Conscientes du fait que les citoyens et, spécialement, les jeunes ont de plus en plus recours à l’IA générative, les autorités russes cherchent à mettre en place leurs propres systèmes qui diffuseront l’idéologie du Kremlin et sa vision de l’histoire.
Le 19 novembre, le robot humanoïde Green, basé sur l’intelligence artificielle, a accueilli Vladimir Poutine lors de la conférence sur l’IA de la plus grande banque de Russie, « Sber – AI Journey international conference ». Après plusieurs heures passées à examiner les avancées dans le domaine de l’IA, Poutine a prononcé un discours dans lequel il a déclaré que les technologies d’IA générative étaient d’une importance stratégique pour la Russie.
La Stratégie nationale de développement de l’IA, adoptée en 2019 et amendée en 2024, avait déjà fixé l’objectif de faire en sorte que la contribution cumulée des technologies d’IA au PIB russe dépasse les 11 000 milliards de roubles (119 milliards d’euros) d’ici à 2030. Cependant, les technologies de l’IA peuvent être utilisées non seulement pour moderniser l’économie, mais aussi pour perfectionner l’armement et pour renforcer le contrôle de la population, la censure et la propagande idéologique, tant à l’intérieur du pays qu’à l’échelle mondiale.
Développement de l’intelligence artificielle idéologisée en Russie
L’effondrement de l’Union soviétique et la fin de la guerre froide ont inspiré chez certains l’espoir que la « fin de l’Histoire » et des idéologies était arrivée, et que dorénavant seule la démocratie libérale dominerait en tant qu’idéologie viable.
Dans les faits, l’idéologie, appréhendée comme système d’idées qui masque la réalité des rapports de pouvoir et des relations économiques, n’a pas disparu pour autant. Telle que la définit le sociologue Karl Mannheim, l’idéologie est constituée d’idées que le pouvoir utilise pour préserver l’ordre politique existant. Elle peut contenir mensonges partiels, dissimulation de faits gênants, et même évoluer vers une idéologie totale – un état de cécité collective dans lequel les groupes dirigeants obscurcissent inconsciemment la réalité afin de préserver l’ordre établi.
Comme l’écrit Hannah Arendt, l’idéologie n’est pas liée à la réalité ; elle ne dépend ni des faits ni de notre expérience. C’est littéralement la logique d’une idée, c’est-à-dire la déduction des principes d’une nouvelle réalité à partir d’idées majeures, qu’il s’agisse de l’idée de supériorité raciale, de domination mondiale ou de la nécessité d’une numérisation totale de la société et de la surveillance.
En 2024, le premier ministre, Mikhaïl Michoustine, a déclaré lors du forum Digital Almaty 2024 que le chatbot russe GigaChat et ChatGPT sont porteurs de visions du monde différentes, d’une compréhension différente de ce qui est « bien » et de ce qui est « mal ». Michoustine a également souligné qu’il est nécessaire d’utiliser une IA qui réponde aux intérêts nationaux, c’est-à-dire, en d’autres termes, de développer l’IA conformément à la nouvelle idéologie russe.
La différence entre les IA russes et américaines réside dans les ensembles de données sur lesquels elles ont été entraînées, ainsi que dans les filtres intégrés au système. Par exemple, le chatbot russe Alice AI, qui fonctionnait jusqu’à récemment sur le LLM YandexGPT et qui utilise désormais une nouvelle famille de modèles génératifs, lorsqu’on lui demande : « J’ai vu beaucoup de nouvelles, mais je n’ai pas compris à qui appartient actuellement la Crimée. Explique-moi le problème », fournit d’abord des informations issues des « ressources autorisées » sur la Crimée du temps de l’URSS et sur « l’intégration de la Crimée à la Russie en 2014 ».
Lors des questions de clarification, il commence à répondre, puis supprime sa réponse et affiche : « Il y a des sujets sur lesquels je peux me tromper. Il vaut mieux que je me taise. » L’IA russe « se tait » de la même manière sur d’autres sujets politiques, par exemple la corruption, les manifestations, la liberté d’expression ou la démocratie en Russie.
Présentation par une chaîne YouTube clairement téléguidée depuis Moscou de la conférence du 19 novembre dernier.
Les systèmes d’IA jouent un rôle important dans la formation de la vision du monde souhaitée chez les citoyens, a annoncé Poutine dans son discours du 19 novembre 2025 déjà évoqué :
« Ces modèles génèrent d’énormes volumes de nouvelles données et deviennent l’un des instruments clés de diffusion de l’information. À ce titre, ils ont la capacité d’influencer les valeurs et les visions du monde des individus, façonnant l’environnement sémantique de nations entières et, en fin de compte, de l’humanité tout entière. »
La majorité des jeunes Russes utilisent l’IA dans leur vie quotidienne. C’est pourquoi Poutine exige de développer des systèmes nationaux d’IA générative, car il s’agit désormais non seulement d’une question technologique, mais aussi de « souveraineté des valeurs » – autrement dit, de la construction d’une vision du monde « correcte » du point de vue idéologique.
Ainsi, Poutine a donné pour instruction au gouvernement et à l’administration présidentielle de créer un organe unique chargé du développement et de l’intégration de l’IA dans tous les secteurs de la société : l’industrie, les transports, la médecine, et ainsi de suite. La Russie prévoit de créer des centres de données auprès de grandes centrales nucléaires, ainsi que de construire 38 nouvelles centrales nucléaires, ce qui doublera la capacité actuelle de production d’électricité et permettra d’augmenter la puissance de calcul de l’intelligence artificielle. Contrairement au secteur pétrolier, le secteur de l’énergie atomique n’a pas beaucoup souffert des sanctions, et la France continue de coopérer avec la Russie, notamment en y envoyant du combustible nucléaire usé pour le retraitement, finançant indirectement ces initiatives.
« Les produits basés sur l’IA doivent, d’ici 2030, être utilisés dans tous les secteurs clés. Il s’agit notamment de solutions telles que les assistants intelligents pour l’homme et les agents IA. Il faut les utiliser dans la majorité des processus de gestion et de production », a déclaré Poutine.
Le piège du confort technologique
La création d’un grand nombre de modèles d’IA idéologisés dans le cadre d’un système fermé d’Internet souverain, où l’accès des citoyens aux sources d’information et aux services étrangers est bloqué, renforce l’isolement axiologique et accroît le contrôle de l’État, qui dispose d’un accès total à ses propres systèmes, gérés par des spécialistes russes.
La nouvelle utopie technologique, qui promet – grâce au développement de l’IA et des dispositifs « intelligents » – davantage de confort et un miracle économique, se transforme en un pouvoir instrumental total de collecte de données et de contrôle du comportement de la population. Alors que l’Europe tente de résister à la pression exercée par les Big Tech et les États-Unis en matière de régulation des données personnelles et de l’IA en cherchant un compromis, Poutine a donné instruction d’accélérer la suppression des barrières administratives et juridiques dans le domaine du développement de l’IA et de s’appuyer davantage sur le « droit souple » et les codes d’éthique de l’IA, en se moquant de la régulation européenne stricte qui freine le secteur.
Il ne faut pas oublier que la création et le développement de systèmes d’IA générative idéologisés menacent non seulement les citoyens russes, mais aussi les autres pays, qui sont amenés à lutter contre la propagation de fausses nouvelles et faire face à des cyberattaques où l’on peut également recourir à l’IA, comme l’ont fait récemment des hackers chinois.
Iurii Trusov ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.
Produire des légumes en hydroponie, en aéroponie ou en aquaponie. Tel est le pari de la production agricole hors-sol qui suscite ces dernières années tantôt l’engouement, tantôt la critique. Quels atouts et quelles limites présente-t-elle, et quel rôle lui donner dans l’indispensable transition que doit connaître l’agriculture ?
Dans nos imaginaires, l’agriculture est souvent associée à un tracteur, un grand champ et des vaches qui pâturent. Mais la réalité économique, écologique et sociétale nous invite aujourd’hui à repenser ce modèle d’agriculture si nous voulons, dans un contexte de dérèglement climatique, reprendre la main sur notre autonomie alimentaire.
Parmi les pistes existantes pour dessiner une agriculture capable de répondre à ces défis, la production hors-sol présente certains atouts, mais également de gros inconvénients. Complémentaire d’autres approches, elle ne solutionnera en aucun cas seule les enjeux.
Changement climatique, urbanisation et pertes de sols agricoles
Le dérèglement climatique, par les phénomènes climatiques extrêmes courts, mais intenses et fréquents qu’il engendre, affecte déjà profondément les productions agricoles de certaines régions du monde. Il vient ainsi accélérer la migrationvers les villes, processus qui depuis 1950 a déjà fait bondir la population urbaine de 30 à 60 % de la population mondiale. Cette dernière continue en outre sa progression : de 8,2 milliards de personnes aujourd’hui, elle devrait atteindre les 9,66 milliards en 2050, ce qui constitue également un défi majeur pour la sécurité alimentaire.
En parallèle, les principaux pourvoyeurs de cette dernière, à savoir les sols, sont aussi menacés.
Et par l’agriculture productiviste, qui contribue à affaiblir et mettre la main sur les surfaces agricoles et les espaces naturels, notamment les forêts : dans le monde, entre 43 et 45 millions d’hectares de terres ont été soumis à un accaparement par des géants de l’agroalimentaire, des spéculateurs fonciers, des entreprises minières ou des élites ou fonctionnaires d’État, afin d’y déployer des monocultures (huile de palme en Indonésie, soja en Amazonie, cultures légumières industrielles en Europe de l’Ouest…) qui endommagent les sols, participent parfois à déforester et ne font que renforcent la dépendance alimentaire de certains territoires.
Autant de facteurs qui menacent la sécurité alimentaire, et déjà engendrent des tensions, y compris en France comme nous a pu le voir en Martinique en octobre 2024, lorsque des violences ont éclaté pour protester contre des prix alimentaires 40 % plus élevés qu’en métropole.
Les productions hors-sol
Face à ces situations complexes, une évolution de nos systèmes agricoles est nécessaire. L’un des agrosystèmes qui ambitionne notamment répondre à la fois au manque de surfaces agricoles, les aléas climatiques et le besoin de relocalisation est la production agricole hors-sol. Elle se caractérise par son contrôle possible de tout ou partie de l’environnement de culture (lumière, température, hygrométrie, eau, nutriments, CO2, substrats/supports innovants…).
Surtout, elle facilite l’atténuation des effets du changement climatique comme la sécheresse, les inondations ou le gel tardif et est peu gourmande en eau. Certaines fermes hors-sol s’établissent dans des bâtiments réhabilités, des sous-sols ou des toits, ce qui n’occupe pas de nouvelles terres agricoles. Cette installation proche des centres-villes permet une production locale et faible en intrants, qui limite les coûts d’exportation et évite une contamination potentielle des sols.
Elle peut être intégrée à l’agriculture urbaine, périurbaine ou rurale et participer à la valorisation de friches industrielles abandonnées et/ou polluées, ou bien être incorporée au sein des exploitations comme un outil de diversification. Cela demande un contrôle parfait des paramètres physico-chimiques et biologiques de la croissance des plantes : d’abord la maîtrise des substrats, des supports de culture et de l’ancrage pour les racines ; ensuite la maîtrise de la fertilisation qui réponde aux besoins nutritifs de chaque plante.
Différents types de systèmes agricoles. 1) Plein air – pleine terre ; 2) Pleine terre sous abri (exemple de la culture sous tunnel) ; 3) hors sol sous abri (ici avec irrigation goutte à goutte) et 4) hors sol – high-tech (culture en hydroponie). Adrien Gauthier, Fourni par l’auteur
Hydroponie, aéroponie et aquaponie
Ces systèmes prennent trois principales formes.
La plus connue du grand public est l’hydroponie : la majorité des tomates, concombres, courgettes, salades ou encore fraises produits hors-sol, sont cultivés selon cette technique. Cette méthode apporte tous les nutriments essentiels à la plante sous forme d’un flux liquide. On distingue : la culture en eau profonde où les racines sont immergées dans de grandes quantités d’eau et de nutriments ; la table à marée, où les nutriments sont apportés deux fois par jour par un système de montée et descente de l’eau riche en sels minéraux dans le bac de culture ; ou encore le système NFT (Nutrient Film Technique) dans lequel un flux continu de solution nutritive circule sans immerger complètement les racines grâce à un canal légèrement incliné, étanche et sombre.
L’aéroponie, quant à elle, est une méthode proche de l’hydroponie qui consiste à pulvériser directement sur les racines, sous forme de brouillard, les nutriments sans pesticide, adaptés à l’exigence de l’espèce cultivée. Les racines sont isolées de la canopée et placées dans des containers spéciaux les maintenant dans l’obscurité. Elle optimise l’oxygénation des racines, réduit les risques de maladies et favorise le développement de la plante.
Enfin, l’aquaponie, qui combine aquaculture et hydroponie, valorise les déjections de poissons élevés en bassin (dans un local dédié) pour nourrir les plantes. En contrepartie, les plantes prélèvent les nutriments et nettoient l’eau à l’aide de bactéries. Ces dernières rendent les nutriments disponibles et assimilables par les plantes. Une parfaite harmonie et un travail d’équipe !
Différents systèmes de ponies. A. culture en eau profonde, B. Système de table à marées, C. Aéroponie, D. Aquaponie. E. le système NFT (Nutrient Film Technique). Adrien Gauthier, modifié d’après Rathnayake et Sharmilan, 2023, Fourni par l’auteur
Des techniques très critiquées
Cesdites techniques hors-sol sont toutefois la cible de nombreuses critiques : elles produiraient des fruits et légumes sans goût, qui ne voient ni le sol ni le soleil ou encore des aromatiques ou des micropousses qui « ne nourrissent pas son homme ». Cette acceptation sociale et culturelle dépend bien sûr beaucoup des pays. Alors que le hors-sol jouit d’une bonne image aux États-Unis et en Asie, les Européens se montrent plus sceptiques à l’idée de manger des fruits et légumes qui n’ont pas poussé dans du « vrai » sol.
Sur le plan économique par ailleurs, le coût d’investissement est élevé, quelques dizaines à plusieurs centaines de milliers d’euros. Et l’autre coût majeur est énergétique – malgré des progrès, une salade cultivée en agriculture conventionnelle tend à avoir un impact moindre sur l’environnement qu’une salade produite toute l’année en hors-sol.
Dans ce contexte, de nombreuses entreprises high-tech qui s’étaient engouffrées dans ce modèle ont déjà mis la clé sous la porte faute de rentabilité : la start-up d’herbes aromatiques Jungle, le producteur de fraises et de salades Agricool, ou encore Infarm, qui proposait des légumes cultivés en hydroponie, n’ont pas résisté.
Une solution parmi d’autres
Aujourd’hui, l’ambition de ces systèmes à petite échelle, qui offrent des variétés limitées, n’est pas de nourrir toute une population, mais simplement de contribuer à l’autonomie alimentaire des villes. Ces nouvelles fermes ont également l’avantage pédagogique de reconnecter les citoyens à la production agricole, et d’être un support intéressant pour découvrir le cycle de vie d’une plante.
En outre, ces fermes pourraient diversifier leur activité afin de rester viables en se tournant vers la production d’aliments à destination des animaux, de plantes alternatives aux protéines animales ou encore de plantes pour l’industrie pharmaceutique (molécules à haute valeur ajoutée).
Loin de venir sonner le glas de l’agriculture traditionnelle, la production hors-sol peut en revanche additionner ses efforts à ceux de cette dernière dans la quête de l’autonomie alimentaire.
Nous tenons à remercier Alice Legrand, Lisa Ménard et Clémence Suard, étudiantes qui ont contribué à la rédaction de l’article ont apporté sur notre propos leurs regards de jeunes agronomes.
Les auteurs ne travaillent pas, ne conseillent pas, ne possèdent pas de parts, ne reçoivent pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’ont déclaré aucune autre affiliation que leur organisme de recherche.
Estrella de Diego explicando uno de los Warhol de la exposición ‘Warhol, Pollock y otros espacios americanos’ del Museo Nacional Thyssen-Bornemisza.Francis Tsang/Museo Thyssen
Cuando le dije que estábamos haciéndole entrevistas a las grandes mentes académicas de nuestro tiempo, a Estrella de Diego le dio la risa y replicó que me había equivocado. Pero no es así.
De Diego, catedrática de Historia del Arte de la Universidad Complutense de Madrid, es también académica de número en la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando desde 2016. En su discurso de ingreso hacía hincapié en que es “preciso volver la mirada hacia visualidades alternativas, hacia lo olvidado, lo obviado, lo emborronado, lo incierto, la huella. Porque hay que mantener los ojos bien abiertos ante el mundo, aún a sabiendas de que el ojo nunca ve lo que mira”.
Tras encargarse, en la primera mitad de 2025, de la exposición 1924: Otros surrealismos en la Fundación Mapfre de Madrid, e impartir conferencias a propósito de la muestra sobre Maruja Mallo Máscara y compás, entre otras muchas cosas, cierra el año siendo la comisaria de Warhol, Pollock y otros espacios americanos en el Museo Nacional Thyssen-Bornemisza de Madrid, abierta hasta finales de enero de 2026. En ella plantea un diálogo entre el gran exponente del arte abstracto norteamericano y la figura más popular del arte pop, una conversación en la que las posturas no son tan extremas y el diálogo con sus contemporáneos por la nostalgia por la cultura estadounidense está siempre presente.
Apasionada de Andy Warhol desde hace décadas, la exposición ha servido además como excusa para reeditar su ensayo Tristísimo Warhol: Cadillacs, piscinas y otros síndromes modernos, escrito originalmente en 1999. Si en algún momento alguien está falto de energía, leerla o escucharla es un chute de motivación. Porque ante todo Estrella de Diego es, como reitera en la conversación, una entusiasta.
¿Qué vio usted cuando se colocó ante un cuadro de Pollock o de Warhol por primera vez?
Primero vi un Warhol, en Londres, creo que era un autorretrato en alguna galería de arte. Y me pareció alucinante. Luego vi un Pollock en Nueva York, y volví a sentir mucha emoción, pensé “¿pero esto qué es?”. Ya me habían parecido dos artistas muy complementarios cuando los vi por separado y me lo siguen pareciendo ahora, cuando los he visto juntos en el Thyssen. Estaba aterrada ante la posibilidad de que la idea no funcionase en la pared, pero funciona. Ambos son unos artistas realmente extraordinarios, cada uno en su estilo, y creo que entre ambos existe un vínculo invisible. A todo el mundo le encaja ahora que Warhol y Pollock estén juntos, así que a lo mejor siempre lo estuvieron, en algún sitio que no vemos.
El día que fui había muchísimos niños.
Yo creo que los niños entienden muy bien las pinturas abstractas o con símbolos figurativos. Esto que estoy diciendo a lo mejor es una cosa manida, pero se relacionan más con lo que es la pintura táctil. Y Warhol es muy táctil.
Pollock decía que Picasso no había dejado nada por hacer y por eso él decidió enfrentarse al lienzo desde arriba: pero pinta en el suelo estudiando cómo quedarán los cuadros en la pared, lo cual, en las pinturas de chorreo, resulta complejo de imaginar.
Nosotros tenemos unas líneas de orientación visual de arriba-abajo y de izquierda a derecha. Si cogemos un cuadro figurativo y le damos la vuelta, se ve claro porque la gente queda boca abajo. Si cogemos a Van der Weyden en el ordenador y lo giramos sobre el eje horizontal, el cuadro se cae para un lado. A Pollock le pasa lo mismo, aunque no sea figurativo. Si le damos la vuelta, nos damos cuenta de que tiene los ejes de una determinada manera. Lo de arriba no podría ir abajo. Y eso es porque, aunque lo pinte en el suelo, está pensando cómo ponerlo en la pared. Cosa que –digo yo– sí que hizo Picasso, aunque sobre una mesa.
Muchas veces valoramos a Andy Warhol más como persona que supo entender el mundo en el que vivía que como creador.
En la exposición intentamos que se viera un Warhol que no fuese el de las latas de Coca-Cola –aunque haya una lata de Coca-Cola, evidentemente–. Es un pintor muy trágico, que apela mucho a los sentimientos. Entiende como nadie la época contemporánea por ejemplo, en esas fotos idénticas que cose.
Yo creo que Warhol estaba tan abrumado con la cantidad de imágenes que había a su alrededor que trataba de coserlas idénticas para atraparlas, para no dispersarse más en la multiplicación, aunque él añade multiplicación a la multiplicación… Warhol es un personaje muy complejo que tiene, efectivamente, esa parte de apropiación de los medios, pero también una parte muy pictórica, muy abstractizante. La idea era revisar a ese Warhol de cuadros de masas y ver que había otro en la trastienda, que su obra se podía leer de otro modo.
¿Nos hemos quedado mirando al personaje y no hemos sabido entender al artista?
Absolutamente, es un caso muy parecido al de Dalí, otro tipo muy sabio bajo el personaje, o al de Maruja Mallo. Hacen una puesta en escena que sin embargo esconde artistas muy complejos. El gran público ve la puesta en escena –en el caso de Warhol, las latas– pero hay muchísimo más detrás.
Algo muy fácil de ver, y que inquieta mucho, es por ejemplo que los botes de sopa están flotando en el espacio, no están apoyados en nada, no hay suelo. Podemos decir que parece que están en un supermercado, tanto los que son individuales como los que se presentan en una especie de bloque. Y creo que es muy inquietante para un público occidental encontrarse con un objeto que no tiene un referente espacial. Si nos damos cuenta, creo que eso nos puede llevar a preguntarnos qué intención artística hay detrás de estas sopas flotantes, ¿no? Además, no hay dos botes iguales. Parece que son el mismo, pero es otra broma que nos hace a los espectadores.
Romper las reglas del espacio es un tema común entre los artistas de esa época. En el libro sugiere que tal vez hemos juntado a demasiada gente bajo el paraguas del “arte pop”.
Los historiadores de arte (o de cine, o de literatura, o lo que sea) somos muy amigos de agrupar. Siempre nos parece mucho más cómodo tener esas grandes categorías, porque de alguna manera hay que contar la historia. Pero la realidad es lo que dice Ernst Gombrich y que yo repito: “cuando hablamos de Barroco sabemos que no hablamos de Renacimiento”. No sabemos de qué hablamos, pero sabemos que si decimos Barroco no hay Renacimiento. En este caso, toda la mirada de Occidente está basada en la ventana de Alberti, que es como un punto de fuga. Después de que Pollock rompiera el espacio de forma tan radical era complicado volver a un espacio tradicional, aunque ellos quisieran recuperar la figuración. Así que todos estos figurativos “popizantes”, vamos a llamarlos así, están asaltando algo que para nosotros es fundamental, que es la noción occidental del espacio, a través de la cual todos miramos desde que se inventó la perspectiva en el Quattrocento.
Hablamos de Warhol y Pollock, dos artistas que “gustan”. ¿Qué lleva a un artista de arte contemporáneo a concitar el acuerdo de la crítica y a otro no?
Eso es una pregunta dificilísima. No lo sé, depende de los artistas. Uno que está en la exposición y que siempre concita la fascinación de una muy buena parte de público es Rothko, tal vez porque su obra nos anima a pensar, a meditar, a la trascendencia. También Pollock gusta hoy en día, porque ya tenemos menos prejuicios frente a los artistas abstractos. Durante una época se decía “esto lo puede hacer mi niño”, pero ahora ya sabemos que no, que su niño no puede pintar un Miró, ojalá. A Warhol, como decíamos, se le ve como un artista demasiado comercial, pero luego le pasa como a Dalí, que se considerará comercial pero la exposición en el Reina Sofía de 2013 estaba siempre llenísima de gente.
Es muy difícil saber qué consigue captar la simpatía o el interés del público. A lo mejor también pensamos que al público le gustan unas cosas y resulta que le gustan otras. Decimos que Dalí o Warhol son artistas muy comerciales, pero luego la gente los visita y, a lo mejor, lo hacen como algo que quieren entender.
Habla usted siempre de mirar, en el arte, más allá de los márgenes. Aunque no siempre en ese más allá haya mujeres, ha aprovechado para incluir en la muestra del Thyssen ejemplos de artistas como Audrey Flack, Perle Fine, Anne Ryan, Marisol, Hedda Sterne… ¿Intenta en las exposiciones incitar a que el público mire más allá?
Sí, sin duda. En este caso están mujeres muy interesantes de la época, además de Lee Krasner, que es la más conocida. Y siempre estamos buscando mujeres, artistas olvidados, etcétera, como creo que debería ser la obligación de todos. Pero yo diría que intentar reunir a Warhol y Pollock con esos otros contemporáneos es también una forma de mirar a los márgenes, de explicar la historia del arte desde otro lado. La idea de colocar a estos personajes en un hilo también revisa la narración de la historia del arte moderno. Cuando escribí el libro, en 1999, y me decían que por qué no escribía sobre mujeres artistas, yo contestaba que este era un tema mucho más radical desde el punto de vista de la escritura, de enfrentarse con un tema sin notas. Y esa forma de pensar, de ir más allá, la aprendí buscando mujeres pintoras en el siglo XIX para mi tesis. Uno tiene que revisar la historia y darse cuenta de que se puede cambiar el modo de verla. Podemos usar los consensos, pero sabiendo que son consensos.
Parte del cambio también nace de que cada vez hay más miradas diferentes sobre lo que antes estaba establecido.
Y yo creo que eso es interesante y divertido, me da igual que encontremos a una mujer o un gran artista del siglo X en Colmenar Viejo. Son cosas que nos pasan desapercibidas y que pueden resultar superinteresantes. Por ejemplo, lo que está haciendo Noelia García Pérez en el Prado con las patronas [el proyecto “El Prado en femenino” buscar destacar el papel de las mujeres que adquirieron determinadas obras que ahora forman parte de la colección del museo]. Gracias a ella nos damos cuenta del papel esencial de estas mujeres tremendas y poderosas. Siempre nos caen mal las mujeres poderosas, pero estaba muy bien que lo fueran porque eso les permitía hacer cosas que alguien que no tuviera poder en ese momento no podía hacer.
Hablando de quitar o transformar estas denominaciones… Ahora que la muestra sobre Maruja Mallo está teniendo muchísimo éxito en España, quería recuperar una cita suya en un reportaje que hizo hace años en el que decía que a Mallo la llamamos surrealista “porque, en realidad, no supimos cómo llamarla”. ¿Cómo podríamos definirla ahora?
Yo creo que igual que no podemos definir a Picasso con una sola palabra, porque fue un cubista, luego fue el pintor del Guernica, luego fue un estupendo collagista, y también un hombre muy influido por el cine, con Maruja Mallo pasa lo mismo. Nosotros la llamamos surrealista porque no sabíamos cómo llamarla y ella se llamaba surrealista porque era una especie de salvoconducto. En esta sociedad el surrealismo puede caer mal o bien, pero todo el mundo más o menos se lo imagina, está muy lexicalizado. De Maruja se puede decir simplemente que es una gran pintora, muy dúctil, y que pasa, como todos los pintores, por muchísimos periodos, siempre con –otra vez– un control del espacio impresionante. Hay que dedicar la vida entera a descifrar a Maruja. Y aunque siempre ha estado ahí, y ha sido una pintora que una serie de personas han tenido muy en cuenta, a mí me encanta la “marujomanía” actual, o la “mallomanía”. Bienvenida sea. Ahora la vemos como lo que es: un personaje complejo, culto y con un control en sus obras que era todo menos surrealista. Pero era muy importante para ella presentarse como tal, porque era lo que todo el mundo iba a reconocer. Casi parece que la historia del arte en España se paró ahí, en el surrealismo.
En una entrevista que le hicieron a principios de año en la Fundación Juan March decía que vivir en Nueva York le hizo interesarse por el arte contemporáneo porque quería estudiar lo que estaba pasando en el aquí y el ahora. ¿Qué es lo que sucede en el aquí y el ahora?
De Diego durante la rueda de prensa de presentación de la exposición. Francis Tsang/Museo Nacional Thyssen-Bornemisza
Probablemente el aquí y ahora sigue siendo igual de fascinante que en los 80, un momento abierto a todo, pero muchas veces pienso que, a lo mejor, lo que ahora no está abierto a todo son mis ojos. Bretón decía que él solo lamentaba, al hacerse viejo, haber perdido la mirada de la juventud. Yo tengo como sustituto la mirada de mis estudiantes. Sin embargo… aunque no estoy en su contra, creo que deberíamos hacer un uso más racional de los mass media y las redes, porque nos están quitando muchas cosas. La memoria, por ejemplo. El otro día estaba con mi familia y ninguno nos acordábamos de una frase que decía siempre mi madre. Seguimos sin acordarnos. Y eso no lo vamos a encontrar en Google.
Somos una sociedad que se mueve hacia la amnesia. En esa especie de recordar solo lo que se quiere que recordemos, se nos va un poco el pasado, y el pasado es muy importante porque, aunque no construya el futuro, nos da una pista de lo que el futuro, si no puede ser, al menos deberíamos recordar que fue, ¿no? Creo que un problema del aquí y ahora es que hemos perdido el sentido histórico. Si tú no te acuerdas de que eso ya ha pasado, o no lo sabes, piensas que acabas de descubrirlo y a lo mejor no es así. Y no pasa nada porque no lo acabes de descubrir, a lo mejor lo estás releyendo y eso está fenomenal, pero es bueno saberlo.
Además, la inmediatez de la información a veces crea una esclavitud absoluta. Parece que todo está a mano, pero finalmente cuando hacemos una búsqueda está lo que el algoritmo quiere que esté en cada momento. Por eso creo que este aquí y ahora es menos excitante que el de los 80, pero insisto, a lo mejor la menos excitante soy yo.
Está habiendo en redes, y en la vida real, una homogeneización de las estéticas: el algoritmo precisamente premia cuando te pareces a una estética ya creada y hay mucho de lo mismo todo el rato.
Totalmente. Porque en lugar de buscar imágenes en libros que a su vez se habían buscado en museos, pongo por caso, las buscamos en internet. Y si vas a la búsqueda directa de lo que quieres, no hay problema. Pero si pones, yo qué sé, “cuadros de Picasso con un niño”, a todo el mundo le va a salir lo mismo.
Ha dicho usted que “cualquier cosa que uno se pone a estudiar acaba resultando interesantísima”. Desde su perspectiva como docente, ¿cómo se anima a los estudiantes a interesarse por algo que, de entrada, no les apetezca investigar?
Yo intento siempre dinamizarlos. Y como soy una persona muy entusiasta consigo hacer que piensen. Por ejemplo, en los últimos años me he dado cuenta de que, con esta polarización horrible en la que vivimos, uno tiene que ser capaz de polemizar, en el buen sentido. Así que cogemos textos y dividimos la clase entre los que van a defender el texto y quienes van a estar en contra. Estos roles van a llegar a ellos por sorteo, así que uno puede estar defendiendo algo en lo que no cree y tiene que poder hacerlo, porque debe ser capaz de ver cómo el otro llega a pensar algo con lo que no estamos de acuerdo. Cosas como esta son buenas para hacerles pensar, pero tienen que hacerse echándole entusiasmo al tema.
Me pidieron consejo antes de despedirnos este semestre y les dije que intentasen aprender todo lo que pudiesen. Esa idea no debe abandonarnos. Cada día que uno se levanta es una buena noticia, una buena noticia para aprender en general y para aprender para enseñar. A mí no siempre me gustó la historia del arte, a mí me gusta contar historias y que me las cuenten, y resulta que la historia del arte es un lugar fantástico para ello.
También les digo que tienen que tener empuje. Pero son una generación a la que se martillea con el desánimo. Si uno piensa que todo va muy mal y que todo va a seguir yendo muy mal, pues hombre, llegamos a un punto en el que no quieren esforzarse, porque para qué. Antes me enfadaba con las personas equivocadas, con ellos, pero son víctimas de lo que les están diciendo. Conviene tener a una generación joven desesperanzada, porque así el algoritmo lo maneja todo con más facilidad. Eso es algo que entre todos deberíamos intentar revertir, aunque no sé cómo. Yo intento decirles que el futuro es una cosa que uno va construyendo, que no está escrito. Son graciosos, pero me gustaría que además de graciosos fueran felices.
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Source: The Conversation – (in Spanish) – By Sylvain Bellefontaine, Économiste senior, spécialiste des pays émergents et en développement et analyste risque pays, en charge de l’économie internationale, de la Chine, de la Turquie, du Mexique et du Nigeria, Agence Française de Développement (AFD)
Las tensiones comerciales con Estados Unidos ponen de relieve la extrema dependencia del modelo económico mexicano respecto a la primera potencia económica mundial.
Bajo la administración Biden, las perspectivas para México en términos de comercio e inversiones eran positivas gracias a medidas como la Ley de Reducción de la Inflación y al crecimiento del nearshoring (la deslocalización cercana) en el marco de la reconfiguración de las cadenas de valor. No obstante, estas altas expectativas han quedado en tela de juicio desde la reelección de Donald Trump.
Para el Gobierno mexicano, este contexto añade un grado adicional de complejidad a una situación marcada por un crecimiento económico lento, el declive del sector petrolero, las restricciones que pesan sobre las finanzas públicas y los diversos obstáculos al desarrollo socioeconómico y a la transición energética. Sin embargo, México ya no presenta las fragilidades macroeconómicas de las décadas de 1980-1990, que generaron en 1994 la crisis de la balanza de pagos.
México, primer proveedor de Estados Unidos
Desplegado desde los años 1960, el modelo de las maquiladoras –esas fábricas situadas en la frontera norte de México (pero también en el centro del país) que producen bienes para la exportación– ha estructurado un ecosistema transfronterizo que da empleo a unos tres millones de mexicanos y beneficia a miles de empresas estadounidenses.
México ha aprovechado al máximo las ventajas competitivas basadas en su privilegiada posición geográfica, el bajo coste de la mano de obra y el Tratado de Libre Comercio de América del Norte (TLCAN desde 1994 y T-MEC desde 2020). Se han logrado economías de escala en algunos sectores, como el automovilístico, el electrónico y el aeronáutico.
Según la Organización de las Naciones Unidas para el Desarrollo Industrial (ONUDI), México ocupaba en 2023 el noveno lugar en términos de contribución al valor añadido manufacturero mundial (1,8 %). Casi el 80 % de sus exportaciones de manufacturas son productos de tecnología media y alta. En este ámbito, México ocupa el cuarto lugar mundial, por detrás de Taiwán, Filipinas y Japón.
Sin embargo, la producción local consiste principalmente en cadenas de montaje de productos acabados o semiacabados. Por lo tanto, el valor añadido interno integrado en las exportaciones se estima en solo el 9 % de las exportaciones totales de México en 2020, según la base de datos TiVA (Trade in Value Added o Comercio en Valor Añadido) de la OCDE.
Aprovechando las tensiones comerciales existentes entre Washington y Pekín desde 2018, México se convirtió en 2023 en el primer proveedor de Estados Unidos. Ante la tormenta comercial mundial desatada desde principios de 2025, los ingresos por las exportaciones mexicanas a Estados Unidos han mostrado hasta ahora una buena resistencia.
Evolución del superávit comercial bilateral de China y México con los Estados Unidos entre 2000 y 2024 (en miles de millones de dólares). Evolución de la cuota de mercado de China y México en las importaciones estadounidenses entre 2000 y 2024 (en %). Oficina del Censo del Departamento de Comercio de los Estados Unidos, FMI (DOTS), cálculos proporcionados por el autor, Fourni par l’auteur
La cuota de mercado de México alcanzó un máximo del 15,5 % en 2024, frente al 13,5 % de China (esta última era del 21,6 % en 2017). La cuota de las exportaciones mexicanas con destino a Estados Unidos creció del 79,5 % en 2018 al 83,1 % en 2024, principalmente de productos manufacturados o semiacabados, aunque también hay productos agrícolas y petróleo crudo.
Particularmente criticado por Donald Trump, el superávit comercial bilateral en bienes con Estados Unidos ha aumentado continuamente desde 2009 hasta alcanzar los 247 000 millones de dólares (210 000 millones de euros) en 2024, ocupando el segundo lugar mundial detrás de China (360 000 millones de dólares).
Este acuerdo es consecuencia del anuncio realizado en febrero sobre el despliegue de 10 000 militares mexicanos en la frontera y a la extradición de 55 narcotraficantes a Estados Unidos durante los primeros ocho meses del año.
Las autoridades mexicanas tienen la mirada puesta en la revisión del Tratado entre Estados Unidos, México y Canadá (T-MEC), prevista para julio de 2026, y cuentan con que la postura de la administración Trump sea menos radical y más pragmática que hasta ahora.
El tipo medio de los aranceles aduaneros pagados por México en septiembre de 2025 fue de un 4,72 % (frente al 0,22 % en septiembre del año anterior). En 2025, el arancel medio aplicado por Estados Unidos a nivel mundial sería del 11 % (frente al 2 % en 2024) y del 40 % sobre las importaciones chinas (frente al 10 % en 2024).
Según el Ministerio de Hacienda de México, a mediados de 2025, el 81 % de las exportaciones mexicanas a Estados Unidos cumplían con el T-MEC y habrían entrado en el territorio sin aranceles, frente a apenas el 50 % en 2024. Este aumento se explica, en particular, por los esfuerzos realizados en materia de trazabilidad.
Además, México busca diversificar sus socios comerciales. El país es signatario de otros 14 acuerdos de libre comercio con unos 50 países, sin contar el nuevo Acuerdo Global Modernizado con la UE, celebrado el 17 de enero de 2025, que se encuentra en proceso de ratificación.
La administración Sheinbaum también pretende reforzar las relaciones comerciales con los países de la región. Un ejemplo es el acuerdo con Brasil, renovado el pasado mes de agosto, que involucra al sector agrícola y al de los biocombustibles.
Paralelamente, se impondrán aranceles aduaneros del 10 al 50 % a determinados productos importados a México, en particular los procedentes de países con los que no tiene acuerdos de libre comercio. Los productos procedentes de China y otros países sin este tipo de tratados se gravarán con un impuesto de hasta el 50 % con el fin de proteger el empleo en sectores sensibles.
En respuesta, China ha anunciado represalias económicas contra México, que se ha convertido en un importante socio comercial en los últimos diez años, especialmente en el sector del automóvil.
Seguir siendo atractivo para los inversores
El atractivo de México para los inversores extranjeros podría verse comprometido por la política proteccionista de la administración Trump, que ha provocado la actitud expectante de algunas empresas y una posible revisión de su estrategia de nearshoring hacia Estados Unidos u otros países.
En 2024, México recibió un nivel récord de inversión extranjera directa (IED) desde 2013 (44 000 millones de dólares, o 37 000 millones de euros, lo que representa el 2,4 % del PIB), convirtiéndose en el noveno receptor mundial y el segundo entre los países emergentes, por detrás de Brasil y por delante de India, Indonesia, Vietnam y, sobre todo, China, cuyos flujos de IED se han desplomado.
Flujos entrantes de IED de México, Brasil, Indonesia, Vietnam, India y China entre 2000 y 2024 (en miles de millones de dólares). FMI (DOTS), cálculos proporcionados por el autor, Fourni par l’auteur
Desde 2018, la mayor parte de la IED entrante en México proviene de Estados Unidos. Pero el saldo total sigue estando dominado por las empresas europeas (54 %), por delante de las empresas estadounidenses o que han invertido desde Estados Unidos (32 %), mientras que los inversores chinos solo representan el 1 % de la IED instalada.
Si bien los flujos totales de IED se mantuvieron muy dinámicos en el primer semestre de 2025 (+2 % con respecto a 2024), disminuyeron en el sector manufacturero. Desde la reelección de Donald Trump y la adopción de la reforma judicial mexicana, se han cancelado, suspendido o aplazado proyectos de inversión.
Según el Consejo Coordinador Empresarial, un organismo autónomo que representa a las empresas mexicanas, más de 60 000 millones de dólares (50 900 millones de euros) en inversiones estarían actualmente congelados.
El contexto internacional no suscita, en este momento, una gran preocupación por el riesgo de desviación de las cuentas externas mexicanas a corto o medio plazo.
El déficit de la balanza por cuenta corriente es estructuralmente moderado (-0,9 % del PIB de media en 10 años y -0,3 % del PIB en 2024) y está cubierto por los flujos netos de IED (2,1 % del PIB de media en 10 años). Las reservas de divisas son cómodas y el Banco Central no interviene en los mercados de divisas, dejando que el peso flote libremente. La deuda externa también es moderada (36 % del PIB).
La cuenta corriente se ha beneficiado de los ingresos récord del turismo (33 000 millones de dólares, o 28 000 millones de euros, es decir, el 1,8 % del PIB en 2024), lo que ha reducido el déficit de la balanza de servicios y, sobre todo, de las remesas, es decir, las transferencias de dinero de la diáspora (64 000 millones de dólares, o 54 000 millones de euros, es decir, el 3,5 % del PIB en 2024).
Pero estas remesas, procedentes en un 97 % de Estados Unidos, cayeron un 6 % en el primer semestre de 2025 con respecto al primer semestre de 2024. Será importante seguir su evolución, dado su papel de apoyo al poder adquisitivo de muchas familias mexicanas. Los envíos que no se realizan mediante transferencias bancarias, equivalentes a tres cuartas partes del total, estarán sujetos a un impuesto por parte de Estados Unidos a partir de enero de 2026.
Por otra parte, la estructura de su comercio exterior explica las dificultades de México para generar superávits comerciales sostenibles (excluyendo el periodo de la covid), con un déficit en la balanza comercial de bienes del 0,4 % del PIB de media en 10 años.
De hecho, en el marco de la integración industrial norteamericana, las importaciones mexicanas de bienes intermedios han representado nada menos que el 77 % de las importaciones totales desde 2010. Esto ha provocado una fuerte correlación entre la dinámica de las importaciones y la de las exportaciones y ha limitado el valor añadido neto local.
Al mismo tiempo, la balanza energética de México es deficitaria desde 2015 (-1,2 % del PIB), debido a la disminución de la producción de petróleo y a la dependencia de los productos refinados procedentes de Estados Unidos.
El saldo de la balanza por cuenta corriente también se ve afectado por el importante déficit de la balanza de ingresos primarios (-2,7 % del PIB en 10 años). Este hecho se relaciona con la repatriación de beneficios y dividendos de las numerosas empresas extranjeras establecidas en el territorio.
Tomar las riendas de su destino económico
En definitiva, las tensiones con Estados Unidos plantean interrogantes sobre el modelo económico mexicano.
México, un país emergente, ha visto cómo su crecimiento económico se estancaba al nivel medio de los países desarrollados en los últimos veinte años (1,7 %), lo que lo sitúa entre los diez países emergentes y en desarrollo menos dinámicos. El nivel y la volatilidad del crecimiento ilustran los límites que impone la vinculación al mercado estadounidense. También refleja la ausencia de potentes palancas de crecimiento endógenas (consumo, inversión pública y privada, financiación de la economía por parte de los bancos).
Preservar las ventajas de su posición geoeconómica, diversificar sus mercados de exportación y volver más autónomo su modelo de crecimiento mediante el refuerzo de la demanda interna son sus principales retos económicos para los próximos años. Para responder a ellos será necesario llevar a cabo reformas eternamente pospuestas, en particular en materia fiscal y energética, de gobernanza pública y de entorno empresarial.
Las orientaciones de las políticas económicas serán cruciales para preservar las finanzas públicas y, al mismo tiempo, responder a las importantes necesidades en materia de gasto social, pensiones e infraestructuras, con el fin de liberar el potencial de crecimiento y garantizar la estabilidad macrofinanciera, el desarrollo socioeconómico y la transición energética del país.
Sylvain Bellefontaine no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.
Source: The Conversation – (in Spanish) – By J. Guillermo Sánchez León, Instituto Universitario de Física Fundamental y Matemáticas (IUFFyM), Universidad de Salamanca
Ilustración del siglo XIX que representa a Colón señalando un eclipse lunar a la población nativa en Jamaica.Wikimedia Commons, CC BY
Los eclipses de Sol y de Luna han despertado miedo y fascinación a lo largo de la historia; también mucho misterio. Los más sorprendentes son los eclipses totales de Sol, cuando la Luna se interpone entre éste y la Tierra, ocultándolo por completo y bloqueando de forma absoluta su luz.
Pero ¿cuál es la diferencia entre un eclipse solar y uno lunar? Los primeros ocurren cuando la Luna, que dibuja una elipse al orbitar la Tierra, se interpone entre ésta y el Sol, lo que solo sucede en luna nueva. Este fenómeno puede ser parcial, total o anular (cuando la Luna esta próxima a su apogeo).
Por el contrario, los eclipses lunares se producen cuando la Tierra se interpone entre el Sol y la Luna, lo que solo puede ocurrir en luna llena.
¿Por qué se producen los eclipses? Imagen del Instituto Geográfico Nacional y del autor
Eclipses en la Antigüedad
En las ruinas de Ugarit (Mesopotamia, hoy Siria), que tuve la suerte de visitar cuando aún no era complicado acceder a este espectacular sitio arqueológico, se encontró una tablilla cuneiforme (KTU 1.78) con un texto en ugarítico, lengua semítica extinta. Varios investigadores consideran el primer registro claro de un eclipse de Sol, el ocurrido el 5 de marzo de 1224 a. e. c. o el 21 de enero de 1192 a. e. c.
La costumbre de registrar observaciones astronómicas se convirtió en una práctica habitual entre los babilonios. Escribieron detalladas observaciones del firmamento, como las registradas en las tablillas Enūma Anu Enlil. Los registros de eclipses se volvieron especialmente precisos a partir del reinado de Nabonassar (siglo VIII a. e. c.), lo que ha permitido datar diversos acontecimientos históricos.
Estos registros llevaron a un descubrimiento fascinante: cada 223 meses sinódicos (período de tiempo que tarda la Luna en completar un ciclo de fases consecutivas y que dura aproximadamente 18 años y 11 días) la Tierra, la Luna y el Sol, vistos por un observador en tierra, repiten sus posiciones. Este fenómeno es conocido como el ciclo de Saros, y durante siglos sirvió para predecir eclipses.
Eclipse de Luna de 2019-01-21.Secuencia de fotos en la que se observa la forma circular de la sombra de la Tierra. Óscar Martín Mesonero
En los eclipses de Luna, la sombra de la Tierra se proyecta sobre nuestro satélite y en el transcurso del eclipse forma un círculo, un hecho utilizado por Aristóteles (384 a. e. c.–322 a. e. c.) como prueba de la esfericidad de la Tierra. Aristarco de Samos (c. 310 a. e. c.–c. 230 a. e. c.) fue más allá, estimando el tamaño del Sol y su distancia a la Tierra a partir de los eclipses de Sol y de Luna.
Ptolomeo y la predicción de los eclipses
El gran salto en la astronomía lo dio el alejandrino Claudio Ptolomeo (c. 150 d. e. c.). En su Sintaxis matemática, más conocida como Almagesto, desarrolló el modelo ptolemaico: un método matemático que permitía, entre otras cosas, predecir eclipses solares y lunares, aunque no determinaba con precisión la franja de totalidad de un eclipse de Sol.
Por su parte, en el mundo árabe se elaboraron tablas que simplificaban los complejos cálculos del Almagesto, las cuales llegaron a Al-Ándalus y desde allí a Toledo, desde donde se difundieron por Europa.
Abraham Zacut y los eclipses en la Salamanca en el siglo XV
En la Salamanca de la segunda mitad del siglo XV, el astrónomo judeo-salmantino Abraham Zacut (1452–1514/1515) dio un nuevo impulso a la predicción astronómica con su Gran Composición (1478), escrita en hebreo. Con algunas modificaciones, se publicó en Portugal en español y latín bajo el título Almanach perpetuum (1496), que incluía detalladas tablas para la predicción de eclipses de Sol y Luna.
Años mas tarde escribió en su obra Sefer Yuḥasin: “El 29 de julio de 1478, a mediodía en España, hubo un eclipse solar distinto a todo lo que se había visto, pues el cielo se oscureció como si fuese medianoche”. Se trataba de un eclipse total que sumió a la ciudad salmantina en la oscuridad durante más de cinco minutos: ¡el mayor eclipse visible desde Salamanca en más de 2 000 años! Otros cronistas de la época también lo mencionan.
En 1485 se observó otro eclipse total (parcial en Salamanca). Diego de Torres, catedrático de Astrología y Astronomía de la Universidad de Salamanca, escribió un pequeño libro centrado en aspectos astrológicos del eclipses para su aplicación en medicina, ya que en esta época los eclipses se asociaban a diversas enfermedades.
La información que nos proporcionan documentos de la época sobre eclipses ocurridos en la Edad Media y antes ha permitido calcular el minúsculo retardo que está experimentando la duración del día, debida fundamentalmente a la atracción que la Luna ejerce sobre la Tierra. Así se ha podido estimar que hace 2 000 años el día era aproximadamente 3,4 centésimas de segundo más corto que en la actualidad.
En el cuarto viaje emprendido por Cristóbal Colón, su tripulación quedó atrapada en Jamaica sin alimento y los nativos no le proveían víveres. Así lo cuenta el cronista Diego Méndez, que le acompañaba en este viaje: “El Almirante los amenazó, diciéndoles que Dios castigaría su ingratitud y les quitaría la luz de la Luna. Y así, viendo los indios que la Luna se oscurecía y perdía su resplandor, vinieron todos a la armada dando grandes gritos y pidiendo perdón al Almirante, prometiendo de allí adelante traer cuanto tuviese por mandado”.
Esta historia, en la que también interviene la leyenda, se ha contado de múltiples formas y ha inspirado otras tantas, como se relata en un episodio de Tintín en el Templo del Sol. Lo que nos cuenta el propio Colón es que el eclipse le sirvió para estimar la longitud geográfica de Jamaica, para lo que utilizó la obra de Abraham Zacut.
Un aspecto fundamental de los eclipses de Luna es que si se sabe a la hora que será visible en un determinado lugar, esa información puede utilizarse para calcular los grados del meridiano del punto desde el que lo observemos. Así los eclipses lunares sirvieron para establecer las coordenadas geográficas en varios puntos del Nuevo Mundo.
Próximos eclipses en España
Eclipse de Sol del 12 de agosto de 2026. Tiempo de duración de la totalidad y porcentaje de parcialidad (donde el eclipse no es total). Instituto Geográfico Nacional
Desde Johannes Kepler (1571-1630) e Isaac Newton (1643-1727), los eclipses se predicen con gran precisión. En España se verán próximamente tres eclipses de Sol sobre los que podemos encontrar una información detallada en el libro del Instituto Geográfico Nacional (IGN) ECLIPSES DE SOL. Los eclipses “españoles” de 2026, 2027 y 2028. Pero ¿cuándo sucederán?
En la tarde del próximo 12 de agosto de 2026, la Luna se interpondrá entre el Sol y la Tierra a las 15:24, proyectando la umbra (su sombra) sobre el Ártico. La rotación de la Tierra hará que esta sombra se vaya desplazando sobre la superficie terrestre provocando un eclipse total de Sol por donde pasa.
El 2 de agosto de 2027 podrá observarse otro eclipse total, de mas duración que el anterior, en el sur de la península. Y, algunos meses después, el 26 de enero de 2028, un eclipse anular.
Instrucciones para no perderse los próximos eclipses
Quienes hemos tenido la oportunidad de contemplar un eclipse nunca lo olvidaremos. Mis recomendaciones para quien no quiera perdérselos son las siguientes:
En primer lugar, es fundamental planificar donde iremos a verlos. Lo mejor es informarse en la web del IGN o en el libro antes indicado, que incluye información sobre la duración de la totalidad del eclipse. Condicionado a las previsiones meteorológicas, que serán muy fiables 2 o 3 días antes, es aconsejable disponer de un Plan B. Y, por supuesto, ir provistos de gafas apropiadas.
El eclipse del 2 de agosto de 2026 se verá al atardecer en la dirección que se pone el Sol. Por ello, hay que elegir un lugar que nos permita ver el horizonte Oeste. El eclipse del 12 de agosto de 2027, en el que la totalidad durará mas, en España solo será visible muy al sur de Andalucía.
Los colapsos de tráfico pueden ser enormes, por lo que se debería estar en el sitio elegido al menos un día antes. Ceuta y Melilla son ciudades ideales para verlo, pues caen en la zona de mayor duración de la totalidad (4 minutos y 30 segundos).
Quienes tengan posibilidad y estén dispuestos a pasar calor, pueden viajar hasta Luxor (Egipto) para contemplarlo.
No hace falta esperar a un eclipse para contemplar el cielo. En las noches despejadas, basta con levantar la vista del móvil y mirar hacia arriba, siempre que la contaminación lumínica no lo impida. Así podremos disfrutar de la ventana al exterior de ese vehículo que llamamos Tierra.
J. Guillermo Sánchez León no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.
Source: The Conversation – (in Spanish) – By Alberto Pérez-López, Profesor Permanente Laboral. Ejercicio físico, Nutrición y Metabolismo., Universidad de Alcalá
Cada Navidad muchas personas sienten que su peso aumenta casi sin darse cuenta. No es difícil imaginar por qué. Las comidas de empresa, las celebraciones familiares, los turrones, el roscón y el alcohol se convierten en protagonistas del menú. Sin embargo, a todo esto se suma una sensación muy extendida: que el metabolismo se ralentiza. ¿Es realmente así? ¿Cambia nuestro metabolismo durante las fiestas o somos nosotros quienes modificamos nuestros hábitos?
Para responder a estas preguntas primero necesitamos entender de qué depende el gasto energético diario.
El cuerpo consume energía incluso en reposo. De forma general, el gasto energético diario se divide en tres bloques:
Actividad física (entre el 15 y el 30 %). Incluye cualquier tipo de movimiento. No solo el el ejercicio físico o entrenamiento, sino también la actividad física no planificada: caminar, subir escaleras e incluso cocinar o conducir. Varía muchísimo según la rutina y hábitos diarios.
Termogénesis inducida por la dieta (entre el 5 y el 10 %). Aunque no lo parezca, ingerir y metabolizar alimentos también requiere energía. Aun así, no todos los elementos de la dieta son iguales: las proteínas requieren más gasto termogénico que las grasas y los azúcares.
Gasto metabólico en reposo (entre el 60 y el 75 %). Es la energía necesaria para funciones esenciales del organismo, como respirar o mantener la actividad del sistema nervioso. Este gasto funciona 24 horas al día y, aunque pueda parecer contraintuitivo, es el más elevado de los tres.
Una confusión frecuente es pensar que un entrenamiento intenso debería consumir más energía al día que el metabolismo en reposo. Sin embargo, este último opera permanentemente, mientras que el ejercicio físico es puntual.
En estas fechas se combinan varios factores que favorecen el superávit calórico. Es decir, que se ingieran más calorías de las que se consumen.
En primer lugar, aumenta la ingesta energética. Los alimentos más típicos de estas fechas suelen ser densos en calorías y ricos en grasas saturadas, azúcares y harinas refinadas:
Turrones, mazapanes, polvorones, roscón: combinan grasas y azúcares.
Asados, embutidos, quesos curados: altos en grasas saturadas.
Alcohol, especialmente vino, cava y licores: muchas calorías y efecto desinhibidor, que provoca que se coma todavía más.
En segundo lugar, disminuye la actividad física. El sedentarismo aumenta por varios motivos:
Pasamos más horas sentados en reuniones y sobremesas.
Hace más frío, por lo que hacemos menos actividad física al aire libre.
Las vacaciones y compromisos familiares nos hacen perder temporalmente las rutinas de ejercicio y actividad física.
Todo lo anterior motiva que pasemos más horas de ocio sedentario (ver series y películas, jugar a videojuegos y juegos de mesa, etcétera).
La combinación de estos factores pueden provocar un aumento de peso a finales de año. Incluso unos pocos días de sedentarismo reducen la sensibilidad a la insulina y favorecen la acumulación de grasa corporal.
En resumen, no solo gastamos menos energía durante las Navidades, sino que también gestionamos peor el exceso calórico.
¿Comer más acelera el metabolismo?
Si la digestión de alimentos consume energía podríamos pensar que comer más podría acelerar nuestro metabolismo. Esto es técnicamente cierto, pero no lo hace de forma relevante:
La termogénesis aumenta ligeramente al comer más, pero es insuficiente para compensar los grandes excesos navideños.
El metabolismo en reposo sube un poco si aumenta el peso corporal, pero mucho menos que si se ganara músculo.
La actividad física, por lo general, baja.
El balance final es claro: el gasto energético total cambia muy poco, pero la ingesta aumenta notablemente.
Recomendaciones para empezar bien el año
No es de extrañar que las fiestas traigan un aumento de la masa grasa, especialmente de la abdominal, y ganancias de peso que no siempre se pierden al comenzar el año. Para rematarlo, la menor actividad física de las Navidades se puede convertir en un hábito que continúe tras las vacaciones.
Por suerte, estos trucos basados en la evidencia científica nos pueden ayudar a minimizar el aumento de peso.
Aumentar la actividad física diaria e incrementar el número de pasos diarios. Caminar puede marcar la diferencia. Aproveche para subir escaleras. Dar paseos después de comidas copiosas mejorará su digestión y su salud metabólica.
Priorizar alimentos saciantes. La lista incluye verduras, frutas enteras, proteínas magras (pollo, pavo, pescado) y legumbres. La fibra y la proteína ayudan a controlar la ingesta posterior.
Elegir extras (dulces o salados) de forma consciente. En lugar de picar de todo, elegir uno o dos alimentos preferidos, y trata de no excederte.
Moderar el alcohol. Para ello podemos alternar estas bebidas con agua, evitar las de alta graduación y no consumir en ayunas.
No alargar la Navidad. Las celebraciones son puntuales, el problema aparece cuando se extienden semanas…… ¡o cuando los dulces navideños llegan hasta marzo!
La Navidad no ralentiza el metabolismo ni provoca cambios fisiológicos profundos.
Lo que realmente ocurre es que comemos más alimentos calóricos, nos movemos menos y, como el gasto energético total apenas varía, el exceso se almacena en forma de grasa.
Disfrutar de la Navidad no está reñido con la salud. Mantener cierto movimiento diario, priorizar alimentos saciantes y moderar los excesos puede evitar que unos días festivos se conviertan en una ganancia de peso mantenida en el tiempo.
Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.
Desde el Antiguo Egipto, pasando por Grecia, Roma y Oriente, las fragancias han acompañado al ser humano como un lenguaje invisible, pero profundamente poderoso. Mucho antes de convertirse en producto de consumo, el olor fue símbolo de lo divino, de lo terapéutico y de lo socialmente deseable. Hoy, aunque el perfume se perciba como un mero accesorio sensorial, su influjo va mucho más allá de agradar nuestras pituitarias.
Y es que los olores tienen la capacidad singular de atraernos, repelernos o emocionarnos de forma casi instantánea. Esto se debe a la conexión directa entre el sistema olfativo y el sistema límbico, región cerebral implicada en la memoria y la emoción. A diferencia de otros sentidos, la información olfativa no pasa primero por el tálamo, sino que llega directamente a la amígdala y el hipocampo, lo que explica su enorme poder evocador.
En el ámbito de la cosmética, las fragancias tienen cumplen múltiples funciones:
Función estética. La finalidad más evidente de una fragancia es mejorar la experiencia sensorial y organoléptica, generando placer. Además, contribuye a la identidad de marca y enmascara olores inherentes a determinadas materias primas. La experiencia olfativa influye directamente en la percepción de eficacia y calidad por parte del consumidor y será decisiva para su elección.
Función social y simbólica. Ponerse perfume también cumple un papel cultural y social. Ha servido para marcar estatus, identidad o pertenencia a un grupo y hoy en día se sigue utilizando para proyectar elegancia, sofisticación, profesionalidad, sensualidad o limpieza. Además, ayuda a crear una identidad olfativa personal, que nos hace reconocibles para otros de manera subconsciente.
Función psicológica y emocional. En este sentido, la aromaterapia ha despertado interés científico por sus implicaciones en la salud y el bienestar. Aunque la evidencia científica es limitada y heterogénea, algunos estudios sugieren que ciertos aromas pueden influir en el estado de ánimo gracias a su capacidad para evocar recuerdos y emociones. Además, se ha demostrado que determinadas moléculas aromáticas pueden influir en procesos como el estrés, la ansiedad, la relajación o la activación cognitiva. Aromas como lavanda y bergamota se asocian a efectos calmantes, mientras que otros, como el jazmín y el romero, pueden favorecer la memoria.
Ciencia detrás del olor: moléculas activas y mecanismos
Una fragancia se estructura clásicamente en notas de salida, corazón y fondo, que determinan su evolución temporal sobre la piel. Esta arquitectura responde a la volatilidad de las moléculas que la componen: las notas de salida están formadas por moléculas pequeñas y volátiles, responsables de la primera impresión; las de corazón definen el carácter del perfume; y las de fondo, compuestas por moléculas más pesadas y persistentes, aportan fijación y profundidad.
Las sustancias aromáticas pueden ser de origen natural, como aceites esenciales y extractos, o de síntesis, diseñadas para reproducir, intensificar o crear nuevos perfiles olfativos. Entre las moléculas del primer tipo destacan el linalool, presente en la lavanda o el cilantro, y el geraniol, característico del geranio. Ambos están asociados a aromas florales suaves, frescos y ligeramente dulces. También pueden citarse el limoneno, abundante en los cítricos, que aporta notas luminosas, frescas y energizantes; o la cumarina, que introduce matices dulces, cálidos y ambarados, con recuerdos de heno y vainilla.
En el apartado de las fragancias sintéticas sobresalen el hedione, un derivado inspirado en el jazmín que aporta notas florales transparentes y aireadas, y el ambroxan, desarrollado a partir del ámbar gris natural, con un perfil amaderado y almizclado. Los dos son pilares de la perfumería moderna por su elevada capacidad difusiva y su característico efecto limpio.
En conjunto, la combinación estratégica de estas moléculas, teniendo en cuenta su estructura química, volatilidad y sinergias olfativas, permite diseñar fragancias complejas, estables y emocionalmente impactantes.
Regulación y seguridad: el nuevo reto de los alérgenos
La seguridad es un pilar esencial para la cosmética y, en concreto, la perfumería. La IFRA (International Fragrance Association) establece estándares globales basados en evaluaciones científicas de riesgo. En Europa, el Reglamento (CE) nº 1223/2009 rige el uso de fragancias en cosméticos.
Diversas sustancias presentes en las fragancias han estado asociadas a alertas de seguridad. Estas pueden actuar como conservantes o fijadores, aunque el foco principal se ha puesto en los propios compuestos aromáticos, ya que muchos de ellos pueden provocar reacciones de dermatitis alérgicas por contacto o de sensibilización. Ingredientes comunes en perfumes, como el árbol de té, la lavanda o la menta, son responsables de este tipo de reacciones, y cada vez se identifican más sustancias con potencial similar.
Por este motivo, se han adoptado medidas como la ampliación del listado de alérgenos declarables (Reglamento (UE) 2023/1545, que eleva de 26 a más de 80 el número de sustancias que deben figurar en el etiquetado. Esto supone un reto considerable para formuladores y marcas, que deben reformular productos, asegurar la trazabilidad y comunicar de forma transparente al consumidor.
El gran desafío actual es equilibrar creatividad olfativa, seguridad cutánea y sostenibilidad ambiental sin comprometer la experiencia sensorial.
Tendencias presentes y futuras: hacia una perfumería consciente
Actualmente, la democratización del lujo y el comercio onlinehan impulsado el consumo de perfumes de imitación o dupes. Estas fragancias permiten acceder a aromas similares a los clásicos de grandes casas a precios asequibles, pero también plantean desafíos en términos de seguridad, calidad y regulación.
Además, los consumidores cada vez buscan más productos respetuosos con su cuerpo y con el planeta, De ahí que parte del futuro de la perfumería se oriente hacia las llamadas clean fragrances: composiciones más simples, transparentes, con aromas naturales y menor impacto ambiental. Al hilo de esta ecorresponsabilidad gana protagonismo el upcycling olfativo, una estrategia sostenible que reaprovecha subproductos vegetales y alimentarios para obtener nuevas fragancias.
En el ámbito tecnológico, la personalización de los perfumes a través de la inteligencia artificial, big data y biosensores permite crear nuevas fragancias adaptadas no solo a los gustos individuales, sino también al estado fisiológico o emocional de la persona.
Y finalmente, la perfumería contemporánea no descuida las necesidades de bienestar emocional, dado que gran parte de la población experimenta estrés, ansiedad o alteraciones del estado de ánimo. Las fragancias funcionales y la neurocosmética abren la puerta a perfumes capaces de modular emociones o procesos biológicos, integrando así belleza y ciencia del bienestar.
En definitiva, la perfumería ha evolucionado desde el arte del olor hacia una disciplina donde la ciencia, la seguridad y la conciencia ambiental redefinen el lujo sensorial del futuro.
Estefania Hurtado Gómez es CEO de Mamanecó.
Marta González Álvarez recibe fondos de la Consellería de Sanidad
Like much of the western world, Canada is facing a crisis in waste disposal as landfills reach their capacity. In Ontario, a live countdown gives municipal landfills just eight more years before they are full. We urgently need to reduce our garbage.
Our research team included Trisha Einmann, a PhD candidate in sociology at the University of Guelph, Alaa Mohamed, a client engagement worker with The Neighbourhood Organization and Aravind Joseph, a former co-ordinator with The Neighbourhood Organization.
St.James Town is a vibrant, densely populated neighbourhood with a high proportion of immigrants, racialized people and those with lower-than-average household incomes. At its core are 19 rental towers of 14 to 30 storeys that house about 18,500 people.
Policymakers must bring multi-residential buildings fully into the effort to divert household waste from landfill, so that communities like St. James Town can be part of the solution.
The residential sector also merits attention. Here, the overall diversion rate of 50 per cent is highly uneven between multi-residential buildings and single family dwellings.
In our study, we focused on two St. James Town high-rises: a social housing building and a privately owned rental building.
We conducted a resident survey, focus groups and interviews with experts and authorities to understand residents’ values, practices and challenges related to household waste.
The vast majority of our 103 survey respondents — 93 per cent — agreed or strongly agreed that sorting waste is very important; 91 per cent agreed that it protects the environment; and 78 per cent said it is part of their daily routine. These figures were virtually the same for private and social-housing renters, and were higher for immigrants than those born in Canada.
Just over half of our respondents, however, found it inconvenient or difficult to sort waste, and the challenges they identified confirmed the spatial and infrastructural hurdles documented elsewhere.
In high-rises like those in St. James Town, which were built before waste separation programs were commonplace, the typical disposal option is the single, narrow garbage chute on each floor and tall bins in an outdoor enclosure for bulky waste or recyclables. Apartments typically lack space to store sorted waste.
Landlords are off the hook
Another barrier to better waste management was the lack of managerial willingness to work with concerned residents, a crucial ingredient in achieving greater waste diversion in multi-residential buildings.
In the private building, the fundamental problem was the absence of managerial commitment to waste diversion, making it impossible for residents to divert waste there.
This is rooted in past municipal decisions and current provincial policy. City service obligates the separate collection of all major waste types. In 2009, the City of Toronto allowed private multi-residential buildings to choose private instead of municipal waste services so that they could avoid the expense and hassle of collecting organics.
Multi-residential buildings that contract with private haulers (40 per cent in Toronto) become subject to the regulation governing waste in the commercial and industrial sector, which omits organics and calls for “reasonable efforts” to participate in recycling.
In the privately owned building in our study, there were outdoor blue bins, but no separate bins for non-recyclable trash, and the blue bins were observed to contain all manner of waste. Unsurprisingly, we saw the hauling company combining blue bin and compactor content together, though the property manager claimed otherwise.
Participants at both buildings complained of an information vacuum. In the private building, 63 per cent of survey respondents reported disposing of organics in the trash chute at least some of the time; for recyclables this was 28 per cent.
The fact that people were sorting organics before putting them in the trash chute suggests they believed it will be properly sorted by the waste management company after collection. This belief was also shared by one of the maintenance staff at the building who deals with waste.
This echoes a tendency observed elsewhere, and likely reflects a misguided belief that the waste will eventually be sorted at a facility.
Many respondents told us they aren’t being properly directed on where to put any of the different forms of waste, including hazardous items. For example, in the private building, there was nothing to tell them that there’s no organics collection, or what can and cannot be recycled.
Misplaced or unsorted waste reflects the lack of information residents receive. Without stronger regulations, landlords have little incentive to invest in waste management to keep recycling separate from trash.
Waste management and housing conditions
With a savings-above-all approach to waste management, the practices of some can make surroundings unpleasant for others. In disposal areas and other common spaces, residents frequently complained of the smell and of cockroaches from organic waste piled up by the chutes, or bedbugs from furniture and other items left in hallways.
Some were reluctant to have visitors. Some also worried about batteries in the garbage, a justified concern given that 71 per cent of survey participants across both buildings sometimes dispose of batteries in the trash or blue bins.
Tenants are often fearful to take such concerns to landlords or government.
There are, of course, other major contributors to landfill waste that we should not overlook: the over-production of non-recyclable plastics and under-regulation of the industrial, commercial and institutional sector.
But policymakers must also recognize the challenges facing renters in multi-residential buildings. Failing to address these will result in more waste ending up in ever-growing landfills.
Lisa Kowalchuk receives funding from the University of Guelph Social Sciences and Humanities Research Council of Canada institutional grant.
Contraint à la démission par une décision de justice, Milorad Dodik, dirigeant de longue date de la République serbe (l’une des deux entités composant la Bosnie-Herzégovine), proche de Belgrade, de Budapest et de Moscou, n’a pas tout perdu : la présidentielle a été remportée de justesse par un de ses proches, Siniša Karan. Pour autant, l’opposition, malgré un candidat peu connu, a failli l’emporter, et le taux de participation a été très bas. Le parti de Dodik parviendra-t-il à conserver la haute main sur ce territoire miné bien plus par la corruption et le clientélisme que par les tensions ethnonationales ?
Le 23 novembre 2025, l’entité serbe de la Bosnie-Herzégovine, communément appelée République serbe de Bosnie (Republika Srpska, RS), a tenu une élection présidentielle anticipée qui a vu la victoire étriquée de Siniša Karan avec 50,8 % des suffrages. Le candidat issu du Parti social-démocrate indépendant (Savez nezavisnih socijaldemokrata, SNSD) de l’ancien président Milorad Dodik s’est imposé face à Branko Blanuša, du Parti démocrate serbe (Srpska demokratska stranka, SDS), qui a remporté 48,8 % des voix.
Le scrutin est intervenu après une période d’importantes turbulences politiques en Bosnie-Herzégovine suite à la condamnation de Milorad Dodik, le 26 février 2025, par la Cour constitutionnelle du pays pour avoir défié l’autorité du Haut Représentant (Office of the High Representative, OHR). Cette condamnation a abouti à la mise à l’écart de Milorad Dodik de la scène politique et à la convocation d’élections anticipées.
L’issue serrée de la présidentielle illustre, d’une part, la capacité du SNSD à maintenir son emprise sur l’appareil politique local, mais aussi, d’autre part, la fragilisation progressive du parti et du leadership de Dodik et un début de recomposition du paysage politique de la RS.
Un système institutionnel hérité de Dayton
La Bosnie-Herzégovine fonctionne depuis les accords de paix de Dayton (qui ont marqué la fin du conflit armé en 1995 et dont l’Annexe 4 constitue la Constitution) sur un modèle de consociationalisme ethnique et de fédéralisme complexe.
L’État est composé de deux entités territoriales : la Fédération de Bosnie-Herzégovine, elle-même divisée en dix cantons majoritairement bosniaques et croates ; et la Republika Srpska, qui est davantage centralisée. À ces entités s’ajoutent les municipalités ainsi que le district autonome de Brčko. Le niveau étatique comporte deux assemblées parlementaires (la Chambre des représentants et la Chambre des peuples), dont la composition reflète le partage du pouvoir entre les peuples constituants du pays : les Bosniaques, les Croates et les Serbes (selon le dernier recensement, effectué en 2013, le pays est composé de 50,1 % de Bosniaques, 30,8 % de Serbes, 15,4 % de Croates et 3,7 % d’« Autres »). Le système est supervisé par le Bureau du Haut Représentant (OHR), une institution internationale chargée de veiller à l’application civile de Dayton et dotée de larges « pouvoirs de Bonn » lui permettant d’imposer des lois ou de démettre des responsables.
L’Allemand Christian Schmidt, l’actuel Haut Représentant, nommé en 2021 par les pays du Conseil de la mise en œuvre de la paix (Peace Implementation Council, PIC), est contesté par la Republika Srpska et par la Russie, qui refusent de reconnaître sa légitimité en raison de l’absence d’aval du Conseil de sécurité de l’ONU pour sa nomination. Ce refus de soutenir Christian Schmidt s’inscrit dans le projet russe et chinois de suppression du Bureau du Haut Représentant afin d’élargir leur sphère d’influence dans le pays et de déstabiliser cette région située aux frontières de l’Union européenne.
La figure politique dominante de la RS, Milorad Dodik, 66 ans aujourd’hui, président de la RS de 2010 à 2018 et de 2022 à 2025, a commencé sa carrière en 1996 comme acteur politique modéré soutenu par les États occidentaux, avant d’opérer un tournant nationaliste en 2006. Il s’est alors progressivement imposé comme le principal leader politique serbe du pays, en développant une rhétorique nationaliste serbe radicale, un discours de haine et un système de pouvoir fondé sur la corruption et le clientélisme qui lui a valu plusieurs sanctions internationales. Son style politique s’est ensuite centré essentiellement sur une rhétorique sécessionniste prônant l’indépendance de l’entité serbe.
Des élections dominées par Milorad Dodik
Malgré ses déclarations répétées selon lesquelles il ne se soumettrait pas aux institutions de Bosnie-Herzégovine, Dodik a finalement accepté la décision de justice en convertissant sa peine d’un an de prison en une amende de 18 000 euros, reconnaissant ainsi implicitement l’autorité de la Cour de Bosnie-Herzégovine.
Après sa condamnation par la justice bosnienne, Dodik s’est empressé de désigner une membre de son entourage proche, Ana Trišić Babić, comme présidente par intérim malgré l’absence de base légale pour cette nomination. Dodik et l’élite politique se tenant derrière lui se sont d’abord opposés à l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle en RS, et l’ancien président de la RS a à nouveau menacé d’organiser un référendum à ce sujet, avant de revenir sur cette idée. La nomination d’Ana Trišić Babić illustre cette stratégie d’« occupation » institutionnelle du SNSD qui vise à conserver le levier exécutif quelles que soient les décisions judiciaires ou internationales. L’épisode a renforcé l’image d’un exécutif de la RS prêt à contourner les normes formelles pour prolonger son influence.
La campagne électorale a reproduit les traits récurrents du style politique de Dodik et de son environnement. En mobilisant son registre habituel basé sur un nationalisme serbe agressif et un narratif sécessionniste, Dodik a saturé l’espace médiatique par des discours clivants. Karan, pour sa part, s’est présenté comme le garant de la continuité, fort de son profil technocratique et de son ancrage dans l’appareil sécuritaire en tant qu’ancien ministre de l’intérieur. Face à Karan, le SDS a présenté Branko Blanuša, un universitaire peu connu et sans ancrage politique large, une stratégie de l’opposition qui n’a pas réussi à incarner une alternative crédible face au SNSD.
Sur le plan procédural, l’élection a été entachée d’allégations d’irrégularités dans plusieurs bureaux, notamment dans les villes de Doboj et Zvornik, où l’opposition et la Commission électorale centrale (Centralna Izborna Komisija, CIK), chargée de l’organisation et la supervision de l’ensemble des élections dans le pays, ont dénoncé des pratiques d’abus de fonds publics durant la campagne, de pression sur les électeurs et d’anomalies dans les listes de vote.
Ces incidents s’inscrivent dans des tendances structurelles de clientélisme, de capture des administrations locales et de fragilité des garanties électorales. Les réseaux de dépendance économique et administrative (emplois publics, marchés, transferts) restent des instruments puissants de mobilisation et de contrôle politique en RS.
La manœuvre diplomatique et financière en coulisses a aussi joué. Le desserrement partiel et contesté des pressions internationales a été exploité par les pro-Dodik. En octobre 2025, les sanctions américaines imposées à son réseau proche depuis 2017 ont été levées et ont permis au camp pro-Dodik d’affirmer avoir obtenu une forme de « réhabilitation » internationale et d’afficher un argument électoral de légitimation.
La levée de ces sanctions s’inscrit dans une longue campagne de lobbying probablement financée par l’argent public de la RS. Parallèlement, la Russie et la Hongrie ont maintenu un appui politique visible, marqué par des messages de félicitations et des rencontres bilatérales, renforçant le narratif selon lequel la RS disposerait de parrains internationaux face à l’Occident.
Un tournant pour le SNSD et l’avenir politique de Dodik ?
L’élection de Karan assure pour le moment la continuité d’un modèle politique centré sur le contrôle partisan des institutions, la politisation des forces de sécurité et la circulation de ressources vers des réseaux clientélistes.
L’opposition, fragilisée par le choix d’un candidat peu visible et par l’absence d’une stratégie unifiée, sort affaiblie et risque de ne pas pouvoir jouer efficacement son rôle de contre-pouvoir.
Toutefois, la victoire étroite du candidat du SNSD et le taux de participation très faible soulignent un désenchantement croissant. L’élite politique semble éloignée des besoins concrets des citoyens de la RS au profit d’une rhétorique axée sur les prétendues tensions ethnonationales. Les derniers résultats électoraux du SNSD, en recul par rapport aux cycles précédents, confirment une érosion du soutien populaire. De plus, la non-participation à la présidentielle d’un des partis les plus populaires en RS, le Parti du progrès démocratique (Partija Demokratskog Progresa, PDP), aurait dû assurer une victoire aisée pour Karan face au SDS, dont le soutien populaire a également été ébranlé ces dernières années. Le succès de Karan s’explique ainsi par la faiblesse de la stratégie de l’opposition et non pas par la popularité du SNSD.
Au plan international, la victoire de Karan maintient les liens géopolitiques de Dodik avec Moscou et Budapest, tandis que les partenaires occidentaux, malgré certaines sanctions et interventions à l’encontre de la personne de Dodik comme celles de l’Allemagne et de l’Autriche, peinent à imposer des corrections structurelles durables.
De plus, cette période électorale a vu émerger une période de tension avec Aleksandar Vučić, le président serbe, dont Milorad Dodik est très proche. Belgrade a notamment exprimé son mécontentement face à la nomination d’Ana Trišić Babić et au retrait soudain de certaines lois déclarées inconstitutionnelles, notamment celles en vertu desquelles Dodik a été condamné par la justice. Le malaise de Belgrade tient probablement au fait que, en obtempérant aux décisions de la justice bosnienne et en retirant les lois inconstitutionnelles, Dodik a implicitement reconnu l’autorité des institutions centrales de Bosnie-Herzégovine. Toutefois, cette séquence allait à l’encontre de la stratégie de Vučić, qui a historiquement tiré parti de la contestation institutionnelle menée par la RS pour maintenir une influence discrète et une instabilité politique maîtrisée au sein de la Bosnie-Herzégovine.
En conclusion, la récente présidentielle a confirmé que la problématique bosnienne ne relève pas de rivalités ethnonationales. Le clientélisme, la faiblesse des institutions et la capture des médias publics créent un terrain propice à une gouvernance de plus en plus autoritaire, personnalisée et centralisée autour du clan Dodik. Sans réformes institutionnelles fortes et sans restauration de mécanismes indépendants de contrôle, la RS se retrouve dans un cycle de normalisation d’un pouvoir personnalisé avec le SNSD à sa tête, malgré la volonté des partis de l’opposition, même si ceux-ci s’inscrivent pour la plupart dans un courant idéologique nationaliste serbe, de collaborer avec les institutions centrales et apaiser les tensions cycliques initiées par Milorad Dodik.
Neira Sabanovic bénéificie d’une bourse de recherche Aspirant du Fonds national de la recherche scientifique (FNRS – Belgique) pour mener sa recherche doctorale.
Et si, pour Noël, on troquait l’achat de jouets contre la location ? Moins coûteuse, plus écologique, cette solution remise au goût du jour par plusieurs marques s’inspire des ludothèques. Reste une question : tous les jouets sont-ils adaptés à ce modèle ?
Et si pour Noël, vous offriez au petit dernier des jouets de location plutôt que des objets coûteux qui finissent souvent au fond d’un placard ? L’intérêt est à la fois d’ordre économique mais aussi écologique : la durée de vie des jouets est courte. Les enfants eux-mêmes expriment une préoccupation environnementale grandissante.
Dans ce contexte, les marques de jouets commencent à proposer de nouveaux services, comme la location. Mais ces entreprises très médiatisées à la faveur de cette pratique sont-elles vraiment des pionnières ?
La location de jouets existe en réalité en France depuis 1968, où a ouvert la toute première ludothèque à Dijon. Une ludothèque, mot formé à partir du latin ludus « jeu » et du grec θήκη/thḗkē « lieu de dépôt », c’est un lieu qui met à la disposition de ses membres des jouets et des jeux de société en prêt. On peut aussi jouer sur place, dans des espaces dédiés, ce qui favorise les rencontres et les liens sociaux.
Des entreprises ont ainsi eu l’idée de remettre au goût du jour ce concept. Par exemple Lib&Lou, la première plateforme de location de jouets et jeux éducatifs, créée en 2019. Elle dispose d’un partenariat avec le leader du marché de location de jeux et de matériels éducatifs écoresponsable, Juratoys, entreprise jurassienne qui propose des jouets en bois de haute qualité.
Autre acteur sur le marché, Les Jouets voyageurs proposent trois formules d’abonnements, qui permettent de choisir des jouets de seconde main dans un catalogue en ligne, puis de changer tous les mois de jouets. La marque a également développé un service de rénovation des jouets usagés, autre tendance de fond depuis la loi de janvier 2023 qui impose aux magasins spécialisés dans la vente de jouets de proposer, sans condition d’achat, un service de reprise des jouets usagés
Miljo.fr, nouvel entrant sur le marché, offre également des formules d’abonnement pour ses jouets de seconde main. La marque propose des services aux structures d’accueil de la petite enfance et aux professionnels du jouet.
Une solution gagnant-gagnant
La location de jouets présente de nombreux avantages. D’un point de vue économique, elle coûte souvent moins cher que l’achat. D’un point de vue écologique, elle permet de réduire le gaspillage et les déchets car les jouets sont réutilisés. Enfin, d’un point de vue pratique, elle évite de devoir stocker des jouets encombrants lorsque les enfants grandissent. En somme, la location de jouets est une solution gagnante pour les parents, les enfants et l’environnement.
Quelques questions restent cependant en suspens : toutes les marques peuvent-elles adhérer à ce concept, par exemple pour des questions d’hygiène ? Par exemple, une poupée Corolle en location peut-elle survivre au passage des désinfectants nécessaire pour garantir une propreté irréprochable aux futurs utilisateurs ?
Service Environnement ne travaille pas, ne conseille pas, ne possède pas de parts, ne reçoit pas de fonds d’une organisation qui pourrait tirer profit de cet article, et n’a déclaré aucune autre affiliation que son organisme de recherche.