Cinq scénarios pour le Venezuela post-Maduro

Source: The Conversation – in French – By Robert Muggah, Richard von Weizsäcker Fellow na Bosch Academy e Co-fundador, Instituto Igarapé; Princeton University

Le flou règne sur l’avenir du Venezuela après la capture de son président par les États-Unis. Plusieurs voies sont envisageables, du maintien en place du régime chaviste à une prise de contrôle du pouvoir par Washington.


L’opération militaire menée par les États-Unis à l’aube du 1er janvier qui a permis de capturer Nicolas Maduro et son épouse puis de les emmener à New York, où ils ont été incarcérés, marque un tournant pour le continent américain. Après plusieurs mois de menaces d’intervention militaire et de renforcement constant des forces armées de Washington dans la région, les forces armées états-uniennes ont destitué un président étranger à l’issue d’une opération qui a duré un peu plus de deux heures.

Que ce soit sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogue ou au nom d’un changement de régime, le message est clair : les États-Unis sont prêts à agir de manière unilatérale, avec force et, au besoin, de façon illégale. Les répercussions seront vastes pour le Venezuela, bien sûr, mais aussi pour l’ensemble de l’Amérique latine.

Les réactions à l’intervention états-unienne ont été immédiates. La Colombie, qui a dépêché des troupes à sa frontière, se préparant à l’arrivée potentielle de réfugiés, a dénoncé les frappes comme un affront à la souveraineté des pays de la région. Cuba s’est jointe à l’Iran, à la Russie et à d’autres adversaires de Washington pour condamner le raid devant les Nations unies. Quelques gouvernements, notamment celui de l’Argentine, ont en revanche apporté leur soutien sans réserve à cette opération.

Donald Trump a annoncé que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela jusqu’à ce qu’il y ait une « transition sûre, appropriée et judicieuse » du pouvoir, et assuré que son administration « n’avait pas peur d’envoyer des troupes sur le terrain ».

Jusqu’à présent, peu de détails concrets sur la suite des événements ont été fournis. Beaucoup dépendra des prochaines actions de Washington et de la réaction de la classe politique vénézuélienne, qui est très divisée. En tant qu’expert des relations entre les États-Unis et l’Amérique latine, j’estime que cinq scénarios principaux semblent plausibles.

1. Trump déclare avoir eu gain de cause et en reste là

Dans ce premier scénario, Trump proclame que la mission a été accomplie, présente la capture de Maduro comme un triomphe et réduit rapidement le rôle des États-Unis dans l’avenir immédiat du pays. Les institutions vénézuéliennes restent largement intactes. L’actuelle vice-présidente Delcy Rodriguez, le ministre de l’intérieur Remigio Ceballos Ichaso et le ministre de la défense Vladimir Padrino Lopez dirigent un gouvernement reconstitué qui poursuit la ligne de gauche développée par feu Hugo Chavez, même si ce système est désormais privé de sa dernière figure de proue en la personne de Maduro.

Un tel développement conviendrait aux généraux états-uniens désireux de limiter les risques pour leurs troupes, ainsi qu’aux puissances étrangères soucieuses d’éviter un vide du pouvoir. A contrario, l’opposition vénézuélienne et les pays voisins qui ont subi des années d’afflux de réfugiés feraient la grimace.

Surtout, cela réduirait à néant l’influence sur le pays que Washington vient d’acquérir au prix de nombreux efforts. Après avoir pris la décision extraordinaire d’enlever un chef d’État, revenir en arrière et se contenter d’un léger remaniement du chavisme apparaîtrait comme une reculade contraire aux normes des interventions étrangères des États-Unis.

2. Un soulèvement populaire renverse le chavisme

Deuxième possibilité : le choc provoqué par la destitution de Maduro brise l’aura d’inévitabilité du gouvernement et déclenche un soulèvement populaire qui balaye le chavisme. Au vu de la vacance de la présidence et de l’affaiblissement des forces de sécurité, démoralisées ou divisées, une large coalition de partis d’opposition, de groupes de la société civile et de chavistes mécontents fait pression pour la mise en place d’un conseil de transition, peut-être sous l’égide de l’Organisation des États américains ou des Nations unies.

Reste qu’une telle révolution, en particulier lorsqu’elle est soutenue par une ingérence extérieure, se déroule rarement sans heurts. Des années de répression politique, de crime organisé, de misère économique et d’émigration ont vidé la classe moyenne et les syndicats vénézuéliens de leur substance. Les colectivos armés – des groupes paramilitaires ayant un intérêt au maintien de l’ancien régime – opposeraient une résistance farouche. Il en résulterait peut-être non pas une avancée démocratique rapide, mais une transition instable : un gouvernement provisoire fragile, des violences sporadiques et d’intenses luttes intestines sur les questions relatives aux amnisties et au contrôle du secteur pétrolier.

3. Les États-Unis installent à Caracas un pouvoir allié

Dans ce scénario, Washington tire parti de la nouvelle donne pour faire pression en faveur d’un changement complet de régime. Cela pourrait se traduire par un durcissement des sanctions à l’encontre des personnalités encore au pouvoir, par l’intensification des frappes contre les installations de sécurité et les milices, par un soutien secret aux factions insurgées et par l’utilisation du procès de Maduro comme d’une tribune mondiale pour délégitimer une fois pour toutes le chavisme.

Une personnalité reconnue en tant que leader de l’opposition serait portée au pouvoir à la suite d’une forme d’élection contrôlée, d’un conseil de transition ou d’une passation de pouvoir négociée – potentiellement, quelqu’un comme Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix 2025. Les États-Unis et leurs alliés proposeraient une restructuration de la dette et un financement de la reconstruction du pays en échange de réformes économiques libérales et d’un alignement géopolitique sur Washington.

Cette option est très risquée. Une transition ouvertement orchestrée par les États-Unis entacherait la légitimité du nouveau leadership vénézuélien, tant au niveau national qu’international. Elle aggraverait la polarisation du pays, renforcerait la dénonciation de l’impérialisme (ce qui est depuis longtemps un argument central du chavisme) et inciterait la Chine, Cuba, l’Iran et la Russie à s’ingérer également dans les affaires du pays. Un mouvement chaviste meurtri mais non brisé pourrait se transformer en résistance armée, faisant du Venezuela un nouveau théâtre d’insurrection de faible intensité.

4. Supervision par Washington et transition contrôlée

Une transition contrôlée : c’est l’option que Trump a ouvertement envisagée. Washington exercerait provisoirement sa tutelle sur le Venezuela. Les premières priorités seraient d’imposer une chaîne de commandement et de restaurer les capacités administratives du pays, de stabiliser la monnaie et le système de paiement, et de mettre en place des réformes progressives afin d’éviter l’effondrement de l’État pendant la transition.

Le calendrier politique serait alors une dimension essentielle. Washington exercerait une forte influence sur les dispositions provisoires en matière de gouvernance, les règles électorales et le calendrier des élections présidentielles et législatives, y compris la reconstitution des autorités électorales et la définition des conditions minimales pour la campagne électorale et l’accès aux médias. Les États-Unis n’auraient pas nécessairement besoin d’occuper le pays, mais ils pourraient avoir besoin de déployer des forces sur le terrain pour dissuader les fauteurs de troubles.

La logique économique de cette option reposerait sur le rétablissement rapide de la production pétrolière et des services de base grâce au soutien technique des États-Unis, à l’implication de leurs entreprises privées et à un allègement sélectif des sanctions. Des entreprises telles que Chevron, la seule grande compagnie pétrolière états-unienne encore implantée au Venezuela, ou des prestataires de services pétroliers comme Halliburton seraient probablement les premiers bénéficiaires.

Là aussi, les risques sont considérables. Comme dans le cas, présenté plus haut, de l’arrivée au pouvoir d’une équipe ouvertement alignée sur Washington, une tutelle états-unienne pourrait attiser les sentiments nationalistes et valider le discours anti-impérialiste propre au chavisme. La menace implicite de l’utilisation de la force pourrait dissuader les groupes criminels, mais elle pourrait également approfondir le ressentiment et durcir la résistance des groupes armés, des partisans de Maduro ou de toute autre personne opposée à l’occupation.

5. Conflit hybride et instabilité contrôlée

Finalement, le plus probable est que tous les scénarios ci-dessus seront en quelque sorte mélangés : on assisterait alors à une lutte prolongée dans laquelle aucun acteur ne l’emporterait complètement. La destitution de Maduro pourrait affaiblir le chavisme, sans totalement détruire ses réseaux dans l’armée, l’administration et les quartiers défavorisés. L’opposition pourrait être revigorée mais demeurerait divisée. Sous Trump, les États-Unis seront puissants sur le plan militaire, mais limités dans leur marge de manœuvre par la lassitude de leur population à l’égard des guerres étrangères, la perspective des élections de mi-mandat à venir et les doutes quant à la légalité de leurs méthodes.

Dans ce cas de figure, le Venezuela pourrait sombrer dans plusieurs années d’instabilité contrôlée. Le pouvoir pourrait de facto être partagé entre une élite chaviste affaiblie, des figures de l’opposition cooptées dans le cadre d’un accord transitoire et des acteurs sécuritaires contrôlant des fiefs locaux. Les frappes sporadiques et les opérations secrètes des États-Unis pourraient se poursuivre, en étant calibrées pour punir les fauteurs de troubles et protéger les partenaires privilégiés de Washington, sans aller jusqu’à une occupation de grande échelle.

Une doctrine Monroe 2.0 ?

Quel que soit l’avenir, ce qui semble clair pour l’instant, c’est que l’opération anti-Maduro peut être considérée, tant par ses partisans que par ses détracteurs, comme l’application d’une sorte de Doctrine Monroe 2.0. Cette version, qui fait suite à la doctrine originale du XIXe siècle dans laquelle Washington mettait en garde les puissances européennes contre toute ingérence dans sa sphère d’influence, est une affirmation plus musclée selon laquelle les rivaux lointains des États-Unis et leurs clients locaux ne seront pas autorisés à avoir leur mot à dire sur le continent américain.

Ce message agressif ne se limite pas à Caracas. Cuba et le Nicaragua, déjà soumis à de lourdes sanctions américaines et de plus en plus dépendants du soutien russe et chinois, verront le raid vénézuélien comme un avertissement indiquant que même les gouvernements bien établis ne sont pas à l’abri si leur politique n’est pas suffisamment alignée sur celle de Trump. La Colombie, théoriquement alliée des États-Unis mais actuellement dirigée par un gouvernement de gauche qui a vivement critiqué la politique vénézuélienne de Washington, se retrouve prise en étau.

Les États petits et moyens, et pas seulement ceux d’Amérique latine, ne peuvent qu’être inquiets. Le Panama, dont le canal est essentiel au commerce mondial et à la mobilité navale des États-Unis, pourrait faire l’objet d’une pression renouvelée, Washington souhaitant contrôler pouvoir compter dans ce pays sur un pouvoir local qui sera proche de lui et bloquera les avancées chinoises dans les ports et les télécommunications. Le Canada et le Danemark auront également regardé cet épisode de très près, l’administration Trump ayant récemment rappelé avec force qu’elle convoite le Groenland.

The Conversation

Robert Muggah est cofondateur de l’Institut Igarapé, un groupe de réflexion brésilien indépendant qui bénéficie du soutien financier des gouvernements du Royaume-Uni, de la Banque interaméricaine de développement et de divers donateurs locaux au Brésil. Robert Muggah est également cofondateur de SecDev, un cabinet de conseil en cybersécurité et risques géopolitiques, et chercheur à l’université de Princeton. De plus amples informations sur ses affiliations sont disponibles sur les sites web des deux institutions.

ref. Cinq scénarios pour le Venezuela post-Maduro – https://theconversation.com/cinq-scenarios-pour-le-venezuela-post-maduro-272695

El talón de Aquiles de Europa: las tierras raras dejan a la UE expuesta a las condiciones de negocio impuestas por China

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Gracia Abad Quintanal, Profesora Agregada de Relaciones Internacionales, Universidad Nebrija

Pla2na/Shutterstock

Para fabricar coches, componentes informáticos de inteligencia artificial, productos médicos y armas necesitamos elementos de tierras raras. Y esta demanda los ha convertido en el centro de una renovada competencia entre las principales potencias mundiales.

En este nuevo panorama, Estados Unidos y Europa se encuentran en desventaja, ya que China controla hasta el 90 % del comercio mundial de tierras raras. En gran medida esto se debe a que, durante décadas, ha promovido de forma discreta pero continua la extracción y el refinado de estas materias primas.

Ya en la década de 1950 China comenzó a explotar el yacimiento de Bayan Obo, en Mongolia Interior, que actualmente es la mina de tierras raras más grande del mundo. Paulatinamente fue aumentando significativamente sus inversiones para convertirse, en la década de 1990, en el líder mundial en producción y refinado. Hoy en día, la República Popular China extrae estas materias primas tanto dentro de sus propias fronteras como en otros países, especialmente en África, aunque gran parte del refinado sigue realizándose en la propia China.

Esto significa que, cuando el impulso continuo hacia las energías renovables y los sistemas de IA de alta potencia provocó un aumento de la demanda de tierras raras, China ya contaba con una amplia red para la extracción y el refinado de estos productos.

En el otro extremo del espectro, Europa va a la zaga tanto de Estados Unidos como de la República Popular China en la producción de tierras raras. Sin embargo, necesita estos materiales críticos para fabricar productos de alta tecnología, como compuestos farmacéuticos y coches eléctricos, e importa una proporción muy elevada de ellos de China, entre el 40 % y el 100 %, dependiendo de la fuente y de las materias primas incluidas.




Leer más:
The global race is on to secure critical minerals. Why do they matter so much?


Aranceles e interferencia estatal

Durante el último año, la guerra arancelaria a tres bandas desatada por la Administración Trump, en la que están implicados Estados Unidos, la UE y China, ha puesto de relieve la vulnerabilidad europea, que necesita urgentemente mantener el suministro de estos materiales a precios razonables. Por su parte, China es muy consciente de su ventaja económica, geopolítica y estratégica, y está decidida a no perderla.

Es evidente que Pekín está dispuesto a hacer todo lo posible para proteger su monopolio. En abril de 2025, China introdujo restricciones drásticas a sus exportaciones de estos materiales. Esto acaparó parte del debate en la cumbre UE-China celebrada en julio, donde se alcanzó un acuerdo provisional para levantar las restricciones.

No obstante, a finales de septiembre, el Gobierno neerlandés decidió tomar el control de Nexperia, una empresa de propiedad china con sede en los Países Bajos que se dedica principalmente a la producción de chips informáticos para la industria automovilística. La medida se tomó ante el intento de la empresa de eludir la legislación neerlandesa sobre propiedad intelectual.

El 9 de octubre, Pekín tomó represalias anunciando que volvería a limitar la exportación de tierras raras y tecnología a la UE. En concreto, iba a exigir licencias de exportación para todos los productos fabricados con más del 0,1 % de tierras raras procedentes de China, además de prohibir todas las exportaciones de tierras raras para la producción de armas. Las medidas amenazaban con ejercer una enorme presión sobre la industria manufacturera europea.

Sin embargo, la situación podría haberse calmado, al menos temporalmente, después de que el 19 de noviembre el Gobierno neerlandés anunciara, como gesto de “buena voluntad”, que se suspendía la incautación de Nexperia.




Leer más:
Chinese controls on rare earths could create challenges for the west’s plans for green tech


Chantaje económico

La situación planteada por las restricciones a la exportación chinas era tan grave que la Unión Europea incluso consideró, durante la reunión del Consejo Europeo celebrada en octubre, activar su mecanismo “antielusión”, una medida destinada a ser utilizada en situaciones de chantaje económico por parte de terceros países. Aunque, finalmente, no ha sido necesario

En estos momentos la UE sigue dos líneas de acción complementarias para mejorar su situación en relación con las tierras raras y los minerales críticos: las negociaciones con China y la diversificación de las fuentes de las que obtiene estos productos.

En lo que respecta a las negociaciones, la UE, a petición de su comisario de Comercio, Maroš Šefčovič, ha creado un “canal especial” de comunicación con China para tratar de garantizar el suministro. En este marco, los funcionarios europeos y chinos pueden trabajar juntos para dar prioridad a las solicitudes presentadas por las empresas de la UE. Hasta ahora, la iniciativa ha tenido éxito, ya que en pocos días desde el anuncio de la medida se han aprobado más de la mitad de las 2 000 solicitudes.

Además, a principios de noviembre, la UE se sumó finalmente al acuerdo alcanzado previamente por Estados Unidos y China para que esta última pudiera relajar temporalmente (durante un año) sus restricciones a la exportación mencionadas anteriormente.

En ese momento, la UE también estaba considerando otras medidas, incluida la aplicación de aranceles, para obligar a China a suministrarle tierras raras. Es posible que estas intenciones hayan facilitado el acuerdo.

Diversificación del suministro

Dado que China está claramente dispuesta a aprovechar su dominio de las tierras raras, la UE también tendrá que asegurarse su suministro en otros lugares. Con este fin, se aprobó una normativa destinada a garantizar el suministro de materias primas críticas. También se ha creado el plan RESourceEU para garantizar las materias primas, reducir la dependencia e impulsar la competitividad. Este plan se inspira en el de diversificación energética REPowerEU, puesto en marcha tras la invasión de Ucrania por Rusia en febrero de 2022.

La diversificación se basará tanto en la producción de estos materiales dentro de la UE como en las importaciones de terceros países distintos de la República Popular China. Dado que Europa no cuenta actualmente con minas de tierras raras en activo, gran parte de las materias primas procederán de una serie de iniciativas de reciclaje.

Aunque esta estrategia plantea retos en términos de costes económicos y medioambientales, es una batalla que la UE no puede permitirse perder si quiere tener alguna posibilidad de alcanzar una posición favorable en el orden mundial.

The Conversation

Gracia Abad Quintanal no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. El talón de Aquiles de Europa: las tierras raras dejan a la UE expuesta a las condiciones de negocio impuestas por China – https://theconversation.com/el-talon-de-aquiles-de-europa-las-tierras-raras-dejan-a-la-ue-expuesta-a-las-condiciones-de-negocio-impuestas-por-china-270806

La primera persona que firmó una obra literaria fue una mujer: Enheduanna

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Zaradat Domínguez Galván, Profesora de Literatura, Universidad de Las Palmas de Gran Canaria

Disco de Enheduanna, encontrado en una cámara del templo Larsa de Nin-Gal (el Gig-par-ku). Penn Museum

Cuando preguntamos quién fue el primer autor literario de la historia, muchos piensan en Homero. La imagen del poeta ciego de la Antigua Grecia suele ocupar el podio de la tradición literaria occidental.

Pero lo cierto es que debemos mirar mucho más atrás, más allá de Grecia, más allá incluso del alfabeto, y dirigir nuestros ojos hacia el origen mismo de la escritura: la antigua Mesopotamia. Allí, hace más de 4 000 años, una mujer firmó su obra con su propio nombre: Enheduanna.

¿Quién fue Enheduanna?

Enheduanna vivió alrededor del año 2 300 a. e. c., en la ciudad de Ur, lo que hoy es el sur de Irak. Su figura destaca por varios motivos: fue suma sacerdotisa del dios lunar Nanna, lo cual le confirió un gran poder político y religioso. Además, fue hija del rey Sargón de Akkad, fundador del primer imperio mesopotámico, y, sobre todo, autora de una obra literaria de profundo contenido teológico, político y poético.

“Enheduanna” no era su identificación personal, sino un título religioso que podría traducirse como “alta sacerdotisa, ornamento del cielo”. Su verdadero nombre sigue siendo un misterio. Lo que no se discute es su impacto: Enheduanna escribió, firmó y dejó constancia de su autoría, lo que la convierte en la primera persona, hombre o mujer, que conocemos por haber hecho esto.

Escritura, poder y espiritualidad

La escritura cuneiforme ya existía desde mediados del cuarto milenio antes de nuestra era. Había surgido como una herramienta administrativa, útil para llevar registros económicos, controlar impuestos o contabilizar ganado. Sin embargo, hacia la época de Enheduanna, había empezado a emplearse también para expresar ideas religiosas, filosóficas y estéticas. Era un arte sagrado, vinculado a la diosa Nisaba, patrona de los escribas, el grano y el conocimiento.

En este contexto, la figura de esta autora es especialmente reveladora. Su obra combina una profunda devoción religiosa con un mensaje político claro. Su poesía se enmarca en una estrategia imperial: legitimar la dominación de Akkad sobre las ciudades sumerias mediante un lenguaje común, una fe compartida y un discurso teológico unificado.

Una obra de alto vuelo

De Enheduanna se conservan varias composiciones, entre las que destacan:

  • Exaltación de Inanna: un largo himno en el que ensalza a la diosa del amor y la guerra, Inanna, pidiéndole ayuda en tiempos de exilio. Se considera su obra más personal y poderosa.

  • Los himnos del templo: un conjunto de 42 himnos dedicados a distintos templos y divinidades de Sumer. Aquí, Enheduanna construye un mapa espiritual del territorio, exaltando la conexión entre religión y poder político.

  • Otros himnos fragmentarios, entre ellos uno dedicado a su dios Nanna.

Estos ejemplos no son simples textos religiosos: están estructurados con gran sofisticación, cargados de simbolismo, emoción y visión política. En ellos, Enheduanna aparece como mediadora entre dioses y humanos; entre su padre, el emperador, y las ciudades conquistadas.

¿Por qué no la conocemos?

Resulta chocante que Enheduanna no figure en los manuales escolares ni en la mayoría de cursos universitarios de literatura. Pocas personas fuera de los estudios de historia antigua o de género han oído hablar de ella.

Tableta, copia del himno Inanna B/Ninmesharra/Exaltación de Inanna, escrito por Enheduana.
Tableta, copia del himno Inanna B/Ninmesharra/Exaltación de Inanna, escrito por Enheduana.
Masha Stoyanova/Penn Museum

Es lícito preguntarse si el olvido de Enheduanna responde a una invisibilización sistémica de las mujeres en la historia cultural. Como apunta la historiadora del arte Ana Valtierra Lacalle, durante siglos se ha negado la presencia de mujeres escribas o artistas en la Antigüedad, a pesar de las evidencias arqueológicas que prueban que sabían leer, escribir y administrar recursos.

Enheduanna no fue una anomalía aislada: su existencia demuestra que las mujeres participaron activamente en el desarrollo de la civilización mesopotámica, tanto en la esfera religiosa como intelectual. El hecho de que ella fuera la primera persona en firmar un texto con su nombre debería tener el lugar que merece en la historia de la humanidad.

Enheduanna representa no solo un hito literario, sino también un símbolo poderoso de la capacidad de las mujeres para crear, pensar y liderar desde el origen mismo de la cultura escrita. Su voz resuena desde las tablillas de arcilla con una fuerza que atraviesa los milenios, puesto que con ella la historia comienza no solo con palabras, sino con una voz, con una experiencia subjetiva y con una conciencia autorreflexiva del acto de escribir que no debería pasar desapercibida.

The Conversation

Zaradat Domínguez Galván no recibe salario, ni ejerce labores de consultoría, ni posee acciones, ni recibe financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y ha declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado.

ref. La primera persona que firmó una obra literaria fue una mujer: Enheduanna – https://theconversation.com/la-primera-persona-que-firmo-una-obra-literaria-fue-una-mujer-enheduanna-267800

¡Ya vienen los drones magos!

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Israel Quintanilla, Profesor de Ingeniería Aeroespacial, Universitat Politècnica de València

Espectáculo de drones en la ciudad china de Chongqing. dyl0807/Shutterstock

La tradición de los Reyes Magos ilusiona a niños y mayores por todo lo que conlleva: escribir la carta con los regalos deseados, ir a la cabalgata para ver desfilar a sus Majestades los Reyes Magos de Oriente y sus pajes reales, al cartero real, los acróbatas y malabaristas, las carrozas multicolor y los miles de caramelos que vuelan por los aires. Pero, sobre todo, lo que mas se espera es el despertar del día 6 de enero para abrir los regalos y compartir esa alegría con nuestros seres queridos.

A nuestras edades ya sabemos quiénes compran, empaquetan y transportan los regalos hasta el hogar. Ahora bien, sería posible, en un futuro próximo, que estos fueran depositados en los balcones y jardines por alguna tecnología con capacidad de ello. Sería posible que flotas de drones surcaran las aerovías de las ciudades para trasportar los regalos hasta las viviendas iluminadas. Porque, como parece que dijo Julio Verne, “todo lo que un hombre es capaz de imaginar, otro hombre es capaz de llevarlo a cabo”.

Cabalgata de los Reyes Magos en Madrid.
Wikimedia Commons., CC BY-SA

Tecnología cotidiana

Para que una tecnología se integre en la sociedad, se requiere de tres condicionantes obligados: que se encuentre en estado avanzado de desarrollo, que responda a una demanda de la sociedad y que haya una normativa que la regule.

El 1 de enero de 2021 entró en vigor una normativa europea sobre operaciones de drones que permite realizar vuelos en cualquier tipo de entorno, urbano o rural, siempre que se garantice la seguridad operacional. El 26 de enero de 2023 se aprobó otra sobre la gestión del espacio aéreo de estos vehículos (U-Space).

La conjunción de ambas regulaciones permite el vuelo de múltiples drones con capacidad de transporte, gestionados por un proveedor de servicios aéreos para vuelos en entornos urbanos y rurales.

Origen militar

Los drones surgieron en los inicios de la Primera Guerra Mundial, cuando se introdujo la aviación y fueron utilizados para entrenar a los pilotos de las fuerzas aéreas británicas (RAF) en el combate aéreo. Han pasado más de 100 años y, desde entonces, no han dejado de usarse en el terreno militar.

Tras un siglo de evolución tecnológica, actualmente, integran la tecnología más avanzada del ámbito aeronáutico. Además, son aeronaves capaces de volar de forma automática e integran sensores de todo tipo (RGB, multiespectral, térmicos, LiDAR, medición de gases…) para aplicaciones antes inimaginables. Asimismo, pueden garantizar la seguridad operacional e incorporar paracaídas.

Dron Ehang 184, creado en China para transporte de pasajeros.
Wikimedia Commons., CC BY

Taxis autónomos aéreos

Ya se emplean para transportar mercancías y pasajeros (en China, hay dos empresas certificadas para transporte de personas), con plataformas específicas de despegue y aterrizaje (vertipuertos). Integran en sus funcionalidades el resto de tecnologías en desarrollo (inteligencia artificial, 5G, Big Data, internet de las cosas, ciberseguridad…).

Existen, por otro lado, sistemas aún en desarrollo que permitirán la gestión del espacio aéreo especifico para drones, de forma que se pueda compatibilizar el vuelo de múltiples aeronaves autónomas con operaciones recurrentes de forma organizada y con la seguridad operacional necesaria. Los sistemas Detect and Avoid –sistemas de alerta de tráfico y evasión de colisión–, por ejemplo, facilitarán, en un futuro cercano, el vuelo de drones de forma autónoma.

Demanda real de la sociedad

En el caso concreto de España, la primera normativa de drones entró en vigor en el año 2014. Actualmente, hay más de 190 000 pilotos certificados para volar drones y más de 100 000 operadoras (empresas) dedicadas a la explotación comercial de esas aplicaciones.

Abarcan los campos de geomática y gestión del territorio, agricultura (desde generación de mapas prescriptivos hasta aplicaciones fitosanitarias), inspecciones industriales y energéticas (eléctrica, fotovoltaica y eólica), operaciones logísticas, ámbitos portuarios, biodiversidad, o seguridad y emergencias.

La Policía Nacional, la Guardia Civil, las policías autonómicas y las policías Locales tienen drones integrados en su operativa, además de los bomberos, protección civil y el Ejército, con la Unidad Militar de Emergencias (UME) como abanderada.

Una ayuda en momentos críticos

Así, se utilizaron drones en el volcán de la Palma para el seguimiento de los ríos de lava y medición de temperaturas.

En el caso de la dana, ocurrida en Valencia en 2024, se emplearon en las fases de emergencia y postemergencia con las siguientes misiones: búsqueda de desaparecidos; apoyo en rescates; vigilancia y revisión de infraestructuras críticas; realización de cartografía en 3D para análisis de daños y medición de volúmenes afectados; peritaciones de daños agrícolas y aplicación de fitosanitarios para evitar plagas; medición de gases atmosféricos; determinación de elementos del subsuelo (georradar); realización de batimetrías para revisión de las desembocadura del Turia y la Albufera; o lectura de matrículas de los coches apilados con IA para identificación. En 50 días, hubo un total de 1 360 operaciones aéreas, de las que el 78 % fueron realizadas con drones.

Navidad de 2050, Valencia

La cabalgata, en su paso por la plaza del Ayuntamiento, muestra sus mejores galas: infinidad de drones, de todos los tamaños y tipología, se acicalan con luces navideñas y muestran orgullosos los regalos en su panza. Sobrevuelan por encima de Sus Majestades los Reyes Magos de Oriente y su cohorte: los acróbatas, las carrozas… Miles de caramelos vuelan hacia las manos de los niños, golpeando algunas cabezas que, despistadas, miran embelesados los drones.

El centro de control de U-Space lleva preparándose todo el año. El panel principal de la sala muestra la ciudad digital con la posición de los drones y las rutas a seguir. El director de operaciones, sentado detrás de los controladores, suspira y da la orden: ¡que despeguen los Drones Magos!


The Conversation

Israel Quintanilla, como investigador de la Universidad Politécnica de Valencia (UPV) recibe fondos de proyectos de investigación europeos, nacionales y autonómicos.

ref. ¡Ya vienen los drones magos! – https://theconversation.com/ya-vienen-los-drones-magos-269966

La ‘receta’ social, una medida urgente en la era de la nueva longevidad

Source: The Conversation – (in Spanish) – By Jordi Miralbell Guerin, Doctor en Filosofía y Periodista. Director del Campus de la Experiencia, Universitat Internacional de Catalunya

Lucigerma/Shutterstock

Asistimos hoy a la llegada de los baby boomers a la jubilación. Según la tendencia marcada en los últimos años, estas personas nacidas entre 1957 y 1973 vivirán dos o tres décadas más que sus antecesores.

Son los protagonistas de “la nueva longevidad”. Como señala el psicólogo y gerontólogo Javier Yanguas en su libro Pasos hacia la nueva vejez (Destino, 2021), este nuevo período de su vida va a constar de tres etapas cronológicas con necesidades diferentes: una primera fase –históricamente nueva– en la que se sentirán mayores pero no viejos; una segunda de “fragilización”, en la que que aparecerá el dialogo con la patología; y, solo en la tercera fase, la dependencia.

Así son los nuevos mayores

El panorama ha cambiado, y las necesidades de los nuevos mayores también: ya no son las mismas de hace 20 o 30 años. No necesitan alfabetización digital. Han vivido la emancipación de la mujer y su avance en la vida pública.

Intelectualmente más preparadas, estas personas tienen un planteamiento ante el propio cuidado que difiere del de las otras generaciones. No quieren depender de sus hijos y valoran alcanzar un proyecto de vida en el que esté presente de un modo equilibrado su bienestar, su salud y sus relaciones sociales. Sin embargo, el autocuidado, la autonomía personal y el envejecimiento activo es un horizonte que les resulta insuficiente. Reclaman más.

Este es, en síntesis, el retrato dibujado en las conclusiones del I Seminario sobre la nueva longevidad, celebrado entre el 23 y 25 de octubre en Calonge i Sant Antoni (Girona) y organizado por el Campus de la Experiencia de la Universitat Internacional de Catalunya. Expertos de 16 universidades de todo el mundo constataron que las demandas de la generación que está llegando hoy a la jubilación no son únicamente sanitarias y asistenciales, sino también educativas, relacionales y de sentido.

¿Qué hacer con ese tiempo extra?

Como señala Yanguas, estos nuevos jubilados se encuentran mayoritariamente en buenas condiciones pero se ven abocados a una nueva vida post-laboral sin un propósito claro. Van a vivir más años que sus predecesores, pero ¿qué van a hacer con el tiempo extra? No se sabe, ni está prevista una respuesta clara.

Es una situación frustrante para ellos y para los demás, porque no se trata de alargar los años de vida, sino de llenar de vida los años, dotando esa etapa de sentido y propósito.

Además, los nuevos mayores son en muchas ocasiones víctimas de la soledad no deseada, que es la “epidemia silenciosa” de nuestro tiempo. Hoy día se estima que la sufren un 13,4 % de los españoles y que el 22,9 % experimenta este sentimiento durante todo el día. En Europa, alrededor de 30 millones de personas se sienten solas con frecuencia.

Esta soledad puede ser física, psicológica o espiritual, y, junto con la falta de sentido, tiene consecuencias en la salud: mayor sedentarismo, aislamiento, patologías y adicciones. Varios estudios coinciden en que el sentimiento de soledad provoca ansiedad, depresión y deterioro cognitivo en las personas mayores.




Leer más:
Así afecta la soledad al cerebro de las personas mayores


Por tanto, abordar la falta de sentido y la soledad no constituye un reto de orden sanitario sino social, y está mayoritariamente sin resolver.

Por este motivo, los expertos y académicos convocados en el citado encuentro animaron a trabajar desde el ámbito universitario con las instituciones públicas. El objetivo es medir los aspectos críticos de la “nueva longevidad” y diseñar políticas e iniciativas que van más allá del mero fomento del envejecimiento activo, el ejercicio físico y la autonomía personal.

Ocio “significativo”

La dotación de sentido en esta etapa de la vida procedería fundamentalmente del número y de la calidad de las relaciones sociales, particularmente entre iguales. Diversos estudios constatan que cuando las personas se vinculan a actividades “significativas” –clases interactivas, voluntariado, senderismo, talleres, viajes, etc.– recuperan el sentido vital y la pertenencia a un grupo. Esta participación y colaboración favorece además el bienestar y la calidad de vida.

El ocio, qué duda cabe, ocupa un lugar preeminente. Un ocio escogido libremente que fomente un verdadero empoderamiento de los mayores y su adaptación al contexto en el que viven: un mundo que cambia.

La educación universitaria para adultos mayores se revela como un medio óptimo para lograr este objetivo, al propiciar el crecimiento personal y la construcción de relaciones satisfactorias y sólidas entre iguales.
Así lo consagra el Principio 1 del Pilar Europeo de Derechos Sociales (2017), donde se garantiza el derecho a una educación, formación y aprendizaje permanente inclusivos y de calidad para que todos puedan participar plenamente en la sociedad y gestionar las transiciones laborales.

Una urgencia: la prescripción social

Para los expertos reunidos en Calonge urge extender iniciativas enmarcadas en la denominada “prescripción social” de los adultos mayores, como complemento de la prescripción médica. Se trata de una filosofía y una política pública ampliamente extendida en países del ámbito anglosajón que parte de una idea tan simple como radical: que la salud tiene una dimensión social muy importante.

Una intervención pequeña –una conversación, un momento de acompañamiento– puede cambiar el rumbo de una vida, mejorar la autonomía personal y la salud. Es un enfoque holístico que conecta a las personas con actividades significativas gracias al apoyo comunitario, que potencia su bienestar y su sentido vital.

Es decir, la prescripción social debe pasar de ser algo excepcional a algo esperado. Para ello, las administraciones, los ayuntamientos, los servicios de salud y las universidades deben colaborar impulsando medidas.

El vínculo entre el sistema sanitario y los recursos comunitarios ha de hacerse más tangible mediante la creación de redes de confianza, coordinación y conexión en las que estén presentes actividades, universitarias, culturales, artísticas, musicales, etc. Cada aula, parque o cafetería puede convertirse en un espacio de prescripción social. Y aunque cada proyecto sea distinto, todos forman parte, en realidad, de una misma red informal de fomento de bienestar.

Hay que construir puentes no solo entre salud y comunidad, sino también entre generaciones, culturas y disciplinas. De este modo no solo mejorará el bienestar individual, sino que también se transformará la manera en que las sociedades cuidan, conectan y prosperan en los tiempos de “la nueva longevidad”.

The Conversation

Las personas firmantes no son asalariadas, ni consultoras, ni poseen acciones, ni reciben financiación de ninguna compañía u organización que pueda obtener beneficio de este artículo, y han declarado carecer de vínculos relevantes más allá del cargo académico citado anteriormente.

ref. La ‘receta’ social, una medida urgente en la era de la nueva longevidad – https://theconversation.com/la-receta-social-una-medida-urgente-en-la-era-de-la-nueva-longevidad-270234

Pourquoi les politiques n’écoutent-ils pas les citoyens ordinaires ?

Source: The Conversation – France in French (3) – By Awenig Marié, Postdoctoral research fellow, Université Libre de Bruxelles (ULB)

L’année 2025 a notamment été marquée par le débat sur la taxe Zucman, rejetée par les députés mais plébiscitée par une très large majorité de Français. Cette décision révèle, de façon spectaculaire, la déconnexion entre les décisions politiques et l’opinion des citoyens. Ce phénomène, étudié par la science politique, est au cœur de la crise démocratique. Comment y remédier ?


Les sondages sont sans appel : une large majorité de Français, 86 % selon une enquête Ifop, se déclare en faveur d’une taxation des plus riches. Pourtant, l’Assemblée nationale a rejeté en octobre la taxe Zucman : 228 députés ont voté contre l’amendement visant à taxer les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, tandis que 172 députés ont voté pour. La déconnexion entre opinion publique et décision politique n’est pas nouvelle. D’autres exemples illustrent ce phénomène, comme la réforme des retraites, rejetée par une majorité de Français, ou l’interdiction de la corrida, soutenue par la population mais rejetée par les députés. Comment expliquer que des mesures massivement soutenue par la population puissent être rejetées par leurs représentants ?

Quand les politiques écoutent (ou pas) l’opinion publique

La connexion entre opinion publique et décision politique a fait l’objet de nombreux travaux en science politique. Ces recherches, qui étudient la capacité du système représentatif à répondre aux intérêts et préférences des citoyens, montrent que si l’opinion publique peut influencer les décisions politiques, ce n’est pas toujours le cas. Pour de nombreux enjeux, il existe une déconnexion entre la volonté populaire et les décisions prises par les gouvernants, qu’ils soient de gauche ou de droite.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces écarts. D’abord, la capacité des gouvernants à suivre l’opinion peut dépendre du contexte économique : en période de contraintes budgétaires, les marges de manœuvre se réduisent et certaines décisions peuvent ne pas refléter totalement les préférences des citoyens. Ensuite, les représentants sont plus à l’écoute sur les sujets très médiatisés et peu techniques du fait de leur importance dans le débat public. Plusieurs recherches soulignent aussi un déficit récent de représentation sur les enjeux économiques. Du fait de la montée des sujets culturels (immigration, sécurité, identité) dans le débat et des contraintes externes sur l’économie (crises, intégration européenne), les gouvernants parviennent à mieux écouter l’opinion sur les sujets culturels, devenus des marqueurs de la vie politique. Enfin, le contexte politique : dans un environnement parlementaire fragmenté, les difficultés à négocier entre partis peuvent entraver la traduction de l’opinion publique en décisions.

Représentation politique et inégalités économiques

Un autre facteur expliquant la déconnexion entre opinion publique et décision politique est celui des inégalités de représentation. En effet, lorsque les citoyens les plus riches et les plus pauvres s’opposent sur une politique publique, ce sont les préférences des plus aisés qui l’emportent. Les travaux du politiste américain Martin Gilens ont révélé cette tendance : une politique publique a plus de chances d’être adoptée si elle est soutenue par les citoyens fortunés que par les citoyens modestes. Ces résultats ont été confirmées dans plusieurs pays européens : les décisions politiques reflètent davantage les positions des citoyens à revenu élevé.

L’exemple de la taxe Zucman illustre parfaitement cette dynamique. Si une majorité de Français la soutient, il est probable que la fraction de la population la plus fortunée, directement impactés financièrement par une telle taxe, s’y oppose.




À lire aussi :
L’affrontement sur la taxe Zucman : une lutte de classe ?


Si de nombreuses études ont mesuré ces inégalités dans les décisions politiques, d’autres se sont particulièrement intéressé aux élus, analysant leurs positions et la façon dont ils perçoivent l’opinion publique. Des inégalités sont aussi présentes à ce niveau. En effet, les élus ont des préférences politiques plus proches de celles des électeurs les plus riches, et leur lecture de l’opinion publique est biaisée en faveur des plus fortunés.

Les déterminants des inégalités de représentation politique

Trois facteurs principaux expliquent ces inégalités de représentation. Le premier est le profil socio-économique des élus : ils sont massivement issus des classes sociales supérieures. À l’Assemblée nationale, 67 % des députés sont issues des catégories cadres et professions intellectuelles supérieures, contre 11 % dans la population française. Ces élus partagent avec les citoyens les plus riches des valeurs et intérêts communs, ce qui les rend plus sensibles à leurs besoins. C’est ce que j’ai montré dans une étude menée sur les parlementaires suisses : les perceptions de l’opinion publique des députés issus de milieux favorisés s’alignent plus fortement avec les préférences des citoyens les plus riches.

Le deuxième facteur concerne les inégalités d’expression politique : tous les citoyens n’ont pas la même voix dans l’espace politique. Les plus aisés disposent d’un poids politique supérieur : ils votent davantage, contactent plus souvent les parlementaires, et peuvent apporter un soutien direct en faisant des dons aux partis politiques. À l’inverse, les citoyens modestes participent moins à la vie politique et ont moins de poids sur le succès électoral des partis politiques. Les élus ont donc moins d’intérêt à écouter et traduire leurs préférences en décisions.

Ces inégalités se reflètent aussi au niveau des groupes d’intérêts exerçant des activités de lobbying : les groupes représentant des intérêts privés et sectoriels (entreprises, associations professionnelles) disposent de plus de ressources que les associations citoyennes ou les ONG pour influencer les décisions politiques. Concernant la taxe Zucman, il est évident que les lobbies patronaux (Medef et Afep) ont mobilisé leurs réseaux pour orienter le débat public et la décision parlementaire. Les liens personnels entre responsables politiques (dont le premier ministre Sébastien Lecornu) et grands patrons, facilitent aussi cette influence, offrant à ces derniers un accès direct pour défendre leurs intérêts.

Enfin, l’idéologie compte : les élus de droite représentent davantage les préférences des citoyens les plus riches et surestiment leur poids dans la population, comme je l’ai montré dans une étude portant sur les parlementaires de quatre pays européens. Cependant, si les élus de gauche ont des positions moins biaisées, des inégalités persistent. Pourquoi ? D’abord parce que l’origine sociale joue à gauche comme à droite : la majorité des parlementaires de gauche viennent aussi des catégories supérieures, ce qui les rend plus sensibles aux intérêts des citoyens privilégiés. Ensuite, même lorsqu’ils sont idéologiquement proches des citoyens défavorisés, les élus de gauche au pouvoir se heurtent à des contraintes structures (mondialisation, règles européennes) qui réduisent leur marge de manœuvre.

Inégalités de représentation : comment répondre au problème ?

Si le droit de vote est universel, garantissant une égalité formelle, l’égalité réelle est loin d’être acquise : les citoyens les moins favorisés pèsent moins dans les décisions politiques, questionnant le caractère démocratique de notre modèle de représentation.

Les citoyens les moins bien représentés font moins confiance aux institutions représentatives. Le problème n’est pas qu’une politique publique isolée diverge de l’opinion publique : c’est la récurrence du phénomène qui pose question et le biais systématique envers une partie de la population qui pose question. Lorsque, sur plusieurs politiques publiques, le système représentatif n’est pas sensible à l’opinion et qu’une partie de l’électorat voit systématiquement ses préférences ignorées, la légitimité du système représentatif pourrait s’en trouver fragilisée.

Plusieurs pistes sont envisageables pour réduire ces inégalités. D’abord, améliorer la représentativité sociale des élus permettrait d’élargir la diversité des perspectives discutées au Parlement, mieux prendre en compte les citoyens les moins privilégiés, et permettre à ces derniers de mieux s’identifier avec le personnel politique. Ensuite, multiplier les échanges entre parlementaires et citoyens, via la présence en circonscription et les forums délibératifs, faciliterait la transmission de la diversité des opinions vers le système politique. Renforcer les organisations de la société civile et syndicats permettrait aussi de contrebalancer le poids des groupes d’intérêts privés. Enfin, des réformes comme le vote obligatoire ou l’encadrement des dons politiques inciterait les élus à considérer tous les citoyens, et pas seulement les plus privilégiés.

The Conversation

Awenig Marié est fondateur et membre de l’association Datan.

ref. Pourquoi les politiques n’écoutent-ils pas les citoyens ordinaires ? – https://theconversation.com/pourquoi-les-politiques-necoutent-ils-pas-les-citoyens-ordinaires-270804

Your new health habit may be just a mental shift away

Source: The Conversation – Canada – By Mandi Baker, Assistant Professor, Faculty of Kinesiology and Recreation Management, University of Manitoba

The new year starts for many by making resolutions to live healthier lives. This can mean getting fitter by joining a gym, signing up to Pilates classes or starting a new diet.

For many, these resolutions are hard to maintain and the new habits slip away. Unfortunately, there are many reasons why our best intentions fail; the kids get sick so you can’t get out for a class, the costs of equipment or membership become too steep, and kale just isn’t cutting it for dinner anymore. In the end, motivation for our new habits runs out.




Read more:
The science behind building healthy habits can help you keep your New Year’s resolution


When we choose activities for our leisure that do not bring intrinsic enjoyment and/or satisfaction, we find it hard to preserve. External motivations, like gaining a reward (a particular body shape) or avoiding a consequence (minimizing the risks related to heart health), can only take us so far.

When we do things that we truly love, that are aligned with our values and/or sense of self, or we would do even if no one was watching, then the chances of maintaining those physical activities are much higher. That means the goal of resolution-setting is to find the things that tap into our intrinsic motivations.

How we frame health

Another challenge to sticking with new health-related habits, is the very individual way that health is framed. Health is positioned as being not only an individual’s responsibility, but that the individual is to blame if they are unwell. While the medical model serves a purpose in identifying problems and addressing them, applying a deficiency-model rationality obscures critical awareness about the complex and many ways that social factors impact health.

Social models of health, such as The Social Determinants of Health by Dahlgreen & Whitehead (1991), demonstrate that not only do our physiology, lifestyle choices, social and community networks matter, but socio-economic, cultural and environmental conditions do too. This shifts the responsibilities for health away from loading individuals up on guilt to shared collective responsibilities among all strata of community, government and institutions for a population’s health.

The notion that health is an individual problem, or deficiency, can be isolating, making the work of an individual’s wellness goals an effort that they feel they must do alone, and against broad systemic constraints.

Sociologists have long warned us of how these ideas, among others, lead us to think and treat ourselves poorly when it comes to moving our (fabulous and functional) bodies. Blaming ourselves or seeing physical activity, fitness and health as beyond our reach is both demoralizing and demotivating. Let alone added layers of social, economic, geographical and political inequities. This can be as heavy, if not heavier, than anything you might “lift” at the gym.

Getting physically active

Getting physically active for the first time, or after years, or only after the holidays means exercising your mental prowess. This list offers some insights into how to do the mental exercise to get your body moving and enjoying it:

  • Be in your body: be embodied. Often made popular by mindfulness movements, the idea is to slow down your sophisticated mental processing to focus on your five senses and simply be in the moment. This teaches our nervous systems to take a break from processing stressful stimulus.

  • Get active for no other reason than to enjoy yourself! Leisure theory tells us that seeking external rewards can make free time feel like work. Look for physical activity that brings you joy — make it the thing you look forward to rather than dread.

  • Focus on what your body can DO rather than how it looks. Views of beautiful, attractive or healthy bodies constantly change. Focusing on what your body can and does do (a strengths-based approach to vitality) can be a subtle yet powerful mental shift to improve your quality of life.

  • Find your activity people. Get active with people who share your philosophies about health. Find supportive people who don’t judge, who understand motivation’s ups and downs, who acknowledge that bodies come in different shapes and sizes AND that bodies are capable and beautiful things of joy.

  • Get outside. Science tells us that heart rates and worrying (anxiety, depression and rumination) come down when spending just a little time in nature. No need for remote corners of the Earth — just a walk down the street can make a big difference.

Engaging in physical activities that are joy-filled is not only a pleasure but can be a political act of hopefulness and self-respect. It acts to resist social norms about individuating discourses about health and associated assumptions of body shape, size and fitness.

Celebrating bodies in their diversity, getting out and enjoying movement, representing that healthy bodies are diverse and getting active with friends can all be political acts that celebrate countercultural ideas about health.

Movin’ and groovin’ with friends celebrates community and the value-altering, motivational shift of joy-filled embodiment and physical activity.
This subtle shift in thinking, and moving, could be the puzzle piece you’ve been missing for maintaining healthy habits.

The Conversation

Mandi Baker receives funding from the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada and has received funding from summer camps organisations and government bodies such as the Departments of Jobs, Precincts and Regions in Victoria, Australia, the Australian Camps Association and the YMCA Camps Victoria, Australia. She is affiliated with the Canadian Camps Association, the American Camp Association and Outward Bound Vietnam.

ref. Your new health habit may be just a mental shift away – https://theconversation.com/your-new-health-habit-may-be-just-a-mental-shift-away-271923

Alberta’s proposed $11-million reading tests won’t actually help struggling learners

Source: The Conversation – Canada – By Hetty Roessingh, Professor, Werklund School of Education, University of Calgary

The Alberta government recently introduced Bill 6, a proposed amendment to the Education Act, that it says will “prioritize literacy and numeracy and ensure the province’s youngest learners receive the help they need as early as possible.”

Large classes with students who have a range of learning needs, including tailored learning plans, are among the factors that can make it difficult for teachers to ensure each child’s needs are being met. Implementing early literacy and numeracy tests with the intent of early intervention for at risk learners has intuitive appeal.

If passed, Alberta’s Bill 6 legislation would mandate reading and math tests from kindergarten to Grade 3, effective by fall 2026. According to ministry officials, its goal is to identify learning gaps early using short, simple and non-graded activities.

The announcement has received swift and forceful reaction from academics, the Alberta Teachers’ Association and senior-level school administrators.

Their concerns relate to the validity and reliability of the tests, how they were developed and their instructional value. Critics also raise concerns over the lack of teacher consultation and involvement, additional time teachers will need to administer and score the tests and whether the test results will change teaching and learning practices.

Questions also remain about whether schools will need additional resources to address learning gaps identified by way of the tests, since the bill doesn’t include any mention of this. The $11 million dollar pricetag of Bill 6 may not reap the insights needed to identify and meaningfully intervene for young children at risk.

Why early literacy matters

The testing proposed in Bill 6 misses important dimensions of literacy development. Early reading proficiency depends largely on two skills: phonemic awareness (the awareness to notice and work with different sounds) and phonics (mapping sounds to letters).

These foundational concepts and skills are learned by the majority of young children by the end of Grade 2, including English language learners (ELL) and children disadvantaged by socio-economic status. Exposure to two languages may heighten ELLs’ keen perception of sounds, helping them to apply their knowledge of how letters and their sounds relate and different letter patterns to correctly pronounce written words.

A learning-to-read school book I had as a child, Friends and Neighbours, is still on my bookshelf. As a newly arrived immigrant to Canada at age four from Indonesia, I was relatively proficient in conversational English by Grade 2. I learned the process of reading, including how to sound out letters and their English language patterns, by drawing on the vocabulary I developed and by interacting with native English-speaking children in the neighbourhood, on the playground and in the classroom.

However, a child’s strengths in recognizing and working with the sounds that make up individual words — phonemic awareness and phonics — may provide a false sense of security. These strengths can mask the needs of children at risk of reading failure as they transition to Grade 4, when the focus shifts from learning to read to reading to learn. At this stage, vocabulary knowledge becomes critical.

Beginning in Grade 4, the litmus of reading success is a child’s ability to comprehend increasingly complex and academically demanding texts. The testing proposed in Bill 6 misses the important role of vocabulary knowledge in this process.

The fourth-grade slump

The well-documented “fourth-grade slump” refers to the drop in reading performance many students experience around Grade 4. Children must shift from learning to read to reading to learn — a shift that is dependent on vocabulary depth and breadth.

A seminal 2003 study from researchers Jeanne S. Chall and Vicki A. Jacobs underscored the crucial role of vocabulary knowledge in reading success in Grade 4. They found that disadvantaged learners in Grades 2 and 3 scored as well as peer learners from higher socio-economic backgrounds.

At this early stage of reading development, phonemic awareness and phonics provides an important foundation for learners. The researchers found that it is not until Grade 4 that scores decelerate for children from lower socio-economic backgrounds.

Without attention to vocabulary knowledge, young children may find themselves woefully under-prepared for the accelerating demands of Grade 4.

What Bill 6 overlooks

Given decades of research on reading development, Bill 6’s current focus is too narrow and offers only limited utility in early identification of young learners who will be at risk by Grade 4. Most children readily learn these skills already. The relative minority who struggle with these skills respond well to direct, explicit and intensive interventions.

To support students effectively, Alberta must measure vocabulary knowledge among young children. In addition, handwriting should also be assessed. Handwriting plays an enormous role in unlocking vocabulary in Grade 3, and as a skill, unfolds from kindergarten to Grade 3 years along a developmental continuum.

Devising tools to assess vocabulary and handwriting is more than a matter of short, simple and non-graded activities. More comprehensive assessments, such as studying samples of children’s writing on a familiar and engaging topic, would provide much more useful data for transforming classroom pedagogy and practice.

Such assessments would take more time to administer and score, but they would be a far better use of $11 million than narrow assessments that capture only the tip of the iceberg of what matters for long-term literacy success.

The Conversation

Hetty Roessingh does not work for, consult, own shares in or receive funding from any company or organisation that would benefit from this article, and has disclosed no relevant affiliations beyond their academic appointment.

ref. Alberta’s proposed $11-million reading tests won’t actually help struggling learners – https://theconversation.com/albertas-proposed-11-million-reading-tests-wont-actually-help-struggling-learners-269791

Why you’re wise on Tuesday and foolish on Sunday: Practising wisdom in uncertain times

Source: The Conversation – Canada – By Igor Grossmann, Professor of Psychology, University of Waterloo

It’s that time of year when the internet turns into a giant group chat about self-improvement. New year, new you. Better habits. Better boundaries. A year older, and maybe wiser.

Right on cue, the wisdom hucksters appear. They are the “one weird trick” crowd — the gurus with a microphone, a smirk and a promise of instant ascendance if you just buy the book, sign up for the training program, use their AI tool or subscribe to their Substack.

But there is no “enlightenment pill” that works overnight and never wears off. The evidence points the other direction: wisdom isn’t a permanent halo you wear. It’s a set of mental processes you can practise — and lose — depending on whether it’s a calm Tuesday or a stressful Sunday.

To understand why we often fail to be wise when we need it most, we must stop treating wisdom like a fixed personality trait.

What is wisdom?

In modern psychology, wisdom isn’t an ethereal, mystical quality. It’s made of specific metacognitive skills — mental processes that help us navigate the crazy uncertain world we live in.
These include:

  • Intellectual humility: Admitting you could be wrong or that your knowledge is limited.

  • Recognition of uncertainty: Understanding that situations can unfold in many different ways.

  • Consideration of diverse viewpoints: The ability to see how a situation looks from another side.

  • Integration and compromise: Searching for solutions that balance competing interests rather than just scoring points.

These mental processes are ways of thinking that matter when life gets messy — whether dealing with interpersonal conflict, political disagreement or financial challenges. But here is where the “magic pill” story starts to collapse.

Wisdom isn’t a fixed personality trait

If you have ever successfully navigated a complex political disagreement at work on a Thursday, only to lose your temper over a broken dishwasher on a Sunday, you know that wisdom doesn’t work like a software update.

For a long time, psychologists treated wisdom as a stable personality trait, as something you have, like blue eyes or extraversion. The assumption is that if you measure a person once, you’ve basically captured who they are.

But major scientific advances, including a new yearlong study our team just conducted, suggest that this is exactly where the culture goes wrong.

We often use static snapshots to make big claims about how people change over time. This practice risks committing an “ecological fallacy,” which is the trap of assuming that what makes one person different from another (between-person differences) explains how a single person changes over time (within-person change).

Translation: Just because “wiser people” on average are doing better doesn’t mean each individual becomes wiser in the same way, on the same timeline or for the same reasons.

New research: Wisdom acts like a system

To test this idea, our team conducted a year-long, multi-wave study of nearly 500 North American adults. The results recently appeared in the Journal of Experimental Psychology: General.

We asked participants to reflect on real adversities — social conflicts, health scares, job losses — as they occurred over the course of a year.

Participants rated their use of four core wisdom features: intellectual humility, recognizing uncertainty and change, consideration of diverse viewpoints and searching for compromise.

The headline results are disruptive for anyone selling instant transformation.

First, wisdom fluctuates. While personality traits like extraversion or neuroticism remained stable, wisdom features fluctuated significantly from moment to moment. You can be wise on Thursday and a fool on Sunday.

Second, it’s a network, not a monolith. We found that wisdom is best modelled as a network of loosely interconnected skills rather than a single underlying “wisdom trait.”

Third, context matters. People were generally wiser when reflecting on social conflicts than when dealing with personal health issues or trauma.

Most importantly, we found that patterns between people didn’t match patterns within individuals over time. What predicts who is generally wiser doesn’t necessarily predict how individuals become wiser.

Therefore, if you’ve ever thought to yourself “I know what the wise thing is… why can’t I do it when I’m emotional?” — congratulations! Your lived experience is more scientifically accurate than half the pop-science advice market.

The good news about wisdom

If wisdom isn’t an update you install, is there anything you can actually do?

Yes. In our yearlong study, we found a specific predictor of growth. When people reported higher-than-usual self-distancing at one point in time, they reported higher levels of wisdom-related features three months later.

In other words, when people step back and view a difficult situation from a third-person perspective, they are more likely to reason wisely in the future, including by practising intellectual humility, searching for compromise and recognizing uncertainty and change.

That finding is correlational. But in a separate experiment published in Psychological Science, we tested whether training in distanced reflection changes wise reasoning.

For one month, participants kept a daily diary about the most important issues of the day. One group wrote typically (first-person), while the other group was trained to write about their daily challenges using the third-person (for example, asking “What did Chris feel?” rather than “What did I feel?”).

The result? The group trained in distanced reflection showed significant increases in wise reasoning about interpersonal challenges compared with the control group. This shift in language helped broaden their self-focus, breaking the egocentric cycle that often blocks wisdom.

How to practise wisdom (no app required)

So, what do you do practically when life gets heated? Based on this research, here’s a toolkit of repeatable practices for spiralling arguments, regrets or looming decisions in the year ahead:

1. Practise self-distancing. Instead of asking “Why am I like this?” try asking “What is [Your Name] missing right now?” It might feel awkward, but it helps with your mental geometry: you are widening the frame.

2. Ask the humility question. Ask yourself: “What would change my mind here?” If the answer is “nothing,” you aren’t reasoning but defending a position.

3. Allow two truths to coexist. Wisdom is rarely a knockout punch; it is usually an integration. Ask: “What is true on my side, and what might be true on theirs?”

Will this make you instantly wise forever? No. That’s the point. Wisdom is closer to physical fitness than a magic pill: it is trainable, context-dependent and annoyingly easy to lose when you’re tired, stressed or flooded with emotion.

The more evidence we gather, the clearer the message: if someone is promising enlightenment now, they aren’t teaching wisdom. They are selling false certainty. And certainty is often the opposite of what wisdom requires.

The Conversation

Igor Grossmann receives funding from Social Sciences and Humanities Research Council of Canada (Insight Grant 435-2014-0685), John Templeton Foundation (grant 62260), and Templeton World Charity Foundation (grant TWCF-2023-32568).

Jackson A. Smith receives funding from the Canadian Institutes of Health Research (CIHR) through the Vanier Canada Graduate Scholarship.

ref. Why you’re wise on Tuesday and foolish on Sunday: Practising wisdom in uncertain times – https://theconversation.com/why-youre-wise-on-tuesday-and-foolish-on-sunday-practising-wisdom-in-uncertain-times-272230

Feeling stuck at work as the New Year begins? It may be a sign of professional growth

Source: The Conversation – Canada – By Leda Stawnychko, Associate Professor of Strategy and Organizational Theory, Mount Royal University

As the new year starts, it’s natural to feel torn between gratitude and restlessness. December often disrupts routines: fewer meetings, quieter inboxes and a rare chance to take stock and reflect.

During this time, people may feel pride in how far they have come, alongside a growing sense that the path they are on no longer fits.

This discomfort is especially common at stages of life when professionals expect to feel more settled, yet instead feel stagnant. It’s easy to dismiss such feelings as impatience or a lack of commitment.

But research on adult learning and development suggests that feeling stuck is often a signal of growth. It’s evidence that our internal development has outpaced our external circumstances.

In educational research, this tension is often described as a disorienting dilemma: an experience that unsettles our assumptions and highlights a mismatch between how we see ourselves and the contexts we are in.

While these moments are often uncomfortable, they act as necessary catalysts for meaningful learning and change, motivating people to reassess their goals, values and direction. Seen this way, yearning for new beginnings is a rational response to growth.

Diagnosing the source of restlessness

If you’re ready for change but unsure of where to begin, a useful first step is clarifying what is driving the sense of restlessness. Is it the work itself, the people you work with or the broader organizational culture?

When organizations are generally supportive, growth doesn’t necessarily require leaving. Change may be possible within the same environment. In these cases, conversations with supervisors can reveal opportunities that are not immediately obvious, such as stretch assignments, special projects or support for further learning.

Research shows that people who stay with organizations over the long term often do so because of strong relationships, a good fit with their broader lives and what scholars call “job embeddedness” — the financial, social and psychological benefits of the position that make leaving costly.

But when the cost of staying is stifling your growth, it’s worth exploring how you might either renegotiate growth where you are or thoughtfully prepare to move on.

Re-evaluating what matters now

Whether you’re considering a shift within your organization or beyond it, taking time to reassess your needs, goals and values is essential. What mattered to you earlier in your career may not matter in the same way now. Income, learning, flexibility, stability and meaning all rise and fall in importance across life stages.

Clarifying your values does not mean choosing one priority forever. It simply provides a clearer map for evaluating opportunities.

Some people prioritize mentorship or employer-supported education. Others need predictable schedules, strong health benefits or flexibility to care for family members.

Understanding what matters most now helps narrow your options and reduces the paralysis that often accompanies big decisions.

Focusing on activities rather than titles

Another way to gain clarity is to imagine your ideal role without fixating on job titles.

Titles can be misleading and often mask the day-to-day reality of the work. Instead, focus on activities. How will you spend most of your time? What skills will you be using day to day?

One useful question is what activities you would gladly do without being paid. These often point to core strengths and motivations worth taking seriously. Organizational psychologists describe this as intrinsic motivation — the internal drive to engage in an activity because it is inherently satisfying.

For example, early in my career, I began to notice a pattern in my volunteer work. I was consistently drawn to supporting professionals through moments of career transition, conflict and change. Over time, that realization helped me recognize that mentoring and coaching were activities I already valued enough to do for free.

With that insight, I began targeting roles in my own career that rewarded those same activities, ensuring that my work consistently included elements that felt both meaningful and energizing.

Preparing for the next step

Once priorities and interests are clearer, look closely at the qualifications and experiences the roles you are drawn to actually require and begin developing them intentionally.

This can occur through low-risk avenues, including projects in your current job, entrepreneurial or side work, volunteer roles or targeted learning opportunities.

Consistently taking small, purposeful steps can help you systematically bridge the gap between your current capabilities and the demands of your next chapter. By actively cultivating these skills, you transform a period of restlessness into a constructive phase of professional readiness.

As you consider what comes next, use your network strategically to learn and ask questions. New beginnings unfold through conversations, experiments and choices made over time.

Also pay attention to the beliefs shaping your actions. Assumptions about what you can or cannot do can limit options more than skills ever do. Feeling stuck is an invitation to evolve and may mark the start of an exciting new chapter you can begin writing today.

The Conversation

Leda Stawnychko receives funding from SSHRC.

ref. Feeling stuck at work as the New Year begins? It may be a sign of professional growth – https://theconversation.com/feeling-stuck-at-work-as-the-new-year-begins-it-may-be-a-sign-of-professional-growth-270878