Les gènes de fusion, de nouveaux leviers thérapeutiques contre le cancer

Source: The Conversation – France in French (2) – By Maël Bouillon, Doctorant, recherche sur les gènes de fusion, Université d’Angers

Le déclenchement de certains cancers est lié à la fusion de deux gènes donnant naissance à une protéine anormale. En ciblant spécifiquement ces gènes, il pourrait être possible de traiter spécifiquement des cancers sans avoir les effets secondaires d’une chimiothérapie « classique ».


Le cancer est une maladie complexe qui résulte d’un déséquilibre important dans le fonctionnement normal des cellules. Chaque cellule de notre organisme agit selon un « programme » inscrit dans son ADN, véritable manuel d’instructions qui contrôle la croissance, la réparation et la mort cellulaire. L’ADN est constitué de gènes comparables à des mots qui composent ce manuel. Les gènes orchestrent la production des protéines nécessaires au bon fonctionnement de la cellule.

Parfois, ce programme se dérègle. Des erreurs, appelées mutations, apparaissent dans l’ADN et modifient les lettres composant les mots du manuel d’instructions. Des instructions erronées peuvent entraîner un comportement anormal des cellules. Certaines vont se multiplier de manière incontrôlée, échapper aux signaux de mort cellulaire et même envahir les tissus voisins. C’est cette perte de contrôle, couplée à la capacité des cellules anormales à s’adapter et à contourner les défenses naturelles de l’organisme, qui peut aboutir au développement d’un cancer.

L’ADN, un code sensible aux fautes de frappe

Pour mieux comprendre comment apparaissent ces mutations à l’origine du cancer, il est utile de revenir sur la nature de l’ADN. L’ADN est constitué de quatre « lettres » (ou bases chimiques : A, T, C, G) qui s’enchaînent pour former des mots (les gènes), puis des chapitres (les chromosomes) et enfin un livre (le génome qui définit un individu). Dans la majorité des cas, l’ADN est fidèlement recopié lorsque la cellule se divise, mais il peut arriver que des erreurs surviennent : des lettres manquent, d’autres sont remplacées, ou encore des chapitres entiers sont mal rangés.

Ces accidents peuvent être dus au hasard, mais peuvent aussi être favorisés par des facteurs extérieurs comme le tabac, l’alcool, l’exposition au soleil ou certains produits chimiques. La cellule possède des capacités de réparation pour corriger les fautes de frappe, mais les mécanismes impliqués alors ne sont pas toujours efficaces. Avec le temps, les erreurs s’accumulent et peuvent favoriser le développement d’un cancer. Certaines anomalies de l’ADN entraînent l’apparition de gènes de fusion.

Qu’est-ce qu’un gène de fusion ?

Un gène de fusion résulte d’un accident dans l’organisation du génome. Imaginez deux mots du manuel d’instructions qui, au lieu d’être séparés, se retrouvent collés l’un à l’autre pour former un nouveau mot, hybride. Par exemple, prenons une phrase dans laquelle les mots « tuba » et « morale » sont coupés et accolés pour donner le mot « tumorale ». Ce mot « tumorale », qui n’existe pas normalement dans la bibliothèque génétique de la cellule, peut donner des instructions inédites et parfois nocives à cette dernière.

Le mot « tumorale » correspond à ce que l’on appelle un gène de fusion. Lorsqu’une cassure de l’ADN se produit, deux morceaux appartenant à des gènes différents peuvent se mettre bout à bout et fusionner. Le résultat est un gène hybride ou chimérique, qui code parfois pour une protéine anormale dite oncogénique, c’est-à-dire pouvant initier le développement d’une tumeur ou accélérer le processus tumoral. Cette protéine chimérique peut agir comme un véritable moteur du cancer, en favorisant la multiplication, la migration et la survie des cellules tumorales.

Quels cancers présentent ces gènes de fusion ?

Les gènes de fusion sont fréquents dans les cancers du sang, tels que les leucémies et les lymphomes, ou dans des tumeurs agressives appelées sarcomes. Ils sont aussi détectés dans certaines tumeurs du cerveau. Ils sont plus rares dans les autres types de cancer mais lorsqu’ils sont présents, ils jouent souvent un rôle majeur dans l’initiation et l’évolution de la maladie.

Ce qui distingue les gènes de fusion des autres anomalies du génome est leur singularité. Contrairement à d’autres mutations que l’on peut retrouver dans plusieurs types de cancer, un gène de fusion n’est habituellement observé que dans une maladie donnée. Certains cancers sont en effet caractérisés par la présence d’une fusion précise entre deux gènes. La détection de cette fusion peut donc aider au diagnostic du cancer.

Les gènes de fusion comme cibles thérapeutiques

Les gènes de fusion représentent des cibles thérapeutiques idéales. Comme ils sont propres au cancer (ces anomalies n’existent pas dans les cellules saines), les thérapies qui les ciblent ont plus de chances de ne tuer que les cellules tumorales et d’épargner les tissus sains (contrairement aux chimiothérapies conventionnelles qui agissent sur toutes les cellules de l’organisme). De plus, comme ces gènes ont un rôle clé dans le développement du cancer, bloquer leur action pourrait freiner considérablement, voire guérir, la maladie. Une piste innovante est actuellement explorée par notre laboratoire pour neutraliser les gènes de fusion dans le cancer : l’interférence ARN. L’interférence ARN est une approche qui consiste à empêcher spécifiquement la production d’une protéine chimérique.

Pour fabriquer une protéine, l’information génétique (le gène) contenue dans l’ADN est transformée en ARN messager. L’ARN est en conséquence l’expression dans une autre langue du message contenu dans l’ADN et sera lui-même converti dans une version finale qu’est la protéine. Cette séquence de conversion ADN vers ARN messager vers protéine peut être bloquée en interférant précisément avec l’ARN messager à l’aide de l’interférence ARN. Cette approche repose sur l’utilisation de petits fragments synthétiques d’ARN, les ARN interférents, choisis pour leur capacité à se fixer sur l’ARN messager issu du gène de fusion et de le détruire avant qu’il ne soit traduit en protéine. Cette méthode, associée à des outils de vectorisation adéquats (transport des ARN interférents jusqu’à la tumeur) est une piste prometteuse pour cibler spécifiquement les gènes de fusion et leurs ARN messagers sans affecter les gènes normaux.

Du gène à la protéine : comment un ARN interférent interrompt le processus de production d’une protéine.
Figure réalisée par les auteurs avec BioRender, CC BY

Un pas de géant vers une médecine de précision

Les études sur les gènes de fusion s’inscrivent dans un objectif de médecine de précision. Identifier les spécificités génétiques des tumeurs devrait permettre de proposer à chaque patient les traitements les plus adaptés à son cancer. Détecter un gène de fusion dans une tumeur pourrait permettre de créer de petits ARN interférents pour bloquer la production de la protéine chimérique et contrôler la maladie. De telles stratégies basées sur l’ARN interférence sont actuellement testées dans des modèles animaux et montrent des résultats encourageants dans le cancer de la prostate et le glioblastome (tumeur du cerveau).

Cette approche pourrait transformer la prise en charge des cancers porteurs de gènes de fusion. Au lieu d’administrer des chimiothérapies standards à tous les patients, l’objectif est de développer des traitements sur mesure, basés sur l’empreinte génétique unique de chaque tumeur. Les avancées en matière de séquençage (lecture) du génome offrent des perspectives inédites en médecine de précision. Décoder le manuel d’instructions des cancers aboutira certainement à des thérapies innovantes et plus efficaces.

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Les gènes de fusion, de nouveaux leviers thérapeutiques contre le cancer – https://theconversation.com/les-genes-de-fusion-de-nouveaux-leviers-therapeutiques-contre-le-cancer-267918

Chikungunya, dengue, Nil occidental : en 2025, la France confrontée à une circulation virale sans précédent

Source: The Conversation – France in French (3) – By Yannick Simonin, Virologiste spécialiste en surveillance et étude des maladies virales émergentes. Professeur des Universités, Université de Montpellier

Autrefois dénombrés chaque année sur les doigts d’une main, puis par dizaines, c’est aujourd’hui par centaines que l’on compte, en France hexagonale, les cas autochtones – c’est-à-dire contractés sur le territoire – d’infections par des virus transmis par les moustiques. Plus de 800 cas ont ainsi été recensés cette année, un chiffre sans précédent !


L’explosion du nombre de cas d’infections par des virus transmis par les moustiques dans l’Hexagone fait de 2025 une année totalement exceptionnelle. Ce triste record est principalement dû à la circulation très active du virus chikungunya, mais notre pays est également confronté à une circulation, certes plus limitée, mais néanmoins importante, des virus de la dengue et du Nil occidental.

Nous sommes donc confrontés, pour la première fois, à une triple circulation de ces virus appelés arbovirus (de l’anglais arthropod-borne virus, « virus transmis par les arthropodes », en l’occurrence les moustiques). Cette double problématique – une augmentation importante du nombre de cas d’infections et une diversité des virus circulant – engendre une situation particulièrement complexe.

Comment qualifier la saison 2025 ? Exceptionnelle ? Inédite ? Inattendue ? Si les deux premiers qualificatifs s’imposent sans hésitation, le dernier s’avère inexact, tant les spécialistes du domaine alertent depuis plusieurs années sur le risque prévisible, voire inéluctable, de l’implantation durable de ces virus, autrefois confinés aux régions tropicales, sous nos latitudes.

La France n’est pas la seule concernée : l’Italie, l’Espagne et d’autres pays européens enregistrent également une recrudescence de cas témoignant d’une dynamique globale, même si notre pays reste l’un des plus touchés en Europe.

Le virus chikungunya se taille la part du lion

Dans l’Hexagone, le virus chikungunya est impliqué à lui seul dans près de 800 cas répartis dans 80 foyers différents, c’est-à-dire des groupes de cas liés à un même lieu ou événement.

Le virus chikungunya est transmis par le désormais célèbre moustique tigre (Aedes albopictus). Introduit en France en 2004, cet insecte est aujourd’hui le principal vecteur de maladies virales en Europe. Si le sud de la France, notamment la région PACA, reste la zone la plus touchée, des cas d’infection ont également été identifiés plus au nord, notamment en Alsace et en Île-de-France, où le moustique tigre est désormais bien implanté.

L’explication majeure de la hausse des cas de chikungunya observés dans l’Hexagone réside dans la forte circulation du virus cette année à La Réunion ainsi qu’à Mayotte, confrontées à la plus importante épidémie de chikungunya depuis plus de vingt ans. Les échanges aériens réguliers entre ces territoires ultramarins et la France hexagonale, mais aussi, plus largement, avec d’autres zones de forte circulation virale, ont favorisé l’introduction du virus sur le continent.

Preuve en est : cette année, près de 80 % des cas importés (où la maladie a été rapportée de voyage) observés en France hexagonale proviennent de La Réunion.

Ce sont ces cas importés qui sont à l’origine des cas autochtones, le moustique tigre pouvant piquer ces individus infectés et transmettre la maladie à d’autres personnes n’ayant pas voyagé. De nombreux cas importés, une répartition du moustique tigre de plus en plus vaste dans l’Hexagone : les explications de la hausse de cette année sont toutes trouvées…

Avec quelles conséquences ? Les symptômes du chikungunya sont souvent proches de ceux d’une grippe, avec de la fièvre, des maux de tête et des douleurs musculaires. Si la plupart des malades se rétablissent complètement en quelques jours. Cependant, chez certaines personnes, une forme chronique de la maladie peut s’installer avec des douleurs articulaires très invalidantes, pouvant perdurer jusqu’à plusieurs années après l’infection !

Bien que très largement majoritaire, le chikungunya n’est cependant pas le seul virus à circuler en France continentale cette année.

De nombreux cas d’infections par les virus de la dengue et du Nil occidental

Deux autres virus ont fait parler d’eux cette année. Le premier est celui de la dengue (habituellement l’arbovirus circulant le plus dans le monde), transmis lui aussi par le moustique tigre. Une trentaine de cas autochtones de dengue ont été identifiés dans l’Hexagone. Il y a encore quelques années, ce chiffre aurait été considéré comme exceptionnel !

À ceci s’ajoutent près de 1 000 cas importés, provenant majoritairement de Guadeloupe, de Polynésie française et de Martinique, mais aussi de nombreuses autres régions du globe. Le nombre réel de cas est probablement largement sous-estimé, car la dengue est principalement asymptomatique et, chez les personnes qui développent des symptômes, ceux-ci peuvent être facilement confondus avec ceux d’autres maladies, puisqu’ils se traduisent par de la fièvre, des maux de tête, et des douleurs musculaires.

Heureusement, dans la grande majorité des cas, la dengue provoque une infection sans gravité. Cependant, chez environ 1 % des personnes infectées, la maladie peut prendre une forme beaucoup plus grave, hémorragique, pouvant s’avérer mortelle.

Le dernier membre de ce trio inédit qui a fait s’emballer les compteurs cette année est le virus du Nil occidental avec près de 60 cas répertoriés, principalement dans le sud de la France. À la différence des deux virus précédents, celui-ci est propagé par le moustique commun (Culex pipiens), une espèce de moustique indigène, présente en Europe depuis des millénaires et largement répartie sur l’ensemble de notre territoire.

Par ailleurs, on ne parle pas de cas importés ou autochtones ici, tous les cas identifiés étant des infections locales. Pourquoi ? Parce que l’être humain ne peut pas transmettre le virus à un autre humain par l’intermédiaire du moustique.

Ce sont les oiseaux infectés, venus bien souvent de pays lointains au cours de leur migration, qui vont transmettre le virus du Nil occidental à d’autres oiseaux « locaux », par l’intermédiaire des moustiques communs. Ce sont également ces derniers qui peuvent transmettre ensuite nous le transmettre. Il s’agit donc ici d’un cas typique de zoonose : la transmission d’une maladie de l’animal à l’être humain.

Cette situation, plus difficile à anticiper, est encore rendue plus complexe par le fait que le virus du Nil occidental peut également se transmettre par don de sang ou transplantation d’organes. Cette année, en France, deux personnes ont ainsi été contaminées après une transplantation de rein, en raison de l’infection par le virus du greffon du donneur. Ces transmissions alternatives nécessitent de revoir nos stratégies de don de sang et d’organes en période de circulation de ce virus…

Fait marquant : le virus du Nil occidental, principalement cantonné au sud de l’Europe, s’étend désormais plus au nord. L’Île-de-France a ainsi été touchée pour la toute première fois avec une vingtaine de cas identifiés, illustrant l’extension de la menace.

Ce virus, anodin pour la majorité des personnes infectées, peut néanmoins, chez certaines personnes, notamment les plus âgées, cibler notre cerveau et à provoquer des encéphalites ou des méningites (inflammation du cerveau ou des méninges) pouvant s’avérer fatales. C’est de ce fait l’arbovirus qui provoque le plus de décès en Europe, avec plus de 60 morts identifiés en Europe en 2025, dont malheureusement les deux premiers en France cette année…

Le changement climatique en toile de fond

L’augmentation actuelle des cas est probablement le prélude à ce qui nous attend dans les prochaines années… Cette hausse, amorcée timidement au début des années 2020, est pour de nombreux spécialistes inéluctable.

Les explications sont multiples, comme l’augmentation du transport aérien favorisant l’importation de cas, dans un monde de plus en plus interconnecté. Mais un des facteurs les plus importants est sans doute le réchauffement climatique. En effet, les insectes comme les moustiques, ne pouvant pas réguler leur température, sont extrêmement sensibles aux variations climatiques.

Dans certaines régions, le changement climatique en cours accroît leur période d’activité. On observe ainsi des moustiques de plus en plus tôt dans l’année et leur disparition survient de plus en plus tardivement. Par ailleurs, jusqu’à une certaine température, la durée de vie des moustiques augmente avec la chaleur et leur métabolisme, accéléré, favorise la multiplication des virus dans leur organisme. Un cocktail détonnant…

Pour faire face à cette nouvelle situation, il est impératif de renforcer les réseaux de surveillance de ces virus émergents. En outre, l’élimination de l’eau stagnante (qui favorise la reproduction des moustiques) reste, avec les moyens de protection individuels contre les piqûres (moustiquaires, produits répulsifs), la meilleure stratégie actuelle pour lutter contre ces nouvelles menaces. Des menaces difficiles à anticiper, mais dont nous savons qu’elles deviendront quotidiennes dans les années à venir…

The Conversation

Yannick Simonin a reçu des financements de l’Université de Montpellier, la région Occitanie, l’ANRS-MIE, l’ANR et la Communauté Européenne (Horizon)

ref. Chikungunya, dengue, Nil occidental : en 2025, la France confrontée à une circulation virale sans précédent – https://theconversation.com/chikungunya-dengue-nil-occidental-en-2025-la-france-confrontee-a-une-circulation-virale-sans-precedent-265901

De Mai 68 à la génération Z : ce que les révoltes apportent à la démocratie

Source: The Conversation – France in French (3) – By Michel Wieviorka, Sociologue, membre Centre d’analyse et d’intervention sociologiques (CADIS, EHSS-CNRS), Auteurs historiques The Conversation France

Dans un contexte de droitisation qui étouffe l’horizon collectif, la mémoire de Mai 68 est parfois évoquée comme « origine du déclin ». Pourtant, son héritage rappelle qu’un changement social profond peut naître « d’en bas ». À l’échelle mondiale, la génération Z, ou Gen Z, relance aujourd’hui des formes de mobilisation qui contestent les élites, réinventent les symboles et réclament plus de démocratie. Une nouvelle promesse de transformation politique ?


Les tendances à la droitisation de la vie politique et intellectuelle française s’inscrivent dans un contexte de perte de repères. Qui ose parler de « jours heureux » à venir, comme le faisait le Conseil national de la résistance ? De « lendemains qui chantent » comme le Parti communiste français au temps de sa splendeur ?

À gauche, le discours ne prête guère à l’optimisme, il est surtout question de crises, sans horizon plus lointain que l’élection présidentielle de 2027. L’absence de perspectives est accablante, et la guerre en Ukraine, les horreurs du Proche-Orient ou la géopolitique erratique de Donald Trump alimentent des raisonnements dans lesquels les acteurs et les enjeux de la vie internationale occupent presque toute la place et semblent déconnectés des dynamiques sociales ou politiques internes aux sociétés concernées, en dehors du nationalisme.

La droitisation mine le débat démocratique en rejetant les demandes sociales au nom de leur supposé impact sur l’économie, et en disqualifiant les revendications culturelles en celui de l’intégrité de la nation et de l’universalisme abstrait que porte l’idée républicaine. La droite et l’extrême droite désignent notamment, parmi les coupables, Mai 68 et ses acteurs, qui en ayant sapé l’autorité auraient ouvert la voie au « wokisme » et autres « gangrènes ».

Le changement par le bas

Mai 68 a exercé un impact durable sur la vie collective, accélérant et même déclenchant l’entrée de la société dans l’ère postindustrielle, d’en bas, à partir de contestations, et non pas via des jeux politiciens et politiques publiques plus ou moins technocratiques. Il faut tirer une leçon de ce constat : Mai 68, dans ce qu’il a pu comporter de meilleur, nous invite à considérer avec confiance et bienveillance au moins certaines des mobilisations récentes ou contemporaines, et à y voir la marque non pas de crises (ou pas seulement) mais de nouveaux conflits propres à l’ère nouvelle, ou lui permettant d’advenir.

Hier, des actions collectives spectaculaires se sont opposées à des pouvoirs autoritaires : mouvement pro-démocratie « des parapluies » à HongKong, en 2014 ; « printemps arabe », inauguré en Tunisie en décembre 2010 ; soulèvement postélectoral de 2009 en Iran, avec le « mouvement vert », puis en 2022-2023 le mouvement « Femme-Vie-Liberté », sous la bannière de Mahsa Amini, jeune Kurde d’Iran tuée par la police des mœurs, etc.

Aujourd’hui se mobilise la génération Z, ou Gen Z, née grosso modo entre 1995 et 2010. Au Maroc, à Madagascar, en Indonésie, au Népal, au Pérou, au Kenya, etc., le mouvement Gen Z met en cause les classes dirigeantes, leurs dépenses fastueuses ou tout au moins superflues – des stades par exemple, moins urgents que l’accès à l’eau, à l’électricité, à un logement décent pour les plus démunis.




À lire aussi :
Népal : La génération Z prend la rue et réinvente la contestation


Avec des différences d’un pays à l’autre, certes, Gen Z dénonce la corruption, le népotisme, les carences des services publics, l’injustice sociale, la précarité. Elle a soif d’écoute. Elle demande des droits. Elle se heurte à une répression violente, à des emprisonnements abusifs. Elle lutte à la fois pour diverses revendications, et pour les conditions de leur traitement politique, c’est-à-dire pour la démocratie ou pour son élargissement.

Gen Z est de son temps. À l’aise dans la culture du numérique, le mouvement use de l’IA non sans humour et s’organise grâce aux réseaux sociaux, tel Discord. Sa modernité culturelle globale s’observe aussi dans sa référence au manga One Piece et dans l’adoption comme emblème du drapeau de l’équipage du personnage principal, le pirate Luffy, qui libère les peuples et se bat contre un gouvernement corrompu.

Le mouvement est générationnel, mais ce n’est pas la guerre d’une génération contre d’autres.

Rien ne dit que Gen Z durera ou exercera un impact durable. La répression est toujours susceptible de l’emporter. Gen Z peut s’abolir, s’institutionnaliser pour donner naissance à un parti politique. Ou dégénérer, laisser la place à la spirale de la violence, au terrorisme, à la guerre civile. On observe déjà qu’il est lourd souvent de colère, de rage, et que, faute pour lui, de débouché politique, les débordements ne manquent pas : émeutes, pillages notamment. Mais comme Mai 68, il mérite d’être perçu dans ce qu’il présente de meilleur, son haut niveau de projet, sa capacité à innover culturellement et à se mobiliser pour des droits fondamentaux.

Et en France ?

On peut aisément repérer pour la France des points communs avec le mouvement Gen Z en considérant par exemple, pour les seules années récentes, les luttes écologistes, féministes, antiracistes, les gilets jaunes, Nuit debout, ou bien encore les manifestations contre la réforme des retraites.

Sociales, en effet, les demandes, ici, mettent aussi en jeu le revenu, la justice, l’égalité, l’accès à l’éducation, à la santé, au logement ou à l’emploi, le refus de la corruption – des thèmes chers à Gen Z.

Culturelles, elles peuvent porter sur l’environnement, ou concerner les identités minoritaires. En matière éthique, elles plaident pour d’autres relations entre les femmes et les hommes, contre le racisme, l’antisémitisme, pour des réponses appropriées aux questions liées à la vie et à la mort – des thèmes qui ne sont pas nécessairement ceux du mouvement Gen Z à l’étranger, mais qui ne s’opposent pas à eux.

Les mouvements contemporains, tout comme Gen Z, recourent aux réseaux sociaux, et tendent à privilégier une logique d’autogestion horizontale associée au refus de tout leader. Ils sont susceptibles d’adopter un objet emblématique, une couleur : un bonnet rouge (en Bretagne, en 2013), un gilet jaune (en 2018-2019).

Avec ici une différence considérable : s’il est possible de constater des caractéristiques générationnelles dans un pays comme la France, on n’a pas vu à ce jour s’affirmer une action collective puissante de jeunes de type Gen Z.

En démocratie, quand les demandes émanant de la société ne trouvent pas leur traitement politique faute de partis, d’instances, d’institutions où elles peuvent être entendues et débattues, elles débouchent chez les uns sur la violence, les rêveries révolutionnaires ou insurrectionnelles, chez d’autres sur l’apathie ou le découragement, chez d’autres encore sur un tropisme accru pour les réponses autoritaristes.

Dès lors, les forces extrêmes du spectre politique peuvent récupérer certaines de ces demandes en les intégrant et en les pervertissant. Les gilets jaunes ont ainsi été critiqués par exemple pour la place qu’a pu occuper le national-populisme dans le discours des acteurs, ou pour leur côté « mâle blanc hétéro ». Mais il n’y a aucune raison pour jeter le bébé avec l’eau du bain, les dérives avec l’essentiel, qui se lit dans les significations les plus élevées de l’action, et non dans ses dérapages.

Changer de société

Des points communs existent donc entre bien des mobilisations en France, et Gen Z. Mais une distinction les sépare, selon qu’elles jouent ou non un rôle dans le changement de type de société, et selon alors les acteurs qui les portent.

Ce n’est pas faire preuve de mépris, pour reprendre une notion récemment mise à l’honneur par le sociologue François Dubet, que de dire des luttes comme celle des gilets jaunes ou sur les retraites, qu’elles ne font guère partie des mobilisations caractéristiques d’une société post-industrielle (c’est-à-dire qui en appellent à une autre relation à la nature et à l’environnement, à d’autres conceptions de la production et de la consommation). Leurs enjeux, sociaux, sont hautement respectables ; mais bien peu dessinent un contre-projet de société. Leur niveau de projet ne vise pas à faire basculer la société dans une nouvelle ère – même si ces luttes sont plus ou moins pénétrées de thèmes post-industriels, par exemple lorsqu’elles cherchent à articuler le social et l’environnement (comme dans le Pacte du pouvoir de vivre porté par la CFDT et une soixantaine d’associations).

On l’a évoqué, l’appel à un contre-projet n’est pas aussi fortement associé à l’émergence d’une jeunesse. Et le désir d’entrer dans un nouveau monde se mêle confusément à la défense de ce qui faisait les charmes de l’ancien, ou se télescope avec lui. Les gilets jaunes, par exemple, reprochaient aux élites de parler de fin du monde quand eux parlaient de fin du mois.

Nous ne manquons pas d’analyses, de mises en garde et de propositions pour sortir d’une crise – de la démocratie, de la représentation politique, des partis, des institutions, du modèle républicain… Mais à trop parler de crise, on ne s’écarte pas de jeux politiciens tournés vers l’accès au pouvoir et obsédés par la perspective de la prochaine élection présidentielle.




À lire aussi :
Pour Claude Lefort, la conflictualité est le moteur de la démocratie


On en délaisse vite une toute autre perspective : celle d’une société animée par ses mouvements, par ses acteurs contestataires, et où des dynamiques conflictuelles dessinent des contre-projets, comme dans la sociologie d’Alain Touraine ou dans la philosophie politique de Claude Lefort ou de Paul Ricœur – de belles figures intellectuelles de la deuxième moitié du siècle dernier et du début de celui-ci. La leçon nous vient de pas si loin dans le temps – de ces penseurs, de Mai 68 – ou dans l’espace – de Gen Z.

Ne pas la méditer, sous-estimer aussi faibles soient-elles les mobilisations susceptibles de nous faire entrer plus vite et mieux dans l’ère post-industrielle, ou, pire encore, les disqualifier, c’est contribuer à la droitisation contemporaine de la vie collective, et faire le lit de l’extrémisme et de l’autoritarisme qui menacent.

The Conversation

Michel Wieviorka ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. De Mai 68 à la génération Z : ce que les révoltes apportent à la démocratie – https://theconversation.com/de-mai-68-a-la-generation-z-ce-que-les-revoltes-apportent-a-la-democratie-267886

La dynastie familiale des Lur Saluces aux origines du château d’Yquem

Source: The Conversation – France (in French) – By Gérard Hirigoyen, Professeur émérite Sciences de Gestion, Université de Bordeaux

Romain-Bertrand de Lur Saluces fait entrer le vin de Château d’Yquem à Sauternes (Gironde) dans le classement de 1855, en tant que seul Premier cru supérieur. FreeProd33/Shutterstock

Famille d’ancienne noblesse originaire de Guyenne, dans le sud-ouest de la France, les Lur Saluces sont indissociables d’un grand vin bordelais : le sauternes. Une famille autant attachée au maintien de ses traditions qu’à son intégration dans l’économie capitaliste avec les forges d’Uza, dans les Landes.


La famille de Lur s’établit au Xe siècle en Limousin. Au XVe siècle, Bertrand de Lur a deux fils. L’aîné Bertrand II, seigneur de Longa, conserve ses terres en Périgord et sa branche s’éteint au siècle suivant. Le cadet Pierre s’établit en Guyenne par son mariage à Riperas, avec Isabeau de Montferrand, vicomtesse d’Uza et baronne de Fargues. Le château de Fargues, édifié en 1306 par le cardinal Raymond Guilhem de Fargues, neveu du pape Clément V et la vicomté d’Uza entrent ainsi dans la famille.

En 1785, Louis-Amédée de Lur Saluces épouse Françoise-Joséphine de Sauvage, descendante de parlementaires bordelais, âgée de seize ans et demi, orpheline et dame d’Yquem. Elle devient comtesse de Lur Saluces et apporte en dot le fameux domaine qui allait devenir un des plus sûrs fondements de leur fortune au XIXe siècle.

Françoise-Joséphine, femme entrepreneure du XIXᵉ siècle

Joséphine d’Yquem, ou Françoise-Joséphine de Lur Saluces, née le 11 février 1768 à Bordeaux, est décédée le 6 novembre 1851 au château d’Yquem à Sauternes (Gironde).
Wikimedia

Si les qualités du vin d’Yquem sont reconnues depuis le milieu du XVIIe siècle, les Lur Saluces contribuent, grâce à leurs relations, à sa commercialisation après 1785. Très vite, le couple Louis-Amédée et Françoise-Joséphine s’emploie à donner à Yquem une reconnaissance à la hauteur de son potentiel.

Veuve à vingt ans, Françoise-Joséphine reprend seule la direction du domaine à la veille de la Révolution. Avec détermination, elle impose une gestion rigoureuse et visionnaire : sélection draconienne des raisins, avènement de la vendange par tries successives, perfectionnement des méthodes de vinification, innovation dans l’élevage.

En 1826, elle fait construire un chai à Yquem, ainsi qu’une tonnellerie, et réussit le lancement des premières bouteilles étiquetées avec liseré vieil or et, désormais iconique, couronne à sept pics. Cette gestion avisée permit de quadrupler les vignobles, non en superficie mais en valeur. Françoise-Joséphine se révèle, comme l’écrit Christel de Lassus, « une véritable femme entrepreneure du XIXe siècle ».




À lire aussi :
Joséphine d’Yquem : femme entrepreneure du XIXᵉ siècle à l’origine d’un vin de légende


Vers 1850, les Lur Saluces dominent un véritable empire viticole en Gironde
– plus de 700 hectares en Sauternais avec les châteaux d’Yquem, Fihlot, Coutet et Malle et environ 200 hectares en Saint-Emilionnais.

Forges d’acier d’Uza

L’activité économique des Lur Saluces ne se limite pas au seul domaine viticole. Dans leur domaine d’Uza, ils installent les premières forges dès 1759, et contribuent au désenclavement économique du Marensin et du pays de Born. En 1760, le jeune comte Claude Henri Hercule Joseph de Lur Saluces et sa sœur Marie Anne Henriette, épouse du comte de Rostaing, établissent au pied du château d’Uza une entreprise de forges industrielles, succédant à une ancienne activité de forge artisanale.

La forge d’Uza (Landes) est ondée en 1759 et cesse définitivement de fonctionner en 1981.
Wikimediacommons

Les forges sont longtemps prospères, grâce notamment aux contrats passés avec les fournisseurs de l’Armée royale pour la fourniture de boulets, et avec la Compagnie du Midi pour la réalisation de pièces pour le chemin de fer. Elles périclitent progressivement suite à l’ouverture en 1881 des Forges de l’Adour sises à Tarnos qui exercent une concurrence préjudiciable. Leur fermeture définitive a lieu en 1981.

Nouvelle identité nobiliaire

Au début du XVIIIe siècle, les Lur Saluces sont une très grande famille, liée aux Penthièvre, un des lignages les plus prestigieux de France et une des trois plus grandes fortunes du royaume. Ils symbolisent une noblesse typiquement bordelaise, du fait de leur enracinement séculaire, en terre bordelaise certes, mais aussi dans le sud de la Grande Lande. À la fin de l’Ancien Régime, leur appartenance à l’épée et leur ancienneté, en font toutefois un cas un peu à part, dans la noblesse bordelaise, majoritairement de robe et récente.

Après cette date, ils se replient dans leurs domaines, où ils consacrent l’essentiel de leur activité. Les repères de l’Ancien Régime ayant été perdus, il leur faut en trouver de nouveaux. La famille est attirée à la fois par la nouveauté de la ville et par la tranquillité de l’enracinement rural. Elle remet ses châteaux au goût du jour, au XVIIIe puis au XIXe siècle, pour exprimer son attachement à la monarchie légitimiste. À partir de la Restauration, les signes de distinction passent d’un luxe d’ostentation, dont la symbolique a perdu de sa consistance, vers un certain confort qui est désormais une marque de reconnaissance d’une élite.

Premier cru supérieur de Bordeaux

Les Lur Saluces d’Yquem de la fin du XVIIIᵉ siècle au milieu du XIXᵉ siècle, de Marguerite Figeac-Monthus.

Au XIXe siècle, les rendements viticoles passent progressivement de 40 à 10 quintaux à l’hectare, d’où un accroissement exceptionnel de la qualité. Cette évolution aboutit à la naissance des vins de Sauternes. Romain-Bertrand de Lur Saluces fait entrer Yquem dans l’histoire du classement de 1855, en tant que seul Premier cru supérieur. Au XXe siècle, le comte Alexandre de Lur Saluces en est l’ultime héritier, dirigeant du domaine de 1968 à 2004 avec la même rigueur. Il met en œuvre sa vision stratégique originale depuis 1970 dans des conditions difficiles de mauvaises récoltes successives.

Il privilégie la qualité de la vendange et du vin en s’affranchissant des contraintes climatiques (entraînant de faibles récoltes, voire le refus de toute vendange comme en 1972,1974 et 1992) et des conséquences financières de trésorerie. En ne conservant que des vins de qualité exceptionnelle, vendus en bouteille près de quatre ans après la récolte des grains de raisin, il construit une image fiable du Château d’Yquem et gagne durablement la confiance d’une élite de connaisseurs et d’amateurs.

Vente des parts à LVMH

Alexandre de Lur Saluces (1934-2023), gestionnaire du château d’Yquem et du château de Fargues tout au long de sa vie.
Wikimedia

Une dissension familiale apparaît au grand jour en novembre 1996 lorsque certains membres de la famille annoncent avoir vendu leurs parts du château d’Yquem à Bernard Arnault, le président-directeur général du groupe LVMH. Après deux ans de bataille juridique, Alexandre de Lur Saluces cède. Il accepte non seulement la cession de parts faites par 45 membres de sa famille, dont son frère aîné Eugène, mais il vend au groupe LVMH, les 10 % qu’il détient avec son fils Bertrand. Au fond, la multiplication des actionnaires familiaux bouscule l’unité séculaire et provoque l’arrivée de LVMH.

Pour Bertrand Hainguerlot, un des actionnaires vendeurs des parts sociales, la cession s’explique essentiellement pour des raisons fiscales liées aux droits de succession. Depuis 1957, une société civile immobilière possède le vignoble et le stock de vins en barriques. En 1992, afin de préparer la succession familiale, est créée une société en commandite par actions, qui gère l’exploitation, c’est-à-dire, le vignoble et la vinification. Les commanditaires sont les actionnaires familiaux et l’unique commandité Alexandre de Lur Saluces. Ce dernier reste dirigeant du château d’Yquem.

« Le nom de Lur Saluces figure sur l’étiquette, laisser un Lur Saluces à la tête du domaine, c’est assurer la pérennité », rappelle Alain Raynaud, président de l’Union des grands crus de Bordeaux.

Valeurs émotionnelles

Pour Alexandre de Lur Saluces, la valeur financière de cession très élevée, n’a pas compensé pour autant la perte de sa valeur émotionnelle : conservation des valeurs familiales, perpétuation de la dynastie, etc. Pour les autres actionnaires familiaux ayant obtenu 600 millions de francs (soit plus de 71 millions d’euros) sur le prix d’acquisition, il n’y a ni regret financier ni regret émotionnel.

À défaut de la terre, Alexandre de Lur Saluces transmettra la « morale d’Yquem », racontée pour la postérité dans un ouvrage. Le seigneur d’Yquem, devenu prince de Fargues, se consacre alors à recréer au château de Fargues, fief de la famille, un très grand sauternes. Il s’éteint le 24 juillet 2023.

Ce n’est pas la fin de l’histoire… mais l’histoire en marche. Après avoir passé plusieurs années à l’étranger, Philippe de Lur Saluces, représentant de la 16e génération, est revenu en 2014, aux côtés de son père. Il prend sa suite avec la volonté d’ouvrir de nouvelles perspectives pour Fargues.

The Conversation

Gérard Hirigoyen ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. La dynastie familiale des Lur Saluces aux origines du château d’Yquem – https://theconversation.com/la-dynastie-familiale-des-lur-saluces-aux-origines-du-chateau-dyquem-267121

The beauty backfire effect: Being too attractive can hurt fitness influencers, new research shows

Source: The Conversation – USA (2) – By Andrew Edelblum, Assistant Professor of Marketing, University of Dayton

“Sex sells” has been a mantra in marketing for decades. As researchers who study consumer behavior, we’ve seen plenty of evidence to support it: Attractive models and spokespeople have been shown to reliably grab attention, boost clicks and make products seem more desirable.

But our new research suggests that in a digital world full of influencers – trusted tastemakers with large online followings – being too attractive can actually backfire, particularly in the fitness space.

We call this the “beauty backfire effect,” and we put it to the test in a series of laboratory experiments.

We showed hundreds of study participants mock Instagram posts from fictitious fitness influencer accounts. The posts were identical in every way, except for one key difference: how attractive the influencer was. We judged this by asking independent raters to evaluate photos of real influencers ahead of time.

The results were striking: We found that extremely attractive fitness influencers – or “fitfluencers” – got fewer likes and follows than their moderately attractive peers.

Why? Because people viewed them as less relatable.

In fact, in one of our studies, people who saw an extremely attractive fitfluencer reported having lower self-esteem afterward. In contrast, seeing a moderately attractive fitfluencer gave some participants a small confidence boost, likely because the image felt more attainable.

Interestingly, the beauty backfire effect wasn’t as strong in other domains. When we ran the same experiment with finance influencers in the mix, appearance didn’t matter as much. That’s not entirely surprising, of course. For a financial coach, looks aren’t tied to credibility. Meanwhile, for a fitness coach, they’re central.

But the beauty backfire effect isn’t inevitable. In a final analysis, we explored whether self-presentation style could close the relatability gap.

When highly attractive influencers adopted a humble tone, sharing their struggles, training challenges or fitness plateaus, the engagement gap disappeared, we found. But when they adopted a prideful tone, boasting about their natural talent or exceptional dedication, the gap grew even larger.

This suggests that humility can be a powerful communication tool for influencers who might otherwise seem “out of reach.”

Why it matters

Fitfluencers depend on their appearance as a kind of credential. A sculpted physique signals expertise in health and wellness. But engagement isn’t just about how good someone looks on camera. It’s about whether followers feel they can connect with them.

This is where relatability comes in. Audiences connect with fitfluencers who feel like real, reachable versions of themselves. But extreme attractiveness does the opposite: It turns an attainable goal into an impossible ideal, and what should inspire instead alienates.

This effect aligns with classic social comparison theory. People judge themselves in relation to others. If the gap between self and fitfluencer seems too wide, comparisons become discouraging, not motivating. In other words, the more “perfect” the fitfluencer looks, the less followers believe they can realistically be like them – and the less likely they are to engage.

Social media platforms have been taking note. These days, TikTok, Snapchat and other outlets build their appeal on candid, authentic content over polished, airbrushed imagery. In this new landscape, perfection can be a liability.

Our research shows that extreme attractiveness might grab attention but can undermine connection, the true currency of the influencer economy. For brands and creators, the takeaway is clear: Success may depend less on looking flawless and more on sounding real.

What’s next

Our findings raise new questions about how beauty shapes influence online.

For instance, gender appears to matter. In a follow-up study, highly attractive female fitness influencers faced stronger backlash than equally attractive men, perhaps reflecting a broader social tendency to judge women’s looks more harshly. Future research could explore whether similar biases apply to other visible traits, such as race or disability.

The effect may also extend beyond fitness. Industries built around appearance – fashion, beauty or lifestyle content – could show the same pattern.

Finally, not all audiences respond alike. People new to fitness or younger users still forming their identities may be especially prone to negative comparisons with highly attractive fitfluencers. Understanding these differences could help creators and platforms foster healthier engagement online.

Justin Palmer contributed research for this article as an undergraduate.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The beauty backfire effect: Being too attractive can hurt fitness influencers, new research shows – https://theconversation.com/the-beauty-backfire-effect-being-too-attractive-can-hurt-fitness-influencers-new-research-shows-266722

Customers can become more loyal if their banks solve fraud cases, researchers find

Source: The Conversation – USA (2) – By Vamsi Kanuri, Associate Professor of Marketing, University of Notre Dame

More than one-third of U.S. consumers were targeted by attempted financial fraud in 2024. Vladimir Vladimirov/E+ via Getty Images

When banks issue their defrauded customers refunds and successfully identify the perpetrators, fraud victims are 60% more likely to stick with their bank than customers that didn’t experience any fraud.

But if customers get their stolen money back but never learn who the perpetrators are, they are 40% more likely to take their accounts elsewhere than customers who weren’t defrauded.

That’s what my co-authors and I found by researching how customers respond when banks investigate fraud. I partnered for this study with Sriram Somanchi and Rahul Telang; I study marketing, and they’re information technology scholars.

We believe this pattern emerged because identifying fraudsters can signal competence and rebuild trust. But when no one is caught, even with a refund, customers are more likely to see the fraud incident as a lapse in capability and blame the bank itself.

We partnered with a major U.S. bank that shared five years of data covering 422,953 customers, including 22,953 who experienced a single instance of fraud.

These customers were victims of account-based fraud, meaning that perpetrators had surreptitiously siphoned away money from their accounts, often through various scams.

Every defrauded customer got a refund, but the perpetrators were identified only about 13% of the time. Our findings support what’s known as the “service recovery paradox”: When a business handles a problem well, its customers can become more loyal than if no problem had occurred.

Customers who had recently opened their bank accounts and those with few prior interactions with the banks were the most likely to leave if the perpetrators were never identified.

Customers in cases where perpetrators weren’t identified within the next three months – and who had opened their accounts years earlier and were more engaged with their banks – were more likely to stay put because they are more familiar with the bank’s technological capabilities and, therefore, are more likely to forgive the bank.

Our results suggest that when perpetrators are identified, customers can regain confidence in their bank’s ability to safeguard their accounts. When the fraudsters aren’t caught, they lose more trust instead.

Financial fraud of many kinds is growing increasingly common.

Why it matters

Financial fraud is both costly and pervasive. More than one-third of U.S. consumers were targeted by attempted financial fraud in 2024, and nearly 40% of those attempts led to a financial loss. Total losses from defrauded consumers totaled more than US$12.5 billion in 2024.

Fraud can undermine confidence in banks and other financial service providers.

U.S. regulations generally require banks to issue customers full refunds whether or not the perpetrator of a fraud is caught. But when customers get refunds after being defrauded, it doesn’t automatically restore their trust in a bank or app.

What still isn’t known

We focused on fraud cases that the customers themselves reported. It’s unclear whether they would have responded the same way had their banks detected the fraud instead. Another open question is whether similar patterns hold for other debacles, such as data breaches that make customers’ personal information vulnerable to exploitation.

The Conversation

Vamsi Kanuri does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Customers can become more loyal if their banks solve fraud cases, researchers find – https://theconversation.com/customers-can-become-more-loyal-if-their-banks-solve-fraud-cases-researchers-find-266185

The White Stripes join the Rock & Roll Hall of Fame − their primal sound reflects Detroit’s industrial roots

Source: The Conversation – USA (2) – By Nathan Fleshner, Associate Professor of Music Theory, University of Tennessee

In the opening scene of “It Might Get Loud,” a 2008 music documentary, musician Jack White appears surrounded by scrap wood and garbage. He hammers nails into a board, wraps wire around a glass Coca-Cola bottle as a makeshift guitar bridge, attaches a pickup, and plugs the contraption into a vintage Sears Silvertone amplifier – anything more modern or of better quality would never do.

White then uses his signature slide bar to play a distorted, electric riff on the rudimentary instrument. He declares, matter-of-factly, “Who says you need to buy a guitar?” and casually puffs a cigarette.

This scene of manufacturing innovation, crafting what is needed out of what is available, is a signature of The White Stripes, the influential rock band White co-founded in the late 1990s.

Drummer Meg White and guitarist/vocalist Jack White, originally Jack Gillis before taking Meg White’s name during their four-year marriage, make up The White Stripes. Hailing from Detroit, the band helped lead the garage rock revival, releasing six studio albums between 1999 and 2007.

Their recordings “Elephant,” “Get Behind Me Satan” and “Icky Thump” each won Grammys for Best Alternative Music Album. The White Stripes’ last televised performance together was “We’re Going to Be Friends” in 2009 on the final episode of “Late Night With Conan O’Brien.”

The band’s legacy of innovation has earned them a place in the Rock & Roll Hall Fame. They will be inducted in Los Angeles on Nov. 8, 2025, along with Outkast, Cyndi Lauper and Soundgarden.

As a professor who studies popular music as an expression of the human experience, I have written about a broad range of artists, from Townes Van Zandt and Maren Morris to Prince Paul and boygenius.

I find The White Stripes’ experiment in sonic complexity particularly impressive because it was created by just two performers. Their soundscape relied on instrumental and vocal manipulations of tone and timbre and on stylistic fusions of blues, folk music, garage rock and movements such as British punk and Dutch De Stijl art.

The White Stripes often expressed themes related to Detroit’s industrial struggle and innovation in their gritty, genre-bending sound and lyrical storytelling.

Battle between man and machine

Several songs directly reference Detroit icons. The jaunty 2001 single “Hotel Yorba,” which blends blues and folk while heavily featuring acoustic guitar, honors a Detroit hotel built in 1926. The music video was partially filmed outside the aging building, with indoor scenes filmed elsewhere.

Jack White said the band wanted to know more about the Hotel Yorba’s history but were chased out by an armed manager. In September 2025, the hotel was closed due to unsafe living conditions.

In contrast, the song “The Big Three Killed My Baby,” released in 1999, refers to Detroit’s major automakers at the time: Ford, General Motors and Chrysler. Infused with a punk style, the song discusses the conflict between gas and electric engines. With a tone of anguish, it serves as a biting critique of these companies’ lack of creativity and, as the song states, the use of “planned obsolescence,” which intentionally limits a product’s useful life cycle. The close of the song reveals that what has truly been killed is the consumer’s common sense.

The White Stripes relied heavily on timeless, vintage equipment, disavowing technological advancements and heavy-handed production techniques. But even their primitive instruments are seen as a foe in the struggle between man and machine.

“I always look at playing the guitar as an attack. … It can’t be this wimpy thing where you’re pushed around by the idea, the characters, or the song itself,” Jack White said in a 2010 interview. “It’s every player’s job to fight against all of that.”

Likewise, spontaneity, lack of set lists and real-time creativity were hallmarks of their performances.

A 2002 live performance of “Dead Leaves and the Dirty Ground” begins with brief, chaotic, distorted guitar-wailing and a single, powerful strike of bass drum and cymbal. The performance features a blues-infused rock riff and sweet vocal melodies with high-pitched repetitions and steady cymbal beats punctuated by bass drum and tom hits. That’s the raw, unfiltered, unmitigated, underproduced, auto-tune-avoidant intensity and artistic sound for which The White Stripes strove.

The White Stripes perform “Dead Leaves and the Dirty Ground” on “Saturday Night Live” in 2002.

A sound forged by punk and blues

The White Stripes had many influences, including the Flat Duo Jets, who shared their instrumentation of drum, guitar and vocals, and similarly fused styles such as ’50s rockabilly and blues-inspired punk. They were also heavily ensconced in the Detroit garage rock and punk scenes, which included bands such as The Detroit Cobras, The Dirtbombs, The Paybacks and Rocket 455. Each act was unique in how it deployed its creative foundations, mainly a primal, raw, electric sound with consistent, pounding rhythms and edgy vocal timbres.

This sonic layering and stylistic fusion is carried on by many of the artists of Jack White’s Third Man Records in Detroit. The label’s satellite locations in Tennessee and England also connect The White Stripes to the blues traditions of the Mississippi region and the punk scenes of London.

Acknowledged delta blues influences included Blind Willie McTell and Son House, whose “Grinnin’ in Your Face” – Jack White’s favorite song – maintains a powerful simplicity echoed throughout many White Stripes songs.

A folklike acoustic sound is mirrored in The White Stripes’ tracks “You’ve Got Her in Your Pocket” and “It’s True That We Love One Another.” Similar acoustic simplicity is heard in “Your Southern Can Is Mine,” “Apple Blossom” and “This Protector,” which use imperfections of intonation, melodic repetition, prescribed harmonic structures and soulful sounds.

The harder edges of punk and garage rock are equally present in the opening riffs of the songs “Icky Thump,” “Blue Orchid,” “Fell in Love With a Girl” and midway through “Seven Nation Army.”

Meg White’s tom and bass drum pulsations – as recognizable and definitive of The White Stripes’ sound as Jack White’s electrified blues riffs – are heard in the openings of the songs “Jimmy the Exploder,” “Little Cream Soda,” “The Hardest Button to Button,” “Astro” and even “Seven Nation Army,” which became a popular sports arena staple.

More than a mere look backward, The White Stripes served as a catalyst of progress, raising the stature of the underground Detroit sound to the world’s stage.

Read more of our stories about Detroit and Michigan.

The Conversation

Nathan Fleshner does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. The White Stripes join the Rock & Roll Hall of Fame − their primal sound reflects Detroit’s industrial roots – https://theconversation.com/the-white-stripes-join-the-rock-and-roll-hall-of-fame-their-primal-sound-reflects-detroits-industrial-roots-265469

HIV knows no borders, and the Trump administration’s new strategy leave Americans vulnerable – an HIV-prevention expert explains

Source: The Conversation – USA (3) – By Robin Lin Miller, Professor of Psychology, Michigan State University

Providing supplies of HIV medications does not ensure they will get into the hands of those who need them most. Per-Anders Pettersson/Getty Images

Protecting public health abroad benefits Americans.

In a globalized world, diseases and their social and economic impacts do not stay within national boundaries. Increased rates of untreated HIV in any part of the world increase the risk of transmission for U.S. citizens.

Changes made in the first year of President Donald Trump’s second term to address the global HIV epidemic, however, may not keep Americans safe.

In September 2025, the U.S. Department of State announced its America First Global Health Strategy, a plan that aims to make “America safer, stronger, and more prosperous” by encouraging other governments to take responsibility for their citizens’ health and to promote U.S. commercial and faith-based interests. It includes the commitment to purchase and distribute the breakthrough HIV preventive drug lenacapavir for up to 2 million people – principally pregnant and breastfeeding women – in 10 countries heavily affected by HIV.

However, the plan does not ensure the most vulnerable will be able to access HIV care. It comes on top of eliminating billions of dollars of U.S. financial support to global health programs. And it undermines one of the most effective foreign assistance programs in U.S. history, the U.S. President’s Emergency Plan for AIDS Relief, or PEPFAR.

I have spent four decades evaluating HIV programs and have studied barriers to HIV prevention and care in the U.S. and in other countries. The Trump administration’s strategy not only reverses decades of progress toward international targets to end AIDS by 2030, I believe it also puts Americans at risk.

Disrupting PEPFAR caused global harm

In 2024, the U.S. supplied over 70% of donor government funding to end the HIV epidemic globally. Much of this aid was through the President’s Emergency Plan for AIDS Relief, a suite of programs designed to expand access to prevention, testing and treatment.

Since President George Bush initiated the program in 2003, PEPFAR has saved an estimated 26 million lives. HIV deaths have declined by 70% since 2004, and new infections fell after the program’s inception. PEPFAR helped put the world on track to ending the HIV pandemic by promoting access to highly effective drugs, supporting community-led outreach and programs, and building health care infrastructure.

Person sitting in an empty waiting room with a magazine covering their face
HIV clinics dependent on PEPFAR funding have shuttered with the Trump administration’s significant cuts to the program.
AFP/Getty Images

On Jan. 20, 2025, President Donald Trump signed an executive order that paused funding for all foreign aid programs, including PEPFAR. It shuttered PEPFAR-supported clinics and outreach programs, halted medical and supply shipments, and prompted mass layoffs of the global HIV workforce. It also dissolved USAID, which provided essential infrastructure for PEPFAR to do its work.

The Trump administration’s foreign aid pause disrupted access to HIV treatment for more than 20 million people worldwide and access to prevention for millions more. These actions are projected to cause 4.1 million additional deaths and 7.5 million new HIV infections by 2030.

The full extent of the damage will become increasingly clear with time.

Destabilizing HIV prevention and care

Legal pushback in the months following the Trump administration’s dismantling of USAID allowed limited parts of PEPFAR to restart. However, access to HIV medication was explicitly limited to only pregnant and breastfeeding women. This strategy excludes prevention and care to the majority of people who are vulnerable to HIV infection.

The Trump administration’s new global HIV prevention strategy prioritizes preventing mother-to-child HIV transmission. About 120,000 children under the age of 5 were newly infected with HIV in 2024, or around 9% of the 1.3 million new infections that year.

However, 55% of new infections worldwide occur among “key populations,” a catchall term coined by UNAIDS and WHO. These include sex workers, people who use injectable drugs, men who have sex with men, transgender people, prisoners, and the sex partners of these individuals. These groups are considered “key” because of their heightened vulnerability to HIV infection and because ending the HIV pandemic cannot be achieved without their access to prevention, testing and treatment.

Stigma and discrimination, human rights abuses, criminalization and underfinancing of programs specific to these people’s needs are significant barriers to their care.

Loss of peer-to-peer support

In countries with legal and social environments that discourage vulnerable people from seeking HIV services, trusted and knowledgeable peers can be a lifeline.

PEPFAR used to fund services designed and implemented by the peers of vulnerable people. People from vulnerable communities were directly involved in ensuring their peers had access to appropriate HIV services and remained in care. They also directly shaped their countries’ national HIV plans.

Arm of doctor handing condom and lubricant to a patient, with another person looking over
Meeting vulnerable communities where they are is critical to effective HIV care.
STR/AFP via Getty Images

The Trump administration’s new strategy favors pregnant and breastfeeding women and cuts out other vulnerable communities. It proposes funding government health care workers in lieu of peers without ensuring these workers will be adequately equipped to provide unprejudiced care. The plan withdraws support for community-led, nongovernmental organizations that bridge gaps in care and offer sensitivity training to providers.

Many people who are vulnerable to or living with HIV view government-run medical care with profound distrust and apprehension. Some participants in my own research have told me they would rather die than seek care in a government-run facility. They recount dehumanizing experiences in these facilities, including undergoing invasive procedures without consent and being openly humiliated. Health care workers have also violated patient confidentiality by disclosing patients’ sexuality and HIV status to family members, friends, neighbors, landlords or employers.

Fear of repercussions – arrest, violence, loss of housing and employment, and blackmail – further heighten fear of health care settings. Research has shown that many people living with HIV from vulnerable populations report encountering these forms of discrimination and stigma when seeking health care. Even more report being hesitant to seek care.

Faith-based organizations

The strategy shifts funds to faith-based institutions, citing potential financial support from tithes and donations as well as greater reach through faith leaders. However, research has shown that faith-based and government health care institutions evoke fear of stigmatization, mistreatment, arrest and denial of services among many who are most at-risk for HIV.

Conservative evangelical groups such as Family Watch International – a designated hate group by the Southern Poverty Law Center – have authored some of the world’s most punitive anti-homosexuality laws in countries such as Uganda, where HIV remains inadequately controlled. They also advocate for the scientifically debunked practice of conversion therapy and are leading actors in global movements against LGBTQ+ human rights, comprehensive sexuality education and reproductive health services.

HIV requires a unique response

Effectively addressing HIV requires more than providing supplies or medical treatment. Although treatments to manage and prevent HIV infection are highly effective under ideal conditions, these are not the circumstances of many people living with and vulnerable to HIV. Treatment is lifelong and needs to be taken regularly. Additionally, the epidemic is often concentrated in networks of people who face societal discrimination, making care retention and engagement difficult.

The Trump administration’s new global health strategy requires community health care workers to consolidate their work across four distinct diseases: malaria, polio, tuberculosis and HIV. However, very different populations are vulnerable to these diseases, and each has unique social, psychological and medical concerns and needs.

Protestors holding up signs and wearing white shirts reading 'AIDS FUNDING CUTS KILL PEPFAR SAVES LIVES' over a red handprint
Cuts to PEPFAR have led to thousands of deaths.
AP Photo/Mark Schiefelbein

For example, malaria and polio primarily affect children under 5, but the former requires strategies to reduce the mosquito bites that transmit disease, while the latter requires childhood immunization. Meanwhile, HIV primarily affects adolescents and adults and requires interventions addressing sexual health and harm reduction.

Research and lessons learned over decades of global health work suggest that carefully tailoring prevention and care strategies to each vulnerable population and addressing their unique social, behavioral, structural and medical needs improves their effectiveness.

A healthy world makes a safe and prosperous US

The 55 countries that most recently benefited from PEPFAR may seem far from U.S. soil. But in an interconnected world, their epidemic is an American epidemic.

The Trump administration’s reversal of decades of progress on ending the HIV pandemic – and weakening U.S. leadership and humanitarian effort in the fight against HIV – has already led to thousands of deaths. Every new HIV infection will incur global economic and societal costs by draining labor capacity in high-burden countries while increasing health care and caregiving costs. This global insecurity and economic instability has precedents in the initial HIV crisis and the COVID-19 pandemic.

Ensuring people living with HIV worldwide receive appropriate treatment and care advances U.S. national security, diplomatic and economic interests. Ensuring that citizens in other countries enjoy good health permits their economies to thrive and America’s in turn. I believe a healthy world is a more prosperous, peaceful and stable world, to everyone’s benefit.

The Conversation

Robin Lin Miller has previously received research and evaluation funding from the U.S. Department of State, Centers for Disease Control and Prevention, National Institute of Mental Health, National Institute of Drug Abuse, the Eunice Kennedy Shriver National Institute of Child Health and Development, American Foundation for AIDS Research, Michigan Department of Community Health, Michigan AIDS Fund, AIDS Foundation of Chicago, and the Health Services Improvement Fund.

ref. HIV knows no borders, and the Trump administration’s new strategy leave Americans vulnerable – an HIV-prevention expert explains – https://theconversation.com/hiv-knows-no-borders-and-the-trump-administrations-new-strategy-leave-americans-vulnerable-an-hiv-prevention-expert-explains-264871

Why people don’t demand data privacy – even as governments and corporations collect more personal information

Source: The Conversation – USA – By Rohan Grover, Assistant Professor of AI and Media, American University

People feeling that their data is being collected at every turn leaves many numb to the issue of data privacy. J Studios/DigitalVision via Getty Images

When the Trump administration gave Immigration and Customs Enforcement access to a massive database of information about Medicaid recipients in June 2025, privacy and medical justice advocates sounded the alarm. They warned that the move could trigger all kinds of public health and human rights harms.

But most people likely shrugged and moved on with their day. Why is that? It’s not that people don’t care. According to a 2023 Pew Research Center survey, 81% of American adults said they were concerned about how companies use their data, and 71% said they were concerned about how the government uses their data.

At the same time, though, 61% expressed skepticism that anything they do makes much difference. This is because people have come to expect that their data will be captured, shared and misused by state and corporate entities alike. For example, many people are now accustomed to instinctively hitting “accept” on terms of service agreements, privacy policies and cookie banners regardless of what the policies actually say.

At the same time, data breaches have become a regular occurrence, and private digital conversations exposing everything from infidelity to military attacks have become the stuff of public scrutiny. The cumulative effect is that people are loath to change their behaviors to better protect their data − not because they don’t care, but because they’ve been conditioned to think that they can’t make a difference.

As scholars of data, technology and culture, we find that when people are made to feel as if data collection and abuse are inevitable, they are more likely to accept it – even if it jeopardizes their safety or basic rights.

a computer screen displaying text and a button labelled 'submit'
How often do you give your consent to have your data collected?
Sean Gladwell/Moment via Getty Images

Where regulation falls short

Policy reforms could help to change this perception, but they haven’t yet. In contrast to a growing number of countries that have comprehensive data protection or privacy laws, the United States offers only a patchwork of policies covering the issue.

At the federal level, the most comprehensive data privacy laws are nearly 40 years old. The Privacy Act of 1974, passed in the wake of federal wiretapping in the Watergate and the Counterintelligence Program scandals, limited how federal agencies collected and shared data. At the time government surveillance was unexpected and unpopular.

But it also left open a number of exceptions – including for law enforcement – and did not affect private companies. These gaps mean that data collected by private companies can end up in the hands of the government, and there is no good regulation protecting people from this loophole.

The Electronic Communications Privacy Act of 1986 extended protections against telephone wire tapping to include electronic communications, which included services such as email. But the law did not account for the possibility that most digital data would one day be stored on cloud servers.

Since 2018, 19 U.S. states have passed data privacy laws that limit companies’ data collection activities and enshrine new privacy rights for individuals. However, many of these laws also include exceptions for law enforcement access.

These laws predominantly take a consent-based approach – think of the pesky banner beckoning you to “accept all cookies” – that encourages you to give up your personal information even when it’s not necessary. These laws put the onus on individuals to protect their privacy, rather than simply barring companies from collecting certain kinds of information from their customers.

The privacy paradox

For years, studies have shown that people claim to care about privacy but do not take steps to actively protect it. Researchers call this the privacy paradox. It shows up when people use products that track them in invasive ways, or when they consent to data collection, even when they could opt out. The privacy paradox often elicits appeals to transparency: If only people knew that they had a choice, or how the data would be used, or how the technology works, they would opt out.

But this logic downplays the fact that options for limiting data collection are often intentionally designed to be convoluted, confusing and inconvenient, and they can leave users feeling discouraged about making these choices, as communication scholars Nora Draper and Joseph Turow have shown. This suggests that the discrepancy between users’ opinions on data privacy and their actions is hardly a contradiction at all. When people are conditioned to feel helpless, nudging them into different decisions isn’t likely to be as effective as tackling what makes them feel helpless in the first place.

Resisting data disaffection

The experience of feeling helpless in the face of data collection is a condition we call data disaffection. Disaffection is not the same as apathy. It is not a lack of feeling but rather an unfeeling – an intentional numbness. People manifest this numbness to sustain themselves in the face of seemingly inevitable datafication, the process of turning human behavior into data by monitoring and measuring it.

It is similar to how people choose to avoid the news, disengage from politics or ignore the effects of climate change. They turn away because data collection makes them feel overwhelmed and anxious – not because they don’t care.

Taking data disaffection into consideration, digital privacy is a cultural issue – not an individual responsibility – and one that cannot be addressed with personal choice and consent. To be clear, comprehensive data privacy law and changing behavior are both important. But storytelling can also play a powerful role in shaping how people think and feel about the world around them.

We believe that a change in popular narratives about privacy could go a long way toward changing people’s behavior around their data. Talk of “the end of privacy” helps create the world the phrase describes. Philosopher of language J.L. Austin called those sorts of expressions performative utterances. This kind of language confirms that data collection, surveillance and abuse are inevitable so that people feel like they have no choice

Cultural institutions have a role to play here, too. Narratives reinforcing the idea of data collection as being inevitable come not only from tech companies’ PR machines but also mass media and entertainment, including journalists. The regular cadence of stories about the federal government accessing personal data, with no mention of recourse or justice, contributes to the sense of helplessness.

Alternatively, it’s possible to tell stories that highlight the alarming growth of digital surveillance and frame data governance practices as controversial and political rather than innocuous and technocratic. The way stories are told affects people’s capacity to act on the information that the stories convey. It shapes people’s expectations and demands of the world around them.

The ICE-Medicaid data-sharing agreement is hardly the last threat to data privacy. But the way people talk and feel about it can make it easier – or more difficult – to ignore data abuses the next time around.

The Conversation

The authors do not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organization that would benefit from this article, and have disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Why people don’t demand data privacy – even as governments and corporations collect more personal information – https://theconversation.com/why-people-dont-demand-data-privacy-even-as-governments-and-corporations-collect-more-personal-information-262197

An innovative tool coating could improve the way products — from aerospace to medical devices — are made

Source: The Conversation – Canada – By Qianxi He, Faculty Lecturer, McGill University

Have you ever wondered how airplanes, cars, oil and gas pipelines or medical devices are made? It’s not just the materials they’re composed of that’s so important, but also the high-speed machining that shapes them. Improving those processes can improve the industries that use them and the products they make.

Aerospace, automotive, medical devices and oil and gas industries all require materials that resist corrosion and have low thermal conductivity, meaning they don’t transfer heat easily. That’s why materials like austenitic stainless steels, titanium alloys and Inconel super-alloys are crucial to these industries.

But the same properties that make these materials so useful also make them difficult to machine at high speeds, leading to rapid tool wear and shortening the lifespan of cutting tools. Machining refers to a manufacturing process where material is selectively removed from a work piece — typically a raw material in the form of a bar, sheet or block — using cutting tools to achieve the desired shape, dimensions and surface finish.

An innovation in tool coating could solve these machining challenges. The development of what’s known as a bi-layer AlTiN PVD coating enhances cutting-tool performance, improves wear resistance and extends the life of the tool life during ultra-high-speed machining of hard-to-machine materials.

This breakthrough won’t just benefit manufacturers. The development of advanced cutting tool coatings can significantly enhance tool performance under extreme machining conditions and improve the surface quality of the finished work piece. Let’s dive into what makes this discovery so important.

Why it matters

Traditionally, tools have been coated with an AlTiN layer — a hard ceramic coating composed of aluminum (Al), titanium (Ti), and nitrogen (N) — to enhance wear resistance during machining. The coating is applied as an extremely thin film (typically three to five micrometres) through a process called physical vapour deposition (PVD), in which the coating material is vapourized in a vacuum chamber and condensed onto the tool surface.

A single AlTiN layer can improve oxidation resistance and make tools more durable, but these coatings often struggle to balance the hardness, toughness and frictional properties required for demanding machining environments.

The bi-layer coating used in this study overcomes these limitations by optimizing the mechanical properties of each layer. This approach enables the coating to withstand the extreme heat and mechanical loads during the machining of stainless steel.

How does the bi-layer coating work?

A novel coating system was designed: a bi-layer consisting of two AlTiN layers with different ratios of aluminum and titanium. The bi-layer AlTiN coating stands out due to its unique combination of properties.

The top layer, with a higher ratio of aluminum to titanium, reduces friction and improves oxidation resistance. The sub-layer, with an equal ratio of aluminum to titanium, enhances hardness and provides better adhesion to the tungsten carbide substrate used in cutting tools. This combination enables the tool to withstand higher temperatures and mechanical stresses, resulting in longer tool life and more efficient machining.

This bi-layer coating was tested against single-layer coatings on tungsten carbide cutting tools under ultra-high-speed turning of austenitic stainless steel 304 (SS304) — a high-performance material commonly used in the automotive and aerospace industries. The bi-layer coating demonstrated remarkable results, increasing tool life by 33 per cent.

The improved wear resistance is due to the combination of the two layers. It reduced the type of wear caused by high temperatures — known as crater wear — as well as the type of wear caused by mechanical stress — known as flank wear. This balance of properties resulted in longer tool life during high-speed machining.

Better cutting conditions between tool and workpiece

One of the standout features of the bi-layer coating was its improvement in friction, wear and lubrication — three key properties studied in the science of tribology. During machining, these effects were evident in the way chips were formed. Chip formation — the process by which small pieces of material are removed from the whole workpiece by the cutting tool — serves as an important indicator of friction and cutting conditions at the tool–workpiece interface.

In this study, the bi-layer tool produced chips with a smoother surface and a more regular shape compared to the chips produced by single-layer tools.

The smoother chips indicate better frictional conditions, meaning that the cutting tool experienced less resistance as it machined the stainless steel. This reduced friction not only extended tool life but also contributed to a more efficient cutting process, as less energy was required to perform the machining.

The bi-layer coating’s ability to reduce friction was evident in the lower cutting forces recorded during tests. The bi-layer tool consistently showed lower forces, indicating it required less energy to cut through material. This efficiency could lead to energy savings in industrial settings where high-speed machining is frequently used, making the process more cost-effective and sustainable.

Evidence of superior wear resistance

The study used several advanced techniques to analyze the wear mechanisms affecting the tools, which showed how the bi-layer coating effectively reduced both crater and flank wear.

Crater wear occurs on the tool’s rake face — the surface of the cutting tool that comes into direct contact with the chip as it is formed — due to the intense heat generated in the cutting zone, while flank wear happens on the tool’s side, typically as a result of mechanical abrasion. The combination of properties in the bi-layer coating helped reduce both forms of wear. This allows the tool to last longer even under the harsh conditions of ultra-high-speed turning.

The impact of high-speed machining

The development of this bi-layer AlTiN coating represents a significant advancement in cutting tool technology. By enhancing wear resistance and reducing friction, the coating extends tool life and improves the efficiency of machining difficult materials like SS304. For industries that rely on high-speed, precision machining, this innovation could lead to cost savings, reduced downtime and greater productivity.

By enhancing wear resistance and reducing friction, the bi-layer AlTiN coating extends tool life and improves the efficiency of machining difficult materials like austenitic stainless steel 304 (SS304). SS304 is widely used in products that require high strength, corrosion resistance and a smooth surface finish — such as automotive exhaust systems, aerospace components, food-processing equipment and medical instruments. For industries that rely on high-speed, precision machining, this innovation could translate into significant cost savings, reduced downtime and greater productivity.

This research highlights the exciting possibilities of advanced coatings in machining and manufacturing technologies. Innovations like this demonstrate how materials science and mechanical engineering can drive progress across industries such as aerospace, automotive, energy, and medical device manufacturing — where precision, durability and efficiency are critical to performance.

The Conversation

Qianxi He does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. An innovative tool coating could improve the way products — from aerospace to medical devices — are made – https://theconversation.com/an-innovative-tool-coating-could-improve-the-way-products-from-aerospace-to-medical-devices-are-made-238186