher incidence of mental health problems. It also increases risk for obesity, diabetes and cardiovascular problems.

One in three Canadian adolescents do not get the recommended eight to 10 hours of sleep per night. Recent estimates suggest more than half of teens do not get enough sleep.

Social jetlag is already common in adolescents, who experience a “perfect storm” for sleep deprivation. This perfect storm is caused by biological (such as hormonal) and psycho-social shifts towards later bedtimes and wake times. Social jetlag occurs because they have to get up for school on weekdays. Layering permanent DST on already existing social jetlag will likely worsen the perfect storm for adolescent sleep deprivation.

The severity of adolescent’s sleep deprivation and social jetlag is shown by the difference in the amount and timing of sleep they get on weekdays (when they have to get up for school or work) compared to weekends (when many people can sleep in). On average, Canadian adolescents sleep about one hour more on weekends than weekdays, with larger differences observed for female adolescents and those who identified beyond a gender binary.

Chronic sleep loss in adolescents is linked to problems with attention, behaviour and learning, and to increased risk of depression and self-harm. A recent review reported that adolescents’ shorter sleep duration was associated with a 55 per cent increase in the likelihood of mood deficits, such as anger, depression, negative affect and anxiety. Even younger adolescents (14 years) with less than seven hours of sleep had increased risk for drug use, anti-social behaviour and sensation-seeking.

Sleep duration is a relatively modifiable factor that can protect the mental health of adolescents. When Russia adopted permanent DST in 2011 (before switching back in 2014), adolescents experienced higher rates of sleep deprivation, increased social jetlag and increased depressed mood in the winter, especially for those located in more northern communities.

Late sunrises

Canada’s wider variations in day and night lengths will exacerbate effects of permanent DST. For example, adopting permanent DST means that sunrise in cities like Victoria, Vancouver and Kamloops won’t happen until after 9 a.m. in the middle of winter. This would apply to many other cities, including Calgary, Edmonton, Regina, Winnipeg and Saint John if permanent DST were adopted in those regions.

Late sunrises will especially impact more northern communities, like Fort Saint John where the sun won’t rise until after 10:30 a.m. in December. More northern communities, including many Indigenous, rural and remote communities, often already experience health inequities, including reduced access to medical services and other mental health resources. This reduced access may worsen the impact of permanent DST on sleep and mental health.

The experiment with permanent DST is likely to have significant effects over time. Evidence suggests negative effects on adolescents’ sleep and well-being. Researchers, health-care providers, policymakers and the public will need to work together to monitor the sleep duration, mood, health behaviours, and other intended and unintended consequences of the transition to permanent DST for adolescents.

Funded research examining changes at the population level is important to provide evidence about the effects of permanent DST for adolescents living in British Columbia.

The Conversation

Elizabeth Keys receives funding from the Canadian Institutes of Health Research, the Social Sciences and Humanities Research Council, and Michael Smith Health Research BC.

Wendy Hall receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council and the Canadian Institutes of Health Research.

ref. B.C.’s switch to permanent DST adds to the ‘perfect storm’ for poorer adolescent sleep and mental health – https://theconversation.com/b-c-s-switch-to-permanent-dst-adds-to-the-perfect-storm-for-poorer-adolescent-sleep-and-mental-health-277587

La religion et les allégeances politiques ont-elles un impact sur l’appui à l’enseignement de certaines matières à l’école ?

Source: The Conversation – in French – By Frédérick Guillaume Dufour, Professeur en sociologie politique, Université du Québec à Montréal (UQAM)

Deux rapports récents ont fait état d’une montée de l’homophobie et de la misogynie dans les écoles québécoises. Tant celui du GRIS-Montréal que celui de la Fédératon autonome de l’enseignement (FAE) pointe du doigt l’influence des masculinistes comme Andrew Tate.


Depuis près de deux semaines, ce rapport de la FAE s’est retrouvé au cœur des polarisations sociales en ligne, tout comme celui du GRIS-Montréal un an plus tôt. Plusieurs leur reprochent de ne pas explorer suffisamment la dimension religieuse des répondants et l’’intensité de leur pratique religieuse.

En contexte de polarisations, la présentation de telles études sur les réseaux sociaux reçoit régulièrement une réception partisane.

Ainsi, une partie de la gauche de la gauche a tendance à voir l’opposition à une éducation libérale sur les enjeux de sexualité et de droits des homosexuels dans les écoles comme étant le fait exclusif de la montée de l’extrême droite. Une partie de la droite conservatrice a quant à elle tendance à identifier le rejet de ces matières comme étant le fait exclusif des minorités musulmanes.

Le prisme des polarisations sociales

Mes recherches s’inscrivent en sociologie politique. Depuis une dizaine d’années, je m’intéresse aux polarisations sociales entourant la montée du populisme de droite. Dans le cadre d’une subvention du Gouvernement du Canada obtenue par le Musée de l’Holocauste de Montréal, j’ai été mandaté pour réaliser un sondage avec la firme Léger Marketing sur un ensemble d’enjeux de société au cœur des polarisations sociales, allant de l’intolérance à l’antisémitisme, en passant par le populisme, le conspirationnisme, et la perception de l’immigration.

Dans une première enquête sur le vivre-ensemble et les polarisations sociales, nous avons sondé 1402 adultes québécois. Afin d’avoir un portrait des clivages sur les enjeux sociaux en fonction des données sociodémographiques, des intentions de vote au provincial et au fédéral, mais aussi des confessions religieuses, nous avons sondé un sur-échantillon de répondants musulmans (138) et de répondants juifs (78). Nous avions suffisamment de répondants chrétiens (774) pour ne pas avoir besoin de les sur-échantillonner.

L’enquête a été menée en juillet 2025 sur une plate-forme électronique en fonction de l’ensemble des régions administratives du Québec et des indicateurs sociodémographiques permettant d’établir un échantillon représentatif. Il faut cependant être prudent, car plus les sous-groupes ont de petits échantillons, plus la marge d’erreur augmente.

L’avantage des enquêtes sur plates-formes électroniques est qu’elles diminuent les biais de désirabilité des enquêtes où les répondants peuvent chercher à fournir la réponse la plus appropriée en fonction du contexte.

Un volet de l’enquête portait sur les thèmes que les répondants souhaitent voir enseigner par le système d’éducation publique au Québec.

La présentation succincte des données, qui portent cependant sur des adultes et non des adolescents, met en relief le caractère partial des postures militantes, de gauche comme de droite, sur ces enjeux.

Deux questions, trois dimensions

En matière d’éducation, nous nous sommes intéressés aux enjeux plus souvent au cœur des controverses publiques, soit le niveau d’appui des répondants à l’enseignement de l’histoire du Québec, à celle des pensionnats autochtones, de l’Holocauste, des droits des gais et lesbiennes et à l’éducation à la sexualité.

Ce sont sur ces deux dernières questions que nous présentons ici les résultats. Ils sont présentés sous la forme simple d’une analyse bivariée, c’est-à-dire qui met en relation deux variables sous forme de pourcentage. La variable dépendante est le niveau d’appui à l’enseignement de la matière. Une telle analyse ne permet pas de conclure à des relations de causalité, mais seulement d’identifier des tendances.

Les indicateurs sociodémographiques

88 % des répondants étaient favorables à l’enseignement de l’éducation à la sexualité et 58 % à l’enseignement de l’histoire des droits des gais et lesbiennes (DGL).

Le sexe ne permet pas de mesurer une variation significative à l’égard de l’appui à l’éducation à la sexualité, mais les femmes sont plus favorables (64 %) que les hommes (52 %) à l’enseignement de l’histoire des DGL. L’appui à l’éducation à la sexualité est plus élevé chez les 55 et + et l’appui à l’enseignement de l’histoire des DGL ne varie pas significativement en fonction de l’âge. La région ou le niveau de scolarité n’entraîne pas de variation très importante non plus.

La religion

Parmi les répondants chrétiens, 90 % se disent favorables à l’éducation à la sexualité. C’est le cas de 85 % des répondants juifs et de 53 % des répondants musulmans.

Quant à l’enseignement de l’histoire des droits des gays et lesbiennes, 24 % des répondants musulmans, 54 % des répondants chrétiens et 65 % des répondants juifs y sont favorables. Le tableau suivant présente les résultats auxquels nous ajoutons celui des athées et où les chrétiens sont séparés entre catholiques et protestants.

Dans ce premier tableau, la proximité entre les résultats des athées, des juifs et des catholiques est frappante.

Dans ce second tableau, la répartition des données est plus importante.

Voici nos résultats en fonction de l’intensité autodéclarée de la pratique religieuse. Les répondants croyants pouvaient indiquer l’intensité de leur pratique religieuse sur une échelle d’un à quatre, allant de « Pas du tout pratiquant » à « Très pratiquant ». Nous présentons les résultats en regroupant les résultats « plutôt pratiquant » et « très pratiquant ».

Le taux de répondants défavorables à l’enseignement de l’éducation à la sexualité augmente avec le niveau de religiosité, sauf pour le groupe « protestant » qui constitue notre plus petit échantillon, donc celui dont la représentativité est la moins fiable.

Dans ce quatrième tableau, on constate que la variable de l’intensité de la pratique religieuse entretient une relation moins claire avec la variable dépendante en fonction des confessions religieuses. Si les « Pas du tout pratiquant » sont globalement plus favorables à l’enseignement des deux matières, la progression est moins claire par la suite.

Les intentions de vote

Nos données indiquent un appui favorable au cours d’éducation à la sexualité chez 95 % des répondants ayant l’intention de voter pour le Parti Québécois (360) ou pour Québec solidaire (102). L’appui reste très favorable chez les électeurs potentiels de la CAQ (117) et du PLQ (342) à 88 % et 89 %. L’appui reste important à 79 % chez les électeurs potentiels du Parti conservateur du Québec (141) de Éric Duhaime.

Quant à l’enseignement de l’histoire des droits des gais et lesbiennes, 69 % des électeurs du PQ, 62 % des électeurs du PLQ et 60 % des électeurs de la CAQ y sont favorables. L’appui grimpe à 79 % chez les électeurs de QS et il est à 31 % chez ceux du PCQ.

Au fédéral, les données indiquent un appui favorable au cours d’éducation à la sexualité chez 94 % des bloquistes (330), 91 % des néodémocrates (71), 90 % des libéraux (486) et 83 % des conservateurs (215). Quant à l’enseignement de l’histoire des droits des gais et lesbiennes, il a l’appui de 89 % des néodémocrates, 67 % des bloquistes, 64 % des libéraux et 32 % des conservateurs.

Quelles tendances ressortent ?

On constate globalement un appui très fort à l’enseignement de l’éducation à la sexualité. Cet appui est moins fort chez les répondants de confessions musulmanes et chez les partisans des formations conservatrices, mais il reste majoritaire.

On constate un appui un peu moins fort à l’enseignement de l’histoire des gays et lesbiennes. Cet appui reste globalement majoritaire, mais il est sous les 50 % chez les partisans des formations conservatrices et chez les répondants de confession musulmane. Il reste que même chez ces catégories de répondants environ 3 répondants sur 10 sont favorables à l’enseignement de la matière en question. Cette catégorie de répondants n’est donc pas monolithique.


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Les « athées » et les répondants croyants s’identifiant « Pas du tout pratiquant » sont globalement plus favorables à l’enseignement des deux matières.

Des bémols en conclusion

L’opposition à l’enseignement de ces matières ne permet cependant pas de conclure que les répondants sont homophobes.

Les répondants peuvent par exemple estimer que le système scolaire québécois devrait prioriser d’autres matières.

Les répondants libertariens, qui votent souvent pour des formations conservatrices, peuvent quant à eux estimer que ce n’est pas à l’État de donner des orientations sur ces enjeux qu’ils considèrent relevant de la vie privée.

Les questions ne précisaient pas non plus l’âge auquel l’enseignement de ces matières devrait être dispensé. Cette variable pourrait faire varier les réponses de façon importante.

S’agissant de données récoltées à travers un seul sondage, elles ne permettent pas d’indiquer une variation temporelle dans une direction ou dans l’autre sur ces questions.

La question intéressante qu’il faudrait maintenant poser est : est-ce que le fait d’avoir été exposé à cette matière modifie la perception des jeunes de ces enjeux une fois rendue à l’âge adulte ? Un autre type d’enquête est nécessaire pour répondre à cette question.

La Conversation Canada

Frédérick Guillaume Dufour est professeur titulaire à l’Université du Québec à Montréal. Il collabore avec le Musée de l’Holocauste de Montréal à titre de chercheur dans le cadre d’une subvention du Gouvernement du Canada obtenue par le Musée.

ref. La religion et les allégeances politiques ont-elles un impact sur l’appui à l’enseignement de certaines matières à l’école ? – https://theconversation.com/la-religion-et-les-allegeances-politiques-ont-elles-un-impact-sur-lappui-a-lenseignement-de-certaines-matieres-a-lecole-277822

US is less prone to oil price shocks than in past decades

Source: The Conversation – USA (2) – By Amy Myers Jaffe, Director, Energy, Climate Justice, and Sustainability Lab, and Research Professor, New York University; Tufts University

Gas prices are up, but other forces may limit the economic harm to the U.S. Frederic J. Brown/AFP via Getty Images

Oil is a global market, so when prices rise in one place, they rise everywhere. The current war against Iran has already raised oil prices significantly.

Mideast oil production has been slowed by efforts to close the Strait of Hormuz, a key route for oil tankers from the Middle East to the rest of the world, as well as by attacks – and fears of attacks – on oil production, storage and shipment installations.

And this war has also disrupted the flow of liquefied natural gas from Qatar, which controls almost 20% of the global market. That also affects the world economy and supply chains. And shortages of natural gas affect production of fertilizer and aluminium, as well as other key materials.

As a professor who has been studying oil price shocks for two decades, I’m often asked about the effects of rising oil prices on the U.S. economy. The answer to that question has changed over the past two decades.

The global economic picture

Countries that import much of their oil have to pay other countries for that imported oil.

That was a problem for the U.S. back in the 1970s through the early 2000s. The U.S. sent billions of dollars a year abroad to oil-producing countries in the Middle East, Africa and Latin America. That money built up other countries’ economies or sloshed around as financial surpluses that fueled financial market exuberance and asset bubbles that could suddenly pop.

Oil imports increased the U.S. trade deficit in the 1970s and beyond. And as a result, U.S. industries suffered from high energy costs, which forced closures of major U.S. steel plants and iron and copper mines. Falling purchases of cars and other durable goods also stimulated worker layoffs.

A shift in US production

Now, however, the United States is a major producer and exporter of oil and refined petroleum products. Every day, on average, the U.S. exports over 6 million barrels of refined products and over 4 million barrels of crude oil.

The U.S. does still import some crude oil, most of which is heavy oil from Canada handled at certain American refineries on the U.S. Gulf Coast. Factoring in those imports, net U.S. oil trade balance is a positive 2.8 million barrels per day, as contrasted with the mid-2000s, when the balance was a deficit of 12 million barrels per day.

U.S. production comes from 32 states – though mainly from the biggest producers: Texas, New Mexico, North Dakota, Alaska, Oklahoma and Colorado. Because that revenue comes to companies in the U.S., the nation’s gross domestic product is less vulnerable to oil price increases than in the past, when high prices meant more U.S. dollars flowing overseas.

A changed economy

In addition to being less dependent on imports, the U.S. economy is much less oil-intensive than it used to be, producing more economic value with far less oil use today than in the past.

And researchers at the U.S. Federal Reserve report that gasoline prices haven’t been a major contributor to U.S. inflation in recent years. That’s because there are lots of ways Americans use less gasoline, including telecommuting and remote work, online shopping and using electric vehicles and delivery trucks that run on batteries or other fuels.

Still, other economists disagree and say current oil prices, which are above $100 a barrel, could increase current U.S. inflation rates by as much as 1 percentage point.

The mental toll

Though the U.S. is economically less vulnerable to oil-price shocks, there is also a psychological factor. It’s hard not to feel pessimistic when gasoline prices at the local pump are already rising: Bulk market prices are already soaring amid hedging trades and speculative fervor among traders and wholesalers and on U.S. commodity futures markets.

Americans feel pessimistic about consumer spending when gasoline prices are rising. And a study found that high gas prices even make people feel unhappy.

Research also shows that people tend to put off major durable goods purchases, such as automobiles, when oil prices rise sharply. That could mean bad news for the U.S. auto industry.

But it is also possible that high gasoline prices might encourage more Americans to consider buying electric cars. That could help the car companies that were having difficulty moving their electric-vehicle inventories. And for people who own electric vehicles, the war and its resulting price increases can be a reminder of the benefits of living gasoline-free.

More broadly, the war might be yet another reminder of the benefits of diversifying energy sources away from fossil fuels. As my research shows, oil price shocks generally lead to greater investment in clean technologies.

The Conversation

Amy Myers Jaffe does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. US is less prone to oil price shocks than in past decades – https://theconversation.com/us-is-less-prone-to-oil-price-shocks-than-in-past-decades-277709

Alaska’s glacial lakes are expanding, increasing the risk of destructive outburst floods

Source: The Conversation – USA (2) – By Dan McGrath, Associate Professor of Cryospheric Sciences, Colorado State University

A study explored the evolution of several glacial lakes near Bering Glacier, Alaska. Google Earth, AirbusMaxar Technologies, CNES/Airbus

Every summer, people living near the Mendenhall River in Juneau, Alaska, keep a close eye on the water level. When the river level begins to rise rapidly, it’s a sign that Suicide Basin, a small glacier-dammed lake 5 miles up the mountains, has broken through the glacier again and a glacial lake outburst flood is underway.

After nearly 15 straight years of ever-larger and more damaging floods in Alaska’s capital city, the U.S. Army Corps of Engineers is discussing an ambitious and expensive solution: create a permanent drain from the lake that would prevent it from reaching outburst stage.

The initial cost estimates for the project range from US$613 million to $1 billion.

Scientists discuss the glacial outburst floods from Suicide Basin on Mendenhall Glacier above Juneau.

Suicide Basin is just one example of a growing problem from glacial lakes that threaten communities around the world, particularly in the Himalayas and Andes, and is transforming Alaska’s landscape as global temperatures rise.

In a new study, colleagues and I documented the evolution of 140 of the largest glacial lakes in Alaska between 2018 and 2024. We found they are expanding about 120% faster on average today than they were from 1986 to 1999 – more than twice as fast.

Using ice thickness data to reconstruct the shape of the land beneath these glaciers, we found that these glacial lakes could become more than four times larger than they are today as the glaciers melt, increasing the potential for damage to downstream ecosystems and infrastructure from glacial lake outburst floods.

A large glacier terminates in a lake.
Spencer Glacier in the Kenai Mountains: This lake, and the icebergs in the lake, have become a significant tourist attraction along the Alaska Railroad.
Louis Sass

The hazards of glacial lakes

Glacial lakes, often the color of aquamarine gems and sparkling with icebergs, are common around the margins of glaciers around the world. Years of satellite images have documented a dramatic increase in their number, area and volume – a direct response to glaciers retreating as global temperatures rise.

Tenuously held back by moraines – the jumble of rock and sediment deposited by glaciers at their edges – or dammed by glacier ice, these lakes are anything but stable.

A glacial lake with a large cut in the side of its moraine.
Tam Pokhari glacial lake in Nepal had an outburst flood in 1998 after the basin filled with water and broke through its moraine, leaving a deep gash. The resulting flood was estimated at more than 350,000 cubic feet per second, equivalent to approximately 60% of the Mississippi River’s flow.
Jonathan Jacquet/Scott McCoy

Between 1985 and 2020, ice-dammed lakes in Alaska alone broke through their barriers and drained more than 1,150 times. Alaska’s vast landscape and low population density means that the impact of these drainages on human infrastructure was fairly minimal, with a few notable exceptions, including Suicide Basin and Snow Lake, on the Kenai Peninsula.

However, the enormous amount of icy water rushing down rivers with each outburst can transform ecosystems, altering river channels through erosion and sediment deposition, tearing out trees and other vegetation, and damaging fish habitat.

Video shot from a helicopter shows several glacial lakes in Nepal and the aftermath of a glacial lake outburst flood. Nepal Investigative Multimedia Journalism Network

A recent study found that glacial lake outburst floods from moraine-dammed lakes are occurring at an accelerating rate. In the steep, narrow valleys of the Himalayan Mountains, the impact of these events are acute: destroyed hydropower stations, roads and entire villages wiped away, taking hundreds of lives over the years.

More than 15 million people globally live in areas at risk of glacial lake outburst floods. Mapping where these lakes might form and expand can help people living downstream prepare. That’s what we did in Alaska.

Mapping Alaska’s expanding lakes

Glacial lakes can form in a variety of settings: on the surface of glaciers, in side valleys, and at the terminus, or toe, of the glacier. We found that the fastest-growing lakes are those at the toe, and in our work, we showed that many of these lakes reside in deep depressions carved by glacial flow.

We mapped these depressions – known as glacial-bed overdeepenings – by subtracting ice thickness estimates from surface elevations measured by satellites.

We found that more than 80% of the lake growth has occurred in the mapped basins, illustrating how this approach can help locate glacial lakes that are likely to form and expand in the future.

With this information, we found that existing glacial lakes in the region may ultimately expand fourfold, growing by as much as 1,640 square miles (4,250 square kilometers). A glacial lake at the terminus of Malaspina Glacier, the largest glacier by area in southeast Alaska, could expand to cover an additional 570 square miles (1,475 square kilometers) alone. That would create what would be the second-largest lake in Alaska.

As glaciers continue to retreat, new basins will be exposed, many of which could fill with water. In total, more than 5,500 square miles (about 14,200 square kilometers) of overdeepened basins exist in Alaska, pointing to a landscape that is going to look very different in the coming decades to centuries.

When a glacier terminates in a lake, the warmth of the water can speed up the ice’s melting, making the glacier flow faster, thin and retreat, thereby expanding the size of the lake. We found that glaciers that terminate in lakes are shrinking 23% to 56% faster than land-terminating glaciers.

The future as glaciers retreat

Future climate projections combined with sophisticated glacier models indicate that glaciers will cumulatively retreat by 26% to 41% by 2100, spelling the loss of 49% to 83% of all glaciers globally.

This is concerning for numerous reasons. Glacier mass loss is currently the largest contributor to sea-level rise. Melting glaciers also change the water quantity and timing of ice melt that feed major rivers, particularly Asian rivers such as the Indus and Ganges. And they create hazards, such as the outburst floods that originate from glacial lakes.

The landscapes that we know and love are transforming before our eyes, and with these changes come growing concerns about hazards.

The Conversation

Dan McGrath receives funding from the U.S. Geological Survey.

ref. Alaska’s glacial lakes are expanding, increasing the risk of destructive outburst floods – https://theconversation.com/alaskas-glacial-lakes-are-expanding-increasing-the-risk-of-destructive-outburst-floods-275799

Is someone watching you? Facial recognition tech is here and Canada offers little privacy protection

Source: The Conversation – Canada – By Neil McArthur, Director, Centre for Professional and Applied Ethics, University of Manitoba

Amid the recent, dizzying advances in generative AI, it’s been easy to miss the slow but steady progress in facial recognition over the last decade. In the past few months, it has broken containment.

In the United States, Immigration and Customs Enforcement (ICE) has deployed a technology known as Mobile Fortify, which uses facial recognition on officers’ cellphones to “quickly verify subjects of interest during operations.”

In the United Kingdom, the Metropolitan Police scanned 4.2 million people’s faces during 2025 using live facial recognition cameras in public areas across London. And the British government recently promised to further “ramp up facial recognition and biometrics.”

Face scans may soon be everywhere and Canada’s patchwork of privacy rules is not ready to protect us. The most striking gaps concern personal and household surveillance.

Let’s look at three examples.

Ring doorbell cameras

First, there are Ring doorbell cameras. Ring, which is owned by Amazon, has sold its cameras to millions of people around the world, including many in Canada.

Last September, Ring announced it was adding facial recognition to its cameras in the form of its “Familiar Faces” feature, which scans the face of everyone who comes to your door and identifies anyone you have added to a database. That same month, it also announced “Search Party,” an AI feature that activates cameras throughout a neighbourhood to scan outdoor footage to help find a lost dog.

This provoked concerns that these two features — Search Party and facial recognition — will ultimately be combined, allowing Ring to use its network of cameras to track people as well.

These fears were seemingly confirmed by a leaked email from the company founder in which he said, though the feature was “first for finding dogs,” the company’s ultimate goal was to use it to “zero out crime in neighbourhoods.”

Equally concerning, the feature was initially supposed to operate through a partnership with Flock Safety, a surveillance technology company that works with law enforcement. After an outcry, Ring cancelled the partnership.

Meta smart glasses

The second example involves Meta, the parent company of Facebook. The New York Times revealed that Meta wants to add facial recognition to its smart glasses, according to a leaked internal memo. The company sold more than seven million pairs of smart glasses last year.

If the “Name Tag” feature works the way the company apparently hopes, it will allow the glasses to identify anyone the wearer looks at and give them information about that person using Meta’s vast database of user profiles.

Appallingly, the memo stated that the company plans to take advantage of current events in the United States, launching the feature while civil society groups “that we would expect to attack us” have “their resources focused on other concerns.”

Meta’s smart glasses have already been at the centre of a controversy after an investigation by Swedish newspapers Svenska Dagbladet and Goteborgs-Posten reported that subcontractors in Kenya reviewed intimate film and images from Meta glasses of people on the toilet, watching porn and having sex, seemingly unaware they were being recorded.

Police use of facial recognition

A third example is Canadian law enforcement. In 2024, York and Peel regional police in Ontario started using facial recognition software to, in the words of York Police Const. Kevin Nebrija, “help speed up investigations and to identify suspects sooner.”

Nebrija told the CBC that, in terms of privacy, “nothing has changed because security cameras are all around.”




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In December 2025, Axon, the main supplier of body cameras in Canada, partnered with the Edmonton police department on a pilot project that allowed officers’ body cameras to identify people on a “high-risk” watch list of around 7,000 people.

Canada’s patchwork of privacy rules

Canadian privacy laws currently offer no explicit protections for our biometric data, with the exception of Québec, where Law 25 contains provisions governing its collection and use.

Everywhere else, citizens face an uneven patchwork of general privacy rules. Their application to biometrics depends on who is using the technology and in what context.

When it comes to law enforcement, Section 8 of the Canadian Charter of Rights and Freedoms does protect citizens from unreasonable searches and seizures by the police. However, whether facial recognition qualifies as a search depends in part on whether the target had a reasonable expectation of privacy.

It’s an unresolved question whether biometric scans should be subjected to a higher standard than, say, cellphone cameras, when people are scanned while walking down the street or attending a protest.

Federal law enforcement is also governed by Canada’s Privacy Act, while provinces have their own privacy acts to govern provincial and municipal police. Federal and provincial privacy commissioners, who are tasked with interpreting these acts, have emphasized the sensitivity of biometric data and the importance of due process constraints in the use of facial recognition.

They have not decreed that police must get a warrant to use facial recognition. And neither they nor the courts have ruled on programs like the one in Edmonton, where police say the database only contains known offenders.

Biometric surveillance by corporations

A federal statute — the Personal Information Protection and Electronic Documents Act (PIPEDA) — governs the collection of data by private companies and its use in commercial activity.

Under PIPEDA, companies must obtain meaningful consent before collecting personal information. The law also requires that this data collection has a legitimate purpose, and be reasonable and proportionate to that purpose.

However, the act was written before the emergence of widespread biometric surveillance. It remains unclear how it would apply when companies capture and analyze the faces of people who have no direct relationship with the organization collecting the data.

Is someone watching you?

The most striking gap in our current privacy laws appears when it comes to the actions of private individuals. The laws exempt personal and household surveillance. This means that if someone uses smart glasses or a doorbell camera to identify you or trace your movements, this would normally be legal.

Civil remedies — such as provincial privacy torts or intrusion-upon-seclusion claims — might apply in specific cases where the victim could show there was targeted or harmful misuse. But not all provinces allow such claims. And even in those that do, the legal process is reactive and fact-specific, and it depends on the victim being willing to go to court.

Canada’s privacy framework is not designed for our current moment — one in which mass surveillance is becoming a reality.

Lawmakers need to act. We should demand new, stronger privacy laws, ones that deal explicitly with facial recognition. Otherwise we may find ourselves living in a world that we no longer recognize — but one that recognizes us.

The Conversation

Neil McArthur does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Is someone watching you? Facial recognition tech is here and Canada offers little privacy protection – https://theconversation.com/is-someone-watching-you-facial-recognition-tech-is-here-and-canada-offers-little-privacy-protection-276852

Un programme psychoéducatif pour soutenir les survivants d’un AVC et leurs proches

Source: The Conversation – in French – By Laura Monetta, Professeure titulaire. École de sciences de la réadaptation. Programme d’orthophonie, Université Laval

Chaque année, environ 15 millions de personnes dans le monde sont victimes d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Environ un tiers d’entre elles conserveront une ou plusieurs séquelles entraînant des répercussions significatives sur leurs actes de la vie quotidienne. Afin de pallier le manque d’information en lien avec la vie après un AVC, j’ai développé en collaboration avec des collègues un programme psychoéducatif destiné à accompagner les personnes ayant survécu à l’AVC et leurs proches.


Les séquelles provoquées par un AVC peuvent impliquer des difficultés au niveau de :

L’hétérogénéité de ces séquelles, combinée à la diversité des habitudes de vie et des rôles sociaux antérieurs de chaque personne, engendre chez les personnes victimes d’un AVC de multiples situations de handicap. Un manque de soutien adéquat ou suffisant des personnes vivant avec les séquelles d’un AVC et de leurs proches peut avoir un impact négatif significatif sur leur sentiment d’efficacité personnelle et leur intégration sociale. Parmi les lacunes notables, on compte un manque d’enseignement des stratégies concrètes applicables à domicile, un manque d’informations sur l’évolution possible des séquelles, ou un manque d’accompagnement pour discuter de la situation vécue et des services existants.

Orthophoniste de formation, je travaille en tant que professeure à l’École de sciences de la réadaptation de l’Université Laval et chercheuse au CIRRIS. Mes travaux portent, entre autres, sur le co‑développement, la validité et l’implantation de programmes réalisés en collaboration avec le milieu communautaire. Ces programmes visent à favoriser l’intégration et la participation des personnes vivant avec des troubles acquis de la communication, notamment celles ayant des séquelles d’un AVC. J’ai co-développé avec l’organisme communautaire ARTERE et un groupe d’experts issus de différents domaines liés à l’AVC le programme L’AVC : par où commencer ?

Quelle prise en charge au Québec ?

Au Québec, lorsque des séquelles persistent à la suite d’un AVC, une prise en charge par les services de santé est prévue : que ce soit à l’hôpital, en centre de réadaptation, ou à domicile lorsque cela est possible. Cependant, la continuité des services de santé ou la transition vers le retour à domicile peut représenter un défi de taille, tant pour les personnes ayant subi l’AVC que pour leurs proches.

Devant cette réalité, l’organisme communautaire ARTÈRE, œuvrant dans la ville de Québec, et des chercheurs de l’Université Laval, ont co-construit le programme psychoéducatif intitulé L’AVC : par où commencer ?

Naissance du programme L’AVC : par où commencer ?

Le programme L’AVC : par où commencer ? a été conçu dans une perspective d’innovation sociale à partir d’un besoin exprimé par l’organisme ARTÈRE qui recevait régulièrement des demandes d’information de la part de personnes ayant survécu à un AVC et de leurs proches.

Ce programme vise à informer les gens sur les caractéristiques de l’AVC, la prévention, les besoins potentiels liés aux séquelles, les enjeux des proches (ex., les enjeux légaux), ainsi qu’à offrir des conseils et des stratégies pouvant améliorer la qualité de vie (au niveau moteur, communicationnel, alimentaire, comportemental, cognitif, de l’autonomie et de la participation sociale).




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Concrètement, comment ça marche ?

Le programme se déroule en présentiel dans le milieu communautaire. Il se divise en 9 séances (1 séance par semaine) articulées autour de 9 thématiques en lien avec l’AVC. Chaque séance dure environ 2h.

Une séance type se déroule comme suit : les personnes participantes au programme visionnent une ou plusieurs capsules vidéo enregistrées par des experts de contenu (médecins, orthophonistes, ergothérapeutes, psychologue, neuropsychologue, avocat, comptable, etc.) en fonction des données scientifiques actuelles. Par la suite, un temps d’échange dédié est organisé avec une personne du milieu communautaire assurant l’animation de la séance. Chaque personne participante a l’opportunité d’exprimer ses ressentis et de partager son vécu par rapport au thème présenté. La personne assurant l’animation modère les temps de parole et ajoute de l’information au besoin.


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Ce format dynamique permet de maintenir l’attention des personnes participantes et de créer des liens entre elles et avec l’organisme. De plus, une personne co-animatrice peut être présente lors des séances. En tant que survivante d’un AVC et personne ayant déjà suivi le programme, la personne co-animatrice apporte un regard complémentaire sur le programme et participe aux échanges de groupe.

Une vidéo de présentation du programme est disponible ici.




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Étude pilote : Le point de vue des personnes participantes

Les résultats d’une étude pilote effectuée auprès des personnes vivant avec les séquelles d’un AVC et de leurs proches montrent que le programme a permis aux personnes participantes :

  • De se sentir mieux informées à propos des manifestations et signes de l’AVC, des facteurs de risque, des moyens de prévention, des conséquences possibles après l’AVC, des ressources disponibles et des stratégies d’adaptation.

  • De se sentir mieux outillées pour faire face aux suites de l’AVC.

  • De développer un sentiment d’appartenance à un groupe en rencontrant d’autres personnes ayant vécu des expériences similaires.

Le programme répond aux besoins manifestés par les personnes ayant subi un AVC et leurs proches grâce à ces trois aspects principaux.

Un programme aux quatre coins du Québec

Aujourd’hui, le programme L’AVC : par où commencer ? est offert au sein de plusieurs associations/organismes communautaires à travers la province de Québec.

Autant pour les personnes ayant subi un AVC que pour les proches, avoir l’opportunité de discuter et de créer des liens avec des gens vivant une situation similaire constitue une grande richesse.

La mise en place d’un tel programme à l’échelle provinciale et nationale francophone représente une ressource communautaire unique et importante pour les personnes ayant subi un AVC. Le programme permet de combler un besoin actuellement non satisfait pour cette population clinique chez qui il existe encore un manque de services à la suite de la prise en charge par le système de santé.

La Conversation Canada

Laura Monetta a reçu un financement de recherche de la fondation ARTERE pour co-construire le programme: L’AVC par où commencer.

Héloïse Baglione ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Un programme psychoéducatif pour soutenir les survivants d’un AVC et leurs proches – https://theconversation.com/un-programme-psychoeducatif-pour-soutenir-les-survivants-dun-avc-et-leurs-proches-272489