Des souches bretonnes de streptocoques étudiées aux États-Unis et dans le monde pour mieux lutter contre ces bactéries virulentes

Source: The Conversation – in French – By Samer Kayal, Professeur des Universités- Praticien Hospitalier (Microbiologie), Université de Rennes 1 – Université de Rennes

L’équipe du Pr Samer Kayal a effectué, auprès de patients du CHU de Rennes, en Ille-et-Vilaine, un travail pionnier de collecte de « Streptococcus pyogenes », un pathogène responsable de 500 000 décès par an dans le monde, et d’une autre bactérie génétiquement proche (« Streptococcus dysgalactiae sous-espèce equisimilis ») réputée moins dangereuse. Dans le cadre d’une collaboration transatlantique, la perte de sensibilité de « S. pyogenes » aux antibiotiques a été découverte et le séquençage de l’ensemble des souches bretonnes ont été mises à la disposition de l’ensemble de la communauté des chercheurs.


En 1847, près de quinze ans avant la preuve de l’existence des microbes apportée par Louis Pasteur, un médecin du nom d’Ignace Semmelweis avait déjà eu une intuition : il pensait qu’un agent invisible, sans doute transmis par les mains des médecins, pouvait être responsable des infections graves chez les femmes après l’accouchement.

De cet agent, on sait aujourd’hui qu’il s’agissait d’une bactérie appelée Streptococcus pyogenes.

« Streptococcus pyogenes », c’est 500 000 décès par an dans le monde

Cette espèce bactérienne vit uniquement chez l’être humain. Elle peut se trouver dans la gorge ou sur la peau, sans forcément provoquer une infection. Mais parfois, elle cause des maladies bénignes, comme une angine (mal de gorge d’origine bactérienne), ou des infections graves, qui peuvent être mortelles si elles ne sont pas soignées à temps.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que, chaque année, dans le monde, 700 millions d’infections sont provoquées par cette bactérie, dont 600 millions rien que pour la gorge. Et malheureusement, environ 500 000 personnes en meurent chaque année, ce qui en fait l’une des dix causes majeures de décès.

Il s’agit donc d’un véritable problème de santé publique. Malgré les recherches, il n’existe toujours pas de vaccin efficace contre cette bactérie. Heureusement, elle reste généralement sensible aux antibiotiques, en particulier aux pénicillines, qui font partie de la grande famille des bêta-lactamines.

Une sensibilité aux pénicillines qui risque de ne pas durer

Les bêta-lactamines agissent comme des verrous qui viennent bloquer des éléments essentiels pour la survie de la bactérie, l’empêchant de se multiplier et finissant par la tuer. Leur cible est une protéine spécifique (appelée PLP, pour « protéine liant la pénicilline »), indispensable à la construction de la paroi protectrice de la bactérie.

Schématiquement, quand l’antibiotique se fixe à la PLP, celle-ci n’est plus active et la bactérie meurt. Cependant, si la PLP est altérée du fait de mutations de son gène, il résulte une réduction de l’efficacité de la liaison des antibiotiques de la famille des bêta-lactamines à la PLP : la bactérie devient moins sensible à l’antibiotique, voire franchement résistante, comme c’est le cas pour d’autres espèces de streptocoques, notamment Streptococcus pneumoniae.

Streptococcus pyogenes est classiquement sensible aux bêta-lactamines. Par conséquent, les tests de sensibilité (antibiogrammes), qui sont réalisés afin de vérifier que ces antibiotiques seront efficaces pour soigner l’infection, ne sont pas toujours effectués avant de traiter les patients.

Pourtant certains laboratoires ont récemment [rapporté] une diminution de la sensibilité de la sensibilité de certaines souches de Streptococcus pyogenes aux bêta-lactamines par un mécanisme similaire : on aurait affaire à des mutations de la protéine PLP de la bactérie, qui seraient sans doute favorisées par un traitement mal adapté (dosages d’antibiotiques insuffisants, ou traitement mal suivi par les patients).

Une collecte de streptocoques auprès de patients du CHU de Rennes

Au CHU Ponchaillou-Université de Rennes, dès 2009, notre équipe de recherche a eu la clairvoyance de commencer à collecter tous les échantillons de cette bactérie parallèlement à ceux d’une autre espèce très proche génétiquement, appelée Streptococcus dysgalactiae sous-espèce equisimilis (SDSE). Ces échantillons provenaient de patients du département d’Ille-et-Vilaine, hospitalisés au CHU de Rennes.

Grâce à l’importance de cette collecte systématique, il a été possible de décrire en détail l’évolution des infections causées par cette bactérie au sein de la population de la région, sur une période d’une dizaine d’années. Ce travail a permis d’instaurer une étroite collaboration avec le Pr James Musser, un expert mondial de Streptococcus pyogenes basé à Houston, aux États-Unis.

L’analyse des gènes de toutes ces souches a montré que la bactérie Streptococcus pyogenes intégrait fréquemment des morceaux d’ADN provenant de SDSE (cette sous-espèce de bactérie proche génétiquement, ndlr). Plus préoccupant, ces recherches montraient pour la première fois, que ces échanges génétiques modifiaient considérablement la protéine PLP de S. pyogenes, [ce qui rendait la bactérie moins sensible] à de nombreux antibiotiques de la famille des bêta-lactamines.

Cette découverte importante tire une sonnette d’alarme : elle montre que la résistance de Streptococcus pyogenes aux antibiotiques de première ligne est probablement sous-estimée et qu’elle pourrait se propager.

Il est donc primordial de maintenir une surveillance permanente pour déceler rapidement l’apparition de bactéries résistantes et éviter qu’elles ne deviennent une menace pour la santé publique.

SDSE, une espèce bactérienne méconnue à ne pas sous-estimer

L’intérêt des scientifiques et des médecins s’est rapidement porté sur l’analyse des échantillons de bactérie SDSE recueillis pendant la même période que ceux de Streptococcus pyogenes.

Depuis quelques années, de nombreuses équipes à travers le monde signalent en effet une augmentation surprenante des infections graves à SDSE, correspondant probablement à la diffusion d’une souche particulière de SDSE (appelée « stG62647 »). Jusqu’alors, cette espèce bactérienne était très peu étudiée car on la considérait surtout comme un simple « résident » inoffensif de la peau ou de la gorge, rarement responsable d’infections sévères.

Grâce à la collaboration transatlantique des équipes rennaise et états-unienne, l’analyse génétique d’environ 500 échantillons collectés à Rennes a permis de dater précisément la première détection de cette souche particulière stG62647 : elle serait apparue en 2013 et se serait rapidement répandue dans la région de l’Ille-et-Vilaine. Il s’agit d’une souche très homogène génétiquement, ce qui signifie qu’elle descend récemment d’un « ancêtre » commun particulièrement bien adapté à son hôte, l’être humain.

La sévérité de l’infection liée aux caractéristiques du malade

Un travail effectué en laboratoire afin de mieux comprendre les différentes étapes du processus infectieux par SDSE a permis aux chercheurs de prendre conscience de la complexité des mécanismes de virulence. Ils ont également soulevé un paradoxe : malgré leur grande similitude génétique, les SDSE présentent des niveaux de dangerosité (virulence) très variables.

Cette découverte suggère que la gravité des infections dépend de mécanismes de régulation complexes de la bactérie, qui sont liés à la manière dont elle interagit avec la personne qu’elle infecte.

En d’autres termes, la sévérité de l’infection ne dépend pas seulement de la bactérie elle-même, mais aussi des caractéristiques propres à chaque personne infectée. C’est ce que les chercheurs ont décrypté dans leur dernière publication sur le sujet.

Des implications importantes pour la santé publique

Riches de l’expérience acquise sur S. pyogenes, ces travaux pionniers sur cette autre bactérie SDSE révèlent que de nombreux secrets restent à découvrir pour les deux bactéries. Mais d’ores et déjà, les implications de ces résultats sont importantes pour :

  1. le diagnostic et la surveillance de la résistance aux antibiotiques, car les laboratoires doivent désormais être plus vigilants pour détecter les souches résistantes ;

  2. la surveillance continue des infections pour prévenir l’émergence de nouveaux clones bactériens virulents ;

  3. le développement de nouveaux traitements, car la compréhension des mécanismes de virulence ouvre la voie à de nouvelles cibles thérapeutiques et à d’éventuelles nouvelles approches vaccinales.

Un modèle de recherche collaborative efficace pour la santé

Cette collaboration franco-états-unienne illustre l’importance de combiner différentes approches : surveillance de terrain, analyse génétique, étude de l’expression des gènes et tests sur les organismes.

Les chercheurs ont ainsi mis à disposition de la communauté scientifique internationale l’ensemble des données génétiques des souches bretonnes, ce qui va faciliter les recherches futures sur ces bactéries d’intérêt croissant en santé publique.

Cette recherche dite « translationnelle » – qui va du laboratoire au patient (from bench to bedside, en anglais) – est très efficace pour mieux anticiper les crises infectieuses futures. Elle permet d’adapter nos stratégies de prévention et de traitement face à l’évolution constante des agents pathogènes.

The Conversation

Samer Kayal ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.

ref. Des souches bretonnes de streptocoques étudiées aux États-Unis et dans le monde pour mieux lutter contre ces bactéries virulentes – https://theconversation.com/des-souches-bretonnes-de-streptocoques-etudiees-aux-etats-unis-et-dans-le-monde-pour-mieux-lutter-contre-ces-bacteries-virulentes-265808

Pour promouvoir l’alimentation végétale, l’argument santé serait plus efficace que l’argument écologique

Source: The Conversation – in French – By Ricardo Azambuja, Professeur associé en management, EDHEC Business School

Et si prôner d’abord les bienfaits pour la santé – plutôt que l’argument écologique – se révélait un angle d’attaque plus efficace pour convertir les populations à une alimentation végétale ? C’est ce que recommande une équipe de recherche dont les travaux pointent le fait que la population a connaissance de l’impact environnemental des régimes alimentaires carnés, mais que cela ne suffit pas à faire reculer la consommation de viande.


Longtemps considérés comme un choix marginal, les régimes alimentaires à base de plantes sont désormais reconnus pour leurs avantages environnementaux et éthiques, mais leur adoption se heurte à des obstacles persistants : manque de sensibilisation à leurs bienfaits pourtant établis pour la santé, dissonance cognitive (« savoir sans agir ») et messages publics qui induisent souvent un sentiment de culpabilité autour de la destruction de l’environnement.

Dans notre dernière étude, nous révélons un paradoxe majeur : l’argument santé – sans doute le plus personnel et le moins clivant – est étrangement absent des campagnes de promotion de l’alimentation à base de plantes, alors qu’il pourrait permettre de surmonter les résistances individuelles et sociales qui freinent l’adoption de régimes plus végétaux.

En effet, si la population française est consciente de l’impact climatique associé à la consommation de viande, elle sous-estime massivement les risques que cette dernière fait peser sur sa santé (maladies cardiovasculaires, cancers, etc.) et surestime, dans le cadre d’une alimentation « équilibrée », son importance nutritive – alors même qu’elle accorde une attention particulière aux questions de santé individuelle.

Une différence marquée de niveau de connaissances des multiples impacts

Une transition mondiale vers des régimes alimentaires à base de végétaux pourrait atténuer considérablement l’impact négatif du système alimentaire sur l’environnement, la santé et le bien-être animal.

Si, parmi les responsables politiques et les spécialistes en sciences sociales, la diffusion d’informations sur les impacts sanitaires et environnementaux de régimes alimentaires individuels est devenue un outil populaire pour inciter les consommateurs à adopter des régimes alimentaires plus durables, on sait peu de choses sur les connaissances de la population française concernant les avantages pour la santé d’un régime alimentaire végétal.

À partir d’un échantillon représentatif de cette population française (N = 715), nous avons évalué les connaissances moyennes sur les avantages relatifs des régimes alimentaires végétaux pour différentes dimensions. Nous montrons que les gens ont en moyenne une bonne connaissance de l’impact environnemental assez faible des régimes alimentaires à base de végétaux (gaz à effet de serre, utilisation des terres), mais qu’ils sous-estiment considérablement leurs bienfaits pour la santé.

Nous constatons également que les gens sous-estiment considérablement la prévalence de l’agriculture intensive et, par conséquent, les avantages pour le bien-être animal à adopter un régime alimentaire végétal.

Nos résultats semblent ainsi indiquer que la société est principalement divisée en deux groupes : ceux qui ont une opinion positive des régimes alimentaires à base de plantes dans tous les domaines, et ceux qui voient moins d’avantages dans les régimes alimentaires à base de plantes dans tous les domaines.

Ce travail ouvre une piste de réflexion prometteuse sur le rôle des campagnes d’information dans le changement des habitudes alimentaires individuelles.

Des connaissances qui ne semblent pas enclencher de changements de comportements

Le dérèglement climatique et les enjeux écologiques globaux comptent désormais parmi les principales préoccupations de la population française. Notre étude confirme que le public est bien informé quant à l’impact délétère de la consommation de viande, tant sur l’environnement que sur le bien-être animal.

Nos résultats montrent notamment que les personnes interrogées ont une idée assez précise des ordres de grandeur en jeu, et savent, par exemple, que produire la même quantité de protéines avec du bœuf peut générer 100 fois plus de carbone qu’avec des pois. Pourtant ces connaissances, loin de déclencher un changement massif des comportements, provoquent surtout un malaise individuel. Informées, oui ; concernées, certes… mais peu ou pas prêtes à modifier le contenu de leur assiette.

Peut-être plus troublant, notre étude révèle qu’évoquer l’impact de l’élevage bovin sur le climat ou dénoncer la maltraitance animale dans les élevages industriels peut aller jusqu’à susciter une forme de rejet : face à ces sujets sensibles, certains choisissent par exemple d’éviter de s’informer davantage.

Dans ce contexte, il paraît peu réaliste d’espérer que des changements à grande échelle reposent sur des évolutions comportementales individuelles, alors que les problèmes (éthiques ou écologiques) liés à nos comportements alimentaires relèvent avant tout de choix de société – et donc d’une responsabilité collective, dont les individus peuvent se sentir dépossédés.

Nos travaux dessinent des stratégies de communication efficaces, orientées notamment sur les bénéfices individuels, pour encourager des changements concrets à l’échelle individuelle en commençant par la question de l’alimentation.

La prise de conscience de l’impact sur la santé peut-elle changer la donne ?

Face à la réussite mitigée des arguments d’ordre écologique et éthique – la consommation de viande bovine a diminué de 6 % en vingt ans, mais la consommation globale de viande connaît une sorte de plateau ces dernières années à hauteur de 85 kg par an et par personne –, nos recherches mettent en lumière la faible représentation des informations évoquant les bénéfices pour la santé individuelle d’une alimentation plus végétale, alors même que ce sujet semble particulièrement important aux yeux des Français.

Les recommandations scientifiques sont pourtant claires. En 2019, une étude portée par 37 chercheurs et publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet avait déjà avancé des propositions pour pouvoir nourrir plus sainement l’ensemble de la population mondiale grandissante. Ces scientifiques recommandaient ainsi au maximum une portion de viande rouge par semaine et deux portions hebdomadaires pour la volaille et le poisson, avec à la clé une baisse de 20 % de la mortalité adulte.

Sur son site grand public Manger Bouger, l’agence officielle Santé publique France rappelle également le rôle protecteur des fruits et légumes pour prévenir des pathologies comme les cancers, les maladies cardiovasculaires et le diabète, ou encore contre l’obésité. Enfin, des travaux de recherche récents insistent par ailleurs sur le fait que la consommation d’aliments d’origine végétale est associée à une meilleure santé cardiovasculaire, s’ils sont de bonne qualité nutritionnelle et peu ou pas transformés industriellement.

Coordonner l’action publique en santé, en écologie et dans l’agriculture pour promouvoir l’alimentation végétale

Finalement, nos résultats suggèrent que l’absence de diminution de la consommation de viande à l’échelle nationale repose en majeure partie sur l’idée, médicalement fausse mais très répandue, qu’un régime comportant une faible quantité de viande reste toujours plus sain qu’un régime entièrement végétal. Ces travaux ouvrent donc un nouvel angle d’attaque plus efficace pour convertir les populations à l’alimentation végétale, en prônant d’abord l’argument de santé plutôt que l’argument écologique.

Transformer les habitudes de consommation de viande passe par une action coordonnée des ministères de la santé, de l’agriculture et de l’écologie. Mais, pour convaincre vraiment, il s’agit aussi de communiquer vers la population en adoptant une stratégie efficace. Mettre en avant les bénéfices pour la santé des individus est à cet égard un aspect de communication essentiel à prendre en compte. D’autres acteurs sont également intéressants à mobiliser dans ce cadre, comme le corps médical et tout autre prescripteur possible en termes d’alimentation.

La transition vers une alimentation végétale dépendra non seulement de l’information, mais aussi de la manière dont elle sera reformulée : moins de moralisme, plus de preuves tangibles, une meilleure cible des enjeux individuels, et surtout une action publique coordonnée (santé, écologie, agriculture).

The Conversation

Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.

ref. Pour promouvoir l’alimentation végétale, l’argument santé serait plus efficace que l’argument écologique – https://theconversation.com/pour-promouvoir-lalimentation-vegetale-largument-sante-serait-plus-efficace-que-largument-ecologique-270532

Crise de la dette: les quatres leviers qui peuvent aider le Sénégal à éviter la restructuration

Source: The Conversation – in French – By Souleymane Gueye, Professor of Economics and Statistics, City College of San Francisco

Le Fonds monétaire international (FMI) a réévalué la dette du Sénégal à 132 % du PIB, entraînant une dégradation de sa note souveraine. Les discussions avec le FMI avancent lentement et le pays rencontre des difficultés pour lever des financements sur les marchés internationaux.

Malgré tout, la dette reste soutenable depuis 2024, mais elle place le Sénégal devant un dilemme : restructurer immédiatement ou poursuivre la stratégie actuelle, qui permet de rembourser les échéances sans accord avec le FMI et de maintenir son Plan de redressement économique et social.
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En tant qu’économiste ayant étudié les relations entre le FMI et le Sénégal sur quarante ans, je ne préconise pas une restructuration de cette dette.

En dépit d’un besoin de financement de 5 800 milliards de F CFA pour 2025, il est préférable de poursuivre la trajectoire actuelle et le plan de redressement, tout en recherchant un accord avec le FMI, aligné sur la “Vision 2050”.

Qu’est-ce qu’une restructuration de la dette ?

Une restructuration de la dette est un « réaménagement négocié des obligations d’un État pour restaurer la soutenabilité de sa dette » . Elle intervient lorsque le pays n’est plus en mesure de payer ses dettes sans compromettre sa stabilité économique et sociale. Autrement dit, elle intervient en cas de défaut de paiement. Or, ce n’est pas la situation actuelle du Sénégal. Une restructuration vise surtout à alléger la pression financière et à redonner des marges budgétaires.




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Elle repose sur deux principes simples : un pays ne peut pas continuer à emprunter indéfiniment, et les créanciers ont parfois du mal à se coordonner entre eux.

Une restructuration peut prendre plusieurs formes :

  • réduction du principal (haircut) : le créancier accepte d’abandonner une partie de la somme due. C’est la solution la plus lourde, réservée aux situations de détresse sévère.

  • reprofilage : le pays paie tout, mais plus lentement et moins cher, parfois avec une période de grâce. Cela facilite l’ajustement budgétaire sans choc majeur.

  • rééchelonnement : report des échéances dans le temps, souvent sous l’égide du Club de Paris – un groupe informel de pays créanciers dont le rôle est coordonner la restructuration de la dette publique des États qui n’arrivent plus à rembourser leurs emprunts – ou de créanciers privés, avec des conditions financières assouplies.

  • cadre commun du G20 : restructuration globale et coordonnée entre tous les créanciers, visant à éviter les blocages, garantir la transparence et s’accompagner d’un programme macroéconomique avec le FMI.




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Les implications économiques

Plusieurs études comme celle de l’économiste américain Barry Eichengreen montrent qu’une restructuration de la dette peut réduire fortement l’investissement privé, fragiliser les banques exposées aux titres publics et limiter l’accès du pays aux financements extérieurs. Elle augmente aussi les primes de risque et peut entraîner une crise de confiance.

Dans une économie comme celle du Sénégal, intégrée à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et sans politique monétaire indépendante, ces chocs sont très difficiles à absorber.

À long terme, une restructuration peut être utile si elle est bien pensée et accompagnée de réformes crédibles. Elle peut améliorer la structure de la dette, réduire les intérêts, libérer des marges pour les dépenses prioritaires et restaurer la confiance.

Mais ces avantages dépendent du maintien d’une dynamique de croissance non entravée par des ajustements trop brutaux. Ce qui est impossible à avoir avec le FMI.

Le Sénégal doit-il restructurer sa dette publique ?

Le Sénégal a un endettement très élevé, mais il reste soutenable selon le mode de calcul courant. On compare les dépenses obligatoires de l’État (salaires, transferts, dépenses de fonctionnement et d’investissement) à ses recettes. Puis, on vérifie si le service de la dette reste supportable. Selon ce calcul, basé sur la dernière loi de finances initiale, le Sénégal se situe dans la catégorie des pays à haut risque, mais pas en situation de défaut de paiement.

En revanche, les besoins de financement augmentent, et la confiance des marchés s’est affaiblie après la révélation des dettes cachées et l’absence d’accord avec le FMI.




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Malgré ce contexte difficile, le Sénégal continue de payer sa dette, mais les taux d’intérêt très élevés aggravent le coût du service de la dette et réduisent les marges pour investir. Aujourd’hui, 16 % des recettes fiscales et 50 % des revenus de l’État servent à rembourser la dette, contre 25 % en moyenne en Afrique.

Cette situation peut-elle durer ? Une restructuration pourrait alléger la pression, car refuser d’y recourir expose le pays à un risque de crise de liquidité pouvant se transformer en crise financière et économique.

Ce contexte financier est très tendu, mais il reste, selon nous, soutenable. Il peut même s’améliorer si le pays exploite pleinement ses atouts. Le Sénégal dispose en effet d’un environnement prometteur qui peut éviter une restructuration immédiate de la dette.

Ces atouts tournent autour de ces facteurs :

  • Une population jeune, dynamique et entreprenante

  • Une stabilité politique et institutionnelle dans une région instable.

  • Une croissance potentielle solide (8 % -10 %), renforcée par le gaz, le pétrole et l’or.

  • Une administration fiscale et financière en constante amélioration grâce
    aux réformes récentes.

. Un potentiel enviable dans l’agrobusiness, les ressources halieutiques, les services et le numérique, et l’accès encore possible aux financements extérieurs confessionnels.

Eviter la restructuration du type FMI

Fort de ces atouts, le Sénégal doit éviter une restructuration encadrée par le FMI, car impliquant forcément un programme du FMI. Celui-ci est fondé sur des politiques bien connues :

• Une politique fiscale restrictive : forte réduction du déficit, diminution des dépenses publiques, élimination des subventions, hausse des impôts, licenciements administratifs,

• Une privatisation des entreprises publiques et para publiques,

• Une politique monétaire restrictive (augmentation du coût du crédit) si le pays dispose d’une politique monétaire autonome,

• Une libéralisation totale du secteur financier et du commerce extérieur.

Ces politiques risqueraient d’exacerber la contraction de l’activité économique au lieu de la résoudre car, du fait du régime de change fixe, le Sénégal ne dispose pas du levier monétaire et du taux de change pour atténuer les effets négatifs que ces mesures auraient sur l’activité économique.

Autrement dit, les déséquilibres budgétaires vont être rétablis au détriment d’une croissance économique endogène et inclusive, exacerbant les inégalités économiques et sociales, et la paupérisation des populations.

Entrer dans une restructuration maintenant créerait un cercle vicieux : une contraction de l’activité économique occasionnant une baisse des recettes et des difficultés à atteindre les objectifs du programme. Ce qui entraînera alors davantage d’austérité.

Il faudra donc tout faire pour éviter ce scénario et concevoir une autre stratégie pour desserrer la pression sur les finances publiques et mieux gérer la dette.

Une stratégie alternative

Éviter une restructuration immédiate ne veut pas dire rester passif. Il faut au contraire bâtir une stratégie solide autour de quatre leviers :

  • D’abord, privilégier une approche basée sur la transparence : terminer l’inventaire de la dette, publier tous les rapports et élaborer un plan de gestion conforme aux recommandations de la Cour des comptes. Cette approche devrait idéalement s’accompagner d’un accord formel avec le FMI pour valider le cadre macroéconomique proposé par le Sénégal et renforcer la transparence budgétaire, envoyant ainsi un signal fort de confiance aux marchés internationaux.

  • Le deuxième levier consiste à distinguer clairement la dette de l’État central de celle des entreprises publiques et des garanties souveraines.

Pour la dette centrale, le gouvernement sénégalais peut renégocier les maturités des Euro-obligations et prêts commerciaux à taux élevés sur le long terme sans une restructuration formelle. L’État doit chercher à convertir les prêts bilatéraux à court terme en financements concessionnels ou partenariats sectoriels, tout en privilégiant les financements auprès de partenaires bilatéraux et multilatéraux (Chine, Turquie, Inde, pays du Golfe).

Ce reprofilage partiel, conçu indépendamment du FMI, pourrait améliorer la liquidité et libérer des marges pour soutenir l’économie. L’État doit se concentrer sur les obligations à court terme (bons du Trésor et titres de moins de deux ans) pour refinancer, renégocier les taux ou prolonger les échéances, afin de ne pas déstabiliser le système bancaire de l’Uemoa.

  • Le troisième levier consiste à étaler l’ajustement fiscal sur plusieurs années, élargir l’assiette fiscale et engager une réforme axée sur l’équité. Le gouvernement doit aussi renforcer la gouvernance des régies financières et mettre en place une gestion efficace des revenus tirés du gaz, du pétrole et des autres ressources naturelles.

  • L’exploitation du gaz et du pétrole offre au Sénégal un levier supplémentaire : valoriser les revenus futurs pour négocier de meilleures conditions. La création d’un fonds de stabilisation et d’un cadre transparent d’exploitation de ces ressources peut réduire la charge de la dette et permettre d’investir dans la formation des jeunes, le capital humain et les services publics.




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Que retenir ?

Tant que le FMI maintient ses conditions classiques ou retarde les négociations, le Sénégal ne devrait pas restructurer sa dette. La stratégie à suivre consiste à :

• Consolider graduellement les finances publiques en réduisant les dépenses de fonctionnement de l’État central et en fusionnant les directions et les agences publiques

• Préserver l’investissement public, relancer l’investissement privé et élaborer des mesures spécifiques de relance de la croissance economique;

• Négocier des conditions moins procycliques et contraignantes;

• Finaliser un programme avec le FMI basé sur la Vision 2050;

• Et n’envisager une restructuration qu’en dernier recours, dans un cadre structuré, repensé et adossé aux priorités économiques du gouvernement sénégalais et plus favorable.

Une dette bien analysée et bien gérée ne peut pas déboucher sur une défaillance économique. Au contraire, elle peut devenir un outil puissant de souveraineté pour favoriser le plein emploi, réduire la pauvreté et promouvoir la justice économique et sociale.

The Conversation

Souleymane Gueye receives funding from Monterey Institute of International Studies and the Fullbright foundation

ref. Crise de la dette: les quatres leviers qui peuvent aider le Sénégal à éviter la restructuration – https://theconversation.com/crise-de-la-dette-les-quatres-leviers-qui-peuvent-aider-le-senegal-a-eviter-la-restructuration-270177

Ces bulles invisibles qui propagent le cancer… et pourraient aider à le stopper

Source: The Conversation – in French – By Vahé Nerguizian, Professeur titulaire, École de technologie supérieure (ÉTS)

Des bulles invisibles transportent le cancer d’un organe à l’autre. Comprendre ces messagères microscopiques pourrait changer la lutte contre les métastases.

Empêcher un cancer de se propager dans le corps : voilà le défi que s’est donné notre équipe au Département de génie électrique de l’École de technologie supérieure (ÉTS). En collaboration avec la professeure Julia Burnier et des spécialistes en biologie de l’Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill, nous cherchons à comprendre comment les cancers se transforment en métastases, c’est-à-dire comment ils envahissent d’autres organes.

Depuis environ huit ans, mon équipe se penche sur les nanoparticules lipidiques, qui font une taille d’à peine une centaine de nanomètres et qui sont donc invisibles à l’œil nu. Nous cherchons d’abord à comprendre le chemin de la métastase. Ensuite, nous trouvons des façons différentes d’injecter les médicaments dans le corps.

Les nanoparticules lipidiques, comme les liposomes, se distinguent des approches classiques : elles permettent de délivrer les médicaments directement dans les cellules tumorales, ce qui accroît leur efficacité et réduit la toxicité, comparé aux chimiothérapies conventionnelles. Des chercheurs ont démontré que les liposomes ciblent mieux les tumeurs et diminuent les effets secondaires, tandis que d’autres ont observé que ces nanomédicaments améliorent la pénétration et la spécificité du traitement, notamment face aux métastases. Ces résultats confirment que les nanomédicaments peuvent rendre les traitements du cancer plus ciblés, plus efficaces et mieux tolérés.

De minuscules particules responsables de la propagation

Chaque cellule de notre corps, saine ou cancéreuse, libère de minuscules particules appelées vésicules extracellulaires. Ces petites bulles, faites de lipides et de protéines, transportent aussi de l’information génétique. Lorsqu’une cellule cancéreuse libère dans le sang ses vésicules et que ces dernières sont transférées à une cellule saine, elle peut en modifier l’ADN et la transformer à son tour en cellule cancéreuse. C’est ainsi que le cancer se propage vers d’autres organes comme le foie : ce mécanisme est à la base des métastases.

Le problème, c’est qu’il est long et difficile d’extraire et d’étudier ces vésicules naturelles. Pour accélérer la recherche, mon équipe produit donc des copies artificielles appelées liposomes grâce à de petits dispositifs, des micromélangeurs. En mélangeant différentes solutions – des lipides, des protéines, de l’eau et de l’éthanol – notre équipe de recherche crée des particules ressemblant aux vésicules naturelles. Notre défi consiste à comprendre quels sont les lipides et les protéines qui sont contenus dans les vésicules extracellulaires pour produire des liposomes.

Ces liposomes sont ensuite injectés dans des cellules cancéreuses hépatiques pour voir comment elles réagissent. Plus les cellules retiennent ces particules, plus cela prouve que les copies imitent bien la réalité.

Dans une expérience type, les liposomes sont fabriqués avec des paramètres précis afin de reproduire la taille et la charge des vésicules extracellulaires. Ils sont également rendus visibles en les colorant avec un marqueur fluorescent. Ces liposomes sont ensuite incubés avec des cellules cancéreuses, cultivées dans notre laboratoire. Il est ainsi possible de filmer et de mesurer, en temps réel et sans perturber les cellules, comment et à quelle vitesse les liposomes sont absorbés et exprimés par les cellules cancéreuses. Nos résultats montrent que plus les liposomes ressemblent aux vésicules naturelles en taille et en charge, plus ils sont efficacement absorbés. Cela permet de voir comment leur composition chimique et physique influence leur absorption par les cellules et leur rôle possible dans le développement des tumeurs.

Observer le comportement des liposomes

Notre objectif est de pouvoir comprendre comment ces vésicules extracellulaires sont transportées vers les cellules du foie pour y créer des métastases. Notre principal défi est de faire en sorte que ces liposomes puissent imiter vraiment les vésicules extracellulaires.

Nous obtenons actuellement un taux d’efficacité de 50 % pour l’encapsulation des protéines. Nous visons à le faire grimper à 90 %. Nous espérons ainsi expliquer la façon dont sont formées les métastases afin de les bloquer. Une fois la technique peaufinée, notre équipe mènera des tests sur les rats.

À long terme, ces travaux pourraient changer la donne pour de nombreux patients, en empêchant la formation de métastases et en augmentant leurs chances de survie. Notre but : comprendre et bloquer la formation des métastases.

Vers de nouveaux traitements

Notre équipe ne cherche pas seulement à comprendre le processus, mais aussi à développer de nouvelles armes contre le cancer. L’idée est d’utiliser ces liposomes comme de minuscules navettes capables de transporter des médicaments directement vers les cellules cancéreuses. Les diamètres des liposomes diffèrent en fonction de l’organe cancéreux à traiter. Par conséquent, il est très important de bien caractériser et comprendre les propriétés de ces liposomes.

Par exemple, des chercheurs testent actuellement l’encapsulation de curcuma, une molécule étudiée pour ses propriétés anticancéreuses. Notre équipe fait de même pour observer comment les cellules cancéreuses réagissent à ces liposomes. Le curcuma, et plus précisément la curcumine qu’il contient, aide à combattre le cancer en ralentissant la croissance des cellules tumorales et en favorisant leur destruction par le corps. Plusieurs études confirment ses effets anti-inflammatoires et antioxydants, ce qui peut renforcer l’action des traitements contre le cancer. Grâce à l’encapsulation dans des liposomes, nous améliorons la capacité du curcuma à atteindre et cibler les cellules malades.

Outre cette molécule, d’autres molécules comme le paclitaxel sont déjà utilisées dans des traitements anticancéreux sous forme liposomale. Le paclitaxel encapsulé améliore notamment la délivrance du médicament et sa tolérance.


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Il existe aussi des stratégies innovantes utilisant des liposomes pour transporter de petits morceaux d’ADN ou des anticorps qui vont agir comme des messagers, aidant le corps à mieux détecter et combattre les cellules malades. Ces approches sont validées par plusieurs études scientifiques et sont déjà utilisées dans certains traitements du cancer, avec de nouveaux progrès chaque année pour améliorer leur efficacité et leur sécurité.

En reproduisant les vésicules naturelles du corps émanant des cellules cancéreuses par des liposomes, notre équipe espère percer le secret de la propagation du cancer et déterminer les approches efficaces pour la bloquer. Nos recherches ouvrent la voie à des traitements plus ciblés, capables d’empêcher la formation des métastases et d’améliorer les chances de survie des patients.

La Conversation Canada

Vahé Nerguizian a reçu des financements de CRSNG.

ref. Ces bulles invisibles qui propagent le cancer… et pourraient aider à le stopper – https://theconversation.com/ces-bulles-invisibles-qui-propagent-le-cancer-et-pourraient-aider-a-le-stopper-266453

Winter storms blanket the East, while the U.S. West is wondering: Where’s the snow?

Source: The Conversation – USA (2) – By Adrienne Marshall, Assistant Professor of Geology and Geological Engineering, Colorado School of Mines

Much of the West has seen a slow start to the 2026 snow season. Hyoung Chang/The Denver Post

Ski season is here, but while the eastern half of the U.S. digs out from winter storms, the western U.S. snow season has been off to a very slow start.

The snowpack was far below normal across most of the West on Dec. 1, 2025. Denver didn’t see its first measurable snowfall until Nov. 29 – more than a month past normal, and its latest first-snow date on record.

But a late start to snow season isn’t necessarily reason to worry about the season ahead.

Adrienne Marshall, a hydrologist in Colorado who studies how snowfall is changing in the West, explains what forecasters are watching and how rising temperatures are affecting the future of the West’s beloved snow.

Weather map show precipitation outlook, with a strip across Colorado, Utah and up to Oregon in a band with equal chances of wetter or drier conditions.
The National Weather Service Climate Prediction Center’s seasonal outlook for January through March 2026 largely follows a typical La Niña pattern, with warmer and drier conditions to the south, and wetter and cooler conditions to the north.
NOAA

What are snow forecasters paying attention to right now?

It’s still early in the snow season, so there’s a lot of uncertainty in the forecasts. A late first snow doesn’t necessarily mean a low-snow year.

But there are some patterns that we know influence snowfall that forecasters are watching.

For example, the National Oceanic and Atmospheric Administration is forecasting La Niña conditions for this winter, possibly switching to neutral midway through. La Niña involves cooler-than-usual sea-surface temperatures in the Pacific Ocean along the equator west of South America. Cooler ocean temperatures in that region can influence weather patterns across the U.S., but so can several other factors.

La Niña – and its opposite, El Niño – don’t tell us what will happen for certain. Instead, they load the dice toward wetter or drier conditions, depending on where you are. La Niñas are generally associated with cooler, wetter conditions in the Pacific Northwest and a little bit warmer, drier conditions in the U.S. Southwest, but not always.

When we look at the consequences for snow, La Niña does tend to mean more snow in the Pacific Northwest and less in the Southwest, but, again, there’s a lot of variability.

A map show the snowpack in most of the West is more than 50% below normal.
Scientists often gauge snow conditions by snow-water equivalent, a measure of the amount of water stored in a snowpack. Most of the Western U.S. was far below normal on Nov. 30, 2025. Parts of the Southwest were above normal, but this early in the season, normal is very low to begin with in many of those areas.
USDA Natural Resources Conservation Service

Snow conditions also depend heavily on individual storms, and those are more random than the seasonal pattern indicated by La Niña.

If you look at NOAA’s seasonal outlook maps, most of Colorado and Utah are in the gap between the cooler and wetter pattern to the north and the warmer and drier pattern to the south expected during winter 2026. So, the outlook suggests roughly equal chances of more or less snow than normal and warmer or cooler weather across many major ski areas.

How is climate change affecting snowfall in the West?

In the West, snow measurements date back a century, so we can see some trends.

Starting in the 1920s, surveyors would go out into the mountains and measure the snowpack in March and April every year. Those records suggest snowfall has declined in most of the West. We also see evidence of more midwinter melting.

How much snow falls is driven by both temperature and precipitation, and temperature is warming

In the past few years, research has been able to directly attribute observed changes in the spring snowpack to human-caused climate change. Rising temperatures have led to decreases in snow, particularly in the Southwest. The effects of warming temperatures on overall precipitation are less clear, but the net effect in the western U.S. is a decrease in the spring snowpack.

When we look at climate change projections for the western U.S. in future years, we see with a high degree of confidence that we can expect less snow in warmer climates. In scenarios where the world produces more greenhouse gas emissions, that’s worse for snow seasons.

Should states be worried about water supplies?

This winter’s forecast isn’t extreme at this point, so the impact on the year’s water supplies is a pretty big question mark.

Snowpack – how much snow is on the ground in March or April – sums up the snowfall, minus the melt, for the year. The snowpack also affects water supplies for the rest of the year.

The West’s water infrastructure system was built assuming there would be a natural reservoir of snow in the mountains. California relies on the snowpack for about a third of its annual water supply.

However, rising temperatures are leading to earlier snowmelt in some areas. Evidence suggests that climate change is also expected to cause more rain-on-snow events at high elevations, which can cause very rapid snowmelt.

a man stands on a road that is flooded on both sides as far as the camera can see.  Trees are surrounded by flood water on one side.
When snow melts quickly, it can cause flooding. That happened in 2023 in California, when fast melting from a heavy snow season flooded wide areas of farmland and almond orchards covering what was once Tulare Lake.
Luis Sinco/Los Angeles Times via Getty Images

Both create challenges for water managers, who want to store as much snowmelt runoff as possible in reservoirs so it’s available through the summer, when states need it most for agriculture and for generating hydropower to meet high electricity demand. If the snow melts early, water resource managers face some tough decisions, because they also need to leave room in their reservoirs to manage flooding. Earlier snowmelt sometimes means they have to release stored water.

When we look at reservoir levels in the Colorado River basin, particularly the big reservoirs – Lake Powell and Lake Mead – we see a pattern of decline over time. They have had some very good snow and water years, and also particularly challenging ones, including a long-running drought. The long-term trends suggest an imbalance between supply and growing demand.

What else does snowfall affect, such as fire risk?

During low-snow years, the snowpack disappears sooner, and the soils dry out earlier in the year. That essentially leaves a longer summer dry period and more stress on trees.

There is evidence that we tend to have bigger fire seasons after low-snow winters. That can be because the forests are left with drier fuels, which sets the ecosystem up to burn. That’s obviously a major concern in the West.

Snow is also important to a lot of wildlife species that are adapted to it. One example is the wolverine, an endangered species that requires deep snow for denning over the winter.

What snow lessons should people take away from climate projections?

Overall, climate projections suggest our biggest snow years will be less snowy in anticipated warmer climates, and that very low snow years are expected to be more common.

But it’s important to remember that climate projections are based on scenarios of how much greenhouse gas might be emitted in the future – they are not predictions of the future. The world can still reduce its emissions to create a less risky scenario. In fact, while the most ambitious emissions reductions are looking less likely, the worst emissions scenarios are also less likely under current policies.

Understanding how choices can change climate projections can be empowering. Projections are saying: Here’s what we expect to happen if the world emits a lot of greenhouse gases, and here’s what we expect to happen if we emit fewer greenhouse gases based on recent trends.

The choices we make will affect our future snow seasons and the wider climate.

The Conversation

Adrienne Marshall receives funding from the National Science Foundation, the National Oceanic and Atmospheric Administration, the United States Geological Survey, the Colorado Department of Transportation, and the Alfred P. Sloan Foundation, and has received previous funding from the Carnegie Institution of Washington.

ref. Winter storms blanket the East, while the U.S. West is wondering: Where’s the snow? – https://theconversation.com/winter-storms-blanket-the-east-while-the-u-s-west-is-wondering-wheres-the-snow-270928

Youth Climate Corps: Young Canadians need more action and less tokenization

Source: The Conversation – Canada – By Lilian Barraclough, PhD Student, Social Practice and Transformational Change, University of Guelph

Youth engagement is critical in the fight for a just and sustainable future. And creating opportunities for young people is a vital part of a just transition away from fossil fuels.

The Canadian government’s 2025 federal budget has emphasized creating new opportunities for young people by establishing a Youth Climate Corps, providing employment placements in renewable energy, protecting biodiversity and retrofitting buildings. The government promised to invest $40 million over two years starting in 2026-27.

However, while the creation of the Youth Climate Corps is an encouraging step toward a more sustainable, equitable and resilient country, the 2025 budget simultaneously caters to the oil and gas industry, reducing requirements for urgent emissions reduction and increasing subsidies supporting oil and gas production.

Scientists have called for urgent and rapid cuts to fossil fuel production and emissions for decades in order to avoid the worst consequences of the climate crisis. While Prime Minister Mark Carney has declared that Canada remains on track to meet the emissions reductions targets set out in the Paris Climate Agreement, the expansion of oil and gas brings this into question.

One of the leading causes of climate grief and anxiety among young people is government inaction, in Canada and elsewhere, that has led to feelings of betrayal, anger and despair about climate change.

In our research, colleagues and I have found that young Canadians are experiencing intense emotions related to the climate crisis, and they often have little to no hope for the future, envisioning apocalyptic conditions for themselves and their children.

Eco-anxiety

Although I am now a researcher, I have been involved in environmental and climate action since I was a child. I have witnessed the never-ending cycle of false commitments and lack of follow-through on the climate crisis.

Climate grief refers to grief in response to the losses caused by climate change — of trees, animals, place, homes as well as more intangible elements of culture and connection. Climate or eco-anxiety is defined by the American Psychological Association as “a chronic fear of environmental doom.”

Young Canadians describe their grief in visceral, embodied ways, emphasizing how their concerns about climate change invade their daily lives, relationships and life choices.

In our research, politically active youth expressed anger, frustration and hopelessness at the state of inaction on the climate crisis.

As one participant told us:

“There are times youth lose hope, when you try to push for something and then you have government push back and they just don’t get it when it makes so much sense to you that our climate is changing and we need to do something about it. Why would you not listen? Why aren’t you doing this?”

Youth need genuine engagement

It’s critical to involve more young people in the sectors addressing climate change and create better employment opportunities while building capacity to respond to increasing pressures from the realities of the climate crisis. The Youth Climate Corps is an important step in that direction.

The challenge, however, is that when youth are left out of the decisions that truly influence Canada’s ability to reduce emissions, address biodiversity loss and adapt to the changes we face, it reinforces feelings of betrayal and grief.

Models of youth-adult partnership on climate action show that the most important outcomes come from positive, meaningful youth engagement. These models, when paired with the real-world experience of youth activists, make it clear that both youth and their adult counterparts — in this case government decision-makers — have a responsibility to ensure that climate action is implemented in an intentional, thorough and meaningful way.

When youth are engaged in climate decision-making but the impact on overall action to address the crisis is negligible, it can reinforce and exacerbate climate grief and anxiety.

I see many of my peers facing an impossible job market, forced to take under-paying jobs that don’t align with their values and desires for change. The Youth Climate Corps undoubtedly represents progress, but the recent federal budget investment is limited. It will create few jobs and likely won’t meet the demands of young Canadians.

Limited progress in green jobs for young people doesn’t make up for Canada’s failure to reduce emissions and hold the fossil fuel industry accountable, making young Canadians question whether the federal budget is really one of “generational investment.”

Without inclusive decision-making and concrete action, young people will continue to feel grief and anxiety over the climate crisis and its impact on their health, well-being, jobs and future prospects.

The Conversation

Lilian Barraclough receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada. She is the Co-Chair of the Board of Directors of the Youth Climate Lab and a regional representative for Ontario on the Young Greens Council of Canada and Youth Representative on the Green Party of Canada’s federal council.

ref. Youth Climate Corps: Young Canadians need more action and less tokenization – https://theconversation.com/youth-climate-corps-young-canadians-need-more-action-and-less-tokenization-270050

Coexistencia con grandes carnívoros en Europa: cuando el sensacionalismo eclipsa la ciencia

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Martín Boer-Cueva, Ecologist and Environmental Consultant, Universidad Autónoma de Madrid

Dos ejemplares de lobo ibérico. LFRabanedo/Shutterstock

Los grandes carnívoros siempre han tenido un fuerte valor simbólico en las sociedades humanas. Desde los lobos, retratados como astutos o malvados en cuentos como Caperucita Roja, hasta los osos, que adornan los escudos de ciudades como Berlín, Berna o Madrid, estos animales han formado parte de nuestra cultura durante siglos. Hoy, en Europa, se han convertido además en piezas del tablero político, utilizadas como armas simbólicas y como chivos expiatorios en un contexto cada vez más polarizado.

Durante muchos siglos, los grandes carnívoros europeos estuvieron en declive debido a la persecución y destrucción de sus hábitats, sobreviviendo solo en refugios remotos. En las últimas décadas, especies como el lobo, el oso pardo y los linces –ibérico y euroasiático– están regresando gracias a la protección legal y el abandono rural, que favorece la recuperación de hábitats y de presas naturales.

Este resurgimiento ha despertado entusiasmo, pero también críticas, sobre todo relacionadas con la seguridad de las personas y las pérdidas económicas causadas por sus ataques en comunidades rurales.

Un debate que ignora las evidencias científicas

El debate público, sin embargo, cada vez más sensacionalista y más dominado por el miedo, se está radicalizando y dejando de lado la evidencia científica.

Algunos partidos y grupos de presión han utilizado la conservación de estas especies para impulsar agendas contrarias a las políticas ambientales, presentando el conflicto como un enfrentamiento entre “élites urbanas” y comunidades rurales. Una narrativa simplista que poco ayuda a encontrar soluciones reales.

La percepción de que los lobos se han multiplicado hasta convertirse en una plaga es otra idea errónea. Aunque sus poblaciones han aumentado en algunas regiones, la recuperación ha sido gradual y desigual. Por ejemplo, el censo español 2021–2024 identificó 333 manadas, solo 36 más que en 2014, lejos de las 500 necesarias para garantizar su viabilidad genética. Pese a esta evidencia, el Congreso español ha permitido nuevamente la caza de lobos al norte del río Duero.




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Los osos pardos también generan controversia. Un ejemplo emblemático es el de los Alpes italianos, donde los crecientes conflictos con los humanos amenazan la conservación a largo plazo de la población local de osos, aún pequeña y genéticamente aislada. En 2023, un ataque mortal en Italia protagonizado por una osa con crías volvió a encender el debate sobre la gestión y la coexistencia con los osos y, más en general, sobre los compromisos que conlleva la reintroducción de grandes carnívoros en zonas altamente frecuentadas por el ser humano.

Un tractor con una pancarta que dice en alemán 'el lobo está subvencionado, el granjero está arrunidao' es seguido por otros tractores por una carretera
Pancarta que dice ‘el lobo está subvencionado, el granjero está arruinado’ en una protesta de agricultores en Alemania.
Conceptphoto.info/Flickr, CC BY

Medidas no letales para evitar daños

No obstante, la ciencia es clara: la coexistencia entre humanos y grandes carnívoros es posible y necesaria. Así como las comunidades rurales tienen derecho a mantener su medio de vida, todos tenemos la responsabilidad de conservar los ecosistemas que nos sostienen. Ecosistemas que también dependen de los grandes carnívoros para mantenerse sanos y resilientes.




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Claves para la convivencia entre osos pardos y humanos en la cordillera Cantábrica


Las estrategias no letales para controlar las posibles acciones negativas de estas especies son eficaces y, en muchos casos, más efectivas que las letales. Estudios sobre lobos muestran que las eliminaciones generalizadas o aleatorias, cuando no se dirigen a individuos conflictivos, no reducen la depredación y, a veces, incluso la aumentan.

Medidas como cercados eléctricos, presencia humana en los pastos, perros guardianes y resguardo nocturno del ganado han demostrado reducir los ataques y favorecer la convivencia. Su implementación puede ser costosa o poco conocida, por lo que los gobiernos deberían promoverla mediante ayudas económicas, apoyo técnico y participación comunitaria.

En casos específicos, la eliminación selectiva de individuos conflictivos puede ser necesaria y compatible con la conservación a largo plazo, restaurando la confianza de las comunidades locales.

Un oso observa sobre unas rocas
Oso pardo.
Vincenzo Penteriani, CC BY-SA

Los ataques son raros, pero hay que proteger a las personas

Otro mito común es que los grandes carnívoros representan una amenaza grave para los humanos. Los ataques son muy raros en Europa y suelen derivarse de conductas humanas de alto riesgo. Campañas de información dirigidas a turistas y a quienes viven en zonas con grandes carnívoros pueden enseñar conductas más seguras y ayudar a prevenir accidentes.

No obstante, en los casos de individuos que repetidamente generan conflictos que pueden poner en riesgo vidas humanas, las decisiones sobre gestión no pueden basarse prioritariamente en buscar compromisos con las opiniones de grupos o activistas que, sin conocimientos técnicos, tienden a priorizar al animal de manera estricta. Proteger a un oso que ha causado un ataque mortal sin considerar la seguridad de las personas puede generar rechazo en las comunidades locales y, a la larga, poner en riesgo a más osos si las autoridades no actúan de manera adecuada.

De cara al futuro, la conversación sobre grandes carnívoros debe guiarse por la ciencia y la empatía. La gestión basada en evidencia solo funciona si reconoce a quienes se ven más afectados. Construir confianza requiere políticas transparentes, compensaciones adecuadas y herramientas no letales accesibles.

También es necesario cambiar la narrativa mediática, que a menudo presentan la información sobre los grandes carnívoros de manera exagerada o sesgada, dificultando la convivencia.

Los grandes carnívoros no deberían ser tratados como marionetas políticas entre lo urbano y lo rural o entre la Europa de izquierdas y la de derechas. La verdadera amenaza al medio de vida rural suele encontrarse en la marginación económica y la presión de la agricultura industrial. Sin embargo, los grandes carnívoros se convierten en chivos expiatorios. Si basamos nuestras decisiones en ciencia, equidad y empatía, es posible imaginar una Europa donde humanos y grandes carnívoros coexistan de manera sostenible.

The Conversation

Vincenzo Penteriani es miembro de IBA (International Association for the Bear Conservation and Management, EEUU).

Giulia Bombieri, Marco Salvatori y Martín Boer-Cueva no reciben salarios, ni ejercen labores de consultoría, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del puesto académico citado.

ref. Coexistencia con grandes carnívoros en Europa: cuando el sensacionalismo eclipsa la ciencia – https://theconversation.com/coexistencia-con-grandes-carnivoros-en-europa-cuando-el-sensacionalismo-eclipsa-la-ciencia-268417

¿Tiene fundamentos científicos la resignificación del Valle de los Caídos?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Daniel Palacios González, Personal Docente e Investigador, Historia del Arte, UNED – Universidad Nacional de Educación a Distancia

Imagen del Valle de Cuelgamuros, antes conocido como el Valle de los Caídos. Ana Martinez de Mingo/Shutterstock

El 11 de noviembre se hizo público el resultado del concurso de proyectos convocado por el Ministerio de Vivienda y Agenda Urbana español el pasado mes de abril para la “resignificación” del Valle de los Caídos, antiguo mausoleo de Francisco Franco y José Antonio Primo de Rivera, que también acoge los cuerpos de otras 33 000 personas llevadas durante la dictadura y la Transición, hasta 1983.

Resultó ganadora la propuesta “La base y la cruz”, de los estudios Pereda Pérez Arquitectos y Lignum S. L., que recibirán 4 millones de euros como honorarios para realizar una intervención que costará otros 26 millones de euros.

Detalle del proyecto ‘La base y la cruz’ para el Valle de los Caídos.

Se propone así una “gran grieta” que, según el secretario general de Agenda Urbana, Iñaqui Carnicero, transformará el Valle y se enfrentará “a la monumentalidad del conjunto existente”. Se eliminará la escalinata vertical que da acceso a la basílica y en su lugar se construirá un nuevo soportal a los pies del templo. Se argumenta desde el Gobierno que dará “más protagonismo a la naturaleza”, así como que “invita al diálogo y a una visión más plural, más democrática, donde se incluyan muchas perspectivas”.

Normalmente las políticas públicas están respaldadas por evidencias científicas, ya sea para la planificación de un nuevo viaducto o la próxima campaña de vacunación antigripal. No obstante, esta decisión parece estar basada más en creencias que en datos empíricos.

Políticas públicas y convicciones

La socióloga Sarah Gensburger y la politóloga Sandrine Lefranc, ambas investigadoras del Instituto de Estudios Políticos de París (Sciences Po), han señalado en su trabajo que las políticas de memoria siguen siendo políticas.

Lo que entendemos como políticas de memoria han tendido a ser estrategias que pretenden debilitar la legitimidad de regímenes anteriores y buscan disuadir a quienes apoyan sus ideas. Se sustentan sobre la convicción de que conocer las violencias y tragedias del pasado permitirá construir en el presente sociedades pacíficas y tolerantes, evitando así que conflictos similares vuelvan a producirse.

Sin embargo, esas evocaciones de carácter pedagógico y reconciliador, basadas en la hipótesis de que “el que olvida, repite”, utilizan un argumento político que no es una evidencia psicológica. Los estudios de las últimas décadas han demostrado, de hecho, lo contrario.

Gensburger y Lefranc han trabajado sobre el caso francés y han resuelto que la multiplicación de políticas de memoria discurrió en paralelo al aumento de los votantes de extrema derecha. Ponen ejemplos anteriores que han determinado que las actividades pedagógicas en lugares como Auschwitz-Birkenau en lugar de favorecer el diálogo han dado pie a ideas chovinistas y de aislamiento, especialmente en el caso de jóvenes israelíes. O en Bélgica, donde algunos programas didácticos sobre la Primera Guerra Mundial generaron deseos de venganza y no de pacifismo.

El discurso autorizado del patrimonio

Al mismo tiempo que las decisiones sobre la resignificación del Valle se basan en creencias en lugar de hechos científicos, también se ven mediadas por lo que puede denominarse la ideología del patrimonio.

La historiadora francesa Françoise Choay, especialista en urbanismo y arquitectura, señalaba que la invención del monumento histórico está basada en la oportuna confusión que genera que tanto construcciones conmemorativas como restos antiguos se etiqueten como monumentos, aunque sean figuras opuestas.




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El difícil tránsito hacia la resignificación del Valle de los Caídos


Esto tiene que ver con el hecho de que el origen de los monumentos modernos está en la Italia del siglo XV. En aquel momento se vio en los símbolos de la Roma imperial un medio para legitimar la dominación económica y política por parte de las élites económicas, militares y religiosas.

Estas ideas se extendieron durante la construcción de los estados-nación con lo que el historiador Eric Hobsbawm llamó “tradiciones inventadas”. Así se denominan los artefactos y prácticas que se presentan o perciben como históricos pero que son recientes y están conscientemente “disfrazados” de antiguos para parecer legítimos (como es el mismo Valle de los Caídos con su arquitectura historicista de los años 50).

Además, se adoptaron en marcos legales y protocolos internacionales como la Carta de Atenas (1931), la Carta de Venecia (1964), los convenios de La Haya (1954) y las cartas de ICOMOS y la UNESCO.

Todas iban a la zaga de Alois Riegl, historiador del arte al servicio del Imperio Austrohúngaro. Riegl teorizó los “hechos” y “valores objetivos” por los cuales se determina un monumento como “documento original” a conservar. Al definirlo como “antiguo”, “conmemorativo” o “histórico”, se ocultaba la agenda política detrás de la decisión de conservarlo.

La investigadora australiana Laurajane Smith advierte sin embargo de que la forma dominante y legitimada de pensar, escribir y hablar sobre las prácticas de gestión del patrimonio es solo una: el llamado “discurso autorizado”. Esto imposibilita un debate real que conduzca a cambios en las prácticas de gestión y planificación: puede discutirse la resignificación del monumento pero no el derecho mismo a la existencia.




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En este sentido vemos que la existencia del Valle de los Caídos no ha sido discutida. Al contrario, se le han añadido más capas de valor. Alfredo González-Ruibal, arqueólogo español, afirma que la decisión incluso trata con más “tacto” al monumento que a otro patrimonio de mayor valor. A él no le “apetece dialogar en el Valle de los Caídos”, porque “el Valle es la dictadura. No hay ambigüedad ni matiz. Es un monólogo en el que no cabe diálogo alguno”. En este sentido, lo que la resignificación demuestra es la continuidad en el culto al monumento pero con una nueva capa de aparente “dialogismo”.

La trampa de la resignificación

Monumentos como el dedicado a los “judíos asesinados de Europa” en Berlín, el Museo Sitio de la Memoria ESMA en Buenos Aires o el contra-monumentoFragmentos” en el Museo Nacional de Colombia comparten esa apuesta por hacer de memorias negativas espacios de diálogo y confrontación con el pasado. Al hacerlo asumen que estos monumentos tienen la cualidad dialógica per se, una creencia atribuida a artefactos que acumulan una larga historia cultural.

Monumento por la Memoria de los Judíos Asesinados en Europa en Berlín.
Monumento por la Memoria de los Judíos Asesinados en Europa en Berlín.
Marek Mróz/Wikimedia Commons, CC BY

Esa idea no solo reproduce una relación imaginaria con aquello que etiquetamos como “monumento”, sino que además, como demuestran mis trabajos junto a José María Durán Medraño, ignora que no todas las personas tienen el mismo derecho al espacio público ni lo ocupan de la misma manera. El espacio viene con unas condiciones materiales previas.

Las del Valle de los Caídos, por ejemplo, son las de una dictadura que impuso la desposesión y explotación de millones de personas. Estas personas no van a dialogar con una estructura de estas características porque su memoria –generalmente oral y precaria– no tiene unas dimensiones materiales equiparables a las del Valle para disputar el relato. Por tanto, pensar que un monumento construido por el franquismo puede tener un uso “dialógico” es una ilusión que va más allá de toda fundamentación empírica.

Solo hay que observar el agravio comparativo que surge al ver cómo la memoria de las mujeres que sobrevivieron a la represión estuvo basada en la precariedad. Durante décadas debieron esquivar a los agentes del Estado para poder dejar ofrendas florales clandestinas sobre las fosas comunes donde se habían abandonado los cadáveres de sus compañeros, hijos, maridos, padres. Solo la financiación fruto de la autoorganización familiar, vecinal, militante o la suscripción popular permitió que esos lugares contasen con humildes jardines, placas y monolitos que cambiaran su significado.

De hecho, esta precariedad continúa. Así lo demuestran experiencias como la vivida en Valencia, donde el memorial demandado por la Plataforma de Asociaciones de Familiares de Víctimas del Franquismo de las Fosas Comunes de Paterna para alojar los restos exhumados en uno de los conjuntos de fosas más grandes del estado sigue sin completarse por falta de financiación.

The Conversation

Daniel Palacios González es investigador en la Universidad Nacional de Educación a Distancia como parte del contrato JDC2023-052126-I, financiado por el Ministerio de Ciencia, Innovación y Universidades / Agencia Estatal de Investigación y por el Fondo Social Europeo Plus.

ref. ¿Tiene fundamentos científicos la resignificación del Valle de los Caídos? – https://theconversation.com/tiene-fundamentos-cientificos-la-resignificacion-del-valle-de-los-caidos-269866

Cuando la resistencia antimicrobiana está en el aire que respiramos

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Giulia Gionchetta, Postdoc Junior Leader Fellow La Caixa, Instituto de Diagnóstico Ambiental y Estudios del Agua (IDAEA – CSIC)

La contaminación puede acelerar a evolución de bacterias resistentes a los antibióticos. Denis Kashentsov / Unsplash., CC BY

Cada respiración es una mezcla compleja de vida y química. En cada metro cúbico de aire, especialmente en las ciudades, flotan millones de partículas diminutas conocidas como material particulado (PM, por sus siglas en inglés).

El tamaño de estas partículas es esencial, ya que no todas afectan por igual a la salud humana. Aquellas que miden 2,5 μm (PM₂.₅) –es decir, 0,0025 mm– y las que miden 10 μm (PM₁₀) son las que más se han asociado con enfermedades cardiovasculares, cáncer de pulmón o asma. Pero una nueva línea de investigación sugiere un riesgo adicional y silencioso: su papel como vehículo de la resistencia antimicrobiana.

La resistencia a los antibióticos, una amenaza global reconocida por la OMS, causo más de 1,2 millones de muertes en 2019. Las proyecciones sugieren que podría convertirse en la primera causa de mortalidad a nivel global para 2050. Tradicionalmente, se ha estudiado en hospitales, aguas residuales o alimentos, pero la atmósfera empieza a considerarse como un “nuevo” escenario donde los microorganismos pueden intercambiar genes de resistencia y sobrevivir más tiempo gracias a las partículas que los transportan.

Filtrador de bioaerosol SASS3100 (Research International) utilizado para capturar la componente microbiologica presente en el aire durante el proyecto ARISE.

“Autobús” de resistencia genética

Estudios recientes demuestran que las partículas finas de PM₂.₅ pueden transportar bacterias vivas, fragmentos de ADN y genes de resistencia a través del aire urbano. Una investigación global publicada en The Lancet Planetary Health mostró una correlación directa entre los niveles de contaminación por PM₂.₅ y la prevalencia de infecciones resistentes en más de 100 países.

Pero la historia no acaba ahí. Investigadores del Tianjin Institute of Environmental and Operational Medicine demostraron en el laboratorio que el material particulado no solo transporta bacterias: también favorece la transferencia horizontal de genes, es decir, el intercambio de ADN resistente entre microorganismos.

Esto ocurre porque las partículas ricas en carbono orgánico, metales pesados y contaminantes generan estrés oxidativo, una condición que estimula los mecanismos bacterianos de defensa y mutación. En otras palabras, la contaminación del aire podría estar acelerando la evolución microbiana.

Hospitales, escuelas y residencias, más vulnerables

El hallazgo es particularmente preocupante en entornos cerrados donde la ventilación es limitada, como hospitales, escuelas o residencias. En estos espacios, las partículas finas pueden acumular microorganismos resistentes procedentes de pacientes, polvo, productos de limpieza o tráfico exterior.

Un estudio publicado en Microbiome analizó el aire de un hospital de Guangzhou (China) y detectó genes de resistencia de origen clínico flotando en el PM₂.₅, algunos asociados con infecciones graves.

Los autores advirtieron que el “resistoma aéreo” –genes de resistencia a los antibióticos que viajan por el aire, principalmente a través de aerosoles y partículas en la atmósfera– hospitalario podría representar un riesgo ocupacional para el personal sanitario y un vector subestimado para la comunidad.

En paralelo, una revisión reciente afirma que tanto el PM₂.₅ como el PM₁₀ actúan como reservorios de bacterias resistentes en entornos urbanos e industriales. Por ello, subraya la necesidad de incluir la calidad del aire en las estrategias de control de resistencia.

El tráfico y los compuestos orgánicos volátiles

Dentro de ese mismo aire contaminado, también encontramos los compuestos orgánicos volátiles (VOC, por sus siglas en inglés), emitidos por el tráfico, productos de limpieza o plásticos. Estos compuestos, además de irritar las vías respiratorias, pueden interactuar con los microorganismos del aire y alterar su comportamiento.

Investigaciones recientes sugieren que los VOC también afectan a la estructura de comunidades microbianas en aerosoles. Aunque todavía se estudia su papel exacto, parece claro que la combinación de partículas, química orgánica y microbiota aérea genera un escenario propicio para la persistencia y transmisión de genes resistentes a antibióticos.

La calidad del aire, protagonista

Reconocer el papel del aire supone un cambio de paradigma. Si los genes de resistencia a antibióticos pueden viajar con el polvo, combatir este problema ya no es solo cuestión restringida a los hospitales o la administración de antibióticos.

Es necesario revisar y actualizar las políticas de calidad del aire interior, urbanismo y energía. Asimismo, reducir la contaminación no solo salvaría vidas por enfermedades respiratorias: también podría frenar la expansión global de las bacterias resistentes.

The Conversation

Giulia Gionchetta recibe fondos de La Caixa Foundation (Postdoc la Caixa Junior Leader Fellow)

ref. Cuando la resistencia antimicrobiana está en el aire que respiramos – https://theconversation.com/cuando-la-resistencia-antimicrobiana-esta-en-el-aire-que-respiramos-269834

IA sostenible, ¿una utopía?

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Cefe López Fernández, Profesor de Investigación (materiales fotónicos), Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC)

A pesar de su huella, la IA es también una herramienta crucial para la sostenibilidad. mim.girl/Shutterstock

Mientras le pedimos a la inteligencia artificial (IA) que nos eche una mano para resolver el cambio climático, su propia huella de carbono se está disparando. Y es que, aunque nos ayuda a diseñar fármacos, optimizar las redes eléctricas y predecir desastres naturales, esta tecnología tiene un coste oculto y desmesurado.

El problema es su apetito. El entrenamiento de un modelo como GPT-3, hoy ya superado, requirió unos 1300 MWh, la energía equivalente al consumo de más de 120 hogares en un año. Y eso es solo el entrenamiento: su uso diario es aún más demandante. Se estima que las consultas a ChatGPT pueden requerir diez veces más energía que una simple búsqueda en Google y ascienden a 1 000 MWh cada día en el mundo.

Este consumo es tan colosal que los gigantes tecnológicos están tomando medidas drásticas. Microsoft, Alphabet (Google) y Amazon han firmado acuerdos para comprar energía de plantas nucleares, asegurando el flujo de vatios para sus centros de datos. La IA está sedienta de energía, y esto es solo el principio.

Atasco en la computación moderna

¿Por qué la IA consume tanto? La respuesta está en la arquitectura de nuestros ordenadores, diseñada hace décadas. El problema se conoce como el cuello de botella de von Neumann: el incesante tráfico de datos entre la memoria (donde esperan los datos) y el procesador (donde son procesados). Es como si un cocinero solo pudiera agarrar un ingrediente de la nevera cada vez: pasaría más tiempo yendo y viniendo que cocinando. Este “atasco” genera latencia y, sobre todo, un calor inmenso por la disipación de energía.

Durante décadas, la Ley de Moore nos salvó: la tecnología pudo duplicar el número de transistores en un chip cada dos años y, con ello, acercar los componentes –los ingredientes de esa cocina–. Pero estamos llegando al límite físico. Apilar más y más componentes en un chip 3D reduce la superficie disponible para refrigerarlo.

La computación electrónica se está “cociendo” en su propio éxito. La diferencia con el cerebro humano es abrumadora: con el consumo de energía equivalente a lo que gasta una bombilla pequeña puede superar a computadoras poderosas que derrochan ingentes cantidades de potencia.

Más agua y más residuos

Y no es solo energía. La refrigeración de estos centros de datos devora millones de litros de agua. Un centro de datos promedio puede usar 9 litros de agua limpia por cada kW h de energía.

A esto se suma el ciclo de vida del hardware: la rápida obsolescencia de los chips y servidores genera una montaña creciente de residuos electrónicos. Por si fuera poco, su fabricación depende de la extracción de minerales escasos, a menudo, en condiciones de dudoso respeto a los derechos humanos.

Entre el fin y los medios

Entonces, la IA ¿es el problema o solución? Aquí reside la gran paradoja. A pesar de su huella, la IA es también una herramienta crucial para la sostenibilidad.

La misma tecnología que consume energía de forma voraz es la que usamos para optimizar las redes eléctricas, gestionando la intermitencia de las renovables, y para crear una “agricultura de precisión” que reduce drásticamente el uso de agua y fertilizantes. Además, nos permite predecir desastres naturales con mayor antelación y diseñar medicinas o nuevos materiales sostenibles, al tiempo que optimiza las rutas de transporte para reducir emisiones.

La IA puede facilitar 134 de las 169 metas de los Objetivos de Desarrollo Sostenible de la ONU, si bien puede inhibir 59. La pregunta no es si usarla o no, sino cómo podemos hacerla sostenible.

El futuro “verde”: fotones y nanotecnología

Aunque ya se avanza en modelos más “ligeros” (mediante técnicas como la “poda” o el “destilado”) la solución no vendrá solo de optimizar el software. La verdadera revolución debe ocurrir en el hardware.

Aquí es donde entran en juego la nanotecnología y nuevos paradigmas de computación, como la computación en memoria, que busca vencer el cuello de botella de von Neumann diseñando chips que unen procesamiento y memoria en el mismo dispositivo; los “memristores” son un ejemplo de esta tecnología.

Otra idea aún más radical es la revolución fotónica, que propone dejar de usar electrones y empezar a usar fotones (partículas de luz). Al no tener masa ni generar calor por fricción, un procesador fotónico podría ser miles de veces más eficiente.

Finalmente, se explora la computación analógica: a diferencia de los chips digitales (que operan con 0 y 1), estos sistemas se inspiran en la física de los sistemas naturales para procesar información de forma más fluida, similar a nuestro cerebro.

Retos por recorrer

El camino hacia una IA sostenible no es solo un desafío técnico: es una cuestión de gobernanza. Iniciativas como el Programa Nacional de Algoritmos Verdes en España son un primer paso. Necesitamos una visión holística que combine innovación tecnológica, regulación proactiva y una profunda conciencia social y política.

Hablamos de una tecnología que tiene el potencial de transformar nuestro mundo, pero solo si lo hace sin consumir el planeta en el proceso.

The Conversation

Cefe López Fernández recibe fondos de AEI.

ref. IA sostenible, ¿una utopía? – https://theconversation.com/ia-sostenible-una-utopia-269023